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 You loved him, will ou love me ? || Lyokha & Ramiel

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Celestino R. Ferricelli
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Humain (de Lyokha)
♆ âge : 23 ans (et fou amoureux de Lyokha)
♆ métier : Intendant impérial en formation (et amoureux de Lyokha)
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♆ crédits : Tatsuki
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♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...


MessageSujet: You loved him, will ou love me ? || Lyokha & Ramiel   Mer 27 Aoû - 14:10

Spes, la capitale les humains. Quel bonheur de parcourir ses rues agitées, malgré le petit vent frais qui court les rues. Toi, tu échanges beaucoup de choses : un regard par-ci, un sourire par-là, une poignée de main de temps en temps et parfois, quelques paroles échangées. Qui es-tu donc ? Tu t'appelles Ramiel Tudor, petit cousin de l'empereur Léandre. Tu as eu vingt ans il y a peu et tu profites des vacances scolaires pour t'amuser toutes les nuits. Cette nuit, tu fais le tour des boites de nuit avec un plaisir non dissimulé. Tu ne t'es jamais senti très différent de toutes ces personnes du peuple, même si ton nom seul suffit à trahir ta différence. Tu es de sang noble, tu es de la famille impériale, tu vis au palais depuis toujours. Ta famille n'a pas voulu abandonner ta mère lorsque ton père est mort, ils ont pris soin d'elle. Elle est restée vivre au palais, avec toi. Tu as grandi avec tes deux petits cousins : Léandre, déjà adulte, et Sindbad, ton aîné de quelques mois. C'est avec ce dernier, le loup alpha de la famille, que tu as le plus d'affinités. D'ailleurs, vous êtes ensembles dans les rues ce soir. Quand il ne navigue pas sur les océans avec sa mère, vous êtes inséparables. Malheureusement, plus le temps passe et plus il s'éloigne de toi. Tu voudrais le retenir un peu plus, qu'il soit plus présent, mais tu refuses de te montrer égoïste. C'est son devoir de jeune lycan que de suivre es traces de sa mère, que de rester dans le chemin des Lunan. Les hors-la-loi. Tu voudrais tant pouvoir l'accompagner, en finir avec toutes ces satanées lois, ces devoirs que u ne respectes, soit dit au passage, pas souvent. Tu rêve d'être libre, loin de toutes ces personnes qui ont connu ton père et qui n'ont de cesse de faire référence à lui. Oui, tu rêves d'être libre. Libre de dire et de faire ce qui te plaît, ce que tu souhaites. Libre, tout simplement. Enfin, tu verras cela lorsque tu auras fini tes études. Études de quoi au fait ? Vétérinaire équin avec en complément une formation de kinésithérapeute pour, plus tard, être kinésithérapeute équin. Ah, ça, tu n'y as pas échappé. Les chevaux sont une passion familiale. Tu es peut-être extrêmement peu doué en musique, mais tu as hérité de la passion pour le chevaux de ton père. Tu alternes tes journées de repos entre l'écurie impériale, la salle d'entraînement – ce cher Aaron ne te lâche pas une seule seconde – et ta salle d'expérimentation. Oui oui, d'expérimentation. Avec Sindbad, vous passez de longues heures à travailler sur des machines directement sorties de vos têtes et c'est à celui qui créera la chose la plus improbable et la plus indétectable pour les réseaux de la planète. C'est amusant. C'est passionnant. Et puis, vous avez déjà mis au point quelques objets servant à communiquer sans risque d'être repéré, même par les réseaux de surveillance. Oui, à deux, vous êtes redoutables. Une main passe devant tes yeux.

-Youhou ! Le loup appelle l'humain ! Allô, y'a quelqu'un ?

Tu clignes des yeux, revenant brutalement à la réalité. Tu regardes ton cousin, qui a laissé tomber sa conquête du soir pour t'observer, d'un air un peu inquiet. Tu secoues la tête, glissant une main dans tes cheveux courts, les mettant dans le désordre le plus complet. Puis un sourire rassurant vient étirer tes lèvres.

-Tu disais quelque chose, Sin ?
-Oui, Ptit Miel. Je te demandais si tu ne voulais pas qu'on bouge un peu.
-Arrête de m'appeler comme ça !
-Non, ça te va trop bien, mon chou.
-Tu vas te prendre mon poing dans la gueule toi, tu vas rien comprendre !


Et ton cousin se met à rire, ce qui ne peut t'empêcher de te détendre. Tu n'aimes certes pas ton surnom mais lorsque tu râles, c'est pour la forme. Jamais tu ne le frapperas, ou alors juste amicalement. Vous ne pouvez pas – pardon, plus – vous battre. Vous le faisiez, gamins, mais c'est fini depuis de très longues années. Aujourd'hui, tout n'est que complicité même si vous n'avez pas tout à fait le même caractère. Vous avez le même tempérament volcanique, la même passion pour le bricolage, vous aimez vous amuser. Seulement lui prend ses devoirs très à cœur tandis que toi, tu les fuis comme la peste. Lui a le droit de voyager partout dans le monde, sur les océans, toi tu te dois de rester en ville. C'est un choix, cependant. Pourquoi donc ? Pour ta mère, tu ne veux pas la rendre malheureuse en t'éloignant trop d'elle. Elle n'a que toi, tu ne veux pas la faire souffrir comme elle a souffert par le passé. Alors tu restes non loin. Tu as tes propres appartements dans le palais mais tu vas la voir tous les jours, tu dînes tous les soirs en sa compagnie, tu la fais rire autant que possible, tu lui racontes tes bêtises de la journée, parce que oui, tu en fais beaucoup. Bref. Qu'est-ce qui vous différencie aussi ? Sans doute le fait qu'il aime plus que tout être le centre d'attention des autres alors que tu préfères rester dans l'ombre, qu'on t'oublie. Ou pas. En fait, tu restes dans l'ombre parce que tu n'as pas le moins du monde envie qu'on continue les comparaisons entre ton géniteur et toi. Tu secoues donc une nouvelle fois la tête.

-Cesse de rire, idiot ! On bouge, si Mademoiselle veut bien.

La demoiselle en question glousse un peu face à ton sourire charmeur, ce qui t'attire un regard moqueur de la part de ton cousin. Tu te contentes de hausser un peu les épaules, ouvrant plutôt la marche. Sindbad te fait souvent la remarque que, avec ton "sourire d'ange" – ahem – et ton regard noir qualifié "de braise", c'est étonnant que tu sois encore et toujours célibataire. Ce à quoi tu répliques qu'il n'est toujours pas en couple lui non plus. Pas sérieusement en tout cas. Et vous finissez toujours la conversation en vous disant que vous êtes des cas désespérés, que vous finirez seuls comme deux idiots. Toujours est-il que ce soir vous riez à trois, discutant de tout et de rien, laissant régulièrement au brun l'occasion de marquer quelques points avec sa conquête. Tu retiens souvent un soupir lassé face à ses techniques de drague ridicules. Tu préférerais qu'il se trouve une fille plus intelligente et surtout courageuse, acceptant de le suivre dans sa vie de pirate, plutôt qu'une plastique irréprochable gloussant comme un dindon. Te rends-tu compte que tu es cruel avec la jeune fille ? Oui, mais c'est un fait connu que tu dis le fin fond de ta pensée, ne la censurant que rarement. Tu as au moins la décence de te taire si on ne te demande rien et de supporter les bêtises de ton aîné.

Vous avancez depuis dix bonnes minutes, ne sachant pas exactement dans quelle direction aller, lorsque quelque chose vient troubler votre soirée. Tu ne vois pas l'homme un peu plus loin, mais lui te voit. Tu ne repères pas ce vampire aux cheveux blonds et au regard aussi clair que le ciel, bien trop occupé à plaisanter avec ton cousin. Mais lui te voit. Lui que tu ne connais pas mais dont tu as vaguement entendu parler, dans des termes relativement peu élogieux. Mais tu le comprendras plus tard. Pour le moment, une phrase attire ton attention, une exclamation : « Mae ! Je savais que tu n'étais pas mort ! » Mae ? Ce surnom n'est pas le tien mais tu l'as déjà entendu dans la bouche de Léandre. Tu arques un sourcil, te tournes vers la personne qui a prononcé ces mots et... Te retrouves contre cette personne, vos lèvres scellées tandis qu'il t'embrasse. Première réaction : te figer en écarquillant les yeux. Quelqu'un est en train de t'embrasser. Un inconnu. Sur le coup tu ne comprends pas ce qui se passe. On t'embrasse, sans préavis, sans annonce, rien. Ton esprit est en bug, un homme t'embrasse. Un homme, apparemment plus vieux que toi. C'est ce qui te fait réagir, au final. Ton poing vient alors violemment s'abattre sur sa joue tandis que tu recules de deux pas, t'essuyant ensuite les lèvres du revers de la main. Beurk. Et même, BEURK ! Tu secoues la tête, dégoûté, avant d'attaquer.

-Non mais t'es cinglé toi ! Va te faire soigner !
-Hé, Blondie ! Si tu touches encore à mon cousin, je te jure que je t'éclate !


Instinctivement, tu poses une main sur le torse de Sindbad, l'empêchant d'aller frapper l'autre. Vous n'êtes pas sortis pour provoquer une bagarre, même si cela ne dérangerait pas tellement. Tu as déjà passé quelques nuits au frais, pour des raisons diverses et variées. Tu te contentes de regarder l'homme qui t'a embrassé, à la lumière d'un lampadaire. Il doit avoir dans les vingt-cinq ans, guère plus. Physiquement tout du moins. Tu l'observes, à la fois intrigué et énervé. Tu ne te considères pas comme gay, ni bi. À tes yeux, tu es purement hétéro, même s'il est vrai qu'on t'a déjà fait remarquer que tu observais parfois les hommes avec un peu trop d'insistance. Mais tu n'as jamais ressenti l'envie d'avoir un quelconque rapport autre qu'amical avec un homme. Jamais. Alors te faire voler un baiser de cette manière, par un inconnu, tu n'as pas le moins du monde envie de laisser passer sans dire un mot. Tu secoues un peu la tête et pousse le jeune loup- devant toi.

-Allez, viens Sin, on se tire. Cette rue est mal fréquentée.

Ce dernier hoche la tête et attire la demoiselle avec lui, un peu plus loin. Tu ne prêtes pas attention à ce qu'il lui dit, bien trop occupé à, inconsciemment, poser tes doigts sur tes lèvres. C'était un peu étrange tout de même... Un peu. Un tout petit peu. Mais il n'y a pas que cela qui te trouble et le brun te le fait remarquer très vite.

-Hé, Ptit Miel, Mae... C'était pas le surnom de ton père ? chuchote-t-il à ton intention.
-Si... murmures-tu.

Tu sens une nouvelle douleur naître en ton cœur. Mae. Il t'a appelé Mae. Pourquoi donc ? Non, tu ne veux pas savoir, tu n'as rien à voir avec lui, il n'existe pas à tes yeux, il n'est rien de plus qu'un fantôme te pourrissant l’existence. Et pourtant, tu t'arrêtes de marcher. Tu es comme figé sur place, écartelé entre l'envie d'avancer, d'oublier toute cette histoire, et ta gentillesse et compassion naturelle. Tu te mordilles la lèvre, lançant un regard désespéré à ton cousin. Que te conseille-t-il de faire ? Partir, évidemment. Il ne s'encombre pas des idiots, il ne s'encombre pas de ceux qui ne font pas parti de son existence. Il ne s'attache pas aux autres, pour se protéger et protéger ses proches. C'est ce qu'il y a de mieux à faire dans sa position. Mais ce n'est pas la tienne. Tu n'es plus dans la course au trône, tu n'es qu'un noble parmi les autres, malgré le prestige de ton nom. Tu ne te connais pas d'ennemi à redouter, rien qui ne puisse mettre les tiens en danger en tout cas. Alors tu sais que tu peux te permettre de laisser parler ta compassion naturelle. Quand quelqu'un souffre, tu veux pouvoir aider. Alors tu hésites encore un peu, quelques secondes. Et finalement tu te retournes et le rejoins. Pourquoi ? Parce que tu as ressenti quelque chose dans ce baiser. De l'amour mais autre chose de plus douloureux, quelque chose que tu ne comprends pas encore.

-Je... Pardon pour le coup, j'ai été surpris et... Bref, je n'aime pas qu'on agisse ainsi avec moi. Surtout que je crois que vous m'avez confondu avec un autre... Je ne m'appelle pas Mae, mais Ramiel.

Tu esquisses un sourire qui se veut doux. Tu ne comptes pas le blesser, pas du tout même. Mais tu restes à distance, des fois qu'il essaye de t'arracher un nouveau baiser. Une fois, pas deux. Pauvre petit Ramiel, tu n'as pas idée de qui il s'agit. Tu ignores que cet homme a parfaitement bien connu ton père, qu'il a été son amant, la raison de l'absence de ton géniteur aux côtés de ta mère, de la tienne, et aussi la cause de sa mort. Tu ignores tout cela. Et comment réagiras-tu lorsque tu apprendras que celui qui vient de t'embrasser est Lyokha Volkov ? Tu n'en sais rien, mais ce sera très certainement extrêmement tendu, de ton côté comme du sien. Les problèmes ne font que commencer et tu n'as pas la moindre idée de ce qui vient de s'enclencher en rencontrant ce vampire...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Leonardo N. Luciano
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MessageSujet: Re: You loved him, will ou love me ? || Lyokha & Ramiel   Ven 29 Aoû - 13:13

La théorie dit que, lorsque nous perdons quelqu'un qui nous est particulièrement cher ou que nous-même sommes en passe de quitter ce monde, on traverse cinq étapes de la douleur. La première, et pas des moindres, porte le doux pseudo de déni. Parce que la perte est tellement inconcevable qu'on ne peut la tolérer. Elle n'est tout simplement pas possible à nos yeux, alors nous préférons l'ignorer, et continuer à faire comme si tout allait bien. Comme si rien n'avait changé, et ce, malgré les évidences placées sous nos yeux, malgré les indices qui se multiplient et sont pour la plupart criant de vérité. Vient ensuite la colère. La rage de comprendre que oui, c'est le cas, c'est vrai, c'est bien réel. Et peu importe combien on peut se pincer le bras ou plonger sa tête dans une eau glacée, la vérité sera toujours la même. Une constante affolante qui fait lentement paniquer. Alors on s'énerve contre tout le monde. Contre les survivants – s'il y en a. Contre nous-même, notre environnement. Contre le monde entier, même s'il n'y est pour rien. Et quand on n'a plus la force de crier, quand les phalanges de nos mains sont à sang et que l'on se rend compte que hurler sa peine au monde entier ne changera rien, alors on tente quelque chose d'autre. Quelque chose de peut-être plus désespéré. Quelque chose comme du marchandage. On demande, on supplie, on prie pour changer le cours des choses, même si c'est juste impossible. On ferait n'importe quoi pour échanger notre place, ou juste obtenir une journée de plus, ou rien qu'une heure, quelques minutes, le temps d'un regard et d'un sourire, le temps de dire au-revoir. Puis, quand on comprend que s'énerver ne sert à rien. Que haïr le monde n'est pas plus efficace et que la personne là-haut, si elle existe, fait la sourde oreille et se fout bien de vos supplications, alors seulement, on comprend vraiment que l'on a tout perdu. Et c'est une profonde dépression qui se fait une place. Des larmes par milliers, des sanglots qui étranglent, l'impression de suffoquer, même étendu au milieu d'une plaine déserte. Certains acceptent la compassion, d'autres crachent dessus. D'autres encore préfèrent qu'on les oublie. Ils cherchent à se fondre dans la nature, à disparaître de la circulation. Et enfin, quand il n'y a plus assez de larmes. Quand il n'y a plus assez de peine pour nous faire du mal, quand enfin, on a l'impression de toucher le fond, un choix vient. Se laisser emporter par les profondeurs sombres et peu prometteuses. Ou caresser du bout des doigts l'idée d'un avenir meilleur. Alors seulement, qu'importe le choix fait, la décision prise ; que l'on décide de nager jusqu'à la surface ou de se laisser couler avec les épaves d'une civilisation, on atteint la dernière étape. On accepte. D'un hochement de tête à un grand discours de remerciement, on a fait son deuil, et enfin, on va de l'avant, qu'importe la direction empruntée.

