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 the boy and the painting (Lyo/19ème, tableau)

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Mirza
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: the boy and the painting (Lyo/19ème, tableau)   Mer 26 Nov - 23:22

Deux siècles. Que reste-t-il de toi après tout ce temps ? Un tableau. Un visage, figé dans ce qui semble être de la peinture par une flopée de sortilèges. Dans le hall d'entrée de ce qui fut autrefois une des demeures des Tudor, d'une branche éloignée de la famille impériale, est accroché le portait d'un jeune homme de vingt-trois ans. Il est debout, devant un piano, ses cheveux bruns mi-long laissés libres et son regard presque noir dans le vide, comme perdu dans ses pensées, ses doigts frôlant les touches noires et blanches. Ses couleurs sont le rouge et le noir, la tenue ressemble un peu à celle des militaires, son tricorne dans la main libre, bien loin de l'imposante robe que porte la jeune demoiselle au troisième plan du tableau. Ils ont mis cette image pour te torturer. Ta chère petite sœur, disparue il y a si longtemps, emportée par la maladie après avoir enduré mille souffrances, tout comme le reste de ta famille. Tu les détestes, ceux qui t'ont fait cela. Tu les détestes de t'avoir infligé ce sort. Ce tableau, c'est toi. C'est ta prison, ta malédiction. Tu ne pourras pas t'en échapper, tu es condamné à rester là, dans ce hall, à regarder d'autres personnes prendre possession de ce petit manoir qui te revenait de droit. Ces familles ne sont pas la tienne. Il ne reste plus rien des Tudor ici, à part ton tableau et le piano qui y est représenté. Cet objet, tu ne sais pourquoi, semble ne pas pouvoir quitter ces murs, tout comme ton portrait. Au moins, c'est rassurant de savoir qu'il reste quelque chose, même si personne ne le sait.

Cette nuit, tu n'es plus dans ton tableau. Ton image y est encore partiellement, mais c'est comme si le peintre avait représenté un fantôme, et non un être humain. Normal, l'autre partie de l'image se balade dans les couloirs, à la recherche de son piano. Tu sais que tu ne pourras pas en jouer, tu n'es pas tangible ce soir. Tu ne l'es quasiment jamais, mais voir cette chose qui te rattache à ta vie humaine te fait toujours un peu chaud au cœur. Il n'y a que cela qui puisse te faire sourire, le reste... Cela ne vaut pas la peine que tu t'y intéresses. Tu as tout perdu à cause des autres, ils t'ont détruit, traité en monstre alors que tu étais innocent. Jamais tu ne leur pardonneras leur injustice. Sans frapper, sans te poser la moindre question, tu traverses une porte, celle de ce qui était autrefois ta salle d'entraînement, celle dans laquelle tu pratiquais ta musique. Elle a trouvé une autre fonction depuis le temps, à présent il s'agit d'une chambre dans laquelle dort quelqu'un. D'un rapide coup d’œil, tu notes quelques mèches blondes sur l'oreiller. L'autre te tourne le dos. D'accord. Tu hausses les épaules, cherchant quand même ton piano du regard. Il n'est pas là, Samael. Non, il n'est pas là, tu le sais bien, et pourtant tu t'entêtes à venir ici. Un mouvement dans ton dos. L'autre semble se réveiller. Pourquoi donc ? Tu n'en as pas la moindre idée et pourtant, tu te retournes vers le concerné... Qui se met à hurler, d'une manière tout sauf virile. Un sourire moqueur étire tes lèvres à cette constatation, tandis que le jeune homme te lance un livre dessus, livre qui te traverse sans te blesser. Ah la la... Ton sourire s'efface bien rapidement, pour faire place à une moue blasée, suivie d'un profond soupir. Tu ouvres un peu les bras, le regardant.

-Quoi ? Je ne peux pas te toucher, idiot...

