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 we accept the love we think we deserve. (OS)

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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
♆ métier : Fouteur de m**** (et amant de Samael à plein temps).
♆ célébrité : H. Christensen
♆ crédits : awake.
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MessageSujet: we accept the love we think we deserve. (OS)   Mar 26 Mai - 18:45


we accept the love
we think we deserve
and the first time we kissed, i knew i never wanted to
kiss any other lips but his again.

_________________

- I LOVED YOU SO MUCH, AND NOW IT HURTS SO BAD -
falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Mar 26 Mai - 18:48



Voilà des jours et des jours que tu ne sais plus vraiment qui tu es. Tout te semblait pourtant si simple, à l'époque. Même si votre relation était plutôt compliquée dans le fond, au moins, elle donnait un sens à ton existence. Elle valait toujours mieux que ce vide constant dans lequel tu sembles te perdre depuis un peu plus de trois semaines maintenant. Vous n'êtes plus. Vous, ça n'existe plus. Désormais, il s'agit de toi. Et de lui. Deux entités bien distinctes qui n'ont plus rien à voir, si ce ne sont ces quelques souvenirs auxquels tu te raccroches désespérément. Un an. Une longue année, et pourtant si courte dans une vie d'immortel. Une année à l'aimer, et à lui offrir tout ce que tu pouvais bien lui offrir. Tout ce qu'il aurait demandé, il l'aurait eu. Tu aurais tout donné pour lui, sans limite aucune. Parce que tu l'aimais, bon sang. Et tu l'aimes encore aujourd'hui, malheureusement. Ton cœur se resserre à cette pensée. Qu'est-ce que tu donnerais, aujourd'hui, pour un baiser, une chance de se réconcilier, de parler différemment, de lui donner envie, d'autant plus, de s'attacher. Tout. Tu pourrais tout donner. Vendre ton âme au diable pour de bon. Te plier à mille caprices, pour sa considération. Tu donnerais tellement. Mais il faut croire que cela ne suffit pas. Un peu moins d'un mois après votre rupture, la situation n'a pas bougé. Tu t'es éloigné, comme il l'a demandé. Tu as disparu de sa vie. De son existence toute entière, ne laissant qu'une vague empreinte de ton passage dans son esprit, du moins, tu l'espères. Car cette année, tu ne peux pas la balayer comme ça. Tu ne peux pas juste l'ignorer et passer à autre chose. Tous ces instants passés, ces moments de complicités. Il y a eu quelques zones d'ombre aussi. Quelques disputes, plus ou moins difficiles à passer. Mais tu l'aimais bon sang. Tu l'aimais tant que dans le fond, tu ne pouvais pas rester de lui bien longtemps. Et il y en a eu, des événements. Des promesses, des mots doux, des insultes aussi, parfois. Mais cet amour, profondément ancré dans ton système, il te faisait oublier tout le mauvais pour se concentrer sur ce qu'il avait de bon. Et à ce jour, tu te dis que c'est cela, qui a peut-être rendu votre séparation plus difficile.

Tu te souviens encore très bien de ses mots. De ce qu'il t'a dit. De dégager, qu'il ne voulait plus jamais te voir. Tu étais dans une telle colère... Et tu étais si anéanti à la fois. Tu es parti. Tu as fait demi-tour, et tu as couru, loin, au plus loin de lui. Tes jambes t'ont porté jusqu'à une plage de Spes. Tu t'es éloigné au plus de toute trace des humains, pour te laisser tomber dans le sable, face à une mer terriblement calme, pour contraster avec cette tempête de sentiment qui te déchirait de l'intérieur. Tu as posé ton regard sur l'horizon, sur les vagues qui allaient et venaient dans un rythme régulier. Prenant tes genoux contre toi, tu as regardé les étoiles. La lune. Et tu as cherché à comprendre, pourquoi est-ce que l'on te faisait cela. Qu'avais-tu fais, pour mériter un tel sort. Qui, là haut, t'en voulait tant, au point de t'arracher la seule partie intacte de ton cœur. Tu as demandé aux dieux, tu les as suppliés de te le rendre. De te laisser une chance de te racheter, une dernière. Mais comme trop souvent dans ton existence, ils ont été sourds à tes promesses et tes prières. Tout ce à quoi tu as eu le droit, c'était un silence presque méprisant de leur part. Le silence, et l'air marin pour t'envelopper chaleureusement dans la nuit, une nuit trop froide, même pour toi. Car en plein milieu de l'été, même si les températures atteignaient des sommets à minuit passé, toi, tu comprenais que plus jamais ton monde ne serait aussi chaud que du temps où tu étais avec lui. Car ses lèvres tièdes ne rencontreraient plus jamais les tiennes. Ses doigts eux, ne traceraient plus de marques éphémères dans ton dos. Et sa peau, brûlante, ne réchaufferait plus jamais la tienne. Que de perspectives qui rendaient ton monde plus froid, soudainement. C'est sensiblement à cet instant, que tu as envisagé de te laisser mourir sur cette plage. D'attendre que le soleil ne se lève, et t'accueille en son royaume éclairé, t'emporte avec lui, et te confonde définitivement avec ces milliards de grains de sable. Rien de plus qu'une poussière. Un souvenir. Vague souvenir qui se serait éteint avec le temps. Une dernière étreinte chaleureuse pour finir dans les flammes. Mais tu as appelé Lorenza, quand cette pensée t'est venue à l'esprit. Tu lui as dit que tu allais faire quelque chose de stupide. Que tu voulais en finir. Tu as senti la panique dans sa voix. La peur de te perdre, sans doute. Et tu t'es mis à pleurer, d'autant plus. Pleurer, à en espérer que tes larmes finissent par te dissoudre de ce paysage devenu trop terne à tes yeux. Trop terne, sans lui. Quelques longues minutes plus tard, elle était là. Elle passait une main dans ton dos, te promettant que demain, tout irait mieux.

Et aujourd'hui, qu'en est-il réellement ? Rien ne va mieux. Tu ne vas pas mieux. Elle t'a soutenu, pourtant. Elle le fait encore aujourd'hui. Mais tu as perdu cette joie de vivre qu'il avait fait naître chez toi. Tu n'es plus vraiment le Lyokha Volkov, amoureux transit du brun, que Lorenza appréciait tant. Elle a tout fait pour te redonner le sourire, pourtant. Mais tu t'es perdu, peu à peu. Prétendant pourtant que cela allait, que tu allais mieux, que les choses allaient en s'arrangeant. Tu parles. Tu as sombré dans tes vieux démons. L'alcool d'abord. Puis la drogue. Toujours en petite quantité, certes. Pas assez pour qu'ils s'en rendent compte dans ton entourage. Mais suffisamment pour Lorenza, elle, s'en rende compte. Ça l'a d'abord désespérée. Elle a voulu t'en sortir. Tu lui as dit que tu gérais, que tu pouvais tenir, que c'était juste histoire de te remonter le moral des soirs de déprime. Et inutile de préciser que les choses ne sont pas allées en s'arrangeant. Tu t'es un peu détaché de tes responsabilités premières pour vos petites affaires. Tu as laissé peu à peu les commandes à Zéphyr et Finnick. Jusqu'à te contenter de ne remplir que les taches dont eux ne pouvaient ou ne voulaient pas s'occuper. Aller effrayer un tel, notamment. En tuer un autre. Menacer celui-là. Les taches que seul un monstre peut vraiment remplir, dans le fond. Tu regardes la route qui défile sous vos pieds. Il fait nuit, Spes est assez agitée dans le centre ville. Normal, c'est la fin de semaine, tout le monde relâche la pression, et beaucoup sortent pour faire la fête. Un peu comme toi et Jillian. La belle brune t'offre un sourire, et tu en fais autant, avant de traverser la route, soudainement. Elle fronce un peu les sourcils, tu plonges ton regard dans le sien, tout aussi bleu. « Qu'est-ce que tu fais ? » Tu hausses un peu les épaules. « Qu'est-ce que tu dirais d'une petite promenade dans le parc ? » Son sourire s'élargit d'autant plus lorsqu'elle te rejoint. Et vous entrez dans ce grand parc de Spes. Tu te fais du mal, inconsciemment. Combien de fois vous êtes vous rendus dans ce parc, lui et toi ? Tu échappes un soupir et tu attrapes une main de la demoiselle dans une des tiennes, liant vos doigts. « Tu n'as pas froid, ça va ? » Demandes-tu. Elle secoue la tête. Tu souris un peu, et vous avancez donc dans les chemins du parc. La fragilité des humains. Voilà quelque chose auquel tu portes tellement plus d'importance désormais... Grâce, ou à cause de lui, tu ne saurais dire. Mais ton point de vue sur les humains n'est plus tout à faire le même, désormais.

Vous riez aux éclats suite à une de ses aventures du boulot qu'elle te raconte, lorsque tu te figes. Là. Tes pieds refusent de bouger, ton corps ne répond plus. C'est comme si tu étais paralysé sur place, malgré une envie soudaine de fuir. Un malaise plus qu'évident qui glisse dans tes veines. Et Jill ne comprend pas vraiment ce qui se passe, si bien qu'elle te jette un regard inquiet. Mais tu ne réagis pas. Tu regardes juste le spectacle qui se donne devant tes yeux. Lui. Elle. Une alliance au doigt. Ils sont fiancés. Il vient de la demander en mariage, là, sous tes yeux. Tu recules d'un pas d'abord. Vacillant. Incertain. Les crevasses se font plus profonde dans ton cœur de mort. Tu détournes le regard pour quelques longues secondes, larmoyant. Tu ne pensais pas que voir cela te ferait si mal. Et pourtant. Tu prends une grande inspiration, quand la brune te ramène à la réalité. « Lyokha... Tu vas bien ? » Tu plonges ton regard dans le sien, et tu t'efforces de lui donner un maigre sourire. « Oui bien sûr. » Tu hoches un peu la tête pour souligner ces propos que tu ne penses pas le moins du monde. Alors c'est elle. Celle qui a pris ta place dans son cœur. Celle qui portera le nom de Tudor, dans peu de temps. C'est elle, celle qui portera ses enfants. Qui lui apportera tout ce que tu n'aurais pu lui offrir. Ton cœur se resserre dans ta cage thoracique. La jalousie, si vicieuse, s'insère dans ton esprit. Tu envies cette femme. Cruellement. Tu l'envies tant que si tu pouvais la tuer, tu le ferais. Mais ça n'arrangerait en rien la situation. Samael ne reviendrait pas vers toi pour autant. Alors à quoi bon ce bain de sang inutile. Tu dois juste accepter. Accepter de ne pas avoir été le bon pour lui. Accepter son destin, comme il te l'a demandé en rompant avec toi. Tu baisses brièvement les yeux. Toute ta bonne humeur de cette soirée semble évaporée, tout à coup. Mais non. Il faut que tu te reprennes. Tu ne peux pas te laisser abattre. Il t'a brisé le cœur, tu dois garder la tête haute, et lui faire comprendre que ça ne t'affecte pas. Que tu es passé à autre chose, même si ce n'est pas vraiment le cas. Puis, il y a cette vague de désespoir, cette même qui t'a submergé ce soir-là, sur la plage. Elle imprègne chaque parcelle de ta personne, même si tu ne veux rien en montrer.



FLASHBACK – Tes mains sont posées sur sa taille, alors que tu le guides à travers le long corridor de cet hôtel de luxe. Un doux sourire étire tes lèvres, alors qu'il tend un peu les mains devant lui, peu certain de ce que vous faites là. Il faut dire qu'avec ce bandeau sur les yeux, il ne voit pas grand chose. Pour ne pas dire ; il ne voit rien. Tu ris doucement quand il te pose des questions. Tu lui avais promis de ne rien faire de particulier pour son anniversaire. Mais voilà une promesse que tu ne pouvais pas tenir. Si fêter ton propre anniversaire manquerait grandement de sens, le sien, c'est... Différent. Parce qu'il est humain. Et que tu l'aimes. Et que aujourd'hui, il a vingt-quatre ans. Une année de plus, pour un mortel. Et pas n'importe quel mortel. Celui que tu aimes de tout ton cœur. Ton petit ami. Samael Tudor en personne. Tu t'arrêtes, appuies sur le bouton appelant l'ascenseur. « Mais. Où est-ce qu'on va comme ça ? » Demande-t-il encore. « Tu vas voir. » Souffles-tu à son oreille. Vous empruntez cet ascenseur un peu particulier. Pourquoi ? Car il ne mène qu'à un étage, outre celui où vous vous trouvez. Il mène au dernier étage, précisément. Un étage qui comprend la suite la plus luxueuse de l'hôtel, ayant pour une grande terrasse le toit, et une longue piscine éclairée. Un des sommets de Spes, d'une certaine manière. Et oui, tu as sorti le grand jeu. Mais il le vaut bien, au moins mille fois. Vous arrivez dans la suite. Tu l'invites à sortir sur la terrasse, où tu as fait aménager un petit salon à l'air libre, non loin de la piscine. Mais... Pas seulement. Il y a aussi du monde. Pas trop, parce que tu voulais faire quelque chose avec vos vrais amis. Mais... Suffisamment de monde pour passer une bonne soirée. Tu t'es débrouillé pour faire venir Léandre, Antheia et ce cher Ladon, ainsi que Prynce. Puis, un peu plus de ton côté, Finnick, Zéphyr et le petit ami de cette dernière. Ainsi que ta douce Lucky, Hänz, Sidney et Elena. Un petit groupe que tu n'échangerais pour rien au monde. Ils sont tes amis, ta famille, ils apprécient sincèrement Samael ; que demander de plus ? Tu ne vois rien, en effet. Tu lui retires son bandeau, quand tous en cœur, ils lui souhaitent un bon anniversaire. S'il semble un peu surpris, il a aussi l'air heureux. Et c'est tout ce qui compte, à tes yeux. Cette étincelle, au fond de son regard. Si sincère. Celle qui te fait te sentir invincible. Car tu sais qu'il t'aime. Et tu l'aimes tant, en retour. Il se tourne vers toi, vient t'embrasser, et c'est avec un plaisir non dissimulé que tu lui réponds, le prenant dans tes bras. Un baiser passionné, pendant lequel tu fermes les yeux. Hänz, Sid et Finn sifflent un peu, et tu te recules en riant légèrement. Ils sont.. Incorrigibles, comme toujours. « Je t'aime. » Murmures-tu. « Je t'aime. » Qu'il t'annonce en retour. Et tu peux le dire, à cet instant précis, tu es l'homme le plus heureux du monde. FIN DU FLASHBACK.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Mar 26 Mai - 18:48



Tu reviens à la réalité. Tu avances. Tu fais un pas en avant, et avec un doux sourire, tu viens embrasser la brune. « Je t'aime. » Souffles-tu contre ses lèvres. Elle fronce légèrement les sourcils, ne comprenant sûrement pas ton changement de comportement soudain. Qu'importe. Tu as l'air d'aller bien, et c'est tout ce qui compte. Tu ne veux pas te démonter face à Tudor. Tu l'embrasses à nouveau. Un baiser passionné, ardent. Un baiser qu'il voit, et tu le sais. Qu'importe. C'est fini entre vous, de toute façon, pas vrai ? Tu veux lui montrer que toi aussi, tu es capable d'aller de l'avant. Que non, tu n'as pas arrêté de vivre car il est sorti de ton existence. Même si tout cela n'est qu'un gros mensonge que tu te fais à toi-même, tu espères qu'il le croit, lui aussi. À nouveau, mains liées, vous vous mettez en route, jusqu'à passer juste à côté des récents fiancés. « Oh, Samael. » Fais-tu avec un chaleureux sourire. Tu as l'air ravi de le revoir. Et quelque part, c'est peut-être le cas, autant que ça te fait mal. Tu restes fixé un instant sur les traits de ton visage, alors que Jillian et l'autre jeune femme se font la bise. Minute, elles se connaissant ? Apparemment. L'information te passe bien par dessus la tête, trop concentré sur le jeune Tudor. Mais tu reviens à toi bien vite, et délicatement, tu attrapes la main de Mademoiselle Tudor pour y déposer tes lèvres. « Ravi de faire votre connaissance, Mademoiselle. » Ton sourire se fait doux, légèrement charmeur comme à ton habitude. Et tu fais mine de remarquer, seulement maintenant, l'alliance. « Oh. Tu avais donc raison Jillian. » Rajoutes-tu avec une surprise que tu joues à merveille. « Mes félicitations Adelina, et Samael. Je ne pensais pas te voir fiancé aussi rapidement... » Sous-entendu que seuls lui et toi pouvez comprendre. Alors c'est cela Samael ? À peine un mois que je te vois déjà glisser la bague au doigt de cette femme ? Dans le fond, peut-être que je ne te manque pas tant. Pas du tout même. Apparemment, ça a été si simple pour toi de passer à autre chose. De trouver la bonne. J'ai envie de rire, et de pleurer. De te dire à quel point tu me dégoûtes, et à quel point je t'aime toujours autant. Mais rien de tout cela ne se produit. Si ce n'est que lui, il te répond. « Merci, Lyokha. » Tu sens l'amertume dans sa voix, quand il prononce ton prénom. Il n'aime pas ta manière d'agir. Tu peux le comprendre ; mais tu n'as pas eu l'occasion de te venger vraiment, après t'être fait larguer comme une pauvre merde. Alors tu rattrapes le temps perdu, même si ton cœur en saigne d'avantage.

« Oh, et si vous veniez boire un coup à la maison, pour fêter ça ? Voilà un bout de temps que je ne t'ai pas vu Samael, et de ce que je comprends, Jillian ne vous a pas vu depuis longtemps aussi, Adelina. Juste l'histoire d'un verre ou deux, ça nous ferait vraiment plaisir. » Et ça va te faire d'autant plus de mal, tu le sais. Mais c'est une occasion comme une autre de parler. Ta dernière chance de mettre les choses à plat avant son mariage. Et pourquoi pas ta dernière chance de le récupérer ? Tu essayes de te convaincre que tu n'y crois pas un seul instant. Mais soudainement, toute forme d'espoir, jusqu'à une infime étincelle, s'unissent dans l'idée que tu as encore ta chance. Que vous avez encore votre chance. Tu le sens réticent à l'idée de venir chez toi et Jill. Mais Adelina elle – puisque tel est son prénom – semble ravie à l'idée que vous venez de proposer, sûrement encore émoustillée de cette demande en mariage. Les événements jouent en ta faveur, apparemment. « Je... D'accord. » Finit-il par dire. Tu leur offres un large sourire qui couvre très bien ton malaise. Et c'est ainsi que tous les quatre, vous prenez la route vers la sortie du parc, pour rejoindre la ville et l'immeuble ou tu habites. Les étages s'enchaînent au compteur de l'ascenseur. Adelina et Jillian parlent, tandis que toi et Samael, vous vous retrouvez silencieux, sans vous regarder, au fond de la cellule. Les nombres se succèdent, autant que les grands lofts de l'immeuble. Puis, vous arrivez à votre étage, devant ta porte. Tu les invites à l'intérieur, à poser leur manteau à l'entrée et à aller s'installer du côté du salon. Si tu as le droit à quelques compliments pour les lieux, le jeune Tudor lui, reste silencieux. Ce qui se comprend, en un sens. Tu disparais un instant dans la cuisine. Tu poses tes mains, tremblantes, contre le plan de travail. Et tu fermes les yeux. Le temps de prendre une grande inspiration. Tu passes une main contre ton visage, et tu te reprends. Tu dois y retourner. Tu attrapes le champagne, quatre flûtes, et tu reviens vers tes convives de la soirée. Le champagne sabré, chacun une coupe à la main, c'est Jill qui se charge de porter un toast. « Aux futurs mariés. » Ces trois petits mots s'enfoncent comme des dagues dans ton cœur, et tu as un drôle de regard pour Tudor, avant d'approuver les propos de la jeune Whitaker. « Bien sûr, aux fiancés. » Tu lèves un peu ta coupe, avant de la porter à tes lèvres.

La soirée se passe étonnement bien. Les conversations s'enchaînent, sur tel ou tel sujet. Même si toi, curieusement, tu n'es pas aussi bavard que d'ordinaire. Tu te contentes d'écouter. De croiser maladroitement le regard de Samael par moments. Une demie heure s'écoule. Puis une heure. Tu guettes ta montre discrètement, puis tu te lèves. « Excusez-moi un instant, je vais fumer sur le balcon. » Tu voles un baiser à Jill, adresses un sourire à Adelina. Et tu croises une fois de plus le regard sombre de Samael, baissant le tien. Tu récupères tes cigarettes et tu files vers la baie vitrée que tu ouvres grand, t'installant sur le balcon. Tu allumes ta cigarette, et tu t'appuies un peu contre la rambarde. Les rideaux blancs s'agitent légèrement à cause de cette douce brise de soirée. Mais il fait chaud. Ou du moins, il fait bon. Ton regard est fixé sur l'horizon. Tu te sens mal. Affreusement mal. De le savoir si proche, sans pour autant être autorisé à faire quoique ce soit. Tu soupires, et avec cela, une volute de fumée blanche t'échappe. Tu fermes brièvement les yeux. Et une fois de plus, un peu malgré toi, tu te plonges au plus profond de tes pensées. Pas celles qui font mal, non, même si ce serait sans doute préférable. Ton esprit se dirige plutôt vers les souvenirs du passé. Ceux dont il est tellement plus douloureux de te rappeler, maintenant que tu sais que plus jamais, ils ne se reproduiront.



FLASHBACK – Les morceaux s'enchaînent depuis le début de la soirée. Des morceaux de jazz, assez relaxants dans l'ensemble. Et si Lucky s'est aventurée à danser avec Hänz, comme Finnick et Prynce ou encore Zéphyr et Caedan, tu n'as pas encore demandé au jeune Tudor de te suivre sur la piste. Mais pour le coup, plus personne ne danse, et tu adores la chanson qui passe. Come away with me, d'une certaine Norah Jones. Tu viens donc derrière ton brun, et tu poses ton verre sur la table basse, te penchant sur le sofa pour lui attraper la main. « Tu viens ? » Il se tourne vers toi avec un petit sourire qui veut tout dire. Tu sais qu'il n'aime pas vraiment danser. Et tu ne lui demanderais pas, si ça ne te faisait pas réellement plaisir. Lorenza lui met un petit coup de coude dans les côtes, et tu es ravi de constater qu'il se lève et qu'il te suit un peu plus loin. La musique est plutôt lente, donc en soi, c'est loin d'être compliqué, comme danse. Mais, en réalité, la danse t'importe peu. Tout ce qui compte, c'est lui. « Bon anniversaire, Сердце моё. » Murmures-tu doucement. Mon cœur. Voilà ce que tu lui as dit dans ta langue natale. Deux petits mots qu'il n'entend que trop souvent avec toi. Mais tu l'aimes. Tu l'aimes tellement, tu donnerais tout pour lui. Vraiment tout. Tu le fais un peu tourner, avant, de le reprendre contre toi, riant doucement quand une petite maladresse manque de le faire rentrer dans ta personne. Il en rit autant, et son rire, bon sang, il est si précieux aussi, qu'une journée sans l'entendre te paraîtrait bien trop terne désormais. « Pardon. » Fait-il avec un grand sourire. Tu lui voles un baiser pour simple réponse, avant de le faire tourner un peu à nouveau. « La surprise te plaît alors ? » Tu plonges ton regard de glace dans le sien. Son merveilleux regard sombre. La définition même du néant, et pourtant si vivant, dans lequel tu pourrais te noyer sans avoir la sensation d'agoniser pour autant. « Bien sûr qu'elle me plaît... Merci. » Tu souris d'autant plus. Tu aimerais lui dire que c'est tout naturel. Qu'il le vaut bien. Mais pour réponse, une fois de plus, tu lui voles un baiser. Une nouvelle fois, tu le fais tourner. Mais cette fois, tu le gardes tel quel, son dos contre ton torse, tes mains liées aux siennes à la hauteur de son ventre. Ton souffle s'échoue dans son cou plus d'une fois, alors qu'il rit, parce que ça le chatouille, sans doute. « Qu'est-ce que tu dirais d'aller jeter un coup d'oeil du côté de tes cadeaux, hm ? » Il arque un sourcil. Quoi, il pensait juste que tu allais te contenter d'une soirée entre amis ? C'est un anniversaire voyons. Et quand tu fêtais encore ton anniversaire – ce qui remonte grandement, certes – offrir un cadeau était de coutume. La musique se termine, et tu l'attrapes par la main, l'entraînant avec un grand sourire vers les sofa et la table. FIN DU FLASHBACK.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Mar 26 Mai - 18:49



Tu reviens à toi lorsque tu sens une présence nouvelle sur le balcon. Ce n'est pas Jill. Car Jill ne fait pas ta taille. Ce n'est sûrement pas Adelina ; pourquoi viendrait-elle te voir, elle qui ne te connaît pas ? Voilà qui laisse une seule possibilité. Le brun. Samael. Tu déglutis difficilement, avant de te rendre compte que ta cigarette s'est finie et éteinte seule, alors que tu étais perdu dans tes pensées. Tu en attrapes une autre, l'allumant. Le garçon s'avance sur le balcon. « Pourquoi ? Pourquoi avoir fait ça ? Je pensais avoir été clair, en te disant de dégager de mon existence. » Tu hausses un peu les épaules. Qu'as-tu à perdre, désormais ? Pas grand chose, pour ne pas dire rien. Alors que tu répondes ou pas, que tu sois doux ou agressif, le résultat sera le même. Il va se marier avec Adelina. Te laisser sur le banc de touche pour de bon. Tu vas sûrement t'enfoncer un peu plus dans les problèmes, et secrètement, tu espères en mourir, assez rapidement. Car la vie sans lui ? Non, tu n'arrives pas à l'imaginer. Tu ne veux pas vivre sans lui à tes côtés. Tu ne veux pas exister, avec l'idée, tout les matins, qu'il se réveille à côté de quelqu'un d'autre que de toi. « Je voulais la rencontrer. Voir celle qui a pris ma place. Elle est plutôt belle. » Ajoutes-tu, le regard toujours fixé sur l'horizon. Tu ne souris pas. Toute ta douleur apparaît dans ton regard, que tu t'efforces de garder en face, pour ne pas le poser sur sa personne. La vue est magnifique en plus. Autant en profiter. C'est tellement... C'est immense. Tout ça, cette planète. C'est tellement plus grand que vous deux, et votre petite histoire. Une poussière sur une frise chronologique. Un grain de sable, à peine, sur cette planète qui connaît sûrement bien d'autres tragédies. Tu n'es rien. Il n'est rien. Vous n'êtes rien, divisés. Vous ne pouvez qu'exister unis. Alors sans lui... A quoi bon continuer la route, hm ? Personne n'a pu te donner la réponse. Et ce soir, un peu plus encore, cette cruelle question te saisit à la gorge.

Le silence s'est immiscé entre vous. Pesant. Difficile à supporter. Et pourtant si agréable. Ce même silence qui t'a enveloppé ce fameux soir, sur la plage. Un silence de mort. Glauque comparaison, pas vrai ? Sans doute. Mais qu'y-a-t-il de plus vrai, sur l'instant ? Rien d'aussi poignant ne te vient à l'esprit. Les cendres tombent de ta cigarette. S'évadent dans un vide qui te semble infini. Elles se perdent dans la nuit, comme les petits morceaux de ton âme qu'il ne recollera jamais pour toi. C'en est fini, de l'espérance. C'en est fini, de l'espoir. Tout cela est envolé, définitivement. Il vient de marquer un point, non pas une douce virgule laissant présager une suite, non, un point sévère, à votre histoire. « Tu n'as même pas cherché à voir comment j'allais. Si je m'en sortais. » Des reproches, qui s'échappent d'entre tes lèvres. À quoi t'attendais-tu, franchement ? À mieux. Tu t'étais dit que, au bout d'un an de vie commune, il te connaissait. Il savait ce que tu avais pu traverser. Certaines épreuves qui t'avaient laissé des marques. Il ne s'en est pas inquiété, il ne s'est même pas retourné pour savoir comment tu allais. « Je... J'arrive toujours pas à croire qu'on en est arrivé là. À comprendre pourquoi. » Ajoutes-tu avec une certaine tristesse pour teinter ta voix. La mélancolie te submerge une fois de plus. Soudainement, tous les souvenirs du passé te reviennent, et si liguent contre toi, pour te faire souffrir un peu plus encore. « Tu sais très bien pourquoi, Lyo. » Il secoue un peu la tête. À croire que ce soir, il n'est pas d'humeur à te faire de reproches. Qu'il t'offre une trêve, au milieu d'une guerre pourtant finie depuis longtemps. « Je méritais pas ça, Mae. On méritait pas ça. » Tu regardes en bas. Ce qu'il y a, des mètres et des mètres plus loin. La ville qui s'active, à cette heure tardive, encore. Non, vous ne méritiez pas une fin si cruelle. Fin qu'il a causée. Tu te sentais tellement plus vivant avec lui. Comme si rien ne pouvait vous atteindre... Tu voulais que cela dure, longtemps encore. Des années. Et pourquoi pas des siècles, s'il te l'avait demandé. Mais non. Le destin. Le « devoir » comme il te l'a répété. « Mais c'est comme ça. On ne reviendra pas en arrière. » Tu secoues la tête. Vous ne reviendrez pas en arrière non. Et ses mots s'enfoncent une fois de plus douloureusement dans ton cœur. Tu termines la cigarette, glissant une main dans tes cheveux. « Tu as raison. » Ajoutes-tu simplement pour mettre un point final à la discussion.

