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 what are you waiting for ? {Lyokhael, Lyo ermite}

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Mirza
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: what are you waiting for ? {Lyokhael, Lyo ermite}   Mar 7 Juil - 23:13

what are you waiting for ?

La faim. C'est certainement le plus dur à supporter : cette faim qui vous tord le ventre, qui vous prive petit à petit de toutes vos forces. Tu as faim, comme ton cousin et ta sœur. Mais comme tu es l'aîné, tu laisses toujours une portion de ta part aux deux autres. Tu n'as pas besoin de beaucoup manger après tout. Tu es naturellement résistant. Malheureusement, voilà des mois que vous êtes en cavale et cette privation quotidienne commence à se faire sentir. Tes gestes sont moins précis, tu as plus souvent besoin de dormir alors que tu ne peux pas te le permettre. Vous auriez pu garder les voitures, partir loin, très loin, mais pour aller où ? Vous n'êtes en sécurité nulle part. N'importe qui peut être partisan des anarchistes et vous dénoncer. Alors vous vous cachez, vous réfugiant dans les zones les plus reculées de la planète. Ces derniers temps, vous êtes dans les montagnes. Jusqu'à il y a quelques jours, vous vous cachiez dans une grotte mais après avoir aperçu des promeneurs non loin, vous avez choisi de déménager, profitant d'une tempête de neige pour masquer vos traces. Et depuis, vous ne faites que marcher. Les chevaux souffrent autant que vous des températures négatives et du manque de nourriture. Parfois, vous vous accordez des pauses et dans ces moments, les chevaux restent sur place tandis que, tous trois, vous partez à la chasse. Vous ne rapportez pas toujours de quoi manger, encore moins dans ces montagnes, par cette saison. Cela fait déjà deux jours que vous n'avez rien attrapé, vos réserves de nourriture sont vides et...

-Mae, arrête-toi ! Léandre n'en peut plus !

Tu serres un peu les dents et tires un peu sur les rênes de ta jument, la forçant à s'arrêter. Keana souffle un peu mais ne proteste pas, bien trop heureuse de faire une pause sous toute cette neige qui tombe. De toute manière, tu as choisi de retirer le traducteur des chevaux. C'est trop caractéristique des Tudor, cela vous aurait trahi dans la seconde. Quelques secondes plus tard, tes pieds s'enfoncent dans la neige tandis que tu aides ta sœur à descendre votre cousin de sa monture. Tu le portes un peu, le temps que ta cadette retire la neige sur un petit espace, puis déposes le jeune homme au sol. Une main vient aussitôt se déposer sur son front. Tu la retires aussitôt, pâlissant...

-J'ai l'impression que sa fièvre a encore empirée...
-J'ai la même impression. Mae, on ne peut pas continuer comme ça ! Il a besoin de soins, et on ne trouvera pas de médicaments dans ces bois ! Il faut redescendre dans une ville, avant qu'il ne soit trop tard !
-Le temps de trouver une ville, il sera déjà trop tard. Non, pour l'instant, il faut se trouver un abri pour quelques jours, le réchauffer, et le faire manger à sa faim. C'est notre priorité.
-Mais, Mae...
-Il n'y a pas de mais qui tienne. Tu sais que j'ai raison.


Elle baisse les yeux et ne cherche plus à argumenter. Tu as raison, tu as toujours raison. Comment tu sais que ton cousin ne tiendra pas le coup ? Parce qu'il n'est plus réellement conscient. Son regard fiévreux a du mal à rester fixé sur l'un de vous, il est épuisé, il a besoin de dormir mais vous êtes dans l'incapacité, en ce moment, de lui trouver un coin sûr et confortable. Cela te fait mal de voir ton cousin être dans un si mauvais état. Antheia a raison, il lui faut un bon lit, de la nourriture équilibrée en quantité suffisante et des médicaments. Mais où trouver cela, dans les bois ? Tu ne sais pas. Tu n'as pas été formé à ce genre de scénario. Tu devais passer ta vie dans le palais impérial, gérer le personnel et l'emploi du temps de ta famille, pas te retrouver perdu dans les bois avec ton épée, quelques cordes et un arc pour subvenir aux besoins de trois personnes.

Soudain, Keana se met à piaffer, attirant ainsi ton attention et agitant les deux autres chevaux. Fronçant les sourcils, tu te relèves et viens à ses côtés, posant une main sur son encolure. Qu'a-t-elle vu d'intéressant ? Oui, tu connais tes chevaux par-cœur. Elle n'est pas inquiète, nerveuse ou quoi que ce soit dans le même genre, non. Elle dit juste qu'il y a quelque chose d'intéressant plus loin. Mais quoi ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tu n'as pas les mêmes sens qu'elle. Mais tu es bien décidé à découvrir ce qu'elle a repéré.

-Keana a vu quelque chose qui pourrait nous être utile. Tu penses que vous pouvez nous suivre, ou tu préfères que j'y aille seul et attendre ici ?
-On t'accompagne. Je n'ai pas la moindre envie de te perdre dans ces bois.


Un doux sourire étire tes lèvres. Tu penses la même chose. Vous avez déjà perdu votre oncle en route, ainsi que d'autres personnes de votre petit groupe initial. Vous vous étiez séparés dans une ville, à la recherche d'un lieu où dormir, mais vous ne vous êtes jamais retrouvés. Des anarchistes vous sont tombés dessus, et la seule manière de leur échapper était de fuir, ce que vous avez fait, tous les trois. Tu espères que les autres s'en sont sortis sans le moindre problème... Mais ce n'est pas le moment de penser à eux, non. Il faut d'abord que tu protèges tes cadets. Alors tu aides ta sœur à remettre Léandre en selle, juste devant elle, puis tu remontes sur le dos de ta jument. Fiere vous suit, comme toujours. Avançant au pas dans la neige, à la lumière de la lune, vous traversez le bois, faisant totalement confiance à Keana. Et quelques minutes plus tard, vous vous retrouvez devant un chalet. Un chalet perdu en pleine montagne, oui. Ton cœur bat trop vite, trop fort. C'est inespéré ! C'est une aubaine, tomber sur une habitation récente qui semble habitée ! Avec un peu de chance, vous pourrez vous y reposer pendant un temps ! Non, ne te fais pas de faux espoirs, Samael. Encore faut-il que le ou la propriétaire vous accepte, et ce n'est pas gagné d'avance. De plus, le risque en vaut-il la chandelle ? Un regard vers ton cousin répond à cette question : oui. Vous en avez absolument besoin. C'est sur cette pensée que tu mets pied à terre et que tu vas frapper à la porte du chalet.

Tu patientes. Une minute. Puis tu frappes à nouveau à la porte. Et si personne n'était présent ? Alors tu forcerais la porte et tu entrerais. C'est une urgence, après tout. Mais il y a quelqu'un, puisque la lumière est allumée à l'intérieur. Instinctivement, tu baisses un peu plus ta capuche sur ta tête, masquant au mieux ton visage, tout en regardant une couche de neige en tomber. Tu ne veux pas qu'on vous reconnaisse, pas tout de suite. Tu as besoin de temps. Mais tu as surtout besoin que la personne qui habite ce chalet vienne vous ouvrir. Te mordant la lèvre, tu t'apprêtes à frapper une troisième fois à la porte quand cette dernière s'ouvre. Tu regardes alors l'habitant... Et fait instinctivement un pas en arrière. Un vampire. Celui qui vient de vous ouvrir est un vampire. Par tous les dieux de la Terre, pourquoi a-t-il fallu que ce soit un membre de ce peuple qui vous ouvre ? Tu as envie de pleurer de désespoir. Ce n'est pas le moment, tu n'es pas suffisamment en forme pour te battre. Même si tu n'es pas là pour cela, c'est vrai. Tu es là pour ton cousin. Et c'est donc pour lui que tu ravales ton envie de sortir ton épée et d'en menacer le buveur de sang.

