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 and your shattered heart just burst into pieces. (lyokhael + sameks)

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Theodore Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
♆ métier : Fouteur de m**** (et amant de Samael à plein temps).
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♆ crédits : awake.
♆ messages : 515

♆ tell me, would you kill...


MessageSujet: and your shattered heart just burst into pieces. (lyokhael + sameks)   Ven 9 Jan - 22:43



FEEL HOW MUCH THE PAIN IS REAL
“trouver les réponses n'est pas le plus difficile. la vie te les apporte, tôt ou tard. le plus dur, c'est de continuer à vivre en les connaissant.”

Tu n'en reviens toujours pas. Tu peux l'admettre, tu as du mal à te faire à la nouvelle. À comprendre pourquoi, ou encore comment. Les journaux en parlent, les gens dans la rue en discutent rapidement. Cet événement n'est qu'une bizarrerie de plus sur la planète que vous habitez. Anarkia n'en est pas à sa première surprise, et sûrement pas à la dernière. Mais ça, franchement... Tu es censé être mort. Enfin, tu l'es depuis plus de mille ans. Mais tu étais supposé mort, définitivement, depuis vingt ans. Une mort violente dont les détails te reviennent par flash. Une mort inattendue qui a tout remis en question. Tu étais un vampire. Ils étaient des chasseurs. Ils t'ont traqué, torturé, et tu es mort de tes blessures. Puis tout est noir, le blackout total. Tu ne te souviens plus de la suite, pour la bonne et simple raison que tu étais définitivement mort. Mais là... Là... Tu fermes une fois de plus les yeux, profitant de la chaleur des rayons de soleil contre ta peau. Cette sensation... Il n'y a rien qui ne te fasse sentir plus vivant que cela. La brûlure d'une belle journée d'été contre ta peau. Tu souris un peu plus, te laissant aller à cette douce sensation... Mille ans, même plus Lyokha. Mille ans que tu n'as pas eu l'occasion de savourer un tel climat, une telle journée, claire, reflétant la vie à chaque coin de rue. Tes cheveux en trouvent un éclat encore différent, ta peau n'est plus aussi pâle qu'avant. Tu es humain. Pour ce nouveau départ, cette seconde chance totalement inattendue. Tu as un cœur qui bat, et la nourriture a à nouveau de l'intérêt. Le sel, le sucre, l'amertume, l'acidité. Tes sens ne sont certes plus aussi définis, ta vue la nuit n'est plus aussi pointue, ton odorat ne se régale plus du parfum du sang, mais celui des fruits, des épices, des douceurs qui ne font aucun sens pour les vampires. Tu as, pour la première fois depuis plus d'un millier d'années, la sensation de vivre. Et c'est agréable, terriblement agréable. Mais... Ton esprit n'est pas totalement tourné vers ce nouveau départ, non. Ton esprit est tourné vers une certaine personne que tu as plus que hâte de retrouver. Ton mari. Samael... Rien que d'y penser, tu as la sensation que ton cœur loupe un bond. Il ne va pas en revenir, tu es de retour, vous allez pouvoir reprendre votre idylle là où elle s'est brusquement arrêtée. Et pour lui, rien que pour lui, tu redeviendras vampire, pour continuer cette éternité que vous vous étiez promise.

Alors si tu as si hâte de le retrouver, pourquoi ne t'es-tu pas déjà rendu chez lui ? Pour une bonne et simple raison ; tu ne l'as pas encore trouvé. Tu as rencontré Lucky, celle-ci ne revenait pas du fait que tu sois là, vivant. Mais elle ne t'a pas dit où le trouver. Tu sens qu'elle t'a menti, mais ça t'importe peu, tu ne peux pas lui en vouloir. Après tout, elle a dû être anéantie par ta perte, tu ne peux pas frapper à sa porte du jour au lendemain et lui demander la vérité. Il lui faut du temps, au moins autant qu'il en faut à ton frère et ta sœur que tu n'as pas encore revus. Mais... Si les plus proches ne t'ont pas donné d'adresse, qui donc va pouvoir t'aider ? Tu as bien ta petite idée. La seule personne qui se moquera bien de te dire où il habite, la seule personne qui te dira la vérité dans l'espoir de se racheter, une fois de plus. Maximus. Tu sais qu'il n'a jamais vraiment apprécié Samael. Mais tu sais aussi qu'il ferait tout pour toi, dans l'espoir de redevenir celui qu'il était avant à tes yeux. Ce qui n'arrivera pas bien entendu, puisque tu es marié, et que tu mourrais d'amour pour cet homme que tu n'as pas vu depuis vingt ans maintenant. Bon sang, tu en sauterais sur place comme un gamin si tu le voulais... Mais tu n'en fais rien. Tu regardes juste le soleil se coucher, là, sur la plage, assis sur une chaise sous une paillote à déguster un cocktail. Qu'est-ce que c'est bon. Rien à voir avec l'alcool pour vampires, c'est... Délicieux. Bref. La nuit tombe. Plus vite que tu ne t'y attendais, et après t'être délecté de ce superbe coucher de soleil, tu guettes l'arrivée de Maximus. Qui se pointe aussitôt, toujours aussi assidu. Une qualité que tu ne pourras pas lui enlever, il faut croire. Il te serre dans ses bras, et vos différents passés ne t'empêchent pas d'en faire autant. De plus, tu te sens d'humeur clémente. Envers lui et le monde entier. Pour cette nouvelle chance. Cette chance de changer. D'aimer, à nouveau. Il te relâche, et vous entamez la conversation par quelques futilités, des questions sans grand intérêt. Jusqu'à en venir au sujet qui t'intéresse. « Alors... Où est-ce qu'il vit désormais ? » Le sourire de Max ternit légèrement. Sûrement se revirement de conversation ne l'intéresse pas. Mais c'est pour cela qu'il est ici, et il ne l'a pas oublié. Il échappe un soupir, et te donne finalement la réponse tant attendue. Tes yeux s'en illuminent ; du moins, c'est l'impression que tu en tires. « Il vit à Sanguinem Luna, sous la montagne. C'est une superbe villa, avec beaucoup de baies vitrées... Mais c'est très reculé de la ville. Un petit coin boisé assez sympathique... Tu... Tu te souviens du chemin des Lys ? » Tu hoches brièvement la tête. Tu connais les terres des vampires comme ta poche. Le chemin des Lys donne sur les maisons les plus isolées, celles des plus fortunés aussi. « Tu arrives devant la grange, et trois intersections plus loin, tu prends à gauche. Il y a un chemin, tu prends à droite, et ce doit être à un kilomètre maximum. » Tu imprimes mentalement ses informations. Au pire tu te perdras. Mais tu continueras à chercher, jusqu'à le retrouver. « Ok, merci, sincèrement. Et je voulais te demander aussi... Tu sais pas où sont mes voitures ? J'pense pas y aller à pied. » Il hausse un peu les épaules. Tu redoutes le pire. « J'en sais rien Lyo, il en était l'héritier. Elles sont peut-être entreposées quelque part, faudra que tu lui demandes. » Tu hoches un peu la tête. C'est légitime. Et aussi vite qu'il est venu, toi tu disparais, ne tenant plus en place. Le au revoir est rapide, et quand tu t'apprêtes à filer, il te retient. Te proposant de te déposer. Tu ne peux... Pas refuser en effet. Alors vous vous mettez en route.

