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 So, you were really human...

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Mirza
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Humain (de Lyokha)
♆ âge : 23 ans (et fou amoureux de Lyokha)
♆ métier : Intendant impérial en formation (et amoureux de Lyokha)
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♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...


MessageSujet: So, you were really human...   Dim 22 Juin - 13:23

Tu regardes les plaines de Russie d'un regard curieux. C'est tellement étrange de se retrouver ici, sur Terre. Tu as appris beaucoup de choses en tant que futur intendant, sans compter tout ce que tu as emmagasiné comme connaissances les quelques jours précédant ton départ. Seulement, il y a une telle différence entre les livres d'histoire et la réalité que tu ne peux t'empêcher de tout observer. Le vent d'été qui glisse dans tes cheveux noirs, l'herbe qui ondule sous la brise, le village au loin, les paysans et autres du bas-peuple qui s'affairent à leurs travaux. Tout est bien étrange. Tu n'es pas de cet univers, tu n'es pas de cette planète et pourtant tu descends de ces mêmes personnes, d'une certaine manière. C'est à en perdre la raison. Voilà un millénaire qu'il n'y a plus aucun contact entre Anarkia et la Terre et aujourd'hui, toi, tu foules cette terre dont vous êtes tous originaires. Mais un coup de museau dans ton dos t'arrache à tes pensées. Fiere hennit quelque peu, te poussant vers le village. Tu souris et flattes son encolure, le suivant automatiquement. Il a raison, tu es ici pour une mission de la plus haute importance et tu ne peux pas te permettre de perdre du temps. Les voyages dans l'espace-temps n'ont pas lieu d'être, si aujourd'hui tu es ici c'est pour une raison très précise : récupérer un ouvrage de magie renfermant des informations capitales pour l'Empire, et très certainement toute la planète. Pourquoi ne pas avoir confié cette mission à quelqu'un d'autre ? Pourquoi toi ? Parce que tu l'as demandé. Parce que tu avais plus que besoin d'une pause, loin du palais, loin de Spes, loin d'Anarkia. Loin de tout. Tu l'as demandé, pour oublier tout le reste.

Oublier quoi ? Ton cœur brisé. Tu t'en veux affreusement. Tu savais bien qu'un jour, être Chasseur se retournerait contre toi. Tu as fait de ton mieux pour cacher cette partie de ton identité mais cela n'a pas été suffisant. IL l'a découvert. IL a compris ce que tu étais, finalement. Qui donc ? Lyokha. Le seul homme qui ait fait fondre ton cœur. Le seul homme que tu aimes. Le premier vampire pour qui tu t'es attendri et pour lequel tu aurais pu tout faire. LE seul vampire pour qui tu t'es opposé aux autres Chasseurs, celui que tu as protégé envers et contre tout, même contre tes préjugés, tes principes. Tu l'aimes. Sincèrement, profondément. Et aujourd'hui, il ne veut plus te voir, te parler. Il te hait, profondément. Parce que tu es de ceux qu'il hait plus que tout au monde. Ton cœur s'est brisé à cet instant. Tu aurais pu essayer de lui faire entendre raison, de lui expliquer que cela ne changeait rien à tes sentiments, il ne t'aurait pas écouté. Tout s'est fini sur une dispute, une porte qui claque. S'imagine-t-il combien tu as été brisé par cette découverte, par sa haine ? Non, certainement pas. Il doit même n'en avoir rien à faire. Il te déteste, après t'avoir aimé. Entre la haine et l'amour, il n'y a souvent qu'un pas. Pas qu'il a franchi, sans toi. Tu as passé toute une journée enfermé dans ta chambre, refusant de manger, de parler, de voir quoi que ce soit. Puis tu t'es noyé dans le travail, à t'en rendre malade. Cela se voit encore un peu : ta peau est plus pâle que d'habitude et des cernes persistent sous tes yeux. Quel état pitoyable, dire que tu t'étais initialement juré de ne jamais tomber amoureux.

Un nouveau coup de museau dans ton dos te fait soupirer tandis que tu reprends ta marche. Mission en solitaire, certes, mais tu as tout de même emmené un de tes chevaux. Peu importe que cette race n'existe pas à cette époque sur Terre, un cheval est un cheval après tout. Tu lui as juste retiré son traducteur afin de ne pas attirer l'attention sur vous, mais il sait communiquer autrement. À présent, il vous faut trouver un endroit où dormir le temps que la mission soit remplie puis localiser le livre. Deux choses que tu n'es, en réalité, pas pressé de faire. À quoi bon accomplir rapidement cette mission, qu'est-ce qui t'attend à ton époque, au final ? Ta famille, c'est tout. Personne d'autre ne pense à toi, personne qui t'attend. Il te déteste, alors pourquoi te presser ? Samael, reprend-toi un peu ! Tu ne dois pas te démoraliser une nouvelle fois ! Tu as une mission à accomplir, ce n'est donc ni l'endroit ni le moment pour te morfondre sur ton sort. Tu en auras tout le temps en fois de retour chez toi. Alors maintenant, tu avances et tu cherches un indice quelconque. C'est ce que tu finis par faire, au plus grand plaisir du cheval noir. Un léger sourire étire tes lèvres tandis que tu le regardes prendre un peu d'avance en partant au galop, avant de revenir. Tu as fait de ton mieux pour que tes quelques bagages qu'il transporte ne le gênent pas le moins du monde. Tout dans ta tenue est faite pour te permettre de ne pas te faire remarquer. Enfin... Il faut tout de même avouer que tu n'es pas habillé comme les gens du peuple mais au moins, cela reste dans le ton de l'époque. Il faut faire très attention. Et comment comptes-tu retourner à ton époque ? Par un interrupteur que tu portes autour du cou, camouflé en un pendentif. Toi seul sait comment l'activer pour retourner dans ton époque, il n'y a donc pas de risque que quelqu'un d'autre puisse l'utiliser. Bref.

S'il y a bien une chose qu'on puisse dire, c'est que tu ne passes pas inaperçu dans les rues. Tu sens les personnes se retourner à ton passage, les regards s'arrêter sur ta personne. Les murmures parviennent parfois à tes oreilles mais tu n'y prêtes pas attention. Tu n'as pas la tête de l'homme du coin, bien au contraire. De plus, il n'y a qu'à observer ta démarche assurée, cette manière dont tu gardes la tête haute, dont tu restes détaché, plus la beauté de ton camarade à quatre pattes pour comprendre qu'il y a une grande différence entre eux et toi. Tu aurais peut-être dû faire un effort pour te fondre un peu plus dans la masse. Peut-être. Mais comme ta couverture est celle d'un homme envoyé ici par son roi pour récupérer un objet de la plus haute importance, ce n'est finalement sans doute pas plus mal. Ne pas rêvasser. Tu secoues un peu la tête, te concentrant sur ton objectif : trouver un toit pour les nuits à venir. Sauf que tu ignores s'il y a une auberge dans le coin ou si tu vas devoir continuer ta route jusqu'à une grande ville. Tu verras bien. Peut-être faudrait-il demander à quelqu'un du coin, ce serait plus rapide qu'errer.

Soudain, tu t'arrêtes, sans préavis. Fiere se stoppe aussitôt et tourne la tête vers toi, oreilles dressées, curieux. Que t'arrive-t-il donc ? Une voix te dit quelque chose. C'est impossible. Tu ne connais personne à cette époque, tu n'étais pas né, pas même en projet, de même que tes parents et les mille dernières années de ta famille. Ce ne peut être qu'une coïncidence, rien de plus. Et pourtant, tu es littéralement figé sur place. C'est impossible. Totalement impossible. Cela ne t'empêche pas de te tourner vers la personne qui parle. Il est de dos mais tu ne peux pas manquer ses cheveux blonds peut-être un peu plus décoiffés que d'habitude. Même silhouette, même voix, mêmes cheveux. Ce n'est pas possible. Raisonne-toi, détourne-toi, reprend ta route. Tu délires complètement. Mais ton cœur bat trop vite, trop fort. Un léger espoir, complètement fou. Tu es fou, c'est pour cette raison que tu t'avances vers le blond, hésitant, indécis. Il faut que tu voies que cette homme n'est pas... Lui. Alors tu l'appelles, hésitant.

-... L... Lyokha ?

Il se retourne. Tu te sens aussitôt pâlir tandis que ton cœur rate un battement, puis deux. Non. Ce visage, ces traits, ce regard d'azur posé sur toi. C'est impossible. Il s'est retourne à Son prénom, il lui ressemble affreusement. Ce n'est pas possible que ce soit Lui. Et pourtant il lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Il te regarde et tu sens ta tête tourner. Non, il ne faut pas, tu ne peux pas te retrouver à nouveau face à lui. Ce ne peut pas être le Lyokha que tu aimes. Ou aimais, tu ne sais plus où tu dois te placer. Tu as envie de fuir. Non, tu fais mieux : un pas en arrière, puis deux. Avant de littéralement tourner les talons et fuir, purement et simplement. Tu ne prends que le temps de siffler un coup, appelant Fiere qui te suit alors, puis tu repars. Tu dois fuir, loin. Il ne faut plus que tu le voies, plus jamais. Tu es ici pour l'oublier, pour essayer de passer à autre chose ! Tu cours, le plus vite et le plus loin possible. Il faut partir, prendre la fuite. Tu cours ainsi jusqu'à te retrouver face à une grange. Un coup d’œil à droite, un autre à gauche, personne. Tu vas alors t'adosser contre un mur de bois et te laisses glisser contre, jusqu'à être assis sur le sol. Tu te recroquevilles alors sur toi-même, le front contre les genoux, et cesses de bouger, même quand le cheval vient poser ses naseaux sur la tête, de soufflant dans les cheveux...

-Oh, Fiere... Pourquoi ai-je accepté cette mission ? Pourquoi n'ai-je pas tout simplement continué à me noyer dans mes responsabilités au palais ? Je voulais Lui échapper mais... Même ici, j'ai l'impression qu'il ne me laissera pas, qu'il va encore me reprocher mes choix...

Tu parles en anarkien, parce que c'est la seule langue que ton camarade comprend, en plus de celle des chevaux. Parce que c'est ta langue maternelle aussi. Tu as l'impression que la blessure que le vampire a réussi à faire dans ton cœur vient de se rouvrir. Tu ne t'attendais pas le moins du monde à le trouver là, ou en tout cas son sosie. C'est une surprise totale et bien malheureuse. Tu n'y étais pas préparé, c'est trop douloureux. Mais il faudra bien que tu te reprennes. Mais pas tout de suite, pas encore. Il te faut d'abord soigner ton cœur.

