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 and in your dreams, you see us falling. (tudor)

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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
♆ métier : Fouteur de m**** (et amant de Samael à plein temps).
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MessageSujet: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Sam 8 Mar - 0:04



this could be the start of something.

Tu inspires profondément, dégageant un peu le col de ta chemise noire. Deux doigts glissent sur ta peau, étalant une fine couche de maquillage couleur chair. Le but n'est autre que de recouvrir tes tatouages, ces marques indélébiles, gravées à jamais dans ta peau. Tous ceux qui sont visibles ont le droit à ce petit traitement, et ton côté un peu perfectionniste veut que cela soit fait de la manière la plus soigneuse possible. Tu doutes que l'on vienne se pencher sur ton cou, mais tu préfères que tout soit nickel. Alors tout ce qui pourrait apparaître en tournant, penchant la tête, en relevant légèrement tes manches ; tout cela, tu le camoufles avec un peu de fond de teint. C'est une routine. Ce que tu fais presque tous les matins depuis bien des années maintenant. Être impeccable fait parti de ton métier. Pas de tatouages apparents était un point mentionné dans le contrat. Alors tu fais en sorte qu'on ne les voit plus, pour ton temps de service du moins. Le bout de tes doigts remonte légèrement dans ta nuque, et lorsque tu juges que tu as fait le tour, tes mains passent brièvement sous l'eau, où les restes de crème se dissolvent rapidement. Tu coupes l'eau, vérifie à nouveau que plus aucune marque n'est visible. Et ceci fait, tu replaces correctement ton col, tes manches, et tu disparais de la salle de bain. Un bref coup d’œil à l'horloge du salon. Midi et quelques. Tu as à peine mangé, tu n'en ressens pas le besoin de toute façon. Et il faut dire que, en fait, tu es plutôt nerveux. Parce que, aujourd'hui, c'est un jour un peu particulier. Un lourd changement qui influera sur le reste de ta carrière, tu le sais. Alors tu te dois d'être irréprochable. Et même si d'apparence, tu es d'un calme olympien, à l'intérieur, ce n'est pas vraiment ça. Tu n'as aucune raison d'être aussi stressé pourtant, tu sais que ça se passera bien. Et ce n'est pas comme si tu avais un concours à passer ou quoi, tu vas juste rester un certain temps en période d'essai, et après, tu verras bien ce que ça donne. Bon, certes, c'est un examen mais... Sur le long terme. Tu as déjà fait tes preuves, maintenant, ce n'est qu'une question de nouvelle affectation. Et dire que tu n'as rien demandé... Enfin, si c'est ce qu'ils attendent de toi, alors soit. Secouant un peu la tête, tu t'assois à la table basse sur salon, récupérant ton chiffon d'une main, et une pièce de ton arme de service de l'autre. Oui, tu es vraiment pointilleux, on peut le dire. D'autant plus quand il s'agit d'armes qui peuvent très bien se retourner contre toi-même si tu n'y fais pas attention. Alors à nouveau, tu nettoies attentivement chaque pièce, avant de rapidement remonter l'objet, de telle sorte à ce qu'il redevienne le neuf millimètres qu'il était précédemment. Arme que tu ranges presque immédiatement, pour ne pas l'oublier. Décidément, pour quelqu'un qui est d'ordinaire plus que sûr de lui, tu as l'air bien nerveux...

Personne ne te croirais, si tu disais que tu n'as pas toujours été aussi consciencieux, aussi appliqué, aussi soigneux. Personne ne te croirait, pour la bonne et simple raison que personne ne te connaît vraiment. Personne ne sait qui tu es. Ou plutôt, qui tu as été. Ton passé est un sujet épineux, un chemin plutôt sinueux sur lequel on évite de s'aventurer, si on tient à sa tête. Certes, tu exagères un peu. Mais ton passé, aussi mystérieux soit-il, tu ne tiens pas à le ramener sur le devant de la scène. Tu ne tiens pas à ce que les gens en sachent plus. Alors les gens ne posent pas de questions, et les rares qui s'y essayent se ravisent bien vite, souvent. Parce que ton passé, Dieu sait que ce n'est pas un sujet à aborder. Ton passé, il ne regarde que toi, aussi sombre et intrigant soit-il. Personne n'a besoin de savoir. Et qu'ils te croient ; personne ne veut savoir. Il t'a laissé assez de marques pour que tu refuses d'en parler. Ces souvenirs sont profondément intégrés dans ta tête, et tu doutes qu'un jour, ils disparaissent. Indélébiles, comme les marques qu'il a laissé sur ta peau. Tu as eu la chance de t'en sortir, et même si des jours tu te dis que tu aurais peut-être dû y rester, parce que tu ne méritais pas de t'en tirer, ce n'est pas une raison pour en parler. Ce n'est pas une question que c'est douloureux, ou même pénible à expliquer. Tu n'en tires aucun traumatisme. Juste une profonde honte, et un dégoût que tu as tué avec le temps pour ta propre personne. Alors non, personne ne sait vraiment qui tu es, et c'est mieux ainsi. Tout ce qui remonte à plus de six, sept ans, tu l'as enfermé à double tour dans une partie de ton esprit. Loin de la population, loin de quiconque capable de se montrer trop curieux. Tu prends une gorgée de ton verre d'eau, sortant de tes pensées. À nouveau, tu te concentres sur les images à la télévision. Se qui se dit, se raconte. Même si tu n'es pas un grand passionné de journalisme, tu n'as d'autre choix que de suivre l'actualité. Pour ton métier, tu te dois de connaître la moindre tension, le petit changement dans une relation, les nouveaux accords et même les derniers scandales ; tout savoir pour prévoir, pour se préparer au pire, à une catastrophe qui pourrait toucher la personne que tu protèges, par un simple effet boule de neige. Surtout qu'aujourd'hui, tu ne rentres pas au service de n'importe qui. Enfin. Le journal de la pause méridienne t'exaspère plutôt qu'autre chose. Il n'y a rien de spécialement intéressant, et c'est d'une oreille distraite que tu écoutes les journalistes se renvoyer le micro. Il faut dire qu'en plus de cela, tu n'es pas tellement actualités. La presse – à ton humble avis – fait bien plus de dégâts que de bien. Tu peux te venter de le savoir pour avoir vu ses effets nocifs sur des personnes que tu protégeais. Des gens qui en ont souffert grandement. Des gens qui ne le méritaient pas nécessairement. La presse, c'était bien seulement que c'était pour venter une bonne action. Quand c'était pour faire du mal, démonter des personnes ou tout simplement par voyeurisme, où était l'intérêt ? C'est la question que tu te poses depuis toujours. Mais tu n'es rien plus qu'un gardien. Et tu ne changeras rien au système, de ton poste.

Un soupir t'échappe, tu éteins simplement la télévision. Assez pour ce midi. Tu jettes un coup d'oeil à ta montre, constatant que tu as rendez-vous au palais dans une demie-heure déjà. Tu n'as pas plus de temps à perdre. Tu peux tout à fait partir maintenant, tu arriveras un peu en avance là-bas comme ça. Et c'est bien ce que tu comptes faire, quittant l'appartement avec ton caban sur le dos, les clés en main et tes papiers dans une poche intérieure. C'est le grand jour, et c'est dans une grande inspiration que tu quittes ces lieux. Le trajet est plutôt rapide en réalité, tu ne le vois même pas passer, si bien que tu arrives rapidement devant le palais impérial. Un très léger sourire se dessine sur tes lèvres, avant que tu ne retrouves ton masque complètement impassible. Tu arrives devant les deux gardes à l'entrée, et leur glissant ta convocation et tes papiers d'identité, ils te laissent entrer, comparant ton horaire d'arrivée à leur registre. Ces mesures de sécurité seront bientôt inutiles pour toi, mais bon. Tu t'empresses donc de rejoindre l'entrée du palais, quand quelqu'un arrive pour t'escorter jusqu'à la pièce où tu es attendu. Silencieusement, tu hoches un peu la tête, suivant cette personne jusqu'à une grande pièce où plusieurs personnes sont déjà présentes. L’Empereur, notamment. Par politesse, tu baisses légèrement la tête en avant, le saluant comme n'importe qui l'aurait fait. Tu ne laisses strictement rien transparaître, mais quoi que tu en dises, oui, tu es un peu impressionné. Légèrement du moins. Bien moins que la plupart des gens dans cette situation, mais suffisamment pour te sentir un peu plus nerveux qu'à ton arrivée ici. C'est maintenant que tout commence. Ta période d'essai. Et encore, il faut que tu te présentes, ce que tu redoutes un peu, puisque tu n'aimes pas parler de ta propre personne. « Monsieur permettez-moi de me présenter, je suis Lyokha Volkov, chargé de me présenter en ce jour comme garde rapproché de la famille impériale. » Tu marques une courte pause, soutenant son regard un instant. Poursuivre, tu dois poursuivre rapidement, faire concis et simple. « Je serais là pour une période d'essai de deux semaines à l'issue de laquelle vous appuierez ou non mon engagement auprès de votre famille. » à nouveau, tu t'interromps. Une période d'essai oui. Et seul lui pourra décider de ton avenir. Si tu serviras pour sa famille, ou si tu devras trouver quelqu'un d'autre à servir. Les gardiens qui ont pu se venter d'avoir servi la famille impériale n'ont jamais eu de mal à trouver du boulot par la suite. Même niveau retraite, c'était plutôt tranquille. Servir les Tudor, c'est s'assurer un plan de carrière, trouver une porte de sortie, à côté de l'honneur que cela apporte. Tu reprends la parole une fois de plus, pour la dernière partie officielle que contient la présentation que l'on exige de vous à chaque rencontre avec un nouvel « employeur », à savoir les informations qui vous concernent plus précisément. Ce qu'ils appellent aptitudes et titres, et tout le bataclan administratif. C'est dans cette partie que vous êtes censés vous vendre vraiment, en ventant vos mérites. « Cela fait cinq ans que j'exerce ce métier, la liste des personnes servies se trouve dans ce dossier juste devant vous. Je n'ai aucun diplôme particulier, je n'ai pas fait d'études supérieures, je n'ai pas un QI supérieur à la moyenne, et je ne parle pas cinq langues. Mais je sais me servir d'une arme, j'ai des aptitudes en combat et en stratégie, j'ai servi en tant que tireur d'élite et j'ai des notions de secours à personne. » Ce n'est pas que tu n'es pas un cérébral. Tu es quelqu'un de réfléchi, de curieux... L'intelligence n'a rien à voir avec cela. C'est ton passé qui fait qu'aujourd'hui, tu n'as rien d'exceptionnel à présenter. Pas de diplôme notable, d'études difficiles ou autre. Un soupir t'échappe, et tu reprends une dernière fois. « Si vous avez une quelconque question me concernant qui ne figure par dans ce dossier, je vous en prie. » Mains croisées dans ton dos, tu attends simplement. Et tu attendras le temps qu'il faudra. Espérant simplement qu'il n'y ait aucune question. Encore moins te concernant toi.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Sam 8 Mar - 14:10

Tu écoutes d'une oreille distraite ce que les personnes autour te racontent. Bon sang, il fait beau dehors, qu'est-ce que tu ne donnerais pas pour aller faire un tour en campagne, à cheval. Mais non, comme toujours depuis quelques années, tu es cantonné au palais impérial. Ce n'était pas prévu, tu n'as pas été formé à devenir le dirigeant des humains. Mais cette responsabilité t'est tombée sur les épaules alors tu fais tout ton possible pour faire honneur à ton oncle et diriger l'empire le plus justement possible. Tu as laissé tombé tes chasses, tu savais bien que cela devrait arriver un jour, mais l'adrénaline des traques te manquent un peu... Enfin, maintenant que tu fais figure d'autorité, il faut bien que tu condamnes ce genre de pratique. Tu ne peux plus les surveiller de l'intérieur, alors il va te falloir trouver un autre moyen d'éviter les débordements. Ton regard quitte ce monde mental dans lequel tu t'es réfugié pour revenir sur le personnel et les quelques politiciens présents. Quelle poisse... Ils n'ont rien de mieux à faire que t'empêcher de rêvasser ? Surtout que tu es en pleine digestion et que, juste avant de venir, tu as été obligé de batailler avec deux petits monstres pour qu'ils mangent correctement et qu'ils acceptent de rester Adelina. Sindbad et Ramiel sont deux vrais Tudor, complètement intenables. Et ils fatiguent beaucoup ta douce et tendre épouse, qui est enceinte de votre second enfant... Tu espères que tout se passera bien avec les deux garnements. Ils ont beau avoir deux ans et deux ans et demi, réussir à les surveiller tient de l'exploit. Soudain, une voix te tire de tes pensées.

-Monsieur, il est arrivé.
-Il est légèrement en avance... Très bien, faites-le entrer. Messieurs, je vous prierais de nous laisser, j'ai une affaire à régler. Général, Aaron, restez s'il vous plaît.


Les deux concernés hochent la tête tandis que les autres s'en vont, protestant légèrement. Cela t'arrache un sourire amusé alors que tu échanges un regard avec ton ancien professeur de combat. Tu sais que tout le monde n'apprécie pas toujours tes petites manies, ta manière de les congédier, mais ils s'y sont fait. Voilà deux ans que tu es monté sur le trône, ton oncle n'a pas supporté la perte de son second fils, tu as alors pris sa place et ses responsabilités. Malheureusement pour beaucoup, tu as un tempérament bien prononcé et il faut bien que la cour s'y fasse. Surtout les politiciens, les autres te connaissent et savent donc que quand tu as pris une décision, ils ne te feront pas changer d'avis. Les autres l'apprennent à leurs dépends. Bref. Tu laisses les deux hommes se positionner comme ils en ont envie dans la salle tandis que tu glisses une main dans tes cheveux, te recoiffant légèrement. Tu retirerais bien le lourd manteau qu'on t'oblige à porter mais protocole oblige, tu te dois d'être irréprochable. Quelle poisse.

Les portes s'ouvrent alors sur un nouveau venu. Il incline légèrement la tête à ton intention et, par réflexe, tu lui rends son salut, l'observant un peu. Il s'agit d'un jeune homme aux cheveux blonds. Curieusement, tu t'attendais à quelqu'un d'un peu plus vieux. Selon ton jugement, il doit avoir à peu près le même âge que toi. Intrigué, tu te redresses un peu sur ton siège alors que quelqu'un te glisse entre les mains son dossier. Tu l'ouvres rapidement, le feuilletant quelque peu, avant de redresser la tête lorsqu'il prend la parole. Lyokha Volkov. Voilà qui est relativement peu commun, comme nom. Ah, oui, c'est lui qu'on t'a envoyé. Tu n'as rien demandé mais il semblerait que certaines personnes n'apprécient guère de te voir te comporter de manière un peu trop insouciante à leurs yeux. S'ils savaient combien tu sais te débrouiller seul... Enfin. Tu ne dis rien, tu l'observes, plongeant dans son regard. Un regard bleu clair, tout le contraire du tien. Il reprend. Période d'essai de deux semaines. Très sincèrement, s'il tient déjà une semaine, ce sera un exploit. Aaron est le seul, jusqu'à aujourd'hui, à avoir tenu le coup avec les membres de ta famille. C'est pour cette raison qu'il est encore là aujourd'hui, en tant que conseiller, en tant qu'ami, en tant que compagnon d'armes aussi. Tiens, en parlant de lui, tu le vois se détourner pour rire un peu. Tu lèves alors les yeux au plafond. Il va vraiment falloir que tu lui apprennes à se tenir par contre. Enfin, tu reportes toute ton attention sur le jeune homme en face de toi, puisqu'il est quand même là pour un emploi qui te regarde de très près. Il continue le blabla administratif et tu y prêtes tout particulièrement attention. Les deux autres aussi. Le moins que tu puisses dire, c'est qu'il y va franchement. Il dit ce qu'il n'a pas fait et ce qu'il a fait. Tu apprécies, c'est rapide et concis. Tu hoches alors la tête suite à ses paroles, lorsqu'il finit d'évoquer ses aptitudes.

-C'est une bonne base. approuves-tu.

Une bonne base, oui. Être doué en combat, en stratégie, et avoir quelques notions de secourisme est le minimum. Mais... Du coin de l’œil, tu vois les deux autres échanger un regard dubitatif. Ils te connaissent. Ils connaissent aussi ton tempérament, les ennuis dans lesquels ta famille se fourre toujours. Comme eux, tu doutes qu'il ait la moindre idée de ce dans quoi il compte s'engager. D'un côté, tu ne sais pas comment son organisation fonctionne, s'ils lui ont vraiment laissé le choix. Il faudrait que tu y jettes un coup d’œil un de ces quatre, histoire de bien comprendre leur fonctionnement et de leur expliquer que tu es tout à fait capable de protéger les tiens, et mieux encore, toi-même. Tu retiens un soupir alors qu'il conclue en te laissant poser des questions si tu le souhaites. Tu hoches une nouvelle fois la tête avant de retourner dans son dossier, lisant rapidement tout ce qu'il contient. Ses tests et ses anciens employeurs te donnent une bonne idée de son profil mais quelque chose te perturbe un peu. Ton général semble comprendre puisqu'il s'avance et vient lire lui-même le dossier que tu lui remets.

-Votre dossier est assez complet, même s'il ne laisse transparaître aucune information personnelle. Je n'en ai certes pas besoin, mais j'aime bien savoir qui travaille au palais.
-Si je puis me permettre, Monsieur, son profil correspond plus à ce que j'attends de mes hommes que ce qui convient pour le poste pour lequel il se présente aujourd'hui.
-Je me faisais la même remarque. Dites-moi, Monsieur Volkov. Est-ce que vous savez y faire avec les enfants ? Ma famille ne se compose pas uniquement de ma femme et de moi-même mais...


Quelques cris se font entendre de l'autre côté une des portes au fond de la salle. Tu fronces les sourcils alors que les deux autres soupirent. Oui, eux aussi ont compris : tes deux petits monstres ont encore faussé compagnie à ta chère Adelina. Selon toute vraisemblance, il sont en train de jouer au loup. Un profond soupir t'échappe à ton tour tandis que tu te relèves. « Excusez-moi, il semblerait que j'aie quelque chose à régler. » fais-tu à l'attention de ton invité alors que tu gagnes la porte. Et soudain, sans prévenir, tu l'ouvres... Et réceptionnes un petit garçon de deux ans qui te saute dans les bras en hurlant de rire. Le deuxième est juste derrière et joues les monstres, avant d'éclater de rire en regardant ton fils s'agripper à toi.

-Au secours papa, le loup il veut me manger !
-L'ange sait même pas voler, donc je peux le manger.
-Ramiel, Sindbad... Bon sang, je vous avais demandé d'être sages pour une fois.
-Mais maman elle est fatiguée.
-Donc on joue dans les couloir.


Tu soupires profondément alors qu'Aaron éclate purement et simplement de rire. Hé oui, ce sont bien des Tudor ces deux garçons. Ils vous ressemblent, à Philippe et toi quand vous aviez leur âge. Ce qui veut dire que quand ils grandiront, ce sera encore pire. Comment les faire tenir en place ? Tu as une petite idée...

-Très bien... Et si je vous autorise à rester, vous promettez de vous tenir tranquille ?
-Ouiii !
font-ils à l'unisson.

Retenant un nouveau soupir, tu regardes ta place, ton petit Ramiel dans les bras, alors que Sindbad va plutôt sauter sur Aaron en criant « Tonton Ronron !!! », ce qui te fait rire. Le concerné fait un peu la moue mais attrape le gamin dans ses bras. Bon, deux de maîtrisés. Pitié, qu'il n'y ait pas un troisième garçon pour compléter la bande, sinon ce sera infernal... Bref. Tu reportes alors toute ton attention sur ton invité alors que ton fils s'agite un peu, essayant de trouver une position confortable sur tes genoux. Et lorsqu'enfin il y parvient, il se cale bien contre toi et braque son regard aussi sombre que le tien sur le blond. Ah la la... Les enfants.

-Excusez-moi. Comme je disais, il n'y a pas que ma femme et moi mais aussi ces deux enfants. Je vous présente Sindbad, mon cousin, et Ramiel, mon fils. Eux et ma femme ont plus besoin de protection que moi-même, surtout en ce moment. Donc, à moins que ces messieurs ici présents ne décident que j'ai aussi besoin d'une garde rapprochée, je pense que vous devrez plutôt veiller sur eux.
-De toute façon, Mae, quiconque n'ayant pas de bonnes bases en traque est incapable de te protéger. Tu n'as jamais perdu la sale manie de fausser compagnie aux personnes chargées de te surveiller.
-Aaron, je t'ai déjà demandé de ne pas effrayer les nouveaux.
fais-tu, souriant.

En fait, en vous regardant, vous vous mettez tous les deux à rire. C'est vrai que tu n'as pas changé depuis l'adolescence, les gardes, tu les a toujours fait tourner en bourrique en disparaissant à la moindre occasion. Tu connais tous les passages secrets du palais et tu en profites toujours pleinement pour t'accorder quelques instants de liberté lorsque le poids des responsabilités se fait trop lourd. Et ton ancien mentor te tutoie, t'appelle par ton surnom ? Oui, il est bien l'un des rares à pouvoir le faire. Mais comme vous êtes très proches tous les deux, que tu as une confiance aveugle en lui, tu l'acceptes. C'est même naturel. Ramiel s'agite un peu sur tes genoux.

-Vous êtes un nouveau jouet ?
-Ramiel. Les personnes ne sont pas des jouets.
le reprends-tu aussitôt. Je ne veux plus t'entendre avoir ce genre de paroles. Et surtout, j'attends que tu cesses de faire tourner tout le monde en bourrique dans le palais. Cela vaut aussi pour toi, Sindbad. Ai-je été clair ?

Les deux baissent les yeux, faisant la moue. La réponse est claire : oui, tu l'as été mais ce n'est pas pour autant qu'ils obéiront. Dire que tu es la personne ayant le plus d'influence sur eux... Les années suivantes risquent d'être encore pires. Quelle duo de sales gosses. Tu te relèves alors, hissant ton fils sur tes épaules alors que Aaron repose ton jeune cousin au sol. Mais toi, tu regardes le blond.

-Avez-vous des questions à poser ? Sinon, le général Lindon et Monsieur Wyatt ici présents se chargeront de vous expliquer comment les journées se déroulent au palais et vous feront un rapide briefing de ce qu'il est important de savoir pour travailler ici. Ah, et faites-moi savoir si vous désirez une suite sur place le temps de votre période d'essai. Je devrais pouvoir vous arranger cela.

Un chaleureux sourire vient étirer tes lèvres. Tu n'es pas quelqu'un de méchant ni même du genre à prendre les autres de haut. Tout le monde est égal à tes yeux, même si tu as parfois un peu de problèmes avec les vampires et les lycans. Mais tu fais des efforts, surtout avec ces derniers. Pour ton jeune cousin. Tu n'as pas tellement de questions à lui poser, au bout du compte. Parce que tu resteras méfiant un long moment, s'il est capable de tenir le temps de sa période d'essai. Et s'il mérite ton attention, alors tu t'intéresseras plus à lui au fil du temps... Mais en attendant, s'il a lui-même des questions à poser, tu te tiens à disposition, tant que les deux petits monstres ne s'agitent pas trop. Pour le moment, ils sont sages...

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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Dim 9 Mar - 22:16

Que dire de plus ? À quoi bon te venter d'exploits que tu n'as pas réalisés, de faits montés de toutes pièces, de t'inventer des compétences ou des aptitudes que tu n'as pas. Tu n'es pas là pour raconter des salades, inventer des histoires. Tu es juste toi, alors on t'accepte comme tel, ou pas du tout. Et c'est ce que tu veux lui faire comprendre, en déballant peut-être trop honnêtement tes compétences. À quoi bon inventer. Si cet homme veut savoir la vérité, il n'a qu'à passer un coup de fil à l'agence qui t'emploie. C'est aussi simple que ça. Alors te faire menteur pour si peu, non. Tu préfères autant être intègre, et ne pas correspondre maintenant, qu'être mythomane, et ne pas correspondre par la suite. Ce serait du temps perdu, pour eux comme pour toi. Un des hommes présents rigole un peu, ce qui ne te fait pas réagir le moins du monde. Tu restes le regard rivé sur ton empereur, avec tout ton professionnalisme dans ton attitude. Calme, sérieux, serein et attentif. Les maîtres mots de ce qu'on a toujours attendu de toi. « C'est une bonne base. » Tu hoches presque imperceptiblement la tête. Une base oui. L'arbre qui cache la forêt. Car dans ce dossier papier sont présentés tes aptitudes officielles, celles pour lesquelles tu es reconnu. Heureusement, quelque part. Tu préfères qu'on te sous-estime, qu'on te considère comme n'importe quel petit soldat, le profil du monsieur tout le monde par excellence, un parmi tant d'autre. C'est plus marrant par la suite, et surtout, plus surprenant pour les autres, de découvrir tes réelles capacités. Tu ne bouges pas, c'est à peine si tu cilles. Tu attends tout simplement. Des questions, peut-être ? Quelque chose à redire ? Et sinon, tu pourras disposer, commencer à t'habituer à ton nouvel environnement. Observer. Puisque c'est par-là que tout commence ; l'observation. Trouver les failles, noter les comportements et attitudes. Apprendre tout, sur tout le monde, dans le plus grand des silences. Faire comme si de rien n'était, et analyser, pour mieux savoir agir par la suite. Tu fronces légèrement les sourcils quand les deux autres hommes échangent un regard qui n'annonce pas vraiment quelque chose de positif. Est-ce que tu soulèverais des doutes ? Ce ne serait pas la première fois. « Votre dossier est assez complet, même s'il ne laisse transparaître aucune information personnelle. Je n'en ai certes pas besoin, mais j'aime bien savoir qui travaille au palais. » Tu ouvres la bouche comme si tu allais dire quelque chose, avant de la refermer aussi brièvement. Informations personnelles. Voilà qui te fait grincer les dents d'ordinaire. Tu n'aimes pas ces fameuses informations personnelles. Qu'est-ce qu'il veut savoir de plus ? C'est ton employeur, pas ton père ou ton colocataire. Bon sang mais calme-toi un peu, manquait plus que ça, que tu commences à te chauffer mentalement. Mais qu'est-ce qu'il voudrait savoir de plus ? Tu n'es pas marié, pas de femme, ni d'enfant à charge, tu habites à douze minutes d'ici, tu conduis une voiture grise, tu fumes rarement, tu bois tout aussi peu fréquemment, tu t'es déjà fait mordre plusieurs fois par un vampire, tu as déjà pris plusieurs balles pour quelques uns de tes anciens employeurs... La liste est longue, mais à ce moment-là, s'il veut tout savoir, qu'il te le dise, il aura la liste dans une heure à peine sur son bureau. Du calme bon sang, il ne t'a pas demandé un rapport complet non plus. « Si je puis me permettre, Monsieur, son profil correspond plus à ce que j'attends de mes hommes que ce qui convient pour le poste pour lequel il se présente aujourd'hui. » Tu arques un sourcil, portant ton regard sur l'homme qui vient de prendre la parole. Le général des armées en personne. Tu plisses un peu le front, alors qu'un fin sourire se dessine sur tes lèvres. Et voilà la démonstration même de ce que tu pensais plus tôt. Tu ne peux pas blâmer cet homme, il ne fait que lire ce qu'il y a sur le papier. Alors qu'ils te prennent pour un simple soldat si ça leur fait plaisir ; il y a quand même un point qu'ils n'ont pas vraiment soulevé. Pourquoi toi et pas un autre ? Pourquoi est-ce qu'ils t'ont envoyé toi, et n'ont-ils pas simplement demandé un bon soldat au général en personne ? Un bref soupir s'échappe d'entre tes lèvres, tu te concentres juste sur l'échange des deux hommes. « Je me faisais la même remarque. Dites-moi, Monsieur Volkov. Est-ce que vous savez y faire avec les enfants ? Ma famille ne se compose pas uniquement de ma femme et de moi-même mais... » Tu hausses légèrement les sourcils. Avec les enfants... Ton sourire s'étire un peu plus, peu importe combien tu cherches à le réprimer. Savoir s'occuper des enfants... Voilà une partie du contrat qu'on n'avait pas mentionné. D'un côté, tu devais t'en douter ; servir dans une l'empereur et sa femme, il était évident que cela incluait des enfants. Mais à vrai dire, tu avais espéré qu'il y ait une gouvernante ou un tuc dans le genre, pour s'occuper des gamins. Enfin. Comme toujours, tu t'adapteras. Tu composeras avec l'imprévu, peu importe combien ces gosses peuvent être intenables ou au contraire, complètement sages. Tu pencherais pour la première option, à en entendre les cris dans le couloir.

Pas manqué. « Excusez-moi, il semblerait que j'aie quelque chose à régler. » Tu secoues un peu la tête, indiquant par là que tu n'y vois pas d'inconvénient. Tu as tout ton temps désormais ; tu es à leur service, donc tu peux tout à fait attendre. L'homme se déplace et va ouvrir une porte, derrière laquelle déboulent deux petits. Certainement ses enfants. Ou plutôt, son fils, et son jeune cousin. « Au secours papa, le loup il veut me manger ! » « L'ange sait même pas voler, donc je peux le manger. » « Ramiel, Sindbad... Bon sang, je vous avais demandé d'être sages pour une fois. » « Mais maman elle est fatiguée. » « Donc on joue dans les couloirs. » Donc tu avais bel et bien raison. Ces deux petits sont plus du genre... Hyperactifs que calmes. Hé bien, tu composeras avec, ce n'est pas comme si tu avais le choix de toute façon. Tu conserves ton léger sourire, demeurant comme simple spectateur face à la scène, tes mains croisées dans ton dos. Alors tu vas devoir t'occuper de ces deux monstres.. Soit, si telle est la volonté de Monsieur Tudor. C'est une partie de ton nouveau boulot, si on peut dire ça comme ça. Ça se passera bien. Il faut que ça se passe bien. « Très bien... Et si je vous autorise à rester, vous promettez de vous tenir tranquille ? » « Ouiii ! » Les deux gamins entrent donc dans la salle, et tandis que l'un reste avec son père, l'autre file dans les bras d'un des hommes.  Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ont l'air d'être plutôt tranquilles ici. Loin de l'éducation à la dure que l'on pourrait imaginer, à cause du sang qui coule dans leurs veines. Une cage dorée. Un bref instant, tu te prends à réfléchir à ce que tu serais devenu, toi, si tu étais né dans un tel contexte. Mais c'est tellement loin de la réalité. Tellement inimaginable en fait, que cette idée se dissipe bien vite. Tu ne peux même pas l'imaginer, même pas te l'inventer mentalement, tant c'est impossible à tes yeux. Les deux enfants semblent se calmer, puisqu'à nouveau, l'empereur reprend la parole. « Excusez-moi. Comme je disais, il n'y a pas que ma femme et moi mais aussi ces deux enfants. Je vous présente Sindbad, mon cousin, et Ramiel, mon fils. Eux et ma femme ont plus besoin de protection que moi-même, surtout en ce moment. Donc, à moins que ces messieurs ici présents ne décident que j'ai aussi besoin d'une garde rapprochée, je pense que vous devrez plutôt veiller sur eux. » Tu hoches à nouveau un peu la tête. Toutefois, ce n'est pas pour autant que tu comptes obéir. Car on t'a bien mentionné que lui aussi faisait parti du 'les' quand on t'a dit qu'il fallait que tu 'les protèges'. Et malheureusement, empereur ou pas, si on t'a dit qu'il était de ceux sur lesquels tu devais veiller, hé bien tu le feras. Tu ne peux pas faillir à ta tache. Ça n'est jamais arrivé, ça n'arrivera pas aujourd'hui, ni demain, ni jamais. Tu l'espères en tous cas. Encore une fois, tu t'apprêtes à dire quelque chose, mais tu te ravises quand un des hommes, 'Ronron' de son petit surnom, prend la parole à son tour. « De toute façon, Mae, quiconque n'ayant pas de bonnes bases en traque est incapable de te protéger. Tu n'as jamais perdu la sale manie de fausser compagnie aux personnes chargées de te surveiller. » Tu t'autorises un sourire un peu plus large encore. De bonnes bases en traque ? Voilà qui ne devrait pas poser de problème, mais ça, tu te gardes bien de le dire. En réalité, ça pourrait même t'amuser, de voir comment Tudor se débrouille pour fuir, tu aimes bien qu'on te mette au défi, et d'après les dires de Ronron, celui-ci semble de taille. « Aaron, je t'ai déjà demandé de ne pas effrayer les nouveaux. » Fait-il, souriant. Tu secoues légèrement la tête, reprenant enfin la parole. « Bien entendu, je ne remets pas en question votre capacité à vous défendre seul, et loin de moi l'envie de vous priver de votre liberté, mais vous êtes sur la liste des personnes pour lesquelles je suis là aujourd'hui, et s'il vous arrive quelque chose, j'aurais le choix entre la corde ou la fusillade, donc comprenez que je préfère ne pas prendre de risque. » Ajoutes-tu simplement. Ce n'est pas... N'importe qui, cet homme. Si tu faillis à ta tâche, plus qu'avec n'importe qui, ce sera négatif pour toi. Pire qu'une honte. Et tu ne donnes pas cher de ta peau si tu es la raison pour laquelle l'empereur est mort. Oh que non, tu n'en auras plus pour long à vivre.

« Vous êtes un nouveau jouet ? » Encore une fois, tu ne peux réprimer un sourire en entendant le gamin. « Ramiel. Les personnes ne sont pas des jouets. Je ne veux plus t'entendre avoir ce genre de paroles. Et surtout, j'attends que tu cesses de faire tourner tout le monde en bourrique dans le palais. Cela vaut aussi pour toi, Sindbad. Ai-je été clair ? » Les deux gamins font la moue, tu les regardes alternativement avant de reporter son regard sur l'empereur. Ce qui au passage, te fait te rappeler que tu ne lui as pas répondu tout à l'heure, quand il te demandait si tu savais t'occuper d'enfants. Peut-être que la question et déjà loin, mais apparemment, c'est un point important pour lui, alors tant qu'à faire, autant répondre. « Et pour vous répondre, oui, je sais m'occuper d'enfants, pour avoir grandi entouré de ces derniers. » Tu n'en diras pas plus. Il n'a pas besoin de savoir plus. Il n'a pas besoin de savoir que tu as vécu dans un orphelinat. Que tu n'as aucune famille. Aucune attache. Que tu n'as jamais vu ta mère, ni ton père, ni tes frères et sœurs s'ils existent. Tu étais de ceux qu'on ne choisissait pas à l'époque. Alors tu y es resté un bout de temps, au point de devenir un des aînés. Alors t'occuper des plus jeunes, leur courir après, c'était un peu ton passe-temps, et la raison pour laquelle les femmes qui s'occupaient de cet endroit t'appréciaient ; pour le perpétuel coup de main que tu leur donnait. Tu t'entendais bien avec les gamins à l'époque. Reste à voir si cela a changé aujourd'hui. Si c'est comme le cheval, on dit que quand on a appris, on oublie pas. Peut-être que ce sera pareil. Et quelque part, tu croises les doigts. « Avez-vous des questions à poser ? Sinon, le général Lindon et Monsieur Wyatt ici présents se chargeront de vous expliquer comment les journées se déroulent au palais et vous feront un rapide briefing de ce qu'il est important de savoir pour travailler ici. Ah, et faites-moi savoir si vous désirez une suite sur place le temps de votre période d'essai. Je devrais pouvoir vous arranger cela. » Tu te contentes de secouer la tête. Non, aucune question qui ne te vienne à l'esprit pour l'instant. Tu verras, peut-être que ça te viendra par la suite, mais pour l'instant, tout te semble clair. Tu hoches brièvement la tête. « Si ça ne vous dérange pas, ce serait plus pratique de résider ici pour moi pendant un certain temps oui. » Histoire de trouver tes marques. D'être là au cas où, d'apprendre comment fonctionne ce palais ect. Tu dois être des leurs, pour que le contrat se passe bien. Enfin, pour l'instant, tu en es à ta période d'essai alors... Tu verras bien. Pour l'instant, tu es autorisé à disposer, et tu ne te fais pas prier. Tu as une nouvelle famille à découvrir.

Quatre jours que tu es ici. Quatre jours que tu as pour l'instant survécus sans incident. Les enfants sont... Agités, mais plutôt gérables à ton goût, et assez cools avec toi, dans le sens où tu les intrigues et tu arrives à capter leur attention, avec tes tours de magie. Madame l'impératrice est douce et sympathique, tu n'en attendais pas moins d'elle de toute façon. Et Monsieur Tudor... Hé bien comme tu t'y attendais, c'est celui que tu vois le moins. Mais, il t'avait prévenu, en quelques sortes. Prévenu que quelque chose comme ce qui se passe aujourd'hui pouvait arriver. Car oui, il est introuvable au palais. Il vous a faussé compagnie. Ça ne t'étonne pas vraiment, tu savais que cela arriverait à un moment où à un autre, alors tu t'es absenté du palais en prévenant quelques personnes pour que Madame Tudor soit au courant que tu étais sorti, mais toujours joignable en cas de problème. Et là, tu es dans les ruelles de la ville, à suivre le brun. Le brun qui se balade comme si de rien n'était. Tant mieux, il est proche de son peuple, personne ne peut lui reprocher. Mais bon sang, c'est imprudent. N'importe qui armé d'un pistolet, d'un fusil ou n'importe quelle arme à feu pourrait le tuer là, maintenant. Ta présence n'y changerait pas grand chose, mais ça réduirait déjà quelques peu les risques d'assaut. Il peut savoir se défendre, si cinq types le kidnappent, il sera aussi impuissant que toi ou un autre. Enfin tu l'as retrouvé, et c'est le principal. Pour l'instant, tu te fais discret, passant pour n'importe quel individu, dans cette tenue un peu plus civile que tu as revêtue. Être dans un uniforme à tes yeux, cela ne fait qu'attirer l'attention. Alors tu préfères largement adopter une tenue un peu plus décontracté quand il faut sortir. Plus facile pour se fondre dans la masse. Tu remontes un peu les manches de ta chemise à carreaux, avant de glisser tes mains dans tes poches. Il n'est qu'à quelques mètres devant toi, et bien rapidement, tu le rejoins. Assez joué, tu ne vas pas le garder en filature tout l'après-midi non plus. « Je me doutais bien que ça finirait par arriver. » Fais-tu simplement, arrivant à sa hauteur. Tu tournes un peu la tête vers lui, restant plus naturel que jamais. Ce n'est pas n'importe qui, et pourtant, tu te comportes avec lui comme tu te baladerais avec un bon pote. Qu'importe, tant que vous passez plus ou moins inaperçus. Tu ne t'attends toutefois pas à ce qu'il parte en courant comme il le fait, détallant comme une proie devant le prédateur. Hé bien. Il a envie de courir ? Soit, tu pars à sa poursuite, lui suivant, peu importe où il va. Sauter par-dessus des barrières ? Tu n'en es pas à ton coup d'essai. Traverser la route alors qu'il y a des voitures qui passent ? Non plus. Prendre un cheval et partir loin ? Encore moins. Tu es rodé à bien des situations, et ça t'amuse, d'imaginer ce qu'il peut te réserver. Aller, qu'il trouve quelque chose, tu vas finir par t'ennuyer. Il emprunte un chemin, et tu le laisses de faire, acceptant de le perdre de vue un instant pour passer par un chemin parallèle. Arrivé au bout, il n'a d'autre choix que de tourner et vu que tu arrives au même moment, il manque de te foncer dedans, et tu ne peux t'empêcher d'éclater de rire. C'était bien essayé, de fuir devant quelqu'un qui connaît cette ville comme sa poche, et qui plus que personne, a fui toute sa vie à travers ces routes et chemins. Tu reprends doucement ta respiration, lui bloquant la route. « Sérieusement ? Vous voulez continuer à courir ? C'est pas un... Problème vous savez, je peux... Faire ça toute la journée. » Un large sourire étire tes lèvres, et tu passes une main dans tes cheveux, te recoiffant brièvement. Tu lèves un peu la tête, inspirant profondément. « Écoutez, je vous l'ai déjà dit, je ne suis pas là pour vous priver de votre liberté ou qu'importe comment vous voyez cela, je suis juste là pour veiller sur vous et les vôtres. » Tu hoches un peu la tête, refermant au passage un bouton de ta chemise qui s'était certainement ouvert pendant ta course. Mais de quoi cherches-tu à le protéger ? Des autres. Et plus particulièrement de ceux qui t'ont laissé de multiples marques de crocs dans ton cou et ailleurs sur ton corps. Le protéger de tout ce qui voudrait bien lui nuire. « Et il est est hors de question qu'il vous arrive quelque chose tant que c'est moi qui surveille votre famille, vous m'entendez ? Maintenant, si vous arrivez à me mettre K.O, alors soit, je reverrais mes priorités. Mais en attendant, je serais tout le temps sur vos talons, que ça vous plaise, ou non. » Hé bien, tu n'as pas peur toi, t'adresser ainsi à ton empereur... Vraiment, tu t'es entendu ? Ton sourire se dissipe peu à peu, le temps que tu recouvres entièrement ta respiration. C'est qu'il est pire que les enfants, à courir dans tous les sens. Et oui, c'est vrai. Tu accepteras de le laisser seul que s'il arrive à te mettre K.O. Raison pour laquelle tu peux dorénavant lui souhaiter bon courage.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Lun 17 Mar - 23:25

Ah, les enfants. Ils te font tourner en bourrique à toujours courir partout, à fuir tout le monde, à faire de multiples bêtises... Tu comprends mieux pourquoi ton oncle et ton père n'avaient de cesse de se plaindre de votre hyperactivité, à tes cousins et toi-même. Maintenant que tu vis leur ancien quotidien, tu comprends à quel point tu as pu être infernal. Et pourtant, tu t'en amuses. S'ils peuvent s'épanouir de cette manière, tu ne peux que laisser faire. Tu veux qu'ils grandissent heureux, tu veux qu'ils apprennent à aimer l'empire, les humains. Tu veux qu'ils prennent du plaisir à faire ce que le destin leur réserve. Ce n'est pas par obligation ou par volonté qu'on fait le meilleur souverain. Non, c'est par l'amour et la lucidité sur le monde. Tu veux qu'ils apprennent ces deux qualités, qu'ils les intègrent afin d'être meilleurs que toi, lorsqu'ils auront l'âge de prendre leurs responsabilités. Qu'ils ne fassent pas les mêmes erreurs que toi. Alors tant pis si tu les choies un peu trop, il n'y a qu'en étant aimé qu'on peut offrir ce sentiment aux autres. C'est ton propre avis.

Mais pour le moment, la question n'est pas encore là. Non, les deux garnements sont encore très jeunes et il faut que quelqu'un puisse veiller sur eux, en plus de ta chère Adelina et de toi-même. C'est là l'une des raisons de la présence du blond devant toi. Un garde... Quelle idée, très franchement. Même si tu sais que, pour ta famille, ce n'est pas une mauvaise idée, pour toi c'est différent. Tu as été un Chasseur, tu en es encore un dans l'âme, tu n'as rien perdu de tes réflexes même si tu ne donnes plus le maximum de tes capacités maintenant que tu te dois de te contenter de simples entraînements. Tu lui fais donc clairement savoir ce que tu veux qu'il fasse : qu'il veille sur les tiens en priorité. Aaron ne semble pouvoir retenir une de ses fameuses remarques puisqu'il te rappelle que tu es doué lorsqu'il s'agit d'échapper aux gardes. Cela te fait sourire. C'est totalement vrai. Tu n'as pas l'intention de laisser cette manie de côté. Quitter le palais en pleine journée est toujours plus difficile qu'en pleine nuit puisque dans ces moments là on remarque bien moins ton absence, mais il est parfois nécessaire de ne pas jouer les vampires et de sortir te mettre au soleil, entre deux immeubles de la capitale. Cependant, il reprend la parole, allant à l'encontre de tes paroles. Loin de lui l'envie de te priver de ta liberté ? La bonne blague. Tu es enchaîné à ce palais depuis ta naissance, tu n'as jamais été libre, tu ne le seras jamais. Mais personne n'est jamais parvenu à te confiner au palais et il ne sera certainement pas le premier. Tu fronces donc les sourcils... Avant de retenir un soupir, secouant négativement la tête de gauche à droite.

-L'exécution a été abolie il y a déjà un fort nombre d'années, si je puis me permettre de vous le rappeler, Monsieur Volkov. Alors à moins que je ne meure de votre main, je doute que qui que ce soit en vienne à de telles extrémités. N'êtes-vous pas d'accord ?

Non, tu ne fais aucune remarque sur le reste. Inutile de discuter, il comprendra bien rapidement que tu n'es pas n'importe qui et encore moins quelqu'un de facile à suivre. Les enfants sont de vrais piles électriques, mais tu sais te montrer bien pire qu'eux quand tu t'y mets. Oui, il comprendra bien vite que malgré ses belles paroles, la remarque de ton ancien professeur de combat est on ne peut plus vraie. Il ne tiendra pas longtemps le coup. Il se fera semer, comme tous. Et dans le cas contraire, là, il serait réellement intéressant. La question de ton petit Ramiel reporte ton attention sur lui. Un jouet, n'importe quoi. Même s'il est vrai que... C'est un peu ainsi que tu considérais les gardes, à son âge et même avec bien des années supplémentaires. Tu fais la même remarque à Sindbad et tu n'en as rien à faire de voir que les deux font la moue. S'ils pensent t'amadouer aussi facilement, ils se trompent. Tu as fait ce coup-là avant eux. Bref, le blond en profite pour répondre à la question que tu lui posais quelques minutes plus tôt : s'il savait s'occuper d'enfants. Oui, pour avoir grandi entouré d'eux ? Ton regard sombre se pose quelques instants sur lui, se faisant presque trop insistant. Une phrase lourde de sens, même si tu en ignores la réelle signification. Famille nombreuse ? Autre chose ? Tu n'as aucun élément de réponse, il n'y en a aucun dans son dossier. Mais chaque chose se sait en temps et en heure alors, au final, tu te contentes de hocher doucement la tête, lui accordant un sourire encourageant. C'est une bonne chose, vous verrez s'il est capable de s'en sortir avec tes deux monstres. En attendant, tu as ces deux-là à ramener à ton oncle, histoire qu'il joue un peu son rôle de père, mais tu prends tout de même le temps de poser une dernière question. En a-t-il ? Souhaite-t-il une suite au palais, le temps de trouver ses marques ? Non, pas de questions mais un logement, oui. Une de tes mains glisse alors dans tes cheveux tandis que tu réfléchis.

-Très bien. Il y a trois suites actuellement disponibles, je vous enverrai quelqu'un d'ici une ou deux heures afin de vous laisser choisir, lorsqu'elles auront été un minimum préparées. Je pense que vous pouvez disposer, mais n'oubliez pas de prêter une oreille attentive aux conseils du Général et de Monsieur Wyatt.

Sur ce, tu laisses Sindbad filer en dehors de la pièce, tu regardes le blond disposer comme permis, puis tu reposes ton fils au sol. Les deux autres hommes s'en vont aussi alors que tu restes seul avec les deux petits. Ceux-ci te regardent d'ailleurs, les yeux pétillant de malice. Tu sais quelle idée ils ont en tête. Ils vont faire tourner le nouveau en bourrique. Mais en attendant, tu leur lances un de ces défis que tu adores : trouver les trois suites dont tu viens de parler, sans le moindre indice. Ils échangent un regard... Avant de détaller à toute vitesse, ce qui t'arrache un éclat de rire. Ah la la, ces deux-là... Enfin, tu as hâte de voir la suite.

~~~

Quatre jours sont passés. Quatre journées sans problème notoire. C'est un exploit, le nouveau garde arrive à maîtriser les deux enfants grâce à ses tours de magie. Il a eu de la chance, en tant que magicien toi-même, ils sont sensibles à cet art qu'il semble relativement bien maîtriser, d'après les dires des enfants et de ta chère Adelina. Mais toi, tu ne le vois pas beaucoup. Ton emploi du temps est très strict, très chargé alors tu n'es que rarement en danger. De toute manière, à rester cantonné au palais... Bref. Aujourd'hui, tu as décidé de changer tes plans. Ton intendant va encore courir dans le palais en hurlant que tu as disparu, comme à chaque fois, mais tu n'en as, à vrai dire, absolument rien à faire. Qu'ils se débrouillent sans toi, tu as une affaire à régler en ville. Tu en profites d'ailleurs pour t'offrir une belle et longue promenade dans les rues, habillé simplement, en civil. Quel plaisir de retrouver ces rues, cette zone que tu connais aussi bien que ton palais, ton ancienne zone de chasse. Tu pourrais traverser ces rues les yeux fermés. Et aussi, tu as appris à repérer quand est-ce qu'on te prenait en filature. Voilà un certain moment que tu as repéré un certain blondinet sur tes traces. Celui-là même que tu espérais fuir. Il est tout de même parvenu à te retrouver dans les rues, ce n'est pas rien. Mais il va falloir que tu le sèmes avant d'aller régler tes affaires. Voilà qui va tourner au défi, apparemment. Mais d'abord, qu'il ose s'approcher, ce sera toujours mieux. Ce qu'il finit par faire. Il t'aborde même, tout naturellement. Rien que cela... S'il espère t'avoir coincé, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Tu lui adresses un simple sourire, en réponse à sa réplique...

Puis tu prends la première rue à droite, te mettant à courir. Voyons voir si, cette fois, il est capable de te suivre. Tu empruntes un chemin complexe au cœur des nombreuses ruelles. Quiconque ne connaissant pas le plan de la ville ne peut comprendre que, en vérité, tu effectues un trajet très précis, en forme de S. Comment faire tourner les gens en rond, à ta manière. À de nombreuses reprises tu passes par de minuscules ruelles toujours très encombrées. Ruelles que tu passes sans le monde problème, et lui aussi. Il est plutôt doué, tu te dois de l'avouer. Peut-être qu'il s'y connaît un minimum. Alors tu le testes. Tu empruntes une ruelle qui n'a que deux issues : celle par laquelle tu entres, et une autre plus loin, où elle rejoint un carrefour directement relié à celui-ci. Tu empruntes le chemin le plus long, par défi. Combien de temps va-t-il tenir ? Assez longtemps pour t'intercepter là où tu lui laissais une chance d'interrompre ta course. Tu manques de lui foncer dedans, évitant de justesse la collision grâce à un pied de pivot instinctif. Ouf. Hé bien, il est plus coriace que tu ne le pensais. Tu marches un peu, prenant le temps de reprendre ta respiration. Cela fait du bien de courir. Il peut faire cela toute la journée ? Oui, toi aussi, même si tu aurais sans doute besoin d'une légère remise à niveau. Tu l'imites, glissant une main dans tes cheveux bruns, te recoiffant rapidement. Il n'est pas là pour te priver de ta liberté ? Oh, il recommence. Tu secoues la tête.

-Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un pot de colle pareil ?

Tu es l'empereur peut-être, tout simplement. Pourquoi chercher plus loin ? Tu es l'empereur des humains, on ne peut t'autoriser à faire n'importe quoi. Malheureusement. Peu importe combien tu peux désirer ta liberté, avec quelle ardeur. Tu ne l'auras jamais. Seulement, ses paroles suivantes sont alléchantes. Si tu arrives à le mettre K.O., il acceptera de revoir ses priorités ? Voilà qui te donne une idée... Tu l'observes des pieds à la tête, le jugeant rapidement du regard. Ne jamais se fier aux apparences, tu le sais bien. Si sa société l'a envoyé, lui, c'est qu'il y a une raison et le simple fait qu'il soit capable de te suivre est un bon point en sa faveur. S'il se révèle être un bon adversaire... Non, mauvaise idée. D'autant plus que tu n'as pas le temps.

-Écoutez Monsieur Volkov. Je vous prouverais volontiers que je suis parfaitement capable de me défendre mais ce n'est ni l'heure ni l'endroit. J'ai un rendez-vous dans peu de temps et je doute que la personne que je dois voir accepte votre présence.

Seulement, il ne semble pas décidé à te lâcher d'une semelle. Bon sang, comment t'en débarrasser ? Tu n'y arriveras sans doute pas, pas sans mettre à profit tes anciennes capacités. Tu retiens un soupir, ton esprit tournant à plein régime. Il faut que tu voies Nocte aujourd'hui, tu as besoin de nouvelles des Chasseurs. Tu secoues la tête, désespéré.

-Je ne vous ferai pas changer d'avis, n'est-ce pas ? Très bien, attendez quelques instant, je vais voir s'il accepte votre présence ou si je dois reporter mon rendez-vous.

Tu te recules, suffisamment loin pour qu'il ne puisse voir ce que tu fais exactement ni entendre tes paroles. Puis tu te stoppes et récupères ton oreillette de chasseur, composant rapidement le code te reliant à ton ancien mentor. Tu patientes quelques secondes... Avant d'entendre sa voix dans ton oreille gauche. Il est nerveux, tu le sais bien. Cette fréquence d'émission n'est pas sûre à 100 % mais elle l'est bien plus que n'importe quelle ligne téléphonique. En quelques mots, tu lui résumes la situation. Un nouveau garde assez collant et doué pour te suivre. Non, tu ne peux garantir le fait qu'il tienne sa langue. Oui, il est humain. Il te faut plusieurs minutes de négociation pour finalement lui arracher un accord. Soulagé, tu raccroches et reprends ta route, passant devant ton garde. Tu ne prends pas le peine de t'arrêter, tu sais qu'il va te suivre.

-Les conditions : vous vous tenez à l'écart, vous tenez votre langue et surtout aucun geste menaçant. Parce que sur ce coup, c'est moi qui ne puis garantir votre sécurité.

Pas un mot de plus, tu continues ton chemin, les mains dans les poches. Tu sais exactement où te rendre mais tu rabats la capuche de ton manteau sur ton visage. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus discret, certes, mais on aura plus de mal à te reconnaître par hasard. Oui, tu es méfiant. Parce que Nocte risque gros, plus que toi, si on apprend que l'empereur et un chasseur négocient. Bref. Vous empruntez de petites rues très peu fréquentées, vous quittez ta zone de chasse, arrivant dans une autre, plus dangereuse. Mais tu n'as peur de rien, c'est ta ville. Vous gagnez un quartier relativement mal famé, tu te tends quelque peu mais tu ne ralentis pas l'allure pour autant, jetant de temps en temps un coup d’œil à l'homme qui te suit. Il est collant. Enfin, tu régleras le problème ce soir. Soudain, tu l'obliges à s'arrêter. Un coup d’œil à droit, un à gauche... Personne. Alors, sans prévenir, tu ouvres la porte d'un vieil hangar et t'engouffres dans les ténèbres du lieu. Et voilà, tu retrouves tes ténèbres. Comme toujours, tu es bien plus à l'aise ainsi. Ta capuche tombe, dévoilant dans un très mince rayon de lumière ton visage. Alors, où est-ce que Nocte a bien pu se... Pas le temps de plus réfléchir, un poignard siffle dans l'air. Ce n'est pas toi qu'il vise mais qu'importe, tes réflexes sont toujours aussi rapides. L'un des bracelets à ton poignet droit réagi, comme prévu, et se transforme en un large et solide bouclier, quoique léger. Et ledit bouclier intercepte le poignard qui tombe alors au sol. Ah la la... Tu lâches un profond soupir.

-Tu étais supposé la jouer réglementaire.
-Il faut bien que je m'assure que notre empereur a toujours de bons réflexes. Et puis, un garde de plus ou de moins, au final, il me semble me souvenir que ce n'est pas très différent pour toi.
-Nocte, cesse donc ton petit jeu. On ne touche pas à mes sujets et tu le sais parfaitement.
-Certes. Mais je rappelle deux points importants, si tu ne l'as pas fait, jeune Tudor : le blond, tu restes en arrière et tu tiens ta langue. Ou alors je peux te jurer que ce n'est pas Samael qui te sauvera.


Tu lèves les yeux au ciel avant d'aborder un sourire désespéré. Il ne changera donc jamais, toujours aussi agressif. Mais il préserve son identité, tu ne peux que le comprendre. Tu le laisses s'avancer, observant ce masque de chasseur que tu connais si bien, que tu portais encore il y a quelques années. Tu sais qu'il est tendu, cela se voit à la manière dont ses genoux sont légèrement fléchis, prêts à se mettre en action à la moindre menace. Mais vous échangez tout de même une poignée de main complexe, poignée de main que vous avez mis au point alors que tu étais encore sous son aile. Puis tu t'éloignes avec lui, échangeant rapidement les dernières nouvelles des rues. Les chasseurs se tiennent tranquilles, Medusa les maîtrise mais pour combien de temps encore ? Tu sais que Sword est bien placé pour devenir le futur meneur de ton ancien groupe, et s'il arrive à leur tête, tu te devras de sévir avec eux. La politique est toujours compliquée, la plupart des humains apprécient ce que font les justiciers nocturnes, toi-même tu ne comptes plus le nombre de personnes que tu as pu sauver. Mais il faut montrer l'exemple et empêcher que les choses ne dégénèrent avec les autres pays. L'équilibre est fragile et tu fais de ton mieux pour le conserver. Une nouvelle fois, tu fais de ton mieux pour les soutenir, pour leur éviter trop d'ennuis. Tu refais quelques recommandations, rappelle quelles dates ils doivent se tenir tranquille et tout ce qui va avec. La conversation ne prend qu'un petit quart d'heure, lorsque tu t'éloignes, tes sourcils sont froncés d'inquiétude. Les nouvelles sont mauvaises, tu vas devoir avoir une petite conversation avec ta chère et tendre. Mais Nocte a un dernier message à te faire passer.

-Samael. Ne perd pas tes réflexes, tu sais aussi bien que moi qu'eux seuls pourront te sauver la vie, contrairement à un garde lambda..
-Je sais bien. Sois prudent.
-Toi aussi.


Tu lui souris une dernière fois, indique au Volkov de te suivre et, après avoir ré-enfilé ta capuche, tu retournes dans la rue, prenant le chemin du retour. Tu es soucieux. Les nouvelles sont préoccupantes, si les chasseurs font trop de dégâts, tu ne pourras plus être trop gentil avec eux, tu te devras de sévir. Malheureusement, tu apprécies la plupart des membres de cette organisation. Ils ont souffert, cela se voit dans leur rage, dans leur paroles, dans ces intonations que leur masque laisse transparaître. Ils sont humains, tout comme toi. Ils se battent contre ce qui les a blessé, ils protègent d'autres personnes, d'autres familles pour éviter à l'histoire de recommencer. Mais ils n'arriveront pas à faire changer les choses. Vous êtes des proies, jusqu'à ce que vous ayez trouvé un alternatif au sang pour les vampires, avec les mêmes propriétés nutritionnelles et, si possible, un goût meilleur. Tu te demandes si tu ne devrais pas donner un peu de ton sang afin d'aider la recherche. Tu sais bien quel est le problème avec ton sang mais si cela peut aider ta patrie... Pourquoi pas ? Oui, c'est cela : pourquoi pas. Tiens ? Tu étais tellement plongé dans tes pensées que tu es surpris de te retrouver devant ton palais. Roh, déjà la fin de la balade... Tant pis. Tu te retournes alors vers Monsieur Volkov, l'observant.

-Vous avez quartier libre, je vais rejoindre ma famille, je n'ai pas besoin de votre présence jusqu'en fin de journée. Cependant, n'oubliez pas deux choses : pas un mot de ce que vous avez vu, d'une part. Et d'autre part : rendez-vous à dix-neuf heures dans la salle d'entraînement de l’aile sud.

Tu lui souris et, sans lui laisser le temps d'en placer une, tu détales à toute vitesse afin de gagner le palais et son labyrinthe. Il faut que tu trouves Adelina. Tout de suite.

~~~

Dix-huit heures quarante. Tu es déjà dans la salle, une épée dans chaque main. Un bandeau sur les yeux, tu manies tes armes avec ton adresse habituelle. Les robots d'entraînement sont activés sur le niveau 4 sur 8. C'est raisonnable avec un handicap. Et puis, tu connais ces outils d'entraînement par-cœur. Tu connais leurs programmes, la manière dont ils abordent les situations, les manières dont ils réagissent. On t'a expliqué comment ils fonctionnaient et, depuis, tu ne t'es plus fait toucher une seule fois. Tu es là depuis presque une heure, au début les petits et Aaron étaient présents aussi, mais ils se sont tous éclipsés lorsque tu leur as fait comprendre que tu désirais être seul. Comme toujours quand tu t'entraînes sérieusement. Sauf que ce n'est qu'un échauffement. Échauffement qui ne t'empêche pas d'être quand même déjà légèrement fatigué. Tes muscles commencent à te lancer mais ce n'est pas trop dérangeant. Un bruit de porte qui s'ouvre. Tes sens en alerte notent ce changement et, rapidement, tu retires ton bandeau. Oui, c'est bien celui que tu attendais. Évitant agilement les coups des robots, tu les éteins rapidement, te faisant frôler une ou deux fois par une lame. Puis, lorsqu'ils sont tous inactivés, tu les laisses regagner leur socle pour se recharger, t'approchant alors de ton invité.

-Monsieur Wyatt ne vous a pas expliqué qu'il fallait toujours être très en avance lorsque je donne un rendez-vous à quelqu'un ? Il aurait dû.

Un reproche ? Non, tu plaisantes. Cela se voit à ton sourire et à ce pétillement au fond de tes sombres prunelles. L'entraînement ravive ton énergie, tu es heureux dans ton état. Une de tes mains ramène en arrière quelques mèches humides qui retombent sur ton front tandis que tu vas d'accorder une pause d'une minute, le temps de t'hydrater. Les gorgées d'eau s'enchaînent, puis tu vides le reste de la bouteille sur ta tête. Ton haut est trempé... Tant pis. Tu secoues la tête, envoyant des gouttes partout, puis te recoiffes sommairement d'une main. Voilà. Sur ce, tu te retournes vers lui.

-Savez-vous manier l'épée, Monsieur Volkov ?

Là, ce n'est pas une blague. Tu es très sérieux. Et sa réponse affirmative t'arrache un sourire. Tu viens alors lui offrir l'une des deux épée avec lesquelles tu t'entraînais précédemment, la plus équilibrée des deux. Quant à toi, tu refermes ton poing droit sur l'arme que tu as gardée. Oui, tu es gaucher mais tu n'utiliseras toutes tes capacités que s'il se révèle être un adversaire digne de ce nom.

-Alors en garde...

Tu souris. Étrangement, sur l'instant, tu as l'impression de parler comme Leo. La même envie de te battre, la même adrénaline courant dans tes veines... Mais c'est un humain que tu affrontes. Alors non, Leo restera bien sagement enfoui au plus profond de toi-même. À présent, tu n'attends plus qu'une chose : que l'autre lance son offensive. Tu sais que tu sauras le battre. Ce n'est pas pour rien que tu es Samael Tudor et que ton talent à l'épée est reconnu par tous deux qui, un jour, ont eu l'occasion de se mesurer à toi. Maintenant, à lui d'être un adversaire à la hauteur. Et tu espères sincèrement qu'il le sera, sinon le jeu finira à la première riposte.

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Ven 21 Mar - 22:00

En effet, loin de toi l'envie de le priver du semblant de liberté qui peut lui rester. C'est un homme avant tout, ton empereur de surcroît, et tu n'es personne pour l'interdire de sortir. Mais tu as été assigné à un poste bien précis, dont l'intitulé est bien clair. S'il veut que tu lui répètes la définition, tu le feras avec plaisir, s'il n'a pas intégré toutes les subtilités du métier. Tu ne peux lui en vouloir de réagir sur la défensive, de jouer les sauvages. Tu en ferais autant à sa place. « L'exécution a été abolie il y a déjà un fort nombre d'années, si je puis me permettre de vous le rappeler, Monsieur Volkov. Alors à moins que je ne meure de votre main, je doute que qui que ce soit en vienne à de telles extrémités. N'êtes-vous pas d'accord ? » un curieux sourire étire largement tes lèvres. Bien entendu, que la peine de mort a été abolie depuis bien des décennies. Mais elle reste possible dans quelques cas dits exceptionnels. Cet homme est une exception à lui tout seul... Mais tu dois reconnaître qu'il marque un point, en soulevant le fait que cela ne pouvait arriver que si tu le tuais. Mais le peuple. Pense-t-il au peuple ? Tous ces gens qui l'adulent, qui l'apprécient peut-être même trop. Des gens prêts à tout pour leur souverain. Un soulèvement contre toi ne serait pas impossible, si cet homme venait à mourir. Rien que par esprit de vengeance, on pourrait t'égorger pour ne pas avoir été vigilent l'histoire de quelques minutes. Quelques secondes peut-être. Tu secoues un peu la tête, relevant finalement le regard vers lui, vissant tes yeux dans les siens. « Nous parlons-là d'exécution légale, si je peux me permettre. Alors laissez-moi avoir des doutes sur mon futur, s'il vous arrivait quelque chose. » En somme, qu'il meure de ta main ou de celle d'un autre, tu serais le grand responsable. Tu serais celui à qui on détacherait la tête du corps rien que pour apaiser les masses. Enfin, toujours est-il qu'il t'a posé une première question à laquelle tu n'as toujours pas répondu. Sais-tu t'occuper d'enfants. Ta réponse t'échappe plus vite que tu ne l'aurais voulu, peut-être aurais-tu dû réfléchir un peu plus longtemps, avant de prononcer ces quelques mots lourds de sens. Au moins, ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, à en jugé par la manière dont-il te fixe désormais, avec une certaine insistance qui en serait presque dérangeante. Tu ne cilles pourtant pas, gardant ce fantôme de sourire sur tes lèvres. Enfin, tu passes bien au-dessus une fois de plus, tu n'avais qu'à tenir ta langue. Et puis, ça pouvait signifier tout et n'importe quoi, alors bon. Mais non, tu n'as pas d'autre question. Une suite en revanche, voilà qui t'arrangerait. « Très bien. Il y a trois suites actuellement disponibles, je vous enverrai quelqu'un d'ici une ou deux heures afin de vous laisser choisir, lorsqu'elles auront été un minimum préparées. Je pense que vous pouvez disposer, mais n'oubliez pas de prêter une oreille attentive aux conseils du Général et de Monsieur Wyatt. » Tu te contentes de hocher la tête légèrement. Une suite, tu n'en demandais pas tant en réalité. Qu'il accepte est déjà sympathique de sa part. Comme il l'a dit, tu peux disposer, et tu ne vas pas t'en faire prier. S'il faut que tu écoutes ces deux hommes, bien tu le feras ; tu es le nouveau ici, celui qui suit les règles, et quelque chose te dit que si tu ne veux pas foirer ta période de probation ici, tu as plutôt intérêt à être attentifs à ce que ces messieurs peuvent savoir de la vie au palais. Nouvelle famille, nouveau boulot. Rien n'est jamais pareil. Sauf quand ça dérape.

°°°
Qu'il finisse par s'enfuir dans les rues, c'était presque trop évident à tes yeux. Il s'est tenu trop calme ces derniers jours. C'était évident que ça allait arriver. Tu attendais d'ailleurs patiemment, cette petite traque dans les rues de Spes. Oui, tu prends plus cela pour un jeu que pour le devoir auquel tu es censé te cantonner. Tu as bien le droit de prendre les choses un peu légèrement, non ? D'après ce que tu as compris, c'est assez habituel de sa part, de partir sans prévenir personne. Au bout de quelques longues minutes, tu te décides enfin à le rejoindre, arrivant à ses côtés. Il t'offre un certain sourire qui te laisse présager le pire. Mais tu n'as le temps d'en dire plus que monsieur s'éclipse en courant comme un gamin dans les rues. Sérieusement ? Il veut jouer la course-poursuite ? Hé bien, il a frappé à la bonne porte ; c'est une de tes spécialités. Alors tu t'empresses de le poursuivre ; il a beau courir vite, tu n'es pas sûr qu'il ait ton endurance. Enfin, seul le temps te le dira, en attendant, tu lui cours après. À gauche, à droite. Tu glisses aisément dans les petites ruelles, escalades les moindres obstacles comme le jeune que tu étais dix ans plus tôt. Enfin, au bout d'un moment, tu décides de passer par un chemin que tu connais parfaitement. Tu sais qu'au bout, si tu te presses suffisamment, il te foncera dedans. Et oui, tu n'attends que ça, pour lui montrer que s'il a fui les autres, il ne pourra pas te fuir toi. Alors tu accélères, si bien qu'au bout du chemin, vous manquez de vous renverser l'un et l'autre. Point positif, il se freine. Tu reprends ta respiration alors qu'un malicieux sourire étire tes lèvres. « Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter un pot de colle pareil ? » Tu hausses un peu les épaules, souriant un peu plus encore. « Je sais pas si je dois prendre ça pour un compliment mais... On va dire oui. » Tu doutes en réalité que cela soit très flatteur, qu'importe, tu prends ça à la rigolade. Car en un sens, cela signifie que tu fais bien ton boulot, et tant mieux. Enfin, tu lui proposes un deal ; il te met K.O technique, alors d'accord, tu lui accorderas un peu plus de crédit, et il pourra vaquer à ses occupations sans t'avoir sur les talons. Tu ne penses pas risquer gros. Et pour une fois, tu vises faux, même si tu ne le sais pas encore vraiment.

« Écoutez Monsieur Volkov. Je vous prouverais volontiers que je suis parfaitement capable de me défendre mais ce n'est ni l'heure ni l'endroit. J'ai un rendez-vous dans peu de temps et je doute que la personne que je dois voir accepte votre présence. » Tu hausses un peu les épaules à nouveau. Que cette fameuse personne inconnue accepte ou non ta présence, tu n'en as – pour rester poli – rien à faire. Tu es garde, tu es impliqué dans tout ce qui se passe, surtout quand c'est à caractère dangereux. Tu soupires profondément, secouant la tête. Non, il ne te fera pas lâcher prise de si tôt, bien au contraire. « Qui que soit cette personne, je ne vous lâcherai pas. » Au moins, ça a le mérite d'être clair. Tu t'en fiches pas mal, que la personne qu'il doit voir soit un rendez-vous ultra secret avec des membres du SCI, de la Vox Populi, ou même avec une femme avec laquelle il tromperait Adelina ; tu n'en as rien à faire. Ça le concerne uniquement, toi, tu n'as ni ton mot à dire, ni rien. Alors oui, secret professionnel oblige, tu garderas ta langue, et rien ne sortira jamais de cet entretien ; strictement rien. Tu as déjà eu à faire à des cas similaires par le passé ; le silence et la discrétion sont ce qui t'a sauvé la mise de nombreuses fois. Et si tu dois veiller sur sa famille, il doit y avoir une relation de confiance entre toi et eux, sinon, autant que tu fasses tes valises et que tu t'en ailles à la première heure. Bras croisés contre le torse, tu l'observe, peu approbateur. Qu'il fasse un pas en avant ; qu'il tente. Tu seras sur ses talons, que cela lui plaise ou pas. Tu es là pour ça, il ne l'a tout de même pas déjà oublié, hm ? Tu attends donc tranquillement, l'histoire de quelques brèves minutes. « Je ne vous ferai pas changer d'avis, n'est-ce pas ? Très bien, attendez quelques instant, je vais voir s'il accepte votre présence ou si je dois reporter mon rendez-vous. » Ton sourire prend des airs de victoire. C'est qu'il comprend vite. Car non, tu ne comptes pas le lâcher, quoi qu'il arrive. C'est triste pas vrai ? C'est ainsi. Il pourra toujours te virer à la fin de cette semaine, tant qu'il reste en vie lorsqu'il est sous ta coupe, c'est tout ce qui compte. Bref, il s'éloigne un instant, tu le surveilles du coin de l’œil, des fois qu'il se décide à te fausser compagnie à nouveau. Il passe ce fameux coup de fil, et tu ne cherches même pas à écouter ce qui se dit, ça ne te regarde pas. Tu le laisses juste parler quelques instants avec ce rendez-vous mystère, et lorsqu'il revient vers toi, il ne s'arrête pas. Tu avances alors, sans même connaître la réponse. Ce n'est pas comme si ça allait changer quelque chose, qu'on t'autorise à être présent ou pas. Il reprend la parole, et tu l'écoutes attentivement. « Les conditions : vous vous tenez à l'écart, vous tenez votre langue et surtout aucun geste menaçant. Parce que sur ce coup, c'est moi qui ne puis garantir votre sécurité. » Tu ne peux pas t'empêcher de pouffer, et c'est de justesse que tu ne lèves pas les yeux au ciel. Manquerait plus que cela ; que les rôles s'inversent. Qu'il doive te protéger. C'est quand même... Particulièrement ridicule d'après toi. Il pourrait aller rencontrer des commandos d'élite ça n'y changerait pas grand chose à tes yeux. Il ne te connaît définitivement pas, et quelque part, tant mieux. Vous vous éloignez donc de cette ruelle, parcourez bien d'autres rues de Spes. Vous atteignez vite un quartier mal famé de la ville. Un quartier que tu ne connais que trop bien. Un coup d'oeil à gauche, à droite. Rien n'a changé. Rien ne change, pour ceux qui respirent la misère d'un peuple pourtant prospère.

Puis, vous arrivez devant un hangar. L'empereur semble plutôt tendu, plutôt nerveux. Tu ne dis rien, tu te contentes de le suivre à l'intérieur. La visibilité est plutôt nulle, mais tous tes sens demeurent en alerte. L'ouïe tout particulièrement. Un léger bruit se fait entendre, tu plisses un peu les yeux, apercevant un projectile sur lequel se reflète brièvement un des rares rayons lumineux. Tu t'apprêtes à réagir, non pas pour protéger l'autre, parce que ce n'est pas lui que l'on vise. C'est toi. Mais le brun est plus rapide, un bouclier se forme autour de son bras et le poignard est intercepté. Tu serres sensiblement les dents, n'appréciant pas réellement ce genre d'introduction. « Tu étais supposé la jouer réglementaire. » Réglementaire hein. C'est ça. Pathétique. L'homme s'approche, et tu te rends bien compte que vous avez à faire à un chasseur. Alors c'est donc cela. L'empereur deale avec les chasseurs. Ça ne te surprend même pas. Plus grand chose ne te surprend à vrai dire. « Il faut bien que je m'assure que notre empereur a toujours de bons réflexes. Et puis, un garde de plus ou de moins, au final, il me semble me souvenir que ce n'est pas très différent pour toi. » Un garde de plus ? Oh mais c'est là qu'il se trompe. Si ce n'est pas n'importe quel garde, ça peut faire toute la différence. « Nocte, cesse donc ton petit jeu. On ne touche pas à mes sujets et tu le sais parfaitement. » Tu arques un peu un sourcil, restant juste en retrait, écoutant l'échange entre les deux hommes. « Certes. Mais je rappelle deux points importants, si tu ne l'as pas fait, jeune Tudor : le blond, tu restes en arrière et tu tiens ta langue. Ou alors je peux te jurer que ce n'est pas Samael qui te sauvera. » Tu restes en arrière et tu tiens ta langue. Parce que en plus, ce type pense être habilité à te donner des ordres ? C'est le monde à l'envers. Sinon, ce n'est pas Samael qui te sauvera ? C'est plus fort que toi, tu pouffes bien peu discrètement, levant les yeux au ciel. Tu trouves la situation plus risible qu'autre chose pour le coup. Qu'il tente, n'importe quoi contre Tudor ou toi, il le regrettera amèrement. Oui, tu sais que les chasseurs ont un entraînement spécial, qu'ils excellent dans l'art du combat. Mais toi tout autant. Mais s'il veut tenter l'aventure ; le parc est ouvert. Mais ce n'est pas le genre d'attraction dont on ressort entier. Tu secoues brièvement la tête, mains croisées dans le dos. C'est cela, qu'il continue à essayer de t'intimider, ses paroles ricochent sur toi plutôt qu'autre chose. Tu ne le sous-estimes pas non, tu n'en as juste rien à faire de ce gars. Ce n'est pas pareil. Et de toute façon, quelque chose d'autre a retenu ton attention ; Tudor lui-même. Tu trouves ses réflexes particulièrement pointus, pour un simple empereur.

Un quart d'heure s'écoule. Tu n'écoutes que distraitement ce qui se raconte, une fois de plus, ce ne sont pas tes affaires. Alors tu te contentes de surveiller la scène. « Samael. Ne perd pas tes réflexes, tu sais aussi bien que moi qu'eux seuls pourront te sauver la vie, contrairement à un garde lambda.. » « Je sais bien. Sois prudent. » « Toi aussi. » Un simple garde lambda. Ses mots te font légèrement serrer les dents. Un garde lambda... C'est bien te sous-estimer, que de sortir ça comme ça. Ta nature impulsive peut rapidement prendre le dessus si l'autre continue. Mais tu n'es rien censé dire, alors tu te la fermes. C'est bon, inutile de s'énerver. Espérons juste qu'il ne soit pas confronté à toi un de ces jours, tu te feras un plaisir de lui montrer que tu n'es pas n'importe quel garde. Un salut, vous ressortez de ce hangar. Il n'y a pas de question à poser. Ce n'est pas ton rôle. Alors tu te contentes de lui emboîter le pas, et le chemin du retour est plutôt silencieux. Il semble perdu dans ses pensées, alors que toi, tu es toujours aussi attentif. Vous arrivez bien rapidement au palais, tu ne t'en rends pas tout de suite compte toi non plus, si bien qu'il te faut relever la tête pour réaliser que vous y êtes. Il s'arrête, se tourne vers toi. Tu te redresses légèrement, soutenant son regard. « Vous avez quartier libre, je vais rejoindre ma famille, je n'ai pas besoin de votre présence jusqu'en fin de journée. Cependant, n'oubliez pas deux choses : pas un mot de ce que vous avez vu, d'une part. Et d'autre part : rendez-vous à dix-neuf heures dans la salle d'entraînement de l’aile sud. » Tu hoches la tête lors de la première partie de sa phrase. Très bien, tu peux donc disposer. Ne rien dire ? C'est comme si tu avais déjà tout oublié. Tu n'iras rien dire. Et si quelque chose t'échappe, alors il pourra te coller en prison, faire ce qu'il veut. Tu n'es pas une balance, tu ne vends pas tes informations, et même sous la torture, il est quasiment improbable que tu dises quoi que ce soit. Bon ok, tu vois un peu loin là, mais, sait-on jamais. Tu hausses un sourcil néanmoins quand il aborde l'idée de la salle d'entraînement... Ou plutôt, qu'il te donne l'ordre de t'y rendre. Alors là, c'est une agréable surprise. Monsieur a décidé de te tester, enfin ? Il veut tenter de te mettre à terre ? Soit. Un sourire plutôt joueur se dessine sur tes lèvres, tu le laisses disparaître, et à ton tour, tu rejoins ta suite. Tu as quelques affaires à régler en ville, mais tu restes joignable. Et ce soir, dix-neuf heures, tu seras dans cette salle. Sans faute.