Une fois de plus, vous êtes silencieux. Mais ton regard glisse de la ligne d'horizon pour venir le long de la rambarde. Rambarde où ses mains sont posées, agrippant légèrement le métal. Si tu hésites un instant, le désespoir te pousse à agir. Et c'est doucement que tu poses une de tes mains sur la sienne la plus proche. Il semble perdu dans ses pensées, puisqu'il ne s'en rend pas compte tout de suite. Un drôle de sourire, aussi douloureux que nostalgique étire tes lèvres. « J'aurais tué pour cette sensation. » Laquelle ? Celle de cette main, qui te semble si douce, dans la tienne. La tiédeur de sa peau. Cet infime battement, ce pouls qui vous différenciait tant. Lui vivant, toi mort. Ta remarque le fait sûrement réagir, puisque rapidement, il retire sa main pour la poser un peu plus loin. Un soupir quitte tes lèvres, tu lèves le regard vers lui. « Arrête ça. » Tu aimerais lui demander de quoi il veut parler. Qu'est-ce qu'il entend par ça. Mais loin de toi l'envie de le faire fuir. Tu n'aimerais pas qu'il pense que tu te fous de lui, car ce n'est pas le cas. Ton cœur brûle toujours autant, même quand l'amour se fait impossible. Et tu as mal. Tellement mal que tu pourrais t'effondrer là, sur tes genoux, et le supplier de revenir en arrière. C'est le peu de dignité qui te reste, qui t'aide à garder les jambes droites, la posture fière. « Tu m'aimes toujours ? » La question qui te brûlait les lèvres depuis le départ. Tu voulais lui poser. Mais tu redoutais trop la réponse. Mais en cet instant, tu te dis que perdu pour perdu, autant connaître la vérité. Tu ne peux pas souffrir plus qu'actuellement, pas vrai ? Il détourne le regard. Ton sien accroche son visage. « Quelle importance. » Souffle-t-il, soupirant de ta question. Quelle importance ? C'est tout ce qu'il a à dire ? Tu retiens un éclat de rire un peu ironique. Quelle importance. Voilà quoi se résume votre relation, apparemment. Quelque chose qui est aujourd'hui sans importance. Tu aimerais pouvoir lui balancer toutes ces photos au visage. Ces vidéos. Tu aimerais que quelqu'un ait enregistré ces un an en un film, et l'obliger à regarder. Peut-être qu'il reconsidérerait son jugement. Peut-être que soudainement, ça aurait un peu d'importance. Mais tout ce que tu fais, c'est secouer un peu la tête.

« Moi, je t'aime toujours. J'ai jamais arrêté de t'aimer. » Ton regard se fait humide, tu t'empresses de regarder ailleurs. Tu ne te sens définitivement pas bien. Tu as envie de fuir. De retourner sur cette plage. De finir le travail. Tu déglutis difficilement, jetant un regard par dessus ton épaule. Les filles discutent toujours, elles rient, et ne voient strictement rien de ce qui se passe ici, à cause des rideaux blancs. « C'est du passé, Lyokha. » Tu secoues la tête, te redressant un peu. « Peut-être. Vingt-six jours, précisément. Qu'importe. Je voudrais juste que tu répondes à ma question ; est-ce que tu m'aimes toujours ? » Elle semble d'une importance capitale pour toi, cette réponse. Pourtant, il ne semble pas décidé à te la donner, puisqu'il se tourne et regarde au loin, t'ignorant royalement. Tu serres les dents. Puis tu prends ton courage à deux mains, et tu t'approches rapidement de lui pour venir l'embrasser. Un baiser doux, et passionné à la fois. Et bien trop court, puisqu'il te repousse. « Arrête ! » Tu écarquilles les yeux, reculant d'un pas, puis de deux, déstabilisé. À nouveau, tu regardes ailleurs, avec cette furieuse envie de pleurer. Non. Tu ne peux pas craquer. Pas devant lui, pas comme ça. Est-ce qu'il peut voir, tout ce qui traverse ton regard ? De la tristesse. Du désespoir. De l'amour. Bien trop de souffrance pour un seul homme. « Je. Pardon. » Et sur ce, tu disparais du balcon. Tu inspires profondément, tu t'essuies les yeux en vitesse. Tu passes devant les filles, et tu retrouves un chaleureux sourire, complètement faux. « Hm, je reviens, je vais chercher quelque chose pour Samael. » Tu embrasses doucement ta brune sur le front avant de monter les marches deux à deux pour rejoindre l'étage. T'éloignant un peu dans le couloir, tu t'engouffres au plus vite dans la salle de bain, fermant la porte derrière toi. Tu fais couler l'eau du robinet au creux de tes mains, en passant un peu sur la tête, avant que tes doigts ne se resserrent sur la céramique du lavabo. Tu croises ton reflet du regard. Et c'est là que tu craques. Là que tu te mets à pleurer, tremblant. Tu essayes de ne pas faire trop de bruit. D'étouffer tes sanglots. Et tu as mal, toujours aussi mal. Tu vois les perles de sang s'échouer dans le lavabo blanc. Tu essayes de te reprendre, mais c'est de plus en plus dur. Et tout se fait si flou, devant ton regard.



FLASHBACK – Tu le rejoins, après un bon morceau de rock acrobatique avec Lorenza qui, comme toujours, ne se lasse pas d'entraîner les autres à danser sur la piste. Mais tu t'éloignes quand le morceau se termine, l'embrassant sur la joue. Tu t'éloignes pour rejoindre le brun qui est au bord du vide. Contre la rambarde. Tu viens juste derrière lui, posant tes mains à côté des siennes. Ton torse contre son dos. Ton menton qui se pose doucement entre son cou et son épaule. Tu dépose un bref baiser contre sa peau, et un doux sourire étire ses lèvres. « La vue te plaît ? » Murmures-tu. Comme un secret qui ne regarderait que vous deux. Il remonte une main dans tes cheveux, délicatement. « C'est magnifique. » Il est vrai que Spes est magnifique, de jour, comme de nuit. Même si pour ta part, tu n'y as eu le droit que la nuit. Tu préfères les heures tardives, de toute façon. Tout est plus... Extraordinaire, tu trouves. Mais tu savais que tu ne te tromperais pas, en choisissant ce toit. Il aime Spes. C'est sa ville. Tu aurais tant voulu qu'il voit la Russie, lui. Même si aujourd'hui, elle n'a plus rien de ce que tu as connu. Tu es intimement persuadé qu'elle n'en est que plus belle, ta mère patrie. Tes mains remontent doucement le long de ses bras. Viennent se poser sur ses épaules que tu masses doucement. « On va passer une bonne semaine, tu vas voir... » Qu'entends-tu par là ? Lui a compris. Tu parles de la semaine prochaine. De ce cadeau de ta part. Une semaine sur l'île que vous possédez, avec ton frère et ta sœur. Un contexte paradisiaque pour une belle et longue semaine en tête à tête. Tu t'es arrangé pour laisser toutes tes affaires de côté. Tu ne prendras juste ton portable en cas de grande urgence, mais pas plus. Et tu t'es débrouillé avec Léandre pour qu'il en soit autant pour Samael. Tout est arrangé, et tu en es franchement heureux. Car ton brun n'est pas du genre à prendre des vacances, vous le savez l'un comme l'autre. Alors là, tu as pris les devants, même si tu sais qu'il va sûrement s'inquiéter le premier jour. Tu es sûr que tout va bien se passer, même en son absence. « Tu n'avais pas besoin d'en faire tant, tu le sais... » Tu ne sais pas trop pourquoi il dit ça. Car tu sais que ça lui fait plaisir malgré tout. À nouveau tes lèvres se perdent dans son cou, alors que tes mains parcourent doucement ses flancs. « Tu sais que je t'aime. Tu mérites cette petite semaine de vacances, tu ne penses pas ? Juste toi... » Tu déposes une fois de plus un baiser dans son cou. « Et moi... » Une troisième fois. « En tête à tête... » Il penche légèrement la tête sur le côté, t'offrant un peu plus cette surface délicate que tu ne fais que frôler. Il tourne un peu la tête, et tu lui voles un énième baiser, avant de t'éloigner vers les autres. Tu es l'homme le plus heureux du monde, ce soir. Et c'est lui, qui provoque tout cela dans ton cœur, dans ta tête. Lui, que tu aimes plus que tout. FIN DU FLASHBACK.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Mar 26 Mai - 18:49



Du sang. C'est sur cette image que tu reviens à toi. Tu essuies tes joues. Effaces toute trace de carmin contre ta peau claire. Et tu rejoins ta chambre. Ta décision est prise. Tu vas le faire. Quoi donc ? Oh, on comprendra bien vite. Tu renifles un peu, tu attrapes dans ton bureau du papier, un stylo. Et tu commences à griffonner des mots en suivant les lignes. Tu jettes un premier essai, puis un second. Et tu en viens à te dire que de toute façon, cela n'a aucune espèce d'importance. Alors, même si tu n'es pas spécialement convaincu de ce que tu écris, tu veux finir ça. Au plus vite. Tu veux en finir, pour de bon. Alors les mots s'enchaînent sur le papier, et c'est dur, de ne pas pleurer une fois de plus. Dur de contenir ces larmes qui ne demandent qu'à t'échapper. Au bout de quelques lignes, tu plies soigneusement le papier que tu glisses dans une enveloppe. Dans cette même enveloppe, tu ajoutes un petit objet, et tu la refermes, la posant bien en évidence sur ton bureau. Ceci fait, c'est d'une démarche presque semblable à celle d'un automate que tu te diriges vers un placard. Tu l'ouvres, et tu viens chercher une boîte fermée à code, au fond. Tes doigts glissent un instant sur le bois ancien qui compose le coffre. Ce petit coffre regroupe... Quelques objets précieux. Des choses que tu ne veux pas perdre. Des choses auxquelles tu tiens, pour de bonnes, comme de moins bonnes raisons. Tu l'ouvres, pour y récupérer une fiole, et un objet qui t'est tristement familier. Et cette photo. Cette simple photo. Souvenir matériel de cette semaine tous les deux, loin du monde. Un triste sourire se dessine sur ton visage, alors que tu t'éloignes avec tes trois objets vers le lit. Tu t'assois au bord de ce dernier. Marques un temps d'hésitation. Et tu te recules un peu, t'étendant là, sur les draps clairs. Tu prends une grande inspiration, débouchant la fiole. L'atroce odeur de verveine te vient jusqu'au nez, si bien que tu en plisses le front. Tu prends une autre inspiration, avant de faire un cul sec qui te brûle de l'intérieur. C'est une épreuve pour toi, de ne pas crier de douleur. Mais tu serres les dents fort, aussi fort que possible pour oublier la souffrance. Tu lâches la fiole, et redressant un peu contre le mur dans ton dos. Puis tu récupères le second objet. Qui n'est rien de plus qu'un pieu. Que fais-tu avec cela ? Toi, un vampire, détenir une telle chose ? Oh, il faut croire que ce tu t'apprêtes à faire, tu l'avais plus ou moins prévu. Comme si, depuis vingt-six jours, tu étais persuadé que cet instant viendrait. D'une main tremblante, tu récupères l'objet, la pointe posée contre ton torse. À nouveau, les sanglots te prennent. Une part de toi n'attend qu'une chose ; enfoncer l'arme dans tes chairs. L'autre, elle, te dit de vivre, même sans lui. Elle te répète que tu en es capable. Tu poses ton regard sur la photo que tu as prise avec toi. Vous aviez l'air tellement heureux, là-dessus. Tu enfonces légèrement l'arme. Tu serres fort les dents, car la douleur te semble insoutenable. Mais tu dois le faire. Tu dois aller au bout. Tu ne peux pas vivre sans lui. Tu ne veux pas exister sans lui. Tu pleures, à nouveau. Tu as envie de hurler, mais tu n'en fais rien, pour ne pas les alerter. Tu appuies d'autant plus fort. Tes mâchoires te brûlent, autant que ton œsophage, toujours tapissé des résidus de verveine. Mais tu es presque au bout du supplice. Tu le sens.



Et soudainement. Tout devient plus... Paisible. Il te suffirait d'appuyer encore un peu. Quelques millimètres sans doute, pour en finir d'un coup sec. Mais tu es paralysé par la peur. La peur de le perdre pour de bon. De te perdre. La peur de mourir, tout simplement. Car tu ne veux pas mourir. Rien en toi, ne veut mourir. Sauf cette partie qui le connaît si bien. Cette partie qui a peur d'être sans lui. Tu aimerais tant pouvoir l'oublier... Autant que tu veux te rappeler de chaque sensation. Chaque instant, passé à ses côtés. Son souffle contre ta peau. Ses lèvres cherchant les tiennes. Et l'eau tiède enveloppant vos chevilles. Vos pieds se perdant dans le sable. Oui, les images te reviennent, alors que ta conscience te quitte, peu à peu. Les images, et les sons. Mais... Ce n'est pas un autre de ces flashbacks, non. C'est... Différent. Un état second que même toi, ayant traversé bien des siècles et ayant connu bien des mystères, tu es incapable de décrire... Tu es là. Les pieds dans le sable tiède de la plage. L'île. Votre île. Et il fait... Il y a un grand soleil, au milieu de ce ciel bleu. Le soleil. Et tu es dehors... Ce n'est pas normal, pas vrai ? Non, mais ce détail ne semble pas te frapper sur l'instant. Même pas du tout. Tu avances juste, le regardant. Le brun est les pieds dans l'eau. À contempler l'horizon. Un doux sourire étire tes lèvres alors que tu avances, jusqu'à venir dans son dos pour l'enlacer. Il échappe un soupir heureux, et ton sourire s'étire un peu plus. « Samael... » Murmures-tu au creux de son oreille. « Je croyais t'avoir perdu... » Il sourit un peu. Cette situation est totalement irréelle. Mais si agréable à la fois. Il se détache de toi pour se tourner, un instant. Te faire face et glisser une main contre ta joue. « Je suis là Lyokha. Et je t'aime. » Tu hoches un peu la tête, te perdant dans ses beaux yeux sombres. « Je t'aime tellement... » Souffles-tu contre ses lèvres, posant ton front contre le sien. « Ne me quitte pas. Jamais. Je t'en supplie. » Il hoche un peu la tête. Dépose un baiser contre ton front. « Promis Lyokha... » Tu hoches légèrement la tête à ton tour. Apaisé. Tu es incapable de t'en rendre compte. Mais Jillian est entrée dans la chambre. Et elle s'approche de toi pour te secouer un peu. Elle appelle ton nom. Le hurle. Tu restes plonger dans ta projection, bien que celle-ci réagissant, apparemment, à ce qui se passe à l'extérieur. Tu te tournes vivement pour regarder derrière toi. Tu aurais juré entendre une femme crier. Mais ton regard un peu affolé ne trouve rien. Et sa main contre sa joue te rappelle à lui. « Samael, tu n'as pas entendu ? Il y a – » Il te coupe la parole en posant un index contre tes lèvres. Tu t'arrêtes de parler. « Ce n'est rien...Reste... » Et il s'approche de toi, pour t'embrasser. Tu te perds dans ce baiser. Et ta vie avec.



« Samael.
         Jillian ne comprendra pas mon geste. Mais il n'est pas question de Jillian, ni même d'Adelina ; il n'est question que de toi. De nous.
         Je ne te demande pas de comprendre pourquoi est-ce que j'ai fait cela. Ni même de cautionner mon geste. Je ne demanderai même pas une larme. Ni même la réaction de quelqu'un qui a un jour tenu à moi.
         À dire vrai, je ne compte plus rien demander. J'ai eu réponse à la question que je me posais depuis ces vingt-six longs jours. Je ne dis pas qu'elle m'a satisfait. Ni même qu'elle m'a mis du baume au cœur. Elle aurait dû, sans doute. De te voir douter. Hésiter. Mais non. Car dans le fond, peut-être que j'aurais préféré qu'il n'y ait plus aucun sentiment. Ainsi j'aurais éradiqué tous mes doutes, et tous les espoirs que je m'étais fait à l'idée de te retrouver un jour, malgré ta détermination à te marier avec Mademoiselle Maura.
         L'idée de vivre sans toi m'était tout bonnement insupportable. Et je ne sais pas si cette explication sera suffisante à tes yeux. Si elle te conviendra. Elle est ma réalité. Elle est mon quotidien, depuis vingt-six longs jours. Je ne veux pas exister ainsi, esseulé, détruit par un ultime coup de poignard en plein cœur. Je ne voulais pas revivre ça. Alors j'y ai mis un terme.
         J'aimerais que tu dises à Jillian que cela n'avait rien à voir avec elle. Que je n'ai jamais voulu la faire souffrir d'une telle manière. Dis-lui ce que tu voudras, peu m'importe, désormais. Quel égoïste je fais, n'est-ce pas ? Quelle importance. Et je t'en prie, préviens Lorenza. Elle se chargera du reste, et à tes yeux, je ne serais plus qu'un mauvais souvenir.
         Sache que je t'ai aimé. Tellement. C'est ce qui aura eu de raison de moi, au final. L'amour. Est-ce qu'il y a plus belle manière de mettre un terme à ces siècles d'existence ? J'en doute grandement. Sache que tu m'as redonné la foi, là où depuis trop longtemps, elle était éteinte. Tu m'as appris à aimer, à nouveau. À faire confiance. À apprécier chaque instant, si précieux. Chaque infime caresse, chaque souffle fragile qui m'a rappelé à quel point il était beau d'être humain. Tu m'as rendu humain, Samael. Et pour ça, je te suis reconnaissant. Pour cette année qui valait bien des fois les mille précédentes.
         D'une part, j'essaye de me dire que je t'aide, en disparaissant enfin pour de bon, comme tu n'as eu de cesse de le demander. Au moins, tu ne penseras plus qu'à elle, si ce n'était pas déjà le cas. Je suis sûr que ce mariage sera grandiose. Et que tu auras de merveilleux enfants, et une merveilleuse vie, de laquelle je ne ferai pas parti. Profites-en. Chéris-les. Ils seront ce que tu auras de plus précieux en ce monde.
         Avec tout mon amour,
         Lyokha Volkov.

         PS ; j'ai laissé un bijou, dans l'enveloppe. Une bague. Une alliance. Vois-tu, j'aurais voulu te demander en mariage, ce soir-là, sur la plage. Je n'en ai pas eu le courage. J'ai eu peur de ta réaction. Peur que tu prennes la fuite, devant une telle précipitation de ma part. Et pourtant, j'étais sûr de moi. Là n'était pas la question. J'étais sûr de vouloir passer le reste de mes jours à tes côtés. Mais si cela m'est désormais impossible dans la réalité, alors je me contenterai des songes. Je t'aime, Lyo.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Sam 30 Mai - 21:29



La morgue. Quel... Délicieux endroit, pas vrai ? Merveilleux. Une ambiance de mort, sans mauvais jeu de mots. Ton corps est étendu là. Sur une plaque froide, au moins autant que ta peau. Ta cage thoracique ne se soulève plus dans ce lent mouvement régulier qui caractérisait ce semblant de vie t'animant encore autrefois. Tes yeux sont fermés. Mais tu conserves cette... étrange beauté macabre, propre à ceux de ton espèce. Quelqu'un t'observe. Une jeune femme. Enfin, jeune... Physiquement dirons nous. Lorenza Capone. Lucky Dillinger. Son regard est rivé sur ta personne, entre deux instants où elle somnole. La pauvre, elle veille depuis longtemps. Stojan lui, s'affaire à son travail. Poursuit son boulot entre deux macchabées à ranger dans des bacs à glaçons. Ce n'est pas ton cas. Pourquoi ? C'est ainsi. La blonde glisse ses doigts dans tes cheveux. Un geste tendre, presque maternel. Ses doigts emmêlés dans ta chevelure t'arrachent un frisson. Un frisson... Minute. Est-ce que tu viens de ressentir quelque chose ? Soudainement, tu ouvres les yeux, et c'est haletant que tu te redresses sur la table d'inox, les yeux grand ouverts. Tu regardes autour de toi, tu reprends difficilement ton souffle. Oh bon sang. Te revoilà. Tu es de retour parmi les vivants. Enfin, les presque vivants, quand les deux vampires qui t'entouraient jusque là ont replacé toute leur attention sur ta personne. Tu prends de grandes inspirations. Tu expires tout aussi bruyamment. Tu es vivant. À ta manière du moins. Tu fermes brièvement les yeux, te recouchant sur la table. Tu glisses tes mains dans tes cheveux, sur lesquels tu tires un peu. « Fuck, ma tête... » Lucky sourit tristement, avant de t'embrasser sur le front. Stojan lui, s'approche avec un grand gobelet qui contient tu ne sais quelle mixture. Hm. Du sang. Tu t'empresses de l'attraper et de boire à grande gorgée. Avant de manquer d'en recracher la moitié. « Baaah ! » Fais-tu, comme un grand gamin qui vient de goûter un truc amer. La grimace vient avec, alors que Sto éclate de rire. « Je t'avais dit d'y aller doucement. C'est pour ton mal de tête. Laisse à ton corps le temps de se réhabituer. » Tu hoches un peu la tête, et tu prends une nouvelle gorgée, bien moins importante cette fois. Il y a un arrière goût infâme. Mais tu bois, si ça peut aider à soulager ce mal de tête et à en finir avec cette soif de sang incroyable.

Il faudrait peut-être expliquer le pourquoi du comment. Pourquoi est-ce que tu es encore là. Pourquoi est-ce que tu n'es pas mort. Lucky le sait. Elle était la seule au courant du plan, avec Zéphyr et Finnick. Les autres ? Ils n'en savent rien. Stojan était un complice et tu lui as demandé de garder le secret. Tu contacteras Hänz, Sidney et Elena en temps voulu. Pas pour l'instant. Mais, pour en revenir à ce qui s'est réellement passé... « Tu es sûr que c'était le bon choix, Lyo ? » Tu regardes Lucky un instant. Tu ne te sens pas mieux, même si... Tu es soulagé d'un poids, d'une certaine manière. Tu hausses un peu les épaules, tu détournes le regard. « Je devais le faire. Pour lui. Je... Je m'inquiète de lui. De comment il va. C'est pour cette raison que je devais le laisser partir. Qu'il devait me laisser partir. » Une logique un peu tordue ? Non, pas vraiment, quand on y réfléchit. Tout ce plan, tout ça... C'était prévu. Non, la fiole ne contenait pas tant de verveine que tu l'as laissé croire. Juste assez pour laisser l'arôme persistant de la plante. Non, le pieu n'a jamais atteint ton cœur. Il l'a soigneusement évité, mais s'est trouvé dans une trajectoire laissant croire le contraire. Tout cela était.. Programmé. Jusqu'à la rencontre dans le parc. Même si Jillian n'en a jamais eu conscience, vous les suiviez depuis le début de la soirée. Tout cela... Rien n'était laissé au hasard. Et il faut dire que tes sentiments ont vraiment aidé à croire au contraire. Car oui, cela n'a pas empêché de sentir un coup de poignard dans ton cœur quand tu as vu la bague au doigt de la brune. Mais... Voilà vingt-six jours que la boîte attendait dans l'armoire. Vingt-six jours que tu attendais la confirmation, cette demande en mariage qui ruinerait pour de bon votre relation. Après tout tu as déjà fait foirer un mariage. Il n'aurait pas laissé faire pour le second. Et par respect pour lui, tu ne pouvais pas aller contre sa volonté d'avoir une famille. De répondre aux attentes des siens. Tu ne pouvais pas aller contre cela, égoïstement, par amour. « Tu dois me promettre Lucky. Peu importe combien il souffre, de ne rien lui dire. Il ne doit avoir aucun soupçon. Vous irez à mon enterrement, et on en parlera plus. » Elle glisse une main sur une des tiennes. Sourit tristement. « Et après Lyokha ? Comment comptes-tu rester mort à ses yeux, hm ? » Tu hausses un peu les épaules. « Je vais disparaître un temps. Quelques années. Éviter Spes et laisser les affaires de famille aux jumeaux. J'ai besoin de... De m'éloigner. De tout ça. De tout ce qui me rattache à lui. Je ne veux pas être là quand il se mariera. Je ne veux pas entendre parler de ses enfants. Je veux juste qu'on me laisse du temps. Qu'on me laisse... De la marge, pour me reprendre. Après, je reviendrai. Je ne dis pas que ça ira mieux. Mais j'ai besoin de ce répit. » Elle hoche doucement la tête, glisse une main dans tes cheveux. Tu te redresses un peu sur la table, et tu l'attrapes dans tes bras. Elle échappe une ou deux larmes, et tu la consoles comme tu peux. « On sera toujours en contact Lorenza. Promis. » Elle renifle un peu, se reprend. Elle tente un sourire et hoche la tête. « Oui, tu as plutôt intérêt. » Tu souris franchement, et tu replaces une mèche de ses cheveux en arrière. Tu finis par te relever, récupérant des vêtements pour t'habiller en vitesse. Ça tangue encore un peu dans ta tête, mais c'est supportable. « J'ai... J'aimerais savoir Lyokha. Comment tu as su ? Qu'il ressentait encore quelque chose ? » Tu serres un peu les dents. « Au fil du temps, je dirais. Je l'ai croisé, je lui ai parlé, il y a une dizaine de jours. J'ai compris. J'ai compris que m'éloigner ne suffirait sans doute pas. Qu'il m'aimait toujours. Et que moi aussi, je l'aimais bien trop pour tolérer d'exister à ses yeux. »

FLASHBACK – Tu erres. Il fait bon dehors. Et il fait chaud, dans ton cœur. Pas à cause de lui. Ni grâce à Jillian. C'est just... l'alcool, et tout ce qui peut circuler dans ton système à cet instant. Tu pousses la porte d'un bar, tu y rentres. Tu traînes jusqu'au bar, même si tu t'arrêtes en route. Non. Tu crois rêver, pendant un instant, si bien tu en ris. Samael Tudor. En personne. Posté au bar. Tu prends une grande inspiration et tu t'en approches ; même si comme tu t'en doutais, il se détourne. Tant pis tu te postes de l'autre côté. « Samael Tudor, en personne ! » Fais-tu avec un grand sourire. Lui ne sourit pas. Il te regarde et fronce légèrement les sourcils. « Tu as bu ? » Tu hausses un peu les épaules. Ta mine expressive laisse deviner que oui, et suffisamment pour mettre un vampire dans ton état. Tu t'assois sur un tabouret à côté de lui, ne pensant même pas à commander quelque chose. Non, tu te contentes de le regarder en silence. De détailler tous ces traits sur son visage, qui t'ont rendu un peu plus amoureux de lui encore, du temps où vous étiez ensemble. « Reviens-moi. » Ajoutes-tu, ayant perdu tout ton sourire. Tu as l'air désespérément, éperdument amoureux, encore. Et tu l'es, dans le fond. Tu aimerais le retrouver. Retrouver votre relation. Il secoue la tête, soupire profondément. « Non. Pourquoi est-ce que tu t'obstines ? Même si on le voulait, ça ne marcherait pas, de toute façon. » Tu serres les dents. Tu te rapproches encore un peu. « Tu ne le penses pas. » Il secoue la tête à nouveau et se lève, laissant un peu d'argent sur le comptoir avant de prendre la direction de la porte. Toi, tu restes sur ton tabouret, un instant. Le temps de serrer les poings, de te calmer. De te relever, et de partir à sa suite. C'est ainsi que tu débarques dans la rue déserte et plongée dans la nuit. Il avance. Tu le vois, pas si loin que ça. Tu restes immobile, reprenant d'une voix relativement forte. « Tu sais ce que je crois ? Je crois que tu t'imagines que, si tu te laisses être heureux pour une minute, si tu te laisses le droit de vivre TA vie, tu as l'impression que ton monde va s'écrouler. Dans le fond, tu ne veux juste pas prendre de risques. » Il serre les dents, et se détourne pour continuer sa route. Alors c'est ça ? Il va te laisser comme ça, sans une réponse ? Juste s'enfuir ainsi, comme un lâche.