-Bonjour. Je... Pardonnez-nous de vous déranger à cette heure mais...

ATCHOUM. Tu te tournes vers ta sœur, qui vient d'éternuer. Oh non, pas elle aussi... Ton regard sombre luit d'inquiétude. Elle commence aussi à tomber malade. Non, ce n'est plus possible, il faut que vous puissiez vous reposer dans un endroit chaud et sec, c'est le minimum ! Déglutissant, tu reportes ton attention sur le vampire. Si tu n'avais pas l'habitude des vampires et de leur charme, tu te serais peut-être laissé avoir par le sien... Un jeune homme qui semble n'avoir qu'un ou deux ans de plus que toi, des yeux clairs, même si tu devines mal leur couleur en étant à contre-jour, des cheveux blonds, et les traits de son visage... Non, tu ne dois pas te laisser déconcentrer.

-Excusez-moi. Nous nous sommes perdus dans le coin, voilà des jours qu'on marche sans rencontrer âme qui vive et... Nous voulions vous demander si vous accepteriez de nous héberger, ne serais-ce que quelques heures, le temps qu'on reprenne des forces. Nous repartirons sans faire d'histoires, c'est promis.

Tu le regardes. Tu as peur qu'il dise non. Tu as peur qu'il te renvoie dans la nuit et la neige, avec une sœur et un cousin malades. Tu es prêt à sortir cet argument, si jamais il t'oppose un premier refus. Tu ne veux pas dévoiler toutes tes cartes du premier coup, tu ne veux pas lui fournir un moyen de faire pression sur vous par la suite. Tu veux juste qu'il vous ouvre sa porte, ou ne serais-ce que la grange que tu aperçois un peu plus loin. S'il y a un peu de paille à l'intérieur, vous pourrez tout à fait vous en contenter, vous vous réchaufferez les uns les autres. Cela ne réglera pas le problème de vos estomacs, mais au moins vous seriez protégés. Qu'il dise oui, par pitié. Tu te rends compte, Samael, que tu s en train de supplier un vampire, un ennemi de ta famille, pour qu'il vous héberge ? Oui. On ne vous cherchera pas chez un vampire. Mais tu ne pourras jamais dormir sur tes deux oreilles s'il est dans les parages. Comment feras-tu ? Tu ne sais pas encore. Il faut qu'il dise oui, avant de pouvoir envisager la suite. Pitié... Ton cousin ne résistera plus très longtemps, dans son état...

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !


Dernière édition par Emrys W. Tudor le Ven 10 Juil - 15:41, édité 1 fois
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Alyosha Volkov
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MessageSujet: Re: what are you waiting for ? {Lyokhael, Lyo ermite}   Jeu 9 Juil - 22:11


Tu continues à affûter tranquillement ton couteau de chasse, de manière à ce qu'il coupe comme la lame d'un rasoir. Travail que tu exécutes tranquillement dans ton atelier, adjacent au chalet, à la douce musique qui s'échappe du tourne-disque dans un coin de la pièce. Tu fais attention à ce que tu fais. Tu as toujours été soigneux avec tes affaires. Pas que tu sois matérialiste non, pas vraiment. Mais certaines choses sont importantes, à tes yeux, comme ce couteau que tu traînes avec toi depuis bien longtemps. Tu aiguises donc tranquillement l'arme blanche. Paisible, comme toujours. Enfin, toujours... Non, tu n'as pas toujours été aussi paisible, bien au contraire. Et aujourd'hui encore, il t'arrive de te réfugier dans quelques plantes hallucinogènes pour oublier les démons de ton passé. Mais tu ne veux pas y penser. Tu profites juste de l'instant présent, sans plus réfléchir. Tu profites de ta demeure. Ce chalet que tu as construit de tes propres mains, à flanc de montagne, au milieu des bois. Il n'est ni trop grand, ni trop petit. Juste à bonne taille, à ton goût. Il n'est pas très luxueux, et pourtant pas tant rustique. Il est tout ce dont tu as besoin pour vivre tranquillement loin du reste du monde. La technologie ne déborde pas aux quatre coins des pièces. À vrai dire, tu sais te contenter de peu, et ça évite bien des prises de tête inutiles. Puis... Les ordinateurs, tout ça, il faut bien admettre que ça te dépasse. Tu es né au moyen-âge, approximativement. À l'époque, surfer sur le web, il n'y avait même pas de mots pour dire ça. Aujourd'hui... Le monde est fou de toutes ces technologies. Tout ce que tu possèdes de tel, c'est une télévision, pour regarder des reportages, des films, et par curiosité de temps à autres, pour t'intéresser à ce qui se passe au delà des bois. Et ce que tu vois... C'est loin de te donner envie de retourner à la civilisation. De toute façon, tu serais dépassé par ce monde en constante évolution. Et tu te plais bien trop ici pour envisager de quitter les lieux. C'est le seul endroit où ton esprit est réellement au repos, où les cauchemars sont moins violents. Quoique... Ces derniers t'ont toujours collé à la peau, où que tu sois. Mais bref, pour en revenir à la ville. Tu ne t'y rends que très rarement. Et pour très peu de temps en général. Le temps de récupérer des réserves de sang quand le vieux Tim ne peut pas te les livrer. Ou encore quand tu as réellement besoin de quelque chose, ce qui arrive rarement.

Tu as voulu qu'on t'oublie. Et voilà qui a réussi. Il en a fallu, des siècles. Aujourd'hui, tous ou presque te pensent mort. Ce n'est pas plus mal, à tes yeux. Au moins personne ne vient t'embêter. Tu es un Volkov, après tout... Ta famille est si... Importante dans le monde des vampires. Cela aussi te dépasse. Adrian est très haut placé en politique après avoir été par plusieurs fois élu comme président, Kirill aussi s'est fait un nom dans le milieu. Irina et Iugo inspirent eux à des carrières bien plus artistiques, mais ils n'en sont pas moins célèbres. Yekaterina gère de grandes affaires. Zéphyr tient le cabinet d'avocats le plus réputé de Sanguinem Luna. Finnick s'est finalement lancé en politique lui aussi. En somme, que de carrières brillantes dont tu ne veux rien savoir. Pas que tu ne les aimes pas. Ils sont ta famille. Mais tu ne veux plus rien avoir à faire avec eux. Jamais. Tu te contentes d'être le fantôme. Ou une simple légende invérifiée, pour d'autres. Personne n'est sûr que tu existes, sauf ceux qui t'ont directement connu. Beaucoup te pensent morts, et peu savent la vérité. Mais bref, quelle est l'importance de s'étendre là-dessus. Quelqu'un frappe à la porte d'entrée, et ça te ramène à la réalité. Tu fronces légèrement les sourcils. Quoi ? Quelqu'un est ici ? Quel inconscient viendrait frapper ici. Car oui, ce qu'on a oublié de préciser, ces que ces bois sont réputés pour être dangereux. Des brigands y rôdent, et certains n'en reviennent pas. Tu poses ton couteau, tu te relèves tranquillement. Qui donc pourrait venir frapper à ta porte, perdu comme tu l'es au milieu de cette montagne. L'opération se renouvelle, et tu avances jusqu'à ta porte, pour finir par ouvrir à l'inconnu. Et sa réaction est immédiate. Il recule d'un pas. Quoi, tu as un troisième œil sur le front ? Tu es défiguré ? Qu'est-ce qui lui arrive, au garçon ? Tu ne tardes pas à le comprendre. Tu es un vampire. Les vampires effrayent les humains, pour peu que ces derniers soient un peu trop paranoïaques, ou se laissent déborder par les préjugés sur ceux de ton espèce. Qu'importe. Tu le jauges du regard. Simplement neutre. Une jeune femme éternue, et tu regardes par-dessus son épaule. Oh, mais il est venu accompagné en plus. Lui, la demoiselle, et un garçon qui semble mal en point.