Et toi Lyokha ? Où es-tu mon pauvre Volkov ? Avant de poursuivre, il est sans doute essentiel de préciser que tu ne parles pas de ton demi-frère, Aleksandr, mais d'une toute autre personne. Un brun qui a marqué ta peau, tes nuits, tes rêves et tes désirs. Un brun qui  a marqué ton existence. As-tu traversé toutes les étapes ?  C'est bien là que c'est dur à déterminer. Le déni a duré bien une demie décennie pour toi. Le déni car tu le cherchais à chaque coin de rue. Car tu n'as jamais voulu croire ta famille. Malgré les coupures dans les journaux, les annonces officielles, son absence constante. Pendant cinq ans de ton existence, tu t'es borné à croire qu'il était en vie. Oh, nombreuses sont les nuits où tu l'as attendu, à faire les cent pas dans le salon de ton appartement. Multiples, sont les soirées passées au bord de ce fameux lac perdu en forêt, à patienter sagement à la lueur de la bougie dans la vieille cabane de bois, guettant sa venue. Toutes ces fois, à chercher son visage dans les bars de Spes, dans un bar en particulier, derrière le piano. Et pourtant, ce n'est pas faute de t'avoir répété qu'il ne viendrait pas. Qu'il ne viendrait plus. Tes proches ont bien voulu te l'enfoncer dans le crâne, et pendant cinq longues années, tu n'as pas voulu entendre raison. Tu continuais à croire en l'impossible, comme s'il y avait une chance qu'il revienne à la vie. Te rends-tu compte ? Avoir tué ton demi-frère n'a même pas suffi à t'ouvrir les yeux. Lui avoir arraché le cœur ne t'a pas détruit le tien au passage. Le simple mot de 'vengeance' n'a pas fait tilt de ton esprit ; Tu t'es vengé oui, mais de quoi au juste ? Il fallait que tu le fasses, mais tu en avais oublié le motif peu après. Incapable de passer à autre chose. De te relever, de te redresser. Figé sur l'idée que Samael Tudor n'était pas mort. Alors, voyant que tu étais tout bonnement incapable de passer à la seconde étape du deuil par toi-même, les tiens t'ont aidé. Du moins, c'était l'intention au départ. Car honnêtement, comment aider un vieux vampire borné qui croit que personne ne va lui expliquer la vie ? La seule chose qui leur soit venue à l'esprit t'as presque bousillé. Ah ça oui, ça t'a ouvert les yeux. Tellement grand que t'as fini par perdre la vue, métaphoriquement parlant. On t'a envoyé dans un hôpital – du moins, c'est le terme officiel, car la vérité est toute autre. Ce qui était un hôpital s'est révélé être un centre psychiatrique. Enfermé pendant cinq ans. Sans possibilité de sortie. Pourquoi ? Parce que tu es devenu dangereux. Quand tu as compris, enfin, que Samael était mort, tu es devenu ingérable. Complètement sauvage. Les trois quarts du temps, ils t'ont mis sous puissants sédatifs pour que tu arrêtes de vouloir tuer les autres patients et le personnel. Alors les trois quarts du temps, tu étais complètement shooté. Le quart restant, tu n'arrêtais pas de hurler au visage des infirmiers et infirmières, tu as même attenté plusieurs fois à la vie des médecins. Si bien que tu as fini sanglé à ton lit la nuit, voir en camisole quand tu passais dans de trop violentes crises de colère. Cinq ans se sont ainsi écoulés, quand tu passais à travers l'étape de la colère et des négociations, la frontière entre les deux étant la plupart du temps bien mince. Puis finalement, sur les derniers mois à être interné et traité comme un fou entre les murs trop gris de la structure, tu t'es soudainement calmé. La dépression. Les larmes silencieuses, une longue marche de quelques semaines vers l'ultime étape où tu as accepté sa mort. Difficilement, oh que oui. Dix ans pour faire ton deuil. Ce n'est certes rien dans une vie d'immortelle, mais chez les humains, c'est énorme. C'est beaucoup. C'est une décennie à nier, à refuser la vérité, à se laisser ronger par le deuil avant d'accepter et de juste aller de l'avant. Dix longues années.

Mais au final, ce qui est triste, c'est que dix années ne t'ont pas poussé vers l'avant. Tu n'as pas su sortir la tête de l'eau comme tu aurais dû le faire. Car la culpabilité a continuer à te ronger. Tu savais que c'était de ta faute s'il était décédé. Que c'était de ta faute si Aleksandr avait trouvé ton seul point faible. Ta faute de ne pas avoir été assez prudent. Tu as culpabilisé comme tu n'aurais jamais été capable de le faire avant de rencontrer Samael. Culpabilisé pas au point de vouloir en finir, oh que non. Une torture bien plus terrible. La vie éternelle avec ce poids sur tes épaules, pour te détruire un peu plus peu à peu. Et regarde donc où tu en es rendu aujourd'hui. Tu ne vaux pas mieux que ce que tu étais il y a quelques siècles. Le junkie. Type que tu avais pris soin d'enfermer à triple tour au fond de ton être. Type qui est revenu à la surface sans mal finalement, s'insinuant par toutes les blessures laissées dans ton esprit. Tu as replongé, la tête la première. Tu ne t'es même pas battu pour remonter à la surface. Et il faut dire que ce n'est pas entièrement de ta faute. Constamment défoncé à l'hôpital, tu as développé de nouveau une addiction certaine aux substances. Un besoin, puis un manque. Toi qui t'étais juré de ne plus jamais toucher à ces petites saloperies. Bien voilà. Les deux mains dedans. Au début, tu t'en es voulu un peu, rien qu'un peu. Et finalement, t'as vraiment abandonné la partie pour devenir ce que tu es aujourd'hui. Rien qu'un junkie. Certains ont bien ri du revirement de situation. Oh, le grand Lyokha Volkov, au fond des caniveaux une fois de plus. La chute du loup. Le prince des enfers longe les trottoirs tard le soir. Ta famille a cherché à t'aider, vraiment. Tu les as tout bonnement envoyé balader, si puissamment qu'aucun ne montre plus le bout de son nez depuis dix ans. Il faut dire que tu leur en as tellement voulu pour l'hôpital psychiatrique... Tu leur en as fait voir de toutes les couleurs le peu de temps que tu es resté avec eux par la suite. Alors maintenant, tu es tout seul. Tous, ils ont tous disparu de la surface d'anarkia à tes yeux. Lucky était bien trop prise par son boulot, et jamais tu n'as voulu entraîner celle que tu considères comme ta fille dans ta chute. Alors tu la vois, mais rarement. Maximus lui, est peiné de voir ce que tu es redevenu mais ne peut rien dire, il a trop peur que tu prennes la fuite pour de bon et qu'il ne t'entende plus jamais. Alors il t'ouvre sa porte quand tu en as besoin, tu squattes son sofa et pas plus. Le reste, plus rien n'a d'importance à tes yeux. Tu es devenu ce que tu as tant détesté. Un type qui a tout abandonné, et ce depuis vingt ans maintenant. Vingt ans qu'il est mort, tu t'en rends compte ? T'es toujours pas remonté à la surface pourtant. T'es rien de plus qu'une épave.

Tu ouvres un peu les yeux, presque difficilement. Tu te redresses légèrement pour regarder autour de toi, dans cette pièce plongée dans le noir. Un soupir t'échappe et tu te décides à sortir des draps, récupérant un peu à l'aveuglette tes vêtements par terre. Tu n'es même pas sûr de choper les bons, mais tant pis, tu n'as pas envie d'allumer la lumière et de risquer de réveiller l'autre qui dort encore profondément. Une chance, quand tu atteints une pièce un peu plus reculée, tu peux te rendre compte que tu as bien chopé uniquement tes affaires et tu files alors prendre une douche. L'eau te réveille un peu plus, mais tu ne perds pas de temps. Ce n'est pas que tu es attendu, mais plus vite tu seras parti, mieux ce sera pour toi. Tu n'aimes pas affronter la réalité. Du moins, pas sans quelques produits dans les veines, et pour le coup, tu es presque clean. Bref, tu sors rapidement de la salle de bain, tu récupères ce que tu trouves dans les poches du manteau de ce type, soit une belle somme en liquide et un paquet de clopes que tu enfonces dans ta poche. Et sur ce, tu ne perds pas une minute de plus et tu quittes l'hôtel, t'enfonçant dans la nuit de Spes.  Les mains au fond des poches, tu avances donc dans les rues. Tu ne fais pas vraiment attention à ce qui t'entoure, et pourtant, tu n'as aucune idée d'où aller. Où tu vas, c'est bien la dernière de tes préoccupations. Et puis la nuit est encore jeune, tu n'as pas envie de rentrer tout de suite, même si tu dois admettre que tu es légèrement fatigué. Alors tu avances. Tu avances jusqu'à te figer sur place, quand ton regard se pose sur un individu en particulier. Tes jambes refusent d'avancer et tu écarquilles les yeux, en clignant légèrement. Non. Non, tu dois rêver. Pourtant, tu n'es plus sous une quelconque drogue, mais... Non, c'est impossible, il est mort... Oui, Samael est mort, tu dois confondre... Et pourtant, ce garçon lui ressemble tellement. Toutes tes convictions s'effondrent brusquement et tu ne sais plus quoi penser. Est-ce que on t'a menti ? Est-ce que Samael est vraiment vivant ? Tu ne réfléchis pas plus une minute de plus et tu vas à la rencontre de ce pseudo-inconnu. Quelques mots prononcés par automatisme plutôt qu'autre chose, et tu fais la chose la plus insensée du monde ; tu franchis toute distance qui vous sépare pour t'emparer de ses lèvres. Il ne réagit pas vraiment, il se fige même. Tu ne sais pas si tu dois t'en montrer outré ou quoi, mais tu es incapable de décrocher de sa bouche. Il est.. Tout ce qui compte sur l'instant. Tu t'accroches à lui comme tu t'es trop longtemps accroché au rêve. À l'idée qu'il était vivant. Et autant dire que le retour à la réalité et plutôt brusque, et relativement douloureux.

Car c'est un coup de poing dans le visage qui te fait reculer. Tu tournes la tête sous le coup, glissant une main sur ta joue endolorie. Tes doigts tremblent légèrement, et tu es perdu quelque part entre une colère aussi noire que la suie et le désespoir. De te rendre compte que tu te trompes. Que ce n'est pas lui. Mais pourtant... Il lui ressemble tellement bon sang ! Ce même regard, et puis, il a ses traits... La seule différence qui frappe vraiment, c'est la longueur de ses cheveux, et ce n'est qu'un piètre détail à tes yeux. « Non mais t'es cinglé toi ! Va te faire soigner ! » Tu relèves ton regard vers lui, serrant les dents. Cinglé ? Il n'est pas le premier à te le dire. Pour ce qui est d'aller te faire soigner, tes cinq ans en asile t'ont bien suffi comme cela. Tu l'observes, timidement d'abord, ne prononçant pas un mot. Il lui ressemble tellement pourtant... Pourquoi est-ce qu'il te repousse ? Tu pensais qu'il serait heureux de te savoir toujours en vie. Heureux de te retrouver. Mais ne t'avances pas trop Lyokha ; ce garçon que tu as devant toi, ce n'est pas Samael. Du moins, c'est une partie de lui. Même si tu es bien loin de t'en douter, c'est son fils. « Hé, Blondie ! Si tu touches encore à mon cousin, je te jure que je t'éclate ! » Tu ignores difficilement la réplique du loup, mourant intérieurement d'envie de lui faire goûter à l'asphalte des trottoirs de Spes. Pourtant, tu ne bouges pas. Ton regard demeure figé sur le jeune homme et tu dois avoué que tu es complètement perdu. Troublé aussi. Comment est-ce possible ? Tu as vu son cadavre. Tout le monde a bien dit qu'il était mort. Alors pourquoi ? Pourquoi est-il devant toi ? Tu cherches des indices au fond de ses yeux, même si tu en trouverais plus en analysant globalement sa personne. Son visage. Observe-le donc de plus près. Ce garçon est plus jeune que Samael ne devrait l'être à ce jour. Bien plus jeune. Si Samael était encore en vie, il aurait quoi, dans les quarante quatre ans ? Ce brun en a sensiblement vingt. Toujours confus, tu prends doucement conscience qu'il ne s'agit pas de ton amant, non. Tu comprends peu à peu ton erreur. Ce garçon n'est pas Samael. Et même si c'est dur à digérer, tu t'y fais tranquillement, fixant un point invisible sur le bitume. Ce type n'est pas le jeune Tudor que tu as connu. Ce type n'est personne. Ce type n'est rien. « Allez, viens Sin, on se tire. Cette rue est mal fréquentée. » Tu ne relèves même pas. Tu ne dois pas chercher les problèmes, tu le sais. Et même si ce garçon t'attire d'une manière que tu ne pourrais définir, tu sais que tu dois le laisser partir. Les deux s'éloignent alors de quelques pas, et toi, tu te laisses lourdement retomber le dos contre le mur à côté, inspirant profondément, un espèce de sanglot bloquant un peu l'arrivée d'air. C'était. Curieux comme expérience. Dérangeant aussi. Mais tu dois passer à autre chose, alors disparais d'ici, et tu oublieras bien dans le lit de quelqu'un d'autre ce soir.

Tu essayes de reprendre tes esprits, même si c'est plutôt laborieux. Tu dois passer à autre chose. Tu ne penses pas que tu es suffisamment au fond comme ça ? Arrête de creuser. Contente toi de la distance actuelle, c'est déjà beaucoup, même si tu ne t'en rends pas toujours compte. Mais pour le coup, c'est le garçon qui se tourne vers toi. C'est lui qui revient à la charge, et c'est un regard craintif que tu poses sur sa personne. Oui, craintif. Oh toi, grand Lyokha Volkov, craindre son prochain ? Pas vraiment. Tu ne crains ni les coups, ni les blessures, ni même qu'il te demande le tarif ; tu t'en fous clairement. Tu as peur d'un quelque chose qui pourrait le relier avec Tudor. C'est donc naturellement méfiant que tu l'écoutes, sans sourire, sans acide dans les veines, presque clean. Suffisamment pour être lucide du moins. « Je... Pardon pour le coup, j'ai été surpris et... Bref, je n'aime pas qu'on agisse ainsi avec moi. Surtout que je crois que vous m'avez confondu avec un autre... Je ne m'appelle pas Mae, mais Ramiel. » Tu secoues presque imperceptiblement la tête, l'observant de ton regard de glace. Un azur qui a viré un peu plus clair encore, avec toutes ces larmes versées. Ramiel. Samael. Ramiel. Des ressemblances troublantes. Des prénoms aux mêmes sonorités. Voilà qui te perd un peu plus, qui te rend d'autant plus confus. Samael, Ramiel. Tu ne le quittes pas du regard, et sur l'instant, tu es partagé entre des réactions bien différentes. Comme prendre la fuite en courant. Ou rester là et ne rien dire, juste plonger ton regard dans le sien, un peu plus. Voir même l'embrasser pour avoir confirmation que ce n'est pas lui. Ou encore le frapper, sans raison apparente. Mais des quatre solutions, aucune ne triomphe. Celle qui ressort est bien moins glorieuses, et peu volontaire, tu dois l'avouer. Tu te mets sur la défensive, à la limite de l'agressivité. Mais c'est tout ce que tu sais faire désormais. C'est ta seule arme face aux autres, maintenant que tu n'as plus rien, même plus la force de te battre. « C'est ça oui, t'as cru que j'étais complètement stupide ou quoi ? Bien sûr que tu n'es pas Mae, il est mort il y a vingt ans. » Tu ne sais pas ce qui t'arrive, de t'énerver ainsi alors qu'il s'est montré particulièrement doux avec toi. Peut-être car tu n'as pas l'habitude d'une telle attention de la part des autres. Du moins, d'une attention aussi sincère que celle qu'il t'a offert pendant quelques instants. « Pardon... » Souffles-tu finalement, baissant un peu les yeux. Pardon d'avoir été aussi sec dans ta manière de t'adresser à lui. Tu ne voulais pas. Enfin, tu ne sais plus vraiment ce que tu veux, depuis quelques années.