°°°

Dix-neuf heures moins dix. Tu es devant la porte de la grande salle d'entraînement, tenue de sport, une serviette par-dessus l'épaule, des gants de combat libre dans ta main droite. Tu n'es pas sûr d'en avoir besoin, mais on sait jamais, peut-être qu'il veut bel et bien tenter de te mettre K.O. Tu entres dans la salle, constatant au passage qu'il est déjà là. Il s'est donc déjà échauffé ? Toi non. Tant pis, tu verras sur le tas. « Monsieur Wyatt ne vous a pas expliqué qu'il fallait toujours être très en avance lorsque je donne un rendez-vous à quelqu'un ? Il aurait dû. » Ce large sourire qui étire ses lèvres te montre bien que cela n'est pas un reproche. Ça t'aurait étonné, qu'il se montre si froid, de toute façon. Ton sourire fait écho au sien, et tu poses rapidement tes affaires à l'entrée, tandis qu'il boit, et verse le reste de sa bouteille sur sa tête. Il a si chaud que ça ? Hé bien, c'est qu'il doit être à l'effort depuis quelques longues minutes déjà. Ce qui n'est pas ton cas. Qu'importe, on s'en fiche. « Savez-vous manier l'épée, Monsieur Volkov ? » L'épée ? Il veut se battre à l'épée ? C'est.. Plutôt particulier comme demande. L'épée n'est pas ta spécialité, mais tu y as de nombreuses fois touché par le passé. Dans ton entraînement, lors de stages... Mais c'est plutôt curieux, qu'il veuille se battre à l'épée. Enfin, si cela lui fait plaisir. « Je me débrouille. » Fais-tu, modeste. Tu sais parfaitement ce que tu vaux. Et cette modestie est plus que vraie ; c'est dans ton caractère. Tu n'es pas de ceux qui se vantent de mille mérites, loin de là. Tu ne te vantes plus de rien depuis bien des années déjà. Il te passe une épée, et tu la récupères rapidement, resserrant ta prise sur l'arme. Elle est plus légère que ce que tu pouvais penser. Tant mieux d'un côté, les gestes n'en seront que plus rapides. Tu observes l'épée un court instant, la faisant tourner un peu. Puis tu te positionnes, prêt à attaquer, ou à parer les coups. « Alors en garde... » Souffle-t-il, alors qu'un mystérieux sourire étire tes lèvres. Tu ne lances pas la première offensive. Tu préfères voir ce qu'il a dans le ventre avant. Mais il ne se fait pas prier, en réalité. Et tu es bien obligé de parer les coups. Vos gestes sont fluides, l'un ne laisse pas vraiment de brèche à l'autre, et inversement. Ton souffle se fait un peu plus court, mais tu tiens la distance, pourtant. Tu restes attentif, et tes réflexes sont toujours aussi affûtés. Tu dois reconnaître qu'il est doué. Même très doué. Un novice pourrait aller se rhabiller, clairement. Mais, même si ce combat est passionnant, tu n'as pas envie de laisser les choses traîner en longueur.  Tu veux lui mettre un peu de pression, un peu plus de difficulté, que le niveau monte crescendo. Que vous passiez vraiment aux choses sérieuses. Alors tes attaques sont plus agressives, plus rapides. Tes mouvements sont précis, mais il esquive continuellement, avec une dextérité presque effrayante. Tu donnes un peu plus de toi-même encore, si bien que tu finis par prendre la main. Et en parlant de main, lui change celle avec laquelle il tenait son épée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est encore plus redoutable ainsi. Tu plisses un peu le front, manquant de te faire dépasser quelques fois. Mais tu tiens le coup. Vraiment.

Jusqu'à ce que tu prennes de coup dans le visage. Dans l'action, il t'a frappé – pas de la lame – mais il t'a cogné au visage. Un tout autre plan se présente comme une évidence à ton esprit. Et sans plus réfléchir, tu lâches ton arme qui tombe dans un bruit métallique, lorsqu'elle atteint le sol. Tu gémis un peu de douleur – et quel bon comédien fais-tu, il faut l'avouer. Tu recules d'un pas et d'un autre, à la démarche plutôt incertaine. Tu n'es que très légèrement désorienté, en réalité, tu pourrais tout à fait reprendre le combat. Mais c'est un adversaire redoutable, et une autre stratégie s'impose apparemment. Une main plaquée contre le visage, tu lui fais un bref signe de l'autre, interrompant le combat. « Juste... Un instant s'il vous plaît... » Souffles-tu douloureusement. Tu te frottes un peu les yeux, clignant par moment des paupières. Oui, on dirait bien que tu es littéralement sonné. Et ça aurait pu être le cas, si tu n'avais pas l'habitude de prendre des coups. Tu recules, jusqu'à rencontrer un mur contre lequel tu t'appuies un instant. Non, tu n'es pas bien. En apparence du moins. « Est-ce qu'il y a de l'eau ? » Fais-tu toujours sur le même ton. Il te répond, et tu sens bien qu'il est tendu, encore sur ses gardes. Bien, il marque un point. Mais tu sais que tu peux le faire craquer. Tu en es sûr est certain. Tu es tellement bon à ce petit jeu. Il te répond qu'il y en a à l'entrée, et un soupir un peu gêné s'échappe d'entre tes lèvres. À l'entrée... Tu aimerais voir si tu peux le déconcentrer. S'il peut baisser sa garde suffisamment pour que tu interviennes. Tu décolle un instant tes paumes de ton visage, clignant des yeux par moments, fronçant les sourcils à d'autres. Tu soupires à nouveau légèrement, reprenant. « Écoutez, je ne veux pas vous déranger mais... Est-ce que vous pourriez m'en attraper une ? J'ai un peu le tournis là... » Fais-tu avec un léger sourire. Tu l'entends soupirer, tandis que tu refermes les yeux. Il accepte, et lentement, tu te dis que ton plan risque de fonctionner. Enfin, en attendant, tu es censé être un peu désorienté, donc tu vas presque péniblement à la rencontre d'un mur, t'appuyant contre ce dernier pour finalement t'asseoir par terre. Une courte pause n'est pas de refus, comédie ou pas, cet homme est plus que doué à l'épée, tu n'as pas son expérience ou sa maîtrise dans cet art, tu dois le reconnaître, et c'est pourquoi un court instant de répit ne se refuse pas, oh que non. Enfin, il revient vers toi, tu penches légèrement la tête en arrière, essayant de regarder le plafond distraitement. Il arrive, et te jette la bouteille dessus. Dans la tête. Tu lâches un léger 'aouch' un peu mou, récupérant juste la bouteille avant qu'elle ne roule plus loin. Lui semble se moquer de toi, puisque tu l'entends rire. Et tous comptes faits, ton rire fait écho au sien. Un garde assommé par une bouteille ? C'est pitoyable en effet, tu es bien d'accord. Tu hoches légèrement la tête, totalement d'accord, et tu ouvres plutôt la chose, prenant rapidement une gorgée d'eau. Ce qui te fait le plus grand bien au passage.

À ta surprise, tu le vois qui te rejoint, venant s'asseoir à côté de toi. Il se pourrait que les choses deviennent intéressantes alors... Un léger sourire flotte toujours sur tes lèvres, alors que tu reprends de plus belle. « Je dois admettre que vous me dépassez largement dans le combat à l'épée. Sincèrement. » Mais ça, il n'a peut-être pas besoin de l'entendre ; il est sûr de lui, ça s'entend. Et ce n'était pas la chance du débutant, mais plutôt l'expérience de l'ancien, à laquelle tu viens de faire face. Tu l'as senti. Dans la précision de ses gestes, dans ses stratégies d'attaque et de défense. Tout laissait penser que ce n'était pas la première fois qu'il se servait d'une telle arme. Peut-être qu'il ne l'a pas inventé alors. Peut-être qu'il est vraiment capable de s'occuper de lui-même. Et dans ce cas, tu n'auras d'autre choix que de tenir parole. Mais l'entraînement n'est pas fini, et tu caches encore quelques cartes dans ta manche. Tu réfléchis un instant, avant de reprendre une fois de plus. « Et si vous m'autorisez une dernière faveur, cessez donc de me vouvoyer et de m'appeler Monsieur. Je n'ai que vingt-six ans vous savez, m'appeler Monsieur n'est, à mon sens, pas de rigueur. C'est Lyokha ou Volkov, mais s'il vous plaît, j'ai l'impression d'avoir vingt ans de plus. » Fais-tu, souriant largement. Tu n'as pas vraiment l'habitude que l'on t'appelle monsieur. Simplement car tu n'as que vingt-six ans, et que tu n'as peut-être pas envie qu'on t'appelle ainsi... Enfin, s'il insiste, tu ne pourras pas dire non, c'est lui ton employeur, tu es censé obéir quoi qu'il en soit. Mais s'il pouvait éviter, s'il pouvait se contenter de te tutoyer, de t'appeler Lyokha... Volkov à la rigueur, mais bon, tu as un prénom, autant s'en servir non ? Bref, tu prends une nouvelle gorgée d'eau avant de refermer la bouteille, la posant à côté de toi. Tu tournes un peu la tête vers lui, l'observant silencieusement... Il a quoi... Ton âge, pas plus. Tu détailles ses traits, sans même remarquer un seul instant que ton regard est peut-être trop insistant. C'est qu'il y a quelque chose de captivant dans son regard. Dans ses traits. Quelque chose qui t'empêche de tourner la tête. C'est peut-être un peu curieux, un peu gênant. Pourtant, il ne t'évite pas du regard lui. Alors tu soutiens le sien. Il faut que tu restes concentré mais... Tu as une nouvelle idée. Idée qui pousserait le test dans une autre dimension encore. Ce qui n'est certainement pas une bonne idée au passage... Il pourrait très mal le prendre. Mais il ne semble pas perturbé outre-mesure, alors que tu t'approches presque imperceptiblement de sa personne. Tu fais décidément n'importe quoi. Mais on dira que c'est dans le cadre de ton expérience. On pourrait croire que tu es un peu fébrile sur l'instant, un peu inconscient. Il n'en est rien ; tout est réfléchi. Vos visages sont proches l'un de l'autre ; peut-être un peu trop. Une quinzaine de centimètres. Et tu te demandes pourquoi il ne t'a pas déjà viré. Mais c'est tellement bizarre, tellement étrange... Tu déglutis un peu, sentant presque son souffle contre tes lèvres. C'est certainement perturbant. Et pourtant, tu restes tout ce qu'il y a de plus professionnel. Parce que tel est ton plan, et tu comptes bien le mener à terme.

Tu restes les yeux rivés sur son visage, passant de ses lèvres à ses yeux, inlassablement. On pourrait presque croire que tu comptes faire une belle bêtise, mais... Non, pas vraiment. Tu pourrais pourtant. Une telle proximité... Ce qui t'étonne, c'est qu'il la tolère, déjà. Enfin, tant mieux d'un côté ; si ça peut t'aider à gagner cette manche. Tu ne bouges plus, mais la tension est palpable. Tu es un peu perdu quand à sa réaction en réalité, même si tu n'en montres rien. Ton regard en dit long sur ce que tu penses, c'est déjà suffisant. Bon sang, mais que fais-tu... Oh, patience. Voilà qui vient. Ta main pendant ce temps s'est déplacée lentement. Tu as profité d'avoir son regard, toute son attention, pour le détourner de la vraie ruse. Si bien qu'en quelques brèves minutes, tu as placé un couteau de lancer aussi tranchant qu'une lame de rasoir, la pointe frôlant son torse. Tu n'aurais qu'à appuyer d'un coup sec dessus pour qu'il se fasse une place dans son corps, et vienne douloureusement percer son cœur. Un malicieux sourire s'étire sur tes lèvres, alors que tu murmures, doucement, à son attention. « Et là, vous êtes mort. » Tes yeux descendent vers la lame aiguisée, qui se dirige dangereusement vers lui. Tu attends quelques longues secondes, qu'il constate par lui-même du petit tour dont il vient d'être la victime. Et puis, tu récupères le couteau, te relevant, bouteille d'eau à la main. Curieusement, tu es tout sauf étourdi. Aucune marque sur le visage. On dirait que tu es plus en forme qu'autre chose. Oui, tout cela n'était qu'une supercherie, un test ridicule. Il a résisté longtemps. Mais pas assez pour se débarrasser de toi. « C'est dommage vous savez. C'était si bien parti pourtant. Votre méfiance, votre technique. Tout était parfait. Même quand j'ai dû feindre une certaine souffrance au visage, même quand je vous ai demandé une bouteille d'eau, vous étiez constamment sur vos gardes. Et là... » Tu penches légèrement la tête. Car c'est tout de même assez curieux, cette réaction qu'il a eu. Comme si pendant quelques instants, le temps s'était littéralement coupé. Rien que pour vous deux. Rien que pour vous donner le loisir de vous fixer dans les yeux. Tu n'en reviens pas vraiment, mais tu dissimules sans mal ce côté un peu perturbé qui t'a saisi. « Je ne vous apprends rien quand je dis que l'ennemi n'est pas toujours celui que l'on croit, Monsieur. Et pourtant, vous avez cédé si facilement... Que s'est-il passé ? » Tu as une petite idée, pour ta question. Le simple fait que tu sois un peu trop proche. Ton regard réputé pour être aussi captivant qu'effrayant, parfois. Un regard bleu azuréen, aux reflets d'argent. Peut-être que c'est ça, qui l'a laissé en bug pendant ces quelques minutes. Tu l'espères. Sinon ce serait... Trop étrange. Mais tu ne veux pas y penser. Un bref soupir t'échappe et tu l'observes toujours. C'est quelqu'un de très résistant apparemment. Quelqu'un de très méfiant, constamment sur ses gardes. Et pourtant, un comportement un peu déplacé de ta part a révélé une très petit brèche dans le système. Une faille plutôt faible, et peut-être difficilement exploitable si on ne connaît pas le jeune homme. Mais une faille quand même. Et c'est déjà trop à ton goût pour le laisser tranquille. Tu files plutôt vers l'entrée, récupérant la serviette que tu passes derrière ton cou, et tes gants qui au final, n'auront servi à rien. Mais avant que tu t'éclipses, le jeune Tudor te rappelle à l'ordre. Revoir tes priorités ? Sérieusement ? Tu t'arrêtes un instant, avant de finalement te tourner vers lui, un large sourire étirant tes lèvres. « Pas pour l'instant non. » Fais-tu simplement, te détournant pour sortir. « Mais, on renouvellera l'expérience quand vous serez insensible à mon charme. » Fais-tu en souriant. Certes, c'est assez déplacé. Incongru, tout ce qu'on voudra. Tu es peut-être un peu trop détendu pour le coup, mais qu'importe, c'est bientôt l'heure du repas de toute façon, et tu as encore des affaires à régler en ville. À ton goût, il a perdu le pari pour ce soir. Tu espères que ça lui servira de leçon. Autant que tu espères qu'il sera un peu plus résistant la prochaine fois.

°°°

Sixième jour déjà. Six jours que tu es ici, à veiller sur la famille impériale, sans incident pour l'instant. Il faut croire que tu tiens le coup. N'est-ce pas ce qu'on attend de toi d'un côté ? Oui. Même si tu as un peu trop de répondant peut-être, même si tes règles sont précises et que tu te tiens aux valeurs que tu prônes. Enfin, il faut dire que depuis deux jours... Depuis ton entraînement avec Tudor, tu es un peu plus perturbé. À cause de ses réactions, de cette proximité... Tu ne t'y attendais pas vraiment. Tu pensais qu'il allait te repousser, que tu allais éprouver du dégoût plutôt qu'autre chose... Et en réalité, tu t'es surpris à apprécier cet instant, cette tension presque pesante. Bon sang... Enfin, ne plus y penser. Tu te tortures assez l'esprit avec cela la nuit pour t'empoisonner le jour aussi. Et c'est dans une semaine que tout se décidera ; une semaine après laquelle l'empereur donnera son oui, ou son non, quand à ton intégration ici. Si oui ou non, tu vas bosser pour eux pour une période qui reste indéterminée. Autant dire que la pression monte sensiblement, de jour en jour, d'heure en heure. Un bruit vient de la suite des Tudor, et tu te demandes ce que ça peut bien être. Non, ça ne peut-être un d'entre eux, pour la bonne et simple raison qu'ils n'y sont pas à cette heure-ci. Monsieur est en réunion d'après les informations que tu as reçues, madame et les enfants sont à la bibliothèque. Tu n'es pas paranoïaque, mais si quelqu'un est entré par tu ne sais quel moyen ici, il est important que tu le saches. Alors discrètement, tu entres dans la suite. Curieusement, personne n'est dans le couloir. Tu entends plutôt un bruit d'eau qui coule, et tu comprends vite qu'il s'agit de la douche. La douche, vraiment ? Tu fronces les sourcils, perplexe. C'est improbable, insensé, qui donc serait rentré ici pour prendre une douche ? Non, ce n'est pas de la paranoïa une fois de plus, mais tu dois savoir. Alors sans réfléchir plus que cela, tu entres – on mettra ça sur le compte de la fatigue hein – et tu avances dans la sale d'eau. Quelqu'un est bel et bien sous la douche, et c'est... Omg non. T'es quand même pas entré alors que. Tu ne sais pas trop pourquoi, tu restes en bug, à le détailler de la tête aux pieds. Tu ouvres la bouche pour dire quelque chose, et tu la refermes aussitôt. Non sérieusement, tu veux de l'aide ? Non, c'est juste que tu es trop en bug pour réagir ou tenter quoi que ce soit. Puis, presque brusquement tu reviens à toi, alors qu'il reprend la parole. « Je vous dérange Volkov ? » Tu balbuties quelque chose de purement incompréhensible, et tu disparais juste de la pièce. Oh bon sang. Qu'est-ce que tu as fait... Tu fronces un peu les sourcils, déglutissant presque difficilement. Tu secoues la tête, te retenant de te frapper la tête contre le mur d'en face. Franchement, à une semaine de la décision, à la moitié du parcours c'est... Sans mot. Tu t'éclipses juste de la suite, regagnant les couloirs du palais, quelque peu préoccupé. Quel crétin fais-tu... Tu serres juste les dents, arpentant à nouveau les corridors comme pour te distraire. Apprendre pour oublier tes bêtises hein... En attendant, de nombreuses minutes s'écoulent. Tu ne les comptes pas, mais au bout d'un moment, une demoiselle t'interpelle. Convocation. Tout de suite. Salle de musique. Oh non de... Tu te mords presque violemment la lèvre, la remerciant au passage. Puis tu te diriges tout naturellement vers la salle de musique, retrouvant au passage un semblant d'assurance. Ça va le faire, ça va le faire. Mais curieusement, tu n'arrives pas à t'en convaincre. Tu atteins rapidement la pièce en question, et tu entres, mains croisées dans le dos comme à ton habitude. Posture droite, expression neutre, regard rivé sur l'homme qui t'a fait demander. « Vous vouliez me voir Monsieur ? » Fais-tu le plus naturellement possible. Comme si rien ne s'était passé. Oh non, ce n'était pas comme si tu avais vu ton empereur, employeur nu. Et que tu étais resté à le regarder.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Ven 4 Avr - 9:49

Certes, tu parles d'exécution légale. Mais tu n'as de contrôle que sur celle-ci, pas sur les autres. Tu ne peux pas empêcher un certain nombre de dérives, les lois sont toujours enfreintes un jour ou un autre, mais le fait qu'officiellement l'exécution soit interdite limite déjà les choses. Par contre, tu doutes que quiconque s'en prenne à lui s'il doit t'arriver quelque chose. Pas à ce niveau là en tout cas. Tu ne te rends pas bien compte combien tu es apprécié du peuple, surtout parce que beaucoup savent que tu as toujours été près d'eux, que tu les écoutes, que tu es juste avec eux même si tout n'est pas parfait avec toi. Tu es fortement apprécié, même si, à tes yeux, tu n'es pas à la hauteur de ce rôle qu'on t'a imposé. Mais il est vrai que parfois les personnes n'ayant jamais désiré le pouvoir s'en sortent bien mieux que d'autres qui ont toujours rêvé d'être au sommet. Bref. Tu retiens un soupir, ne jugeant pas nécessaire de répondre. Il craint pour sa vie, comme tout personne normale. Tu ne peux le lui reprocher. De toute manière, tu penses qu'il verra bien vite que te suivre est une sérieuse épreuve. Laisse-lui donc ses illusions quelques jours, après il comprendra. Comme tous ceux qui sont passés avant lui. Il répond plutôt à ta précédente question, concernant sa capacité à s'occuper d'enfants. Tu es intrigué mais tu ne poses pas de question particulière. Ta curiosité a beau être piquée au vif, tu as appris à la contrôler. Mais tu notes cette information dans un coin de ton esprit, tout en lui demandant s'il a des questions ou s'il désire une suite sur place. Il accepte ta seconde proposition, tu vas donc avoir de quoi t'occuper l'esprit quelques instants. Sur ce, il peut disposer. Ce qu'il fait, bien évidemment. Un nouveau garde au palais... Ramiel n'a pas tout à fait tord, il y a un nouveau jouet au palais.

~~~

Voilà un moment que tu n'avais plus eu l'occasion de détaler dans les rues comme tu le fais. Il t'a retrouvé. Il t'a suivi, même. Et là, il te course. Il est donc l'heure de le mettre au défi, de voir s'il est capable de tenir la distance et, éventuellement, d'anticiper tes prochains mouvements. Il a l'air de bien connaître ces rues, il ne se laisse pas distancer malgré le fait que tu ne lui laisses pas le moindre cadeau. Dans ce cas, peut-être peux-tu lui laisser une chance de te rattraper. À condition qu'il connaisse un minimum ces rues que tu parcours, évidemment. Toi, quand tu es sur ton ancien terrain de chasse, tu as toujours le plan des rues qui se dessine dans ton esprit. Tu lui laisses donc une chance, une seule. Et il la saisit. Au détour d'un croisement, tu manques de lui foncer dedans. Une chance que tu aies pensé ce plan, sinon vous vous seriez très certainement percuté l'un l'autre. Tu t'arrêtes alors, t'accordant quelques instants pour reprendre ta respiration. Et râler quelque peu. Quel pot de colle. Mais il est le premier à prendre cette perche que tu lui as tendue et tu apprécies cela. Sincèrement. Il est doué. Il prend ta remarque pour un compliment ? Oh, il peut, même si tu ne le pensais pas ainsi. Mais c'est vrai que, d'un côté... Il est parvenu à te surprendre, il te faut bien l'avouer.

Sauf que tu ne peux pas te permettre de le complimenter alors que tu comptes lui fausser compagnie. Tu ne veux pas qu'il t'accompagne, parce que tu connais bien les Chasseurs et ils sont méfiants. Ils n'aiment pas se montrer, encore moins en plein jour. Et lorsque cela doit se faire en présence d'une personne dont ils ignorent tout... Non, trop dangereux. C'est le blond qui risquerait sa vie s'il te suivait. Il peut pouffer de rire, c'est pourtant bien un risque qu'il prend. Tu lui expliques rapidement la situation, qu'il retourne au palais, qu'il aille veiller sur Adelina et les enfants. Sauf qu'il soupire et te tient tête. Il affirme qu'il ne te lâchera pas. Ah la la... Pot de colle, c'est bien ce que tu disais. Seulement tu ne peux pas trop traîner, tu te fais un devoir d'être toujours à l'heure et si tu continues à perdre du temps, tu seras en retard. Ors il va continuer à te coller visiblement. Comment te sortir de cette impasse ? Tenter de lui faire confiance, le laisser t'accompagner ? En cas de trahison, tu pourras toujours lui faire profondément regretter d'avoir parlé après tout, même si ce n'est pas spécialement dans ton tempérament... Bref. Allez, il t'a quand même prouvé qu'il méritait d'avoir ton attention, alors tu lui laisses une chance. Sa seule chance. Tu lui demandes de patienter et tu appelles rapidement Nocte. Vous négociez les conditions de rencontre puis tu pars vers le lieu de rendez-vous, énonçant rapidement les conditions à ton garde : rester à distance, se taire et pas un geste menaçant. Ce dernier point ne vient que de toi, tu connais bien trop ton ancien mentor.

Vous changez de quartier, vous changez de milieu de vie. Qui s'attendrait à voir l'empereur dans l'un des quartiers pauvres de la capitale ? Peu de personnes. Encore moins ceux qui ignorent quel est ton tempérament. Tu connais cet endroit, tu y allais fréquemment, avant. Ton père t'apprenait à aimer ceux qui n'avaient pas la chance de naître au sommet de la pyramide, il t'apprenait à les respecter autant que ceux de ton rang, et même plus encore parce qu'eux se battent pour vivre, voir survivre. Quand les enfants auront l'âge de comprendre, tu leur feras la même leçon. Tu sais que Sindbad n'aura très certainement pas besoin de leçon, vu qui est sa mère, mais pour ton petit Ramiel, ce sera obligatoire. Bref. Tu entres prudemment dans le hangar et laisses l'autre faire de même, sur tes gardes. Tes sens sont en alerte, dans le noir complet, on ne sait jamais ce qui peut arriver. Et un poignard file dans les airs. Il ne t'est pas destiné mais tu l'interceptes quand même, afin de rappeler à ce cher Chasseur qu'on ne joue pas avec tes sujets. La conversation est rapide mais préoccupante. Si tes anciens camarades changent de chef et que Sword prend leur tête, tu n'auras plus aucun contrôle sur eux et, là, tu devras vraiment sévir avec eux. Tu ne prendras pas le risque de provoquer une guerre pour une histoire de vengeance. Tu es tellement plongé dans tes pensées que ce n'est qu'au dernier moment que tu te rends compte que vous êtes de retour au palais. Tu le congédies, qu'il aille vaquer à ses occupations, mais tu veux le voir en salle d'entraînement à dix-neuf heure sans faute. Ton sourire fait écho au sien. Oui, il est grand temps que tu testes ses capacités. Mais avant cela, tu as autre chose à régler. Tu disparais donc dans ton palais, sans rien dire de plus.

~~~

La salle d'entraînement, ton épée en main et le blond qui vient d'arriver, légèrement en avance. Tu es là depuis bien longtemps, tu as déjà bien chaud, tes muscles sont tous activés. Tu es prêt, mais tu le laisses d'abord se préparer tandis que tu avales quelques gorgées d'eau. Tu es certes endurant mais comme cela fait quelques années que tu n'as plus eu le droit d'aller sur le terrain, ton endurance en souffre. Il n'y a qu'avec les robots que tu peux faire de longs combats à plusieurs contre un, mais tu connais trop bien leurs programmes pour que ce soit réellement intéressant. Tu espères que, ce soir, le jeune homme se révélera à la hauteur contre toi, sinon il devra te lâcher. Le fond de ta bouteille finit sur ta tête, l'eau dégoulinant de tes cheveux noirs pour ensuite couler sous tes vêtements. L'eau fraîche te fait un bien fou... Mais il est grand temps de passer à l'entraînement. Alors tu le regardes et tu lui demandes s'il sait manier l'épée. Cette arme est ta spécialité, même si le lancer de couteaux et le combat à mains nues sont aussi des domaines dans lesquels tu es doué. Le combat à l'épée est un art qu'on t'a appris très jeune, avec tes professeurs et l'expérience du terrain avec les Chasseurs, il est évident que tu as largement dépassé le niveau du débutant. Alors qu'il ne sait pas manier ton arme, il faudra te rabattre sur un autre sport. Il se débrouille ? C'est à dire ? Tu fronces les sourcils mais ne fais pas de commentaire, lui passant plutôt l'épée la plus équilibrée que tu aies en main. Tu l'observes faire tourner l'arme, avant de se mettre en garde. Ton sourire devient alors limite carnassier. En garde...

Tu attends tout d'abord qu'il lance l'offensive, histoire de pouvoir te faire une petite idée de son niveau exact. Sauf qu'il semble sur ses gardes et faire de même pour toi. Tant pis pour lui, tu attaques alors. Ne voit-il pas que tu combats de la main droite, alors qu'habituellement tu es gaucher ? Non, dans le feu de l'action, personne ne remarque jamais cette manière dont tu limites tes capacités en utilisant ta main droite. Il pare tes coups quand même et tu pares les siens. Il faut avouer qu'il est plutôt doué. Son niveau est bon, mais tu sais parfaitement bien qu'il ne fait pas le poids. Parce que tu n'y vas pas à fond, parce que tu continues à retenir tes coups même si tu doutes qu'il s'en rende compte. Sauf qu'à force de le laisser augmenter le niveau de votre duel, tu commences à te sentir en difficulté avec ta main droite. Que faire ? Le laisser gagner ? Hum... Non. Vos gestes ont beau être rapides et fluides, sans laisser la moindre ouverture dans votre garde, ce n'est pas encore suffisant, le niveau est encore trop bas pour toi. Alors, rapidement, entre deux coups, ton épée retrouve sa place, dans ta main gauche. Ah, mieux. Sur ce, tu répliques à ses attaques avec bien plus de puissance qu'avant. Toi qui commençais à reculer, tu inverses rapidement la tendance. Pour autant, tu gardes un certain contrôle. Parce que ce n'est pas une "proie" que tu combats, mais un des tiens et il est hors de question d'oublier une information si cruciale. Il n'empêche que s'il résiste trop longtemps, tu seras obligé d'augmenter encore le niveau... Un instant, tu esquives la lame de son arme mais il se retrouve à portée de poing. C'est sans plus réfléchir que ta main libre vient lui frapper le visage. Heu... Oups ? Tant pis, toujours en garde, tu es prêt à lui faucher les jambes et le maintenir au sol en un beau K.O. technique. Sauf qu'il lâche son épée et recule, gémissant de douleur. Tu fronces les sourcils. Sérieux ? Tu n'as pourtant pas l'impression d'avoir frappé très fort. Pauvre petit blondinet. Ahem, Samael, un peu de concentration. C'est ce que tu fais : tu restes à 100 % sur tes gardes, prêt à parer toute attaque surprise. Même s'il te fait signe qu'il veut interrompre votre duel. Un instant ? Ah la la... Si tu avais eu une telle réaction face à tes professeurs par le passé, ou face à ton père, tu t'en serais pris plein la figure. Tout comme on ne demande pas à un ennemi qui ne veut que vous tuer de nous laisser un instant pour souffler. Tu n'aurais qu'à le transpercer de ton épée et l'histoire serait finie. Enfin... Est-ce qu'il y a de l'eau ?

-Oui, il y a quelques bouteilles à côté de la porte par laquelle vous êtes entré.

Tu soupires presque mais tu te retiens de justesse. Inutile d'être désagréable, mais tu n'as pourtant pas l'impression d'avoir frapper si fort qu'il semble vouloir te faire croire. Enfin, à tes yeux. Bref. Toujours tendu, tu te contentes de l'observer cligner des yeux, adossé contre son mur. Et il te demande si tu peux lui en apporter une. Cette fois, tu soupires mais te détournes, allant plutôt chercher ce qu'il te demande. S'il a besoin d'une pause, alors soit, même si tu restes en pleine forme. Après, évidemment, quelques minutes de calme sont toujours bonnes à prendre, c'est bon pour le souffle et élaborer des stratégies. Il faut bien que tu te rendes à l'évidence, cet homme est doué avec une épée dans les mains. Il n'a certes pas ton niveau mais il se révèle être un bon adversaire. Tu es agréablement surpris d'une telle nouvelle. Peut-être est-ce toi qui a des choses à apprendre avec lui, et non l'inverse. Peut-être. Il est encore trop tôt pour juger. Mais il n'est là que depuis quatre jours, tu as encore tout ton temps pour te faire une idée plus précise. Tandis que tu réfléchis, tu viens machinalement t'emparer d'une bouteille d'eau puis retournes vers lui, le retrouvant assis sur le sol, adossé contre son mur. Allez, réflexes ? Tu lui lances la bouteille dessus, t'attendant à le voir l'attraper... Sauf que l'objet tombe sur sa tête. Tu ne peux retenir un très léger rire en le regardant. Décidément, tu l'as secoué à ce point ? Ou alors il était perdu dans ses pensées.

-Un garde assommé par une bouteille d'eau. Décidément, c'est pitoyable.

Oui, tu te moques de lui, mais ce n'est pas vraiment méchant. Tu es juste amusé d'une telle situation, rien de plus. Il ne semble pas t'en vouloir pour ta remarque, étant donné qu'il rit avec toi. Allez, puisqu'il s'autorise une pause, toi aussi. Tu viens alors t'asseoir sur le sol à ses côtés bien que gardant un espace de sécurité minimal. Tu le laisses boire, tandis que ton regard se fait vague. À quoi songe-tu, Samael ? À toutes ces heures passées dans cette salle, à t'entraîner avec ton père puis Aaron. À tous ces coups que tu t'es pris ici, à tous ces coups de sang que tu as défoulé sur place, à tout ce que cet endroit représente pour toi... Ton refuge reste certes la salle de musique de ta mère mais cette salle représente tellement de choses à tes yeux... Il t'arrache à tes pensées assez rapidement, te faisant tourner la tête vers lui. Tu le dépasses largement à l'épée ? Oui, c'était quelque peu évident. Tu connais ton niveau, tu n'as pas à en rougir, mais tu te contentes de hausser les épaules. Avec tous les entraînements auxquels tu as eu droit et les situations sur le terrain, sincèrement...

-J'ai eu de bons professeurs. Mais vous vous débrouillez bien mieux que je ne pensais, je dois avouer. Je suis agréablement surpris.

Autant rester sincère, sans en dire trop sur toi. De bons professeurs. La vie est une excellente institutrice. Mais inutile de t'étaler là-dessus, déjà il sait que tu connais un Chasseur, il ne faudrait pas qu'il fasse le lien entre eux et toi. Mais lui alors, quelle est son histoire pour qu'il puisse avoir un tel niveau ? Oui, une fois de plus, il est parvenu à piquer ta curiosité. Un peu plus tôt dans la journée déjà, ce soir encore... Décidément, cet homme est bourré de surprises. Tu adores les surprises. Ce qu'il continue à faire, te demandant une faveur : le tutoyer et cesser de l'appeler Monsieur. Tu arques un sourcil. Sérieusement ? Rares sont ceux qui te demandent une telle chose, on t'a tellement appris à respecter le protocole que, depuis que tu es monté au pouvoir, tu te contentes du vouvoiement, toujours. Sauf avec les quelques personnes avec lesquelles tu es réellement à l'aise, celles que tu tutoyais avant que ta vie ne prenne un nouveau tournant. Tu l'observes. De très longues secondes. Tu réfléchis à sa demande. En soit, cela ne te coûte pas tellement de laisser un peu le protocole de côté, mais tu as tes propres principes. Et puis, s'il croit que le fait qu'on t'appelle Monsieur te plaît... Tu n'as que vingt-six ans bon sang, pas plus. Mais tu es l'empereur alors tu te dois de l'accepter. On ne peut dire autre chose sans être encore plus dans le protocole ou familier. Finalement, tu secoues très légèrement la tête.

-C'est une déformation professionnelle. J'en suis navré pour vous mais, s'il faut être sincère, je vais l'être. Avec moi, le tutoiement est quelque chose qui se mérite. Je vais considérer votre requête mais il faudra attendre quelques temps, si je vous l'accorde.

Tu as envie de rire. Tu te retiens mais c'est dur, ton grand sourire amusé en témoigne. Cette manière de parler... Tu as tellement l'impression d'entendre ton père, cette manière distinguée dont il prenait toujours la parole, sa manière de mener les autres en bateau par ses tournes de phrases compliquées... C'était toujours très drôle à voir. Il était doué avec les mots, quand la colère ne l'aveuglait pas. Enfin bref. Tu regardes à nouveau devant toi mais tu sens son regard posé sur ta personne. Un regard curieusement insistant. Au début, tu le laisses faire, essayant de passer outre. Mais bien rapidement tu fais de même, l'observant sans chercher à fuir son regard. Oui ? Qu'a-t-il donc ? Tu ne sais pas et c'est parce que tu es curieux que tu ne bouges pas spécialement, que tu le laisses faire, lui rendant simplement la pareille. Il est... Étrange. Un peu. Pas autant que ce cher Andrew avec son fort grain de folie mais il l'est tout de même un peu. Tu n'as pas l'habitude de devoir affronter un regard aussi insistant. Mais tu ne dis rien. Tu le laisses même approcher. Tu es intrigué, toujours méfiant même si cela ne semble pas se voir, mais tu le laisses totalement faire. Tu veux essayer de comprendre comment il réfléchit, quels sont ses types de réactions, les plans qu'il peut inventer ou, tout simplement, en apprendre un peu plus sur lui.

Vos visages finissent par n'être séparés que par qu'une maigre quinzaine de centimètres. Ton souffle se fait imperceptiblement plus court. Tu n'es pas réellement mal à l'aise mais c'est tout de même surprenant que quelqu'un agisse ainsi avec toi, surtout maintenant. Qu'a-t-il donc en tête ? Tu n'en sais rien mais tu cherches la réponse au fond de son beau regard d'azur. Oui, magnifique regard... Samael, un peu de concentration voyons. Surtout que tu as du mal à le capter, son regard, étant donné qu'il n'a de cesse de bouger. Que compte-t-il donc faire, hein ? Tu n'en as pas la moindre idée. Durant quelques minutes, vous ne bougez ni l'un ni l'autre. La tension augmente un peu plus à chaque seconde qui passe, tu ne devrais pas te laisser emporter et pourtant, quelque part, c'est ce que tu fais. Comme si le temps s'était arrêté. Tu te perds, tu te noies dans son regard. Si magnifique... Ressaisis-toi un peu. Non, tu n'en fais rien. Parce que tu veux vraiment voir ce qu'il a dans le ventre. Bien sûr, au moindre geste déplacé, tu le reprendras fermement mais en attendant... Il faut bien avouer que ce n'est pas tellement désagréable... Suffit, tu t'es juré d'enfermer à jamais cette part de ta personnalité. Alors que tu essayes de te reprendre, un murmure te ramène à la réalité. Et là, tu es mort ? Tu arques un sourcil, avant de baisser les yeux. C'est là que tu vois la lame affûtée au niveau de ton torse. En effet. Il a bien joué, tu t'es déconcentré un instant. Tu le laisses se relever tandis que, pour ta part, tu secoues la tête avant de glisser une main dans tes cheveux. Wow. Sacré personnage ce blond. Surtout que vu la tête qu'il fait, il va parfaitement bien. Comme tu t'en doutais, il a simplement joué la comédie. Et il a profité du seul moment de déconcentration que tu t'es accordé. Oui, tu sais que l'ennemi n'est pas toujours celui qu'on croit. Mais... Que s'est-il passé ?

-Je ne risquais rien. Puisque, si je puis me permettre de vous rappeler ces paroles que vous avez eues lors de notre premier entretient : "laissez-moi avoir des doutes sur mon futur, s'il vous arrivait quelque chose". Vous ne vous donneriez pas tant de mal pour simplement m'exécuter ici, encore moins en sachant que n'importe qui au palais comprendrait instantanément ce que vous avez fait.

C'est ta logique. S'il voulait s'en prendre à toi, il pouvait très bien le faire plus tôt dans la journée et non pas maintenant. C'est pour cela que tu as baissé ta garde. Tu n'étais plus en mode combat. Mais il faut aussi avouer que tu as aimé ces quelques instants plongés dans son beau regard. La proximité entre vous a aussi beaucoup joué, bien évidemment, mais en soi ce n'est pas ce qui te dérange le plus. Il est étrange, cet homme, vraiment. Tu ne le comprends pas beaucoup, même si tu devines que, à ses yeux, ce n'était que la suite du test. Tu as échoué, mais pas sur le domaine auquel il pensait. Un soupir t'échappe tandis que tu le regardes s'éloigner. Pour ta part, tu te relèves, avançant de quelques pas. Hé, une petite seconde. Il compte s'en aller ainsi, sans un mot ? Il y avait un deal à la base entre vous. Tu le bats, il te laisse tranquille. Alors tu le rappelles à l'ordre.

-N'oubliez pas de revoir vos priorités jeune homme !

Jeune homme ? Oui, vous avez le même âge mais tu t'en fiches. Ce sourire qu'il t'adresse en se retournant vers toi ne te semble guère encourageant. Et il le confirme par ses propos. Pas pour l'instant ? Tu serres les dents. Tu n'as pas besoin de son aide, tu n'as pas besoin de lui, en quelle langue faut-il le lui faire comprendre ? Vous verrez quand tu seras insensible à son charme ? Non mais, il s'y croit vraiment ? Pense-t-il une seule seconde avoir la moindre influence sur toi ? Il se fourre le doigt dans l’œil jusqu'au cerveau. Alors, quand il commence à s'en aller, une de tes mains vient récupérer l'un des couteaux que tu as toujours sur toi et tu lances l'arme. Qui vient se planter dans la porte. À bien regarder cette dernière, on peut voir un certain nombre de traces de lames. Le lancer de dague est monnaie courante avec toi. Mais cette fois, l'arme se fiche à quelques maigres centimètres de lui. C'était calculé, même si Nocte est bien plus doué que toi dans ce domaine, il peut lancer de bien plus loin. Bref...

-Deux leçons, Monsieur Volkov. La première : ne jamais tourner le dos à un ennemi. Et la seconde : ne jamais sous-estimer quelqu'un. Vous devriez pourtant le savoir.

Tu n'es pas n'importe qui, qu'il se l'entre dans le crâne une bonne fois pour toutes. Tu as été formé aux combats, tu as eu une éducation très stricte à ce niveau, tu as été obligé d'apprendre le maniement des armes en plus de tout ce qu'imposait ton rang. Pour être capable de protéger les tiens, pour ne causer de soucis à personne en étant parfaitement capable de te protéger toi-même. Aujourd'hui, tu estimes avoir atteint un niveau suffisant pour ne plus avoir besoin d'une quelconque nourrice. Sur ce, tu le laisses s'en aller. Très bien, c'est reparti pour un entraînement avec les robots. Ce type... S'il continue à te sous-estimer, il finira tôt ou tard par s'en mordre les doigts.

~~~

Sixième jour d'essai pour le nouveau garde. Il ne s'est rien passé de grave en sa présence, il a de la chance, tes deux petits monstres se tiennent tranquilles depuis qu'il est là. Mais cela ne durera pas, tu le sais bien. Ton général des armées a fait sa petite enquête, comme toujours, et t'a appris que la société qui l'emploie estime qu'il a un très bon niveau, pour l'avoir envoyé ici. Cela n'a fait que confirmer l'idée qu'il soit réellement quelqu'un de doué, après la scène qu'il t'a faite il y a deux jours dans les rues puis dans la salle d'entraînement. L'eau coule sur ton corps nu tandis que tu réfléchis à la situation. Tu as encore une semaine pour décider de son sort mais tu ne sais trop quoi en penser. Cet homme a un caractère assez particulier, il a du répondant et de la volonté, tout ce que tu aimes. Mais le fait qu'il refuse encore et toujours de te laisser vaquer librement à tes occupations t'oblige à faire un peu plus de mystères autour de tes activités, à mentir à quelques personnes dans le but d'être tranquille l'espace de quelques heures. C'est ce que tu as fait pour cette fois. Tout le monde pense que tu es en réunion. Tu es sûr que personne n'a pensé à vérifier, ta femme sait qu'en fait tu es tout simplement resté dans ta suite, à réfléchir et à fouiller dans les dossiers top-secrets de l'empire, et c'est tout ce qui importe. Elle ne se fait pas de soucis et personne ne songe à te surveiller. Mais après une bonne heure concentré à 100 % sur tes dossiers et un peu d'entraînement avec tes dagues, sans compter l'heure du repas des rapaces qui viennent régulièrement au balcon ainsi que le repas des reptiles, tu as choisi de prendre une douche pour te détendre, avant de reprendre tes occupations officielles. C'est tellement agréable de sentir l'eau couler sur ton corps...

Seulement, un léger bruit attire ton attention. La porte de la salle d'eau qui s'ouvre. Tu n'avais pas entendu les pas dehors, le bruit de l'eau atténuant tout autre son. Alors tu te retourne vivement vers la porte, sur tes gardes... Et restes une seconde en bug. Lyokha Volkov ? Mais que... ? Minute. En plus, il est en train de te détailler de la tête aux pieds, alors que tu es complètement nu. Tu fronces les sourcils, attendant qu'il sorte, qu'il prononce quelques excuses, n'importe quoi. Mais il ne dit rien, il ne fait rien. Il n'y a que son regard posé sur ton corps. Ton corps avec tes cicatrices, deux-trois tatouages relativement discrets... Il ne fait que te regarder et c'est dérangeant. Très dérangeant même. Pour autant, tu ne te dérobes pas, croisant plutôt les bras sur ton torse.

-Je vous dérange, Volkov ?

Non, tu n'as rien trouvé de mieux. Mais au moins, tes propos ont le mérite de le faire réagir. Tu l'entends balbutier quelque chose avant de littéralement prendre la fuite. Non mais. Il va falloir que tu lui apprennes qu'on n'entre pas dans ta suite sans ton autorisation. Et encore moins dans ta salle de bain alors que tu prends ta douche. Non mais, il n'a donc aucune notion des règles de bienséance quand on n'est pas chez soi ? Tu secoues la tête, totalement désespéré, mais continues ta douche. Tu ne vas quand même pas faire les choses à moitié à cause de l'intrusion du blondinet non plus. Et pendant que l'eau continue à couler sur ton corps, tu réfléchis au meilleur moyen de lui faire entrer la leçon dans le crâne. Ce n'était que toi, certes, mais tu n'aurais pas accepté qu'il fasse la même chose avec ta femme. Ce genre de chose ne doit plus se reproduire. Jamais. Et soudain, un étrange sourire étire tes lèvres. Tu sais ce que tu vas faire. Même si tu risques de finir assez mal à l'aise. Mais tant pis.

Tu te sèches en vitesse et vas t'habiller tout aussi rapidement et simplement. Il te faut quelques longues minutes pour te sécher les cheveux et dompter ceux-ci, mais ce n'est pas bien grave. Sans plus attendre, tu gagnes les couloirs, fermant la porte à clé derrière toi, et interceptes la première personne que tu croises, la chargeant de faire passer un message au nouveau garde : convocation tout de suite dans la salle de musique. Sur ce, tu gagnes rapidement ladite salle et choisis de t'installer au piano. C'est le meilleur remède que tu connaisses pour te détendre, évacuer toute pression, tout stress. Tu as beau avoir peu de temps pour ta musique, tu es plus que doué avec cet instrument et tes improvisations restent quasiment parfaites, à chaque fois. Tu restes donc ainsi, jouant doucement en attendant que le convoqué arrive sur les lieux. Lorsqu'enfin il entre, tu es complètement détendu seulement tu ne te retournes pas. Ce n'est qu'histoire de faire un peu monter la pression. Il doit penser que tu n'es pas ravi de son intrusion dans ta salle de bain, et encore moins de ce regard qu'il a posé sur toi. Le minimum de politesse aurait été qu'il s'en aille aussitôt, et non pas rester là, à te détailler. Ce n'est que lorsque ton morceau se finit que tu te relèves enfin et lui fais face. Si tu voulais le voir ? Oui, bien sûr, c'est là le but d'une convocation.

-Oui. Je pense que vous pouvez vous en douter, cette intrusion dans la salle de bain était plutôt mal venue. Plus encore, je n'ai guère apprécié que vous restiez à m'observer. Vous n'êtes pas ici pour vous rincer l’œil mais pour faire votre devoir de garde, suis-je bien clair ?

Depuis son arrivée, ce doit être la première fois qu'il t'entend parler de cette manière : avec une rare fermeté et un soupçon d'agacement au fond de ta voix. Tu te forces un peu, il n'est pas encore allé trop loin, mais tu sais que tu ne peux pas tout laisser passer. Être trop gentil se retournerait contre toi, c'est ce que diriger le personnel du palais t'a appris. Alors il est grand temps de rappeler quelles sont les règles. Il le sait, ta suite est ton sanctuaire. Personne n'y entre sans ton autorisation. Personne. Pas même Aaron. Il n'y a que ta famille qui en possède les clés et que tu acceptes volontiers. Les autres sont soumis à ton approbation, à celle d'Adelina ainsi qu'à celle des enfants. Mais ce n'est qu'en ta présence. Il n'y a pas manière de négocier là-dessus. Il a enfreint une de tes règles et, peu importe la raison pour laquelle il est entré, tu ne peux faire comme s'il ne s'était rien passé. Point final.

-Cette situation ne doit plus se reproduire. Jamais. Vous n'avez pas l'autorisation d'entrer dans mes appartements, que j'y sois ou non, sans mon accord. Le palais n'est pas un moulin ou une maison de joie. Il y a des règles à respecter et vous en avez enfreint une qui m'est chère : celle du droit à la vie privée.

Samael ? Cela ne te ressemble pas d'être aussi ferme. On pourrait presque croire que tu es en colère. Pourtant, au fond de ton regard sombre, il n'y a pas cette flamme si caractéristique de la colère. Non, tu n'es pas énervé mais il n'a aucune manière de le savoir. Il ne te connaît pas assez, il ne t'a jamais vu hors de toi et tu espères pour lui qu'il ne te verra jamais dans un tel état d'esprit. Tu secoues la tête et te déplaces dans la salle. Tu lui tournes une fois autour, réfléchissant. Tu as toujours ton plan en tête mais... Cette fois, n'est-ce pas toi qui risque d'aller trop loin ? Si, peut-être. Mais peut-être que... Il faut peut-être rétablir l'équilibre entre vous. Oui oui, l'équilibre. Inutile de chercher, tu as parfois une étrange manière de penser. À tes yeux, il a un avantage sur toi : il t'a vu complètement nu. L'équilibre est rompu entre vous, il faut le rétablir. Peut-être que ce sera plus facile ainsi... Finalement, tu vas t'adosser contre la seule porte de la pièce, lui bloquant ainsi toute sortie.

-Déshabillez-vous. Et inutile de contester, c'est un ordre.

… Tu l'as dit. Tu irais bien volontiers te cacher dans un trou de souris mais tu n'en montres rien. D'où donnes-tu ce genre d'ordre ? Tu ne sais pas trop... C'est tout ce que tu as trouvé pour rétablir l'équilibre. C'est très idiot, certes mais bon, à chacun ses moyens de résoudre les situations. C'est la tienne, s'il a quelque chose à dire, qu'il le dise. Et tu le regardes obéir. Tu ne montres rien de tes pensées. Tu trouves juste cela trop facile. Tu préfères qu'on te tienne tête, même s'il te lance quelques piques bien salées. En apparence, tu n'en sembles pas une seule seconde affecté mais mentalement, c'est assez différent. Tu t'en veux d'agir ainsi. Tu es mal à l'aise. Parce que tu sais que ton regard se fait, au fur et à mesure des couches de vêtement retirées, de plus en plus insistant. Non, ce n'est pas bien, tu devrais contrôler cette attirance que tu as pour les hommes. Tu devrais vraiment, mais tu as tellement de mal à le faire... Tu secoues la tête une fois, te reprenant. Tu as fait ton choix, tu iras jusqu'au bout. Sauf qu'il s'arrête une fois en sous-vêtements. Tu fronces alors un peu les sourcils.

-Entièrement.

Tu as l'impression de passer pour un pervers... Il faut dire que, sans son uniforme il est... Pas mal. Tu connais la sortie mais tu ne la prends pas. Sauf que, cette fois, le blond ne semble pas d'accord avec le fait de se retrouver entièrement nu. Hé bien, quand même, un peu de résistance. Voilà qui est mieux. Sauf que tu es une tête de mule et que lorsque tu donnes un ordre, tu attends qu'on l'exécute. Raison pour laquelle tu en donnes si peu. Tu le fixes cinq secondes mais, cette fois, il ne semble vraiment pas d'accord. Alors tu soupires profondément, le regardant droit dans les yeux, sans la moindre hésitation.

-Faut-il que je vous apprenne comment faire ?

C'est de la provocation pure et simple. Tu n'en as pas grand chose à faire, tu ne veux pas te déplacer pour l'obliger à obéir. Sauf qu'il ne semble pas du tout d'accord. Quelle plaie. Que faire ? Le laisser tranquille ou aller jusqu'au bout, pousser le bouchon un peu plus loin encore. La seconde solution est alléchante. Oui mais... Toi et les relations rapprochées avec les hommes... Il n'y en a que deux qui t'ont toujours collé et se sont permis beaucoup de chose : ton cousin, qui adorait t'embêter, et Andrew, qui est toujours resté dans vos limites. Personne d'autre n'est allé très loin. Tu ne voulais pas. Mais cette fois... Tu soupires profondément et rejoins le blond qui est toujours debout, dans la salle de musique. Tu t'approches, légèrement, hésitant, mal à l'aise... Quoi, tu le prends pour un gigolo ? Non, tu es comblé à tous les niveaux, tu n'as pas besoin de lui. Et puis, tromper ta chère Adelina... Non, peu pour toi. Mais, te mettant derrière lui, tes mains viennent quand même se poser sur sa taille. Sa peau chaude au contact de ses doigts. Tu te mordilles un peu la lèvre, peu à l'aise... Puis tes doigts viennent jouer avec l'élastique de son boxer... Avant de le lui retirer, purement et simplement. Et voilà le travail. Sur ce, tu lui tournes un peu autour, l'observant... Bon sang, il est... Il est... Beau. Tu déglutis très légèrement. Tu n'es pas habitué à de telles scènes, tu n'as jamais vraiment agit ainsi, pas avec un homme... Tu ne peux pas rester longtemps dans cette situation. Alors tu reviens derrière lui et poses tes mains sur ses épaules, avant de venir souffler quelques mots à son oreille...

-Tu devais revoir tes priorités. Profites-en pour faire aussi le point sur ce que tu acceptes de faire et ce que tu n'acceptes pas. Ce n'est pas parce que je suis ton empereur et employeur que je peux tout faire de toi. Essaye de t'en souvenir. Maintenant, rhabille-toi et file t'occuper ailleurs.

Tu le lâches alors et recules. Tu secoues un peu la tête de gauche à droite. Tu as fait ce que tu avais à faire, maintenant il est grand temps de le laisser filer et digérer tes actes et propos. Tu ne le regardes plus, retournant plutôt à ton piano. Tu t'installes à ton banc et entames un vieux morceau, l'un de ceux que ta mère adorait jouer. Tu étais sur ses genoux à l'époque, et tu regardais ses doigts voler au-dessus des touches avec une rare aisance. Elle avait un don, don qu'elle t'a transmis. Mais tu aimerais tant lui ressembler d'avantage... Jamais elle n'aurait eu recours à une telle méthode. Non, jamais. Et toi, tu ne sais comment réagir face à ce genre de situation... Tu espères juste que l'autre va filer rapidement, ne pas chercher à s'enfoncer et te laisser réfléchir seul avec ton piano. Le piano et tes pensées légèrement embrouillées... Tu l'as tutoyé.

~~~

Bon sang, quand est-ce qu'on va te lâcher ? Ton intendant te cherche, tu le sais, voilà plusieurs minutes qu'il te "bipe" afin de te parler de tu ne sais quoi sur l'emploi du temps de la semaine prochaine et des rencontres d'état que tu vas devoir faire. Bon sang, tu n'étais pas aussi collant avec ton oncle. Quelle plaie, tu as tellement envie de fuir ce palais pour aller simplement faire un tour à cheval. Mais non, tu te contentes de fuir à travers les couloirs, espérant que l'autre ne te trouvera pas. Espérer... La bonne blague. Tu vas devoir te trouver une bonne cachette et le laisser te chercher, comme si souvent. Le seul problème, c'est de la trouver cette bonne cachette, justement. Il commence à savoir où sont tes planques et t'enfermer dans ta suite serait ridicule, tu n'y échapperais pas. C'est au détour d'un couloir de l'aile nord du palais que tu t'arrêtes. Il y a toujours un certain nombre de cartons entassés dans cet endroit, même s'il y a régulièrement du passage. Plus particulièrement, tu regardes la belle armoire entourée par plusieurs cartons posés au sol. Tiens donc, tu n'as encore jamais essayé celle-là même si tu sais que tu as largement la place d'y entrer. Un malicieux sourire étire tes lèvres. Tu as trouvé ta cachette. Sauf qu'une voix derrière toi manque de te faire sursauter. Vivement, tu te retournes, faisant face... À un certain blondinet.

-Volkov ? Mais qu'est-ce que vous faites...

Là. Quelle question, il te colle. Tu n'en connais pas encore la raison mais tu penses ne pas tarder à savoir. Sauf que tu n'as pas le temps, tu sais que ton intendant n'es pas loin et s'il te tombe dessus, tu en as pour trois heures. Tu n'as pas la moindre envie de subir cela. Et si le blond reste là, l'autre risque de comprendre que tu t'es caché à proximité. Ton regard est nerveux, bouge tout le temps. Tu n'arrives pas à te concentrer, tes sens sont en alerte, tu cherches à savoir si l'autre va ou non te trouver. Et il semblerait que oui. Des bruits de pas un peu plus loin, un nom qu'on appelle, le tien... Non, hors de question. Sans un mot d'explication, tu poses un doigt sur les lèvres du garde avant d'ouvrir la porte du placard et de le pousser brusquement à l'intérieur. Tu le suis aussitôt à l'intérieur du meuble qui se ferme automatiquement derrière vous. Puis, pour éviter à l'autre de trahir votre présence, tu fais la première chose qui te vient à l'esprit pour le faire taire : tu l'embrasses. Purement et simplement. Une main posée sur sa nuque pour le garder contre les lèvres, l'autre main appuyant sur son torse, le maintenant contre une des parois du placard... Par tous les dieux de la Terre, que fais-tu encore comme bêtise ? Oh, tu le fais juste taire tandis que les bruits de pas de ton intendant se font entendre non loin. Il passe devant le meuble sans s'arrêter, et continue dans le couloir... Ouf. Lorsque tu n'entends plus aucun bruit, tu relâches enfin l'autre et te recules légèrement, le souffle assez court...

-Je... Je suis navré, j'ai agi dans la précipitation. Je ne tenais pas à ce que mon intendant me tienne la jambe des heures durant et vous risquiez de signaler ma position... Pardon.

Heureusement que c'est le noir total dans le placard, parce que tu sens tes joues se réchauffer. Quoi, toi, tu rougis ? Oui, il semblerait bien. Ce n'est pourtant pas ton premier baiser échangé avec un homme mais là, avec le nouveau garde... Trois jours après le fameux épisode où il t'a vu sous la douche et où tu l'as déshabillé... C'est plus que perturbant à tes yeux. Tu secoues un peu la tête, découragé, désespéré de ton attitude. Tu fais n'importe quoi, vraiment. Il va peut-être falloir que tu ailles demander conseil à ton oncle, sur la manière dont tu dois te comporter en présence des autres... peut-être qu'il aurait de bons conseils à te donner. En attendant, tu lâches le blond et va t'adosser contre l'autre paroi du placard, face à lui. Bon sang. Tu l'as embrassé. Tu aurais tout simplement pu lui ordonner de se taire ou juste poser ta main sur sa bouche. Non, tu l'as embrassé. Toi. Et... Il faut avouer que, quelque part... Ce n'était pas désagréable du tout. Bon sang, Samael... Il va vraiment falloir que tu apprennes à te tenir. Tu es l'empereur, tu ne peux plus te permettre des bêtises de ce genre... Tu ne peux plus... Tu es désolé pour ce pauvre jeune homme que tu as embarqué dans cette histoire...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Dim 6 Avr - 20:13

« J'ai eu de bons professeurs. Mais vous vous débrouillez bien mieux que je ne pensais, je dois avouer. Je suis agréablement surpris. » Ses compliments semblent sincères. Mais ils n'ont pas grand effet sur toi. Tu te contentes de sourire légèrement. Les compliments, tu n'aimes pas ça. Tantôt ils sont réels, tantôt hypocrites.  Ils sous-entendent parfois bien des choses, et peuvent s'avérer plus que faux. Ils peuvent induire en erreur s'ils sont bien utilisés, comme ils peuvent blesser si on ne sait pas les manipuler. Tu n'aimes pas en recevoir, mais ça ne te dérange pas d'en donner. Encore faut-il qu'ils soient sincères. C'est pourquoi tu n'en fais que rarement. Là, c'est le cas, parce que c'est mérité. Il excelle au combat à l'épée, et tu te dois de le reconnaître. Avoir de bons professeurs est une chose. Être aussi doué en est une autre, et tu sais faire la part des choses. Quant à toi, pourquoi est-ce que tu te débrouilles... C'est une autre affaire qui ne mérite pas d'être débattue à ton regard. Ça n'intéresse personne, pas même lui, quoi qu'il en dise. Un bref soupir t'échappe, alors que tu te permets de reprendre sur un tout autre point. Le vouvoiement. Ce n'est pas que tu ne supportes pas cela, mais bien d'autres personnes que tu surveillais t'appelaient simplement Lyokha, ou te tutoyaient. Que lui te vouvoie, c'est bien trop curieux à ton goût. Il est l'empereur après tout, tu n'es qu'un gardien. Le protocole ne s'applique pas pour des gens comme toi. Pourtant, il semble tenir à son vouvoiement, puisqu'il ne l'a pas lâché un seul instant. Entre ses vous, ses Monsieur, ses Volkov, ses Monsieur Volkov, ou enfin les Monsieur Volkov vous... Vraiment, tu as l'impression d'avoir gagné vingt ans en quelques jours seulement. Il secoue un peu la tête, ce qui t'étonne dans un premier temps. Mais tu l'écoutes attentivement, tu entends ce qu'il a à te dire. « C'est une déformation professionnelle. J'en suis navré pour vous mais, s'il faut être sincère, je vais l'être. Avec moi, le tutoiement est quelque chose qui se mérite. Je vais considérer votre requête mais il faudra attendre quelques temps, si je vous l'accorde. » Le tutoiement, quelque chose qui se mérite ? Il t'aurait dit que le vouvoiement était quelque chose qui se méritait à ses yeux, voilà qui aurait été plus logique pour toi. C'est un peu le monde à l'envers pour le coup. Qu'attend-t-il ? Une certaine relation de confiance, quelque chose en particulier ? Manquerait plus qu'il faille que tu viennes le border le soir pour qu'il accepte enfin de te tutoyer. Un bref soupir t'échappe, si c'est ainsi. Tu hausses un peu les épaules, et reportes simplement ton regard sur la sale dans son intégralité. Alors ce sera vous. Alors ce sera Monsieur. Alors ce serait Volkov. Alors ce sera 'vous Monsieur Volkov' pour un certain temps encore. Dommage.

C'est inquiétant, cette manière que tu as de te rapprocher de lui. Ton visage, le sien... Vous n'êtes plus bien loin l'un de l'autre. Quelques maigres centimètres, et tu pourrais sans aucune difficulté atteindre ses lèvres. Il est si proche... Mais non, tu n'es pas de ceux qui pètent un câble comme ça, qui décident de jouer les Don Juan parce que ça leur plaît. C'est ton empereur, ton employeur, et ce que tu fais là à un but précis, malgré les apparences. Ce n'est pas pour ton bon plaisir que tu fais ça, même si tu dois avouer que ses yeux, ses traits ont quelque chose de particulièrement captivant. Tu fais ça parce que c'est une partie du test. Son souffle se fait un peu plus court, le tien aussi. Non pas que cette position soit inconfortable, parce que quelque part c'est... Intrigant. Presque intéressant. Mais aussi dangereux. Tu ne devrais pas te trouver si proche de lui, tu le sais très bien. Mais alors, pourquoi est-ce qu'il reste à te regarder ? Pourquoi est-ce qu'il ne réagit pas ? Tu ne comprends pas. Il devrait bouger, il devrait te repousser... Il n'en fait rien. Tu es un peu troublé, mais tu n'en montres rien, ce n'est pas le moment. Alors tu te contentes de te dire que c'est à cause de ton regard, qu'il reste si figé. Ton regard azur, aux reflets de glace. Une particularité de ta famille, hérité de la branche des Volkov. Des yeux aussi intrigants qu'inquiétants, des yeux très expressifs à ce que l'on dit, et une couleur qui attire autant qu'elle glace le sang. Alors tu espères que c'est cela qui l'empêche de réagir, ça qui le captive tant. Parce que vous êtes tellement proche qu'il ne devrait pas le tolérer. Enfin, tu ne vas pas t'en plaindre, étant donné que tu peux mener ton plan à terme. Une lame près du corps. Tu n'aurais qu'à appuyer pour qu'elle s'enfonce dans ses chairs. Tu te relèves, un léger sourire victorieux flottant sur tes lèvres. Lui en tous cas, il a l'air plus surpris qu'autre chose. Hé oui, tu l'as eu. Il voit quelque chose à y redire ? Parce que toi oui, tu aimerais comprendre pourquoi il a carrément loupé. Il était si bien parti, dommage pour lui. « Je ne risquais rien. Puisque, si je puis me permettre de vous rappeler ces paroles que vous avez eues lors de notre premier entretient : "laissez-moi avoir des doutes sur mon futur, s'il vous arrivait quelque chose". Vous ne vous donneriez pas tant de mal pour simplement m'exécuter ici, encore moins en sachant que n'importe qui au palais comprendrait instantanément ce que vous avez fait. » Ton sourire s'élargit un peu plus encore. Il n'a pas tort, tels ont été tes propos. Toutefois, tu secoues un peu la tête. En l'attaquant ainsi en fourbe, tu voulais juste lui montrer que n'importe qui d'un peu trop proche pouvait le faire. Quant à toi, tu aurais pu le tuer, et ça, tu ne vas pas manquer de le lui rappeler. « Certes. Et si j'avais menti ? Vous savez, Monsieur, des gens sont morts et continuent à mourir pour des idées. Si j'étais venu dans l'idée de vous tuer, je l'aurais fait. Peu importe ce qu'il advenait de moi par la suite. Qu'on me tue ? D'accord. Je serais mort avec la satisfaction d'avoir accompli mon devoir, mon sacrifice n'aurait pas été vain, et mon nom aurait marqué l'histoire, comme celui de l'assassin de l'empereur Samael Tudor. L'immortalité figée par la gloire, n'est-ce pas ce que tout homme recherche ? Mais je m'égare. Je voulais juste vous dire que, si j'avais voulu vous tuer, je l'aurais fait. » Et tu pourrais développer des heures durant, pour lui montrer à quel point tu as raison pour le coup. Les hommes meurent pour que les idées prospèrent. C'est ainsi depuis la nuit des temps.

Revoir tes priorités. Tu ne crois pas non. Pas pour l'instant du moins. Vous aviez un deal, il a perdu, qu'il l'accepte. Ce n'est pas parce que c'est l'empereur, parce que c'est ton employeur qu'il peut décider de qui a perdu, qui a gagné. Vous êtes tous les deux arbitres de ce match, toi le premier car tu es son garde. Tu as dit que c'était perdu, alors c'était perdu. Tu secoues légèrement la tête, te détournant de lui. Qu'importe si ta remarque semble déplacée, tu n'en as pour ainsi dire, rien à faire. Qu'il s'en offusque si cela lui fait plaisir, tu t'en fiches royalement. Oui, c'était un peu cru. Et après ? Il va s'en remettre le petiot, tu comptes sur lui. Tu entreprends donc de rejoindre l'entrée. Et dire que tu avais l'air si déstabilisé, si paumé quand tu t'es pris un coup... Tu vas parfaitement bien, il a pu le constater. Conservant ton petit sourire, tu rejoins donc l'entrée. Tu arrives devant la porte, et c'est avec une certaine surprise dissimulée que tu vois un couteau se ficher à quelques centimètres de toi dans la porte. Merveilleux. En plus d'être mauvais perdant, monsieur abîme les boiseries. Pour peu, tu soupirerais, mais tu te contentes de récupérer la lame, la faisant un peu tourner entre tes doigts, distraitement. « Deux leçons, Monsieur Volkov. La première : ne jamais tourner le dos à un ennemi. Et la seconde : ne jamais sous-estimer quelqu'un. Vous devriez pourtant le savoir. » Tu te tournes un peu vers lui, penchant la tête, conservant ton sourire en coin. Ne jamais tourner le dos à un ennemi ? Tu secoues légèrement la tête. Ne jamais sous-estimer quelqu'un ? Curieux comme ses paroles sonnent comme des reproches. Enfin, comme tout le reste, tu prends ses mots avec beaucoup de recul. Le pauvre n'a pas digéré la défaite apparemment, il faut peut-être que tu lui laisses un peu de temps. Mais tu ne peux laisser passer sa remarque comme ça, sans rien dire. « Mais laissez-moi vous rappeler que vous n'êtes pas mon ennemi Monsieur. Pas plus que je ne vous sous-estime, bien au contraire. Mais ne soyez pas si mauvais perdant, vous pourrez retenter votre chance. » Tu es sincère, ton sourire l'est tout autant, même s'il reste léger. Tu ne fais pas ça pour l'embêter, le punir, qu'importe. Tu fais ça pour lui. En attendant, tu te baisses un peu, faisant glisser le couteau par terre, jusqu'à lui. Tu le salues brièvement, et tu sors d'ici. Fin de session. Il n'est pas prêt à ton goût, même si tu es loin de t'imaginer qui il est réellement.

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Sixième jour d'essai. Tout s'est bien passé pour l'instant. Malgré la fuite de Tudor il y a deux jours, malgré ce qui s'est passé dans la salle d'entraînement... Tu n'as rien en particulier à soulever. Aucun problème à dénoter. Pour l'instant. Car il semblerait que tu remettes tout en question en entrant dans cette salle de bain. Pourquoi ? Parce qu'il est là, sous la douche. Accessoirement nu – mais a-t-on vraiment besoin de le préciser ? Une personne normale ne prend pas une douche habillé. Tu devrais faire demi-tour, fermer les yeux, t'excuser. Tenter quelque chose. Mais c'est plus fort que toi ; tu es littéralement paralysé sur place, incapable de bouger, de dire quoi que ce soit. Et le pire, c'est que tu le détailles sans retenue. Qu'est-ce qui te prend bon sang ? C'est embarrassant, c'est... Une grosse erreur de calcul de ta part. Tu ne devrais pas regarder comme tu le fais. Mais c'est comme si tu étais en bug, et seuls ses quelques mots te ramènent à la réalité. S'il te dérange ? Heu... Tu sors rapidement de ta léthargie, et tu t'empresses de sortir de la pièce. Bon sang. Qu'est-ce que tu viens de faire. Oui, mais il est plutôt pas mal... Oui mais non, ça va pas la tête ? Sérieusement... Tout se passait bien jusque là. Tu as juste envie de te frapper la tête contre un mur, mais tu n'en fais rien. Tu disparais plutôt dans les corridors, espérant que l'on t'oublie un peu. Tu es terriblement mal à l'aise, et ça ne te ressemble pas. Toi qui es toujours si sûr de toi, c'est... Bizarre comme situation, comme ressenti, tu n'as pas l'habitude de douter de toi. Tu n'as pas l'habitude de telles erreurs professionnelles. Un soupir t'échappe, tu essayes d'oublier ce qui se passe. Mais une demoiselle te rappelle à l'ordre avec une convocation. Et merde. Tu te mords un peu la lèvre, et tu rejoins la salle de musique rapidement. Entrant, tu le vois qui joue du piano. Il ne dit rien, toi non plus. Et c'est lorsque son morceau s'achève qu'il daigne prendre la parole. « Oui. Je pense que vous pouvez vous en douter, cette intrusion dans la salle de bain était plutôt mal venue. Plus encore, je n'ai guère apprécié que vous restiez à m'observer. Vous n'êtes pas ici pour vous rincer l’œil mais pour faire votre devoir de garde, suis-je bien clair ? » Mains croisées dans le dos, regard fixé sur l'horizon, tu serres les dents. Tu es parfaitement neutre, et tu l'écoutes. Se rincer l’œil ? Tu ne t'es pas rincé... Oui, certes, un peu. Un peu beaucoup même. Tu te mords l'intérieur des joues. Tu n'aimes pas les reproches. Pour la bonne et simple raison que tu es toujours irréprochable dans ce que tu entreprends. « Très clair Monsieur. Mais si je peux me permettre, ce n'était qu'un mal-entendu. On m'avait prévenu que personne n'était dans la suite, j'y ai entendu du bruit, je voulais juste savoir ce qui se passait. Ça ne se reproduira pas. » Tu ne sais pas si tu as le droit de te justifier, ou si ça sert à quelque chose. Tant pis, tu le fais quand même. Qu'il veuille entendre tes excuses dissimulées ou non, c'est ton problème, c'est ça en moins sur ta conscience. Certes, tu as fait une faute, mea culpa. Ce n'est pas non plus une raison pour t'enfoncer encore plus, c'était assez gênant comme ça. « Cette situation ne doit plus se reproduire. Jamais. Vous n'avez pas l'autorisation d'entrer dans mes appartements, que j'y sois ou non, sans mon accord. Le palais n'est pas un moulin ou une maison de joie. Il y a des règles à respecter et vous en avez enfreint une qui m'est chère : celle du droit à la vie privée. » Tu serres les dents devant la fermeté de son ton. Ça va, il se fait plaisir là, à t'enfoncer plus bas que terre ? Oui, tu deviens très désagréable mentalement. Mais tu supportes très mal les reproches, encore une fois. Tu as du mal à accepter le fait d'avoir fait une erreur, et c'est plutôt mauvais, de t'enfoncer dans le crâne que tu es mauvais, ou que tu as été mauvais, comme il le fait actuellement. Autrefois, un sourire insolent aurait bordé tes lèvres. Là, tu restes de glace, fixant un point invisible au loin. Une maison de joie... Sérieusement, ça va, tu l'as pas touché non plus. C'était peut-être embarrassant comme situation, mais tu n'étais pas dans la douche avec lui non plus. Tu déglutis légèrement, relevant un peu le menton. « Très bien, Monsieur. » Le mot 'Monsieur' a peut-être été prononcé de manière un peu plus acide que d'habitude. Peut-être qu'un peu de provocation a teinté ta voix pour le coup. C'était juste plus fort que toi, tu as bien du mal avec le fait qu'on remette en question tes compétences.

Il se relève, fait le tour de la pièce, t'observant. Tu restes impassible, immobile. Tu ne sais pas ce qu'il cherche à faire, s'il veut te mettre mal à l'aise, ou faire monter la pression. Dans tous les cas, il échoue. Tu es tout ce qu'il y a de plus neutre pour le coup. Tu ne tournes pas la tête quand il passe derrière toi, tu demeures figé sur place, presque trop serein. « Déshabillez-vous. Et inutile de contester, c'est un ordre. » Déshabillez-vous. Tu manques de pouffer de rire, et c'est de justesse que tu te retiens, alors qu'un sourire vient se dessiner sur tes lèvres. Il est sérieux ? Tu dois vraiment te déshabiller ? Tu arques un sourcil. Pourquoi est-ce que tu devrais te dessaper pour lui, il est fou ? Soit, si c'est sa petite vengeance mesquine, si c'est sa manière de vous remettre sur un pied d'égalité, alors ok. Tu t'en fous pas mal, de toute façon. Cela aurait été plus pénible si tes tatouages n'étaient pas masqués, là, tu aurais certainement refusé. Mais pour le coup, qu'est-ce que ça change ? Tu enlèves chaussures, chaussettes, tu retires ta veste et la laisse tomber par terre. Les gardiens n'ont, à proprement parlé, pas vraiment d'uniforme. Ils ont juste pour consigne de s'habiller de manière discrète, de préférence sombre, et avant tout, sobre. Pas de couleurs vives. Des teintes de noir, gris et blanc la plupart du temps. Surtout du noir pour toi. Dans un soupir, tu entreprends de déboutonner ta chemise, la laissant glisser de tes épaules pour rejoindre les autres vêtements par terre. Encore une fois, tu es bien heureux d'avoir pris le temps de camoufler tous tes tatouages aujourd'hui. Tu ne le fais pas toujours, un coup de chance d'après toi. « Comme vous l'avez dit, je suis garde. Pas votre strip-teaseur personnel. Je ne sais pas où vous voulez en venir, mais c'est plutôt mal-venu, croyez-moi. » En soi, tu t'en fous de te déshabiller devant lui. Tu n'es pas gêné le moins du monde. Mais sa stratégie est curieuse, et tu ne gardes pas ta langue, quand il s'agit de lui lancer quelques piques acides. Ton pantalon rejoint rapidement le reste des tissus, et te voilà en sous-vêtement. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, tu regardes toujours en face de toi. « Satisfait ? » Apparemment pas. « Entièrement. » Non mais il est sérieux ? Tu secoues la tête. Non, ça, c'est hors de question. Pas parce que ça te dérange, mais plus par principe. « Non. Je ne suis pas là pour ça. Vous avez cru quoi, que je faisais dans la prostitution aussi ? » Tu secoues la tête à nouveau. À poil, manquerait plus que ça tien. Alors oui, tu opposes une certaine résistance. Tu ne comptes pas te retrouver nu aussi facilement.