Il reprend la parole. Tu le regardes, neutre, pour ne pas dire inexpressif. Il veut quoi ? Que tu les héberges pour quelques heures ? Tu le fixes, sans rien dire. Tu te contentes de l'écouter. Même si la réponse clignote déjà dans ton esprit, inévitable. « Non. » Un seul petit mot. Et oui, tu t'es bien passé des politesses d'usage. Tu n'en as rien à faire. Et on en revient donc à un autre point te concernant... Tu es tout bonnement devenu associable. Tu n'as pas envie de faire d'efforts. D'être sympathique avec un monde qui t'a détruit. Alors tu es franc, direct et souvent froid. Tu ne souris pas. Tu ne ris pas. Et tu t'en fiches. Le brun insiste. Te désigne son cousin malade, derrière lui. Tu arques un sourcil, et tu jettes un nouveau coup d'oeil au garçon là-bas, de l'entrée de chez toi. Et ton regard azur se pose à nouveau sur le garçon la capuche devant toi. « C'est pas mon problème. Partez. » Ajoutes-tu finalement. Qu'ils s'en aillent. Traîner par ici de nuit est déconseillé, déjà que de jour, ces lieux sont mal fréquentés... Toi, personne ne t'attaque. Pour la bonne et simple raison que tu es comme une partie de cette forêt. Tu la connais mieux que quiconque. Tu connais ces montagnes mieux que quiconque. Certains ont essayé pourtant, de t'effrayer, quand tu es arrivé ici. Ils ont vite compris que ce n'était pas le bon plan. Quoi ? Qu'est-ce qu'il vient de dire ? Ce n'est pas comme si les gens comme vous avaient une conscience ? Tu fais un pas hors de chez toi, rien que pour te rapprocher de lui. Tu le fixes de tes yeux clairs. Tu serres les dents, avant de légèrement montrer les crocs. « Je vous ai dit de dégager de chez moi. » Ajoutes-tu finalement, menaçant. Tu l'observes un court instant, avant juste fermer ta porte sur l'image de ce jeune humain, perdu et frigorifié. Tu n'en as rien à faire. Et parler de ta conscience... C'était une bien mauvaise idée. Ta conscience, c'est ce qui t'a fait tant de mal. Ce qui t'a détruit, par le passé. Mais ça, il n'en a aucune idée, pas vrai ? Il ne peut pas savoir qui tu es. Ton nom a été oublié depuis longtemps. Tu n'es même pas sûr que les livres d'histoire en parlent encore. Et quand bien même, la probabilité qu'il fasse le rapprochement est juste inexistante. Alors tu retournes à tes occupations, à ton couteau, sans le moindre remord.

+++

Ou presque. Voilà plusieurs heures qu'ils sont passés. Plusieurs heures que tu tournes en rond. Cela ne te ressemble pas. Mais ta conscience... Elle refait surface. Te fait doucement comprendre qu'ils ne sont peut-être pas tombés sur toi par hasard. Peut-être que c'est une chance du destin. Une chance de te racheter. Ta rédemption. Peut-être que rien n'est dû au hasard... Tu soupires, tu regardes ta porte, puis la cheminée, puis la neige par la fenêtre. Non, tu es très bien seul. Tu ne dois pas t'en mêler. Ils mourront du froid, de la maladie ou des prédateurs. Et la vie reprendra son cours. Mais... Bon sang, pour une fois que tu as l'occasion de faire quelque chose de bien. De réellement bien. Puis, ça n'engage à rien, n'est-ce pas ? Juste un coup de main pour quelques heures. Tu soupires... Non, ton quotidien te convient très bien ainsi. Mais un peu d'action, pour une fois ? Tu fais plusieurs fois le tour du salon. Tu secoues la tête et tu serres les dents, te traitant mentalement de crétin. Mais tu finis par rejoindre l'atelier, récupérant arc et carquois, ainsi qu'une veste. Tu prends ensuite bonnet, et une écharpe que tu enroules comme cache-nez autour de ton cou et de ton visage pour te protéger du froid et des potentiels flocons de neige qui pourraient fouetter ta peau pendant ta sortie. Ce n'est pas vraiment agréable comme sensation. Mais bref, une fois prêt, tu sors de chez toi et tu fermes derrière, te mettant en route au pas de course. Ça ne va pas être bien difficile. Il a très peu neigé depuis qu'ils sont partis, de maigres et rares flocons. Leurs traces seront donc encore visibles, et quand bien même, tu es un très bon traqueur. Tu ne doutes pas de tes compétences pour ce qui est de les retrouver.

Tu cours. Mais tu n'es pas essoufflé. Tu as vraiment l'habitude, et ces montagnes sont ton terrain de jeu. Tu les suis à la trace, jusqu'à entendre des bruits de pas, un peu plus loin. Alors tu te fais bien plus discret. Tu avances délicatement, jusqu'à te placer derrière un arbre. Ils sont quelques mètres plus bas, sur une zone plate et légèrement déboisée. Tu fronces légèrement les sourcils. Ils se sont arrêtés... Et ils ne sont pas seuls. Deux traqueurs. Non, trois en réalité, vu que tu viens de repérer celui qui tenait la jeune femme, un couteau contre sa gorge. Des brigands ? Tu ne penses pas. Quoique... Ils sont un peu violents quand ils n'obtiennent pas ce qu'ils désirent. Doucement, tu attrapes une flèche dans ton dos... Tu armes ton arc, et tu vises discrètement le type au couteau qui retient la brune. Tu inspires profondément. Puis tu retiens ton souffle. Un. Deux. Trois. La flèche part, et se loge dans la tête de l'homme, passant par son œil. Inutile de préciser qu'il en tombe raide mort. Immédiatement, un autre se tourne vers toi et pointe son arme en ta direction. Il y gagne une flèche dans le genou qui l'affaiblit pour un temps. Suffisamment de temps pour qu'une autre de tes flèches finisse dans le cœur du troisième, qui titube jusqu'à s'étaler par terre. Alors ce n'est qu'une question de secondes, avant que tu ne reviennes devant celui qui était à moitié à genou, une flèche dans la jambe. Tu n'hésites pas un seul instant, quand il s'agit de lui briser la nuque. Et il s'étale, lui aussi, dans la neige. Fin du conflit. Tu es radical, pas vrai ? Certes. Tu n'en as rien à faire. Tu vis depuis toujours dans un monde où, tu l'as compris, c'est souvent la règle du 'lui ou toi, un seul des deux peut survivre'. Ça aide grandement dans la prise de décision. Tu baisses ton cache-nez, tu jauges les trois bruns qui ont franchement l'air épuisé. « Et vos armes, elles étaient là pour la décoration ? » Tu fronces les sourcils. Tu les observes à tour de rôle. Oui, tu es légèrement moralisateur sur les bords. Tu n'en as rien à faire. Pendant ce temps, tu fouilles les cadavres, récupérant tout ce qui pourrait avoir de la valeur. Bijoux, argent. Tu colles tout dans une de tes poches, et tu reviens à eux.

