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 Toi et moi, une histoire à écrire

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Andrew F.K. Firearrow
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MessageSujet: Toi et moi, une histoire à écrire   Ven 10 Jan - 21:17



Toi et moi, une histoire à écrire

Seth & Drew


DATE ► Février, Seth a 23 ans, Drew 25.
HEURE ► Ça va dépendre mais beaucoup le soir je pense.
MÉTÉO ► Variable.
LIEU ► Protestatem.
STATUT ► Privé.
RÉSUMÉ ► Seth et Andrew ne se sont jamais rencontrés. Tous deux ont fait leur chemin. Seth dans le sport de combat, il est d'ailleurs devenu une célébrité, Andrew dans la chanson. Ils sont différents du duo qu'on connaît actuellement. Ils sont devenus différents. Mais il semblerait que leur destin soit réellement de se rencontrer. Ils ne pourront pas y échapper, même si les choses vont être bien différentes.
VOX POPULI ► Nop, merci.

crédit icônes © Tatsuki

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Andrew F.K. Firearrow
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MessageSujet: Re: Toi et moi, une histoire à écrire   Ven 10 Jan - 21:19

-Non, non et non. J'ai du travail !
-Tu as toujours du travail. Sors un peu pour une fois.
-J'ai pas le temps, tu le sais bien.
-Écoute-moi bien Drew. J'en ai marre que tu t'épuises au travail alors ce soir, tu viens avec moi. Je vais un peu réveiller le loup en toi, ça te fera que du bien !


Tu lèves les yeux au ciel. C'est une manie de vouloir réveiller le loup en toi ? Tes amis auraient-ils oublié que tu es un sorcier, pas un loup-garou ? Il semblerait bien... Tu désespères. Tu savais bien que tu aurais dû décliner l'invitation de Damian. Quand un des membres de la meute te trouve, il a du mal à te lâcher. Meute ? Oh non, tu as pourtant dit que tu n'étais pas un loup. Même s'il est vrai que tu t'y compares fréquemment. Un loup solitaire, en bien mauvais état, mais qui vivote comme il peut. Tu as tout juste le temps d'enfiler tes gants qui masquent tes bras jusqu'aux coudes que le lycan t'entraîne à sa suite, dans les rues de Protestatem. Tu ne lui échapperas pas et tu le sais. Enfin, tant qu'il ne te retire pas tes gants, tu ne diras pas grand chose, à part tes protestations habituelles. Tu n'aimes pas qu'on te retarde dans ton travail, tu es quelqu'un de perfectionniste, tu peux passer des semaines sur une chanson jusqu'à ce que celle-ci soit parfaite à tes yeux. Et ce aujourd'hui comme toujours, tu es débordé. Tu avais prévu de faire une nouvelle nuit blanche pour être prêt en allant au studio demain. Tu n'avais pas prévu qu'un de tes amis t'inviterait à faire un tour en ville. Tu as accepté, espérant qu'il n'avait rien d'autre de prévu en tête... Malheureusement, c'est bien beau l'espoir mais quand cela te concerne, il faut toujours oublier.

Tu le laisses donc te tirer derrière lui dans les rues. Vous passez peu par les grands boulevards, il sait que tu n'aimes pas cela. Tu as toujours eu peur de la foule et tu restes phobique, même si tes nombreux concerts ont fini par t'aider à passer quelque peu au-delà. Seulement, tu es un solitaire, tu passes tes journées enfermé chez toi ou dans ton studio, à travailler encore et encore, avec acharnement, alors niveau sociabilité ce n'est pas tellement cela. Tant pis, tu n'en ressens pas le besoin. Tu t'occupes trop pour prendre le temps de réfléchir à ta vie bien monotone. De temps en temps, tu t'accordes une pause. Tu réfléchis à ta vie solitaire, loin de tout, et dans ces moments là tu déprimes profondément. Personne ne sait exactement le nombre de passages à l'hôpital que tu as pu faire, ces sept dernières années. Tentatives de suicide ratées. N'y pense pas Andrew, il faut te détendre un peu. Difficile de ne pas y songer quand on sait combien de cicatrices tes gants peuvent masquer... Enfin, tu espères qu'il a une bonne idée derrière la tête, sinon tu crains pour la suite... Et puis, le connaissant... Vous êtes arrivés. Tu te figes. Non, ce n'est pas...

-Non, c'est pas vrai ! Damian, sérieux ? Un tournois de combat libre ? Tu sais que je suis un pacifiste ! Ce n'est pas parce que je suis un fils de louve que j'aime ça !
-Dixit celui qui a magnifiquement cassé la figure à un pauvre type.


Tu regardes un peu ailleurs, te mordillant la lèvre. Il n'a pas tord. Tu n'es pas du genre violent mais lorsque tu es à bout, tu sais frapper vite et fort. Tu n'es pas le fils de ta mère pour rien, disait ton père en riant. Il n'a jamais compris à quel point il avait raison... Et toi tu refuses de le voir.

-Il était saoulant.
-Bien sûr, terreur. Allez, viens, je t'ai acheté une place exprès. Et tu n'as pas idée de combien ça a été compliqué à avoir. Y'a plein de célébrités aujourd'hui. Tu n'en seras qu'une parmi tant d'autres !


Tu le regardes. Il te regarde. Et vous éclatez de rire. Purement et simplement. Le temps d'enfiler tes éternelles lunettes de soleil et tu te fonds dans la foule, serrant bien fort le bras de ton ami quand même. Trop de monde... C'est toujours plus difficile d'être du côté spectateur que du côté scène. Étrange ? Non, être le centre de l'attention n'est pas un problème pour toi. Au contraire, tu as toujours aimé te faire remarquer avec tes bêtises et ton côté décalé. Mais par contre, être perdu au milieu d'une foule, sans discerner un moyen d'en sortir a tendance à te faire complètement paniquer. Mais tu fais avec. Tu serres les dents, vous allez vous acheter des popcorns, une glace aux fruit rouges pour toi, puis vous tournez en rond un bon moment pour trouver vos places. Ce n'est qu'une fois correctement installé que tu t'autorises enfin à souffler. Une soirée tournois de combat, tes amis ont de ces idées parfois... Enfin bon, tu ne vas pas t'en plaindre. Il a raison, pour une fois que tu sors de ton petit monde, pour une fois que tu n'as pas la tête qu'à la musique... Cela ne peut que te faire du bien. Vous plaisantez un bon moment, en attendant que le match commence, puis vous vous taisez lorsque le commentateur commence à parler. Tu lui accordes alors toute ton attention.

Faire les présentations des concurrents ne t'aide pas vraiment, ce n'est pas ton domaine. Toi, quand on te sort de ta musique, tu es perdu. Alors ce soir, tu vas juste écouter, regarder et essayer d'apprendre. Ton regard d'expert évalue surtout le comportement des concurrent, la manière dont ils font leur show. Tu aimes faire ces observations parce que, parfois, cela t'inspire pour tes concerts. Parfois. Ils ne font pas parti du même univers que toi alors tu doutes sincèrement de t'inspirer d'eux. Surtout que ton personnage est plutôt celui d'un innocent jeune homme un peu beaucoup cinglé. Alors bon. Tu es étrangement captivé par tout ce qui se déroule sous tes yeux. Tu n'aimes pas regardes des personnes se taper dessus, tu es du genre à t'interposer lorsqu'il y a une bagarre plutôt qu'autre chose. Mais pourtant, quelque part, Damian a eu une excellente idée. Tes sens sont éveillés, le loup en toi s'agite, il adore ce qu'il voit et voudrait bien en faire autant. D'ailleurs... Il semblerait qu'il ait décidé de se manifester d'une manière toute particulière. Tu regardais de nouveaux participants entrer, dont un brun qui semble un peu plus jeune que toi. Tu fronces un peu les sourcils tandis que tu l'observes faire son show. Et, sans que tu comprennes pourquoi, il se met à t'envoyer un baiser. Tu sens tes joues se réchauffer quelque peu, c'est qu'il est plutôt mignon le jeune homme, mais quand tu ne laisses rien paraître de manière visible, ta magie décide de faire autrement. Ta magie n'en a toujours fait qu'à sa tête mais depuis ta première tentative de suicide, elle est devenue réellement incontrôlable, ce qui est relativement dangereux lors de tes concerts, quand tu en perds le contrôle. Et là, que fait-elle ? Elle fait apparaître un loup de feu qui descend frôler la piste, tourner autour du brun puis disparaître dans un nuage de fumée bleue. Tu disparaîtrais volontiers sur place tandis que Damian rit à tes côtés, essayant de se faire un peu discret.

-Tu as une touche, Drew !
-Cesse de rire toi...
-Non mais c'est un excellent choix. J'avoue qu'il est pas mal, le russe.
-Le russe ?
-Seth Jakotrov. Aussi surnommé le russe. Décidément, t'es un inculte dès qu'on te sort de ta musique. Faudrait suivre un peu l'actualité, il est vraiment doué ce type.
-J'attends de voir. Mais je trouve qu'il s'y croit un peu trop...
-Mais ça te plaît, avoue !
-Pas du tout !


Sur ce, s'enchaîne une dispute entre vous deux, toute enfantine, afin d'avoir le dernier mot. Et afin d'avoir la paix, tu paries avec lui que son chouchou qu'il t'a rapidement présenté va perdre. Bien évidemment, il parie le contraire avec toi et vous suivez les matchs avec d'autant plus d'attention. Tu t'amuses, réellement. C'est amusant d'embêter ton ami même si, quelque part, tu reconnais que tu as eu tord de parier contre lui. Tu le vois à sa manière de se déplacer sur le ring, tu le fois à sa manière de bouger, de frapper. Il sait ce qu'il fait, il sait où frapper et le fait dès qu'il en a l'occasion. Toi qui fréquentes des loups depuis des années, loups qui aiment la boxe plus que tout, tu connais tout de même un certain nombre de choses dans ce sport, même si tu ne le pratiques pas toi-même. Les heures passent, les combats s'enchaînent et, finalement, tu perds ton pari. Le russe sort vainqueur de sa catégorie au tournois. Damian est content, il compte bien te le rappeler durant les prochaines semaines. C'est pas compliqué de gagner un pari contre toi, tu ne vois pas tellement pourquoi il est si joyeux. Enfin, tant pis. Il est heureux, tu n'en demandes pas tellement plus. Tant que tes amis sont de bonne humeur, tu n'auras pas l'audace d'en demander plus.

Vous restez ensembles encore quelques temps tous les deux, puis le devoir le rappelle. Il doit aller rejoindre sa copine mais tu vois bien qu'il hésite beaucoup à te laisser seul. Tu peux comprendre, tes amis s'arrangent souvent pour ne pas te laisser tranquille, de peur que tu fasses une bêtise en leur absence. Mais tu n'as pourtant pas l'impression de paraître déprimé ou désespéré, alors tu ne vois pas ce qui le fait hésiter. Pour le rassurer, tu lui expliques que tu resteras simplement sur place encore un peu, le temps d'avaler un verre ou deux et de profiter de l'ambiance. Il te laisse donc avec un sourire espiègle accroché aux lèvres. Tu as bien compris ce qu'il avait en tête, même si l'un comme l'autre vous savez que cela n'arrivera pas. Un soupir t'échappe. Comme si tu étais du genre à élaborer des plans drague à tout va. Tu laisses cela aux autres, tu te contentes de rester seul. C'est bien mieux quand les choses sont ainsi. Et puis, de toute manière... On ne s'intéresse pas à toi. Pas pour autre chose que ton nom, ta célébrité, excepté les personnes qui t'appréciaient déjà avant que toute cette histoire ne commence.