Tu serres les dents à ton tour. Et tu te décides à avancer pour ne pas laisser d'écart se creuser entre vous. « Allez Tudor, sois courageux un peu ! Dis-moi la vérité ! T'as juste peur, c'est ça ? » Tu écartes un peu les bras, continuant à avancer. Mais il finit par se retourner, et toi, tu t'arrêtes d'avancer. Comme pour garder cette constante distance entre vous. Que cherches-tu à faire ? Le récupérer, peut-être un peu. Lui faire comprendre que s'il veut revenir vers toi, tu es près à tout oublier, tout balayer pour repartir à zéro, si c'est ce qu'il désire. « Non Lyokha. On s'est rencontré, aimé, et c'était une superbe année mais... Je suis revenu à la raison. C'est tout. On ne peut juste pas. » Toujours le même discours. Il t'observe un instant. Et à nouveau, se met à marcher. Non, tu ne peux pas le laisser partir ainsi. Pas là-dessus. Tu veux avoir le dernier mot, comme souvent. Tu presses donc le pas. Jusqu'à le rejoindre en trottinant. Alors seulement ta main se referme sur son bras, et tu l'obliges à faire volte-face, malgré la mine grave qu'il affiche. « Mais moi Mae, je crois toujours en nous. J'ai pas abandonné, tu entends ? Je ne veux pas oublier tout ce que j'ai ressenti. Et toi, je veux que tu te souvienne de tout ce que tu as ressenti quand on était ensemble. » Son regard se fait légèrement troublé. Tu restes silencieux un instant. Quelques secondes, puis une minute, rapidement. C'est à cet instant que tu t'avances pour l'embrasser. Que tu lui voles ce court baiser contre son avis, avant qu'il ne te repousse. Ce qu'il fait assez brusquement, suffisamment pour te forcer à prendre un ou deux pas en arrière. Il en profite pour avancer, une fois de plus. Et si tu devrais sans doute le laisser filer et ne pas chercher à le suivre, tu veux faire cette dernière tentative. Alors tu t'empresses de venir juste devant lui. Il s'arrête. Semble désespéré de pouvoir passer le reste de sa soirée tranquille. « Ok, ok, juste. Une question. Je n'ai qu'une question, réponds-y franchement, et j'oublierai que tu me manques, j'oublierai à quel point je t'aime, j'oublierai tout. Je veux juste... La vérité. Juste cette fois... Est-ce que tu m'aimes encore ? » Il a les yeux qui brillent. Et les tiens aussi, brillent un peu. Tu attends ta réponse. Quelque chose, n'importe quoi. « Peu importe ce que j'ai ressenti, Lyokha. C'est parti. » Tu ne veux pas le croire. Tu ne veux pas imaginer qu'il a dit ça. Et encore moins qu'il le pense vraiment. Il ne le pense pas, c'est impossible. Il tente de te contourner, mais tu poses tes mains contre ses épaules un instant. « Mon amour n'était pas suffisant ? » Murmures-tu dans la nuit. Il te répond sur le même ton, visiblement agacé. Et... Autre chose aussi, d'indéchiffrable pour toi. « Stop. C'est ma vie. Mon choix. Et je me suis soucié de toi, oui. C'est pour ça que je dois te laisser partir. Bonne soirée, Lyo. » Et sur ce, il te contourne. Ton cœur fond. Se serre. Tu souffres un peu et si tu es intimement persuadé qu'il y a encore quelque chose, ça ne te fait pas moins mal. FIN DU FLASHBACK.

Tu termines de boucler ta ceinture. D'enfiler ton sweat. Tu accordes une étreinte à Stojan, que tu remercies, pour tout. Sa discrétion, son aide. Ce faux certificat de décès à ton nom. Et tu reviens vers Lorenza, qui a des papiers, les clés d'une voiture achetée récemment. Non connue du reste de ta famille ou de lui, ou de quiconque. Tu sais déjà où tu vas aller. Le chalet en montagne sera une parfaite zone de repli. Mais quand tu attrapes les clés pour les mettre dans ta poche, tu vois Lucky qui se laisse aller à ses émotions, et qui finit par laisser ses quelques larmes lui échapper. Immédiatement, avec une grande douceur, tu l'attrapes dans tes bras. « Hé, ma belle... » Elle renifle légèrement, se laisse aller à cette étreinte. « C'est si cruel Lyokha. Vous méritiez plus que cette fin... » Tu hausses légèrement les épaules. « Sans doute oui. Mais c'est ainsi. Et tu sais que tu pourras passer me voir autant que cela te fera plaisir... Rien ne change pour nous deux, tu restes ma chère Lorenza, et ma porte te sera toujours grande ouverte, tu le sais... » Elle hoche un peu la tête. Se recule. Tu récupères ses mains dans les tiennes, posant un baiser sur chacune. « Promets-moi de ne pas faire de bêtises, Lyokha... » Tu acquiesces doucement. « Promis mon ange. » C'est dans ces instants, que tu la reconnais vraiment. Cette fille, apeurée, que tu as sauvée d'une mort certaine. Cette humaine fragile et si forte à la fois. Ton infante. Ton enfant. Tu l'embrasses sur le front. Elle se reprend, essuie ses joues aussi pâles que les tiennes, et t'attrape la main pour te guider hors de ces lieux macabres. « Oh. Tant que j'y pense. Pour l'enterrement, et même avant et après... Faites attention à Maximus. Je sais qu'il tiendra Samael pour responsable. Je ne veux pas qu'il ait d'ennuis à cause de lui. Tenez les juste loin l'un de l'autre. » Elle hoche un peu la tête. Elle s'en doutait sûrement, mais tu préférais lui rappeler. Même si assisteras sûrement de loin à ton enterrement, tu ne veux pas les voir se déchirer pour ton décès. Encore moins, car tu n'es pas réellement mort. Tu es juste, disparu. Pour lui, pour toi. Comme il l'a si justement dit ; c'est parce que j'ai un jour tenu à toi, que je dois te laisser partir. Et tu espères qu'il le fera, oui. Qu'il te laissera partir, et qu'il vivra enfin sa vie. Celle d'un Samael Tudor, intendant impérial n'ayant jamais rencontré Lyokha Volkov, criminel recherché. Tu espères qu'il oubliera peu à peu tout de toi. Ta voix. Tes tatouages. Ton corps. Ton visage. Et au moins, il aura une chance de vivre heureux. De vivre tout court.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 8 Juin - 23:10



Tu le regardes s'éloigner. Quelque chose en toi te hurle de le retenir, de lui dire de ne pas faire attention à tes précédents propos, de lui avouer que tu l'aimes encore, sincèrement, profondément. Mais tu ne bouges pas, tu le laisses disparaître à l'intérieur de l'appartement. Ton cœur est en lambeaux. Se rend-t-il compte qu'il n'est pas le seul à souffrir de cette situation ? Se rend-t-il compte que si tu avais pu, tu serais resté avec lui ? Non, tu n'en as pas l'impression. Ton regard se perd dans la contemplation de la ville. Il n'y a pas si longtemps, pour ton anniversaire, tu faisais de même mais lui s'était installé dans ton dos pour profiter de la vue avec toi. Si tu fermes les yeux, tu peux retrouver ces sensations. Son torse contre ton dos, son menton posé entre ton cou et ton épaule, son souffle glacial sur ta peau suivi d'un baiser sur celle-ci... Tu étais tellement heureux, pourquoi a-t-il fallu que tout se dérègle ?  Pourquoi a-t-il fallu que votre bulle parfaite finisse par éclater, dispersant votre bonheur aux quatre coins du monde ? Parce que tu es un Tudor. Tu maudissais ton nom depuis déjà des mois, mais depuis vingt-six jours, tu le hais plus que tout au monde. C'est ce nom que tu portes qui a fini par tout envoyer valser. Parce que tu es un Tudor, tu te dois de faire passer ton devoir avant ton cœur. Parce que tu es un Tudor et le second héritier, il faut que tu restes auprès des tiens et que tu suives les traditions. Parce qu'on n'est jamais à l'abri d'un malheur, car il est tout à fait possible qu'un jour, que ce soit dans un mois, dans une semaine ou même dans une heure, la malchance frappe à nouveau ta famille. Tu dois être là pour reprendre les rênes, si jamais les choses tournent mal. C'est cela qui vous a séparé. Si seulement il pouvait comprendre que tu n'as pas d'autre choix... Oui, vous pourriez vous enfuir, disparaître dans la nature, mais tu sais que si le peuple de Cinis Luna a un jour besoin de toi, tu répondras présent, quoi qu'il puisse t'en coûter. Tu as été élevé dans cet objectif : être capable de devenir l'Empereur, au besoin. Et si cela arrive, tu devras suivre les traditions, avoir au moins un fils pour te succéder, et donc une reine pour gouverner à tes côtés... C'est là ton devoir, tu n'y échapperas pas. Mais par tous les dieux de la Terre, qu'est-ce que ça fait mal...

Depuis vingt-six jours, ton cœur est en lambeaux. Depuis vint-six jours, tu te fais violence pour ne pas revenir à ses côtés, pour ne pas lui demander pardon et reprendre là où tout s'est arrêté. Tu as besoin de lui, plus que tu ne peux te permettre de le dire, ou même de le laisser paraître. Tu devrais le laisser partir, l'oublier, le rayer de ta vie comme il faudrait que tu le fasses. Mais tu en es incapable. Parce que tu l'aimes toujours, et que son absence te pèse. Tu as demandé à Lucky de veiller sur lui, de le surveiller. Tu ne veux pas qu'il lui arrive malheur, maintenant que tu ne peux plus l'aider. Elle a accepté, mais tu savais déjà qu'elle le ferait même si tu ne le lui avais pas demandé. Elle tient énormément à lui, elle répond toujours présente, elle s'inquiète autant qu'une sœur, voir bien plus par instants. Et c'est pour cela qu'elle t'en veut de l'avoir abandonné, plus encore sur une dispute. Tu t'en veux tellement, tu sais que tu n'aurais pas dû t'emporter, que tu aurais dû tout mettre en œuvre pour lui faire comprendre qu'il n'y avait pas d'autre alternative. Mais t'aurait-il vraiment écouté ? Auriez-vous pu vous séparer moins brutalement ? Tu en doutes. Votre séparation a été dévastatrice parce que vous vous aimiez, sincèrement, profondément. Vous n'aviez plus la possibilité de devenir amis, tu ne voyais pas comment lui faire comprendre qu'il peut vivre sans toi. Comment aurais-tu pu lui expliquer, puisque toi-même tu ne peux vivre sans lui ? Tu veux lui courir après, l'attraper dans tes bras, le serrer dans tes bras, lui dire que tu l'aimes, que tu l'aimeras toujours. Mais tu ne peux pas. Et alors que tout ton être te hurle de le retenir, tu n'en fais rien. Il faut qu'il parte, qu'il trouve le moyen d'être heureux, à nouveau. Sans toi. Il y arrivera, tu sais qu'il peut s'en sortir. Il faut qu'il s'en sorte...

Un triste soupir s'échappe d'entre tes lèvres, se perdant dans le silence de la nuit. Tu entreprends de t'asseoir sur la rambarde, les jambes dans le vide. Pendant quelques instants, tu observes la ville en contre-bas. Les humains qui s'agitent, insouciants. Les Chasseurs qui protègent les premiers des vampires errant à cette heure. Ce monde tourne très bien sans vous, même si tout n'est pas parfait. La perfection n'existe pas de toute façon, mais tu as l'impression que vous n'étiez pas loin de l'atteindre, ensemble. Malgré les disputes, vos réconciliations faisaient tout oublier et vous rapprochaient toujours un peu plus. Aujourd'hui, il ne reste plus que des souvenirs. Aujourd'hui tu te sens brisé, vide. On ne dirait pas que tu as demandé à ta chère Adelina de t'épouser il y a un peu plus d'une heure. Tu devrais être plus qu'heureux, sauter de joie, dire à tout le monde que tu es enfin fiancé. Il n'en est rien. Tu ne te souviens que trop bien de ce que t'a dit Lucky l'autre jour. Elle t'a prévenu que Lyokha n'allait pas bien, qu'il sombrait. Tu as voulu faire quelque chose. S'il continuait à s'accrocher, il ne pouvait que souffrir. Alors tu as essayé cette fameuse demande en mariage. C'était prévu, mais pas aussi tôt. Tu as beau connaître Adelina depuis des années, tu ne pensais pas précipiter autant les choses... Mais tu l'as fait, espérant que ce serait suffisant pour qu'il cesse d'espérer, pour qu'il se fasse à l'idée que tu ne pourras plus jamais revenir vers lui. C'est idiot, il ne te croirait pas si tu le disais, mais cette demande a bel et bien été dans le but – non avoué – de l'aider à tourner la page. Tu espérais... Maudit espoir. Tu regardes en bas. Le vide t'appelle. Quelle sensations a-t-on lorsqu'on chute du sommet d'un immeuble ? Celle de voler ? Est-on euphorique ? Terrorisé ? Tu ne saurais dire. Quelque part, tu as envie de savoir. Le vide t'attire. Mais à quoi bon répondre à son appel ? Cela ne résoudrait rien. Voir, cela ne ferait qu'empirer la situation...

Soudain tu vacilles, ton cœur loupe un battement. Par réflexe, tu te retiens à la rambarde et repasse du bon côté. Quelque chose ne va pas. Tu ne sais pas pourquoi, mais tu as un très mauvais pressentiment. Il se passe quelque chose de grave. Ton rythme cardiaque s'accélère et tu te tournes vers l'appartement, y rentrant rapidement. Ton regard parcourt la pièce, les deux femmes y sont mais Lyokha est invisible. Depuis quand a-t-il quitté le balcon ? Tu ne l'as pas vu rester avec les filles, il a aussitôt disparu. N'est-il donc pas revenu avec elles ? Où est-il ? Tu ne devrais pas t'inquiéter, il est grand, il sait ce qu'il fait. Mais tu as beau essayer de te rassurer, ce mauvais pressentiment ne veut pas disparaître, au contraire, il se fait de plus en plus insistant. Alors tu t'avances vers les deux jeunes femmes. Jillian a l'air inquiète, elle aussi...

-Pardonnez-moi d'interrompre votre conversation mesdemoiselles, mais... Lyokha n'est toujours pas revenu ? Il est rare qu'il laisse ses invités seuls bien longtemps...
-Vous avez raison, je vais le chercher.


Tu hoches un peu la tête, reconnaissant. Tu t'inquiètes très certainement pour rien, il ne peut rien lui arriver ici. Mais tu ne peux pas faire taire cette impression qui t'étreint le cœur. Quelque chose ne va pas. Tu le sais, tu le sens, et s'il semblerait qu'Adelina te pose une question, tu ne l'entends pas. Tu attends que l'autre demoiselle ramène le blond parmi vous. Mais les secondes s'égrainent sans résultat. Jusqu'à ce qu'un cri se fasse entendre, un prénom. Lyokha. Tu ne prends pas le temps de réfléchir : tu fonces aussitôt vers la source du cri. Tu trouves la demoiselle en train de secouer le blond de l'appeler désespérément, sans obtenir la moindre réaction. Tu manques de tourner de l'œil. L'odeur du sang se mêle à celle de la verveine. Le pieu est enfoncé dans son torse, le sang coule, il est inerte. Et tu as l'impression que tu vas t'écrouler. Qu'est-ce qu'il a fait ? Quelle bêtise a-t-il faite ??? Tu entends vaguement la demoiselle parler d'appeler une ambulance. Tu n'écoutes pas, venant à ses côtés, glissant tes doigts sur sa peau. Il ne bougera plus, tu le sais. Tu as trop souvent fait face à ce genre de situation.

-Il est mort...




Cette annonce a l'effet d'une bombe. Jillian cesse de s'agiter et se laisse tomber sur le lit, des larmes dévalant le long de ses joues. Et toi tu le regardes, déposant ta main gauche sur sa joue. Sa peau trop pâle, ses yeux désormais définitivement clos. Tu ne verras plus son magnifique regard de glace se poser sur toi, tu ne pourras plus te noyer dans ses iris. Tu n'entendras plus le son de sa voix, son rire ne résonnera plus à tes oreilles, te réchauffant le cœur. Il n'essaiera plus de te voler un baiser, de t'enlacer par surprise, de s'emparer de ta main lorsque tu t'y attends le moins. Lyokha... Est mort. Ces trois petits mots touent dans ton esprit, sans pour autant que tu parviennes à leur donner un sens. Il ne peut pas être mort, c'est impossible. Pas lui. Non, il ne peut pas faire cela, i ne peut pas s'en aller ! Tu ne veux pas y croire, ce n'est qu'un cauchemar, il va bientôt bouger et déclarer qu'il est bien content de t'avoir fait peur ! Ce doit être cela, il ne peut pas être mort, non ! Tu as envie de le secoue, de le gifler, de lui hurler d'arrêter de faire semblant ! C'est faux, c'est impossible ! Tu le détestes de te faire une telle frayeur ! Tu ne veux pas y croire. Il a survécu à tout, tous ces siècles, alors pourquoi mourrait-il cette nuit ? Il n'y a aucune raison !

Cette pensée te brûle le cœur, tu te perds dans le déni. Tu ne veux ni ne peux y croire. Il y a forcément une autre conclusion que celle à laquelle tu es arrivée ! C'est obligatoire, il ne peut pas ! Ton regard paniqué fait le tour de la chambre, à la recherche d'un indice quelconque. Et tombe sur une lettre, posée bien en évidence sur le bureau. Une lettre dont tu t'empares et que tu ouvres. Tu espères y trouver la clé que tu cherches désespérément, tu espères trouver de quoi le réveiller. Il y a une lettre à l'intérieur, et une bague. Cette dernière vient tomber dans ta main mais tu n'y prêtes pas attention pour l'instant. Cette lettre est pour toi. Et plus les mots s'enchaînent sous tes yeux, plus tu pâlis. Il continuait bel et bien à espérer que tu reviendrais vers lui, malgré tes fiançailles. Il ne pouvait pas vivre sans toi, et c'est pour cette raison qu'il a décidé d'en finir ? Quoi ? Non, il ne peut pas avoir eu de telles pensées, ce n'est pas lui de se tourner vers ce genre d'alternative, il n'a pas le droit... C'était tellement inenvisageable... Ces mots te transpercent le cœur. Tu ne comprends pas pourquoi les larmes ne coulent pas le long de tes joues. Peut-être parce que tu n'arrives pas encore à croire à tout cela. Ce n'est pas possible, tu fais un cauchemar, il n'y a pas d'autre solution possible. Tu vas bientôt te réveiller, ce dernier mois n'aura jamais existé et il sera à tes côtés, il te rassurera en t'enlaçant, en t'embrassant, en t'expliquant calmement que jamais cette situation n'arrivera. Tu ne veux pas croire à autre chose. Il ne s'agi que d'un cauchemar dont tu vas tu réveiller. Il faut que tu te réveilles, maintenant ! Pourquoi croirait-il qu'en disparaissant tu cesserais de songer à lui ? Pourquoi croirait-il que tu pourrais être heureux en le sachant mort ? C'est impossible ! Tu ne peux être réellement heureux loin de lui ! Tu veux l'aimer encore et encore ! Tu veux... Tu veux qu'il revienne... Par pitié, qu'il se réveille, ou que tu te réveille... N'importe quoi, mais votre histoire ne doit pas se terminer sur une note aussi tragique... Il ne faut pas...

Enfin, tu t'intéresses au post-scriptum. Il te parle de la bague qui se trouve dans ta main. C'est une dernier coup de massue que tu te prends en plein visage, c'est un nouveau poignard qui te traverse le cœur de part en part, réduisant à néant les rares morceaux encore intacts. Il voulait te demander en mariage lors de cette fameuse semaine de vacances en tête à tête, sur l'île des Volkov. Il voulait... Il... Tes jambes cessent de te porter et tu tombes à genoux. Il voulait te demander en mariage. Il voulait vous lier de manière définitive. Il voulait que vous soyez ensemble pour le restant de ta vie, et peut-être pour de longs siècles. Tu sais déjà quelle aurait été ta réponse s'il avait osé te demander en mariage à ce moment-là. Tu sais que tu aurais dit oui sans la moindre hésitation. Tu sais que tu aurais été le plus heureux des hommes, tu sais que rien n'aurait pu vous séparer. Tu n'aurais plus laissé le devoir te diriger, tu aurais seulement suivi ton cœur et serais resté avec lui. Tu lui aurais dit oui et tu ne serais pas revenu sur ta réponse, peu importe tes devoirs en tant que Tudor. Si seulement il avait osé te poser la question, si seulement... Ton cœur s'est arrêté de battre quelques courts instants et c'est avec difficultés qu'il recommence à battre, de manière irrégulière. Mais ce n'est pas le seul problème que u rencontres. Une boule s'est formée dans ta gorge, tu as terriblement de mal à respirer. Ta respiration est donc elle aussi totalement irrégulière. Le sol tangue, les murs semblent onduler. Ton univers s'écroule. I aurait suffi d'une simple question, d'un petit mot de ta part pour que la situation soit différente. Aujourd'hui, vous auriez pu vous aimer, étant fiancés, peut-être même mariés illégalement. Tu ne serais pas à quelques mètres de son corps sans vie. Non... Il ne peut pas... Des voix peinent à atteindre ton esprit, alors qu'elles se trouvent das la même pièce. Tu ne sens même pas cette main qu'Adelina pose sur ton épaule. Lyokha s'est tué par ta faute... Non... Ce n'est... Non... Non.

-Partez d'ici... sont les premiers mots que tu prononces.

Ton regard vide se tourne vers les deux autres. L'une pleure et l'autre semble très inquiète pour toi. Mais cela, tu ne le vois pas. Tu ne vois que deux personnes qui n'ont rien à faire ici. Deux personnes qui ont assisté à une scène qui ne leur était pas destinée. Ils n'ont rien à faire là. Alors comme elles ne font pas mine de vouloir bouge, tu te fais violence et tu te relèves. Tu ne comprends pas comment ton cœur anéanti fait pour te porter, comment tu peux encore trouver la force de bouger. Tout ce que tu veux c'est pouvoir t'effondrer au sol et ne plus jamais en bouger. Rester à ses côtés, comme il le voulait, et tant pis pour le reste. Et pourtant tu es debout et tu les pousses dehors sans la moindre cérémonie. Peu importe que cela ne leur plaise pas, peu importe combien elles protestent, peu importe ce qu'elles peuvent bien dire, tu te contentes de les ramener à la porte d'entrée et de les mettre dehors.

-Laissez-nous. Et, Miss. Vous n'y êtes pour rien.

Sur ces mots tu claques la porte et la ferme à double tour. Puis tu t'appuies contre, te laissant glisser au sol. Tes mains viennent se glisser dans tes cheveux bruns, tirant un peu dessus. Ce n'est pas possible... Tu ne veux pas y croire, il n'a pas pu. Tu te relèves, retournant dans l'appartement à la recherche de la salle de bain. Et lorsque tu la trouves, tu mets la tête dans la douche et fait couler de l'eau glacée dessus, et ce durant une bonne minute. Cela te réveillera, penses-tu. Cela doit te réveiller. Et c'est avec les cheveux trempés que tu reviens dans la chambre. Il est encore là. Il n'a pas bougé d'un seul centimètre... Il est toujours là, figé, toujours aussi beau mais plus mort qu'autrefois, plus mort qu'il y a encore quelques dizaines de minutes. Il est... Non... Tu glisses à nouveau une main sur sa joue, espérant obtenir un frisson, une esquisse de sourire, ou n'importe quoi pour pourrait dire que ce que tu vois n'est pas la réalité ! Mais rien, il reste inerte et tu n'arrives pas à l'accepter... Il ne peut pas...

-Non... Lyokha, non... Non ! NOOOOOOOOOON !!!

Ton cri déchire le lourd silence de la pièce. Et cette fois, enfin, tu te laisses tomber sur le lit. Tes larmes dévalent le long de tes joues, semblables aux flots de sang s'échappant de la plaie béante  qu'il a fait dans ton cœur. Il n'a pas le droit. Il n'avait pas le droit d'en arriver là, il n'avait pas le droit de te blesser comme il est en train de le faire ! Il ne peut pas ! Tu ne peux pas. Tu ne peux pas supporter cela, tu ne peux pas vivre sans lui, ce n'est pas possible ! Pas en étant responsable de ce malheur, pas en ayant provoqué tout cela. Tu ne veux pas l'accepter. Tu serais prêt à supplier tous les dieux de l'univers pour qu'ils changent cette histoire, pour qu'ils donnent une autre fin à votre amour. C'est même ce que tu fais, priant mentalement. Tu espères que quelqu'un t'entendra, même si tu ne crois habituellement pas en eux. Que quelqu'un vous accorde cette chance, par pitié... Des sanglots secouent tes épaules tandis que tu t'empares d'une de ses mains aussi froides que la mort qui s'est emparée de lui. Pitié, qu'il revienne... Pitié, quelqu'un... N'importe qui...

-Tu n'avais... Pas le droit... Lyo... Kha... Je te hais... Je te hais... Qu'est-ce que... Je vais devenir... Sans toi ? Je ne veux pas... Je ne peux pas... Pitié... Lyokha... fais-tu d'une voix entrecoupée de sanglots.

Tu ne lâches pas sa main. Combien de temps restes-tu ainsi, à pleurer sur son corps sans vie ? Tu l'ignores. Les minutes deviennent des heures, tu ne vois plus le temps passer. Une seconde te paraît déjà être une éternité. Bon sang, pourquoi a-t-il fait cela ? Il n'avait pas le droit... La douleur au niveau de ton cœur est tellement forte... Tu as l'impression que chaque battement te fait mourir. Tu veux mourir. C'est insupportable, tu ne vois pas d'autre moyen de faire taire ta peine et ta douleur. Tu ne veux plus rien voir, tu ne veux plus rien entendre. Tu veux seulement qu'il te rassure, qu'il bouge enfin, qu'il te dise que ce n'était rien de plus qu'une blague. Mais rien ne vient. Rien ne te rassure, rien ne vient réchauffer ce cœur gelé par le désespoir. Alors, finalement, comme un automate, tu te lèves et gagne le salon, récupérant ton téléphone portable au passage. Tu dois faire une chose, une simple chose. Alors, comme il te l'a demandé, tu composes le numéro de Lucky. Tu ne veux pas lui parler, tu ne veux rien lui dire... Mais... C'est l'une des dernières choses qu'il a voulues de toi, alors...

-Oui allo ?
-Lucky ? C'est... Samael...
fais-tu, d'une voix entrecoupée de sanglots...
-Samael ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
-Tu connais... La dernière adresse de... De Lyokha ? Tu sais, il... Il est avec une certaine... Jillian... Tu sais où c'est ? C'est... Dans Spes...
-Oui, je connais, pourquoi cette question ? Qu'est-ce qui se passe ?
-J'y suis... Alors viens... S'il te plaît, viens... Lyokha est... Lyokha est... Lyokha...
-Mais que... Ne bouge pas, j'arrive !


Tu n'as pas réussi à le dire. Tu n'as pas... Tu n'y arrives pas... C'est comme si le dire rendrait cette situation inchangeable. Tu sais pourtant que rien ne peut modifier le passé, tu as compris ce qu'il venait de se passer. Mais tu ne veux l'accepter, tu n'y arrives pas. Ce n'est juste pas possible. La conversation téléphonique est coupée, et tu vas te laisser glisser sur le sol, contre un mur du salon. Tu n'as pas la force de retourner dans la chambre, tu n'as pas non plus la force d'aller ouvrir la porte de l'entrée pour l'instant. Tu veux juste que cette douleur lancinante, déchirante cesse de te détruire. Tu veux que tout cela s'arrête. Tu veux te réveiller. Par pitié... C'est vraiment tout ce que tu veux : te réveiller. Peu importe le prix à payer. Peu importe ce que tu pourrais perdre, tant que Lyokha est vivant... Oh Lyokha... Tu ne voulais pas que les choses se terminent ainsi... Tu ne voulais pas, parce que tu l'aimes tant... Tu veux mourir, pour le rejoindre...