« Je ne sais pas ce que vous fuyez ou qui vous fuyez comme ça. Mais continuez ainsi, et vous serez bientôt morts. » Tu rassembles les trois cadavres les uns à côté des autres. Tu récupères l'épée de l'un d'entre eux – un seul en avait une de toute façon – et tu la plantes devant les trois morts, dans le sol. Alors tu t'agenouilles devant cette épée, tu joins tes mains sur le pommeau et tu fermes brièvement les yeux. Tu murmures quelques paroles dans ta langue natale, jettes un bref coup d'oeil au ciel, et tu te relèves. Au moins, ça, c'est fait. « Vous laissez trop de traces. » Tu te remets en route, mais avant, tu les regardes tous les trois. Ils font vraiment peur à voir. « Et vous êtes faibles. » Et sur ces mots, tu te détournes, bien décidé à retourner chez toi. Tu as fait ta bonne action du jour, et au revoir, vraiment ? Quelque chose te pousse à faire demi tour, à les aider... Mais ton côté associable prend le dessus et te dit de partir. Alors tu te remets à marcher. Mais ta volonté n'est plus de fer, cette fois. Et s'il te demande ton aide, tu doutes pouvoir dire non aussi catégoriquement que précédemment.

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- I LOVED YOU SO MUCH, AND NOW IT HURTS SO BAD -
falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Mirza
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MessageSujet: Re: what are you waiting for ? {Lyokhael, Lyo ermite}   Lun 3 Aoû - 22:42

Non. Voilà quelle est sa réponse. Non, il ne veut pas vous héberger. Tu serres les dents. Tu craignais ce refus auquel vous avez déjà eu le droit. Sauf qu'aujourd'hui, vous avez réellement besoin de vous reposer. Tu sais que ton cousin ne survivra pas à quelques jours supplémentaires dans le froid. Tu as du mal à l'accepter. Tu ne veux pas l'accepter. Il faut qu'il vous aider, sinon Léandre ne s'en sortira pas ! Tu dois les protéger, ils doivent s'en sortir. Tu ne te le pardonnerais jamais, si tu venais à les perdre. Il faut qu'il vous laisse entrer ! C'est pour cette raison que tu insistes.

-S'il vous plaît, ils sont malades, il faut absolument qu'ils puissent se reposer !

Ce n'est pas son problème. Certes, ce n'est pas son problème, mais... Tu as vraiment envie de le frapper sur l'instant. Du calme Samael, ce n'est pas le moment de perdre ton sang-froid. Non. En vérité, c'est le moment rêvé perdre ton sang-froid. Vous êtes épuisés, malades, affamés et complètement gelés. Vous n'avez jamais appris à survivre dans la nature, vous avez toujours été chouchoutés au palais, c'est déjà un miracle que vous ayez pu survivre aussi longtemps dans la nature. Alors qu'on vous refuse ne serais-ce que quelques heures au chaud a tendance à te mettre hors de toi. Tes poings se referment, tremblant quelque peu. Ta sœur devine ton désarroi et t'arrache aussitôt à tes pensées.

-On a compris. Allez, viens Mae, il faut redescendre.
-Tu as raison. On repart. De toute manière, notre sort ne vous concerne en rien. Et ce n'est pas comme si les personnes comme vous avaient la moindre conscience.
ajoutes-tu à l'attention du blond.

Il peut bien avancer vers toi, les crocs découverts, tu ne recules pas d'un poil. Au contraire, tu poses une main sur le pommeau de ton épée, accrochée à ta ceinture. Mais il ne vous attaque pas, préférant vous claquer la porte au nez. Tu baisses aussitôt les yeux, faisant demi-tour pour regagner ta monture. Sans un mot, tu montes sur son dos et vous prenez la direction de la vallée. Tu n'en peux plus. Tu es épuisé, autant physiquement que mentalement. Ta sœur essaye de te parler mais tu ne lui réponds que par quelques monosyllabes. L'épisode du vampire a fini de détruire ton moral. Tu sais bien que c'était dangereux de demander à un buveur de sang de vous héberger, mais à tes yeux c'était la seule chance de pouvoir aider ce pauvre Léandre. Plus les minutes passent et plus tu as peur de perdre ton cousin. Le vent froid s'engouffre dans tes vêtements, te glaçant jusqu'aux os. À un moment, tu ralentis pour laisser ta cadette te rejoindre. Léandre vient sur ta monture et tu le maintiens contre toi. Keana hennit un peu, protestant contre ce poids supplémentaire sur son dos, mais garde le même rythme de marche. Les heures passent, le froid vous endort. Vous n'avez même plus la force de parler. Mais quand ta monture s'arrête, tes sens se réveillent. Quelque chose ne va pas, tu connais trop bien ta jument pour ignorer un tel message. Alors tu mets pied à terre, positionnant ton cousin de manière à ce qu'il ne tombe pas bêtement au sol. Une main sur la garde de ton épée, sous les rayons blafards de la lune, tu t'avances dans la neige.

-Halte ! Plus un geste les Tudor, vous êtes cernés !

Deux hommes sortent de sous les arbres, vous faisant face. Ton épée est aussitôt dans ta main. Tu es prêt à te battre.  Des traqueurs. Tu t'y attendais, tu savais qu'ils étaient sur vos traces. Mais ils ont vraiment choisi le pire moment pour vous retrouver. Vous n'êtes pas suffisamment en forme pour vous défendre. Vous ne tiendrez pas très longtemps, tu en as bien conscience. Mais il faut quand même tenter le coup. Tu refuses de voir ta sœur et ton cousin tomber entre leurs mains. Au mieux, ils finiraient au fond d'une cellule. Au pire... Non, tu ne veux pas y songer. Tu as déjà perdu trop de tes proches pour supporter que cela recommence. Alors tu es prêt à te battre, pour eux. Pour les protéger. Peu importe que tu sois plus qu'épuisé, tu feras tout pour eux. Derrière-toi, tu entends ta sœur mettre pied à terre mais, d'une main, tu lui fais discrètement signe de remonter à cheval. Dès l'instant ou vous vous êtes retrouvés séparés des autres vous avez établi un plan pour ce genre de situation : si vous deviez vous retrouver coincés par des traqueurs, tu ferais diversion pendant qu'elle et Léandre s'enfuiraient. C'est ce que vous avez convenu, même s'il est vrai que tes cadets étaient absolument contre cette idée. Mais vous n'aurez pas le choix. Vous ne l'avez plus. Tu fais un pas vers les deux hommes, tes doigts blanchissant autour de la poignée de ton épée.

-Vous ne nous tenez pas encore !
-Tu te trompes, l'Intendant. À moins que tu ne comptes perdre ta sœur.


Cette fois, tu te mords la lèvre. La voix vient de derrière toi. Sachant déjà ce qui t'attend, tu te retournes vers ta cadette. Un homme la maintient contre lui, un couteau posé sur sa gorge. Non. Pourquoi n'as-tu pas vérifié autour de vous ? Pourquoi as-tu fait une erreur aussi stupide ? Pourquoi ? Ton esprit tourne à toute allure. Quelles sont vos chances de vous en tirer ? Elles sont quasiment nulles, vu votre état. Mais il reste un semblant d'espoir, il faudra juste les mettre très vite hors d'état de nuire. Et pour cela, il vaudrait mieux qu'ils ne vous attachent pas. Vous pouvez toujours rêver, tu en as bien conscience. Tu pourrais bien essayer de forcer la chance, mais tu n'es pas prêt à risquer la vie de ta sœur pour cela. Alors tu lâches ton épée, qui tombe au sol dans un bruit étouffé par la neige. Tu commences à te résoudre : vous ne pourrez plus fuir. Vous allez rejoindre une cellule et y finir vos jours...