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Alyosha Volkov
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MessageSujet: Re: So, you were really human...   Dim 22 Juin - 19:42

« Il re...regarde-regardait par le-la fe-fenêtre pour y ap..apercevoir ? Un de ses so... so... » Tu fronces un peu les sourcils, légèrement agacé. Tu es généralement patient, mais apprendre à lire est un réel supplice. Pourtant, tu dois te rappeler que c'est toi qui a demandé à Irina de t'apprendre. Oui, Irina est bien ta cadette, c'est un fait. C'est aussi une des seules qui a eu le rare privilège d'être élève à des cours donnés par un professeur certifié avec deux ou trois autres des membres de ta fratrie. Et toi, où étais-tu ? À travailler. Pour ramener de l'argent à tes parents, qui te jugent en tant que personne manuelle, et non intellectuelle. Tu as demandé pourtant une fois à ton père, tu t'y es aventuré, bien timidement. Il a littéralement pouffé de rire avant de te dire de retourner au boulot, sans te prendre le moins du monde au sérieux. Ça a toujours été comme ça de toute façon. Chacun a un rôle bien défini chez les Volkov-Ivashkov. Adrian, ton père, le propriétaire du grand domaine agricole. Ta mère pour gérer les comptes et une famille nombreuse. Kirill l'apprenti forgeron. Zéphyr l’intellectuelle. Finnick l'apprenti chimiste. Yekaterina la chasseuse. Et les deux rêveurs aux grandes ambitions, Irina et Iugo. Toi au milieu de tout ça, tu n'es rien de plus que le garçon qui rend service à un peu tout le monde contre quelque chose en échange, le petit jardinier qui se casse le dos tous les jours pour rendre le jardin d'un tel un peu plus beau, le fils qui s'occupe avec sa mère du potager de la ferme, le bricoleur de fortune... C'est parce que tu es débrouillard que tu ne peux pas avoir accès au savoir ; ce serait trop bête qu'un fils comme toi s'en aille si tôt de la maison pour quelques études utopiques. « Sœurs. » Te reprend Irina avec un timide sourire. Tes lèvres s'étirent légèrement, parce que bouder ne servirait à rien, tu le sais, et que de toute façon ce n'est pas ton genre. Tu hoches un peu la tête, essayant de reprendre de plus belle. Mais c'est quelque chose d'autre que ton incapacité à lire qui te bloque. Ta grande sœur, Yekaterina, te tape sur l'épaule, passant à côté de toi rapidement. « Toi, tu m'accompagnes ! » Fait-elle joyeusement, tu fronces un peu les sourcils, souriant légèrement... Elle a quelque chose derrière la tête, certes, mais toi tu es concentré sur le bouquin. « Mais, je... » Que tu tentes pitoyablement. Tu sais que dans tous les cas, elle va gagner. Parce que c'est Yeka. La grande sœur forte, celle qui n'a peur de rien. La téméraire qui se battrait avec des garçons si elle en avait l'occasion. Le pisteur, la traqueuse. Elle fait une drôle de grimace un peu désabusée, refermant le bouquin sous tes yeux. « Tu n'as pas besoin de toutes ces bêtises. Maintenant, tu viens. » Tu soupires, jetant un regard un peu désespéré à Irina qui se contente de hocher un peu les épaules, récupérant son livre. Ton regard lui demande l'autorisation, mais elle te l'accorde sans hésiter. « Une autre fois alors. » Tu l'embrasses sur la joue, quittant la table de bois pour rejoindre ton aînée qui est déjà à l'extérieur. Elle trépigne d'impatience, et tu ne sais pas encore pourquoi. Enfin, tu as ta petite idée, mais tu attends qu'elle te le confirme. Tu enfiles une maigre veste rapiécée, fermant la porte derrière toi. Il fait bon. C'est l'été en Russie, et c'est toujours une période très agréable, et très à l'opposé de tout ce que l'on peut s'imaginer comme stéréotypes ; la neige tous les jours de l'année, et ainsi de suite... Yekaterina est déjà à cheval, le tien, un jeune alezan assez fougueux que ta famille t'a dégoté pour ton vingtième anniversaire t'attend impatiemment – et si tu pensais au début que c'était un cadeau sincère et très onéreux comme l'a laissé entendre ton père, Zéphyr t'a doucement glissé que ce cheval allait partir pour l'abattoir, vu que très peu dressé à l'époque, il avait failli tuer son propriétaire. Alors cadeau oui. Cadeau empoisonné plutôt.

Comme tu t'en doutais, c'est pour du troc ou de la négociation que ta grande sœur t'a tiré avec elle. Parce que tu es peut-être l'un des moins instruits, tu es surtout le préféré de tous les gens qui connaissent ta famille. Parce que tu as cette empathie, cette humanité ; tu portes en toi la définition de tout ce qu'il y a de bon chez l'être humain. Tu es gentil, serviable, altruiste. Un peu naïf, mais avant tout sympathique et généreux. Tu n'as pas grand chose, non, tu n'as même rien qui t'appartienne vraiment. Et les gens apprécient ce don de soi dont tu fais preuve constamment. Alors oui, ta sœur qui est elle, réputée pour être une dure à cuire, est un peu moins bien vue, c'est une certitude. Donc oui, elle se sert de toi. Oui, tu es ce qu'elle considère comme son plan sans faille quand il s'agit de troquer ou de négocier. Parce que les gens te disent rarement non, quand elle essuie une multitude de refus. « Tu es incorrigible Yeka, tu le sais ça au moins ? » Elle hausse un peu les épaules, tu ris un peu, continuant à avancer dans les rues du village. « C'est pour quoi cette fois ? » Elle secoue légèrement la tête, prenant un air un peu plus sincère qu'elle a constamment. « Je ne sais pas trop encore. Je pensais qu'on pourrait faire un cadeau à Irina, c'est bientôt son anniversaire tu sais. » Tu hoches un peu la tête. S'il y a quelque chose que tu ne peux pas enlever à ton aînée, c'est qu'elle a le sens de la famille, même si elle en est plutôt détachée naturellement, elle pense toujours à ses frères et à ses sœurs. « J'ai réussi à attraper trois lièvres de plus que d'habitude, je pense que la vieille folle en voudra bien, en échange d'un de ses bibelots. » Tu soupires, riant à nouveau. « Yeva n'est pas folle. Elle ne t'aime pas, c'est tout. » Yeka prend un air entendu et t'embarque vers le stand en question. La vieille dame est assise, les yeux plissés, à nouer des fils qui s'enchevêtrent et s'emmêlent. Mais elle sait parfaitement ce qu'elle fait, comme toujours. Avant qu'elle ne vous aperçoive, Yeka te donne sa besace contenant le gibier. « Je te laisse y aller, elle me donne froid dans le dos. Puis, tu sais mieux ce que Yeka aime que moi. Et j'ai des trucs à faire, donc on se retrouve plus tard. » Un nouveau soupir t'échappe, tu hoches légèrement la tête avant de te diriger vers le fameux stand. Yeva te sourit un peu, tu observes les différents objets présentés. Une fille aime les bijoux. Irina aime les bijoux. Mais ce n'est pas n'importe quelle fille. « Que cherches-tu Lyokha ? Aurais-tu enfin trouvé la demoiselle qui t'attend ? » Tu souris gentiment, secouant un peu la tête. « Non, c'est pour l'anniversaire d'Irina en réalité. » Son sourire fait écho au tien, elle observe à son tour ce qu'elle pourrait bien te proposer. Et tu penses avoir trouvé la perle. Non, tu ne parles pas d'un bijou, non. Tu parles d'un livre aux pages vierges, à la couverture de cuir sombre, avec quelques magnifiques arabesques dorées rappelant les fleurs et tout ce que la nature à de bon à vous apporter. Ton sourire s'élargit un peu, alors que tes doigts glissent sur l'arrête de cet épais livre vide. C'est ça qu'il lui faut. C'est ça qu'elle aime. Tu t'apprêtes à reprendre la parole, mais quelque chose t'arrête. Ou plutôt quelqu'un, dont la voix ne te dit, au passage, rien du tout. « ... L... Lyokha ? » Tu te retournes, un peu surpris, posant ton regard azuréen sur la personne qui vient de t'interpeller. Tu restes en bug un long moment, fronçant un peu les sourcils. Heu... C'est qui ce type ? Comment est-ce qu'il connaît ton prénom ? Et puis... Il n'est pas vraiment habillé comme le dernier des villageois, loin de là. Alors tu ne sais pas trop quoi dire ou faire, tu te tais, tu l'observes. Il semble avoir ton âge. Tu souris un peu, te voulant rassurant. Mais ce mystérieux inconnu fait demi-tour et s'enfuit. Heu... Okay ? Non là franchement, tu ne comprends pas. D'où il sort ? Certainement pas d'une étable. Comment est-ce qu'il connaît ton prénom ? Tu fronces un peu plus les sourcils, avant de secouer la tête, revenant à Yeva et ses affaires. Curieuse rencontre. Enfin, il y a tellement de gens bizarres autour de toi qu'un de plus, un de moins, tu n'y fais pas vraiment attention. Rapidement, Yeva te laisse le livre pour un lièvre seulement, et même si ça te fait un peu mal au cœur, elle insiste et tu la remercies donc sincèrement avant de te remettre à cheval.

Au petit galop, tu repars donc en direction de la ferme, ne te préoccupant pas plus que cela de cet homme que tu as rencontré plus tôt. À vrai dire, il est déjà loin dans ton esprit, même si cette rencontre était assez étrange. Ta monture aimerait bien aller un peu plus vite, tu t'en rends compte à sa manière de prendre le mors aux dents. Il sera donc éternellement intrépide. Enfin, ça t'amuse plutôt qu'autre chose, mais bref ; tu reviens à toi lorsque tu aperçois quelqu'un devant une vieille grange, recroquevillé contre le bois d'une façade avec le même cheval noir que tu as vu précédemment. Oh... C'est lui pas vrai ? Tu reconnais ses habits, il faut dire qu'il ne passe pas vraiment inaperçu parmi les villageois. Tu te mords un peu la lèvre, hésitant à poursuivre ta route sans te retourner. Mais quelque part, ce garçon t'intrigue, il connaissait ton prénom, il s'est enfui lorsqu'il a croisé ton regard... Tu soupires un peu, et faisant pression sur tes rênes, obliges ton cheval à s'arrêter. Il piaffe furieusement, exprimant son mécontentement, mais tu n'y fais pas attention, le regard rivé sur l'homme par terre. Tu hésites un peu, mais finalement, tu l'interpelles. « Vous allez bien monsieur ? » Fais-tu avec toujours cette même hésitation pour teinter ta voix. Tu aperçois son regard sombre, et tu ne sais pas trop si tu dois t'inquiéter de t'adresser aussi légèrement à un homme de sa caste, ou si tu fais bien de t'arrêter. « Je... ne veux pas vous importuner ou me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais si vous avez besoin d'aide, si vous êtes perdu je peux vous aider vous savez. » Et voilà que ton côté altruiste repasse au dessus, comme toujours. Tu n'es pas assez méfiant. Pas assez vicieux pour comprendre que tous les gens ne sont pas aussi bons et attentionnés que tu peux l'être. Tu ne sais rien de ce type, et pourtant, tu lui proposes ton aide. Il refuse poliment, tu hoches un peu la tête. D'accord. S'il se débrouille, tant mieux pour lui. Toi, tu as envie de rentrer de toute façon, et même si ce gars est un peu étrange, tu sais que tu l'auras déjà oublié demain. « Très bien dans ce cas, excusez-moi de vous avoir dérangé, bonne route, monsieur. » Fais-tu avec un léger sourire pour border tes lèvres, talonnant légèrement l'étalon pour que celui-ci se remette à avancer. Il galope joyeusement et bientôt, vous atteignez cette ferme qui t'est si familière.