Tes lunettes noires sur le nez, tu déambules dans la salle de réception. Ton regard s'arrête parfois quelques instants sur une personne que tu reconnais pour avoir vu sur le ring, avant de repartir dans la contemplation de ton verre de champagne. Il ne faut pas boire et tu le sais, tu tiens très mal l'alcool et ce n'est pas l'endroit idéal pour finir en strip-tease, très sincèrement. Alors tu ne touches pas à ta boisson même si le champagne, avouons-le, n'est pas ce qu'il y a de plus alcoolisé. Tu longes tout de même les murs, bien peu décidé à aller faire un tour en plein milieu de la foule. C'est tellement plus rassurant d'avoir un mur à portée de main. Tu ne t'échapperas pas par-là, tu le sais bien, mais le fait de ne pas être entouré de trop de personnes t'aide à rester relativement détendu. Relativement. Tu restes un peu nerveux, tu remets de temps en temps tes gants correctement en place... Jusqu'à ce que, soudain, tu sursautes. Une voix à ton oreille, un souffle, tu te retournes vivement, reculant instinctivement de deux pas. Et c'est là que tu le reconnais. Un certain brun que tu observais plus tôt, un brun qui, tu le découvres, possède de beaux yeux noisette... Miam. Drew, tu sors. Il a quelques bleus et égratignures remarques-tu. Un peu normal... Tu soupires.

-Je te déconseille de recommencer, Monsieur je-fais-trop-mon-show-sur-scène.

Pourquoi ? Parce qu'il a eu de la chance que ta magie ne t'échappe pas sous la forme d'une nouvelle vague destructrice. Il aurait pu être blessé, lui et d'autres personnes. Il ne faut pas te faire peur, il ne faut pas trop te perturber. On peut dans ce cas comprendre pourquoi tu t'isoles tant que cela du monde... Tu as peur de provoquer de nouvelles catastrophes. Bref. Tu secoues la tête avant de retirer tes lunettes de soleil. Tant pis pour ton anonymat, ce n'est pas comme si tu y accordait la moindre importance quand tu es seul. Et puis, tu le détailles bien mieux sans tes lunettes. Ton regard bleu-vert plonge une seconde dans le sien avant de te rappeler de la scène qu'il a fait tout à l'heure. Ton regard dévie à nouveau sur ta flûte de champagne. Heu... Oups. Tu n'avais même pas remarqué qu'en sursautant, tu en avais renversé un peu partout et que, à présent, ton verre est vide. La moitié est sur ta chemise. Quelle catastrophe ambulante es-tu... Tu ne peux t'empêcher de faire la moue.

-Et merde... Malin, mon verre est vide maintenant. Une chance que je ne t'en ai pas renversé dessus, vu ton état, tu aurais pu un peu jongler. Un peu. Quant à moi, une chance que je n'ai pas fait d'efforts vestimentaires... On m'en a pas laissé le temps.

Andrew ? N'as-tu pas l'impression d'être un peu bavard face à un parfait inconnu ? Non, pas vraiment. Parce que, d'origine, tu es bavard. Tu parles facilement et beaucoup, une fois que tu es lancé. Tu as beau être devenu taciturne au fil des années, les rares personnes encore proches de toi savent qu'à partir du moment où tu as commencé à parler, tu es parti pour toute la journée. Tu as toujours été bien bavard, bien joyeux. Ton rôle habituel te colle à la peau, tu as retrouvé ce sourire joyeux et espiègle que tu accordes aux journalistes. Ils se laissent si facilement berner... Mais c'est mieux ainsi, si tout le monde devait savoir qui est réellement LJ, si tout le monde devait savoir qui est Andrew Firearrow... Tu n'oses même pas imaginer.

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Seth-Wilee F. Jakotrov
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MessageSujet: Re: Toi et moi, une histoire à écrire   Lun 13 Jan - 20:47

Le grand tournois. C'est la rencontre annuelle. Celle qu'il ne faut louper sous aucun prétexte, si vous êtes un sportif engagé en sports de combat. Boxe, karaté, taekwondo, jiu-jitsu... Autant de sports qu'il en existe dans la discipline du combat. La tienne ? Le combat libre. Les titres sont plus que convoités, étant donné que ces matchs font partis des plus suivis par les populations. Parce que le combat libre, c'est certainement ce qu'il y a de plus dangereux. Le combat libre, c'est certainement ce qu'il y a de plus violent. Un mélange de toutes les techniques, de toutes les disciplines, allant de la boxe au sambo, passant par le judo. C'est certainement la complexité de la chose qui fait que tu t'es orienté vers les arts martiaux mixtes. Le mélange d'un peu tout. Et le fait aussi que tu es incapable de t'en tenir aux règles d'une seule discipline. Alors tu en as rajouté une seconde, puis une troisième, et rapidement, tu en es venu à devenir combattant en combat libre. Et puis, un de tes entraîneurs t'as dit que tu en avais le profil. Tu avais l'agressivité et la patience nécessaires. Tu n'as fait que suivre le chemin qui t'était plus ou moins prédestiné ; celui de faire du mal aux autres. Même si pour le coup, c'est faire du mal légalement, faire du mal dans le respect, ce n'en est pas moins faire du mal. Tant pis. Tu te plais ainsi, tu te plais dans ce que tu fais. Sans compter que tous ces matchs, tous ces entraînements n'ont jamais été vains ; aujourd'hui, alors que tu débutes la vingtaine, tu as déjà bon nombre de titres et de coupes à ton palmarès. Sans compter la célébrité, et tout ce que cela t'a apporté... C'est incroyable comme ta vie a changé, en si peu de temps. Passer de meilleur espoir chez les jeunes à être le sujet de certains magazines aujourd'hui. Tout ça, tout ce tourbillon... C'est arrivé rapidement, ça t'a emporté sans que tu puisses dire oui ou non. Et à ce jour, tu as presque l'impression de vivre la vie d'un autre, tant c'est bon. Le mythe parfait, la vie idéale. Qui l'aurait cru ? Toi, l'orphelin, finir sur les plus hautes marches du podium, mépriser les plus grands, prendre leur place. Devenir ce que tu n'aurais jamais penser devenir un jour. Et pourtant tu y es, aujourd'hui. Tournois annuel.

La musique s'engouffre un peu dans les vestiaires, bien qu'étouffée. Tu es là, assis sur le banc à regarder droit devant toi. Tu as déjà très chaud, mais c'est normal, c'est l'échauffement qui veut cela. Tu resserres un peu le scratch de tes gants, quelqu'un te parle mais tu n'y fais pas tellement attention. Mentalement, tu es déjà dans le match, déjà dans la partie. C'est le dernier jour du grand tournois, c'est la grande finale et tu sais que tu ne peux pas te louper. C'est ton dernier combat là, ce soir. Celui qui annoncera la couleur ; celui qui déterminera si tu es champion de ta catégorie cette année. Tu inspires profondément, tu réfléchis. Tu te remémores la stratégie, sans vraiment savoir si elle sera fiable. Tu as étudié ton adversaire de ce soir. Il fait une dizaine de centimètres de moins que toi, se déplace plutôt rapidement. Mais il est trop nerveux. Pourtant, il est en finale, donc il doit avoir quelque chose en plus, quelque chose que tu n'as pas vu. Tant pis, tu testeras ça sur le terrain, directement. On appelle ta catégorie. Tu sens ton cœur louper un battement. C'est ton tour. Tu relèves ton regard brun vers un point fixe devant toi, et un des techniciens vient te chercher. À toi dans deux minutes, dit-il en s'échappant déjà. Inspire, expire. C'est ce que tu fais, profondément. Tu fermes un peu les yeux, quelques secondes. C'est suffisant pour sentir ton cœur ralentir, au moins un peu. L'adrénaline parcourt déjà tes veines, elle. On dirait que tu viens de courir un bon kilomètre en sprint, et pourtant, il n'en est rien. Ce n'est qu'une légère appréhension, l'excitation, celle de ne pas savoir d'avance comment va se terminer ce combat. Inspire, expire. Tu entends ton nom retentir dans l'immense salle, et tu sors par la porte. La foule. Cette foule dense, tellement dense. Elle clame ton nom, ton prénom, ton surnom. Elle t'appelle si fort qu'elle en ferait trembler le sol. Tout comme elle a appelé ton adversaire précédemment. Sautillant un peu sur place, tu finis par t'avancer, presque ébloui par le spot braqué sur ta personne. Tu lèves tes poings gantés en l'air, signe d'une grande assurance, alors que ton visage exprime toute l'insolence du monde. Tu vas gagner. Tu le sais.

Pour eux, tu es le russe. Tu es Seth Jakotrov, l'insolent. L'enfant rebelle. Et tu fais tout pour le rester à leurs yeux. À commencer par refuser de masquer certains tatouages jugés trop 'limite' par la production. Manquait plus que ça, qu'on te demande d'être quelqu'un d'autre. Enfin... Quelqu'un d'autre que le personnage que tu t'es donné. Car oui, ce qu'ils voient, tous, ce n'est qu'un personnage. Quelqu'un de fort, de méprisant, de rebelle. Un Don Juan dont on parle dans la presse à scandale. Un athlète de haut niveau à qui on réserve quelques pages dans un magazine de sport. C'est toute une image à construire, lorsque l'on devient célèbre. Et après... Elle est bien dure à modeler, à changer, sans risquer de se faire oublier ou détester définitivement. Car si tu as bien appris quelque chose, c'est que ce monde est avant tout un monde de vautours. Mais, bref. Là n'est pas la question. Tu tapes dans tes mains, tu regardes la foule. Tu repères un peu hasard un petit blond qui te dit quelque chose. Son nom ne te revient pas tout de suite, et pourtant, tu jurerais de l'avoir déjà vu quelque part. En tous cas, il est plutôt mignon, pour ce que tu en vois. On s'en fiche Seth bon sang, concentre toi ! Et pourtant, tu ne peux t'empêcher de faire ton show, encore ; tu lui souffles un baiser. C'est la foule toute entière qui s'agite devant le geste, et pourtant, tu vois une masse de feu descendre jusqu'à toi. Un loup. Tu fais une halte, souris un peu alors que l'animal te tourne autour... Et disparaît en une fumée bleue. Un large sourire étire tes lèvres, et ton regard reste fixé un instant sur le blond. C'est lui. Tu es sûr que c'est lui. Tu te mords un peu la lèvre et tu continues ta route jusqu'au ring. Avant d'y monter, un type vérifie rapidement que tout va bien, tu mords dans le dentier et tu montes sur la plate-forme. La cloche sonne et le combat commence. Plus personne ne peut faire marche arrière désormais.

Troisième match pour toi. Le dernier de ta soirée, le match décisif. Celui que tu attends depuis le début de la journée. Celui tant redouté. Autant, les deux autres ne t'inquiétaient pas outre-mesure. Pour celui-ci, tu as parfaitement étudié ton adversaire – car oui, tu étais certain, ou presque, de tomber sur lui. Tu es là, sur le ring. C'est déjà le troisième round, et tu sens la fin venir. Vous êtes aussi mal l'un que l'autre, mais tu n'en perds pas cette légèreté dans tes déplacements, cette vivacité et cette puissance dans tes coups. Tu restes fidèle à toi-même, endurant, la tête froide. Tu n'as pas encore gagné. Même si la brèche que l'autre laisse paraître semble être ta porte de sortie vers la victoire, tu gardes la tête froide. Car tu sais que cela fait partie des stratégies ; on te fait croire que ça y est, c'est la fin, alors tu perds ton attention une minute, et hop, c'est le K.O technique. Mais tu n'es plus un débutant, oh que non. Alors quelques minutes s'écoulent, quelques coups, et tu plaques l'autre au sol, le maintenant dans une douloureuse position de soumission. Il finit par taper à contre cœur sur le tapis, et tu ne peux t'empêcher de sourire. Champion de ta catégorie. Encore. Pour peu, tu en serais blasé. Mais c'est une ovation qui t'accueille alors que tu fais le tour du terrain. Puis on vous fait sortir, car il y a encore des matchs après, pour d'autres catégories. Tu files sous les applaudissements, sautillant encore, comme si tu avais tout gardé de ton jus, même si tu es plus que jamais épuisé. Ce combat plus particulièrement était épuisant. Tu files donc sous la douche, panser tes blessures, nettoyer les quelques égratignures et atténuer les bleus qui fleurissent déjà sur ton corps. Il est grand temps de te préparer, d'être le plus présentable possible. Car la soirée est loin d'être finie en réalité. Tu n'as pas fini de te battre, même si cette fois, ce n'est pas en short dans une arène, non ; c'est en costume dans une salle bondée de personnes importantes, de journalistes et autres célébrités qui s'intéressent de près, ou de loin à ton sport. Et à toi. C'est là qu'il faut faire bonne figure, qu'il faut sourire, et charmer les demoiselles autant que les reporters. C'est un des événements les plus importants, et c'est bien souvent l'occasion de rencontrer de nouveaux sponsors. Et personne n'irait cracher sur une telle occasion, surtout que tu es vainqueur, et que tu sais que la soirée ne fait que commencer pour toi.