Pourtant, alors que tu étais prêt à renoncer, celui qui tenait ta sœur se prend une flèche dans l'œil. Instantanément, il tombe dans la neige et tu n'as pas besoin d'aller le voir pour savoir qu'il est mort. Le seul archer du trio de traqueurs empoigne son arc et cherche celui qui a tiré, mais se reçoit une flèche dans le genou avant. Et alors que tu t'avances vers les deux, une flèche atterrit dans le cœur du troisième. Ton poing vient éclater la mâchoire du second, avant que celui qui vous est venu en aide ne vienne devant lui et lui brise la nuque sans la moindre hésitation. L'air s'échappe difficilement de tes poumons, laissant quelques rares traces blanches dans la pénombre. Il les a tués. Comme ça, sans réelle raison. Tu ne devrais pas émettre le moindre commentaire, il vient de vous sauver la vie après tout. Mais ces hommes étaient humains. Ils faisaient parti de ton peuple, et le rôle des Tudor est de guider et de protéger leurs semblables. Il n'aurait pas dû les tuer. Il n'avait pas à le faire. Tu prends toujours ton rôle bien trop à cœur, Samael. Votre sauveur baisse son cache-nez et tu découvres qu'il s'agit du vampire qui vous a laissé sur le pas de sa porte il y a quelques heures. Qu'est-ce qu'il fait-là, lui ? Pourquoi est-il venu vous aider ? Tu n'en as pas la moindre idée mais sa présence te met aussitôt la rage au cœur. Il n'a rien à faire ici. Il n'est pas le bienvenu, pas après vous avoir laissé dehors pour y mourir. Surtout après sa remarque. À quoi vous servent vos armes ? Certainement pas à faire condamner les autres. Tu n'es pas un assassin, malgré la situation désespérée dans laquelle vous vous trouvez actuellement. Tu n'es pas un assassin... Tu sais pourtant que c'est eux ou vous... Tu es désespérant, Samael. Le blond s'accorde une seconde remarque qui te fait serrer les poings. Si vous continuez ainsi, vous serez bientôt morts ?

-On ne vous a pas demandé votre avis.

Tu es sec, désagréable. Mais tu n'aimes pas qu'un type qui vous a claqué la porte au nez vous fasse des reproches. Ta sœur te rejoint et pose une main sur ton bras, t'intimant de te calmer. Tu sais qu'elle a raison, donc tu t'obliges à prendre de longues inspirations, essayant d'enfermer ton énervement dans un coin de ton esprit. Et pendant que le blond rassemble les cadavres, tu t'assures que ton cousin tient bien sur le dos de Keana. Il n'est plus conscient. Merde. Il a perdu connaissance ! Affreusement inquiet, tu les descends à terre et le dépose dans la neige, ignorant complètement les autres paroles du vampire. Ton premier réflexe est de vérifier son pouls. Il est régulier mais faible. Et bon sang, il est toujours aussi bouillant... Tu ne te rends pas compte que tes mains tremblent, tant tu es inquiet. Tu lui mets un peu de neige sur le front, en désespoir de cause, tandis que tu entends ta sœur courir derrière le blond.

-Attendez, s'il vous plaît ! Je vous en prie, aidez-nous encore un peu... Nous avons réellement besoin de nous reposer... C'est même vital pour l'un d'entre nous. S'il vous plaît...

Tu serres les dents. Jamais tu ne t'abaisserais à supplier quelqu'un. Heureusement que ta petite sœur est là pour prendre certaines choses en main... Même s'il est vrai que tu préférerais rester loin de ce vampire. Tu ne fais pas confiance aux buveurs de sang, encore moins quand on sait quel sang coule dans vos veines. Qu'est-ce qui vous dit qu'il ne vous a pas sauvés pour lui servir de réserve de sang ? Rien. Tu ne devrais pas voir le mauvais côté des choses, mais cela te permet d'être prêt si jamais les choses tournent mal. Tu n'as pas le droit à l'erreur, tu n'as pas le droit de te tromper en jugeant quelqu'un. Et il ne t'inspire absolument pas confiance. S'il ne veut pas vous aider, tant pis, vous vous débrouillerez. Mais, contre toute attente, il accepte que vous reveniez chez lui. Tu ne peux t'empêcher d'écarquiller les yeux. Tu ne le comprends pas. Non, en effet, tu ne le comprends absolument pas. Mais au lieu de lui lancer une remarque cinglante, tu remets ton cousin sur le dos de Keana et suis votre aîné. Tu n'as pas d'autre choix, c'est pour le bien de Léandre...

Le trajet se fait dans le silence. Heia et toi surveillez l'état de votre cadet, échangeant de temps en temps un coup d'œil inquiet. Tu ne sais pas comment le guérir. Tu n'y connais pas grand chose en plantes, uniquement celles comestibles. Mais dans la neige, comment trouver de quoi le soigner ? Tu ne sais pas, et cela te désespère. Tu n'as pas le droit d'abandonner, tu n'as pas le droit de perdre espoir, mais ses chances de survie sont tellement faibles que tu commences à douter. S'en sortira-t-il ? Rien n'est moins sûr... Enfin, vous arrivez devant le chalet dont il vous ouvre la porte. Une seconde, tu regardes les chevaux. Ils ont besoin de repos, eux aussi. Mais Keana te fait comprendre, à sa manière, que la santé de l'Héritier prime sur tout. Alors tu récupères ton cousin et le transporte jusqu'à l'intérieur. Le vampire vous montre rapidement le chalet, la chambre dans laquelle vous allez dormir et... La salle de bain. Cette fois, un sourire amusé étire tes lèvres tandis que tu observes ta sœur. Elle rêve d'un vrai bain depuis des semaines. Et pourtant, c'est vers toi qu'elle se tourne, après avoir adressé quelques mots à votre... Hôte.

-Merci beaucoup, je ne sais comment vous remercier... Mae, va donc faire prendre une douche à Léandre, ça ne peut pas lui faire de mal. J'irai après vous.

Tu hoches un peu la tête et, après avoir lancé un regard méfiant au buveur de sang, tu disparais dans la salle de bain avec ton cousin. Cela t'avait manqué, de te laver avec du savon et de l'eau tiède... C'est un vrai régal... Mais tu ne t'attardes pas, t'occupant d'abord de laver ton cousin, qui commence à doucement reprendre conscience lorsque l'eau chaude coule sur son corps.

-M... Mae ? Où...
-Chuuut... Ne te fait pas de soucis, tout va bien, on a un toit pour le moment... Il faut que tu te reposes, que tu regagnes des forces, c'est tout ce que tu as à faire...


Il hoche la tête et cesse de parler. Tu ne peux t'empêcher de te mordre la lèvre, affreusement inquiet. Lui qui est habituellement intenable, le voir dans un tel état te déchire le cœur. Il faut qu'il s'en sorte. Tu es prêt à prier tous les dieux que tu connais, à croire en eux, si cela peut te permettre de sauver ton cousin. Il doit vivre, bon sang. Ta sœur fait une apparition éclair dans la salle de bain, venant déposer des vêtements pour vous deux. Un rapide coup d'œil t'apprend que ce ne sont pas ceux que vous aviez en réserve. Elle devine ta surprise et répond à ta question avant même que tu ne la poses.

-Il nous les prête.
-Hum... Méfie-toi de lui, Heia...
-Je sais. Mais pour l'instant, on a besoin de son aide.


Tu n'en as que trop conscience, malheureusement. Sur ces quelques mots, ta sœur disparaît et tu termines votre douche. Quelques instants plus tard, tu ressors, ton cousin dans les bras, et vas le déposer sur le lit, dans votre chambre. Tu l'as laissé en sous-vêtements, il ne faut pas qu'il soit trop couvert. Et tu restes à ses côtés, tandis que ta sœur profite de la douche à son tour. C'est étrange, de te retrouver dans des vêtements propres, avec un toit au-dessus de la tête. Tu en avais perdu l'habitude, et tu sais qu'il ne faut pas que tu restes trop longtemps entre ces murs. Plus vous resterez, plus il vous sera difficile de repartir en pleine nature. Il faudra partir le plus tôt possible. En attendant, ce lit t'attire, et tu as bien du mal à résister à son appel... Tu voudrais t'allonger dessus et dormir jusqu'au matin, sans avoir à te soucier de quoi que ce soit. Avoir une vraie nuit de sommeil... Tu es prêt à t'allonger lorsque ta sœur entre dans la chambre, t'en empêchant. Aussitôt, tu te lèves et quittes la chambre.