Tu n'arrives pas à dormir. Le tonnerre gronde, des flashs lumineux inondent la pièce à intervalles réguliers. L'orage a éclaté il y a une heure, peut-être un peu plus, tu ne sais plus trop. Tu te retournes dans ton lit, mais rien à faire, tu ne parviens pas à fermer les yeux. Puis, il y a cette chose qui tape depuis cinq minutes déjà. Ce fracas incessant qui vient de dehors, comme quelque chose qui taperait furieusement par terre. Un long soupir t'échappe, tu te relèves, ouvrant la petite fenêtre pour regarder ce qui peut bien faire ce boucan. C'est alors que tu le vois. Ce cheval noir. Tu l'as déjà vu plus tôt, et il n'a de cesse de taper d'un sabot sur le sol rocailleux, se faisant entendre. Tu fronces un peu les sourcils. N'est-ce pas le cheval de l'inconnu ? Apparemment. Mais alors... Il aurait des problèmes, aurait-il fait une chute ou une mauvaise rencontre ? Ah, ne pense pas au pire. Oui mais... Cette nuit d'orage... Beaucoup de choses peuvent arriver. Tu te mords un peu la lèvre, t'habillant à la quatrième vitesse, descendant d'un étage pour sortir à l'extérieur. Le cheval s'approche de toi, le souffle court. Il hoche la tête nerveusement, certainement est-ce l'orage qui lui fait cet effet-là. « Héé, du calme mon beau... » Murmures-tu simplement, glissant une main sur son chanfrein humide. Bien rapidement, tu es trempé à cause de l'averse. Tu n'y fais pas vraiment attention, trop focalisé sur l'expression hagarde de l'équidé. Quelque chose ne va pas, c'est sûr. Tu jettes un coup d'oeil vers le bâtiment derrière toi. Tu devrais retourner dormir, ce ne sont pas tes affaires... Et pourtant, tu te précipites vers une grange où ont été aménagés quelques boxs pour les quelques chevaux que vous possédez. Prenant tout juste la peine de mettre le filet à l'alezan, tu sors de la grange en fermant derrière toi, enfourchant à cru l'étalon qui part déjà au galop. Le noir vous devance, tu oses espérer qu'il te montre vraiment un chemin, et que ce n'est pas juste ta naïveté qui te joue encore des tours. La pluie fouette un peu ton visage, l'eau ruisselle sur tes traits et le long de tes cheveux blonds. Puis, au bout de nombreuses foulées précipitées, vous atteignez la grange abandonnée où tu as précédemment laissé le jeune homme. Qu'est-ce que... La porte est entre-ouverte, tu descends rapidement de ton cheval, te précipitant vers l'entrée du grand bâtiment de bois. Pour le voir là, mouillé certes, mais à l'abris. Il va... Bien ? Apparemment. Et toi par contre, tu as l'air d'un fou ; tu es complètement trempé, tu peines à récupérer ton souffle. « Bon sang... J'ai... Pardon, je... Excusez-moi... » Que tu balbuties, confus. Oui, tu es vraiment confus. Tu t'es fait de fausses idées. Tu passes une main sur ton front, ramenant quelques mèches de cheveux en arrière. Tu prends une grande inspiration, essayant de calmer ton rythme cardiaque complètement saccadé. Tu t'es inquiété pour rien. Il à l'air d'aller bien. Très bien même. Qu'est-ce que tu peux être... Rah, il n'y a pas de mot. Tu soupires profondément, une fois de plus. « Je suis vraiment désolé, votre cheval tapait juste devant chez moi et j'ai cru qu'il se passait quelque chose de grave, c'est lui qui m'a mené à vous et... » Tu secoues la tête. Super, tu dois passer doublement pour un fou. Ce n'est pas nouveau, tu as une certaine affinité avec les animaux, les chevaux plus particulièrement. Mais là, tu passes pour un gros crétin, et de toute façon, vu le personnage, il ne doit pas en attendre plus des personnes de ton niveau, de ta classe sociale. Tu regardes un peu autour de toi, constatant que cette grange est aussi abandonnée que dans tes souvenirs, grouillant d'insectes et de rats, de quelques bottes de pailles qui se meurent de jour en jour et d'une vieille échelle en bois pour accéder à un autre étage. Tu poses un court instant ton regard sur lui, toujours aussi hésitant. « Vous savez, si vous n'avez nulle part où dormir, il suffisait de le dire, moi et ma famille n'habitons vraiment pas loin d'ici, et même si c'est sûrement loin de vos attentes, vous auriez eu un toit pour la nuit. Un toit qui ne fuit pas. » Fais-tu avec un léger sourire, désignant du menton l'immense flaque un peu plus loin. De plus, il fait assez froid ici la nuit, alors bon... Mais, bref. Ne pas t'attarder. Il va bien non ? Oui. Alors maintenant tu t'en vas. Tu ne le connais pas, ce gars. « Enfin, excusez-moi, je crois que je vais arrêter de vous importuner. Mais si vous avez besoin, n'hésitez pas. Vraiment. » Tu hoches un peu la tête. Il ne peut pas la louper la ferme ; à deux kilomètres tout au plus en continuant tout droit. Au milieu d'une immense plaine. Tu regardes un peu ailleurs, parce que tu sais que tu dois repartir. Mais c'est comme si tu en étais incapable. Ta curiosité de cloue au sol.

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- I LOVED YOU SO MUCH, AND NOW IT HURTS SO BAD -
falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Mirza
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MessageSujet: Re: So, you were really human...   Dim 22 Juin - 22:25

Tu te sens mal. Tu as envie de disparaître. Tu regrettes d'avoir accepté cette mission. Mais comment aurais-tu pu savoir qu'il viendrait te hanter jusque dans le passé ? Comment aurait-tu pu deviner que tu croiserait quelqu'un qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, même s'il y a très peu de chances que ce soit le même Lyokha que celui dont tu es tombé amoureux. Mais bon sang, cette simple vision a suffit pour te briser le cœur, une fois de plus. La surprise au fond de son regard d'azur, le léger sourire qu'il a eu... C'était étrange, inattendu, tout comme l'était ta réaction. Tu as senti ton cœur se briser une nouvelle fois, parce qu'Il te manque affreusement. Bien plus que tu n'oseras jamais l'avouer à qui que ce soit. Il te manque, oui. Mais tu dois l'oublier, il ne te pardonnera très certainement jamais d'être ce que tu es. Tu dois passer à autre chose, te concentrer sur ta mission afin de rentrer au plus tôt. C'est ce qu'on attend de toi, c'est ce que tu te dois de faire. Reste un Tudor, accomplit ta mission avec succès et rien de plus. Plus facile à dire qu'à faire, parce que tu te contentes de rester là, contre la façade de bois, sans bouger. Le souffle de Fiere dans tes cheveux est tout ce qui les agite. L'équidé finit d'ailleurs par s'agiter quelque peu. Tu connais cette réaction, c'est qu'il y a un autre cheval à proximité. Certainement un autre cavalier. Qu'il passe, tu n'as pas besoin d'aide. Tu n'as besoin que de deux choses : de calme et de temps.

Pourtant, des pas se rapprochent. Tu ne relèves pas la tête. Qu'on te laisse en paix bon sang. Mais c'est trop demander apparemment, puisqu'une question se fait entendre. En soi, tu ne prêtes pas réellement attention aux mots prononcés, mais à la voix. Cette voix. Sa voix. Tu ne peux t'empêcher de relever brusquement la tête, si vite qu'une vive douleur traverse ta nuque. Tu retiens une grimace de douleur, plongeant ton regard sombre dans le sien, d'azur, posé sur ta personne. Sa voix est hésitante, étrangement. Si tu vas bien ? Non, parce qu'il est là, parce qu'il s'entête à rester là, te torturant mentalement. Mais tu ne peux pas le lui dire, il ne le comprendrait pas. Alors tu te contentes de hocher très légèrement la tête. Oui, tu vas bien. Si on veut. De toute manière, tu ne dévoiles jamais tes faiblesses. Sois fort et tais-toi, point. C'est là qu'il te fait la proposition la plus surprenante que tu aies jamais entendue de sa part : il te propose de l'aide. Tu essayes d'imaginer le vampire faisant spontanément cette proposition... Et tu manques de pouffer de rire. Non, ce n'est pas vraiment son genre. Pas avec un pur inconnu. Il n'empêche que c'est inattendu. Que répondre ? Lui avouer que tu es perdu en ces terres, que tu ne sais pas où aller, à qui t'adresser ? Non. Il ne faut pas qu'il reste là, il ne ferait que t'attirer des problèmes, que te tourmenter. Tu dois garder l'esprit clair, et donc être loin de lui. Alors éloigne-le de toi, de préférence d'une manière telle qu'il ne reviendra pas.

-Je... Merci de proposer mais je ne pense pas avoir réellement besoin d'aide. Mais merci... fais-tu en russe, avec ton accent anarkien qui doit lui sembler très étrange.

L'éloigner de manière à ce qu'il ne revienne pas hein ? C'est ridicule ce que tu viens de faire. Enfin, on te changera difficilement. Tu es naturellement gentil, alors avec lui, comment aurais-tu pu agir différemment ? Tu l'as aimé, cet homme. Enfin, ton Lyokha. Est-ce le même ? Tu ne sais pas, il lui ressemblant tant, c'est si douloureux. Bon sang, Samael, cesse donc de réfléchir ! De toute manière, il s'en va, après t'avoir demandé pardon pour le dérangement. C'est... Surprenant. Tu imagines très mal le vampire agir de manière aussi... Douce et gentille ? C'est l'impression qu'il te donne. C'est surprenant, différent de l'image que tu as de celui internationalement connu comme le Mad Hatter. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis que tu reposes la tête contre tes genoux. Du calme, du repos, de la sérénité. Oublie-le ce jeune homme qui Lui ressemble trop. Oublie tout ce qui n'a pas un rapport direct avec ta mission. Tu sens les naseaux de ton animal dans tes cheveux, et cela te pousse à relever la tête, l'observant. Ses oreilles sont dressées et tournées vers toi. Tu comprends qu'il est curieux. Il n'a jamais rencontré le vampire, tu ne lui en as pas parlé. Il ignore tout de ton tourment et tu n'es pas sûr de vouloir le mettre au courant.

-Pardonne-moi Fiere... J'ai besoin d'un peu de repos, après on repartira à la recherche d'un endroit où passer la nuit, je te le promets.

Il hennit légèrement et vient plutôt s'installer sur le sol, à tes côtés. Un léger sourire étire alors tes lèvres tandis que tu t'installes contre lui après l'avoir déchargé de tes quelques bagages, acceptant son invitation. Un bon somme contre lui est toujours réparateur, même si tu sais que tu ne peux pas te permettre de t'assoupir une seule seconde. Cette époque n'est pas des plus sûres, il faut que tu restes sur tes gardes. Et le temps passe, les minutes, les heures, sans que tu ne trouves la force et encore moins la volonté de te relever. Ton cœur bat trop fort, chaque coup est profondément douloureux. Tu as l'impression qu'une lame s'y est enfoncée et qu'elle y est restée, accentuant les dégâts à chaque battement de l'organe. C'est douloureux, comme ce fameux premier jour que tu as passé loin de lui, sachant qu'il te haïssait. Tu restes là, jusqu'à ce que l'orage éclate. Tu n'as pas peur de ce phénomène, bien au contraire, tu adores la pluie, les éclairs, le tonnerre. Ce n'est que ce phénomène qui parvient à te pousser à te relever. Il faut continuer ton chemin, il n'y a pas d'autre choix. Il fait nuit, de toute manière. Sauf qu'au moment où tu allais remettre des bagages sur le dos de l'animal noir, celui-ci part au triple galop. Tu l'appelles mais il continue son chemin sans ralentir le moins du monde. Et c'est là que tu as envie de pousser tous les jurons du monde. Qu'est-ce qui lui prend encore ? Ouvrant la porte de la grange, tu laisses tes bagages au sec puis pars sous la pluie, à la recherche de Fiere. Tu es rapidement trempé mais tu continues tes recherches, malgré le fait que ta voix soit de plus en plus souvent recouverte par le tonnerre. C'est au bout d'un bon quart d'heure que tu finis par laisser tomber et regagner la grange contre laquelle tu as passé une bonne partie de l'après-midi et de la soirée. Tu connais l'étalon, il t'y rejoindra quand il aura fait ce qu'il veut.