Encore heureux ? C'est tout ce qu'il trouve à dire ? Tu lèves le regard au plafond, désespéré. Ces humains, ils sont tous les mêmes. Enfin... Presque. Tu le regardes. Ce n'est pas parce que tu es figé dans ton tableau, enfermé dans ton esprit, que tu ne vois ni n'entends ce qui se passe autour de ton tableau. Ce jeune homme aux cheveux blonds, dont le regard clair t'observe d'un air paniqué, c'est Lyokha Volkov. Les Volkov sont là depuis quelques générations déjà, ils se transmettent la demeure, tu as donc eu tout le temps de les observer, de te faire une petit idée sur chacun des membres. Et ce garçon est celui qui t'intrigue le plus. Tu n'arrives pas à déceler en lui cette étincelle de méchanceté que tu détectes habituellement chez les autres. C'est étrange. Enfin, ce garçon finira par partir de toute manière, tu n'as pas grand chose à faire de lui. Tout de même, puisqu'il se dit fou parce qu'il parle à un fantôme...

-Fou ou pas, ce n'est pas à moi de le dire. Mais la dernière personne à m'avoir vu s'est évanouie. Crois-moi, c'était encore moins glorieux que ton pauvre hurlement.

N'est-ce pas un peu d'amusement qui transperce dans ta voix ? Oui, tu te moques, un peu. De l'autre, de lui. Des humains en général, qui réagissent toujours étrangement à ton apparition. Mais qu'ils déménagent s'ils ne sont pas contents. Cette demeure est la tienne, peu importe le prix qu'ils y auront mis pour la posséder. Elle ne leur appartiendra jamais, tu seras à jamais le seul à en connaître tous les secrets. Enfin. Ton regard fait une dernière fois le tour de la pièce. À l'évidence, ton piano n'est pas ici. Tu vas encore devoir faire le tour de toutes les pièces pour le retrouver. Tu secoues alors un peu la tête, lâchant un profond et triste soupir.

-Je ne vais pas m'imposer... Ce que je cherche n'est pas ici...

Tu fais lentement demi-tour, peu pressé de repartir dans une longue exploration de la demeure. Tu aimerais qu'on cesse de tout déplacer ici, surtout cet objet auquel tu es sincèrement attaché. Mais qui t'écouterait ? Comme le blond l'a si bien dit, tu n'es rien de plus qu'un fantôme, un parasite à éliminer... On ne t'écoutera jamais. On ne fera que continuer, encore et encore, à essayer de t'éliminer.

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Alyosha Volkov
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MessageSujet: Re: the boy and the painting (Lyo/19ème, tableau)   Jeu 27 Nov - 22:17

Tu es profondément plongé dans le plus beau des mondes. Celui des songes. Celui où, dit-on, tout est possible. Pourtant, ce soir, tu n'as pas la sensation de rêver. Et quand tu te réveilleras, tu ne te souviendras sûrement de rien en ce qui concerne tes songes. Parfois c'est tant mieux. D'autres fois, c'est plus dommage. Un mystère parmi tous ceux qui t'intriguent, cette mémoire sélective, ce mécanisme d'auto-défense plutôt fascinant. Mais avant de s'attarder sur tes rêves, il serait préférable d'en savoir plus sur toi, pas vrai ? Lyokha Volkov. Une identité. Un nom de famille relativement connu chez les aristocrates humains d'anarkia. Mère reconnue dans le monde de la création de vêtements. Père depuis longtemps lancé en politique et autres affaires de droit que tu ignores. Et tes frères, tes sœurs. Une fratrie de six enfants, fratrie de laquelle tu te retrouves quatrième. Tous, ils ont tous ce qu'ils jugent comme de grandes ambitions. Politiciens pour ces messieurs, créatrices pour ces dames. Fidèles copies de parents ayant apparemment réussi dans la vie. Mais toi, tu es au milieu de tout cela. Décalé. Différent. Mais tout aussi déterminé à poursuivre tes rêves. Le petit surdoué des six enfants Volkov. Les trois quarts du temps jalousé par les siens, mais régulièrement consulté en cas de doute. Un rôle paradoxal au sein d'une famille que tu aimes si fort que tu acceptes de fermer les yeux sur bien des choses, sur les critiques, les injustices. Tu es particulier Lyokha. Tu es naturellement discret, évitant au plus les ennuis et t'en tirant souvent avec ingéniosité. Mais si on touche à ta famille, tu deviens quelqu'un d'autre. Et tu es... Tu es rêveur. Passionné et curieux. Tu as une soif de connaissance si grande. Un besoin de comprendre, tout en acceptant le doute et le fait que certaines choses ne peuvent être expliquer. Mais par-dessus tout, tu es gentil. Bon. Altruiste. Et juste. C'est à se demander si tu n'es pas qu'un personnage de ces comptes que tu lisais enfant, sublimé par ces superlatifs que tu mérites pourtant. Innocent, mais pas ignorant pour autant. Un juste milieu qui rend ta vision du monde si différente de la leur. C'est peut-être tout cela qui fait que tu ne comptes pas te lancer dans la politique, comme tes frères. Toi, tu aimerais être écrivain. Et musicien. Mais aussi médecin. Au moins autant que tu aimerais être de ceux qui lisent les astres. Ou de ceux qui trouvent les remèdes. Tu aimerais être tellement de chose qu'une vie ne suffira pas à combler tous tes désirs. Mais le choix est difficile. Alors en attendant de faire ce choix, tu t'étales. Même si tu dois admettre que t'être lancé dans le journalisme est une des meilleures choses qui te soient arrivées. Mais oui, tu peux le dire, tu t'étales. Poésie, piano, violon, nouvelles, astronomie, équitation... Et tant d'autres passions qui se mêlent et font de toi quelqu'un d'intéressant et d'assez mystérieux. Mais assez parlé de toi. Nous aurons le temps d'en découvrir plus sur ta personne par la suite. Car le plus grand mystère, c'est ce soir qu'il va prendre place.