Et son regard posé sur toi, son regard qui se fait plus qu'insistant... Tu ne sais pas trop comment tu dois te sentir à vrai dire. C'est vraiment bizarre ce qui se passe. Et en plus, il passe pour un gros pervers. Enfin ça, c'est son problème. Ce que tu apprécies moins, c'est qu'il te tourne autour comme il le fait. Tu as l'impression d'être sa chose, et ça ne te plaît guère. Tu n'appartiens à personne. Tu es son employé, et rien de plus. S'il veut que des hommes se déshabillent pour lui, il y a des clubs très réputés pour cela, et tu te feras le plaisir de lui en trouver un, si c'est ce qu'il veut. Bras croisés contre le torse, tu ne dis rien, tu attends simplement. À poil ? Il est fou, tu ne comptes pas te laisser faire si facilement. « Faut-il que je vous apprenne comment faire ? » Tu secoues la tête. Par pure provocation, tu lui répondrais bien que oui. Mais non, tu n'en fais rien, tu gardes tes mots pour toi pour une fois. Quoique, non en fait, pas vraiment. « Vous cherchez un gigolo, y'en autour de pas mal de nightclubs. Je suis un gardien, pas votre objet. » Un léger sourire étire tes lèvres, plutôt insolent pour le coup. Mais tu dois te calmer, tu dois te montrer obéissant... Même si tu es loin d'en avoir envie pour le coup. Ça va que c'est lui, ton empereur, ton employeur. Ça aurait été quelqu'un d'autre, tu te serais montré bien plus virulent, certainement. Mais là, tu sais que tu ne peux te permettre aucun écart de conduite, qu'importe si ce qui se passe te plaît ou non. Et puis, quelque part, tu ne peux pas lui en vouloir. Tout ce qu'il veut, c'est rétablir l'équilibre, n'est-ce pas ? Si tu n'étais pas resté à le regarder bêtement, peut-être que rien de tout cela n'arriverait. Alors en fin de de compte, tu ne peux t'en vouloir qu'à toi-même, si tu vas finir nu dans cette salle de musique. Bref, tu demeures figé, mais soudainement, tu es plus tendu que de nature. Pourquoi ? Parce que tu le sens. Là, dans ton dos. Trop proche à ton goût. Tu serres les dents, tu t'efforces de rester silencieux, alors que ton sourire fane un peu. Quelque part, tu es un peu curieux. Curieux de savoir ce qu'il va faire, curieux de savoir s'il va exiger de toi que tu ailles jusqu'au bout. Et d'un autre côté... Tu es perturbé. Oui, toi, l'imperturbable Lyokha Volkov. C'est tellement étrange, ce que tu ressens sur l'instant. C'est... inattendu. Ce n'est même pas désagréable de le savoir là, derrière toi. Tu n'es pas sur tes gardes, comme tu l'es avec tout le monde. Tu es... étrangement détendu, autant que crispé. C'est bien contradictoire oui. Mais ce que tu ressens, c'est la définition même du paradoxe. Un frisson parcourt ta colonne vertébrale un instant. Et tu n'aimes pas ce qui t'arrive, tout simplement car tu ne le comprends pas. Ses doigts glissent sur sa taille, tu déglutis un peu plus difficilement que d'ordinaire. C'est tellement bizarre, tu as l'impression d'avoir chaud et pourtant, tu demeures de glace. Qu'est-ce qui te fait cet effet-là ? Lui ? Ah ça non, certainement pas. Quoique, tu pourrais presque en douter. Non, non. Ce n'est rien. C'est juste un petit courant d'air qui te fait frissonner, rien de plus. Oui, c'est ça. Un courant d'air. En attendant, tu te retrouves nu en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est lui qui vient de terminer ton œuvre. Il est sérieux ? Tu arques les sourcils, légèrement. Hé bien... Si tu t'y étais attendu, pas vraiment... Enfin, toujours est-il que tu es carrément à poil, et qu'il te tourne autour. Dit comme ça, c'est un peu... Enfin... Bref. Tu te contentes de soupirer un peu, le laissant te détailler. Ça va, il se rince bien l’œil ? Pour le coup, c'est difficile de retenir cette remarque cinglante qui te brûle les lèvres. Alors tu te contentes de regarder tout droit, d'oublier qu'il t'épie et que la situation est trop bizarre. Finalement, tu sens ses mains sur tes épaules, et imperceptiblement, tu te tends à nouveau. Ce contact est... électrisant. Ce n'est pas que tu ne t'y attendais pas, mais tu détestes ce frisson qui te parcourt presque brusquement. Bon sang ! Mais qu'est-ce qui te prend hein ? Tu n'en as aucune idée.  Cet homme te perturbe pour le coup, et tu ne sais pas trop comment réagir avec lui. Tu sens son souffle dans ta nuque, et tu serres les dents un peu plus encore, essayant juste de te concentrer sur un point au loin. Dure tâche, à vrai dire. Mais en te concentrant, ça devrait le faire non ? Tu vas essayer. « Tu devais revoir tes priorités. Profites-en pour faire aussi le point sur ce que tu acceptes de faire et ce que tu n'acceptes pas. Ce n'est pas parce que je suis ton empereur et employeur que je peux tout faire de toi. Essaye de t'en souvenir. Maintenant, rhabille-toi et file t'occuper ailleurs. » Tu fronces les sourcils. Tu es surpris, énervé... énervé ? Oui. Mais tu le caches si bien qu'on ne le remarque même pas. Une première chose t'étonne ; il vient de te tutoyer. À nouveau, tu retiens une réplique acide de ta part. Inutile de t'enfoncer à ton goût. Il peut faire tout de toi ? Oh, qu'il ne se fourvoie pas ; ce n'est pas parce qu'il est ton empereur, ton employeur que tu t'es retrouvé nu là, maintenant. Si tu n'avais vraiment pas voulu, tu serais encore habillé. Peut-être viré aussi, mais qu'importe. Tu ne serais pas nu. Alors non, pour le coup, tu n'es pas d'accord : tu as fait cela de ton plein grès. Enfin, si ce n'était que ça... Tu n'apprécies pas tellement la manière dont-il te parle. Rhabille-toi et file t'occuper ailleurs. Il y a une subtilité qu'il n'a pas dû intégrer ; tu es garde, pas serviteur. Qu'est-ce qu'il croit, qu'il peut te congédier comme on congédie n'importe quel subalterne venu ? Quelques mots te brûlent les lèvres, mais tu te contentes de secouer la tête négativement, sans rien ajouter. Il retourne s'installer au piano, et pour ta part, tu t'habilles. Tu ne devrais pas... Et puis zut, tu ne peux pas rester silencieux. Pas après ce qui vient de se produire. Alors pendant que tu récupères tes vêtements, tu retrouves l'usage de la parole, comme par magie. « Permettez-moi Monsieur, une dernière remarque. Si je n'avais pas voulu me déshabiller, je ne l'aurais pas fait ; ordre ou pas. Je ne me serais pas laissé faire, et pour sûr que je vous aurais frappé à la moindre tentative de votre part de me toucher. » Au moins, ça a le mérite d'être clair. Tu as du répondant, tu en as toujours eu, et même si tu gardes ton sang-froid la plupart du temps, certaines choses passent bien plus difficilement que d'autres. Tu termines d'arranger les manches de ta chemise, et tu récupères ton arme de service, ainsi que ta veste. « Et autre chose. Je ne suis peut-être qu'un gardien Monsieur, mais j'apprécierais grandement qu'on ne me parle pas comme à n'importe lequel de vos subalternes. Ce n'est pas une question de rang, mais de respect. » Ouh là, tu t'emportes peut-être un peu trop, non ? Oui, tu devrais te mordre la langue, plutôt que de t'emporter calmement, comme tu le fais... Arrête donc les frais là. Tu termines de fermer ta veste, retournant vers la porte. « Sur ce, si ce qui s'est passé vous semble si dramatique, laissez-moi savoir si vous voulez écourter mon travail au sein du palais ; ni vous, ni moi, n'avons de temps à perdre. Et quoi qu'il en soit, je suis encore désolé de ce qui s'est passé. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur bien longtemps, c'était une faute, je l'ai reconnu. Ça ne se reproduira pas, en aucun cas, je peux vous l'affirmer. » Voilà qui est peut-être un peu mieux, non ? Tu l'espères. Tu ne voulais pas être trop sec dans tes mots, mais tu voulais lui montrer que toi aussi, tu peux faire des mises au point quand les choses ne te plaisent pas. Qu'il le prenne mal ou pas, ce n'est plus ton problème. Tu quittes la pièce comme il l'a demandé. Tu disparais dans le palais. Tout cela n'aurait jamais dû se produire. Et ça ne recommencera jamais.

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Cet intendant te passe par-dessus la tête, vraiment. Depuis ce matin, il n'a de cesse de te demander si tu n'as pas vu l'empereur. Bon sang, ce n'est pas parce que tu es son gardien que tu le suis dans les moindres recoins du palais, ne peut-il pas se l'enfoncer dans le crâne ? Si Tudor le fuit, il doit bien y avoir une raison, et tu n'as pas envie d'aller contre sa volonté, il a raison ; cet intendant est une plaie. Enfin, pour ta part, il faut quand même que tu trouves l'empereur, tu dois l'informer que tu dois t'absenter pour une journée. Normalement, les gardiens ont un jour de repos dans la semaine au moins, pendant lequel ils peuvent s'absenter, tout en restant accessibles en cas d'urgence. Mais la moindre des choses à tes yeux est de prévenir tout de même, c'est pourquoi tu le cherches. Et d'ailleurs, tu l'aperçois au bout du corridor. Il faut croire que tu as plus de chance que l'intendant, pour ce qui est de trouver Tudor. « Monsieur, enfin je vous trouve. » Fais-tu brièvement. Il se tourne vers toi, visiblement alerte. Heu... Oui ? C'est si terrible de fuir son intendant ? Il faut croire. Un léger sourire étire tes lèvres. « Volkov ? Mais qu'est-ce que vous faites... » Tu arques un sourcil. Hé bien... On dirait un gamin qui joue à cache-cache avec son précepteur. Tu penches un peu la tête, le regardant. C'est... Curieux, cette manière qu'il a d'être sur ses gardes, de s'inquiéter que quelqu'un le trouve. Ce quelqu'un qui s'approche, qui l'appelle. Tu es partagé entre l'envie de rire et de l'aider, mais tu restes là, à le regarder. Il pose un doigt sur tes lèvres, et tu fronces les sourcils, reculant naturellement la tête, tout en louchant un peu sur son index. Heu... c'est super bizarre ça. Mais tu n'as pas le temps de te protester qu'il te pousse dans le placard, presque brusquement. Héé ! Encore une fois, tu n'as pas le temps de contester, tu te retrouves avec lui dans cet espace clos. Dans le noir le plus total. Et il, il... Il... T'embrasse ? Tu cherches un peu à te dérober au début, mais tout ce que tu y gagnes, c'est à te cogner l'arrière du crâne contre la paroi du meuble. Sa main passe sur ta nuque, et c'est un violent frisson qui traverse ton corps. Il... T'embrasse. Tu finis par fermer les yeux, tandis que son autre main est appuyée contre ton torse, te plaquant contre la paroi dans ton dos. Oh. Bon. Sang. Tu hésites un long moment, mais tu finis par... Répondre à son baiser. Et le pire dans tout ça ? C'est que tu sembles... Aimer ça. Oh non. Alors ça, ça ne va pas être possible. Tu entends des bruits de pas passer juste à côté de vous, mais ce n'est pas pour autant que tu lâches ses lèvres. Ses lèvres... Tu n'en reviens toujours pas. Tu dois être en plein délire, non ? Pas possible ; l'alcool, la drogue, les champignons et autres stups, trop peu pour toi. Ton seul vice est la cigarette – et encore, jamais en service – et le tabac n'a pas de tels effets d'hallucinations. Mais... Tu n'hallucines pas. Il est toujours pendu à tes lèvres. Et tu ne sais comment réagir, alors tu te contentes de faire ce que tu ferais naturellement ; tu réponds toujours à ce baiser, aussi curieux soit-il. Ce n'est pas normal, ce n'est pas... Il finit enfin par se reculer, et pour ta part, tu restes figé contre la paroi du placard. Il te relâche, s'éloigne un peu. Tu ne sais pas quoi dire, quoi faire. Tu aimerais le voir sur l'instant présent, mais l'absence de lumière t'en empêche. Et tant mieux d'un côté ; l'obscurité dissimule ton air plus que surpris.

« Je... Je suis navré, j'ai agi dans la précipitation. Je ne tenais pas à ce que mon intendant me tienne la jambe des heures durant et vous risquiez de signaler ma position... Pardon. » Tu ne sais pas quoi dire. Tu demeures juste... Trop choqué. En soit, embrasser un homme, c'est bon, tu n'y as pas laissé ta dignité non plus... Mais quand même, l'empereur, lui, ton employeur... C'est un peu beaucoup, non ? Ton souffle est un peu plus court que d'habitude. Tu gardes tes distances. Parce que, quoi que tu en dises, ce n'était pas si désagréable au contraire... Rah, non. Ça ne va pas le faire ça, pas du tout. Tu te mords un peu la lèvre inférieure, essayant de conserver ton sang-froid, comme toujours. Tu aimerais lui dire qu'il aurait juste eu à te dire de te taire. Ou même, il aurait pu plaquer la paume de sa main contre ta bouche, n'importe quoi, mais là... T'embrasser... N'était-ce pas un peu extrême ? Tu ne sais pas où te mettre, que faire, que dire. Et tu es enfermé dans ce placard avec lui. Bon sang... Tu secoues légèrement la tête au bout d'un moment. Tu dois te reprendre, et vite. « Est-ce que vous pourriez ouvrir la porte, s'il vous plaît ? » Tu attends qu'il s'exécute. Mais ceci fait, tu ne quittes pas le meuble tout de suite. En réalité, tu gardes la porte très légèrement entre-ouverte, histoire qu'elle ne se ferme pas à nouveau par automatisme. « Comme vous l'avez si bien dit, je ne suis qu'un garde, rien de plus. » Fais-tu d'abord, t'approchant dangereusement de ses lèvres, pour souffler quelques mots dessus. « Je pourrais très bien – en suivant votre logique – décider de rétablir l'équilibre à mon tour. Un baiser pour un baiser. » Sourire légèrement narquois. Tu ne sais pas pourquoi tu te trouves si mauvais sur l'instant. Il t'agace bon sang, il t'énerve. Mais tu t'efforces de demeurer impassible quoi qu'il en soit. « Et comme vous l'avez si justement dit, ce n'est pas parce que vous êtes mon employeur, mon empereur, que cela vous donne le droit de m'utiliser comme bon vous semble. Comme je vous l'ai dit, je sors d'une agence de gardiens, pas d'escort. » Tu serres un peu les dents, louchant légèrement sur ses lèvres. Oui, tu as carrément pété un plomb. Ce n'est pas toi, de réagir aussi... vivement. Mais ce baiser, la scène de trois jours plus tôt... ça fait beaucoup. Suffisamment pour te perturber, te remettre un peu en question, aussi. « Ne... Ne recommencez pas, s'il vous plaît... » Ta voix s'est curieusement adoucie. Ta demande sonne plus comme une supplication qu'autre chose. Tu as l'impression de paraître faible sur l'instant, et tu détestes ça. Tu secoues un peu la tête, et tu sors tout simplement du placard, avançant sans te retourner. Tu es juste trop perturbé, tu as besoin de... Penser à autre chose. Autre chose que ce qui vient de se passer. Il t'a embrassé. L'empereur t'a embrassé.

°°°

Et dire que demain, tu auras ta réponse. Demain, tu sauras enfin si oui ou non, tu vas travailler au palais. Tu ne sais pas trop quoi penser de ta période d'essai. Tu ne peux pas dire qu'elle s'est mal passée mais... Disons que... Entre la scène de la douche, de la salle de musique et du placard, tu ne sais pas trop quoi penser. Tu es... Perturbé oui. Enfin, pour l'instant, tu es ici, donc n'y pense plus. Où ici ? L'orphelinat. C'est là que tu viens en priorité lors de tes jours de repos. Parce que cet endroit... Hé bien ça a été ta maison un certain temps. Et tu n'as pas oublié ces gens qui t'ont aidé, et plus particulièrement une dame, Silva, qui était plutôt jeune quand tu es arrivé à l'orphelinat. Cette femme, tu lui dois... Beaucoup. Et c'est en partie car tu te sens reconnaissant envers elle que tu es là aujourd'hui, comme les précédents jours. Tu aurais pu oublier cette période de ta vie, les oublier... Mais non, impossible. Tu te sens bien trop relié à ce bâtiment, à tout cela pour l'ignorer si facilement, pour faire comme si tu n'avais pas un jour fait partie de ces enfants. Mains croisées dans le dos – comme à ton habitude – tu entres dans le bureau d'une dame que tu ne connais que trop bien. Elle est plongée dans ses papiers, mais lorsqu'elle lève son regard ambré vers toi, un large sourire se dessine sur ses traits. « Lyokha, depuis le temps... » Fait-elle doucement, alors qu'elle se relève et vient vers toi. C'est vrai, ça fait quelques temps que tu n'as pas pu passer, à ton plus grand désespoir... Enfin, tu la serres doucement dans tes bras, te penchant un peu sur elle. Mine de rien, tu la dépasses facilement de deux têtes, si ce n'est plus. Tu es plus grand que la moyenne, et elle, un peu plus petite que la plupart des femmes. Mais là n'est pas la question. « Je suis désolé, j'ai été pris ailleurs, j'aurais voulu passer mais, tu sais comment c'est, le boulot de gardien... » Elle t'offre un de ces sourires qui la caractérise si bien, et s'assoit plutôt contre son bureau, croisant ses bras contre sa poitrine. Toi, tu restes en face d'elle, détaillant ces traits qui – tu pourrais le jurer – n'ont pas changé en tant d'années pourtant. « Quelles sont les nouvelles alors ? » Elle hausse un peu les épaules, et tu ne sais pas trop si tu dois comprendre par là que rien ne change ou que, au contraire, les choses empirent. Quoi qu'il en soit, tu sais qu'elle ne te dirait pas la vérité. C'est elle qui gère l'orphelinat aujourd'hui, et tu sais parfaitement que les choses ne sont pas toujours si simples, les donateurs ne sont pas toujours suffisamment généreux, et c'est parfois dur de gérer pour les quelques personnes qui s'occupent de l'établissement. « Rien de particulier tu sais, on fait aller, comme toujours. » Son sourire est un peu moins vivant que d'habitude. Pas besoin de mots, tu as compris depuis longtemps comment Silva fonctionnait, tu as appris ses manies, et la moindre de ses expressions. « Je ferais déposer de l'argent en retournant au palais. » Fais-tu simplement, baissant un peu les yeux. Tu n'es pas spécialement riche, mais tu n'as pas à te plaindre de ta situation, alors si tu peux aider, tu le feras. Donner de l'argent à l'orphelinat, c'est devenu une habitude pour toi. Certes, ce n'est pas grand chose à côté des gros chèques distribués à la pelle par de grandes fondations. Mais aider à ta manière, c'est tout ce que tu demandes. Elle secoue légèrement la tête. « Lyokha, nous... » Tu secoues la tête à ton tour, devinant la fin de sa phrase avant qu'elle ne la prononce. « J'y tiens Silva. Tu as toujours été là pour moi. À mon tour d'être là pour vous. Et si tu as besoin, n'hésite pas à me le faire savoir, je serais là. »  Elle hoche un peu la tête, et ses yeux luisent d'une certaine manière. Tu te redresses un peu, et tu viens déposer un baiser sur son front, lui offrant un large sourire. « Je vais passer voir les enfants avant de partir, si tu as besoin de moi, je suis avec eux. » Elle hoche brièvement la tête et te regarde t'éloigner, alors que tu rejoins les fameux gamins. Des orphelins. Tout comme toi.

Tu retrouves tous ces petits montres, et c'est presque avec peine que tu découvres que certains anciens ne sont toujours pas partis. D'autres plus jeunes ont déjà été adoptés, mais pas eux. Toi, tu faisais partie de ceux-là, de ceux qu'on ne choisissait pas. Mais tu t'y étais fait, avec le temps. Les plus proches se rendent compte que tu viens d'arriver, et ne tardent pas à venir sautiller autour de toi joyeusement. Si les plus jeunes se méfient naturellement, ceux qui te connaissent bien revanche adorent que tu leur rendes visite. Un d'entre eux vient taper dans ta main, et tu l'attrapes contre toi un court instant. « Ça faisait longtemps. » Tu souris un peu. « Comment tu vas Adriel ? » Il hausse un peu les épaules, conservant ce sourire en coin qui ne le quitte jamais. « On fait aller tu sais. » Tu hoches un peu la tête, et tu le suis alors que vous traversez une première salle. « Et comment elle va, elle ? » Il baisse un peu les yeux, t'ouvrant une première porte. Tu arrives dans la seconde pièce, et vous continuez votre chemin, jusqu'à rencontrer une nouvelle porte. « Un peu mieux. Elle nous a fait peur il y a une semaine, mais son état se stabilise. Le toubib dit même que ça s'améliore. » Tu hoches un peu la tête à nouveau, alors que vous arrivez enfin jusqu'à une petite chambre dans laquelle tu entres silencieusement. Une gamine de dix ans à peine dort dans son lit, et le tube d'oxygène calé sous son nez ne semble pas la déranger le moins du monde. Tu t'approches d'elle, glisse deux doigts pour passer une mèche de ses cheveux en arrière. « Et... Elle a peut-être trouvé une famille. » Ton regard s'illumine presque instantanément, alors que tu le reportes sur Adriel. Son sourire fait écho au tien, et machinalement, tu l'attrapes par l'épaule, un peu ému. C'est rare que quelque chose te fasse autant réagir, que quelque chose parvienne à briser ta carapace, au moins un peu. Mais cette petite fille, tu la connais bien. Tu la connais même mieux que quiconque ici, étant donné que c'est toi qui l'a ramenée ici, à l'orphelinat. Depuis, hé bien, elle t'a toujours considéré comme son frère, et toi, comme toi, tu l'as vue comme une petite sœur. « C'est... Très bien. Je verrai avec Silva, je tiens à être là, au moins pour les rencontrer. » Il hoche un peu la tête, et vous faites demi-tour, sortant de la pièce aussi silencieusement que possible. Et dès que c'est fait, trois gamins te sautent presque dessus. [color=#666699]« LYOOO ! Viens voir ! »[/color] Tu arques un sourcil. Voilà qui ne présage rien de bon. Mais peut-être quelque chose de drôle.

Un des petits attrape un bout de ta veste et t'incite à le suivre, et tu t'exécutes avec un large sourire. « On a préparé un des tes tours, tu vas voir ! » Tu ris légèrement. Ah, tes tours... C'est vrai que tu en as fait, des tours, à des gens qui venaient ici. Pas seulement de magie non, plutôt du genre seau d'eau au-dessus de la porte, et autres farces plus ou moins évidentes. Des coups que tu as fait bien des dizaines de fois... Enfin, tu n'encourages pas vraiment les gosses à reproduire tes erreurs, mais tu es quand même curieux de savoir ce qu'ils ont préparé, alors tu suis les trois qui viennent te chercher. Et lorsque tu arrives devant le bureau de Silva, tu constates toute la machination. Un saladier rempli de farine ou de peinture – ou autre chose encore – est en équilibre sur la porte entre-ouverte, et il suffit de la pousser un peu plus pour qu'il tombe sur celui qui aura le malheur de passer en dessous. Tu croises les bras, face à la porte, à quelques mètres, attendant juste que le pauvre malheureux sorte du bureau de Silva. Mais tu fronces un peu les sourcil en apercevant par la vitre de qui il s'agit. C'est... Pas possible. Mais si. C'est lui, c'est l'empereur. Oh bon sang. Tu écarquilles un peu les yeux, voyant qu'il s'approche dangereusement de la porte. Heu... Non, il ne faut peut-être pas laisser faire ça. Hésitant un instant, tu t'avances finalement. Au même moment qu'il ouvre la porte, précisément. Tu manques de lui rentrer dedans, et faute de rattraper le pot, celui-ci vous tombe dessus, vous recouvrant d'une peinture verte fluo. Merveilleux, non, vraiment. Tu relèves presque timidement ton regard vers le brun, un sourire à la fois moqueur et un peu navré se dessinant sur tes lèvres. Les enfants éclatent de rire en cœur, alors que Silva sort, confuse. Tu te mords un peu la lèvre, secouant de tes mains la peinture qui perle le long de tes doigts. Hé bien vous êtes... beaux tous les deux. La dame soupire profondément, désespérée par le comportement des enfants. Dans ton dos, une de tes mains est refermée, et seul ton pouce est dressé vers le haut. Oui, le petit qui a orchestré ça a bien réussi son coup, même si tu aurais préféré qu'il s'agisse de quelqu'un d'autre en face de toi. « Oh la la, je suis sincèrement désolée Monsieur, les enfants ne font pas toujours attention... Ils vous présenteront leurs excuses, mais en attendant, si vous voulez vous arranger un peu... Lyokha, pourrais-tu conduire monsieur aux toilettes ? » Tu hoches brièvement la tête, invitant le brun à te suivre. Curieusement, ton sourire ne te quitte pas. Peut-être viens-tu d'assister à une petite vendetta indirecte, pour ce qu'il t'a fait subir dans le placard. Subir, vraiment ? Non, certes, mais... Ne plus y penser tu avais dit. Silencieusement, tu l'emènes donc vers les toilettes, à l'étage réservé au personnel. Tu pousses la porte et l'invite à entrer. Toi-même, tu viens devant un lavabo. C'est curieux de le voir hors du boulot en fait... Surtout que pour le coup, tu n'es pas vraiment habillé comme un gardien, mais plutôt comme n'importe quel civil lambda. Et que, de ce fait... Hé bien tes tatouages sont apparents. Ça, c'est un peu moins entraînant... Enfin, plongé dans ton silence, tu fais juste tomber ta veste, couverte de peinture, que tu poses à côté de toi, te retrouvant simplement en t-shirt. Tes bras montrent quelques tatouages par-ci par là, mais tu t'efforces d'ignorer ce fait. De toute façon, la probabilité qu'il en comprenne la signification est... Minable, dans le sens où, tout ce qui est gravé dans ta peau a une signification particulière à tes yeux. Des mots, des dates, des symboles... Tu doutes qu'il lise le cyrillique, en réalité. Et quand bien même, ce qu'il y a sur tes bras n'est pas bien alarmant. Sur ta nuque, c'est une autre affaire, car ce qu'il y a d'écrit peut-être interprété de bien des manières... Cave lupus en cyrillique. Double traduction. Prend garde au loup. Simple signe d'appartenance à une famille que tu ne connais même pas, les Volkov. Mais bref, tu n'es pas là pour nous faire l'inventaire de tes chefs d'oeuvre, alors au final, tu te détends un peu, t'efforçant juste de retirer autant de peinture que possible. « Ils sont fiers d'eux vous savez. » Et toi aussi, tu es fier d'eux. Ils ont exercé ta petite vengeance indirectement. Ton sourire ne ternit pas, alors que le vert file avec l'eau dans le lavabo. « Je peux savoir ce qui vous amène en ce lieu ? » Tu tournes tes yeux vers lui un instant. Ce n'est pas un interrogatoire. C'est juste histoire d'entamer la conversation. Qu'il te réponde ou non, peu t'importe ; tu veux juste te montrer sympathique. Aucune obligation pour lui, comme pour toi, étant donné que c'est ton jour de repos. Mais quitte à faire connaissance, autant profité de l'occasion, non ? Et qui sait, peut-être que ça t'aidera à oublier que votre dernière vraie confrontation s'est soldée par un baiser.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Lun 7 Avr - 21:26

La proximité entre vous est... Dérangeante. Et pourtant, tu ne l'es pas plus que cela. Ses yeux t'attirent, ils sont magnifiques, d'azur, aux reflets de glace. Captivants. C'est tellement... Tu aimes ses yeux. Sincèrement. Au point d'en oublier quelque peu le reste. Tu es juste plongé dans son regard, vous deux trop près l'un de l'autre. Bien trop près pour respecter les règles de bienséance. Mais tu n'en as rien à faire. Tu ne te sens pas en danger. Pourquoi ne pas être plus méfiant ? Pourquoi ne pas rester sur tes gardes, comme tu l'as été jusque là ? Parce que tu es aussi curieux que captivé. Curieux de voir ce qu'il te réserve, curieux de comprendre quel est ce plan qu'il a en tête. Va-t-il faire une bêtise ou compte-t-il te donner une leçon ? Tu es vraiment curieux de le savoir. Il peut être trop proche, tu n'en as rien à faire. Tu n'as pas peur de lui. Tu es naturellement méfiant mais tu as rarement fait des erreurs de jugement. Raison pour laquelle tu es encore là aujourd'hui. Pourquoi serait-il une exception à la règle ? Tu ne vois pas pourquoi. Alors tu attends qu'il se décide à agir, pendant que vos souffles se mêlent. Et lorsqu'il se recule enfin, c'est avec surprise que tu vois le couteau juste devant ton torse, sur le point de te transpercer. Pas mal. Pas mal du tout même. En cas de combat rapproché, ce genre de piège est très prisé. Tu l'as utilisé à maintes et maintes reprises en tant que Chasseur, tu sais comment réagir. Tu pourrais très bien ressortir un de tes couteaux et le menacer à son tour, mais tu sais qu'en situation de combat, il t'aurait déjà transpercé. L'effet de surprise a toujours un sérieux avantage, tu ne peux le nier. Il a gagné cette manche. Même si tu lui fais remarquer que tu ne risquais rien, raison pour laquelle tu n'as pas réagi. S'il comptait t'exécuter, il l'aurait fait plus tôt, à la première occasion. Sauf qu'il ne semble pas d'accord. S'il avait menti ? Certes. Mais il ne l'a pas fait et là est toute la différence à tes yeux. Tu secoues alors un peu la tête, écoutant ses arguments. Oui, il y a toujours des personnes qui meurent pour des idées et il y en aura toujours. Des personnes qui meurent pour leurs idées, bonnes ou mauvaises. Par contre, tu ne comptes pas lui laisser le dernier mot non plus.

-Le fait est que vous n'avez pas menti. Je sais bien que certaines personnes sont prêtes à mourir pour leurs idées, bonnes ou mauvaises. Mais il faut savoir faire des choix, prendre des paris. Le mien a été de vous laisser approcher. J'ai donc gagné.

Oui, tu as gagné. Parce qu'il y a toujours un moment où il faut faire des choix. Tu sais prendre des paris. Tu sais prendre les bonnes décisions, peut-être pas pour tout, mais tu fais de ton mieux et cela a toujours payé jusqu'à aujourd'hui. Cependant, tu as un doute sur cette affirmation qu'il a faite. Tout homme recherche l'immortalité figée par la gloire ? Non, pas toi. Que ces personnes rejoignent les vampires, ce qui fait la force de votre peuple, c'est justement le fait que vous soyez éphémères. Vous apprenez vite, vous évoluez rapidement aussi. C'est votre force, tu es fier de ton peuple, de ce dont les tiens sont capables. Bref. Il doit revoir ses priorités. C'était le deal. Sauf qu'il ne semble pas d'accord. Il considère que tu as perdu uniquement parce que tu n'étais pas réellement en mode combat. Il n'a eu qu'un bref aperçu de tes capacités, il ignore complètement qui tu es réellement. Tu as la sale impression qu'il te sous-estime et tu as horreur de cela. Alors, afin de lui rappeler qu'il n'a pas la moindre idée de qui tu es, tu t'empares d'un des couteaux qui ne te quitte jamais et le lance. Celui-ci vient se ficher dans la porte, à quelques petits centimètres du blond. Il n'a pas l'air surpris mais tu doutes qu'il s'y attendait. Tu lui donnes donc deux leçons. Ne jamais tourner le dos à quelqu'un, d'une part, et ne jamais sous-estimer un potentiel adversaire d'autre part. Il secoue la tête à tes propos. Quoi encore ? Qu'a-t-il donc à te reprocher ? Tu n'es pas son ennemi ? Oh, non, pour l'instant, certes... Mais si jamais cela venait à arriver, ce que tu ne lui souhaites pas, il risquerait de s'en mordre les doigts. Tu n'es pas de ceux que l'on peut supporter longtemps en tant qu'ennemi. Et oui, il te sous-estime. Enfin, avec le peu qu'il sait. N'a-t-il donc pas fait un minimum de recherches sur toi ? Par le passé, tu as participé à plusieurs tournois à l'épée, tu t'en es toujours sorti honorablement, même si tu n'es jamais sorti premier. C'était un choix, celui de ne jamais montrer tes réelles capacités. Mais là, tu n'aimes tellement pas qu'il te colle à ce point... Enfin, au lieu de te montrer d'autant plus mauvais perdant que tu le parais à ses yeux, tu gardes le silence et le laisses s'en aller. Ce soir, pas question de dîner par contre : tu as un entraînement à faire.

~~~

Un intrus dans tes appartements. Voilà qui est bien peu souvent arrivé mais cette situation-là, c'est réellement la première fois que tu l'as vécue. Qu'on te surprenne sous la douche, que ce soit un homme qui le fasse, homme qui reste sur place, à se rincer l’œil. Encore, avec Adelina, c'est déjà arrivé mais avec un homme... Non, jamais, et cette situation te perturbe. Tu ignore ce qui est passé par la tête du jeune Volkov mais une chose est certaines : il faut mettre les points sur les i, et pas plus tard que tout de suite. C'est pour cette raison que vous êtes là, dans la salle de musique. Toi, tu te détends à ta manière, en jouant du piano. Lui, il attend que tu daignes prendre la parole. Ce que tu fais finalement, ton morceau terminé. Ta voix est ferme, plus qu'elle ne l'a jamais été en sa présence. Tu n'aimes pas employer un tel ton mais tu sais que tu te dois de faire preuve d'autorité parfois, sinon tout le monde n'en fera qu'à sa tête et tout deviendra totalement désorganisé. Tu le regardes serrer les dents à tes propos mais tu ne t'en montre pas le moins du monde affecté. Que cela ne lui plaise pas, tu n'en as rien à faire. C'est lui qui s'est imposé dans ta salle de bain et non l'inverse. On l'avait prévenu qu'il n'y avait personne dans la suite. Évidemment, puisque tu n'y étais pas officiellement. C'est interdit d'embrouiller un peu les autres afin d'avoir quelques instants de tranquillité ? Oui ? Décidé$, quelle plaie d'être empereur... Tu secoue la tête, désespéré.

-Dans ce cas, il faut vérifier ses informations. Les "on m'a prévenu" sont bien beaux, mais ils sont souvent loin de la vérité. Plus encore lorsque cela me concerne.

En résumé : "bien sûr que tu devais croire que j'étais ailleurs mais c'est pas pour autant que c'est la vérité". Il est là depuis plus d'une semaine et il ne semble pas avoir encore compris que lorsqu'on parlait de toi, il était difficile de te trouver. Tu connais tous les coins et recoins de ce palais, il est ton terrain de jeu depuis ton plus jeune âge, ses passages secrets n'en ont plus aucun pour toi. Et lorsqu'il s'agit de disparaître sans laisser de traces pour être tranquille, tu es le champion. Certes, ce n'est sans doute qu'une erreur et tu n'en aurais pas fait plus s'il n'était pas resté à te regarder. Non pas que cela ait été gênant mais... C'était perturbant. Voir plus que perturbant. Tu continues plutôt sur ta lancée. Plus jamais une telle situation ne devra se reproduire. Jamais. Il ne te regarde même pas, il fixe un point quelconque. Hé bien quoi, il ne supporte pas les remarques ? Toi non plus, d'un certain côté... Bref. Par contre, ce ton acide qu'il emploie pour prononcer le mot "Monsieur" ne te plaît guère. Il veut jouer dans la provocation ? Très bien, tu vas voir s'il va continuer longtemps. Cependant, tu hésites un peu à aller plus loin. C'est que tu n'es pas spécialement à l'aise vis-à-vis de l'idée qui te traverse l'esprit. Tu n'as pas l'habitude de te livrer à ce genre de punition, quelqu'un d'autre se serait fait suspendre de ses fonctions durant une période indéterminée, mais pas lui. Parce qu'il n'est qu'en période d'essai et que, avec le peu que tu as vu de lui, tu dois avouer qu'il t'intéresse. Oui, il t'intéresse, alors tu vas vous mettre sur le même pied d'égalité. Tant pis pour tes scrupules.

Tu lui tournes autour quelques instants puis lui ordonnes de se déshabiller. Oui, purement et simplement. C'est simple comme ordre, non ? À tes yeux, oui. Même s'il n'est pas certain qu'il accepte de le faire. Pourtant, il s'exécute, un sourire se dessinant sur ses lèvres. Adossé contre la seule porte de la pièce, tu le regardes donc obéir. Tes yeux sombres suivent le trajet de chaque vêtement avant de se poser sur sa peau mise à nue. Tu te fais la remarque que le noir n'est pas forcément la couleur qui lui va le mieux, même si elle met en évidence son regard d'azur et ses cheveux blonds. Tu secoues la tête aussitôt. Ne laisse pas tes pensées s'égarer ! Tu te concentres à nouveau aussitôt sur lui. Lui qui laisse tomber sa chemise, le tissus qui glisse sur sa peau... Oh bon sang. Tu déglutis difficilement, légèrement mal à l'aise. Surtout que sa remarque ne t'aide pas à te sentir mieux. Il n'est pas ton strip-teaseur professionnel. Non, c'est exact. Tu ne dis rien, parce que tu ne veux pas te justifier. Il est intelligent, qu'il comprenne seul le fin fond de ta pensée. L'avant-dernier tissus tombe donc au sol, et tu l'observes un peu plus. Il est... Beau. Tu ne peux pas le nier. Mais es-tu satisfait ? Non. Tu attends qu'il obéisse jusqu'au bout. Non, tu n'en démordras pas. Cette fois, il refuse. Bien, au moins un peu de résistance. Une lueur de défi apparaît alors au fond de ton regard. Tu préfères qu'on te résiste qu'à être obéi sans la moindre contestation. Tu croises plutôt les bras sur ton torse, attendant de voir s'il va vraiment te tenir tête ou pas. Tu as cru qu'il faisait dans la prostitution ? Tu secoues négativement la tête.

-Je n'ai jamais demandé ce genre de services et je ne compte pas commencer aujourd'hui, si cela peut vous rassurer, Monsieur Volkov.

Qu'est-ce qu'il a cru, que tu allais le violer sur place ? Non mais pour qui te prend-t-il ? Tu es Samael Tudor, par le sang de tes ancêtres. Tu vaux quand même mieux que cela. Et puis, il y a quelques temps encore, avant que tu ne te maries, tant de femmes souhaitaient partager ton lit... C'était toi qui ne voulais pas. Donc non, tu ne comptes pas en arriver à ce genre d'extrémité. Tu ne le toucheras pas. Du moins... Pas de cette manière. Tu passes peut-être pour un pervers sur l'instant, ce que tu n'es pas, mais tu ne comptes pas non plus dégrader ton image plus que cela, encore moins pour une histoire sans trop grande importance. Il n'y a pas mort d'homme après tout, même si à voir ton attitude on pourrait en douter. Te décollant de la porte, tu reviens plutôt lui tourner autour, l'observant sous toutes les coutures. Tu insistes. Faut-il que tu lui apprennes comment on retire ses sous-vêtements ? Tu peux très bien le prendre comme modèle pour cela. Si tu cherches un gigolo, il y en a autour de nightclubs ? Oui, tu sais. Mais ce n'est pas ce que tu cherches, alors c'est à nouveau que tu secoues la tête de gauche à droite. Bon, puisqu'il ne semble pas décidé à obéir, il semblerait que tu doives agir par toi-même. Bon sang...

Bon, puisque tu n'as plus d'autre choix afin de mettre ton plan à exécution, tu viens te placer derrière lui. Ton regard reste posé sur sa peau, ses épaules, son corps... Tss , Samael. Oui oui, tu te concentres. Tu hésites à mettre ton plan à exécution. C'est une mauvaise idée, tu le sais bien, et pourtant tu ne vois rien d'autre pour vous remettre sur un pied d'égalité. Tu te mordilles la lèvre, hésitant... Mais finalement, tu viens poser tes mains sur ses épaules, presque trop doucement. Tu sens un frisson parcourir sa colonne vertébrale et tu te mordilles un peu plus la lèvre. Mauvaise idée, très mauvaise idée... C'est étrange, tu n'es pas à l'aise et pourtant tu l'es plus que tu ne l'imaginais. Tu ne sais plus quoi penser. Mais maintenant que tu y es, autant aller jusqu'au bout des choses. Alors tu laisses tes mains glisser sur sa peau chaude, le frôlant uniquement par instants, jusqu'à ce que tes doigts atteignent l'élastique de son boxer. Oui, non ? Allez, tu ne comptes pas te laisser dégonfler aussi facilement. Donc tu lui retires le dernier tissus qui couvrait son corps, sans lui laisser le temps de protester. D'ailleurs, il ne semble même pas vouloir essayer, ce qui t'étonne d'autant plus... Hé bien, il a perdu sa langue, sa fougue ? C'est l'impression qu'il te donne alors que, une fois de plus, tu lui tournes autour. Une fois de plus... Oui, il est beau. AHEM. Tu secoues la tête. Tu ne lui as pas demandé de se déshabiller pour l'observer comme un objet ni même l'admirer. Alors tu retournes derrière lui et, une nouvelle fois, pose tes mains sur ses épaules, il frissonne à nouveau. Curieusement, tu apprécies le contact de sa peau contre la tienne, c'est assez... Électrisant. Oui oui, électrisant. Tu te mords alors plus violemment la lèvre, essayant de te reprendre. Allez, tu en as assez fait, laisse-le repartir. C'est ce que tu fais, un peu trop maladroitement peut-être, mais tu le lâches enfin, lui permettant de prendre congé et s'accorder une pause, le temps de digérer cet épisode. Toi, tu retournes à ton piano, entamant sans lui accorder un regard une nouvelle improvisation. Pourtant, il ne s'en va pas. Au contraire, il reste et parle, à nouveau, alors qu'il n'a pas dit un mot depuis plusieurs longues minutes. S'il n'avait pas voulu se déshabiller, il ne l'aurait pas fait ? Un court instant tu tournes la tête vers lui, légèrement intrigué. Sérieusement ? Mais alors...

-Dans ce cas, pourquoi l'avoir fait ?

Tu avoues ne pas trop comprendre. Suivant sa logique, il acceptait de se déshabiller étant donné qu'il l'a fait et qu'il t'a laisser terminer son œuvre. Pour quelle raison bon sang ? Tu ne comprends pas tout. Mais il continue. Il n'accepte pas que tu lui parles comme à n'importe lequel de tes subalternes ? Oh, aux dernières nouvelles, c'est ce qu'il est. En période d'essai qui plus est. Mais tu n'ajoutes rien, te contentant de reporter ton attention sur les touches de ton piano. Question de respect. Tu y a toujours fait attention mais, sur le moment, tu ne voyais pas comment le congédier. Le protocole, tu y es habitué mais il t'arrive encore de faire preuve de maladresse. De toute manière, il ne te laisse pas tellement le temps de répondre, il continue déjà, se reprenant. C'est mieux. Oui, bien évidemment que c'est mieux de caresser le fauve dans le sens du poil mais, d'un côté, tu préfères qu'on soit franc, cru avec toi, et tant pis pour ce que tu en penses, c'est toujours plus pratique que d'avoir à décortiquer toute l'hypocrisie dont bon nombre de personnes font preuve. Si cet incident est si dramatique, tu peux d'ores et déjà lui demander de partir ? Oui, certes, tu pourrais. Mais tes doigts cessent d'appuyer sur les touches du piano, ta mélodie cesse. Tu ne te retournes pas, tu ne sais même pas s'il est sorti ou non. Pourtant, tu parles, doucement.

-Je ne juge pas entièrement là-dessus, on a tous droit à l'erreur... Et ce serait dommage de perdre un bon élément pour une histoire comme celle-ci...

Ta voix s'est faite simple souffle, tu doutes que quiconque ait pu t'entendre, le blond encore moins. Tant pis, tu parlais plus pour toi-même que pour lui. Toujours laisser une seconde chance, c'est ce que tu as appris avec le temps. Même s'il est vrai que Leo n'appliquait pas cette règle, Samael, lui, a toujours mis un point d'honneur à la respecter. Sur ces quelques mots soufflés, tu reprends ta musique, avec ta perfection habituelle. La musique est plus facile à maîtriser que les mots, elle traduit tout ce que l'on veut faire passer, la subtilité de l'utilisation d'une note ou d'une autre, d'un rythme plus ou moins rapide... Oui, la musique est plus facile, tu ne te trompes quasiment jamais avec ton piano. Enfin bref. Oublie un peu cet épisode, cela vaudra mieux. Oui, oublie son sourire, ses yeux, son corps... Oublie. Pas de distraction en tant qu'empereur.

~~~

Et voilà. Tu fuis ton intendant, c'est ton garde qui te tombe dessus. Qu'est-ce qui est le mieux ? Hum... À tout bien réfléchir, c'est mieux que ce soit le blond qui t'ai trouvé, il est moins collant. À l'intérieur du palais en tout cas. Toujours est-il qu'il semblait te chercher, lui aussi. Pourquoi ? Quelque chose à te dire ? Une requête ? Tu n'en as pas la moindre idée, tu le regarde sourire alors que tes sens sont en alerte. Qu'il en rie si cela l'amuse, mais toi, tu n'as vraiment pas envie de perdre quelque heures à écouter l'homme déblatérer ce qu'il a fait pendant des heures, même s'il est vrai que tu prendrais un plaisir sadique à démonter point par point tout ce qu'il a fait. Mais comme tu n'es plus juste Samael Tudor mais l'Empereur, tu te dois de te plier au protocole et c'est, sincèrement, quelque chose qui te tape profondément sur le système. Enfin, si ton garde a quelque chose à dire, qu'il le dise maintenant. Ou non, pas le temps, tu reconnais cette voix qui t'appelle. Sans plus réfléchir, tu pousses le blond à l'intérieur de l'armoire et le suis à l'intérieur. La porte se referme sur vous, à clé. Vous vous retrouvez dans le noir le plus total et tu... L'embrasses ??? Hé bien oui, il semblerait bien. Il tente de se dérober mais se cogne visiblement la tête contre l'une des parois du meuble. Et puis, de toute manière, tu suis le mouvement. Il ne doit pas faire de bruit... Alors une de tes mains glisse sur sa nuque, tu sens un frisson le traverser, tandis que ton autre main glisse sur son torse... Mine de rien, tu as l'air de lui faire ton petit effet. Ahem. Il n'empêche qu'il te donne limite raison puisqu'il... Répond à ton baiser. Heu... Bug. Tu es en bug. Tu ne t'attendais vraiment pas à ce qu'il te réponde. Et pourtant tu restes pendu à ses lèvres et fermes les yeux. Il faut croire que tu aimes cette situation... Le placard, ses lèvres contre les tiennes... C'est un rêve n'est-ce pas ? Non, ton esprit a beau être parfois tordu, il ne t'imaginerait jamais dans une telle situation. Mais comment expliquer cette situation qui te semble tellement irréelle ? Tu as pété un plomb peut-être, tout simplement. Oui, c'est cela, tu as pété un plomb. Et tant qu'à faire, puisque c'est loin d'être désagréable, tu restes contre ses lèvres. Non, vraiment Samael, il va falloir que tu ailles te faire soigner. Mais il te répond, alors... Non. Stop.

Tu finis par te reculer, le souffle court, essayant de masquer au mieux ton trouble. Tu l'as... Embrassé. Oui, tu l'as embrassé. Et tu as aimé cela. Bon sang, tu aimes certes sortir du protocole mais là c'est un peu trop. Tu recules, jusqu'à te retrouver bloqué contre une autre des parois du placard. Tu lui demandes alors pardon, c'est le minimum à faire après tout. Et bon sang, heureusement que vous êtes dans le noir complet, tu as l'impression d'avoir viré rouge tomate. Doucement, tu reprends une respiration normale, tu calmes les battements de ton cœur. Tu ne t'attendais pas à une telle réaction de sa part, encore moins de la tienne. Il y avait dix milles autres possibilités de le faire taire, pourquoi celle-ci ? Comme tu l'as dit, tu as agit dans la précipitation. Une curieuse précipitation. Allez, se reprendre, et vite ! Heureusement, l'autre t'arrache à tes pensées confuses. Ouvrir la porte ? Oh, heu...

-Oui, bien sûr, accordez-moi une minute.

Un de tes mains plonge dans tes poches, à la recherche de ton multi-passe. Tu ne quittes jamais ce petit bijou de technologique qui peut ouvrir quasiment toutes les portes. Les seules possédant un système de protection suffisamment puissant pour y résister, tu possèdes leur clé originale. Tu t'empares donc de ton trousseau et, à l'aveuglette, cherches l'objet qui vous permettra de sortir. Comme prédit, une minute plus tard, le clic caractéristique du verrou qui s'ouvre se fait entendre. Tu pousses alors un peu la porte, laissant entrer un rai de lumière dans le meuble. Pour autant, tu ne bouges pas tout de suite. Tu es bien là, dans l'obscurité. De toute manière, l'autre s'approche de toi, te bloquant quelque peu la sortie. Il n'est qu'un garde ? Tu arques un sourcil. Où veut-il en venir ? Il va retourner sur le sujet d'il y a trois jours, comme quoi il n'est pas escort boy ou quelque chose dans le genre ? Il se rapproche de tes lèvres, un peu trop, tu ne sais comment réagir. Le repousser, le laisser faire, dans cette même optique d'équilibre ? Tu ne sais trop, alors tu ne bouges pas. Il pourrait très bien t'embrasser à son tour ? Ah... Cette fois, c'est un sourire espiègle qui vient étirer tes lèvres, masquant ton mal-être.

-Ce ne serait que justice. fais-tu, légèrement amusé.

Tu joues avec le feu, jeune homme. Tiens-toi tranquille et repousse-le donc, cela vaudra bien mieux. Que dirait Adelina si elle te trouvait dans pareille situation ? Oh, elle vous offrirait sans doute une belle paire de gifles à tous deux. Après ce serait de l'ordre du privé. Ahem. Il continue tout de même sur son élan. Tu baisses alors le regard. La faute est tienne cette fois, tu ne peux le nier. Tu es responsable de ce qui est arrivé, tu aurais dû prendre le temps de plus réfléchir. Ce qui n'est pas toujours le cas, tu fais tellement facilement confiance à ton instinct dans les situations d'urgence que te demander de prendre le temps de te poser est parfois bien difficile. Tu n'ajoutes rien, tu n'as rien à dire. Qu'il s'en aille, puisque c'est ce qu'il veut. Pourtant, son regard posé sur tes lèvres... Qu'a-t-il encore en tête ? Que veut-il faire ? Ne pas recommencer ? Ton regard se fait interrogateur alors qu'il vient plonger dans le sien, d'azur. Ne pas recommencer... Sa voix s'est tellement adoucie en quelques secondes...

-Je suis désolé... Cela ne se reproduira pas.

Tout du moins, tu l'espères. Tu es suffisamment mal à l'aise, tu n'as pas besoin de recommencer une telle scène. Mettre de la distance entre vous serait une bonne idée à tes yeux. Tu le laisses s'enfuir du meuble dans lequel tu restes quelques longues minutes encore, les mains dans tes cheveux. Qu'as-tu fait encore ? Tu n'en sais rien. Cet homme a un petit quelque chose en plus, un petit quelque chose qui t'intrigue, qui t'attire... Mais quoi ? Son regard ? Oui, tu l'aimes mais... Il n'y a pas que cela, il y a autre chose. Tu ne saurais pas dire ce qu'il se passe avec lui. Il te faut attendre que ton cousin te trouve dans ton placard et alerte tout le palais. Alors tu te forces à te relever, à l'attraper dans tes bras et à lui faire l'avion. Son rire te rend ton propre sourire... Même si tu n'as pas fini de te torturer avec toute cette histoire.

~~~

C'est un soupir que tu retiens quand tu arrives enfin sur les lieux. Tu as profité du jour de repos de Lyokha Volkov pour aller faire un tour en liberté dans ta ville. Tu n'as pas besoin d'être accompagné partout où tu vas et pour ce que tu as prévu aujourd'hui, non, tu préfères être seul. Où es-tu ? Devant les portes d'un orphelinat de la capitale. Un orphelinat auquel on t'a lié avant ta naissance. C'est une bien longue histoire sur laquelle tu n'as guère envie de t’appesantir. Un orphelinat auquel le Chasseur que tu étais a confié plusieurs enfants arrachés à la mort, suite à des attaques de loups-garous ou de massacres de vampires. Des enfants rendus orphelins ayant besoin d'un toit, que tu as non officiellement pris sous ton aile. Tu n'as pas souvent le temps de passer et personne ici ne connaît ton rôle exact. Mais quand tu peux, quand tu sais qu'on a besoin de ton aide, tu viens. Pourquoi es-tu là aujourd'hui ? Pour voir quelques uns de ces enfants que tu as amené ici. Quelques uns ont été adoptés, d'autres non. Certains sont déjà adultes, ont pris leur envol, les derniers sont encore sur place. Mais il y a aussi une autre raison à ta présence : quelques problèmes financiers que rencontre l'orphelinat. Tu en as eu vent, alors tu as arrangé une rencontre le temps de voir quels sont les besoin et ce que tu peux t'autoriser à faire. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis que tu pousses la porte d'entrée. Tu manques de te perdre, étant venu si peu de fois dans ces couloirs, mais il ne te faut pas plus de quatre minutes pour trouver le bureau de la gérante de l'établissement. Tu pousses donc la porte après avoir doucement toqué.

-Oh, Monsieur Tudor, je ne vous attendais pas si tôt...
-Je suis à l'heure, comme toujours. Et s'il vous plaît, pas de protocole avec moi...
-Excusez-moi, mais vous êtes l'empereur et...
-Laissez, ce n'est rien, j'ai l'habitude. Et si vous m'expliquiez un peu la situation ?


Tu la sens bien réticente à t'expliquer quelques sont les soucis financiers que l'orphelinat traverse. Et pourtant, en insistant un peu, elle te dresse un bref tableau de la situation. Les dons se font rares ces derniers temps, joindre les deux bouts avec autant d'enfants se révèle compliqué. Tu te mordilles la lèvre, laissant ton esprit travailler à plein régime. Tu viderais bien une partie des caisses de l'empire pour les aider mais tu sais que ce ne serait pas raisonnable. Il te faut trouver donc une autre équitable et un moyen de l'aider à long terme. Un don de temps à autre ne réglera pas la situation. Mais rien ne te vient, alors tu notes sur l'option bloc-note de ta montre d'y réfléchir. En attendant, tu fais un rapide calcul du don que, en tant que Tudor et empereur, tu peux te permettre de leur faire. Assez conséquent, certes, mais jusqu'où ? Il te faut encore quelques longues minutes de réflexion, de discussion avec Silva pour vous mettre d'accord sur une promesse. Que tu comptes pousser un peu plus loin que ce qu'elle accepte, évidemment, mais tu lui laisseras la surprise. Tu repars donc après avoir passé un bon moment à discuter et parlementer. Elle te propose d'aller voir les enfants qui te connaissent et tu acceptes avec plaisir. Ces petits monstres ne n'apprécient pas tous beaucoup mais tu aimes prendre de leurs nouvelles. Tu pousses donc la porte entre-ouverte, note un mouvement au-dessus de toi, t'apprête à reculer... Sauf qu'un autre mouvement devant te déconcentre, quelqu'un s'approche de toi... Résultat, tu ne bouge pas et vous êtes deux à vous prendre le saladier plein de peinture verte fluo sur la tête. Une seconde, tu restes ébahi... Avant d'étouffer un léger fou-rire. Tu ne devrais pas t'amuser, tes vêtements sont dans un piteux état, tu n'oses même pas imaginer, mais... Rien qu'à voir la personne qui se retrouve dans le même état que toi, tu ne peux t'en empêcher. Silva arrive derrière toi, apparemment confuse. Tu secoues négativement la tête à ses paroles, ce n'est pas bien grave ce qu'il vient de se passer...

-On a tous été jeunes, ce genre de blague détend toujours. Par contre, en effet, je ne suis pas contre le fait de retirer un minimum de... Peinture ?

Il semblerait que c'en soit, mais vu la couleur vraiment fluo... Enfin, tu n'as pas tellement envie de savoir en fait. Tu suis donc Lyokha, puisque c'est bel et bien lui, qui te guide à travers les couloirs du bâtiment. De temps en temps, tu glisses une main dans tes cheveux sombres devenus bien trop clairs à ton goût. Les couleurs vives ne te vont guère, le sombre s'accorde mieux à tes propres ténèbres. Le jour où Andrew s'est amusé à te teindre les cheveux en blond... La catastrophe. Ne pas y songer. C'est avec plaisir que tu gagnes les toilettes et retire ta veste complètement teinte. Youpie. Dès lors, tu entreprends de retirer le plus de peinture possible. Sur tes mains, ton visage, tes cheveux. Mais tu ne peux t'empêcher d'observer le blond à la dérobée. C'est étrange, tu notes quelques tatouages que tu n'avais pas vu la dernière fois... D'ailleurs, tu reconnais cette écriture, c'est du cyrillique. Étrange... Ceux qui maîtrisent le langage terrien ne sont pas si nombreux pourtant. Enfin, tu essayes de ne pas te montrer trop curieux et te concentres plutôt sur la peinture. Petit à petit, les traces partes mais certaines sont plus tenaces que d'autres. Et pendant ce temps là, ton garde – même s'il ne l'est plus pour le moment – reprend la parole. Ils sont fiers d'eux ? Un léger sourire étire tes lèvres tandis que tu reportes ton sombre regard sur lui.

-J'avoue que c'était bien joué. Mais je ne suis pas sûr que n'importe qui aurait apprécié. Tout le monde n'est pas aussi tolérant. Encore moins ceux qui n'ont jamais fait ce type de blague.

Tu retiens un nouveau rire. Tu as déjà fait de pareils coups par le passé. Enfant, adolescent. Tu adorais cela, même s'il te fallait te contenir à cause de ton rang. Il n'empêche que tu as depuis longtemps cessé de compter le nombre d'ambassadeurs ou de membres du personnel qui ont été victimes de tes bêtises. Les pauvres, quand tu y repenses, tu étais vraiment un sale gosse à l'époque. Enfin, laissons le passé là où il est : dans le passé. Et puis, il reprend bien vite la parole. Qu'est-ce qui t'amène en ce lieu ? Oh, heu... Tu baisses les yeux. Tu ne dois pas vraiment parler des raisons financières, tu l'as promis à Silva. Alors que peux-tu dire, très exactement ? Tu cesses de bouger, regardant juste l'évier dans lequel quelques gouttes vertes coulent de temps en temps. Qu'est-ce qui t'amène ici ? De quoi peux-tu parler ? Tu n'es pas ici en tant qu'empereur, enfin, pas vraiment. Mais tout ce que tu peux dire ou faire aura forcément un impact. Tu hésites.

-Je... Viens tenir une promesse faite il y a bien trente ans, au moins. Ma mère aimait beaucoup cet orphelinat, certains de ses amis y ont grandi, d'après ce que j'ai compris. Elle avait promis aide et assistance, toujours, quelle que soit la situation. Je perpétue la tradition si on peut dire.

Ah, ta mère... Qu'est-ce qu'elle n'a pas fait, très sincèrement ? Grande musicienne, aventurière, grande amie de tous les peuples, défenseure des faibles, femme de loi et mère totalement dévouée à ses enfants. Même si tu ne l'as que bien peu connue, ton père t'en parlait suffisamment pour que tu la connaisses sur bien des points. Durant sa fugue, elle s'est liée d'amitié avec des pensionnaires de cet orphelinat. Ils l'ont aidée, soutenue. Elle a alors jurée de leur rendre ce qu'ils avaient fait pour elle. À tes yeux, si ton père était aussi proche du peuple, ce n'était pas uniquement parce que c'était la tradition pour le cadet des Tudor. Non, c'était parce que ta mère ne se considérait pas du tout comme une noble mais comme une artiste, à l'aise au milieu d'une foule de travailleurs, assise dans la nature ou juste à contempler les couples vaquant à leurs occupations. Romantique et rebelle dans l'âme. Un sacré bout de femme, ta mère. Adelina aussi possède un sacré caractère, mais elle n'a pas la patience ni la compassion naturelle que ta mère aurait dû t'apprendre. La haine n'aurait jamais dû s'emparer de ton cœur, elle est morte bien trop tôt... Tu secoues la tête. Sors-toi donc de tes souvenirs un peu. Souvenirs mêlés à une bonne dose d'imagination.

-C'est une vieille et longue histoire de famille. Je viens rarement ici, sauf quand le besoin s'en fait sentir ou que je trouve le temps de venir prendre des nouvelles de mes quelques petits protégés.

Oh oui, tes protégés, et ceux-ci ignorent à quel point. À leurs yeux, tu n'es qu'une sorte de fantôme qui vient de temps en temps prendre de leurs nouvelles, ils savent que c'est à toi que les Chasseurs les ont confié et donc qu'ils sont sous ta protection. Mais pour d'autres, tu es un peu plus qu'un simple fantômes. Certains t'adorent sincèrement et tu prends toujours beaucoup de plaisir à les retrouver. Sur ces quelques paroles, tu retournes à ta séance nettoyage. La peinture commence à sécher sur tes affaires mais il n'y a plus grand chose sur ta peau. Par contre, tu as une drôle de coiffure avec tes mèches vertes. Ah la la, tu sens qu'il y en a une qui va bien rire en te voyant rentrer dans votre suite, avant de désespérer devant l'état de tes affaires. C'est ta femme, tu commences à la connaître par-cœur. Bref. Tu secoues un peu la tête avant d'aller récupérer ta veste et la passer sous l'eau, essayant de retirer le plus gros. Les traces vertes partent mais il en restera. Ah la la. Niveau pantalon, tu laisses déjà tomber, c'est inutile de chercher à arranger le coup. Alors finalement, tu t'assois un peu contre le lavabo et le regardes quelques instants. Lui, ses cheveux blonds et verts, lui et son regard d'azur, lui et ses tatouages. Lui. Tu ne sais pas si tu dois être mal à l'aise en sa présence ou si tu peux te détendre un peu. Après tout, vos deux dernières vraies confrontations se sont terminées... Assez bizarrement. Oh, allez, zut, tu n'es pas là pour te prendre la tête. Alors tu l'observes, glissant à nouveau une main dans tes cheveux.

-Et vous, qu'est-ce qui vous amène ici ?

Il n'est pas obligé de répondre, tout comme tu n'étais pas obligé de le faire. Mais tu attends quand même une réponse puisque toi-même tu lui en as donné une. Ce ne serait que plus équitable qu'il te donne un semblant d'explication. Enfin, tant pis, s'il ne le fait pas. Tu n'as pas encore fait le lien entre ces propos qu'il a eus lors de votre toute première rencontre et ce lieu, mais cela risque de ne pas durer très longtemps. Tu vois la porte des toilettes s'ouvrir doucement et un sourire amusé vient trouver sa place sur tes lèvres... Quelques secondes avant que le cataclysme entre comme une tornade dans la pièce et te saute dessus en hurlant.

-MAEEEEEEE !!!

Tu réceptionnes le gamin de onze ans en riant et en le soulevant du sol. Il en profite pour venir serrer ses bras autour de ton cou tandis que tu le poses en équilibre sur le rebord d'un lavabo non mouillé. Il rit tout autant que toi alors que tu le décoiffes complètement.

-Tu as failli me faire peur, Elario.
-Mais heu. Tu n'as jamais peur.
-Jamais non, en effet. J'ai eu ton âge bien avant toi, je connais tous les petits tours que toi et tes camarades pouvez inventer.


Cependant, il désigne du doigt les quelques mèches vertes qui demeurent dans tes cheveux, avant de tout simplement éclater de rire. Tu te contentes de hausser les épaules. Ce petit est l'un des derniers que tu ais sauvé, il est arrivé à l'orphelinat il y a un peu plus de trois ans. Vampires. Tu te souviens de tout, des échecs. Il n'était pas le seul de sa fratrie mais il n'y a que lui que vous ayez eu le temps de sauver. Lourd échec à supporter pour toi, mais aujourd'hui il est en vie, il est joyeux et tu espères qu'il surmontera toute cette histoire sans de séquelles psychologiques. Ni devenir Chasseur à son tour. Puis, tu vois le regard vert du petit se tourner vers le blond.

-Oh, Lyo !

C'est avec surprise que tu le vois sauter en bas du lavabo pour ensuite se jeter sur le blond. Mais tu observes juste la scène avec un petit sourire mi-amusé mi-attendri. Il connaît des pensionnaires ? Tu te souviens de ces paroles qu'il a prononcées ce fameux premier jour. Il a grandi parmi des enfants. Est-ce que cela voudrait dire que... Tu secoues la tête. Pas de conclusions hâtives, non. Mais tu continues à les observer, tous les deux.

-Lyo, c'est Monsieur Tudor, l'Empereur ! Mae, c'est...
-On se connaît déjà Elario. On se connaît déjà...
souris-tu.

Professionnellement, oui. Personnellement, non. Et tu avoue que, cette fois, c'est l'homme qui t'intéresse et non le garde. Parce qu'il semble être quelqu'un de très mystérieux et toi qui aime qu'on te résiste, qui aime les défis, les énigmes, comment résister à un appel si fort ? Malheureusement Samael, tu sais que lorsque le papillon est trop attiré par la flamme, il finir par y plonger et se consumer. Ce n'est pas parce que, jusqu'alors, tu as toujours pu te détourner à temps que ce sera toujours le cas. Et tu as déjà commencé à te brûler avec lui. Peau contre peau, lèvres contre lèvres... Que tu observes avec insistance, avant de te détourner rapidement, essayant de reporter ton attention sur ta veste qui est encore sur le rebord d'un lavabo. Pas de bêtises. Peu importe combien la situation peur dégénérer, pas de bêtises. Tu l'as promis.

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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Mer 16 Avr - 19:35

« Dans ce cas, il faut vérifier ses informations. Les "on m'a prévenu" sont bien beaux, mais ils sont souvent loin de la vérité. Plus encore lorsque cela me concerne. » Certes, tu t'es fait avoir comme un bleu. Mais est-ce réellement ta faute ? Peux-tu vraiment porter le blâme, alors que c'est lui qui vous a menti, à tous ? Ça, tu as déjà plus de mal à l'accepter. Les mensonges du genre sont de bien mauvais goût. Ils faussent ton travail, et mènent à quelques fautes professionnelles que tu es loin d'apprécier. Ce qui s'est passé, ça n'aurait jamais dû arriver. Mais au final, la faute à qui ? C'est de sa faute avant tout ; c'est lui qui a menti. Tu n'aurais certes, pas dû entrer, mais lui n'aurait pas dû mentir. Et pour ce qui est d'être resté le regarder... voilà qui dépasse ta propre réflexion. Pour la bonne et simple raison que tu es incapable de déterminer pourquoi tu es resté ainsi, pantois, à détailler la moindre parcelle de son corps. Tu pourrais bien baisser les yeux, par marque de soumission, d'accord avec ses paroles, mais tu n'en fais rien. Tu gardes la tête haute, un peu trop fière sans doute. Il est hors de question de faire profil bas pour un incident qui n'est, sommes toutes, pas si dramatique que cela. Il n'y a pas mort d'homme après tout. Certes, tu l'as perturbé dans sa vie privée, tu reconnais ton erreur. Mais n'a-t-il jamais vu un de ses semblables nus ? Tu ne peux qu'en douter, honnêtement. Tu retiens un énième soupir, l'écoutant juste se plaindre toujours – ou plutôt, te réprimer. Est-ce que cela lui plaît ? Est-ce que t'enfoncer suscite en lui une quelqu'un excitation ? En retire-t-il du plaisir ? Là, ce n'est plus ton problème. Mais qu'il comprenne une chose ; tu ne comptes pas te laisser marcher sur les pieds. Et c'est sans doute pour cela que ton ton se fait un peu plus acerbe que d'ordinaire. Monsieur. Ce n'est pas parce qu'il est ton empereur que tu ne peux pas lui tenir tête, loin de là. Tu as fort caractère – parfois trop. Et même si ton sang-froid te tempère, personne n'est à l'abri de te voir en colère. Sur l'instant, tu n'es pas vraiment en colère. Tu as juste du mal à digérer ses remarques qui, à ton sens, sont purement injustifiées. Enfin, tu ne comptes pas t'enfoncer d'avantage, il semblerait que tu as suffisamment creusé pour aujourd'hui. Alors tu ne dis rien, tu gardes ta langue, même si quelques paroles acides te rongent les lèvres. Tu meurs d'envie de lui répondre, mais il est inutile d'aggraver ton cas ; s'il se formalise de ce si petit désagrément, qu'en sera-t-il si en plus, tu oses hausser le ton ? La première chose qu'on vous apprend chez les gardiens, c'est de se taire, et d'accepter. Alors tais-toi un peu, et accepte, comme le bon petit garde qu'on aimerait que tu sois.

Déshabillez-vous. Et puis quoi encore. Tu commences à te dire que cet homme est fou. Mais sa logique – bien que purement tordue – se dessine peu à peu dans ton esprit. C'est l'équilibre, tout simplement. Il veut te voir nu pour revenir sur la même hauteur de marche. Aucune différence entre vous deux. Se sent-il à ce point désavantagé ? Bon sang, si ce n'était que ça, tu lui dirais bien que tu n'en as rien à faire, de l'avoir vu nu. Surtout que, très honnêtement, derrière la paroi de la douche, avec la buée... Ce n'était pas comme si tu l'avais observé à la loupe, là, à un petit mètre de distance. Enfin, si tel est la volonté de monsieur, tu t'exécutes. Même si tu ne retiens aucune de tes remarques pour le moins déplacées. Tout à un prix à tes yeux. T'écouter balancer quelques piques salées est le prix à payer pour te voir tomber tes vêtements. De multiples soupirs s'échappent d'entre tes lèvres, tous plus las les uns que les autres. Ce qui se passe est purement ridicule. Mais pourtant, tu finis en boxer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Voilà, est-il satisfait désormais ? Hé bien non, apparemment. Non, puisqu'il souligne bien le entièrement que tu avais presque oublié. Entièrement. Il est sérieux ? Apparemment oui. Tu refuses une fois, deux fois. Et trois. Non, ça, il en est hors de question. Tu n'es pas son gigolo, son prostitué ou qu'il appelle cela comme bon lui semble. Tu n'es rien de tout cela, tu es un garde, pas un strip-teaseur. Surtout que très franchement, te voir complètement nu, et pour quoi faire ? Il ne veut pas non plus te sauter dessus tant qu'il y est ? Tu t'échauffes mentalement, même si tu n'en montres rien. Une chance qu'il soit ton empereur, employeur de surcroît. Glisser ses doigts sur ta peau ainsi lui aurait valu bien des cicatrices, dans le cas contraire. « Je n'ai jamais demandé ce genre de services et je ne compte pas commencer aujourd'hui, si cela peut vous rassurer, Monsieur Volkov. » Tu secoues la tête à nouveau. Franchement. Il a cru qu'il n'avait qu'à l'exiger de toi pour que tu accomplisses ses petites folies ? C'est du grand n'importe quoi. Tu restes campé sur tes positions, autant que possible. Il est trop proche, et tu veux qu'il le comprenne. Pas en le malmenant non, mais plutôt par quelques remarques plutôt déplacées. Tu n'es pas sa chose bon sang. S'il est en manque d'affection, qu'il aille trouver quelqu'un sur le trottoir. Tu es garde, tu n'es pas son objet.

Mais il ne semble pas d'accord, à nouveau. Tu sens ses mains glisser contre ta peau, et tu n'arrives pas à retenir ce frisson qui remonte le long de ta colonne vertébrale. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il te fait cet effet là. Un courant d'air, dira-t-on. Tu n'as juste pas  l'habitude qu'un homme te touche ainsi. Et c'est aussi perturbant qu'... qu'agréable. Oui, agréable. Parce qu'il est doux, parce qu'il ne te secoue pas. Et que ton corps n'est pas habitué à tant de légèreté. Tu te retrouves donc nu, sans trop avoir le temps de protester. Il te tourne autour, revient vers toi. Tu essayes de rester neutre, même si ce n'est pas simple. Ses mots te font serrer les dents. Tu n'aimes pas ce qu'il dit là. Il te parle comme au dernier de ses chiens. Et ça, c'est tout bonnement hors de question. Mais pour l'instant, tu gardes ta colère pour toi, tandis qu'il s'éloigne. Quelques brèves minutes de silence, c'est le seul répit que tu lui laisses, avant de reprendre la parole. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que tu ne mâches pas tes mots. Oui, bon, tu devrais peut-être te calmer un peu... Il retourne à son piano, joue. Mais il semblerait que tu l'interpelles, puisqu'il se tourne vers toi un instant. « Dans ce cas, pourquoi l'avoir fait ? » Tu te mords imperceptiblement la lèvre. Voilà la question que tu aurais voulu éviter. Pourquoi. Il faut dire que tu lui as tendu la perche aussi, sans vraiment t'en rendre compte... Et tu te prends à regretter un peu tes mots. Mais tu n'en perds pas la face pour autant. Pourquoi est-ce que tu as fait cela. Toi-même, tu n'es pas sûr de connaître la raison. Tu l'as fait, c'est tout. Mais tu doutes qu'il se contente d'un simple 'c'était ainsi et pas autrement' alors tu te creuses un peu les méninges. Trouver une raison. Peut-être en réalité, tu sais ce qui t'a poussé à te déshabiller. Mais que tu ne veux pas l'admettre. Se mettre nu n'est pas forcément une manière de se mettre en avant à tes yeux mais... Tu voulais lui montrer que tu avais du cran. Que tu étais capable de tout – du meilleur, mais aussi du pire. Tu voulais juste qu'il se rende compte que tu n'étais pas le premier abruti venu, et que quoi qu'il t'ordonne, tu demeures imperturbable. Mais cela doit rester dans l'implicite. Alors quand tu reprends la parole, ta justification est toute autre. « Je ne sais pas pourquoi vous avez fait ça précisément. Pour l'équilibre ? Alors d'accord, vous aviez raison. Pour me faire regretter ce que j'avais fait ? D'accord, mais dans ce cas, ça n'a pas marché. Pour me déstabiliser ? Ok, mais encore une fois, c'est un échec. Je l'ai fait, et puis c'est tout. Ça ne me dérangeait pas. À mes yeux, cela relevait plus d'une leçon morale que de l'humiliation. Si vous saviez comme je m'en fiche, de me retrouver nu au milieu de cette pièce ou d'une autre. Vous êtes un homme si je ne m'abuse. À quelques différences près, vous savez de quoi est constitué un corps humain. » Ton explication demeure un peu brumeuse. Tant pis. Qu'il prenne ce que tu viens de dire comme il le veut. Tu n'as rien en particulier à rajouter à ce qui vient de se passer, si ce ne sont quelques excuses supplémentaires. Et sur ce, tu disposes. Tu as besoin d'oublier ce qui vient de se produire. Oublier les frissons. Oublier que vous vous êtes vus nus. Oublier tout, avant que ton devoir ne t'appelle, à nouveau.

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Tu gardes tes distances autant que possible désormais. Tu es perturbé, tu es mal à l'aise, tu es surpris. Tu es bien des choses. Tu as cette sensation de brûlure contre tes lèvres, à la fois douce et agréable. Bon sang. Qu'est-ce qui vient de se passer. Il t'a embrassé. Il t'a embrassé. Ces quelques mots tournent en boucle de ton esprit. Tu as du mal à t'en remettre, il faut l'avouer. Oui, certes, ce n'était qu'un baiser... Mais tu n'as jamais embrassé un homme, de ton souvenir. Ou du moins, si, mais étais loin d'être sobre. Alors.. Est-ce que cela compte vraiment ? Bon sang, tu n'en reviens toujours pas. Et le pire, c'est que tu as... aimé ça. Oui, tu as aimé ça, vraiment. Tu ne sais pas quoi penser de la situation, et encore moins de toi-même. Pourquoi réagis-tu ainsi ? Tu n'en sais trop rien. Alors presque immédiatement, après quelques minutes de silence et de répit, tu reprends. Tu veux qu'il ouvre cette porte, et vite. Tu as l'impression d'étouffer bon sang. Et tu es surtout bien trop proche de lui à ton goût... Surtout après ce qui vient de se passer. « Oui, bien sûr, accordez-moi une minute. » Et cette minute te paraît une éternité. Tu ne sais pas où te mettre, tu détournes ton regard, même si tu ne le vois pas vraiment. Tu es mal à l'aise bon sang. C'est bien la première fois que quelque chose te perturbe à ce degré depuis ton arrivée au palais. Enfin, la porte est quand même rapidement ouverte, mais tu lui bloques la sortie. Comme lui la dernière fois, tu as un ou deux points à mettre au clair. Oui, tu n'es qu'un garde. Non, tu n'es pas son objet. Qu'il l'intègre profondément. Et histoire d'être sûr qu'il comprenne, tu t'approches dangereusement de ses lèvres. Oh la. Mauvaise idée. Très mauvaise idée même. Mais il semblerait que tu ne sois pas le seul à prendre de mauvaises initiatives. Tu es peut-être un peu trop proche, mais après ce qui vient de se passer, tu n'en as, pour ainsi dire, rien à faire. Qu'il recule si cela lui fait plaisir. Qu'il s'approche si tu lui manques déjà. Qu'il ne cille pas, s'il n'a pas peur de ce que tu peux être capable de faire.

« Ce ne serait que justice. » Sa réplique te sidère. Comment peut-il jouer avec le feu ainsi ? Comment peut-il te provoquer, sans s'imaginer les conséquences qui défilent dans ton esprit ? Tu en es capable. Rien que par jeu, tu le ferais. Alors tu t'approches encore un peu, si bien que vos lèvres manquent de se rencontrer à nouveau. Vous êtes plus proches que jamais, c'est ce qu'il veut, pas vrai ? Tu as dû mal à résister à l'appel de ses lèvres, si bien que tu restes quelques instants silencieux, vos souffles se mêlant dangereusement. Tu veux bon sang. Tu veux lui montrer – une fois de plus – que tu n'as pas froid aux yeux quand il le faut. Tu fermes les yeux un instant, te ravisant. Non, tu ne peux pas. Tu ne dois pas. Tu continues à frôler ses lèvres, et quelques mots supplémentaires t'échappent. Tu perds ce sourire presque espiègle qui ornait ta bouche précédemment. Tu es plus que sincère. Qu'il ne recommence pas, par pitié. Tu ne sais combien de temps tu pourras résister. Tu n'es pas certain de laisser passer la tentation, la prochaine fois – si prochaine fois il y a. Votre relation se doit d'être strictement professionnelle, vous le savez l'un comme l'autre. Pas de débordements comme celui-ci. Le léger trait de lumière te permet de distinguer un peu mieux ses traits, alors que tu prends doucement tes distances, reculant progressivement. Tu recouvres une respiration à peu près normale, même si tu n'es pas tout à fait sûr de ce que tu ressens sur l'instant. Il y a toujours cette brûlure contre tes lèvres. Ton cœur qui bat trop fort. Ton regard qui n'a de cesse de croiser le sien, malgré les précautions prises. Sa présence te met mal à l'aise autant qu'elle t'est agréable. Tu es contradictoire, une fois de plus. Mais une fois n'est pas coutume, et il semblerait qu'il a le don de jouer sur le paradoxe avec toi. « Je suis désolé... Cela ne se reproduira pas. » Tu hoches légèrement la tête. Des excuses de la part d'un Tudor. De sa part. Tu es un peu déstabilisé, mais tu t'efforces de ne pas le montrer, comme on te l'a appris. Et tu disparais du meuble, le laissant derrière toi. Tu dois t'éloigner. Réfléchir. Relativiser. Ce n'est pas comme si vous veniez d'échanger un baiser.

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« On a tous été jeunes, ce genre de blague détend toujours. Par contre, en effet, je ne suis pas contre le fait de retirer un minimum de... Peinture ? » Peinture ? Quelle peinture ? Celle qui vous recouvre désormais. Une peinture verte fluo. Dans les cheveux, sur les vêtements... Ni l'un, ni l'autre est épargné. Et si toi, tu es plutôt amusé, tu es surpris de voir que lui aussi manque de rire du ridicule de la situation. Au moins, il ne le prend pas trop mal. Tant mieux, le contraire aurait été idiot, et déjà que ces derniers jours il te perturbe, hé bien tu ne saurais plus trop ce que tu devrais penser de sa personne. Bref, comme il le demande – et de toute façon le contraire t'aurait étonné – il veut bien retirer ce qu'il peut de peinture de sa personne. Tant qu'à faire, tu en feras autant. Tu hoches légèrement la teinte, l'invitant à te suivre à travers les différentes pièces de l'orphelinat. Tu connais cet endroit par cœur. Les moindres recoins, les moindres cachettes. Pour peu, on pourrait dire que tu l'as construit, ou que tu as participé à son élaboration. Non, malheureusement, tu n'étais pas né à l'époque. Enfin, vous arrivez rapidement à l'endroit voulu, toi à un lavabo, lui à l'autre. Tu fais couler l'eau sur tes mains, retirant ta veste au passage. Nettoyer le vert maintenant. Il en fait autant, et même ton regard reste rivé sur tes doigts et l'eau verte qui s'échappe dans le lavabo, tu sens son regard posé sur toi de temps à autres. Tu te demandes un instant ce qui attire ainsi son regard. Tes tatouages peut-être ? Certainement. Il ne les avait jamais vus. De temps à autres, tu l'observes à la dérobée toi aussi. Mais quand vos yeux finissent par se rencontrer par accident, tu te ravises, te concentrant juste sur les taches fluos. Bien, bien. Ce n'est pas que, mais tu n'as pas toute la journée non plus. Vraiment ? Pourquoi se presser ? Peut-être car tu n'es pas si à l'aise que ce que tu prétends être. Alors tu tentes d'engager la conversation. De manière minable, au passage. « J'avoue que c'était bien joué. Mais je ne suis pas sûr que n'importe qui aurait apprécié. Tout le monde n'est pas aussi tolérant. Encore moins ceux qui n'ont jamais fait ce type de blague. » Ton sourire fait écho au sien. Il n'a pas tort. Ce n'est pas tout le monde qui aurait toléré ce genre de farce. Enfin, il est lui-même jeune, il peut comprendre non ? Il est jeune. C'est une réflexion que tu te fais soudainement, te rendant compte qu'il n'a que vingt-six ans. Ton âge, en somme. Vingt-six ans, et déjà enchaîné à une femme, avec des gamins... Enfin, s'il est heureux ainsi. Tu dis juste que toi, pour ta part, tu n'y arriverais pas. Être déjà pris, si jeune... Oui, tu peux le dire, tu es de ceux qui profitent de la vie. Ou du moins, qui en ont profité. Pourquoi ? Oh, c'est un tout autre sujet sur lequel tu n'as pas vraiment envie de t'étendre. Ton boulot te prend beaucoup de temps aujourd'hui, et les rares fois où tu es de repos, tu ne finis pas bourré comme un trou dans le fond d'un bar. Tu profites de la vie oui, et de ces cours instants de répit. Mais pas en te défonçant avec de la came où tu ne sais quoi. Tu aimes faire la fête avec modération, autant que tu aimes charmer. Un homme sans-attache, voilà ce que l'on dit de toi. Pas de petite amie régulière. Pas de famille. Pas d'obligation extérieure à ton travail. Sans-attache.

Mais, pourquoi est-il ici, lui ? Voilà une question qui te tourne dans l'esprit. L'empereur dans un orphelinat... En soi, ça n'a rien d'extraordinaire. Mais tu es curieux de savoir ce qui l'amène ici. On ne se rend pas dans cette maison par ennui, ou juste parce qu'on se promène. Alors oui, c'est peut-être trop curieux de ta part, mais tu aimerais bien savoir ce qui l'amène en ce lieu. Toujours est-il que ta question semble modifier l'ambiance, au moins un peu. Il baisse les yeux. S'il n'a pas envie d'en parler, libre à lui de se taire. Tu n'as pas envie de le forcer à quoi que ce soit. Tu cherches juste à engager la conversation en tant que Lyokha. Pas en tant que le gardien Volkov. Tu le sens un peu hésitant, mais il finit par reprendre la parole. Alors tu demeures attentif, ton regard posé sur sa personne. Un regard compréhensif. Un peu amical aussi. Différent de d'habitude. « Je... Viens tenir une promesse faite il y a bien trente ans, au moins. Ma mère aimait beaucoup cet orphelinat, certains de ses amis y ont grandi, d'après ce que j'ai compris. Elle avait promis aide et assistance, toujours, quelle que soit la situation. Je perpétue la tradition si on peut dire. » Tu hoches légèrement la tête. Il a piqué ta curiosité, tu as eu la réponse à ta question. C'est noble de sa part, d'honorer une telle promesse, même trente ans plus tard. « C'est une vieille et longue histoire de famille. Je viens rarement ici, sauf quand le besoin s'en fait sentir ou que je trouve le temps de venir prendre des nouvelles de mes quelques petits protégés. » Ses petits protégés ? Alors il connaît du monde ici, à l'orphelinat ? Apparemment. À sa manière de considérer certains enfants, tu fais quelques hypothèses silencieuses. En aurait-il recueilli un dans la rue ? Les a-t-il orienté vers l'orphelinat ? Tu ne sais pas trop. Tu baisses légèrement les yeux, ton regard se perdant dans le vague, fixé sur un point inexistant du robinet. À nouveau, il fait couler l'eau. Tu en fais autant, t'attaquant à ta veste – vêtement qui a le plus souffert à ton humble avis. L'orphelinat reste malgré tout un sujet sensible pour toi. Cette partie de ta vie, comme ton passé en général, tu n'en parles que très rarement. Pour ne pas dire jamais. Tu n'aimes pas en parler. Si tu y as fait allusion lors de votre première rencontre, ce n'est pas pour autant que tu veux qu'il découvre la vérité. Après tout, il n'a pas besoin de l'entendre. Ce n'est pas comme si cette information était essentielle pour que tu puisses bien faire ton boulot. Et puis, tu n'es pas du genre à t'étendre sur ta personne, sur ce qui s'est passé. Tu as cherché à enterrer ton passé, ce n'est pas pour l'exposer en plein jour pour ses jolis yeux. Oui, tu as bien des choses à cacher, certes. Mais encore une fois, ça ne concerne que toi. « Et vous, qu'est-ce qui vous amène ici ? » La voilà, la question que tu ne voulais pas entendre. Qu'est-ce que toi, tu fais là. Tu ne perds pas la face pour autant, tu ne peux pas te le permettre. Il t'a répondu justement précédemment, et tu te sens redevable. Tu dois en faire autant. Est-ce pour autant que tu vas dire la vérité ? Non, mais tu ne vas pas mentir non plus. Tu vas simplement lui répondre, omettant une raison qui ne concerne que toi. Le fait que tu aies passé une bonne partie de ta vie ici, entre autres. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, alors que tu réponds simplement. « Des affaires à régler avec Silva, et quelques petits que je voulais voir, aussi. » C'est concis. Pas besoin d'en dire plus à ton humble avis. Tu as laissé derrière toi trop d'indices à ton goût pour lui avouer clairement que tu es l'un de ces enfants. Du moins, tu l'as été. Tu n'as juste pas envie qu'on te prenne en pitié, parce que oui, le pauvre orphelin, il faut le comprendre. Tu ne veux pas de ce traitement de faveur que les gens se sentent obligés d'accorder au tien. Un peu plus d'attention qu'aux autres. Non, ça, tu n'en veux pas. Tu ne veux pas non plus qu'il commence à se poser des questions sur ton cas. Qu'il commence à fouiner plus loin que permis. Tu ne veux pas d'embrouilles tout simplement ; tu t'es longtemps battu avec ton passé pour qu'il revienne te sauter à la figure alors qu'aujourd'hui, tout va mieux. Ce n'est pas pour rien si un pacte de confidentialité a été signé avec l'agence pour laquelle tu travailles. Ce n'est pas pour que tes protégés viennent fouiller dans tes affaires. Ce n'est pas pour rien non plus, que tu ne t'étends jamais sur ton passé. Tu ne veux pas que ça se sache. Inutile d'épiloguer là-dessus.

« MAEEEEEEE !!! » Tu te retournes en entendant un des gamins débouler dans la pièce. Elario. Il ne fait pas partie de ceux que tu connais le mieux, mais tu le connais, et tu l'apprécies. Peut-être parce que – même si tu ne dis pas que les autres le méritent – tu ne vois pas ce qu'il fait dans cet orphelinat. Pourquoi est-ce qu'il n'a pas déjà trouvé une famille. Enfin, cela, c'est un autre débat, l'éternel débat sur l'adoption de tes pairs. Un large sourire amusé étire tes lèvres, alors que le gosse saute sur l'empereur. Tu pourrais être surpris, mais tu ne l'es pas vraiment, en vue des précédents dires du brun. Ses protégés hein. Tu soupçonnes le petit d'en faire partie. « Tu as failli me faire peur, Elario. » Tu leur jettes un bref coup d'oeil, arrêtant l'eau qui coule pour juste poser ta veste sur le bord du lavabo. « Mais heu. Tu n'as jamais peur. » Ton sourire s'étire un peu plus alors que tu observes la moue du gamin. Et maintenant que tu y penses, tu sais pourquoi tu le connais. C'est tout simplement parce qu'il fait partie du petit groupe de garçons qui s'amusent de quelques farces que tu leur as apprises pour faire tourner leur monde en bourrique. Tu devines donc facilement qu'il est impliqué dans cette histoire de peinture, et qu'il vient simplement voir les dégâts qu'il a causé. Tu n'en dis rien pour l'instant, juste amusé et un peu fier aussi de voir que l'on perpétue la tradition en ton absence. Parfois, tu aimerais retourner à cette époque. L'époque où tout était si simple. « Jamais non, en effet. J'ai eu ton âge bien avant toi, je connais tous les petits tours que toi et tes camarades pouvez inventer. » Tu arques un sourcil, légèrement. C'est curieux, mais tu lui imaginais une toute autre éducation. Peut-être est-ce son nom de famille qui te fait dire ça. Enfin, le fait qu'il fasse fuir les nouveaux et tourner en bourrique les plus anciens change la donne, au final. Tu ne sais pas trop quoi penser du jeune homme. Tu ne sais pas trop comment le cerner, en réalité. Si parfois, tu as l'impression qu'il n'aime pas être ce qu'il est, d'autres fois, tu as l'impression qu'il prend son boulot trop à cœur. Tu es un peu confus, oui, il faut l'avouer. Enfin, peut-être qu'avec le temps, ce ciel noircit de question finira par s'éclaircir. « Oh, Lyo ! » Ton sourire s'élargit un peu plus encore, alors que tu attrapes le gamin dans tes bras, ton rire faisant écho au sien. « Vous nous avez bien eu, j'avoue. » Fais-tu avec un large sourire, alors qu'il hoche la tête. Tu en étais sûr, et tu lèves un peu ta main, alors qu'il tape dedans. Tu l'observes un court instant, et il vous regarde alternativement. Mais ce n'est pas son regard, le plus pesant de tous. Non, c'est celui du brun. Tu le sens bien qui t'observe. « Lyo, c'est Monsieur Tudor, l'Empereur ! Mae, c'est... » Tu ouvres la bouche pour dire quelque chose, mais Tudor te coupe l'herbe sous le pied. « On se connaît déjà Elario. On se connaît déjà... » Tu jettes un bref coup d'oeil au brun qui semble sourire autant que toi. Et tu reportes ton attention sur le petit. Ses yeux malins et son petit air rusé en fait le candidat idéal pour les bêtises des plus grands. Enfin, tant que tout cela reste innocent, ça t'amuse plus qu'autre chose. Alors qu'un doigt sur petit glisse sur l'un de tes multiples tatouages dans ton cou, tu le regardes. Mais une fois de plus, du sens ses yeux à lui, Samael, sur ta personne. Alors un instant, tu tournes le regard vers lui. Et c'est perturbé que tu constates qu'il louchait sur tes lèvres. Bon sang, ne peut-il pas se tenir un peu ? Ne peut-il pas agir normalement ? Tu secoues légèrement la tête, reposant l'enfant à terre. « Allez, tu devrais filer avec les autres, on arrive. » Il s'en va en sautillant joyeusement, pour ta part, tu te contentes de sourire. On ? Oui, toi et Tudor. Enfin, ce que tu viens de dire n'engage que toi, l'autre est libre de partir, c'est ton jour de repos après tout. Tu l'observes à la dérobée pendant quelques secondes encore. Non, non, arrêtez ça. Tu es perturbé tout de même. Tu viens de le choper à loucher sur tes lèvres. Bon sang... Il faut vraiment qu'il arrête de te détailler ainsi. Enfin, il semble aussi gêné que toi, puisqu'il retourne à sa veste, et tu en fais autant pour un court instant. Tu ne veux pas t'attarder dans cette pièce, pas seul avec lui. Vu comme vos deux précédentes entrevues se sont terminées, honnêtement... Enfin, ne pas y penser plus longtemps.

Une grande salle. Un piano et quelques instruments à droite à gauche, pour les quelques amoureux de musique qui voudraient s'initier à cet art de manière concrète. Tu n'as jamais fait partie de cela. Tu ne joues d'aucun instrument. Bref, vous êtes là à la demande de quelques enfants. Tu sais que le jeune Tudor est doué pour le piano, réputé même dans le milieu. Tu as eu l'occasion de l'entendre dernièrement lors de l'une de ses improvisations. Et tu étais nu. Rah ! Cesse donc d'y penser ! Oui, oui, autre chose. Le piano. Plusieurs enfants sont rassemblés, la plupart même. Assis silencieusement par terre, excité à l'idée d'écouter un morceau joué par l'empereur lui-même. Tu l'observes alors qu'il prend place sur le banc, et ses doigts commencent à survoler les touches avec une aisance déconcertante, et injustifiable à tes yeux. Pour ta part, tu restes dans l'embrasure d'une entrée, silencieux et attentif. L'écouter est un réel plaisir, tu comprends d'autant plus maintenant pourquoi est-ce que l'on dit de lui qu'il a un don. Tu es tellement captivé que tu n'en sens pas tout de suite la présence de Silva à tes côtés. « Il est doué, n'est-ce pas ? » Tu demeures silencieux, seulement ton regard se pose sur la dame. Un léger sourire étire tes lèvres, et tu te contentes du silence. À quoi bon parler, tu as appris en vingt-six ans d'existence que ne rien dire valait tous les compliments du monde, dans certaines situations. Tes yeux se posent un instant encore sur le brun qui joue avec passion. Tu aimerais être aussi doué de lui dans une certaine forme d'art. La seule que tu sembles maîtriser pourtant est celle du combat. Et encore faut-il qu'il s'agisse d'un art, franchement... Bref, un soupir t'échappe. Ton esprit tourne à plein régime à nouveau, et tu observes Silva. Tu hésites un court instant, mais il faut d'après toi, mettre certaines choses au clair. Des choses que tu ne peux pas te permettre de laisser passer. « Silva, il faut que tu saches, pour lui... » C'est dingue, parce que, à la manière dont ses yeux s'illuminent, on dirait qu'elle prédit tes paroles. « Il finira par savoir. » Tu secoues la tête, un peu déconcerté par cette facilité qu'elle a toujours eu pour deviner tes mots et tes mensonges. « Non, tu sais comme moi que ça ne doit pas arriver. J'ai fui mon passé, j'ai tout fait pour l'enterrer. Et même si je m'en veux de t'entraîner là-dedans... Promets-moi au moins que tu ne lui diras rien. Sous aucun prétexte. » Elle plisse un peu les traits, au fond de ses prunelles luit une curieuse lueur de tristesse. Elle sait de quoi tu veux parler. Elle sait le mal que ça t'a fait. Tu n'aimes pas l'obliger à une telle promesse, mais d'un côté... Tu n'as pas envie de savoir ce que tu deviendras, s'il finit par savoir. Tu t'es assez haï pour en plus risquer de perdre ton travail, et que le regard des autres change sur toi. Tu as tout fait pour gagner le respect. Pour redevenir quelqu'un de bien. Tu ne veux pas tout perdre pour un caprice d'empereur. Elle hésite un peu, mais finit par hocher la tête. « Prends garde Lyokha. Les secrets ne sont pas bons, tu es le premier à le savoir... » Elle soupire un peu et reporte son attention sur le jeune Tudor. Ton regard se perd dans le vague un instant, et il faut attendre les applaudissements des gosses pour que tu reviennes enfin à la réalité. Les secrets ne sont pas bons non. Mais dans ton cas, tu les considères comme un mal nécessaire.

Alors que le brun se relève et s'apprête à revenir vers vous – sans doute – tu passes brièvement une main dans tes cheveux, et tu t'éloignes de la pièce, sortant jusqu'à te retrouver juste devant les portes de l'orphelinat. Tu as besoin de... Respirer, besoin d'air. Tu inspires profondément, prenant une grande bouffée d'oxygène. Tu as de plus en plus de mal à tenir en place, ces derniers temps... Et le pire, c'est que tu sais pourquoi. Tu sais à cause de qui, surtout. Il t'a carrément perturbé, et tu ne sais plus comment interpréter le moindre de ses gestes. Est-ce que rester à son service est vraiment une bonne idée ? Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Il t'embrouille profondément l'esprit, c'est terrible. Comme souvent quand tu es nerveux ou perturbé, tu entames une cigarette. Oui, tu t'étais promis d'arrêter. Mais au final, tu n'y arrives pas. Et puis, ce n'est qu’occasionnel... Et puis c'est de sa faute. Et puis de toute façon, tu n'as pas à te justifier. Une arabesque de fumée opaque de dessine progressivement dans les airs, s'échappant d'entre tes lèvres. C'est alors que tu l'entends qui arrive, s'arrêtant un instant à côté de toi. Par pur automatisme, tu écrases le bâtonnet contre le rebord d'une poubelle, avant de tout bonnement le jeter dedans. « Pardon. » Souffles-tu brièvement. Et pardon pour quoi ? Tu n'es pas en service après tout. Oui, mais... Mais quoi ? Oui, tu es désespérant, c'est le mot. Enfin, après un bref instant de silence, il te fait une proposition. Mais, que,... Quoi ? L'accompagner ? Se promener ? Alors que tu n'es pas de service ? Tu restes suspicieux un instant. Non, pas exactement suspicieux, quoique un peu, tu es plutôt surpris. Surpris d'une telle proposition... Ne veut-il pas profiter de sa liberté ? Apparemment pas. Tu hésites un instant, regardant ailleurs avant de reporter tes deux prunelles azuréennes sur sa personne. « Hé bien... Pourquoi pas ? » Un léger sourire se dessine sur tes lèvres, alors que tu hoches légèrement la tête. Après tout, ce n'est peut-être pas une mauvaise idée. Vois cela comme une occasion de remettre les choses à plat, de discuter calmement, sans risquer de faire une bêtise. Peut-être que tu te sentiras un peu mieux après. Peut-être est-ce aussi l'occasion d'en découvrir un peu plus sur l'homme qui se cache derrière l'empereur.

Vous vous mettez donc à marcher. Le long des rues de Spes. Tu n'as aucune idée d'où il veut aller, tu te contentes de le suivre, marchant à côté de lui. C'est dingue, mais aucun de vous deux n'ose vraiment prendre la parole. Qu'est-ce qui vous arrive ? Oh, tu as bien ta petite idée. Les derniers événements communs se sont montrés particulièrement... Perturbants. Pour toi, comme pour lui, apparemment. Alors cette difficulté à engager la conversation, on peut bien la comprendre. Mais il faut briser la glace à un moment ou à un autre, non ? Un long soupir t'échappe. Tu ne sais pas si c'est une bonne idée que tu as sur l'instant. Tant pis, il faut bien dire quelque chose. Tu te mordilles un peu la lèvre inférieure, avant de relever la tête, reprenant. « Je voulais vous dire... Pour votre question de tout à l'heure, je n'ai pas été tout à fait sincère. La vérité c'est que oui, j'avais des affaires à régler mais... » Nouveau soupir. Tu n'as pas vraiment envie d'en arriver là. Mais être sincère avec lui te semble légitime. Il l'a été avec toi, alors qu'il n'était pas obligé. « L'autre part de la vérité, c'est que je suis orphelin, et c'est l'endroit où j'ai grandi. Silva est un peu comme ma mère vous savez. Elle a toujours veillé sur moi, et ça fait bien des années que j'essaye de lui rendre la pareille. Et vous n'êtes pas sans savoir quels problèmes l'orphelinat traverse en ce moment, apparemment... » Tu guettes un peu sa réaction. Tu ne sais pas si tu as bien fait de lui dire. De toute façon, c'est trop tard pour revenir en arrière. Tu as parlé clairement, en articulant. Tes mots étaient clairs. Aucune confusion possible. Tu regrettes un peu d'avoir balancé ça, alors tu te plonges à nouveau dans ton silence. Ce n'était pas une bonne idée de lancer la conversation de cette manière. Mais une fois de plus, c'est trop tard. Enfin, tu te contentes de secouer un peu la tête, balayant ce sujet comme si c'était n'importe quel sujet. Quelle importance. Il s'en fiche de toute façon, et tant mieux, tu préfères de loin qu'il n'en ait rien à faire, plutôt qu'il cherche à fouiner dans tes affaires. Une fois de plus, tu te renfrognes dans ton silence, te contentant d'avancer vers tu ne sais où. C'est lui qui vous guide, tu ne sais pas trop où vous allez ; où il veut aller. Tu te contentes de lui emboîter le pas, marcher a quelque chose d'apaisant, de presque reposant même. Ça te permet de respirer un peu, de te détendre. Même si pour le coup, tu n'es pas en service, tu gardes quand même un œil sur le jeune homme. Sait-on jamais. Ce serait bête qu'un accident arrive maintenant, et ce serait plutôt mal joué de la part de l'agresseur ; le seul jour où tu n'es pas en service, vraiment... Pas de chance pour lui. Bref, ne penses donc pas au pire. Vous vous promenez. C'est reposant, et c'est tout ce qui compte.

Le parc. La voilà votre destination inconnue. Est-ce volontaire de sa part ? Ou bien, a-t-il juste fait confiance à quelques pas hasardeux qui vous ont conduit jusque ici ? Tu n'en as aucune idée, mais tu aimes bien le parc, et le lac. C'est calme. Tranquille. Quelques personnes se promènent, des enfants courent dans l'herbe, des chiens font la course au frisbee. Un après-midi tranquille à Spes. Vous longez donc le lac, marchant juste à côté, du l'herbe. Tu n'oses trop rien dire au début, tout simplement car tu ne sais pas comment t'y prendre avec lui. Les sujets que tu peux aborder, ceux que tu ne peux pas. Si tu peux te moquer – gentiment – de lui, ou si tu dois vraiment t'abstenir de toute familiarité. Tu ne sais pas trop. Pas du tout même. Mais pour le coup, tu es l'homme, tu n'es pas le garde. Alors peut-être que tu peux te permettre un peu plus de choses. Un léger sourire étire tes lèvres, alors que tu reportes brièvement ton regard sur lui, continuant d'avancer. « Et dire qu'en dix jours seulement, vous avez remis en question toutes mes convictions concernant la vie d'empereur. Je sais pas si je dois être effrayé ou rassuré, en fait. » C'est vrai qu'il s'est passé bien des choses, depuis deux semaines. En bien, en mal... Tout est question de point de vue, tu as envie de dire. Un bref soupir t'échappe, ton petit sourire ne te quitte pas. Tu lui jettes un coup d'oeil de temps à autres, hésitant à t'engager un peu plus encore sur le chemin périlleux que tu viens de prendre. « C'est vrai quoi, vous faites fuir les petits nouveaux, vous faites tourner en bourrique votre pauvre intendant... Vous vous amusez comme un gamin, presque. » Ce n'est pas méchant ce que tu dis, loin de là. Tu apprécies cette légèreté, cette manière qu'il a de relativiser sur tout. Il force ton respect avec un tel comportement ; capable de s'amuser, autant que d'être sérieux. « … Et je me suis retrouvé nu aussi. Et vous m'avez embrassé. » Tu baisses les yeux. Toi qui ne voulait pas en parler, voilà que tu jettes toi-même le sujet sur le tapis... Masochiste. Tu as envie de rire alors tu te pinces un peu les lèvres. Mais pour le coup, tu ne détournes pas le regard. Non, tu l'observes. Et apparemment, lui n'apprécie pas tellement ton sens de l'humour, vu comme il vient de te pousser. Hé mais tu perds l'équilibre là ! Tu écarquilles un peu les yeux, basculant dangereusement vers le lac. Pas le temps de réfléchir ; tu te rattrapes à lui. Mais tu l'entraînes au passage à l'eau. Oups ?

Oui, oups. Parce que tu viens de t'affaler dans le lac, et lui avec toi. Oh oh... Tu ne voulais pas l'embarquer, vraiment pas, tu es... Non, tu n'es pas désolé. Tu sors la tête de l'eau et tu éclates de rire, tandis que tu le vois, aussi trempé que toi. Il a voulu te pousser ? Bien fait ! « Sérieusement, vous vouliez me pousser à l'eau ? » C'est un large sourire amusé qui étire tes lèvres. Parce que oui, tu te sens bien. Oui, tu es heureux. Tu es serein, comme tu ne l'as pas été depuis trop longtemps. Lui semble bouder un peu. Quoi, il est si déçu que ça ? Hé bien tant pis, toi, ça t'amuse. Pour une fois que quelque chose t'amuse, vraiment... Enfin, tu essayes de calmer ton rire, te contentant de ton sourire, le détaillant. Tu secoues légèrement la tête. « Vous n'avez toujours pas retenu la leçon hein ? Vous auriez fait plus attention, vous ne seriez pas dans le même état que moi. » Petite référence à ce fameux entraînement qui a bien curieusement terminé... Bref, tu le contournes, venant te hisser pour t'asseoir sur le bord du lac, les jambes pendantes dans l'eau, encore. Tu penches légèrement la tête, le détaillant un instant. Ses traits. Ses yeux et... Ses lèvres. Oui, c'est bien sur ses lèvres que ton regard fait une halte plutôt... Insistante. C'est plus fort que toi, tu ne veux pas pourtant. Et à mesure que tu te rends compte de ce que tu es en train de faire, ton sourire disparaît progressivement. Tu te mords légèrement la lèvre, baissant les yeux, secouant légèrement la tête. Tu es incorrigible bon sang. Un soupir t'échappe, tu te relèves rapidement, retrouvant ce masque un peu plus fermé que tu portes constamment. « Vous devriez sortir de l'eau, vous allez attraper froid. » Dis-tu simplement, avec un fantôme de sourire pour hanter tes traits. Il est déjà loin, le jeune homme joyeux qui rigolait il y a quelques minutes. Tu attrapes la veste que tu avais jetée par terre avant de tomber à l'eau, et tu t'éloignes un peu de la rive, attendant simplement qu'il te rejoigne. Bon sang, Lyokha... Regardes-toi un peu. À quelques heures de la décision, tu es tout bonnement incapable de te tenir... Que va-t-il en penser, hein ? Tu ne sais pas. Tu n'as pas vraiment envie de savoir. Tu n'es plus sûr de rien. Encore moins de si, oui ou non, c'est une bonne idée que tu travailles pour sa famille. Il a tout remis en question. Vous avez tout remis en question.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Dim 20 Avr - 23:16

Pourquoi l'avoir déshabillé ? Pour l'équilibre, c'est la seule et unique raison pour laquelle tu en es venu à une telle extrémité. C'était une leçon plus que n'importe quoi d'autre. Si tu avais voulu y aller plus fort, tu aurais très bien pu le faire. Après tout, cette pièce est l'une des rares à ne pas être équipée de caméras de sécurité et tu savais donc qu'il n'y aurait personne d'autre que toi pour le voir. Le but n'était pas de l'humilier mais qu'il intègre la leçon. Il n'avait pas à te regarder ainsi, un point c'est tout. Sur ce, tu peux bien le laisser s'en aller et se remettre de ses émotions. Mine de rien, tu l'as senti frissonner sous tes doigts et cela t'a quelque peu déstabilisé. Mais tu essayes de ne pas le montrer, tu essayes de tenir ton rôle, de rester imperturbable, comme on attend que tu le sois. Il s'en fiche de se retrouver nu au milieu de cette pièce ou d'une autre ? Il était pourtant réticent à la base. Et puis, s'il savait quelle est la particularité de cette pièce, il n'aurait très certainement pas de tels propos. Tu te doutes que Aaron et ton Général lui ont expliqué que le palais avait un système de surveillance extrêmement bien développé mais même ton général ne sait combien il y a de caméras disséminées dans les pièces et couloirs. Toi non plus d'ailleurs, il y en a trop pour que tu puisses toutes les citer de mémoire. Heureusement que les passages secrets en sont libres, sinon adieu l'effet de surprise lorsque tu as besoin de te déplacer en toute discrétion. Bref. Tu le laisses s'en aller, ne soufflant un mot de plus. Tout du moins, pas des paroles qui lui sont destinées.