En attendant, dans un soupir, tu retires une bonne partie de tes vêtements, les accrochant où tu peux pour qu'ils sèchent. Tu es trempé jusqu'aux os. Et le moins qu'on puisse dire c'est que, lorsque la foudre tombe non loin, tu n'en mènes pas large. Il manquerait plus qu'elle tombe sur ton abris de fortune, tu serais bien tiens. Enfin, tu fais un effort pour ne pas imaginer le pire et plutôt essayer de te réchauffer un minimum dans une cape restée sèche. C'est dans cette situation, un peu grelottant, que l'animal au pelage noir revient, trempant le sol à son passage. Tu es aussitôt debout, le rejoignant à grands pas.

-Fiere, bon sang, mais qu'est-ce qui t'a pris de partir comme ça ? Je me suis inqu... fais-tu, ta voix tremblant d'inquiétude, avant de te stopper net dans tes paroles.

Quelqu'un d'autre est entré. Il est entré, complètement trempé et semblant avoir du mal à reprendre son souffle. Tu le regardes, ton regard sombre s'agrandissant sous le coup de la surprise. Non. Pourquoi ? Tu pensais qu'il était parti, qu'il ne reviendrait pas. Comment a-t-il pu te retrouver ? Minute. Tu lances un regard noir au cheval qui hennit joyeusement. Oh bon sang. Pas besoin d'explication, tu as déjà compris ce qu'il s'est passé. Les chevaux des Tudor sont réputés pour leur intelligence, en plus de leur puissance et leur magnifique robe noire. Il a compris que tu avais quelque chose avec ce jeune homme, très certainement, et il compte bien en jouer. Il est infernal. Et le jeune homme confirme tes pensées : Fiere est allé le chercher et l'a ramené ici. Devrais-tu dire quelque chose au blond ? À quoi bon. Il ne comprendrait pas ce qui se passe. Il ne peut pas comprendre, il ne sait pas qui tu es, d'où tu viens. Il ne sait rien et il est à plus d'un millénaire de pouvoir comprendre. Tu te tournes plutôt vers ton cheval, faisant une boule avec ta cape... Puis la lui lance dessus !

-Sale gosse ! J'avais besoin de tout sauf ça, sincèrement ! Va te sécher avant de prendre froid, espèce d'idiot ! fais-tu, sur le ton de l'amusement, avant de soupirer et de te retourner vers le blond. Je suis navré, je ne pensais pas qu'il irait faire cela devant chez t... Vous. Il vous a fait venir sous la pluie, qui plus est... J'espère que vous l'excuserez.

Un sourire un peu inquiet étire tes lèvres. Tu as bien failli le tutoyer. Failli. Il faut que tu te reprennes, et vite. Pourtant, tu n'arrives plus à le regarder dans les yeux, parce que c'est ton Lyokha que tu vois. Celui que tu aimes, celui qui te fait frissonner d'un seul geste, qui te calme d'un seul regard tout comme il peut t'agacer en moins d'une seconde. Cesse de penser à lui, par tous les dieux de la Terre ! Oui, arrête. D'ailleurs, ton camarade à quatre pattes revient vers toi et tu en profites pour le sécher grossièrement avec ta cape. Tant pis pour toi, tu te réchaufferas d'une autre manière. Tu essayes de te perdre dans cette tâche mais il te tire à nouveau de tes pensées. Si tu n'as nulle part où dormir, il suffisait de le dire ? Tu arques un sourcil intrigué, tournant la tête vers lui, en même temps que Fiere. Il te propose... De venir dormir chez sa famille ? Sérieusement ? Alors qu'il ne te connaît pas le moins du monde ? Un toit qui ne fuit pas... Certes, ce serait toujours mieux vu la magnifique flaque d'eau un peu plus loin. Tu n'as pas osé aller voir à l'étage, de peur que le bois soit trop pourri pour supporter ton poids. Tu ne sais quoi lui répondre. Mère prudence, que tu écoutes rarement sois dit en passant, dit toujours de ne pas faire confiance aux inconnus. Ce n'est pas ce qu'il fait, très visiblement. Il insiste, même. Que faire ? Accepter ? Tu serais tenté de le suivre, c'est ton cœur qui te dit de lui faire confiance. Tu as désespérément besoin de Lyokha, mais ce n'est pas le même, n'est-ce pas ? Tu ne sais pas quoi penser. Enfin, de toute manière, ta raison reprend finalement le dessus.

-Vos parents ne vous ont jamais appris à vous méfier des inconnus ? C'est... La deuxième fois en quelques heures que vous me proposez votre aide après tout...

Remarque bien futile, tu aides aussi volontiers ceux de ton peuple. Mais, à tes yeux, ce n'est pas pareil. Tu es le futur Intendant, tu es un Tudor, tout le monde te connaît, on sait ce qu'on risque si jamais les choses tournent mal. De plus, tu restes toujours légèrement méfiant. Jamais tu ne baisses totalement ta garde, sauf face à des personnes envers qui tu as entièrement confiance. Peut-être en est-il autant pour lui mais ce n'est pas l'impression qu'il te donne. Tu baisses les yeux, retournant plutôt au pelage humide de l'étalon que tu frottes doucement. Tu ne sais quoi dire. Tu as envie qu'il reste, tu veux te perdre dans l'illusion de L'avoir retrouvé. Mais ce n'est pas une bonne idée. Ce n'est pas ta raison qui parle, là, mais ton amour. Ce que tu dois oublier. Il voulait te briser, hein ? Il a magnifiquement bien réussi. N'y songe pas, Samael. N'y pense pas, pas en mission. Mais c'est impossible, il te hante chaque jour, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Tu ne peux pas t'empêcher de songer à lui, à ses doigts qui parcouraient ton corps, à vos corps qui se cherchaient, vos lèvres qui ne se séparaient que pour mieux se retrouver. Vos joies et vos disputes. Sans t'en rendre compte, ton regard s'est à nouveau posé sur le blond. Tu le dévisages comme tu le faisais avec le vampire : avec une passion brûlante, avec amour aussi. Samael, tu es définitivement incorrigible. Tu secoues la tête, fais un effort pour te reprendre. Mais son image te hante encore. Stop ! Tu recules, titubant, tandis que Fiere lâche un hennissement inquiet. Et tu continues, jusqu'à te retrouver à nouveau dos contre une façade de bois. Tu te laisses glisser jusqu'au sol, tes deux mains glissant dans tes cheveux sombres. Par tes ancêtres, tu es malade. Malade de l'avoir perdu. Et l'autre qui s'approche un peu, qui te demande si ça va. Faire semblant. Tu te forces à te relever, t'appuyant contre le mur...

-Je... Je pense être simplement fatigué. Rien de grave.

C'est sincère. Tu dors naturellement peu mais depuis votre "rupture", tu fais littéralement de nombreuses insomnies. Ton corps en est à sa limite mais tu es incapable d'avoir une bonne nuit réparatrice. Tu es vraiment malade. Enfin, toujours est-il que tu es debout et que tu t'efforces de ne pas le regarder. Sauf que ton cheval est arrivé derrière le jeune homme et, sans prévenir, lui donne un bon coup de tête dans le dos, le poussant vers toi. Instinctivement, tu l'empêches de tomber, le rattrapant même s'il n'en a pas forcément besoin. C'est là que tout bascule. Tu le sens sous tes doigts, malgré le tissu. Et quand ta peau entre en contact avec la sienne, tu ressens comme une décharge. C'est la même sensation qu'avec Lui. Tu ne réfléchis pas plus à vrai dire, l'instinct reprend le dessus et, glissant une main sur sa nuque, tu viens l'embrasser avec passion. Lyokha... Le plus beau c'est que, même s'il semble être surpris, il répond à ton baiser. Alors tu fermes les yeux, glissant l'autre main dans son dos, l'attirant contre toi afin de prolonger ce baiser. Il a le goût de l'interdit, de la passion. Mais aussi de l'erreur. Alors quand ton esprit se reconnecte, tu le lâches brusquement, reculant à nouveau, sous le regard ahuri de ta monture. Qu'as-tu fait ? Oh, bon sang, mais que viens-tu de faire encore ?

-Je... Je suis... Désolé, je ne voulais pas, ce n'était pas... Je ne sais pas ce qui m'a pris. Veuillez me pardonner, s'il vous plaît... S'il vous plaît...

Tu as menti. Tu sais pourquoi tu l'as embrassé : parce qu'il est Son portrait craché et que tu l'aimes. Mais tu n'aurais pas dû. La règle d'or pour les voyages dans le temps est de ne pas laisser la moindre trace de son passage. Ne pas se faire remarquer, ne jamais laisser de souvenirs dans l'esprit des autres. Il ne faut toucher à rien, au risque de profondément modifier le futur. C'est une règle que tu as l'impression de franchir. Tu n'as jamais fait une aussi grossière erreur. Il faut qu'il parte, même si ton regard ne trompe pas : tu ne veux que le suivre, l'accompagner partout où il ira dans l'espoir de retrouver un peu ton propre Lyokha. C'est mal ce que tu fais, c'est limite de l'infidélité, même si vous n'êtes plus ensembles. Sauf qu'il a un caractère très différent du Sien, au premier abord. Tu es fou. Il a définitivement gagné la partie en te faisant perdre la raison...

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Alyosha Volkov
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MessageSujet: Re: So, you were really human...   Lun 30 Juin - 11:51

« Je... Merci de proposer mais je ne pense pas avoir réellement besoin d'aide. Mais merci... » Tu te contentes de hocher un peu la tête, acceptant simplement l'idée qu'il ne veuille pas de ton aide. Et tu notes au passage ce drôle d'accent qui déforme un peu ta langue natale. Ce n'est pas moche, c'est juste... On voit qu'il n'est pas d'ici. Que ce n'est qu'une langue d'emprunt pour lui. Enfin, tu n'es pas là pour argumenter sur les rudiments du russe, il a été clair, donc tu peux disparaître. Et c'est bien ce que tu fais, faisant légèrement pression sur les flancs de l'équidé qui repart sans plus attendre en direction de la ferme. Tu n'as pas plus de temps à perdre, tu dois encore cacher le bouquin que tu as acheté pour ta sœur, signaler à Yekaterina que c'est bon, et retourner au potager comme si de rien n'était avant que ton père ne rentre chez vous. Et puis, s'il n'a pas besoin d'aide, alors tant pis. Tu ne vas pas te plier en quatre pour un inconnu. Tu ne le connais pas, et même si tu sais qu'un peu d'aide est souvent appréciable en ce monde, il prétend ne pas en avoir besoin. Et vu sa tenue... Oui, loin de toi l'envie de causer du tort à quelqu'un qui, dans ta société, est considéré comme supérieur à ta personne. Tu as assez d'ennuis à gérer comme ça, tout seul. Assez de problèmes dont tu t'occupes continuellement. Il ne faut pas croire que, parce que tu es un simple garçon de ferme, la vie est douce et tranquille. Elle est aussi rude et pénible parfois. Tu jongles entre bien des événements que tu ne contrôles pas toujours, tu t'occupes tantôt de la fratrie, tantôt tu pars chercher quelque chose pour ta mère à des heures de route d'ici. Sans compter ta relation avec ton paternel qui est plutôt... Houleuse oui, on peut le dire. Tu ne t'entends pas avec lui, il ne s'entend pas avec toi. Vous n'avez pas la même vision du monde mais ça, tu n'y peux rien. Tu as du mal à cautionner certaines choses venant de lui, mais tu fais comme si de rien n'était parce que tu n'as tout simplement pas le choix. Tu es son fils, pas son conseiller ou son aîné, tu n'as alors – dans sa logique des choses – rien à dire. Bref, tu sors de tes pensées. Le domaine est là, comme dit précédemment, tu n'as pas de temps à perdre. Alors tu t'empresses lâcher l'alezan dans un pré et tu files à tes occupations.