Tu te tournes une fois de plus dans tes draps, agités que tu es. Mais cette fois, tu ouvres les yeux. Tu ouvres les yeux, et ce que tu vois en face de toi... Tu fronces un peu les sourcils, prenant quelques secondes à réaliser. Avant de pousser un cri qui est, il faut l'admettre, tout sauf virile. Ton premier réflexe est de récupérer un livre sur ta table de chevet pour le balancer à ce qui se tient non loin de toi. Mais tu constates que le livre le traverse. Heu. Tu écarquilles les yeux, pas vraiment rassuré. Comment est-ce que c'est possible ? C'est un... Fantôme ? Un fantôme qui te traite d'idiot apparemment. Il ne peut pas te toucher. C'est plus fort que toi, tu réponds. « Et encore heureux ! » Non mais ! Il s'introduit chez toi comme ça et il pense qu'il peut venir te voir pendant que tu dors parce que ça lui fait plaisir ? Mais... ça te prend quelques secondes, le temps de bien l'observer... Et quelque chose te revient. C'est le garçon qu'il y a sur un tableau, dans le hall d'entrée... Un Tudor si tes souvenirs sont bons. Et donc les anciens propriétaires de ce manoir. Tu le dévisages, mains toujours crispées sur tes draps. Tu t'es presque jeté hors de ton lit, c'est pour dire. Tu te perds progressivement dans tes pensées, et ton regard file dans le vague. Tu es en bug. C'est pas normal ce qui se passe. Les lycans, les vampires, les sorciers... Maintenant les fantômes ? Ce n'est pas improbable. Mais c'est encore du jamais vu à tes yeux. « Par tous les dieux je deviens fou, je parle à un fantôme. » Tu regardes toujours dans le vide, ce qui fait que tu réalises à moitié ce que l'autre est en train de dire. Quoi ? Évanoui ? Tu le regardes timidement. Et autant dire que la suite de sa réplique te fait légèrement rougir et détourner à nouveau le regard... Ah, ça... C'est juste que tu ne t'y attendais pas. Mais alors pas du tout. « Pardon... » Murmures-tu faiblement. Pardon d'avoir crié. D'avoir eu peur. De vous avoir manqué de respect par conséquent. Pardon, tout simplement. Le silence s'installe, et tu n'oses plus vraiment l'observer. De temps en temps, tu lui jettes un coup d'oeil en secret. Tu n'es pas vraiment mal à l'aise. Tu es plus... Tu ne sais pas trop comment te sentir. C'est étrange. Que ce manoir soit hanté t'étonne peu. Que son ancien propriétaire se tienne comme une apparition devant toi... C'est déjà plus dur à réaliser. Mais rien n'est impossible, tu l'as depuis longtemps compris sur cette planète. Tu te pinces légèrement les lèvres, t'apprêtant à dire quelque chose. Mais il reprend la parole avant toi. Son soupir te fait relever un peu la tête, tu t'autorises à le regarder. Il semble... Triste. Profondément triste. Tu te mordilles nerveusement la lèvre inférieure, le détaillant un peu plus encore. Quoi ? Ce qu'il cherche ne se trouve pas ici ? Tu croises brièvement son regard avant de détourner le tien. Il commence à s'éloigner et ton esprit tourne toujours à plein régime. Allez, ne laisse pas passer ta chance. C'est une aventure comme une autre, et tu meurs d'envie d'en savoir plus. Essaye. Au pire, demain, ce ne sera plus qu'un rêve, le plus pur fruit de ton imagination.