Un bref instant de silence pendant lequel tu te permets, une fois de plus, de plonger ton regard dans le sien. Tu ne peux pas en décrocher. C'est un peu comme si tu retrouvais une partie de Samael en lui. Ça t'apaise, ça t'évite de penser aux pilules dans ta poche, à l'alcool dans le bar d'à côté. Mais il semblerait qu'un certain loup ne soit pas vraiment d'accord avec cela, puisqu'il finit par revenir vers vous, au bout de quelques minutes à vous dévisager. Il semble un peu agacé, à sa manière de te jauger. Il veut quoi, une photo ? Tu ne l'aimes pas. Il n'a pas ouvert la bouche depuis tout à l'heure que tu ne l'aimes déjà pas. Le pauvre. « Miel, s'il te plaît. On avait prévu une soirée amusement, pas charité. » Tu arques les sourcils, observant le type qui vient de parler. Il est sérieux là ? Non, franchement, il s'entend parler où ça lui a échappé comme ça ? Tu peux pardonner un spasme, mais qu'il ait débité tout cela volontairement, ça passe déjà mon bien. Un drôle de sourire un peu fou étire tes lèvres tandis que tu le jauges. Il est vraiment sérieux en plus. Tu retiens un éclat de rire moqueur, sondant son regard. « On t'a sonné le clébard ? Retourne avec ta dinde et laisse-moi tranquille t'entends ? » Tu serres les dents, les poings. Tu le fixes, alors que la colère grandit peu à peu. La fille prend un air un peu outré qui est bien la dernière de tes préoccupations. N'importe quoi. Puis, sans attendre, tu reprends. « Parce que si tu continues à me prendre la tête, j'peux te dire que c'est à toi qu'on fera la charité quand le chirurgien t'aura refait la face après un passage à tabac. » Oh non, tu ne le menaces pas du tout. Enfin si, un peu. Mais c'est presque involontaire pour le coup. Loin de toi l'envie de te battre, mais tu ne comptes pas te laisser marcher les pieds non plus, tu n'es pas fou. Mais... Tes propos sont loin de plaire à celui que tu considères comme un chien, vu la tête qu'il tire. Et bien vite, les choses dérapent comme tu l'avais imaginé ; en bagarre. S'il croit que tu vas gentiment te laisser frapper, alors là, il se met le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Et en parlant de coude, tu reçois le sien au creux de ton ventre et tu te plies légèrement, avant de te redresser pour attaquer de plus belle. Non mais franchement, n'importe quoi. Mais il t'a énervé, alors ce qui se passe, il le mérite amplement à tes yeux. Les coups s'enchaînent donc, mais au bout d'un moment, quelqu'un tente de vous séparer. Quelqu'un que tu devines sans mal être le jeune qui ressemble à Samael. Pourtant, ça ne vous freine pas plus que cela dans votre lancée, puisque ni toi, ni le loup ne semble accepter que l'autre tienne encore sur ses deux pieds à l'issu de ce combat. Et ce Ramiel peut faire ce qu'il veut, ça ne change pas grand chose pour l'instant. Sauf que, petit détail auquel personne n'avait sûrement penser, mais la police patrouille la nuit dans les rues, pour la sécurité des habitants de Spes entre autres. Et c'est bel et bien un homme en uniforme qui s'approche de vous, même si tu ne t'en rends pas compte. Son collègue avec lui, les deux entreprennent de vous séparer, et ils y parviennent. Sauf que pour le coup, tu te débats un peu. Et c'est sûrement en partie ce qui les pousse à appliquer la loi, alors qu'ils pourraient juste pour relâcher et vous indiquer des directions opposées. « Mais qu'est-ce qu'on a là, bagarre de rue ? Très bien les jeunes, vous venez au poste. Tous les trois. » Tu serres un peu les dents et ton regard noir ne décroche pas du loup, mais bientôt, vous partez pour le poste de police, et tu sais bien que vous risquez d'y passer la nuit, par votre faute.

Une cellule. Tu soupires profondément et tu te laisses tomber sur le banc, regardant les barreaux en face de toi. Ce n'est pas d'hier, tu n'aimes pas être enfermé. Encore moins depuis que tu as fait un petit tour par la case psychiatrie. Dans la cellule d'en face, il y a le loup. Et toi, tu te retrouves avec l'autre sosie de Samael. Super ! Non, franchement, tu ne pouvais pas rêver mieux – et oui, ceci est ironique. L'autre t'empoisonne. Sa présence te fait suffoquer. Tu as l'impression que c'est son fantôme qui te traque pour te faire souffrir. Parce que tu n'as pas été capable de le sauver. Alors il se venge doucement, sous les traits d'un gamin qui n'a que la vingtaine, pas plus. Un énième soupir t'échappe tandis qu'un officier de police passe devant vous, te jetant un coup d'oeil au passage, plutôt méprisant. « Czeslaw Belikov, tu nous avais presque manqué au poste. Pourquoi est-ce que t'es là cette fois, hein ? T'as toujours pas compris que c'est pas légal de faire les trottoirs ? » Tu arques un sourcil et échappe un long soupir, secouant négativement la tête. Super. Quelle superbe image de ta personne. C'est pas que ça te dérange, en fait, tu n'y fais même plus attention. Mais ça, t'as pas tellement envie que le loup en face s'en serve contre toi. « Moi aussi je suis ravi de te revoir Parrish. Mais contrairement à ce que tu sembles penser, je ne suis pas là pour ça, je suis là parce que le petit con de la cellule d'en face m'a agressé et qu'il y a eu méprise avec tes subalternes. » Parrish retient un éclat de rire, et s'éloigne en un 'c'est ça' peu convaincu. Toi, tu te tasses un peu plus sur le banc, comme désespéré à l'idée de passer ta nuit ici, à côté de ce garçon qui ne ressemble que trop à Samael. Tu te tournes d'ailleurs vers lui, légèrement, l'observant. Il lui ressemble tellement, c'est.. Troublant. Tu le jauges un instant, n'osant trop rien dire. Tu n'as pas envie de parler de Samael en réalité. Tu ne t'en sens pas vraiment capable, et pourtant, ça répondrait peut-être à bien de tes questions. Et puis, il y a quelque chose qui commence à te travailler... Samael est mort il y a vingt ans pas vrai ? Son fils est né peu de temps après, et... Ce garçon en face de toi a la vingtaine tout au plus... Quelque part, tu espères que tu te fais des idées et que ce n'est pas le film d'horreur dans lequel tu t'es réellement enfermé. Peut-être que tu vas un peu vite aux conclusions, mais tous ces indices c'est... Troublant. Carrément perturbant même. Alors finalement, même à contre cœur, tu te lances. Tu plonges ton regard dans le sien et tu te décides enfin à reprendre la parole. « Dis-moi... Peut-être que je me trompe mais, tu n'aurais pas un lien quelconque avec Samael Tudor ? » Son prénom reste amer dans ta bouche, et tu regrettes déjà un peu d'avoir posé la question. Si c'est pour qu'il te prenne un peu plus pour un fou, franchement... Il semble peu enclin à converser de cela avec toi, et pourtant, il te répond. « Lien du sang. Pour le reste, non. » Tu écarquilles légèrement les yeux, arquant les sourcils. Liens du sang ? Il a des liens du sang avec feu Samael ? Heu... Un cousin éloigné ? Un... L'évidence te saute doucement aux yeux, mais tu as besoin de l'entendre. Tu as besoin d'une confirmation. « C'est à dire lien du sang ? » Tu sens déjà un poids sur ton cœur à l'idée d'entendre sa réponse. Et elle ne tarde pas à tomber, aussi tranchante que tu avais pu l'imaginer. « C'est mon géniteur. »

Oh crap. Oh. C'est le fils de Samael. C'est... Ramiel, le fils de Samael. Tu serres les dents à t'en faire mal, le fixant de ton regard de glace. Ce garçon, c'est celui que tu as tellement haï. La raison pour laquelle votre couple a failli voler en éclat. La plus grande trahison que Miss Maura a pu te faire. Tu serres doucement les poings tandis que le mot revient en écho dans ton esprit. Géniteur. C'est son père. Tu ne souris plus pour le coup, tu n'as qu'une envie, c'est de sortir de cette cellule. « C'est ton père... » Souffles-tu, baissant les yeux vers le sol. Tu es partagé entre l'envie de haïr un peu plus ce gamin, au point de te montrer froid et cruel avec lui, et le fait de juste l'ignorer. Finalement, tu te relèves et tu t'approches des grilles en silence, jusqu'à te saisir de deux barreaux et de secouer la structure métallique avec force. « Laissez-moi sortir de là ! » Cries-tu à qui veut bien l'entendre. C'est soudain comme changement de comportement. Et peut-être que tu passes pour un type un peu bipolaire. Tu n'en as rien à faire, tu continues à t'agiter. « JE VEUX SORTIR ! » Mais pourquoi ? Parce qu'il est hors de question que tu restes une seconde de plus dans cette pièce avec le jeune Tudor. Hors de question que tu affrontes son regard une minute de plus. Hors de question qu'il t'attire vers ton passé une fois de plus, tu es suffisamment au fond du gouffre comme cela. Alors tu t'obstines, tu forces sur les barreaux qui ne veulent pas céder et les autres détenus provisoires t'observent, suspicieux. Tu n'imagines même pas les questions que doit se poser Ramiel sur l'instant, et c'est bien la dernière de tes préoccupations, tu veux sortir de là et vite. Rester avec lui devient insupportable. Un officier de police vient se renseigner sur toute cette agitation et te fait clairement comprendre que tu dois te calmer. Tu lui répètes que tu veux sortir de là mais il ne veut pas coopérer. Alors tu l'attrapes par le col et tu le cognes contre les barreaux d'un coup sec. Il perd un peu l'équilibre et tu en profites pour lui subtiliser ses clés sans qu'il ne s'en aperçoive. Tu les glisses rapidement dans ta poche, juste avant que deux autres flics ne viennent en renfort. Et comme tu t'en doutais, tu t'en prends une et tu finis menotté. Super. Retour à la case départ. Tu te calmes difficilement et tu te laisses finalement tomber contre le mur, fermant les yeux un instant. Tu dois respirer, te calmer, te... Mais tu n'y arrives pas bon sang avec l'autre Tudor qui te toise ! Et son collègue n'est pas mieux, à te regarder comme si tu étais fou. Peut-être que tu l'es un peu quelque part. Tu tournes donc ton regard vers le loup. « Qu'est-ce que t'as encore toi, t'as pas assez mangé tout à l'heure ? » Et tu glisses tes mains sur ton visage. Non, définitivement, tu n'es pas bien ni dans ta peau, ni dans ta tête. Agresser ce petit jeune n'est sûrement pas la solution, et tu te doutes bien que Ramiel va le défendre, mais ça, tu n'en as rien à faire. Tu veux juste sortir, t'enfuir, et oublier que tu viens de rencontrer le fils de ton amant. Ce garçon qui lui ressemble tellement. Celui que tu détestes au plus profond de ton être et qui pourtant, t'attire d'une manière que tu ne saurais expliquer.

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Celestino R. Ferricelli
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: You loved him, will ou love me ? || Lyokha & Ramiel   Sam 30 Aoû - 14:50

Un inconnu, un baiser. C'est ce qu'il vient de se passer. Tu viens de te faire embrasser par un homme que tu ne connais ni d'Adam ni d'Eve – c'est ce que tu penses en tout cas. Et si tu as mal réagi au départ, tu as finalement fait demi-tour. Pourquoi donc ? Tu ne le connais pas, il ne te connaît pas, tu ne lui dos rien et encore moins des excuses étant donné que c'est lui qui t'a "agressé". Et pourtant tu t'es retourné, tu es revenu sur tes pas, jusqu'à lui. Est-ce à cause du surnom employé ? Est-ce parce que tu as senti quelque chose d'un peu désespéré dans son baiser ? Sans doute est-ce un peu des deux. Il y a quelque chose qui t'intrigue chez lui, même si tu ne parviens pas à savoir quoi. Alors tu laisses parler ta gentillesse et compassion naturelle, revenant le voir, lui demandant pardon pour ta réaction sommes toutes assez naturelle. Tu lui donnes même ton prénom. Ramiel. Ramiel, Samael. Les sonorités se ressembles, la majorité des lettres sont communes et au même emplacement dans le prénom. Quelle idée de garder la même idée d'origine pour le prénom. Tu aurais préféré quelque chose de différent. Enfin, ta mère aime ce prénom alors tu ne te plains pas trop. Bref. Tu sais jeune homme, être gentil n'est pas toujours récompensé. La preuve : il t'envoie balader. Mae est mort il y a vingt ans ? Comme ton père. Et s'il parlait réellement de lui ? Dans ce cas tu ne veux rien avoir à faire avec lui.

-Ok, sympa. Dans ce cas tu n'avais pas à me sauter dessus.

Contrairement à précédemment, ton ton s'est fait sec, cassant. Être désagréable avec toi, cela peut passer à la seul condition que l'autre ait une raison valable. Son pardon se perd dans la pénombre, tu ne sembles pas l'entendre. Tu devrais te détourner, repartir t'amuser avec ton cousin et sa dinde – ahem – mais tu restes là, à le regarder. Tu ne comprends pas, il y a quelque chose d'étrange dans sa manière de te regarder, de plonger son regard d'azur, particulièrement beau soit dit au passant, dans le tien aussi sombre que les ténèbres. Tu n'es plus énervé, au contraire. C'est comme s'il t'apaisait, sans que tu comprennes pourquoi. Allez, détourne-toi. Tout de suite. Mais c'est ton cousin qui, le premier, interrompt votre long moment de contemplation l'un de l'autre. « Miel, s'il te plaît. On avait prévu une soirée amusement, pas charité. » Tu te tournes vivement vers lui, lui accordant un regard noir. Soirée charité, bien sûr. Bon, il est vrai que tu as l'habitude de t'arrêter quand votre route croise une personne qui semble avoir besoin d'aide et que tu penses pouvoir aider. Les soirées charité, comme il dit si bien, sont fréquentes mais c'est parce que cela te plaît de donner de ton temps pour aider les autres. Personne ne pourra te faire changer, pas sur ce point. Mais ne rien dire ne peut arranger les choses et le blond réplique à ton cousin. Instinctivement, tu recules de deux pas, connaissant le tempérament volcanique du jeune lycan. Tu ne peux retenir un très léger rire lorsque le blond qualifie la demoiselle de dinde, puisque c'est très exactement ainsi que tu la considères. Seulement tu n'es pas d'accord quand il insulte ton cousin. Tu n'as pourtant pas envie de t'en mêler, puisque ce dernier décide de se défendre seul. Et c'est parti pour une bagarre. La demoiselle semble indignée et tu ne te gênes pas une seule seconde pour lui dire qu'elle peut partir, parce que le loup sera plus d'humeur à mordre pour le reste de la soirée qu'à faire des câlins. Ce n'est que lorsqu'elle est partie, pour ton plus grand plaisir, que tu te tournes vers les deux qui se battent comme des coqs. Quelle plaie. Un profond soupir t'échappe puis tu entreprends de les séparer, sans grand succès. C'est qu'ils veulent vraiment en découdre, ces deux idiots ! C'est ainsi jusqu'à ce que la police intervienne et vous embarque tous les trois, pour bagarre dans les rues. Encore.