L'orage, le tonnerre, la foudre. Quand tu étais petit, tu étais terrorisé par ces phénomènes naturels. Le moindre coup de tonnerre te faisait sursauter, les éclairs te refilaient la chair de poule. Pourtant, tu n'as jamais rien dit, à personne. Parce que tu devais être fort pour tes cadets. Si toi, tu n'avais pas peur, alors eux n'avaient aucune raison d'avoir peur non plus. Bien sûr, intérieurement, tu étais effrayé. Mais tu ne l'as jamais montré à personne pour ne pas paraître faible. Tu ne pouvais pas te le permettre. Aujourd'hui, ton aversion pour l'orage s'est bien calmée. Tu essayes de ne plus y faire attention, même si tu as encore du mal à fermer les yeux parfois, même s'il t'arrive encore de sursauter, quand le grondement féroce du tonnerre se fait soudain et puissant. Mais ce soir, ce qui te tient éveillé, ce n'est pas vraiment le temps en lui-même. C'est plutôt cette chose, ou plutôt, cet animal qui n'a de cesse de taper sous ta fenêtre. Rapidement, ta décision est prise, tu sors de chez vous et tu rejoins un magnifique cheval noir que tu as aperçu un peu plus tôt dans la journée. Il est splendide, mais trempé aussi. Un peu comme toi désormais. Il a cet air un peu effrayé, sûrement est-ce la météo qui le met sur les nerfs, qui le pousse à piaffer furieusement. Tu hésites un instant, mais quelque chose te dit que ça ne va pas. Que quelque chose ne va pas. Et ton côté altruiste te hurle de prendre ton propre cheval et de suivre l'équidé noir qui semble t'attendre impatiemment. Alors que fais-tu ? Tu l'ignores et tu retournes te coucher ? Tu aimerais bien mais ton côté aventureux te pousse à aller chercher l'alezan dans son box et à suivre, à un rythme effréné, le cheval sombre. Bientôt, vous atteignez la grange où tu l'as laissé précédemment. Mais... Pourquoi ici ? Tu t'empresses de te laisser glisser du dos de ta monture, rejoignant au pas de course l'entrée de la grange. Mais... Tu reprends difficilement ton souffle, constatant qu'il va bien. Même très bien apparemment, puisqu'il tient parfaitement sur ses deux pieds en rejoignant son cheval. Tu secoues désespérément la tête. Quel crétin fais-tu... Qu'est-ce que tu peux bien dire maintenant, hein ? Tu hésites même à poser ton regard sur lui. Tu devrais juste faire demi-tour, comme si de rien n'était... Mais tu lui dois bien des excuses, pas vrai ? Oui, en effet. Ce que tu bredouilles en vitesse, expliquant confusément que c'est son cheval qui t'a attiré ici. Il jette sa cape sur l'équidé d'ailleurs qui s'éloigne sans plus de cérémonie, tandis que son propriétaire s'adresse à lui dans une langue qui t'est purement inconnue. Tu n'entraves pas un mot de ce qu'il raconte, mais de toute façon, ce n'est pas un problème ; ça ne t'es pas adressé après tout. « Je suis navré, je ne pensais pas qu'il irait faire cela devant chez t... Vous. Il vous a fait venir sous la pluie, qui plus est... J'espère que vous l'excuserez. » Tu secoues la tête, retrouvant un semblant de sourire. Chez toi ? Tu baisses un peu les yeux quand il reprend le vouvoiement. Tu n'as pas l'habitude que l'on utilise la seconde du pluriel avec toi, en fait. Beaucoup te considèrent comme un gamin, donc en général, on te tutoie. Il est bien une des rares personnes à te vouvoyer. « C'est... C'est rien vous savez. » Souffles-tu finalement, reprenant tranquillement tes esprits. Ce n'est rien non, tant qu'il va bien.

Et d'ailleurs, vu qu'il va bien, tu devrais peut-être partir. Il s'approche de son cheval, entreprend de le sécher un minimum. Allez c'est bon, va t'en, tu en as fait assez comme ça. Il n'a pas besoin de toi plus longtemps, puisqu'il va bien. Mais tu ne peux pas t'empêcher de lui faire une dernière remarque ; s'il avait besoin d'un toit, il n'avait qu'à demander. Oui, tu as le sens de l'hospitalité prononcé, et après ? On ne te changera pas il faut croire. Tu dis juste ça parce que, une chambre au sec, où il fait un minimum bon du côté de la température, c'est toujours plus agréable qu'une grange humide dont le toit fuit quand les intempéries sont trop violentes. Mais ce ne sont pas tes affaires ; il fait ce qu'il veut, il semble assez vieux pour décider de ce qui est bien pour lui et de ce qui est mal. « Vos parents ne vous ont jamais appris à vous méfier des inconnus ? C'est... La deuxième fois en quelques heures que vous me proposez votre aide après tout... » Ton sourire s'élargit un peu plus. Te méfier des inconnus ? C'est bien là un de tes défauts ; tu n'arrives que difficilement à te méfier de ton prochain. Parce que tu es naturellement toujours présent pour les autres, inconnus ou non. Tu aimes aider, sans obtenir quoi que ce soit en retour. C'est presque essentiel pour toi, de te savoir utile d'une manière ou d'une autre. Tu rougis très légèrement en constatant que oui, c'est bel et bien la seconde fois que tu lui proposes de l'aide. Mais tu n'y peux rien, c'est plus fort que toi, tu es ainsi et c'est tout. « Certainement ont-ils oublié ce chapitre de mon éducation oui. Mais si vous vouliez me faire du mal, vous l'auriez déjà fait. Et si vous voulez toujours m'en faire, alors je vous en prie, je suis là, j'ai pas d'arme, mon cheval est dehors, je vous en prie. » Fais-tu simplement, ne perdant pas ton petit sourire habituel. Non, tu sais qu'il ne va pas te faire de mal. Tu ne peux pas en être convaincu à cent pour cent, mais tu le sens. Il le porte sur lui, c'est tout. Et puis, de toute façon, ce serait mérité ; tu n'avais qu'à pas t'aventurer jusqu'ici. Tu attends donc, mais rien ne se passe. Tu le savais, que ce n'était pas un brigand. Tu ne dis plus rien, mais quelque part, tu te sens un peu gêné. Sûrement à cause de ce regard qu'il te porte, un regard trop plein d'une attention que tu n'as pas l'habitude de recevoir. Et puis, il y a ce petit quelque chose au fond de ses yeux... Quelque chose qui te brûle dès que tu croises ce regard sombre qui te fait presque froid dans le dos. Non pas parce que tu as peur. Non pas parce que tu te sens mal. Il y a juste... Comme cette ligne entre vous que tu aimerais franchir sans trop savoir pourquoi. Une frontière invisible.

Il finit par reculer en titubant, et c'est par pur automatisme que tu t'approches doucement de lui, tandis qu'il s'appuie contre le mur, se laissant glisser contre ce dernier. Tu hésites à faire un pas de plus, il t'a dit qu'il allait bien, il n'y a pas de raison qu'il ait menti, pas vrai ? Oui, sauf s'il ne veut vraiment pas de ton aide. Sauf s'il veut vraiment se retrouver seul. Tu te mordilles légèrement la lèvre inférieur, hésitant entre le laisser tranquille ou céder à tes pulsions d'altruiste névrosé. « Vous êtes sûr que vous allez bien ? » Oui, il va finir par penser que tu es vraiment lourd. Tu devrais le laisser un peu, il est grand, il peut se gérer tout seul. D'ailleurs, il se redresse contre le mur, s'efforçant d'aller bien, en apparence. Car non, tu n'es pas dupe. Tu n'es pas totalement abruti non plus. Tu sais bien que quelque chose ne va pas, qu'il fait semblant. Tu joues à ce jeu depuis bien des années maintenant, et puis, tu dois reconnaître qu'il est assez transparent à tes yeux, aussi. « Je... Je pense être simplement fatigué. Rien de grave. » Tu hoches un peu la tête, même si tu es bien loin d'être convaincu. Il est juste fatigué hein... Carrément exténué plutôt, pour en tomber à ce point. Enfin, ce ne sont pas tes affaires, tu devrais partir. Mais tu restes figé sur place, restant un instant encore. Peut-être qu'il va finir par dire quelque chose de vrai ? Peut-être qu'il va finir par accepter ta proposition, même si tu n'es pas sûr que ce soit une si bonne idée. Comme il l'a dit, tu ne le connais pas. Et même s'il n'a pas l'air d'un voleur – de toute façon, y'a rien à voler chez toi, ou presque – tu commences à douter sur si oui ou non, c'était une bonne idée de lui proposer le gîte et le couvert. Tu restes debout face à lui, l'observant quelques longues minutes encore. Ton regard se perd dans le sien et tu n'arrives pas à détourner tes yeux, c'est plus fort que toi, tu n'arrives pas à décrocher de ces deux prunelles brunes, à la limite du noir. Enfin, jusqu'à ce que quelque chose de pousse dans le dos, chose que tu devines être le cheval de monsieur. Un peu déséquilibré, tu manques de tomber, mais il te rattrape avant la chute. Tu lèves ton regarde azuréen vers lui, soudainement très proche, trop pour les conventions certainement. Tu te redresses lentement, tout doucement, ne quittant pas son regard un seul instant. Tu aimerais t'éloigner, mais tu n'en as pas le temps. Non, tu ne peux pas bouger. Puisqu'il vient t'embrasser. Oui oui, tu ne rêves pas ; ses lèvres sont pressées contre les tiennes en un langoureux et passionné baiser. Tu écarquilles un peu les yeux d'abord, surpris. Mais naturellement, et sans rien contrôle vraiment, tu te laisses aller, et tu réponds à ce baiser. C'est tellement... Bizarre. Tu n'as jamais embrassé quelqu'un comme ça. Tu n'as jamais embrassé d'homme, en fait. Ça devrait te révulser, non ? Et pourtant, tu fermes les yeux. Tu frissonnes violemment quand tu sens une main dans ta nuque, l'autre dans ton dos, t'attirant un peu plus à lui. Tu te laisses entraîner sans protester, posant presque maladroitement tes mains sur ses hanches. Non, non stop. C'est pas... Non, t'es pas venu là pour ça, certainement pas. Pourtant, tu approfondis le baiser toujours plus, sans chercher le moins du monde à lutter.