« At-Attendez ! » Fais-tu, sortant maladroitement de ton lit, manquant de tomber car tu te prends les pieds dans tes draps au passage. En sous-vêtements, tu t'empresses d'attraper une chemise que tu enfiles en vitesse, revenant vers lui tout en gardant tes distances. Ce n'est pas parce qu'il ne peut pas te toucher qu'il ne peut pas te faire de mal. Garde cette simple règle à l'esprit. Et s'il prenait possession de ton corps, hm ? Non, là tu vires un peu trop paranoïaque. « Hm, je... Qu'est-ce que vous cherchez ? Je peux peut-être vous aider ? » Tu es sincère. Tu veux l'aider. Et un peu aussi parce qu'il a piqué ta curiosité... Tes yeux azurs se posent sur lui, sur ce fantôme qu'il est aux yeux de tous... Tu n'es pas vraiment à l'aise, mais tu n'es pas mal à l'aise non plus. Tu te sens juste... étrange. Tout cela est étrange. Irréel aussi, un peu. Tu attends donc de savoir ce qu'il cherche. Et sa réponse te surprend un peu. Un piano ? Son piano ? C'est juste pour cela qu'il traîne dans le manoir ? Enfin, tu n'es personne pour juger, peut-être que cet instrument a une valeur sentimentale inestimable à ses yeux. Ce fameux piano... Tu sais très bien où il se trouve, étant donné que tu en joues depuis tout petit. « Oh, bien sûr, je sais où il est. Juste, venez avec moi. » Tu ouvres la porte de ta chambre, et silencieusement tu te glisses dans les corridors sombres du manoir. Tout le monde dort à cette heure-ci. Tout le monde sauf toi apparemment... Tu te surprends à regarder avec insistance cet... homme ? Par moments. Tu restes encore un peu sous le choc de cette rencontre il faut bien l'admettre. Des fantômes, on en croise pas tous les jours après tout. Mais tu te fais immédiatement la réflexion que regarder quelqu'un ainsi est plutôt malpoli, alors tu cesses pour mieux recommencer la minute d'après. C'est curieux. Cet homme t'intrigue, t'inquiète. Attise sans cesse ta curiosité. Doux paradoxe qui illumine ta nuit... « Donc vous êtes... un Tudor c'est ça ? Je veux dire, pardonnez-moi si je me trompe mais vous ressemblez beaucoup au jeune homme peint dans le hall d'entrée. » Tu regardes devant toi. Avançant toujours. Tes paroles ne sont que murmures et tu passes une main dans tes cheveux en bataille. Tu as une question mais... Tu as peur que cela paraisse plutôt déplacé... Malheureusement, une fois de plus, ta curiosité prend le dessus et c'est à peine si tu réfléchis avant de lui poser ta fameuse question. « Excusez-moi si c'est déplacé mais... Les fantômes quittent normalement notre monde, non ? À moins qu'ils y soient piégés à cause d'une mort violente ou d'une vengeance importante qui attend... Pardonnez-moi si mes propos vous semblent absurdes, j'ai à vrai dire très peu lu sur ce phénomène d’apparitions. » Tu regardes par terre avant de prendre une grande inspiration. Tu as peur qu'il le prenne mal. « Que... Pourquoi êtes-vous encore là ? »