Une grande inspiration, et tu restes là, en haut des escaliers, à observer l'immensité de la salle de réception. C'est bondé. Ça brille. Tu devrais avoir l'habitude, mais ça t’éblouis toujours autant. Tu portes ta coupe de champagne à tes lèvres, en buvant distraitement une gorgée. Que cherches-tu du regard ? Ta proie de ce soir, d'après les journalistes de presse à scandale. Ce n'est pas vraiment ça... Enfin, peut-être un peu. Tu cherches bien quelqu'un du regard. Mais ce n'est pas forcément une charmante demoiselle perchée sur de hauts talons, non. Quoique tu ne dirais pas non en fait. Non, tu cherches à voir s'il est toujours là, lui. Tu as envie de l'embêter un peu. Qui donc ? Ce garçon, ce blond. Tu n'as pas pu détailler les traits de son visage, tu n'en as pas eu le temps, et pourtant, tu es persuadé de pouvoir le reconnaître. Un soupir, et finalement, tu descends de ton perchoir, allant plutôt te mêler à la foule. On t'arrête une fois, puis deux, on te sourit, te serre la main, t'embrasse. Tu souris toi aussi, tu rentres dans le jeu, la valse des hypocrites. Mais c'est bon pour l'image dirait ton coach, alors tu continues à te donner en spectacle, à poser ton regard un peu trop charmeur sur certaines convives, pour mieux te détourner par la suite. C'est dingue, on dirait que tu es prêt à tout. Et tu l'es ; comme tu te plais à leur répéter à tous, tu n'as plus rien à perdre. Tu n'as plus personne à blesser. Tu es seul, et le seul mal que tu peux faire, c'est à ta propre personne. Et puis, quelque chose capte soudainement ton regard. C'est lui. C'est le blond de tout à l'heure. Un tout autre sourire vient étirer tes lèvres, et tu t'approches de lui, discrètement. La musique de fond couvre tes pas, et de toute façon, il y a trop de monde pour qu'il te dissocie du reste de la foule. Alors tu passes derrière lui, soufflant un léger 'bouh' à son oreille, qui a son effet puisque l'autre sursaute. Ahah. Tu te retiens de rire, mais ce large sourire amusé en dit long sur tes pensées. Il soupire, mais tu ne perds pas pour autant cet air de victoire qui flotte sur tes lèvres. « Je te déconseille de recommencer, Monsieur je-fais-trop-mon-show-sur-scène. » Tu fronces un peu les sourcils, tournant légèrement la tête, à feindre une fausse douleur. Oh, il t'a presque touché. Tu le dévores du regard en silence, alors qu'il te regarde. Oui, tu n'es pas spécialement beau à voir ; une arcade sourcilière ouverte avec cinq points de suture, la lèvre inférieure fendue à deux reprises, la joue gauche un peu tuméfiée... Rien de plus sinon. Tu t'approches un peu de lui, pas trop non plus, car tu n'es pas un goujat – enfin, ça reste à discuter ça – prenant la parole à ton tour. « Oh, je t'aurais donc fait peur ? Ou c'est peut-être mon comportement qui te déplaît ? » Ton sourire en coin reste figé, là, et tu reprends en fait. « C'est pas comme ça que ça marche ? Ils ont l'air d'aimer ça pourtant, navré de te décevoir, honey. » Ils ? Les invités bien sûr. La masse. Les journaux. Et pour le honey... Oh, c'est un petit surnom qui lui va merveilleusement bien tu trouves. Sucré, et blond avec des reflets de miel. Tu t'égares pas un peu là ? Bien sûr que non, tu es comme ça avec tout le monde. Comment tu la surnommait déjà la dernière ? Ah oui ; darling.

Il retire ses lunettes, et enfin, tu as le loisir de plonger tes yeux dans les siens. Ses beaux yeux bleus verts. Tu ne sais si c'est ce qui t'aide à faire le rapprochement, ou si tu as le déclic soudain... Mais tu comprends, tu te souviens, tu sais pourquoi il t'est familier ; c'est un chanteur. LJ. Ton sourire s'étire un peu plus encore, voilà qui devient sérieusement intéressant. Une question te brûle les lèvres, mais pour l'instant, tu la gardes pour toi. Pourquoi est-ce qu'il a l'air si déconfit ? Ah, tu crois avoir compris, lorsque tes yeux se posent sur sa chemise, à demi-imbibée du liquide doré. « Et merde... Malin, mon verre est vide maintenant. Une chance que je ne t'en ai pas renversé dessus, vu ton état, tu aurais pu un peu jongler. Un peu. Quant à moi, une chance que je n'ai pas fait d'efforts vestimentaires... On m'en a pas laissé le temps. » S'il savait, l'alcool sur les plaies, ce n'est même plus une souffrance, c'est presque un quotidien. Comment est-ce qu'il croit que tu faisais au début, quand tu n'avais rien qu'une paire de gants et de quoi vivoter, dormir à droite, à gauche ? L'alcool, ça n'a jamais été qu'une solution pour éviter de choper des infections. Mais ça, il ne peut pas le savoir. Personne ne connaît cette partie un peu sombre de ton époque, et personne ne le demande. Tout le monde s'intéresse plus à ce qui s'est passé depuis ; tes victoires, ton palmarès, des conquêtes d'une nuit et ton compte en banque. C'est tout ce qui importe réellement désormais. Tu secoues un peu la tête, et tu attrapes sa coupe sans lui demander son avis, plantant la tienne à peine consommée au creux de ses mains. Il ne va pas faire le difficile quand même ? En fait, tu comprendrais qu'il refuse, tu ne fais que le tester, comme tu le fais avec tout le monde ; tu aimes tester les gens, leurs limites, même sur des trucs complètement stupide comme cela. « Tu m'en vois navré. Mais je doute que tu sois à une chemise près, pas vrai, superstar ? » Ton sourire demeure charmeur, un peu joueur. Tu reposes la coupe vide sur le banquet, attrapant un verre d'eau à la place pour toi. L'acool ? Pas encore. Pas juste après les matchs, et puis, tu n'es pas bien sûr de pouvoir tenir la liqueur ce soir, avec tout ce que tu as pris dans la tête déjà. Tu tapes un peu ton verre contre sa flûte, doucement. « Santé ? » Fais-tu brièvement, buvant une ou deux gorgées de flotte. C'est frais, c'est tout ce que tu recherches ; un peu de fraîcheur alors que comme toujours, tu brûles de l'intérieur. Avalant un peu de travers, tu secoues la tête, pensant soudainement à quelque chose, c'est stupide mais... Tu reportes ton regard sur lui, brièvement. « Et de toute manière, je suis persuadé que tu serais bien mieux sans. » Sans quoi ? Sa chemise bien sûr. Tu finis ton verre et tu le poses sur la table, te contentant de croiser les bras. C'était stupide comme remarque, mais tu veux voir ses réactions, la moindre de ses réactions. Sadique.

Pas le temps d'en dire plus, ou de parler plus longtemps que quelqu'un arrive. Tu ne sais pas qui c'est d'abord, mais en te tournant un peu, tu constates qu'il s'agit d'un journaliste. Oh, merveilleux. Accompagné de sa femme en plus. Tu les connais, enfin, plus particulièrement lui puisqu'il est rédacteur en chef d'un des plus grands magazines d'Anarkia. Tu retrouves ton éternel sourire alors qu'il vous aborde, toi et le petit blond. « Seth, enfin nous vous trouvons ! » Tu hausses un peu les épaules, loin d'être surpris. En fait, on pourrait presque dire que tu es blasé, si tu n'étais pas aussi enthousiaste. « Louis Ackermann, et Madame, quel plaisir de vous revoir ! » Tu attrapes la main de la brune et l'embrasse brièvement, te contentant d'un hochement de tête pour monsieur. Toujours dans le spectacle, dans le plus, sans jamais tomber dans le trop. Car le trop n'existe pas pour toi, de toute façon. Elle sourit, de son éternel sourire d'hypocrite. Elle se souvient de votre petit entretient ? Parce que toi tu t'en souviens, vu comme ça avait fini. Oui, on va peut-être passer les détails sur le comment madame trompe son mari dans les locaux même de l'entreprise. Tu détournes ton attention d'elle sur lui, qui reprend la parole. « Alors Seth, qu'est-ce que ça fait d'être vainqueur de votre catégorie ? » Tu hausses un peu les épaules, reprenant. « Beaucoup de changements ? » Et ils éclatent tous les deux de rire, alors que tu jettes un bref coup d'oeil au chanteur, toujours à côté de toi. La femme prend la parole à son tour. « Et toujours célibataire ? » Tu hausses un sourcil. « C'est une invitation ? » Et ça, c'était très déplacé, tu sens un peu de gène dans ses yeux, toi, tu as une folle envie de t'amuser. Mais elle aussi semble d'humeur joueuse puisqu'elle reprend. « Ou toujours à courir après les filles ? » Tu te mords un peu la lèvre. Tu sais que des gens vous écoutent, vous regardent. Tu sais qu'il y a des caméras un peu partout dans la salle, des photographes... Tu soupires un peu, attrapant le blond par la taille pour le rapprocher un peu de toi. Rien de réellement ambigu en réalité. Ou presque.

« Hé bien dernièrement il semblerait que je m'intéresse à quelque chose d'autre qu'un mannequin brun aux yeux verts, perchés sur de hauts talons, Milady. » Tu ne sous-entends rien, mais alors rien du tout. Toi, l'homme à femmes, le coureur de jupons invétéré, et certainement un des plus grands Don Juan du moment, tu laisserais sous entendre que tu abandonnes les robes un peu courtes pour les boxers ? C'est presque comique. D'ailleurs, Ackermann éclate de rire à nouveau. « Ah Seth, éternel farceur ! On ne vous changera pas ! » Parce qu'il croit que c'est une blague ? En fait, tout le monde pense que c'est une blague, et toi le premier. Mais encore une fois, tu prends ça mal, ou plutôt, tu le prends comme un défi. Tu as toujours tout pris ainsi. Un large sourire étire tes lèvres, et il ne te faut pas moins de temps pour glisser une main sur la nuque du blond, l'attirant à toi. La suite ne va pas lui plaire, pas plus qu'à toi en réalité – quoique, y'a de quoi avoir des doutes. Mais tu l'embrasses, avec toute la fougue du monde pour refléter ton caractère. Tu l'embrasses, et tu sais t'y faire avec les hommes comme avec les femmes, même si tes relations avec ces derniers sont toujours restées officieuses... Bref. Pour le coup, tu entends les flashs crépiter, tu les aperçois. Tu ne vois pas à quel point tu as choqué certaines personnes, tu ne te rends peut-être pas compte de la portée de ton geste, et des clichés qui paraîtront demain en première page. Tu n'en as rien à faire, tu fermes un peu les yeux, mais pas longtemps, puisqu'il te ramène à la réalité en te mordant violemment la lèvre. Tu recules immédiatement, reprenant contact avec la réalité. Aouch ! Mais c'est qu'il a ré-ouvert ta lèvre en plus ! Tu finis par rire, sans vraie raison. Le bout de ton index récupère une perle de sang alors que tu calmes ce rire presque nerveux, reprenant. « Hé oui, j'avoue qu'en sexe aussi, je les aime violents ! » Ils ne savent pas vraiment s'ils doivent rire ou prendre la fuite, et pourtant, il se mettent à rire. Tu sais que demain, tu feras les gros titres. Et si d'ordinaire, c'est tout ce qui compte, tu as tout de même une pensée pour ce garçon. Peut-être qu'il est hétéro, qu'il est marié, qu'il a une famille. Mais comme toujours, tu ne te rends compte que trop tard des conséquences de tes actes.