Mais le supplice cesse bien vite, quand il te repousse brusquement. Tu recules sans opposer de résistance, regardant immédiatement ailleurs. Tu te sens... Mal à l'aise. Tes joues s'empourprent doucement, tu n'arrives plus à le regarder. Tu te mordilles violemment la lèvre inférieure, le souffle légèrement coupé. « Je... Je suis... Désolé, je ne voulais pas, ce n'était pas... Je ne sais pas ce qui m'a pris. Veuillez me pardonner, s'il vous plaît... S'il vous plaît... » Tu es tout aussi confus que lui. Incapable de le regarder dans les yeux, tu te sens... Terriblement mal. Et bien en même temps. Tu as l'impression de te consumer lentement sur place, et ça te fait un bien fou. Première fois que tu... Embrassais un homme... Rien que de le penser c'est... Curieux. Tu es juste tétanisé sur place et pourtant, tu aimerais t'enfuir, partir loin de lui. Mais tu as encore la chaleur de ses mains contre ta peau, la douceur de ses lèvres contre les tiennes. Tu es incroyablement confus et perturbé. Tu dois partir, et vite. [color=#cc3333]« Ce-ce... Ce n-n'est ri-rien... »[/color] Balbuties-tu difficilement, ton bégaiement se mêlant à la chose. Bon sang, manquait plus que ça. Tu te mords la langue inconsciemment. Quel crétin. Mais quel crétin alors ! Et tu es tout bonnement incapable de partir. Tu tentes un pas à reculons, puis un second. Tu te détournes de lui pour rejoindre l'entrée de la grange, mais tu t'arrêtes brusquement, prenant une grande inspiration. Non. Non, n'y pense même pas. Va-t'en tout de suite. Pourtant, tu marques ce temps d'hésitation et... Pars bon sang. Dégage de là ! Et pourtant, tu te retournes vivement, et tu reviens vers lui, le bloquant contre le mur. Tu ne lui laisses pas le temps de protester que tu l'embrasses fougueusement. Mais... Tu te rends compte que ce n'est pas du tout toi d'agir comme ça ? Et après. C'est un inconnu. C'est la nuit. Dans une grange paumée. Personne n'en saura rien. Et ce n'est pas plus toi de penser ainsi ! Tu ne te reconnais tout bonnement pas. Il t'attire et tu n'y peux rien. Tu te sens... C'est bizarre, cette boule au creux de ton ventre. Ce sang qui bat trop fort dans tes tempes. Tes mains restent appuyées sur le bois de la paroi de la grange un instant, alors que tu éprouves le besoin soudain de sentir les siennes contre ton corps, une fois de plus. C'est mal ce qui se passe, tu le sais parfaitement, pourtant, tu n'arrives pas à t'arrêter. Tu lâches ses lèvres pour mieux les capturer à nouveau, tu te laisses enivrer par ses caresses. Tu te sens tellement bien pour le coup... C'est mal, tu le sais. Ton père te tuerait sûrement pour cela. Mais tu profites de l'instant présent comme si ta vie en dépendait. C'est bien la première fois dans ta vie que tu te montres aussi entreprenant, aussi dépendant d'un autre de cette manière. C'est comme si tu pouvais tout abandonner ce soir, te laisser aller avec ce pur inconnu dans cette grange. C'est tellement interdit, tellement bon... Et même si c'est loin de te ressembler, tu n'as pas envie de t'éloigner. Loin de là même. Sauf que... il glisse une main dans ton dos, sous ton haut. Au début, tu frissonnes inconsciemment, parce que c'est très agréable comme sensation. Mais c'est aussi la claque qui te ramène à la réalité. Ses doigts frôlant tes cicatrices dans ton dos... Non, qu'il te lâche, qu'il te laisse. Tu te sens mal d'un coup, et tu recules vivement, le dévisageant de tes yeux bleus pendant quelques longues secondes. Et sans un mot, sans un pardon, sans rien, tu prends la fuite en courant, sortant de cette grange. Tu ne te retournes pas, tu n'as pas envie de faire cette erreur. Alors tu sautes sur le dos de l'étalon alezan et tu repars au triple galop, loin de lui, loin de ce qui aurait pu être la plus grosse bêtise de ta vie.

+++

Tu n'aurais pas dû boire. Et tu ne t'en rends compte que maintenant. Ta tête tourne, mais c'est encore supportable. L'alcool anesthésie ton mal de crâne, et même si tu es dans un état plutôt pitoyable, tu n'arrives pas à te plaindre. Parce que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil actuellement. Tu n'as plus aucune notion de ce qui est bien ou de ce qui est mal ; oui, on peut le dire, tu es de ceux que l'alcool changent complètement. L'esprit carrément retourné, tu es bien peu raisonnable pour le coup. Bien peu attentif aussi. Tu ne te rends pas compte que les autres autour de toi ne sont pas vraiment gentils. Qu'ils rigolent de ton état plutôt qu'autre chose. Et ni Yekaterina, ni Kirill n'est là pour t'empêcher de faire des bêtises. Mais le mal est fait de toute façon, tu as du mal à tenir avec assurance sur tes pieds. « Je parie qu'il ne le fait pas. » Tu fronces les sourcils. Oui, c'est de toi que l'on parle. Et même si tu es trop à l'ouest pour comprendre ce qu'ils cherchent à faire, il est évident qu'ils veulent te pousser à accomplir une belle bêtise encore, en te mettant indirectement au défi. Tu secoues un peu la tête, et tu avances jusqu'au large pont de pierre. Certains autour de toi rigolent, d'autres ont hâte de voir si tu vas le faire. Dans ton état, c'est plutôt déconseillé ; si la chute ne te fracasse pas en deux, la noyade se chargera de te finir. Mais tu es totalement inconscient des risques, et c'est sous un air d'amusement général que tu montes sur le rebord un peu étroit du pont. Tu vacilles un peu en avant puis en arrière, manquant de tomber. Certains esquissent un mouvement en avant pour se raviser par la suite, d'autres applaudissent, et dans l'ensemble, éclatent de rire à nouveau. Tu rigoles un peu, toi aussi. Pauvre fou qui joue avec la mort sans même s'en rendre compte. Tu écartes largement tes bras, fermant les yeux. Et à nouveau tu tangues, manquant de près de tomber dans l'eau. À vrai dire, tu as failli tomber dans l'eau. Jusqu'à ce que l'on te chope le poignet pour te faire descendre de force de la bordure de ce pont. Tu écarquilles les yeux, l'air un peu surpris. Tu ne reconnais pas tout de suite la personne qui t'a attrapé par le poignet, mais ça t'étonne que l'on s'inquiète ainsi de ton cas.

Il ne ralentit pas la cadence. Pas tant que vous n'êtes pas à l'écart, à la lisière du bois du village. À ce moment là seulement il s'arrête, alors que tu te retrouves brusquement contre l'écorce d'un arbre relativement large. « Oooh. » Protestes-tu sans grand intérêt. C'est alors que tu le reconnais. Tu perds ton sourire, tu as plutôt l'air surpris qu'autre chose. C'est lui. C'est le garçon de la grange. C'est celui que tu as embrassé il y a quelques soirs de celui-ci... C'est... Tu le fixes avec insistance, incapable de dire quoi que ce soit. Tu as envie de... De bien des choses en fait. Ta partie rationnelle te dit de partir en courant, quand tu as ce désir profondément ancré en toi de l'embrasser à nouveau. De goûter à l'interdit, une dernière fois. Tu rougis un peu, regardant subitement ailleurs. C'est incroyablement gênant comme situation, il s'en rend compte au moins ? Tu ne sais pas trop... C'est juste, depuis ce qui s'est passé dans cette fameuse grange, tu n'arrêtes pas de penser à lui. De te poser des questions. Et si j'étais resté ? Et si les choses étaient allées plus loin ? Tu déglutis difficilement, portant timidement ton regard sur lui à nouveau. Ses yeux... Ses yeux sont tellement magnifiques. « Je-je, pardon, v-vraiment, je suis, je suis désolé... » Fais-tu. Mais désolé pourquoi ? Désolé d'être parti comme un voleur. Désolé de le mettre dans une telle situation actuellement. Désolé de penser à lui plus que de raison. « Je-je n'aurais pas dû par-partir comme ça l'autre s-soir. Je, devais pas vous em-embrasser. C'était m-mal. » Balbuties-tu pitoyablement. Tu ne sais pas quoi faire d'autre, à part t'excuser pour ton comportement. Tu te mords violemment la lèvre, tu croises son regard un instant, et tu rougis un peu plus encore, terriblement mal à l'aise. Il faut vraiment que tu fasses quelque chose. Quelque chose d'intelligent de préférence, comme le remercier, t'enfuir, t'excuser à nouveau. Tu te fais violence pour ne pas mal réagir, pour ne pas faire n'importe quoi. Mais la seule chose que tu trouves à faire sur l'instant, c'est poser tes mains sur sa nuque et l'attirer à toi pour l'embrasser, sans préavis. De profiter de ses lèvres à nouveau avec amour. Amour, sérieusement ? Tu n'arrives même plus à réfléchir, tu agis, c'est tout. Même si c'est mal, même si tu ne devrais pas. Même si c'est loin de te ressembler. Tu ressens cette dépendance à nouveau, ce besoin. Ce désir qui te brûle depuis cette fameuse nuit. Cette soif d'affection que tu n'as ressenti avec personne d'autre ; ce besoin qui lui seul semble pouvoir combler. Alors tu l'embrasses. Qu'il te repousse, qu'il t'attire un peu plus à lui ; tu es bien trop confus de toute façon pour juger de quoi que ce soit.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Mirza
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MessageSujet: Re: So, you were really human...   Lun 30 Juin - 17:52

Quelle idée de parler en Anarkien, franchement. Même s'il n'y comprend rien, un jour, cette langue sera celle officielle sur ta planète et s'il est bien celui que tu penses, puisqu'une telle ressemblance n'est sans doute pas uniquement due au hasard, il finira par comprendre quel est ta langue natale. S'il s'en souvient un jour, évidemment. Malheureusement, l'Anarkien est la seule langue « humaine » que l'équidé comprend, alors tu ne peux le disputer dans une autre langue. Crétin. Il a bien vu que ce jeune homme avait un impact tout particulier sur toi et il a, très certainement, cherché à comprendre. Peut-être à te mettre un peu plus à l'aise en te mettant en présence de quelqu'un que tu sembles connaître autre. Malheureusement, il s'agit bien de la dernière personne que tu voulais voir, car Lyokha est le seul et l'unique homme capable de faire saigner ton cœur comme il le fait actuellement. Tu as mal, affreusement. Car le blondinet est la réplique parfaite de celui que tu as perdu, celui que tu ne pourras très certainement plus jamais retrouver, peu importe combien tu le désires, combien tu l'aimes. Vous êtes incompatibles et il te déteste, comment surmonter tout cela ? Tu ne sais pas. Mais l'heure n'est pas à de telles réflexions. Concentre-toi plutôt sur ta mission avant de déprimer. Tu finis quand même par parler au jeune russe, lui demandant de pardonner à Fiere son attitude. Il ne comprend certainement pas la logique de ta monture mais ce n'est pas bien grave. Les terriens ne sont pas assez mûrs pour comprendre. Il te répond tout de même que ce n'est rien. Non, ce n'est pas rien. Il est trempé par ta faute et tu doutes que ses vêtements soient suffisants pour lui éviter un coup de froid. Certes, il doit être quand même un minimum résistant mais... Tu te fais trop de soucis. Il lui ressemble trop, lui tu veillais sur lui, même s'il n'en avait pas besoin vu sa nature.

Cesse de réfléchir et sèches plutôt ce pauvre Fiere qui a galopé en pleine nuit sous un déluge pas possible, l'orage tonnant au-dessus de lui. Tu essayes d'oublier le reste, d'oublier ce regard d'azur posé sur toi. Mais il ne te laisse pas le temps de t'oublier, puisqu'il reprend bien vite la parole. Est-il réellement en train de te proposer de venir chez lui ? Alors que tu es un parfait inconnu pour lui ? Tu n'imagines pas ton Lyokha faire de même. Ou alors très difficilement. Non, en fait, tu ne le vois pas faire de même. Il est méfiant, il ne fait pas confiance aux autres. Même lors de votre première tentative de nuit ensemble, il ne t'a pas laissé entrer dans son appartement. Cesse de penser à lui. Oublie-le bon sang ! C'est tellement difficile... Mais, dans un effort de volonté, tu reprends la parole, lui reprochant presque ce manque de vigilance de sa part. Te proposer deux fois son aide en quelques heures, alors qu'il ne sait absolument rien de toi, c'est bien imprudent... Et pourtant il te sourit. Et ses propos t'en arrachent un aussi. Il n'a pas tord, si tu avais voulu, tu aurais pu l'attaquer. Mais certains sont plus rusés que ça, certains ne se contentent pas d'une manipulation à court terme. Tu le sais bien.