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Mirza
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MessageSujet: Re: the boy and the painting (Lyo/19ème, tableau)   Ven 28 Nov - 14:18

Pardon... Pour quoi ? Avoir crié ? Il n'a pas à te demander pardon, il est normal d'être surpris, dans sa situation. Il dormait, ta présence l'a réveillé brusquement. Il est normal qu'il ait été surpris, donc tu secoues doucement la tête lorsqu'il te demande pardon. Ce n'est rien, vraiment. Mais tu n'ajoutes pas un mot sur le moment. Tu n'es habituellement pas très bavard mais passer deux siècles dans un tableau, prisonnier de multiples sortilèges et d'une cuche de peinture, ne t'a pas aidé à t'améliorer sur ce point. Tu cesses de faire attention à lui, cherchant à nouveau ton piano. Cet objet compte énormément pour toi, depuis toujours. Il était à ta mère, qu'elle avait hérité de sa propre mère, et ainsi de suite... C'est un très vieux piano. Un objet chargé de souvenirs, qu'ils soient tristes ou heureux. Ce piano, c'est la seule chose qui te rattache encore à la réalité, le seul objet concret auquel tu es encore lié dans cette demeure. Ce piano, c'est ta bouée de sauvetage. C'est tout ce qu'il te reste ici, c'est pour cela qu'à chaque fois que tu sors de ton tableau, tu pars à sa recherche, dans l'espoir de pouvoir en jouer un ou deux morceaux. Tu veux pouvoir te souvenir du passer. Tu veux jour du piano, c'est tout ce que tu demandes. Mais ela aussi, on te l'a arraché. Et ton piano n'est pas ici, tu n'as donc aucune raison de t'attarder. Seulement, lorsque tu amorces ton départ, il te retient, t'appelant. Il te demande ce que tu cherches, il te propose de t'aider. Tu te retournes vers lui, intrigué. Il est bien le premier à te faire une telle proposition. Il est le premier à te parler presque normalement, comme remis du choc. C'est étrange de le voir là, près de toi mais pas trop en même temps, comme s'il avait peur de toi. Que veut-il que tu lui fasses, très sérieusement ? Tu ne peux pas le toucher et tu doutes de pouvoir faire quoi que ce soit d'autre. Bref... Que faire ? L'ignorer ? Lui répondre ? Tu es lassé d'avoir à errer ainsi, mais tu n'as pas la moindre intention de retourner dans ton tableau. Alors tout ce qui pourrait te garder en dehors est bon à prendre.

-Je cherche un piano... Mon piano, le même que... Que celui qu'on voit sur le tableau dans le hall d'entrée...

Il fallait que tu précises. Tu ne fais que confirmer ta pseudo condition de fantôme face à lui mais qu'importe. S'il peut t'aider tu peux bien accepter. Quelle curieuse réflexion de t part. Autrefois, tu n'aurais accepté l'aide de personne. Tu agissais toujours seul, quand la personne te proposant son aide n'était pas de la famille. Mais cette fois, tu acceptes. Il faut croire que le désespoir te ronge jusqu'au plus profond de ton âme. Tu es brisé, détruit, tu ne fais plus qu'errer dans les couloirs de cette vieille demeure sans but. Jamais tu ne sortiras d'ici. Jamais tu n'auras le droit de trouver le repos. Ton sort n'est guère plus enviable à celui d'un fantôme, il faut bien l'avouer, même si tu n'es pas mort. Pas vraiment. Ton cœur bat encore sous la toile et les sortilèges. Mais l'expliquer ne servirait à rien, on ne te croirait pas. Et quand bien même on croirait à ton histoire, on ne pourrait rien y changer alors à quoi bon en parler ? Non, inutile de t'étendre là-dessus. Tu te contentes de suivre le jeune homme à travers les couloirs, supportant sans broncher son regard bien trop insistant. Après tout, en tant que tableau, tu as l'habitude. Tu avais aussi l'habitude avant. Tu ne t'offusqueras pas de ce semblant d'impolitesse. Ce qui t'étonne, par contre, c'est qu'il te pose des questions. Il te demande si tu es un Tudor, te fait la remarque que tu ressembles au jeune homme du tableau dans le hall d'entrée... Et cette remarque te fait quelque peu serrer les dents.