La cellule. Encore. Enfin, tant que ce n'est pas celle de dégrisement, cela t'arrange très franchement. Il n'empêche que tu n'aimes pas vraiment te retrouver en prison, même pour une simple et stupide garde-à-vue. Tu as hâte de sortir. De préférence avant que ta mère n'apprenne que tu t'es encore fait arrêter. Elle n'aime pas apprendre ce genre de nouvelle, ce que tu comprends tout à fait, mais tu as besoin de faire autre chose que de rester sur les sentiers battus. Tu as besoin de faire tout et n'importe quoi. Tu as besoin de ne pas marcher dans les traces de ton père. C'est même vital à tes yeux : ne pas lui ressembler. Là, c'est sûr que tu ne lui ressembles pas. Un soupir t'échappe tandis que, assis sur ton banc, tu t'occupes à échanger des messages avec ton cousin, dans la cellule d'en face, à l'aide d'un code basé sur les gestes que vous avez mis au point il y a de très longues années. Qu'est-ce que vous vous dites ? Lui te râle dessus parce que tu as fait fuir sa conquête du soir et, toi, tu t'obstines à lui expliquer qu'elle n'était pas assez bien pour lui. C'est une conversation de sourds, tu le sais parfaitement, puisque ni l'un ni l'autre ne cédera un seul pouce de terrain. Vous ne faites qu'à peine attention aux autres détenus provisoires, tu notes juste la pseudo conversation entre le blond qui t'a embrassé – par tous les dieux, pourquoi l'a-t-on enfermé avec toi ??? – et un officier de police que tu connais bien. Apparemment, le vampire a l'habitude de faire les trottoirs. Cette constatation fait éclater de rire ton cousin. Toi, tu te contentes de soupirer, fermant plutôt les yeux. Un jour, à force de vouloir aider, tu vas vraiment t'attirer des problèmes. Et de très graves, tant qu'à faire. Mais tu te dis que ce sera tant pis, qu'il est hors de question d'arrêter parce que, peut-être un jour, tu auras des ennuis. Bref. Les yeux fermés, concentré sur les conversations des autres détenus, tu essayes de te reposer avant que Sin ne décide de sortir de sa cellule. Mais ton codétenu ne semble pas d'accord.

-Dis-moi... Peut-être que je me trompe mais, tu n'aurais pas un lien quelconque avec Samael Tudor ?

Tu serres les dents. Samael Tudor, un nom que du détestes. Tu ne veux pas en parler, tu ne veux pas songer à lui. Tu ne veux pas, tu ne supportes pas qu'on te rappelle ton lien avec lui. Mais tu rouvres les yeux, posant ton regard de braise sur lui. Tu l'assassinerais volontiers ainsi, en le fixant, mais tu n'as pas ce pouvoir. Alors, dans un accès de politesse quoique bien à contre-cœur, tu lui réponds.

-Lien du sang. Pour le reste, non. réponds-tu sèchement, mais cela n'a pas l'air de lui suffire puisqu'il continue ses questions.
-C'est à dire lien du sang ?
-C'est mon géniteur.


Clair, net, précis et sec. Qu'il te lâche maintenant. Ton géniteur, hein ? C'est tout ce qu'il est à tes yeux. C'est tout ce qu'il a jamais fait pour toi, pour ta mère aussi. Tu ne veux plus entendre parler de lui, point final, alors qu'il ne continue pas la conversation. Lorsque le blond souffle que c'est ton père, tu secoues vivement la tête avant de regarder obstinément ailleurs, croisant les bras. Qu'il se taise maintenant. Qu'il cesse d'en parler. Mais... Pourquoi se rapproche-t-il des barreaux ? Tu arques un sourcil en le voyant les agiter et sursautes même lorsqu'il se met à crier qu'il veut sortir. Quel revirement de situation. Tu le regardes, un sourcil relevé, perplexe. Visiblement, ce type a connu ton père, c'est l'évidence même. Mais pourquoi une telle réaction ? Tu lui fais si peur que ça ? Visiblement, ton cousin s'est posé la même question puisqu'il se met à rire, avant de t'adresser la parole.

-Hé bien mon grand, tu te rends compte ? C'est la première fois que tu fais peur à quelqu'un rien qu'avec le nom de ton père !
-Très drôle.


Tu le laisses rire dans son coin, regardant plutôt l'autre. C'est la première fois que quelqu'un réagit de manière aussi vive, tu dois bien l'avouer. C'est étrange, perturbant, c'est... Qu'a-t-il vécu avec ton père pour avoir une telle réaction ? Tu ne sais pas et tu n'as pas tellement envie de savoir, mais c'est tout de même troublant. Enfin, tu décides de hausser les épaules et de ne pas te montrer trop curieux. Tu le laisse faire son grabuge, attirer l'attention des flics et... Cogner celui qui s'est trop approché contre les barreaux. Tu fronces un peu les sourcils, d'ailleurs, lorsque tu vois les clés de la cellule atterrir dans la poche du blond. Pas mal. Non, franchement, ce n'est pas mal du tout. Mais tu seras sorti avant qu'il n'ait l'idée d'utiliser le trousseau de clés. Enfin, il finit menotté. C'était prévisible. Un soupir t'échappe tandis que tu glisses tes mains dans tes cheveux bruns, les décoiffant au passage. Quel énergumène celui-là. Enfin, laisse-le, il n'a visiblement pas envie d'être en ta présence et toi non plus. Restez des inconnus, cela vaudra mieux. De toute manière, il accorde plus d'attention à ton cousin qu'à toi-même, vu qu'il l'agresse à nouveau verbalement. Mais, pour une fois, Sin se contente d'un doigt d'honneur bien visible avant de se détourner à tu ne sais quoi. Bon, en fait, tu sais ce qu'il va faire : ouvrir la porte de la cellule. Toi, il faut que tu t'occupes à autre chose. Alors tu regardes le blond qui a glissé les mains sur son visage. Que faire ? L'ignorer ? Recommencer à être gentil avec lui ? Ou juste être légèrement énervé parce qu'il a évoqué quelque chose que tu préférerais oublier ? Tu ne te rends pas bien compte que c'est mille fois plus douloureux pour lui que pour toi... Après quelques instants de réflexion, c'est la troisième solution qui s'impose à toi. Tu le fixes alors, pianotant sur ton genou d'une main.

-Ok... À voir votre réaction de tout à l'heure, j'en déduis que vous connaissiez le truc qu'on appelle mon père.
-Tu pourrais avoir un peu plus de respect petit con.
-Je respecte qui je veux et ceux qui le méritent ! Ce n'est pas son cas et je t'interdis de m'insulter.
-Il t'a donné la vie, ingrat.
-Il n'a jamais fait que ça. C'est pas ce qu'il y a de plus respectable.
fais-tu, serrant les dents à t'en éclater la mâchoire.
-Il était occupé ailleurs, c'est tout.
-Ouais, à aller voir ailleurs surtout !
-Avec la personne qu'il aimait vraiment. J'veux pas te vexer, mais t'es qu'une erreur, à la base.
-Merci, je sais.


Au fur et à mesure que la conversation avançait, tu sentais ton sang bouillir de plus en plus dans tes veines. À présent, tu serres plus encore tes mâchoires, poings serrés, faisant ton possible pour ne pas lui envoyer ton poing dans la figure. Tu sais que tu n'es qu'une erreur, tu sais que tu n'aurais pas dû exister. Cela aurait été mieux pour ta mère, très franchement. Mais tu n'as pas envie d'entendre tout cela, tu ne veux pas qu'on te le rappelle. Tu hais cet homme qui t'a donné la vie, tu le hais, profondément. Alors l'entendre le défendre, lui, un inconnu, cela te met profondément sur les nerfs. De quel droit ose-t-il prendre sa défense alors que feu Samael n'a fait que pourrir ton existence, de part son absence ? Non, tu ne l'acceptes pas. Alors tu te lèves, faisant ton possible pour contenir cette vive colère qui s'empare de toi. Tu t'avances jusqu'à lui, le fixes de ton regard encore assombri par l'énervement, les poings toujours serrés...

-Écoute. Je me fous de savoir ô combien tu le connaissais. Je n'en ai rien à foutre de lui et tu ne parles pas de lui devant moi.
-Le jour où tu apprécieras ton père...
-Oui, ce sera la fin du monde, je sais.
-Désespérant. Allez, viens Ramiel, on se tire avant que les flics nous attrapent.