-Certes, si j'avais voulu vous faire du mal ou si je voulais vous en faire, j'ai déjà eu maintes occasions depuis que nous nous sommes croisés pour la première fois. Mais ce n'est pas parce que vous n'avez rien à craindre de moi, sauf erreur de ma part, qu'il faut se montrer si confiant...

Samael ? Te rends-tu compte que tu es littéralement en train de lui faire la leçon ? Pas vraiment, mais cela te semble tellement étrange que ce Lyokha ne fasse pas preuve d'autant de méfiance que le tien que tu ne peux t'empêcher de le lui faire remarquer. Mais ce n'est pas Ton Lyokha, cesse de lui faire la leçon. Cesse de penser à lui, à ses sourires plus francs, à ce regard brûlant qu'il posait sur toi, quand il n'était pas en colère. Tu n'arrives pas à détourner ton propre regard de sa personne. Il Lui ressemble tant, même si tu sens bien que, niveau tempérament, ils sont très différents. Mais il te rappelle tellement ton Lyokha que ce manque, cette douleur dans ton cœur se réveille. Tu as mal. Très mal. Mais il ne faut pas paraître faible. Alors tu secours la tête, tu titubes, jusqu'à te retrouver contre une façade de bois. Tu te sens mal, parce qu'il te donne l'impression d'être hanté. Tes souvenirs ne te suffisent plus à présent, visiblement, il faut que les personnes autour de toi s'y mettent. Par tous les dieux de la Terre, pourquoi a-t-il fallu que tu le trouves, lui ? Tu avais une chance sur... Plusieurs centaines de milliards. Et c'est lui que tu as croisé. Sa copie conforme. Ne craque pas Samael, parce que tu n'es pas là pour cela et que s'il ne comprendrait pas, le blond ne pourrait être qu'un substitut à celui que tu aimes encore. Sa voix te ramène, une fois de plus, à la réalité. Est-ce que tu vas bien ? Non. Tu n'iras pas bien tant qu'il restera là, son regard posé sur toi. Tu ne vas pas bien mais tu ne peux te permettre de l'avouer, de le lui avouer. Alors tu te forces à te relever, simulant du mieux que tu peux. Tu es exténué, autant physiquement que mentalement, mais qu'est-ce qu'il peut bien y faire ? Rien. Il ne peut rien y faire. Qu'il s'en aille donc, cela vaudra mieux pour lui comme pour toi.

Sauf qu'il est proche. Un peu trop proche même. Et Fiere s'arrange pour réduire encore davantage la distance qui vous sépare. Comment ? En donnant un coup de tête dans le dos du jeune homme. Par réflexe, tu le rattrapes avant qu'il ne perdre l'équilibre. Mauvaise idée, vous êtes trop proches. Autant les conventions tu n'en as pas grand chose, autant le voir si proche, le sentir limite contre toi, tu as une irrésistible envie de l'embrasser. C'est mal, tu ne devrais pas craquer, tu devrais tourner la page et passer à quelque chose de plus intéressant. Impossible, tu es perdu dans ses prunelles d'azur. Tu t'y noies. Ces yeux, Ses yeux... Tu voudrais pouvoir, rien qu'une fois, une dernière fois, même si c'est interdit... Non, ne craque pas. Trop tard, dès l'instant où ta peau touche la sienne, tes lèvres viennent à la rencontre des siennes, une de tes mains glissant sur sa nuque. Et le plus beau, c'est qu'il y répond. Tu fermes alors les yeux, prolongeant le baiser avec fougue et passion, te perdant dans un souvenir que tu devrais oublier. Ton autre main trouve rapidement sa place dans son dos, comme pour Lui, et tu viens y faire pression pour le garder bien contre toi. Tu frissonnes même quand tu sens ses mains se poser sur tes hanches. Bon sang, qu'est-ce que tout cela t'avait manqué ! Tu ne veux pas le lâcher, tu ne veux plus le lâcher. Tout cela te rappelle tellement Ton Lyokha, celui que tu as perdu. Mais justement, tu l'as perdu, laisse ce jeune homme ! C'est ce que tu finis par faire, le relâchant brusquement, reculant précipitamment. Qu'as-tu fait encore ? Pourquoi avoir craquer alors que tu n'as de cesse de te répéter que tu dois l'oublier ? Parce que tu n'y arrives pas. Tu l'aimes, ton Lyokha. Mais ce n'est pas la même chose, tu n'as pas le droit d'agir ainsi. Alors tu lui demandes pardon pour ton attitude, pour ton comportement déplacé, pour cette erreur. C'est limite si tu ne le supplies pas. Tu es tellement désolé, tellement confus. Tu voudrais prendre la fuite mais où irais-tu sous cette pluie ? En désespoir de cause, tu restes. Ce n'est rien, ce qu'il vient de se passer ? Ce n'est rien ??? Mais... Tu secoues la tête, presque trop brusquement puisque ta tête en tourne. Tu n'as même pas noté son bégaiement.

-Non, ce n'est pas rien. C'était très déplacé de ma part. Je... Pardon...