~~~

Te voilà couvert de peinture. Tu en connais une qui va rire autant qu'elle va désespérer si elle te voit rentrer au palais dans un tel état. Enfin, pour une fois que tu ne rentres pas les vêtements déchirés à cause d'une traque qui a mal tourné ou d'une quelconque confrontation, c'est toujours cela de gagné. Il n'empêche que tu fais de ton mieux pour faire disparaître la peinture fluo de tes affaires, en particulier de tes cheveux, de ton visage et de ta veste. C'est assez étrange, tu te retrouves dans la même pièce que Lyokha Volkov. Tu t'attendais à tout sauf le voir ici. Le pauvre, même lors de sa journée de repos, il faut qu'il tombe sur toi. Décidément. Enfin, tu essayes de ne pas y songer. Tout comme tu essayes d'oublier le baiser d'il y a quelque jours. Ses lèvres chaudes contre les tiennes, ces frissons qui l'ont parcouru lorsque tes doigts sont venus se déposer sur sa nuque... Non, on a dit : ne pas y songer. Tu essayes de te concentrer sur la peinture qui coule petit à petit dans le lavabo, tu essayes de ne pas te laisser déconcentrer. Mais c'est lui qui brise le silence entre vous. D'abord sur la farce des enfants, ce qui t'arrache un sourire, puis une questions : la raison de ta présence en ces lieux. Tu te fais plus hésitant. C'est une longue histoire que celle qui t'a poussé à venir. Très longue même, qui te rappelle que c'était à ta mère de tenir cette promesse, et non à toi. Mais comme elle est partie trop tôt, tu fais ce qu'elle aurait fait si elle était encore en vie. C'est plus ou moins ce que tu lui expliques donc. Cela, ainsi que ton attachement à certains pensionnaires. Tu n'expliques rien de plus, personne ne sait quel est ton lien exact avec ces quelques enfants. Personne ne sait que tu es de ceux qui les ont sauvé sans pour autant arriver assez tôt pour leur garder de la famille. Tu te contentes d'être, officiellement, celui qui les oriente vers l'orphelinat lorsqu'ils n'ont personne et que l'établissement peut se le permettre.

Tu lui retournes plutôt la question. Puisqu'il s'est montré curieux, tu peux bien te permettre de faire de même après tout, non ? Rien ne l'oblige à répondre, ce n'est qu'histoire de continuer la conversation. Et peut-être de combler ce silence un peu trop pesant pour toi. Tu n'arrives pas à t'empêcher de jeter de fréquents coups d’œil vers lui, régulièrement. C'est plus fort que toi, même si tu as beau essayer de te concentrer sur tes affaires plutôt que sur lui, il semblerait que ce soit peine perdue. Des affaires à régler avec Silva et quelques petits qu'il voulait voir ? Un instant, tu poses ton regard sur lui. Tu as comme l'impression qu'il ne te dit pas tout, qu'il évite quelque peu de te répondre. Quelque chose à cacher ? C'est ce que tu penses mais tu ne peux pas l'en blâmer. Chacun ses secrets, toi le premier. Alors tu te contentes de hocher la tête, retenant un soupir, avant de retourner t'occuper de tes affaires. Mieux que quiconque, tu sais que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, c'est l'un des principes même de la politique. Lorsqu'on gouverne, il faut savoir mentir quand il faut, il faut savoir masquer les points pouvant poser problème, il faut masquer toutes les failles, être irréprochable, avoir une attaque parfaite et une défense indestructible. C'est un lourd travail à faire sur soi-même, tu n'es pas le meilleur à ce jeu et tu es bien plus à l'aise quand tu as l'autorisation d'être aussi sincère que tu souhaites l'être, comme en cet instant. Bref.

C'est ainsi qu'un petit garçon débarque en criant ton surnom dans la pièce. Souriant, tu l'attrapes dans tes bras lorsqu'il te saute dessus et le serre contre toi, avant de le poser sur le rebord d'un lavabo et le décoiffer. Quel sale gosse. Il a bien failli réussir son coup. Oui, tu te doutes qu'il est derrière cette histoire de saladier sur le dessus de la porte. C'est tout lui. Un instant, tu te demandes si ton cousin et ton fils seront aussi agités et farceurs que lui lorsqu'ils auront son âge, mais tu te raisonnes bien vite. Ce sont des Tudor, ils seront dix fois pire. Sauf si tu te montres ferme avec eux mais ce n'est pas dans tes intentions, il faut savoir s'amuser pour être sérieux quand il faut. Puis, tu laisses le petit aller sauter sur ton garde, l'appelant par son surnom. Tiens donc, il le connaît lui aussi ? Ils vous ont bien eu ? Un large sourire amusé étire tes lèvres à ces mots, alors qu'ils se tapent dans la main. Tu avais deviné. Tu ne peux que sourire devant le spectacle que ces deux-là t'offrent. Le petit tente de faire les présentations mais tu le coupes avant qu'il n'aille jusqu'au bout. Si le jeune homme ne veut pas que ses secrets soient révélés, autant lui en laisser l'opportunité. Tu souris doucement tandis que ton regard se fait drôlement insistant sur le blond, sur... Ses lèvres ? Oh là, Samael, reprend-toi. Tu détournes très vite ton regard, mais apparemment pas suffisamment pour qu'il n'ait pas le temps de remarquer ce troublant détail, tu en es sûr. Te mordillant la lèvre, tu reprends ton nettoyage. On arrive ? Si tu ne relèves pas le regard, tu es toutefois à l'écoute. On ? Il t'intègre avec lui ? Depuis quand vous formez un duo ? Non, pas de remarque. Tu te mords un peu plus la lèvre et, cette fois, t'acharne avec obstination sur ta veste. Pas de bêtise, tu mets toujours un point d'honneur à tenir tes promesses. Ce n'est que lorsque tu te rends compte que cela ne sert plus à rien que tu relèves enfin le regard, posant celui-ci sur lui... On arrive, hein...

-Je ne sais pas ce que vous avez prévu avec les enfants pour la suite mais, personnellement, je dois passer par la salle de musique. Si vous souhaitez venir...

La salle de musique ? C'est un endroit inévitable pour toi. Il faut toujours que tu y ailles, parce que tu sais que tes talents de pianiste te précèdent et que la musique plaît souvent aux enfants, même si tu ne chantes pas. Ta voix, on ne l'entend jamais lorsqu'il s'agit de chanter. Non pas parce que tu chantes faux mais par respect pour ta mère. Elle, elle chantait. Tu ne peux pas tout faire comme elle, alors tu te contentes de ton piano. C'est largement suffisant, les notes seules savent faire passer tous les sentiments du monde, l'espoir, la joie, tout. Et lorsque tu as besoin d'une voix, Andrew est toujours le premier à se proposer. Laissant ta veste sécher sur une chaise à côté du piano, toi, tu as gagné le tabouret et c'est devant la plupart des enfants de l'orphelinat que tu joues quelques morceaux savamment choisis. Il est inutile de choisir quelque chose de compliqué pour impressionner des enfants, il suffit de trouver le bon rythme, les mélodies qu'ils connaissent et le tour est joué. Mais tu prends tout de même le temps de te lancer dans un morceau relativement complexe, trouvé il y a longtemps dans les partitions de ta famille. La musique est un art qu'il faut apprendre à maîtriser, c'est une passion, un mode de vie pour certains. Parfois, tu aimerais tout laisser tomber pour juste continuer la tradition familiale de ta mère. La musique, le chant, cette manière d'apporter le bonheur aux autres par les mélodies. Mais à chaque fois que de telles pensées traversent ton esprit, tu les chasses aussitôt de ton esprit. Tu ne peux pas te le permettre, parce que tu as des responsabilités. Aujourd'hui plus que jamais. Tant pis, tu n'as pas le choix. Tu es devenu l'empereur, on compte sur toi, alors ton intérêt personnel passera toujours après le reste. C'est ton devoir. Quand tu termines ta série de morceaux, tu te tournes vers les enfants et leur demande s'ils en ont quelques uns que tu souhaites jouer. Tu souris lorsque plusieurs se mettent à parler en même temps. Un instant, ton regard cherche le jeune Volkov, le trouvant en pleine discussion avec Silva. C'est vrai qu'apparemment ils se connaissent. Mais tu t'occupes plutôt des enfants, jouant encore quelques morceaux afin de leur faire plaisir. Enfin, l'heure de repartir arrive.

-Allez les enfants, il est temps pour moi de repartir.
-Oh non, Mae, reste !
-Navré, mais non. J'ai encore beaucoup de choses à faire. J'essaierai de revenir assez rapidement, lorsque mon emploi du temps me le permettra.


Tu souris à Elario, le décoiffes savamment, puis réserves le même traitement à tous tes petits protégés. Tu accordes quelques câlins aux plus jeunes, puis parviens enfin à t'éloigner, retrouvant Silva. Le blond a disparu. Il est sans doute parti. Il en a tout à fait le droit, même si tu es quelque peu déçu. Pour une fois que tu pouvais voir l'homme derrière le garde, l'expérience aurait été réellement intéressante. Il faut croire qu'il est réellement secret sur sa vie privée. Il n'y a rien dans son dossier en rapport avec son passé, son parcours. Ce grand blanc t'intrigue plus que tu n'oses l'avouer et tu as déjà eu quelques remarques à ce propos de la part de ton général. Si on ne sait pas d'où vient une personne, comment lui faire confiance ? Comment savoir comment elle réagira ? Tu as balayé ces doutes d'un geste de la main, parce tu ne juges pas sur le passé, sur l'histoire. On ne dévoile jamais toute son histoire, chacun a le droit à une chance, du moment qu'on sait poser les limites. Bref. Tu restes quelques instants silencieux, perdu dans tes pensées, avant de te tourner vers la responsable de l'orphelinat.

-Lyokha Volkov... Les enfants d'ici ont l'air de l'apprécier.
-C'est le cas, ils l'adorent.
-Mais je suppose que je ne peux savoir pour quelle raison ?
-Je suis navrée... Si vous avez des questions à poser, je vous conseille d'aller directement le voir. Peut-être vous parlera-t-il de lui, un jour.


Un léger soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Elle ne veut pas te parler de lui, en gros. Mauvaise idée, parce que ta curiosité n'en est que plus vivement piquée. Très mauvaise idée, oui. Enfin, tu fais un effort et tu ravales toutes ces questions qui empoisonnent ton esprit afin de lui répondre.

-Je vais prendre votre conseil en compte. En attendant, si vous le permettez, je vais disposer. Je vous tiens au courant de ce dont nous avons parlé tout à l'heure.

Elle hoche la tête, vous échangez une poignée de main formelle puis, ta veste humide posée sur le bras, tu sors de l'établissement. Et tu es accueilli par une forte odeur de cigarette. Tu tousses un peu, surpris par l'odeur, puis en cherche la source... Qui n'est autre que le blond. Il est donc encore sur place ? T'habituant très rapidement à cette odeur si caractéristique d'un bon nombre de bars, tu viens plutôt à ses côtés, sans prononcer le moindre mot. Tu es surpris de le voir écraser sa cigarette sur le rebord d'une poubelle puis jeter le mégot. Tu arques donc un sourcil alors qu'il te demande pardon.

-Je ne comptais faire aucune remarque... soupires-tu.

A-t-il cru que tu allais le disputer ? Il n'est pas en service ni à côté de tes enfants, il a donc le droit de fumer si c'est ce qu'il veut. Même si tu connais les ravages du tabac sur la santé, chacun ses soucis. Tu n'allais rien dire, sincèrement. Enfin, tant pis... Un instant, tu restes silencieux, observant la rue, les passants qui ne te remarquent pas. Comme toujours, tes vêtements sombres te font passer totalement inaperçu si on ne fait pas attention. Tu n'es pas un adepte des couleurs vives, les ténèbres sont ton élément, cela se voit dans tes tenues. Même s'il est vrai que, pour respecter le protocole, tes tenues officielles sont bien plus colorées que tout ce qui existe dans ta garde-robe personnelle. Tss. Qu'est-ce qu'on ne te fera pas faire, très franchement. On aurait dû te donner toute la formation nécessaire pour devenir empereur, et non l'intendant, peut-être que tu serais plus à l'aise dans ce rôle, peut-être que tu entrerais plus facilement dans le moule si on avait envisagé cette possibilité. Mais tu ne peux pas blâmer tes aînés de n'avoir jamais envisagé le pire, la mort des deux héritiers au trône. Une idée, bien loin de ces sombres pensées, traverse alors ton esprit. Après quelques secondes d'hésitation, tu te tournes vers lui...

-Si vous n'avez rien de prévu pour aujourd'hui... Que diriez-vous de m'accompagner le temps d'une promenade ? Si vous en avez envie, évidemment.

Tu ne l'obliges à rien, mais ce serait peut-être l'occasion de pouvoir parler loin de la pression du palais, de celle du protocole. Une promenade, le temps d'être un peu plus vous-mêmes, le temps de découvrir qui est l'autre, une fois le masque tombé. Non, tu ne baisses pas facilement les bras. Tu es curieux et rares sont les secrets qui te résistent quand tu décides de savoir. Heureusement que tu ne fouilles plus dans les dossiers classés secrets. Enfin... Presque plus. Cela arrive encore de temps en temps, au grand dam des services secrets. Heureusement, il te tire assez rapidement de tes pensées en acceptant ta proposition. Un joyeux sourire étire tes lèvres alors que tu l'observes, ravi. Il accepte... C'est déjà un point de gagné pour toi. Tu te contentes de ton sourire et d'un léger hochement de tête avant de te mettre à marcher, à ton rythme naturellement rapide. Les rues de Spes s'enchaînent, tu les connais toutes tellement bien. C'est ta ville, la capitale de ton empire, ton terrain de jeu depuis ta plus tendre enfance, ton terrain de chasse depuis l'âge de seize ans. Tu la connais presque aussi bien que ton palais, le plan des rues est inscrit au plus profond de ta mémoire. C'est donc tout naturellement que tu laisses tes pas vous guider. Tu n'as pas envie de prévoir une destination, ce sera la surprise lorsque vous arriverez. C'est ainsi que tu vois la situation. En attendant, il faudrait peut-être trouver un sujet de conversation, non ? Oui, peut-être, mais tu ne sais lequel aborder. Ce qu'il s'est passé il y a quelques jours est à éviter, ce que tu as vu aujourd'hui aussi, sans doute, alors... C'est lui qui fait le premier pas, c'est lui qui brise le silence. Tu ralentis alors un peu l'allure, te concentrant sur ses mots. Il n'a pas été tout à fait sincère tout à l'heure ? Oui, tu t'en étais douté. Mais tu ne l'obliges à rien après tout. Pourtant il continue. Il est... Orphelin ? Tu te mordilles la lèvre, l'observant un peu sans être toutefois insistant. Tu ne sais quoi lui répondre. Orphelin... Toi qui considères n'avoir toujours eu que ta famille, même si tu les as tous perdus un à un, tu ne sais comment te comporter en sa présence. Alors tu décides de faire comme avec n'importe qui.

-Je comprends maintenant pourquoi vous savez y faire avec les enfants... Surtout les miens. Et oui, je sais quels sont les problèmes actuels de l'orphelinat. D'où ma présence là-bas, tout à l'heure.

Tu ne vois pas quoi dire de plus, donc tu te tais. S'il a quelque chose à ajouter, qu'il ne se gêne pas. Sinon, vous pouvez continuer à marcher en silence, comme vous l'avez fait jusqu'à présent. Tu laisses tes pas vous guider. Jusqu'au parc, jusqu'au lac. Tiens donc. Pourquoi le lac ? Peut-être parce que tu aimes la nature, parce que l'eau est un élément contraire à ton état d'esprit et que, évidemment, les contraires s'attirent ? Sans doute. Tu es détendu. Un peu trop pourrait-il sans doute dire. Sauf que ce qu'on ne voit pas, c'est que tu es tout de même constamment sur tes gardes, à l'affut du moindre bruit suspect, prêt à réagir au quart de tour au besoin. Héritage des Chasseurs dirais-tu. Tu ne peux pas fuir ton passé, il te colle à la peau. Ton regard s'attarde sur les passants qui se promènent sans faire attention à la présence de leur empereur. Tu n'échapperas pas éternellement aux regards des curieux, tu en es parfaitement conscient, mais cela ne t'effraie pas. Les habitants de Spes, pour une partie, savent que tu n'es pas quelqu'un d'inaccessible. Au contraire, tu aimes ton peuple, tu y passes autant de temps que possible, tu as aussi des amis et des personnes que tu ne peux supporter dans la population. En somme, tu restes un jeune homme, malgré ton nom. L'eau à ta gauche, l'herbe à droite, tu longes l'eau qui clapotes. Ce bruit est agréable, reposant. N'est-il pas d'accord ave toi ? Un petit sourire accroché aux lèvres, tu te tournes vers lui lorsqu'il reprend, une nouvelle fois, la parole. En dix jours, tu as remis en question toutes ses convictions sur la vie d'empereur ? Tu ne peux retenir un léger rire.

-À vous de voir si la réalité est meilleure que vos préjugés, je ne suis pas là pour juger à votre place. Mais dites-moi, jeune homme, qu'est-ce qui vaut mieux ? Être totalement conforme au protocole, être strict, correspondre en tout point à l'image qu'on a de l'empereur, ou toujours réserver son lot de surprises ?

Ton choix est fait depuis longtemps. Tu n'entres pas dans le moule et tu n'y entreras jamais. Mais c'est mieux ainsi, parce que plus tu es imprévisible et plus tu as de chances de t'en sortir. Avoir un emploi du temps réglé à la seconde près est un gain d'efficacité mais aussi un risque de se voir piégé, n'importe quand. Alors tu préfères laisser place aux surprises, aux improvisations, à tout ce qui égaille un peu le quotidien au palais. Il n'y a rien de pire que l'ennui, donc tu t'arranges pour n'en être jamais affecté. Il en va donc de même pour tous ceux qui travaillent au palais. Mais il a raison, il a été tout particulièrement affecté par les bizarreries qui te sont propres. La course-poursuite en ville, tes remarques, mais pas seulement. Non, lui, il a eu droit à un baiser de ta part. Habituellement, cela ne t'arrive jamais. Tu ne sais pas pourquoi tu es venu t'emparer de ses lèvres, dans ce fameux placard... Parce que tu n'as pas réfléchi, certes, mais pourquoi ta seule réaction a été de l'embrasser ? Mystère. Peut-être parce que, depuis que tu as laissé tes doigts glisser sur sa peau nue, quelque part au plus profond de ton esprit, tu te demandais quel effet cela ferait de l'embrasser... En étant sobre et pleinement conscient de tes actes. Il continue à s'expliquer pour sa part, et tu fais un effort de volonté pour te concentrer sur ses mots plutôt que sur ce perturbant souvenir. Tu fais fuir les nouveaux ? Oh, si peu, c'est surtout Aaron qui s'en charge. Aaron et les deux petits. Faire tourner en bourrique ton intendant, par contre, oui. Mais il a l'habitude, depuis le temps qu'il travaille au palais. Et puis, vu le nombre de fois que vous vous êtes pris la tête, l'un avec l'autre... Sans commentaire. Ton sourire amusé ne quitte pas une seule seconde tes lèvres. Il dit la vérité, tu es ainsi, donc tu te contentes de hausser les épaules. Oui, tu t'amuses comme un gamin. Parce que s'il fallait être constamment sérieux, tu plaindrais sérieusement ton entourage. Par contre, ses dernières phrases ont plus d'impact sur toi. Tu te mordilles la lèvre inférieur. Il s'est retrouvé nu, tu l'as embrassé... Dit ainsi, tu passes pour un gros pervers. Ce n'est pas ce que tu es, mais c'est l'image que tu en tires. Bon sang... Oh et puis zut. Tu n'as pas envie qu'il en parle, alors tu le pousses brusquement vers l'eau. Et voilà, PLOUF, à la flotte le blondinet ! Non mais. Sauf que... Il s'accroche à toi et t'entraînes avec lui dans sa chute, tu en perds ta veste qui tombe dans l'herbe. Tu regagnes bien vite la surface, les yeux complètement écarquillés, surpris de te retrouver complètement trempé. Le rire du jeune Volkov se fait entendre et il ne faut pas longtemps pour que le tien y fasse écho.

-Sérieusement ? Oui. Et j'ai plutôt réussi mon coup, vu votre tête.

Et toc. Il ne l'avait pas vue venir celle-là, n'est-ce pas ? Bon, certes, tu as fini dans le même état que lui mais tu as quand même réussi le coup que tu avais prévu à la base. Tu continues à rire, te laissant flotter à la surface, complètement détendu. L'eau est froide mais qu'importe. Tu n'as toujours pas retenu la leçon ? Tu perds un peu ton sourire. Il te sous-estime toujours autant apparemment. Mauvaise idée. Très mauvaise idée même. Alors tu te redresses, le regardant en train de te contourner... Et tu en profites pour lui envoyer plein d'eau sur la tête. Non mais. S'il croit que tu vas le laisser s'en tirer aussi facilement.

-Vous auriez fait plus attention, vous ne seriez pas dans cet état. répliques-tu, souriant.

S'il croit pouvoir avoir le dernier mot avec toi, il se fourre le doigt dans l’œil. Sur ce, tu le laisses sortir de l'eau, préférant y rester pour ta part. Tu es bien dans l'eau, à le regarder. Il est... Trempé. Et mignon, les cheveux mouillés. Heu... Tu plonges sous l'eau sitôt cette réflexion faite. Non mais cela ne va pas non ? Tu es cinglé. Complètement. Lorsque tu regagnes à nouveau la surface, tu glisses une main dans tes longs cheveux sombres, ramenant les mèches trempées en arrière alors que ton regard se porte une fois de plus sur lui. Lui qui est assis sur la rive, lui dont tu sens le regard sur... Tes lèvres ? Tu arques un sourcil, surpris et légèrement mal à l'aise. Ce n'est pas que c'est désagréable mais... C'est assez inattendu de sa part. Tu le regardes se relever, s'éloigner. Tu ferais mieux de sortir de l'eau, tu vas attraper froid ? Non mais, il s'entend là ? Tu le détailles, peut-être avec un peu trop d'insistance, mais c'est lui qui l'a cherché là. Quelques longues secondes, tu restes silencieux... Avant de lâcher un profond soupir.

-Par mes ancêtres, je croirais entendre un de mes anciens précepteurs. Oh, Volkov, détendez-vous, ce n'est pas cinq minutes dans un lac qui me rendront malade. Ni même une heure.

Non mais. Et comme pour le lui prouver, tu gagnes la rive sur laquelle tu déposes chaussures et chaussettes... Avant de retourner à l'eau. Voilà, parfait. C'est tellement mieux de nager sans rien aux pieds. Même si tu as plus de risques de tomber malade mais tu n'en as pas grand chose à faire. Tu profites de ce bel après-midi pour nager quelque peu, attendant qu'il daigne enfin s'amener jusqu'à la rive. Non mais, quand même. Qu'est-ce qui le dérange à ce point chez toi ? Ces deux étranges épisodes qui se sont passés entre vous ? Autre chose de plus personnel ? Tu ne sais pas, il est tellement mystérieux. Et tu aimes les mystères, justement. Si vous êtes là, tous les deux, c'est pour profiter d'une occasion d'être vous-mêmes. Tu sais que dans quelques heures du redeviendras l'empereur, lui le garde. Tu sais qu'à ce moment là, tu auras une décision à prendre, décision qui pourrait se révéler déterminante pour son futur et celui des tiens, peut-être. Mais avant d'accepter quelqu'un au palais, il faut que tu saches si tu peux, ou non, lui faire pleinement confiance. Alors une fois le masque tombé, tu espères qu'il se lâchera suffisamment pour t'offrir un extrait de sa véritable personnalité. Ah, le voilà qui s'est assis sur le bord. Un sourire espiègle étire alors tes lèvres tandis que tu te rapproches doucement... Avant de lui envoyer plein d'eau à la figure, une nouvelle fois.

-Déridez-vous un peu voyons. Aujourd'hui est un jour de repos après tout, si vous continuez à faire cette tête d'enterrement, je peux vous affirmer que, là, vous mériterez vraiment le vouvoiement qu'on réserve aux personnes âgées. Vous êtes prévenu.

Tu ris. Allez, qu'il se déride un peu, actuellement tu n'es pas son empereur mais un jeune homme ordinaire alors qu'il se relaxe un peu. Tiens, d'ailleurs, il ne semble pas apprécier le fait d'être tant mouillé, étant donné qu'il bat des pieds dans l'eau, t'en envoyant plein la figure. Tu ris à nouveau, reculant à la nage jusqu'à être hors de portée. Alors, comment arranger un peu la situation ? Ton esprit tourne à plein régime. Tu es à l'eau, pas lui. Une nouvelle fois, il serait peut-être temps de remettre les choses à égalité. Retournant à nouveau sous l'eau afin d'échapper aux éclaboussures, tu nages à nouveau vers lui et, une fois plus ou moins à son niveau... Tu attrapes une de ses chevilles et, prenant appui sur un rocher, le tire vers toi de toutes tes forces. PLOUF. Et voilà le travail. Une nouvelle fois, tu éclates de rire, le laissant émerger, avant de lui envoyer à nouveau plein d'eau à la figure. Tu réagis comme un gamin mais tu t'en fiches, étant donné qu'il fait comme toi. Pour une fois qu'on joue au même jeu que toi, sincèrement, autant en profiter à fond. Tu ris, sans te soucier une seule seconde du regard potentiel des passants. Tu te détends et, vu ton état, tu doutes que qui que ce soit te reconnaisse. Et toc. De longues minutes, vous vous éclaboussez ainsi, tu essayes de le faire couler à une ou deux reprises, lui en fait autant... Ce n'est que lorsque ton souffle se fait un peu plus court que tu cesses enfin de faire des bêtises, riant juste, près de lui. Un peu trop près. Tu n'aurais qu'à tendre le bras pour l'attraper, l'attirer contre toi, t'emparer à nouveau de ses lèvres et... Tu secoues la tête. Non. Non, hors de question. Tu lui a promis de ne pas recommencer. Tu ne recommenceras pas tes bêtises, il en est hors de question. Alors quelques secondes, tu détournes le regard, faisant un effort pour reculer un peu, retrouver un minimum de distance entre vous...

-Voilà un moment que je ne m'étais pas amusé ainsi. Les gens de la haute société sont trop coincés pour se détendre de cette manière, c'est ennuyant. Enfin, je suis navré de vous avoir trempé ainsi...

Ou pas. C'est quand même un sourire quelque peu moqueur qui étire tes lèvres. Tu l'as amené à l'eau, vous avez joué comme deux gamins. Lui le garde et toi l'empereur. Non. Vous, les deux jeunes hommes de vingt-six ans. Oui, c'est ce qui se rapproche plus de ce que vous êtes, sur le moment. Tu recules un peu, te mordillant la lèvre. Au loin, un aileron fend les flots. Ou plutôt, trois ailerons. Tiens donc, ne serais-ce pas un krrr qui nage dans votre direction ? Si, très certainement. Enfin, tu ne t'inquiètes pas tellement pour vous, étant donné que vous ne portez aucune couleur vive sur vous. Ces requins d'eau douce ne sont pas agressifs, tu le sais, pour le nombre de fois que tu es allé au milieu de de lac nager avec les requins, avec ton père. Merveilleux souvenirs. Mais pour le moment, ce qui t'occupe le plus l'esprit, c'est le blond qui se trouve non loin de toi, dans l'eau... Tu te mordilles la lèvre, ne sachant pas exactement que lui dire, quel sujet aborder. Même s'il y a bien un point qui te dérange quelque peu mais tu ne sais pas si lui en parler le mettrait mal à l'aise ou non. Tu te mordilles un peu plus la lèvre... Mais finalement tu te rapproches à nouveau, bien que prenant soin de garder un minimum de distance entre vous. Tu as bien remarqué que lui et toi êtes gênés lorsque vous êtes trop proches.

-Dites-moi... Les événements que vous avez cités tout à l'heure, plus particulièrement le dernier... Je vais finir par croire que c'était la première fois. Je n'avais pas pour objectif de vous rendre mal à l'aise ou quoi que ce soit, je suis navré que ce soit le cas aujourd'hui. Sincèrement. Si cela vous trouble... Essayez d'oublier, s'il vous plaît. Je n'ai pas envie que mes erreurs se répercutent sur vous. S'il y a quoique ce soit que je puisse faire pour vous faire oublier, ou me faire pardonner... Dites-le.

Sincèrement... Qu'il ne soit pas mal à l'aise à cause de toi, ce serait le comble étant donné qu'il est censé veiller sur les tiens et toi. Alors si tu peux te faire pardonner, tu le feras. Ce ne sont peut-être pas les paroles d'un empereur, tu es sans doute un peu trop doux, mais tu es sincère aussi. Un malaise entre vous serait mauvais professionnellement. Même si cela voudrait dire que tu aurais encore été capable de faire fuir un prétendant au titre de garde mais... Ce n'est pas ainsi que tu veux que les choses se finissent. Soudain, quelque chose te fonce dans le dos. Surpris, tu es poussé vers l'avant et... Tombe littéralement dans les bras du blond. Tu jettes alors un regard noir derrière toi, regardant les trois ailerons vous tourner autour avant de s'éloigner. Sale gosse de requin. Qu'il retourne avec son groupe de chasse, il n'y a pas de poissons pour lui ici. Enfin. Ce n'est qu'à ce moment-là que tu te rends enfin compte que tu es littéralement dans les bras du jeune garde. Heu... Heu... Tu recules vivement, retrouvant un minimum de distance.

-Pardon...

Ce simple mot s'échappe d'entre tes lèvres en un souffle. Tu es désolé, même si ce n'est pas vraiment ta faute. Tu es... Désolé. Parce que tu es encore un peu trop proche pour le protocole. Parce que tu l'observes avec un peu trop d'instance, parce que tu te mordilles la lèvre. Parce que... Tu n'as pas envie de plus reculer que tu ne l'as déjà fait. Reculer ne fait pas parti de ton caractère, au contraire. Mais tu tiendras ta promesse. Plus de bêtises. Plus rien d’ambigu. Plus de geste déplacé. Rien. Ton regard se tourne vers la rive...

-Il... Faudrait peut-être penser à sortir de l'eau avant que ce krrr ne ramène sa bande de chasse... Ce serait problématique de se retrouver encerclé par plusieurs requins.

Oui, problématique. Mais, surtout, tu lui trouves un prétexte pour s'éloigner, pour rétablir un espace entre vous, pour l'autoriser à te dire non, à partir. Tu lui laisses la main, parce que toi, tu ne comptes pas faire marche arrière. Pas sans une indication de sa part, pas sans une demande clairement énoncée. Arrive-t-il à le comprendre ? Tu ne sais pas. Il a, jusqu'à présent, plutôt eu affaire à l'empereur et non à l'homme... Ce que tu es pour le moment. Et il faut avouer qu'entre l'un et l'autre, il y a un véritable gouffre. Un gouffre sans fin dont une seule personne a une petite idée de cette ampleur : ta femme, Adelina. Lui qui n'a vu que l'empereur et qui est encore sujet aux préjugés... Comment pourrait-il comprendre le profond paradoxe qu'il existe entre Samael Tudor et l'Empereur ? Il ne peut pas. Mais peut-être que, s'il cherche, il pourra se faire une idée de qui sont les deux personnages. Peut-être. Mais tu espères le comprendre avant que ce ne soit l'inverse. Le comprendre lui, ce jeune homme qui t'attire plus que tu ne peux l'avouer...

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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Lun 21 Avr - 18:19

Un regard. Le regard de trop. Ses yeux posés sur tes lèvres, une fois de plus. Toi qui le remarques sans même le vouloir. Peut-être que tu aurais préféré ne pas t'en rendre compte. Toujours est-il que tu t'en es rendu compte. Et ça te perturbe profondément, comme à chaque fois qu'il se passe quelque chose d'étrange entre vous deux. La salle de musique. Le placard. Votre proximité peu descente. Ce baiser inattendu. Des regards qui ne devraient pas avoir lieu. Tu serres un peu les dents, t'empressant de détourner ton regard et de reposer le petit au sol. Oui, il doit partir, il doit... Qu'il s'en aille tout simplement, vous les rejoindrez. Vous ? Depuis quand peux-tu parler en le nom de Samael ? Tu ne sais pas trop. Tu es juste incroyablement confus sur l'instant. Et pourtant, ce n'était qu'un regard. Oui, mais un regard qui en disait long sur les pensées du jeune Tudor. Immédiatement que l'enfant soit parti, tu retournes à ta veste, et lui en fait autant. Vous frottez plus énergiquement, peut-être pour couvrir ce silence pesant qui menace de s'installer. Tu ne veux pas le regarder, non, alors que tu gardes les yeux rivés sur ta veste, comme seule échappatoire. Puis, au bout d'un moment, tu sens que ses yeux sont posés sur toi une fois de plus. Tu te tends imperceptiblement, serrant légèrement les dents. Bon sang, pourquoi réagis-tu aussi excessivement pour si peu ? Car tu as peur que vous fassiez une bêtise. Tu as peur que ce qui s'est produit l'autre jour recommence. C'est complètement ridicule pas vrai ? Oui. Mais quelque part, tu es ici pour le protéger. Pas pour détruire sa vie. Sa voix résonne et t'arrache à tes pensées, et tu relèves les yeux vers lui un instant. « Je ne sais pas ce que vous avez prévu avec les enfants pour la suite mais, personnellement, je dois passer par la salle de musique. Si vous souhaitez venir... » Un léger sourire étire tes lèvres. La salle de musique. Alors c'est donc lui, le monsieur qui joue du piano, dont te parle souvent la petite Atala. Tes yeux croisent les siens un instant, et tu conserves ton sourire, hochant doucement la tête. Tu ne dis rien, mais ton expression parle pour toi ; avec plaisir. Même si tu n'es pas musicien, tu apprécies cet art. Et puis, qui sait, peut-être que l'entendre jouer te détendra un peu, non ? Certainement. Du moins, tu l'espères encore.

Tous les gamins sont sagement assis et écoutent le jeune Tudor enchaîner les morceaux. De temps à autres, leur petite voix résonnent quand ils cherchent à suggérer tel ou tel morceau. Toi, tu es contre l'embrasure de la porte, à l'entendre jouer. Il a un don, pas vrai ? Tu dois reconnaître qu'il joue exceptionnellement bien. Ses doigts survolent les touches blanches et noires avec une telle aisance que certains doivent l'envier, pour cette facilité à jouer les morceaux faciles, comme ceux qui te semblent plus complexes. Tu te prends soudainement à te demander si le brun a d'autres talents. Puisque au final, tu as beau avoir retourné son dossier sous toutes les coutures, l'avoir observé pendant deux semaines, tu ne sais pas vraiment qui est l'homme derrière l'empereur. Tout comme lui ne sait pas qui est l'homme derrière le garde que tu es devenu. Et bon sang, tu pries intérieurement pour qu'il ne le découvre pas de sitôt. Enfin, d'un côté... Si, il peut chercher à comprendre qui est l'homme. La seule chose que tu ne veux pas, c'est qu'il touche à ton passé. Les conséquences pourraient être terribles pour toi. Tu as tellement bossé dur, tu as tellement donné pour être clean à nouveau... Ce n'est pas pour qu'il remette tout en question. Et cela, tu veux que Silva le comprenne, c'est pourquoi lorsqu'elle vient t'interrompre dans ton écoute de la douce mélodie que vous joue le brun, tu lui demandes simplement de faire profil bas quand il s'agit de ton histoire. Car tu te doutes bien que Tudor finira par savoir sur tu es orphelin. Ça, au final, tu t'en fiches bien. Mais s'il sait que tu es orphelin, tu te doutes bien qu'il ne te posera pas des questions directement, qu'il ira plutôt demander à Silva qui te connaît mieux que quiconque sur cette planète. Et il est hors de question qu'elle laisse échapper quelques informations te concernant, même si lui est empereur, même si lui a tous les droits... Ta vie privée ne concerne que toi. Et aucun rang, aucun nom ne pourra dire le contraire. Ce n'est pas privé pour rien. Car ce que tu aurais à dire, oh, tout ce que tu aurais à raconter... Tu n'as plus envie d'en parler. Ni même d'y penser. Alors quand le brun vous rejoint, tu sors immédiatement de tes pensées, quittant Silva pour sortir. Comptes-tu partir ? Tu ne sais pas trop. Pour l'instant, tu as besoin de respirer. Enfin respirer, tout est relatif, étant donné qu'une fois dehors, tu fumes. C'est de plus en plus rare depuis que tu fais ce boulot, et quelque part, ce n'est pas plus mal. Mais quand tu entends des bruits de pas qui se dirigent vers toi, dans ton dos. Quand tu l'entends qui s'approche, ta réaction est immédiate, tu jettes la cigarette à demi-consommée, t'excusant au passage. « Je ne comptais faire aucune remarque... » Tu hausses légèrement les épaules. Tu as fait ça par pur automatisme en réalité. Peut-être un peu par respect aussi, et que tu sais que ça peut-être mal vu. Tu ne fumes jamais en service, mais as-tu oublié qu'aujourd'hui est ton jour de repos ? Apparemment. C'est sa présence qui te donne cette impression, très certainement.

« Si vous n'avez rien de prévu pour aujourd'hui... Que diriez-vous de m'accompagner le temps d'une promenade ? Si vous en avez envie, évidemment. » Il faut dire que sa proposition de promenade t'enchante. Tu n'as rien de mieux à faire de toute façon, alors pourquoi refuser ? Tu pourrais dire non, sous prétexte que vous devez garder vos distances pour l'instant. Mais à quoi bon, si tu dois le servir pour les années à venir ? Et puis, peut-être que ce sera l'occasion de discuter un peu, d'apprendre à connaître qui est le jeune homme qui porte le lourd titre d'empereur aujourd'hui. On t'a toujours appris qu'un garde ne devait connaître son protégé de manière strictement professionnelle, jamais en dehors du cadre de son travail. Pourtant, tu as envie de transgresser les principes pour une fois. Car ce garçon a ton âge, car il t'intrigue grandement, de par ses réactions parfois. Peut-être parce que demain est le jour de la décision aussi, et que si aujourd'hui est ton dernier jour d'essai, il est peut-être temps de crever l'abcès quant à ce qui s'est passé précédemment. Alors c'est avec un sourire que tu acceptes, lui découvrant le même pour border ses lèvres. Ses lèvres... Tu secoues légèrement la tête, juste joyeux, alors que vous vous mettez en route. Autant dire que la première partie du trajet est relativement silencieuse. Tu es naturellement peu loquace, et pour le coup, les quelques non-dits entre vous te freinent toute tentative de conversation. Ce n'est pas que tu ne veux pas. On dirait juste que tu n'arrives pas à parler. Parce que tu as peur de te tromper de sujet, de faire une erreur... Et que tu n'arrêtes pas de penser à demain, à ce qu'il va dire. Tu doutes, très honnêtement. Tu doutes, car après ce qui s'est passé entre vous deux, toute personne censée te demanderait de partir. Et d'avance, tu peux dire que tu le comprendras, si c'est le cas. Même si ce n'était pas de ta faute ce baiser, il pourrait très bien t'en faire porter le blâme et te demander de partir. Dans ce cas, tu n'aurais rien le droit de dire. Tu pourrais pourtant. Mais tu n'es pas de ceux qui enfoncent les autres. Encore moins ce garçon pétillant qui a ton âge, et qui veut juste profiter un peu de sa jeunesse. Tu le comprends, quelque part. Tant de responsabilités pour un seul jeune homme... Sa perpétuelle quête de liberté est compréhensible. Et réprimer ses envies d'un peu de tranquillité te fera un peu mal au cœur, tu dois l'avouer. Enfin, ne te projettes pas trop loin non plus ; tout se jouera demain.

Mais au bout d'un moment, d'une manière où d'une autre, il faut bien briser la glace. Non pas que te promener en silence soit pénible... Mais vous devez parler. Essayer au moins. Créer un semblant de relation de confiance, pour vous donnez une chance que tout cela fonctionne. Alors pour une fois, tu prends la parole le premier. Le sujet n'est certainement pas bien choisi – tu ne peux pas te venter d'être excellent dans ce genre d'exercice – mais au moins, il a un tant soit peu d'intérêt. Si tu cherches de la confiance, tu sais que toi-même, tu dois commencer par être complètement sincère. Et c'est bien ce que tu fais, en lui avouant avoir été de ces enfants par le passé. Une orphelin. Sur le coup, tu regrettes un peu de lui avoir dit. Mais finalement, tu as la sensation que cela t'enlève un poids. Un léger sourire se dessine alors sur tes lèvres, tandis que tu le regardes tranquillement. Ça le met mal à l'aise ou... ? Tu ne sais pas trop comment interpréter sa réaction. Il n'a pas l'air particulièrement à l'aise sur le sujet, pourtant, tu devrais t'en montrer bien plus affecté que lui. Ce que tu n'es pas de toute évidence. En soi, être orphelin, ça ne t'a jamais dérangé – oui, c'est dur à dire comme ça tout de même – mais ce qui t'a le plus embêté, c'était cette manière que les gens avaient de te prendre en pitié avant. Oh, le pauvre garçon. Oh, le pauvre orphelin. On a vite placé toutes tes fautes sur cette raison, et ça t'a vite agacé. « Je comprends maintenant pourquoi vous savez y faire avec les enfants... Surtout les miens. Et oui, je sais quels sont les problèmes actuels de l'orphelinat. D'où ma présence là-bas, tout à l'heure. » Ton sourire s'élargit un peu plus encore. Il aborde le sujet d'une autre manière. Oui, voilà pourquoi tu sais y faire avec les enfants. Vu combien de fois tu as dû t'occuper d'eux, courir après eux dans les rues et dans l'établissement pour les ramener aux dames ou les obliger à aller dormir... Tu sais comment ils pensent, puisque tu as été l'un d'eux. Tu les comprends plus facilement qu'une personne de l'extérieur, c'est indéniable. Tu connais le manque qu'ils peuvent sentir, ce vide à l'intérieur. Tu connais leurs peines, tout comme tu partages leurs moments de joie. Et c'était donc pour cela qu'il était là-bas ? Tu aurais dû t'en douter un peu, et tu l'en remercies intérieurement, car toute aide est la bienvenue. Tu le savais proche de son peuple, mais de-là à s'inquiéter de l'avenir des orphelins... Tu n'oses trop rien dire. Ton silence parle pour toi. Tu lui es reconnaissant de faire ce qu'il fait.

Le lac. C'est indéniable, tu aimes cet endroit. C'est un... Havre de paix à tes yeux. Enfin, tu ne parles pas exactement du même lac mais.... Partout où il y a de la verdure et un peu d'eau, tu es à l'aise. Car ça te rappelle quelques rares bons souvenirs, car c'est apaisant, car c'est bien des choses à tes yeux. Tu es à l'aise dans ces petits morceaux de nature, qu'importe s'il y a du monde qui se balade, vous longez le lac, plus proches de l'eau que la plupart des passants qui se contentent de sentiers tracés. Le bruit de l'eau est reposant, ça te permet de marcher et de te vider la tête au passage. C'est bien mieux que ta première idée qui aurait été d'aller ranger un peu l'appartement. Et tu es bien plus enclin à parler dans ce genre de contexte. C'est comme si... Personne ne pouvait vous entendre. Comme s'il n'y avait que vous deux, et personne d'autre à cet instant. Vos pieds foulant tranquillement l'herbe, c'est alors que tu reprends la parole, sur un certain sujet et pas des moindres. Tout ce qu'il a pu remettre en question ces derniers jours. Tu croises son regard un instant, constatant au passage qu'un large sourire étire ses traits. « À vous de voir si la réalité est meilleure que vos préjugés, je ne suis pas là pour juger à votre place. Mais dites-moi, jeune homme, qu'est-ce qui vaut mieux ? Être totalement conforme au protocole, être strict, correspondre en tout point à l'image qu'on a de l'empereur, ou toujours réserver son lot de surprises ? » La réalité meilleure que tes préjugés ? Sur bien des points, tu aimerais dire que oui. Sur d'autres... Tu ne sais pas tant. Tu aimes les surprises. Tu aimes qu'on te surprenne plus que tout. Tu dois avouer aussi que, s'il était aussi attaché au protocole, aussi sérieux et psychorigide que son poste pourrait l'exiger.. Tu ne sais pas si tu te sentirais aussi proche de lui, aussi confiant. Car oui, tu commences à avoir confiance, doucement. Tu laisses un peu les choses se dérouler, pour le meilleur, mais aussi pour le pire comme tu as pu le constater. Oui, par le pire, tu veux parler de cette entrevue nu, de ce baiser... ce n'est pas de manière péjorative que tu dis pire, non. C'est juste que ce sont des événements auxquels tu ne t'étais pas préparé, tant ils étaient inimaginables à tes yeux. Deux personnes ayant fait partie de tes précédents « contrats » ont essayé de se rapprocher de toi considérablement, au dépend du reste. Professionnel comme tu l'es, tu as fait semblant de ne rien voir, et tu as à chaque fois empêché la catastrophe. Alors lui, l'empereur... Comment as-tu fait pour ne pas le voir venir ? Comment as-tu fait pour ne pas l'empêcher ? Peut-être que quelque part, ça ne te dérangeait pas que cela arrive, mais... Minute quoi ? Non, non, tu n'as rien pensé de tout cela. Tu as juste été pris par surprise, point. « J'avoue avoir un penchant pour les surprises. J'aime qu'on me surprenne. Alors, on dira que la vérité est meilleure que les préjugés, à mon humble avis. Mais comprenez-moi. Pour quelqu'un de l'extérieur, c'est dur de s'imaginer que la réalité puisse autant s'éloigner de l'image que l'on nous donne. » J'aime qu'on me surprenne. Pour peu, tu regretterais tes mots. Il pourrait si mal l'interpréter... C'est sûr qu'avec ce baiser, il t'a surpris. Ah là, tu étais comblé, mais alors vraiment. Enfin, cesse donc de revenir là-dessus, concentre-toi plus tôt sur où tu mets les pieds.

Tu devrais te taire, vraiment, tu le sais. Pourtant tu continues. Tu abordes le sujet du baiser. De l'herbe, tu as l'impression de marcher sur les braises désormais. Enfin rassure-toi, il va vite te refroidir le Tudor. Et d'ailleurs, il ne perd pas de temps, quand il te pousse à l'eau. Par pur réflexe, tu l'entraînes dans ta chute. Oups ? Ou pas. Tu éclates de rire en constatant le ridicule de la situation. Vous êtes tout bonnement trempés. Il semble surpris d'abord, à en juger par la tête qu'il tire. Puis il se met tout simplement à rire, comme toi. « Sérieusement ? Oui. Et j'ai plutôt réussi mon coup, vu votre tête. » C'est un large sourire qui orne tes lèvres, alors que tu te détends progressivement. L'eau n'est pas particulièrement bonne, elle est même froide. Mais tu as tellement l'habitude que ce détail te passe bien par-dessus la tête. Le regardant un instant, tu le contournes finalement, projetant de rejoindre la rive. Héé ! Mais c'est lui qui t'arrose comme ça ! Tu fronces un peu les sourcils d'abord, avant de rire, encore une fois. Il est définitivement incorrigible. Et bien loin de l'idée que tu te faisais de l'empereur, tu dois l'avouer... Tu as plus l'impression d'être confronté au jeune homme pour l'instant. Tu lèvres un peu les mains, comme pour parer une attaque qui t'atteint quand même. Tu te sens... Bien. Curieusement, tu as l'impression d'être... Tellement à l'aise. Toi qui est toujours tellement sérieux, toujours dans ton travail, à deux-cent pour cent... C'est presque trop bizarre, de te détendre ainsi avec la personne que tu protèges normalement. Tu te sens terriblement bien. Ce n'est pas si habituel que cela, pour toi. « Vous auriez fait plus attention, vous ne seriez pas dans cet état. » Tu secoues doucement la tête, tandis qu'il reprend tes propos. Incorrigible hein... Mais tu dois reconnaître qu'il n'a pas tort. Si tu avais fait plus attention, tu ne serais pas tombé à l'eau. Et lui non plus. Tu viens te hisser sur le bord du lac, t'asseyant sur la rive. Tu l'observes un court instant, paisible et tout simplement content de la tournure que prend cette promenade. Des surprises hein... Oui, définitivement, il te surprend. En bien. Ça te fait plaisir de constater qu'il n'est pas complètement figé dans son rang, figé par ses responsabilités trop nombreuses. Tu es heureux, mais un nouvel événement vient te troubler. Et c'est de ta faute. C'est toi qui louche sur ses lèvres un instant, presque inconsciemment. Tu te reprends, et tu perds ton sourire, te relevant simplement. Vous devez partir. Il va finir par attraper froid, sinon. Tu attrapes ta veste et entreprends donc de t'éloigner un peu. Mais tu t'arrêtes, tu le regardes, penchant un peu la tête. Il ne compte pas sortir, pas vrai ? Un profond soupir lui échappe, tu restes incroyablement neutre. Alors, il sort ou bien ? « Par mes ancêtres, je croirais entendre un de mes anciens précepteurs. Oh, Volkov, détendez-vous, ce n'est pas cinq minutes dans un lac qui me rendront malade. Ni même une heure. » Tu ne peux réprimer un léger sourire. Pourtant, tu n'as pas l'air aussi joyeux que précédemment. Tu as l'air plus... Confus. Un soupir t'échappe à ton tour, il s'approche de la rive et dépose chaussures et chaussettes. Vraiment ? Il compte vraiment rester dans l'eau ? Tu baisses un peu les yeux. Non, vous devriez partir... Tu devrais partir. Tu regardes derrière toi un instant, hésitant à lui fausser compagnie. Mais tu te dis que ce n'est pas un bon comportement. Que ce n'est pas ainsi que tu dois fonctionner avec lui. Alors finalement, tu viens juste t'asseoir au bord de l'eau.

Il nage tranquillement, tu lui jettes un coup d'oeil de temps à autres, étant plus plongé dans tes pensées qu'autre chose. Tu ne peux pas te permettre d'être plus familier avec lui. Vous ne pouvez pas vous le permettre, ça n'amènera que du mauvais dans votre relation, et tu n'as pas envie que cela dégrade ton travail vis-à-vis de sa famille. Des gardiens on eu beaucoup d'ennuis à cause d'une proximité trop évidente avec une des personnes qu'ils devaient protéger parmi un groupe. Tu n'as pas envie qu'il en soit autant pour toi. Tu as été irréprochable jusqu'aujourd'hui dans ton travail, continue sur cette voie. Mais tu es soucieux. Car pour la première fois depuis longtemps, tu as la curieuse sensation que le contrôle de la situation t'échappe. Tu n'aimes pas ça bon sang. « Déridez-vous un peu voyons. Aujourd'hui est un jour de repos après tout, si vous continuez à faire cette tête d'enterrement, je peux vous affirmer que, là, vous mériterez vraiment le vouvoiement qu'on réserve aux personnes âgées. Vous êtes prévenu. » Tu secoues un peu la tête, riant doucement. Il essaye vraiment de te mettre à l'aise, il faut croire. Tu fais vraiment une tête d'enterrement ? Tu es un peu surpris, arquant les sourcils. Il n'a pas totalement tort d'un côté. Quand tu t'enfonces dans tes pensées, ton expression en devient rapidement indéchiffrable. Ton sourire s'étire un peu plus encore, tandis que tu bats des pieds dans l'eau, l'éclaboussant sans retenue. Chacun son tour non ? « Est-ce que vous insinuez que je suis vieux avant l'âge, Monsieur ? » Un nouvel éclat de rire t'échappe. Tu n'as que vingt-six ans. Tout comme lui. Vous êtes encore jeunes. Vos destins auraient pu être tout autres. Et pourtant... Vous voilà, déjà enchaînés à bien des responsabilités. Lui l'empereur. Toi le garde. Adultes avant l'heure. La vie vous a fait mûrir plus vite que de raison, comme on le dit ; l'expérience est un professeur brutal. Il s'éloigne un peu, hors de portée. Tu penches légèrement la tête sur le côté, plongeant ton regard azuréen dans le sien. Ses yeux ont quelque chose de mystérieux. D'incompréhensible. Tu as l'impression qu'il aurait mille histoires à te raconter. Et pourtant, tu es tout bonnement incapable d'en deviner une seule. Enfin, le temps que tu te perdes dans tes pensées, tu ne te rends pas compte qu'il s'est enfoncé dans l'eau et qu'il approche dangereusement de toi. Tu manques de sursauter quand sa main t'attrape par la cheville, te tirant dans l'eau. Inutile de résister, tu te laisses juste glisser une fois de plus. Tu restes quelques secondes sous l'eau, et à peine te redresses-tu qu'il t'arrose à nouveau. Hé ! Définitivement, ça l'amuse bien, les jeux d'eau. Ton rire fait écho au sien tandis que tu en fais autant, repassant au passage une main dans tes cheveux en bataille. Tu continues à l'éclabousser, essayant de le prendre par surprise, mais il détourne la moindre de tes attaques contre toi-même. Vous vous sautez dessus, finissant l'un et l'autre sous l'eau à plusieurs reprises. À vrai dire, tu as tout laissé de côté. Votre rang respectif. Le fait qu'il soit empereur, et toi, rien de plus que son gardien. Le fait que vous ne vous connaissez pas plus que cela, au final. Mais la situation est tellement... Sympathique. Tu t'amuses bien, même vraiment bien, tandis qu'il essaye de te couler. Tu te défends misérablement, loin de toi l'envie de mettre en avant tes capacités ; ce n'est pas un combat, juste un jeu. Vos souffles se font courts, quand vous arrêtez enfin cette petite guerre aquatique. Tu baisses un peu les yeux sur sa personne. Il est... Si proche de toi. Bien trop proche. Tu te mords un peu l'intérieur de la lèvre, regardant brièvement ailleurs. Non, tu n'es pas particulièrement à l'aise. De jour en jour, tu trouves que vous êtes de plus en plus proches physiquement. Et il sait aussi bien que toi que ce n'est pas bien. Il semble éprouver la même gène que toi, étant donné qu'il se recule un peu à son tour. Une distance vous sépare. Elle est suffisante pour ne pas céder à la bêtise, et à tes yeux, c'est un léger progrès.