Et une fois arrivé à la grange, tu lui assures que tu vas terminer le chemin à pied. Qu'il n'a qu'à retourner chez lui. Il hésite, mais il finit par abdiquer et faire demi-tour. Toi, tu t'enfonces dans la nuit pour une petite marche à la fraîche, chez des vampires qui se régaleront sûrement de ton sang s'ils te prennent par surprise. Mais cela te semble tellement secondaire... Tu avances donc. Empruntes les chemins comme on te l'a désigné. Tu hésites à un moment, mais tu continues ta route, et tu as bien fait. Tu marches vite, et tu as envie de courir. Mais l'excitation monte, tu as tellement hâte de le retrouver que tu n'arrives plus à ôter ce sourire débile de ton visage. Tu presses donc le pas, tu rejoins le dernier kilomètre que tu entames aussi rapidement que possible. C'est presque si tu ne comptes pas les pas... Et au bout, se dresse cette superbe villa. À en couper le souffle... Et pourtant, les dieux savent que tu es un habitué de ce genre de lieux. Mais là, elle est juste ravissante... Tu échappes un petit éclat de rire avant de reprendre ta marche. Puis tu arrives devant la demeure, et une fois de plus, tu t'arrêtes. C'est sublime. Sublime, mais aussi fermé... Tu guettes un peu partout autour, allant de droite à gauche et inversement... Et tu finis par repérer une baie vitrée mal refermée. Ou laissée entre-ouverte pour faire courant d'air, qui sait. Toujours est-il que tu saisis ta chance et que tu t'engouffres dans le bâtiment. L'intérieur est aussi ravissant que l'extérieur, mais tu ne t'attardes pas outre-mesure dessus ; ton cœur bat, tellement fort que tu as l'impression qu'il va arracher tes chairs et briser ta cage thoracique. Alors, tout en restant silencieux, tu presses un peu le pas pour aller à l'étage. C'est sûrement ici que se trouve sa chambre... Et tu ne te rends même pas compte que tu es en train de rentrer par effraction chez lui. Ça ne fait aucune importance parce que... Parce qu'il est ton mari, et qu'il te manque cruellement oui ! Tu files donc à pas de velours devant une première porte. Non, loupé. Alors tu continues. Jusqu'à tomber sur ce qui s'apparente à une chambre. Un léger sourire décore tes lèvres lorsque tu y rentres. Tu allumes la lumière.

Et le sourire disparaît. « Q...Quoi ? » Soudainement, tu as l'impression que ton cœur ne bat plus. Et dans le fond, ce serait sûrement préférable. La scène sous tes yeux c'est... Ton esprit est littéralement en bug, quand tu vois ce garçon allongé aux côtés de ton mari. Tous les deux endormis dans le même lit. Ton sang ne fait qu'un tour et c'est ta colère qui agit à ta place, qui guide le moindre de tes mouvements ; tu t'approches du lit et tu en tires l'humain, le dégageant brutalement de là pour l'amener à terre. Et sans réfléchir, alors qu'il est à peine réveillé, tu lui envoies ton poing dans le visage. Et tu ne t'arrêtes pas en si bon chemin non. Du moins, tu aimerais continuer, mais ton mari – ex-mari pardon – se lève bien rapidement et te dégage de ce qui semble être... Son nouveau petit-ami. Tu te retrouves à terre, et tu recules, les regardant tous les deux. Tu ne te rends pas compte que les larmes coulent le long de ton visage. Tu es... Anéanti. Tu refuses d'y croire. Pourtant, ils sont bien là. Et toi... Tu es la pièce du puzzle qu'on ne voulait pas retrouver. Alors tu te lèves, ta rage t'aide à bondir sur tes pieds et tu quittes la pièce en claquant la porte derrière toi. Tu descends à l'étage inférieur par l'escalier, prenant les marches deux à deux. Et tu n'arrives pas à empêcher les larmes qui continuent à couler, sans relâche. Ton cœur brûle. Tu as la sensation de brûler sur l'intérieur. Et tu ne retiens pas les sanglots qui te prennent à la gorge. Si bien que, quand tu arrives près de ce qui semble être le plan de travail de la cuisine, tu te laisses aller contre, appuyé dessus, à défaut de t'écrouler par terre. Tu te sens tellement... Trahi... Tu te dis que tu aurais mieux fait de rester mort. Dans ton cercueil. De te faire oublier définitivement. À quoi bon être revenu à la vie ? Ton époux est passé à autre chose. À un garçon qui partage presque trait pour trait ton physique... Il t'a remplacé. T'a trouvé un double humain, et sûrement meilleur que celui que tu n'as jamais été pour lui. Et ça te fait mal, bon sang, ça te fait mal...  Ton regard se pose sur l'alliance qui demeurait encore à ton doigt. Et tu as juste envie de hurler, mais tu n'en fais rien. Ça fait trop mal, ça aussi.