-Où vas-tu ?
-Mettre les chevaux au chaud et récupérer nos quelques affaires. Je reviens aussitôt après, ne t'en fait pas. En attendant, essaye de convaincre Lélé de se reposer...


Hé oui, c'est qu'il s'agite, ton cousin. Elle hoche un peu la tête, indiquant qu'elle a tout compris, et te laisse filer. Le froid te semble encore plus mordant maintenant que tu as goûté à l'eau tiède de la douche, et tu t’emmitoufles un peu plus dans ton manteau, après avoir fait signe aux équidés de te suivre. La porte de l'écurie est ouverte, tu les fais donc entrer et les débarrasse aussitôt de tout ce qu'ils transportent. Les selles, les bagages, les licols, tout. Quelques hennissement de plaisir se font rapidement entendre, tandis qu'ils font quelques pas dans l'écurie. Rapidement, chacun se choisit un box dans lequel tu amènes du foin trouvé dans un coin. Et une fois que tout le monde est installé, tu t'occupes de chacun d'entre eux. Tu prends de longues minutes pour les brosser entièrement, pour leur curer les sabots aussi, leur apporter de l'eau. Et tu termines par Keana, ta jument attitrée. C'est pendant que tu la brosses, que tes chevaux t'avertissent que le vampire est entré. Ton regard se porte alors vers lui. Tu devrais dire quelque chose. Tu devrais le remercier, tu en as bien conscience. Mais...

-Qu'est-ce que vous nous voulez ? Vous nous faites dégager, et peu de temps après, vous nous invitez presque à venir nous reposer chez vous. C'est n'importe quoi.

Ta jument te donne un coup de tête désapprobateur. Oui, tu sais bien que tu ne devrais pas réagir aussi vivement, tu sais que tu devrais te montrer reconnaissant. Mais tu as toujours du mal à digérer le fait qu'il vous ait claqué la porte au nez. Allez Samael, un peu de reconnaissance n'a jamais tué qui que ce soit. Cela ne veut pas dire que tu devras baisser ta garde pour autant. Alors tu baisses un peu les yeux, brossant la robe d'un noir de jais de ta monture durant quelques secondes. Lorsque tu relèves les yeux, ton regard sombre vient plonger dans le sien, d'azur. C'est étrange, il te rappelle quelqu'un, mais qui ? Tu ne saurais dire. Tu y réfléchiras plus tard.

-Mais je... Hum... Merci quand même... Merci de nous héberger, même si je doute que mon cousin s'en sorte sans médicaments... Ce que je n'ai plus en réserve depuis longtemps...

Pourquoi lui parler de l'état de ton cousin ? Parce qu'il est le seul ici à pouvoir éventuellement vous aider. Parce que, comme tu viens de le dire, s'il n'est pas rapidement soigner il passera l'arme à gauche. Tu n'as plus rien à perdre. Tu as désespérément besoin d'aide, pour lui. Et il est, actuellement, le seul à qui tu peux t'adresses. Mais tu n'as guère d'espoirs... Il en a déjà trop fait pour vous...

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Alyosha Volkov
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MessageSujet: Re: what are you waiting for ? {Lyokhael, Lyo ermite}   Lun 10 Aoû - 21:09

Ce n'est pas ton problème, comme tu lui dis. Tu n'as ni besoin, ni envie de t'attirer des problèmes supplémentaires en hébergeant des fugitifs. Car oui, tu les as reconnus. Il faut dire que leur visage tourne à télévision depuis des jours et des jours, rappelant qu'ils sont en fuite depuis des semaines maintenant. Les trois Tudor. Tu n'as pas besoin de cela. Pas besoin que l'on vienne t'embêter dans ta tranquillité pour une affaire d'état. Tu ne veux pas te mêler à cette guerre qui n'est pas la tienne. Tu as assez donné de ce côté là à tes yeux. De plus, ils sont humains, tu es un vampire. Vous êtes censés être ennemis, n'est-ce pas ? Exactement. Et même si tu ne t'identifies plus à aucun de ces groupes, tu en soutiens le principe ; tu n'as pas à les aider. Tu ne comptes pas changer d'avis. Tu restes donc froid et distant. Imperturbable. C'est alors que le brun se permet de parler de ta conscience. Qui est-il, l'intendant, pour s'avancer tant sur toi ? Il ne sait rien de toi. Alors tu n'hésites pas à montrer les crocs. Non, tu ne comptes pas mordre, ni tuer. Ce n'est pas toi de faire le mal gratuitement. De toute façon, si ce n'est pas toi qui les tues, la nature s'en occupera. Ou les traqueurs qui rôdent dans les montagnes en ce moment. Toujours est-il que tu avances d'un pas, dévoilant légèrement tes canines pour lui faire comprendre de ne pas trop te chercher, de ne pas trop insister. Tu as beau avoir un sacré sang-froid, et demeurer d'un calme olympien les trois quarts du temps, tu peux aussi t'énerver quand on te prendre la tête ou qu'on cherche trop. Il comprend le message, et bien que restant devant toi, il finit par s'éloigner. Tu fermes la porte sans plus de cérémonie. Être tranquille, c'est tout ce que tu demandes. Tu n'as plus la tête à toutes ces aventures du passé.

***

Enfin. Te voilà pourtant en route. Après de longues heures à tourner en rond chez toi, tu t'es décidé à partir de la maison. Pourquoi ? Pour les retrouver. Parce que tu as senti quelque chose. C'était étrange, cette sensation... Comme si quelque chose t'échappait à mesure qu'eux s'éloignaient. Ta chance de te racheter, sans doute. De faire quelque chose de bien, pour une fois, dans ton existence. Tu es de ceux qui croient, qui ont toujours cru au destin. Tu crois que certaines choses n'arrivent pas par hasard. Tu crois que ce sont des épreuves que les dieux posent sur votre chemin pour vous tester, tous. Et si c'était ton épreuve ? Celle que tu attendais depuis si longtemps, ta chance de racheter tes fautes. D'effacer ces erreurs commises et d'enfin, être en paix avec toi-même. Tu les rejoins. La suite se passe très vite, et bientôt, trois cadavres sont étendus à terre. Trois corps. Trois humains. Mais ce ne sont pas les Tudor, non. Ce sont les trois traqueurs qui pensaient avoir gagné la partie. Ces trois types que tu as tué de sang-froid, sans même ciller. Tu es un tueur. C'est dans ta nature. Dans ton sang. Et si cela semble déplaire au brun, tu n'en as rien à faire. Tu viens de leur sauver la vie, s'il ne l'a pas encore remarqué. Et non, tu t'en fiches qu'on te remercie, tu n'as pas besoin de leur reconnaissance ou de leur gratitude. Tu ne veux rien de tout cela. Tu préfères leur faire remarquer tout ce qui ne va pas. Les traces trop visibles, trop faciles à suivre. Le manque de réaction avec leurs armes. Un tas de points que tu ne manques pas de souligner, malgré ce qu'en dit le brun. Il ne t'a pas demandé ton avis, certes. Mais il devrait se réjouir d'avoir un avis éclairé sur la question.