« Voilà un moment que je ne m'étais pas amusé ainsi. Les gens de la haute société sont trop coincés pour se détendre de cette manière, c'est ennuyant. Enfin, je suis navré de vous avoir trempé ainsi... » Ton sourire étire un peu plus tes lèvres, sincère. Tu es ravi s'il a pu s'amuser un peu grâce à toi. Tu te doutes bien que sa vie ne doit pas être vraiment fun à vivre tous les jours. Toutes ces responsabilités, ces décisions, ces réunions... C'est à se demander s'il relâche vraiment la pression de temps en temps, s'il prend un peu de temps pour lui, pour s'oublier, pour juste se détendre. Tu es d'accord avec lui néanmoins, pour avoir servi pendant un mois un type qui ne jurait que par le golf et autres frivolités de la haute qui t'ennuient au plus haut point... Son air un peu moqueur te fait légèrement rire, tandis que tu reprends. « Arrêtez, vous n'êtes pas navré le moins du monde ! Et moi non plus d'ailleurs. » Fais-tu en le taquinant. Non, il n'est pas navré, toi non plus. Ce petit instant de détente était vraiment agréable à tes yeux. Il se mordille un peu la lèvre, et tu te demandes ce qui le préoccupe, arquant légèrement un sourcil. Ton regard ne dévie plus de sa personne. Tu l'observes, tu cherches à comprendre ce qui lui passe par l'esprit. Ce qui semble le perturber, si soudainement... Aurait-il quelque chose à te demander ? Quelque chose d'important à te dire ? Qu'il n'hésite pas si c'est le cas, tu sais être un oreille attentive quand il le faut. S'il a quoi que ce soit à te dire, qu'il se dise franchement, qu'il n'ait pas peur de tes réactions. Être prêt à tout entendre, c'est aussi ce qu'on vous apprend à l'académie des gardes. Il se rapproche un peu de toi, et tu relèves légèrement la tête, te redressant un peu plus. Votre distance reste normale, mais tu ne peux t'empêcher d'envisager le pire, à en juger par son comportement actuellement. Tu ne sais pas vraiment ce qui le tracasse, mais quelque chose te dit que tu ne vas pas tarder à le savoir. « Dites-moi... Les événements que vous avez cités tout à l'heure, plus particulièrement le dernier... Je vais finir par croire que c'était la première fois. Je n'avais pas pour objectif de vous rendre mal à l'aise ou quoi que ce soit, je suis navré que ce soit le cas aujourd'hui. Sincèrement. Si cela vous trouble... Essayez d'oublier, s'il vous plaît. Je n'ai pas envie que mes erreurs se répercutent sur vous. S'il y a quoique ce soit que je puisse faire pour vous faire oublier, ou me faire pardonner... Dites-le. » C'est donc cela... Il parle du baiser, sans aucun doute. Si c'était la première fois ? Tu détournes légèrement ton regard sur le coup. La première fois... Hé bien, non en réalité, mais ça ne concerne que toi. Soudainement, une main glisse sur un des côtés de ton cou, comme si tu avais peur qu'il remarque les quelques traces de morsure qui s'y trouvent. Ce qu'il te demande relève un peu du privé mais... tu dois avouer que tu es surpris. Surpris qu'il emploie un ton aussi doux, qu'il semble autant s'inquiéter pour toi. Tu n'aimes pas que l'on s'inquiète pour toi. Ton regard accroche le sien un instant, tu ne souris plus vraiment. Oui, ça te trouble. Et non, tu ne pourras pas oublier. Ce n'est pas comme si tu avais un bouton 'effacer' au sein de ton esprit. Enfin, tu vas essayer... Une erreur ? Tu en sais pas si tu peux vraiment qualifier cela d'erreur. Tu aurais plutôt dit que c'était un... Dérapage. Mais c'est donc cela qui le perturbe ? Il cherche comment se faire pardonner ? Tu écarquilles légèrement les yeux, surpris par ses propos. C'est assez... Bizarre comme demande. Tu ne sais pas trop quoi dire, et tu réfléchis un long moment avant de reprendre la parole, inspirant profondément. « La première fois, non... » Fais-tu, un léger éclat de rire presque ironique t'échappant, tandis que ta main glisse toujours nerveusement sur tes marques. « Et ne vous inquiétez pas ainsi pour moi, je vous assure que ce n'était rien... C'est moi, je n'aurais pas dû réagir aussi excessivement en vous demandant de ne jamais recommencer. Enfin, non, je ne veux pas dire que je veux que vous recommenciez, c'est juste que... » Tu cherches tes mots un instant, avant d'ancrer ton regard dans le sien à nouveau. « Vous m'avez surpris, c'est tout. » Un léger sourire peu sûr fait son apparition sur tes lèvres. Le silence retombe, pesant. Ton regard demeure fixé dans le sien, alors qu'un léger sourire orne toujours tes lèvres. Incroyable comme la situation a changé en quelques secondes à peine entre vous.

Un silence gênant, voilà ce que tu en retiens avant tout. Mais tu ne sais plus trop quoi dire. Et c'est alors qu'il perd l'équilibre et te tombe littéralement dans les bras. Heu... Tu écarquilles les yeux, le rattrapant sans hésiter. Il va bien ? Tu vois trois ailerons s'éloigner, et tu devines sans mal que c'est ce gros poisson qui vient de le bousculer. Instinctivement, tu le gardes contre toi, puisqu'il ne cherche pas à bouger. Puis, il lève les yeux vers toi, restant un très court instant sans ciller. Il t'échappe vivement, et tu n'y opposes aucune résistance, juste perturber par cette proximité que tu t'efforces d'éviter depuis le début. Vous êtes bien trop proches. Trop proches pour le protocole. Tes yeux rencontres les siens une fois de plus, tandis qu'il souffle un bref pardon. Tu secoues légèrement la tête, hésitant à reculer. Tu devrais reculer, vraiment, si lui ne veut pas. Et pourtant, sur l'instant, tu n'as qu'une seule envie, c'est de glisser tes doigts sur sa peau à nouveau. Les laisser courir sur sa taille et l'attirer à toi, toujours plus près, jusqu'à atteindre ses lèvres. Bon sang ! Mais tu t'entends penser un peu ? N'importe quoi ! Tu es un peu nerveux, ton souffle est sensiblement plus réduit. Tu es littéralement tétanisé sur place, et c'est lui, qui te ramène à la réalité. « Il... Faudrait peut-être penser à sortir de l'eau avant que ce krrr ne ramène sa bande de chasse... Ce serait problématique de se retrouver encerclé par plusieurs requins. » Tu hoches légèrement la tête, et pourtant, tu n'as pas plus envie de bouger. Comme si les krrrs n'étaient qu'un détail à tes yeux. Comme si tout ce qui comptait sur l'instant c'était lui. Tes yeux descendent jusqu'à ses lèvres. Ses douces lèvres. Non, non, c'est mal, arrête ça tout de suite. Oui, mais il est trop proche. Oui, mais tu peux reculer. Oui, mais tu n'en as pas envie. Tu baisses les yeux, navré. Et puis tu te détournes simplement. « Vous avez raison. » Fais-tu simplement, tandis que tu rejoins le bord du lac, te hissant sur le côté. Tu te redresses, attrapant ta veste au passage. Qui ne t'est plus d'aucune utilité, vu comme tu es trempé... un point positif, l'eau du lac a supprimé en grande partie ce qu'il restait de peinture sur votre peau ou dans vos cheveux. Cette farce n'est plus qu'un lointain souvenir, mais désormais, vous êtes confrontés à un tout autre détail ; vous êtes trempés. Tu regardes par terre un instant, lui tournant le dos le temps d'enfiler ta veste. Tu hésites. Non, tu ne devrais pas... Et pourtant si, tu lui proposes. Te tournant vers lui, un léger sourire se dessine sur tes lèvres. Mauvaise idée. Et pourtant... « Hm, écoutez si vous voulez, on peut passer à mon appartement, ce n'est pas très loin. Ça vous évitera de retourner au palais dans un si piteux état... » Tu es sincère. C'est pour l'aider que tu fais ça. Masochiste que tu es... Sa réponse ne tarde pas à venir. Pourquoi pas. Ton sourire s'étire légèrement plus, tandis que tu l'invites à te suivre.

Au bout de quelques maigres minutes de marche, vous arrivez devant un grand bâtiment. Tu ouvres la porte, l'invitant à rentrer. Au bout de quelques étages – huit pour être précis – vous arrivez devant une porte coulissante qui donne sur ton appartement. Un appartement ? Non, l'endroit où tu habites à plutôt des airs de loft industriel. Tu fais coulisser la lourde porte, le laissant entrer en premier. Cet endroit n'a rien d’extraordinaire. Les couleurs sont claires, le tout est rangé de manière irréprochable. Cet endroit est tellement impeccable qu'on pourrait croire que tu en fais la promotion tous les jours pour le vendre. Enfin, tu aimes quand c'est propre et rangé, personne ne peut te blâmer pour cela. « Je vous en prie, si vous voulez boire quelque chose. » Fais-tu, désignant du menton le côté cuisine. En attendant, tu vas à l'étage, rejoignant le dressing. Des vêtements donc... Quelque chose qui lui irait. Tu doutes que la taille pose vraiment un problème. Et au pire, ça lui ira un peu grand. Enfin, c'est mieux que de rentrer trempé à ton goût. Tu allumes la lumière, cherchant sur les différentes étagères... Au bout de quelques petites minutes, tu attrapes une chemise, une veste, un pantalon, chaussettes, ceinture au cas où... Et tu redescends rapidement les marches, posant le tout, plié, sur la table basse du salon. « Et voilà, j'espère que ça ira. Si vous avez besoin de quoi que ce soit laissez-moi savoir, et pour vous changez, il y a la salle de bain, c'est la porte derrière les escaliers. Je vous promets de ne pas rentrer, cette fois... » Fais-tu avec un léger sourire. Non, tu ne comptes pas rentrer, vu comment ça s'est passé la dernière fois... bref, tu le laisses récupérer les affaires, filer se changer. En attendant, tu enlèves ta propre veste, la posant sur le dossier d'une chaise. À ton humble avis, celle-ci est irrécupérable... Enfin, tu verras bien, parfois on peut faire des miracles avec un peu de produit. Un soupir t'échappe, alors que tu ranges deux verres et quelques couverts qui traînaient au bord de l'évier. Tu en profites pour prendre un verre d'eau ; mine de rien, tu t'es baigné, mais tu avais soif. Tu t'es baigné... Avec lui. Bon sang, rien que d'y repenser, cette proximité... ça te met plutôt mal à l'aise. Tu déglutis un peu difficilement, manquant de t'étouffer. Rah, cesse donc d'y penser, tu ne fais que des bêtises sinon ! Oui, c'est cela. Enfin, au bout de quelques minutes, tu entends la porte s'ouvrir, et tu te retournes. Ça y est, changé ? Apparemment. Tu le laisses s'avancer un peu, un léger sourire flottant sur tes lèvres. « C'est pas si mal au final. » Tu ne parles pas spécialement de tes vêtements, mais plutôt du fait que côté taille, ça se vaut. Enfin de toute façon, comme tu le disais plus tôt, c'est mieux que rien.

Tu penches légèrement la tête, le détaillant... C'est ton côté perfectionniste qui veut cela, on y peut rien. Dans l'ensemble, il n'y a rien à redire. Sauf peut-être... Tu fronces légèrement les sourcils, t'approchant un peu de lui. « Vous permettez ? » Fais-tu par politesse, avant de laisser tes doigts courir sur le col de sa chemise, mal plié à l'arrière. Tu regardes attentivement ce que tu fais, tu es concentré pour pas grand chose, mais au moins, ça t'évite de penser que tu es trop proche de lui. Une fois que le tissu est bien remis, tes doigts se figent progressivement dessus. Mais lâche-le bon sang ! Ton regard, glisse de sa nuque à son visage. De son visage à ses yeux. Tu les fixes un instant, t'y perdant avec un plaisir qui t'était jusque là inconnu... Une drôle de sensation te parcourt. Une sensation de chaleur, de bien être, de... Bien des choses en réalité. Comme la sensation de faire une grosse erreur. De passer la frontière de l'interdit. Mais tu as l'impression de ne plus rien contrôler. Tes yeux passent des siens à ses lèvres, progressivement. Puis reviennent se figer dans ses deux prunelles. Ton souffle se fait court, et toi, tu sembles nerveux. Non, non, ne fais pas ça. Pas cette bêtise. Pas cette erreur. Pas à un jour de la décision. Tu te mordilles légèrement l'intérieur des joues, hésitant. Non ! Et re-non. Mille fois non. Pourtant, tu t'avances toujours plus vers lui ; ton visage s'approche toujours plus du sien. Recule bon sang ! Que te crie ton instinct. Tu n'en as plus rien à faire. Tu abandonnes tout. Tu abandonnes la partie. Tu restes silencieux un instant, court instant pendant lequel ton esprit tourne à plein régime, essayant en vain de discerner le bien du mal. Et puis, tes lèvres se pressent contre les siennes. Involontairement voudrais-tu dire, mais ce n'est pas le cas. Tu l'as voulu ce baiser. Tu l'as cherché. Il semble surpris, puisqu'il se fige. Tu dois le relâcher, tout de suite. Mais non, tu t'enfonces toujours plus, tu creuses ta tombe avec ta propre pelle. Tes mains passent sur sa nuque, alors que tu approfondis ce baiser. Bien plus passionné que de raison. Bien plus fougueux que tu ne le voudrais. Tes yeux se ferment par pur automatisme, et le pire, c'est que tu sais que tu fais une très grosse erreur. Tant pis. C'est bien l'une des plus délicieuses de ta vie. Ses lèvres chaudes contre les tiennes. La douceur de sa peau sous tes doigts. Mais recule bon sang ! Non. Et mille fois non. Surtout qu'il... Il quoi ? Il finit par... Répondre à ton baiser ? Tu fronces légèrement les sourcils inconsciemment. Non, non il ne doit pas. Vous ne devez pas. Et pourtant, tu restes quelques longues secondes encore à profiter de cet échange interdit. Quelques longues secondes, auxquelles tu mets brusquement terme en te reculant vivement. C'est comme si tu venais de te rendre compte de ce que tu étais en train de faire. Quelque chose de terrible, de toute évidence. « Oh mon... » Souffles-tu , alors que tu regardes ailleurs. Tu secoues la tête. Tu n'aurais pas dû bon sang... Et le pire, c'est que tu n'arrives même pas à regretter. « Je suis tellement désolé... Je... Je n'aurais jamais dû, je... Excusez-moi. » Tu te mords violemment l'intérieur de la lèvre, appuyant dans ton dos, tes mains sur le dossier d'une chaise. Par tous les saints qu'est-ce que tu viens de faire. Tu as toi-même du mal à réaliser. Ton regard se perd dans le vague, ton rythme cardiaque a considérablement accéléré. La porte claque, et toi, tu reviens à la réalité. Tu viens de l'embrasser. Tu as cédé.

°°°
Cours. Cours toujours plus vite. Toujours plus loin. Ne t'arrête pas, jamais, continue à courir. Courir, c'est ce que tu as fait toute ta vie. Tu as couru derrière des gens. Et aujourd'hui, c'est ton passé qui te court après. Alors ne le laisse pas te rattraper. Écouteurs dans les oreilles, short, tee-shirt et baskets, tu arpentes Spes dans un rythme effréné. L'endurance, ça s'entretient. C'est un des points les plus importants de ton boulot. Courir après un malfaiteur. Mais aussi courir avec le jeune Tudor qui, tu l'auras compris, aime fuir son entourage en courant. Tes pas sont légers, rapides. Tu n'as de cesse d'accélérer, même quand tu sens que ton cœur est au bord de l'implosion. Tant pis. Un mal pour un bien comme on dit. Le sang bat si fort dans tes temps pourtant... Tu arrives devant chez toi, et immédiatement, tu arrêtes le chronomètre de ta montre. Trente-huit minutes. Pour un parcourt pour lequel tout le monde, y compris toi, prend une cinquantaine de minutes en moyenne. Il faut croire qu'aujourd'hui, tu voulais donner plus encore. Tu voulais montrer que tu en étais capable. Tu voulais en souffrir pour oublier le reste. Oublier quoi ? Que tu as embrassé un homme hier. Pas n'importe lequel. C'est un pseudo-châtiment que tu t'imposes. Tu as embrassé le jeune Tudor. Tu as fait la même erreur que lui, quelques jours plus tôt. Bon sang. Rien que d'y penser, tu te sens terriblement mal. Car aujourd'hui, c'est le jour de la décision. Oui, c'est aujourd'hui qu'il va se prononcer sur ton sort ici, au sein du palais. Tu as peur. Tu peux l'affirmer, oui, toi qui te vente souvent de n'avoir aucune crainte. Pour le coup, tu as peur. Peur de ce qui va se dire, se passer. Tu t'attends à ce qu'il dise non, en réalité ; ce serait tellement évident, tellement logique. Soufflant tranquillement en montant les escaliers au pas de course, tu t'engouffres dans le loft, refermant derrière toi. Tu t'étires presque douloureusement, avant d'attraper une bouteille d'eau, dont tu descends la moitié en un temps record. Voilà qui fait du bien. Ceci fait, tu files rapidement sous la douche. Dans une heure, tu dois être au palais, et aujourd'hui plus que jamais, tu ne peux pas être en retard. L'eau coule sur ta peau, c'est agréable. Mais ça ne t'empêche pas de penser. De réfléchir. Imaginer. Lui. Tu rouvres immédiatement les yeux, quand son regard se dessine dans ton esprit. Cesse donc d'y penser. Tu dois y aller de manière... Sereine, même si ce ne sera définitivement pas simple. Un soupir t'échappe. Votre baiser te brûle encore les lèvres. Ses mains frôlent encore ta peau. Tu serres un peu les dents, terminant de te doucher avant de te préparer. Tenue sobre. Tenue de gardien. Tu te dois d'être irréprochable, même si c'est pour qu'on te mette à la porte.

Tu arrives rapidement au palais. Dix minutes en avance, comme toujours. Tu patientes nerveusement dans le hall d'entrée. Pour une fois, tu es désemparé. Tu ne sais plus par où passer. Alors tu attends, les mains dans le dos. Tu patientes sagement, attendant que l'on vienne te chercher. Tu fais les cents pas avant de finalement t'asseoir sur un banc. Pour mieux te relever quand un jeune serviteur s'approche de toi. « Monsieur Volkov ? L'empereur va vous recevoir, veuillez me suivre s'il vous plaît. » Tu hoches légèrement la tête, lui emboîtant le pas tandis qu'il te guide dans le labyrinthe de couloirs qu'est le palais. À mesure que vous avancez, tu te tends imperceptiblement. Ton cœur bat un peu plus fort à chaque pas. Tu n'es pas vraiment rassuré, tu dois l'avouer... Toi qui fais d'ordinaire figure de neutralité, de sang-froid et tout ce que cela accompagne... Tu ne te sens pas très bien sur le coup. Peut-être est-ce la pression qui monte progressivement, tu ne sais plus trop. Tu essayes juste de te focaliser sur les bruits de pas, au lieu de t'imaginer la conversation désastreuse qui va suivre. Le serviteur s'arrête, et tu manques de lui foncer dedans, perdu dans tes pensées. Tu piles au dernier moment, tandis qu'il arque un sourcil. Un bref soupir t'échappe et il ouvre les deux grands battants de la porte, t'invitant à entrer. Ce que tu fais, d'une démarche assurée, la tête haute, comme toujours. Tu avances, tu t'arrêtes au centre de la pièce. Tu as l'impression d'être comme deux semaines plus tôt, soumis aux observations du Général, d'Aaron et de l'empereur. A la simple différence que tu as embrassé ce dernier hier même... Ne plus y penser, ne plus y penser. Tu retrouves ton masque impassible, reprenant simplement. « Nous y voilà donc, après deux semaines parmi vous, le temps est venu de me donner votre verdict, quelle qu'en soit l'issue. » Quelle qu'en soit l'issue oui... Et il est bien là le problème. Tu n'es pas sûr de vouloir rester. Tu n'es pas sûr de vouloir partir non plus. Tu n'es plus sûr de rien, et c'est de sa faute. De la tienne aussi un peu. Mais de la sienne avant tout. Car tu dois l'admettre, maintenant que tu as tout foutu en l'air ; oui, il t'attire. Plus que tu n'as le droit de l'imaginer. Plus que tu ne pourrais bien le lui avouer. Il t'attire, mais pas comme deux amis, non. Et plus le temps passe, plus tu te dis que ça ne relève pas seulement de l'attirance physique. Mais de quelque chose de bien plus fort, de bien plus incontrôlable. De quelque chose qui te fait perdre tes moyens dès qu'il est trop proche. De quelque chose dont tu ne veux même pas connaître le nom, en réalité.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Mer 21 Mai - 15:35

Si, il y a un peu plus de deux semaines, on t'avait dit que tu te retrouverais aujourd'hui à te promener au bord du lac, discutant normalement avec ton nouveau garde, tu aurais purement et simplement éclaté de rire. Si, par essence, tu aimes ton peuple, ce n'est pas pour autant que tu fais facilement confiance aux autres. Les gardes, tu as tendance à les fuir plutôt qu'à sympathiser. Les personnes qui ne voient que l'empereur sans faire attention à l'homme qu'il y a derrière ne sont pas faites pour te comprendre, pour te "protéger" comme c'est normalement convenu. Alors ils partent tous, les uns après les autres. Tu désespères ton général et Aaron rit beaucoup en voyant les gardes se succéder et partir, tous de la même manière. Mais cette fois, il semblerait que tu ais trouvé ce qu'on appelle la perle rare. Ce garçon qui marche à tes côtés, il a réussi là où tous les autres ont échoué. Il t'a trouvé dans les rues de Spes, il a tenu le rythme, t'a tenu tête, ne s'est jamais démonté face à toi. Il a su garder la tête haute en tout temps et, s'il t'a rapidement agacé, il faut bien avouer qu'il est parvenu à gagner ton respect. Ce n'est pas souvent que quelqu'un parvient à un tel résultat, surtout en seulement deux semaines. Pour peu, tu dirais que ce qu'il s'est passé relève du miracle. Pour peu, s'il n'y avait pas eu ces quelques dérapages entre vous.

C'est même lui qui parle pour vous deux. Lui qui a commencé la conversation. Lui qui parle du palais, de ce qu'il y voit et des surprises qu'il y a découvertes. Tout n'est pas comme les gens de l'extérieur l'imaginent. Tu n'aimes pas faire dans le conventionnel, tu as ton caractère propre, celui de ta mère, mêlé au tempérament des Tudor. Tu ne peux cependant pas décider à sa place si toutes ces surprises rendent la situation plus agréable pour lui ou non. Ceux qui sont trop dans leurs principes ont bien du mal à se faire au mode de vie du palais impérial. Il t'avoue avoir un penchant pour les surprises, aimer qu'on le surprenne. Tu as du mal à ne pas rire suite à de telles paroles. Hé bien, tu peux dans ce cas dire qu'il a été servis ces deux dernières semaines. Tu ne feras tout de même aucune remarque, parce que tu n'as pas envie de revenir sur le sujet de votre entrevue privée dans la salle de musique ni du baiser mais tu n'en penses pas moins. Mais il ne faut pas recommencer. Dans tous les cas, tu es ravi d'entendre qu'il préfère la réalité à ses préjugés. C'est toujours agréable d'entendre les nouveaux dire qu'ils préfèrent le bazar du palais à quelque chose de strict et bien rangé.

Malheureusement, c'est lui qui aborde le sujet que tu voulais éviter, suite à ce début de discussion plutôt agréable. Bon sang... S'il croit qu'il va te laisser en parler bien longtemps, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Et PLOUF, à la flotte. Et PLOUF, toi aussi, à l'eau. Vous êtes ridicules, ainsi trempés. Et pourtant, tu éclates de rire, tout comme lui. N'importe quoi. Tu ne ressembles vraiment pas à un empereur, ainsi trempé, les cheveux en bataille et un sourire joyeux accroché aux lèvres. Puisque vous êtes dans un état aussi lamentable l'un que l'autre, tu te permets de rire un peu de la situation, le taquinant sur son manque de vigilance, l'arrosant lorsqu'il passe. Tu as l'air d'un gamin, mais qu'importe. Tu doutes que qui que ce soit fasse attention à deux jeunes hommes jouant dans l'eau du lac. Tu l'arroses jusqu'à ce qu'il sorte. Mais pourquoi, soudainement, se lève-t-il ? Qu'as-tu encore fait de mal ? Tu ne sais pas, tu as comme l'impression de faire beaucoup d'erreurs avec lui, même inconsciemment. Vos deux "dérapages" le mettent si mal à l'aise que cela ? Il faudrait que tu y remédies. En attendant, tu refuses de sortir de l'eau. Tu es en pause, lui aussi, alors il est hors de question qu'il prenne la place de tes anciens précepteurs et te dise quoi faire. Tu as vingt-six ans, tu sais très bien ce que tu peux ou ne peux pas faire. Et comme tu te sais résistant, tu te permets de rester à barboter dans l'eau. Finalement, du coin de l’œil, tu le vois revenir sur la rive, perdu dans ses pensées. Hum... C'est qu'il a l'air soucieux, le blondinet. Il faudrait que tu parviennes à le détendre un petit peu, mais comment ? Oh, question stupide. Tout aussi stupide que ces mots qui t'échappent. S'il continue à faire cette tête d'enterrement, il aura le droit au vouvoiement réservé aux personnes âgées. N'importe quoi, vraiment. Pourtant, il rit. Il semblerait que tu aies quand même réussi à lui faire retrouver son sourire... Il en profite pour t'éclabousser, tu recules alors, riant légèrement. Si tu insinues que tu es vieux avant l'âge ?

-Ce n'est pas le cas ? Je croyais.

Pff. Samael, va te cacher, tu es ridicule. Cela ne t'empêche pas de rire et de continuer à nager dans l'eau. Il n'a que vingt-six ans, tout comme toi, et pourtant il est déjà garde. Il est déjà enchaîné à ses contrats, déjà prisonnier de ses responsabilités. Si tu avais pu, tu aurais profité de ta vie, de ta liberté encore quelques années avant de t'enfermer dans un tel métier. Mais non, si lui semble l'avoir choisi, toi on te l'a imposé. Tu aurais pu refuser, certes, mais avec quelles conséquences pour les humains ? Bien trop pour que tu puisses te montrer égoïste. Le poids des responsabilités ne quittera jamais tes épaules. Tu es né avec celles-ci, tu mourras avec. Assez tergiversé. Tu n'as pas envie de le laisser réfléchir sur la rive. Tu plonges donc sous l'eau et te rapproches de lui, avec toute la discrétion possible. Ne pas te faire repérer, ne pas l'effrayer, ne pas... Ouais, tu viens d'attraper sa cheville ! Pas le temps pour lui de réagir que tu l’entraînes avec toi dans l'eau. Et voilà le travail. Sitôt sa tête refait surface, tu entreprends de l'arroser en riant. Le sien fait écho au tien lorsqu'il se prend au jeu. Commence alors une magnifique bataille d'eau. Il essaye de t'éclabousser par surprise mais tu lui renvoies chaque attaque. Alternativement, vous vous retrouvez sous l'eau l'un et l'autre, coulant chacun votre tour avant de refaire surface en riant. Il n'y a plus d'empereur et de garde. Non, il n'y a plus que deux jeune hommes du même âge, s'amusant dans l'eau froide du lac. C'est si reposant de ne plus devoir être l'empereur, même si cela ne durera pas. Tu en profites pleinement, tu t'amuses. Vos souffles se font courts, vous vous rapprochez sensiblement l'un de l'eau... Et lorsque tout s'arrête, vous êtes bien plus proches que de raison. Hum, mauvaise idée. La proximité physique n'est pas une bonne idée avec lui, pas après ce qu'il s'est passé. Alors tu te recules un peu, réinstaurant une distance convenable entre vous. Bien, une bonne chose de faite. Ensuite, tu lui demandes pardon pour ton attitude, pour le fait qu'il se soit retrouvé trempé à cause de toi, même si tu ne le penses pas vraiment. Tu es heureux de cette pause, ravi qu'il ait joué le jeu. Et il n'est pas dupe, comme il te le fait savoir bien rapidement. Lui non plus n'est pas navré ? Roh... Pour la peine, tu lui envoies une dernière fois de l'eau à la figure, amusé.

-Vous devriez avoir honte de ne pas être navré.

AHEM. Samael, heureusement que tu ne te prends pas au sérieux. Pas pour cela en tout cas, parce qu'un autre point se présente à ton esprit. Un point gênant. Tu te mordilles la lèvre, assez mal à l'aise. La raison de votre présence dans l'eau, de son malaise en ta présence. C'est ta faute, n'est-ce pas ? C'est toi qui a provoqué de telles réactions chez lui, en réagissant mal. Tu ne sais pas que faire pour remédier à cette situation, tu ne sais comment te faire pardonner. Toi, te faire pardonner ? Oui. Oui, parce que tu te sais en tord. C'est à toi de réparer ce que tu as brisé, mais tu ne sais pas comment faire. Alors finalement, tu lui demandes. Comment peux-tu lui faire oublier tes débordements ? Comment peux-tu te faire pardonner ? Tu ne voulais vraiment pas le mettre mal à l'aise, c'en était même loin. Pourquoi tout semble si complexe avec lui ? Peut-être parce qu'il est différent des autres gardes. Peut-être parce qu'il a un petit quelque chose en lui qui t'attire vers lui, qui te pousse à aller un peu trop loin, plus que tu ne te l'es jamais permis avec qui que ce soit d'autre. Tu le regardes glisser une main dans son cou, comme pour te cacher quelque chose. Mais quoi ? Tu l'ignores et tu fais ton possible pour ne pas te montrer curieux. Qu'il te dise comment te faire pardonner, c'est tout ce que tu lui demandes. Tu patientes un long moment avant qu'il ne daigne te répondre. Pas la première fois ? Oh ! Tu détournes le regard. Tu n'attendais pas de réponse vis-à-vis de ce point-là... Ce n'était pas non plus la première fois que tu embrassais un homme mais tu as toujours tout fait pour éviter d'avoir à recommencer. La réaction de ton père le jour où il a appris qu'on t'avait vu bourré en plein bar avec Andrew, en train de jouer au chat et à la souris... No comment, tu ne veux même pas te souvenir de la punition magistrale à laquelle tu as eu droit ce fameux jour. Reprenant contact avec la réalité, tu es surpris de l'entendre supporter l'entière responsabilité de ce qu'il s'est passé. Sa réaction était parfaitement normale ! Tu secoues donc négativement la tête.

-Ne cherchez pas à porter le blâme, c'est ma faute, j'en suis pleinement conscient. Et je suis sincèrement navré de vous avoir mis mal à l'aise, croyez-moi...

La faute est tienne, tu ne le laisseras pas dire le contraire. La surprise était normale, sa réaction l'était tout autant. Mais tu n'as pas le temps d'en dire plus que quelque chose te fonce brutalement dans le dos. Perdant l'équilibre, tu tombes littéralement dans les bras du blond. Heu... Oui ? Samael, tu n'as pas l'impression d'être un peu ridicule dans cette situation ? Non. Tu ne réfléchis pas en fait, regardant les trois ailerons s'éloigner tandis que les mains du jeune homme se referment sur toi. Tu es bien, ainsi contre lui... Minute. QUOI ? Non non, tu n'as pas une seule seconde pensé à cela. Pas une seule seconde ! Bouge bon sang ! Tu lèves les yeux, vos regards se croisent... Et tu recules brusquement, t'éloignant un peu de lui, mais pas suffisamment non plus. Tu lui demandes pardon pour ce qu'il vient de se passer, même si tu n'es pas réellement fautif. Le silence s'installe quelques instants entre vous. Tu n'es pas totalement à l'aise, parce que... Tu as été contre lui. Tu étais confortablement installé. Tu aurais presque envie de retourner t'y blottir. Non, rectification : tu as envie d'y retourner t'y blottir. N'importe quoi. Vraiment n'importe quoi. Ressaisis-toi bon sang !

Allez, tu fais un effort de volonté et lui proposes de sortir de l'eau avant que d'autres requins ne viennent vous tourner autour. Ce n'est pas parce que tu es à l'aise avec les animaux, parce que ceux-ci t'apprécient généralement, que tu peux prendre tous les risques. C'est plus prudent de regagner la rive. Mais pourtant, son regard qui vient s'attarder sur tes lèvres... C'est... Assez perturbant. Ces mêmes lèvres, tu les mordilles, détournant quelque peu le regard. C'est vraiment perturbant. Allez, n'y songe plus, soit de glace et sort de l'eau. Difficile à faire, parce que tu es tout sauf un cœur de glace. Il finit par enfin accepter ta proposition. Sortir. Oui, c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Tu le laisses gagner la rive en premier et sortir de l'eau, avant de l'imiter. Tu es... Trempé de la tête aux pieds. Tu entends déjà le profond soupir de ta chère et tendre. Incorrigible. Oui, tu le sais bien, mais que veut-elle ? Il te faut ces instants de détente, maintenant que ton rôle t'empêche de retourner traquer avec les Chasseurs. Tu t'es certes assagi, tu as perdu l'envie de tous les tuer, mais cela restait le meilleur moyen de dépenser toute ton énergie. Enfin bref. Tu retrouves la terre, regardant l'eau couler de tes vêtements et les gouttes éclater en atteignant le sol. Tu vas récupérer ta veste, tombée juste avant que tu n'atteignes l'eau, mais tu ne l'enfiles pas. Inutile de la tremper pour rien. Tu glisses plutôt une main dans tes cheveux sombres, les ordonnant quelque peu afin qu'ils ne vienne pas t'empêcher de bien voir ce qui t'entoure. Sa voix résonne, tu tournes alors ton regard vers lui tout en essayant d'essorer tes affaires. Passer à son appartement ? Heu... Est-il sûr de ce qu'il dit ? Est-ce une bonne idée de faire une telle proposition ? Quoique, vu l'état dans lequel vous êtes... Un timide sourire vient étirer tes lèvres, faisant écho au sien. Mauvaise idée.

-Je ne peux pas refuser, si je peux éviter les remarques habituelles d'Aaron et d'Adelina, ce sera avec un très grand plaisir.

Aaron, la nourrice impériale. Il n'a jamais perdu son surnom, celui-là. Mais il le prend mieux qu'autrefois. Il sait que tu l'apprécie à sa juste valeur, vous vous entendez à merveille, tu écoutes ses conseils avec grand soin. Et puis, comme c'est le cas depuis ton adolescence, il se permet encore ses habituelles petites moqueries sur ton comportement. Tu l'acceptes avec plaisir, puisqu'il est l'un des derniers à oser. Mais si tu peux y échapper au moins une fois, tu ne peux pas refuser. Même si le suivre jusque chez lui est plus qu'une mauvaise idée, tu as quand même accepté. Décidément, Samael, tu ne sais pas réagir comme il faut. Non, tu ne sais pas. Il ne faut que quelques maigres minutes pour que vous arriviez à son appartement, au huitième étage d'un immeuble. Aimerait-il être en hauteur ? Ce ne sont pas tes affaires voyons. Tu ne peux cependant pas t'empêcher d'observer l'appartement. Clair, propre, parfaitement bien rangé... Hé bien, il est plus organisé que toi. Tu souris quelque peu à cette pensée, on t'a parfois traité de maniaque mais, avant l'arrivée d'Adelina, tes affaires étaient toujours dans ton habituel bazar ordonné. Bref. Il te propose à boire mais tu déclines sa proposition en secouant négativement la tête. Non merci, tu es déjà assez trempé. Tu le laisses s'éclipser, pendant que tu observes l'appartement. C'est étonnamment sobre à tes yeux. C'est limite si tu n'as pas l'impression qu'il ne vit pas ici. Il a certes une suite au palais mais tout de même. C'est assez curieux. Enfin, tu te passeras de tout commentaire. Et tu aimerais éviter de mettre de l'eau partout, si possible. Tu remets une fois de plus tes cheveux sombres en ordre lorsqu'il revient, des vêtements dans les mains. Il pose ceux-ci sur la table basse et t'invite à aller te changer dans la salle de bain, te promettant de ne pas entrer. Un sourire amusé étire tes lèvres tandis que tu attrapes les vêtements.

-Merci beaucoup pour les affaires. Et oui, de préférence, évitez d'entrer. Je vous ai suffisamment troublé la dernière fois, inutile de recommencer. fais-tu, sur le ton de la plaisanterie.

Ce n'est qu'histoire de détendre les choses entre vous. Sur ces paroles, tu cherches la salle de bain et, une fois trouvée, tu t'y engouffres. C'est avec plaisir que tu retires tes affaires trempées, te retrouvant rapidement en sous-vêtements. Ouf, cela fait du bien. Tu en profites pour essorer un peu tes cheveux – pourquoi t'acharner à les garder mi-longs, hein ? – puis tu entreprends de te changer. Chemise, pantalon, chaussettes... Puis la veste. Un instant, tu hésites à enfiler la ceinture qu'il t'a prêtée mais finalement tu la laisses de côté. Vous faites à peu près la même taille, tu n'en auras donc pas l'utilité. Tu la lui rendras en sortant. Tu t'accordes quelques secondes devant le miroir, le temps de te recoiffer correctement. Décidément, quelle journée. Tu n'avais pas prévu de le revoir ainsi, tu n'avais pas pensé finir dans l'eau, avec lui, si proche, si... N'y songe pas, tu es casé, tu te dois d'être au maximum irréprochable. Tu te dois. Encore et toujours tes responsabilités. Tu secoues la tête, mains posées sur le rebord du lavabo, soupirant profondément. Mais qu'est-ce qui t'arrive, par tes ancêtres ? Pourquoi es-tu incapable de te tenir en sa présence ? Pourquoi ne peux-tu pas tout simplement le considérer comme n'importe quel garde ? Tu ne sais pas, tu n'y arrives tout simplement pas. Tu déglutis et manques de te gifler. Pourtant, cela pourrait t'aider à retrouver tes esprit mais tu t'en abstiens. Tu connais ta tendance à frapper trop fort et ressortir de la salle de bain avec une marque rouge sur une joue le pousserait à se poser bien des questions. Tu prends alors une dernière grande inspiration, mets plus ou moins correctement le col de ta chemise, puis sors enfin de sa salle de bain.

Tu t'avances vers lui, essayant de ne pas trop le regarder, et déposes sa ceinture sur la table basse. Voilà, c'est fait. Ce n'est pas si mal ? Ton regard vient croiser le sien quelques secondes, tandis qu'un léger sourire étire tes lèvres. En effet, niveau taille, c'est limite parfait. Mais pourquoi se rapproche-t-il ? Si tu permets ? Quoi donc ? Pas le temps de poser la moindre question que tu vois sa main se rapprocher. Dans un réflexe, tu amorces un mouvement de recul avant de stopper celui-ci. Tu n'as rien à craindre voyons, pourquoi réagir ainsi ? Pour rien. Détend-toi un peu. Sauf qu'il est trop proche et cela te met quelque peu mal à l'aise. Il ne fait pourtant que remettre correctement le col de ta chemise. S'il savait combien cela t'es égal, de ne pas être irréprochable niveau vestimentaire... Mais pourquoi ne recule-t-il pas ? Il doit bien avoir fini, non ? Te mordillant quelque peu la tête, tu tournes ton regard vers lui, faisant un effort pour le plonger dans le sien, d'azur. Ton souffle se fait court tandis que tu te sens perdre de plus en plus ton assurance. Qu'est-il en train de te faire ? Tu te sens tellement à l'aise, à le sentir si proche de toi. Tu aimerais qu'il franchisse le peu de distance qui vous sépare, glisser tes mains dans son dos, goûter à ses lèvre, le.... NON MAIS CELA NE VA PAS ??? Samael, bon sang, reprend-toi ! Pas de bêtise. C'est interdit, bon sang. Interdit ! Cela ne ferait que lui attirer des ennuis et c'est bien la dernière chose que tu souhaites. Pourtant il s'approche de plus en plus et tu ne parviens pas à reculer. Tu sais que tu devrais mais tu n'y parviens pas. Ton souffle se fait de plus en plus court, de plus en plus discret. Pourtant tu te sens tellement bien... Recule, ne le laisse pas faire cette bêtise ! Et pourtant, il finit par venir presser ses lèvres chaudes contre les tiennes. Non, non, il ne faut pas ! Tu te figes, ne sachant comme réagir. Le repousser, c'est la seule chose sensée à faire. Et pourtant, quand tu sens ses mains passer sur ta nuque, tu frissonnes de plaisir. Bon sang... Repousse-le ! Non, tu ne peux pas, parce qu'il approfondit le baiser. Tu sens tes défenses fondre avec ta volonté. Non, il ne faut pas, tu ne dois pas... Pourtant tes yeux se ferment alors qu'une de tes mains glisse dans son dos, l'autre sur sa nuque, le rapprochant de toi. Tu réponds à son baiser, d'une manière bien plus passionnée que tu n'aurais pu l'imaginer. C'est une erreur que vous êtes en train de faire, mais par tous les dieux de la Terre, qu'est-ce que l'interdit est délicieux... Quelques longues secondes, vous restez ainsi, l'un contre l'autre, échangeant un fougueux et passionné baiser. Tu ne veux plus le lâcher. Tu ne veux plus reculer. L'interdit est toujours tellement plus attirant, plus délicieux que ce qu'on t'autorises à faire. Et la chaleur de sa peau sous tes doigts, de ses lèvres contre les tiennes, son corps contre le tien... Pourquoi reculer alors que tu te sens totalement à l'aise ? Parce que c'est ce que te hurle ta raison. Tu te dois de l'écouter, même si c'est... À contre-cœur ? Il semblerait, parce que tu te sens réellement bien dans cette situation. Ce n'est pourtant qu'un baiser, mais à tes yeux c'est tellement plus. Si ce n'était qu'un simple baiser, tu ne te sentirais pas aussi bien... Heureusement, il semblerait qu'il ait un peu plus de volonté que toi puisqu'il se recule vivement. Tu ne le retiens pas, malgré ton envie. Ton souffle est saccadé, tu as un peu de mal à reprendre ta respiration. Tu n'oses même pas le regarder. Bon sang, qu'est-ce que vous venez de faire ? C'était... Par tes ancêtres... Il est... Désolé ? Oui, toi aussi, tout autant que tu ne l'es pas. Pourquoi passez-vous tous les deux ? Il y a des choses que vous ne pouvez vous permettre et là, c'est... Bon sang... Tu recules d'un pas, puis de deux.

-Je... Je suis désolé aussi. Je ne vais pas m'éterniser. À... Demain ?

Oui, à demain. Il n'a pas le choix, vous n'avez pas le choix. C'est demain que son sort sera décidé, que tu te devras de prononcer ta décision. Tu n'attends pas plus longtemps. Tu récupères tes affaires trempées puis quittes son appartement en vitesse. Tu ne peux pas t'éterniser. Il t'a embrassé. Il a fait une grosse erreur. Tu lui as répondu, donc tu es tout aussi en tord. Tu as cédé. Tandis que tu cours dans les rues de la capitale, ton cœur bat la chamade. Pourtant, ce n'est pas dû à ta course, non. Tu as encore la sensation de ses lèvres sur les tiennes, de son corps contre le tien, et c'est ce qui te trouble le plus.

~~~

-Mae, sérieux... C'est rare de te voir aussi troublé. Tu es sûr que tout va bien ?

Tu te mordilles la lèvre, sans regarder Aaron. Troublé, toi ? Non, juste hésitant. La décision sera donnée d'ici quelques minutes et il ne reste que le Général et Aaron avec toi. Les deux ont des avis contraires. D'après le général, tu ferais mieux de renvoyer le jeune Volkov. Surtout en voyant ton hésitation. Quand tu hésites, c'est qu'il y a anguille sous roche, il l'a bien compris. Mais c'est justement pour cette raison que ton professeur de combat pense que le blond devrait rester au palais. Tu n'accepteras jamais quelqu'un d'incapable de faire ses preuves face à toi. Hors, lui, il y est parvenu. Tout est si difficile, et tu ne leur a pas parlé de l'épisode d'hier, du baiser que vous avez échangé. Il ne faut pas qu'ils sachent. Mais qu'es-tu censé faire ? Il te trouble, il t'attire, mais tu sais que votre relation se doit de rester professionnelle. Si vous continuez à vous tourner autour, ce serait plus simple de mettre fin à son expérience ici. Et pourtant, tu n'as pas envie qu'il parte. Non pas par égoïsme, mais parce qu'il est réellement efficace et que tu sens qu'il est loin d'avoir montré toutes ses capacités. Il est professionnel et doué, sympathique et tes enfants l'adorent. Tu n'en demandais pas tant de la part de quelqu'un, très sincèrement, et tu doutes de retrouver quelqu'un ayant le même potentiel que lui. Quel dilemme.

-Monsieur, si vous hésitez, je vous déconseille de l'accueillir au palais.
-Je pense le contraire. Monsieur Lindon, vous savez aussi bien que moi que personne, pas même nous, ne sommes capables de suivre notre empereur lorsqu'il s'éclipse dans les rues. Ors, il y est parvenu. Plus encore, Samael n'accepte que les personnes qu'il apprécie. Vous le savez aussi bien que moi.
-Si c'est pour être troublé, je considère que ce n'est pas la peine de prolonger cette...
-Dites, tous deux. C'est mon choix au final, pas le votre, n'est-ce pas ?


Silence dans la salle. Tu les regardes alternativement, ils ne disent plus un mot. Bien, au moins, ils te laissent réfléchir. Tu as peut-être été un peu trop sec sur le coup, mais ils te tapent sur le système. Ils ignorent les raisons de ton hésitation, ils ignorent tous les dérapages qu'il y a eu. Il ne faut pas qu'ils sachent, mais en attendant tu as peur que ceux-ci pourrissent la relation que tu as avec le jeune Volkov. Tes mains glissent dans tes cheveux, tu tires dessus. Par tous les saints, qu'est-ce que c'est complexe que tout cela. Mais tu es vite arraché à tes pensées lorsqu'un serviteur entre, annonçant l'arrivée de ton invité. Tu retiens alors un soupir et te redresse, te recoiffant d'un simple geste de la main. Bon, c'est l'heure alors. Tu le regardes entrer, la tête haute, et tu fais un effort pour ne pas paraître troublé. Dire que, il y a moins de vingt-quatre heures, vous vous êtes embrassés... N'y pense plus. Ce n'est pas le moment. Choix difficile à faire, parce que cette fois, tu ne penses pas qu'au côté professionnel. Non, le côté humain t'inquiète aussi. Tu ne veux pas prendre une décision qui puisse le mettre mal à l'aise. Un profond soupir se fait entendre juste à côté de toi et tu jettes un regard noir au responsable. Aaron, évidemment. Celui-ci éclate aussitôt de rire. Pas besoin de mots pour faire passer un message.

-Très bien, très bien Mae. Lindon, je crois que ça va devenir un entretient privé et nous ne sommes pas conviés. Un entraînement, ça vous dit ?

Un sourire amusé étire tes lèvres tandis que tu vois ton ancien professeur pousser le Général hors de la pièce. Ah la la. Heureusement qu'il est là, lui. Bref, vous vous retrouvez bien vite seuls, l'un et l'autre. Comme hier, comme à son appartement. Non, on a dit, ne pas y penser. De toute manière, tu restes à distance. Il ne faut pas que vous vous approchiez l'un de l'autre. Il faut éviter tout contact physique, à tous prix. Plus facile à dire qu'à faire... Enfin, tu te forces à ne pas bouger. Allez, il attend ta décision. Oui mais... Tu te refuses à être le seul à faire ce choix, ici. Ton amour pour les tiens te jouera un jour des tours, jeune homme.

-C'est mieux en privé. Ils sont incapables de se mettre d'accord, c'est infernal de les entendre se battre à coups d'arguments. Mais pour en revenir à la raison de votre présence ici... Avant de vous donner ma réponse, j'aurais une question à vous poser. Est-ce que, vous, vous souhaitez rester ?

La question que tu te poses depuis hier. Ce serait parfaitement compréhensible qu'il souhaite partir. Ce serait même plus que logique. S'il te répond non, tu le laisseras partir. S'il répond oui, cela pourrait t'encourager dans ta décision. Alors tu attends qu'il te réponde. En silence, tu patientes, faisant ton possible pour ne pas te mordiller la lèvre. Ne pas paraître nerveux, rester impassible. Aujourd'hui, tu es l'empereur, tu n'as plus le droit à la moindre faille dans ton attitude. C'est au bout de quelques instants de silence qu'il finit par te répondre. « Quelle importance, ce n'est pas ce qui compte. » dit-il. Cette fois, tu te mordilles la lèvre fronçant quelque peu les sourcils. Il ne t'aide absolument pas, là. Faut-il que tu t'y prennes autrement ? Oui, apparemment. Il faut que tu sois plus clair dans tes propos, que tu lui fasses comprendre que tu ne veux pas prendre une décision qui ne ferait que le mettre dans l'embarras.

-Si je vous pose la question, c'est parce que je ne tiens pas à ce que ma décision vous offense ou vous mette mal à l'aise. Alors, s'il vous plaît, répondez-moi sincèrement.

C'est de son avenir que vous êtes en train de parler. S'il reste pour être mal à l'aise, c'est plus qu'inutile. Toi, tu souhaites qu'il reste pour des raisons purement professionnelles, mais aussi parce que, malgré tout ce qu'il a bien pu se passer, tu t'es attaché à lui. Tu as appris à l'apprécier, avec son caractère, ses hésitations, ses... Heu... Ne pas aller trop loin. Ne pas le presser non plus. Du calme et de la patience. Il faut qu'il te réponde sincèrement, même si tu doutes qu'il le fasse. Tu as encore du mal à le cerner. Mais tu ne dis rien. Une fois de plus, c'est la patience qui prime. Tu attends, jusqu'à ce qu'un oui franchisse ses lèvres. Oui, il souhaite rester. Un timide sourire fait alors son apparition sur tes lèvres. Il souhaite rester. Tu sais pas ce qu'il en pense vraiment mais, puisqu'il vient de te donner une réponse positive... Tu te lèves enfin et lui tends un passe définitif, pour déambuler dans le palais. Avec l'insigne qui correspond à son rang, même s'il n'est pas obligé de la porter, ce n'est qu'histoire d'être officiel.

-Dans ce cas, officiellement, bienvenue au palais. Il faudrait que vous passiez voir le Général et le responsable de la sécurité du palais pour régler deux-trois détails administratifs et les derniers détails techniques. Je m'occupe du reste. Sur ce... Bienvenue, Lyokha Volkov.

Ton sourire se fait encourageant alors que tu prends bien soin de ne pas le toucher. Officiellement, il est accepté au palais. Tu entends déjà Aaron rire et ton général désespérer, mais qu'importe. Tu as fait ton choix, il t'y a encouragé, même s'il ne le pensait pas. Alors maintenant que c'est officiel... Il vous faudra faire davantage attention à votre attitude, surtout l'un envers l'autre.

~~~

BOUM. Tu regardes Aaron tomber lourdement au sol après que tu lui ais fait perdre l'équilibre. Ton épée vient se positionner sur sa gorge, le menaçant directement. Vous restez dans cette position plusieurs secondes durant, soufflant bruyamment, reprenant votre souffle avec difficultés. Voilà près de deux heures que vous vous entraînez non stop, enchaînant les techniques à l'épée, de boxe, au couteau et tout ce qui vous passe par la tête. Ces instants où vous vous entraînez ne sont plus aussi sécurisés qu'avant. Vous utilisés de vraies armes, vous y allez fort même si tu continues à retenir tes coups et tes techniques. L'un comme l'autre, vous êtes torse-nus et tu sens quelques bleus fleurir sur ta peau déjà malmenée par les années. Tant pis, ce n'est pas comme si tu n'avais pas l'habitude. Et puis, ton cher professeur est dans un état rigoureusement similaire, voir légèrement pire. Après vous être jaugé du regard, tu finis par te reculer en riant, lui tendant plutôt ta main libre afin de l'aider à se relever.

-L'élève a depuis longtemps dépassé le maître. Je me demande bien ce que ça donnerait, si tu venais à enfin donner ton maximum en combat.
-Crois-moi, demi-loup, il vaut mieux l'ignorer.
souris-tu.

Demi-loup. Ce n'est plus une insulte à tes yeux, puisque c'est ainsi que tu appelles régulièrement Aaron et que tu appelais Andrew, avant. Tu l'aides à se relever et tu le regardes déclarer forfait d'un simple geste de la main. Dire que c'est lui qui te pousse toujours à t'entraîner et qu'il abandonne le premier. Ah la la. Sur ce, tu vas plutôt boire un coup. C'est bien de faire de l'exercice, mais il vaut mieux éviter de te déshydrater. Tu n'as pas l'impression de te donner en spectacle un peu, ainsi peu vêtu ? Non. Tu n'en as pas grand chose à faire, et personne ne se risque à te demander l'origine de tes cicatrices. Soudain, tu entends Aaron éclater de rire, ce qui te fait te retourner vivement vers lui. Oh, par tous les saints, qu'est-ce qu'il est en train de faire avec le jeune Volkov ?

-Allez le garde, on se bouge les fesses et on aide l'empereur à garder la forme. Dans l'arène, et plus vite que ça ! Inutile de résister !

Tu te ferais volontiers un facepalm tellement tu désespères. Et après on se demande pourquoi tu aimes toujours jouer comme un gamin. Mais parce que ton professeur en est un. Il est littéralement en train de déshabiller le blond pour que ce dernier se retrouve torse-nu, puis le balance dans l'arène sans la moindre douceur. Outch, tu n'aimerais pas être à sa place, sincèrement. Sur ce, ce cher demi-loup s'en va en riant un peu trop fort. Il est ridicule, mais tu l'apprécies tel qu'il est. Pour une fois qu'il ne te crie pas dessus pour que tu fasses tes exercices, tu ne vas pas te plaindre. Tu t'approches alors du blond, jeté sur ton terrain sans avoir eu son mot à dire, lui tendant une de tes épées. Tant qu'à faire...

-Allez, un peu d'exercice ne fera pas de mal. Et s'il apprend que j'ai échappé à un entraînement, il est capable d'en provoquer un au pire moment de la journée.

Tu lui souris, sans aucune arrière pensée. Les anciens dérapages sont loin pour le moment, tu es à fond dans ton entraînement, tous tes sens sont en alerte. Tu veux te battre. Tu veux t'entraîner. Tu veux retrouver la sensation que procure l'adrénaline lorsqu'elle court dans tes veines. Tu as besoin de bouger, d'attaquer, de parer des attaques. Tu as besoin de bouger, de dépenser ton habituel trop plein d'énergie. Alors quand il est prêt, tu attaques, sans lui faire de cadeaux. Tu n'y vas tout de même pas trop fort, parce que si, toi, tu es déjà parfaitement échauffé, lui ne fait que commencer. Il pare chacun de tes coups. Pas mal, mais tu n'attaques pas encore réellement. Qu'il continue à bloquer chacun de tes mouvements si cela l'amuse. Ton but actuel ? Le déstabiliser, le mettre au sol. Il faut quand même que tu fasses attention aux mouvements de ton épée, tu n'es pas là pour l'embrocher. Tu essayes de le faire tomber, une fois, deux fois. Raté, il parvient à parer tes tentatives. Hum, pas mal. A-t-il compris une partie de tes techniques en te regardant te battre contre le brun ? Possible, dans ce cas, il va falloir feinter. Très bien, dans ce cas... Tu resserres ta prise sur ton épée et entreprends de frapper sans le moindre cadeau. Comme prévu, il pare ton attaque mais, pendant que tu attaquais en haut, tu t'es rapproché. Donc au moment où vos épées s'entrechoquent, tu te baisses brusquement et lui fait un magnifique croche-pied. Et VLAN, le voilà au sol. Tu viens alors t'installer au-dessus de lui, lui bloquant les mains au sol pour l'empêcher de se dégager. Ton souffle est court, saccadé. Il est là, si proche, tu sens son souffle sur ton visage alors que tu plonges ton regard dans le sien. C'est... Limite enivrant. Mais tu fais un effort pour ne pas paraître troublé ou quoi que ce soit.

-Perdu. Attention aux feintes. Allez, debout, on reprend.

Tu le relâches et te relèves rapidement. Pas le temps de te faire un coup en traître, tu es déjà en position défensive. Qu'il s'approche, tu le recevras comme il convient. Tu ne comptes pas te laisser troubler par quoi que ce soit. Pas même par lui. Pas pendant un entraînement, pas... Même si la vue qu'il t'offre est magnifique. Son corps bien sculpté, ses cheveux blonds en bataille, sa peau précédemment contre la tienne... Non, ne pas te laisser distraire. Hors de question. Et pourtant... Ce jeune homme t'attire, plus qu'il ne le devrait, plus que tu ne le voudrais. Plus que tu ne pourrais jamais l'avouer.

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Ven 23 Mai - 13:09

« Ce n'est pas le cas ? Je croyais. » Tu ne peux t'empêcher de rire, une fois de plus. C'est déjà rare de te voir rire quand tu es en service, mais alors rire, ça relève du miracle. Enfin, aurais-tu déjà oublié que tu n'es pas en service pour le coup ? Apparemment. C'est certainement sa présence qui fait cela. L'impression de devoir le protéger, même si tu n'es pas censé travailler aujourd'hui. Vieux avant l'âge... Tu l'es un peu, d'un côté. Tu n'as que vingt-six ans, et tu es déjà enchaîné à mille responsabilités que le métier de gardien fait peser sur tes épaules. Dans une autre vie, tu aurais profité de ta liberté, tu ne te serais pas enchaîné aussi tôt à cette vie de contraintes et de surveillance... Car quoique tu en dises, tu n'as pas choisi. Tu n'as pas eu le choix. Mais ça, tu te gardes bien de le dire à quiconque. Personne n'a besoin de savoir pourquoi tu fais ce métier. Personne n'a besoin de comprendre ce qui te motive dans ton quotidien, ce qui fait que tu es si performant. Personne n'a besoin de savoir qui tu es réellement. Pas même lui. Tu l'observes longuement, te demandant au passage ce qu'il dirait, s'il savait. Pourquoi tu es garde si jeune, pourquoi ceci, pourquoi cela... Voudrait-il encore de toi pour veiller sur sa famille ? Tu en doutes grandement. Personne n'aime les gens comme toi, Lyokha. Et le pire, c'est que tu ne peux blâmer personne à part toi-même. Enfin, on t'a donné l'occasion de recommencer à zéro, alors cesse de revenir sur le passé, cesse de penser à tout ce que tu aurais dû faire, et ce que tu n'as pas fait. Un soupir t'échappe. Tu n'as pas peur qu'il découvre la vérité non. Tu sais que ça finira bien par arriver. Mais tu aimerais l'éviter tant que possible. Car tu as peur de ce qui pourrait advenir de toi, si c'était le cas. Aller, arrête donc de te torturer avec tout ça. De toute façon, tu n'as le temps d'y songer plus longtemps que quelque chose – quelqu'un – te saisit la cheville, t'entraînant par le fond. Héé ! Tu aimerais protester, mais tu te retrouves sous l'eau sans pouvoir réagir immédiatement. Il est sérieux ? Tu sors la tête de l'eau rapidement, riant aux éclats. Pour une surprise, c'en est une. Et dire qu'il t'arrose. Non mais quel comportement de... Gamin. Comportement que tu adoptes comme lui, lui projetant de l'eau au visage à ton tour. Et s'en suit une merveilleuse bataille d'eau, à vrai dire. S'éclabousser, couler l'autre... Vous avez l'air de tout sauf d'un garde et d'un empereur. Plutôt de jeunes gens qui s'amusent dans le lac, sans se douter des conséquences, sans s'inquiéter du regard presque désespéré de certains passant. Il est bien rare que tu te laisses aller ainsi, que tu te détendes. Jamais tu n'avais osé avec un 'contrat', mais pour le coup, c'est plutôt plaisant. Parce que vous êtes dans le même délire, parce que au final, vous avez le même âge, et un peu le même caractère. Vous ne demandez qu'à vous lâcher un peu, et vos responsabilités respectives vous en empêchent les trois quart du temps. Alors oui, tu te sens bien. Oui, tu souris. Oui, tu donnes l'impression de ressentir quelque chose, pour une fois. De la joie, un peu d'euphorie. De l'amusement. Tu as l'impression d'être de retour des années en arrière, quand tout était tellement plus simple. « Vous devriez avoir honte de ne pas être navré. » Tu ris un peu à nouveau. Lui non plus n'est pas navré, et il n'ira pas te faire croire le contraire, mais alors pas du tout. Tu ne regrettes rien de ce qui vient de se passer, lui non plus.

Les choses se calment progressivement. Tu sens bien qu'il a quelque chose à te demander, ou du moins à dire, mais quoi. Tu n'attends pas de grandes explications, rien qu'un mot suffirait à apaiser cette inquiétude grandissante. Tu crois savoir de quoi il s'agit. C'est tellement logique à vrai dire. Veut-il parler de vos précédents... Dérapages ? C'est la première chose qui te vient à l'esprit. Reste à savoir pourquoi est-ce qu'il veut en parler. Tu ne caches pas que tu aurais préférer éviter le sujet, étant donné que ça te met plutôt mal à l'aise... mais il faut bien crever l'abcès à un moment où à un autre, et autant le faire quand tout est calme autour de vous, et que vous pouvez prendre le temps de parler. Et puis, quelle que soit sa décision demain... S'il décidait de te garder, autant que vous repartiez sur de bonnes bases aussi tôt que possible. Alors en parler est nécessaire, tu ne dis pas le contraire. Même si ses mots te perturbent un peu, même si tu taquines nerveusement du bout des doigts une de ces traces de morsure dans ton cou... Tu ne peux t'empêcher de sourire un peu, même si tu n'aimes pas le fait qu'il porte toute la faute. Non, c'est toi, tu as réagi excessivement, vraiment. Restant léger dans ton humeur, tu lui réponds alors. Non, pas la première fois en effet. Même si tu te garderas bien de lui dire que c'était avec un vampire et que tu n'avais que dix-sept ans. Oui, non, on se passera de détails, hein. Tu souris, un peu confus, mais aussi amusé. Qu'est-ce que tu as pu faire comme connerie plus jeune, vraiment... Tu soupires un peu, désespéré par toi-même. « Ne cherchez pas à porter le blâme, c'est ma faute, j'en suis pleinement conscient. Et je suis sincèrement navré de vous avoir mis mal à l'aise, croyez-moi... » A ton tour, tu secoues la tête. Non, ce n'est pas entièrement de sa faute... Tu t'es montré virulent, tu as réagi bizarrement. Et pourtant, ton boulot t'impose d'être impassible quelle que soit la situation. Tu n'es pas censé de plaindre ou dire non aux caprices de ton employeur, même si tu as ta fierté, et que contrairement à d'autres gardiens, tu sais poser des limites. Tu considères quand même que ta réaction était excessive, qu'il soit d'accord ou non. « Alors on dira cinquante-cinquante, ça vous va ? » Un timide sourire étire tes lèvres, sincère. S'il tient à être aussi fautif que toi, cinquante-cinquante te paraît être un bon deal. Enfin, vous n'avez pas plus le temps de vous étendre sur le sujet qu'il te tombe dans les bras. Un peu pris de court, ta réaction est immédiate et incontrôlable, un réflexe qui te dit de bouger à cet instant. Tu l'attrapes, tu lui évites de se ramasser lamentablement, même si dans l'eau il ne devrait pas se faire mal, très honnêtement. Mais c'est plus fort que toi, tes bras se referment sur lui un instant, assurant sa stabilité. Il lève ses yeux, tu croises son regard un instant, mais ce court laps de temps suffit pour que tu en aies le souffle coupé. C'est comme ça avec lui, et tu ne comprends pas pourquoi, il te trouble, il t'attire, il te... Fait réagir si différemment. Si bien que tu ne te reconnais plus par moments, c'est... Tellement étrange. Tellement inhabituel pour toi. À chaque seconde passée près de lui, tu as plus envie de l'étreindre, de l'embrasser, encore. De reproduire cette même erreur que dans le placard l'autre jour, même si tu lui as dit de ne pas recommencer. Tu aimerais qu'il recommence. Et pourquoi pas maintenant. Mais non, il se recule vivement et c'est tant mieux. Il coupe court à toute tentative, à n'importe quelle bêtise qui aurait pu te passer par l'esprit. Non mais tu t'entends penser ? Est-ce que tu te rends compte que tu fantasmes sur lui par moment ? Ça t'effraye. Non, pire, ça te terrorise. Car ce n'est pas bon, c'est malsain, c'est interdit, c'est... Dangereusement attirant. Mais tu ne peux te permettre ne serait-ce que d'y songer. C'est mal, tu entends ? Tu comprends ? Difficilement, mais oui. Tu dois te rendre à l'évidence. Votre relation est et restera strictement professionnelle, pour le bien de tous.

Sortir de l'eau n'est pas une mauvaise idée, loin de là, et il n'a pas besoin de t'en convaincre. Tu sors du lac, te hissant sur la rive, et il en fait autant. Vous êtes... Dans un pitoyable état, en effet. Entre la peinture, l'eau du lac... Tu ne peux t'empêcher de sourire, récupérant ta veste tandis qu'il en fait autant. Rentrer ainsi au palais n'est peut-être pas une bonne idée. Enfin, toi, tu n'es pas censé y aller aujourd'hui mais lui... Tu hésites un court instant. Tu as bien une proposition mais... Est-ce réellement une bonne chose ? Tu en doutes. Tu as peur. Peur de ce qui pourrait se passer. Roh, cesse-donc de te faire des nœuds au cerveau pour rien, ce qui s'est passé jusque là, ce n'était qu'une succession de petites erreurs, un peu de jeu pour tester les limites de l'autre, rien de plus. Et puis, là, il n'y a aucune arrière pensée derrière cette proposition. Tu fais juste ça pour l'aider, parce que c'est dans ta nature de te montrer altruiste, et que tu ne peux décemment pas le laisser filer dans cet état sachant que c'est de ta faute. Oui, tu aurais dû empêcher les gamins de vous faire un tour avec de la peinture. Tu n'aurais pas dû l'entraîner dans l'eau. C'est de ta faute tout ça, et cette fois, il ne peut dire le contraire, peu importe si cela ressemble à un mauvais concours de circonstances. « Je ne peux pas refuser, si je peux éviter les remarques habituelles d'Aaron et d'Adelina, ce sera avec un très grand plaisir. » L'idée qu'il te fasse un minimum confiance renforce un peu ton sourire. Tu ne demandes pas à ce qu'il te suive aveuglément, mais c'est un bon début à tes yeux. Alors sans plus attendre, tu l'entraînes dans les rues et ruelles de Spes, vers un quartier plutôt tranquille, mais aussi dynamique de la ville. C'est ici que tu résides, huitième étage. Vous entrez assez rapidement, et tu te fais la remarque qu'il est rare que tu laisses des inconnus entrer dans ton appartement. Enfin, inconnu... Pour le coup, ce n'en est plus vraiment un. Mais c'est étrange. Tu laisses ton employeur entrer dans un espace qui relève normalement de la vie privée... C'est contraire à tous les principes des gardes, mais ils te passent bien par-dessus la tête ceux-là. Tu fais ce que tu veux. Et de toute façon, que pourrait-il découvrir, tout est parfaitement bien rangé. Tu n'es pas vraiment matérialiste, depuis que tu as tout perdu. Seuls quelques objets comptent énormément pour toi, et ils tiennent dans une boîte à souvenir, c'est pour dire. Boîte précieusement cachée dans un mur de cet appartement, en réalité. Tout est trop bien rangé de toute façon pour qu'il tombe sur quoi que ce soit. Si bien ranger qu'on pourrait même croire que personne ne vit ici... Juste un endroit, pour transiter. Ce n'est pas le cas, tu vis bel et bien ici. Tu es juste incroyablement maniaque parfois. Sale manie de l'orphelinat il faut croire. Bref, tu t'éclipses un instant, allant lui chercher quelques affaires sèches. Tu es tout aussi rapidement de retour, déposant le tout sur une table, lui faisant au passage la promesse de ne pas entrer, cette fois. « Merci beaucoup pour les affaires. Et oui, de préférence, évitez d'entrer. Je vous ai suffisamment troublé la dernière fois, inutile de recommencer. » Tu souris, car tu comprends ce qu'il veut faire. Il cherche juste à détendre l'atmosphère, à remettre les choses à plat. C'est noble de sa part, mais tu as encore du mal. Parce que tes pensées ne sont pas vraiment les mêmes désormais. Et que tu sais très bien que s'il t'y invitait, tu l'accompagnerais avec plaisir dans la salle de bain. Minute, quoi ? Non non, rien du tout. C'est ça oui.

Un soupir t'échappe, quelques minutes s'égrainent à l'horloge et tu entends un petit clac qui t'indique qu'il vient d'ouvrir la porte. Tu te tournes vers lui, l'observant de la tête au pied. Une chance que vous fassiez sensiblement la même taille, franchement. Tu souris doucement, et tu t'approches de lui. Il n'y a qu'un léger détail que tu voudrais... Oui, en effet, le col de sa chemise n'est pas très bien mis. Et après, qu'il s'en aille, tu ne peux pas... Tss. Comme toujours, tu n'écoutes pas ce que ton instinct de gardien te dit, non. Tout ce que tu écoutes, c'est ce que ce palpitant qui bat trop fort te dicte de faire. Tu tentes de rester calme, mais tu as malgré tout l'impression que ton cœur bat trop fort, et qu'il peut l'entendre, comme toi tu entends le sang battre dans ta tête. C'en serait presque douloureux. Alors tu essayes d'ignorer les tambours, de juste te concentrer sur lui. C'est bien, mais tu peux reculer à présent. Il n'a plus besoin de toi. Sauf que tu t'en trouves incapable. Tu demeures ainsi figé, ton regard plongé dans le sien. Incapable de réagir. De raisonner correctement. Tu as cette pointe au creux de ta poitrine. Cette sensation presque douloureuse. Et c'est d'autant plus douloureux de comprendre à quel point il cherche à fuir du regard. À fuir tout court. Tu l'as bien remarquée, cette légère hésitation quand tu t'es rapproché. Et ça te terrorise, oui. Ça te fait peur. Toi, celui que l'on dit sans peur, toi, l'imperturbable. Il te trouble. Il t'inquiète. Tu as peur de mal interpréter les événements avec lui. Tout autant que tu as peur de comprendre une vérité que tu n'es pas prêt à voir. Allez, arrête donc les frais, recule. Mais tu t'en trouves incapable. Tout aussi incapable que lui de prendre la bonne décision pour vous deux. Il semblerait que la suite est inévitable – à tes yeux du moins. Avancer, ne jamais reculer. Au risque de foncer dans le mur, et c'est bien ce que tu fais. Tant pis. Tes lèvres trouvent les siennes. Tu as l'impression de te brûler, un court instant. Une brûlure qui en serait presque douloureuse, et pourtant, tu n'as pas envie de le relâcher là, maintenant. Tu l'embrasses. Tu embrasses un homme, cet homme. Ton employeur. Ton empereur. Et un jeune homme de ton âge, un bel homme qui t'attire plus que tu ne devrais l'admettre. Tu hésites un court instant à te reculer, vu qu'il se montre peu réceptif à ce contact que tu sembles lui imposer. Mais il finit par répondre à tes avances, et toute ta volonté se dissipe, alors que tes mains glissent sur sa peau, parcourent sa nuque et que tes lèvres, avides des siennes, goûtent au plus fameux poison du monde. Tu t'étonnes d'être ainsi doux. Ainsi passionné et tantôt fougueux. Tu t'étonnes d'y prendre tant de plaisir, alors que cela va à l'encontre de tous les principes des gardes. Sentir une main dans ton dos te surprend, mais tu te détends un peu tandis qu'une seconde se place sur ta nuque, faisant remonter en toi une vague de chaleur, puis de froid qui te déstabilise un peu. Ce n'est pas normal, tout ce que tu ressens, ce n'est pas... Normal. Tu essayes de t'en convaincre, mais plus tu te perds dans ce baiser, plus tu te dis que cet instant est précieux, si précieux que tu ne pourras te défaire de sitôt du goût de ses lèvres, de leur chaleur contre les tiennes, du bout de ses doigts contre ta peau. Tu apprécies tant ce moment... Que le retour à la réalité est bien brutal. Et c'est pourquoi tu t'arraches vivement à cette étreinte, un regard horrifié se perdant dans le vide. Que viens-tu de faire. Que viens-tu de faire bon sang ? Comme une douleur en étau se resserre autour de ton cœur. Tu es là, peinant à recouvrir ta respiration, évitant soigneusement. Non, tu n'as pas fait ce que tu... C'est comme si tu réalisais à peine. Tu te mords violemment la langue. Il recule, tu resserres tes doigts sur le dossier de la chaise dans ton dos. Il doit partir. Et vous en êtes à un stade où ce n'est plus une option. « Je... Je suis désolé aussi. Je ne vais pas m'éterniser. À... Demain ? » Tu hoches difficilement la tête, alors qu'il disparaît. Qu'as-tu fait Lyokha... Tu retiens un grognement de rage, malmenant un peu la chaise avant de juste t'en éloigner, glissant tes doigts dans tes cheveux pour tirer dessus. Qu'as-tu fait.

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Tu es là, au milieu de cette pièce. Et pour la première fois depuis bien longtemps dans ta vie, tu n'as qu'une envie, c'est de t'enfuir en courant sans jamais te retourner. Pourtant, tu gardes la tête haute, les yeux rivés sur sa personne, tu ne cilles pas. Tu ne peux pas te permettre de montrer un quelconque signe de faiblesse, même s'il compte te virer, même s'il compte te garder... Tu n'es plus le jeune homme de vingt-six ans. Tu es le gardien, point. Aaron et le Général disparaissent rapidement de la pièce, te laissant seul avec le jeune Tudor. Tu tentes de rester un passible, de jouer le gars qui n'a rien à se reprocher. Mais tu n'arrives pas à oublier l'épisode de la veille. Pour dire ; tu n'en as pas dormi. Tu t'es noyé dans quelques bouquins avant de tomber de fatigue, mais même cela n'a pas suffi à te le faire oublier. Lui. L'empereur. « C'est mieux en privé. Ils sont incapables de se mettre d'accord, c'est infernal de les entendre se battre à coups d'arguments. Mais pour en revenir à la raison de votre présence ici... Avant de vous donner ma réponse, j'aurais une question à vous poser. Est-ce que, vous, vous souhaitez rester ? » Tu déglutis un peu plus difficilement que d'ordinaire, plissant involontairement les sourcils. Est-ce qu'il serait en train de te demander ton avis ? Tu te mords un peu l'intérieur des joues, réfléchissant. Est-ce que tu veux rester... Tu n'as pas à répondre à cette question. On s'en fiche de ton avis. On s'en fiche de ce que toi, tu veux, de ce que toi, tu penses. Ce n'est pas toi, le cœur de la chose. Ton instinct de gardien te menace pour que tu dises oui. Parce que tu es un grand chanceux, parce que personne ne dirait non, à ta place. Mais ton côté humain te dit non. Qu'importe combien tu souhaites rester, tu as peur de ce qui va se passer, si tu dis oui. Le jeune homme de vingt-six ans s'en inquiète. Les rumeurs ne sont pas bonnes, elles gangrènent un système. Vous êtes incapables de vous tenir, tu es incapable de te montrer responsable et mesuré. Dire oui serait de la pure folie, alors tu contournes la question comme tu le peux, essayant de limiter les dégâts. Quelques mots t'échappent, tu lui fais comprendre que toi, ça t'importe peu. Du moins, c'est ainsi que c'est censé être. Il ne se passe pas une seconde sans que tu ne repenses à ce fameux baiser. Ses lèvres contres les tiennes. Son corps contre le tien. La chaleur de sa peau, la douceur de sa voix. Mais ! Tu as littéralement... Craqué pour lui, il faut croire. Mais ce n'est qu'une passade, pas vrai ? Tu l'espères secrètement. Mais il faut croire qu'il t'a brûlé, au plus profond de ton être, sans que tu n'aies ton mot à dire.

« Si je vous pose la question, c'est parce que je ne tiens pas à ce que ma décision vous offense ou vous mette mal à l'aise. Alors, s'il vous plaît, répondez-moi sincèrement. » Une nouvelle fois, l'hésitation borde tes lèvres. Parce que tu as peur de faire le mauvais choix. Pas pour toi non, toi, tu es déjà un cas perdu depuis longtemps. Mais pour lui. Sur ce que ta présence ici pourrait changer. Deux semaines que vous vous connaissez, vous vous êtes déjà vus nus, vous vous êtes embrassés à deux reprises... Honnêtement, tu as peur de ce que cela va donner sur le long terme. Peut-être que si tu restes, c'est lui qui finira par ouvrir les yeux. Peut-être qu'un jour ou l'autre, il te virera ; et c'est tout ce que tu mérites. Tu en as déjà trop fait, tu en as conscience. Et pourtant, tu n'as pas envie de partir... Parce que malgré tout, en deux semaines, tu t'es attaché à lui. À ses enfants, à Madame Tudor. Tu t'es attaché à la vie de palais qui est – il faut l'admettre – prenante. Pour toute ces raisons, tu es tenté de dire oui. Mais une part de toi demeure inquiète, tu n'y peux rien. Un bref soupir t'échappe, en même temps qu'un oui suffisamment clair pour qu'il l'entende. Il veut une réponse ? Alors oui. Oui, tu veux rester. Oui, tu veux être au service de sa famille – et à son service à lui, même si ça, tu n'es pas capable de te l'avouer à toi-même. Un léger sourire se dessine sur tes lèvres, faisant écho au sien. C'est dingue. Tu as presque la sensation que tu viens de signer un pacte avec le diable. Pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Tu t'efforces de rester droit et fier, comme toujours, même si tu as une soudaine sensation de faiblesse dans chaque partie de ton corps. Comme si on venait de déposer un poids trop lourd sur tes épaules, allégorie de multiples responsabilités que tu viens d'accepter. Il se lève, s'approche un peu de toi, tu le regardes s'avancer en silence. Tu ne t'en rends peut-être pas compte, mais ton regard est lourd de sens. Car tu n'arrives plus à le voir comme l'empereur. Comme ton employeur ce qui se reflète dans tes prunelles, c'est l'image de l'homme que tu as embrassé hier après-midi. Rah, mais arrête donc d'y penser ! C'est trop dur. C'est la seule image qui te vient à l'esprit. Tous tes sens sont engourdis, par sa simple présence. Le souvenir de son parfum. De la chaleur de sa peau. De la beauté de ses traits. Du son de sa voix. Du goût de ses lèvres. Il n'y est rien qui ne te rappelle pas sa personne, entre ces murs. D'autant plus quand il est devant toi, si proche et si distant à la fois. Il te tend quelque chose et tu reviens rapidement à toi, attrapant l'insigne et le passe sans même te rendre compte de ce dont-il s'agit. Tu es toujours troublé, même si tu le caches parfaitement bien, tu as quelques courts moments d'absence depuis hier soir. Et le fait qu'il soit là n'arrange rien à cela, tu dois bien le dire. « Dans ce cas, officiellement, bienvenue au palais. Il faudrait que vous passiez voir le Général et le responsable de la sécurité du palais pour régler deux-trois détails administratifs et les derniers détails techniques. Je m'occupe du reste. Sur ce... Bienvenue, Lyokha Volkov. » Tu hoches un peu la tête, ton sourire s'élargissant légèrement. Aller voir pour de l'administratif ? Bien entendu, tu y vas de ce pas. Tu es fier d'avoir réussi, mais aussi soudainement apeuré. Car tu es comme n'importe quel homme ; tu ne sais pas de quoi sera fait demain. Et ce n'est pas l'idée de devoir le protéger qui t'effraie, non. C'est l'idée de devoir te protéger de lui. De ses regards, de ses mots, des idées que tu peux bien te faire. Tu hésites un court instant, mais quelques mots t'échappent malgré tout. « Merci Monsieur. Pour tout. » Et sur ce, après une légère révérence, tu te retires, quittant la salle sans plus de cérémonie. Le début d'une nouvelle vie, c'est ce que l'on dit. Et pas n'importe laquelle.