Tu te tournes rapidement vers ton cousin, constant qu'il est sorti de sa cellule et est entré dans la votre. Vous échangez alors un sourire et, sans attendre qu'on vous repère, tu files le rejoindre. Tu ne peux pourtant t'empêcher de jeter un coup d’œil au blond. Tu as beau être énervé, agacé, il y a quelque chose qui te retient. Quelque chose qui t'intrigue, qui t'attire. Qu'est-ce donc ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tu sens qu'il souffre, profondément. Tu sens que le problème est profond et la plaie toujours ouverte, quelque part. C'est étrange... Mais entendre les policiers qui vous interpellent te ramène à a réalité et, sans plus attendre, ton cousin et toi filez à toute vitesse. Tu n'as pas fermé la porte de la cellule. De toute manière, à quoi bon ? Il a les clés, il sot donc quand il veut...

~~~ Quelques jours plus tard. ~~~

Tu en as marre de tes potes. Très franchement. Comment en es-tu arrivé là ? Mais où es-tu, exactement ? Dans un petit hôtel pas très luxueux ni très chic. En fait, il faudrait plutôt dire que c'est un hôtel bas de gamme, dans un quartier moyennement bien réputé de la capitale. Tu es actuellement assis sur un lit que tu avoues être bien confortable, les yeux bandés, condamné à attendre que tes amis reviennent. Tu sais qu'ils t'ont prévu une soirée dont ils auront bien vite des nouvelles. Tu te doutes qu'ils ont engagé quelqu'un pour passer la nuit avec toi, il t'ont déjà fait le coup pour tes dix-neuf ans et à quelques autres occasions. Malheureusement pour eux, tu ne leur a jamais fait le plaisir de te laisser aller à leurs bêtises. Tu es tout sauf un garçon facile et ils l'ont compris. Ce qui ne les empêche pas de recommencer à la moindre occasion, en inventant tout et n'importe quoi pour que tu "prennes ton pied" comme ils disent si bien. Tu en as un nouvel exemple : ce bandeau qui te couvre les yeux. Des sorciers font parti de la bande, ils ont donc ensorcelé l'objet pour que tu ne puisses pas le retirer de toi-même, il faut que ce soit quelqu'un d'autre qui te l'enlève. Tu es prêt à parier qu'ils diront à l'autre de ne pas te le retirer avant... Avant la fin quoi. Tu te mordilles la lèvre, mal à l'aise. Tu sais aussi qu'ils vont vous enfermer et il est possible qu'ils bloquent la porte au cas-où tu aurais l'idée de forcer la porte pour sortir... Quelle plaie. Enfin, tu n'as plus trop le choix : il te faut attendre et improviser avec la personne qui entrera dans cette pièce. En parlant du loup... La porte s'ouvre, tu entends tes amis rire en poussant le nouveau venu dans la chambre, vous lançant un :

-Amusez-vous bien les mecs !

Que... QUOI ??? Les mecs ??? Oh par tous les dieux, ce n'est pas vrai, ils n'ont pas osé faire cela ! Tu n'es PAS gay, combien de fois faudra-t-il que tu le leur expliques, que tu le leur répètes ? Tu te tends aussitôt, t'agitant sur le lit. Tu n'as pas envie de subir une telle humiliation de leur part sans réagir. Alors tu te relèves, hésitant, cherchant où se trouve la porte... Mais c'est un corps que tes mains viennent toucher, par inadvertance. Des vêtements, et dessous une peau froide. Tu te mords la lèvre, mal à l'aise. Tu ne sais pas quoi dire, quoi faire. Tu ne sais comment réagir face à une telle situation. Tu ne sais pas si cela se faire de l'envoyer balader... C'est à cet instant que tu entends le bruit de la clé qu'on tourne dans la serrure. Vous êtes enfermés, pour les prochaines heures. Pas d'échappatoire.

-Je... Pardon, je ne sais pas si c'est une... Très bonne idée...

Absolument pas. Mais tu sens que tu vas avoir du mal à y échapper cette fois, surtout sans tes yeux. Tu voudrais t'échapper, sortir de cette pièce mais tu t'interdis de crier, hausser le ton ou faire n'importe quoi qui amuserait tes amis. Alors tu te mords fortement la lèvre et te fais doucement raccompagner jusqu'au lit. Tu as beau protester, essayer de t'échapper, il se fait doux avec toi, rassurant. Alors, petit à petit, toi qui étais tendu tu te décontractes, doucement. Tu n'en reviens pas. Tes potes sont allés payer un homme pour... N'importe quoi. Ils ne pouvaient vraisemblablement pas faire pire. Malheureusement, tu es encore très loin de te douter de la situation dans laquelle tu te trouves. Tu as les yeux bandés après tout, et si sa voix fait vaguement écho dans ton esprit, tu n'as pas encore compris que tu connaissais un peu son propriétaire. Pour l'instant, tu restes tendu, sur tes gardes, sur le lit. Tu sens ses mains se balader sur ton ventre, ton torse, ta nuque puis redescendre dans ton dos. Par instants tu te figes, ressentant un profond malaise, mais il trouve rapidement comment faire passer cela. Alors, tu finis par frissonner sous ses mains, à ton plus grand étonnement/désespoir. Si les autres viennent à l'apprendre... Ne pas y penser, ne pas y songer. Il finit par s'emparer de tes mains et les poser sur son corps, tandis qu'il t'allonge sur le lit. Une nouvelle fois, tu te mords la lèvre, ne sachant comment réagir. Il le fait pour toi : il vient t'embrasser. Encore une fois, tu te figes. Mais, petit à petit, au fil des tentatives, tu te laisses doucement aller... Tu finis par répondre à ses baisers, à laisser tes mains glisser le long de son corps, dans ses doux cheveux, sous son haut tant qu'il lui en reste un. Petit à petit, plus tu te sens à l'aise, plus les vêtements tombent. Tu restes accroché à ses lèvres, collé à lui, comme si cela devenait petit à petit vital. Tu ne sais pas ce qu'il t'arrive, tu ne sais pas pourquoi tu agis ainsi, toi qui n'a jamais eu ce genre de pensées vis-à-vis d'un homme. Mais, il y a un petit quelque chose d'étrange, un petit quelque chose que tu n'as jamais trouvé ailleurs. Non, ce n'est pas le fait que sa peau soit glacée, loin de là même. Tu aimes ce contact qui tranche totalement avec ta peau toujours brûlante. Le feu contre la glace, quel délicieux contraste... Un contraste qui t'arrache, à ton plus grand étonnement, des frissons de plaisir. Les vêtements continuent à tomber et tu lui retires même son haut, à l'aveuglette, avant qu'il ne fasse de même avec ta chemise. Voilà que vos baisers gagnent en intensité, ses lèvres glaciales contre ton torse, de temps en temps tu sens ses canines sur ta peau... Et tu n'es pas vraiment en reste, même si chacune de tes initiatives reste un peu maladroite et hésitante. Et c'est ainsi jusqu'à ce que vous vous retrouviez en sous-vêtements, l'un et l'autre. Là, le signal d'alarme s'allume dans ton esprit. Tu en as trop fait, vous en avez trop fait. Il faut que cela cesse, tu ne dois pas, tu ne peux pas te laisser faire ! Alors quand il essaye de te retirer ton boxer, tu t'empares de ses mains et les remontes jusqu'au bandeau qui te cache encore et toujours la vue. Qu'il le retire...

-Le bandeau... S'il vous plaît... fais-tu, doucement.

Tu veux qu'il le retire, tu as passé trop de temps dans le noir. Tu veux voir celui qui est avec toi depuis tout à l'heure, celui qui se fait si doux avec toi. Tu veux voir, tu en as besoin aussi parce que tu te sens en position d'infériorité, ce qui n'est pas tolérable. Alors tu patientes, jusqu'à ce qu'il te fasse la faveur de le retirer. Une seconde, tu gardes les yeux fermés. Une seule seconde, puis tu dévoiles ton regard sombre. Et là, tu le vois, lui. Cet homme blond que tu as croisé dans la rue, il y a quelques jours. Cet homme qui t'a embrassé sans raison, cet homme qui a pris la défense de ton père dans la cellule, en garde-à-vue, cet homme qui t'intrigue un peu trop. Ce vampire au regard de glace dans lequel tu te perds un instant. C'est lui. Tu es en bug total. C'est, c'est... Répugnant. Littéralement. Tu sais désormais que ce type a connu ton père, tu ignores encore que qu'il s'est passé entre eux mais une chose est certaine : tu es plus que tout dégoûté de constater que c'est lui. Alors, comme la première fois, ta réaction se fait instinctive : tu le gifles violemment, assez pour le faire bouger d'au-dessus de toi. Bon, tu t'en prends une en retour mais tu es quand même plus à l'aise une fois un peu plus loin de lui, debout, même en sous-vêtements.

-Tu es... Oh, par tous les dieux, c'est pas vrai... Qu'est-ce qu'ils ont encore foutu ces abrutis ??? Je savais qu'ils m'avaient encore réservé un truc bien foireux mais là c'est... C'est...

Tu en perds tes mots, littéralement. Tu ne sais quoi faire, quoi dire, glissant plutôt tes mains dans tes cheveux, tirant quelque peu dessus. Ils sont cinglés. Certes, ils ignorent que tu connais très vaguement cet homme mais quand même ! Tu te jures que tu vas leur faire amèrement regretter ce qu'ils ont fait cette nuit. Très amèrement même. Mais là, la question est plutôt : que faire avec lui ? Parce que, mine de rien, vous êtes coincés là, dans cette chambre, jusqu'à ce que les idiots reviennent vous ouvrir. En attendant, tu cherches et retrouve rapidement ta chemise et ton pantalon, que tu remets en grande hâte. Bon, à dire vrai, tu ne t'es pas rendu comptes du fait que la chemise que tu viens de mettre, c'est celle du blond, tout troublé que tu es. Tu es de nouveau mal à l'aise, et rien qu'à penser que c'est lui qui a posé ses mains sur toi, tu en frissonnes de dégoût, reculant jusqu'à te retrouver contre un mur. Tu déglutis difficilement, ton regard se posant partout sauf sur lui...

-Je... On arrête là.

C'est un ordre : on arrête. C'est trop perturbant pour que tu puisses te détendre à nouveau. Tu regardes la porte mais la très légère lueur bleue qui brille dessous te suffit pour savoir qu'un sort a été lancé pour vous empêcher de partir. Enfin, surtout toi, ils te connaissent. Mais te rends-tu compte d'une chose, jeune homme ? Le blond te troublait l'autre jour, et là il est parvenu à te faire apprécier sa présence, le contact de sa peau contre la tienne. Tu en as même frissonné de plaisir, ne le nie pas. Qui est-il ? Lyokha Volkov, l'amant de ton père. Le seul homme que ton père ait aimé. Et il semblerait que tu ais la même prédisposition que lui pour tomber dans ses bras... Mais cela, c'est encore une affaire de temps et tu n'es pas prêt à le voir ni même à le comprendre. Contente-toi de croire que tu détestes cet homme qui ose parler de ton géniteur devant toi. Contentes-toi de croire qu'il ne se passera jamais rien entre vous, c'est tellement plus facile de se voiler la face, de nier cette évidence qui commence à se faire une place dans ton esprit...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Leonardo N. Luciano
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MessageSujet: Re: You loved him, will ou love me ? || Lyokha & Ramiel   Lun 1 Sep - 21:35

« Ok, sympa. Dans ce cas tu n'avais pas à me sauter dessus. » Tu ne relèves même pas. Tu dénotes toute fois son changement soudain d'attitude. De doux, il est passé à cassant. Enfin, tu ne t'en formalises pas, tu as l'habitude que les gens changent d'attitude avec toi. Au début, ils sont charmeurs, agréables, sympathiques. Quand ils ont eu ce qu'ils veulent de toi, leur regard change du tout au tout pour la plupart. Parce qu'ils s'en veulent et qu'ils portent la faute sur toi. Toi qui représente le désir. La tentation incarnée en un vampire au regard dérangeant et pourtant si captivant. Mais tu n'arrives pas à en vouloir à toutes ces personnes. Elles ont leurs raisons de s'en vouloir. Elles s'assument mal, et ce n'est pas ton problème. Un père de famille, marié et d'apparence joyeux qui vient chercher du réconfort au près d'un garçon de joie, ça n'a rien de drôle, c'est même tragique. Pourtant, tu n'as aucun scrupule à lui offrir une nuit de rêve, une idylle éphémère. Enfin, tu n'es pas là pour débattre de la morale inexistante de ton « métier », concentre-toi plutôt sur ce qui se passe actuellement. Et sur la situation qui s'envenime avec ce stupide lycan. La charité... Non mais franchement. Tu ne tardes pas à répliquer, et pas de la manière la plus douce qui soit. Ce qui le fait vivement réagir, puisqu'il s'attaque à toi. Et voilà. C'est parti pour une autre bagarre. Tu commences à avoir l'habitude de te battre de toute façon... Et puis, s'il a cru que tu allais juste te laisser marcher sur les pieds, il rêve. Tu es peut-être qu'un résidu de la société, tu n'as peut-être plus beaucoup de dignité, tu ne comptes pas te laisser passer à tabac pour le plaisir de ce que tu considères comme un chien. Tu n'aimes pas les lycans et ça ne changera pas en quelques minutes. Et comme vous avez beaucoup de chance, au bout de quelques coups et quelques esquives seulement, une patrouille passe. Super. Tu sais ce que ça veut dire, les deux autres le savent sûrement aussi. Alors même si honnêtement, ce soir, tu aurais préféré de faire du cash et planer un peu, tu n'opposes pas trop de résistance jusqu'au poste. Franchement quoi ! Tout ça à cause d'un petit con ! Tu poses plusieurs fois ton regard noir sur lui, tu le nargues tandis que vous êtes chacun dans une cellule, face à l'autre, toi avec Ramiel. Les deux discutes d'ailleurs en langage des signes et tu as juste envie de leur dire qu'ils passent plus pour deux abrutis qu'autre chose, mais tu n'en fais rien. Si ça les amuse, tant mieux pour eux. Un flic que tu commences à bien connaître s'approche et t'adresse quelques mots peu glorieux. Tu le méprises profondément et le laisse s'éloigner, tandis que cette révélation fait éclater de rire le lycan que tu fixes à nouveau d'un regard terriblement sérieux. Et finalement, un léger sourire provocateur étire tes lèvres, tandis que tu lui offres deux magnifiques doigts d'honneur. Oui, tu as déjà fait plus classe, mais user de la salive pour cet abruti, très peu pour toi. Tu croises donc les bras et demeures silencieux sur ton banc. Enfin...

Jusqu'à ce que quelque chose te revienne à l'esprit. Quelque chose qui pique profondément ta curiosité. Des indices qui s'emmêlent dans ta tête et qui te laissent penser que ce fameux Ramiel a un lien quelconque avec Samael Tudor. Il serre les dents, n'appréciant visiblement que peu le sujet de conversation. Mais toi, tu continues comme si de rien n'était, en toute innocence, parce que tu as besoin de savoir, tu as envie de savoir. Et la réponse tombe bien vite. Trop sèche. Trop brusque. Trop soudaine. Ton expression change du tout au tout. C'est le... Le fils de Samael Tudor et d'Adelina Maura. Tu es partagé entre une profonde colère et ton habituel désespoir. Il faut croire que c'est un mélange des deux qui s'empare de toi lorsque tu te relèves vivement, allant secouer les barreaux. Non, tu ne peux pas. Tu ne peux pas rester dans la même cellule que ce gamin qui t'a pourri la vie sans même être né. Cette chose qui vous a valu bien des disputes, qui a failli faire voler votre couple en éclat. Tu t'agites alors, toujours plus, tu cries à qui veut bien l'entendre que tu veux sortir d'ici. Tu veux vraiment sortir, tu ne peux pas tolérer de croiser son regard une fois de plus. Pas lui, ce n'est pas possible... Sur tous les petits cons mortels de cette planète, il fallait précisément que tu tombes sur le fils de feu ton amant. Franchement, là, côté pas de chance, c'est à se demander si on ne t'a pas jeté un sort. Et tu es tellement obnubilé par l'idée de dégager d'ici que tu ne fait même pas attention à ce que racontent le loup et le fils du chasseur. Tu n'en as pour ainsi dire, rien à faire, tout ce que tu veux, c'est partir. D'ailleurs, des flics se ramènent, et tu continues à formuler ton souhait mais ils ne semblent pas vouloir comprendre. Alors tu chopes le premier qui passe un peu trop près et tu le frappes contre les barreaux sèchement, en profitant pour récupérer les clés. Comme tu t'y attendais, tu finis menotté, mais tu ne contestes pas outre-mesure. Tu vas juste te laisser tomber contre le mur le plus proche, glissant ses mains dans tes cheveux. Tu veux juste sortir... Et tu sais que tu n'as qu'à attendre que tout revienne au calme pour prendre la poudre d'escampette. Alors tiens-toi calme, demeure silencieux et tout ira bien. Mais tu ne peux t'empêcher d'agresser l'autre caniche verbalement une fois de plus, l'air de dire 'qu'est-ce que tu regardes' ? Il te répond par la même vulgarité que toi précédemment et tu n'y fais pas plus attention. Tu veux partir... Et qu'on te laisse tranquille. Mais cette fois, c'est le jeune Tudor qui ne peut s'empêcher de revenir vers toi. Non, qu'il te laisse seul... Qu'il cesse de te torturer comme il le fait par sa simple présence, même s'il ne peut pas s'en rendre compte vu qu'il ne sait pas qui tu es, et encore moins pour son père...En plus, ce crétin ce montre ingrat avec Samael. Et tu ne perds pas le nord quand il s'agit de le remettre à sa place, quitte à être un peu cru. Oui, Ramiel n'était qu'une erreur. L'imprévu de trop à tes yeux. Tu te demandes encore pourquoi tu ne l'as pas tué à la naissance d'ailleurs, ça t'aurait évité bien des souffrances à l'heure actuelle. Il a les poings serrés, et tu n'attends qu'une chose, c'est qu'il te frappe pour lui en coller une en retour. Mais il fait preuve de maître et revient vers toi, presque menaçant, poings irrémédiablement serrés. « Écoute. Je me fous de savoir ô combien tu le connaissais. Je n'en ai rien à foutre de lui et tu ne parles pas de lui devant moi. » Tu arques un sourcil. D'où il croit qu'il peut te donner des ordres, hein ? Il ne se sent plus soudainement ? « Le jour où tu apprécieras ton père... Oui, ce sera la fin du monde, je sais. Désespérant. Allez, viens Ramiel, on se tire avant que les flics nous attrapent. » Tu relèves tes yeux azuréens vers le chien qui est entré dans la cellule. C'est ça, qu'ils dégagent, tous les deux, ils ont fait assez de grabuge comme cela ; l'un sur ton cœur, l'autre sur ton esprit. Tu les regardes donc qui s'éloignent, ne relevant en rien leurs propos, et tu pose ton crâne contre le mur, fermant les yeux un moment. Aller, calme-toi. Ce n'est qu'un mauvais souvenir à oublier. Un peu de dope et tout ça, ce serait du passé... Mais curieusement, tu n'es pas sûr que quelques pilules suffisent à te faire oublier ses traits, sa voix... Et toutes ces petites choses qui te rappellent ton amour perdu...

~~~

Te voilà devant cet hôtel miteux, à traiter avec des gamins qui ont plus d'un millénaire de moins que toi. Franchement, ça sent le plan foireux à plein nez leur affaire. Mais tu n'es pas là pour juger, pour critiquer, t'es là pour le cash et une baise dont tu n'as pas vraiment envie. Mais tout ce qui compte encore une fois, ce sont les billets à la sortie. Enfin, pour le coup, tu demandes une avance d'au moins soixante-dix pourcent. Parce que ce sont des jeunes, et les arnaques sont monnaie courante avec eux. Tu veux qu'ils comprennent que tu n'es pas là pour qu'on te prenne pour un jambon, et qu'ils entendront parler de toi si c'est un plan complètement débile. Déjà que tu trouves ça bizarre, de payer pour la première fois d'un jeune avec un mec... C'est carrément tordu oui. Mais tant que l'argent est là, ça te passe bien par-dessus la tête. Alors tu jettes ton mégot de cigarette, tandis qu'ils te regardent tous attentivement, avec des yeux de merlan frit, n'attendant qu'une chose ; que tu rentres dans cette chambre. Tu échappes un long soupir, légèrement ralenti par la drogue qui circule encore dans ton système. C'est léger, mais c'est toujours un peu présent. Toujours est-il qu'il y en a un qui ouvre la porte, et un autre te bouscule et te pousse à l'intérieur. Tu te retiens de protester et tu secoues la tête, tandis qu'il verrouillent derrière vous. Super... tu secoues la tête, levant les yeux au plafond un instant. « Amusez-vous bien les mecs ! » Tu arques un sourcil. Sérieusement ces gamins sont... Incorrigibles. Enfin ce n'est pas ton problème. Tu t'arrêtes un instant, repérant le jeune homme en question assis au bord du lit, les yeux bandés. Ah oui, le bandeau... Ils t'ont dit de ne pas l'enlever, alors tu ne comptes pas y toucher. Te pinçant un peu les lèvres, tu retires ton manteau, le posant au crochet à l'entrée. Et à peine as-tu le temps de te retourner que l'autre manque de te rentrer dedans. C'est qu'ils sont vraiment maladroits ces humains. Pourtant, un léger sourire amusé étire tes lèvres. Voilà qui promet d'être marrant. « Je... Pardon, je ne sais pas si c'est une... Très bonne idée... » Tu souris un peu plus, dévoilant tes canines même s'il ne peut pas s'en rendre compte. Puis tu glisses le bout de tes doigts d'une main sous son menton, te rapprochant considérablement de ses lèvres. « Hé, détends-toi, je ne suis pas là pour te faire du mal... » Murmures-tu simplement contre sa bouche, ton sourire s'élargissant encore un peu. Et c'est tout aussi doux que tu l'entraînes jusqu'au lit, cherchant au plus à ne pas le brusquer. Le but, c'est que les choses se déroulent naturellement, pas vrai ? Et pour l'instant, tu sens à quel point il est tendu, bien peu en confiance. À sa place, tu serais sans doute pareil. Mais pour le coup, tu mènes la chose plutôt bien puisqu'il se montre docile et retourne s'asseoir sur le lit.