Tu entends des bruits de pas, et tu te tournes immédiatement vers l'entrée de la pièce où tu vois Samael. Ta respiration est rapide, autant que ton rythme cardiaque. Tu as la haine qui te dévore de l'intérieur, et c'est sans réfléchir que tu enlèves précipitamment ton alliance pour lui balancer à la face. « Espèce de sale enfoiré ! » Cries-tu, sans te soucier de déranger ou d'être entendu. Mais dans le fond... Peux-tu vraiment lui en vouloir Lyokha ? Il est passé à autre chose. Il a eu raison. Alors pourquoi une telle réaction ? Parce que ça fait plus mal que prévu. Parce que tu n'avais pas imaginé que revenir à la vie serait possible, sans quoi tu lui aurais demandé de t'attendre, pas amour. Ton cœur te brûle, et les larmes n'ont de cesse de glisser le long de ton visage. « Tu n'as pas intérêt à t'approcher de moi. » Fais-tu presque agressivement, alors que tu le vois faire un pas en avant. Apparemment, tes propos ne sont pas convaincants. Alors, tu fais quelque chose de totalement stupide ; tu récupères les couteaux d'inox rangés sur le plan de travail, et tu les jettes un à un en sa direction. C'est lui que tu vises, mais ils se fichent à côté, dans le mur, à chaque fois. Peut-être parce que au fond, tu ne veux pas le toucher. Que malgré tout le mal qu'il te fait, toi, tu ne te sens pas capable de lui en faire. Alors ils loupent leur cible, mais n'en sont pas moins dangereux. « Ne t'approches pas je t'ai dit ! » Cries-tu à nouveau. À croire que tu n'as plus que ça ; ta voix qui se fait enrouée, tes larmes et tes couteaux. Pathétique tableau que tu offres là. « Comment t'as pu... Comment t'as pu... » Et tu pleures, encore, de plus belle. Comment est-ce qu'il a pu passer à autre chose ? Il en avait marre de souffrir, tout simplement. Et tu ne peux pas le blâmer pour ça, car dans le fond, tu ne veux que son bien. Mais ça aurait été compréhensible, si tu n'avais pas prévu de revenir à la vie. Là c'est... C'est tellement douloureux. Il ne te reste qu'un couteau à la main, et tu hésites franchement entre te l'enfoncer dans l'abdomen, ou lui balancer à la face. Mais aucune des deux options ne passe en avant. Tout ce que tu fais, c'est t'avancer un peu, la lame dirigée vers lui. Pour te laisser tomber à genoux au milieu de la pièce, pleurant, gémissant ta douleur, criant ta souffrance. Tu ne te rends même pas compte que tes paumes saignent de tes précédents lancers. Et ça n'importe plus. Tout ce que tu fais, c'est souffrir, sous son regard. « J'te hais, j'te hais, j'veux pas... » Vivre sans toi ? Ça s'en rapproche. Et si tu ne veux pas réellement mourir, c'est tout ce qui te passe par l'esprit sur l'instant. Toi et ta crise de panique. Ta respiration difficile et saccadée. Toi, à genoux. En train de pleurer toutes tes larmes. Faible. Vulnérable. Mortel. Humain.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Ramiel A.D. Tudor
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MessageSujet: Re: and your shattered heart just burst into pieces. (lyokhael + sameks)   Sam 10 Jan - 2:26

Tu joues avec quelques mèches blondes. Son corps chaud contre le tien, son souffle glissant sur sa peau, t'arrachant un frisson de temps en temps... Tu es heureux, Samael. Plus que tu ne l'as été ces deux dernières décennies. Pour la première fois depuis tant d'années, Tu te sens complet, tu n'as pas l'impression d'être six pieds sous terre, anéanti par la perte de celui qui possédait ton cœur. Non, les choses ont changées il y a quelques temps. La situation, ta situation s'est améliorée. Grâce à Lui, Alekseï Ivashkov. Ce cher Alekseï... Tu n'avais pas prévu que ce sale gamin, Chasseur de surcroît, ressemblant mille fois trop physiquement à ton défunt Lyokha mais ayant le même état d'esprit que toi autrefois, finirait par toucher ton cœur de mort. Tu n'avais rien prévu, et pourtant c'est arrivé. L'humain a changé, tu t'es adouci en sa présence. Et tu es tombé amoureux de lui. Oui, de lui, pas du reflet de Lyokha. Tu aimes le jeune Alekseï pour ce qu'il est, pour son tempérament, pour cette manière dont il parvient à te faire retrouver le sourire, cette manière dont il réchauffe ce cœur mort depuis trop longtemps. Dire qu'au départ tu as bien failli le tuer pour avoir tenu des propos déplacés sur Lyokha... C'est étrange comme le destin peut se jouer des hommes, leur faire croire qu'ils rencontrent quelqu'un qu'ils vont haïr mais qu'ils finissent par aimer à la folie... Tu avais déjà eu droit à un tel revirement de situation, tu espères que cette deuxième fois sera la dernière et la bonne. Il faut que ce soit la bonne. Il ne peut en être autrement, tu ne le supporterais pas. Ce jeune humain est ta dernière chance, c'est ainsi que tu le vois, tu ne pourras pas supporter un autre coup au cœur. Oui, tu n'as que la quarantaine. Mais pour ce que tu as vécu, cela de paraît être déjà toute une éternité. Ce qu'il te reste, tu veux le passer avec lui. S'il l'accepte, bien évidemment. S'il est prêt, s'il te le demande... Oui, tu attendras qu'il te le demande. Tu as le temps, tu ne t'envoleras pas... Et il faut qu'il profite de tout ce qu'il a aujourd'hui... Il bouge un peu et une mèche de ses cheveux blonds retombe sur ses yeux fermés. Un tendre sourire vient étirer tes lèvres tandis que tu retires cette mèche, doucement, avant de laisser tes doigts descendre sur sa joue, puis dans son cou, où tu sens les marques de tes dernières morsures... Tu as beau être très doux avec lui, tes canines n'en transpercent pas moins sa peau de manière régulière et cela laisse des traces... Il faudrait que tu arrêtes, mais c'est plus fort que toi. Tu n'arrives pas à lui résister, pas quand il te le demande. Quel sale gosse. Un sale gosse que tu aimes...

Tu finis par fermer les yeux, parce qu'il faut bien que tu sois aussi en forme que lui demain. Un instant, tu songes à aller ouvrir la fenêtre pour laisser entrer l'air frais mais tu y renonces bien vite : tu risquerais de le réveiller en te levant. Alors tu restes sur place, essayant de trouver le sommeil. La journée a été agitée, cela ne devrait donc pas être trop compliqué. Vu qu'il ne travaillait pas, vous avez passé votre temps ensemble, profitant sans retenue de tout ce temps qui vous était accordé. Vous vous êtes longuement promenés, en rentrant tu t'es installé au piano et vous avez fini dans la piscine. Oui, tu avoues, tu l'y as poussé alors qu'il en l'avait pas prévu mais il ne s'est pas plaint bien longtemps puisqu'il t'a tiré avec lui. L'eau est toujours à la bonne température, il y a des sources d'eau chaude dans cette partie de la montagne et le système d'alimentation de la piscine puise sa chaleur dedans. Cette journée, vous l'avez terminée par de nombreux baisers, des caresses, des morsures de ta part... Vous n'avez pas couché ensemble, pas ce soir, mais ce n'était pas nécessaire. Vous n'avez pas besoin d'aller jusqu'au bout, les préliminaires suffisent pour vous prouver votre amour. Mais il n'y a qu'à voir les regards que vous échangez pour le comprendre. Ce Chasseur est venu vivre en territoire ennemi, chez les vampires, par amour pour toi. Et toi, tu as acheté cette demeure, à l'écart des grandes villes, loin de tout, le protégeant ainsi de la majorité de la population vampirique. Tu n'avais initialement pas l'intention d'acheter cette villa dans laquelle vous vivez actuellement, tu souhaitais quelque chose de plus discret, de plus petit, mais tu as eu un tel coup de cœur, tu t'es si bien vu avec Aleks dans cette villa que tu as craqué. Une demeure dans laquelle tu n'as aucun souvenir avec Lyokha, pour un nouveau départ dans les meilleures conditions. Lyokha... Ce prénom reste tout de même douloureux pour toi. Outre les souvenirs et cette cicatrice sur ton omoplate, tu as encore un souvenir de lui : ta bague de mariage. Tu ne la portes plus à ton annulaire, certes, mais elle est encore visible lorsque tu es torse-nu, ou que tu portes une chemise ouverte sur les trois boutons du haut. La bague, tu l'as glissée sur une chaînette en or qui ne quitte plus ton cou. On peut la voir, de temps en temps. Alekseï la voit un peu trop souvent à tes yeux, mais tu ne peux te résoudre à la laisser quelque part, loin de toi. Tu devrais pourtant, tu es enfin parvenu à tourner la page, ce n'est pas pour rester enchaîné à une simple bague... C'est à cet instant que tu sens le jeune humain se blottir un peu plus contre toi, t'arrachant à tes pensées qui commençaient à se faire bien sombres. Un doux et tendre sourire s'installe alors sur tes lèvres tandis que tu rouvres un peu les yeux, le temps de venir déposer un baiser sur son front... Puis tu t'installes confortablement et t'assoupis enfin, rêvant du jeune homme qui dort contre toi...