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« Allez le garde, on se bouge les fesses et on aide l'empereur à garder la forme. Dans l'arène, et plus vite que ça ! Inutile de résister ! » Tu arques un sourcil, voyant Aaron s'approcher de toi. Quoi ? Dans l'arène ? Tout ça parce que monsieur est essoufflé ? Tu te gardes bien de lui en faire la remarque, riant un peu tandis qu'il essaye de te déshabiller. Et dire que tu étais juste venu pour t'entraîner un peu de ton côté, profiter que toute la famille soit au palais pour venir frapper dans un sac... Il faut croire que tu n'es pas venu ici pour rien, au moins. Et au moins, tu vas te bouger un peu, parce que ça fait bien une heure que tu es censé t'entraîner, et une heure que tu les regardes se battre, évaluant les stratégies de l'un et de l'autre. Incorrigible oui. Bref, on t'enlève ton sweat, mais tu lui facilites la tâche en enlevant de toi-même ton tee-shirt. Non mais franchement, c'est... Ridicule. Héé ! Mais le voilà qui te balance dans l'arène. Tss. Ça va que tu as de bons réflexes, sinon, tu te serais étalé comme une... Enfin, on aura compris, sur le sol. Tu te redresses, récupérant un peu ton équilibre pour faire face au jeune Tudor. Torse-nu. À nouveau, tu te bénis d'avoir camouflé ta peau, il est rare que tu le fasses intégralement, mais avec lui, il semble que cela soit une nécessité. Il te tend une épée, tu le gratifies d'un petit sourire en l'attrapant. À l'épée hein... C'est courant avec lui, ça aussi. Tu n'as encore jamais eu l'occasion de te battre à mains nues avec lui. Dommage, tu es tellement plus performant sans une épée que tu juges comme encombrante. Tu préfères de loin ne rien avoir dans les mains, ou à la rigueur, un poignard. Les épées, ce n'est pas vraiment ta spécialité non. Tu te débrouilles parce que tu n'as pas le choix, que ça a fait partie de ta formation, mais sans plus. Dans ta précédente vie, on ne réglait pas les conflits à la loyale, en croisant le fer. La plupart du temps, ça se jouait à celui qui visait le mieux et tirait le plus rapidement. Tu manies un peu l'arme, histoire que ton poignet s'habitue à ce nouveau poids. Il ne s'agit pas de te blesser par un faux mouvement ou tu ne sais quoi. Tu ne peux pas te permettre de te faire mal alors que tu viens juste de rentrer à leur service. Et en fait, tu ne peux pas te permettre de te faire mal tout court. « Allez, un peu d'exercice ne fera pas de mal. Et s'il apprend que j'ai échappé à un entraînement, il est capable d'en provoquer un au pire moment de la journée. » Ton sourire fait échos au sien. Curieusement, tu n'as pas de mal à le croire. Et tu es tout à fait d'accord, un peu d'exercice ne vous fera pas de mal, tu étais venu ici pour ça avant tout, tu t'en souviens ? « Je ne peux que vous croire. » Fais-tu simplement, en ce qui concerne Aaron. Il semble être du genre assez... joueur quand il s'y met. Et le fait qu'il vient de te déshabiller pour te jeter dans cette arène ne fait que confirmer les dires du jeune Tudor ; cet homme est capable de tout.

Le combat commence. Il t'attaque sans te ménager, et tant mieux, l'affrontement n'en serait que trop plat dans le cas contraire. Alors tu apprécies qu'il donne un peu de sa personne pour te faire réagir, mais tu te contentes de parer ses attaques. Tu ne cherches pas à passer à l'offensive. Étudier sa manière d'attaquer est tellement plus intéressant à tes yeux... mais tu ne dois pas te déconcentrer, vous ne jouez pas avec des épées en bois, et même si vous faites attention l'un et l'autre, un accident est vite arrivé. Et non, te faire embrocher par ton employeur ne fait pas partie de tes projets, mais ça, il doit s'en douter. À mesure que l'entraînement avance, ton souffle se fait un peu plus court. Tu peux être extrêmement endurant, la cadence qu'il impose, il faut la tenir. Mais c'est agréable, ça te permet de te défouler un peu, même si tu n'attaques toujours pas. Il essaye de pimenter un peu le jeu, voulant te faire tomber une fois, puis deux. Tu retrouves un certain sourire, esquivant à chaque fois. Hé non, c'est triste pour lui mais tu as un bon équilibre naturellement, et il faudra plus qu'un croche-pied pour te mettre à terre. Tu en es si sûr ? Pour l'instant. Parce que le coup suivant, tu ne le vois pas vraiment venir. Il frappe presque à hauteur de visage, et tandis que tu pares cette attaque en haut, il te fait un croche-pied et cette fois, tu vacilles, avant de juste tomber dos à terre, surpris. Non, tu ne t'y attendais pas. Et ton expression un peu surprise le montre bien. Il est astucieux, tu dois le reconnaître. Tu t'es laissé déconcentrer un court instant et tu t'es fait avoir comme un bleu. Tu ne peux réprimer un sourire, mais ce dernier disparaît bien vite alors qu'il se retrouve au-dessus de toi, te bloquant à terre en maintenant presque trop fermement tes poignets. Ta respiration est aussi saccadée que la sienne, en témoigne ton torse qui se soulève plus rapidement, et plus amplement que d'ordinaire. Mais ton regard plonge dans le sien, et un instant, tu as l'impression que tout est figé. Ton souffle se calme progressivement, et même si tu hais profondément te retrouver en position de soumission, tu cesses de forcer sur tes poignets, laissant les muscles de tes bras se détendre doucement. Ce n'est pas toi ça. Ce n'est pas toi de relâcher la tension. Ce n'est pas toi d'accepter ta position actuelle. Normalement, tu aurais tout fait pour le renverser, et tu en es capable, tu le sais très bien. Tu t'es déjà battu contre plus lourd que lui, contre plus menaçant aussi. Le retourner et lui casser tous les os du bras aurait été d'une facilité déconcertante, avec un bon effet de surprise. Mais pour le coup, c'est lui qui t'a surpris. « Perdu. Attention aux feintes. Allez, debout, on reprend. » Tu hoches un peu la tête, ne parvenant plus vraiment à sourire. Il te trouble, c'est incroyable. D'habitude, c'est toi qui déstabilises les autres, pas le contraire. Tu t'efforces d'inspirer profondément, il se dégage, et tu te relèves rapidement, paré à attaquer.

Un coup à gauche. Un coup à droite. En haut, puis en bas. Désorienter l'adversaire, c'est le premier conseil que l'on t'a donné à l'académie. Ce n'était pas vraiment nouveau pour toi, même à l'école des gardes. L'idée principale du combat, c'est de faire croire à son adversaire qu'il n'a aucune chance. Qu'on le dépasse, qu'il ne contrôle plus rien. Mais le jeune Tudor est plus que doué avec une épée, et il est improbable que tu finisses par le doubler. Mais tu essayes, plutôt que de te contenter de défendre, tu attaques à ton tour, restant tout de même tranquille. Il est inutile de frapper trop fort ou trop dangereusement, tu es là pour le protéger, pas pour le blesser. Vous continuez donc, cherchant à vous piéger l'un et l'autre sans jamais vraiment y parvenir. C'est un adversaire de taille, tu ne le répéteras jamais assez. Mais quelqu'un vous interrompt, entrant dans la salle, t'interpellant. « Volkov, une missive pour vous. » Tu fronces un peu les sourcils, te tournant brièvement vers l'empereur. « Excusez-moi un instant. » Fais-tu simplement, déposant l'épée contre un des murs de l'arène pour en sortir, et aller attraper cette lettre que l'on te tend. Du courrier. Ici. Qui donc pourrait t'envoyer une lettre ? Dès que l'on veut te parler, on t'appelle, on ne t'envoie pas une lettre. Un soupir t'échappe et tu ouvres l'enveloppe en question, glissant deux doigts à l'intérieur pour en attraper le contenu. Du déplies le papier blanc rapidement, le sondant une première fois du regard. Une écriture manuscrite qui ne te dit rien. Tant pis, autant la lire, puisqu'elle t'est adressée. « Mais voyez donc qui est dehors. Lyokha Volkov en personne. Je pensais que tu pourrirais jusqu'à la fin de tes jours derrière les barreaux. Je ne sais pas comment tu es sorti, mais je compte bien t'y renvoyer. Ou plutôt, non, je vais te détruire avant. Je ne savais pas que tu étais sorti. Tu aurais pu prévenir ton vieil ami, tu ne penses pas ? » Tu t'arrêtes un instant dans ta lecture, déglutissant péniblement. Non. Non, tu dois rêver, ce n'est pas possible. Tu perds progressivement tes couleurs, et tu t'attelles à déchiffrer les mots, une fois de plus. « Tu sais, les choses ont changé, en quelques années, je suis surpris de ne pas avoir eu de tes nouvelles plus tôt. Autant que j'étais surpris de ne pas te voir au mariage de ma sœur, à vrai dire. Elle est plus heureuse que jamais ! Et moi, je me porte on ne peut mieux, si tu savais, vieux frère, les affaires vont mieux que jamais. » Lucy, murmures-tu pour toi-même, la colère te gagnant lentement mais sûrement. Tes mains tremblent, tu fais tout pour rester calme, mais ton sang ne fait qu'un tour. «Enfin, à quoi bon m'attarder sur cette lettre, nous nous reverrons très vite vieux frère, et ainsi nous aurons l'occasion de discuter du passé, du présent, et de l'avenir ! Bien que le tien risque de se voir écourter brutalement. Et puis, souviens-toi comme il le disait lui ; compte donc tes pêchés, l'heure du jugement final approche. Bien à toi vieux frère, J.S.» Tu es littéralement pétrifié. Tu parviens à peine à mouvoir tes doigts, alors que tes mâchoires sont serrées au point que tu en souffres. Quel enfoiré. Ton cœur bat plus vite que jamais, mais l'air est bloqué dans ta gorge, et tu n'arrives pas à respirer. Tu replies la lettre et tu la jettes avec tes affaires, ne voulant plus poser les yeux dessus.

Ses mots tournent en boucle dans ta tête. Tu n'arrives pas à t'en détacher, alors que ton passé te saute à la gorge à nouveau. J.S. Jaime 'Jay' Sterling. L'homme qui a détruit ta vie. Tu rentres dans l'arène plus déterminé que jamais. Plus rien n'apparaît sur ton visage, tu es purement inexpressif. Seule la colère trahit ton état d'esprit, au fond de ce regard perdu qu'est le tien désormais. « Allons-y. » Fais-tu presque sèchement. Tu es pâle, tu n'es pas bien, cela se voit. Mais tu ne veux rien laisser paraître, alors tu demandes à reprendre le combat. Il semble s'en inquiéter un peu, mais sans plus, et vous croisez à nouveau le fer sans que tu ne puisses t'échapper un seul instant de tes pensées. Sans que tu sois pleinement concentré. Et quand tu n'es pas concentré, tu agis comme un automate. Tu frappes fort, peut-être trop. Tes attaques sont rapides, placées. Elles ont un sens, beaucoup plus que précédemment. Pour peu, on pourrait dire que tu cherches à tuer, mais tu ne t'en rends pas compte. Tout ce qui compte, c'est attaquer. Plus vite. Plus fort. Il faut frapper là où ça fait mal ; et faire mal. Ta peau se fait humide, tu te mets dans un état que tu n'arrives même pas à imaginer, et le pire, c'est que tu ne parviens à sortir de cette léthargie profonde qui te pousse à agir presque dangereusement avec le jeune Tudor. Mais calme-toi bon sang, tu vas finir par le blesser ! Ton regard est un peu fou, on sent bien que tu n'es plus vraiment là. À un moment, tu manques de te faire mal, de te blesser grièvement même ; la lame de son épée s'arrête juste avant d'atteindre ton torse. Bon sang.. Tu n'es pas du tout à ce que tu fais, et ça se ressent dans le combat. Sans même réfléchir, tu repousses presque brusquement la lame du plat de la main, t'ouvrant la paume au passage. Qu'importe. C'est à peine si tu t'en rends compte. À nouveau, tu frappes, toujours plus fort. Tes muscles en souffrent, mais la douleur est tellement secondaire à tes yeux. « Alors, qu'est-ce qui se passe, vous faiblissez ? » Tu ne te reconnais plus. Ta manière de parler. Tu n'as pas dit cela sur le ton de la plaisanterie, comme tu le ferais normalement. Non, tu t'emportes progressivement. Une bombe à retardement, ayant le détonateur près du cœur. Pour peu, tu te ferais toi-même peur. Ton épée choque violemment contre la sienne, tu en profites pour frapper sans relâche, cherchant clairement à faire tomber sa garde et à gagner le combat. Mais il est résistant. Et plus il résiste, plus tu t'énerves. Plus il résiste, plus tu te perds. Une nouvelle fois tu manques de te blesser, et tu rumines quelque chose en russe, reprenant juste le combat. Tu n'entends plus rien autour de toi. Tu ne vois plus rien, sauf lui, son épée. Les dents serrées, tu avances, toujours. Tu fonces malgré les risques, parce que tout ce qui semble compter sur l'instant, c'est la victoire. « Stop ! » Fait-il finalement. Ou alors, c'est ta conscience qui cherche à te sauver la vie, tu ne sais plus trop. Toujours est-il que presque brusquement, tu reviens à toi, fronçant les sourcils, comme confus. tu... Tu ne voulais pas. Tu es vraiment... « Je suis... Désolé, vraiment, excusez-moi... » Tu baisses les yeux. Tu es devenu un danger pour lui, tu t'en rends compte au moins ? Pour lui, et pour toi-même, n'étant qu'à moitié conscient de tes gestes. « Je ferais mieux de partir je crois, excusez-moi... » Il te demande si ça va, et tu te contentes de hocher un peu la tête. Tu lui rends juste l'épée, fuyant rapidement l'arène pour récupérer tes affaires, cette fameuse lettre, et quitter cette pièce. La colère refuse de se dissiper dans ton système, elle demeure beaucoup trop présente, et bon sang, que tu es dangereux sous le coup de la colère. Tu déglutis difficilement et tu disparais de cette salle. Dangereux. Tu es dangereux, Lyokha.

+++

Jour de repos. Ils ne sont pas nombreux, mais quand ils se présentent, tu en profites. Tu as passé ta journée à faire des travaux à l'orphelinat pour aider Silva, mais ce soir, tu veux profiter de ton temps libre. Comment ? En allant courir. La plupart des gens font leur footing tôt le matin, et toi aussi. Mais quand tu peux, tu y vas en début de soirée. C'est agréable, le soleil qui se couche, la ville qui s'illumine... Tes foulées sont mesurées, régulières. Tu as tellement l'habitude de courir... Et ça te fait tellement de bien. Tu as l'impression de faire le vide à chaque fois. C'est plus qu’appréciable, c'est devenu une nécessité avec le temps. Un léger sourire flottant sur tes lèvres, tu accélères encore un peu, t'approchant d'un grillage qui obstrue le bout d'une ruelle. Il ne te faut que quelques secondes pour passer par-dessus avec agilité. Le fait de courir dans les rues te manque un peu parfois. Non pas que tu souhaites que Tudor te fausse compagnie à nouveau mais... Quelque part, tu ne peux pas retenir que du mauvais de ton enfance. Semer les autorités, c'était marrant. Alors oui, tu as l'habitude de grimper, de sauter, de courir, et ça te manque un peu. Un bref soupir un peu nostalgique t'échappe alors que tu rejoins le parc qui est magnifique à cette heure-ci. Son lac éclairé, les sentiers un peu mystérieux. Peu de gens se baladent à cette heure-ci, et quelques couples se dirigent vers la sortie. Quelques jeunes s'amusent autour d'une guitare ou contemplent les étoiles. Et toi, tu cours, sans t'arrêter un seul instant. Enfin, jusqu'à rejoindre le checkpoint que tu t'étais fixé. Seulement à cet instant, tu t'autorises une pause, marchant un peu long des arbres, observant tout autour de toi. Cet endroit est si beau. Dommage que la présence fréquente de vampires rende les promenades nocturnes un peu... Dangereuses. Enfin, tu n'es pas de ceux qui craignent les suceurs de sang. Tu ne crains rien, n'y personne, de toute façon. Tu t'arrêtes de marcher, te tournant d'un quart pour contempler le lac sur ta gauche. Ce même lac où vous avez joué. Ce même lac où vous vous êtes baignés, avant d'aller à ton appartement et de... Rah, cesse donc d'y penser. C'est dur, mais tu y parviens, avec de l'entraînement. « Lyokha Volkov. J'étais sûr que je te trouverais là, par une si belle nuit, ça m'aurait étonné que tu ne sois pas à rôder dans ce parc... » Cette voix. Cette voix que tu reconnaîtrais entre mille. Tu tournes un peu la tête à droite, regardant par-dessus ton épaule. Il est à quelques pas derrière toi, te fixant. « Ça faisait longtemps. » Fait-il, s'approchant de toi. Tu restes sur tes gardes, mais tu n'observes que le lac. Tu ne veux pas le voir. En fait, si, tu veux, mais d'un côté, non. Rah, que tu peux être paradoxal des fois. Tu sens ses mains glisser sur ta taille, te faisant inconsciemment frissonner. Tu t'efforces de rester calme. Ne pas bouger. Mais c'est dur, quand tu sens la chaleur de son souffle dans ton cou. « Lâche-moi Ibrahim. » Fais-tu le plus naturellement du monde. Qu'il te lâche bon sang. Pourtant, tu pourrais jurer que ses lèvres effleurent ton cou sur l'instant. C'est plus fort que toi, tu attrapes ton couteau dans ta poche, et tu lui tranches un peu le dessus d'une main. Sa réaction est immédiate puisqu'il se recule, affichant une moue déçue et faussement triste. Tu soupires profondément. « Je t'avais prévenu. » Il soupire à son tour, venant juste à côté de toi. « Tu aimais ça, avant. » Tu arques un sourcil, le regardant un court instant, avant de reporter ton attention sur le lac. « On m'a dit que tu me cherchais. Me voilà. Que veux-tu, un peu d'amour pour combler ta solitude ? » Un nouveau soupir t'échappe, tandis qu'un léger sourire étire tes lèvres. Il ne changera donc jamais. Ibrahim Carleton. Ce fameux vampire qui t'a charmé, ce soir où tu te sentais un peu trop seul et un peu trop éméché pour dire non. « Tu sais ce que je veux. » Oui, il le sait. Pour la bonne et simple raison que c'est un associé très important de Jay. Un sourire un peu sadique étire ses lèvres. Tu l'observes, tu détailles ce portrait que la lumière de la lune dessine dans la nuit. Même si c'est un emmerdeur à tes yeux désormais, tu dois reconnaître qu'il a toujours eu un certain charme, quoi que tu en dises. « Alors tu as reçu la lettre de Jay. » Tu te contentes de hocher la tête avec certitude. Il soupire. « Je ne sais rien Lyokha. Jay a juste dit qu'un vieil ami était de retour et qu'il comptait bien s'occuper de lui. » Tu secoues la tête. C'est cela oui. Comme s'il n'en savait pas plus. « Poursuis. T'en sais forcément plus, tu es un de ses plus proches associés. » Il secoue la tête à son tour, réprobateur. Tu ne vas quand même pas devoir le frapper pour avoir des informations, si ? « C'est là que tu te trompes Lyo. Je peux être un de ses proches associés, il ne me mettra pas dans la confidence te concernant. » Tu arques un sourcil. « Et pourquoi ? » Il détourne un court instant le regard. « Parce que je lui ai dit qu'on avait eu une liaison. C'était le seul moyen de me blanchir et de regagner sa confiance pour l'affaire d'Ashby. » C'est plus fort que toi. Tu le frappes en plein visage, et tu ne le loupes pas. Il semble perturbé puisqu'il recule un peu, la démarche peu assurée. Quel connard alors. « Toi et moi, une liaison ? T'es complètement taré mon pauvre. » Il ricane un peu et tu le foudroies du regard. Non mais tu veux bien, mais tu as un honneur à défendre quand même. Ça, et tu as ta fierté. Tu n'en reviens pas qu'il ait eu les grâces de Jay sur ton dos. « Mh, toujours aussi violent à ce que je vois... Et dans le lit, ça donne quoi ? » Tu le frappes encore une fois, et il rigole. C'est ça, qu'il se marre. Ce n'est pas parce que c'est un vampire qu'il peut te considérer comme son petit jouet, comme il l'a si bien dit à une époque qui te semble désormais lointaine. « Dégage. Je te vois dans une semaine. Même heure, même lieu. Tu pars à la chasse à l'information pour moi, et si j'apprends que tu me doubles, j'te tue, t'entends ? » Cette froideur dans ta voix. Tu as du mal à te reconnaître, parce que quoi que tu en dises, tu apprécies Ibrahim. Il t'a toujours protégé au sein de l'organisation, même si les trois quarts du temps, vous vous preniez la tête. « C'est ça oui. Et qu'est-ce que j'ai en retour ? » Tu ne peux retenir ton sourire moqueur. « Un peu de mon respect ? C'est trop d'honneur, je sais. » Soupir, et tu t'éloignes de lui en courant, le laissant là. Tu sais qu'il ne te suivra pas. Tu le connais trop, beaucoup trop. Et tu sais très bien qu'il ne te trahira pas. Parce que c'est Ibrahim et que la loyauté chez lui dépasse l'entendement. Tu es un vieil ami à ses yeux, et il n'a jamais douté de toi, comme toi, tu n'as jamais douté de lui.

Courir, encore. Cette fois, tu projettes de traverser le parc pour rejoindre ton appartement. Mais il semblerait quelqu'un te suive. Tss. Quoi encore ? Tu sais que ce n'est pas Ibrahim. Il n'est pas du genre à courser pour le plaisir, il est plutôt du genre flemmard quand il s'agit de filer quelqu'un. Mais alors qui ? Un homme de Jay ? Tu ne sais pas trop, tu restes sur tes gardes et tu fais comme si de rien n'était, courant tranquillement sans accélérer la cadence un seul instant. Tu espères rêver, être juste trop parano. Mais non. Tu le sens bien, quelqu'un est sur tes pas et te suis à la trace. Ce qui a le don de t'agacer, très honnêtement ; tu n'as pas peur non, tu n'aimes juste pas ce genre de petite manœuvre. Alors au bout d'un moment, sans prévenir, tu pars en sprint au milieu d'arbres, te cachant derrière le tronc imposant de l'un d'entre eux. Tu respires à peine, tu ne fais plus de bruit, mais tu entends les feuilles craquer quand même. La personne qui te suit approche, et tu ne comptes pas la louper. À peine a-t-elle le temps de dépasser l'arbre derrière lequel tu te trouves que tu la plaques face contre le tronc d'un autre arbre, un bras tordu douloureusement dans le dos, une lame appuyée presque trop fort sur sa gorge. « Qu'est-ce que tu me veux ? » Fais-tu, menaçant. Tu n'as pas trop envie de jouer au gentil type qui cherche la discussion, non. Qu'il te dise ce qu'il te veut une bonne fois pour toute. « Wow, du calme Volkov. » Tu fronces les sourcils. Cette voix, c'est... Tu écarquilles brusquement les yeux, le relâchant immédiatement. Oh non. Par tous les saints, non. Samael Tudor. Tu déglutis un peu, le regardant se retourner. « Mais ça va pas la tête ? » Fais-tu comme un père qui dispute son enfant. Non mais il est inconscient ou quoi ? Un mauvais réflexe de ta part et il en était fini de lui. Tu reprends tranquillement ton souffle, le jaugeant à la lumière d'un lampadaire non loin. « Minute... Vous me suiviez ? » Tu fronces un peu les sourcils, l'observant. Pourquoi est-ce qu'il te suivait ? Il s'ennuie de toi ? Sa femme ne le satisfait plus assez, faut qu'il vienne te chercher même quand tu es de repos maintenant ? Wow. Du calme, vraiment, redescends en pression là... Non, mais c'est juste qu'il t'a fait une peur bleue, qu'il s'en rende compte un peu. Tu aurais pu le blesser. Un soupir t'échappe, tu te détends un peu, repliant ton couteau pour le ranger dans ta poche. « Écoutez, peu importe ce que vous faisiez, c'était dangereux, d'accord ? J'aurais pu mal réagir, j'aurais pu vous faire mal, je... » Nouveau soupir. Calme-toi un peu. Il va bien, ça ne se voit pas ? Inspire, expire. Doucement, tu reviens à toi, un peu plus calme, et tu l'observes. C'était dangereux, vraiment, et il ne semble pas en avoir conscience. Mais il semblerait que désormais, le danger soit tout autre... Puisque vous êtes tous les deux, seuls, au milieu de la nuit. Que ton regard se perd dans le sien un court instant, avant de s'arrêter sur ses lèvres pour finalement se détourner ailleurs, vers une de ces grandes étendues verdâtres du parc. Stop.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Ven 23 Mai - 22:09

Vous y voilà. Le jour de la décision. Le jour où une partie de sa vie risque de changer du tout au tout. Une journée, une heure, quelques minutes. Tout un univers peut basculer en l'espace d'une demi-seconde, tu le sais mieux que quiconque. Des vies peuvent être réduites à néant, d'autres sauvées. Un mot, un seul, peut tout détruire comme avoir des conséquences plus que bénéfiques. Surtout quand tu sais que ce mots est prononcé par quelqu'un qui possède le pouvoir. Samael, tu es né dans cet univers de puissance, tu as très tôt appris quelle était la puissance des mots, à quel point elle était plus grande que la force physique. Il faut savoir en jouer avec justesse, ne jamais tomber dans le débordement, dans l'abus. Cet exercice ne t'était pas destiné mais tu en joues tous les jours. La politique n'est qu'une bataille de mots, une guerre continuelle avec pour enjeu l'avenir de ton peuple. Quelle lourde responsabilité pèse sur tes épaules... Mais avec lui, c'est différent. Tes mots n'engagent que sa propre destinée. Enfin, la sienne et celle de ta famille, puisque si tu l'acceptes vous serez tous étroitement liés à lui. Tu ne veux pas te tromper, parce que tu t'es attaché à ce jeune homme. Les erreurs ne sont pas tolérables quand c'est toi qui les fais. Tu ne les acceptes pas, jamais. Faire souffrir les autres n'est pas ce que tu peux tolérer. Tu as trop subit pour faire vivre la même chose aux autres. Et lui... Lui que tu ne connais que depuis deux semaines, tu ne sais quelle est la meilleure décision à prendre. Tu sais que le poste de garde au palais est très gratifiant si jamais, un jour, il doive partir et trouver un emploi ailleurs. Tu sais qu'il a de grandes capacités, tu l'as vu au cours des dernières semaines et tu ne peux pas le nier. Tu ne te fies pas à son dossier mais à ce qu'il t'a montré durant tout ce temps, et tu es pleinement satisfait de ce que tu as vu. Mais alors, pourquoi hésiter ? Parce que c'est bien la première fois que tu déshabilles un homme. Tu l'as embrassé aussi, tout comme... Lui t'a embrassé. Et tu as aimé ce contact. Tu as encore le goût de ses lèvres sur les tiennes, tu peux presque ressentir la chaleur de sa peau sous tes doigts... N'y songe pas bon sang ! Mais si, justement, c'est ce qui te fait hésiter. Tu ne dois pas te laisser détourner de tes priorités, de ton devoir. Tu dois être le plus irréprochable possible, tu dois avoir l'esprit clair en toutes circonstances. Ce n'est pas le cas lorsqu'il est présent. Tu sens ton esprit s'embrouiller, des doutes faire des nœuds à ton esprit. Tout devient si complexe en sa présence, et tu as peur que cela influence votre relation, tu as peur que cela dégrade ce qui est supposé vous lier, officiellement. Tu as peur, pour lui. Alors tu lui demandes de choisir. Veut-il prolonger cette expérience, oui ou non ? Toi, tu souhaites qu'il reste mais s'il n'y tient pas, il pourra partir. Mais non, il te donne une réponse positive. Il accepte de rester. Un chaleureux sourire étire alors tes lèvres tandis que tu te lèves, t'approchant de lui. C'est difficile de rester impassible face à lui. Tu revois le jeune homme d'hier après-midi, souriant, riant avec toi. Tu te souviens de son parfum, de cette manière dont il ne voulait pas que tu portes l'entière responsabilités de tes dérapages, de ses cheveux chatouillant tes doigts, de son parfum, de... Non, ne te laisse pas déconcentrer. Laisse-le s'emparer de son passe et de son insigne. Tu aimes ce sourire qu'il aborde... Tss, tu es incorrigible. Il faudra que vous gardiez une certaine distance, mais tu sais d'avance que ce ne sera pas facile. Mais tu feras des efforts. Pour lui. Tu hoches la tête à ses remerciements, te passant de tout commentaire. Le silence vaut mieux que bien des mots dans ce genre de cas. Ce n'est rien, vraiment. Allez, laisse-le se retirer, tu as une réunion dans dix minutes et il vaut mieux ne pas être en retard. Mais quelque chose te dit que tu ne seras pas concentré à cent pour cent.

~~~

Pauvre jeune homme. Tu peines à ne pas rire en voyant ce cher Aaron déshabiller le blond avant de littéralement le balancer dans l'arène. Il manque même de s'étaler comme une crêpe. Le pauvre. Tu attends qu'il retrouve son équilibre pour lui tendre une épée, souriant. Tu n'es pas une seule seconde déconcentré, l'adrénaline pulse déjà dans tes veines. Quand tu viens de te battre, la pression met toujours bien du temps à redescendre. Tu es prêt à en découdre, même si es encore capable de retenir tes coups. Pour preuve, avec Aaron, tu n'utilises jamais ta main gauche. Il sait que tu es moins puissant de cette manière mais jamais ton professeur n'a pu t'obliger à donner le meilleur de toi-même. Jamais. Parce que quand tu le fais, c'est pour tuer, purement et simplement. Tu fais tout de même une remarque sur ton ancien professeur et la probabilité qu'il provoque un entraînement au pire moment de la journée. C'est Aaron. Il t'a pourri l'existence des années durant en te poussant à t'entraîner jour et nuit, aujourd'hui tu supportes tout cela avec philosophie. Il t'aide à garder la forme et à ne pas t'ennuyer, c'est toujours cela de gagné. Il ne peut que te croire ? Oh, ce cher Volkov le verra de ses propres yeux, un jour ou l'autre. Le palais n'est pas un hôtel où l'on peut passer des vacances tranquilles, au contraire. Mais l'heure est à l'entraînement à présent. Dès que tu le sens prêt, tu refermes ton poing sur la fusée de ton épée, et...

Le combat commence. Tous tes sens en alerte, tu frappes sans lui faire de cadeau. Ce n'est pas comme lors de votre tout premier entraînement où tu y étais allé doucement au départ. Non, tu sais qu'il a un bon niveau, tout comme lui sait que tu es un excellent duelliste, alors pourquoi vous cacher vos capacités ? Non, s'il faut que tu te dépenses, tu ne lui feras pas de cadeaux. Il pare tes coups à chaque fois. Si l'épée n'est pas sa spécialité, il s'en sort tout de même magnifiquement bien. Mais tu ne comptes pas le laisser avoir le dessus sur toi. Non, cette fois, c'est à toi de vaincre. Cette fois, tu vas lui offrir un aperçu de qui tu es. Pour cela, il faut que tu lui fasses perdre l'équilibre et c'est plus facile à dire qu'à faire. Tu échoues une fois, puis deux. Jamais deux sans trois ? Non, le proverbe ne se vérifie pas puisque tu changes de stratégie. En coup visé haut, vers le visage. Une feinte, le danger vient du bas en réalité. Il ne voit pas cette manière dont tu te rapproches, il ne voit pas comment tu te positionnes. Et c'est la chute, inévitable. Cette fois, ton croche-pied fonctionne, il se retrouve donc au sol. Pour bien marquer le cou, tu te positionnes au-dessus de lui et lui maintiens les mains au sol, l'empêchant de se relever. Ta respiration est saccadée, l'air entre difficilement dans tes poumons mais tu restes dans cette position, si proche, son souffle sur ton visage, ton regard dans le sien. Quel magnifique regard possède-t-il... Couleur d'azur, couleur du ciel. Passionnant, captivant, perturbant. Attirant aussi. Que de qualificatifs... Allez jeune homme, reprends-toi. Vous êtes en entraînement, ce n'est ni l'endroit ni le moment pour t'extasier sur la couleur de ses yeux et sa peau brûlante sous la tienne. Allez, debout. Et qu'il fasse attention aux feintes, à l'avenir. Tu souris lorsqu'il hoche la tête, essayant de ne pas paraître troublé. Difficile exercice, mais tu as encore suffisamment d'adrénaline dans les veines pour faire semblant. Les coups se mettent à pleuvoir avec force, rapidité et précision. S'il tente de te déstabiliser, il se trompe lourdement. Tu es un expert quand il s'agit de manier l'épée, sans te vanter, alors tu doutes qu'il puisse avoir un jour le dessus sur toi. Toutefois, tu te concentres parce que ta main droite commence à faiblir à cause des assauts qui se multiplient. Il a beau ne pas y aller trop fort, cela fait déjà plus de deux heures que tu forces sur tes muscles et ton endurance est mise à rude épreuve. Tu cherches un moyen de le piéger, de le faire plier, il en fait de même, mais vous rester de longues minutes à égalité. Jusqu'à ce que quelqu'un entre dans la salle d'entraînement. Tu ne lui prêtes pas la moindre attention, parant plutôt une attaque. Mais il te faut bien relever la tête lorsqu'il interpelle ton adversaire. Une missive ? Que le blond t'excuse ? Tu abaisses ton armes, hochant la tête.

-Je vous en prie.

Qu'il aille lire. Alors qu'il sort, tu vas t'asseoir quelques secondes, vidant en quelques gorgées l'eau qu'il restait dans ta bouteille. Ouf, cela fait un bien fou, tu ne pourras pas le nier. Rafraîchi, tu exécutes quelques mouvements du poignet, étirant tes muscles, essayant de diminuer la douleur qui commence à se faire sentir. Tu ne peux pas te permettre de faiblir. Pas le premier. Mais tu ne peux pas non plus utiliser la main gauche, parce que tu es trop à fond dans votre combat et cela risquerait de devenir dangereux. Vous n'êtes pas là pour vous blesser. Ton regard se tourne vers le garde tandis que celui-ci lit sa lettre. Tu as beau être loin, tu le vois pâlir et cela te fait froncer les sourcils. De mauvaises nouvelles ? Ce n'est pas à toi de poser la question, cela ne te regarde pas, mais tu ne peux t'empêcher de te sentir légèrement inquiet pour lui. Surtout que lorsqu'il rejoint l'arène, il semble avoir profondément changé d'humeur. Il a beau être inexpressif, tu connais cette lueur au fond de son regard. Celle qu'ont les Chasseurs lorsqu'ils traquent : la colère. Sa voix est sèche, plus qu'avant. Tu t'inquiètes mais tu ne dis rien. S'il a besoin de se défouler, qu'il le fasse. Quelques secondes plus tard, vous croisez à nouveau le fer. Mais la donne a changée. Il frappe plus fort et chaque nouveau coup rend ton poignet plus douloureux. À ce rythme, tu ne vas pas tenir très longtemps. Ton analyse de ses mouvements t'apprend que son objectif a changé. Il vise les points vitaux, cette fois. Comme s'il... Cherchait à te tuer ? Tu dois parer ses coups avec plus de précautions, tu essayes de le faire reculer en le frôlant d'un peu plus près de ta lame. Rien à faire. Même lorsqu'il se coupe la paume de la main sur le tranchante de ta lame, il continue. Tes muscles comment à sérieusement souffrir du traitement que tu leur fais subir, mais tout est tellement secondaire... La douleur ne fait qu'augmenter l'adrénaline dans tes veines. Il ne s'agit plus d'entraînement, plus seulement. Non, là, il s'agit de ne pas se faire empaler par son propre garde. Décidément. Sa voix, une question te fait froncer les sourcils. Tu faiblis ? Oooh, qu'il n'essaye pas de jouer à ce jeu sinon...

-Ce serait plutôt à moi de te poser la question !

Après tout, c'est encore toi qui domine. Minute. Tu viens de le tutoyer ? Ouh la... Samael, non, c'est une mauvaise idée, c'est un mauvais départ. Très mauvais même. Il ne faut pas que tu te laisses emporter. Pourquoi donc ? Parce que Leo n'a jamais disparu et même sans masque, tu sais qu'il est capable de se réveiller si tu forces trop. Si tu commences à te sentir en danger, tu redeviendras le Chasseur et, là, les choses pourraient déraper de manière tragique, ce que tu ne veux pas. Tu serres les dents et fais un effort supplémentaire. Un peu de contrôle bon sang. Mais ses coups sont de plus en plus forts, au point que tu finis par sentir ton poignet se tordre. Pas le choix, d'un mouvement rapide, tu commencer à manier ton arme de la main gauche. Tu es tout de suite plus à l'aise, et tu en profites pour le faire reculer autant que possible. Ton arme le frôle à plusieurs reprises, manque de le blesser, mais tu te contrôles encore assez pour éviter la catastrophe. Mais rien ne dit que tu tiendras longtemps, à ce rythme. Surtout qu'il ne fait plus attention à sa défense. Non, il y a trop de failles dans sa garde. Par tous les saints... Lorsque tu sens que tout va trop loin, c'est toi qui y mets un terme. Stop. Assez, il va se blesser ! C'est limite si tu n'as pas l'impression de le faire sursauter, tant il semble confus. Il est désolé ? Tu fronces un peu plus les sourcils, laissant ton arme tomber au sol.

-Oui, vous faites bien d'être désolé ! Mais qu'est-ce que vous cherchiez bon sang ? Me tuer ? Vous faire tuer ? Celui qui n'est pas concentré lors d'un combat finit toujours six pieds sous terre, vous devriez pourtant le savoir mieux que moi, Volkov !

Toi, en colère ? Oh, si peu. Mais tu sais qu'il ne faut pas plaisanter lors d'un combat, même en entraînement. Tu as perdu ton père de cette manière, cette vision est profondément ancrée au fond de ton esprit et tu ne veux pas voir une telle chose se reproduire à nouveau. Tu as beau sembler le disputer, ce n'est pas la colère qui brille au fond de ton regard. Non, c'est de l'inquiétude. Qu'est-ce qui a bien pu le mettre dans cet état ? Tu l'ignores mais tu as un bien mauvais pressentiment. Non, tu ne chercheras pas à fouiller dans ses affaires, tu t'es promis de ne plus recommencer. Mais quand même, son état t'inquiète.

-Est-ce que... Tout va bien ?

Tu ne t'attends pas vraiment à une réponse. Il ne fait qu'hocher la tête et c'est peu convaincu que tu le laisses s'en aller. Bon sang. Déconcentré, ce jeune homme est redoutable. Qu'est-ce que ce serait s'il cherchait réellement à te tuer ? Cela ferait du grabuge. Il va falloir que tu fasses tout de même attention. Que tu veilles sur lui aussi, à ta manière. Il n'a certes pas besoin de ton aide et la refuserait catégoriquement si tu la lui proposais mais... Tu ne lui laisses pas le choix. Les personnes travaillant au palais sont comme une famille pour toi et tu veilles sur eux, sans aucune exception – sauf ceux que tu ne peux pas sentir, évidemment. Il fait parti de cette famille désormais, pour le meilleur comme pour le pire.

~~~

Spes, le soir. Apophis siffle sur tes épaules à chaque fois que vous passez à proximité d'un vampire ou d'un loup-garou. Mais vous n'êtes pas de sortie pour traquer, non. Tu avais encore rendez-vous avec Nocte. Depuis que le jeune Volkov l'a rencontré, tu prends garde à ne retourner voir le Chasseur que lorsque le blond ne travaille pas. Il y a certaines affaires que tu te dois de régler seul, sans personne pour te surveiller. Oui, tu restes secret mais tu ne tiens pas à ce que quiconque apprenne que l'empereur a été Chasseur. Les nouvelles sont toujours aussi inquiétantes de leur côté, tu as peur de devoir sévir. Mais cela voudrait dire envoyer à la mort des personnes que tu as appris à apprécier, des personnes que tu as protégées, parfois sauvées. Les choix sont dur à faire. Si tu déambules dans les rues, capuche masquant ton visage, c'est pour réfléchir au calme à tout cela. Sévir ou laisser passer ? Il faut faire un choix entre ce que le peuple pensera de toi si tu te fais plus ferme envers les héros de certains et le risque de voir une guerre éclater si les peuples voisins décident de vous faire payer tous ces morts. En gros, qu'est-ce qui serait le plus aisé à gérer : une guerre civile ou une guerre inter-pays ? Aucun des deux, parce qu'il y aurait toujours des massacres inutiles. Tu te dois de veiller sur les humains et garantir la paix entre les pays. Une lourde responsabilité pèse sur tes épaules. Tu ne voulais pas de cette destinée, mais elle t'a été imposée, alors tu te dois de faire de ton mieux. En attendant, tu attrapes les barreaux d'un escalier de secours et te hisses à quelques mètres de hauteur, contemplant ta ville. Ton serpent siffle de temps en temps mais se tient tranquille, très certainement ravi de retrouver l'air frais des rues en pleine nuit. Adossé contre le mur de l'immeuble, tu observes le ciel nocturne. Il est trop tard pour aller souhaiter bonne nuit aux enfants. Décidément, tu n'es pas toujours présent pour eux. Pas autant que tu le voudrais, que tu le devrais. Mais tu ne peux être le père et l'empereur en oubliant le jeune homme.

Un soupir t'échappe. Le jeune homme est un peu perdu, ces derniers temps. Pourquoi donc ? Ce trouble a un nom : Lyokha Volkov. Tu ne parviens pas à oublier la sensation de ses lèvres sur les tiennes, de son corps contre le tien, dans le lac, dans son appartement... N'y songe plus voyons. Facile à dire. Tu secoues la tête et entreprends plutôt de descendre de ton perchoir, laissant tes pas te guider à travers la ville. Tu n'as aucune destination particulière en tête, laissant faire ton instinct. Ton épée bien en place à ta ceinture, tes sens en alerte et un pendentif répandant une douce odeur de verveine accroché autour du cou pour masquer l'odeur particulière de ton sang, tu ne te fais pas trop de soucis. La personne qui arrivera à t'attaquer par surprise et te blesser gravement dans ces rues n'est pas née. Ne soit pas trop confiant, Samael. Non, tu ne l'es pas, mais tu essayes de te détendre. Tu es déjà naturellement assez sur tes gardes, il te faut savoir profiter de ces sorties loin de tout sans devenir une proie facile. Exercice auquel tu es habitué, normalement. Doucement, tes pas te mènent au lac. Ce même lac dans lequel tu t'es baigné, avec lui... Non, on a dit : n'y songe pas. Tu te mordilles la lèvre avant de reprendre ta marche. Ton regard ne s'arrête pas sur les passants, tu envies leur insouciance, ces responsabilités qu'ils n'ont pas. Mais tu les sais aussi méfiants, parce que tous savent que les vampires rôdent à la nuit tombée.

En parlant de vampire, Apophis se met soudainement à siffler de manière stridente. Tu te stoppes nettes et observes ses écailles. Oranges. La tête de droite siffle. Vampire. Tu te mords alors l'intérieur des joues, aussitôt tendu. Pas un faux mouvement, ne pas te faire repérer. Tu n'es pas très loin des arbres, ils peuvent te servir d'abri. Mais avant, il te faut repérer d'où vient la menace. Faisant rentrer le reptile dans une des grandes poches de ton manteau pour étouffer ses sifflements, ton regard parcourt le part à la recherche de la moindre personne suspecte. C'est sur un duo qui attire ton attention. Ils sont loin mais quelque chose t'empêche de détourner le regard. Peut-être parce que, à la lumière de la lune, tu arrives à en reconnaître un : ton garde. Hum. Si Apophis a réagi, cela veut dire que l'autre est un vampire. Faut-il que tu interviennes ? Tu le feras si cela se révèle nécessaire. Tu es trop loin pour entendre leur conversation mais tu vois les mouvements. Ils sont proches, très proches, trop proches. Tu serres les dents. Ok, ce ne sont pas tes affaires, va voir ailleurs si tu y es. Minute. En quoi cela te gêne de voir que l'un glisse ses mains sur la taille de l'autre ? En rien. Tu retiens un profond soupir, t'adossant contre ton arbre. Par tous les dieux de la Terre, reprends-toi. Depuis quand espionnes-tu un de tes gardes ? Tu as toujours évité d'en arriver là, ou alors tu faisais suivre certaines personnes par des personnes de confiance. Jamais tu n'as été sur le terrain pour ce genre de technique. Décidément, les choses deviennent compliquées. Tu secoues la tête. Allez, rentre donc au palais, cela vaudrait mieux pour tout le monde.

Sauf que tu restes là. Sauf que tu attends. Quoi donc ? Qu'ils se séparent ? S'ils le font, évidemment. Tu ferais mieux de t'éloigner, tu sais que même avec ton talisman, tu n'es pas à l'abri des vampires. Si jusqu'à présent ils ont tous goûté à tes armes empoisonnées à la verveine, il vaut mieux que tu te fasses discret. Les minutes s'égrainent, tu observes le ciel, regrettant de ne pouvoir voir les étoiles à cause des lumières de la ville. Mais tu n'as pas le temps de trop le regretter, étant donné que cela bouge plus loin. Tu vois Lyokha partir en courant. Hum. Tu devrais le laisser tranquille, il t'a déjà suffisamment sur le dos comme cela. Oui mais... Ce serait aussi une occasion de voir comment il se débrouille lorsqu'il est au naturel. Cette idée est alléchante. Très alléchante. Peut-être un peu dangereuse aussi, très certainement même, mais tu aimes le danger. Allez, prend donc rapidement une décision parce qu'il va te filer entre les doigts, à cette allure. Un dernier coup d’œil en arrière puis tu pars à sa poursuite, le filant sans cependant prendre toutes les précautions nécessaires. Ce n'est pas comme si tu voulais vraiment le surprendre. Enfin, peut-être un peu. Juste un peu. N'importe quoi. Toujours est-il que les minutes se suivent, jusqu'à ce qu'il pique un sprint entre les arbres. Youpie. La Chasse est plus facile, Apophis repère ses proies sans jamais se tromper. Tu ralentis alors un peu ta course, sur tes gardes. Pas question de te faire surprendre par... Raté, tu te retrouves violemment plaqué contre un arbre, bras tordu dans le dos, un métal froid et tranchant posé sur ta gorge. Ton sang ne fait qu'un tour et ton premier réflexe est de cesser de respirer. Par tous les saints, c'était une mauvaise idée. Qu'il te laisse juste une seconde, le temps de... Ah, Volkov. Tu retiens un soupir soulagé en entendant sa voix, même si tu n'es pas dans la meilleure situation possible. Tu lui demandes alors clairement de se calmer. Ce serait bien qu'il évite de t'égorger ainsi. Fort heureusement, il se recule. Ouf... Tu glisses une main sur ta gorge endolorie, ne prêtant pas attention à sa pseudo-question. Si ça ne va pas la tête ? Oh, si, très bien.

-Je n'ai rien à dire niveau réflexes mais je trouve que vous y allez un peu fort quand même. Bon sang, ça ne m'avait pas manqué de sentir une lame sur ma gorge. Peu importe la situation, c'est et ça restera toujours quelque chose que je déteste.

Tu as déjà expérimenté ? Oui, en tant que Chasseur mais aussi durant quelques cours d'auto-défense. Hé oui, il faut savoir se défendre dans n'importe quelle situation quand on est un Tudor. Mais la sensation d'une lame tranchante sur ton cou, c'est quelque chose que tu détestes au plus haut point. Il a de la chance d'avoir rapidement fait entendre sa voix, sinon il se serait certainement pris un coup de couteau, au mieux. Tu te masses toujours le cou tandis que quelques sifflements indignés se font entendre depuis le fond de ta poche. Un léger rire t'échappe alors que tu fais sortir le reptile qui retrouve rapidement sa place sur tes épaules. Si tu le suivais ? Oh... Tu le regardes une seconde avant de hausser les épaules avec un petit sourire accroché aux lèvres, en mode "surprise !". RI-DI-CU-LE. Oui, quelle question, tu le suivais. Il faut être devin pour le comprendre ? Non. C'était dangereux ? Sans blague, tu as encore mal à la gorge par sa faute. Mais qu'il ne panique pas pour si peu, sérieusement. Un léger soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis que tu glisses un doigt sur chacune des têtes de ton reptile, le calmant quelque peu. Calme. Oui, voilà, calme.

-Vous ne m'avez pas blessé, c'est le principal. Non ? Et ne vous en faites donc pas, si je m'étais réellement senti en danger, je ne vous aurais pas laissé me tuer.

C'est la pure vérité. Mais bon, tu as été surpris donc tes réactions ont été plus lentes que d'habitude. Heureusement pour lui. Tu l'observes tandis que le serpent se calme. Vos regards se croisent et, malgré la pénombre, tu te perds une seconde dans ses beaux yeux d'azur. Puis ceux-ci descendent, tu les sens se poser sur tes lèvres. Heu... Non non, il ne faut plus qu'il y ait de dérapage entre vous. Non, plus jamais. Ce n'est pas bon pour le côté professionnel entre vous, il faut absolument que vous gardiez vos distances. Oui mais vous êtes seuls, la nuit, personne n'en saura jamais rien... Non. Tu secoues la tête. Non, assez de bêtises. Et puis, tu le perturbes déjà suffisamment comme cela, inutile de compliquer encore la situation. Tu ouvres la bouche, espérant dire quelque chose qui pourrait détendre un peu l'atmosphère, mais Apophis te coupe net la parole. Un sifflement strident et une rare agitation toute caractéristique. Des congénères. Des Chasseurs. Et le vampire qui semble être encore dans les parages, vu les écailles oranges. Hum. Tu fronces les sourcils, sentant que les choses vont très mal tourner. Voir très mal tourner. Dois-tu faire une remarque ? Te taire ? Tu ne sais pas. Mais si le jeune garde est proche d'un vampire, peut-il qu'il vaudrait mieux le prévenir ? Tu ne sais pas, tu réfléchis... Avant de soupirer.

-Par une telle nuit... Il vaut mieux ne pas être un vampire en cette heure de traque, les Chasseurs aiment les soirées comme celle-ci pour répandre le sang.

Tu ne dis rien de plus. Tu as été suffisamment explicite comme cela, il n'a pas besoin de plus pour comprendre où tu veux en venir. Que compte-t-il faire ? L'appeler ? Hum, tu te recules un peu, sans rien dire. Sauf qu'apparemment, l'autre ne répond pas. Tes anciens collègues ne sont pas loin, tu ne serais pas étonné qu'ils l'aient déjà repéré et pris en chasse. Tu te mordilles la lèvre, mal à l'aise. Connaître les Chasseurs te donne toujours quelques cartes d'avance mais savoir ce qu'ils réservent à leurs victimes te dérange. Tu pourrais les arrêter. Quand au jeune homme, il devrait filer. C'est ce qu'il fait, il s'en va. Tu te mordilles un peu plus la lèvre. Tu ignores combien de Chasseurs sont en traque, tu ignores combien seront sur cette même proie. Trois contre un, comme à ton époque ? Plus ? Moins ? Non, pas moins. Certainement pas. Que faire ? Deux contre plusieurs, c'est assez difficile. Trois contre trois, ce serait plus équitable mais aider un vampire ? N'est-ce pas ce qu'on attend de toi, l'empereur ? Non, parce que les vampires ne sont pas de ton peuple. Mais le blond en fait parti, lui. Tu hésites. Oh, et puis merde. Tu attrapes Apophis, le déposes sur une branche puis remets correctement ta capuche sur la tête. Bon, hé bien... C'est reparti pour les ennuis.

Ta cape claque derrière toi tandis que tu cours à travers le parc. Sans le prodo pour te servir de détecteur, c'est un peu plus difficile mais ils ne sont pas discrets lorsqu'ils se battent. Quelle idée. Glissant une main sur la flèche de ton épée rétractable, te rassurant au passage, tu accélères l'allure... Jusqu'à te retrouver devant le genre de scène que tu connais bien. Quatre Chasseurs, un vampire. Et un humain qui se bat aux côtés de ce dernier. Par tes ancêtres, comment vas-tu pouvoir les sortir de cette situation ? Surtout que, étrangement, tu reconnais Sword. Ce cher – beurk – Sword qui te pourrit l'existence depuis des années. Tu serres les dents. À chaque fois qu'il y a un problème, il faut qu'il en soit responsable. Pour peu, tu finirais par croire qu'il en fait exprès. Enfin, tant pis, quand il faut y aller... Épée à la main gauche, en mode totalement sérieux, c'est vers ce Chasseur que tu te diriges, parce qu'il est le plus redoutable de tous ici. Comme toujours, ton épée vient intercepter la sienne. Les lames s'entrechoquent et tu devines la surprise sous son masque.

-C'est pas vrai. Tudor ! Cesse de te mettre en travers de mon chemin !
-Aux dernières nouvelles, c'est toi qui empiète sur mon territoire. Ni toi ni tes subordonnés n'avez le droit de chasser, que ce soit ici ou ailleurs !
-Le chien des Tudor est quand même bien content qu'on le débarrasse de la vermine.


Chien. Chien. Encore ? Il ose encore tenir de tels propos ? Tu n'es plus ce jeune homme qu'il affrontait en pleine rue ! Tu n'es plus le simple intendant ! Non, tu es l'empereur désormais et tu ne laisseras pas passer une telle insulte. Ton regard semble s'assombrir plus encore que d'habitude. Chien. Cette insulte te met hors de toi. Plus encore, il parle de vermine mais, aujourd'hui, tu as des raisons de les défendre. Alors aujourd'hui, tu vas lui donner cette leçon qu'il semble attendre depuis des années. Leo revient ce soir, vos épées s'entrechoquent dans un bruit fracassant et tu sais que c'est suffisant pour perturber les autres chasseurs. Si les deux autres se débrouillent bien, ils devraient pouvoir s'en aller rapidement. Quant à toi, tu sens la lame te frôler, tu la sens déchirer une partie de ta veste, au niveau du bras droit. Mais c'est la tienne qui fait le plus de dégâts. Sans prévenir, elle longe l'autre lame jusqu'au niveau de la garde, sur laquelle tu donne un coup violent. L'épée vole plus loin tandis que ton arme finit par s'abattre sur sa jambe. Le sang coule, sur l'herbe, sur ses vêtements, sur l'acier. Du sang humain. Tu vas vomir... Tu te sens pâlir mais, comme Nocte de l'a appris, tu enfermes ton dégoût dans un coin de ton esprit. Tu obliges ton aîné à rester au sol, le menaçant de ton arme, alors que tu en profites pour appuyer du pied sur la plaie.

-C'est la dernière fois que je te passe cette insulte. La prochaine fois que je l'entends, ce sera la dernière. Ai-je été assez clair ? Maintenant, tous, vous dégagez. La chasse est terminée pour cette nuit.
-Espèce de sale...
-Quelque chose à redire ?


Tu appuies un peu plus sur la plaie et l'autre gémit de douleur. Bien. Sur ces paroles, tu le laisses tranquilles et tournes le regard vers les autres. Tu ne les connais pas tous, il doit y avec un certain nombre de nouvelles recrues... Enfin, tous reculent et c'est tout ce que tu souhaites. Une fois de plus, tu t'es interposé. Une fois de plus, tu as agi en traître envers eux. Nocte te fera encore la leçon de morale. Tant pis. Tu vas plutôt récupérer le blond qui semble avoir souffert de ce combat. Tu aurais dû arriver plus tôt... Te mordillant la lèvre, tu lui fais signe de te suivre. Le vampire peut vous accompagner s'il y tient, tu les laisses discuter entre eux, surveillant du coin de l’œil que les Chasseurs ne vous suivent pas. Bien, au moins, les règles hiérarchiques sont respectées. Si l'aîné est à terre, les cadets doivent se disperser. Là, ils vont juste se retirer, jusqu'à la prochaine traque. Toutes les nuits, c'est le même combat. Tu glisses plutôt une main dans tes cheveux, ramenant quelques mèches en arrière... Avant de serrer les dents. Bon sang, finalement, Sword n'a pas loupé ton bras, tu as récolté une belle coupure. Le sang chaud coule mais cela ne semble pas trop grave, fort heureusement. À l'abri des arbres, tu reviens chercher Apophis qui siffle d'indignement. Tant pis. Tu reviens vers les deux autres... Tiens, le vampire a disparu. Un soupir t'échappe alors.

-Ça, c'est ce que j'appelle s'attirer des ennuis. Vous devez beaucoup l'apprécier, ce vampire, pour être intervenu face aux Chasseurs... Enfin, cela ne me regarde pas. Vous permettez que je vous raccompagne jusque chez vous ? En fait, non, je ne vous laisse pas le choix. Si j'étais intervenu plus tôt, vous n'auriez peut-être pas été blessé, vous raccompagner est le minimum.

Quelle excuse... Mais c'est ainsi que tu le ressens. Encore une fois, c'est ta faute s'il est dans cet état. Si tu n'avais rien dit, il ne se serait pas précipité à l'aide du vampire. Si tu étais arrivé plus tôt, tu aurais peut-être pu lui éviter quelques blessures. C'est encore et toujours ta faute. C'est... Cesse donc de te rendre responsable de tout, à chaque fois. Tu ne peux pas sauver tout le monde, tu ne peux pas être présent partout et tout le temps. Il y aura toujours des blessés, des morts, pour des causes plus ou moins nobles, plus ou moins juste. Tu ne peux pas tout empêcher, tu ne le pourras jamais, et c'est douloureux de le constater un peu plus chaque nuit. Ne plus y songer, ne plus y penser. Tu te souviens de la route à faire pour gagner l'appartement du jeune Volkov, tu ne marques aucune hésitation aux intersections. Tu marches à ses côtés, suivant son rythme sans pour autant lui proposer de l'aider, de peur qu'il le prenne mal. Tu ne dis rien, tu ne sais quoi dire. C'était noble de sa part, de s'interposer. Mais du coup, tu ne sais plus où te placer. Tu as l'impression de te sentir encore plus coupable de tes dérapages des deux premières semaines. Samael, pourquoi être aussi troublé ? Tu ne sais pas trop. Tu ne devrais pas l'être, tu es marié et heureux avec ta chère et tendre, pourquoi faut-il que ton cœur devienne si douloureux ? Pourquoi ? Tu secoues négativement la tête. Vous êtes déjà devant la porte de son appartement. Tu ne t'en étais même pas rendu compte. Tu t'écartes alors, le laissant ouvrir sa porte et entrer. Toi, tu restes sur le palier, hésitant à entrer. Il vaudrait peut-être mieux... Rentrer au palais après cette mésaventure. Oui, très certainement. Mais tu restes planté là, ton regard brillant d'inquiétude faisant des allers-retours entre lui et le sol.

-Est-ce que... Vous voulez que je reste ? Enfin, je veux dire, si jamais vous avez besoin d'aide pour quelques soins. Je ne suis pas un expert mais je connais leurs armes et les différents poisons qu'ils peuvent utiliser. Normalement ils n'utilisent rien qui affecte les humains mais sait-on jamais... Ou je peux vous adresser à quelqu'un qui saura mieux y faire que moi, si vous préférez.

Tu te sens mal. Vraiment mal. Tu as l'impression d'être ridicule. Pourquoi, parce que tu veux rester ? Ne t'acharne donc pas jeune homme. Depuis le début, tu sais que ce qu'il y a entre vous n'est pas sain, que tu ne dois pas t'y accrocher. Mais tu as quand même envie de rester, de prendre soin de lui, de t'assurer que tout va bien. Pas besoin de merci, tu ne demandes rien en échange. Rien d'autre que sa bonne santé. Et ce n'est pas parce qu'il est ton gardien, non. Si tu agis ainsi, c'est parce qu'il est le jeune homme avec lequel tu te sens bien, celui avec lequel tu as joué dans le lac, celui que tu as commencé à découvrir à l'orphelinat et qui te tient tête. Il est ce jeune homme qui t'a touché, qui t'a brûlé, bien plus profondément que tu ne pourrais l'avouer. Alors qu'il t'autorise à rester, ne serais-ce que le temps de t'assurer que tout va bien. Mais s'il ne veut pas, alors tu partiras.

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Lyokha Volkov
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♆ tell me, would you kill...


MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Sam 24 Mai - 23:17

Se battre. C'est pour cette raison que l'on te paye après tout. Et un entraînement ne peut pas te faire de mal, surtout à l'épée que tu manies pas aussi bien que les poings. Ce n'est pas ce que tu préfères dans l'art du combat, mais il semblerait que le jeune Tudor y soit tout particulièrement attaché. Alors tu te plies à ses envies, tu croises le fer avec lui, avec toujours une certaine mesure. Il ne s'agit pas d'embrocher l'autre ou de le mettre en danger. Pas plus que tu ne veux gagner face à lui, en réalité. Tu peux avoir ta petite fierté, tu peux être mauvais perdant, il y a certains cas où – tu l'as appris par expérience – il est préférable de ne pas chercher la victoire. Tu préfères de loin qu'on te prenne pour un nouveau-né, limite que l'on te sous-estime. L'effet de surprise n'en est que meilleur. Mais ce n'est pas pour autant que tu te montres mou ou peu volontaire, non, tu te bats, puisque c'est ce qu'il exige de toi. Tu es bien loin de réagir comme en situation réelle d'agression, à vrai dire, tu prends plus cela pour un jeu, ce qui explique ce petit sourire qui orne tes lèvres de temps à autres. Tu fais ça plus pour le plaisir qu'autre chose. T'entretenir physiquement ? Honnêtement, tu ne craches pas sur un peu d’entraînement, mais tu en fais suffisamment de ton propre chef pour garder une forme physique irréprochable. Quelqu'un entre dans la pièce, mais tu n'y fais pas vraiment attention au début. Il s'agit d'un serviteur comme un autre, sauf que celui-ci a un message pour toi. Tu arques un sourcil, demandant pardon au brun avec lequel tu combattais. Il abaisse son épée, et te laisse filer un instant dans te retenir. « Je vous en prie. » Tu hoches légèrement la tête, t'empressant de descendre de l'arène. Tu ne veux pas lui faire perdre son temps, mais tu dois avouer que cette fameuse missive pique ta curiosité. Qui donc peut t'écrire encore aujourd'hui ? Tu ne sais pas trop quoi penser, alors tu t'empresses d'ouvrir l'enveloppe, en extirpant une lettre soigneusement pliée en trois. La calligraphie un peu brouillonne d'un garçon ne te donne pas plus d'indices sur ton correspondant, il te faut lire quelques mots avant de comprendre de qui il s'agit vraiment. Et ces fameux mots se répandent comme du poison dans tes veines. Jay Sterling. Cette ordure. Tu aurais dû t'en douter ; ton arrivée au palais en tant que gardien... C'est bien peu discret comme nouveau job, pour quelqu'un qui aurait dû se faire oublier pour assurer sa survie. Mais cette lettre en suscite nullement de la peur. Plus de la colère. En quelques mots, il parvient à aborder mille sujet qui te fâchent. Cette chère Lucy. Ses affaires, comme il les appelle. Rien que le surnom de 'vieux frère' te fait serrer les dents. Ce n'est pas une lettre de courtoisie, non. Il s'en fiche pas mal, de savoir comment tu vas. C'est plutôt un avertissement ; non, des menaces. Une manière de te faire comprendre que tu n'échapperas pas à ton destin, qu'importe les années qui se sont écoulées entre deux périodes distinctes de ton existence. Tu pâlis à vue d'oeil, ton sang ne fait qu'un tour et quelques tremblements malvenus agitent tes doigts, serrés sur le papier blanc. Tu ravales cette envie irrépressible de froisser la feuille et de la projeter à l'autre bout de la pièce, la pliant soigneusement pour la remettre dans son enveloppe. Chaque chose en son temps. Tu ne peux pas te permettre de perdre les pédales maintenant. Tu es en service, tu es avec lui, ces choses attendront ton temps libre, même si ça te rend purement dingue de ne rien pouvoir faire plus tôt.

Les mots tournent sans cesse dans ton esprit, et peu à peu, la migraine pointe et s'insinue au plus profond de ton esprit. Tu n'as pas mal pourtant, non, tu es énervé. Tu le dissimules derrière ce masque de glace, mais ton regard azuréen trahit ton état d'esprit. Tu ne vas pas bien non. Mais de là à le dire à voix haute, jamais. Tu préfères te concentrer sur votre combat, qui semble être l'échappatoire d'un instant. L'échappatoire, vraiment ? À en juger par ton attitude, tu te défoules plutôt qu'autre chose. Tu ne joues plus sérieusement, non. Tu ne joues plus tout court. Tes objectifs ont changé. Il ne s'agit plus de s'amuser. Il s'agit de tuer. Mais te rends-tu compte un peu, de qui tient l'autre épée ? Apparemment plus. C'est comme si tu étais plongée dans une espèce de léthargie. Incapable de réfléchir de manière raisonnable. Les mots te Jay t'empoisonnent, tu te laisses avoir, parce que tu ne t'y étais pas préparé et c'est bien trop soudain comme menace. Mais réveilles-toi Lyokha. Ce n'est pas Sterling qui se bat contre toi actuellement. C'est le jeune Tudor qui ne demandait qu'un entraînement amical. Entraînement qui vire progressivement au cauchemar, à en juger par la puissance qui ne cesse de croître à chacun de tes coups. Tu deviens dangereux Lyokha, et le pire, c'est que tu le sais. Tu en as conscience. Tu es juste incapable de t'arrêter, de dire stop. Alors tu continues, tu frappes. Sans te soucier un seul instant du danger que représente cette épée que tu manies avec hargne. Tu ne veux pas le blesser pourtant ; loin de toi l'idée de lui faire du mal. Tu es censé le protéger, tu t'en rappelles ? Mais les mots. Ces mots dégoulinant d'un mépris que tu ne peux ignorer, ces mots puant une rancune mal placée, une rancune que tu ne mérites pas. Ces mots qui transpirent la colère, la menace de problèmes, voir même de ta mort imminente. Toi. On te menace toi. Tu rirais bien, d'un rire fou. Mais tu n'en fais rien, tu demeures impassible. Violent. Incontrôlable. Tu ne te rends même pas compte qu'il adopte une toute autre stratégie lui aussi. Qu'il change de main, que le combat n'en devient que plus sérieux. Tu es absorbé par le bruit du métal qui cogne, le courant d'air qui passe dans ton dos légèrement humide, et te fait frissonner. Tu ignores cette coupure au creux de ta paume, cette coupure qui brûle à cause de la moiteur de tes mains. « Ce serait plutôt à moi de te poser la question ! » C'est à peine si tu cilles alors qu'il te tutoie. Un nouveau coup, un peu plus fort que les précédents encore. Pense-t-il vraiment que tu faiblis ? Te sous-estime-t-il, lui aussi ? Tant mieux, tu ne demandes que ça. Que l'on te rabaisse. La surprise n'en sera que plus grande, une fois de plus. Mais la surprise de quoi Lyokha, bon sang ! Tu n'es pas là pour le tuer, réveilles-toi ! Réagis normalement un peu, non pas comme s'il s'agissait d'un ennemi, d'une cible à abattre.

Tu manques de te blesser plusieurs fois contre sa lame. Ta défense devient faible, voir même inexistante. Ton attitude est purement offensive, et dangereuse pour les deux partis. Mais tu es incapable de t'en rendre compte jusqu'à ce qu'il mette un terme à ce petit jeu ridicule. Tu reviens presque brusquement à la réalité, le regardant, confus. Il semble en colère. Non, en fait, il est en colère. « Oui, vous faites bien d'être désolé ! Mais qu'est-ce que vous cherchiez bon sang ? Me tuer ? Vous faire tuer ? Celui qui n'est pas concentré lors d'un combat finit toujours six pieds sous terre, vous devriez pourtant le savoir mieux que moi, Volkov ! » Le tuer ? Non, ça, jamais de la vie. Ce n'est même pas imaginable, même pas concevable à tes yeux. Te faire tuer ? Tu ne sais pas trop. Tu es un peu perdu à vrai dire, tu es même plus que confus. Non, tu n'étais pas concentré, tu le reconnais. Mais pourrait-il arrêter de te blâmer comme il le fait ? Pourrait-il arrêter de jouer les grands moralisateurs ? Et toi Lyokha, peux-tu arrêter de raisonner comme le gamin que tu étais il y a plus de six ans ? Tu t'énerves pour un rien contre lui. Il s'inquiète, ça ne se voit pas ? S'il s'en fichait de toi, il aurait poursuivit le combat, jusqu'à ce que le sang coule. Le tien, de toute évidence. Non, tu n'étais pas concentré. Tu étais absorbé par cette colère, rongé jusqu'à la plus infime cellule de ton corps par une haine que tu gardes enfermée quelque part, dans un coin sombre et reclus de ton esprit. Ton regard se fait vague, tu n'oses pas vraiment affronter le sien. Tu serres les dents, tu cherches à comprendre ce qui ne va pas chez toi. Pourquoi est-ce que tu as ainsi pété un câble. Il est évident que la lettre a tout déclenché, mais ta réaction, n'était-elle pas excessive ? Pour une fois, non. Il est rare de te voir quitter ce masque impassible. Il est rare de te voir t'emporter ainsi, sauf face à des gens incompétents qui mettent en danger les autres, c'est sûr. Mais voilà longtemps que tu ne t'étais pas retrouvé dans un tel état ; aveuglé par la colère au point d'en risquer ta vie. « Je suis désolé... » Murmures-tu à nouveau, regardant toujours ailleurs. Tu déglutis difficilement, tu laisses tomber l'épée. Tu dois partir. Tu dois t'en aller avant de vraiment perdre le contrôle. Tu dois... Réfléchir. Courir, te vider l'esprit. Aller nager ou tout simplement courir oui, jusqu'à tomber d'épuisement. Il faut juste que tu fasses le point, et ce n'est certainement pas en prenant des risques inutilement avec des vraies armes que cela va fonctionner. « Est-ce que... Tout va bien ? » Sa voix trahit son inquiétude, un bref instant, sourcils légèrement froncés, tu croises son regard. Est-ce que tu vas bien ? Tu es toi-même incapable de répondre à cette question si simple. Alors tu te contentes de hocher légèrement la tête. Tu n'es pas là pour te plaindre ou pour faire part de tes problèmes, de tes états d'âme. Juste pour protéger. Eux avant tout, comme le dit votre devise. Eux avant tout, même quand rien ne va plus. Tu redoutes ses mots, qu'il commence à te poser des questions ou à t'imposer des explications. Tu n'as pas vraiment envie d'en venir là, tu es encore perturbé par ce qui vient de se passer. Alors tu te contentes de fuir, tout simplement. De récupérer tes affaires, de quitter cette salle. Tu as besoin de... Réfléchir. Respirer. Te calmer. Relativiser. Te répéter que non, ce n'est pas la fin du monde. C'est la fin de ton monde.

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Le lac. Cet endroit est magnifique, la nuit tombée. Tu pourrais rester bien des heures, à compter les étoiles sans être sûr de vivre assez longtemps pour en avoir le nombre exact. Tu fermes les yeux un court instant, tes sens en alerte. Écouter les ailes des oiseaux qui battent le vent. Sentir la brise contre ta peau. Apprécier le parfum de l'herbe verte. C'est tellement agréable, tout cela. Tu te demandes pourquoi tu ne viens pas plus souvent, mais en fait, la réponse se présente comme une évidence ; tu n'as plus le temps. La liberté nécessaire. Un bref soupir t'échappe. Ses mains sur ta taille. Ses lèvres pour frôler ton cou. Ibrahim t'agace, il le sait très bien. Vous deux – à condition qu'il y ait eu un 'vous' un jour – c'est bien loin à tes yeux. Une erreur de jeunesse qui a marqué ta peau à jamais. Le premier homme sur lequel tu as posé un regard différent. Il t'a toujours énervé à vrai dire. Ses mots blessants qui ne t'atteignaient jamais vraiment, sa manière d'être bien trop tactile, son manque de tact dans ses paroles plutôt... Déplacées. Mais ça t'agaçait autant que ça t'attirait. Et tu t'es approché de lui, comme Icare s'est approché du soleil. À s'en brûler les ailes. Toutefois, ce n'est pas parce qu'autre fois, il t'a approché plus que n'importe quel homme qu'il peut se permettre n'importe quoi. Et il le comprend bien, lorsque tu écorches sa main. S'ensuit une discussion dont tu te serais bien passé, mais que tu sais indispensable. Ibrahim est la seule personne qui pourra te tenir informé, et aussi la seule personne en laquelle tu as suffisamment confiance pour cela. Tu sais que tes menaces sont inutiles. Tu sais qu'il ne cherchera pas à te doubler. Mais cette nervosité nouvelle due aux menaces te pousse dans les extrêmes malgré toi. Il ne les prend pas réellement au sérieux de toute façon, rien qu'à voir ce sourire qui orne ses lèvres. Il sait que malgré tes pics, malgré cette manière presque méprisante que tu as de t'adresser à lui, toute ton affection ne s'est pas dissipée avec le temps. Même si tu ne tolères plus qu'il pose ses mains sur toi, ce n'est pas pour autant que tu ne l'apprécies pas en tant qu'individu. Parce que tu l'as percé à jour, lui aussi. Tu sais qu'il n'est pas ce qu'il prétend être. Comme bien des personnes de votre société, malheureusement. Quelques mots qu'il prend – une fois de plus – sur le ton de la plaisanterie, et tu décides de le laisser là, partant en courant. Tu as envie de rentrer, tu es fatigué, tu veux prendre une bonne douche, manger un bout et dormir. Tu as besoin de repos oui. Demain, tu dois être au palais, frais et disponible. Tu dors plus que mal depuis que tu as reçu cette fameuse missive, il est inutile d'en rajouter. Alors oui, ce soir, tu vas rentrer plus tôt. Tu vas te reposer, car tu en as grandement besoin.

Sauf que quelqu'un de suit. C'est très discret, mais pas suffisamment à tes yeux. Les filatures, c'était toi qui les faisais avant. Alors oui, tu connais les ficelles du métier. Oui, tu sais quand toi-même, tu es suivi. Que ce soit un des hommes de Jay ne t'étonnerait pas, peut-être que tu es juste parano. Mais tu veux en avoir le cœur net. Alors, dès que l'occasion se présente, tu échafaudes un plan rapidement, et tu te mets à sprinter entre quelques arbres. Le temps que la personne te dépasse, et rapidement, elle se trouve face contre l'écorce d'un arbre, une lame froide et tranchante contre la gorge. Perdu. Mais tu n'es pas du genre à perdre du temps avec les formalités, alors tu vas droit au but. Que veut-il. Tu es peut-être un peu trop virulent, qu'importe. Qu'on te suive c'est un fait. Il faut en assumer les conséquences. Mais cette voix... Cette voix qui tranche le silence. Cette voix que tu reconnais désormais si bien. C'est lui. Le jeune Tudor. Il ne te faut pas longtemps pour le relâcher, prenant compte de ton erreur. Oh bon sang. Mais quelle idée aussi ! Tu es partagé entre l'exaspération et l'inquiétude. Tu tentes de calmer cette respiration saccadée, avec ce regard accusateur posé sur lui. Est-ce qu'il est complètement fou ? « Je n'ai rien à dire niveau réflexes mais je trouve que vous y allez un peu fort quand même. Bon sang, ça ne m'avait pas manqué de sentir une lame sur ma gorge. Peu importe la situation, c'est et ça restera toujours quelque chose que je déteste. » Tu serres les dents, manquant de lui crier dessus une nouvelle fois à quel point il est inconscient. Rien à redire niveau réflexe ? Tu n'as pas vraiment envie de faire dans l'humour sur l'instant, tu es bien trop occupé à te calmer. Y aller un peu fort ? Une nouvelle fois, tu serres les mâchoires. Y aller un peu fort. Et qu'est-ce qu'il attendait, le tapis rouge ? Tu soupires profondément, glissant une main dans tes cheveux déjà en bataille. La lame sur sa gorge est quelque chose de désagréable ? Une nouvelle fois tu manques – ironiquement – de pouffer de rire. Il connaissait les risques. Alors qu'il cesse de se plaindre. Toi, tu as recouvré ton calme habituel, et tu l'observes, secouant négativement la tête. De la pure inconscience, à tes yeux. « Et qu'est-ce que j'aurais dû faire ? Vous accueillir en proposant le thé ? Sérieusement monsieur, avec tout le respect que je vous dois, c'est depuis mon arrivée ici un des actes les plus stupides, les plus inconscients que je vous connaisse. Où donc aviez-vous la tête ? Dois-je vous rappeler que la fondation de ma formation repose sur le principe d'éliminer toute menace ? Bon sang. » Non, tu n'es personne pour lui faire la morale. Il est grand, il sait ce qui est bien, ce qui est mal. Mais là, ça relève de l'inconscience. Ça implique sa sécurité. Et de service ou pas, tu ne peux pas te permettre de laisser passer. Même s'il sait se battre, même si bien des choses ; c'est plus fort que toi.