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 8 Juin - 23:10



Tu regardes les autres, de loin. Tu n'as pas voulu te mêler aux autres proches, de toute manière tu n'y es pas tellement le bienvenu. Tous les proches de Lyokha... Tous ceux qui l'aimaient sincèrement, ceux sur qui il pouvait compter... Sa famille, ses amis proches, ses infants... Tu ne reconnais pas tout le monde, et cela ne t'importe que peu à présent. Ton cœur n'a pas cessé de saigner depuis l'autre nuit. Tu n'as pas trouvé le sommeil depuis que Lyokha s'est donné la mort. Tu as été incapable de fermer l'œil plus de quelques secondes. L'image de son corps privé de tout souffle de vie, le cœur transpercé par un pieu, est imprimé au fond de ta rétine et dans ton esprit. Tu revois la scène à chaque fois que tu oses vouloir te reposer. De toute manière, tu en as perdu le sommeil. Ton corps veut dormir mais ton esprit s'y refuse. Tu ne le mérites pas. Tu ne mérites pas de vivre. Tu n'as pas le droit d'être encore là, quand il est parti. Tu as vu les autres mettre son cercueil en terre, tu y es allé pour déposer une dernière rose, avant de repartir loin d'eux, loin des regards hostiles et/ou accusateurs. Tu les comprends, ils ont raison. Tout ce qui est arrivé est de ta faute. Si seulement tu avais compris plus tôt, si seulement tu avais deviné ce qu'il allait faire... Tu aurais pu l'en empêcher, tu aurais dû... Tu te sens tellement mal... Tu n'as plus dit un mot depuis que Lucky est arrivée dans l'appartement de l'homme que tu aimais...

Tu t'en souviens très bien... Tu es allé lui ouvrir la porte quand elle est arrivée, tu lui as dit d'aller dans la chambre... Et depuis, plus aucun mot n'a franchit la barrière de tes lèvres, qu'importe ce qu'on a essayé. Elle t'a accusé de la mort de Lyokha, tu n'as rien répondu. Tu l'as laissée parler, ton regard vide ne la voyant même plus. Tu n'as même pas tout compris de ce qu'elle te disait. Tu es ailleurs, déconnecté de la réalité. Son prénom tourne dans ton esprit, tel une triste litanie, tel un appel désespéré. C'est la seule pensée véritablement claire que tu aies depuis cette soirée. Rien d'autre n'arrive véritablement à t'atteindre. Ni ton oncle, ni ton cousin, ni même ta sœur ne sont parvenus à t'arracher plus qu'un regard vide. Tu n'agis plus que par automatismes. Manger, boire, faire son travail au palais, cela ne pose pas de problèmes. Mais tu n'as plus vraiment conscience de ce que tu fais. Tu n'es plus toi-même, et cela effraie tous tes proches. Tu n'es plus qu'un fantôme, errant sans but sur Anarkia. Tu n'es rien de plus qu'un corps au cœur brisé, privé de son âme. Il a tout emporté avec lui... Vraiment tout, te concernant...

De loin, tu écoutes les paroles que les autres prononcent pour lui. Tu n'as rien prévu pour faire comme eux, tu n'as rien à dire. Parce que tu es responsable, et qu'un assassin ne devrait jamais se rendre à l'enterrement d'une de ses victimes, peu importe combien il en était proche. Tu ne devrais pas être là, tu en es conscient. Mais tu en avais besoin. Tu sais qu'il faut que tu intègres cette information, que tu te fasses à cette idée. Alors tu regardes, et tu écoutes. Certaines personnes te poignardent un peu plus le cœur dans les paroles qu'ils prononcent. Parfois tu vacilles, étant obligé de te rattraper à un arbre à côté de toi. Il a, semble-t-il, voulu être enterré là, à la lisière du pays des vampires et de celui des humains, dans une zone boisée. Lyokha... Tu lui en veux, plus que tout. Tu lui en veux d'avoir tout abandonné à cause de toi. Et tu t'en veux d'avoir rendu malheureux tellement de personnes... Ces personnes qui connaissent Lyokha, et non pas le Mad Hatter. Tout est de ta faute. Cette phrase s'impose à nouveau dans ton esprit, tournant en boucle, de plus en plus fort, se fracassant contre les parois de ton crâne pour te revenir toujours plus fortes. C'est ta faute. Ton unique faute. Et la douleur devient rapidement telle que tu te dois de te laisser tomber au sol. Des larmes coulent sur tes joues et tu ne fais aucun effort pour essayer de les cacher. Lyokha... Tu es tellement désolé, tu te sens tellement coupable... Si seulement tu pouvais lui demander pardon, lui demander de ne pas faire une telle chose... Le suicide ne lui ressemble tellement pas... Ce n'est pas une option que tu le voyais envisager, peu importe la raison... Et pourtant... Et pourtant... Ton cœur te fait mal, comme si un couteau ne cessait d'y entrer et d'en sortir, faisant de la bouilli de l'organe.

Les minutes s'égrainent, petit à petit tu vois ses proches s'en aller, un par un. Bientôt, ne reste plus qu'un petit groupe. Et quand tous sont partis, ne restent plus que Lucky et toi. Ton regard vide se tourne vers elle. Lucky. Un instant tu penses à la rejoindre, espérant pouvoir lui être d'une quelconque utilité. Mais tu abandonnes aussitôt cette idée. Elle n'a pas besoin de toi, tu as déjà fait trop de dégâts. Alors tu restes au sol, baissant les yeux. Elle n'a pas besoin de ton soutien, c'est plutôt toi qui aurais besoin du sien... Mais tu n'y as pas le droit. Tu ne peux même pas oser l'espérer. Alors tu restes là, les larmes ayant déserté tes joues, ne restant plus que quelques traces salées. Tu ne peux plus pleurer, tu as versé les dernières perles salées que ton organisme pouvait contenir. Alors tu te contentes de rester là, perdu, ayant l'impression de tomber. C'est étrange, indescriptible. Depuis que tu as compris, depuis que ton esprit a commencé à partiellement accepter l'idée qu'il ne soit plus, tu as l'impression de tomber. Une chute sans fin. Tu ne vois plus d'où tu es tombé et tu n'as encore aucune idée de où tu vas atterrir. Tout ce que tu sais, c'est que depuis le temps que tu tombes, la réception sera douloureuse voir fatale.

-Samael...

Sa voix te fait sursauter. Tu lèves à nouveau ton regard vers Lucky.

-Je vais aller rejoindre les autres. Et je pense que tu devrais m'accompagner... Ce n'est pas bon pour toi de rester seul ici...
-...
-S'il te plaît Samael, dit quelque chose...


Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres et, finalement, tu te forces à te relever. Tu es obligé à te tenir à un arbre, te sentant peu stable sur tes jambes, mais tu ne t'écroules pas à nouveau. Tu restes en position verticale, la regardant. Tu ne sais pas combien de temps cela va durer, mais jusqu'à ce que tu ais un nouveau vertige, tu es prêt à la suivre. Elle est ta seule alliée potentielle, et ta bouée de sauvetage. Elle est la seule à encore t'accepter, malgré tout ce qui s'est passé. Elle est la seule, malgré le fait qu'elle ait été extrêmement proche de lui. Toujours sans un mot, tu choisis de la suivre. Ou n'est-ce là qu'un autre automatisme ? Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Tu as l'impression de ne plus être capable de réfléchir correctement.



Les gens parlent, discutent entre eux, évoquent des souvenirs. Et toi dans tout cela ? Tu les regardes, installé dans un coin de la pièce. Lucky a essayé de te faire parler pendant quelques minutes, mais une fois encore tu n'as pas prononcé un seul mot. Alors elle a fini par aller rejoindre les autres. Beaucoup sont des vampires, mais il n'y a pas qu'eux. Sans trop savoir ce que tu cherches, ton regard fait plusieurs fois le tour de la salle, s'arrêtant quelques secondes sur les visages que tu connais. Mais dès que tu croises le regard de quelqu'un, le tien se détourne. Tu ne te sens pas à ta place ici. Tu n'es pas à ta place, peu importe combien tu étais proche de Lyokha, peu importe combien il t'a aimé et combien tu l'aimes encore à ce jour : ils n'acceptent pas ta présence. Tu es responsable de ce malheur et tout ici te le fait ressentir. Tu n'es pas le bienvenu, tu dois disparaître. Tu n'aurais même jamais dû exister, doivent penser certains. Et toi, finis par fermer les yeux, te disant que peut-être aurais-tu dû jouer ton rôle de Chasseur, la nuit où vous vous êtes pour la première fois rencontrés dans le bar. Tu aurais pu le tuer cette nuit-là, tu ne l'as pas fait. Peut-être cela aurait-il été plus sage, cela aurait évité bien des souffrances. Tu ne l'aurais pas aimé, vous n'auriez pas passé d'aussi bons moments ensemble, vous n'auriez pas rompu aussi brutalement, il n'aurait pas cherché à te récupérer, et il ne se serait pas donné la mort. Tu aurais dû le tuer cette fameuse nuit... Et pourtant tu n'arrives pas à réellement penser cela. Cette année ensemble vous a apporté énormément de choses à tous les deux. Et surtout, vous étiez heureux. Tu ne peux pa cracher là-dessus, sur ce bonheur à deux. Ensemble, vous étiez quelque chose. Seuls... Tu as tellement l'impression de n'être plus rien, et cela te fait mal au cœur. Tu te sens vide. Tu as l'impression d'être un trou dans ce monde, quelque chose qu'on arraché du paysage en même temps que ton cœur.

-Tiens, mais qui voilà ? Samael Tudor en personne. Comment oses-tu venir aujourd'hui ? Plus encore, comment oses-tu venir ici ? C'est réservé aux proches, à ceux qui appréciaient réellement Lyokha.

Tu n'as pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qui vient de parler. Il n'y a qu'une personne qui n'hésiterait pas une seule seconde à venir te bousculer de cette manière. Et pourtant, ton regard sombre fait à nouveau son apparition, venant se poser sur lui. Maximus. Il est en colère. Il ne voulait pas te voir ici, c'est compréhensible. En temps normal, tu lui aurais répliqué quelque chose. En temps normal, tu lui aurais tenu tête, ne serais-ce que par principe. Mais tu es d'accord avec lui, tu ne devrais pas être là. On regard sombre reste entièrement vide, sans le moindre éclat de vie. Tu n'as rien à lui dire. Tu ne parles plus, tu ne sais plus comment faire. Alors, après l'avoir fixé quelques secondes, tu te détournes à nouveau. Mais quelque chose vient t'attraper par le col, t'obligeant à le regarder.

-Regarde-moi quand je te parle ! Et tu peux répondre aussi ! Tu aurais dû avoir au moins la décence de ne pas venir en ces lieux. Tu ne penses pas que tu as assez fait de mal à sa famille comme ça ?
-Max, ça suffit, laisse-le.
-Non Lucky. Il a trop fait de mal autour de lui. Il lui a trop fait de mal.


Tu lui as trop fait de mal... Quelque chose ne te plaît pas dans ses paroles. Tu lui as trop fait de mal... Tu... Quelque part, au plus profond de ton esprit, quelque chose s'éveille. Une voix de protestation. Tu lui as fait trop de mal ? Oui, tu lui en as fait, mais faut-il à ce point te blâmer pour cela ? Tu n'as jamais voulu une telle fin, tu n'as jamais imaginé qu'il en viendrait à une telle extrémité ! Cela n'aurait pas dû finir ainsi. Et si tu es fautif, entendre des reproches sortir de sa bouche ne te plaît pas. Au fond de tes prunelles s'allume une flamme, destructrice. La colère gronde dans ton esprit, et prend bien vite possession de tout ton être. Et c'est quand le brun se détourne que tu réagis enfin.

-Tu n'as pas fait mieux.

Tu ne sais pas ce que Lucky lui a dit, mais il semblait vraiment prêt à partir. Tu l'as interrompu, il se retourne alors vers toi et c'est sans sourciller que tu affrontes son regard. Il n'a pas fait mieux, non. Et c'est sa haie pour toi qui le fait parler, plus que tout ce qu'il a un jour pu ressentir pour Lyokha. Alors ses reproches, qu'il les garde. Mais s'il tient à te les faire... Tu te feras un plaisir de lui rendre la pareille.

-Pardon ?
-Il me semble me souvenir que toi aussi, tu l'as blessé par le passé. Vraiment blessé.
fais-tu, le regardant froncer les sourcils, visiblement mécontent.
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Tu vois parfaitement bien de quoi je parle. Vous avez été en couple, autrefois, n'est-ce pas ? Et pourtant votre petite histoire n'a pas durée, à ce que j'ai pu constater.
-Tais-toi.
-Tu sais Maximus. Peut-être que si tu n'étais pas allé voir ailleurs, rien de tout cela ne serait arrivé. Si tu n'avais pas trahi Lyokha, peut-être serait-il resté avec moi et il ne m'aurait jamais rencontré.
-Minute. Tu es en train d'insinuer que je suis responsable de sa mort ?
-C'est exactement cela. Tu peux me blâmer pour cette situation, mais tu y as aussi ta part de responsabilités, ne l'oublie pas. Tu vois, tout ce que tu as perdu en allant voir ailleurs...


C'est étrange. Tu es en colère mais ta voix et ton regard sont glacials. Quant à tes propos, ils sont acides et ils touchent au cœur. Cela ne te ressemble pas d'être aussi blessant, surtout dans un tel contexte. Et pourtant tu l'as fait, sans la moindre hésitation. Et lui non plus n'hésite pas, quand il essaye d'envoyer son poing dans ta figure. Tu ne te souviens pas vraiment de la suite. Il semblerait que tu ais intercepté le poing. Plus tard ,Lucky t'expliquera que vous avez commencé à vous battre, que d'autres ont essayé de vous séparer, sans réel succès. Les choses ont dégénéré, et tu n'as aucun souvenir de ces quelques minutes. Jusqu'à ce que...

-SAMAEL ARRÊTE !!!

Tu te figes en plein mouvement. Que se passe-t-il ? Le vampire est au sol, tu l'y maintiens. Et dans ta main gauche se trouve un couteau. Comment est-il arrivé jusqu'ici ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tu n'avais apporté aucune arme, et de toute façon celle que tu as en main... N'est en vérité pas bien dangereux, puisque la lame est à bout rond. Mais quand même... Tu ne comprends pas. Mais pour éviter d'effrayer tout le monde, tu te lèves et va poser doucement le couteau sur une table non loin de l'endroit où vous  vous battiez. Voilà. C'est étrange, ta colère s'est évaporée à l'instant même où la blonde a crié. Tu es calme. Quelque chose ne va pas chez toi, mais tu es pour l'instant incapable de dire de quoi il s'agit. Tout ce que tu sais, c'est qu'il faut que tu partes de cet endroit au plus vite. L'ambiance ne te convient pas, les regards sont trop lourds à supporter. C'est pour cela que, une dernière fois, tu te tournes vers le vieux vampire.

-Romilius. J'aimais Lyokha, plus que tu ne peux l'imaginer, et plus que tout ce que tu as jamais pu ressentir pour lui. Me blâmer pour ce qui est arrivé ne le ramènera pas. Alors fais ton deuil et ne réapparaît plus jamais sur ma route. Je ferai alors en sorte que ce soit réciproque.

Sur ces mots, tu tournes les talons et quitte la salle, la tête haute. Tu ne te laisseras pas abattre par n'importe qui, non. Mais dès que tu es seul dès que plus aucun regard n'est posé sur toi, ton poing droit valse contre le mur. Un craquement sourd se fait entendre, et du sang tâche le mur lorsque tu ramènes ta main à toi. Un éclair de douleur te traverse la main et remonte tout le long du bras. Selon toute vraisemblance, tu viens de te casser quelque chose. Tant pis. Tu te contentes de te laisser glisser le dos contre le mur, finissant sur le sol. Pourquoi faut-il que les choses se soient aussi mal terminées ? Pourquoi seule Lucky semble bien vouloir comprendre que toi aussi tu souffres de cette situation ? Tu voudrais pleurer, laisser les larmes couler jusqu'à totalement te vider de l'eau nécessaire à ton corps. Mais tien ne s'échappe de tes yeux. Rien ne coule. Tu n'as plus rien en réserve, alors tu te contentes de te recroqueviller dans un coin, loin de la vue des autres. Lyokha, oh, Lyokha... * Regarde ce que tu as déclenché... * Si seulement il n'avait pas choisi cette option, si seulement... Comment vas-tu vivre sans lui ? Tu ne sais pas. * Je veux mourir. *

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 8 Juin - 23:11



Tu termines de te préparer. Tu te demandes encore pourquoi tu fais un effort aujourd'hui. Lyokha t'a promis de ne rien faire de particulier pour ce soir, même si c'est ton anniversaire. Tu devrais juste le rejoindre, comme chaque nuit depuis que vous êtes ensemble. Sans doute, oui. Mais c'est tout de même le jour où tu gagnes une année de plus au compteur, et tu comptes bien t'arranger pour que cette soirée soit inoubliable, même sans avoir rien préparé. Il faut que cette soirée se passe bien. Il le faut. Tu effaces un dernier pli sur ta veste, organises quelque peu tes longs cheveux bruns... Te manque-t-il quelque chose ? Tu te demandes... Peut-être que... Tu vas jeter un petit coup d'œil dans un des tiroirs de ta table de chevet. Il n'y a rien dedans, pour une personne non avertie. Mais toi, tu retires le double-fond pour accéder à quelques vieux souvenirs. Il y a quelques lettres que ta mère a écrit à la fin de sa vie, lorsqu'elle a compris qu'elle ne te verrait pas grandir. Elle t'en avait rédigé une bonne dizaine, pour différents stades de ta vie. L'une est justement pour tes vingt-quatre ans. Tu ne l'as pas encore ouverte, tu préfères attendre un peu. Ses lettres te rendent toujours triste... Tu aurais voulu qu'elle voit Antheia grandir, tu aurais voulu qu'elle t'épaule dans tes choix, tu aurais voulu qu'elle soit encore là... Mais elle ne l'est pas. Elle est partie trop tôt... Non, il ne faut pas que tu penses à elle, sinon son souvenir t'empêchera d'apprécier pleinement ta soirée avec Lyokha.

Ton regard se détourne, venant plutôt se poser sur une petite boite précieusement rangée au fond du tiroir. T'asseyant sur le lit, tu t'empares de l'objet et l'ouvres, tes mains tremblant légèrement. Qu'y a-t-il à l'intérieur ? Deux anneaux assortis. Ceux de tes parents. Tu ne sais pourquoi ils voulaient que tu en hérites. Sans doute pour que tu en portes une, et que tu offres l'autre à quelqu'un que tu aimes autant que tes parents s'aimaient. Un doux sourire étire tes lèvres, tandis que tu songes à Lyokha... Que penserait-il si tu lui demandais de t'épouser ? Il serait certainement surpris. Heureux. Excité même. Mais dirait-il oui ? Tu es humain après tout, tu vas continuer à vieillir et viendra un jour où il ne voudra plus de toi... À moins que tu deviennes vampire à ton tour, par amour pour lui. Étrangement, cette idée te rebute beaucoup moins qu'il y a un an. Tu as changé d'avis, tu t'es ouvert l'esprit, tu as appris à connaître et à apprécier ceux que tu chassais... Que de changements se sont opérés, depuis que vous vous êtes rencontrés... Il a eu un tel effet bénéfique sur toi... Tu devrais peut-être lui demander s'il veut t'épouser... Peut-être... Mais l'heure n'est pas venue, pas encore. Alors tu ranges précieusement la boîte au fond du tiroir, refermes le double-fond, et fermes le tiroir. Tu es prêt à partir.


-Mae, sors de là...

Quoi ? Non, tu ne veux pas quitter ta chambre. Enfin, surtout, tu ne veux pas qu'on te dérange maintenant que tu es prêt. Tu dois aller rejoindre Lyokha, et si tu continues à traîner tu vas finir par être en retard. Il faut que tu t'en ailles. Tu avances vers le passage secret, avec la ferme intention de t'enfuir avant qu'on ne te tienne la jambe.

-Mae, je t'en prie, sors de ce placard...

Tu reprends brusquement contact avec la réalité. Tout est noir, et tu sens des parois contre ton dos et une de tes épaules. Quelques tissus frôlent ta tête... Le placard de ta chambre... Oui, voilà, tu t'es réfugié dans le placard. Tu ne sais plus quand ni pourquoi, mais tu y es pour l'instant. Et... Non... Non, pourquoi faut-il que quelqu'un vienne t'interrompre ? Pourquoi faut-il que quelqu'un t'arrache à tes songes ? Tu repensais à Lyokha, à la fameuse soirée qu'il a organisée pour ton anniversaire. Tu voulais te perdre dans ce magnifique souvenir, repenser à lui en toute tranquillité. Alors non, tu ne sortiras pas. Tu te tasses juste un peu plus au fond du meuble, espérant que l'autre s'en ira rapidement. Tu ne veux voir personne. Tu ne veux parler avec personne non plus. Juste, qu'on te laisse enfin en paix... Mais c'est visiblement trop demander. Les portes s'ouvrent finalement et, même si la lumière vient de derrière, tu reconnais sans mal le visage soucieux de Léandre. Tu sens son regard parcourir ton corps, à la recherche d'une éventuelle anomalie. Tu ne peux plus te cacher, il t'a trouvé. Il finit toujours par deviner tes cachettes. Alors, dans un soupir lassé, tu t'extrais enfin de ce placard... Ton cousin referme les portes derrière toi.

-Bon sang, Mae, qu'est-ce que tu faisais encore là-dedans ?
-Je... Réfléchissais...
fais-tu en baissant les yeux.
-Encore... Mae, écoute... Voilà déjà une semaine que tu es revenu de l'enterrement de Lyokha... Et depuis, je te retrouve là-dedans tous les soirs... Ce n'est pas bon pour toi de te perdre dans tes souvenirs.
-Léandre...
-Non. Je ne veux pas de tes explications, ni de tes excuses. Il faut que tu fasses ton deuil, et ce n'est pas en t'enfermant dans ce placard, en songeant à lui que tu y parviendras. Il faut que tu te reprennes.
-Je n'y arrive pas... Ne serais-ce que déambuler dans ce palais, c'est...
-Prend des vacances.


Ces trois mots stoppent net le cour de tes pensées. Prendre des vacances ? Tu n'en as pas eu depuis ton petit séjour sur l'île des Volkov. Tu n'en prends jamais, excepté pour cette fois-là. Alors pourquoi ? Tu ne comprends pas ce qu'il cherche à faire, le chagrin affectant tes capacités de déduction...

-Quoi ? Mais je ne peux pas, je...
-On s'est tous mis d'accord. Tu te prends des vacances loin d'ici, loin de tout, aussi longtemps qu'il te faudra, mais tu t'en vas. Mae, on s'inquiète tous pour toi au palais... On veut juste... Retrouver le jeune homme qu'on voyait avant... On veut que tu ailles mieux...


Un tendre sourire étire alors tes lèvres, et tu attires ton cadet dans tes bras, contre toi. Ses bras se referment sur toi et tu fermes les yeux, profitant de cette tendre étreinte. Tu sais qu'il a raison, tu ne peux pas te perdre dans tes souvenirs. Il faut que tu fasses quelque chose, et rapidement. Il faut que tu te changes les idées. Et pourtant, par Rod, la seule chose que tu veux réellement c'est arrêter de souffrir... Tu veux que tout cela s'arrête, tu veux mettre un terme au cauchemar, te réveiller dans ses bras, loin de toutes ces choses horribles... Cela ne peut pas être vrai... Ce n'est pas possible, il ne peut pas... Tu sais où tu peux aller prendre des vacances. Tu sais où tu seras définitivement tranquille. Tu sais où tu vas aller.

-D'accord Léandre... Je vais essayer...
-Merci...


Tu vas essayer... Et cela n'implique nullement une quelconque réussite...



Tu toques à la porte. Et si elle n'était pas là ? C'est très probable, elle travaille au casino après tout, et cet appartement à Spes n'est pas le seul qu'elle possède. Mais tu as besoin de lui parler, et pas seulement au téléphone. Alors tu patientes devant sa porte, espérant qu'elle vienne bientôt t'ouvrir. Tu as quitté Léandre une petite demi-heure plus tôt. Tu as parcouru un peu les rues de la capitale, avant de gagner cet immeuble. Tu sais où tu veux y aller, mais tu ne peux y parvenir seul. Tu as donc besoin que Lucky te donne un coup de main. Encore faut-il qu'elle accepte, encore faut-il que ce soit possible. Tu l'espères de tout cœur. Il n'y a qu'un endroit où tu souhaites réellement t'isoler, un seul sur toute cette planète. Un endroit qui représente énormément de choses pour toi, un endroit où tu n'as que des souvenirs heureux avec Lyokha. Même si aujourd'hui, tu sais que ces mêmes souvenirs seront un peu nuancés de tristesse, c'est là-bas qu'il faut que tu ailles. Pour trop de raisons pour que tu puisses te permettre de toutes les évoquer. Certaines ne devront d'ailleurs l'être en aucun cas... La porte s'ouvre, t'arrachant à tes pensées.

-Bonsoir Lucky.
-Samael ? Que fais-tu ici ?


Un sourire orne tes lèvres tandis que tu observes la mine surprise qu'elle aborde. Non, en effet, elle ne s'attendait pas à ce que tu viennes jusqu'ici. Tu ne l'avais pas prévenue, tu ne l'as même pas recontactée depuis l'épisode avec Maximus. Alors il est normal qu'elle ne comprenne pas. Tu es content de la revoir. C'est étrange, tu pensais que tout ce qui te rappellerait Lyokha te serait douloureux, mais sa présence te fait du bien... Malgré ce que tu as fait à son "créateur", elle continue à te soutenir, elle continue à bien vouloir te voir, t'écouter, t'épauler aussi... Tu lui en es reconnaissant, même si ton esprit reste embrumé par le chagrin... Un court instant, tu baisses les yeux... Lucky était tellement importante pour lui... Lucky, la première a avoir été au courant pour vous, même si vous n'étiez pas ensemble à ce moment-là... En y repensant, c'était amusant qu'elle vous surprenne dans son appartement, sur son lit, en train de vous embrasser et plus, à moitié déshabillés... Avec du recul, oui, c'était amusant. Ne te perd pas dans tes souvenirs Samael, sinon tu risques de ne plus en sortir. Alors tu relèves les yeux vers elle, glissant une main dans tes cheveux bruns. Oh ? Elle t'a parlé ? Il semblerait, mais tu n'as rien entendu...

-Oh, excuse-moi, tu disais quelque chose ?
-Oui, je te demandais si tu allais bien. Tu as l'air un peu absent...
-Oui, ça va, ne t'en fait pas.
essayes-tu de la rassure, même si tu n'as pas l'air d'être très convainquant, vu son air perplexe... Je te dérange ?
-Non, pas du tout. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Est-ce qu'on pourrait parler un peu ?
-Bien sûr, entre donc.


Un nouveau sourire vient étirer tes lèvres, alors qu'elle s'écarte pour te laisser entrer. C'est donc sans la moindre hésitation que tu t'exécutes, pénétrant dans l'appartement rose de la demoiselle. Quel souvenir y as-tu laissé... C'est là que tu as commencé à réaliser que tu avais des sentiments pour lui, c'est là que tu as commencé à douter à cause de ton côté Chasseur... Cette soirée a été tellement riche en rebondissements... Tu regardes la cheminée, le fauteuil... Et un soupir s'échappe d'entre tes lèvres... Tu entends presque Lyokha te parler, vous disputer, avant de finir par vous embrasser, encore. C'était vraiment une drôle de soirée... Mais tu secoues la tête, faisant l'effort de revenir à la réalité.  Lucky. Tu es là pour la voir elle, et non pas pour te perdre dans tes souvenirs.

-Assied-toi, je t'en prie. Alors dis-moi, de quoi souhaites-tu parler ?

Tu t'assieds, et la regarde quelques secondes. De quoi souhaites-tu parler... C'est si simple et si compliqué à la fois...

-Mon cousin est venu me voir tout à l'heure. Apparemment, tout le monde au palais souhaite que je prenne des vacances, peu importe la durée...
-Je suis d'accord avec eux. Je sais combien cette situation est dure pour toi, Samael, mais Lyokha ne voudrait pas que tu restes bloqué sur cette tragédie. Il voudrait que tu avances, que tu ais une vie heureuse. Et pour cela, il faut que tu commences par faire ton deuil...
-Je sais... Mais c'est tellement dur... Au début, je ne voulais pas m'attacher à lui... J'avais peur que les choses tournent mal, j'avais peur de le perdre... Et maintenant que c'est finalement arrivé, je... Je...


Tu sens sa main se poser sur ton épaule. Tu ne l'avais pas vue se lever et venir jusqu'à toi... Elle fois de plus, elle semble terriblement inquiète. Pour toi ? Peut-être, mais tu ne le mérites pas... Pourtant, tu poses une main sur la sienne, essayant de soutenir son regard lorsque tu reprends la parole.