Lumière. Un grognement de mécontentement s'échappe de ta gorge tandis que tu essayes de disparaître sous la couette. BON SANG ! Un nouveau grognement t'échappe, ressemblant vaguement à quelque chose comme « Aleks, je te l'ai déjà dit, ne me réveille pas comme ça... ». Tu ne supportes pas ce genre de réveil, parce que ta vue très développée se révèle être extrêmement sensible aux brusques variations de lumière. Sauf qu'un mouvement contre toi t'apprend, même si tu ne le comprends pas à la seconde, que ton blondinet de petit ami n'est pas responsable de ce qu'il vient de se passer, étant donné qu'il est contre toi et qu'il semble tout autant indisposé par ce soudain excès de lumière. Alors que se passe-t-il ? Tu n'a qu'à peine le temps de sortir la tête de dessous la couette que ton petit ami est brutalement tiré hors du lit et se prend un poing dans la figure qui l'envoie à terre. Ton sang ne fait alors qu'un tour et, sans plus réfléchir, tu te lèves, attrapes l'autre humain est est entré ici tu ne sais comment, et le repousses violemment loin de ton petit ami.

-Non mais ça ne va pas ? Dégage d'ici ! Et prie pour que je ne te mette pas la main dessus ! lances-tu sur l'inconnu qui ne l'est pas tant que ça, même si tu ne t'en es pas encore rendu compte. Tu préfères plutôt rejoindre Alekseï, qui saigne du nez, et l'aides à se relever. Ça va Aleks ?
-Non ça ne va pas ! Ce connard m'a éclaté le nez ! Si je l'attrape je vais le...


Tu lui voles un baiser pour le faire taire. Quelque chose ne va pas. Le garçon qui est venu tirer ton petit ami du lit lui ressemblait étrangement. Il était humain, tu l'as senti à l'odeur de son sang, mais ce n'est pas cela qui te trouble, non. Ce qui commence à t'inquiéter, c'est à la fois cette ressemblance entre les deux jeunes hommes, et cette réaction totalement incompréhensible et violente. Lyokha aurait pu réagir de cette manière. Mais il est mort Samael, tu sais très bien que cela ne peut pas être lui. Mais... En es-tu si sûr ? L'autre blond s'est enfui, tu ne peux rien vérifier, mais le doute demeure à cause d'une tentative de conversation que tu as eu hier avec ton blond : les morts reviennent à la vie. Sur le coup, tu as complètement zappé cette information, préférant passer du bon temps avec lui plutôt que te prendre la tête sur un sujet d'actualité. Si tu étais encore vivant, tu pâlirais. Sauf que comme tu ne peux pas, ton regard se fait vague, dans le vide. Ce n'est pas possible, il doit y avoir une erreur. Cela ne peut pas arriver, tu n'y crois pas, ce n'est pas... Cela ne peut pas... Ton regard plonge dans celui, d'azur, du jeune homme qui saigne du nez...

-Écoute... Je vais le rattraper et voir ce qui se passe. Reste dans la chambre, ou va te soigner, mais laisse-moi gérer ça, s'il te plaît.

En fait, tu ne lui laisses pas tellement le choix. Après avoir échangé un court baiser, tu enfiles rapidement un pantalon, une chemise que tu poses simplement sur ton dos puis tu disparais de la chambre, te laissant guider par l'odeur de son sang. Tu fermes un bouton sur deux en descendant les escaliers et... Tu finis par le retrouver côté cuisine, appuyé sur le plan de travail, non loin des couteaux. Tu n'as pas le temps de faire un pas depuis qu'il te traite d'enfoiré et te balance quelque chose à la figure, ce quelque chose que tu interceptes en vol sans le moindre mal. Il s'agit d'une alliance. La jumelle de celle qui pend à ton cou. La même alliance que celle que Lyokha a emporté dans la tombe. Sa copie conforme. Non, c'est impossible... Il ne peut pas, ce ne peut pas être Lui, il est mort il y a plus de vingt ans, il ne peut pas... Il s'agit d'une erreur, d'une illusion, ton esprit te joue des tours ! Mais tu as arrêté tout ce qui pouvait te troubler l'esprit lorsque tu as rencontré Alekseï, tu n'es donc plus censé en avoir... Par tous les dieux slaves, comment es-ce possible ?

-Lyokha ? demandes-tu, incertain.

Tu n'as pas intérêt à t'approcher de lui, voilà ce qu'il te sort. Tu n'as pas intérêt à t'approcher de lui... Tu secoues la tête, n'ayant que faire de ses menaces. Tu veux comprendre, tu veux savoir si ce que tu crois est juste. Les larmes dévalent le long de ses joues et tu en es hypnotisé. Il ne peut pas... Lyokha était un vampire, pas un humain. Il... Non, c'est vrai, il paraît qu'il reviennent tous humains... Non... Il a beau prendre les couteaux en inox, il a beau te les lancer dessus, tu n'as pas peur. Tu n'y prêtes pas attention, pas une seule seconde. Ils te ratent tous, et si jamais l'un devait te toucher, quel importance ? Tu guérirais vite. Qu'il te réponde, pitié... Qu'il te dise que tu te trompes dans tes déductions, qu'il t'avoue qu'il n'est que le fruit de ton imagination, que, que... Tu ne sais pas ce que tu veux. Tu te contentes de le regarder, sentant une vague de tristesse menacer de t'emporter.