Et toi, tu prends tout de suite tes aises. Ce n'est pas comme si tu pouvais encore être gêné, depuis le temps. Alors tu t'installes et tu débutes ton œuvre, te contentant juste de parcourir son corps de tes mains d'abord. Y'a pas à dire, il est vraiment tendu. Il n'a pas l'air très... à l'aise. Même pas du tout, et ça t'amuse un peu, tu dois l'avouer. Son rythme cardiaque laisse entendre qu'il n'a aucune idée de comment réagir, et tout ce désordre qui doit se passer actuellement dans sa tête, tu trouves ça plutôt mignon. Tu t'efforces alors d'être doux, compréhensif. De faire attention au moindre te geste, à ne pas le brusquer ou quoi. Et doucement, lentement, les barrières tombent. Comme par magie. Oh, tu n'es pas sorcier non, tu sais juste comment t'y prendre, c'est différent. Tes mains se perdent donc contre les tissus qui couvrent encore sa peau, et tes lèvres elles lui volent quelques baisers ou se promènent de sa joue à son cou. Tu le sens qui se fige par moment, et tu mets ça sur le compte d'un évident manque d'expérience. Mais ça t'amuse, c'est comme un défi que tu relèves avec plaisir. Et en parlant de plaisir... Il continue à frissonner, et ça t'arrache un sourire. Finalement, pour quelqu'un qui pensait que ce n'était pas une bonne idée, il semble qu'il commence à prendre son pied... Doucement, tu le pousses même à s'allonger, et bien que sentant un peu d'hésitation dans ses mouvements, il s'exécute. Toi, tu t'installes un peu mieux et du décides de prendre un peu plus les choses en main encore. Comment ? En le poussant à prendre des initiatives. Alors tu viens tranquillement chercher ses mains et tu les poses contre ton corps. Bon sang ce qu'il peut être figé ! Mais ça rend la chose un peu plus amusante encore, de voir à quel point il est maladroit. Tu ne t'offusques pas quand il ne répond pas à tes baisers, tu préfères lui laisser un peu de temps, qu'il se détende, qu'il se laisse aller. Et c'est bien ce qu'il finit par faire, vu que peu à peu, il répond à tes avances. Te voilà ravi ! Ravi de constater que les choses ne vont plus que dans un sens et qu'enfin, il se décide à prendre un peu la main. Tu frissonnes d'ailleurs, à de multiples reprises, en sentant ses doigts sous ton haut, dans tes cheveux... Tu te permets alors un peu plus de fougue dans vos baisers, quand tu ne contentes pas d'étouffer quelques soupirs d'aise contre sa peau sous ses caresses. Il en vient même à enlever ton haut – toujours un peu maladroitement, mais tu n'y prêtes pas vraiment attention, perdu dans l'intensité de vos échanges. Puis, rapidement, tu entreprends de déboutonner sa chemise et de la balancer plus loin. Et c'est ainsi que peu à peu, les vêtements se perdent dans la pièce ; les tiens, les siens, qu'importe. Tu te rends compte au passage que tous tes tatouages sont visibles et... Heureusement qu'il ne peut pas en voir un en particulier, même si tu es loin d'en avoir conscience, encore, ne sachant qui se trouve vraiment devant toi. Tes doigts glissent le long de ses bras, jusqu'à se saisir de ses mains que tu plaques un instant contre le matelas, tes lèvres venant frôler les siennes. Tu te fais la réflexion que c'est dommage de ne pouvoir plonger ton regard dans le sien. Ce n'est pas pareil. Tu aimes sentir le regard de l'autre sur toi. Ça te donne l'impression d'exister, et de ne pas être simplement l'objet de désir que tu es. Mais tes pensées s'effacent bien vite quand, une fois de plus, tu captures ses lèvres, puis viens déposer des baisers sur sa peau, descendant peu à peu sur son torse, remontant par moments... Et il s'y essaye aussi. Il s'y essaye, et tu dois dire qu'il s'en tire pas trop mal, tes soupirs en sont les témoins. Vous vous retrouvez donc rapidement à égalité, en sous-vêtement. Et toi, tu reviens l'embrasser, car la suite risque d'être un peu délicate ; même s'il est relativement détendu, tu te doutes bien qu'il y a encore un peu de réticence en lui. Un baiser qui n'a pas grand chose à voir avec les autres, tant il est doux, mais surtout, terriblement passionné. Lentement, tes mains glissent le long de ses flancs jusqu'à atteindre le bout de tissu, et tout aussi délicatement, tu commences à le faire glisser.

Et c'est à ce moment là que tout va s'arrêter, même si tu n'en as pas encore conscience. Il t'attrape les mains et tu te laisses faire, te montrant une fois de plus patient. « Le bandeau... S'il vous plaît... » Quoi ? Il veut que tu lui retires son bandeau ? Mais... Ses amis ont été très clair justement, ne pas retirer le bandeau. Un soupir t'échappe, tu es un peu confus, mais tu hausses légèrement les épaules. Au diable ces gamins, si ce jeune veut que tu lui retires le bandeau, alors tu t'exécutes. « Attends. » Murmures-tu simplement, passant tes mains derrière sa tête pour défaire le nœud. Aussitôt fait, tu enlèves le bandeau et tu... écarquilles les yeux tout simplement. Non. Non, et re-non. MILLE FOIS NON. Tu restes figé sur place, tant tu es en bug. C'est... Non. Alors là, tu refuses. À la faible lueur de la lampe de chevet, tu le reconnais. Et tu te dis que tu as bien fait d'enlever ce bandeau. Tu te dis aussi qu'il aurait mieux valu que tu refuses cette proposition de coucher avec ce gars. Tu te dis que ce n'est juste pas possible de se mettre dans une telle situation. Est-ce que tu te rends compte que tu allais te taper le fils de ton amant décédé ? Tu te rends compte à quel point c'est tordu ? Tu es certes tordue comme personne, mais là, franchement quoi. Le fils de Samael. Tu allais... Tu ne veux même pas y penser. Et il ne te laisse de toute façon pas le temps d'y songer qu'il te gifle violemment, si bien que tu retombes sur le côté. Mais tu ne perds pas le nord et tu lui en mets une en retour. Et toc. Petit con, comme tu aimes bien l'appeler. Tu détestes ce jeune ! Et sur tous les mortels en manque de sexe de cette planète, il fallait précisément que tu tombes sur lui ! Fichu karma. Les paumes te tes mains claquent plusieurs fois contre ton front un peu violemment. Ce n'est pas que tu t'en veux. C'est que tu prends conscience que tu n'étais pas loin de franchir une sacrée étape avec ce type que tu – normalement – détestes. Et que tu étais loin d'être indifférent à ses gestes, à ses baisers. Autant, parfois, avec d'autres, filles comme mecs, tu ne ressens rien, pas grand chose, tu simules... Là, c'était différent. Il y avait un petit quelque chose en plus, et tu ne sais pas si tu dois mettre cela sur son manque d'expérience mais c'était... Bon, vraiment. Tu te sens un coupable d'avoir pu y ressentir du plaisir, d'en tirer une quelconque satisfaction. Il est debout un peu plus loin, toi, tu te redresses, restant près du lit. Tu l'observes, et curieusement, tu ne souris plus. Tu es juste perturbé par ce qui vient de se passer. « Tu es... Oh, par tous les dieux, c'est pas vrai... Qu'est-ce qu'ils ont encore foutu ces abrutis ??? Je savais qu'ils m'avaient encore réservé un truc bien foireux mais là c'est... C'est... » C'est complètement ridicule. Complètement dingue aussi. Complètement flippant. Complètement bien des choses.

Et pourtant, contre toute attente, toi, tu gardes ton calme, alors que lui cède à la panique. Tu attrapes juste une cigarette dans la poche de ton manteau et tu reviens t'asseoir sur le bord du lit, l'observant tandis qu'il s'agite. Oui, bon, tu es peut-être censé le détester, tu as le droit de dire qu'il est bien foutu non ? Non, peut-être pas en fait... Mais ce doit être un bon coup. Mais tu dérives totalement là ! Hé, tu te rends compte que c'est le fils de Samael ? Tu te rends compte que ce serait carrément creepy de coucher avec lui ? Le père, le fils... Tu n'as certes pas beaucoup de scrupules, mais en la mémoire de Samael, non. Enfin, on mettra tes réflexions sur le compte des résidus de pilule qui circulent encore dans ton organisme. Un soupir t'échappe et tu jettes l'allumette dans le cendrier, l'observant s'agiter. Il s'habille en vitesse, heurte un mur en voulant s'éloigner de toi. Ouh la... Il se sent bien au moins ? Tu arques un sourcil, contenant tant bien que mal ta colère ; inspire, expire pas vrai ? Oui, en effet, les pilules t'assomment toujours un peu... « Je... On arrête là. » Tu arques un sourcil. Parce que en plus, il te croit capable d'aller plus loin encore maintenant que tu sais qui il est ? Tu secoues la tête, faisant tomber quelques cendres dans le récipient prévu à cet effet. « C'est bon, calme toi, tu crois vraiment que je compte aller plus loin maintenant que je sais avec qui je m'apprêtais à coucher ? » C'est vraiment te prendre pour ce que tu n'es pas. Enfin, tu peux comprendre sa confusion... Après tout, tu es payé, le 'avec qui' ne devrait pas te poser de problème. Mais là, qu'importe la somme, il est hors de question que tu ailles plus loin. Même si une partie de toi profondément enfouie rêve de se le taper, toi, c'est hors de question. Tu as bien trop de respect pour feu son père – malgré toutes les erreurs de ce dernier – pour continuer à avoir des pensées déplacées concernant Ramiel. « Et puis arrête de faire ton paniqué un peu, on a pas baisé que je sache ? » Tout en poésie, comme a ton habitude. Non franchement, Lyokha, tu pourrais faire de la concurrence à Baudelaire. Un soupir t'échappe, ainsi qu'un léger nuage de fumée grisâtre. Non, il n'y a pas lieu de paniquer. Même si, intérieurement, c'est la tempête pour toi. Tu t'efforces de rester calme, de jouer l'indifférence, même si au fond, tu te poses bien des questions. Comment est-ce que tu as pu te laisser aller ainsi ? C'est son fils... Tu devrais le détester, le haïr. Mais sur l'instant, tu n'y arrives pas. Tu ne sais pas pourquoi, tu n'arrives pas à le haïr comme tu le devrais. Peut-être parce que tu as encore la douceur de ses lèvres sont les tiennes, le souvenir de sa peau brûlante, de ses cheveux bruns entre tes doigts... Tu te sens maudit, tellement maudit. Tu le fixes un instant, tu le détailles, sans sourire. Puis tu baisses les yeux. Tu te sens mal. Terriblement mal... Parce que le souvenir de Samael revient à la surface de ton esprit, parce que tu t'en veux un peu, de ce qui vient de se passer... Tu es malheureux oui. Malheureux depuis vingt ans, et tu le constates encore aujourd'hui. Regarde un peu où ont failli te mener tes erreurs... Tu n'as même plus la force de t'énerver contre lui. Toute fois, tu constates qu'il a enfilé ta chemise. Et même si tu n'es pas vraiment matérialiste et que tu attaches peu d'importance à un tel détail, tu tiens à la récupérer. Rien que pour l'embêter, oui oui. « Et au fait, c'est ma chemise que tu portes. Je sais que tu apprécies grandement mon parfum, mais vois-tu, j'aimerais la récupérer. » Et c'est sans plus attendre que tu t'approches de lui et que tu entreprends de la déboutonner. Avant de – sans grande surprise, te faire repousser. « Je sais retirer une chemise seul. » Ton sourire est moqueur mais tu hausses un peu les épaules, t'éloignant à nouveau. Tu ne voulais pas froisser monsieur. Alors tu le laisses s'occuper de retirer sa chemise et toi, tu retournes au bord du lit, terminant paisiblement ta clope. Franchement, il a cru quoi ? Que tu allais le dessaper pour reprendre où vous en étiez ? Tu ne peux retenir un soupir.