Pardon, tu n'as que ce mot-là à la bouche. Mais que pourrais-tu bien dire d'autre ? Tu ne sais pas. Tu n'arrives pas à réfléchir correctement. Qu'il s'en aille, par pitié. C'est d'ailleurs ce qu'il semble vouloir faire, à le regarder reculer. Il se détourne même de toi. C'est bien, qu'il s'en aille, qu'il s'enfuie. Et pourtant non, il ne le fait pas. Au contraire : il revient vers toi et te plaque contre le mur de bois. Tu écarquilles un peu les yeux, plus que surpris. Mais que ? Pas le temps de protester, ni de poser la moindre question : il est déjà en train de t'embrasser avec fougue. Que lui arrive-t-il ? Que se passe-t-il ? Tu ne sais pas et, dans le fond, tu ne cherches pas à savoir. Tes habitudes reprennent le dessus et c'est avec un plaisir non dissimulé que tu réponds à son baiser avec tout autant de fougue. Samael, tu es dehors en pleine nuit, dans une grange abandonnée avec un inconnu. C'est normal de l'embrasser comme tu le fais ? Non. Absolument pas. Et pourtant tu ne peux pas t'en empêcher, parce que tu as l'impression de le retrouver, Lui. Qu'Il t'a pardonné. Douce illusion... Le retour à la réalité sera brutal, mais en attendant tu ne peux que te laisser aller, en profiter un maximum. Tes mains glissent dans son dos, explorent chaque parcelle de son corps qui t'es offerte, le redécouvrant à chaque seconde. Les yeux fermés, ton cœur battant la chamade, tu as besoin de lui, de ses lèvres contre les tiennes, de son corps – chaud – collé au tien, brûlant. Tu n'arrives pas à revenir à la réalité, te perdant plutôt dans cette tendre étreinte, au point qu'une de tes mains finit par glisser sous son haut, venant directement au contact de sa peau. C'est ce geste qui le pousse à réagir. C'est ce geste qui met fin à votre étreinte. Il te repousse après un frisson et recule. Tu suis un peu le mouvement mais ne cherches pas à le retenir. Durant quelques secondes, ton regard reste plongé dans le sien. Voit-il toute cette douleur qu'il arrive à faire naître au fond de tes prunelles ? Comprend-il ta douleur ? Non, certainement pas. Et tu n'as pas l'intention de lui expliquer, alors tu le laisses s'enfuir, sans un mot. Toi, tu te contentes de te laisser retomber au sol, glissant contre le mur. Pourquoi faut-il qu'Il puisse toujours te planter un couteau dans le cœur, même en étant absent ?

~~~

Voilà quelques jours que tu as trouvé tes marques dans le coin. Voilà quelques jours que tu mènes tes propres recherches, maîtrisant de mieux en mieux la langue Russe de jour en jour. Tu n'es certes pas habitué au climat de ce pays mais c'est encore supportable. Une chance que ce soit l'été. Et pour ce qui est de ton travail ? Tes recherches avancent difficilement. Les rumeurs sur un livre magique ne manquent pas mais il ne te faut généralement que peu de temps pour découvrir que ce ne sont réellement que des rumeurs, rien de concret. Tu sais qu'il va falloir mener ton enquête au sein des hautes sphères et des intellectuels mais tu as du mal à quitter ce village. Pourquoi ? Pour qui plutôt. Pour ce garçon que tu n'as pas revu depuis l'épisode de la grange. Ce garçon qui Lui ressemble tant, pour ce garçon qui fait battre ton cœur comme Il le faisait. C'est idiot. Plus qu'idiot. Mais tu n'arrives pas à te raisonner. Il faut que tu trouves une manière de mener à bien ta mission, sans pour autant trop bouger de ce village. Incorrigible. Un soupir t'échappe alors que tu parcours les rues, Fiere docilement sur tes talons. Tu regardes toujours tout avec une bonne dose de curiosité. Toutes ces choses appartiennent au passé, à un monde que tu ne connais que très partiellement grâce aux livres. La manière donc les maisons sont bâties, dont les allées sont tracées. Les étales du marché que tu as vu une fois, tous ces objets, ces plantes que tu n'as jamais eu l'occasion de voir ou goûter. Tout est sujet à éveiller ta curiosité. Mais ce soir, tu te fais plutôt anthropologue. C'est la fête au village. L'alcool coule, les gens s'amusent autour des feux, la musique, tu peines à comprendre ce qu'ils disent par moment, tant la vodka les embrouille. C'est amusant et passionnant, mais tu ne te poses qu'en simple spectateur. Pas question d'y prendre part, tu n'es pas d'ici, tu ne dois pas te laisser emporter mais garder la tête sur les épaules.

C'est en t'éloignant du centre de la fête que quelque chose attire ton attention. Un groupe de personnes au niveau d'un large pont de pierre. Tu fronces un peu les sourcils. S'ils ont fait la fête, connaissant les habitudes des humains, il y a de fortes chances pour que l'un ou plusieurs d'entre eux aient bus. Ce ne sont pas tes affaires, certes. Tu ne dois pas intervenir, tu n'es pas de cette époque, tu ne dois pas prendre le risque d'influencer le futur. Mais tu ne peux faire taire le Tudor existant en toi. Dans l'espoir t'être un soupçon rassuré, tu te rapproches d'eux. Sauf que tu vois un jeune homme monter sur l'étroit rebord. Un jeune homme qui vacille, qui semble mal assuré sur ses jambes. Et dans l'hilarité générale, tu le vois en équilibre, prêt à se fracasser la tête en bas. Ou finir noyé, au choix. Ton sang ne fait qu'un tour et, sans prévenir, tu interviens, t'emparant fermement du poignet du blond avant qu'il ne bascule dans le vide. Et ce n'est qu'à cet instant que tu le reconnais. C'est lui ! C'est le petit blond de l'autre soir ! C'est... Lyokha bis. Oh bon sang. Une seconde tu restes en bug, le regardant, ignorant les protestations des autres. Lyokha. Tu viens de le récupérer alors qu'il risquait de tomber. Mais que lui ont-ils fait ? Ils l'ont fait boire, très visiblement. Trop pour qu'il garde les idées claires. Tu déglutis, mal à l'aise... Avant de te tourner les autres, lâchant un juron bien sonore dans leur langue, histoire qu'ils comprennent bien ce que tu penses de leur attitude.

-Petits cons.

C'est tout ce que tu as à dire. À leur dire en tout cas. Sur ces paroles très distinguées, tu traverses le pont et t'éloignes du groupe, tirant le jeune homme derrière toi. Tu marches vite, trop peut-être, fulminant quelque peu. Non mais quelle bande de *BIP* ceux-là. Les humains sont débiles mais tu en as une nouvelle confirmation. Qu'est-ce qu'ils cherchaient à faire ? Le tuer ? Qu'est-ce qui se serait passé si tu n'étais pas intervenu ? Auraient-ils réussi leur coup ? Tu ne veux même pas imaginer. Tu ne t'arrêtes qu'une fois hors de vue, à la lisière de la forêt, et plaques le blond contre un arbre. Il peut bien protester, tu n'en as rien à faire. Qu'est-ce qui luit au fond de ton regard sombre ? De la colère mais surtout de l'inquiétude. Étrange, alors que tu n'es pas censé le connaître plus que cela. Vous ne vous êtes vus que deux fois auparavant... Tu le laisses te fixer, rassemblant avec difficulté les mots que tu comptes lui balancer au visage. Pardon ? Quoi pardon ? Tu fronces les sourcils, le regardant, attendant qu'il s'explique. Qu'a-t-il à se faire pardonner ? Son départ ? Votre baiser ? Tu secoues vivement la tête, le frappant mollement.

-Je m'en fous de ça ! Quand on ne tient pas l'alcool, on ne boit pas ! Qu'est-ce qu'il se serait passé si je ne t'avais pas attrapé ? Tu en as conscience ? Crétin !

Ta voix a beau trembler, ce n'est pas de colère. Non, c'est d'inquiétude. Tu as eu peur pour lui, surtout que tu ne l'as reconnu qu'au dernier moment. Tu aurais très bien pu choisir de ne pas intervenir et... Non, ne pas y songer. Tu as envie de le secouer, de le frapper, de faire tout et n'importe quoi pour qu'il comprenne qu'il a agi de manière totalement stupide ! Mais tout ce qu'il trouve à faire, c'est rougir en te regardant. Ce comportement t'interpelle tandis que tu te figes un peu, le regardant. Quoi ? Ses mains glissent sur ta nuque, il t'attire à lui et... T'embrasse. Bug. Il t'embrasse ? Encore ? Une fois ne lui a pas suffi, alors qu'il a pris la fuite ? Pourtant, sentir à nouveau ses doigts sur ta nuque, ses lèvres sur les tiennes... Tu ne peux que frissonner avant de fermer les yeux, répondant à son baiser avec tout autant d'amour. Tes mains glissent au creux de son dos, l'attirant tout contre toi, profitant au possible de cette proximité entre vous. Tu te sens bien. Tu te sens à l'aise. Tu as l'impression d'être de retour à ta place, alors que c'est tout sauf le cas. Mais tu n'arrives pas à te défaire de cette tendre étreinte. Tu es doux avec le jeune homme, plus que tu ne l'étais avec Lui. Plus que tu n'auras jamais l'occasion de l'être. Tu ne veux pas le lâcher, tu ne veux plus le lâcher. Tu es trop bien ainsi mais... Tu ne peux pas te permettre une telle chose, Fiere lâche d'ailleurs un hennissement indigné pour te rappeler à l'ordre. À contre-cœur, tu recules sans toutefois le lâcher. Front contre front, les yeux entre-ouverts, tu ne bouges pas durant quelques instants, vos souffles se mêlant. Il sent l'alcool...

-Attend d'être sobre pour avoir ce genre de réaction... Au moins, cela te fera des souvenirs. En attendant, je te ramène chez toi.

Espiègle, tu lui voles un baiser puis le lâches définitivement. Mais pas pour longtemps parce que, d'accord ou pas avec ta proposition, tu l'attrapes et entreprends de le porter dans tes bras, comme une princesse. Na. Cela lui apprendra à boire. Tu fais un bout de chemin avec lui dans tes bras, jusqu'à ce que Fiere finisse par aller se cacher derrière un buisson pour rire de tout son saoul. Vous avez donc fait le reste du chemin sur son dos, pour la peine. Le pauvre... Enfin, il s'acquitte de sa tâche sans se plaindre, du moins pas de manière audible. Il n'avait qu'à pas se moquer, plaisantes-tu en anarkien. Le voyage ne dure pas très longtemps, moins que tu ne l'aurais pensé. Vous arrivez donc devant une grande ferme. D'un coup d’œil, tu repères l'écurie et la maison. Il y a un pré un peu plus loin, où tu vois l'alezan du blond. Tu mets rapidement pied à terre, aidant au besoin Lyokha – c'est toujours aussi étrange à penser – à faire de même. C'est bien ici ? Tu jettes un regard interrogateur au cheval noir qui hennit légèrement. Ok, s'il le dit. Un léger soupir t'échappe tandis que tu te résous à aller frapper à la porte d'entrée. Une jeune femme que tu ne connais pas vient ouvrir la porte, te dévisageant. Tu esquisses un sourire rassurant, t'écartant pour laisser le jeune homme entrer... Quand tu manques de sursauter quand elle prend la parole.

-Qu'est-ce que t'as fait à mon petit frère ?

… Hein ? Tu as du mal à ne pas la regarder de travers. Ok, tu sens que les choses ne vont pas être très faciles avec cette jeune femme. Mais est-ce une raison pour t'agresser ainsi, alors que tu n'as rien fait ? C'est excessif. Comme toi avec ta cadette, il faut bien l'avouer. Un soupir t'échappe tandis que tu laisses une main glisser dans tes cheveux, ramenant en arrière quelque mèches sombres.

-Je l'ai juste trouvé bourré en équilibre sur le rebord d'un pont avec d'autres personnes qui attendaient de le voir tomber. J'ai jugé plus prudent de le ramener ici. Aurais-je eu tord ?
-Mais bien sûr, je vais te croire. Maintenant dégage et ne t'approche pas de lui.


Tu sens une légère pointe s'enfoncer dans ton cœur. Ne jamais rien attendre des autres lorsqu'on les aide. Pas même de la gratitude. Mais tu n'as pas du tout l'habitude qu'on te congédie de cette manière. D'ailleurs Fiere ne semble pas aimer le ton qu'elle emploie, à défaut de comprendre ce qu'elle dit, et décide de s'approcher, oreilles rabattues en arrière. Tu le rejoins aussitôt, lui chuchotant doucement de se calmer dans votre langue natale. S'énerver ne servirait à rien, ici tu n'es qu'un étranger, pas le neveu de l'Empereur. Tu n'es rien, tu ne devrais même pas exister. Alors disparaît comme il se doit. Sauf qu'une voix t'interpelle, encore. Une voix que tu connais on ne peut mieux. La Sienne.

-Mais laaaaisse-le venir avec moi, il embrasse TROP bien en plus.

Tu sens le rouge te monter aux joues, sans prévenir. Tu embrasses trop bien ??? Mais... Oh oh, inutile de te retourner, tu sens le regard noir de la demoiselle posé sur toi. Tu ne vas peut-être pas t'éterniser, tu n'es pas là pour te battre et encore moins affronter une sœur en furie parce qu'elle se fait de fausses – ou pas – idées sur son frère et toi. Souplement, tu remonter alors sur le dos de Fiere qui hennit joyeusement avant de souffler bruyamment en regardant la jeune femme, l'air de dire "Ne t'approche pas ou tu le regretteras.". Tu retiens un soupir lassé laissant l'équidé se détourner de son plein gré.

-Dégage ! Espère de...
-Pour information, c'est lui qui m'a embrassé. Sur ce j'ai à faire. Surveillez-le mieux la prochaine fois, si vous ne voulez pas que d'autres inconnus vous le ramènent.


Ta voix est acide, ton regard impérial. Sur l'instant, on peut facilement deviner, outre ta tenue, que tu es tout sauf un citoyen lambda mais que tu viens de la haute noblesse. Mais tu ne t'attardes pas. Tu talonnes légèrement l'animal qui ne se fait pas prier pour s'élancer au triple galop. Tu as mal au cœur, mais pas parce que la... Sœur de Lyokha t'a littéralement viré. Non, tu as mal parce qu'il a dit que tu embrassais trop bien. Qu'as-tu encore fait ? Tu ne dois pas rester en sa présence, c'est mauvais pour lui, comme pour toi. Il ne faut pas, c'est malsain toute cette histoire...

La lisière de la forêt. Confortablement installé sur une branche bien solide, tu regarde le village qui continue à faire la fête. La nuit est bien avancée, il ne fait pas très chaud mais, au moins, il fait beau. Les habitants ont l'air de vouloir en profiter jusqu'au bout de la nuit. Tiens, es-tu donc seul, Samael ? Oui, ton camarade à quatre pattes est parti faire un tour, sans te prévenir. Tu commences à avoir l'habitude, lui aussi a besoin de découvrir les paysages, les odeurs, les saveurs de ce nouveau monde. Tu ne peux pas le blâmer, tu te fais juste un peu de soucis pour lui. Mais il est intelligent, rapide et robuste. Quoi qu'il se passe, tu finiras bien par être au courant s'il n'est pas revenu avant. C'est l'esprit aussi tranquille que possible que tu regardes les étoiles. Les constellations sont terriblement différentes de celles d'Anarkia. Vous n'avez pas la même position dans l'univers et tu essayes de rassembler tes souvenirs pour trouver l'étoile qui pourrait indiquer grossièrement la position de ta planète natale. Peut-être celle-ci. Ou celle-là. Tu ne sais pas. La carte du ciel est bien l'une des rares cartes que tu a toujours été incapable de retenir. Tant pis. Un soupir t'échappe tandis que tu restes à divaguer, perdu dans tes songes. Anarkia n'a pas encore été découverte, elle n'a pas encore été rendue habitable. Tout cela est encore loin. Tu commences un peu à avoir le mal du pays, mine de rien. Des bruits de sabot te tirent de tes songes, suivis d'un hennissement que tu connais bien.

-Fiere. Je ne pense pas que tu aies besoin de te manifester pour que je te reconnaisse, ta démarche est déjà trop caractéristique pour que je puisse te confondre avec un cheval d'ici.

Nouvel hennissement joyeux, cela t'arrache un soupir tandis que tu entreprends de redescendre de ton perchoir, passant de branche en branche avant d'atterrir souplement sur le sol. C'est en te redressant que tu te figes. Ton regard en croise un autre, d'azur, malgré la faible luminosité ambiante. Lyokha. Sur le dos de Fiere. Mais que ? Jamais tu n'as vu un de tes chevaux accepter quelqu'un d'autre qu'un Tudor, de naissance ou par mariage, sur son dos. C'est une exception, et tu n'en comprends pas la raison. Pas du tout même. Tu le regardes de longues secondes, essayant de distinguer au mieux ses traits, ne sachant si tu dois remonter dans ton arbre ou rester là et essayer de comprendre ce qu'il vient faire ici, à cette heure de la nuit. Même si tu te doutes que ce cher Fiere y est pour quelque chose. Rapidement, la seconde solution prend le dessus.

-Lyokha ? Qu'est-ce que vous faites ici, à cette heure ? Je croyais que votre sœur aînée vous surveillerait mieux que cela et vous empêcherait de me revoir... ajoutes-tu, un peu amusé.

Oui, c'est ce que tu penses : sa sœur ne t'aime pas alors il y a de fortes chances pour qu'elle ne veuille plus te voir, pour qu'elle s'arrange pour que tu n'approches plus le blond. Si elle ce même instinct de protection que toi avec ta cadette, tu ne serais pas surpris d'avoir des ennuis si tu t'entêtes à t'approcher du jeune homme. Tu aimerais rester loin, tu aimerais ne pas avoir cette irrésistible envie de l'avoir contre toi, de l'embrasser. Tu aimerais, mais c'est plus fort que toi. Tu aimes Lyokha... Ton Lyokha. Et plus tu passes de temps avec lui, plus tu as l'impression de Le retrouver une fois dans ses bras, même si le mental est très différent. Tout est si compliqué... Et afin de ne pas laisser paraître ton trouble, ta tristesse aussi, tu vas plutôt t'adosses à un tronc d'arbre, le regard perdu dans le vague, quelque part en direction du village et de l'horizon.

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