-Lyokha ? demandes-tu à nouveau, plus doucement.

Tous les couteaux ont été lancés, sauf un. Le dernier reste dans sa main. Comment as-tu pu quoi ? Tu ne comprends pas de quoi il parle. Non, rectification : tu ne veux pas comprendre. Ce n'est pas possible. Quelque chose fait obstacle dans ton esprit, t'empêchant d'ouvrir les yeux, de voir que c'est bel et bien Lui que tu as sous les yeux. Qu'est-ce qui t'aveugle ainsi ? Ton récent bonheur, la présence de ton petit ami à l'étage. Tu ne veux pas, tu ne peux pas tout remettre en question maintenant que tu es à nouveau heureux, maintenant que tu t'es reconstruit. Ce serait trop dur à supporter, ce serait... Il s'avance vers toi, son ultime couteau à la main... Et finit par se laisser tomber à genoux, au milieu de la pièce, en larmes. Il te hais ? Il ne veut pas ? Il ne veut pas... Pas quoi ? Tu sens quelque chose se briser en toi, au niveau du cœur. S'il battant encore, il s'arrêterait aussitôt. Tu lui tournes autour, une fois, sentant ton regard s'embuer. Il a l'inscription du Mad Hatter sur la nuque, ainsi que le T des Tudor, marque très légère mais reconnaissable entre mille... C'est... C'est... De retour face à lui, tu te laisses tomber à genoux...

-C'est toi... C'est vraiment toi... Lyokha... Lyokha...

Tu répètes son prénom, gravant un peu plus dans ton esprit ce qu'il se passe : il est revenu. Alors qu'il était mort. Une vague de tristesse vient alors déferler sur ton cœur, emportant tout sur son passage. Tes certitudes s'écroulent et ton désespoir revient avec ce tsunami qui te dévaste. À nouveau, tu ressens ce manque que lui seul pouvait combler, à nouveau tu ressens ce poignard qu'est le désespoir s'enfoncer dans ton cœur, rouvrant des blessures que tu étais enfin parvenu à refermer. Tu revois son corps, vidé de son sang, sur le pallier de votre porte. Mort, définitivement, sans aucun espoir de retour. C'est ce que tu croyais, ce que tu as, pendant vingt ans, essayé de te faire entrer dans le crâne pour tenter de passer à autre chose. Pendant vingt ans, tu as attendu un miracle. Vingt longues années de perdues, à vivre comme un fantôme sur ces terres, immortel ayant perdu sa lumière, sa raison de se battre, de continuer à exister. Tu ne te rends pas compte que des larmes coulent de tes joues devenues pâles le jour de ta transformation. Oui, tu pleures. Parce qu'il est finalement revenu, mais que, ce faisant, il menace ce fragile petit monde que tu avais réussi à reconstruire.

-Pourquoi... Pourquoi ? Pourquoi maintenant, Lyokha ? Pourquoi...

Tu ne sais pas quoi dire. Tu ne sais pas quoi faire non plus. Tu es malheureux, parce qu'il t'a fit souffrir par sa longue absence et parce que, à présent, il te fait souffrir par sa présence aussi soudaine qu'inattendue. Il fait figure de fantôme du passé. Il appartient au passé, c'est ce que tu t'es répété des milliers de fois chaque jour, sans parvenir  faire entrer cette information en toi. Et maintenant, à présent que tu l'as intégré, il ressurgit des limbes, revient d'entre les morts et toi, tu ne comprends pas pourquoi le sort semble vouloir s'acharner sur toi. Tu voudrais aussi le serrer dans tes bras, lui sauter dessus, l'embrasser tant tu es heureux de le savoir à nouveau là, bien vivant, en tant qu'humain. Mais tu ne bouges pas, restant à genoux, les larmes de sang coulant toujours tandis que tu le regardes. Tu te sens mal. Et c'est là que quelque chose te revient en mémoire. Quelque chose qu'il a dit. Comment tu as pu. Quoi donc ? Alekseï ? C'est de lui dont il parlait ? Tu ne devrais pas te mettre en colère Samael, cela ne donne jamais rien de bon. Et pourtant, la seule arme que tu possèdes actuellement pour luter contre ton profond désespoir, c'est cette colère qui parcourt tes veines.

-Comment j'ai pu quoi ? Comment j'ai pu quoi Lyokha ? Vas-y, continue ta phrase ! Comment j'ai pu dormir avec un autre homme ? Ça fait plus de vingt ans ! PLUS DE VINGT ANS que tu as disparu, que tu es mort ! Et tu oses me demander pourquoi ? Tu aurais attendu combien de temps à ma place ?

Tu ne sais pas combien de temps il aurait attendu, et tu ne veux pas savoir. Tu as peur de culpabiliser. Non, tu culpabilises. Tu aurais dû continuer à l'attendre, tu aurais dû garder espoir... Non. Non, il faut être réaliste, c'est la première fois qu'Anarkia sous fait ce genre de surprise, personne ne pouvait prévoir qu'il reviendrait. Tu as tenu son cadavre contre toi, tu l'as porté, transporté, tu l'as vengé même, sans en tirer une réelle satisfaction puisque tu savais que cela ne le ramènerait pas. Rien ne devait le ramener... Tu secoues la tête, tes mains se glissant dans tes cheveux bruns devenus courts pour son plaisir et marquer ta nouvelle identité... Tu tires un peu dessus, ta colère laissant à nouveau place à une tristesse sans nom...

-Tu n'as pas le droit de m'en vouloir... Tu n'as pas le droit... Il n'y avait aucune chance que tu puisses revenir un jour... Je... J'ai attendu pourtant... Mais en vain... Je ne pouvais pas savoir, ce n'était jamais arrivé, c'était impossible, je... Je...