-J'ai toujours fait de mon mieux pour me relever de ce genre de situation... Mais j'ai l'impression que, cette fois, je... Que ce sera...
-Samael. Lyokha t'aimait. S'il a fait ça, c'est pour toi, pour que tu puisses vivre heureux, avec ta fiancée et bientôt épouse. Alors tu n'as pas le droit de baisser les bras. Il faut vraiment que tu parviennes à surpasser cette épreuve... Fais-le, au moins pour lui...
-J'essaye...
murmures-tu...

Tu essayes. C'est la seule chose que tu peux faire : essayer. As-tu réellement envie d'y arriver ? Tu ne sais pas... Mais tu essayes quand même, parce que c'est ce que tu dois faire, ce qu'on attend de toi. La main de la vampire quitte ton épaule, se glissant plutôt dans tes cheveux. Un doux sourire étire tes lèvres tandis que tu fermes les yeux, la laissant faire. Tu aimes cette sensation, elle est terriblement apaisante...

-Tu devrais vraiment prendre des vacances... te souffle-t-elle.
-Peut-être... Crois-tu que... Qu'il serait possible que je retourne quelque temps sur l'île où Lyokha et moi avons passé une semaine de vacances, pour mon anniversaire ?
-Sur cette île ? Ce n'est pas un peu trop tôt ?
-Lucky, s'il te plaît... J'ai besoin d'aller quelque part où je pourrai réfléchir à tout cela... Mais je... J'ai aussi besoin d'être proche de lui, encore un peu... Encore un tout petit peu... Le temps d'être capable de lui dire au revoir... Je ce que je n'arrive pas encore à faire... Et cette île... J'y ai que d'heureux souvenirs...


Le silence se fait dans la pièce. Tu rouvres doucement les yeux, guettant la moindre réaction de sa part. Elle réfléchit. C'est là le moment le plus important pour toi. Cette demande pour retourner sur l'île était ton but initial, la raison de ta visite. Pourquoi veux-tu aller là-bas, sincèrement ? Tu ne saurais dire. Pour essayer d'aller mieux. Pour pouvoir enfin te perdre dans tes souvenirs sans qu'on vienne te déranger avec le monde réel. Pour y mourir, peut-être. Tu ne sais pas. Tu verras une fois que tu y seras, sans doute. Encore faut-il qu'elle accepte... Encore faut-il qu'elle puisse s'arranger pour que tu ais le droit d'y retourner, et la certitude de ne croiser personne là-bas. Tu la laisses s'éloigner, s'approcher du feu. Elle réfléchit, et ton regard sombre ne la lâche pas une seule seconde jusqu'à ce qu'elle se retourne vers toi.

-Je vais voir ce que je peux faire... Est-ce que tu souhaites que je t'y accompagne ?
-Non, tu as ton travail ici, tes amis, ne pars pas uniquement à cause de moi...
-Je te fais juste une proposition...
-C'est gentil, mais.. Non, ne te dérange pas pour moi... Et puis, je préfère être seul, au moins dans un premier temps... Plus tard, peut-être que...
-Je vois... Dans ce cas, Samael, je souhaite que tu me fasses une promesse.
-Hum ? Une promesse ? Laquelle ?
-Promet-moi que tu ne feras pas de bêtises.


Ne pas faire de bêtise ? Devine-t-elle ta surprise ? Devine-t-elle que tu ne comprends pas ce qu'elle veut dire par bêtise ? Il te faut quelques longues secondes pour que ton cerveau capte ce qu'elle veut dire. Des bêtises. Te faire du mal volontairement. Un doux sourire étire à nouveau tes lèvres, mais tu ne réponds pas encore tout de suite. Tu devrais pourtant, mais tu n'aimes pas mentir. Tu n'aimes pas briser tes promesses non plus. Ce qu'elle te demande risque d'être lourd de conséquences. Que dois-tu répondre ? Peut-être peux-tu essayer de contourner la réponse... Cela vaut le coup d'essayer...

-Ce n'est pas mon genre, de faire des bêtises...
-Samael, ce n'est pas drôle.
-Tout le monde compte encore sur moi, je ne peux pas les laisser... Pas maintenant...
-Promet-le moi...


Elle s'inquiète pour toi, tu t'en rends bien compte. Seulement...  Cela ne t'affecte pas autant que cela le devrait. Quelque chose ne va pas chez toi, Samael. Quelque chose cloche. Sans doute est-ce à cause de ton cœur brisé. Tu as changé, Samael. Si tu continues à sourire, ce mouvement de tes lèvres est moins naturel, presque inexistant aussi. Tu as l'impression de n'être rien de plus qu'une poupée brisée, sur le point d'être jetée à la poubelle. Peut-être même est-ce que tu attends : être jeté à la poubelle. Qui sait ? Pas toi en tout cas. Alors tu finis par hocher la tête. Qu'importe, tant qu'on te laisse aller sur l'île...

-C'est promis...

À nouveau, un sourire fleurit sur ses lèvres. Tu te lèves alors et, timidement, viens déposer un baiser sur son front. Son sourire t'attendrit... Peut-être est-ce parce qu'Antheia aurait eu le même, peut-être parce que, tout simplement, elle est le seul être vivant qui te rattache encore là lui. Tu ne veux pas l'inquiéter. Elle ne le mérite pas. Alors, encore une fois, tu vas faire de ton mieux. Pour elle, pour les autres. Mais pas pour toi...

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !


Dernière édition par Samael E. Tudor le Lun 8 Juin - 23:27, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 8 Juin - 23:12



Le piano laisse échapper mélodie sur mélodie. Les yeux fermés, concentré sur ta musique, un sourire apaisé étire tes lèvres. Tu te sens bien. Tu as hâte que le soleil soit couché pour que Lyokha et toi puissiez retourner sur la plage. Ces vacances sont tellement... Tellement... Tu n'as pas de mot pour les décrire. Elles sont justes parfaites. Juste lui et toi, coupés du monde, en tête à tête... Le bonheur suprême... Tu ne veux rien de plus. À part peut-être... Que Lyokha te rejoigne sur ce tabouret, pendant que tu joues. Oui, c'est ce que tu souhaites pour le moment. Mais tu peux attendre encore un peu. Tes yeux sont fermés, tous tes autres sens sont tournés vers ta musique. Tu enchaînes des mélodies bien connues, et d'autres dont quasiment personne n'a jamais eu vent. Et parfois, tu fais de l'improvisation. Ce n'est pas dans tes habitudes de sortir de tes partitions, mais depuis que vous êtes là, cela t'arrive souvent. Parfois c'est très joyeux, mais bien souvent l'instrument laisse échapper une sombre mélodie. Tu ne sais pas pourquoi tu joues des mélodies telles que celles-ci. Tu as tout pour être heureux ici. Étrange.

C'est à cet instant que tu te rends compte que, justement, tu es en train de jouer une de ces sombres musiques. Tu t'arrêtes instantanément. Pourquoi ? Pourquoi joues-tu quelque chose comme cela ? Cela ne te ressemble pas, encore moins en étant totalement heureux. Il se passe quelque chose d'étrange ici... Un instant, tu te mordilles la lèvre. Qu'est-ce qui pourrait te chagriner au point de jouer ce genre de mélodie ? Tu ne vois pas vraiment. À part peut-être que tu as l'impression que cela fait une éternité que tu n'as pas vu ton cher Lyokha... Ce doit être cela, tout simplement. Tu iras mieux lorsque l'auras kidnappé, le temps de lui voler un baiser, et plus si affinités. Le connaissant, il y aura plus. Cette pensée te fait un peu rire. Tu te relèves alors, referme le piano et pars explorer la demeure, à sa recherche. Le salon ? Il n'y est pas. La cuisine ? Non plus. La salle de bain ? Non. Dommage... Petit à petit, tu ouvres les portes, sans pour autant réussir à le retrouver. Mais bon sang, où est-il passé ? De temps en temps tu l'appelles, mais seul le silence te répond. Ton rythme cardiaque s'accélère quelque peu, tu commences à t'inquiéter. Ce n'est pas normal. Il ne peut pas être dehors, il fait jour... Ah, tu n'as pas regardé dans votre chambre. N'importe quoi, tu aurais du y aller en premier. Où as-tu la tête, franchement ? Tu ne sais pas. Glissant une main dans tes cheveux, que tu remets plus ou moins en ordre, tu gagnes votre chambre et toque un peu à la porte.

-Lyo ? Tu dors encore ou tu veux que je te rejoigne dans le lit ?

Quoi ? Oui, il est rare que tu frappes à la porte, tu préfères plutôt entrer à l'improviste pour venir l'embrasser. Mais pour le moment, tu veux seulement entendre le son de sa voix. Ce qui n'arrive pas. Une fois de plus, le silence est la seule réponse que tu obtiens. Ce n'est pas normal. Alors tu ouvres la porte... Et tu te figes. Lyokha n'est pas là. Et dans la pièce plongée dans la pénombre, une odeur de fer domine. Partout sont éparpillées des feuilles sur lesquelles se trouve un unique message : REVIENS. Les lettres sont rouges, maladroites. Les feuilles recouvrent le sol, les murs, et même le plafond. Et cette odeur... Ce fer... Si caractéristique du sang... Ta tête tourne. Non... Tu recules d'un pas, puis deux. Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu as l'impression d'avoir mis les pieds sur une scène de film d'horreur... Tu  ne te sens pas bien du tout... Et ce message... Ce message... Non...

-Non, non, NON !

Tu fais demi-tour, repartant en courant dans les couloirs. C'était une illusion, pas vrai ? Tu es en train de faire un cauchemar ? Ce doit être cela ! Il n'y a pas d'autre solution possible ! Pour quelle autre raison Lyokha serait-il absent et remplacé par tous ces mots ? Il n'y en a pas, il ne peut pas partir sans te prévenir, cela ne lui ressemble pas... Encore moins pendant vos vacances... Tes pas te mènent jusque dans le salon, et tu te laisses tomber sur le sofa, tremblant. Ce n'est pas possible... Il n'y avait rien là-haut, rien du tout... Ce n'est pas... Tu ne sais plus quoi penser. Tu veux que Lyokha revienne, qu'il te réveille, qu'il te rassure. Tu ne demandes rien de plus que sa présence... Par tous les dieux de la Terre, que tout ceci s'arrête...

-Pitié... Pitié, Lyo, réveille-moi...

Durant de longues minutes, tu restes sur le fauteuil, recroquevillé sur toi-même, écoutant l'oppressant silence de la demeure. Tout te paraît tellement vide, tellement sombre... Mais qu'est-ce qui ne va pas ? Pourquoi ces vacances de rêve virent-elles au cauchemar ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Il te faut ces longues minutes pour te rendre compte que l'odeur du sang est toujours présente. Alors tu rouvres les yeux, à la recherche de la source de cette odeur. Il n'y a rien dans le salon pourtant... Ah, si, un peu sur les clenches... Minute. Pourquoi sur les clenches ? Tu ne comprends pas. Que se passe-t-il encore ? Et soudain, un doute fait son apparition dans ton esprit. Ton regard vient alors se poser sur tes propres mains... Tes doigts sont en sang. Le liquide vital s'en échappe. Pourquoi ? Tu as l'impression d'avoir détruit tes doigts à force d'écrire, à force de jouer du piano. Tes doigts sont douloureux, en faisant attention, tu as l'impression qu'ils sont couverts d'entailles... Mais pourquoi ? Tu y fais toujours très attention, pour pouvoir continuer à jouer du piano... Comment est-ce que cela a pu arriver sans que tu ne t'en rendes compte ?

Soudain, un nouveau doute vient ébranler ton esprit. Et si... Non... Non, il faut que tu vérifies. Tu te relèves alors du fauteuil et, inquiet, gagnes l'une des salles de bain de la demeure. Que cherches-tu ? Un miroir. Juste un miroir. Et lorsque ton regard croise celui de ton reflet, tu te figes. Tu ne reconnais pas ton image. Tu as les traits creusés, le regard vide, et ta peau n'a jamais été aussi pâle... Visiblement, tu as aussi perdu du poids... Tu n'as pas l'air en forme. À vrai dire, tu trouves que tu ressembles à un zombie. Depuis quand n'as-tu rien avalé ? Tu peines à rassembler tes souvenirs... Tu ne veux pas y réfléchir, tu ne veux pas te rappeler... Mais il le faut, ne serais-ce que pour comprendre un minimum la situation, et ne pas t'affaiblir stupidement. La dernière fois que tu as mangé quelque chose... C'est le jour de ton départ sur l'île... Tu as passé un peu de temps avec Lucky avant d'embarquer, tu as un peu grignoté. Mais depuis... Tu n'as aucun souvenir... C'est comme si mettre les pieds dans cette maison avait entièrement effacé les besoins naturels des mortels, c'est à dire boire et manger... Ah, non, tu bois régulièrement. Tu as bu deux verres d'eau avant d'aller jouer du piano. Depuis quand es-tu de retour ici ? Trois, quatre... Non, déjà six jours... Six longs jours d'isolement... Six longs jours dont tu ne gardes que très peu de souvenirs.

Il faut que tu fasses quelque chose. Vite. Tu ne peux pas laisser les choses continuer ainsi, il faut que tu partes. Il faut que tu quittes ces lieux avant que la situation ne dégénère. Mais c'est calmement que tu sors de la salle de bain et regagnes le salon. Tu dois faire une chose avant tout le reste. Il faut que tu écrives une lettre, tant que tu te sens encore un peu lucide. Après... Tu ne sais pas ce qui va t'arriver. Alors il faut que tu laisses un mot, au cas-où. Tu le détruiras sûrement au moment de ton départ, mais... Ton instinct, tout du moins ce qu'il en reste, te souffle de prendre un stylo et de laisser une trace. Tu fouilles un peu les meubles, gagnes un bureau pour trouver la lettre et des feuilles, puis retourne dans la pièce initiale. Là, armé d'un stylo, tu commences à noircir les pages. Tu ne fais pas de brouillon, tu ne réfléchis pas vraiment à ce que tu inscris. Par instants, ta main dérape. Quelques larmes t'échappent aussi, tombant sur les feuilles et rendant ton écriture difficilement lisible. Par endroit, quelques taches de sang viennent colorer les pages trop blanches. Tu ne sais pas exactement ce que tu écris, tes pensées sont brouillées. Sais-tu pourquoi tu pleures ? Oui. Parce qu'en revenant dans la réalité, tu t'es souvenu de la raison de ta présence en ces lieux : la mort de Lyokha. Lyokha, oh, Lyokha... Ton cœur saigne tellement, à la simple évocation de sa mort... Mais en plus les images reviennent par flash : le baiser juste avant, la découverte dans la chambre, la verveine, le pieu, tout... Tout cela poignarde encore et encore les pauvres miettes restantes de ton cœur, laissant le sang dégringoler jusqu'au plus profond de ton être. Lyokha te manque tellement... Tu aurais tout fait pour l'empêcher de mourir... Tu aurais tout fait pour qu'il n'ait pas un tel coup de folie... Tu aurais tout fait, vraiment tout...

-Lyo... Je suis... Tellement désolé... murmures-tu.

Oh oui, tellement désolé... Tu te sens tellement coupable de ce qui lui est arrivé... Et tu finis tant bien que mal ta lettre, regardant globalement le résultat. Elle a l'air d'être relativement lisible... Alors tu plies les pages et glisses celles-ci dans une enveloppe. Tu y glisses aussi une bague, puis tu fermes soigneusement l'emballage de papier. Sur l'endroit, tu inscris « Pour Lucky ». Elle seule pourrait venir ici pour toi. Elle seule a droit à une explication qu'elle pourra éventuellement transmettre aux autres. As-tu laissé un message pour ta famille ? Tu ne sais même pas... Tu ne sais déjà plus ce que tu y as inscrit. Tu n'as plus tellement envie de savoir non plus... Allez, maintenant que ta lettre est rédigée, il faut que tu ailles manger, que tu reprennes des forces afin de pouvoir quitter cette île. Mais au lieu de cela, tu gagnes à nouveau la salle du piano, laissant la lettre sur la table du salon. Tu as beau savoir qu'il ne faut pas que tu retournes dans la première pièce, tes pas t'y mènent inexorablement... Jusqu'à ce que tu entres dans la pièce, vide de toute présence autre que la tienne. Tu ouvres l'instrument et contemples le spectacle qui s'offre à toi. Les touches noires et blanches sont couvertes de taches de sang. C'est une vision digne d'un film d'horreur, ne manque plus que le fantôme qu joue une mélodie... Mais le fantôme, c'est toi...

-Lyo, reviens... Ne me laisse pas tout seul ici... Reviens... Reviens... Pitié, reviens...

Tu n'entends déjà plus ta propre voix. Il faut que tu joues, il faut que tu passes le temps. Le soleil va bientôt se coucher. Il faut que tu joues, encore et encore, jusqu'à ce que Lyokha soit prêt à aller sur la plage avec toi. Alors tu t'installes sur le tabouret et reprends tes morceaux. Vivement que le vampire de ton cœur te rejoigne dans cette pièce, vivement votre départ à la plage...



-Ah, Lyo ! Tu es là ? Ça fait un bon moment que je te cherche partout !
-Bien sûr que je suis là ! Tu es en retard, je t'attends depuis déjà une bonne demi-heure.
-S... Sérieusement ? Oh, je suis désolé, je m'inquiétais de ne plus te voir à la maison..


Tu baisses les yeux, notant cependant, du coin de l'œil, qu'il sourit doucement. Tu aurais dû le savoir qu'il serait là. Tu le cherchais partout sauf là où il t'avait dit qu'il serait. Tu t'es inquiété pour rien. Mais quand il te fait signe de t'asseoir, tu t'exécutes sans la moindre hésitation, t'installant dans le sable à ses côtés. Ceci fait, tu regardes droit devant toi. La nuit est si belle... La mer est calme, le ciel est totalement dépourvu de nuage... Tu t'amuses à repérer quelques constellations, jusqu'à ce que la main de ton amour se pose sur la tienne. Tu tournes alors la tête vers lui, te perdant ses son magnifique regard d'azur. Ses yeux, comment pourrais-tu vivre sans t'y perdre régulièrement ? Tu ne sais pas, et tu ne veux pas savoir. Il est là, c'est tout ce dont tu as besoin. Il est tout ce dont tu as besoin. Tu l'aimes, bon sang. Tu l'aimes. Mais quand tu t'avances pour l'embrasser, il pose deux doigts sur tes lèvres. Ton regard se fait interrogateur, tandis que tu le regardes.

-Attend encore un peu...
-Qu'est-ce que je dois attendre ?
-Qu'on ait trinqué à tes vingt-quatre ans ?
rit-il.

Tu ris à ton tour. Il l'a déjà fait le soir même de tes vingt-quatre ans, mais il est vrai qu'ici ce n'est pas pareil. L'autre jour, vous étiez en groupe. Cette nuit, vous n'êtes que deux. Il n'y a que vous deux, et aucune gêne. C'est la grande soirée, c'est celle où il faut tout dire, absolument tout... Tu ouvres les bouteilles, commençant par le champagne. Vos deux verres emplis de a boisson, vous trinquez joyeusement.

-Bon anniversaire, Сердце моё.
-Merci... Et merci d'être là...


Sa main glisse sur ta joue, et tu fermes les yeux, souhaitant profiter au maximum de cette sensation... Il en profite pour te voler un baiser, tu sens ses lèvres froides sur les tiennes... Tu voudrais le retenir, l'embrasser, rouler un peu dans le sable avec lui, finir dans l'eau... Tu voudrais faire tellement de choses, mais il semble légèrement nerveux ce soir. C'est curieux. Alors tu rouvres les yeux, l'observant. Quelque chose le tracasse, mais quoi ? Tu attends qu'il te dise ce qu'il lui pèse sur le cœur, mais il ne semble pas s'y décider. Alors, dans un soupir, tu prends la petite bouteille que tu as amené avec toi et vas t'asseoir dans l'eau. Qu'importe si tu finis trempé, la sensation de l'eau salée sur tes pieds nus – et pas que – te fait toujours un bien fou... Tu restes là quelques instants, vidant ta bouteille en buvant au goulot. Il n'en veut pas, tu le sais. C'est ainsi jusqu'à ce qu'il vienne s'installer à tes côtés.

-Mae. Ca va bientôt faire un an qu'on est ensemble.
-Oui... Déjà... Tu veux qu'on fête notre première année, aussi ?
-Ce n'est pas à ça que je pensais, non.
fait-il en riant. Tu souris à ton tour...
-Alors qu'est-ce que tu veux me dire ?

Il prend ta main dans les siennes. Ton souffle se fait plus court, plus difficile. Que veut-il ? Qu'est-ce qu'il a en tête ? Cette situation t'inquiète, tu n'as pas l'habitude de le voir être si nerveux ! Tu te mordilles la lèvre, et pourtant tu ne dis rien. Tu as du mal à respirer... Tu attends qu'il reprenne la parole.

-Mae. Tu vas peut-être trouver ça un peu précipité, après tout, ça ne fait même pas un an qu'on est ensemble, mais... Je t'aime. Je sais que c'est avec toi que je veux passer le reste de mes jours, et uniquement avec toi. Je ne veux personne d'autre, tu es le seul.
-Qu'est-ce que tu...
fais-tu, le voyant fouiller dans ses poches. Il en sort une petite boite contenant... Une bague ??? Oui, une bague ! Mais que ?
-Samael Tudor, veux-tu m'épouser ?

Tu ne respires plus. Ta tête tourne. Que se passe-t-il ? Lyokha vient de te... De... Vous êtes deux hommes, il est vampire alors que tu es mortel, alors pourquoi, comment ? Il... Il t'aime à ce point ? Tu ne respires plus. Il veut passer le reste de son existence avec toi ? C'est ce qu'il est en train de te dire ? Oh... Lyokha... Tu es tellement heureux qu'il te le demande, tu es si heureux oui !

-Oui ! Oui je veux !!!

Tu lui sautes dessus, et vous atterrissez tous deux dans l'eau. Vous riez à l'unisson, avant que vos lèvres ne se scellent dans un baiser passionné. Tout ton corps se fige. Tu l'aimes tellement... Surtout quand il glisse la bague à ton doigt... Tu es tellement heureux, tu as l'impression que ton cœur va exploser de joie ! Bon sang, oui, tu l'aimes. Oui tu veux passer le restant de ton existence à ses côtés, toi aussi ! Tu pourrais devenir vampire, s'il te le demandait ! Tu ferais tout pour lui, tellement tout. Tu l'aimes, plus que tu n'as jamais aimé personne et que tu n'aimeras personne d'autre. Et si tu voudrait le garder pour l'éternité avec toi, il se recule, te laissant respirer... Ce qui ne t'empêche pas de suivre le mouvement. Hum, non, tu voulais qu'il reste encore un peu... Mais ce n'est pas grave, tu peux te perdre dans son regard...

-Je t'aime Mae...
-Je t'aime aussi Lyo... Je... Promets-moi quelque chose...
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je voudrais que... Tu me promettes de ne plus jamais me laisser... S'il te plaît Lyo... Je t'aime tant, je ne peux pas vivre sans toi, j'en suis incapable...


Ses lèvres se déposent sur les tiennent, doucement, tendrement. Tout est figé. Tu as la tête qui disparaît en partie sous l'eau. Mais ce n'est pas grave, il te regarde, il t'aime et tu l'aimes... Tu as deviné sa réponse...

-Je ne te laisserai plus jamais, Mae... Je te le promets, à partir d'aujourd'hui, on sera toujours ensemble. Toujours. Tu n'as pas à avoir peur...
-Merci... Je ne peux pas, je ne peux plus vivre sans toi... Je veux juste rester toujours avec toi... C'est tout ce que je souhaite, c'est tout ce qui m'est vital...


Tu aimes ce sourire qu'il t'offre. Tu sais que tout ira bien. Il t'aime, tu l'aimes, il est là et il t'a promis qu'il ne t'abandonnerait plus. Alors tu vas le croire. Tu l'amènes à toi, dans un nouveau baiser passionné. Tu l'aimes tant... Tu l'aimes... Tu... L'aimes... Et à cet instant où ton cœur est comblé, ton dernier souffle de vie t'échappe. Mais cela n'a plus d'importance pour toi, à présent. Tu es avec lui.

Un corps flotte dans l'eau, doucement emporté par les vagues... À son annulaire brille une alliance. Lorsque la bouteille qu'il avait amenée tombe dans l'eau, les organismes à proximité meurent aussitôt...



« 
Lucky.

Si tu lis ces mots, c'est sans doute parce que tu n'as plus de nouvelles de moi depuis trop longtemps à ton goût. Ou alors j'ai oublié de brûler les mots qui vont suivre, dans mon état actuel, c'est tout à fait possible. Mais tel que je vois les choses, si cette enveloppe est entre tes mains, si tu es bien en train de la lire, c'est sans nul doute une mauvaise nouvelle. Je l'ai écrite parce que j'avais l'impression que je le devais, même si là, tout de suite, je pense que je ne tarderai pas à la brûler.

Tu sais, Lucky... Je sais bien qu'on a tous perdu un être cher, à un moment ou à un autre. Mais peu importe combien on souffre, il faut surmonter cette épreuve. Les morts ne nous rendront pas le temps qu'on passe à se lamenter sur eux. Il faut tracer sa propre route, il faut que la vie continue son cours, jusqu'à arriver à la fin de son propre chemin. J'ai toujours gardé la tête haute, depuis la mort de ma mère. J'ai appris à rebondir, à transformer mon chagrin en autre chose. C'est ce qu'on a toujours attendu de moi après tout. J'ai toujours été celui qui soutenait les autres. J'ai toujours été l'épaule sur laquelle on pleurait, j'ai toujours été là pour ceux qui avaient besoin de moi. Mais aujourd'hui, Lucky, je suis dans une situation différente. Aujourd'hui, c'est moi qui ait besoin de soutien. Je sais que tu es là, même si tu m'en veux et c'est légitime... Mais je ne veux pas t'embêter avec cela... Quant à ma famille, elle ne connaissait pas assez Lyo pour me comprendre... Je leur en veux de m'avoir rappelé à mes devoirs... Je leur en veux de ne pas être parvenu  leur faire changer d'avis... Je m'en veux... Cette culpabilité me ronge un peu plus chaque jour, je n'en peux plus...

J'ai mal, Lucky. J'ai l'impression que je ne mérite pas ces inspirations que je prends, que l'air devrait cesser d'entrer dans mon organisme, cesser d'alimenter mes fonctions vitales, de me faire vivre. C'est la sensation que j'ai à chaque instant. Je voudrais que mon cœur cesse de battre, comme le sien. Je voudrais... Je voudrais revenir en arrière, trouver un moyen d'arranger les choses, l'empêcher de faire cette bêtise, ou même ne pas nous séparer... Je m'en veux tellement... Je croyais qu'il le supporterait, je croyais qu'il ferait son possible pour oublier la déception que j'étais... Je... Je ne voulais pas le perdre, pas de cette manière... La pauvre Adelina... Elle savait que mon cœur appartenait à quelqu'un d'autre, mais je voulais quand même lui offrir quelques morceaux, suffisamment pour ne pas la rendre malheureuse... Ceux que je pouvais lui offrir en tout cas... Je voulais essayer, mais aujourd'hui, que me reste-t-il à offrir ? Je n'ai plus rien, Lyo a tout brisé. Il a détruit tout ce qu'il me restait... Même les quelques miettes que j'ai pu rassembler menacent de s'envoler au moindre coup de vent. Je l'aimais, Lucky... J'aimais tellement Lyo... Je l'aimais, je l'aime encore, et je sais que cela va continuer, encore et encore... Comment ose-t-il me demander d'être heureux, s'il n'est plus là par ma faute ? Je ne veux même pas essayer d'être heureux. J'ai besoin de lui, est-ce si compliqué à comprendre ? J'ai besoin de lui, de le savoir quelque part, en bonne santé, en sécurité. J'en ai besoin, mais je ne l'ai plus... Il est parti, tout s'est évaporé. Je veux qu'il revienne... Je ferais n'importe quoi pour ça... N'importe quoi... Je l'aime... Lyo, reviens, s'il te plaît...