Quelques longues secondes de silence te font réfléchir. Tu ne peux décemment pas rester là, tantôt à la regarder, tantôt à te plonger dans tes pensées. Tu sais que ses amis ne sont pas décidés à ouvrir, ils ont sûrement décidé d'attendre quelques bruits, pour être certains que vous ne vous êtes pas juste assis à parler de tout et de rien. Tant pis pour eux, ce n'est pas ce soir qu'ils entendront vos ébats. Ni jamais – tu l'espères. Tu soupires profondément, constatant qu'une fois de plus, on t'a fait perdre ton temps. Enfin pas vraiment mais... Tu aurais préféré te retrouver dans le lit de n'importe qui, mais pas de ce garçon. Même avec Laelius, alors, c'est pour dire... Tu secoues un peu la tête et relèves ton regard vers le brun, bien décidé à te venger de ces petits cons. « Tu veux qu'ils payent pour ce qui vient de se passer ? » Un sourire un peu joueur étire tes lèvres. Et quand tu dis payer, c'est dans plusieurs sens du terme, même s'il ne semble pas en avoir conscience. Il te répond par l'affirmative et tu laisses donc le mégot dans le cendrier, te redressant pour aller chercher un couteau dans la poche de ton manteau. Oh oh, tu as une merveilleuse idée de quoi faire. Tu ouvres le couteau, observant un instant la lame. Vraiment ? Tu vas faire ça pour lui ? Bien sûr que non ! Tu le fais pour toi, et uniquement pour toi. Oui, c'est cela, juste pour toi. Tu récupères la carafe d'eau sur la commode et tu vas la vider dans le lavabo de la salle de bain. Puis tu attrapes une chaise et tu t'assois prêt d'une table, posant le récipient dessus. Ceci fait, tu lui jettes un coup d'oeil. « Tu devrais éviter de regarder, je ne voudrais pas heurter ta sensibilité, vu comment trois baisers t'horrifient déjà... » Oui, tu es moqueur. Mais c'est ta seule arme face à lui à qui tu ne peux rien reprocher. Bref, tu te retournes vers la table, place un poignet au-dessus de la carafe, tu inspires profondément et tu tailles une superbe plaie dans la longueur, laissant la lame légèrement à l'intérieur pour t'empêcher de cicatriser. Et voilà le boulot. Plus qu'à attendre de récolter suffisamment de sang. Tu regardes le liquide carmin couler, mais un instant, tu tournes les yeux vers le jeune Tudor. Il est... Il lui ressemble tellement... Et tu en souffres profondément, même si tu refuses de l'admettre, tu en souffres grandement, à l'intérieur. Parce qu'à la figure te reviennent tous ces bons moments passés. Ces nuits d'amour, ces mots doux, ces projets anéantis et reconstruits... Tu baisses les yeux une fois de plus, te concentrant plutôt sur la carafe qui est déjà bien remplie. Alors tu retires la lame et en quelques secondes, la plaie est refermée et ne laisse aucune trace sur ta peau laiteuse. Seulement alors tu te relèves et tu t'approches du mur face à la porte d'entrée. Tu trempes une main dans le sang et entreprends d'écrire sur le mur. On ne joue pas avec le loup. Voilà tout ce que tu inscris. Ça ne fait peut-être pas beaucoup de sens aux yeux de tous, mais aux tiens, ça en fait. Volkov. Le loup. Ton surnom par plus d'une fois. Tu termines rapidement ton œuvre et tu prends bien soin de laisser des empreintes ensanglantées sur les murs, sur les draps que tu défais vulgairement. Tu mets tout en scène de sorte à ce que l'on pense que tout ne s'est pas passé comme prévu. Un cadre échoué par terre, des bouts de verre teintés de sang. Une chaise renversée. Tu vas même en étaler un peu dans la salle de bain, sur la poignée de la porte et sur la porte elle-même. Ouais, c'est carrément flippant et ça fait penser à un sale film d'horreur. Mais tu reposes la carafe et tu vas plutôt te laver les mains. « Tu penses que c'est assez flippant comme ça ? » Un léger sourire ironique, tu effaces toute trace de sang de ta peau et tu vas plutôt te rhabiller, récupérant TA chemise au passage. Un soupir t'échappe quand tu constates qu'il y a une ou deux gouttes rouges sur cette dernière. Tss. Voilà, tu veux aider, et c'est toi qui banques ! Tu secoues un peu la tête et tu récupères plutôt un papier et un stylo. « Vous avez voulu jouer ? Alors ce sera 1000 en liquide, à déposer sous la porte de l'appartement 425, rue Margareth Bryskers, immeuble numéro 3. Instructions suivront à la réception du paquet. Pas de flics, pas d'embrouille, sinon bye-bye Ramielito. L'échange se fera à 00h00. » Du chantage ? Oh, si peu. Et puis, 1000 c'est rien, pas vrai ? Tu mets le papier bien en évidence, accroché au mur à l'aide d'un couteau planté. Voilà. Parfait. Un vrai petit film d'horreur. Et sur ce, tu fais signe à Ramiel de s'approcher un peu. « Dans la salle de bain, la fenêtre n'est pas ensorcelée. Tu es assez svelte, tu devrais passer sans mal. Il y a une bordure sur trois mètres et après, une échelle de façade. L'idéal serait que tu restes en vie, tu penses t'en tirer belle brune ? » Oui, tu es acide avec lui. Particulièrement mauvais. Sûrement parce que c'est son fils et que ce qui s'est passé te reste encore en travers de la gorge. Enfin, tandis qu'il s'éloigne, tu remontes tes manches et tu récupères la carafe, éclaboussant du sang sur les rideaux blancs. Avec un peu de chance, ça se verra à l'extérieur. Et tout aussi rapidement, tu laisses le reste du contenu couler sur la porte en une flaque, histoire de bien alarmer ses petits communs. Ton œuvre terminée, tu fuis en courant et passe par la fenêtre à ton tour. Voilà une bonne chose de faite.

Atterrissant souplement en bas, tu échappes un long soupir en te redressant. Ses potes n'en auront pas pour longtemps à entrer, en voyant le sang couler sous la porte. Alors vous, vous devez partir. Et vite de préférence. De toute façon, il a pris les devants, et tu lui emboîtes donc le pas. « Ecoute, je sais que tu ne m'aimes pas, mais tu vas devoir me supporter deux petites heures encore. Et crois-moi, c'est un exercice pour moi aussi. » Tu enfonces tes mains dans tes poches et tu avances donc, le long de la rue. Ta voiture est à l'opposé mais tu n'as pas envie de la prendre avec lui, sans trop savoir pourquoi. Donc tu te contentes de le suivre, et tu t'arrêtes en même temps que lui près d'une voiture de flics. Hein ? Qu'est-ce qu'il fait avec cette voiture ? Tu arques un sourcil et tu l'observes tandis qu'il force la porte. Il est sérieux là ? Apparemment, puisqu'il prend la place du conducteur et commence à bidouiller les fils. Voilà qui est... Vraiment curieux, venant d'un Tudor. Peu digne de Samael. Mais souviens-toi, ce petit n'est pas Samael, ce n'est que son fils, et donc pas une copie conforme. La voiture démarre bien vite et tu t'empresses de prendre place en passager, de peur qu'il te largue ici. Ce n'est pas que tu ne dois pas le perdre de vue, mais quand même. Vous vous éloignez donc en voiture vers une destination qui t'est encore totalement inconnue. Le trajet est silencieux au depuis le début. Mais pas un instant tu ne l'as lâché du regard. Tes yeux sont tout bonnement rivés sur lui depuis que la voiture a démarré. Tu ne cherches pas spécialement à le perturber, mais lui, il ne peut pas quitter la route du regard, alors que toi, tu fais ce que tu veux. Et tu en profites. Oh que oui, tu en profites. « Tu sais que tu es plutôt beau gosse ? Et t'avais l'air d'être un bon coup, les yeux bandés. » Oui, parce que après, le rêve a viré au cauchemar. Tu chopes deux pilules dans ta poche que tu avales rapidement, par automatisme. C'est la seule chose qui te détend les nerfs, qui t'empêche de péter un câble pour un rien. Ça te modère, ça te fait un peu planer aussi, si bien que tu n'as pas toujours conscience de ce que tu fais vraiment. Mauvaise idée, avec lui à côté de toi... Tu es capable de bien des choses, désinhibé, et il risque d'en faire les frais. Détaché, tu te tournes d'un quart vers lui, l'observant toujours avec insistance. « Et quelque chose me dit que tu n'étais pas vraiment indifférent à tout ce que j'avais à t'offrir... » Ta voix est devenue murmure sur la fin. Tu sais que tu le dégoûtes, et c'est pas plus mal pour vous deux. Tu te redresses un peu, tu viens même te pencher sur lui, ton visage se rapprochant considérablement du sien. Ton souffle se pose sur sa joue, ta main sur sa jambe. Et doucement, tout doucement, elle remonte. Un léger sourire provocateur étire tes lèvres, ta bouche vient frôler sa peau. Oh oui, tu veux le pousser à bout. Parce qu'il n'a d'autre choix que de passer ces deux heures avec toi, et il va les subir. Par petite vengeance personnelle, on dira. « Tu sais qu'on pourrait juste s'arrêter sur le bas côté et continuer nos petites affaires ? Personne, pas même tes amis n'en sauraient quelque chose... » Du moins, c'est ce que tu veux bien lui faire croire. Tu ne comptes pas aller plus loin après lui. Tu as juste envie de savoir s'il est prêt à céder ou non, pour mieux le faire tomber de haut par derrière. Puis ta main poursuit son ascension, tes doigts se referment un peu sur son entre-jambes tandis que tu te mords la lèvre. Garçon facile jusqu'au bout, faut croire. Mais c'est ton job, alors qui peut te blâmer d'en profiter un peu ? « Mais sinon, garde les yeux sur le route joli cœur, ce serait bête que tu meurs d'un accident avant que je n'ai mon cash... » Des mots susurrés à son oreille. Oui, tu es bien décidé à le rendre fou. Complètement fou, même de toi, s'il le faut. Et pas uniquement dans le mauvais sens de la chose, malheureusement...

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Celestino R. Ferricelli
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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♆ âge : 23 ans (et fou amoureux de Lyokha)
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MessageSujet: Re: You loved him, will ou love me ? || Lyokha & Ramiel   Mar 2 Sep - 21:39

Un homme. Ils ont payé un homme pour coucher avec toi. Quelle bande de... Non, tu ne veux pas, tu ne peux pas faire cela. Tu te tends sur ton lit, mal à l'aise, avec la furieuse envie de te sauver, d'aller loin, de préférence auprès des autres afin de les étriper. Mais ton bandeau t'empêche d'avancer correctement, une fois debout. Ce n'est pas la porte que tu trouves, mais lui. Tu lui demandes pardon pour la bousculade, tu hésites. Ce n'est pas une très bonne idée non, loin de là même. Tu ne veux pas le faire, ils sont horribles avec toi, ils n'ont pas le droit de faire cela ! Et pourtant c'est bel et bien ce qui est en train de se passer. L'autre n'a pas l'air de vouloir te laisser t'échapper. Au contraire, il glisse ses doigts sous ton menton, doucement, tandis que tu sens son souffle se déposer sur tes lèvres. Te détendre ? Non, tu n'as pas envie ! Tout ce que tu veux c'est sortir de cette chambre ! Mais il est doux et c'est peut-être ce qui fait que, malgré tout, tu te laisses entraîner jusqu'au lit. Tu ne veux vraiment pas, tu n'as jamais couché avec un homme et ce n'est certainement pas ce soir que tu vas commencer. Et pourtant... Lorsqu'il commence à laisser glisser ses mains sur ton corps, tu te tends. Normal. Ton cœur bat trop vite, affolé, tandis que ton esprit tourne à plein régime dans l'espoir de trouver une porte de sortie. Mais doucement, lentement, ton corps de détend. Tu ne comprend pas comment il fait mais une chose est sûre : il sait comment y faire avec toi. Petit à petit, tu te mets à frissonner sous ses caresses, ses lèvres contre les tiennes, sur ta peau. Tu ne sais pas ce qu'il t'arrive mais une chose est certaine : tu n'es pas aussi mal à l'aise que tu aurais pu l'imaginer. Curieux... Toujours est-il que tu te laisses légèrement aller, te laissant même allonger sur le lit bien que tu te tendes immédiatement, un minimum. Et il te pousse à prendre des initiatives, venant poser tes mains sur son corps. Tu es hésitant, tu sais que tu devrais retirer tes mains, le repousser mais... Finalement tu essayes, maladroitement. Tu te sens coupable, sans savoir pourquoi. Peut-être parce que tu sais que c'est ce genre de chose qui a profondément blessé ta mère et que tu ne veux pas que cela recommence, plus que le fait que ces sensations soient désagréables – ce qui n'est pas tout à fait vrai d'ailleurs. C'est vrai, ce n'est pas vraiment désagréable étant donné que tes frissons ne sont pas de dégoût mais de plaisir. Et du plaisir, tu en prends aussi en répondant avec de plus en plus d'assurance à ses baisers. Et puis, c'est un plaisir de le sentir frissonner sous tes doigts qui parcourent son corps, sa peau aussi lorsque tes mains se glissent sous ses vêtements. Ses frissons, ses soupirs... C'en serait enivrant si tu étais un peu plus à l'aise... Maintenant que tu es détendu, les vêtements disparaissent bien vite, jusqu'à ce que vous soyez l'un et l'autre en sous-vêtement. Plus qu'une barrière entre vous, quasiment plus rien. Et il a beau t'embrasser avec plus de douceur, plus de passion que précédemment, tu as beau lui répondre sur un registre semblable, tu n'oublies pas que tu n'as pas l'intention de coucher avec lui. Alors quand tu ses ses mains essayer de retirer le seul vêtement qu'il te reste, tu t'empares de ses mains et les remontes jusqu'à ton visage, les posant sur ton bandeau. Qu'il le retire... Qu'il t'autorise à retrouver la vue. Tu attends, comme il te le demande... Et lorsque le bandeau est retiré, tu rouvres doucement les yeux...

C'est lui ! C'est le type de l'autre jour, celui qui t'a embrassé, celui qui s'est retrouvé dans la même cellule que toi.Un vampire qui a connu ton père, qui a pris sa défense contre toi. Voilà donc pourquoi sa voix te disait vaguement quelque chose... Et encore, tu n'as pas la moindre idée de ce qu'il a été pour ton paternel. Le jour où tu l'apprendras, cela risque de devenir un véritable cauchemar. En attendant, il a l'air tout aussi surpris que toi, voir plus encore. Une seconde, vous vous dévisagez... Puis tu le gifles, le faisant tomber sur le côté. Tu t'en prends une en retour mais tu ne t'en formalises pas, te relevant plutôt et allant te rhabiller en vitesse. Pantalon, chemise... Sa chemise, tu ne t'en rends pas tout de suite compte. Tu paniques légèrement. Tu glisses tes mains dans tes cheveux, tires un peu dessus, adossé contre un mur. C'est n'importe quoi. C'est... Tu n'as même plus les mots pour qualifier ce que c'est. Tu es perdu, il faut que vous arrêtiez le "jeu", tout de suite. Tu ne sais pas si c'était son intention, tu ne connais pas ses habitudes, donc tu préfères le dire tout de suite : c'est fini. Tu le regardes lorsqu'il te réplique qu'il ne comptait pas aller plus loin. Minute. Maintenant qu'il sait avec qui il s'apprêtait à coucher ? Minute, qu'est-ce que cela veut dire ? Que tu as quelque chose de spécial à ses yeux ? Tu le dégoûtes ? C'est cela, tu le dégoûtes ? Hé bien qu'il dégage si c'est cela ! Non, tu ne t'énerves pas dix fois trop vite. Ou juste un peu, parce que tu es perturbé. Vous n'avez pas baisé ? Tu secoues la tête.

-Encore heureux ! Surtout que je n'en avais pas l'intention !

Tu te réfugies derrière ton masque afin de cacher au mieux ton trouble. Tu as aimé la situation précédente. Par tous les dieux, tu as aimé ces caresses données par un autre homme ! Pour peu, tu aurais presque pu accepter d'aller plus loin, d'aller jusqu'au bout. Tu ne sais plus quoi penser, toi qui te croyais purement hétéro, voilà que tu commences à mettre tes convictions en doute. Ce n'est pas normal, ce n'est pas sain. Allez Ramiel, inspire, expire. Lentement. Calmement. Voilà, c'est bien. Reprend-toi, vous n'avez pas fait de grosse erreur, tu n'as pas à te sentir aussi mal. Oui, tu essayes de t'en convaincre. Tu essayes. Inspire. Expire. Du calme. Voilà, c'est bien. Tu te sens un peu mieux lorsqu'il te fait remarquer que tu as enfilé sa chemise. Interloqué, tu baisses les yeux... Et constate qu'il dit vrai. Oups. Tu déglutis alors un peu tandis qu'il s'approche et commence à déboutonner la chemise. Instinctivement, tu repousses ses mains et te décales de manière à être un peu plus loin de lui. « Je sais retirer une chemise seul. » est tout ce que tu trouves à dire pour rester poli et masquer au mieux ton mal-être. Tu entreprends alors de retirer le vêtement rapidement, avant de le reposer un peu plus loin, cherchant le tien. Une fois trouvé, tu l'enfiles en vitesse et choisis de faire de même avec le reste de tes affaires, éparpillées un peu partout dans la chambre. Voilà, c'est déjà cela de fait. À présent, il faut que tu trouves un moyen de faire sérieusement regretter à tes potes leur plan de ce soir. Et malheureusement pour eux, ce ne sera pas une petite vengeance de rien du tout, non. Tu es rancunier, c'est là ton plus gros défaut. Tu as un mal fou à pardonner aux autres, sauf si c'est par amour. Malheureusement pour eux, ils ne sont pas dans ce cas de figure. Alors quand le blond de demande si tu veux qu'ils payent pour ce qu'il vient de passer, tu tournes le regard vers lui et ta réponse se fait quasi-immédiate :

-Oh que oui ! Ces abrutis sont allés trop loin cette fois. Alors si tu as une petite idée en tête, je suis toute ouïe.