-C'est m... Mon portrait, en effet.

Ma prison allais-tu dire. Ta prison, ta malédiction. Tu ne t'étends pas plus. Tu n'as pas envie d'en parler, tu détestes cette chose qui te prive de tout mouvement, de toute interaction avec le monde, cette chose qui t'emprisonne dans ta propre demeure sans pouvoir t'en occuper, la préserver comme tu aurais dû le faire. Qu'il e parle plus de ce satané tableau, tu y passes suffisamment de temps, tu n'as pas besoin qu'on te le rappelle. Heureusement, il part ensuite sur un tout autre sujet. Ou plutôt, un sujet suffisamment différent pour t'amuser quelque peu. Il t'explique sa théorie sur la raison de la présence des fantômes : une mort violente ou une vengeance en suspens. Si seulement c'était aussi simple. Si seulement tu avais encore un but, peut-être que cela pourrait donner quelque chose d'intéressant chez toi. Mais tu as perdu tout espoir. Il ne reste plus en toi qu'un ennui profond, une dose de tristesse grandissant au fil des années et une colère sourde contre les responsables de ton enfermement. Tu as l'impression de n'être plus qu'un mélange de ces trois sentiments, de ces trois sensations. Tu te sens comme un navire à la dérive, sombrant peu à peu dans la folie. Bref. Il parle des fantômes et finit par te poser une simple question : pourquoi es-tu encore là ? Pour un crime dont tu es innocent. Par la crédulité des humains et leur besoin de trouver un responsable aux catastrophes qui s'abattent sur eux. À cause de sorciers qui ont pris le parti de ces mêmes villageois. À cause de ce qu'on a trouvé chez toi aussi, lorsqu'ils sont venus... Personne n'a écouté tes explications. Personne ne voulait croire que tu avais abrégé les souffrances de ta chère petite sœur à ses supplications, te brisant le cœur au passage. Le monstre s'est doublé de l'assassin de sa propre sœur. Cette accusation est la raison de la présence de ta cadette dans ton portrait. Pourquoi es-tu là ? Parce que le sort s'est acharné contre ta famille et que certaines personnes ont terminé le travail.

-Il n'y a pas de raison valable à ma présence ici... J'y suis, et c'est tout. Et si cette information pouvait ne pas se répandre, ce serait appréciable.

Tu ne tiens pas à ce qu'on l'apprenne et que les descendants de ceux qui t'ont enfermé reviennent entre ces murs pour amplifier la puissance du sortilège. Tu as mis beaucoup de temps à t'en échapper, à la faveur de la nuit, tu ne te sens pas capable de supporter à nouveau un enfermement constant. Il ne faut pas que cela se sache, que tu es sorti. Tu as toujours été très discret, personne n'a jamais dévoilé ta présence en ces lieux. Est-ce que la donne va commencer à changer avec ce garçon ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tu n'espères pas, c'est un charmant jeune homme que tu suis là. Tu espères qu'il tiendra sa langue. Qu'il gardera ce secret qui, bien contre ta volonté, commence à devenir sien. Tu le suis donc, jusqu'à ce qu'il s'arrête devant une porte. Tu pourrais continuer ton chemin, le traverser, faire de même avec le porte ou le mur, mais tu n'en fais rien par politesse. Tu attends qu'il t'ouvre et, lorsque tu en as la possibilité, tu t'engouffres dans la pièce. Ton piano est là, il a un peu vieilli depuis le temps mais il reste magnifique à tes yeux. Une vague de nostalgie s'empare de toi et ton image vacille. Tu revois ta sœur appuyée sur ce piano, te réclamant une musique, toi la disputant parce que tu n'as jamais aimé que quelqu'un s'appuie sur l'instrument. Puis tu finissais par céder, pour le plus grand bonheur de ta sœur et sous le regard bienveillant/amusé de tes parents. Un doux « Merci... » s'échappe d'entre tes lèvres fantomatiques, avant que tu ne t'approches de l'instrument. Tu sembles hypnotisé, envoûté. Tu tournes autour de l'objet, incapable de détourner le regard, le frôlant de tes doigts immatériels, oubliant ce fait. Tu veux jouer. C'est la seule idée qui s'impose à ton esprit : tu veux jouer. C'est une pulsion incontrôlable, directement héritée de ton passé. Tu veux jouer. Oubliant tout le reste, tes doigts se déposent sur les touches, tu appuies... Et tes doigts les traversent. Tu te figes instantanément, les regardant disparaître au cœur de la matière. Tu es figé, choqué, ton image vacillant à nouveau. Et, comme toujours, tu finis par reculer, profondément malheureux. Pourquoi t'ont-ils infligé une telle punition ? Pourquoi les a-t-on laissé faire ? Pourquoi ? Tu secoues la tête, tes mains venant se glisser dans tes cheveux. Tu tires dessus, regardant partout, à la recherche d'une solution, n'importe laquelle. Et c'est là que tu vois le jeune Volkov, toujours présent. Lui est tangible. Lui est de chaire et d'os. Lui est...