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MessageSujet: Re: Toi et moi, une histoire à écrire   Mar 14 Jan - 21:34

"Bouh." C'est tellement ridicule, tellement puéril. C'est tellement ton genre en fait, que tu t'en veux de t'être laissé surprendre. Mais tu es toujours nerveux au milieu de la foule, tu es toujours sur les nerfs. Tu sursautes facilement et tu détestes cela. Tu n'es pourtant pas une boule de nerfs habituellement, mais il faut te voir dans ton contexte, loin de toute cette pression que tu sens sur tes épaules. Ne pas faire le moindre faux-pas, ne pas créer de dégâts, ne pas salir ton image de jeune homme innocent et cinglé sur les bords. C'est difficile, la célébrité. Non pas que tu y accordes une réelle attention, mais ta vie publique, c'est quasiment tout ce qui te reste. Ta vie privée ? Inexistante, il n'y a que le travail dans ta vie. Le travail, de vrais amis et une magie complètement incontrôlable. Rien de quoi faire jaser les médiats, très sincèrement. Tu pourrais faire un effort, leur trouver de quoi écrire un peu sur toi. Seulement tu n'en voix pas l'intérêt. Tu n'es pas une célébrité, tu es juste un chanteur. Tu es une voix, un message. Pas un visage, pas une personne. Tu n'es rien d'autre que le vent, et qui s'intéresse au vent, à part quelques petites exceptions ? Tant qu'il ne s'agit que d'une brise... Bref. Tu regardes le brun devant toi, tu plonges ton regard dans ses beaux yeux noisette... Il est plutôt pas mal, mais il serait mieux sans sa lèvre fendue, idem pour son arcade sourcilière, et l'état de sa joue... Tu pourrait arranger un peu cela de quelques sorts rapides mais tu n'en as guère envie, tu risquerais surtout de faire pire avec tes pouvoirs. Tu te contentes de râler après lui. Il fronce les sourcils. Quoi, tu l'as froissé, le pauvre chou ? Tss. Tu as plus envie de rire qu'autre chose mais tu te contiens. Il est en train de se moquer de toi d'un côté, tu pourrais bien en faire autant. S'il t'a fait peur ? Non, il t'a surpris, nuance. Tu fronces les sourcils alors qu'il continue. Oui, c'est son comportement qui te déplaît. Il en fait trop et, surtout, il est trop proche de toi. Seulement, il te sourit, alors tu en fais autant, par automatisme. Effet miroir. Minute... [/i]Honey[/i] ? Tu écarquilles les yeux, depuis le dessous de tes lunettes de soleil. D'accord, s'il veut jouer... Ton sourire refait surface, s'étirait d'une manière à la fois espiègle, joueuse... Et pourtant sérieuse.

-Si tu te bases uniquement sur ton show, tu ne vas pas faire long feu, marmotte. Le public se lasse de ce genre de phénomène. T'as des capacités mais ton personnage laisse sérieusement à désirer. Mais ce n'est pas mon problème, t'en encore jeune, tu l'apprendras rapidement à tes dépends.

Marmotte ? Bah quoi, il est aussi brun que ces animaux. Et puis c'est mignon, une marmotte. Oui, tu connais la sortie. Tu la connais même très bien. Tu irais bien la rejoindre tout de suite d'ailleurs. Pourquoi avoir dit à Damian que tu resterais un peu là, hein ? Tu y es bloqué, tu sais qu'il est capable de revenir afin de vérifier que tu es bien là, comme prévu... Quelle plaie. Enfin, d'où un jeune blondinet comme toi se permet de lui donner des leçons ? Voilà près de six ans que tu es dans le monde du show, six longues années que tu apprends comment rester à ta place, préserver tes secrets, ne pas perdre tes fans. Tu sais ce que tu dois faire et ce que tu ne dois pas faire. Tu dois rester ce personnage cinglé, innocent. Même si ce n'est pas toi, ce n'est plus toi. Plus exactement. Tu as changé, tu as sombré depuis longtemps. Seules ta voix et celle de tes amis te rattachent encore un peu au monde réel, à une vie que tu as pourtant cherchée à fuir. Toi, tu sais ce qu'est la vie de célébrité. Tu sais ce que sont les rôles. Et pourtant, tu n'en fais jamais trop. Tu as toujours mis un point d'honneur à rester le plus possible fidèle à ton tempérament d'origine, en espérant retrouver cette étincelle qui faisait de toi ce joyeux jeune homme qui faisait rire beaucoup de monde avec sa maladresse. Seulement, jusqu'à présent, tu n'arrives qu'à être le fantôme de toi-même... C'est déjà mieux que rien dirais-tu.

Finalement, tu retires tes lunettes. Tu n'en as pas tellement besoin, on n'est pas là pour toi et, très sérieusement, ce n'est pas le genre d'objet qui te permet de conserver longtemps ton anonymat. De toute manière, tu t'en fiches. Les journalistes ne t'aiment pas spécialement, certains ont même très sérieusement peur de toi. Cela vous a bien fait rire, tes amis et toi, lorsque vous l'avez vu lors de la diffusion d'une interview. Terreur, voilà le surnom qu'ils ont fini par te sortir. Ah, ils n'avaient qu'à pas laisser le loup pointer le bout de son nez... Tu préfères plutôt l'observer un peu plus en détail, dévoilant ton beau regard entre deux couleurs. Seulement, quelque chose t'interrompt dans ton observation. Tu voulais te changer les idées, plonger un peu ton regard dans le liquide doré de ta coupe de champagne. Raté, elle est vide et la moitié est sur ta chemise. Génial... Combien en as-tu bousillé de cette manière, à leur renverser tout un tas de choses étranges dessus ? Tu as cessé de compter depuis très longtemps. Tu ne peux t'empêcher de lâcher une remarque associée à une moue de mécontentement. Tu y ajoutes tout de même une légère touche d'amusement. Tu parles un peu trop mais c'est parfois bien difficile de te retenir quand tu commences. Tu es bavard, ce n'est pas vraiment un secret. Ta coupe s'échappe de tes mains, sans que tu ais le temps de protester, et la sienne la remplace bien vite. Surpris, tes yeux font plusieurs allés-retours entre lui et la flûte à peine entamée qu'il vient de te mettre dans les mains. Il en est navré ? Il n'en a pas l'air. Tu te contentes alors de arquer un sourcil avant de simplement hausser les épaules. Non, en effet, tu n'es pas à une chemise près.

-Non, c'est vrai. Et mes chemises ont vu bien pire qu'un verre de champagne. Depuis le temps, je ne fais même plus réellement attention.

Son sourire charmeur ne te fait rien. Habituellement, ils sont plutôt ta spécialité. Un poil plus espiègle peut-être, pour toi. Il trinque avec toi et tu le regardes boire le contenu de son verre d'eau. Tu hésites un peu pour ta part. Tu sais quel effet l'alcool a sur toi. Tu peux aussi bien complètement coller à ton rôle que virer en mode dépression profonde. L'alcool est un danger pour toi alors, finalement, tu reposes la flûte sur la table. Quelques cinglés se battront bien pour la récupérer. Tu vas rester sobre, cela vaudra bien mieux pour tout le monde. Sur ce, tu comptes bien te détourner et aller dans un coin où personne ne viendra te déranger, sauf que tu ne bouges plus en l'entendant s'adresser à nouveau à toi. Il est persuadé que tu serais mieux sans quoi ? Sans ta chemise ? Tu sens à nouveau un peu de chaleur s'installer au niveau de tes joues, mais tes pommettes ne rougissent pas. Tu repenses à tes bras mutilés, masqués par tes gants. Tu repenses aux marques de griffe dans ton dos. Tu repenses à tout ce que ton corps révélerait si tu le dévoilais. Non. Tu es mieux habillé que torse-nu. Personne ne doit voir. Personne ne doit comprendre. Et tout le monde s'en ficherait bien, de toute manière. Tu secoues la tête, d'une manière visiblement désespérée.

-Range ton numéro, Dom Juan.

Dom Juan. S'il pense que tu n'as pas compris son petit numéro, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Il n'est pas le premier à essayer et il ne sera très certainement pas le dernier. Sauf que tu es un loup solitaire, les gens ont tendance à le comprendre uniquement après coup. Un loup qui sait montrer les crocs et mordre lorsqu'on s'intéresse d'un peu trop près à lui. Un certain nombre de personnes en ont fait les frais. Bref. C'est sur ces paroles que tu comptes bien t'éclipser. Surtout que deux journalistes font leur apparition. Tiens donc, Monsieur et Madame Ackermann. Tu as eu une fois affaire à eux. Ils ne se sont plus jamais frotté à toi. Il faut dire que Monsieur s'était montré un peu trop insistant et, tu as beau être patient, évoquer le sujet familial a bien failli lui coûter la vie ce jour là. Il ne devrait plus jamais s'approcher de toi. Pourtant il le fait, pour le russe, comme Damian a dit. Tu n'écoutes pas vraiment, tu te détournes, cherchant plutôt un verre d'eau, vidant celui-ci d'une traite. Voilà qui est bien plus agréable que l'alcool. Même si tu ne dirais pas non à un jus de fruits bien frais. Sur ce, tu allais partir quand tu sens une main t'attraper par la taille et t'atirer contre quelqu'un. Tendu, nerveux, essayant de garder un semblant de calme, tu lèves un peu les yeux, observant le brun qui te colle à lui. Que fait-il donc ? Qu'est-ce qui lui passe par la tête ? Qu'il se trouve un autre jouet ! Qu'il te lâche donc ! Tu essayes de te dégager, le repoussant plutôt vainement malheureusement. C'est pas vrai, dans quoi te retrouves-tu encore ? Des ennuis, tu es prêt à le parier. Comme toujours. Tu ne sortiras jamais de cette spirale infernale. Condamné à subir les caprices du combattant, tu prêtes enfin attention à leur conversation. Il s'intéresse à quelque chose d'autre qu'une fille ? Tu arques un sourcil, incrédule. Non. Tu espères avoir mal compris. Tu espères te tromper. Tu espères que le journaliste a raison, qu'il plaisante. Sauf que... Non, tu n'auras pas cette chance.