Rien qu'à voir son sourire, il est évident qu'il a un plan en tête. Une seconde, tu l'observes laisser tomber son mégot dans le cendrier et te fais la réflexion que tu ne serais pas contre une cigarette. Mais chaque chose en son temps, d'abord, tu es curieux de savoir ce qu'il a en tête. Arquant un sourcil, tu le regardes s'emparer d'un couteau puis d'une carafe d'eau. Oui ? Ohoh, à le voir s'installer, tu commences à comprendre son plan. Tu ne peux t'empêcher de pâlir très légèrement. Il compte remplir l'objet ou quoi ? Parce que cela fait une bonne quantité pour un être humain... Les vampires sont plus résistants, certes, mais ils ont besoin de leur sang pour se régénérer. Ton côté altruiste te pousse à faire un geste en avant, comme pour le dissuader, pour trouver une autre solution, mais ton côté rationnel te retient. Il sait ce qu'il fait et tu n'as nullement l'intention de te saigner pour une raison comme celle-là. D'autant plus qu'il te lance une pique qui te fait perdre toute envie de l'aider. Trois baiser t'horrifient... N'importe quoi. Si tu as mal réagi, ce n'est que parce qu'il est un homme rien de plus. Tu préfères ne pas répondre et va t'installer à côté de la fenêtre, te positionnant de manière à voir sans être vu. Quant au vampire, tu le laisses à ses petites affaire, à savoir récupérer son sang puis redécorer toute la chambre. Mentalement, tu plains les femmes de ménage qui devront nettoyer tout cela. Oui, tu penses au petit personnel. Après tout, n'est-ce pas à cette classe que ta mère appartient ? Elle l'a été, à une époque, avant ta naissance. Bref. Lorsqu'il te demande si c'est assez flippant, tu arques un sourcil, cherchant les mots les plus justes...

-Un vrai décor de film d'horreur. Avec toutes les exagérations classiques.

La sentence est tombée : c'est exagéré. Mais bon, le résultat rend assez bien alors tu te dis que tes potes ne devraient pas être en mesure de flairer la supercherie, en toute logique. Et en plus il ajoute une demande de rançon. D'accord, très bien, cela leur fera les pieds. Un soupir t'échappe cependant, tandis que tu vas chercher ton manteau, fouillant les poches à la recherche de ton paquet de cigarettes. Mais, encore une fois, il prend la parole. La fenêtre de la salle de bain n'est pas ensorcelée ? Oh, parfait alors. Tu fais à peine attention au reste, du moment que le mur n'est pas totalement lisse, tu sais que tu pourras sortir, malgré les doutes qu'il émet. Tu vas lui prouver qu'il se trompe totalement sur ton compte, et cela commence par ignorer la pique qu'il te lance. Belle brune. Bien sûr, que Blondie continue et tu vas lui en trouver plein, des surnoms bien humiliants. Sur ce, après avoir enfilé ton manteau, tu gagnes la fenêtre de la salle de bain et sort de la pièce. C'est sans trop de difficultés que tu gagnes l'échelle de façade, descendant rapidement en bas. Souplement, tu atterris sur le sol et remets correctement ton manteau d'un seul geste. Parfait. Il n'y a plus qu'à attendre que l'autre se ramène. Ou pas d'ailleurs. Tu partirais volontiers sans lui mais quelque chose te dit de l'attendre, tu ne sais pas quoi. De toute manière, il te rejoint rapidement, tu n'aurais pas eu le temps d'aller bien loin. Tu prends donc les devants et avance dans les rues. Il reprend une fois de plus, t'indiquant que tu vas devoir le supporter encore deux heures. Tu soupires alors profondément.

-Raison de plus pour bouger. On sera peut-être plus à l'aise.

Tu veux bouger. Peut-être qu'en vous éloignant de l'hôtel, ce sera plus simple. Tu ne te fais pas tellement d'espoir mais tu oses tout de même le penser. Et puis, s'il veut que vous restiez ensemble, il n'a qu'à te suivre. Et cela risque de se révéler difficile s'il ne fait pas preuve d'un minimum de réactivité. Pourquoi donc ? Parce que tu viens de t'arrêter en pleine rue, ton regard posé sur une voiture de police garée là. Ooooh, la mauvaise idée que tu as là Ramiel ! Tu ne devrais pas songer à la voler, c'est indigne de toi ! Et pourtant regarde-toi, tu es déjà en train de forcer la portière du conducteur. Tu ne devrais vraiment pas, et pourtant... Ce n'est pas digne d'un Tudor et c'est justement ce qui te plaît. Quand tu n'es pas à l'aise, il faut que tu fasses des bêtises. C'en est une qui devrait te permettre de te concentrer, quelques instants, sur autre chose que le léger malaise qui persiste en sa présence. Tu n'as aucun mal à forcer la porte. Sitôt cela fait, tu vas bidouiller les fils électriques. Ce n'est pas la première fois que tu trafiques une voiture pour la faire démarrer sans clé, ce n'est plus qu'un exercice que tu maîtrises bien à présent. Non, les policiers ne s'étonnent plus de te voir régulièrement en cellule. Lorsque le moteur commence à ronfler, un large sourire vient étirer tes lèvres. Bingo ! Tu peux partir ! Tu t'installes derrière le volant, boucles ta ceinture... Et lâches un profond soupir en voyant le blond s'installer à tes côtés. Ok, d'accord, s'il veut. Tu aurais quand même préféré être seul... Tant pis. Tu démarres donc. Quelle direction ? Tu ne sais pas encore mais tu sais que l'idée se précisera très certainement en chemin. Si l'autre veut bien se taire un peu. Beau gosse, toi ? Oui, bien sûr, mais qu'il cesse de te baver dessus. Tu avais l'air d'être un bon coup, les yeux bandés ? Là, tu serres les dents, t'efforçant de ne pas répondre, de rester concentré sur la route. Quel crétin. Un crétin qui n'est même pas attaché et qui avale des pilules de tu ne sais quoi. Tu fronces les sourcils mais ne dit rien, ce ne sont pas tes affaires et ce n'est pas en conduisant que tu pourras faire quoi que ce soit. À part peut-être essayer de le faire taire, lorsqu'il déclare que tu n'étais pas indifférent à tout ce qu'il avait à t'offrir. Tu as une furieuse envie de le frapper de toutes tes forces mais tu n'en fais rien.

-T'avais l'air mille fois plus enthousiaste que moi, alors maintenant tu la fermes et tu me laisses conduire tranquillement. Ok ?

Non, pas ok, visiblement. Il se penche plutôt vers toi, son souffle venant sur ta joue, sa main sur ta jambe... Et un frisson de dégoût te parcourt. Beurk. Qu'il retire sa main ! Qu'il recule et garde ses distances, par tous les dieux ! Surtout que sa main remonte le long de ta jambe et tu te sens de plus en plus mal à l'aise, ayant beaucoup de mal à rester concentré sur la route. Vous pourriez vous arrêter sur le bas côté et continuer vos petites affaires ? Tu serres les dents à t'en faire exploser les mâchoires, t'interdisant de le regarder. Mais bon sang qu'il te lâche ! Tu n'es pas à l'aise, tu n'es pas... Il en fait exprès. Oui, tu sais que c'est ce qu'il cherche. Alors ne lui fais as le plaisir de réagir à ses provocation. Mais c'est si difficile... Surtout quand sa main vient se refermer sur ton entre-jambe. NON ! Non, là c'est hors de question ! Il a tout juste le temps de te dire que ce serait bête que tu meurs d'un accident... Et tu freines brutalement. BOUM fait la tête du vampire, violemment projeté contre le pare-brise. Et voilà le travail. Tu en rajoutes une couche en lui envoyant ton poing dans la figure. Et de deux. Si tu lui as cassé le nez, tu seras plus qu'heureux.

-Voilà ! Touche-moi encore une fois et je te jure que tu passeras par le pare-brise ! Ca ne te tuera peut-être pas mais je pense que ce sera quand même bien douloureux !

Sur ce, tu reprends la route, essuyant un bon coup de klaxon. Aucun respect pour la police. Pour ta part, tu baisses la vitre et sort un bras du véhicule adressant un magnifique doigt d'honneur à celui qui a osé de klaxonner. Non non, niveau politesse, tu n'as pas envie de faire d'efforts. Malheureusement, le blond en profite pour s'emparer de ton volant et en donner un violent coup, vous faisant dévier de la voie. Il te faut deux secondes pour remettre correctement ton véhicule dans sa voie, deux secondes de maîtrise totale et instinctive. Ce n'est que lorsque vous avancez tranquillement que tu t'autorises un soupir de soulagement, suivi d'un « Connard. » bien sonore. Puisque c'est ainsi, tu t'arrêtes devant le premier bar rencontré, un que tu ne connais pas tellement mais que, lui, connaît parfaitement bien. Mais tu l'ignores... C'est ce fameux bar dans lequel se trouve le piano sur lequel feu ton aimait tant jouer des morceaux. Que l'autre soit ou non réticent à entrer, tu n'en as rien à faire et t'engouffre à l'intérieur de l'établissement, laissant la voiture sans surveillance. Que quelqu'un d'autre la vole, au contraire, tu pourrais bien passer entre les mailles du filet. Toujours tout calculer. Tu avances un peu, à la recherche du bar, mais tu n'as pas fait trois pas qu'on t'interpelle.

-Hé, Ramiel ! Viens un peu par ici !

Tu tournes un peu la tête, surpris... Et aborde un grand sourire en reconnaissant celui qui vient de t'appeler. C'est Hati. Hati Azazel Natt, le second de Jayde Lunan, la mère de Sindbad. Tu ne le vois que très rarement, ce vampire pirate, mais vous vous entendez relativement bien. Alors tu n'hésites pas une seule seconde à le rejoindre à sa table. Visiblement, cette chère Jayde lui a encore faussé compagnie. Tu ris un peu en te faisant cette réflexion, étant donné que ton cousin est tout aussi difficile à suivre. C'est le même sang de loup qui coule dans leurs veines, ils sont des Lunan, des hors-la-loi, des pirates. Rien ni personne ne les arrêtera jamais. Bref. Il se lève à ton arrivée et... Te décoiffe. Tu ne peux t'empêcher de protester d'un « Hééééé ! » sonore pour la forme avant de te recoiffer d'une seule main, tandis qu'avec l'autre vous échangez une poignée de main complexe. C'est toujours ainsi avec lui. Et c'est à cet instant que tu vois son attitude changer. Il a l'air à la fois surpris, amusé et... Peut-être un peu perplexe. Tu te retournes alors, à la recherche de ce qui a bien pu le faire réagir de cette manière... Et ton regard tombe sur le blond. Ah, oui, c'est vrai, il est toujours là lui... Un profond soupir t'échappe alors.

-Ne pose pas de questions sur lui, s'il te plaît. La situation est compliquée.
-Ok jeune homme. Je suis juste surpris de te voir en présence de... C'était quoi ton nom à l'époque déjà ? Romeo Calaveras non ? Oui, c'était ça.
-Vous vous connaissez ?
-Un peu oui. Il a passé quelques temps sur le navire en tant qu'esclave de l'équipage.
-Sérieux ???
-Hé, le capitaine ne rigole pas avec les traîtres. Il a eu de la chance de ne pas finir consumé par le soleil, abandonné au milieu de l'océan ! Qu'est-ce qu'on avait ri avec tout l'équipage, à ce moment là... N'est-ce pas, Blondie ? C'était la belle époque ! Et la tenue t'allait tellement bien...


Vous vous regardez, tu essayes d'imaginer la situation... Et tu ne peux qu'éclater de rire. C'est hilarant ! Non, tu ne peux pas t'en empêcher ! Et tandis que le blond se défend comme il peut de l'humiliation qu'il vient d'essuyer, le pirate ne fait que rire un peu plus. Hé bien, cela te fait voir l'homme sous un autre jour. Et c'est assez drôle, tu dois bien l'avouer. Un sourire hilare étirant tes lèvres, tu le regardes des pieds à la tête, l'imaginant en train de brosser le navire... Et tu repars dans un magnifique fou-rire, laissant le second de Jayde se défendre comme il veut, même s'il semble plus d'humeur à jouer qu'autre chose. D'ailleurs, il tire deux chaises, vous faisant signe de vous asseoir.

-Allez, que diriez-vous de rester un peu ? J'ai personne avec qui faire une partie de poker.
-Roh, pour une partie de poker, je reste, évidemment ! T'as quelque chose à miser, Az ?
-Disons que le perdant paye un verre aux deux autres ?
-Prépare ta monnaie alors !
fais-tu, en riant.

Quelle assurance ! Il faut avouer que les jeux de carte n'ont plus tellement de secrets pour toi, après toutes ces nuits blanches à essayer de battre Sin à tous les jeux possibles et inimaginables. Tu t'installes donc et sort – enfin – ton paquet de cigarettes. On n'a pas le droit de fumer à l'intérieur mais cela ne t'empêche pas d'en sortir une et de l'allumer avec le briquet que le pirate te prête. Une seule bouffée suffit pour te mettre de bonne humeur et te détendre. Un vrai régal. Mais évidemment, quand tu remarques que le barman te tient à l’œil, tu soupires profondément et jettes l'objet à peine consommé dans une bouteille d'alcool fort spécial vampire que Hati a vidé un peu plus tôt. Voilà. Fini, disparu. Et tes cartes sont devant toi, sur la table. Tu les attrapes et y jette un coup d’œil. Elles sont bonnes. Très bonnes même, surtout associées aux cartes sur la table. La partie avance, petit à petit, jusqu'à ce que...

-T'as une veine de pendu ma parole ! Un carré !
-Hé ouais ! T'as été un trop bon professeur, en plus de Sin qui m'apprend pas mal de techniques de triche et comment les repérer...


C'est dans un éclat de rire que tu jettes tes cartes. Un magnifique carré. T'as de la chance, il n'y a pas à dire. Et tu n'as même pas eu besoin de tricher. Tu attends un peu que les deux autres dévoilent leur main et... Ahah, c'est Hati qui a perdu ! Tu ris, encore et toujours, indiquant au passage que pour toi ce sera un verre de rhum. C'est une habitude prise à force de traîner avec l'équipage des Lunan. Personne n'y changera rien. Tu écoutes distraitement la commande de blondie et, résigné, le brun s'éloigne afin d'aller chercher vos consommations. Toi, tu te cales plus confortablement sur ta chaise. Un instant, tu observes les autres clients du bar et tu n'as aucun mal à imaginer les conversations. Un homme de joie qui t'accompagne. Tu secoues la tête. Ne pas y prêter attention. Faire comme s'il ne se passait rien. Tu secoues la tête, te décoiffe d'une main, puis regarde à nouveau le blond.

-Pirate, esclave, maintenant ça... Hé bien, tu m'as tout l'air d'avoir, ou d'avoir eu, une vie bien remplie. Et plusieurs identités. Quelque chose me dit que les flics de l'autre jour ne connaissent pas ton vrai nom... Est-ce que je me trompe ? Et, au fait, je te préviens : touche-moi, je t'éclate.

Non, ce n'est qu'une mise en garde parce que tu l'as bien vu se rapprocher, te frôler un peu. S'il compte salir ta réputation, tu ne comptes pas le laisser faire sans rien dire. Alors qu'il garde ses distances, parce que s'il ne s'en rend probablement pas compte, tu es parfaitement capable de te défendre seul. C'est juste que tu n'as pas spécialement envie d'en venir à une telle extrémité. Peut-être parce que tu n'as pas envie de lui abîmer sa belle gueule d'ange... Peut-être... Peut-être aussi parce qu'il y a un petit quelque chose, au fond de toi, qui t'en empêche...

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