Lucky... Je crois que tu avais raison, quand tu disais qu'il était trop tôt pour retourner sur cette île. Je n'étais pas prêt. Je devrais sûrement fuir cette demeure, retourner à Spes, ou n'importe où ailleurs. Mais je dois écrire cette lettre d'abord. Je n'aurais pas dû revenir ici, j'ai l'impression de perdre la tête... Je ne mange plus, je ne dors presque plus... Je passe presque toutes mes journées au piano, et mes nuits dans la chambre à écrire, encore et encore, à m'en faire saigner les doigts. Mon sang est mon encre aujourd'hui... Bon sang, je perds la tête... J'ai toujours l'impression d'être de retour à cette fameuse semaine en tête à tête avec Lyo... Je joue du piano pour lui, j'attends sans cesse qu'il me rejoigne, qu'on puisse jouer à deux, ou qu'il reste juste contre moi, sur le tabouret... J'ai tellement hâte d'aller à la plage... Oui, tellement... Je crois que, pour l'instant, je n'y suis pas encore allé, mais cela risque de finir par arriver... Je ne sais pas ce que je ferai là-bas, je ne peux pas t'éclairer. Pour l'instant, je ne fais que m'inquiéter de l'absence de mon amour. Où est-il ? Pourquoi m'a-t-il laissé seul ici, alors que nous devions passer des vacances fabuleuses, tous les deux ? Pourquoi ? Pourquoi est-il parti, Lucky ? Il n'a pas le droit de me laisser... Il disait qu'il m'aimait, est-ce vraiment le genre de chose qu'on fait lorsqu'on aime quelqu'un ? On ne laisse pas la personne qu'on aime seule. Je suis seul. Je me sens sens, abandonné... Par lui.. Oh Lyo, Lyo...

Lucky... Si tu me cherches, diriges-toi vers la plage. C'est là-bas que j'ai rendez-vous avec Lyo. Je dois apporter les bouteilles pour notre soirée. Je sais pas si tu nous trouveras facilement par contre, on tient vraiment à être tranquille. C'est notre petite soirée à tous les deux. Est-ce que tu pourras dire à ma famille que je les aime, et qu'ils n'ont pas à s'en vouloir si je ne reviens pas ? Je veux juste être avec lui... Ils sauront s'en sortir sans moi, ils se sont suffisamment reposé sur mes épaules. Il est temps pour eux de prendre leur envol, et pour moi de prendre le mien, loin d'eux. Avec Lyo. Parce qu'il n'y a qu'avec lui que je veux être. J'ai essayé Lucky, je te jure que j'ai essayé. Mais au fond, je ne veux plus me battre. Je suis fatigué. Fatigué de vivre sans lui. Fatigué de vivre, pour tous les perdre. Je l'ai perdu, lui... Je veux être avec lui, je veux le rejoindre, c'est tout ce que je veux... Qu'il revienne... Ou sinon, j'irai à lui. Oui, c'est ça. Il faut que j'amène les bouteilles, surtout ma bouteille. Je ne dois pas oublier, je l'ai amenée exprès... J'y pensais déjà quand je suis venu te voir, même si j'ai essayé de ne pas y avoir recours... J'ai essayé... Mais je n'ai plus aucune envie de m'en sortir... Lyo... Lyo... Reviens...

Lucky... Je suis désolé de ne pas pouvoir tenir ma promesse. Mais j'aime Lyo, plus que ce que tout le monde peut imaginer, plus que je ne pourrai le décrire. Lyo, je t'aime, plus que tout...
Lucky, ne m'en veut pas trop, s'il te plaît. Merci d'avoir été là. Merci de m'avoir écouté. C'est moi qui, au final... Je ne peux plus garder la tête haute. C'est trop dur. Je ne veux plus, et je ne peux plus non plus. Si c'est pour continuer à sentir un vide au niveau de mon cœur pour le reste de ma triste existence, c'est non, je refuse.
Lucky, encore merci pour tout ce que tu as fait, depuis qu'on s'est rencontré...


Samael


PS : l'anneau que tu trouveras là-dedans, c'est ma bague de fiançailles. Pourrais-tu la rendre à Adelina, s'il te plaît ? Il faut qu'elle trouve quelqu'un qui l'aime vraiment, autant qu'elle le mérite. Il faut qu'elle soit heureuse, c'est tout ce que je veux pour elle. Qu'elle soit heureuse... Dis-le lui, s'il te plaît...
PS2 : Lyo, je sais que tu me surveilles. Sache que je t'aime, espèce d'abruti. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime... C'est tout. Je t'aime, et je continuerai à t'aimer, qu'importe ce qui m'arrive...

 »

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:25



« Allô Lucky ? Lyokha, il... C'est Samael. Que... Quoi Samael ? Il faut que tu me rejoignes sur l'île Lyokha. Non, il ne doit pas me voir. Il ne doit pas savoir que je suis encore en vie. Lyokha je t'en supplie, viens. » Tu comprends au ton de sa voix que quelque chose ne va pas. Mais quoi ? Tu as peur de le découvrir. Peur d'arriver là-bas, et qu'il n'aille pas bien du tout. Tu as peur tout simplement, de faire face à ce qu'il est devenu à cause de toi. Pourtant, il a dit qu'il avait juste besoin de te dire au revoir. Et de ce que t'a rapporté Lucky, il a promis de ne faire aucune bêtise. Alors, pourquoi a-t-elle besoin que tu viennes au plus vite ? Que se passe-t-il ? S'est-il blessé ? Tu n'en sais rien, et tu crains de le découvrir. Tu crains sa réaction quand il te verra, là, bien vivant, enfin à ta manière. Sur tes deux pieds et le regard vif, comme toujours. Mais tu es réellement inquiet. Toi, tu ne vas pas vraiment mieux, depuis que tu es officiellement mort. Tu vis au chalet. Tu attends, que le temps passe, que les mois défilent. Tu sais qu'il en faudrait encore des années, normalement, avant de revenir dans leur quotidien, à tous. Tu sais qu'ils t'en voudront, et que Samael aussi t'en voudra. Mais au moins, il sera marié à Mademoiselle Adelina, il aura des enfants. Et avec un peu de chance, il t'aura oublié, avec le temps. Cela, ce serait dans l'idéal. Qu'il t'oublie totalement même. Tu aimerais... Que tout soit si simple. Mais cet appel ne te rassure pas. Tu es intérieurement terrorisé. Qu'est-ce qui a bien pu se passer, pour que Lucky t'appelle en catastrophe ? Qu'est-ce qui a bien pu se passer, pour qu'elle soit là-bas, et qu'elle ne te dévoile pas par téléphone le fin mot de l'histoire. Tu t'inquiètes, réellement. C'est donc en toute hâte que tu quittes le chalet pour rejoindre l'île des Volkov.

Tu t'y retrouves vite, même si le voyage te semble durer des heures, il n'aura en réalité, pris qu'une trentaine de minutes, à tout casser. Tu débarques donc en toute hâte, et tu rallies la grande demeure sans plus attendre. Il fait nuit, tu n'as rien à craindre du soleil, à pareille heure. Lorenza t'accueille, et fond en larmes dans tes bras lorsque tu la réceptionnes. « Lorenza, que se passe-t-il ? » Elle tremble, sanglote. Au bord du malaise, de toute évidence. Et toi, tu fronces les sourcils. Quelque chose de terrible s'est produit, tu n'as plus aucun doute là-dessus. Une odeur de sang embaume jusqu'au salon. Que s'est-il passé bon sang. Tu te précipites pour rejoindre la chambre, sans même comprendre pourquoi cette pièce. Tes yeux s'écarquillent, lorsqu'ils se posent sur toutes ces feuilles qui recouvrent la pièce, des murs aux plafonds, tout en jonchant le sol. Des feuilles blanches, aux lettres de sang. Reviens. Horrifié, tu plaques une main contre tes lèvres, alors que ta respiration se fait plus difficile. Ton regard sonde la pièce, à sa recherche. Mais non, elle demeure déserte. Tout ce qu'il y a ici, ce sont ces feuilles qui s'accumulent et qui, tu en es certain, te sont adressées. Qu'est-ce qui lui est passé par la tête ? Qu'est-ce qu'il a bien pu faire ? Aurait-il perdu la raison, en venant ici ? Cela y ressemble. Un appel désespéré que tu ne pouvais ni voir, ni entendre pourtant, du haut de ta montagne. Tes mains se font tremblante, et c'est en te cognant au cadre de la porte que tu recules dans le corridor. Le temps de revenir à toi, et tu te tournes en courant pour dévaler les marches. Lucky. Tu dois demander à Lucky ce qu'il en est. Elle doit en savoir plus. Elle doit savoir où il se trouve. Elle l'a envoyé à l'hôpital ? Sans doute, mais tu dois en avoir le cœur net, alors à nouveau, tu t'empresses de la rejoindre. Tu la saisis doucement mais fermement par les épaules, et tu plonges ton regard inquiet dans le sien. Elle se reprend difficilement. « Je suis désolée Lyokha... » Mais pourquoi, que s'est-il passé bon sang ? « Dis-moi, où est-il Lorenza ? Il va bien ? Dis-moi qu'il va bien. » Elle secoue la tête, repart de plus belle dans ses larmes. « Il est parti Lyokha. Pour toujours. Il est parti. » Qu'elle n'a de cesse de répéter.

Les larmes te montent aux yeux, bien vite. Tu recules d'un pas, puis de deux. Tu titubes, et tu tangues vers l'arrière. « Où est-il ? » Répètes-tu d'une voix aiguë, qui reflète sans mal tout ton désespoir, tout cet abattement soudain qui te prend. Elle inspire difficilement. « Il a écrit qu'il partait pour la plage Lyokha. Que tu l'y attendais. » Alors c'est cela. Il a vraiment perdu l'esprit. Mais pourquoi être retourné ici ? Pourquoi avoir tenu à y revenir, alors qu'il n'était pas prêt à parcourir cette plage sans ton souvenir pour lui plomber le moral ? Tu ne comprends pas. Ou alors, c'était un geste désespéré. Et tout cela était prévu depuis le départ. Tu ne relèves pas tout de suite qu'elle a parlé d'écrire. Non, tu t'empresses de sortir de la résidence, et de courir au plus vite vers la plage. Si ce que tu penses est juste, alors, il est à l'endroit où tu l'as amené, pendant vos vacances ici. Ce même endroit où tu as failli le demander en mariage. Tu cours au plus vite, quoique légèrement ralenti par le sable qui n'est pas une matière très simple pour avancer. Mais tu n'y prêtes pas attention. Tu t'arrêtes, à bout de souffle, des mètres plus loin. Tu regardes tout autour de toi, glissant tes mains dans tes cheveux. Mais où est-il bon sang ? Tu te tournes à nouveau, scrutes les bancs de sables, mais aussi l'horizon, la mer. Et c'est alors que tu te figes, quand tu aperçois quelque chose qui flotte, à quelques mètres de là. Ton souffle se coupe complètement pendant un instant. Et c'est sans plus réfléchir que tu te précipites à l'eau, courant jusqu'au corps qui dérivait quelques mètres au loin. « Non, non, non... » Gémis-tu plusieurs fois, avant d'atteindre ce qui n'est désormais plus qu'un cadavre. De l'eau au delà de la taille, tu l'attrapes dans tes bras le maintenant à la surface. Les larmes coulent de tes joues, et s'échouent, se dilue dans l'eau. Il est mort. Non, ce n'est pas... Non, Samael... Tu pleures bruyamment, alors que des gémissements douloureux t'échappent. « Mae, non, je t'en prie... » Tu glisse une main dans ses cheveux trempés, les ramenant en arrière. Tu aimerais qu'il réagisse. Que tout cela ne soit qu'une mauvaise blague. Mais il demeure inerte, pesant de tout son poids dans tes bras, sans aucun tonus musculaire. Tes lèvres en tremblent, alors que tu glisses une main sur son beau visage. Sa peau semble plus pâle. Il est plus froid, même s'il est évident que le décès remonte à peu. Tu secoues péniblement la tête, et tu le gardes contre toi. « Je t'en supplie, reviens... » Murmures-tu à son oreille, comme un secret que seul vous deux pourriez partager. Tu essayes pour la énième fois, en vain, de capter un pouls. Il est mort. Définitivement. Tu poses ton front contre le sien, tu regardes tout autour de toi, en panique.

Et la chose, la première chose qui te vient à l'esprit, c'est de le ramener sur le bord, sur le sable. C'est donc en le portant dans tes bras que tu l'amènes hors de l'eau, où tu le poses délicatement par terre. À nouveau, la panique s'empare de ton esprit. Il est mort. Mais tu veux essayer. Tu veux qu'il te revienne. Alors, dans un élan de désespoir, tu lies tes mains contre son torse, au niveau de son cœur, et tu entreprends des compressions. C'est pourtant impossible, et au fond de toi, ta part rationnelle et raisonnable le sait très bien. Il est mort depuis trop longtemps désormais, pour espérer qu'un simple massage cardiaque le ramène à la vie. Il est mort, et tu dois le laisser partir. Pourtant, tu t'acharnes. « Allez, allez Mae, reviens. » Fais-tu entre tes dents serrées. Tes larmes dévalent encore tes joues et viennent se perdre sur ses vêtements, sur sa peau, trop pâle, trop humide, trop mort. Tu te penches et poses ta bouche contre la sienne pour tenter de lui insuffler de l'air. Mais rien n'y fait. Une main court sur ton épaule, te fait sursauter. Mais ne te perturbe pas pour autant dans tes efforts. « Allez, il peut le faire. Reviens Mae, s'il te plaît. » Et tu insistes, encore, toujours, jusqu'à ce que la voix de Lorenza tranche dans cette nuit d'été. « Lyokha. Il est mort. Il ne reviendra pas. » Tu secoues la tête. Tu ne veux pas y croire, il y a encore une chance, il faut qu'il te reste une chance. Mais doucement et malgré toi, cela se présente comme une évidence. Non, il ne reviendra pas. Et elle te le confirme, à nouveau. « Du poison. Il ne voulait pas se louper. » Ajoute-t-elle tristement en te tendant une lettre que tu récupères. Tu la froisses légèrement au creux de ta main, l'enfonçant dans ta poche. Tu n'as pas la force de la lire maintenant. Pas tout de suite. « Je t'en prie Lucky... Pars... J'ai besoin d'être seul... » Elle hoche doucement la tête, elle aussi abattue. Et elle disparaît pour la demeure, alors que tu te laisses tomber assis au sol, attrapant le corps du brun contre le tien. Tu le berces doucement, alors que tes larmes continuent à couler sans que tu ne puisses les arrêter. Tu glisses une main sur son visage. Sur sa peau devenue trop claire. Ses lèvres qui ont elle aussi une teinte macabre. Tes doigts se perdent avec douceur dans ses cheveux. « Pourquoi Samael... Tu devais vivre heureux, te marier, avoir des enfants.. Je ne devais être qu'une erreur de jeunesse, rien de plus... Je voulais juste te protéger. Je n'ai jamais rien voulu de tout cela. Tu ne devais pas... Finir comme ça. Je pensais que tu comprendrais. Que rien de tout cela n'était de ta faute... Que j'ai fait ça juste pour te protéger... je croyais que tu passerais outre, que tu aurais été bien plus fort... Je suis tellement désolé, Samael... Tellement désolé... » Tu renifles un peu. Ton cœur te fait terriblement mal. Tu es... Abattu. Anéanti. Tu voulais juste le savoir heureux. Complètement concentré sur sa fiancée. Tu ne voulais juste plus qu'il pense à toi.

Ta main qui ne le maintient pas contre toi contourne son visage, caresse délicatement sa joue. Tu le ramènes un peu à toi, et tu l'embrasses. Ses lèvres sont froides. Humides. Légèrement violacées. Tu ne sens plus ce souffle tiède, la chaleur de sa peau rencontrant la tienne. Voilà qui te fait réaliser un peu plus encore qu'il est mort. Et la dague s'enfonce d'autant plus profondément dans ton cœur. Bien évidemment, il ne répond pas à ton baiser. Qu'importe. Il sera le dernier. Tu veux te souvenir de cette sensation, de ses lèvres contre les tiennes. Un baiser salé. Ultime gage de ton amour pour lui. Tu fermes brièvement les yeux, avant de te reculer. « Je suis revenu Samael... » Tu hoches doucement la tête. Tu es revenu oui. Mais bien trop tard. Tu t'en veux. Si tu avais cédé. Si simplement tu avais écouté tes pulsions, il y a deux jours... Si tu t'étais décidé à venir ici, le retrouver, seul à seul. Prendre soin de lui, lui promettre d'être là, toujours, juste pour lui... Mais non. Il est mort. Et tu ne peux pas revenir en arrière, bien malgré toi. « Et je te promets que plus jamais, je ne t'abandonnerai... » Ajoutes-tu entre deux sanglots. Tu lui voles un autre baiser, un baiser au goût de sang, celui de tes larmes. Et tu finis par te relever, le portant dans tes bras. Tu avances, vers la grande demeure au loin. Un pas après l'autre, trempé, dans le sable humide qui glisse entre tes vêtements. Tu n'y prêtes même pas attention. Tu gardes le corps près de toi. Tu pousses la porte d'entrée, et tu montes à l'étage, en direction d'une chambre. Pas celle qu'il a saccagée, non. Une chambre laissée intacte. Tu le déposes délicatement sur le lit, posant ses mains l'une sur l'autre, sur son ventre. Tu attrapes une chaise, que tu places juste à côté du lit. Et tu t'y assois, pour finalement récupérer une main, que tu caresses doucement de ton pouce. Il est si... Paisible. C'est terrifiant. Et rassurant à la fois. Tu ne sais pas trop quoi en penser, mais ton regard ne le quitte plus. Il n'en est pas moins beau même dans la mort. Lucky frappe un peu la porte. Demande timidement. « Je peux faire quelque chose ? » Tu hoches doucement la tête, sans quitter le brun des yeux pour autant. « Oui. Il faut que tu préviennes Léandre. Appelle-le, dis-lui que Mae est mort. Qu'il s'est tué. Qu'il est ici. » Elle baisse les yeux. Se questionne sûrement sur la suite. « Mais, qu'est-ce que... » Tu serres un peu les dents. Tu dois prendre une décision, et tant pis si elle te ruine l'existence. « Je vais rester là, et attendre qu'ils viennent le chercher. » Tu hoches à nouveau la tête. Elle reste ici un instant encore, avant de disparaître de l'étage. Et toi, tu demeures aux côtés de ton amour perdu.

C'est toujours avec la même tendresse que tu caresses sa main. Sa chaleur te manque. Son sourire. Son regard. Son rire. Sa voix. Il te manque, cruellement. Tu inspires difficilement. Tu contemples ses traits. Bientôt, tu n'en auras plus le loisir, quand il sera enfermé six pieds sous terre. Et le temps fera ses ravages. Alors tu ne pourras plus te raccrocher qu'à des photos, des peintures, des dessins. Tu as peur. Terriblement peur de ne pas te rappeler par cœur les moindres détails de son visage. D'oublier le son de sa voix. L'éclat de son rire. Tu as peur de ne plus te souvenir précisément de ce qu'il en est réellement. Et cette lettre dans ta poche... Tu ne te sens pas encore de la lire. Pas tout de suite. Tu es déjà au plus bas de ton moral. Tu as peur d'en découvrir plus. Peur de ne plus pouvoir t'en relever. Alors tu la conserves précieusement pour plus tard, et tu restes à l'observer lui. Si cette lettre peut traverser encore bien des années, il n'en est plus rien de ton brun. Mort. Tu ne sais pas comment les choses vont se passer par la suite. Comment Adelina va l'apprendre. Comment son entourage va le recevoir. Ils te haïront sûrement. Et ce ne sera que mérité. « J'espère que tu n'as pas souffert. » Tu parles juste de sa mort. C'est évident qu'il a souffert, avant d'en finir. Mais tu espères que quitter ce monde a été doux. Paisible. Serait-ce trop demander, qu'il se soit laissé porter par les songes, comme toi lorsque tu as perdu connaissance ? L'image était douce, elle t'a aidé à faire passer la douleur. Tu espères qu'il a eu l'occasion de penser à quelque chose d'agréable, lui aussi. « Et où que tu sois désormais, j'espère que tu m'attendras, mon amour. » Murmures-tu à la suite. Car non, tu ne comptes pas le rejoindre tout de suite, même si ce n'est pas l'envie qui manque. Pourquoi ? Car tu ne mérites pas une fin si simple. Tu mérites de souffrir. Tu ne mérites pas de pouvoir quitter si aisément votre monde pour le rejoindre, là. Tu mérites la peine, l'attente. Tu mérites de vivre chaque jour qui va suivre avec la plus grande des souffrances, le plus grand des regrets. « Je t'aime, à jamais Samael. » Ta voix se fait douce. Ta main qui n'occupe pas une des siennes, glisse dans ses cheveux. Et tu attends. Tu attends qu'ils viennent, et qu'ils t'arrachent à son corps. Tu attends qu'ils vous séparent, définitivement. Et que ton monde s'écroule, pour de bon.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:25



Tu regardes autour de toi. Il fait nuit. Tu n'es pas chez toi. Ni même sur cette île maudite. Tu es chez les humains. Spes, plus précisément. Tu es tout ce qu'il y a de plus neutre, et c'est à n'y rien comprendre. Comme d'autres, tu devrais pleurer toutes tes larmes. Mais c'est déjà fait. Tu ne veux plus pleurer. Tu ne peux plus pleurer. Alors tu fixes un regard neutre sur tout ce qui t'entoure. Pas un sourire. Pas une expression. Rien n'apparaît sur ton visage. Vous venez d'enterrer Samael. Samael a rejoint les siens, dans la dernière demeure familiale. Et là, vous êtes à cette réception. Ou plutôt, ce qu'ils appellent la collation. La dernière en date, c'était celle de ton propre enterrement. Et tu ne t'y es pas rendu, non. Tu n'aimes pas ça. Et tu n'aimes pas plus cela maintenant que c'est ce qui aurait pu être ton fiancé, qu'on vient d'enterrer. Tu as envie de retourner là-bas. Près de son cercueil. Tu aimerais t'allonger à côté, et disparaître dans le sol. Pour de bon. Mais non, tu es là. Contre une fenêtre, à regarder tous ces gens se confondre, dans leurs habits noirs. Tu ne déroges pas à la règle. Mais tu restes à l'écart. De toute façon, ils t'ont mis de côté. Personne ne veut te parler. Ni même savoir comment tu vas. Tu n'as pas prononcé un mot depuis que tu es arrivé, si ce n'est à Lucky. Laquelle est passée.. Tu ne sais pas où elle est passée. Sûrement discute-t-elle avec quelqu'un qu'elle connaît. Tu as hâte de partir. Autant que tu veux rester ici. Car tu sais que quand tu seras parti, ce sera définitivement fini. Il sera mort, pour de bon, dans ton esprit. Et tu redoutes ce moment. Tu joues avec ton alliance. Tu y jettes un bref coup d'oeil, avant de regarder autour, à nouveau. Tu flottes. Tu es dans un.. Autre état. Incroyablement calme. Il ne faut pas croire que c'est naturel, non. La vérité, c'est que tu t'es drogué. Depuis qu'il est mort, tu as replongé, tranquillement. Ce n'est pas de ta faute. Tu savais très bien que tu ne tiendrais pas autrement. Et qu'en penseront-ils, les autres ? Tu t'en fous pas mal, en réalité. Tu es bien trop détruit pour y porter la moindre importance, à ce qu'ils pensent, tous.

Tu le regardes approcher, le blond. Tu attends, que les premiers reproches fusent. Ils t'ont tous laissé de côté jusque là, et voilà que ce n'est pas suffisant. Non, il faut que l'un d'entre eux y mette son grain de sel. « C'est bon, t'es content ? T'as vu ce que t'as fait ? » Tu serres légèrement les dents, tu l'observes d'un regard vide. Tu ne réponds rien. Tu te contentes de le regarder, comme si tu en avais quelque chose à faire. Ce n'est pas le cas. L'indifférence qui détend tes traits en est la preuve. « T'as perdu ta langue ? Qu'est-ce qu'il a le Volkov ? Il veut faire croire que ce qui s'est passé l'affecte réellement ? » C'est à peine si tu clignes des yeux, alors que ses mots s'enfoncent dans ton cœur. Ça te fait mal, de l'entendre. Mais il faut croire que la drogue atténue tout cela. Tu restes immobile, toujours. Comme si tout cela ne t'affectait pas. Machinalement, ton auriculaire fait tourner ton alliance autour de ton annulaire. Et après un autre clignement d'yeux totalement indifférent, tu te retournes pour regarder dehors, par la fenêtre. Ce qui ne plaît pas au gamin, apparemment. Gamin oui, c'est ainsi que tu le considères. À tes yeux, ce Firearrow n'est qu'un nouveau-né. Il n'a pas une décennie de vie vampirique derrière lui qu'il se croit déjà familier avec un des plus vieux vampires de cette planète, à savoir toi. Et déjà que tu ne portes pas ce blond dans ton cœur, que tu as toujours fait des efforts pour Samael... Oui, cela t'agace qu'il vienne t'adresser la parole. Mais par respect pour ton ex, tu passes outre, et tu préfères l'ignorer plutôt que de l'énerver. « Sérieux ? Tu comptes rester comme ça ? Hé, ducon ! On n'en serait pas là si tu n'avais pas eu la merveilleuse idée de lui faire croire que tu t'étais suicidé ! » Tu as mal au cœur. Clairement. Il reporte la faute sur toi. Un peu comme Samael, indirectement, dans sa lettre. Lettre que tu connais par cœur, tant tu l'as lue. Elle est toujours là, sur toi, dans une poche intérieure de ton veston. Non loin de ton cœur, comme un porte bonheur macabre, qui te met du baume à l'âme.

« Dégage. Tu ne mérites même pas d'être présent ici. » Tes mâchoires se tendent. Tu te tournes vers lui, alors que lui s'éloigne. Cette fois, ça ne passe pas. Tu n'en peux plus, de recevoir les reproches, comme si tu étais le seul à être coupable. Trop de culpabilité pour un seul homme, même si tu le mérites sans doute. « Je t'emmerde. » Siffles-tu entre tes dents serrées. Tes paroles ont l'effet escompté. Il se retourne pour te faire face. « Moi au moins, j'ai la conscience tranquille. Je ne sais même pas si tu en as une, toi. » Est-ce un jeu, de te faire du mal ? De te faire souffrir, alors que ton cœur est déjà en train de se consumer ? Tu n'en sais rien. Le blond t'inspire la rancune, la colère, la haine. Le tout, curieusement atténué par les substances illicites qui tournent dans ton système. Tu devrais arrêter là. Le laisser parler, et partir. Tu ne devrais pas te braquer, ni même te défendre, même si tu le mérites un peu. Pourtant, malgré la douleur, malgré tout, cette partie de toi qui se bat continuellement contre les autres prend le dessus. Et la discussion repart de plus belle. « La conscience tranquille ? Tu l'as abandonné, au même titre que les autres. » « Tu plaisantes ? Celui qui l'a abandonné, c'est toi ! » Tu secoues désespérément la tête. La colère retombe peu à peu, semble se dissiper dans tes veines. Pour laisser place au plus profond désespoir, à l'abattement à son état brut. Tu recules lentement, avec ces mots qui résonnent dans ton esprit. Tu l'as abandonné. Tu as abandonné Samael. Tu ne pensais pas, mais l'entendre dire fait plus mal que tu ne l'aurais cru. Tu essayes de te réconforter à l'idée qu'il t'a abandonner en premier. Mais rien n'y fait. La culpabilité n'en est que plus lourde. Tu te sens d'autant plus coupable de sa mort. Tu recules d'un pas, fébrile, les mains tremblant toujours. Tu recules d'un pas, pour te cogner légèrement contre un meuble dans ton dos. Tu as l'impression d'étouffer. De suffoquer. D'asphyxier. Tu aimerais fuir. Loin d'ici. Partir, et à la première heure, laisser le soleil faire son œuvre sur ta personne. Mais la mort, ne serait-elle pas un châtiment bien trop doux ? Bien évidemment. Tu mérites des années de souffrances. Des décennies de folie, avant de pouvoir le rejoindre. Et tu le sais. Il n'y a pas plus cruel châtiment pour un vampire que de voir partir sa moitié, par sa faute de surcroît. Les larmes remontent jusqu'à tes yeux. Mais elles n'en franchissent pas la limite. « Je... Je suis désolé... » Murmures-tu. L'a-t-il entendu? Oui, puisqu'il te répond. Non, ça ne le fera pas revenir. C'est une certitude. « Je sais. » Ajoutes-tu, d'une voix si faible que l'on pourrait croire que tes lèvres ont juste bougé, sans que tu émettes un son pour autant.