Une main glisse sur ta nuque tandis que tu te figes. Ses lèvres viennent capturer les tiennes et, quelques secondes, tu es bien trop ébahi, bien trop choquer pour le repousser, lui répondre, ou même faire quoi que ce soit. Tu es littéralement tétanisé. Non, il fait une erreur, il devrait le lâcher, le fuir, il devrait... Ses lèvres sont chaudes. Douce. Un très léger goût de sang, à cause de sa lèvre fendue. Les flashs crépitent, immortalisent ce moment que tu as déjà envie d'oublier. Tu aimes ses lèvres mais... Non. Le choc passé, tu réagis enfin. Tu essayes de le repousser, une nouvelle fois en vain. Tu n'as pas sa carrure, tu n'es pas un combattant, même si tes coups font mal. Par contre, tu es un loup. Que font-ils quand ils sont piégés ? Ils mordent. C'est ce que tu fais, sans la moindre hésitation. Tu sais que c'est bien assez efficace pour qu'il s'écarte, ce qu'il fait effectivement. Il se recule alors et tu l'y aides en le giflant bien fort, pile sur sa joue endolorie. Tu as une bonne mémoire, tu sais où frapper pour faire mal. Pas besoin d'être puissant, il suffit de connaître les points sensibles de ses adversaires. C'est toujours ainsi que tu procèdes lorsqu'il s'agit de repousser quelqu'un d'un peu trop énervant. Et tandis qu'il rit, tu essuies tes lèvres de ton gant, ton regard brillant de dégoût, de mépris aussi. Il a gagné, tu le détestes. Et l'air vibre autour de toi, signe que ta magie t'échappe. Pour l'instant, elle est encore contrôlable mais tu sais que cela ne durera pas. Pas avec les journalistes autour.

-Voilà donc l'un des secrets du célèbre LJ ? Il a fait son coming out ?

Tu décapsules. C'est involontaire mais tu es bien trop furieux, bien trop déstabilisé pour chercher à te contrôler. Tu te contentes de le regarder. Son appareil photo lui explose entre les mains, purement et simplement, tandis qu'il arrive la même chose à près de la moitié des verres encore sur la table. Te contrôler, tu vas blesser des personnes, il ne faut pas que tu craques, tu ne dois pas... Andrew, calme-toi, ce n'est qu'un baiser, ce n'est pas comme si... Comme si quoi ? Tu t'es toujours tenu éloigné de tout le monde, pour les protéger de toi, pour essayer de garder ton image intacte, pour entretenir une dose de mystère aussi... Et là, il vient de tout envoyer valser. Pour une impulsion, pour une envie de briller, pour faire parler de lui. La célébrité fait perdre la tête aux gens. Mais toi, un jour, tu la perdras réellement, à force d'être aussi instable. Certaines personnes s'écartent de toi, certainement par instinct de conservation. Ackermann n'a pas cette chance. Sans prévenir, tu te détournes du jeune homme pour attraper le journaliste par le col, allant le plaquer brusquement contre un mur.

-Écoute-moi bien toi. Je t'ai déjà prévenu, ma vie privée reste privée. Fouille-y ne serais-ce qu'un peu, et je te jure que tu le regretteras profondément. Maintenant lâche-moi. Lâchez-moi tous !

Tu n'as pas besoin de hausser le ton pour te faire entendre, ta voix porte naturellement très loin, tu articules parfaitement avec ton étrange accent. Tu es rarement en colère, tes coups de sang sont exceptionnels. Mais ils deviennent de plus en plus redoutable avec le temps. Les journalistes le savent, le mot est passé depuis longtemps. Ils ne t'aiment pas, tu sais que si ta popularité reste haute, c'est parce qu'en concert tu es différent, tu es plus toi-même avec tes fans, quand tu peux parler de musique. Pas lorsqu'on cherche à fouiller dans ta vie. De nouveaux verres explosent, l'homme s'éloigne rapidement de toi. Il faut que tu bouges avant de faire une bêtise. Tu n'aurais pas dû rester, tu aurais mieux fait de rentrer immédiatement chez toi, te remettre au travail, chercher une nouvelle mélodie sur laquelle travailler, de nouvelles paroles, quelque chose de plus sincère... Tu serres les dents, ton regard venant se poser à nouveau sur le brun qui a déclenché tout cela. En voilà un qui va comprendre qu'il ne faut pas jouer avec toi. Sans plus tenir compte des autres, tu le rejoins et lui attrape fermement le poignet. « Suis-moi, toi. » Sans tellement lui laisser le choix en fait, tu l'entraînes avec toi, à l'écart des autres. Ta magie referme automatiquement les portes après votre passage. Elles sont peut-être verrouillées... Non, quand même pas. Ta magie n'est jamais très précise quand elle fait ce genre de chose. Et puis, de toute manière, tu t'en fiches. Tu attends de trouver un coin pas trop étroit, là où il y a un banc. Parfait. Soudainement tu te retournes et lui envoies purement et simplement ton poing dans la figure. Sauf qu'il t'esquive. Une fois. Deux fois. Trois fois. Tu serres les dents avant de juste le pousser contre le mur. Tes yeux étincellent de fureur tandis que la lumière saute régulièrement et que les ampoules grésillent.

-Je peux savoir à quoi tu joues ? D'où tu te permets ce genre de comportement avec moi ? Tient tes distances, parce que la prochaine fois, ce ne seront pas une morsure et une baffe que tu te prendras mais...
-Drew ? Tu viens jouer ?


Tu te figes soudainement. Cette petite voix enfantine, celle d'une gamine de onze ans. La terreur remplace la fureur au fond de tes yeux. Tu lâches le brun. Non. Ce ne peut pas être sa voix à elle. Elle ne peut pas être là, derrière toi. TU as peur de te retourner. Tu ne veux pas la voir. Tu ne veux plus voir ces fantômes de ton passé. Tu ne veux plus subir leurs assauts, tu ne veux plus de cette culpabilité qui te détruit un peu plus les maigres restes de ton cœur. Mais tu ne peux pas non plus t'en empêcher. Cette jolie petite voix. Tu te retournes, lentement, tremblant. Elle est là. Avec ses beaux yeux bleus et ses boucles blondes. Son joli petit sourire. Deux mots s'échappent doucement d'entre tes lèvres : « Clara... Non... ». Si. Elle est là, elle te regarde. Est-ce encore ton imagination qui te joue des tours ou une nouvelle manifestation de ton pouvoir ? Tu déglutis alors qu'elle te prend la main. Ce n'est pas que ton imagination, elle est vraiment là. Elle est un souvenir, une image créée par tes souvenirs. Un douloureux souvenir qui se déforme avec horreur sous tes yeux. Son visage se modifie, se couvre de plaies, toutes celles que tu as pu constater après sa chute du toit... Ses membres se tordent d'une manière non naturelle... Et toi tu recules, paniqué. Tu vas te recroqueviller sur le banc, jambes ramenées contre toi, bras les entourant, tremblant de terreur, de culpabilité, de désespoir. Des larmes t'échappent, sans que tu parviennes à les retenir.

-Clara... Je suis si désolé... Désolé... Mais s'il te plaît, arrête de revenir, arrête de... Tu te tais. Elle a disparu. Tes larmes dévalement à nouveau le long de tes joues, alors que tes mains glissent dans tes cheveux, tirant dessus. J'en ai marre... Putains de pouvoirs, putains de souvenirs... Putain de vie qui m'oblige à rester là, toujours... J'en peux plus...

Tu en as complètement oublié la présence du brun. Une fois de plus, tu sombres dans le désespoir. Ta magie se retourne fréquemment de toi, quand tu ne vas pas bien. La colère, elle la transforme en tristesse. Et quand tu sombres, comme sur l'instant, il semblerait qu'elle t'aide à exécuter ton souhait. Mourir. L'habituel picotement sur tes bras ne te fait même pas réagir. Tu connais trop cette sensation de tes plaies qui se rouvrent sous tes gants pour y prêter réellement attention. La douleur t'aide à canaliser, à essayer de sécher tes larmes. C'est bien vain, mais au moins tu essayes de reprendre un peu pied. Tu n'es pas chez toi, tu es dans un lieu public, tu ne devrais pas te laisser aller aussi facilement. Lorsque tu penses pouvoir y voir pas trop flou, tu relèves les yeux, cherchant du regard la personne que tu as entraîné avec toi dans cette histoire. Il est encore là. Tiens, il ne s'est pas empressé de fuir raconter ce qu'il a vu aux journalistes ? Voilà qui leur ferait plaisir, de te descendre un peu, toi l'intouchable. Toi qui a toujours été soutenu par un Tudor... Tu serres un peu les dents, le regardant tristement...

-C'est ça que tu voulais, Seth Jakotrov ? L'occasion de faire la une, de faire parler un peu de toi ? Bravo, tu as gagné. T'es sûr qu'on va en entendre parler de cette soirée. Je t'en prie, tire-toi, va leur confirmer les rumeurs. Va leur donner l'occasion de m'attaquer réellement. Va leur dire que je suis cinglé, incontrôlable. J'en ai rien à faire. J'en ai plus rien à faire, j'aime pas la célébrité, je voulais juste chanter...

Ta voix est entrecoupée de sanglots, tu baisses à nouveau les yeux... En fait, tu te caches entre tes bras, tremblant. Tes gants virent petit à petit au rouge sombre, se gorgeant de sang, et cela commence à se voir sur tes vêtements. Tu n'en as rien à faire. C'est fréquent. Tant que ta magie ne cherche pas à rouvrir la cicatrice de ton cou, tu sais que tu t'en sortiras. Tu as beau essayer de fuir cette vie, il y a toujours quelque chose ou quelqu'un qui essaiera de t'y retenir. Tu n'arrives pas à échapper à son emprise, il semblerait qu'elle tient vraiment à te faire souffrir. Jamais tu ne te débarrasseras de ta malédiction, jamais tu ne pourras oublier tes questions, tes doutes, tes blessures, tout ce qui t'a détruit au fil des années. Clara... Tu te recroquevilles un peu plus sur toi-même, ta tête tourne, tu t'en veux affreusement... Qu'il parte. Qu'il aille raconter tout ce qu'il veut, ce ne sera jamais qu'un nouveau prétexte pour essayer d'en finir avec cette vie... Qu'il s'en aille, tu veux juste être seul... Et il est déjà allé trop loin pour que tu puisses le supporter...

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just you and me
Between us, it's a long story. With good and bad times, with a lot of laughs and tears. You're the only one for me, I want you to smile all the time. I love you. Forever.

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Seth-Wilee F. Jakotrov
♆ my life is fifty-fifty.
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MessageSujet: Re: Toi et moi, une histoire à écrire   Lun 10 Fév - 20:47