Rétrospectivement, toi non plus, tu ne supportes pas la sensation de la lame froide sur la mince peau de ta gorge. Parce que peu importe combien est épaisse la lame, qu'importe sa longueur, ses effets peuvent être dévastateurs. De la simple lame de rasoir, au poignard d'un assassin, tout ce qui compte, c'est la manière dont on s'en sert. Et pour toi, c'est se retrouver en position de soumission la plus totale. En complète impuissance face à l'agresseur. Toujours est-il que oui, il te suivait. Bon sang... tu ne sais pas ce qu'il cherchait, mais ta soirée est suffisante en rebondissement pour l'instant. Alors s'il a une annonce à te faire, qu'il la fasse maintenant. Un soupir t'échappe, tu l'observes un peu. Cet homme te surprendra donc toujours, n'est-ce pas ? Tu as dit que tu aimais qu'on te surprenne. Mais pas qu'on se mette en danger pour cela. Enfin, cesse donc de revenir là-dessus. C'est fait, c'est fait. « Vous ne m'avez pas blessé, c'est le principal. Non ? Et ne vous en faites donc pas, si je m'étais réellement senti en danger, je ne vous aurais pas laissé me tuer. » Tu pouffes un peu devant ses propos, secouant la tête. Il ne t'aurait pas laissé le tuer ? Mais bon sang ! Se rend-t-il seulement compte qu'il t'aurait fallu percer sa carotide seulement pour le tuer ? En trois secondes même pas, tu lui aurais tranché la gorge, sans poser de question. Alors qu'il cesse de se penser invincible un peu. Pris au dépourvu, on peut s'appeler Superman que ça n'y changerait pas grand chose. Trois secondes. C'est tout ce qu'il a fallu. « Incroyable. Vraiment. Vous pensez vraiment que vous auriez eu le choix ? Honnêtement, si je m'étais vraiment montré extrémiste, vous auriez eu la gorge tranchée sans même vous en rendre compte. » Et tu n'exagères pas non. Il ne sait pas qui tu es. Tant mieux, d'un côté. Il ne sait pas ce que tu vaux réellement, en dehors de ce que tu lui as déjà montré. Les gardiens ont le permis de tuer, s'il y a menace pour la personne sous leur protection. Mais ce n'est pas de cet enseignement dont tu tiens tous tes réflexes, non. Alors qu'il comprenne. Qu'il intègre une bonne fois pour toute. Tu es dangereux. Vraiment. Le silence retombe progressivement, mais tu ne peux décrocher ton regard du sien. Parce qu'il t'a fait peur, parce que... peu importe combien il fait sombre, ses yeux sont toujours aussi magnifiques. Captivants. Si sombres et si vivants à la fois... Mais pas assez pour que ton propre regard s'y arrête, non. La preuve, celui-ci glisse jusqu'à ses lèvres. Le souvenir de vos baisers te revient, tu détournes immédiatement le regard. Stop, non, vraiment, stop.

Puis de toute façon, il reprend la parole. Tant mieux. Cela vous évitera un énième silence gêné. Ces fameux silences qui tournent souvent au... Non, stop ! Mais arrête un peu, c'est du passé ! Désormais, tu es à son service, ce n'est même plus envisageable. Si tant est que cela l'ait été un jour, crétin. « Par une telle nuit... Il vaut mieux ne pas être un vampire en cette heure de traque, les Chasseurs aiment les soirées comme celle-ci pour répandre le sang. » Tu fronces les sourcils. Qu'est-ce qu'il te raconte là ? Oh. Oh non. Par tous les... Il est sérieux ? Il t'a vraiment suivi de ton arrivée au parc à cet instant alors ? Ce qui implique qu'il t'a vu avec Ibrahim... Tu ne peux retenir un air agacé et limite offusqué. Non, ça, c'est trop. « Vous m'avez vu avec lui ? Non mais sérieusement quoi, vie privée, ça ne vous dit rien des fois ? » Ouh là... tu t'emportes, jeune Volkov. C'est juste que ta patience a des limites. Qu'il te teste, d'accord. Mais tu ne tiens pas à ce qu'il découvre qui tu es. Tu as pris toutes les précautions du monde, tu as fait faire des promesses, ce n'est pas pour qu'une simple filature remette tout en question. Enfin, avec un peu de chance, il n'a vu que ce qu'il voulait voir. C'est à dire... Ib qui se montrait un peu trop tactile, comme à son habitude. Tu soupires profondément. Super. Comme ça il va se faire des idées. Encore mieux. Pitié, quelqu'un ne veut pas t'assommer là, maintenant, tout de suite ? Tu veux juste tomber inconscient et de réveiller dans une autre vie, où ton patron ne te suit pas, où un ex ne cherche pas à te ramener dans son lit, et où un ancien ami ne cherche pas à te tuer. Un monde un tant soit peu normal, quoi. Enfin, tu regrettes déjà tes mots. Tu t'es montré un peu plus expressif que d'ordinaire et ça ne te réussit pas vraiment. Tu espères qu'il ne l'a pas mal pris, c'est juste que voir tout ce que tu as construit voler en éclat à cause de Ibrahim, franchement, ça te mettrait plus que la rage. Bref, pour en revenir à ses propos, tu comprends vite ce qu'il veut dire par là. Ib doit craindre les patrouilles ce soir. Tu sais à quel point il est fort – tu dois l'admettre, force brute, il est sans problème au dessus de toi – et tu ne doutes pas de sa capacité à se défendre. Mais seul contre quatre, c'est déjà plus tendu. Et même si c'est un vieux vampire, même s'il est expérimenter, que tuer est une partie de plaisir pour lui... Tu ne veux pas courir le risque de le retrouver mort demain matin. Ce n'est pas seulement que tu n'aurais plus aucun contact avec les Sterling. Ça, c'est la raison officiel que tu veux faire croire à tous. La raison plus profonde, c'est que tu laisserais jamais crever quelqu'un de confiance comme lui. Quelqu'un qui t'a toujours cru, quand les autres t'ont tourné le dos. Tu pianotes brièvement sur l'écran de ton portable, composant son numéro. Bien évidemment, cet abruti ne répond pas. Héé ! Mais du calme un peu ! Non, tu n'arrives pas à te calmer. Tout t'agace ce soir. Ib et ses sous-entendus, Tudor et ses pulsions suicidaires, Tudor et sa manie du j'ai-réponse-à-tout, Tudor et ses yeux de folie, Tudor et ses lèvres, Tudor et son corps qui te donne juste envie de... Stop. Tu t'égares une fois de plus. Et Ib ne répond pas. Il n'y a plus une minute à perdre.

Tu cours vite. Très vite même. Il est peut-être déjà trop tard, peut-être qu'il est déjà en train de se battre. Tant pis, tu dois lui prêter main forte. Alors tu abandonnes Tudor et tu files à la rencontre du vampire. C'est dur de savoir par où il est passé, mais le sachant peu aventureux, tu te doutes bien qu'il est resté sur les sentiers tracés. Alors tu fais marche arrière, direction la sortie du parc. Et pas manqué, quelques longs mètres plus loin, il est là, en train de converser avec quatre chasseurs qui se font de plus en plus menaçant. Tu les observes un court instant, un premier lance une offensive. Plus de temps à perdre, pas vrai ? Ibrahim immobilise un de ses agresseurs, tu décides de t'enfoncer un peu dans la forêt pour bénéficier d'un petit effet de surprise. Tu les contournes rapidement, et furtif, tu sors des fourrées, plaquant un des hommes masqués au sol. Surpris, il perd l'équilibre et chute. Il ne te faut pas long avant de lui envoyer ton poing dans le visage. Mais l'effet de surprise n'est que de courte durée, puisque l'un de ses collègues te vire de là et te frappe. Tu tournes un peu la tête sous la violence du coup, mais ton sang ne fait qu'un tour, et sans réfléchir, tu passes en mode affrontement. La stratégie se dessine naturellement dans ton esprit, et tes gestes sont fluides et coordonnés. Tu manques de te prendre un coup de hachette dans le torse, et tu en profites pour saisir le poignet de ton adversaire, le tordant de manière particulièrement douloureuse. Il gémit un peu, mais ton but n'est pas de le tenir non, alors tu envoies avec toute la force possible son corps contre un arbre. Sa tête frappe l'écorce, il s'effondre. Mais pour combien de temps ? Tu n'en as aucune idée. Surtout qu'il bouge un peu, et que dans quelques secondes, il sera de nouveau debout. Assez satisfait de ton coup, tu ne fais pas suffisamment attention à ce qui arrive. Et à peine as-tu le temps de te retourner qu'une lame tranche sur quelques centimètres et relativement profondément, une partie de ton abdomen. La douleur est fulgurante, mais tu l'ignores, comme on te l'a si bien appris. Tu portes par réflexe une main à ta blessure, lui fauchant les jambes tandis qu'il se remet de son attaque. C'est certainement un jeune chasseur, à en juger par son attitude. Pas à deux-cent pour cent dans le combat, du moins, pas assez pour toi. Plongé dans une colère noire, tu en lâches ta plaie, t'acharnant à coup de poing sur son visage. Il te dégage à coup de pied dans le ventre, et tu chutes en arrière, retombant presque violemment sur le dos. Une grimace tord un peu ton doux visage, tu peines à te relever, et pourtant, il le faut, tu le sais. Alors tu fais un effort, tu te relèves, la tête haute, comme toujours. Et une main appuyée sur ta blessure qui saigne, encore.

C'est alors qu'il arrive. Lui, Samael. Bon sang... Il ne faut pas qu'il soit là. Ce n'est pas à lui de te protéger, c'est l'inverse, il se souvient ? Et pourtant... Son épée choque avec celle du leader des chasseurs, tu assistes à leur bref échange. Alors ils se sont déjà croisés ? Tu grimace un peu, restant attentif tout en faisant attention à ta propre plaie. Tu détestes profondément être blessé, mais bon. Ibrahim se retrouve à tes côtés, scrutant tout ce qui se passe sous ses yeux. Il t'interroge du regard un instant, mais tu secoues un peu la tête, lui faisant comprendre par là que non, toi non plus, tu ne sais pas pourquoi ou comment. Le chien des Tudor ? Tu fronces les sourcils, esquissant un geste en avant. Sauf que ta blessure te rappelle à l'ordre et ta main tremblante et poisseuse ne peut s'en détacher. Alors pour le combat, c'est mort. Tu serres les dents, Ib gronde lorsque l'on parle de lui comme de la vermine. Rester calme, il faut... Rester calme. Oui, enfin vas dire ça au brun ! Le voilà qui se bat. Tu approuves peu, mais tu n'es pas en mesure d'agir. Et puis, tu sais qu'il est plus doué que quiconque avec l'épée, alors si les trois autres restent calme un instant, ça devrait suffire. Tu guettes le moindre mouvement de chacun, rapidement, celui qui se fait appeler Sword tombe, et il semblerait que l'empereur prenne un malin plaisir à appuyer sur sa plaie. Au moins, le message est rentré, apparemment. Le chasseur gémit de douleur et enfin, le brun relâche la pression. Au moins, les autres ne bougent plus. Bah quoi, ils ont peur ? Ils ont bien raison. Enfin, tu n'es plus en état, toi... Mais tu sais que l'humain, tout comme le vampire, à deux, peuvent venir à bout des trois restant. Trois qui préfèrent plutôt se disperser dans la nature, apparemment. Sage décision. Votre sauveur de ce soir te fait signe, t'invitant à quitter ce parc. Tant mieux, tu ne comptes pas t'attarder plus longtemps ici. Ib t'emboîte le pas et reste à ta hauteur, tout en surveillant Tudor devant vous. Tu souris devant  cette méfiance naturelle, même si tu as bien envie de lui dire de se détendre. Enfin, tu ne referas pas un vampire vieux comme lui, de toute façon. Tu gardes toi aussi un œil avisé sur l'humain, écoutant distraitement ce que le vampire a à dire. Quoi ? Non, tu ne l'as pas écouté. Tu étais juste trop absorbé par celui qui vient de vous sauver la mise. « C'était quoi ça ? Un humain qui défend un vampire ? » Murmure-t-il à ton attention, comme s'il était indigné. Tu soupires. Il devrait s'en réjouir. Tu vas peut-être t'avancer mais... « Il ne l'a pas fait pour toi, Ib. » il hausse les sourcils, te jaugeant un peu bizarrement. Tu t'en fiches, toi, tu te contentes d'avancer vers la sortie du parc, même si ta blessure te ralentit considérablement. C'est que... Tu as perdu du sang, en réalité. Sans même t'en rendre compte. C'est peut-être plus grave que ce que tu penses... Ibrahim fronce un peu les sourcils, t'observe. Quoi ? Oui, tu es livide, et après ? « T'es vraiment blanc, tu sais... » Tu soupires profondément, dégageant ta main de ta plaie. Oh... En effet, c'est plus grave que prévu. Tu déglutis difficilement, levant tes yeux azuréens vers le vampire qui observe ta plaie avec fascination. Il est vraiment... Sans commentaire. Tu aimerais le frapper, mais rien que bouger le bras te fait souffrir. Non, tu ne peux décemment pas continuer ainsi. « Viens-là. » Fais-tu simplement. Il reste dubitatif un instant, mais fini par comprendre. « Heu, ça va oui ? » Tu arques les sourcils. Alors là, s'il croit qu'il peut te refuser ça, il s'enfonce le doigt dans l’œil très profondément. « Tu me dois bien ça, crétin. » Il soupire un peu, mais il n'a pas le temps de protester plus que tu attrapes ton couteau, lui tranchant légèrement la gorge. Il grimace un peu mais se laisse faire, et tu glisses une main sur sa nuque, te rapprochant de lui. Tes lèvres atteignent son cou, et tu t'abreuves un peu de son sang. Avant de juste de reculer, grimaçant comme un gamin qui goutte du citron pour la première fois. « J'avais oublié à quel point ton sang était infect. » Il ricane un peu, passant une main sur sa gorge. « Tu disais pas ça quand on... » Tu le foudroies du regard, et il se tait. « Ok ok, j'arrête. » Son éternel sourire retrouve sa place sur ses lèvres, tu essuies les tiennes du revers de ta main et après quelques derniers mots, il disparaît. Tudor revient alors vers toi, et c'est un peu plus en forme que tu l'accueilles. Tu ne sais pas trop où en est la guérison, mais ça devrait cicatriser assez rapidement, avec le sang de l'autre dans ton système.

« Ça, c'est ce que j'appelle s'attirer des ennuis. Vous devez beaucoup l'apprécier, ce vampire, pour être intervenu face aux Chasseurs... Enfin, cela ne me regarde pas. Vous permettez que je vous raccompagne jusque chez vous ? En fait, non, je ne vous laisse pas le choix. Si j'étais intervenu plus tôt, vous n'auriez peut-être pas été blessé, vous raccompagner est le minimum. » Tu souris un peu. Oui, c'est un peu ça, la démonstration de ce que c'est, que de s'attirer des ennuis. Tu avais l'habitude, avant. Et tu ne te souvenais pas que ça pouvait être si douloureux. Enfin, un bref soupir t'échappe, laisse donc le passé où il est. Apprécier ce vampire ? Tu te mords un peu la lèvre inférieure, n'osant rien dire. Tu ne sais pas si tu apprécies Ib ou si tu le détestes. Tu ne pouvais juste décemment pas le laisser crever là. Minute il veut... te raccompagner chez toi ? Tu ouvres la bouche pour dire quelque chose, mais tu la refermes quand il prend cette décision pour toi. Alors tu n'as pas le choix. Il va t'escorter jusqu'à ton appartement. Pour la première fois de la soirée, tu retrouves un sourire chaleureux, croisant son regard un instant. Tu ne sais pas trop quoi répondre à cela, et un instant, tu hésites à dire quelque chose. Mais ce serait bien quand même non, que tu t'exprimes un minimum. Oui, en effet. Tu réfléchis quand même quelques brèves secondes, l'observant toujours. Le clair de lune lui donne un air... Tu ne sais pas trop. C'est d'autant plus mystérieux. Et d'autant plus difficile de détacher tes yeux de ses traits. Peut-être que revenir sur ledit vampire serait un bon début, non ? « Écoutez... Ne vous faites pas d'idées, d'accord ? Ibrahim est un ami de longue date. Il est un peu bizarre sur les bords, mais il n'est pas méchant. Et merci, de m'avoir prévenu. D'être intervenu. Vous n'étiez pas obligé, ce n'est pas à vous de veiller sur moi. » Ton petit sourire ne te quitte pas. Mais tu es sincère. Tu penses ce que tu dis, et tu espères être assez convaincant quant à ta relation avec ce fameux Ib. Un soupir t'échappe, ta main est toujours appuyée contre ta plaie. Tu sais que ce n'est pas entièrement refermé encore, donc tu fais attention. Vous avancez à rythme modéré, et tu es presque surpris de constater qu'il se souvient parfaitement bien du chemin. Tu l'observes un peu à la dérobée de temps à autres. Mais tu n'oses rien dire de plus. C'est dur de parler avec lui. Tu as peur de te tromper de sujet, de mot... Peur de le décevoir un peu aussi, d'un côté. C'est curieux, ces sensations... ça ne te ressemble pas. Mais tu n'arrives pas à déterminer si c'est, non, agréable.

L'appartement. Vous y arrivez bien vite. Tu n'as pas vu le rues défiler en réalité. Tu étais bien trop absorbé par tes pensées, par... Lui, en partie, il faut croire. Tu te désespères bon sang. Enfin, c'est ainsi, tu passeras bien au-dessus de cette attirance un jour ou l'autre, tu l'espères du moins. Tu arrives devant ta porte, tu entres dans l'appartement et tu te tournes vers lui, qui reste sur le seuil de la porte. Heu... Ah, oui, c'est vrai qu'il devrait peut-être rentrer au palais, après une soirée si... Mouvementée. Tu l'observes un instant, n'osant pas trop le fixer non plus. Tu attends qu'il dise quelque chose, parce que toi, tu n'as aucune idée de comment réagir. Tu n'es pas vraiment doué, en ce qui concerne les messages dissimulés et autres sentiments humains que tu as dû mal à cerner parfois. Il faudrait peut-être que tu essayes de comprendre, que tu y mettes un peu du tien. Mais cette manière nerveuse qu'il a de regarder alternativement le sol, et toi... Tu ne sais pas si tu dois sourire ou t'inquiéter pour sa santé mentale. La première option prime, mais toujours avec un peu de réserve. Il va bien, au moins ? « Est-ce que... Vous voulez que je reste ? Enfin, je veux dire, si jamais vous avez besoin d'aide pour quelques soins. Je ne suis pas un expert mais je connais leurs armes et les différents poisons qu'ils peuvent utiliser. Normalement ils n'utilisent rien qui affecte les humains mais sait-on jamais... Ou je peux vous adresser à quelqu'un qui saura mieux y faire que moi, si vous préférez. » Ton sourire s'élargit un peu plus encore, quoique légèrement timide. Alors c'est ça ? Il voudrait... Rester ? Oh, ressaisis-toi un peu Lyokha. C'est juste pour te filer un coup de main. Tu te mords un peu la lèvre, regardant ailleurs un instant. Tu ne sais pas si c'est une bonne idée... non, de toute évidence, c'en est une très mauvaise même. Oui, mais c'est tellement tentant. Oui, mais non. Oui. Non ! Tu soupires légèrement... C'est marrant, parce que quelque part, ses mots sonnent un peu comme une excuse bidon que l'on donne pour dissimuler un réel motif. Ou alors, c'est toi qui te fais des films, ce qui n'est pas totalement à exclure non plus. Tss. Tes yeux s'arrêtent un instant sur son bras. Il faut croire que lui non plus, ce n'est pas très beau à voir... Roh et puis zut, tu ne peux pas le laisser partir comme ça. Tu veux l'aider, comme lui t'a aidé. Alors tu t'écartes un peu de la porte, l'invitant à entrer. « Je ne comptais pas vous laisser partir dans cet état, de toute façon. Je vous en prie. » Fais-tu simplement. Il commence à connaître l'endroit, non ? Tu refermes la porte derrière lui, glissant juste la chaîne, histoire de ne pas fermer à clé non plus, pour qu'il puisse partir quand il le désire. Ceci fait, tu te débarrasses rapidement de ton sweat, soupirant profondément face à l'état de tes affaires. Super. Entre le sang et les trous causés par les armes... Tout est bon pour aller à la poubelle. Bah, tant pis, tant que le dégât n'est que matériel, ça ne te dérange pas.

Tu le laisses se mettre à l'aise, disparaissant un instant dans la salle de bain pour aller chercher une trousse de premiers soins. Du désinfectant, des bandelettes, des pansements, des compresses stériles, des ciseaux à tissu... il y a vraiment de tout. Mais vu que tu es du genre à te faire du mal assez facilement, tu dois reconnaître que tout cela est assez pratique. Tu l'invites à s'asseoir, allant vite fait te laver les mains, et tu récupères une paire de gants en latex. « Jouer les infirmiers m'avait presque manqué ! » Tu souris un peu plus encore, t'asseyant en face de son bras amoché. « Et inutile de me dire que vous pouvez vous débrouiller tout seul, ça m'étonnerait que vous vous recousiez avec une main. » En gros, inutile de protester, il va y passer dans tous les cas. Tu l'aides avec toute la délicatesse du monde à retirer sa veste, faisant attention à ne pas frotter contre la plaie. Une bonne étape de passée, déjà. Maintenant, il s'agit de retirer sa... Chemise. Tu inspires un peu, essayant d'ignorer le fait que cette fois, c'est toi qui le déshabilles. Ouais, pense comme un infirmier, et tout ira mieux, tu verras. Pff. Plus facile à dire qu'à faire, il faut croire... Mais tu restes extrêmement professionnel. Il peut garder sa chemise s'il veut, tout ce dont tu as besoin, c'est d'un accès direct à son bras. Et lorsque tu peux l'atteindre, tu constates enfin l'étendue des dégâts. « C'est quand même... Pas terrible. Je ne veux pas m'avancer, mais il me semble que vous avez quand même perdu du sang. Une certaine quantité, de sang. » Tes yeux ne quittent pas la plaie, et rapidement, tu attrapes de quoi désinfecter dans la trousse, faisant bien attention au moindre de tes gestes. La plaie est nette, précise. Laissée par une lame, de toute évidence. Tu attrapes le fil, l'aiguille. Et c'est parti pour une petite séance couture. Bon sang, tu te désespères toi-même... Tu espères au moins qu'il ne va pas trop douiller. « Ça risque de piquer un peu. » Souffles-tu finalement, avant de t'atteler à la tâche qui t'attend. Mais à force de patience et de délicatesse, les choses se déroulent naturellement, et assez vite, tu te retrouves à enrouler une bande blanche autour de son bras. Au moins, c'est propre. Tu espères juste que ça ne va pas se rouvrir, mais tant qu'il ne fait pas n'importe quoi, il n'y a pas de raison que les sutures sautent. Tu attrapes une boîte de cachets contre la douleur, la posant sur la boîte à côté de lui. « Vous en prenez deux maximum. Ça fera passer la douleur, pour la nuit au moins. Sinon hé bien... Du repos, c'est tout ce que je peux vous dire. Je ne suis pas médecin, mais je sais qu'une plaie peut engendrer certaines complications. Et comme j'ai été tenu de lire votre dossier médical... » Oui, enfin ça, tu n'étais peut-être pas obligé de l'ajouter. Mais le fait qu'il ait des histoires de sang peut jouer dans l'affaire, et tu n'as pas trop envie que ces fameuses complications apparaissent.

Du repos, donc. Tu hésites un instant mais... Non, ce n'est pas raisonnable. Oui, mais tu pourrais... Non, vraiment, c'est l'idée la plus stupide que tu aies eue jusque là, Lyokha. Et pourtant... Tu hésites un peu. Tu te relèves, récupères tous les déchets pour les jeter à la poubelle, tout comme tes gants qui connaissent le même sort. Il est soigné. Laisse-le partir maintenant. Tes yeux tombent un instant sur ton tee-shirt presque imbibé de sang au niveau de l'abdomen. Tu soupires profondément. Il faut impérativement que tu ailles prendre une douche. Pourtant... Tu te tournes vers lui un instant, nerveux. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. « Hm... Je voulais vous demander... Enfin, ça ne tient qu'à vous mais... Si vous voulez, vous pourriez passer la nuit ici. Vous avez besoin de repos, et les médicaments peuvent avoir un effet somnolence... Enfin, non pas que vous êtes loin du palais, je peux aussi vous ramener si vous voulez mais... Libre à vous, si vous voulez rester là, ça ne me pose aucun problème. » Ouh là. Voilà qui est très confus. Mais qu'il se rassure, c'est très confus dans ton esprit à toi aussi. Est-ce que tu viens juste de lui proposer de dormir chez toi ? Dans ta chambre ? Tu déglutis un peu, appréhendant sa réponse. Tu ne bouges pas en fait. Peut-être que tu aurais dû lui préciser que tu dors sur le sofa... Quoique non, tu n'aimerais pas que ça le freine à accepter. Héé ! Mais tu t'entends penser un peu ? Tu es tout simplement désespérant oui. Enfin, quoi qu'il en soit, sa réponse est positive. Tu ne peux réprimer un sourire un peu débile, tu ne sais pas trop pourquoi... C'est juste que tu ne t'attendais pas à ce qu'il dise oui. Pas après vos précédents dérapages. Pas après tout ce qui s'est passé. Et pourtant, regarde... Il veut bien. Il veut bien rester. Tu hoches légèrement la tête, l'invitant à te suivre à l'étage. Une première porte donne sur une bibliothèque-bureau, la seconde sur un dressing et la troisième sur la chambre. C'est ici qu'il dormira cette nuit, donc. Tu ouvres la porte, allumant la lumière. « Et voilà. Je vous en prie, faites comme chez vous. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis dans le salon. La porte d'en face donne sur le dressing, et celle au fond de la chambre sur la bibliothèque. Vous savez déjà où se trouve la salle de bain, et le reste, enfin, vraiment, n'hésitez pas. » Ce n'est pas immense non plus, il devrait s'y retrouver sans mal. Et puis, s'il a besoin de toi, tu es sur le sofa. Si tu parviens à dormir, bien entendu. Il s'avance dans la chambre, et tu le détailles un instant, toujours ce même sourire accroché aux lèvres. Allez, cesse donc de le regarder, ça va paraître... Suspect. Tu croises son regard, et c'est un peu troublé que tu l'abandonnes ici, redescendant à l'étage inférieur. Une douche. Tu voulais prendre une douche.

Et c'est plutôt rapide. Le temps de te laver, d'enfiler une tenue un peu plus décontractée, de poser cinq sutures collantes sur ta plaie presque entièrement résorbée... Tu es rapide oui, en effet. Mais le savoir ici c'est.. Troublant. Excitant. C'est bien des choses en réalité, et tu ne sais pas trop quoi en penser. Était-ce une bonne initiative ? Sans doute, mais ce n'est pas pour autant que c'est une bonne idée. Tu termines de te brosser les dents, sortant de la salle de bain avec la ferme intention de t'affaler sur le sofa. Tu allumes la tv plus par réflexe qu'autre chose. Tu ne fais même pas attention au programme qui passe, en réalité. Non, tes pensées vont à lui, à Samael. Tu n'arrêtes pas de penser à lui. Et le savoir si proche c'est... Une torture. Franchement... Stop Lyo ! Tu parles de ton employeur là. De ton empereur. Tu lui files juste un coup de main pour ce soir, c'est tout. Dors, et arrête un peu de te faire des idées. Tu te laisses comme prévu tomber sur le canapé, faisant quand même attention à ton abdomen qui a été relativement malmené ce soir. Allongé sur le dos, une couverture – trop courte – négligemment étirée sur ta personne, tu fermes les yeux. Allez, dors un peu, ça te fera le plus grand bien. Et pour une fois, c'est sans mal que tu glisses dans les bras de Morphée. Enfin, sans mal... Pour que tu dormes, il faut que tout soit plat. Ni rêve, ni cauchemar. Et tu ne sais pas vraiment quelle tournure prennent les événements mais... Environ une heure s'écoule. Une heure dans le néant le plus totale. Aucune image pour te torturer l'esprit. Et tant mieux, tu avais bien besoin de ce sommeil un minimum réparateur. Mais ce n'est qu'une courte heure de répit malheureusement. Car du néant, une image un peu floue se dessine dans ton esprit. Un lieu que tu ne connais que trop bien. Des personnes que tu connais mieux que quiconque. Et... Non, bon sang, pas ça. Le silence règne dans le salon. Mais dans quelques secondes, la tempête. Quelques maigres secondes, et quelques gémissements craintifs t'échappent. Rien de bien inquiétant, pas vrai ? Non. Jusqu'à ce que tu te mettes à t'agiter. Doucement d'abord. Puis un peu plus violemment. Et aux gestes se joignent les cris. « Lâchez-moi ! » Pause respiratoire, et tu reprends de plus belle, totalement inconsciemment. « Lâchez-moi ! Lucy, Lucy dis-leur, dis-leur que c'est pas moi... » Et des cris encore. Des cris désordonnés qui ne veulent pas dire grand chose. Cette scène, tu l'as tant vécue et pourtant, tu n'arrives toujours pas à te réveiller de toi-même. Non. Il faut attendre qu'il arrive lui. Super, tu l'as réveillé... Et qu'est-ce qu'il va penser maintenant ? Qu'en plus d'être mystérieux et de fréquenter de drôles de personnages, son garde est aussi un malade mental ? Tu te maudis intérieurement, mais pour l'instant, tu te bats contre des matons dans tes rêves. Ou plutôt, dans ton cauchemar. « Jay, dis-leur la vérité Jay ! » Répètes-tu désespérément. Mais il faut attendre qu'une autre voix s'ajoute au tableau, pour te ramener à la réalité. Tudor. Tu te réveilles en sursaut, te redressant brusquement, haletant. Ce cauchemar, tu le fais régulièrement. Peut-être trop pour que ce soit normal. Hagard, tu regardes autour de toi, avant de reporter ton attention sur lui. Tu restes en bug un instant, et tu finis par passer une main dans tes cheveux, te calmant progressivement.

« Je suis... Tellement désolé, je ne voulais pas vous réveiller... » Souffles-tu finalement, désespéré par toi-même. Franchement, tu passes pour quoi là ? Aucune idée. Glissant tes deux mains sur ton visage, tu daigne enfin plonger ton regard dans le sien. Tu sembles un peu malheureux, oui. Parce que quoi que tu fasses, tes démons te hanteront toujours. Surtout depuis que tu as reçu cette missive... Tu n'es plus aussi serein, mais ça, il ne peut pas s'en rendre compte. Tu ne veux pas qu'il s'en rende compte. « Je vais bien, je ne recommencerai pas. Je fais des crises parfois la nuit, c'est rare mais il faut croire que vous êtes là au mauvais moment... » Vaine tentative de décontracter un peu l'ambiance. Tu as plus l'impression d'être un monstre qu'autre chose. Mais tu le regardes en silence, tu le détailles. La tv s'est éteinte d'elle-même pendant ton périple inconscient, et tu l'observes à la faible lueur d'un lampadaire à l'extérieur. Il est... beau. Il n'y a pas à dire. Son regard t'intrigue toujours autant, et... Tu dérapes, encore. Arrête donc de le voir comme n'importe quel type que tu peux draguer. C'est l'empereur. Il est casé, père, marié. À vingt-six ans, certes, et après ? Il n'a besoin de personne d'autre. Bref. Tu ne te rends pas compte que c'est quand même perturbant – du moins, ça doit l'être pour lui – cette manière que tu as de le fixer de tes yeux de glace ? Inconsciemment, tes mains tremblent encore de ce cauchemar, mais tu n'y prêtes pas attention. Tu es littéralement absorbé par son regard. « Vos yeux... » Souffles-tu simplement. C'est... Curieux ça. Tu fais limite peur. Tu te fais peur. Détourne le regard, lève toi, va boire un coup. Mais arrête de le regarder ainsi. Tu aimerais bien, mais tu n'y parviens pas. Tout ce que tu aimes chez lui... Tout te revient, quand le silence vous enveloppe, avec la pénombre de la pièce. Tu ne sais pas ce qui t'arrive, mais soudainement, tu le trouves particulièrement séduisant. Peut-être est-ce ce cauchemar qui te monte à la tête, tu ne sais pas trop. Tu as... Une curieuse sensation de manque. D'avoir besoin de quelqu'un près de toi. C'est étrange pas vrai ? Oui, toi-même, tu as du mal à te reconnaître. Mais d'un coup... Tu trouves tout tellement... Attirant chez lui. Tu brûles d'envie de glisser tes mains sur sa peau, juste une fois, encore. Mais tu te contentes de le fixer en silence, depuis de longues minutes déjà. Et puis, tu esquisses un mouvement en avant. C'est léger. Mais c'est suffisant pour t'inquiéter. Tu hésites, mais pour une fois... Tu veux juste te laisser guider par tes pulsions. Même si c'est la pire idée du siècle, même si tu ne dois pas. Tu te mordilles un peu la lèvre, et sans prévenir, une de tes mains glisse sur sa nuque, et tu l'attires à toi, l'embrassant sans plus de cérémonie. Bon sang. C'est tellement... Bon. Le goût de ses lèvres, la chaleur de ses baisers... peut-être que c'est malvenu, et c'est sans doute très mal ce que tu fais là. Mais tu brûles de l'intérieur. Tu te consumes. Tu as besoin de lui, comme tu n'avais jamais imaginé en avoir besoin un jour. Il est la plus douce saveur de poison. Sucrée de prime abord, et mortelle ensuite. Tant pis s'il te brûle de l'intérieur, tout ce que tu veux, ce sont ses lèvres. Ah oui, seulement ? Alors tu peux expliquer pourquoi est-ce que tu lui roules un patin monumental ? Est-ce que tu peux expliquer pourquoi est-ce que ton autre main s'agrippe un peu à son haut, en quête d'un peu de chaleur humaine ? Les yeux fermés, du te laisses aller à cette douce erreur. Il semblerait que tu commences à l'apprécier un peu trop, en réalité. Tes lèvres quittent les siennes après ce baiser endiablé, mais tu gardes ton front collé au sien, les yeux fermés, une main posée sur ton torse. Ton cœur bat à tout rompre. Qu'il te sauve, qu'il t'achève. Mais qu'il fasse quelque chose, au moins pour s'en tirer, lui.

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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Dim 25 Mai - 20:25

Ton épée qui tombe au sol, ta voix qui résonne. Oui, tu es énervé, oui tu lui fais la leçon. Mais se rend-t-il bien compte combien la situation est devenue dangereuse à cause de sa déconcentration ? Vous n'étiez pas censé vous blesser, ce n'était qu'un entraînement ! Avec de vraies armes, certes, mais vous maîtrisez suffisamment bien cet art pour ne pas faire couler le sang, normalement. Oui, normalement. Il a pris des risques inconsidérés en ayant l'esprit ailleurs et tu comptes bien le lui rappeler. Tu as eu peur pour lui bon sang. Pas pour toi, non, tu te sais capable de parer ses attaques, mais pour lui. Une technique trop offensive ouvre dix fois trop de failles dans la défense. C'est ainsi que la force brute mène les combattants à leur perte. Si tu ne comprends pas tout ce qu'il se passe, une chose est claire : il est en colère. Si ce sentiment lui fait perdre toute notion de base de défense, il va falloir qu'il apprenne rapidement à y remédier. Il ne faut pas laisser la colère guider ses actes, cela ne peut qu'amener à une catastrophe. Tu le sais bien, tu l'as vu, tu l'as presque expérimenté. S'il perd son sang froid, cela risquerait de lui coûter la vie et tu ne veux pas que les choses finissent ainsi. Il répète qu'il est désolé mais ce n'est pas ce que tu veux entendre. A-t-il compris la raison pour laquelle tu t'énerves contre lui ? A-t-il compris que tu as juste eu peur pour lui ? Ta question, ta voix trahit ton propre état. Visiblement, non, tout ne va pas bien mais tu espères qu'il arrivera à faire le point assez rapidement. Tu n'aimes pas le voir dans cet état, tu te sens mal pour lui. Ton regard plongé dans le sien, tu cherches des réponses sans les obtenir. Peux-tu faire quelque chose ? Oui, le laisser partir. C'est ce que tu fais, sans prononcer un mot. Tu le laisses disparaître de la salle d'entraînement avec ses affaires. Pas un mot de n'échappe de tes lèvres. Ce n'est qu'un soupir qui en sort. Son contrôle n'est pas parfait, il faudra que tu gardes ce détail à l'esprit.

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Le lac, le parc. Et toi plaqué contre un arbre, une lame appuyée sur la gorge. Par tous les saints, qu'est-ce que tu détestes cette sensation. Quelque chose pouvant te réduire à l'état de cadavre en un seul geste. Brrr. Non, tu n'aimes pas cette position, car tu te sens aussi faible qu'un nouveau né. Une proie sans défense. Mais une proie qui est tout de même capable de s'emparer de son couteau et de faire des dégâts avant de rendre son dernier souffle. Enfin, inutile d'envisager le pire, tu sais qui est ton agresseur et celui-ci te relâche sitôt avoir fait entendre ta voix. Quand même, tu as mal à la gorge. Apophis, ton prodo, siffle d'indignement face au traitement qu'il reçoit dans ta poche. Pauvre reptile. Tant pis. Et le blond a beau te regarder comme un fou tu n'en as, pour ainsi dire, rien à faire. Il ignore encore qui tu es réellement, les surprises ne cesseront pas de sitôt alors il a tout intérêt à s'y faire le plus tôt possible. EN tout cas, toi, tu dis ce que tu as à dire : bons réflexes, mais il y va un peu fort. Juste un peu trop. Et pour réponse, c'est limite s'il ne te crie pas dessus. Minute, ne serait-il pas en train de te faire la morale ? T'accueillir en proposant le thé ? Non, bien sûr que non, mais quand même... C'est l'acte le plus stupide que tu ais fait depuis son arrivée ? Tu ne peux retenir un léger rire. S'il savait ce que tu as vu en vingt-six ans... Quant à sa remarque sur sa formation, elle ne fait que te pousser à lever les yeux au ciel. Il a peut-être lu ton dossier mais il y a si peu d'éléments qui y sont inscrits... Il ne sait rien. Il fait la morale à quelqu'un dont il ignore encore presque tout.

-Pour votre information, ma formation initiale était plus portée sur le combat que sur la politique. "Survivre et protéger." Tels étaient les mots d'ordre, à une époque.

À une époque, oui. Tu devais être l'intendant mais aussi le protecteur de l'empereur, non l'empereur en personne. Tout a changé, tu n'es plus celui qui protège mais celui qu'on doit protéger et tu as du mal à accepter ce retournement de situation. C'est à toi d'avoir une arme en mains, c'est à toi de te battre pour les autres. Mais on veut t'imposer la tranquillité, le calme, et la dépendance des autres. N'est-ce donc pas normal que tu aies tant de mal que cela à accepter la présence d'un garde ? Si, à tes yeux, c'est normal. Ah, tu viens de lui dire que tu as eu une formation pour te défendre seul. Aaron pourra le lui confirmer, puisqu'il a pris le relais à la mort de ton père. Bref. Il peut bien te disputer, tu n'as pas été blessé, c'est le principal à tes yeux. Et puis, la personne qui cherchera à te blesser ne s'en sortira pas indemne. Si tu penses que tu aurais eu le choix ? Oh, non, certes. Mais il y a toujours moyen de réagir, de faire quelque chose, même si cela ne peut te sauver la vie. Oui, il y a toujours une solution. Tu ne réponds pas tout de suite, plongeant ton regard dans le sien, ton serpent sifflant sur ton épaule. Un instant, tu as envie de te rapprocher, de l'attirer contre toi, de... Non, stop. Tu ne peux pas. Encore moins après ce que tu as vu quelques instants plus tôt. Tu secoues la tête, essayant de reprendre tes esprits.

-Tant que vous vous maîtrisez, je garde une chance de m'en sortir. Mais ne vous en faites donc pas pour moi, je savais ce que je risquais. Quelle autre solution avais-je vous vous voir réagir en contexte, et non au cœur du palais, là où vous savez qu'il n'y a pas besoin d'être trop sur ses gardes ?

Littéralement, oui, c'était un test. Dangereux pour toi, oui, mais tu y étais préparé. Mais tes pensées se tournent vers autre chose, vers ton reptile qui manifeste une réaction bien connue : celle qu'il a toujours a proximité d'autres prodos. Des Chasseurs sont dans les environs. Le vampire que connaît le jeune Volkov aussi. Que faire ? Dire quelque chose ? Le prévenir ? Lui expliquer qu'il risque d'y avoir du grabuge ? Ou juste te taire parce que tu n'es pas censé savoir ? La dernière solution semble la plus logique mais tu n'es pas logique. Tu n'aimes pas faire du mal aux autres. De plus, depuis que ton cousin est né loup-garou, depuis que ton meilleur ami est un vampire, tu as changé de point de vue. Ces meurtres font du mal aux victimes, à leurs familles, mais aussi à toute une autre partie de la population. Une partie de ton peuple en est affectée. Tu ne supporterais pas de perdre l'un ou l'autre à cause de Chasseurs. C'est pour cette raison que, en fin de compte, tu le mets en garde. Contre toute attente, tes mots sembles le mettre en colère. Hé bien quoi ? Qu'est-ce qu'il a encore ? Hein ? Il t'accuse de l'avoir vu avec un vampire ? Oh, ce n'est pas toi qui, limite, t'affiche de cette manière ! Tu sens ton sang bouillir quelque peu dans tes veines tandis que tu fais un effort pour ne froncer que les sourcils. C'est quand même fort, c'est lui qui est venu dans ta salle de bain alors que tu te douchais, non ?

-Niveau vie privée, dois-vous vous rappeler que vous n'êtes pas non plus irréprochable ? De plus, pardonnez-moi, Monsieur Volkov, d'aimer me promener une fois la nuit tombée ! Et plus encore, de le faire avec ce reptile. Ce n'est pas comme si, vu ce sang qui coule dans mes veines, je ne devais pas me montrer un minimum prudent pour repérer les vampires avant que ce ne soit l'inverse. Si je vous ai vus, c'était un pur hasard. Maintenant si vous voulez que je me taise et que je parte, très bien !

Non mais. Tes mots ont été plus secs que tu ne pensais, tu t'es quelque peu agacé. Mais qu'il ne t'accuse pas de l'avoir suivi depuis le départ. Tu n'étais là que pour te promener à la base, par tes ancêtres. Tu n'avais initialement pas l'intention de le prendre en filature alors qu'il ravale son énervement. Détournant la tête, de mauvaise humeur, tu ne veux même plus le regarder. Qu'il s'en aille si c'est ce qu'il veut, tu ne le suivras pas. Bon sang, qu'est-ce qu'il t'agace. Si tu lui as fait cette remarque, c'était pour l'aider, tu n'étais en rien obligé de dévoiler une telle information. S'il compte t'en blâmer, très bien, tu vas retourner au palais et t'arranger pour ne plus croiser sa route. Quand même. Oui, certes, tu réagis un peu vivement mais tu n'aimes pas qu'on t'accuse de quelque chose dont tu es innocent. Tu fais suffisamment de bêtises, inutile d'en ajouter des fausses à ton palmarès. Allez, qu'il se tire. Qu'il aille le sauver, son vampire, puisqu'il ne semble pas répondre au téléphone. C'est ce qu'il fait : il s'en va. Et toi, tu restes sur place. Tu as perdu l'envie d'intervenir. S'il veut de l'aide, qu'il aille se brosser. Tout serait plus simple si c'était vraiment toi, cette manière de penser. Sauf que tu as l'instinct de protection en toi. Les humains, tu as toujours été à leurs côtés, tu les as toujours protégés. Et lui que tu apprécies plus que de raison, lui que tu as gardé au palais, lui qui t'attire sans que tu ne te l'avoues... Tu ne peux pas le laisser s'en sortir seul. Il risque gros, trop gros. Un soupir t'échappe tandis que tu poses le reptile sur une branche. Il t'y attendra, tu le sais. Les autres Chasseurs ne doivent pas le voir, parce qu'ils le connaissent. S'ils venaient à faire le lien entre le prodo et Leo, ce serait légèrement problématique.

Finalement, tu pars au combat, ta cape claquant derrière toi. Tu es incorrigible, vraiment. Mais tu ne peux pas rester au loin, les bras croisés, en sachant que ton garde risque d'être sérieusement blessé. Lorsque tu arrives sur place, il ne te faut pas plus d'une seconde pour évaluer la situation. Quelques nouveaux, le blond blessé au ventre, le vampire qui semble pas trop mal s'en sortir et... Sword. Le danger immédiat, c'est l'épéiste. C'est donc avec lui que tu engages le combat. Voilà des années que tout vous oppose, des années que vous vous affrontez à la moindre occasion, des années que les insultes fuses. Mais si aujourd'hui il compte blesser le jeune Volkov, tu as une raison supplémentaire pour te battre et lui faire mordre la poussière. Enfin, ce sera un peu plus difficile qu'à l'accoutumé puisqu'il est un redoutable adversaire, l'un des rares à être capable de te tenir tête en toute occasion. Vos affrontements sont violents, rapides et puissants. Les épées s'entrechoquent, pour protéger dans ton cas, pour tuer dans l'autre. Vous et vos convictions à la fois si proches et si opposées. Deux faces d'une même pièce, ton opposé que tu te dois de mettre au sol, une fois de plus. Tu ignores la douleur au niveau de ton bras droit, ton épée fend plutôt l'air puis la chaire. Le sang coule, son odeur métallique te fait tourner la tête. Tu vas vomir... Non, ne pas y songer, ne pas te laisser déstabiliser. Tu es un peu plus violent que d'habitude mais tu sais que si tu ne leur montre pas que tu es le patron ici, les autres Chasseurs pourraient avoir dans l'idée de venir en aide à leur leader. Ce qu'ils ne font pas, ils se dispersent. Perfect. Maintenant, vous devez partir aussi.

Le vampire vous emboîte le pas, tu le sens méfiant, tu l'es tout autant. Tu ne te départiras jamais de cet instinct de conservation, cette crainte qu'on t'a fait entrer dans le crâne. Les vampires sont les ennemis des Tudor, il ne faut donc jamais baisser sa garde en leur présence. Jamais. Mais tu te contentes de l'ignorer, c'est le mieux à faire. Tu les laisses discuter sans les espionner, ils ont sans doute des choses à se dire et cela ne te regarde pas le moins du monde, comme le jeune Volkov te l'a si bien fait remarquer plus tôt. Tu vas plutôt rechercher Apophis, toujours bien installé sur sa branche, les laissant seuls quelques instants. Qu'as-tu encore fait, Samael ? Tu as aidé un vampire que tu ne connais pas, qui fera probablement d'autres victimes à l'avenir. Tu n'en sais rien mais c'est le plus probable. Tu secoues la tête. Ne te pose pas trop de questions, cela vaudra mieux. C'est pour le blond que tu as agi ainsi, c'est pour lui que tu es intervenu. Pour lui... Oui, tu t'es mis en danger pour ce jeune homme, et après ? C'était le mieux à faire et tu le sais. Lorsque tu rejoins les deux, il n'y en a plus qu'un sur place. L'humain. Tu regardes une seconde le serpent mais les écailles de celui-ci s'assombrissent progressivement, indiquant par-là que le vampire s'éloigne. Bien, tu vas pouvoir te détendre un minimum. Et disputer ton garde, un peu. Il s'est attiré des ennuis ce soir, vraiment. Pour un vampire... Tu te mordilles un peu la lèvre tout en regardant ailleurs, mal à l'aise. Tu n'aurais pas dû voir tout cela, tu aurais dû ignorer qu'il avait une quelconque relation avec... Ibrahim ? C'est son nom ? Vieux prénom... Minute. Ne pas te faire de fausses idées ? Un ami de longue date ? Oh, alors cela veut dire que tu t'es réellement fait des idées ? Un sourire un peu gêné vient étirer tes lèvres alors que tu reportes ton regard dans le sien. Tu te sens quelque peu honteux, ne sachant absolument pas pourquoi tu as sauté sur les conclusions hâtives. Finalement, il te remercie mais tu secoues la tête. Non, tu n'as pas fait cela pour une quelconque reconnaissance ou quoi que ce soit.

-Hé. Je vous rappelle que je suis Samael Tudor. C'est mon rôle de veiller sur mes semblables. Vous n'avez donc pas à me remercier.

En gros, c'était tout naturel, il n'a pas à se poser de questions. Sur ce, tu fais volte-face et prends le chemin vous amenant à son appartement. N'est-ce pas curieux que tu te souviennes parfaitement du trajet ? Cela peut le sembler, mais tu connais parfaitement bien la ville. À force de vivre dans le labyrinthe qu'est le palais impérial, tu as acquis un excellent sens de l'orientation et une bonne mémoire concernant les trajets à suivre. Et puis, il faut avouer que la fois où il t'a amené à son appartement ne remonte pas à très longtemps, il est donc naturel que tu t'en souviennes encore. Si cela faisait deux ou trois mois, d'accord, là tu aurais eu du mal à retrouver mais pas à quelques semaines près. Ce n'est pas loin, mais tu fais bien attention à avancer à une allure modérée. Tu ne sais pas quelle est la gravité de sa blessure alors il vaut mieux prévenir que guérir. Tu fais attention à lui. N'es-tu pas un peu trop protecteur ? Si, peut-être un peu, mais tu t'inquiètes pour lui, sincèrement. Tu as peur que les Chasseurs y soient allé trop fort, tu as peur qu'ils l'aient trop gravement blessé. Tu as peur pour lui. Alors une question t'échappe. Souhaite-t-il que tu restes ? C'est débile comme question, tu devrais partir, le laisser se reposer, il en a besoin et toi aussi. Alors rentre, n'insiste pas. Sauf que, et s'il a un problème pendant la nuit ? Il vit seul, personne ne pourra l'aider. Bon sang, Samael, il est adulte et vacciné, il n'a pas besoin d'une nourrice ! Sauf que... Il s'écarte. Il te laisse entrer. Il ne comptait pas te laisser partir dans cet état ? Quel état ? Étonné, tu baisses les yeux sur ton bras. Ah, heu, oui. C'est vrai qu'il est un peu douloureux. Un peu beaucoup, maintenant que tu y fais attention. Tu espères le rassurer d'un sourire.

-C'est pour vous aider que je proposais de rester à la base.

Hé oui, il est visiblement en train d'inverser les rôles. Mais il a raison, il faudrait peut-être que tu vérifies l'état de ton bras avant de rentrer. Si la blessure est un peu trop voyant ou profonde, tu imagines déjà la réaction de ta chère et tendre : te disputer puis passer toute la nuit à essayer de te soigner. Ah la la. Tu ne veux pas l'inquiéter, elle a beau savoir que, comme elle, tu étais un Chasseur, elle continue à se faire du soucis. Tu entres donc dans son appartement, laissant ta cape sur le porte-manteau. Puis tu poses une main sur ta blessure, grimaçant. Bon sang, c'est tout de même plus douloureux que prévu. Tu ne serais pas étonné que ce soit plus grave que tu ne le pensais. Suivant son invitation, tu t'assois sur une chaise et le laisse s'installer en face. Minute. Il compte te recoudre ? Inutile de lui dire que tu peux te débrouiller seul ? Tu souris un peu plus franchement, secouant quelque peu la tête, ne sachant pas quoi répondre à cela. Mais tu ne peux pas rester muet non plus.

-Je ne le dirai pas dans ce cas. Et vous ne me laisserez pas l'occasion de vous montrer que j'en suis capable je suppose.

Non, clairement, il ne te laissera pas essayer seul. De toute manière, il a raison, faire des points de suture, c'est toujours compliqué à faire d'une seule main. Lorsqu'il fallait le faire, tu étais contraint de te rendre à l'hôpital, ou d'aller voir le médecin du palais. Toujours est-il qu'il est... En train de te déshabiller ? Oui, apparemment. Instinctivement, tu as un léger mouvement de recul avant de t'immobiliser. Tu n'as rien à craindre bon sang. Tu entends Andrew rire de là, se moquant de ton côté peu tactile alors que dès que tu te sens à l'aise, tu l'es énormément. Mais moins que lui, c'est certain. Grimaçant lorsque vous arrivez à l'étape de la chemise, tu préfères t'en charger seul. Autant retirer le vêtement, la plaie étant assez haute, ce sera plus facile. Alors tu t'arranges pour retirer rapidement la manche, serrant le dents lorsqu'un éclair de douleur te traverse le bras. Bon sang, l'autre ne t'a pas loupé du tout. La plaie est magnifique. Pas terrible, non, comme il dit. Mais bon, il faut bien plaisanter un peu, alors...

-Mon corps est une œuvre d'art, ce ne sera qu'une marque de plus.

Une œuvre d'art ? Sérieusement ? Samael, non, là, tu vas un peu trop loin. Heureusement que tu souris, sinon on pourrait avoir des doutes sur ta plaisanterie. Ou sur ta santé mentale. Bref, en gros, tu t'en fiches d'avoir perdu du sang. Tu n'es pas encore en anémie et c'est tout ce qui est important à tes yeux. Ce n'est que dans ces moments-là que ta santé peut devenir problématique. Ça risque de piquer ? Tu te contentes de hocher un peu la tête et de serrer les dents. Cela ne pourra pas être pire que tes propres soin. Tss... Tu serres quand même bien les dents, parce que par tes ancêtres, c'est vraiment quelque chose que tu n'aimes pas. Les soins, les hôpitaux, les piqûres, les aiguilles, les médicaments, tout. Tu n'aimes rien de tout cela, mais c'est nécessaire par moments. Alors tu te contentes de subir, en silence. Il a l'air de bien se mouvoir, même si tu vois le trou laissé dans ses vêtements. Tu ne vois pas grand chose de la plaie en elle-même mais elle ne semble pas trop grave. Enfin, moins que tout à l'heure. Qu'a-t-il fait pour guérir si vite ? Tu l'ignores. Tu serais curieux de le savoir, tiens.

Les minutes passent vites. Tu ne regardes pas ce qu'il fait, tu le sens. Non, ton regard reste posé sur lui, sur son visage, son regard d'azur si concentré sur les mouvements de ses mains, et parfois ses lèvres. Elles t'attirent, tu voudrais qu'il cesse d'être aussi sérieux et qu'il se rapproche un peu plus... Non mais tu t'entends penser ? C'est mal de songer à tout cela, même s'il t'a fait comprendre qu'il n'est qu'ami avec le vampire. Ferme les yeux et laisse-le faire. Laisse-le te soigner, même si tu aurais pu te débrouiller seul. Tu t'en es toujours sorti par tes propres moyens, ce n'est pas parce que tu es l'empereur que tout a changé. Un soupir manque de s'échapper d'entre tes lèvres mais tu le retiens. Enfin fini. Tu serres une nouvelle fois les dents lorsqu'il serre un peu trop fort le bandage autour de ton bras mais ne laisses échapper aucun son. Pas un signe de faiblesse, rien. Garder la tête haute quoi qu'il arrive. Sitôt le dos tourné, tu forces un peu sur ton bras, testant la douleur, mais tu laisses aussitôt tomber. Trop douloureux. Tu ne peux donc pas refuser les cachets qu'il te proposes. Du repos ? Oui, bien sûr. Tu lui ferais volontiers une remarque mais ses dernières paroles te bloquent. Il a lu ton dossier médical ? Heu... Tu baisses les yeux. Oui, ton dossier médical. La malédiction des Tudor. Cette histoire de sang, ces anémies fréquentes. Surtout pour toi, même si rares sont ceux qui en connaissent les raisons. Tu ne dis rien, il n'y a rien à rajouter. De toute manière, il reprend assez vite la parole. Au moment où tu te lèves, pour être précis. Au moment où tu t'empares de ta chemise, hésitant à la remettre. Veux-tu passer la nuit ici ? Est-il sérieux, après tous les dérapages entre vous ? Rester est une mauvaise idée, surtout à voir ces regards que tu poses sur lui. Regards trop insistants, ce besoin de te rapprocher de lui, de le sentir contre toi, de... Non Samael. Non, pars. Ne reste pas. Oui mais, à l'origine, ne voulais-tu pas rester pour t'assurer que tout allait bien ? Il n'a certes visiblement pas besoin de toi mais ton regard un peu trop insistant au niveau de son ventre parle pour toi : tu t'inquiètes pour lui. Non, il faut que tu partes, ne te cherches pas d'excuses. Tu es déjà resté trop longtemps, n'oublie pas ce qu'il s'est passé la dernière fois que tu es venu ici. Il ne faut pas recommencer. Tu fais un pas mais t'arrêtes aussitôt. Ta tête tourne. Oh là, très mauvaise nouvelle. Si tu as des vertiges, il vaut mieux que tu restes sur place. Mais il ne faut pas l'inquiéter non plus... Tu poses une main sur ta blessure, faisant tout ton possible pour masquer ton vertiges, et esquisses un timide sourire...

-C'est si gentiment proposé... Que je ne peux qu'accepter. Merci, sincèrement.

Oui, merci, Lyokha Volkov. Ce sourire qu'il aborde te fait chaud au cœur mais tu détournes bien vite le regard. Ne te laisses pas déconcentrer. Ne penses à rien, ne te laisse pas aller. Il ne faut pas faire de bêtises, tu en as trop faites avec lui. Bien trop. Tu n'es pas dans un jeu, tu ne peux pas faire tout et n'importe quoi, encore moins sans conséquences. Vous avez trop de responsabilités, l'un comme l'autre, pour vous laisser aller à faire n'importe quoi. Tu le suis sans prononcer un mot, gravant dans ton esprit la configuration de son appartement. C'est plus fort que toi, tu as l'impression que tu reviendras plusieurs fois en ces lieux. Pourtant, cela ne devrait pas être le cas. Tu ne devrais pas. Tu es... Chez lui. Sur son domaine privé, tu sais que tu ne devrais pas. On ne mélange pas le privé et le professionnel. Pourquoi ne peux-tu pas suivre cette presque règle avec lui, hein ? Tu ne sais pas. Perdu dans tes pensées, tu écoutes à peine ce qu'il te raconte. Dressing, bibliothèque... Salle de bain, oui, tu connais. Minute, et lui, où va-t-il dormir ? Tu te retournes vivement mais il est déjà parti. Bon sang, tu étais tellement perdu dans tes pensées que tu ne l'as même pas entendu partir. Cela ne va vraiment plus. Malheureux, mal à l'aise, tu prends tout de même le temps d'appeler Adelina pour lui expliquer que tu ne rentreras pas ce soir, que tu vas bien mais qu'un contre-temps t'empêche de rentrer. Tu lui assures que tu es en sécurité, que tu seras là demain matin, que tu l'aimes, tu lui demandes d'embrasser les garçons pour toi puis tu raccroches. La vie de famille... Enfin... Tu vas te changer, te promettant de laver les affaires du jeune Volkov après les avoir utilisées, choisis d'enfiler un simple caleçon et un léger haut puis te laisses tomber sur le lit. Le plus dur maintenant : dormir. Facile à dire, difficile à faire. Si ton esprit se fait moins présent, tes sens restent un minimum en éveil, au cas où il te faudrait te lever rapidement.

Des cris te ramènent brusquement à la réalité, te tirant d'un état de demi-sommeil. Déboussolé, il te faut deux secondes pour te souvenir de l'endroit où tu te trouves et de la raison de ta présence dans cette chambre. Volkov. C'est sa voix que tu entends, ses cris. Ton sang ne fait qu'un tour tandis que tu te lèves rapidement. Trop vite, un vertige te rappelle que tu n'es pas en pleine forme. Mais, une fois de plus, tu serres les dents et sors de la chambre. Le salon. Le le trouves là, dans le sofa, à s'agiter, à crier. Cauchemar ? Tu allumes une lampe, espérant le réveiller... Raté. Tu t'approches alors de lui et le secoues doucement, l'appelant. Peine perdue, il semble complètement plongé dans le monde des cauchemars. Tu déglutis, ton cœur battant à tout rompre dans ton torse. Il faut qu'il se réveille, tu ne peux pas le laisser dans cet état ! Mais comment faire ? Tu l'attrapes par les épaules et le soulèves quelque peu.

-LYOKHA !

Ouah, très discret Samael. Au moins, cela a le mérite de le réveiller. C'est un soupir de soulagement qui t'échappe tandis que tu le relâches, le laissant se rallonger dans le sofa. Par tous les saints, il t'a fait peur cet idiot. Tu le laisses se calmer, ne disant pas un mot, laissant juste une main posée sur lui, sur son bras. Ton regard luit d'inquiétude mais tu ne demandes rien. Aucune question ne franchit la barrière de tes lèvres. Il n'est pas en état, tu le vois bien, inutile d'enfoncer un peu plus le clou. Tu ne t'es même pas rendu compte du fait que tu l'aies appelé par son prénom. Ce n'est certes pas la première fois mais, dans l'urgence... On se serait plutôt attendu à son nom de famille. Tout est tellement compliqué en sa présence. Il te demande pardon, tu te contentes de secouer négativement la tête, indiquant par là qu'il n'a pas besoin de le faire. Il est déjà tout pardonné. On ne contrôle pas ses cauchemars, on ne peut pas éternellement échapper à ses démons. Les tiens te laissent en paix lorsqu'Adelina est auprès de toi, mais ils restent à l'affût, prêts à te tourmenter, à te rappeler pourquoi tu es devenu celui que tu es aujourd'hui, tout ce sang que tu as fait couler, ces vies détruites, plus ou moins justement. Qui étais-tu pour oser juger de cette manière ? Un jeune homme brisé, dominé par la colère et la douleur de la perte de son cousin. N'y songe plus. Il tente de décontracter l'atmosphère. Toi, là au mauvais moment ? Tout dépend du point de vue...

-Au mauvais moment... Mais au bon pour vous réveiller, non ?

Tu esquisses un doux sourire. Tu es doux, tendre, calme. En cet instant, tu ressembles au Samael que tu es avec les garçons lorsqu'ils se réveillent d'un cauchemar. Il faut les rassurer, les aider à se rendormir. Il faut savoir être doux et protecteur. Il faut les mettre en confiance. Mais il n'est pas un enfant, ce n'est pas un de tes enfants. Alors que ta main glisse jusque sur sa main encore tremblante, ton regard se perd dans le sien. Son magnifique regard de glace. Tu es troublé par ce magnifique regard, par cette manière dont il arrive à accrocher le tien. C'est magnifique. La nuit, tout devient tellement plus mystérieux, plus captivant, plus... Attirant. Tu as du mal à résister à l'envie de te rapprocher de lui. Vous êtes pourtant déjà bien proches l'un de l'autre, toi accroupi à ses côtés, une main sur la sienne. Tes yeux ? Quoi, tes yeux ? Tu arques un sourcil mais ne bouges pas, bien trop captivé par son regard qui se fait de plus en plus irrésistible. Recule, lâche-le, fait quelque chose, n'importe quoi ! Non, parce qu'une de ses mains glisse sur ta nuque, t'arrachant un frisson de... Plaisir ??? Mae, reprends-toi tout de suite ! Non. Non ? Non. Parce qu'il t'embrasse. Tu restes interdit une petite seconde, sentant ton cœur reprendre un rythme bien trop rapide, le sang battre dans tes tempes. Tu cèdes, fermant les yeux. Tant pis pour les conséquences, tu en as besoin. Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, tu as besoin de lui, de son contact, de ses lèvres contre les tiennes, vos souffles se mêlant. Un brasier s'enflamme au creux de ton ventre, brasier que tu ne cherches pas à étouffer. Une de tes mains glisse dans ses cheveux, le gardant un peu plus contre tes lèvres, alors que l'autre glisse sur son torse. Bon sang, sa peau chaude, ce baiser passionné... Douce tentation à laquelle tu cèdes avec plaisir, alors que tu sais que c'est interdit. Mais l'interdit est toujours tellement plus passionnant, plus captivant, plus doux et plus enflammé. Il est le fruit défendu que tu désires depuis des semaines, ce fruit auquel tu as déjà pu goûter par deux fois. Jamais deux sans trois, visiblement. Mais aujourd'hui, c'est différent. Tu as l'impression de redécouvrir la saveur de ses lèvres chaudes, tu te sens tellement à l'aise, tellement... Tu brûles, tu te consumes de l'intérieur. Pour lui. Tu te sens mal pour ta chère et tendre mais le contact du blond contre toi te fait tellement tourner la tête que tu n'y songes pas plus d'une seconde. C'est de lui dont tu as besoin, cette nuit. Uniquement lui. Puis votre baiser prend fin. Ta respiration est saccadée, tu n'oses pas rouvrir les yeux, tellement bien avec ce contact front à front. C'est si agréable et si étrange à la fois. Vous faites une nouvelle erreur. Vous ne devriez pas, c'est une mauvaise idée. Très mauvaise idée.

-Lyokha... On ne devrait pas... souffles-tu, doucement.

Non, vous ne devriez pas. Ce n'est pas bien, pour aucun de vous. Les retombées pourraient être désastreuses si quelqu'un venait à apprendre ce qui se passe entre vous. Il faut garder un minimum de distance, il faut... Non, il ne faut pas s'embrasser. Ce que tu fais pourtant. Tu reviens l'embrasser avec une rage fougue. Tes deux mains glissent sur sa nuque tandis que tu approfondis le baiser, faisant quand même un minimum attention à lui et à ton bras. Ton cœur bat tellement fort que tu as l'impression qu'il l'entend. Tu devrais le repousser, reculer, le frapper, n'importe quoi, mais pas te coller à lui, pas l'embrasser ainsi, comme si ta vie en dépendait ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi lui ? Pourquoi cette nuit ? Mais, justement, pourquoi pas lui, pourquoi pas cette nuit ? Il est beau garçon, tu l'apprécies, il a un petit quelque chose de plus que tu ne peux plus ignorer. Il est magnifique, mystérieux. Torturé aussi, d'après ce que tu as pu voir. Dangereux. Mais ô combien tu aimes le danger... Recule-toi, cesse de l'embrasser. Mais tu as tellement de mal, surtout qu'une de tes mains revient se balader sur son torse, doucement... Arrête Samael, arrête bon sang ! Tu étais là pour te reposer à la base, pas pour... Ce genre de chose. C'est à contre-cœur que tu te recules, reprenant difficilement ta respiration. Vous ne savez pas vous tenir. Vous n'arrivez pas à rester seuls sans faire de bêtises, sans que tout dérape. Tu n'as peut-être pas commencé mais tu en as redemandé. Il a fait le premier pas, tu as fait le second. Tu voudrais fuir, retourner en arrière, n'importe quoi. Mais tu ne fais rien d'autre que te lever, aller fouiller dans la cuisine pour trouver un verre, remplir celui-ci d'eau, puis le lui ramener. En temps normal, tu le lui aurais renversé sur la tête afin de lui remettre les idées en place, avant de faire de même avec toi. Cette fois, tu te contentes de lui tendre le verre.

-T... Tenez, je pense que boire un peu vous fera le plus grand bien.

Tu as repris le vouvoiement. Tu essayes de reprendre un minimum de contenance, mais c'est tellement difficile. Tu attends qu'il prenne le verre. Une fois fait, tu t'éloignes un peu, te mordillant la lèvre, lui tournant le dos. Tout est tellement compliqué. Tu n'as pas envie de le laisser. Et s'il faisait une nouvelle crise ? Samael, tu n'es pas sa nourrice, ni son père, ni rien du tout pour lui. Tu es son empereur, son employeur, comprend que cela doit être gênant pour lui que tu l'aies vu dans pareille situation. Tu n'en as rien à faire. Tu veux qu'il soit prêt de toi. Tu ne veux pas le lâcher, pas cette nuit. Pas s'il risque de recommencer, pas s'il est possible de lui éviter une nouvelle crise, comme il a dit. Mais comment ? Tu ne peux tout de même pas lui proposer de... Non. Non, mauvaise idée. Non, c'est interdit. Hors de question même. Et pourtant, tu te retournes vers lui, te mordillant toujours la lèvre. Oui, non ? La réponse est non, bien évidemment. Évidemment... Il ne faudrait cependant pas oublier que tu n'es pas toujours logique. Que lorsque quelque chose te tient à cœur, tu mets tout en œuvre pour le faire. Et ce jeune homme, tu ne peux le laisser seul, pas après ce que tu as provoqué. Plus maintenant. Te mordant violemment la lèvre, tu reviens vers lui, lui attrapes les mains et... L'aide à se relever. Oui oui.

-Allez, venez récupérer votre lit. Ce sera toujours plus confortable.

Il peut bien protester, tu ne lui laisses pas le choix : tu l’entraînes à ta suite, éteignant la lampe au passage, jusqu'à sa chambre. Là, tu reviens à l'assaut de ses lèvres. Incroyable, elles te manquaient déjà. Tu n'as plus envie de les lâcher, tu veux les garder, les posséder jusqu'à en perdre ton souffle. Tu veux sentir la chaleur de son corps contre le tien, sa peau sous tes lèvres, sous tes mains, son parfum t'enivrer jusqu'au bout de la nuit... Calme-toi bon sang. Mais tu as tellement de mal... Tes mains glissent dans son dos, sous son haut. Tu le colles contre toi, le plus possible avec vos blessures respectives. Et tu recules, jusqu'à buter contre le lit. À ce moment là, tu te laisses tomber, l'entraînant dans ta chute. Qu'il ne te lâche pas. Qu'il reste avec toi. Il se retrouve alors au-dessus de toi. Il fait nuit noire dans la chambre, mais tu n'as pas besoin de voir son regard de glace pour le sentir posé sur toi. Une de tes mains glisse le long de sa colonne vertébrale, jusque sur sa nuque sur laquelle tu appuies doucement, l'amenant une nouvelle fois jusqu'à toi. Jusqu'à ce que vos lèvres se scellent à nouveau, dans un fougueux baiser. Par tous les saints, tu n'arrives plus à te contrôler, tu ne parviens plus à maîtriser ce flot de sentiments qui te parcourt. Le plaisir, la passion, le bonheur, le besoin, la dépendance même, son contact, l'ivresse de ses baisers. Depuis quand n'as-tu pas été emporté si loin par un baiser ? Quelques années. C'est différent de ce que tu connais déjà. Totalement différent, et déjà addictif. Ne te laisse pas aller, laisse-le dormir, va t'installer dans le sofa à sa place, fait n'importe quoi mais pas... Hé bien si, doucement, tu le renverses et romps le baiser. Non, ce n'est pas, tu ne dois pas... Trop tard, tu es déjà en train de lui embrasser le cou, chaque parcelle de peau non camouflée par une couche de vêtement. Les autres sont, petit à petit, explorées par tes mains. Arrête bon sang, arrête. Arrête ! C'est mal ce que tu fais ! Pour lui, pour elle, pour toi ! Il ne faut pas que... Non, tu l'as mordu. Dans le cou. C'est léger, il n'a même pas dû avoir mal mais... Ce simple fait te perturbe. Arrête là les dégâts. Stop. Suffit. À contre-cœur, tu te recules enfin, te laissant tomber à côté de lui. C'est une erreur ce que tu as fait. Une grosse erreur.

-Je... Pardonnez-moi. Pardonnez-moi... Bonne nuit...