Tu n'as plus les mots. Tu n'as plus rien d'autre que tes sanglots et un mélange de sentiments négatifs. Tu voudrais disparaître, tu voudrais revenir dans le temps, tu aurais voulu que ce qu'il se passe aujourd'hui un an plus tôt, tout aurait alors été différent. Tu l'aurais accueilli à bras ouverts, vous auriez tout repris là où vous l'aviez laissé... Mais tu ne peux pas faire de même, parce que s'il était arrivé l'an passé, il n'aurait fait que refermer la blessure. Ors, jusqu'à il y a quelques heures, cette même blessure était refermée et déjà en bonne voie de cicatrisation. Il l'a rouverte, avec tous les sentiments que tu y avais piégés et... Cet amour que tu lui portais, éclipsé par les sentiments que tu éprouves pour ton cher Alekseï... Qui, tu l'espères, restera à l'étage...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Theodore Volkov
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MessageSujet: Re: and your shattered heart just burst into pieces. (lyokhael + sameks)   Mar 17 Nov - 19:57

Tu pourrais le dire à voix haute, tu tires une certaine satisfaction d'avoir frappé ce type que tu ne connais pas. Il le méritait, à tes yeux. Après tout, il dormait avec TON mari. Ex-mari Lyokha, tu devrais revenir à la réalité, accepter les faits tels qu'ils sont... Tu es mort depuis plus de vingt ans. Samael t'a trouvé un remplaçant pour panser les plaies sur son cœur, et tu ne peux pas lui en vouloir. Pourtant, tu n'arrives pas à ignorer la douleur qui transperce ton cœur sur l'instant. Des coups de poignard qui se répètent, encore et encore... Tu aimerais que cela cesse. Pouvoir éteindre ton humanité, comme tu l'as fait par plusieurs fois quand tu étais vampire... Mais là, tu es humain. Soumis aux cruelles lois de ton espèce. Tu ressens l'amour et la douleur. La joie et la peine. Le bonheur et la tristesse. Mais sur l'instant... C'est un grand vide dans ton cœur, dans ton esprit. Le sang pulse douloureusement contre tes tempes, tout ce que tu peux ressentir est terriblement négatif, si bien que tu regrettes d'être revenu à la vie. Dans ta colère, tu balances ton alliance au visage du brun. Il n'a pas de mal à la rattraper. Il l'analyse, et semble percuter. Oui, tu es son mari. L'homme qu'il a enterré il y de cela trop de temps maintenant. Qu'il la garde, cette foutue alliance. Qu'il l'a donne à son cher petit amour, cet humain qui te ressemble beaucoup plus que permis. Et ça aussi ça te dégoûte. Il t'a juste remplacé, par une pâle copie de ta personne... Tu es plus blessé que jamais. Il t'interpelle par ton prénom. Tu lui ordonnes de ne pas t'approcher, ce qu'il n'écoute pas bien évidemment. Alors tu lui jettes ces couteaux, dans un acte aussi désespéré que pathétique. Aucune des lames ne le touche. Tu ne voulais pas le toucher, de toute façon. Tes paumes saignent de tes lancers, tu gardes un couteau à la main, alors que tu te laisses tomber à genoux au milieu de la pièce. Tu n'en peux plus. Tu ne veux pas vivre comme ça, tu ne veux pas vivre sans lui... Tu te sens affreusement mal, trahi, abandonné...

Aussi bas que terre. Physiquement comme mentalement. Tu as perdu toute envie de te battre, si soudainement. Comme si la nouvelle était trop lourde à porter... Et elle l'est. Il te tourne autour, sans doute pour confirmer l'évidence. Oui, c'est bien toi, tu es bel et bien de retour parmi les vivants. Mais il aurait sans doute été préférable que tu restes mort...Tu t'en rends compte peu à peu, et ça fait mal, vraiment mal. Oui, c'est vraiment toi. L'entendre murmurer ton prénom découpe en fins lambeaux ce qu'il reste de ton cœur. Cette voix qui autrefois, chantonnait les deux syllabes de ton patronyme, vibre désormais d'un désespoir ravageur. Ce même désespoir qui t'a étreint, alors que tu étais en train de mourir pour de bon. Tu t'es battu pourtant, jusqu'au bout, jusqu'à ton dernier souffle. Tu as tout donné, malgré la noirceur qui enserrait ton cœur, te faisant doucement comprendre que non, tu ne le reverrais plus jamais. Et tu as regretté, de ne pas simplement être resté chez vous. De ne pas t'être blotti entre ses bras, devant la tv ou dans votre lit, plutôt que de partir pour rencontrer tes amis. Tu as tellement souffert, dans tes derniers moments d'existence. Ils t'ont fait regretté d'exister, mais jamais tu n'as pu regretter d'avoir aimé Samael. Jamais. Tu t'es raccroché à lui, alors qu'on te torturait. Toutes tes pensées, elles étaient dirigées vers ce brun, vers celui avec lequel tu avais prévu de passer l'éternité. Tu as espéré, un peu naïvement, qu'il apparaisse au coin de la rue pour venir te sauver la mise. Il n'est jamais venu. Tu es mort avec le souvenir de ses lèvres contre les tiennes. Tu as emporté vos derniers instants dans la tombe, et le monde a essuyé cette tragédie pour passer à autre chose. Il est passé à autre chose. A-t-il eu tort ? Tu n'as pas le droit de lui en vouloir. Il s'est reconstruit. Il a eu raison. Il ne se serait peut-être pas relevé, sans cela. Mais ça ne te fait pas moins mal. Ce jeune homme te ressemble tant. C'est sans doute ce qui remet tout en question pour toi, ce qui explique ton amertume.

Pourquoi maintenant ? Tu te le demandes aussi. À constater ce qui se passe, tu aurais dû te réveiller avant qu'il ne soit avec l'autre humain, et pas maintenant. Quels sont les plans des dieux ? Tu ne les comprends pas. Peut-être ont-ils jugé que la mort était un trop doux châtiment pour toi. Peut-être qu'ils voulaient s'amuser un peu plus, se régaler de ta peine, te voir évoluer et te détruire. Ils ont gagné. Tu baisses laisses les armes aux combattants ; tu n'as plus envie d'en être un. « Parce que tu crois que je l'ai choisi, Samael ? Tu crois vraiment que ça m'enchante de ne revenir QUE maintenant ? » Tu hausses le ton, entre deux sanglots, ton regard accrochant le sien. Ses larmes sont de sang. Les tiennes aussi transparentes que l'eau. Les rôles sont inversés pour une fois depuis longtemps, et tu ne sais pas, de qui ou de lui, fait le plus souffrir l'autre. Tu enchaînes sur un autre sujet qui semble te tenir à cœur. Comment a-t-il pu. Batifoler avec un autre. Ouvrir son cœur à cette pâle copie de toi-même, version qui est sûrement bien meilleure que le vieux jouet cassé que tu es aujourd'hui. Tu ne devrais même pas poser la question. Les vingt ans qui séparent ta mort de ce jour sont une réponse évidente. Pourtant, tu t'obstines, tu demandes, alors que ton cœur se consume toujours autant dans ta cage thoracique. Sa réponse est vive. Tu devais t'y attendre. Elle suit la ligne de ses pensées, et t'en brise un peu plus le cœur. Tu ne lui accordes pas le temps de respirer que tu réponds immédiatement, sur la même intonation colérique qu'il s'est donnée. « Une éternité au moins ! J'aurais préféré CREVER plutôt que de vivre sans toi ! » Espères-tu le faire culpabiliser ? Il y a un peu de cela, et c'est sans doute malsain. Ce n'est pas l'entière réalité. Tu n'as jamais souhaité qu'il meurt, non. Tu sais que profondément, tu as toujours souhaité qu'il poursuive sa vie, qu'il soit heureux de nouveau, même sans toi.