hush, it's okay, dry your eyes.
Lui. C'est lui que tu as décidé d'embêter ce soir. Va savoir pourquoi. Il a l'air plutôt sympathique, un peu trop discret à ton goût. Toujours sur la réserve. Mais il a piqué ta curiosité à vif, dans les gradins. Peut-être que tu te fais des films, certainement même. Mais qui ne tente rien n'a rien, pas vrai ? Tu gardes ton éternel sourire, et le sien y fait écho. Il a l'air un peu joueur, et c'est tout ce que tu demandes. Jouer, cette nuit encore. Jouer avec les images, avec les rumeurs. C'est là tout l'art de la manipulation mentale, c'est ce qui fait que demain, on parlera d'une manière ou d'une autre de toi dans la presse. En bon, comme en mal. C'est toujours la partie la plus délicate à gérer. « Si tu te bases uniquement sur ton show, tu ne vas pas faire long feu, marmotte. Le public se lasse de ce genre de phénomène. T'as des capacités mais ton personnage laisse sérieusement à désirer. Mais ce n'est pas mon problème, t'en encore jeune, tu l'apprendras rapidement à tes dépends. » Ton sourire s'étire encore un peu. Marmotte, vraiment ? Une marmotte, c'est ce gros animal qu'on voit dormir tout le temps, pas vrai ? Il t'a vu ? Tu es presque hyperactif, tu ne tiens pas en place, mais alors vraiment pas. Bon ok, sauf le week-end peut-être, ou après une soirée trop arrosée. Mais marmotte... Non, ça ne te correspond pas vraiment. Tu ne retiens pas vraiment ses conseils, puisque de tout façon, personne n'a le droit de te conseiller à part toi-même. Que sait-il de la célébrité lui ? Oui, certes, il la vit, et peut-être de manière plus intense encore que toi. Mais après ? Chacun sa manière de gérer la chose, et même si tu n'as pas nécessairement choisi la bonne, tu es loin de vouloir ta plaindre ; ta vie te convient très bien telle qu'elle est. Pleine de paillettes et de mensonges, de scandales et de victoires. Des soirées trop arrosées, des regrets amers pour le lendemain. Une succession d'erreur que tu nies, sans cesse. Mais ça te convient, parce que ça marche – pour l'instant. C'est peut-être purement illusoire, et tu sais que quand tu commenceras à perdre, ils te tourneront tous le dos. Mais pour l'instant, ça fonctionne. Alors tu ne préfères pas regarder sur le long terme. Pourquoi vouloir atteindre demain, quand aujourd'hui est parfait ? Telle est ta philosophie. Tu as le temps, tu es encore jeune. Et même si tout cela doit s'envoler un jour, tu feras tout pour retarder ce fameux jour au maximum. Alors continue, garde bien les yeux fermés Seth, tu verras, un jour ou l'autre, ça te retombera dessus. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, tu le détailles, secouant un peu la tête. « C'est vrai que tu as l'air beaucoup plus vieux que moi, dis-moi, tu as bien cinquante ans, non ? Sais-tu, on dit qu'on ne peut pas plaire à tout le monde, et je me fie à la masse ; la foule m'adore, tu n'es alors que cette exception qui me déteste pour ce que je semble être. Mais ça fait jamais que six ans que je suis dans la machine, alors je crois que je ne peux pas m'avancer, pas vrai ? » Six ans. Six ans déjà que tu signais ton premier contrat, comme meilleur espoir de jeunesse. Tu t'entraînais dur, depuis longtemps pour cela. Certes, ce n'était pas la célébrité folle à l'époque, ce n'était que le début, c'était encore calme comme vie. Tout s'est plus ou moins précipité au début de la vingtaine. Quand ils ont commencé à comprendre que t'étais plus un petit garçon non, mais que tu devenais un homme. C'est là que ça a commencé à devenir vraiment intéressant pour les médias. Ah, quels vautours, ces médias.

Il retire ses lunettes, et tu as enfin le loisir de plonger tes yeux dans les siens. Verts. Bleus. Tu ne saurais trop définir quelle teinte ils ont, mais ce curieux mélange est plutôt agréable. Tu resterais bien là à le regarder, mais il reprend la parole, désespéré. Sa chemise ? Ah, si ce n'est que ça. Tu procèdes rapidement à l'échange de vos coupes, récupérant un verre d'eau pour ta part. Voilà, comme ça, il ne peut plus se plaindre. À moins de te faire un caprice de star parce que monsieur voulait une coupe toute neuve... auquel cas il ira la chercher. Tu n'aimes pas vraiment les divas, ceux qui se plaignent à longueur de temps. C'est peut-être parce que toi, tu es un combattant. Toi, on t'a habitué à en saigner, avant d'atteindre ton but. On t'a appris ce que c'était, que de souffrir pour réussir. On ne t'a jamais rien collé dans les mains aussi facilement ; ta famille n'avait déjà pas grand chose, ce n'était certainement pas en tant qu'orphelin que tu allais te retrouver avec une grosse fortune pour t'assurer un avenir doré. « Non, c'est vrai. Et mes chemises ont vu bien pire qu'un verre de champagne. Depuis le temps, je ne fais même plus réellement attention. » Ton sourire s'élargit un peu plus. Alors monsieur est maladroit ? Il n'en a pas l'air, quand on le voit comme ça. Quoique... Vu sa réaction de tout à l'heure, quand tu l'as fait sursauter si facilement... Tu souris rien que d'y repenser, haussant un peu les épaules. Toi, tu n'as pas vraiment l'occasion de bousiller des chemises. Tu es presque tout le temps torse-nu. Entre les entraînements, les matchs, les strips au bar... Les quoi ? Chut, chut, on n'a rien dit, rien vu, rien entendu. Tu t'autorises une brève remarque, celle qu'il serait certainement mieux sans sa chemise. Il a l'air dubitatif, toi, tu conserves ton sourire charmeur. Oui, tu y vas certainement un peu fort, tu dois reconnaître que tu es plutôt bourrin dans le genre... Mais ça marche, la plupart du temps. Et puis c'est un mec, il va pas faire son offusquer, si ? Il ne va quand même pas t'en coller une parce que tu viens de le complimenter. Bon, un peu rude le compliment, mais... Bref passons. « Range ton numéro, Dom Juan. » C'est presque flatteur, ce qu'il vient de te dire, et tu hausses un peu les sourcils, amusé par sa remarque. Mais, cela signifie alors que non, tu n'as pas ta chance ? Ça ne t'étonne que peu, tu es tellement... Peu délicat en fait, parfois. Autant lui demander de but en blanc de coucher avec toi, ce serait exactement le même scénario de refus.

Des journalistes arrivent. Tu les connais bien, car ils couvrent souvent ce genre d'événements, pas nécessairement pour le sport en lui-même, mais plutôt pour les catastrophes ou rumeurs qui circulent à chaque coin de table de cette réception. Alors tu retrouves ton joyeux petit sourire – avec toujours cette même dose de charme – et tu rentres dans leur jeu. Tu as tellement l'habitude de tout cela... C'est plus qu'un rituel, c'est ton quotidien. Sauf que pour le coup – et d'ailleurs ça ne t'étonne même plus – ils s'intéressent plus à ta vie sentimentale qu'à ton dernier titre. Quand vont-ils comprendre ? Côté amour, c'est le chaos, ça l'a toujours été. Tu n'es pas quelqu'un de stable vraiment, tu n'es pas fait pour te poser, avoir une vie à deux, un mariage, des enfants... C'est encore tellement loin tout cela, à tes yeux. Tu n'as plus envie d'aimer, de faire l'effort. À vrai dire, tu n'as pas toujours été ainsi, non ; tu as aimé une fois. Freyja. La petite sœur de Castiel. Tu l'as aimé, et tu as tout foiré, quand la célébrité est rentrée en jeu. Tu te souviens parfaitement de ses mots, de ce qu'elle t'avait balancé au visage, comme quoi tu avais bien trop changé, et que si Cas était encore là, il ne pourrait que te haïr pour ce que tu es devenu. Tu te souviens de cette dispute, de tout cela... Ah, tu n'as pas tellement envie d'y repenser, et de toute façon, tu n'en as pas tellement l'occasion puisque Madame Ackermann te pose une question. Ou plutôt te lance dans un défi. Car oui, tu prends cela comme un défi. Toi, le 'pur' hétérosexuel, le tombeur de ces dames. Tu t'apprêtes à ruiner un peu plus ta réputation encore, à la faire tomber juste un peu plus bas, pour le plaisir des médias. Juste pour faire parler de toi, sans pour autant redorer le blason. Non, tout ce que tu veux, c'est un peu d'attention ; on ne peut te blâmer, on ne t'en a jamais assez donné, de l'attention. Sans lui demander son avis, tu attires alors le blond contre toi. Tu sais à quel point il est réticent, il suffit de le sentir se tendre. Il n'est pas à l'aise. Toi, tu l'es complètement, mais c'est presque normal, vu que c'est ton plan. Quelques mots encore, et tu es là, à l'embrasser. Attend, quoi ? Toi ? Tu l'embrasses. Sans même lui demander son avis, sans aucune gêne. Tu te retrouves pendu à ses lèvres. Il ne réagit pas sur l'instant, et ça t'étonne peu ; il n'y a pas que lui qui est choqué par ce qui se passe actuellement. Les journalistes immortalisent le moment, tous, ou presque. Jusqu'à ce qu'il te morde, que tu te recules, et qu'au passage tu te prennes une gifle magistrale qui te fait un peu tourner la tête. Ton sourire ne te quitte pas, à vrai dire, il ne t'a jamais quitté. Mine de rien, il ravive la douleur dans ta joue déjà abîmée. Mais tu te contentes de serrer les dents comme toujours ; tu es un combattant, tu as l'habitude des coups, plus que quiconque ici. Tu ris un peu pour sauver les apparences, mais tu sais que ce que tu viens de faire est purement honteux. Ce n'était pas toi, de faire du mal aux autres comme ça, avant. Mais comme on dit ; c'était avant. Aujourd'hui, il semblerait que cela ne te fasse ni chaud, ni froid.

L'atmosphère change radicalement. Quelque chose flotte dans l'air. Et c'est d'autant plus perceptible par les sorciers présents. L'air vibre, ce qui n'est en soi, pas annonciateur de bonne nouvelle. « Voilà donc l'un des secrets du célèbre LJ ? Il a fait son coming out ? » Tu hausses un peu les sourcils à la remarque d'Ackermann. Qu'il le laisse un peu, le pauvre blond. Tu lui en as assez mis sur le dos comme ça pour en rajouter une couche. Mais, c'est bien trop tard pour agir. Bien trop tard pour dire quoique ce soit. La situation dérape. Si seulement tu avais regardé le chanteur autrement, si seulement tu avais compris qu'il n'était pas de ces pantins avec lesquels tu peux jouer comme tu l'entends... Si seulement tu savais à quel point il peut être instable, ce garçon. Tu ne l'aurais certainement pas entraîné dans cette spirale infernale. Tu aimerais réagir, dire quelque chose pour calmer le jeu. C'est trop tard. Un appareil photo explose, tandis que quelques verres sur la table en font autant. Tu te retournes un peu, constatant les dégâts, alors que bien des personnes sursautent et en font autant. La pièce est immense, et ce n'est pas tout le monde qui se sent concerné, mais pourtant, bon nombre de personnes se tournent vers vous. Ce n'est pas ainsi que les choses devaient tourner, vraiment. Il était censé rester calme, il était censé prendre la fuite après cette claque, tout au plus... Mais tout dérape, comme toujours. Et une fois de plus, tu constates que tu as fait une sacrée connerie. Réparer ? Et réparer quoi Seth ? Il n'y a plus rien à réparer. Tout est bousillé. Définitivement. Par ta faute. Parce que comme toujours, tu as toujours besoin de te mettre en avant, de faire n'importe quoi, juste pour qu'on s'intéresse un peu à toi. Juste pour être le centre d'attention d'un instant. Mais qu'est-ce que ça veut dire, tout ça ? Pourquoi est-ce qu'il faut toujours que tu réagisses ainsi ? Ce comportement n'est rien de plus que le reflet d'une vieille blessure. Une sensation de vide. Un grand manque de confiance en soi. Malgré tout ce que tu peux prétendre, dire, faire... Le voilà, ton plus lourd secret. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, et quand tu vois Andrew attraper le journaliste par le col, tu te retiens de faire un geste en avant pour les séparer. Quelque chose te dit que tu dois les laisser régler cela à leur manière. Miss Ackermann vient à tes côtés, presse ton bras, comme inquiète. Ta mine n'exprime rien de plus que du dégoût quand tu la regardes. « Lâchez-moi bon sang ! » Fais-tu presque agressivement. Tu es frustré. Énervé. Tu essayes de ne pas perdre la face, mais ce n'est pas simple. Elle semble étonnée par ton ton, et elle recule un pas, trouvant du réconfort ailleurs. « Écoute-moi bien toi. Je t'ai déjà prévenu, ma vie privée reste privée. Fouille-y ne serais-ce qu'un peu, et je te jure que tu le regretteras profondément. Maintenant lâche-moi. Lâchez-moi tous ! » Tu ne souris plus. Tu es, à vrai dire, incroyablement neutre. Tu n'as rien envie de dire. Et de toute façon, qu'est-ce que tu pourrais bien balancer ? Tu ne ferais que dégrader un peu plus encore la situation. Et ça, non, c'est bon, tu as assez donné. Il a assez reçu ce soir, le blondinet. Laisse-le un peu. Tu n'es capable que de catastrophes. Alors laisse-le faire ce qu'il veut, et tu agiras en conséquent. Improviser, n'est-ce pas ce dans quoi tu es le meilleur ? Oh, oui. Meilleur dans le mieux, comme dans le pire. C'est tellement pathétique tout ça... Et ce qui l'est encore plus, c'est que tu n'arrives pas à regretter ce qui se passe.