Les trois cadavres sont rassemblés quand tu te décides enfin à partir. La suite ne te regarde plus, n'est-ce pas ? Ils peuvent et doivent se débrouiller seuls. Tu as fait ta bonne action, maintenant, tu t'en vas. C'est ce que ton esprit associable te dicte. Mais il y a cette petite voix, profondément enfouie, qui t'intime le contraire. Qui te fait comprendre que tu devrais rester pour eux. Que ta mission ne s'arrête pas là. Pourtant, tu avances obstinément, jusqu'à ce qu'une voix se fasse entendre dans ton dos. Celle de la jeune femme. Elle te supplie presque de les aider. L'un d'entre eux risque de mourir si tu ne les aides pas. Tu serres un peu les dents. Tu te tournes finalement vers elle, pour l'observer silencieusement pendant quelques instants. Et tu hoches un peu la tête. « Hm. D'accord. » L'intendant semble surpris, vu comme il écarquille les yeux. Tu n'y  prêtes pas vraiment attention. Tu te détournes, et tu te remets en route. Vous n'êtes pas à l'abri de rencontrer d'autres traqueurs, et tu as tout sauf envie de te salir les mains une fois de plus. Plus vite vous serez chez toi, mieux tu te porteras. Enfin. Tu attends quelques secondes, le temps qu'ils se remettent en selle. Et à nouveau, tu marches, faisant le trajet inverse qui mène jusqu'à ta modeste demeure. Tu n'aimes pas que des gens viennent chez toi, pourtant. Et à vrai dire, ils se font rare. À part Octavia et le vieux Bill, personne ne sait vraiment que tu existes. Des rumeurs courent, pourtant. Comme quoi un esprit habiterait cette montagne, et qu'il tuerait ceux qui l'importunent. A laisser supposer que tu es cet esprit. Ce qu'ils ignorent tous, c'est que tu es bien vivant, enfin, à ta manière. De chair et de sang.

Le trajet se fait en silence. Tes pas s'enfoncent dans la neige, et tu ne trébuches pas une seule fois sur les racines d'arbres dissimulées sous l'épais manteau blanc. Tu te contentes d'avancer de manière précise et de les guider jusqu'à chez toi. Une fois arrivés, tu pousses la porte de bois, et tu les invites à rentrer tous les trois, leur demandant au passage de retirer les chaussures. Pas que ça te déplaise que les lieux soient trempés par les allers et retours de leurs pieds, mais tu aimerais éviter d'avoir à passer la serpillière à cause de neige fondue. Bref. Tu leur fais faire brièvement le tour du chalet. Leur montrant les endroits les plus importants. La visite détaillée, ce sera pour plus tard, s'ils le veulent. Pour l'instant, tu leur désignes la chambre et la salle de bain. C'est la jeune femme qui prend une fois de plus la parole en se tournant vers toi, te remerciant de ton hospitalité. Pour simple réponse, tu incline légèrement la tête en avant, dans un salut poli qui t'évite de parler. Oui. Moins tu parles, mieux tu te portes. Tu n'as jamais vraiment aimé l'anarkien, même si tu le parles couramment. Tu préfères ton russe natal. Et il faut dire que tu n'as pas tenu de réelle conversation depuis si longtemps que... Ton anarkien est un peu incomplet parfois. Les r qui roulent sur ta langue, les genres inversés, les mots en moins... Mais, ils devront s'y faire. « Réchauffez-vous. » C'est ce qui prime. Qu'ils se réchauffent. Toi, tu vas aller rajouter du bois dans le feu, mais pour l'instant, tu disparais de là pour les laisser un peu tranquille.

Tu files d'abord à l'extérieur, où tu récupères du bois sec dans la réserve. Tu rentres et tu vas mettre cela au feu, histoire de l'alimenter. Il fait bon à l'intérieur, il n'y a pas à dire, mais un bon pull n'est jamais de trop. Cela te fait penser qu'il va falloir leur passer des vêtements. Pour le grand brun, cela devrait aller. Pour le plus petit, tu vas devoir improviser, et pour la demoiselle... Hé bien, tu ne te travestis pas, alors elle sera à la mode garçonne pour un temps, le temps de te fournir des vêtements décents pour une demoiselle. Mais pour l'instant, un autre détail te préoccupe ; les lits. Depuis que tu ne prévois pas de recevoir du monde chez toi, la chambre dans laquelle ils se trouvent ne contient qu'un lit simple. Pour trois, cela risque d'être limite. Alors tu grimpes dans ta propre chambre, et tu tires ton lit – double – de là, le faisant passer non sans quelques difficultés par la porte. Pas que ce soit lourd, pas pour un vampire en tout cas. C'est juste encombrant. Mais tu t'empresses d'aller l'installer dans leur chambre, et ceci fait, tu retournes dans la tienne. Des vêtements maintenant... Ta chambre te semble un peu vide sans ton lit, mais tant pis. Tu dormiras sur une paillasse ou quelque chose du genre, ce sera suffisant. Bref, tu ouvres le dressing et tu y récupères de quoi les habiller. De quoi leur tenir bien chaud, aussi. Tu récupères un plaid supplémentaire pour le lit, si jamais ils ont froid. Et tu ramènes le tout dans la chambre, croisant la jeune femme. Tu désignes du menton les vêtements que tu viens de poser sur le lit. « Pour vous habiller. Je n'ai pas hm. Des vêtements pour femme. Alors. Hm. » Tu baisses les yeux sur les vêtements. Elle a compris le message. Il le faut. Elle hoche un peu la tête et tu te détournes, quittant à nouveau la pièce.

Tu descends d'un étage pour te retrouver dans le salon. Ton regard se pose sur la cuisine. Oui, toi, vampire, tu as une cuisine. Mais tu adores cuisiner. Pour personne la plupart du temps, tu aimes juste apprendre et faire. Cela te fait penser qu'ils ont sûrement faim, d'ailleurs. Tu passes une main dans tes cheveux, réfléchissant à ce que tu pourrais bien faire. Et cela te rappelle que tu as le gibier de ce matin que tu pourrais leur préparer. Tu vas donc récupérer rapidement les deux lapins que tu dépèces avant de les mettre à cuire. Ça devrait être rapide, vu que tu fais ça par petits morceaux. Enfin, tu te laves les mains, et tu regardes par la fenêtre. Les chevaux, ils ne sont plus là. L'intendant a sûrement dû les amener à la grange. Ils ont besoin de foin, après les efforts fournis... Tu descends les manches de ton pull, et tu files donc hors du chalet, rejoignant la grange qui fait office d'écurie. Tous les regards se tournent vers toi, y compris celui de l'humain. Et curieusement, tu n'es pas surpris de son attitude un peu hostile. Méfiante. Il a raison d'être méfiant. Tu es un vampire après tout. Il est humain. Tudor de surcroît. Le sang qui coule dans ses veines attire les êtres nocturnes depuis la nuit des temps. Mais non, tu ne leur veux rien. Juste les aider, même si c'est dur à croire et sans doute un peu louche comme il te le fait remarquer. Tu passes à côté de lui en silence, tu vas au fond de la grange, récupérer un seau rempli d'avoine et un récipient plus petit pour récupérer des portions. « Tu préférerais retourner dans le froid ? » Ajoutes-tu simplement en passant devant le premier de ses chevaux, lâchant deux gamelles d'avoine. Puis tu passes devant le second et tu en fais autant. Et enfin le troisième. Tu termines par ton propre cheval, ton alezan qui semblait ravi d'avoir un peu de compagnie. Tu flattes son chanfrein avant de lui donner le reste du seau. Il s'y attaque joyeusement et tu te frottes les mains avant d'aller ranger les récipients.