Un vide. C'est tout ce que tu ressens. Un gouffre sans fond. Le néant infini qui creuse chaque cavité de ta personne. Ses mots résonnent douloureusement dans ta tête. Il n'y avait aucune chance en effet. C'était impossible. Pourtant, tu es bien là, par un coup incompréhensible du destin, de cette planète qui t'a arraché à lui, et qui te pousse maladroitement dans ses bras aujourd'hui. Ses sanglots n'ont rien de la douce mélodie des victimes apeurées dont tu te délectais autrefois. Ses sanglots sont des lames froides qui s'enfoncent dans ton âme. Tu peines à contenir toute ta colère, toute ta tristesse. Pourtant, tu te reprends quand des bruits de pas se font entendre. Que l'amant de ton ex-mari débarque dans la pièce, visiblement énervé. Il n'est vêtu que d'un sous-vêtement. Il te ressemble d'autant plus, nombre de tes tatouages en moins. Il te ressemble, et c'est effrayant. Pourtant, tu ne perds pas la face. Tu te relèves, droit sur tes deux pieds. Le menton haut et l'allure presque méprisante. Tu ne l'aimes pas, même si tu ne le connais pas, tu peux l'affirmer ; tu le hais même, pour ce qu'il est, ce qu'il te fait en toute inconscience. Tu es anéanti, mais tu ne perds pas la face, pas pour l'instant. Tu serres les dents. Tu le détailles, tu le juges, même si tu ne le connais pas. Votre ressemblance est troublante, et tu n'en veux qu'un peu plus à Samael de t'avoir remplacé par ce jeune humain. Tu as envie de rire. Il garde des traces de sang sous le nez, malgré l'effort pour en enlever une bonne partie. Tu aimerais pouvoir lui briser la totalité des os, un peu plus de deux cent de ces pièces composant sa personne. Mais ça ferait du mal à Samael, n'est-ce pas ? Et peu importe combien tu lui en veux, combien tu souffres, tu te refuses à une telle cruauté. Tu es horrible, tu es déchiré, pas parce que tu l'as perdu, mais parce que toi, tu aurais attendu, et tu as espéré, en vain.

Tu t'avances maladroitement d'un pas vers le plan de travail, y posant le dernier couteau. Tu ne prêtes pas attention aux fines perles de sang qui longent tes doigts. Tu t'avances simplement vers lui, vers cet homme qui t'a pris le tien. Tu ne te laisses pas aller à cette colère qui te dévore pourtant de l'intérieur, qui t'intime, vicieuse, de le rouer de coups jusqu'à ce qu'il te supplie d'arrêter. Non. Tu demeures impassible, les larmes séchant sur tes joues. [i]Tu peux l'éteindre. Ton humanité. Tu as juste à le demander. À le désirer. Éteins-là, et plus rien, jamais, ne t'atteindra. Ni l'amour. Ni la haine. Ni la tristesse. Tout cela ne sera qu'un vague souvenir au goût amer.[i] Tu aimerais appliquer ces conseils à nouveau. Mais ce n'est pas si simple. Car tu es humain, désormais. Tu n'es plus ce vampire, ce monstre. Tu serres les dents pour diminuer la peine. Tu restes à distance raisonnable de cet autre homme, distance qui vous sépare et qui te permettrait de parer une attaque éventuelle. Il semble tendu, nerveux. Qu'il se rassure ; il peut garder Samael. Tu n'as pas ton mot à dire là-dessus. Tu ne l'as plus. Ton brun aime ce garçon. Ainsi soit-il. Tu te détournes donc. Sans demander leur avis, tu te saisis d'une clé de voiture posée sur une table à l'entrée, la dérobant subtilement, sans qu'ils ne s'en rendent compte. Avec un peu de chance, ce sera celle de la voiture qui est devant. Tu n'en as pas vu d'autre de toute façon. Bref. Tu sors enfin de ces lieux dans lesquels tu avais l'impression d'étouffer. Tu fais tourner les clés entre tes doigts. Tu ouvres la voiture et t'installes derrière le volant, verrouillant les portes, quelques fois que l'un des deux t'ait suivi, ayant compris tes manigances. Tu démarres le moteur, et tu le fais ronronner bruyamment une ou deux fois. Tu te délectes de voir une silhouette se dessiner dans ton rétroviseur. Ah, ça y est, ils ont percuté ? Trop tard, tu es déjà sur la route, sillonnant le chemin, la nuit. Tu n'as pas envie de te retourner. Tout ça, c'est ton passé, désormais.

❖❖❖

Tu rouvres les yeux. Ton regard est brumeux. Tes traits tirés par la fatigue. Tu te frottes un peu les yeux, et tu te retournes sur le lit. Tu n'aimes pas l'odeur des draps. Ça pue le parfum bon marché. C'est étouffant, et pourtant, ce n'est qu'un infime détail sur la liste des choses que tu détestes à ce jour. En première position, toi-même. Mais personne n'a besoin de le savoir. Personne ne demandera, de toute façon. Ton esprit tourne au ralentit, à cause des substances qui circulent encore dans ton organisme. Mais au moins, tout est plus doux. La souffrance est plus facile à supporter. Elle est mise de côté, reportée de plus tard, pour quelques heures de répit. Ta dernière dose commence à remonter, les effets se dissipent lentement. Pour l'instant, tu es encore sur ton petit nuage. Tu demeures étendu sur ce lit qui n'est pas le tien. Qu'importe. On t'accorde enfin ce repos tant mérité. Où es-tu ? Dans un bordel. Une maison de joie. Un lupanar. Bref, c'est assez clair comme ça. Qu'y fais-tu ? Oh, rien de bien glorieux. Mais avant de se lancer dans des suppositions étranges ; non, tu ne fais pas le gigolo de service, et non, tu n'es pas venu te perdre dans les bras de jeunes amants. Tu sais juste que c'est le dernier endroit où on viendra te chercher, et le propriétaire t'a cédé une chambre pour quelques temps, contre une pauvre somme que tu payes pour faire office de loyer. C'est petit, médiocre, mais c'est propre et tu peux manger à ta faim du côté des cuisines. Personne ne vient t'embêter et tu n'embêtes personne, il y a même un dealeur, deux pâtés de maison plus loin, chez lequel tu peux te ravitailler. Et tu comptes faire quoi comme ça, hein ? Tu n'en sais rien. Te laisser aller. Mourir peut-être. Une overdose serait si facile à provoquer. Toi qui étais clean depuis tant d'années, toi qui t'étais promis de ne jamais retoucher à ces cochonneries... Te voilà en plein dedans, de nouveau. Ça se finira mal Lyokha, tu le sais pertinemment.