Titubant légèrement, tu contournes le blond. Tu veux sortir. Respirer. Prendre une grande goulée d'air, et rentrer chez toi. Mais où est-ce, chez toi, désormais ? Tu n'en as aucune idée. Autrefois, chez toi, c'était n'importe où où lui était aussi. Une maison. Une villa. Un appartement. Une cabane dans les bois. Tu te serais contenté d'un rien, pour être à ses côtés et le savoir heureux. Tu souris tristement à cette pensée. Plusieurs regards se posent sur toi alors que tu traverses la pièce, d'une démarche peu assurée. Méprisants pour la plupart. Qu'importe, cela te passe bien par dessus la tête. Tu avances, mais tu t'arrêtes à quelques mètres de la porte d'entrée. Tu l'observes un instant. Elle représente la fin de quelque chose. Et tu ne veux pas la franchir, pas tout de suite. Il te reste quelque chose à faire. Une dernière petite chose à mettre au clair, qu'ils y croient ou non. Alors tu fais demi-tour, tu attrapes habilement une chaise et tu te mets debout dessus. Beaucoup se tournent. T'observent, et se demandent sûrement quelle folie t'agite. Tu regardes autour de toi. Tu les détailles, tous, et tu prends une grande inspiration entre tes lèvres tremblantes. « Je. J'aimerais dire quelques mots. » Des soupirs et autres murmures s'élèvent déjà tout autour. On te traite de fou, d'idiot, et on te fait clairement comprendre que tu n'es pas le bienvenu ici, que tu devrais dégager. « Certains d'entre vous savent la vérité, sur Samael et moi. D'autres ont des doutes. Et d'autres encore, n'ont pas un soupçon sur cette vérité. À vrai dire, la plupart d'entre vous me connaît comme l'homme qui a causé sa mort. Comme celui qui vous a enlevé un ami, un neveu, une connaissance, un fiancé, un cousin, et j'en passe. Et c'est peut-être, c'est même sûrement le cas, même si jamais je n'ai souhaité sa mort, pas un seul instant. Et là encore, d'autres me croiront, quand certains penseront à d'autres balivernes de ma part. Il n'en est rien. Pour ceux qui ne le savent pas, et ceux qui en doutent encore, j'aimais cet homme. Je l'aimais de toute ma personne. J'aurais tout donné pour lui, jusqu'à ma propre vie. Je l'aimais, et on allait se fiancer... » Tu marques une pause. Tu baisses légèrement les yeux. Certains semblent surpris, d'autres incrédules. Bien, qu'ils pensent ce qu'ils veulent, tu ne fais que dire la vérité. « Et je sais que tous, vous me blâmez pour ce qui s'est passé. Oui, je l'ai peut-être laissé sur cette île. Mais vous. Tous. Où étiez-vous, quand il perdait la raison là-bas ? Il est simple de trouver un coupable, plus encore d'en désigner un, pour soulager sa propre conscience. Alors avant de prétendre savoir quoi que ce soit sur moi, ou sur nous deux, avant de me reprocher quoi que ce soit, regardez-vous en face, dans un miroir. » Tu descends difficilement de ta chaise. Lorenza s'approche vite pour t'aider, et te serrer brièvement dans ses bras. « Allons nous en. » Souffles-tu péniblement à son attention. Elle hoche doucement la tête, accroche ton bras et t'invite à la suivre à l'extérieur. Vous quittez les lieux dans un silence macabre, et tu réalises, tu sais où tu dois aller. Tu sais où est ta place, désormais.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:26



Jour 0004 - « Je suis revenu sur l'île. Je ne pense pas que c'était une bonne idée. Je ne sais pas. Mais je suis revenu, et j'ai nettoyé la chambre. J'ai effacé les traces de sang. J'ai soigneusement lavé et rangé ses vêtements dans le placard de la chambre d'ami. Il ne reviendra pas les prendre, je le sais. Mais je ne peux me résoudre à les brûler. Alors ils demeureront dans ce placard, jusqu'à ce que le temps les emporte. Ou que quelqu'un vienne les réclamer. Si quelqu'un à l'audace de le faire. J'en doute. Je crois que je leur ai fait peur, à l'enterrement. Je crois que désormais, je suis connu comme celui qui a tué Samael Tudor, et non pas comme son petit ami ou encore, quelqu'un pour qui il comptait énormément. Qu'importe. Je ne prévois pas vraiment de retourner en ville. Par pour l'instant. Je crois que j'ai besoin de rester sur l'île. Au moins le temps de faire mon deuil. Que vais-je devenir sans lui ? Je n'en ai aucune idée. J'ai peur. Je suis terrorisé à l'idée de vivre loin de lui, désormais. Alors je vais m'accorder un temps de réflexion. Rester là, et voir ce qu'il en est. Ce qu'il en sera demain, et les jours d'après. Je me suis dit que tenir ce journal était une bonne idée. Pour laisser une trace, et que s'il m'arrive quelque chose, quelqu'un saura ce qui s'est passé. Il a bien perdu la raison, lui. Cet homme qui m'a si souvent ramené à la réalité. Une réalité si douce qui me brise aujourd'hui. »

Jour 0022 - « Il me manque. Il me manque terriblement. Ce n'est pas par vagues. C'est constant. Il me manque, bon sang. Lorenza a appelé aujourd'hui. Pour voir comment je m'en sortais. Pour voir ce qu'il en était de moi. Ce que je devenais. Je ne sais pas si je vais bien. Je fais comme si. Je joue des apparences, du moins. Est-ce qu'elle y croit ? J'espère. Je n'ai pas besoin que l'on me pose plus de questions. Je veux juste être tranquille. Qu'on me laisse faire mon deuil. Qu'on m'oublie un peu. Peut-être que je finirai par m'en oublier. Qui sait. Qu'importe réellement, maintenant qu'il n'est plus. Je ne suis plus sûr de vouloir être quelqu'un ou quelque chose non plus. »

Jour 0073 - « Lorenza continue à appeler régulièrement. Elle s'inquiète, je le sens. Il faut dire que je parle peu, et que moi, je ne contacte plus personne. Ni Zéphyr, ni Finn, qui s'inquiètent pourtant de voir leur frère dépérir. Enfin. Qu'importe, une fois de plus. Je suis bien, seul, entre ces murs. J'ai tout ce dont j'ai besoin, on me ravitaille en sang et autres produits plus... Exotiques, ce qui a tendance à désespérer Lucky. Mais j'en ai besoin. J'ai besoin de ces petits plus pour m'endormir, ou pour arrêter de songer à lui. Et par moment, ces substances m'en rapprochent mais... Des fois, ça fait du bien. Ça me ramène en arrière, à l'époque où tout allait pour le mieux, où nous étions amoureux et tous les deux. Même si ce n'est pas bien de vivre dans le passé, c'est tout ce qui me reste désormais. »

Jour 0211 - « J'ai retrouvé des photos de nous deux. J'ai passé un bon bout de temps à les observer, entre deux doses. Il était beau. Tellement beau. Ses yeux si sombres, si profonds. Ses cheveux dans lesquels je ne me suis jamais lassé de glisser mes doigts. Et son sourire. Oh par tous les dieux, son sourire... Son rire, son corps, sa manière de prononcer certains mots. Tant de petits détails qui pourraient paraître stupides aujourd'hui, et pourtant... Tout autant de détails qui me collent à la peau, et dont je ne veux me séparer pour rien au monde... Je veux me souvenir de lui, sous tous ses angles, dans toutes ses humeurs, à chaque trait de caractère. Je veux me rappeler de tout, même si ça fait mal, même si je devrais vraiment le laisser partir... Je ne veux pas, je ne peux pas... Je veux le garder avec moi, pour toujours, je veux qu'il demeure mien et que je sois sien à jamais, comme on aurait dû se le promettre, comme cette alliance à mon annulaire me le rappelle sans cesse... »

Jour 0368 - « Chase a trouvé un produit encore plus fort que le venin. J'en reviens pas comme ça fait planer, c'est juste trop bon. Le seul problème, c'est que j'ai dû mal à différencier les instants où je suis sous son influence ou pas. C'est... Super confus, alors faut faire attention. Mais tu veux savoir ce qui est bien ? Je le retrouve. Je le retrouve, quand je mange un peu de cette pâte bleu qui rappellerait sans mal l'opium brute. Il est là, dans le manoir, il se cache jusqu'à ce que je le trouve, je l'embrasse et il se volatilise. Mais plus j'en prends, plus ces visions se font réalistes. Plus cette vision se fait nette. Je ne devrais pas. C'est mal. Pas que ça embête quiconque mais... Qu'est-ce qui va se passer, si je continue ainsi ? J'ai l'impression que mon existence est en train de prendre un tournant. Que c'est maintenant que tout se décide. Est-ce que je continue et je me perds dans les songes où lui existe ? Ou dois-je revenir à une réalité qui ne m'enchante pas. Dès que je reviens de cet état second, je regrette, c'est sûr. Mais je ne résiste pas à la tentation, je cède, à chaque fois. C'est mal, pas vrai ? »

Jour 0417 - « Elle a essayé de tout brûler. Lorenza a essayé de tout brûler, tous les stocks d'opium. Comment a-t-elle pu faire ça ? Comment peut-elle me faire ça ? Elle veut m'empêcher de te revoir. Elle veut que j'arrête de te retrouver. Pourquoi est-ce qu'elle nous fait ça Samael ? Je ne sais pas. Elle dit que c'est pour mon bien. Que je dois revenir à la réalité, que je dois revenir à moi. Elle dit que ce n'est pas comme cela que les choses iront en s'arrangeant. Qu'ils ont besoin de moi là-bas. Mais je suis bien ici, avec toi. C'est là que je veux être. À tes côtés. Pour toujours. Comment on aurait dû se le promettre, tu te souviens ? On aurait dû se marier et être heureux. Elle n'empêchera pas ça, Samael. Je te le promets. Je vais rester là. Je dois être là avec toi. Je ne peux pas t'abandonner, on ne peut pas se laisser tomber l'un et l'autre, tu sais.  Je vais rester là. Ma décision est prise. J'espère qu'elle te rend heureux, autant que moi, elle me rend heureux. On mérite ce bonheur, tu ne penses pas ? Après tout ce que nous avons traversé. À jamais réunis, sur cette île paradisiaque et monstrueuse, qui aura vu le meilleur et le pire de nous. Cela n'a plus d'importance désormais. On peut s'aimer, sans se soucier de ce que diront les autres. On peut s'aimer sans s'inquiéter que quelqu'un découvrir à propos de notre relation. N'est-ce pas génial ? Je t'aime Samael Tudor. À jamais. »

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:26



Depuis combien de temps es-tu ici Lyokha ? Tu ne sais plus. Des années. Des décennies. Des années aussi que tu as arrêté de tenir ce stupide journal de bord. Seule chose qui te tenait pourtant encore relié à la réalité. Tu es perdu dans le temps. Perdu tout simplement. Tu ne sais plus où tu en es. Tu n'es même pas plus sûr de savoir où tu es. Sur l'île. Sur votre île, à Samael et à toi. Et rien ne va pour le mieux dans ta tête, malgré les apparences. Voilà quelques temps que tu organises de grandes soirées sur l'île. Des réceptions placées sous le signe de l'excès. Les drogues y circulent. L'alcool y coule à flots. Les invités se font nombreux. Tu es leur hôte, et on dirait que tu as complètement perdu l'esprit. Mais personne ne vient vous déranger ici. C'est chez toi. C'est ton île. Votre île, à Samael et à toi. Samael est plus timide. Il n'aime pas voir les gens. Il disparaît pour te retrouver plus tard dans la nuit. Du moins, c'est ce que tu t'imagines. Si tu te voyais, Lyokha. Si ta famille te voyait. Tu es... Devenu complètement fou. Tu n'as rien à envier au Samael qui a vécu ses derniers jours ici. La dépression a laissé place à la plus pure des folies. Des fêtes, des soirées, beaucoup de soirées. Des thèmes parfois. Les jeunes aiment venir passer des soirées ici. En ce lieu de débauche et de luxure. En plus des grosses soirées ouvertes de temps à autre, tu fais aussi dans les événements un peu plus privés. Et c'est là que ça devient réellement tordu. C'est là que ça devient dangereux. Cette île a un drôle d'effet sur les gens. Elle les attire. Fait ressortir certaines choses, le meilleur comme le pire de ces personnes. En des années, il y en a eu, des accidents. Des morts accidentelles. D'autres moins, mais toujours maquillées pour éviter les problèmes avec les autorités. Ces dernières sont d'ailleurs grassement rémunérées pour te laisser tranquille. Et ça fonctionne, tout va pour le mieux, dans le pire des mondes.

Tu ne te lasses pas de ces soirées, depuis toutes ces années où elles existent. Tu te surprends, à chaque fois un peu plus. Tu innoves, et tu te régales à jouer les hôtes. Toutes ces soirées, en son honneur à lui. À Samael. Elles se terminent en général de la même manière pour toi, à chaque fois. Quand ta raison est totalement inhibée par les substances illicites, tu mets la main sur un beau brun que tu confonds avec ton amant perdu, et vous montez à l'étage, dans ta chambre. La suite se déroule selon ton humeur. Tantôt joueur. Tantôt déprimé. Tantôt heureux. Et le pauvre humain doit s'adapter. Doit subir, selon tes envies. Les plus chanceux ont un aperçu de l'amoureux transi que tu étais. Les autres font face à ton agressivité, parfois même ta violence, et tout ce qu'il peut y avoir de malsain chez toi. Et le lendemain, lorsque l'heure est venue de partir pour tes convives, tu te réveilles dans ces mêmes draps pour te rendre compte que non, ce garçon n'était pas Samael. Alors tu le renvois avec colère, contre lui, contre toi-même pour avoir été si idiot. Tu ouvres enfin les yeux car les substances ne font plus effet. Et comme tu t'en veux, tu vas reprendre une dose pour faire passer ta culpabilité. Et ainsi de suite. Un cercle vicieux qui finira par avoir raison de toi. Mais c'est trop bon. C'est tellement bon. Que la folie t'emporte, te détruise, tu ne veux plus jamais être conscient de ce que tu as fait. Tu veux être avec lui, pour toujours, à jamais, quoi qu'il en coûte. Qu'es-tu devenu, Lyokha... Rien de plus qu'un monstre. Qu'une loque. À mi-chemin entre deux espèces qui se complètent, dans ton cas. Et Lucky ? Finn ? Zéphyr ? Hänz ? Sidney ? Elena ? Stojan ? Maximus ? Et tous les autres ? Tu ne leur parles plus. Ils ont voulu te raisonner. Tu les as haï pour cela. Aujourd'hui, aucun d'entre eux n'ose s'aventurer de trop près part chez toi. Peut-être que tu leur fais peur, aussi. Peut-être qu'ils pensent que c'est juste passager. Mais ça ne l'est pas. Pas cette fois.

La nuit dernière a été agitée. La soirée s'est finie tard. Vous avez dormi toute la journée. Et voilà qu'une autre nuit tombe. Tu n'as pas envie de te réveiller. Quelqu'un s'en occupe pour toi, s'installant à califourchon sur ta personne. Hm. Okay. Tu ouvres doucement les yeux, encore un peu dans la brume. Ton regard monte du bassin du garçon jusqu'à son abdomen, puis son torse, puis son visage. Tes mains elles, s'arrêtent à sa taille. Ton sourire reste espiègle. Vous êtes nus. Il est mignon. Particulièrement mignon. Il est brun, il a les yeux sombres. Mais ce n'est pas Samael... Et étonnement, tu ne t'énerves pas. Ça t'arrive parfois. De rester calme. De ne pas vriller. Tu te contentes de le regarder. « La nuit est tombée... » Souffle-t-il, joueur. Tes doigts glissent sur sa peau. Tu remarques toutes ces traces de morsures que tu as faites sur ce pauvre garçon. Oups ? Il faut croire oui. Oups. Il vient t'embrasser dans le cou. Descend peu à peu jusqu'à ton torse, et ainsi de suite. Tu en profites pour allumer une cigarette. Et tu fronces légèrement les sourcils quand tu vois quelque chose bouger à côté de vous, sous les draps. Sourcils qui s'arquent finalement, quand tu vois un autre brun émerger de son sommeil et se rapprocher de toi. Double oups. Tu regardes le garçon, et il vient t'embrasser. Où est l'autre ? Bien plus bas, sous les draps. Inutile de faire un dessin de ce qu'il est en train de te faire, pas vrai ? Tout à fait. Tu te lasses assez vite du baiser du brun, préférant venir le mordre dans le cou. Voilà qui est mieux. Tu te sens bien, là. Tu te laisses aller, fermant les yeux. Quelques râles de plaisir t'échappent, et tu pourrais bien rester là, et juste profiter du moment.

Mais tu fronces peu à peu les sourcils... Non, quelque chose ne va pas. Ce n'est pas le bon sang. Ce n'est pas lui. Ce n'est pas Samael. Enfin, tu réalises ? Il faut croire, car tu repousses presque brusquement le jeune homme qui perd un peu l'équilibre. Tu tapotes sur la tête de l'autre. « Assez joué, faut pas abuser des bonnes choses. » Fais-tu, à mi chemin entre ton côté espiègle et colérique. Il fronce les sourcils, mais tu te dégages de là avant qu'il ne tente quoi que ce soit. Tu t'éloignes jusqu'à la porte de ta chambre, toujours aussi nu. Pas comme si tu en avais quelque chose à faire. Tu ouvres la grande porte. « Cordélia ! » Appelles-tu, et rapidement, la sorcière est là, pas le moins du monde gênée par ton manque de pudeur. Cordélia, c'est la sorcière que tu as recueillie, alors qu'elle était rejetée par les siens, abandonnées à la rue, pour avoir, disaient-ils, vendu son âme aux démons. Tu l'as recueillie, et désormais, elle s'occupe de toi, et du manoir, elle t'aide dans l'ensemble, et elle ne pose pas trop de questions. L'idéal, en somme. Elle te regarde, tu reprends la parole. « Ces deux garçons, qu'ils aillent prendre une douche, donne leur de l'argent, des vêtements propres, et arrange toi pour qu'ils quittent l'île rapidement, j'ai autre chose de prévu. » Elle hoche la tête, rentre dans la chambre alors que toi tu la quittes pour aller prendre une douche. Une bonne demi-heure plus tard, te voilà propre, coiffé et bien habillé pour le rejoindre. Tu récupères tes clopes, une bouteille de champagne, deux flûtes et deux serviettes, et tu sors du manoir pour t'éloigner sur la plage. Tu étends les deux tissus, t'assois sur l'un d'entre eux, le regard fixé sur l'horizon. Et quelques minutes s'écoulent, avant de te tourner vers celui qui est venu s'asseoir à tes côtés. « Enfin je te retrouve... » Tu souris doucement en glissant une main dans ses cheveux bruns. Son sourire est tendre, son regard bienveillant. Tes erreurs semblent déjà loin, quand tu te concentres uniquement sur lui, sur cet homme que tu aimes de tout ton cœur. « Je t'aime, mon amour... » Souffles-tu contre ses lèvres avant de l'embrasser. Il répond à ton baiser, avant de juste s'allonger sur la serviette à côté de toi. « Je t'aime aussi, Lyo... » Tu lui attrapes la main et lies tes doigts aux siens, et comme tous les soirs depuis cinquante trois ans, vous contemplez les étoiles en amoureux, vous, Lyokha et Samael Tudor-Volkov, vous, les amants maudits.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:27



« Et nous débutons ce journal de midi avec l'événement de la journée, à savoir cette fête d'Halloween. Comme chaque année, les avis sont partagés, même si on dénote une grande participation générale parmi les quatre nations. Ne vous étonnez donc pas de voir défiler un zombie, un pantin bien vivant ou encore un monstre des marécages aujourd'hui, les monstres sont de sortie pour venir voler quelques friandises dans les alentours, comme la tradition le veut chaque année, en plus des animations proposées par les parcs d'attraction. Mais comme chaque année, il y en a pour tous les âges, pour tous les goûts, allant du petit train fantôme, à l'adaptation de votre pire cauchemar par les meilleurs dans le milieu de l'horreur. Ce qui nous amène sur le zoom de ce soir, concernant une des attractions les plus inquiétantes de notre temps. On lui a décerné à de nombreuses reprises le prix de la meilleure attraction d'Halloween, malgré les nombreuses polémiques qui l'entourent. Je parle bien entendu de L'Île, autrement connue comme l'île des amants maudits. Ouverte sur toute l'année aux visites guidées, Halloween est la soirée où le lieu est le plus prisé. Nos reporteurs sont partis enquêter sur cette obsession du grand frisson, et par conséquent, se sont intéressés au cas de l'île. Un reportage de James Whitelaw et Marthe Cerretti. » Tu regardes l'écran de la télévision, entre deux lancers de ballon ovale avec Chris. Ceux qui sont dans le salon finissent par vous appeler à les rejoindre pour regarder le reportage. Après tout. C'est là-bas que vous allez ce soir, pour Halloween. Vous, petit groupe d'amis, vous qui vous vous connaissez depuis le collège. Certains se tassent dans le sofa, toi, tu t'assois à moitié sur l'accoudoir, faisant tourner le ballon entre tes mains. Tous ont le regard rivé sur l'écran. Première année que vous vous décidez à y aller, sur cette île. Louise est persuadée qu'il va se passer quelque chose. Elle a toujours été un peu parano. Elle a toujours eu facilement peur du paranormal, et vous essayez de la rassurer. Elle essaye d'en rire, mais tu sais bien qu'elle est terrorisée, rien qu'à l'idée d'y aller. Les garçons sont taquins en plus, ils ne vont pas arrêter à la nuit tombée, et tu le sais. Quatre garçons plus toi, et les quatre filles. Voilà qui va être plutôt marrant, enfin toi, tu en ris d'avance, même si tu es intérieurement un peu troublé par cette histoire. Pourquoi ? Parce que tu ressembles à un des deux personnages principaux de cette malédiction. Tu es le portrait craché de Lyokha Volkov, à la simple différence que tu as les cheveux d'un brun très foncés, contrairement au vampire qui était blond, de son vivant. Ce qui est loin de rassurer Louise, ça aussi, mais bref, tu essayes de le prendre à la rigolade.

Le reportage commence, tu regardes les images défiler. L'île est paradisiaque. Et vous allez y passer la nuit, avec un tas d'autres jeunes à la recherche du grand frisson. Ça promet une sacrée soirée ! Voilà six mois que vos places sont réservées. Chaque année, c'est la pagaille pour en acheter. Là, vous les avez, vos costumes sont prêts, et même si tu n'es pas d'un naturel très expressif, tu languis de te rendre avec tes amis là-bas. C'est une vampire qui est interrogée, dans le reportage. D'après le bandeau d'information, ce n'est autre que la propriétaire de l'attraction, de l'Île. Chris ne peut s'empêcher de relever qu'il en ferait bien son quatre heures. C'est vrai qu'elle est.. Attirante. Comme beaucoup de vampires. Le reporteur lui demande de parler de l'île, et elle s'exécute. « C'est sûr que cette année encore, nous attendons beaucoup de monde pour cette soirée d'Halloween. Toutes les places sont vendues, les invitations ont été envoyées, tout a été réglé au millimètre pour assurer une soirée des plus effrayantes pour nos convives. Et pour parler d'organisation d'ailleurs, qu'en est-il de la sécurité des invités ? Comme chaque année, tout est pris en compte comme je vous l'ai dit ; rien n'est laissé au hasard. L'île n'est pas non plus immense, mais le manoir est très grand. Nous connaissons chaque zone à risque, chaque relief, chaque récif, chaque infime surface de plage. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir pour les parents qui y envoient leurs adolescents ; notre équipe est composée des meilleurs éléments, et la sécurité est un point avec lequel nous n'avons jamais ri, sur l'Île. La zone est quadrillée et surveillée, nous avons une équipe de secouristes dans les locaux techniques, et les installations sont très souvent révisées. Il n'y a pas d'inquiétude à avoir, vraiment. Pourtant, la réputation quelque peu glauque de l'île peut laisser croire le contraire sur certains points, vous ne pensez pas ? Bien qu'il y ait sans doute une grande part de fiction, la police s'est déjà rendue par plusieurs fois sur les lieux pour des morts mystérieuses, et même quelques suicides. *aborde un sourire charmeur* Des rumeurs, toujours des rumeurs James. Vous permettez que je vous appelle James ? Beaucoup d'histoires se racontent sur cette île, les jeunes aiment rajouter une dose de piment à leur aventure en laissant entendre les pires histoires la concernant. Certes, il y a eu des accidents, par le passé, quelques uns inexplicables. Mais la sécurité n'égalait pas celle de l'île à ce jour, il n'y a vraiment aucun souci à se faire, je vous l'assure. » La conversation continue entre les deux. Tu n'y prêtes pas vraiment attention, tu regardes le ballon entre tes mains. Tout le monde sait qu'il s'est produit des choses horribles sur cette île. Une partie est vraie, l'autre non. Pour ce qui est de discerner la réalité de la fiction, c'est bien plus compliqué. La propriétaire ne va bien sûr pas aller crier sur tous les toits le vrai nombre de suicides et de morts mystérieuses que cette île porte. Mais ce n'est un secret pour personne ; cette île a un problème. Qu'elle soit hantée, ou qu'un serial killer l'ait squatée pendant des années, il y a eu des morts, c'est indéniable. Toi, tu as tendance à croire facilement au paranormal. Pas autant que Louise, non. Mais tu sais que cette planète entière est étrange. Et tu sais, comme tous les autres, que cette île a un lourd passé derrière elle, en plus de la fiction... Un passé bien réel, qui fait froid dans le dos.

Mais vous en souriez. Pour l'instant. Tu sais que ce soir, même les plus braves – du moins, ceux qui ont le plus de gueule – feront moins les malins. Toi, tu ne sais pas trop comment tu vas réagir encore. Tu n'es pas du genre à avoir peur facilement, au contraire, il t'en faut beaucoup. Mais tu n'es pas sûr de ce qui va vous attendre là-bas. Tu n'es pas sûr de ne pas en frissonner d'horreur, toi aussi. Tu en reviens à ce qui se dit à la télévision. La personne interrogée n'est plus la même. C'est une experte en paranormal, que la journaliste interroge. « Avec tout le respect que je dois à la propriétaire de l'attraction, Madame Linfield, je ne crois pas que faire son business sur une telle histoire soit très sain. Du moins, pas à ces fins là. L'Île a un lourd passé qui peut tout à fait être exploré pour des faits historiques, le cadre est réellement intéressant, mais il ne faut pas en abuser. On ne joue pas avec les esprits. Que l'on y croit, ou non. Et une fois de plus, même si je suis reconnaissante que Madame Linfield garde les lieux en état, et s'inquiète de garder le manoir impeccable, il ne faut pas nier qui s'il est produit des choses terribles. Et je ne m'arrête pas à l'histoire Tudor-Volkov qui fait encore beaucoup parler à ce jour, non. Je parle de ce qui s'est passé par la suite. Il ne faut pas oublier tous ces jeunes, morts mystérieusement. Les chiffres sont inquiétants, à mes yeux du moins. Nous avons investi les lieux pour une semaine avec notre groupe de recherche. Et je l'affirme, j'insiste, une fois de plus, mais cette île devrait être condamnée, ou du moins, interdite à la visite d'un public, surtout un public aussi jeune. Qu'avez-vous à rapporter, quand vous parlez d'événements troublants ? Je ne souhaite pas discréditer l'affaire de Catherine. Par conséquent, je ne m'étendrais pas sur la question. Mais renseignez-vous, lisez le nombre d'articles parus sur cette île. Certains sont sans doute faux, mais d'autres eux, relatent la terrible vérité qui enveloppe cette île. C'est un endroit dangereux. Les meilleures installations ne protègent pas des mauvais esprits. » Est-ce un coup de communication ? Est-ce que cette experte est de mèche avec Catherine Linfield ? Ce ne serait pas la première fois qu'il y a un coup tordu du genre pour faire d'autant plus de pub pour les attractions Linfield. Tu sais qu'il y a quelques années, Catherine est passée par un procès pour avoir mis en scène une mort particulièrement affreuse sur l'île, histoire d'attirer plus de monde encore. Procès très discret, qui avait pourtant eu l'effet escompté. La curiosité des gens est si glauque parfois, c'est vraiment flippant...