Le blond est furieux. Ce qui est plus que compréhensible, pas vrai ? Tu lui as fait du mal, tu es incapable de t'en rendre compte. Tu as détruit une partie de sa vie, comme ça, d'un baiser. Par pur égoïsme. « Suis-moi, toi. » Tu ne résistes même pas, alors qu'il t’entraîne, t'attrapant fermement par le poignet. La direction semble bien claire ; il t'emmène vers les vestiaires. Pourquoi ? Une mise au point, de toute évidence. Il veut te faire comprendre que tu n'aurais pas dû, que ci, que cela... Et au final, tout ce qu'il pourra dire n'y changera strictement rien, puisque c'est fait. Enfin. Tu pourrais bien le planter là, te détourner et retourner à la petite réception. Ouvrir ces portes qu'il vient de fermer par magie, et faire comme si de rien n'était. Mais tu n'en fais rien. Tu restes là, au milieu des vestiaires, avec un regard un peu confus sur sa personne. Qu'est-ce que attends pour partir Seth ? Ah, non, la moindre des choses c'est au moins d'écouter ce qu'il a à dire. Ou de voir ce qu'il veut faire. Puisque monsieur semble plutôt d'humeur à agir. Il se tourne vivement vers toi, et tente de t'envoyer son poing dans le visage. Une fois, deux fois, trois fois. Tu esquives sans grande difficulté ; c'est ton quotidien après tout, c'est ce que tu fais presque tous les jours, et ce soir encore. Alors venant de ce que tu peux considérer comme un amateur, en plus... Tu soupires un peu, mais pas las. C'est plutôt du désespoir. Oui, tu es désespéré. Tu restes complètement neutre, complètement calme. Tu le laisses s'énerver tout seul, alors qu'il te pousse presque violemment contre l'un des casiers. Ton dos heurte péniblement la surface métallique, mais tu ne dis rien. Tu ne réagis même pas. Tu restes juste là, appuyé contre le placard, silencieux. Qu'il s'excite, qu'il s'énerve. Ça change rien pour toi. Strictement rien. La lumière saute de temps à autres, la tension est palpable. Toi, tu es complètement neutre. Rien pour exprimer quoique ce soit dans ton visage ou tes yeux. Rien de plus que cette manière bien à toi d'être paisible, même en situation de crise. L'indifférence la plus totale, alors que l'autre s'agite. Il est nerveux, énervé, hors de lui. Tu n'en sais trop rien, tu n'es pas de ceux qui quantifient la colère. Toi, tu es ou hors de toi, ou normal. Il n'y a pas d'entre deux. « Je peux savoir à quoi tu joues ? D'où tu te permets ce genre de comportement avec moi ? Tient tes distances, parce que la prochaine fois, ce ne seront pas une morsure et une baffe que tu te prendras mais... » Tes yeux balayent les siens, l'un, et l'autre. Tu captes son regard sans vraiment chercher à le voir. Qu'il se défoule si c'est ce qu'il veut. Tu as tellement l'habitude de toute façon. Mais quoi ? Qu'est-ce qu'il va bien pouvoir faire, hein ? Te frapper ? Il n'arrive même pas à t'atteindre, pourquoi est-ce qu'il te frapperait. Ce serait une perte de temps, d'énergie ; en somme une mauvaise idée car tu as une manière bien à toi de calmer le jeu, et elle est souvent très douloureuse. Te menacer est une bien drôle d'idée, toi qui, ce soir encore, a réussi à asseoir ton pouvoir, en étant à nouveau champion de ta catégorie. Qu'est-ce qu'il veut, qu'est-ce qu'il cherche ? Finir la nuque brisée au détour d'une ruelle ? Tu peux lui arranger ça, s'il continue à te cracher dessus comme il le fait depuis le début.

« Drew ? Tu viens jouer ? » Changement d'ambiance soudaine. Le blond te lâche et se détourne, alors qu'une petite fille fait son apparition dans le tableau. Tu ne réagis pas plus, tu te contentes de la regarder. Elle n'est pas réelle. Ce n'est pas possible. C'est la magie de l'autre qui doit déraper – encore – as-tu envie de dire. Une fillette blonde aux yeux bleus qui glisse sa main dans celle du chanteur. Tu restes sur tes gardes, fronçant presque imperceptiblement les sourcils. Tu n'es pas sûr de comprendre ce qui se passe, pas plus que tu n'es sûr de vouloir comprendre. Ce ne sont pas tes affaires. Si l'autre voit des fantômes, c'est son problème ; tu as assez de mal avec les tiens pour t'occuper de ceux des autres. Le jeune Firearrow murmure quelque chose que tu es incapable d'entendre. Tu penches un peu la tête sur le côté, alors que la demoiselle prend une toute autre apparence. Plaies sur le visage. Membres déformés. Sommes toutes un tableau bien peu engageant qu'il t'offre là. Mais comme toujours, tu restes insensible. C'est à peine si tu fais le rapprochement avec Salem. Non, ça ne te vient même pas à l'esprit. Tu es devenu si... indifférent à tout avec le temps. Indifférent à la vie, à la mort, à ce qui peut se passer autour de toi... Indifférent à l'amour, et à la haine. Plus rien ne peut t'atteindre – du moins, c'est l'impression que tu as. Andrew semble paniqué puisqu'il recule jusqu'à se recroqueviller sur un banc. Tu ne dis rien. Une fois de plus, ton silence t'enveloppe et tu ne cilles pas, quand l'image disparaît. « Clara... Je suis si désolé... Désolé... Mais s'il te plaît, arrête de revenir, arrête de... J'en ai marre... Putains de pouvoirs, putains de souvenirs... Putain de vie qui m'oblige à rester là, toujours... J'en peux plus... » Il n'a vraiment pas l'air bien. Il sanglote, glisse ses mains dans ses cheveux pour tirer dessus... Toi tu le regardes, ne bougeant pas de ta position. Qu'est-ce que tu pourrais bien faire de toute façon ? Lui glisser un mouchoir sous les yeux ? T'es pas mère Térésa, faut arrêter un peu. Tu soupires à nouveau, tu hésites à t'approcher de lui, et en fait, tu restes sur place. C'est bon, il a fini de se lamenter ? Oh, tu es bien dur Seth est-ce que tu t'en rends compte au moins ? C'est affreux, cette manière d'être aussi détaché. Aucune compassion, aucune empathie... Du moins, le tout est tellement dissimulé qu'il en devient inexistant. Pourquoi ? Tu n'as pas envie d'être atteint par tout cela. Ça t'a bousillé pendant des années, beaucoup trop pour que aujourd'hui, tu acceptes de le vivre. La peine des autres, tout cela ;.. Tu n'en veux plus. Qu'ils se la gardent. La tienne est déjà bien trop lourde à porter.

Tu le regardes. Il lève les yeux vers toi, couverts d'un voile de larmes. Il veut pleurer encore ? Soit, tu ne le retiens pas. Qu'il pleure, si c'est ce qu'il veut. Tu n'es pas en mesure d'empêcher quelqu'un de pleurer. Il n'y a pas de remède contre la tristesse, à part l'ivresse ; et encore. Elle ne fait que retarder l'instant où on se sentira vraiment triste. Tu croises les bras contre ton torse un instant. Tu le détailles. Il n'a vraiment pas l'air bien. Mais qu'est-ce que tu y peux ? Tu n'es pas psychologue. Au contraire, tu as plutôt tendance à détruire la vie des gens, apparemment. « C'est ça que tu voulais, Seth Jakotrov ? L'occasion de faire la une, de faire parler un peu de toi ? Bravo, tu as gagné. T'es sûr qu'on va en entendre parler de cette soirée. Je t'en prie, tire-toi, va leur confirmer les rumeurs. Va leur donner l'occasion de m'attaquer réellement. Va leur dire que je suis cinglé, incontrôlable. J'en ai rien à faire. J'en ai plus rien à faire, j'aime pas la célébrité, je voulais juste chanter... » Tu hausses un peu les épaules. Ses propos ne te font rien. Ils ne te font pas réagir le moins du monde. C'est ça. Qu'il s’apitoie sur son sort. Qu'il s'énerve contre toi, encore un peu. Tu n'as même pas pitié de lui. Tu es incapable de ressentir une quelconque compassion. Si tu veux aller retrouver les journalistes ? Tu pourrais tout à fait le faire. Tu n'aurais qu'à ouvrir les portes pour montrer au monde entier, l'état dans lequel se retrouve le chanteur Andrew Firearrow, plus communément appelé LJ. De grandes chaînes de télévision sont présentes, comme de grands journalistes. Tu pourrais ruiner sa vie en ouvrant les deux battants de cette porte, ou même en prononçant quelques mots aux bonnes personnes. Tu pourrais. Mais ce n'est pas car tu es insensible que tu es cruel. La cruauté n'a jamais fait partie de tes vices en réalité. Tu la hais, cette cruauté. Tu l'as toujours trouvée inutile, mauvaise. Enfin, à quoi bon redéfinir ce qui est déjà si bien défini, en un seul mot ; cruel. Tu n'aimes pas cela. Mais il n'est pas vraiment l'instant d'épiloguer là-dessus. Tu t'approches un peu du jeune homme, et il se recroqueville sur lui, un peu plus encore. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, peu discret. « En effet, t'es carrément cinglé et incontrôlable, je dirais pas le contraire. » C'est bien, t'as pas l'impression de l'enfoncer là ? Tu es terrible. Mais les petites conversations pour remonter le moral, ce n'est pas toi. Ce n'est plus toi. Tu es terre à terre, parfois trop dur dans tes propos. Tu es avant tout réaliste, et peut-être même trop. S'il cherche quelqu'un pour approuver ses propos, tu es son homme ; tu n'as pas peur de dire la vérité en face, qu'elle soit blessante ou plaisante, importante ou non. La vérité, c'est tout ce qui compte réellement. Il voulait juste chanter ? Hé oui. Mais la célébrité est venue avec. Et les problèmes aussi, c'est indéniable. Mais il est trop tard aujourd'hui pour faire marche arrière, pour lui comme pour toi. Vous devrez vivre avec ce fardeau jusqu'à votre dernier souffle, c'est inévitable.