Tu te recroquevilles à côté de lui. Tu devrais partir, quitter le lit, aller ailleurs, mais tu ne t'en sens pas la force. Ce qu'il vient de ce passer t'a complètement épuisé. Alors tu fermes les yeux et te laisses bercer par le bruit de sa respiration. Tout du moins, tu essayes, parce qu'il ne semble pas d'accord. Tu le sens venir se positionner au-dessus de toi, une seconde, tu as l'intention de lui dire stop, de le repousser, d'essayer quelque chose. Mais non, tu ne fais rien, parce qu'il vient t'embrasser. Tu ne fais que répondre à son baiser, glissant tes mains dans son dos. Tu te sens tellement bien avec lui... Même si tu sais que ce n'est pas bien, même si tu sais que tu te dois de le repousser, tu n'y parviens pas. Tes mains retrouvent leur place sous son haut tandis que tu frissonnes lorsque les siennes parcourent ton corps. Tu frissonnes de plus en plus. Il t'a brûlé au plus profond de ton cœur. Il t'a brûlé comme tu n'oses pas l'imaginer. Tu te sens tellement bien que tu ne peux t'empêcher de répondre à chacun de ses baisers, à suivre le mouvement lorsqu'il se recule. Tu manques même de lâcher un gémissement de plaisir. Il est... Doué. Oui, doué. Et bon sang, tu ne veux pas que cet instant s'arrête ! Non, il ne faut pas, tu ne veux pas, même si tu sais que ce n'est pas bien. Quelle influence exerce-t-il sur toi ? Tu ne sais pas. Ce doit être mutuel. C'est tellement agréable, tu ne le lâches plus une seule seconde. Tu n'as plus le courage de le laisser t'échapper. Pourtant, tu le laisses faire lorsqu'il te demande pardon. Tu ne peux pas le blâmer, tu as tout autant craqué que lui... Allez, oublier, dormir. Il faut que vous vous reposiez, tu as plusieurs réunions demain, il faut être en forme. Petit à petit, tu sombres dans le sommeil, essayant de ne pas toucher ton voisin de lit. Mais inconsciemment, au cours de la nuit, tu finis contre le jeune homme, t'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. Tu as besoin de lui...

~~~

Tu termines de resserrer la selle de Keara. La jument hennit joyeusement, piaffant d'impatience. Oui, voilà un bon moment que tu n'avais plus fait de balade à cheval. La pauvre se sentait un peu oubliée dans son box, même si tu viens la voir tous les jours pour t'assurer qu'elle ne manque de rien, qu'elle a le droit à son tour dans le pré chaque jour, qu'elle est à l'aise avec le reste du troupeau impérial... En bref, que tout est parfait. Cette magnifique jument est la fille de Sable, ta première jument, aujourd'hui trop vieille pour supporter ton poids. Elle coule des jours heureux entre le pré et son box, jouant de temps en temps avec les garçons lorsque tu les descend dans les écuries. Comptes-tu aller faire un tour seul ? Non, tu attends quelqu'un. Un certain blond que tu n'as pas vu depuis ce matin, à cause de ce qu'il s'est passé cette nuit. Quand tu t'es réveillé, il était déjà parti, te laissant un simple mot. Vous avez fait une erreur, vous devriez arrêter de vous tourner autour, très sincèrement. Mais tu as du mal. Tu ne sais pas comment réagir, alors peut-être qu'une balade à cheval vous permettra de mettre les choses au point. Tu as fait toutes tes réunions officielles ce matin, tu es libre pour le reste de la journée et tu comptes bien en profiter. Les enfants ont des cours et tu sais que ta chère et tendre a quelques affaires à régler. Personne n'aura besoin de toi.

-Mae, sérieux, on est obligé d'amener Fiere avec nous ? On peut aller courir que tous les deux et laisser ton garde ou je ne sais quoi se trouver une autre monture.
-Je t'ai entendu, sale gosse.


Tu ne peux que rire en regardant les deux chevaux se disputer ouvertement. Hé oui, ce sont les chevaux des Tudor. Spécialement sélectionnés pour leurs performances physiques mais aussi et surtout pour leur intelligence. Au fil des années, les inventeurs ont trouvé le moyen de les faire parler à l'aide d'une sorte de collier bourré d'électronique et doté de minuscules enceintes. Tu secoues la tête, flattant l'encolure de la jument.

-S'il vous plaît tous les deux, pour une fois, évitez de vous disputer. J'ai besoin de vous aujourd'hui, parce que je sais que je peux vous faire totalement confiance.
-Tu me donnes un sucre et je serai à jamais muette comme une tombe !


Une fois de plus, tu éclates de rire alors que quelques chevaux hennissent, indiquant l'arrivée de quelqu'un qu'ils ne connaissent pas. Curieux, tu tournes la tête vers l'entrée et esquisses un timide sourire en reconnaissant le blond. Tu donnes un sucre à Keana puis rejoins le jeune homme. Tu l'as fait demander, précisant que s'il comptait t'accompagner lors de ta sortie, il valait mieux pour lui mettre une tenue adéquate pour faire de l'équitation. Tu ne sais pas par où commencer, tu ne sais quoi lui dire. Ton cœur bat vite et fort, trop fort. Le souvenir de cette nuit émoustille encore tes sens, tu brûles d'envie de revivre tout cela mais... Non, ne pas te laisser emporter, ne pas faire de bêtise. Surtout que les deux chevaux noirs arrivent et que la tienne te donne un petit coup de tête dans le dos.

-Cela veut dire que vous m'accompagnez je suppose... Lyokha Volkov, je vous présente Keana et Fiere. Les chevaux, Lyokha Volkov, garde depuis peu au palais.
-Beau gosse. Finalement, j'aurais pas été contre le fait de lui servir de monture.
-Les filles...
-Wow, j'ai dit, pas de dispute vous deux !
fais-tu en riant.

Les deux s'éloignent alors, leurs sabots résonnant sur les dalles, continuant à s'envoyer toutes les insultes possibles et imaginables, la plupart étant incompréhensibles pour les humains. Tu lèves les yeux au ciel, désespéré.

-Merci d'accepter de venir... J'espère juste que leurs bavardages ne vous dérangeront pas trop, ils seraient vexés si je venais à éteindre leur traducteur... Et comme je ne savais pas si vous saviez ou non faire de l'équitation, Fiere est le plus docile de l'écurie, j'ai pensé que ce serait plus facile...

Oui, Fiere est le plus facile à vivre de toute l'écurie. Il est doux et calme, même s'il a de la réplique et qu'il n'aime pas se faire marcher sur les sabot par les plus jeunes comme Keana. Sur ce, tu siffles trois coups et les deux chevaux reviennent vers vous. Sans la moindre hésitation tu montes sur la selle de la jument et attend que le blond fasse de même. Et lorsque c'est bon...

-Le dernier arrivé à l'étang bleu est une poule mouillée !
-Ou un canard boiteux !
ajoute Keana avant de se cabrer et de partir au triple galop.

Tu entends à peine la réplique de Fiere, vous êtes déjà loin. Le vent sur le visage, cette sensation de liberté... La journée se doit d'être belle. Il faut que vous puissiez vous retrouver seuls, l'un et l'autre. De préférence, sans faire de bêtises. Les deux montures devraient suffire à vous empêcher de vous sauter dessus... À moins qu'ils vous y encourages, va savoir.

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
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♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Mar 3 Juin - 20:11

« Pour votre information, ma formation initiale était plus portée sur le combat que sur la politique. "Survivre et protéger." Tels étaient les mots d'ordre, à une époque. » Tu serres les dents. Tu aimerais répondre quelque chose du tac au tac, mais tu ne dis rien, pour la bonne et simple raison que rien d'intelligent ne te vient à l'esprit sur l'instant. Ou du moins, rien que tu ne puisses te permettre de lui raconter. Survivre et protéger. Tu retiens un léger sourire quand il parle de survivre. C'est quand même un abus de langage à tes yeux, venant de quelqu'un comme lui. Né dans une cage en or, héritier malgré lui. Même si sa vie n'est pas drôle tous les jours, même si elle ne l'a certainement jamais été, comment peut-il prétendre à la survie quand il vit bien au dessus que la plupart des gens de cette planète ? Tu retiens cette remarque pour toi, tu n'es pas là pour te lancer dans un quelconque débat qui t'apporterait plus d'ennuis qu'autres choses. Contente-toi donc d’acquiescer comme toujours, et tout se passera pour le mieux. Ça ne t'empêche toutefois pas de vouloir l'attraper par les épaules pour le secouer. Peut-il l'intégrer ça, qu'il s'est montré inconscient ? À sa manière de prendre la chose avec légèreté, tu en doutes grandement. Mais bon sang, qu'il ouvre les yeux un peu. Tu n'as pas besoin de lui fournir toutes les pièces du puzzle pour comprendre. Un peu de jugeote suffit, voyons. Tu n'es pas affecté à sa garde pour rien. Tu n'es pas sorti majeur de promotion parce que tu avais appris plus rapidement, et mieux que les autres, non. Tout ce qui fait que tu es là aujourd'hui, peu importe combien c'est secret, même s'il ne sait pas, il devrait y réfléchir un peu. Tu n'es pas là parce que tu es un parvenu, un lèche-botte de service ou tu ne sais quoi. Tu es là pour des compétences particulières, certaines que l'on ne trouvait pas aux autres de ton âge quand tu as entamé ta formation. Alors oui, même s'il ne te connaît pas, ce n'est pas sur les quelques rares extraits de tes capacités qu'il peut se baser, loin de là. Donc certes, il a reçu une formation initiale. Peu importe combien celle-ci était complexe, peu importe combien il s'est entraîné au combat. C'est un homme, tout comme toi, il à deux ventricules, pas trois, pas quatre. C'est le même fluide qui coule dans ses veines, le même instinct de survie qui est censé habiter un coin reculé et primitif de son esprit. Donc oui, pour le coup, tu t'en fiches pas mal de sa formation. Tu es agacé, un peu inquiet aussi. Tu aurais pu déraper. Tu aurais pu, sans le vouloir, aller trop loin. Qui sait ; un faux mouvement, un manque d'indices. En une fraction de seconde, une vie peut basculer, tu l'as appris à tes dépends, hors de question que l'histoire se répète. Tu t'efforces de respirer, de rester calme, même si ce n'est pas vraiment simple avec lui. Il te rend fou bon sang. Et pour le coup, tu lui ferais bien ravaler son sourire. Non, ce n'est pas que tu lui en veux, que tu es énervé, que tu ne l'aimes pas. Tu es inquiet, pas besoin de chercher plus loin. « Tant que vous vous maîtrisez, je garde une chance de m'en sortir. Mais ne vous en faites donc pas pour moi, je savais ce que je risquais. Quelle autre solution avais-je vous vous voir réagir en contexte, et non au cœur du palais, là où vous savez qu'il n'y a pas besoin d'être trop sur ses gardes ? » Un test. Un stupide test. Tu ne sais pas si tu dois te sentir offusqué, que l'on contrôle tes capacités comme on contrôlerait celles d'un débutant. Ou encore, si tu dois juste te taire et désespérer en silence. Te voir réagir en contexte. C'est le prétexte le plus ridicule entendu jusque là. Tu voir réagir en contexte. Ainsi donc le papier – ou plutôt, le dossier – fourni par l'administration de l'agence ne lui suffit pas ? Tu as passé ta formation, complété celle-ci par un tas de stages facultatifs. Tu fais partie des plus compétents, et personne n'a jamais remis en question tes capacités. Lui vient de le faire, indirectement. Tu serres les dents, tu regardes ailleurs. Tu hésites à répondre quelque chose, te ravises un instant. Puis finalement, tu reprends. « Vous n'aviez pas besoin de tester mes capacités, c'est tout. Je suis formé, je m'entraîne continuellement pour être meilleur encore que ce que l'on attend de moi. Qu'est-ce que vous voulez de plus ? Vous ne me faites pas confiance ? J'ai peur que les choses deviennent bien compliquées, si c'est le cas. Et sans vouloir vous offenser, cela fait bien longtemps que mes preuves ne sont plus à démontrer. » Ce n'est pas de la vantardise ou un excès de zèle, qu'importe comme il le prend, ce n'est certainement pas cela. Tu es humble, et ceci est une affirmation, ni plus, ni moins. Tu n'as de comptes à rendre à personne. De preuves à faire à personne. Lui comme un autre ; hé oui, il peut bien être l'empereur ou même le maître du monde que ça n'y changerait rien ; tu n'as plus rien à prouver, ta réputation dans le milieu n'est plus à faire, loin de là.

Tu n'es pas tout à fait calmé qu'il reprend la parole, t'indiquant plus que clairement que les chasseurs rôdent. Et Ibrahim n'est certainement pas encore chez lui, il doit être quelque part sur le chemin du retour, à rêvasser à tu ne sais quoi, comme à son habitude. Un instant, tu t'arrêtes sur un bien futile détail, mais qui au final, se révèle avoir son importance ; il t'a vu avec Ib. Ce que tu ne voulais évidemment pas. Tu n'as pas honte du vampire, non. Mais tu le connais toi, tu connais son côté bien trop tactile, ses mots trop sulfureux. Le jeune Tudor n'en sait rien lui, et soudainement, tu te prends à avoir peur de l'interprétation qu'il pourrait en faire. Alors c'est plus fort que toi, tu lui fais une remarque sur la vie privée. Il en connaît la définition, pas vrai ? « Niveau vie privée, dois-vous vous rappeler que vous n'êtes pas non plus irréprochable ? De plus, pardonnez-moi, Monsieur Volkov, d'aimer me promener une fois la nuit tombée ! Et plus encore, de le faire avec ce reptile. Ce n'est pas comme si, vu ce sang qui coule dans mes veines, je ne devais pas me montrer un minimum prudent pour repérer les vampires avant que ce ne soit l'inverse. Si je vous ai vus, c'était un pur hasard. Maintenant si vous voulez que je me taise et que je parte, très bien ! » Et voilà qu'il hausse un peu le ton lui aussi. Votre petite dispute est purement ridicule, la situation est risible et tu t'en rends bien compte. Enfin, tu es toujours remonté, et plus encore de savoir que tu vas sûrement devoir te battre. Non pas que tu rechignes à la tâche, mais tu es fatigué, Tudor vient de t'avouer qu'il t'a vu avec Ibrahim, plus rien ne tourne rond dans ta tête et en plus, tu vas te farcir quatre chasseurs. Quelle merveilleuse soirée. Tu essayes de ne pas ruminer, de rester impassible. Tu t'apprêtes à répliquer quelque chose, mais tu te contentes de secouer la tête. Inutile d'envenimer la situation, pars donc, tant qu'il en est encore temps.

Et tu ne te fais pas prier. Tu rencontres rapidement les chasseurs, l'échange est plutôt violent, mais ça, il fallait s'y attendre. Les négociations, ce n'est pas vraiment pour toi. Tu préfères immobiliser, péter les clavicules et parler après. On ne peut pas t'en vouloir, c'est comme ça qu'on t'a éduqué. Alors tu te bats. Tu reçois des coups, tu en donnes. Tu n'es pas au top de ta forme, et ils sont deux sur toi. Tu sais te battre à mains nues, ah ça oui, tu es doué. Mais pour le coup, ils sont armés, et toi non. Un geste de travers, un dixième de seconde d'inattention et tu te reçois un coup de poignard au niveau de l'abdomen. Douloureusement, tu portes une main à ta plaie, ta main se fait vite poisseuse, couverte d'un tiède liquide rouge. Ibrahim te jette un coup d'oeil incertain, mais il est trop occupé à se battre de son propre côté pour te venir en aide. Tu n'as pas besoin d'aide. Enfin, peut-être en réalité. Tu as du mal à déterminer la gravité de ta plaie, bien trop sur tes gardes pour t'en soucier pour l'instant. Tu finiras par le sentir de toute façon, si c'est si grave que cela. Et à ce moment-là, il sera peut-être trop tard pour te mettre à courir vers l'hôpital le plus proche. Tu es au début surpris de voir le jeune Tudor débarquer. Et même si l'idée qu'il t'aide te révulse, parce que c'est ta nature de gardien qui veut cela, tu ne peux pas cracher sur son aide, loin de là. Ibrahim s'en tire plutôt bien – sa carrure plutôt imposante l'aide, il faut dire – mais on ne peut pas en dire autant de toi. Blessé au ventre, tu en es réduit à l'état de victime. Et bon sang que tu détestes ça. Tu hais ça, profondément. Car tu détestes le sentiment d'impuissance qui vient avec. Être incapable de faire quoi que ce soit. Le moindre geste trop brusque t'arrache une grimace, Samael met un terme à cette stupide mascarade. Chacun des chasseurs se retire, et c'est tant mieux, tu n'étais plus vraiment d'état à les affronter. Désormais, tu marches aux côtés d'Ibrahim. Vous discutez un peu du brun, de pourquoi, de comment. Tu n'as pas de réponses à ses questions malheureusement. Si ce n'est qu'il n'a pas fait ça pour le vampire, mais bien pour toi, voilà qui te semble évident. Tandis que l'empereur s'éclipse, tu te rapproches un peu de Ib. Pas de la manière dont il le voudrait non, et même si tu n'es pas trop hémoglobine, tu n'as pas trop le choix pour l'instant. Alors tu t'abreuves un peu de son sang, même si le goût te fait froid dans le dos. C'est... Vraiment pas terrible. Mais les effets attendus sont là ; l'hémorragie cesse progressivement, et tu sais qu'il n'est question que de minutes, avant que la plaie ne commence vraiment à bien se refermer. Bref, après quelques derniers mots, Ib disparaît dans la nuit pour de bon, et toi, tu retrouves le jeune Tudor. Le silence pèse entre vous deux quelques instants, tu ne sais trop quel sujet aborder. Alors le plus évident se présente à ton esprit. Ibrahim. Le remercier lui, pour être intervenu ; il n'était pas obligé, pire encore, il n'aurait pas dû. Et pourtant il l'a fait. « Hé. Je vous rappelle que je suis Samael Tudor. C'est mon rôle de veiller sur mes semblables. Vous n'avez donc pas à me remercier. » Tu hausses un peu les épaules. Peut-être mais tu voulais le remercier. Vraiment. Même si ce n'est pas dans tes habitudes, même si les trois quart du temps, les rôles sont inversés... Pour le coup, tu lui dois beaucoup. Enfin, tu auras bien le temps de te racheter, si tu restes à son service, pas vrai ?

Et ça... C'est de moins en moins certain. Pourquoi ? Parce que tu le laisses rentrer chez toi. Et tu sais que c'est catégoriquement défendu. Le règlement des gardes l'interdit. La première règle, c'est de faire la différence entre le professionnel et l'intime. Il semblerait que la limite soit bien maigre avec lui, qui empiète un peu trop souvent dans cette seconde partie. Tu vas le regretter ça, tu le sens. Mais tant pis. La brûlure est tellement agréable pour l'instant. « C'est pour vous aider que je proposais de rester à la base. » Tu te contentes simplement de sourire. Il ne peut certainement pas le comprendre, mais à ce stade, tu n'as plus vraiment besoin d'aide. Il reste la marque de ta plaie, mais ça ne saigne plus, et ça se résorbe progressivement. C'est plus pour lui au final, qu'il est important qu'il reste. Tu vas récupérer un kit de soins, revenant vers lui. Assis. Et qu'il ne proteste pas. Ça ne fait que quelques semaines que tu le côtoies, et tu as l'impression de le connaître depuis des années. Peut-être parce que quelque part, il te ressemble un peu sur quelques points, et que ça ne t'étonnerait que peu qu'il refuse ton aide. « Je ne le dirai pas dans ce cas. Et vous ne me laisserez pas l'occasion de vous montrer que j'en suis capable je suppose. » Tu ris doucement. Non, en effet, c'est hors de question. « Un autre jour peut-être, quand je ne serai plus là pour m'occuper de vous. » S'occuper de lui. Ce n'est pas vraiment le terme approprié, ce n'est pas vraiment ce que tu voulais dire. Trop tard. De toute façon, tu es trop concentré sur ce que tu fais, pour que ce soit le moins douloureux possible. Tu n'es pas infirmier, mais tu as quand même quelques notions, reçues lors d'un stage particulier fait par le biais de l'agence. Hors de question que tu le rendes dans cet état à sa chère Adelina. Adelina... Tu t'appliques donc à ta tâche, te perdant quelque peu dans tes pensées. Sa douche Adelina. Cette jeune femme est... Forte. Digne de porter le nom des Tudor. Honnête et juste, et particulièrement adorable. Attentionnée envers les siens, protectrice avec ses enfants... Elle te rappelle un peu Lucy, sur certains points. Ah, Lucy. Tu essayes de ne pas y songer. Tu penses plutôt au présent. Aux Tudor. Tu te rappelles que tu t'es surpris encore hier. Tu t'es fait peur même. À envier Mademoiselle Adelina pour certaines raisons qui sont désormais évidentes. C'était perturbant parce que... C'était la première fois que tu ressentais de la jalousie, depuis bien longtemps. Une jalousie mal placée à tes yeux, malsaine, mal tout ce que l'on voudra... Tu sens le regard du brun posé sur toi. Tu ne te déconcentres pas un seul instant, au contraire, tu fais toujours plus attention au moindre de tes gestes. « Mon corps est une œuvre d'art, ce ne sera qu'une marque de plus. » Tu souris sincèrement, amusé par sa remarque. Mais tu ne dis rien, tu demeures concentré sur ce que tu fais. Tu te fais la réflexion que toi aussi, tu es quand même pas mal servi côté marques. La plupart sont à l'encre noires, volontaires ou non. Les autres... des traces laissées par des combats, par des coups reçus. Les traces d'un passé que tu préférerais parfois oublier. Bref. L'idée, c'est de ne pas lui laisser de trace à lui. Que tout soit propre, impeccable. Lui éviter le moindre problème qui pourrait en découler. Et tes efforts payent puisque rapidement, la plaie est recousue, désinfectée et bandée. Peut-être serres-tu la bande un peu trop fort, tu ne t'en rends pas compte. Tu ressens l'oppressant besoin de t'écarter de lui sur l'instant. Parce qu'il est proche. Tu sens encore la chaleur de sa peau sous tes doigts, son regard posé sur toi. Tu pourrais l'embrasser. Tu pourrais. Vous êtes tous les deux ici, chez toi. Personne pour vous voir, vous entendre. Personne pour savoir. Pourtant tu n'en fais rien. Tu t'écartes, tu le laisses se relever. Voilà, c'est bon. Qu'il s'en aille maintenant.

Quoique. Tu n'en es pas sûr. Tu n'es pas sûr de vouloir le voir franchir le pas de cette porte. Pas sûr de vouloir qu'il s'en aille. Tu te pinces un peu les lèvres ; tu l'observes et tu regardes ailleurs, comme si cela allait t'aider à prendre une décision un tant soit peu sensée. File-lui cette boîte de médicaments, et laisse-le s'enfuir. Laisse-le partir. C'est ce qu'il y a de mieux pour vous deux, tu le sais. Et pourtant tu te permets une erreur ; une autre. Pas la première, certainement pas la dernière, au plus grand damn de ton côté professionnel. Reste. Ou plutôt, restez vous reposer, si vous le désirez, comme l'exige le protocole. Protocole que tu meurs envie d'abandonner, tant il te semble dérisoire, à côté de vos regards, de vos échanges tantôt passionnés, tantôt interdits. Restez, s'il vous plaît. Mais qui en a le plus besoin au final ? Lui, ou toi ? Tu serais tenté de répondre lui, mais tu sais que tu en as autant besoin. Tu te mords un peu la lèvre, poses la question tant redoutée. Tu n'es pas sûr de vouloir entendre sa réponse. Ses yeux glissent sur ton ventre, tu baisses un peu le regard. Non, tu n'as plus grand chose en effet. Lui expliquer le pourquoi du comment, simplement s'il te le demande. Ce n'est pas nécessaire. « C'est si gentiment proposé... Que je ne peux qu'accepter. Merci, sincèrement. » Sa réponse tombe. Immédiatement, ton regard azuréen croise le sien. Tu n'es pas certain que c'était la réponse attendue. Autant que, au fond de toi, tu es persuadé que c'est ce que tu désirais. Paradoxal, pour le coup, tu l'es. Tu te contentes de hocher légèrement la tête, un chaleureux sourire étirant tes lèvres. Il détourne le regard, toi aussi. Rapidement, la gène te gagne, même si tu essayes de paraître le plus normal possible. Alors tu le guides simplement jusqu'à ta chambre où il pourra passer la nuit si c'est bel et bien ce qu'il veut. Toi, tu te contenteras du sofa. Ce n'est pas la première fois que tu y dors de toute façon. Le silence vous enveloppe à chaque seconde, et c'est pourquoi tu prends le soin de le laisser rapidement seul, allant plutôt prendre une douche, pour simplement te laisser tomber sur le sofa. S'il a besoin de quoique ce soit, il sait où te trouver. En attendant, dors. Cesse de songer à lui. À ses yeux qui te hantent, au goût de ses lèvres que tu as peur d'oublier. Juste, dors et demain encore, tu feras comme si de rien n'était. Comme si tu n'étais pas en train de t'éprendre de lui.

Des sensations. Des bruits, des visions. Une illusion parfaite qui te retient prisonnier, qui embrouille tes sens, et te laisse imaginer le pire. Ou plutôt ; te souvenir du pire. Ce qui est passé, ce qui lointain, mais pas tant que cela au final. Des cauchemars qui secouent tes nuits, et te font hurler. Un peu comme ce soir, où tes cris et autres implorations se font désespérés. Toi qui est d'habitude si froid, si sérieux. Te laisser aller ne te ressemble pas, et c'est bien pour cette raison que c'est purement involontaire. Tu ne contrôles rien de ce qui se passe. Tu ne sens pas le jeune Tudor se précipiter à tes côtés, allumer la lumière, tenter vainement de te réveiller. Tu es perdu entre rêve et réalité, sur une mince limite que tu as bien du mal à franchir. Tes démons te tirent vers l'arrière là où Samael t'amène vers l'avant. Une lutte contre toi-même, contre qui tu as été, et qui tu es aujourd'hui. Une lutte qui te fatigue, qui rend ta respiration saccadée. Et un cri te ramène à toi. Ton prénom. Lyokha. Brusquement tu te redresses, ouvrant les yeux. Des tremblements fébriles agitent tes mains, tu déglutis difficilement. C'est le réveil brusque, le retour soudain à la réalité. Tu vas bien. Tu es en sécurité maintenant, remets-toi de tes émotions. Mais c'est toujours difficile. Un peu moins que d'habitude, certainement est-ce son regard rassurant posé sur toi. Son regard, et la chaleur de sa main sur ton bras. Normalement, tu chercherais à te dégager d'un tel contact. Là, tu ne tentes rien. Tu restes ainsi, parce que tu es bien. Ton regard un peu fébrile cherche le sien, tu le regardes sans le voir au début, mais peu à peu, il t'apaise. Ton rythme cardiaque redescend, ta respiration se fait un peu plus espacée. Tu reviens parmi votre monde, doucement. Tu bredouilles quelques excuses, comme quoi il tombe au mauvais moment... Ce qui est purement inutile, et tu le sais. « Au mauvais moment... Mais au bon pour vous réveiller, non ? » Tu tentes un timide sourire un peu confus. Oui, en effet... Mais, sa voix est douce. Tellement douce... Tu arques très légèrement les sourcils, détaillant ses traits. Sa main glisse jusqu'à la tienne. Tu te poses quelques questions un instant. Pourquoi est-ce qu'il fait ça, qu'est-ce qu'il veut, qu'est-ce qu'il cherche. Elles se dissipent bien vite alors que tes yeux accrochent encore et toujours les siens. Tu te perds dedans sans même t'en rendre compte, tes tremblements se calment progressivement. Ses yeux sont magnifiques, et tu ne manques pas de le lui rappeler. Peut-être que c'est malvenu dit ainsi, mais c'est la pure vérité. Ouh là, tu dérailles un peu... Non. Oui. Peut-être. Mais il te semble si séduisant sur l'instant. C'est presque violent ce qui te parcourt, cette irrépressible envie de l'embrasser, de l'avoir contre toi. Un court instant, tu hésites. Et finalement, sans te poser plus de questions, tu te lances. Même si c'est mal, même s'il ne faut pas. Une main glisse sur sa nuque, et tu l'embrasses, fermant les yeux. Il hésite un instant, tu le sens. Mais il finit par te répondre, et tu n'en demandes pas plus. Quoique, si, en réalité. Tu veux le sentir contre toi. Savoir qu'il est là, que vous êtes vivants, que tu ne rêves pas. Une de ses mains passe dans tes cheveux, l'autre contre ton torse. Un frisson presque violent remonte le long de ton dos, et t'incite à approfondir ce baiser un peu plus encore. Tu as besoin de lui. Tu es dépendant. Carrément dépendant, à t'en faire peur. C'est interdit, c'est mal. De toute façon, c'est pas un secret que tu brûleras en enfer, alors un peu plus, un peu moins, autant en profiter tant que tu es encore en vie. Tu as l'impression de ne pas pouvoir te détacher de ses lèvres, tu en es presque désorienté, et pourtant, il le faut. Alors tu te recules. Rien qu'un peu. Front contre front, tu conserves cette proximité jugée malsaine par les conventions. « Lyokha... On ne devrait pas... » Son souffle contre tes lèvres. Tu gardes les yeux clos, ta main contre sa nuque. L'autre glisse entre son épaule et son cou, rejoignant progressivement la première. C'est mal oui, tu le sais. Vous ne devriez pas non. Et c'est presque douloureux qu'il le dise. Vous ne devriez pas, en effet. Et pourtant, vous aimez ça, plus que de raison. Tu l'apprécies, plus que de raison. Allez, tu as fait ton erreur de la soirée. Recule maintenant. Tu as eu ce que tu voulais, tu l'as embrassé. Laisse-le donc partir, qu'il retourne se coucher. Et toi, essaye de te remettre les idées en place un peu. Tu le disais inconscient, mais toi alors, qu'es-tu ? Tu es fou, apparemment. Tu n'oses pas bouger, et pourtant mentalement, tu trouves un peu de volonté pour te dérober. Mais non. Il revient à l'assaut de tes lèvres avec une fougue que tu ne le connaissais pas, et qui te surprend presque. Tu arques légèrement les sourcils, avant de juste te laisser aller à ce nouvel échange. C'est si différent à chaque fois avec lui. Tu as l'impression qu'il ne peut faire mieux, mais à chaque fois, il te surprend, et c'est toujours meilleur. La saveur de ses lèvres. Leur chaleur contre les tiennes. Son souffle qui se mêle régulièrement au tien. Un tas de petites choses simples dont tu ne te lasses pas, dont tu n'arrives pas à te lasser. Ce serait préférable pourtant. Mais tu en es tout bonnement incapable. Alors doucement, tes mains glissent le long de ses côtés, tout doucement, pour venir se poser en bas de son dos. C'est tellement interdit, tellement agréable... Tu n'as pas l'habitude que l'on fasse preuve de temps de douceur avec toi, à vrai dire. D'une délicatesse si sincère. Il t'échappe, tu suis le mouvement jusqu'à simplement le laisser partir. Stop. Tu en as trop fait. Vous en avez trop fait. Il se relève un peu trop vite à ton goût, et tu rouvres les yeux, l'observant tandis qu'il s'éloigne. Que cherche-t-il ? Bien vite, tu trouves réponse à ta question, alors qu'il te revient avec un verre d'eau. « T... Tenez, je pense que boire un peu vous fera le plus grand bien. » Une certaine dose d'incompréhension brille dans ton regard, tu demeures silencieux. Certainement car tu n'es pas sûr de tout comprendre. Ce soudain changement de sujet, si on peut dire ça comme ça. Ce besoin de s'éloigner de toi. C'est dans des instants comme celui-ci que tu commences à comprendre que non, ce n'est pas qu'une attirance physique entre vous deux. Il a quelque chose de plus. Quelque chose qui reste indéterminé pour l'instant. Et quelque part vaut mieux, ne cherche donc pas à en savoir plus.

Il te tourne le dos, pourtant, tu n'as de cesse de le regarder. Est-il si troublé que cela ? Est-ce de ta faute ? C'est évident, pas vrai. Tu baisses les yeux un court instant, prenant une gorgée d'eau avant de reposer le verre sur la table basse. Pourquoi est-ce que vous en êtes arrivés là. Vraiment, c'est... Anormal comme situation. Tu t'es laissé porté par tes pulsions, mais maintenant, ça va mieux. Tu avais juste besoin de quelqu'un sur l'instant, il était là et... Et il serait peut-être temps d'arrêter de se trouver des excuses. De regarder les choses telles qu'elles sont ; tu es en train de fondre pour lui, littéralement. Alors ressaisis-toi, rentre dans le droit chemin, et cesse de te comporter comme le gamin que tu n'es plus. Il revient vers toi, se mordant la lèvre. Tu l'observes un peu, attendant qu'il dise quelque chose. Mais il t'attrape les mains et t'incite à te relever. Sans plus réfléchir tu t'exécutes, bien qu'une certaine interrogation se soit faite une place au fond de tes prunelles. Pourquoi ? « Allez, venez récupérer votre lit. Ce sera toujours plus confortable. » Tu secoues la tête, ouvrant la bouche pour dire quelque chose. Avant de juste la refermer, puisque tu ne peux pas protester qu'il t'entraîne déjà vers ta chambre. Non, qu'il y reste, qu'il y dorme, tu peux dormir sur le sofa, tu le fais souvent, ça ne te dérange pas le moins du monde... Mais pour le coup, tu ne trouves pas la force de protester. Parce que quelque part, ça réveille quelque chose en toi, de savoir que vous allez passer la nuit dans la même pièce. Peu importe combien c'est un mauvais plan, une mauvaise idée. Tu n'as pas la force de dire non. Et autant dire qu'il te surprend, quand il vient t'embrasser à nouveau. Dans le noir. Tu ne t'y attendais pas, mais ce n'est pas pour autant que hésites à lui répondre. Pas un seul instant tu doutes de ce que tu dois faire ; ça te semble tellement évident. Tellement naturel... Et pourtant, ça ne devrait pas. Vous le savez très bien. C'est tellement mal... Mais tellement bon à la fois. Ses doigts glissent sous ton haut, et une fraction de seconde, tu te figes, ne pensant qu'à une chose ; attraper ses mains et lui demander d'arrêter. Mais le plaisir que cela te procure... Voilà qui dissipe toute volonté en toi de le repousser. Tu te laisses entraîner, donnant beaucoup dans ce baiser que tu n'avais pas prévu. Tu aimes qu'il te surprenne. Encore plus ainsi, même si tu devrais ne pas penser comme cela, tant pis. Il recule, tu le laisses t'entraîner, et vous butez contre quelque chose. Il tombe, et t'embarque dans sa chute. Habile, tu fais bien attention à ne pas lui tomber dessus, t'installant à quatre pattes au-dessus de sa personne. Un instant, tu le fixes de tes yeux bleu de glace. Tu te dis que tu ne dois pas, que vous devez arrêter. Que tu dois ressortir de cette pièce et le laisser dormir. Mais toutes tes bonnes résolutions s'envolent quand sa main passe sur ta nuque, t'incitant à l'embrasser une fois de plus. C'est sans hésiter que tu presses tes lèvres contre les siennes, tes yeux se fermant naturellement. Tu essayes de te dérober, du moins, tu y songes fortement. Mais tu n'y arrives pas. C'est comme si ton corps ne t'obéissait plus. Tu te laisses simplement guider par tes sentiments, par tes envies, précisément ce contre quoi on vous forme chez les gardiens. Ne jamais obéir à ce que toi, tu veux. Toujours aux désirs des autres, dans une certaine mesure, évidemment. Mesure que vous venez de dépasser, tu t'en es bien rendu compte. Mais tu es incapable de relâcher ses lèvres, c'est comme si tu en avais besoin. Tu hésites un peu au début, mais une de tes mains quitte les draps, et restant en appui sur un bras seulement, tu passes ta main sous son tee-shirt, la laissant lentement remonter de son abdomen à son torse, faisant un peu remonter le tissu au passage. Bon sang que sa peau est brûlante. Au bout de quelques longues secondes, il te renverse un peu et tu te laisses faire, ne te rendant même pas compte que tu es allongé sur le dos. Il vient au-dessus de toi, ton regard interrogateur le cherche quelque part dans l'ombre. Mais tu ne vois plus rien. Tout ce que tu peux constater, c'est son souffle sur ta peau, dans ton cou... Naturellement, tu penches un peu la tête en arrière, les yeux à demi clôs. Non, ce n'est pas bien, arrête-le... Mais une fois de plus, ta volonté t'échappe, et tu te laisses totalement faire quand il embrasse ta peau, incapable de quoi que ce soit, à part de frissonner dès que tu rentres en contact avec lui. Il te mord dans le cou, et tu étouffes un très léger gémissement en pinçant tes lèvres. Non, arrête-le. Tout de suite. Pas besoin de réagir, puisqu'il prend les devants. « Je... Pardonnez-moi. Pardonnez-moi... Bonne nuit... » Tu fronces un peu les sourcils, te redressant sur tes coudes. C'est dingue cette manière de s'excuser... Pardonnez-moi... ça sonne un peu comme s'il t'implorait de tu ne sais quoi... Et tu te sens mal pour lui. Alors certes, ce n'est peut-être qu'un prétexte pour faire ce qui tu prévois de faire. Mais tant pis. Tu ne veux pas dormir maintenant. Pas ainsi. Alors sans même lui demander son avis, tu reviens au-dessus de lui, et tu ne le lui laisses pas le temps de protester que tu l'embrasses. Il te répond, à nouveau, ses doigts parcourent ta peau, et tu ne peux retenir ces multiples frissons qui courent sur ta peau... C'est tellement agréable... Tu aimerais arrêter le temps pour vous deux. Tu aimerais qu'il ne soit plus l'empereur, que tu ne sois plus le garde. Que vous ne soyez rien de plus que de jeunes hommes qui n'ont rien de remarquable, et qui eux au moins, ont le droit de s'aimer. Minute... QUOI ? S'aimer ? T'es sérieux ? Heu non, enfin, c'est pas ce que tu voulais dire... Tu abandonnes ses lèvres – et avec plaisir, tu constates qu'il suit le mouvement – et tu viens t'attaquer brièvement à son cou, y déposant plusieurs baisers. Une de tes mains reste sous son haut, à faire d'inlassables aller-retours sur son flanc gauche... C'est tellement dur de t'arrêter. Mais tu y parviens, par tu ne sais quel moyen. Tu restes un instant à frôler son oreille, avant d'y souffler quelques mots. « Je suis désolé, moi aussi. Bonne nuit, monsieur... » Un sourire un peu triste étire finement tes lèvres, et tu te laisses retomber sur le dos, t'allongeant au plus loin possible de lui. Et pourtant, tu as l'impression que toutes les distances du monde ne suffiraient pas à vous éloigner l'un de l'autre... Rien qu'à voir comment tu te réveilles le matin, avec le brun accroché à toi...


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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Lyokha Volkov
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♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Mar 3 Juin - 20:12

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Tu tapotes un peu du bout de ton stylo sur le petit – mais épais – carnet qui se trouve sous tes yeux, posés sur le bureau. Tu cherches tes mots, tu ne les trouves pas. Il semblerait qu'il n'y en ait pas, pour décrire ce que tu ressens. Et pourtant, en un soupir, tu te lances. Même si tes phrases ne décrieront jamais assez bien tes ressentis, et tout ce qu'il y a eu de vivant en toi cette nuit, tu te sens dans l'obligation de poser ça sur papier, dans cet espèce de journal intime que tu tiens depuis que tu es.. Très jeune. Tu t'es très tôt rendu compte à quel point la vie était précieuse, c'est pourquoi tu as décidé d'en écrire les passages les plus importants, et quelques uns avec moins d'intérêt aussi. Juste pour te souvenir, pour te rappeler, si un jour, tu venais à tout oublier. « Je ne sais pas si je fais bien d'écrire cela. Sans doute pas. Sans doute que je le regretterai un jour. Sans doute que je brûlerai ces pages, dans un nombre de jours qui reste à déterminer. Mais j'ai besoin de savoir que je l'aurais écrit. Même si c'est mal, même si je ne devrais pas, et que j'en ai pleinement conscience. Comment oublier ce qui s'est passé, de toute façon ? Voilà des années que j'exerce ce métier, j'ai toujours été irréprochable, pas le moindre écart de conduite, pas le moindre blâme... j'ai certainement reçu l'affectation la plus noble qui soit, en étant reçu chez les Tudor. Mais, est-ce que j'aurais imaginé une seule minute que les choses tournent ainsi ? J'ai dormi avec lui, cette nuit. Dans mon lit. Chez moi. Ce qui est formellement interdit, mais je pense que je vais arrêter de mentionner ce qui va à l'encontre de notre règlement, puisque tout ce qui va suivre est prohibé par celui-ci. Mais la vérité, c'est que pour une fois, je m'en fiche de leurs règles. Je n'arrive pas à oublier cette nuit, la saveur de ses lèvres, la chaleur de se peau, la douceur de ses cheveux. Rien que d'en parler met tous mes sens en alerte. C'est mal, pas vrai ? Mais je n'ai pas envie d'oublier en réalité. Même si je devrais être viré pour ce que j'ai fait, je n'arrive pas à le regretter. Parce que tous les blâmes du monde valent son regard posé sur moi. Ses lèvres contre les miennes. Nos deux corps qui se cherchent constamment. J'ai l'impression de devenir à moitié fou, je ne sais pas trop, dès qu'il est là, c'est comme si je ne contrôlais plus rien. Comme si une partie de mon être était dépendante, et qu'elle contrôlait tout. Je suis quelqu'un de volonté pourtant. Quelqu'un qui ne cède pas facilement ; les occasions se sont présentées, jamais je n'ai dérogé à la règle en des années de boulot. Mais lui... Il est tellement... Différent. Ce que je ressens à ses côtés c'est... Indescriptible. C'est interdit, mais c'est si bon à la fois. J'ai parfois l'impression que je pourrais tout abandonner pour lui, que je pourrais totalement me laisser aller. Je n'arrive même pas à culpabiliser pour cette chère Adelina, non, j'ai plutôt... Je ressens même de la jalousie envers elle, parfois. C'est malsain, tout cela, et le pire, c'est que j'en ai conscience. Le pire, c'est que je ne fais rien pour arranger la situation. Je pourrais – non, je devrais demander mon transfert. Mais à chaque fois que j'y songe, je trouve mille raisons pour ne pas le faire. Alors j'attends. J'attends de voir comment la situation va évoluer, même si je ne devrais pas. Tant pis. Je le regretterai peu-être un jour, oui. Mais ce jour n'est pas venu, et nous sommes encore jeunes. Alors pourquoi se priver d'une aventure qui, si dangereuse soit-elle, nous attire ? » Un nouveau soupir t'échappe. Tu relâches le stylo, referme le carnet et l'entoure d'une fine lanière de cuir sur trois tours. Tu le caches sous une pile de dossiers, dans un des tiroirs de ton bureau. Tu n'as pas le temps, et tu en as déjà trop inscrit sur cette page, tu le sais. Puis, si tu continues à te perdre dans l'encre et le papier, tu vas finir en retard. En retard pour ? Pour lui. Il t'a donné rendez-vous aux écuries. Et tu dois l'avouer, tu redoutes un peu cette rencontre. Tu as peur que ce soit pour t'annoncer qu'il ne veut plus de toi ici, après ce qui s'est passé cette nuit. Et d'autre part, ce serait un sacré soulagement. Non, tu ne veux pas partir, ça te peinerait mais... Tu essayes de trouver le bien dans le mal, pour relativiser, comme toujours. Tu te désespères un peu, aussi.

Tu fais donc preuve d'appréhension, mais aussi d'une certaine curiosité. Le messager t'a informé qu'il fallait que tu sois en tenue, si tu voulais pouvoir suivre le jeune Tudor aujourd'hui. Pas besoin de chercher plus loin, si ton rendez-vous est à l'écurie, c'est certainement qu'il vous a organisé une petite sortie à cheval. Monter à cheval... Ça ne s'oublie pas, à ce que l'on dit. Alors tu croises les doigts, même si ça ne fait que quatre mois que tu n'es pas monté, tu espères secrètement qu'il ne va pas te refiler le cheval le plus nerveux de toute la brochette. Ce n'est pas que tu es contre un peu d'action, bien au contraire... Et tu aimes les chevaux, tu es souvent monté à cheval – notamment pour plusieurs personne que tu protégeais et qui s'adonnaient à ce loisir. Mais tu gardes quand même une côte fêlée de ta dernière expérience un peu violente avec ses animaux. Pourquoi ? Oh, tu as ni plus ni moins servi de crash-test pour le débourrage d'un jeune cheval, pour une gamine capricieuse qui soit dit en passant, te sortait par les yeux. Bref, tu n'es pas là pour revenir sur tes expériences dans le domaine équestre, non, alors tu termines de te préparer, enfilant boots et mini-chaps marrons parfaitement lustrées, prenant soin de remonter la fermeture sans pincer au passage ton pantalon d'équitation beige. Tu hésites un instant à prendre une veste, puis finalement tu pars sans, jugeant qu'il fait suffisamment chaud pour rester en chemise. Tu récupères ton passe, ton arme de service, et rapidement tu sors de ta chambre, te rendant en vitesse à l'écurie. Tu y vas en marchant d'un pas décidé, mais ce n'est pas ça qui fait légèrement augmenter ton rythme cardiaque, non. C'est juste que, à chaque pas que tu fais, à chaque pas qui te rapproche un peu plus de lui, des images de la veille persistent dans ton esprit. Toi, lui. Sur ton lit. Ces baisers échangés, cette fougue, cette fièvre... Ses lèvres dans ton cou, ses mains sur ta peau.. Rien que d'y penser, un léger frisson te parcourt. Mais tu secoues rapidement la tête, essayant de chasser ces quelques images de ton esprit. Stop. Le temps de te raisonner, tu es devant les écuries. Tu rentres dans le bâtiment, accueilli par quelques hennissements curieux. Un léger sourire se dessine alors sur tes lèvres, et tu t'approches du jeune Tudor, qui patiente aux côtés de deux chevaux noirs. « Cela veut dire que vous m'accompagnez je suppose... Lyokha Volkov, je vous présente Keana et Fiere. Les chevaux, Lyokha Volkov, garde depuis peu au palais. » Tu hoches un peu la tête, n'arrivant pas à décrocher ton regard du sien. Allez, te reprendre un peu... Ce que tu finis par faire, quand la jument prend la parole. « Beau gosse. Finalement, j'aurais pas été contre le fait de lui servir de monture. » Tu arques les sourcils, souriant un peu plus encore. Hé bien. Première fois que tu entends une jument parler – enfin, tu avais entendu parler de ce fameux système de traduction, mais jamais vu en application – et si tu étais facilement intimidable, tu rougirais peut-être de ses propos. Une jument qui te considère comme un beau gosse. « Les filles... » Entame ce qui semble être un autre cheval. Y'a pas à dire, c'est vraiment bizarre d'entendre des animaux parler. « Wow, j'ai dit, pas de dispute vous deux ! » Ton rire fait un peu échos au sien, tu t'approches de lui, alors que les deux équidés s'éloignent un peu. C'est plutôt... Singulier comme rencontre. « Merci d'accepter de venir... J'espère juste que leurs bavardages ne vous dérangeront pas trop, ils seraient vexés si je venais à éteindre leur traducteur... Et comme je ne savais pas si vous saviez ou non faire de l'équitation, Fiere est le plus docile de l'écurie, j'ai pensé que ce serait plus facile... » Accepter de venir ? Il n'a pas à te remercier pour si peu, tu secoues un peu la tête d'ailleurs, lui faisant comprendre par là qu'il n'a pas à te remercier, c'est naturel. Fiere donc. Tu notes mentalement le prénom de ta monture, et te contentes de sourire en apprenant qu'il s'agit du cheval le plus docile de l'écurie. Hé bien tant mieux, car tu dois avouer que pour une première depuis quelques mois, avoir un cheval docile, ce n'est pas de trop. « C'est sympa de votre part, j'apprécie. Je monte à cheval oui, mais on va dire que ça fait bien quatre mois que je n'ai pas chaussé un étrier et j'avais peur d'avoir un peu perdu. » Ajoutes-tu simplement, haussant un peu les épaules. Oui, et tu avais passablement peur de te rétamer aussi, et d'avoir l'air plus ridicule que tu ne l'es déjà à ses yeux. Ridicule ? Hé bien... Il faut dire que tu ne sais pas de quelle manière il te voit, et tu as plutôt tendance à penser que tu lui inspires de la pitié plutôt qu'autre chose, parfois. Il ne faut pas chercher, ta vision a toujours été faussée, par rapport à la manière dont te voyaient les autres. Il ne déroge pas à la règle, apparemment. Tu n'as de cesse de te demander si tu n'es qu'un passe-temps à ses yeux. Et d'un côté, pourquoi pas ? Tu es le petit nouveau, tu es son garde, tu ne peux dire non à presque rien, tu es jeune et sans vouloir te venter, tu n'es pas moche. Le passe-temps idéal, pas vrai ? Mais à quoi pourrais-tu t'attendre de plus de toute façon ; il est marié, il est père. Un peu de distraction ne se refuse pas. Tss... Mais tu peux t'entendre penser un peu ? Tu passes carrément pour quelqu'un de lunatique là. Ce qui n'est, soit dit en passant, pas du tout toi. Preuve de plus qu'il t'influence plus que tu ne le voudrais...

Un sifflement te ramène à la réalité, les chevaux reviennent. Tudor monte sur le sien, et toi, tu ne tardes pas à en faire autant, prenant souplement place sur ta selle. « Le dernier arrivé à l'étang bleu est une poule mouillée ! » « Ou un canard boiteux ! »Tu protestes d'un léger 'héé !' qui se perd dans le vent. De toute façon, il est déjà parti, et il n'y a plus une minute à perdre. Tu talonnes légèrement ton cheval, mais pas besoin de beaucoup le solliciter ; il est déjà au triple galop, bien décidé à rejoindre les deux autres. Ton sourire ne te quitte pas, tu le laisses accélérer, quoique gardant fermement les rênes en main, histoire qu'il ne dévoile pas son jeu tout de suite. Toujours en garder sous la semelle, disait un homme qui t'as appris à monter à cheval, lorsqu'il s'agissait d'une course. Et c'est bien ce que tu fais, Fiere est rapide, mais il ne donne pas tout de sa puissance. Ce qui ne l'empêche pas de rejoindre assez rapidement Keana. Tu te retrouves juste derrière Samael, légèrement sur sa gauche. Tu n'aurais qu'à talonner un peu plus pour arriver à sa hauteur. En demi-équilibre pour soulager le dos de ton cheval – et par conséquent, le rendre plus léger dans ses foulées – tu observes un peu autour de toi. Vous avez quitté Spes et tu ne t'en es pas vraiment rendu compte. Désormais, vous êtes en pleine nature. Et si le chemin est pour l'instant large, tu sais qu'il va finir par se rétrécir pour atteindre le fameux étang bleu, ne laissant qu'une voie. Alors l'idée, c'est d'atteindre cette fameuse voie en premier, au risque de devoir finir second. Tu te mords un peu la lèvre, hésitant à laisser la bride à Fiere... Mais... Non. C'est un pari risqué, mais un tout autre plan se dessine dans ton esprit. Tu sais ce que tu vas faire. Alors tu laisses Tudor emprunter cette fameuse voie qui ne permet le passage que d'un cheval à la fois, et pour ta part, tu te décales légèrement sur la droite, empruntant un chemin du même genre, quoique un peu moins débroussaillé. Quelques ronces griffent tes bras, tu n'y prêtes pas attention, toute douleur aussi infime soit-elle étant noyée par l'adrénaline que te procure cette course. Ton cheval souffle fort, tu sais que c'est dur pour lui, mais il semble endurant et c'est tout ce qui compte. De temps à autres, tu jettes un bref coup d'oeil sur ta gauche, où Tudor passe comme une ombre sur le chemin escarpé. Vous êtes au coude à coude, et tu sais que tu as encore tes chances de gagner. Alors tes chevilles font légèrement pression contre les flancs du cheval qui accélère encore légèrement. Mais devant vous se dresse un obstacle. Un lourd tronc d'arbre étendu au milieu du passage. Tu n'as pas le temps de ralentir la cadence que l'étalon le saute avec aisance, et tu ne sais par quel miracle tu tiens encore sur ta selle. Rapidement, tu reprends tes esprits, tu sais que la fin est dans une cinquantaine de mètres. Mais Tudor te dépasse d'un cheval, puis de deux. « Allez, tu vas quand même pas te faire battre par cette fille ! » Souffles-tu à l'intention de Fiere. Celui-ci fait l'effort d'accélérer, encore. Il y prend du plaisir et gagne doucement du terrain. Mais quand vous arrivez au lac, Samael a toujours cette légère longueur d'avance qui fait qu'il gagne, et c'est riant que tu arrives, ralentissant progressivement ce pauvre cheval qui souffle déjà bien fort. « Hé bien ! » T'exclames-tu soudainement, alors que Fiere trottine pour finalement repasser au pas. Tu flattes son encolure de nombreuses caresses bien méritées, et tu t'empresses de descendre, le laissant reprendre sa respiration. « C'est ce que j'appelle une course, en effet ! » Fais-tu, toujours aussi souriant. Il est rare de te voir aussi épanoui, aussi heureux. Mais pour le coup, tu ne peux te cacher derrière ton masque de glace, tu te sens réellement bien.

Tu t'approches un peu du lac, glisses tes mains dans l'eau pour en recueillir un peu au creux de tes paumes. Tu reviens vers ta monture qui souffle toujours aussi bruyamment, et tu passes doucement tes mains sur son encolure. « C'est pas grave, tu as été brave. » Murmures-tu à son attention. Gagner la course n'avait que peu d'importance. Vous vous êtes amusés, et c'est tout ce qui compte. Il secoue un peu la tête, hennit joyeusement. L'eau fraîche lui fait apparemment du bien, et tu le laisses se déplacer seul jusqu'à l'étang, où il va se désaltérer un peu. Pour ta part, tu te tournes vers Tudor, l'observant de longues secondes avant de soupirer profondément. Il y a quelque chose que tu voudrais essayer... Juste parce que tu y songes depuis ce matin et que.. Oui, c'est très stupide, tu en as conscience. Mais quelque part, tu as envie de le faire. Tu te mords un peu la lèvre, prenant soudainement un air gêné. Oui, tu es bon comédien quand il le faut. Un peu comme maintenant. Tu retournes près du lac, à côté de Fiere qui s'est déjà bien calmé, apparemment. Tu t'éclaircis un peu la voix, et tu te retournes d'un quart vers Tudor, caressant ton cheval sans poser le regard sur sa personne. Comme si c'était trop dur. « Je voulais vous dire... Je... » Tu soupires à nouveau profondément, avant d'enfin, plonger ton regard dans le sien. Il faut que tu affrontes la vérité en face. Et pour le coup, tu ne souris plus, non, plus du tout. Tu as plutôt un air un peu grave. « J'espère que vous ne m'en voudrez pas mais... Après ce qui s'est passé cette nuit... Pour des raisons d'éthique évidentes, hé bien... J'ai déposé ma demande de transfert ce matin. » Et à nouveau, tu baisses les yeux, regardant l'herbe par terre. Il ouvre la bouche, semble hésiter un peu. Que va-t-il dire ? Tu relèves timidement ton regard vers lui, guettant sa réaction. Puis en fait, il referme la bouche et regarde ailleurs. Tu en fais autant. Sa réponse vient au bout de quelques longues secondes, tu déglutis un peu. Tu te sens mal de lui faire un tel coup... Entendre toute cette hésitation dans sa voix... Mais ? Mais quoi ? Tu te mords un peu la lèvre, ayant conscience que tu viens de casser toute ambiance, avec une annonce. Mais c'est tellement réaliste d'un côté. Tellement probable. Il sait à quel point tu es droit, honnête... Ta demande de transfert, si elle était réelle, serait tellement justifiée... Il semble mal à l'aise, tu l'es tout autant. Tu serres les dents autant que possible, tu essayes de regarder ailleurs, mais un léger sourire se dessine sur tes lèvres... Et finalement, tu éclates de rire, c'est plus fort que toi. Tu l'observes, ne cessant de rire, secouant légèrement la tête. « Bon sang, vous auriez vu votre tête ! » Fais-tu entre deux éclats de rire, peinant à te calmer. Oui, ce que tu viens de faire était purement... Dégueulasse, pour rester poli. Mais un mal pour un bien, non ? Et si l'avoir vu réagir ainsi te trouble, ça t'amuse aussi. Alors, il serait vraiment déçu, si tu t'en allais ? Un large sourire étire tes lèvres, et tu n'arrives pas à le quitter du regard. « Mais bien sûr que non, je ne compte pas partir de sitôt. En fait, je crois que je n'ai pas encore tout découvert sur votre famille, et je dois vous avouer que vous m'intriguez fort. » Qui donc t'intrigue ? Lui, ou les Tudor ? Bonne question. Il y a des semaines, tu aurais dit les Tudor. À ce jour, il semblerait qu'il n'y ait plus que lui, à tes yeux. « Je voulais juste me venger car – vous l'avez sûrement déjà constaté – je suis très mauvais perdant. » Tu te calmes doucement, ton sourire se fait sincère, un peu doux. Oui, c'était une petite vengeance d'un côté. Vengeance qui vient de renforcer ton trouble le concernant.

Vengeance ? Tu n'es pas le seul rancunier, apparemment. Puisque, tu ne sais pas trop si c'est Tudor qui est l'instigateur de ce qui va suivre, ou sa jument qui s'exécute de son propre chef, mais cette dernière s'approche doucement de Fiere comme si elle s'apprêtait à boire, et te bouscule d'un coup de tête. Et forcément, où faut-il que tu tombes ? Dans l'eau. Tu te redresses immédiatement, écarquillant en grand les yeux sous le coup de la surprise. Bon sang. Tu ne l'avais pas vu venir celui-là. Tu restes stupéfait un instant, mais tu ne peux t'empêcher de rire le moment d'après, constant une fois de plus que la situation tourne au ridicule. « C'est vous ? » Questionnes-tu en le regardant. Est-ce que c'est lui qui a ordonné à la jument de te pousser à l'eau ? Tu ne sais pas trop quoi penser de son sourire. Est-ce qu'il est coupable, où il se moque juste profondément de toi ? En fait, tu n'es pas sûr de vouloir connaître la vérité. « Nooon ! C'est vous ! » Fais-tu, éclatant de rire à nouveau avant de te sortir de l'eau, trempé. « Alors là, si vous pensez que vous allez m'échapper ! » Fais-tu avant de courir vers lui. Dommage, tu ne lui laisses pas le temps d'aller bien loin que tu l'as déjà emprisonné dans tes bras, le mouillant au passage. Et toc, bien fait. Sauf que... En l'interceptant, tu perds un peu l'équilibre, et en fait, c'est limite si tu ne le plaques pas par terre. Vous tombez tous les deux, et tu te retrouves à quatre pattes au-dessus de lui, abordant un air faussement navré, tandis que l'eau perle de tes cheveux et s'écrase en gouttes sur sa peau, ou autour. Quand à ses vêtements, si tu ne bouges pas, hé bien... Il risque de se retrouver presque aussi mouillé que toi. Tu plonges ton regard dans le sien une fois de plus, tu te l'autorises, même si tu sais que tu ne devrais pas. Tu restes silencieux au début, un malicieux sourire pour illuminer ton visage. Et finalement, tu reprends la parole. « C'est ce qu'on appelle l'arroseur arrosé, si vous voulez mon avis... » Murmures-tu à son attention, sans prendre compte de votre proximité un peu.. ambiguë. « Mais cessez donc de faire la moue, vous êtes plus beau quand vous souriez. » Heu... Heu... Tu fronces légèrement les sourcils, constatant avec désespoir que tu viens de penser à voix haute. C'était vraiment bizarre ça. Mais alors vraiment. Ça ressemblait un peu à des avances, un peu à un compliment, un peu à... Plein de choses, même si une chose est sûre ; ça ne te ressemble pas. Tu souris doucement, et tu t'assois à côté de lui, regardant soudainement ailleurs. Comme si affronter son regard était devenu trop dur. Et c'est un peu le cas, car tu as un peu honte de ce que tu viens de dire. Charmer un homme. Charmer CET homme. Qu'est-ce qui ne va pas bien chez toi ? Tu ne demandes qu'à le savoir, mais tu n'arrives pas à trouver cette fameuse réponse, encore moins quand il est dan les parages. Un peu gêné au début – et pour de vrai, cette fois – tu oses enfin reporter ton regard azuréen sur sa personne, même si tu n'es que peu rassuré sur la conduite à tenir avec lui. « Écoutez, tout ce qui s'est passé entre nous... Excusez-moi pour cette nuit, vraiment, j'aurais dû vous laisser tranquille, ne pas chercher à aller plus loin, mais... » Un soupir t'échappe et tu te mords un peu la lèvre inférieure, regardant par terre avant de te concentrer sur lui, une fois de plus. Tu n'es pas du genre à dire ce que tu ressens, ce que tu penses. Et pourtant. « Je n'arrête pas d'y penser. Je n'arrive pas à oublier, vous savez. Et c'est dingue parce que je sais que c'est mal et que je devrais juste me contenter d'être distant, et froid, et tout ce que mon boulot implique, sauf que... » Ouh. Cesse donc de parler Lyokha. Mais vraiment là, ça devient grave. C'est limite si tu ne lui fais pas une déclaration, et c'est très, très mal ce que tu fais là. Ton regard se pose sur ses lèvres un instant. « Depuis que je suis à votre service, j'ai constamment envie de vous embrasser et, hm... C'est terriblement gênant ce que je viens de dire, j'en ai totalement conscience, je suis.. Désolé... » Tu en aurais le souffle coupé pour peu. Tu détournes vivement le regard, tu hésites, tu as l'impression d'être paralysé sur place.

Pourtant ton regard glisse sur un de tes bras, et tu constates que tes tatouages apparaissent peu à peu. Un 'merde' peu discret t'échappe, et tu t'empresses de te relever, te dirigeant vers l'étang. Non, ce n'est pas le meilleur endroit du monde pour se baigner, tu en as conscience. Mais maintenant que le maquillage coule, tu n'as pas d'autre choix que de tout enlever. Tu soupires profondément, tu te glisses à nouveau dans l'eau, t'éloignant un peu de la rive jusqu'à ce que l'eau t'arrive un peu en dessous de la taille. Tu lui tournes le dos, mais qu'importe, tu n'oses plus le regarder. Pas après de tels aveux qui te brûlent encore les lèvres. Tu soupires profondément et tu retires ta chemise, que tu utilises pour disperser et faire disparaître le fond de teint sur ta peau, dévoilant peu à peu les innombrables marques sombres qui la couvrent. Et dire que tu t'étais dit que jamais il ne te verrait ainsi... Tu secoues la tête. Décidément, tu fais vraiment n'importe quoi. Tu te laisses glisser dans l'eau jusqu'à être totalement sous la surface, continuant plus ou moins à frotter chaque parcelle de peau. Puis tu te redresses, laissant l'eau perler en grosses gouttes, emportant au passage tout artifice jusque là étalé contre ton corps. Dire que tu es une œuvre d'art est un euphémisme en réalité, quand on cherche à compter le nombre de tatouages que tu possèdes. Certains dont tu as plus honte que d'autres. Certains volontaires, d'autres moins. Certains que tu tiens à cacher, et d'autres qu'il ne pourrait sans doute pas comprendre, car ils sont le reflet d'un code que certains criminels seulement peuvent comprendre. Notamment ces deux yeux, juste au-dessus de tes fossettes sacro-illiaques. De toute façon, il est trop loin pour en voir le détail, et tant mieux. Tu t'empresses de faire disparaître tout maquillage, et assez rapidement, tu remets ta chemise trempée, la refermant rapidement, et laissant, pour une fois, tes manches totalement dépliées jusqu'à tes poignets. Même sur tes mains, des tatouages dépassent un peu. Bon sang. Tu reviens vers la rive, mais tu ne le regardes pas. Tu te contentes de te hisser sur la terre ferme, et de t'asseoir là, face à l'étang, les pieds ballants, les jambes dans l'eau jusqu'au genoux. Tu n'as plus rien à dire. Il n'y a plus rien à dire.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: and in your dreams, you see us falling. (tudor)   Mer 29 Oct - 1:53

Keana et Fiere qui se disputent, encore et toujours. C'était tellement prévisible que tu t'étonnes encore d'avoir choisi une telle combinaison. Les deux chevaux ne se sont jamais entendus, Keana a toujours été trop agitée pour l'étalon, et ce dernier trop calme pour la jeune jument. Ils ne savent pas se tenir lorsqu'ils sont au même endroit. Mais pour cette sortie, tu n'avais pas l'impression d'avoir le choix. Keana est ta jument officielle, la fille de celle que tu as entraînée depuis sa naissance, tout comme sa fille. Jamais elle ne te laisserait faire un tour sans elle, et de toute manière tu ne veux pas te déplacer sans elle. Lorsqu'il s'agit de faire de l'équitation, vous êtes inséparables. Quant à Fiere, il était évident que tu ne pouvais en emmener un autre. Fiere est peu bavard, toujours égal à lui-même, calme et docile lorsque tu le lui demandes. Et surtout, tu sais que tu peux avoir entièrement confiance en eux. Aucun ne trahira le moindre de tes secrets et c'est rassurant. Voilà pourquoi, aujourd'hui, ce sont eux qui vous accompagneront. Et Volkov te remercie d'avoir choisi un cheval docile pour ce qu'il pense sûrement être une balade. Tu lui accordes un doux sourire avant de sortir rejoindre les chevaux. Keana t'attend et, sitôt installé sur la selle, tu lui lances ton défi : le dernier à l'étang est une poule mouillée. Ou un canard boiteux, comme ajoute avec amusement la jument. Aussitôt, vous détallez au quart de tour. Elle sait ce qu'elle a à faire et Fiere aussi. Vous savez par quel chemin passer et tu sais aussi que la jument n'a pas la moindre intention de laisser sa place de première à la course. Alors elle court, vite, très vite, mais à un rythme que tu la sais capable de tenir jusqu'au plan d'eau. Tu la laisses aller à son rythme l'encourageant de quelques mots et caresses sur l'encolure. Les rênes dans une main, l'autre posée sur l'encolure, positionné en semi-équilibre, tu ressens chacune de ses sensations. Les sabots s'enfonçant dans le chemin de terre, le cœur battant rapidement et très fort, mais toujours de manière mesurée, les expirations prononcées et les fréquentes inspirations. Cette adrénaline qui court dans ses veines t'a instantanément contaminée. Un rapide coup d’œil en arrière t'apprend que les deux autres ne sont pas loin. D'est le bon moment pour accélérer.

-Allez Keana ! Il est temps de prouver que tu es encore la plus rapide !

Une expiration plus bruyante que les autres te sert de réponse, tandis qu'elle augmente encore un peu plus la cadence. Il faut arriver en premier à l'endroit où le chemin se rétrécit. Si vous faites cela, ce sera bon. Et c'est ce qui se passe. Mais tu es surpris quand les deux autres ne vous suivent pas dans le chemin. Non, ils passent entre les arbres, là où c'est moins débroussaillé. Tu te mordilles la lèvres inférieure, inquiet de savoir Fiere là-dedans. Il s'en sortira, tu le sais, même si les chevaux des Tudor ont toujours été entraînés sur les meilleures pistes. Enfin, toujours est-il que tu les vois tenir le rythme entre les branches et c'est le plus important. Mais toujours est-il que, malgré leur pseudo raccourci, Keana et toi arrivez les premiers au point d'eau, elle épuisé, toi riant joyeusement. Tu te laisses glisser le long d'un de ses flancs, atterrissant souplement et entraînant ton amie vers le point d'eau. Une fois devant, tu la laisses se jeter dans l'étang, souriant joyeusement, avant de te tourner vers le blond et Fiere. Cela, c'est ce qu'il appelle une course ? Ton sourire s'en élargit d'autant plus.

-Une bonne course fait toujours du bien.

Oui, toujours du bien. Tu te reçois quelques gouttes mais tu ne te retournes pas. Tu n'en as pas besoin pour savoir que c'est la jument noire qui s'ébroue joyeusement en sortant de l'eau. Et tandis qu'elle boit enfin, tu t'occupes de sa crinière, démêlant les crins du bout des doigts. Tu es doux, tu fais très attention à ne pas tirer dessus. Pour peu, on pourrait croire que tu es en train de coiffer Adelina, ou une enfant tant tu fais attention. Mais c'est normal, de ta part. C'est tout à fait normal, tu as toujours agi ainsi. Tes chevaux sont tes protégés, tes chouchous, tes amours, tu en prends grand soin, plus qu'on ne pourrait l'imaginer. Bref. Tu gardes le silence, n'ayant pas grand chose à rajouter. Les chevaux se reposent et vous... Vous prenez soin d'eux. C'est simple, c'est calme, et pour le moment tu ne penses plus à ce qu'il s'est passé la nuit dernière. Tu ne penses plus à vos baisers passionnés, tu ne penses plus à la brûlure de sa peau contre la tienne, vos corps si proches, la fièvre, tout... Non, tu n'y penses pas. Enfin, tu essayes, parce qu'à chaque fois que tu l'observes, même du coin de l’œil, une nouvelle flamme s'allume en toi. Mais cette fois, tu fais tout pour la noyer, t'étouffer, la faire disparaître. La nuit dernière était une erreur, tu ne peux pas te permettre ce genre de débordement, tu le sais et il le sait. Alors cet après-midi, vous devez vous tenir tranquille. Vous devez en être capable, ne serais-ce que pour vous prouver que vous pouvez rester professionnels l'un avec l'autre. Il prend la parole, ce qui t'arrache à tes pensées. Que voulait-il te dire ? Minute. Il a déposé sa demande de transfert ce matin ? Quoi ? Mais c'est impossible, il ne peut pas, pourquoi... Tu sens ta mâchoire se décrocher très légèrement. Keana relève la tête et le regarde, les oreilles dressées. Toi, tu finis par refermer le bouche et regarder ailleurs. Tu as l'impression qu'un poids te comprime le cœur. Tu n'as pas le droit de le retenir...

-Si c'est votre choix, je... Je ne pourrai pas m'y opposer, cette décision est tout à fait légitime, je la comprends tout à fait... Mais...

Mais quoi ? Tu l'apprécies, sincèrement. Non, il n'y a pas que cela : tu as des sentiments pour lui. C'est peut-être une forme de l'amitié, c'est sans nul doute un profond respect et une confiance que tu n'accorderais pas à n'importe qui. Toi, tu voudrais qu'il reste, pas seulement à cause de tes sentiments. Non, c'est aussi parce que tu doutes de pouvoir un jour rencontrer quelqu'un avec un aussi bon potentiel que lui, quelqu'un que tu puisses apprécier, quelqu'un à qui tu pourrais accorder une confiance presque aveugle ? Certes, il est encore un peu tôt pour te prononcer là-dessus mais... Tu ne veux pas qu'il parte. Tu ne veux pas. Mais si c'est ce qu'il veut, tu ne peux décemment le lui refuser. Comme tu l'as dit, sa demande est légitime et... Tu viens de te faire berner en beauté. Le comprenant, tu serres les dents et le foudroies du regard. Quel sale... Involontairement, ton poing se resserre sur la crinière de Keana. Celle-ci n'a pas besoin de t'entendre parler pour comprendre ton état d'esprit, et Fiere non plus étant donné que celui-ci  soupire avant de continuer à boire. Tu n'aimes pas ce qu'il vient de te faire, parce que ton cœur est encore douloureux. Il n'a pas l'air de se rendre compte qu'il t'a blessé avec ses propos, il n'a pas l'air de voir derrière les apparences, de pouvoir lire dans ton sombre regard. Tu écoutes à peine ses propos, regardant ailleurs, essayant de calmer les battements désordonnés de ton cœur blessé. Heureusement, c'est la jument noire qui prend les commandes. C'est elle qui choisit de te venger, allant pousser le garde dans l'étang. PLOUF. Décidément, il finit bien souvent à l'eau. Tu te retournes vers lui, un sourire étirant tes lèvres... Et tu éclates de rire, purement et simplement.

-Moi aussi, je suis rancunier.

Tu jettes un coup d’œil aux chevaux qui hennissent en cœur, s'éloignant de vous, histoire de ne pas se retrouver entre deux feux. Et ils ont bien raison, puisqu'il sort de l'eau et choisit de te courir après. Tu détalles alors mais tu ne vas pas bien loin puisqu'il te rattrape et, limite, te plaque au sol. Tu es à terre, lui au-dessus, l'eau coulant de ses vêtements sur les tiens, de son visage sur le tien. Ton regard aussi sombre que les ténèbres rencontre alors le sien, de glace. Si beau, si captivant... Ton souffle se fait un peu plus court tandis que vous vous observez ainsi, en silence. Tu vas finir trempé, mais qu'importe. Que tu cesses de faire la moue ? Tu es plus beau quand tu souris ? Tu baisses les yeux, regardant ailleurs... Avant de l'observer à nouveau, un sourire espiègle étirant tes lèvres.

-Et vous, vous faites enfin votre âge, quand vous souriez ainsi...

Et TOC. Référence à la fois où vous vous êtes tous deux baignés dans le lac. Non, ce n'est pas un plan drague stupide. Tu es sincère, tout autant que tu cherches à reformer ta carapace. Tu n'avais jamais été aussi troublé par un homme, tu n'avais jamais eu de tels sentiments pour quelqu'un du même genre que toi. Il est cette exception à laquelle tu ne sais comment faire face. Il est un mystère pour toi, quelqu'un que tu ne comprends pas, quelqu'un qui hante tes pensées, dont tu ne peux plus, dont tu ne veux plus te passer... Tu ne le retiens pas lorsqu'il se laisse tomber à côté, tu ne le retiens pas lorsqu'il s'assoit sans te regarder, au départ. Tu l'imites plutôt, observant l'étang, sans mot dire. Les chevaux sont plus loin, ils vous regardent mais tu sais qu'ils n’interviendront pas, pas sans ton appel en tout cas. Le silence est reposant, ton rythme cardiaque et respiratoire sont redevenus normaux. Mais tu attends, parce que tu pressens qu'il a quelque chose à te dire. Et sur ce point, tu ne te trompes pas : il te demande pardon pour cette nuit. Pardon pour quoi ? Avoir craqué, les baisers, les caresses ? Tu secoues négativement la tête, peu d'accord avec ses propos. Non, il n'a pas à te demander pardon, parce que...

-Nous sommes aussi coupables l'un que l'autre, ne cherchez donc pas à porter seul le blâme...

Oui, tu es coupable, et peut-être plus encore que lui. Tu savais que c'était une mauvaise idée, tu savais que les choses déraperaient, et pourtant tu l'as fait... Mais il n'a pas fini de parler et il reprend assez rapidement, complétant ainsi sa pensée. Ton cœur rate un battement, puis deux. Ce qu'il t'avoue te perturbe au plus haut point. Il n'arrête pas d'y penser, il n'arrive pas à oublier, même s'il sait que c'est mal. Tout comme toi, et pourtant la culpabilité est encore loin de t'étouffer. Tu 'es pas encore capable de regretter ce qu'il s'est passé entre vous deux, sans savoir pourquoi. Peut-être parce que le goût de l'interdit est bien trop enivrant pour que tu puisses pleinement comprendre que tu es en train de te consumer pour le jeune homme. Et inversement, il semblerait. T'avouer de but en blanc qu'il a constamment envie de t'embrasser de fait baisser les yeux, involontairement. Il a constamment envie de t'embrasser... Tu as constamment envie de le savoir non loin, depuis votre premier baiser. Tu voudrais passer plus de temps avec lui, en découvrir plus sur son passé, sur l'homme qu'il est. Parce que oui, plus tu en apprends et plus tu brûles d'envie d'en découvrir encore davantage. Ce n'est pas sain, toute cette histoire. Vous devriez arrêter là les dégâts, il devrait demander de changer d'affectation, ce serait sans doute plus simple, pour lui comme pour toi...

-Vous savez... Si vous désirez réellement partir, je ne m'y opposerai pas... Ce qui se passe pourrait avoir de lourdes conséquences sur votre carrière et c'est tout sauf ce que je désire... Et comme je peux vous assurer que vous ne connaîtrez jamais tous les secrets de ma famille... Partir serait peut-être plus sage, pour vous...

Oui, tu te fais bel et bien du soucis pour lui. Tu t'inquiètes pour lui, pour son avenir professionnel s'il devait, pour une raison quelconque, quitter le palais et exercer ses talents ailleurs. Tu ne devrais pas t'en inquiéter autant, tu es l'empereur, pas son ami, pas son frère, pas son père, rien. Tu n'es rien de plus que... Que quoi ? Qu'es-tu exactement à ses yeux ? Un passe-temps ? Une attirance physique ? Autre chose ? Tu ne sais pas, tu n'as jamais été des plus doués lorsqu'il s'agissait de deviner les pensées profondes des autres. Et, de toute manière, tu n'as pas tellement le temps de te perdre dans les tiennes qu'il se relève et va dans l'eau. Tu le vois se frotter, tu vois le maquillage partir, laissant place à ces tatouages que tu avais brièvement aperçus lors de ses deux précédents jours de repos. Cette fois, tu as l'occasion d'observer ces marques qui parsèment une bonne partie de son corps. Tu le regardes, tu imprimes chaque tatouage dans un coin de ton esprit, te promettant d'y réfléchir un jour ou l'autre. Tu ne prononces pas un mot, jusqu'à ce qu'il sorte de l'eau, restant tout de même sur le bord. Tu retiens un soupir et te relèves à ton tour, venant d'asseoir à ses côtés. Tu brûles d'envie de lui demander d'où viennent ces tatouages, mais tu te retiens. V son trouble, tu te doutes que ce ne sont pas des souvenirs dont il souhaite parler. Si un jour, il te fait suffisamment confiance pour t'avouer ce que tout cela signifie, tu seras là pour l'écouter...

Doucement, tu poses une main sur son épaule. Pour le rassurer, lui indiquer que tu ne poseras pas de questions indiscrètes. Mais tu ne t'arrêtes pas là, non. Tu fais autre chose. Ta main libre glisse sur son menton, sur sa joue, lui faisant toujours la tête afin de pouvoir plonger dans son regard... Et lorsque c'est le cas, le tien disparaît derrière tes paupières... Tandis que tu t'avances, jusqu'à ce que tes lèvres rencontrent les siennes. Elles sont froides et mouillées mais qu'importe, ce sont toujours les siennes. Tu attends un instant, tu sens sa surprise, tu te doutes qu'il ne s'attendait pas le moins du monde à une telle réaction de ta part. Et pourtant, l'instant de surprise passé, il te répond. Alors tu te rapproches de lui, afin de mieux approfondir votre baiser. C'est plus doux que les fois précédentes. C'est passionné, certes, mais cela ressemble à une demande, à un pardon. Tu lui demandes pardon pour tous ces soucis que tu lui causes, tu lui demandes pardon pour tes erreurs. Et tu lui indiques aussi que, ce qu'il ressent, ce n'est pas à sens unique. Il y a quelque chose entre vous, quelque chose qui n'est pas une simple attirance physique. Quelque chose de profond, d'irrésistible. Tu te sens tellement bien contre lui, un rassurant brasier réchauffant ton cœur en sa présence... Tu resterais bien là des heures durant, pendu à ses lèvres, mais le besoin de respirer reprend bien vite ses droits. Alors tu te recules un tout petit peu, restant front contre front, ton souffle court se mêlant au sien. Pendant une minute, tu ne dis rien. Puis...

-Garde tes secrets si tu veux, Lyokha... Je ne te demande qu'une seule chose : continues à être honnête avec moi... S'il te plaît...

L'honnêteté est une qualité qui n'a pas de prix à tes yeux. Soudain, quelque chose sonne : ton portable. Lâchant un profond soupir, tu te recules à contre-cœur, te relèves et décroche. C'est ce satané intendant, encore. Qui t'annonce que les ambassadeurs que tu attendais pour ce soir viennent d'arriver, avec plusieurs heures d'avance. Tu serres les dents, étouffes un juron bien senti, le remercies en serrant les dents puis raccroches. T'es-tu rendu compte que tu as tutoyé le garde, il y a à peine quelques secondes ? Oui, tout à fait. C'était prévu, c'était... Parce qu'il t'avait demandé de le tutoyer, au début. Tu viens de le faire, pour appuyer tes propos, comme pour indiquer que tu lui fais confiance. Mais à présent, il est temps de revenir à quelque chose d'officiel. Tu te relèves donc et lui tends la main, afin de l'aider à se relever, s'il le désire.

-Le devoir me rappelle au palais... Je suis navré de devoir écouter la balade... Si vous désirez continuer avec Fiere, libre à vous, tout comme si vous choisissez de revenir avec moi.

Ton sourire se fait chaleureux, puis tu siffles longuement. Les chevaux reviennent aussitôt et c'est sans la moindre hésitation que tu remontes sur la selle de Keana. Tu attends juste un petit peu, le temps de voir ce que ce cher Volkov décide... Puis talonnes la jument qui repart au quart de tour. Tu détestes quand tes obligations viennent manger ce temps que tu te libères, pour les autres, pour lui...

~~~

-Hé bien, Tudor, on faiblit ?
-Rêve !


La sueur colle tes longues mèches brunes à ton front, tes muscles te font souffrir le martyr. Et pourtant tu ne peux pas arrêter, parce que tu sais qu'à la prochaine marque de faiblesse, Killian n'hésitera pas une seule seconde à te blesser très sérieusement. Qui est-ce ? Killian Crane, un ex-taulard et un enfant du petit peuple, comme le reste de la bande. Mais il fait aussi parti de tes amis, de ta bande, aussi étrange que cela puisse paraître. C'est une longue histoire et, comme ils se plaisent à le dire, personne ne connaît toutes les facettes de ta personnalité. En cette fin d'après-midi, tu t'es discrètement éclipsé du palais, laissant un mot pour le jeune Volkov, lui indiquant que tu était sorti pour régler une affaire et que tu lui serais reconnaissant s'il pouvait ne pas venir. Tu ne te fais pas tellement d'illusions, même si pour le moment il n'a pas pointé le bout de son nez. Le combat continue alors, les coups sont rapides, irréguliers, tout pour t'épuiser. Mais tu ne te voues pas vaincu, même à mains nues. L'épée est ton arme de prédilection mais tu sais aussi te servir de tes poings, d'un poignard ou d'une arme à feu. Bref. Les autres n'interviendront pas, tu le sais. Enfin, sauf quand, d'un coup bien placé, Killian t'en fait voir un peu de toutes les couleurs et que, enfin, tu te mettes à reculer. Tu entends quelqu'un se rapprocher de toi pour te rattraper au cas où tu perdrais l'équilibre, mais tu as beau être sonné tu restes debout, fermement campé sur tes pieds. Tu vas t'en sortir. Il faut que tu te reprennes et que tu frappes.

Sauf que quelque chose vous interrompt. Tu entends un corps qui tombe au sol et tu tournes la tête vers le nouvel arrivant, qui s'en prend à quelques autres. Tu n'as pas le temps de réagir que le reste de la bande est déjà sur lui. Et il a beau se débattre, sortir une arme, il n'en est pas moins rapidement maîtriser. Et c'est à ce moment là que tu le reconnais. Ces cheveux blonds, ce regard bleu, ce, ce... Non, c'est le jeune Volkov qu'ils viennent d'attraper ! Tu l'avais même pas entendu arriver, tu n'avais pas vu qu'il était parvenu à te retrouver ! Tes yeux s'écarquillent tandis qu'Ichabod s'approche, venant juste devant le blond avec une moue de profond dégoût.

-Lyokha Volkov. Tiens donc. La dernière fois que j'ai vu ta sale tronche, c'est quand les matons t'ont viré de ta cellule pour te faire sortir... Tu fais bien de venir. Les mecs ? Et si on jouait un peu ?
-Wow ! Stop, bande d'abrutis ! Vous avez décidé de vous entre-tuer ou quoi ? Lâchez-le !
-Et puis quoi encore ? J'ai un compte à régler avec ce type.
-Tu n'y toucheras pas, ça je peux te l'assurer. Il est là pour moi.
-... Non, c'est devenu ton chien ?


Cette fois, ton sang ne fait qu'un tour et le coup part tout seul, ton poing venant s'écraser sous sa mâchoire. Tu y as mis toute ta puissance, toute cette rage que l'insulte "chien" t'inspire depuis toujours, et il en tombe à la renverse. Lorsqu'il relève la tête, c'est pour t'adresser un regard noir de rage.

-Killian. Je t'ai répété mille fois que personne n'avais le droit d'utiliser cette insulte en ma présence. Alors recommence une fois, une seule fois, et tu regretteras d'être sorti de prison, je peux te l'assurer. Parce que crois-moi, je ne me contenterai pas de te dévisser la tête.

La menace fait mouche au sein de la bande, étant donné que ceux qui ne tiennent pas le blond reculent d'un pas. Tu as beau faire parti des cadets, lorsque tu lances une menace, celle-ci est prise au sérieux. C'est un minimum. Plus personne n'ose piper le moindre mot, jusqu'à ce que...

-C'est bon les mecs. Lâchez donc ce pauvre jeune homme et allez réveiller ce pauvre Thomas, il a l'air énormément secoué. fait un homme aux cheveux auburn d'une trentaine d'années, avant de regarder le jeune Volkov. À condition que tu te tiennes tranquille, évidemment. Samael, je pense qu'un mot d'explication serait le bienvenu pour lui, il semble perdu le pauvre...

Tu lèves les yeux au ciel face au sourire moqueur d'Ichabod. Ichabod Tassel, ex-taulard lui aussi et meneur de la petite bande. Il est un chef respecté et respectable, comme tu le sais. Tu lui souris, reconnaissant, et viens plutôt devant le blond que les autres ont mit à terre... Et lui tend une main, un peu gêné...

-Je vous avais prévenu qu'il était préférable de ne pas me suivre, cette fois... Enfin, vous faites votre boulot, donc je ne peux vous en vouloir. Sachez juste que toute personne ici présente, vous excepté, je la connais depuis... Depuis... Depuis quand déjà, Icha ?
-Tu n'avais que onze ans à l'époque. Mais t'étais déjà un putain d'sacré môme, on l'a tout de suite vu. Et tu as gardé cette sale habitude de prendre la défense des autres... Ça te perdra.


Tu souris. Oui, tu avais onze ans lorsque Ichabod est venu te trouver, alors que tu avais encore échappé à la surveillance de ton père. Tu jouais dans la rue avec un de tes gadgets électroniques dont tu as oublié le nom depuis le temps. Tu jouais à contrôler l'activité d'un lampadaire. C'est ainsi qu'il t'a repéré, qu'il t'a demandé d'intégrer sa bande, dont tu connaissais déjà une bonne partie des membres : des gamins débrouillard, inventifs, mais peu désireux de rester dans les bas-fonds de la société, prêts à tout pour s'en sortir, même les coups les plus foireux. Tu as alors commencé à t'entraîner au piratage, tu leur donnais des informations sur des cibles potentielles – qui méritaient une petite leçon à tes yeux, puisque la troupe la jouait à la Robin des Bois – et tout cela a continué des années durant. Tu finissais par pirater les systèmes de sécurité. C'est peu glorieux mais bon... Eux seuls sont au courant, puisque le jour où ils se sont fait prendre, tu n'étais pas là. Tu n'as jamais été soupçonné et tu ne le sera sans doute jamais, sauf s'ils te trahissent, évidemment, mais ils ne l'ont pas fait jusqu'alors, pourquoi changeraient-ils d'avis ? Tu ne vois pas. Ton regard se porte à nouveau sur le blond. Il a fait de la prison visiblement. Tu n'as lu cela nulle part dans son dossier et cette façon dont tu viens de l'apprendre ne te plaît guère... Tu aurais volontiers une petite discussion privée avec lui, mais peut-être pas dans l'immédiat... Là, tu t'en veux pour ce qu'il vient de se passer...

-Je suis.. Sincèrement désolé tout le monde. Surtout pour vous, Volkov... J'aurais peut-être dû être un peu plus... Explicite. Voyez-vous, je n'avais pas vu mes amis ici présents depuis de nombreuses années et j'aurais souhaité des retrouvailles un peu plus... Calmes... Pardonnez-moi...

Tu entends quelques rire, Killian cracher un peu plus loin et Ichabod soupirer profondément avant de déclarer que tu es resté le même gentil garçon que tu étais enfant. Cela te fait sourire mais tu ne détournes pas le regard du jeune Volkov. Lyokha le pot de colle. Lyokha le mystérieux. Lyokha l’envoûtant. Lyokha qui, une fois de plus, accapare toutes tes pensées... Il n'aurait pas dû venir, parce que la bande est bavarde et que, aujourd'hui, il risque d'en apprendre beaucoup sur les différentes facettes de ta personnalité, s'il pose les bonnes questions...

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