Sur ce, tu n'as aucune raison de t'attarder ici. Ce garçon ne t'aime pas, ses chevaux non plus apparemment. Alors, tu empruntes la direction de la sortie, jusqu'à ce qu'il reprenne la parole. Tu t'arrêtes un instant, tu te tournes pour poser ton regard sur lui, écoutant ses propos. Il te remercie... Tu hoches doucement la tête. Son cousin ? Il est vrai que ce dernier n'a pas l'air en forme... Tu détournes le regard brièvement, songeant à ce que tu pourrais faire... Tu as bien des remèdes mais.. Accepteraient-ils de te laisser faire ? « Je peux peut-être aider ton cousin... Mais tu dois laisser faire. » Tu le regardes très sérieusement. Une fois de plus, le vouvoiement est absent. Qu'importe, ce garçon est si jeune à côté de toi. Pas que tu ne le respectes pas, mais tu n'as plus l'habitude de certaines politesses d'usage. Comme vouvoyer quelqu'un. Bref. Tu échappes un soupir et tu quittes la grange pour rejoindre le chalet, t'inquiétant peu du fait qu'il soit ou non sur tes talons. Tu n'as même pas attendu sa réponse à vrai dire. Tu es parti sans même écouter. Tu as des préparations à faire pour le malade. Et une en plus pour la sœur accessoirement, qui n'avait pas l'air au top de sa forme non plus. Tu reviens du côté de la cuisine et tu récupères un mortier et pilon, tu en profites aussi pour faire bouillir de l'eau. Ceci fait, tu files à l'étage, dans une pièce particulière. Tu dis que c'est ton bureau, mais... C'est autre chose encore. Une pièce dans laquelle personne, strictement personne n'a le droit de rentrer. Elle en renferme tant sur ton passé... Bref. Tu traces tout droit, pour récupérer dans un tiroir quelques fioles de diverses tailles, contenant divers produits dont les couleurs n'ont rien à voir. Des poudres, des feuilles, des herbes... Ceci fait, tu quittes la pièce, fermant la porte derrière toi. La clé tourne dans la serrure, et tu la remets autour de ton cou. Et tu retournes à la cuisine, constatant au passage que l'intendant est de retour.

Tu lui adresses un bref coup d’œil avant de préparer les remèdes. Qu'il soit d'accord ou pas. Son cousin ne survivra pas si tu ne l'aides pas, tu en as bien conscience. Il était tellement faible. Une douche et passer un peu de temps au chaud ne suffira pas pour le mal qu'il a. Tu attrapes le mortier, broies quelques feuilles que tu mélanges à des herbes et autres plantes. Tu y rajoutes une poudre bleue, une autre verte, quelques graines rouges que tu concasses avec. Et tu vas attraper la bouilloire, versant une quantité d'eau suffisante pour obtenir un liquide très épais. Plus épais qu'une soupe. Tu attrapes deux tasses en plus dans lesquelles tu mets encore de l'eau chaude, et tu y fais infuser quelques herbes, et tu reportes enfin ton attention sur Tudor. Bon sang, mais ce garçon ne cesse donc jamais de jacasser ? « Tu veux aide pour ton cousin ? J'aide. Tu préfères qu'il soit mort ? Soit. Je ne fais rien. » C'est cet instant que choisit la sœur pour débarquer, visiblement au courant de votre petite discussion avec son frère. Forcément, elle s'en mêle. Ajoute son avis. Et vite, cela tombe sur un débat. Tu les regardes peser le pour et le contre. Ils sont tellement perdus dans ce qu'ils racontent, ils s'opposent et se rejoignent par moments, de ce que tu en comprends... Tu soupires profondément, et tu attrapes une des tasses et le bol avec la mixture, décidant de monter à l'étage. Ils ne te remarquent pas tout de suite d'ailleurs, trop perdus dans leur débat. Tant pis. Ils ne veulent pas te laisser faire ? Tu vas prendre les devants. Tu rejoins rapidement la chambre que tu leur as attribuée, tu poses les deux récipients sur la table de chevet, et tu aides le jeune homme à se redresser.

Il a un mouvement de recul. Ce qui t'étonne à peine. Tu lui as sûrement fait peur. « Calme. Je suis guérisseur. » Tu hoches un peu la tête et tu récupères le bol et la cuillère. « C'est pas bon. Mais tu dois manger. » Tu lui tends une première cuillère. Il semble méfiant, mais puisqu'il n'a pas trop le choix, il mange. Et manque de renvoyer. Il faut dire que c'est fort, et pas spécialement bon. Mais il ne peut pas tout avoir ; et la santé, et un médicament saveur fraise des bois. Bref. Tu lui laisses un peu le temps de déglutir que tu lui présentes une seconde cuillère et ainsi de suite, lui faisant boire de temps à autre un peu d'infusion, pour faire passer le goût et la texture. Et lorsque tu juges qu'il a absorbé assez de remède, tu le laisses se recoucher, et tu te relèves. Les deux autres Tudor débarquent en trombe. Hé bien, ils viennent juste de remarquer ton absence ? « C'est fait. » Ajoutes-tu simplement en récupérant les récipients, dans l'idée de quitter la pièce pour laisser le jeune homme au repos. Mais voilà que l'intendant intervient. Il t'interdit de t'approcher de son cousin ? Tu fronces les sourcils. « Tu ne m'interdis rien. » Ça, ça ne va pas passer, si un garçon qui est tellement plus jeune que toi se permet de te donner des ordres. Qui est-il d'abord pour se le permettre ? Personne à tes yeux. Tu l'as invité, sous ton toit. Tu t'occupes d'eux. Et c'est ainsi qu'il se comporte ? Oui, tu sais qu'il est chargé de surveiller son cousin. Ce à quoi tu réponds calmement. « Avec succès. » Oui, c'était ironique. Jusqu'à preuve du contraire, ce dernier est mourant. Tu n'as fait que prendre les devants pour aider, plutôt que d'attendre bêtement la mort. Sur ces mots, tu passes à côté du brun, de la demoiselle et tu sors de la pièce. « A table. » Fais-tu d'une voix assez forte pour qu'ils t'entendent, tandis que tu descends les escaliers.

Tu vas jeter le bol et la tasse à l'évier, alors que tu dresses sommairement la table pour eux. Deux assiettes, deux fourchettes, deux couteaux, deux cuillères et deux verres. Une chance que tu cuisines, en effet. Tu sors le gibier maintenant bien cuit, tu mets le plat sur la table, amenant un saladier de pâtes fumantes. Une chance, il t'en restait après un autre de tes délires culinaires. Bref. Tu apportes du sel, de l'eau et voilà tout. Ça fera l'affaire pour ce soir. Tu l'espères en tout cas. Tu t'éloignes, allant récupérer une tasse dans laquelle tu verses une importante quantité de sang. Toi aussi tu as faim. Enfin soif. Les deux. Tu te délectes donc de ton repas, appuyé contre un meuble de la cuisine. « Si j'avais voulu ton cousin mort, j'aurais déjà tué. » Affirmes-tu. Et il n'aurait rien pu faire contre cela. Tu es né tueur. Tu l'es depuis toujours, tu le demeures. Même s'il le voulait, il ne pourrait rien faire pour le protéger. Tu échappes un soupir, posant ta tasse un instant pour aller faire la vaisselle. Tu es un guerrier. Tuer, c'est ta profession. Ainsi que faire la guerre. Mener les conflits. C'est dans ton sang, depuis toujours. Il n'y peut rien, ce garçon. « Il va guérir. » Ajoutes-tu simplement, avant de reprendre ta tasse pour finir ton sang, et ainsi la nettoyer. Et tu replonges dans ton silence, comme toujours. C'est tellement confortable, le silence. Tellement, quand pendant des années, c'est le bruit des épées qui s'entrechoquent qui t'ont hanté et empêché le moindre instant de repos...

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