Un bruit se fait entendre, la porte s'ouvre. Tu te redresses entre les draps désordonnés. Tu as fière allure ; torse-nu, le pantalon complètement débraillé, du maquillage noir cernant tes yeux de glace. Du maquillage ? Tu ne te souviens plus pourquoi ou comment, c'est arrivé, c'est tout. Dos contre le matelas, tu te postes sur tes coudes, pour regarder un certain homme entrer. Un vampire. Ce vampire. Samael. Tu écarquilles un peu les yeux. Que fait-il là ? Est-il venu te chercher ? Un instant, encore à moitié dans ton délire sous acide, tu as envie de lui sauter dans les bras, de l'embrasser, de le remercier d'être venu te sauver. Mais tu te ravises. Parce que la réalité te frappe en plein visage. Tu te souviens ? Il en aime un autre. Un comme toi, mais pas trop non plus. Avec bon nombre de défauts en moins, sans doute. Tu baisses les yeux un instant, détaillant cette apparition de la tête au pied, un sourire un peu niais accroché aux lèvres. Tu t'assois sur le bord de ton lit, te mordillant la lèvre, basculant un peu la tête en arrière. Tu fixes ton regard dans le sien avant de reprendre la parole. « Comme c'est étonnant de te voir ici.. Que cherches-tu ? » Ta voix est douce, mielleuse. Ton sourire est toujours aussi stupide, et tes yeux luisent d'un drôle d'éclat qui n'a rien de naturel. C'est comme du bonheur synthétique, bonheur en pilule. Il n'est que purement illusoire. Il a l'air désespéré par ton attitude, tu ne percutes pas vraiment. Tu te lèves, et tu finis par t'approcher de lui. Ta main se pose timidement contre son torse d'abord. Tu te mordilles la lèvre. Son contact réchauffe quelque chose en toi, même si tu devines que sa peau est toujours froide. Ton regard plonge dans le sien une fois de plus. Il est toujours aussi beau. Le temps n'a pas égratigné son visage. Il demeure tel que dans tes souvenirs. Un bel homme dont tu étais terriblement amoureux. Un regard profond. Les courbes élégantes de son visage. Ses lèvres, douces, merveilleusement dessinée. De plus en plus, tu crois le confondre avec un ange. Une apparition divine. Mais son souffle, presque imperceptible, tu peux le sentir contre ta peau et il te ramène à la réalité.

Tu ricanes un peu, sans trop savoir pourquoi. Il y a juste des fois où ça fait tellement mal à l'intérieur. Tellement que tu ne peux pas faire autre chose que pleurer, et quand il n'y a plus de larmes, rire de ton désespoir. « Je sais, tu es venu chercher un peu de compagnie... » Tu viens lui susurrer ces mots à l'oreille, alors que tes doigts accrochent l'attache de son pantalon. Tu en défais doucement le bouton. « Est-ce qu'il te satisfait au moins ? Est-ce qu'il prend soin de toi comme moi j'ai pris soin de toi ? » Ton sourire ne ternit pas, et tranquillement, tu te laisses tomber à genoux devant lui. Voilà à quoi tu en es réduit Lyokha, vraiment ? C'est désolant. Tu es pathétique. Tu n'en as qu'à moitié conscience. Tu es juste... Désespérant, de bien des manières. Désespéré aussi. Tu es constamment en train de vaciller entre deux états ; l'euphorie recréée par les substances illicites, ou une envie de pleurer que tu ne peux taire. « Laisse-toi faire mon amour... » Tu ne te rends pas totalement compte de ce que tu fais. Pour toi, c'est presque naturel, presque normal. Pas pour lui apparemment, puisqu'il te saisit par le bras. Tu te redresses, il n'a pas l'air content, en tout cas, c'est l'idée que tu te fais. Tu n'aimes pas la manière dont il peut te serrer le bras, et pourtant, un n'aimerais pas qu'il te lâche. Le contact, aussi douloureux soit-il, reste un contact entre vous deux. Entre sa main et ton corps partiellement dénudé. La glace de ses doigts qui s'enroulent sur ta peau tiède. Tu restes figé un instant, mais lorsqu'il fait mine de vouloir te sortir de là, tu t'agites. Ton visage se tord dans une grimace dégoûtée, et tu cherches à le repousser. « Dégage ! » Que tu craches à son attention. Tu fais tout pour qu'il lâche prise, et par chance, tu parviens à te dégager de son emprise.

Tu t'écartes maladroitement de lui, butant contre ton lit. Tu te reprends, chancelant sur tes propres pieds, et tu passes de l'autre côté du matelas, histoire d'être hors de portée. « Qu'est-ce que t'es venu chercher, hein ? » Ta voix déraille un peu. Tu es plus agressif que de raison. Tu changes d'humeur d'un instant sur l'autre... C'est difficile de te suivre, même si tu ne sembles pas t'en préoccuper réellement, de ce que les gens en pensent. Tu réfléchis, tu essayes de comprendre ce qui l'a amené là réellement, refusant d'imaginer que c'est juste pour toi. Tu te demandes ce qu'il pourrait bien te vouloir. Une grande partie de ce que tu possédais, tu lui as légué. La bague de mariage, tu lui as envoyée à la face lors de votre dernière rencontre. Alors que peut-il vouloir de plus ?  À moins que tout cela ne soit qu'un jeu pervers pour te torturer un peu plus, tu ne vois pas. Enfin... Si. Il y a bien quelque chose qui te revient soudainement. Tu sais ce que tu as pris, et tu n'as pas rendu ; la voiture qui a servi pour ta fuite. Tu serres les dents. Tu as envie de lui crier dessus, mais pourtant tu te contiens. Tu ne savais pas qu'il pouvait être égoïste à ce point. Venir te chercher jusqu'ici pour une voiture, alors que tu as laissé derrière toi une grande collection qui pourrait lui servir. Oh, mais tu es bête, il a sûrement tout dilapidé. « Oh je sais... » Tu hoches la tête, et tu te précipites vers un petit meuble miteux, une commode d'un côté de la pièce. Tu fouilles dessus, entre les bouquins, les fringues et les pièces de monnaie qui tiennent en équilibre. Tu retrouves enfin les clés, et tu n'as aucun scrupule à lui jeter au visage. « Maintenant dégage. » Tu te grattes nerveusement l'intérieur d'un de tes bras, où demeurent quelques traces de seringue. Qu'importe. Qu'il s'en aille, qu'il te laisse pour de bon, tu ne veux plus souffrir.

_________________

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