Le reportage continue de plus belle, mais ça ne t'intéresse pas vraiment. Toi, tu veux y être, pas juste en voir des images à la télévision. Alors tu t'éloignes, allant prendre un verre de citronnade en continuant de préparer la nourriture pour ce midi. Plancha au programme. Tu coupes le poulet, les aubergines, les poivrons. Un peu de plusieurs légumes pour satisfaire tout le monde. Tu termines de mettre la table à l'extérieur, tu en profites pour allumer la plancha. Il fait beau aujourd'hui. Vraiment. Vous avez de la chance, c'est l'idéal pour une journée barbecue-piscine. Puis, tu aimes bien recevoir tes amis chez toi, vraiment. Tu n'échangerais ce petit groupe pour rien au monde, et les journées comme celles-ci sont si précieuses... Vous avez tous grandi, toi le premier, du haut de tes vingt-cinq ans, les choses sont un peu plus compliquées. Le boulot, la famille... C'est plus difficile qu'avant, de se voir. Mais vous y parvenez encore, et c'est l'essentiel. Une main remonte le long de ta nuque, se perd brièvement dans tes cheveux. Un doux sourire étire tes lèvres, alors qu'elle est là, à tes côtés. « Besoin d'aide, cuisto ? » Elle vient te voler un baiser, pique au passage un bout de tomate. Tu hausses un peu les épaules. « Non, ça va, je ne m'en tire pas trop mal pour l'instant. Si tu pouvais leur dire que c'est bientôt prêt, en revanche... » L'entrée est déjà sur la table, après tout. Puis, il vaut mieux vite manger, si vous voulez profiter du temps qu'il vous reste avant de vous préparer pour rejoindre l'île.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:29



Vous voilà, débarqués sur l'île, dans vos costumes plus flippants les uns que les autres. Pour ta part, tu as opté pour un truc simple mais efficace ; un gangster – style années vingt – avec la gorge tranchée. Tu as abandonné la veste par contre, il fait beaucoup trop chaud ici pour être trop couvert. Alors tu remontes les manches de ta chemise, tandis que vous restez avec tes amis avec tous les autres jeunes, devant cette lourde chaîne rouillée qui vous interdit d'aller plus loin. C'est un long chemin dans une forêt qui vous fait face, sombre et mystérieux. Deux flambeaux en éclairent l'entrée, et vous guettez toujours l'heure. Plus que quelques minutes, avant que le parc ouvre. Tu joues un peu avec tes bretelles alors que les autres trépignent d'impatience à leur manière. La nuit est tombée depuis peu, la lune brille déjà là-haut. Il y en a qui dansent, et qui chantent, et des cris résonnent lorsqu'ils se font peur. La tension est palpable, tout le monde a hâte de rentrer pour cette soirée riche en rebondissements. Parmi tes collègues, certains ont fait fort niveau costume aussi. Il faut dire que, avec Louise qui est dans l'industrie du maquillage de cinéma, il fallait en profiter. Bref. Un lourd son de cloche se fait entendre, et soudainement, le silence retombe. Vous vous tournez tous vers la personne, ou plutôt les personnages qui viennent d'apparaître devant le portail. Ils sont... Plutôt inquiétants. « Hé bien, hé bien. Que voilà. Nos convives, à l'heure, comme toujours. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, bienvenue sur L'Île. Nos hôtes n'attendent plus que vous, pour que la fête puisse commencer. Je vous demanderais de bien vouloir garder votre invitation à la main, pour la présenter au passage du portail aux gardes. Toutefois, n'hésitez plus. Une fois engagés sur ce chemin, aucun retour en arrière ne sera possible... » La jeune femme à la voix enjôleuse vous offre un sourire aussi espiègle qu'inquiétant. Son maquillage un peu exagéré en ajoute au côté dramatique de la scène. Son regard sonde les environs, et s'arrête un bref instant sur toi. Elle arque un sourcil, légèrement surprise apparemment. Mais elle retrouve bien vite son attitude de comédienne, et se détourne pour disparaître dans le chemin, dans un rire enfantin. Doucement, les conversations reprennent, le rang se forme, et peu à peu, vous rejoignez l'entrée du chemin, après une halte devant les gardes pour présenter les invitations.

Vous vous engouffrez donc dans cette zone boisée. Le chemin est assez large, mais très sombre, malgré les nombreuses torches qui s'alignent de part et d'autre de la route pour vous éclairer. Les bois sont majestueux. Mais aussi inquiétants, à leur manière. Par moments, quelques cris se font entendre, de visiteurs surpris. Il faut dire que ces bois sont vivants. Quelques acteurs se jouent de vous, courent et vont ployer les branches, écrasent les feuilles. Des hurlements de loups semblent se mêler à certains bien plus humains, mais la différence est maigre. Lissa serre ton bras par moments, lorsqu'elle est surprise. Tu en souris franchement, et vous continuez à avancer. Du moins, jusqu'à ce que tu décides de refaire ton lacet, et que tu leur dis que tu les rejoins. Ils avancent, te laissent là, au milieu de ce flot de jeunes qui traversent la zone. Quelque chose semble bouger sur ta gauche, et tu fronces légèrement les sourcils, te relevant. Tu penches la tête pour guetter ce qu'il y a entre deux arbres. Et lorsque tu te retournes pour faire face au chemin, elle est là, plantée devant toi, le regard paniqué, hagard. « Oh Maître, je ne pensais pas vous revoir, je vous en supplie Maître, ne vous énervez pas... » Elle s'incline face à toi. D'abord surpris, tu souris un peu, comme pour lui faire comprendre que, même si elle est très bonne actrice, cette femme ne t'effraie pas. Une sorcière. Elle en a l'accoutrement en tout cas. Ses vêtements sont déchirés, les tissus s'emmêlent de ses poignets à sa robe, et son châle troué glisse un peu de ses épaules. Son regard est cerclé d'un noir charbonneux, et ses yeux dorés sont figés sur ta personne. « Je vous en prie Maître, ils ne savent pas ce qu'ils font, ce ne sont que des enfants... J'ai essayé Maître, essayé de les tenir à l'écart de votre île... » Tu regardes un peu ailleurs, souriant toujours. La situation est légèrement gênante, tu peux l'admettre ; car tu ne sais pas trop comment réagir. « Hm, je crois que vous me prenez pour un autre... » Souffles-tu finalement à son attention. Elle secoue la tête, pose une fois de plus son regard sur toi... « Mais enfin Maître, je suis Cordélia, auriez vous perdu l'esprit ? Oh, je vous en prie, ne leur faites pas de mal, ils ne sont que naïveté et jeu, j'ai voulu vous épargner ces offenses, mais cette femme, Catherine, elle est propriétaire de vos terres désormais.. Oh Maître, je suis si désolée... » Elle se laisse tomber à genoux et t'attrape les mains, baissant la tête. Tu arques un sourcil. Certains jeunes qui passent vous regardent, comme si tu étais toi aussi un figurant. Tu lui fais doucement lâcher prise. « Je vous en prie, relevez-vous voyons... » Tu l'aides à se relever, lui accordes un doux sourire. Elle regarde par dessus ton épaule avec des yeux fous, tu te tournes pour voir ce qu'elle a aperçu. Rien. Mais lorsque tu te retournes pour lui faire face à nouveau, elle n'est déjà plus là. Tu as soudainement une sensation de froid dans le dos. Comme un courant d'air un peu inquiétant qui n'a pas lieu d'être, dans une soirée si chaude.



Enfin, un peu perturbé par cette rencontre, tu t'empresses de rejoindre les autres qui ont fait une halte plus loin. « Hé bien, qu'est-ce qu'elle te voulait, la sorcière ? » Tu secoues la tête. « Je ne sais pas, mais c'était assez... étrange. » Et sur ces quelques mots, vous vous remettez en route. Vous arrivez sur une grande étendue de plage. Plus loin devant vous se dresse le grand manoir. Lugubre. Sombre. Inquiétant. Mystérieux. Tant d'adjectifs qui le définissent à merveille, il faut croire... Tu restes un instant ébahi devant la beauté des lieux. Une beauté pourtant macabre mais... On sent que cet endroit a une histoire, un passé bien vivant, même s'il n'est pas des plus glorieux. Les flambeaux s'alignent sur la plage. Des grooms, aussi inquiétants que muets vous invitent à vous asseoir en vous plaçant ici et là sur des chaises parfaitement alignées, devant ce qui semble être une estrade. Des formes angoissantes se dessinent ici et là, des personnages glauques font leur apparition. Deux cracheurs de feu font le spectacle, en attendant que vous soyez tous installés. Et lorsque c'est fait, tout s'éteint brusquement. Toute source de chaleur. En quelque seconde, la lumière revient, et les cracheurs de feu ont disparu. Une femme elle, a fait son apparition sur la scène. « Elle aussi, j'en ferais bien mon quatre heure... » Souffle Chris, déguisé en Joker. Tu souris un peu, lui met un léger coup de coude. Une fois de plus, il n'a pas tort. Il semblerait que ce soit une sorcière qui est là, debout devant vous. Une délicieuse brune aux yeux dorés. Des yeux dorés... Tu repenses brièvement à la femme que tu as vu tout à l'heure dans les bois... Mais celle-ci te tire de tes pensées en reprenant la parole. « Bonsoir à tous, convives. Je me présente, je suis Cordélia Gallaghan, sorcière et protectrice de cette île. » Cordélia. Tu fronces légèrement les sourcils. L'autre femme que tu as croisée... Elle s'appelait aussi Cordélia. De ce que tu as compris, elle était aussi une genre de protectrice pour ces lieux. Et ces cheveux bruns, ces yeux dorés... C'est étrange. Ce n'est pas la même femme, qu'il y a sur cette estrade. Juste le même personnage... « Ce soir, je suis votre hôte. Votre guide. Mais avant tout, je suis celle que l'on appelle la conteuse. Si certains d'entre vous en pensent en savoir beaucoup sur cette île, d'autres viennent en totale innocence. Laissez-moi vous dire que tout ce que vous pensez est faux. Il est grand temps de rétablir la vérité, maintenant que vous vous êtes aventurés ici. » Ses talents d'oratrice vous gardent tous captivés, le regard rivé sur sa personne. C'est tout juste que tu remarques qu'un loup est allongé à ses pieds. « L'histoire de l'île des amants maudits, donc. Tel est le nom que vous lui donnez, vous, objets d'une curiosité dangereuse. Vous n'avez pas tort. C'est ainsi que tout le monde devrait l'appeler. Car il n'y ait plus cruelle histoire d'amour que celle dont a été spectatrice cette île. Lyokha Volkov et Samael Tudor. Le vampire et l'humain. Le criminel et l'intendant impérial. Le démon et le chasseur. Deux hommes que tout opposait, n'est-ce pas ? Leur amour n'en a pas été moins fort. Bien au contraire. L'histoire qui les lie prend place il y a de cela des décennies. Un peu moins de deux siècles, pour être précise. Le blond avait 1143 ans, quand le brun n'en avait que 23. Des débuts difficiles. Violents. Du sang et des larmes. Une profonde haine. Mais vous connaissez sans doute l'adage ; de l'amour à la haine, il n'y a qu'un pas. Ils en ont été la réciproque, passant des pires sentiments aux meilleurs. Se détestant les premiers temps, pour finir par s'aimer, d'un amour qui les aura consumés et détruits. Un amour si puissant pourtant, presque inespéré pour l'immortel qui n'avait été que trop de fois déçu par la vie, par son cœur. Quant au jeune humain, tout cela était si inédit. Si interdit. » Cette histoire vous prend à la gorge. Ce ne serait sans doute pas le cas, si c'était de la fiction. Mais tout le monde le sait, l'histoire de Lyokha est de Samael est une cruelle et réelle tragédie. Après une brève pause – le temps de reprendre votre souffle – elle poursuit. « Et ils se sont aimés. Pour une longue année, ils se sont aimés, malgré les hauts et les bas, les disputes, et les instants de complicité. Rien n'a jamais été simple. Les secrets, les erreurs. Par instant, si le monde semblait ligué contre eux, et que tout semblait perdu, ils ont tout de même tenu, main dans la main. Samael a fêté ses vingt-quatre ans. Les deux amoureux ont fui le temps d'une semaine sur cette île. C'est sur cette plage que Lyokha a manqué de demander le jeune humain en mariage, par peur du rejet, d'une nouvelle déception amoureuse qu'il n'aurait sans doute pas supporté. Alors il a repoussé sa demande. Et la suite nous apprend qu'il n'aurait pas dû hésiter. » Certains sourient, sûrement car ils n'y croient pas aussi dur que toi. Mais toi, tu y crois, vraiment. Tu aimerais sentir un jour, cet amour. Aimer aussi fort quelqu'un, à en perdre pied. Pas que tu n'aimes pas ta Lissa, non. Mais l'amour dont cette sorcière parle semble presque inhumain, tant il est paraît fort, palpable, réel et pourtant inimaginable.

Elle fait quelques pas de gauche à droite, et inversement, sur la scène. « Quelques temps plus tard, suite à une violente dispute entre les deux, Samael a quitté Lyokha, sous le prétexte du devoir. Obligé de s'éloigner pour trouver une femme, se marier, fonder une famille. Anéanti par la nouvelle, Volkov a peu à peu sombré dans ses vieux démons. Alcool. Drogues. Trouver une jeune femme du nom de Jillian pour compagnie n'aura pas suffi à le détourner de ses idées sombres, puisque un mois plus tard, conviant Samael et sa fiancée chez lui à boire un verre, il mettra en scène sa mort, espérant soulager la conscience de Samael d'un poids, et la sienne par conséquent, en s'éloignant à jamais de son amour perdu, se réfugiant en montagne alors que tous le croyaient mort. Et cette histoire aurait dû s'arrêter là. Samael aurait dû vivre heureux, avec sa nouvelle fiancée. Mais l'amour qu'il portait toujours au russe l'entraîna dans une spirale infernale. Il se réfugia sur cette île, où la folie le gagna peu à peu, entre hallucinations et souvenirs bien réels. Provoquant sa propre mort, l'humain se laissa emporter par la mer un soir, après un ultime coup de folie. Atteint et définitivement détruit par la nouvelle, Lyokha revint sur le devant de la scène, accusé par tous de la mort de son amant. Un malentendu, n'est-ce pas ? C'est tout ce qu'avait été cette histoire. Après avoir enterré le jeune Tudor avec le reste de l'entourage impérial, Lyokha décida de disparaître une ultime fois. Une dernière. C'est sans vous surprendre que je vous apprends que c'est ici même qu'il s'est réfugié, choisissant pour dernière demeure, le lieu qui lui avait enlevé l'amour de sa vie. » Sa voix s'éteint sur ses derniers mots. Ton cœur loupe un battement. Elle est particulièrement doué. Et toi, tu demeures un peu perturbé par la rencontre faite plus tôt. Lissa garde ta main dans la sienne, lie vos doigts. Mais ton regard ne quitte pas cette sorcière, sur l'estrade. « Lyokha s'est fait oublier. Il s'est perdu entre réalité et songes, à cause de la drogue. Il a d'abord vécu seul, jusqu'à me recueillir, et à m'inviter à le suivre ici, alors que j'étais seule, perdue et désespérée. Il a montré un peu de ce cœur qui saignait si fort que je me suis demandée ; mais comment se peut-il qu'il soit encore là ? Comment se peut-il que les dieux laissent un homme vivre dans une telle peine. Il m'a un soir expliqué qu'il ne méritait pas de mourir. Que cela serait trop simple. Qu'il devait souffrir, avant de retrouver son amour perdu. L'Île est peu à peu devenue un lieu de fête et de débauche. Grandes soirées à thèmes, invitations privées. Disparitions mystérieuses et suicides inexpliqués. Au début, elle intriguée. Après, on s'en est méfié. Mais les visiteurs, les fêtards, à peine plus âgés que vous, se régalaient des soirées passées dans l'excès. Le vampire voyait son amour perdu à travers de jeunes hommes qui venaient sur l'île. Il s'oubliait dans leurs bras, et regrettait dès le lendemain ses actes, à s'en punir physiquement. Je l'ai plus d'une fois ramassé avant qu'il n'aille trop loin. Plus d'une fois consolé, quand il avait rejeté sa famille, ses amis, me laissant pour seule réelle relation, dans son monde instable. Il vivait avec l'image de Samael à ses côtés. Se rendait tous les soirs, sans la moindre exception, à l'endroit même où il a retrouvé le corps de Samael. Pour boire une bouteille de champagne, et observer les étoiles avec celui qu'il a proclamé son mari. Et ce petit manège a duré des décennies. Huit précisément. Avant que le temps ne devienne trop long pour Lyokha. Qu'il se fasse plus agressif – trop agressif. Jusqu'à tuer de sang-froid pour le moindre mot de travers. Alors, les convives ont fuit. Les fêtes se sont faites plus rares. Et il s'est retrouvé seul, avec son chagrin, abandonné de tous. Certains ont dit qu'il avait fini par se noyer dans ses larmes et dans l'alcool. Et cela aurait sans doute était préférable à la vraie version de la chute du Loup. » Elle baisse les yeux. Deux larmes tracent sur ses joues, deux sillons invisibles. Elle relève un regard rouge et humide sur vous tous. L'histoire te prend là, au creux de l'abdomen. C'est terrible, toutes ces sensations qu'elle vous procure, par la simple utilisation des bons mots, et d'une intonation de voix à la fois douce et forte, hésitante et déterminée. Un curieux paradoxe qui vous envoûte tous. « Cent ans après la mort de son époux, jour pour jour, mon Maître a mis fin à ses jours. Si le chasseur a choisi l'océan pour l'emporter, le vampire lui a préféré un tout autre supplice. Une dernière opposition avec son amour perdu. Alors, comme tous les soirs depuis cent ans, il a choisi ses plus beaux habits pour se rendre sur la plage, à la même heure. À la seule différence que cette fois, il avait emporté cette photo avec lui. Cette fameuse photo qui fait écho à l'esprit de chacun, lorsque l'on parle de L'Île. Il s'est assis aux côtés de Samael. A tenu sa main toute la nuit durant, le regard fixé sur l'horizon cette fois. Non pas pour voir les étoiles, mais bien une étoile en particulier. Le soleil s'est levé et c'est un magnifique tableau auquel il a pu assister, avant de disparaître dans la nature, détruit par les rayons de l'astre. Il n'a, à notre connaissance, laissé qu'un seul indice, en plus de cette fameuse photo. Une page arrachée, sur laquelle était griffonnée une courte phrase. Vous pouvez aimer un monstre, et celui-ci pourra même vous aimer en retour, mais ça ne changera pas sa nature. Suite à cette mort tragique, L'Île fut condamnée. Abandonnée. Interdite aux visites. Ce qui n'a pas empêché ces dernières, malheureusement. D'autres événements tragiques s'y sont produits. Des mots suspectes. Des suicides. Les rares survivants ont dit entendre des voix, voir des personnes s'y balader. Des ombres leurs murmurer d'affreuses choses, pour les pousser au pire. Au meurtre. Au suicide. Voyez, depuis des années maintenant, mon Maître et son amant ne sont plus les seules âmes vagabondes à craindre. Ils demeurent maîtres de ces lieux mais... Si les vestiges de leur amour en auront rendu fou plus d'un, qu'en sera-t-il pour vous ? Regardez vos arrières. N'écoutez pas les voix. Veillez sur vos amis. C'est un pas vers l'enfer, que vous avez fait en arrivant ici. » Les flambeaux vacillent, apportant tantôt trop de lumière, tantôt pas assez. Un courant d'air frais semblable à celui que tu as ressenti précédemment passe entre vous. Des rires se font entendre, ici et là. Mais aucun de vous ne rigole. C'est juste. Comme un écho, terrifiant et étrange. « Maintenant que vous savez, vous êtes libres de vous balader sur L'Île. Libres de visiter l'immense manoir qui se trouve derrière moi. De nombreuses animations sont à découvrir, ici et là. Avec un peu de chance, vous croiserez peut-être mon Maître. Fuyez, si c'est le cas. Il n'apprécie pas qu'on le dérange, et il en est autant pour son époux. Et surtout, profitez de votre séjour parmi nous... Puissiez-vous en sortir vivants. » Un éclat de rire bien sonore, la lumière se coupe, et lorsqu'elle se rallume, la sorcière a disparu. Woh. C'était vraiment... Impressionnant comme entrée en matière. Il faut croire que la soirée commence réellement, pour de bon. Et tu es impatient de plonger la tête la première dans cette soirée de l'horreur.

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MessageSujet: Re: we accept the love we think we deserve. (OS)   Lun 29 Juin - 16:30



Vous vous rassemblez pour commencer à parcourir L'Île. Laquelle a été aménagée de manière à laisser tant d'anecdotes ici et là sur son passé... Une zone rappelle un cirque un peu inquiétant, lequel reflète les soirées poussées à l'excès dont Monsieur Volkov était l'hôte. À ce que tu sais, chaque pièce a été gardée intacte, ou presque, toutes marquées par la folie de Tudor et Volkov. Certaines ont dû être reconstituées, comme celle où toutes ces feuilles marquées d'un « Reviens » carmin au sang de Tudor, étaient étalées à travers la chambre. Ou encore cette pièce au piano, ou le sang teinte à nouveau les touches. Voir même ce lieu où ils se réunissaient toujours sur la plage, où deux serviettes sont étendues, avec une bouteille de champagne dans un seau, et des traces de pas ici et là. Certains mécanismes ont été ajoutés, histoire de rendre le tout un peu plus flippant. Des miroirs aux drôles de reflets, des objets qui bougent seuls, des sons, des cris, des rires... Et les figurants qui jouent leur rôle à fond. Mais tu te dis que non, tu ne vas pas avoir peur. Pas toi. Bref, après avoir bu une coupe de champagne vert fluo, certains s'éloignent par ici, d'autres par là. Ton groupe décide de s'attaquer au manoir et à ses nombreuses pièces qui regorgent d'anecdotes et autres secrets macabres. Vous commencez par l'étage, l'aile gauche plus précisément. Pour ce que tu te souviens du plan, il y a une bibliothèque, une salle au piano, une chambre, un bureau... Le reste est flou. Mais vous avancez. Le plancher grince. Des portes claquent sur votre passage, de manière inexplicable. Plus d'une fois, vous sursautez. Lissa va finir par broyer le bras de Chris, mais tu en ris franchement. Car Chris fait un peu moins le fier, alors qu'il pousse des cris peu viriles de temps à autres. Toi, tu fermes tranquillement la marche. La place la plus effrayante à ce qui se dit. Mais jusque là, tu n'as pas eu à te plaindre de l'intervention des figurants, aucun ne t'a vraiment fait peur.

Quelque chose attire ton regard. Tu t'arrêtes devant un grand miroir posé sur une console. Il a quelque chose d'étrange... Un reflet anormal. D'abord, tu crois à un autre de ces miroirs trafiqués mais... Cela t'intrigue. Tu t'approches encore un peu, puis tu entends ce murmure, près de ton oreille. Comme si une femme venait d'y souffler un mot... « Lyokha... » Tu te tournes sur ta gauche. Mais il n'y a personne. Alors tu regardes à droite. Personne non plus. Tes amis se sont éloignés, sans se rendre compte que tu n'étais plus derrière. Et tu aimerais les rejoindre. Mais tu es comme... Inexplicablement paralysé sur place. Incapable de bouger pour les rejoindre. Tu fronces un peu les sourcils. Ce n'est pas que tu ne peux pas, c'est que tu ne veux pas... C'est vraiment étrange. « Reste, Lyokha... » Cette même voix féminine... Un frisson remonte le long de ton dos. Si tu ne peux pas le deviner, c'est bien quelqu'un qui a connu Lyokha, qui te souffle ces mots. Jillian ? Un autre amour perdu ? Rien n'est impossible, tu n'en sais pas assez sur celui qu'on appelle le Loup pour être sûr de ce que tu avances. Tu observes ton reflet. Il est... Il change. Et pourtant, tu restes stoïque. Le garçon qui te fait face fronce les sourcils, lui. Et il a les cheveux blonds... Il penche la tête sur le côté, et semble reculer, jusqu'à disparaître dans le mur. Immédiatement, tu te tournes pour vérifier derrière toi. Mais non. Il n'y a personne. Alors tu reposes vite ton regard sur le miroir. « Pars. » Quatre lettres capitales dégoulinantes de sang, en cyrillique, et tu ne vois même plus ton reflet. Qu'est-ce ? Pendant un instant, tu espères que c'est une autre invention de l'attraction. Parce que le cas contraire, c'est franchement flippant. Tu te tournes rapidement dans la direction que tes amis ont suivi. Tobias se tourne vers toi à cet instant, t'appelant à les rejoindre, te demandant pourquoi tu traînes. Mais lorsque tu arrives à la porte qui sépare cette partie du corridor et la leur, les deux battants se referment brusquement. Tu fronces les sourcils. Tu tapes contre la porte, tires dessus, la pousses. Rien n'y fait. Quel piège est-ce encore ? Tu soupires un peu, et tu te retournes. Bon, tant pis, tu vas les rejoindre d'une autre manière.

Mais à nouveau, tu sens cette présence. Comme quelques doigts qui effleureraient délicatement ta joue. Tu recules la tête. Il n'y a rien. C'est dans ton esprit, il n'y a... Strictement rien. Juste une hallucination, pas vrai ? « Viens Lyokha... » Souffle à nouveau cette voix enjôleuse, alors qu'une porte s'ouvre seule. Ok, là, c'est carrément flippant. Tu n'es pas de ceux qu'on effraye facilement, mais là franchement... Tu hésites un instant. Mais une fois de plus, c'est comme si ta volonté se jouait de toi, et te poussait à suivre cette voix. Tu passes donc la porte, pour te rendre dans la salle au piano. La porte se ferme dans un grincement derrière toi. Tu regardes tout autour de toi. La pièce est grande, et le fameux piano est bien là, au milieu... Il y a un garçon, un peu plus loin. Ce n'est qu'une question de secondes avant qu'il ne se tourne vers toi. Et tu restes figé un instant... Comment... Que. Est-ce une hallucination ou un figurant ? Aucun des deux. Il est bien trop réel pour la première option, et pas vêtu de la même manière que les seconds. Tu arques les sourcils. Il ressemble vraiment à Tudor, avec les cheveux bien plus courts mais... Tu passes une main dans tes cheveux. « Oh. Je vois qu'on s'est perdu au même endroit... » Sors-tu à tout hasard. « Tu fais partie des figurants ou... ? » Tu avances un peu dans la pièce. Il secoue la tête. « Hm, non, on va dire que je me suis perdu, moi aussi. » Tu souris franchement. C'est quand même... Perturbant. Il lui ressemble beaucoup. Toi, tu ressembles beaucoup à Volkov. Comme un coup du destin... Ou bien ce lieu serait réellement hanté ? Tu ne sais pas ce qui se passe, mais tu ne te sens pas très bien. Il y a une présence. Quelque chose. C'est lourd, pesant. Étouffant. « Je. Je m'appelle Czeslaw Ivashkov. Je pense qu'on pourrait faire équipe pour sortir de là, qu'est-ce que tu en dis ? » Tu lui tends la main, histoire de serrer la sienne, par politesse. Il t'accorde un sourire. « Emrys Tudor. Et j'en dis que c'est une bonne idée. » Il t'attrape la main. Le contact t'électrise. Tu restes là, à le regarder, en silence, et il en fait autant. L'énergie dans la pièce semble réagir elle aussi, puisque la lumière vacille brusquement une fois de plus. Quelque chose de totalement anormal, n'est-ce pas ? Ou c'est un autre jeu de lumières provoqué par l'équipe ? Tu n'en as aucune idée. Mais cette Cordélia ne mentait pas. Cette île regorge d'une certaine noirceur inquiétante. Mais de tellement plus pur aussi, tu en es intimement persuadé, sans comprendre pourquoi.

‹ Il y a pourtant des légendes, par trop de fois ignorées, qui ressassent ces événements inexpliqués. Des légendes qui parlent de destin et de fortune, qui mêlent passé et présent. Des histoires qu'on ne raconte plus à ce jour, mais qui demeurent, immuables, et plus concrètes que jamais. Il se dit que parfois, les dieux regrettent un choix. D'autres expliquent que l'univers est une entité, désirant offrir une deuxième chance à ceux qui l'auraient mérité. Les plus pessimistes eux, s'accordent pour dire que c'est une punition, à ceux qui auront défié les dieux. Les moins croyants laissent cela au hasard et à la chance. Je ne connais pas la vérité. Pas plus que vous, ni eux. Mais si j'avais une hypothèse à faire, ce serait la seconde, ou bien la première. Certaines tragédies font pleurer les étoiles. Les miens avaient coutume de dire que c'est de là que venait la pluie. Se pourrait-il alors que ces deux garçons soient la deuxième chance de l'univers ? Une occasion impensable de recommencer les choses, et de réussir cette fois, à ce que le drame ne soit pas une option ? Je n'ai pas la réponse, je n'ai pas la solution. Je sais juste que le destin parfois fait ployer les hommes, en détruit certains, en élève d'autres. Je sais qu'il est cruauté et justice, amour et violence, qu'il est un paradoxe douloureusement sympathique. Je sais qu'il s'acharne, et que tout cela n'est peut-être que le fruit de mon imagination. Mais si tout cela était bien réel ? S'ils étaient bien ce miracle ou ce cauchemar, nés de l'ombre pour devenir lumière.  ›

_________________

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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