-Je ne peux pas jouer... Je ne peux rien toucher, pas même mon piano... Je... Est-ce que tu, est-ce que vous... Accepteriez de jouer un morceau ? S'il vous plaît...

Tu en as besoin, comme si cela commençait à devenir vital. Tu ne passais jamais une journée sans jouer un morceau ou écouter ta mère enchaîner les mélodies. Tu en as besoin, sinon tu vas devenir fou. Qu'il accepte, par pitié. Qu'il accepte... Regarde-toi, Samael, à supplier quelqu'un de jouer du piano. Tu devrais avoir honte de toi, mais ce n'est actuellement pas le cas. Non, tout ce que tu as en tête, c'est le son du piano. Cela te manque affreusement et te retrouver devant l'instrument sans pouvoir le toucher t'achève. Alors oui, certes, il fait nuit noire, oui tu l'as vouvoyé dans l'espoir qu'il accepte de jouer du piano. Mais tu as l'impression de perdre définitivement la tête. S'il refuse, tu ne sais pas ce qu'il va se passer et tu n'as, heureusement, pas besoin de le savoir puisqu'il accepte. Ton image se stabilise instantanément tandis que tu le regardes approcher, que tu t'installes juste à côté de l'instrument. Tu attends. Et lorsque les premières notes se font entendre, tu fermes les yeux, choisissant de te laisser bercer... Tu vis chaque note, tu les ressens en toi et tu en frissonnes de plaisir... Le son de ce piano, le jeune Volkov qui se débrouille bien au piano... Un doux sourire apaisé étire tes lèvres, petit à petit, jusqu'à ce que tu finisses par rouvrir les yeux, le détaillant pendant qu'il termine son morceau. Il est gentil et cela te perturbe... Gentil... Tu n'as pas le souvenir que quelqu'un de l'extérieur l'ait été avec toi. Peut-être parce que tu sortais peu, parce que tu avait tendance à rester seul et à te méfier des autres... Tu ne sais comment réagir alors tu te contentes de le dévisager, sans chercher à te cacher. Ce n'est que lorsqu'il termine son morceau et qu'il te regarde qu'un chaleureux – et rare – sourire étire tes lèvres.

-Merci, Lyokha... Merci, sincèrement... Le piano me manquait, il me manque constamment... Je devrais en jouer quotidiennement, je devrais... C'est devenu impossible... J'en avais besoin, vraiment... Merci... Et je suis désolé de vous avoir réveillé, de vous avoir qualifié d'idiot aussi... Pardon...

C'est étrange. Tu te sens mal, mais c'est différent de tout ce que tu as connu. Tu te sens mal vis à vis de lui, de cette peur que tu lui as faite, de ces propos que tu as tenus envers lui... Mais il est encore trop tôt pour dire que ce jeune homme commence à briser ta carapace. Pour l'instant, tu n'es que curieux.

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the boy and the painting (Lyo/19ème, tableau)

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