Tu t'approches encore de lui, jusqu'à arriver juste devant. Tu t’accroupis de telle sorte à lui faire face, alors qu'il est assis sur le banc. Il se méfie de toi, ça se sent. Il te hait, mais ça, tu le savais déjà ; tu l'as compris dès lors que tu as eu la sale idée de l'embrasser. Tu baisses un peu les yeux, constatant presque tristement l'état de ses bras. Rougis. Tu imagines un instant les plaies qui doivent se dessiner derrière ses gants. Mais tu te ravises un peu. Qu'importe. C'est son problème. Tu n'as pas besoin de savoir comment, ou pourquoi ; les cicatrices d'un individu représentent son histoire. Elles peuvent dévoiler bien des choses. Les tiennes en sont la preuve. Tu n'aimes pas qu'on t'en parle, comme tu n'aimes pas en parler. Tu n'as pas envie de savoir ce qui s'est passé. Ce sont ses affaires, pas les tiennes. Tant qu'il ne vient pas te poser de questions, tu n'as pas à en poser toi-même. « Tes mains. Donne moi tes mains. » Tu es plus que sérieux, tu remontes les manches de ta veste, puis de ta chemise, dévoilant tes avant-bras et l'encre qui les couvre partiellement, ainsi que quelques cicatrices. Pas besoin de s'attarder là-dessus, ce n'est pas un spectacle. Tu n'es pas une œuvre d'art. Il semble réticent à tes donner ses mains, pourtant. « Qu'est-ce que tu en as à faire, de mon état ? » Soupir. Ton regard se fait sombre, et tu penches un peu la tête. Sérieusement, il va te faire attendre combien de temps ? « Tes mains j'ai dit. » Presque sec. Tu ne fais pas dans la dentelle, jamais. Ce n'est pas ce soir que cela va changer. Il peut garder ses gants si c'est ce qui le gène, ça ne regarde que lui. Il finit par te passer ses mains – ou non, tu les prends presque de force, en réalité. Mais il se laisse plus ou moins faire, et c'est le principal. Ce qui est étonnant, c'est quand même de la douceur dont tu fais preuve sur l'instant, faisant attention à ne pas le blesser plus encore. Il est toujours aussi réticent, mais tes doigts glissent entre les siens, alors que tu plaques tes paumes contre les siennes. Tu inspires profondément, cherchant à capter son regard... Et simplement en te concentrant, ta magie s'active pour faire disparaître tout ce sang qui imbibait ses gants, et ce, jusqu'à ce que les plaies que tu devines facilement se résorbent. Mais la magie a un équilibre. Tu n'es pas de médecin, et ce sortilège est un vieux sortilège que ton père t'a appris plus jeune. Et l'équilibre de ce sortilège veut que celui qui guérit prenne la peine de son 'patient' si on peut appeler cela ainsi. Alors bientôt, le sang se met à perler sur ta peau. Tu n'as pas mal. Pas le moins du monde ; tu es sûrement trop habitué à la douleur pour t'en formaliser. Surtout que ces petites entailles ne sont pas bien profondes. Lorsque tu juges avoir assez donné comme ça – ou plutôt reçu, vu les circonstances – tu ne perds pas un instant pour le lâcher, te relevant pour t'approcher du lavabo. Tu ouvres l'eau, glisses tes avant-bras sous la source, et frotte un peu de tes mains ; le sang disparaît, ainsi que les plaies. Plus rien. Comme si tu n'avais rien fait pour ce garçon. Tu te sèches les mains, revenant tranquillement vers lui alors que tu rabaisses tes manches.

Tu t'approches un peu, mais ton but, ce n'est pas lui. Tout ce que tu veux, c'est rejoindre ton casier qui est derrière le banc. Alors tu le contournes un peu, jusqu'à retrouver ton placard où tu récupères un peau. Un peu de pommade pour ta joue encore endolorie. Tu n'aimes pas constater à quel point tu es amoché. C'est un signe de faiblesse d'après toi. Oui, tu es excessif. Et après ? Tu es ainsi, personne ne pourra te changer. Tu attrapes un peu de cette pâte opaque sur le bout de ton doigt, en étalant un peu sur la surface endolorie. Cette odeur un peu forte de plantes te fait toujours sourire. Elle te rappelle bien des choses. Comment ta mère la préparait, quand vous étiez petits, toi et Salem. Mais ce n'est pas vraiment l'instant pour vous attarder là-dessus, non. Tu récupères un paquet de mouchoirs dans le casier, et tu t'empresses de le lui jeter dans les mains. « Tiens. Ça pourrait t'être utile, je crois. » Tu refermes le battant métallique, tu tournes brièvement le système de verrouillage du cadenas. Ce n'est qu'histoire de, puisque tu sais pertinemment que personne ne viendrait fouiller dans tes affaires. Personne ne vient ainsi. Encore moins pour prendre les effets d'un combattant professionnel. Tu soupires un peu, adressant un bref coup d'oeil à ta montre. Tu devrais retourner de l'autre côté, tu es attendu par plusieurs personnes, tu le sais. Et pourtant, tu n'as pas tellement envie de leur faire face à nouveau. Tu n'as pas honte de ton comportement non, tu es juste las, las de leur sourire hypocrite. Las de toutes ces courbettes qu'ils vous font, à vous, les athlètes. C'est tellement faux, tellement.. C'est justifié, mais de la mauvaise manière d'après toi. Ces gens ne voient pas le sport pour la plupart. Ils ne voient que les feux d'artifice, et la mise en scène. L'argent qu'une telle organisation rapporte. Ni plus, ni moins. Nouveau soupir qui s'échappe d'entre tes lèvres. Tu glisses tes mains dans tes poches, tu observes distraitement le blond. « Ça y est, t'as fini ta petite crise starlette ? » Un léger sourire se dessine sur tes lèvres. Tu manques de tact, comme toujours. Mais tu n'es pas de ceux qui parlent. Tu es de ceux qui frappent. Tu n'as jamais prétendu être grand parleur, grand philosophe. Juste un jeune homme qui s'est servi de ses poings pour en venir où il en est aujourd'hui. Un main glisse sur l'arrière de ton crâne, tu restes pensif un instant. Et que faire maintenant ? Le public n'est pas censé se retrouver dans les vestiaires. Toi, tu es censé être parmi les autres. Et lui... Lui aussi. Mais après un tel scandale... Tu ne peux décemment pas le laisser là. « Écoute, je doute que tu veuilles retourner de l'autre côté, et sais-tu, je n'ai pas vraiment envie d'y retourner non plus. Je suis certainement la personne que tu hais le plus sur l'instant, mais je suis aussi la seule à pouvoir te faire sortir d'ici en douce. Alors soit tu restes ici à te lamenter sur je ne sais quelle histoire dramatique, sois tu me suis. » Et en fait, tu n'attends pas de réponse. Tu avances déjà plus loin, dans les vestiaires.

Pour atteindre une porte. Une porte cachée dans la pénombre de la pièce. Tu jettes un bref coup d'oeil derrière ton épaule, avant de t'engager dans la sortie. Un long couloir peut accueillant, et vaguement éclairé par des lueurs inquiétantes. Tu avances pourtant d'un pas assuré, en atteignant l'extrémité. Une porte te fait face, et à nouveau, tu l'ouvres. Elle donne sur le monde extérieur. Ou plus précisément, sur une petite ruelle à l'arrière du grand complexe. Tu attends là, et tu entends ses pas. Il est là. À tes côtés. Tu fermes rapidement la porte, marque une courte halte avant de reprendre la marche. Tu n'as aucune idée d'où tu vas. De s'il veut te suivre ou non. Qu'importe. Toi, tu veux divaguer, t'éloigner d'ici, de ce monde, rien que cette nuit. Savourer cette victoire avec pour seul ami ton silence. Tu avances à nouveau, parcourant les rues et boulevard. Tu essayes de te faire discret, et l'autre n'est jamais bien loin. Il est même souvent à côté de toi. « Alors, Andrew Firearrow. Qu'est-ce qui t'a amené dans un tel lieu de débauche et de luxure ? Tu t'ennuyais dans ton studio, ou tu recherchais juste des types musclés se sautant à la gorge pour satisfaire tes beaux yeux ? » Ton sourire ne te quitte plus désormais. Tu jettes un bref coup d'oeil au blond, mais tu continues à avancer. Qu'il n'y voit pas là une remarque narcissique. Ce n'en était pas une. Tu ne t'aimes pas, comme bien des gens de ce milieu. Du moins, tu ne t'aimes pas à leur manière. Tes mains glissent dans tes poches à nouveau, et tu continues à avancer le long de la rue. Si bien que, rapidement, vous atteignez un petit parc tranquille. Tu t'y engages sans plus réfléchir. Quelques rares personnes se promènent encore, c'est un lieu calme, un lieu paisible. Loin de tout ce brouhaha constant. Tu empruntes un petit chemin qui borde un lac. Il y a un banc là, juste en face. Et tu viens t'y asseoir. Tu es un peu surpris de constater que le chanteur est toujours là, malgré tout. Il devrait te détester, comme les autres. Prendre la fuite. Ce n'est pas normal, de coller quelqu'un qui ne nous apporte que le malheur. Assis, tu croises les bras contre ton torse, regardant juste en face de toi. Le lac. L'eau. Les étoiles qui s'y reflètent. Tu respires tranquillement, tu te poses, au calme. C'est étonnant. Toi qui est toujours dans l'agitation, dans le dynamisme... Tu es fatigué ce soir. Tu as juste envie de te poser, rien qu'un instant. Tu penches un peu la tête, observant la surface du lac. « Le lac fait partie des symboles les plus importants du romantisme. Avec le décès tragique d'un des deux amants. Souvent par une maladie terrible. Ou le suicide. » Quelle conversation pleine de vie. Honnêtement, tu pourrais faire mieux. Mais tu as sorti ça d'un ton presque monotone, d'un coup. Comme si c'était une réflexion tout à fait naturel. « Et ce n'est pas qu'une référence au lac des cygnes et à cette pauvre Odette. C'est un fait avéré. » énième soupir. Tu viens chercher une cigarette dans ta poche, en allumant le bout avant de la porter à tes lèvres. Quelle joyeuse conversation, vraiment. Mais c'est toi. Toi au naturel. Toi, tout simplement.

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Andrew F.K. Firearrow
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MessageSujet: Re: Toi et moi, une histoire à écrire   Mar 1 Avr - 9:04

Perturbé, perdu. Tu as mal, si mal au cœur. Tes souvenirs, cette douleur toujours aussi présente, tout fait que, une fois de plus, tu sombres dans le désespoir. Tu n'en peux plus de tout cela. Pourquoi faut-il qu'on t'attache encore et toujours à la vie, toi qui n'a demandé qu'à mourir ? Cette existence, tu n'en as jamais voulu. Mais tu supportes, parce que tu es bien obligé, parce qu'on ne te laisse pas le choix. Toi qui voulais vivre pour chanter, tu as découvert la célébrité. Tu la détestes, tu te sens plus fragile que jamais avec la pression des médias sur tes épaules. Depuis tes dix-huit ans, tu es dans ce système, cela fait plus de sept longues années, même s'il est vrai qu'il a fallu presque un an pour que tes textes et ta voix soient officiellement reconnus. Alors oui, tu connais le système. En tant que superstar, tu le subis bien plus que lui. Les sportifs sont moins sollicités par la presse, même s'il est vrai qu'un jeune talent avec une belle gueule, qui remporte des titres, a tout pour attirer l'attention du grand public. Tu ne le nieras pas, il n'est pas mal dans son genre. Mais tu ne lui as pas répondu tout à l'heure. Parce qu'il ne t'écoutera pas, il n'a pas ton recul, ton passé. Il ne doit pas encore songer à la chute, il ne comprendra que trop tard qu'il a fait de mauvais choix. Et à ce moment-là, ce sera bien trop tard pour faire marche arrière. Une fois qu'on a acquis la célébrité, on reste la proie des médias jusqu'à la mort. C'est inévitable. Triste destinée, obligeant les stars à voir leur chute exposée au monde entier.

Pourtant, lui, il n'est pas parti. Il n'a pas pris la fuite, pendant que tu étais en proie à ton passé. Tu t'attendais pourtant à ce qu'il le fasse, à ce qu'il aille raconter ce qu'il avait vu aux journalistes. Peut-être est-ce ce que tu cherches : une raison de faire une bêtise définitive. Mais non, il n'en a rien fait. Tu le vois encore, face à toi, alors que tu lui proposes tout simplement d'aller raconter ce qu'il a vu. Allez, qu'il le fasse, n'en meurt-il pas d'envie ? Non, il ne réagit pas une seule seconde. Il est neutre, bien plus que tu n'en as l'habitude avec d'autres personnes. Il est étrange et tu sens ta curiosité être piquée, quelque part au plus profond de ton esprit. Oui, tu es curieux mais cela passe bien vite à la trappe puisqu'il s'approche. Tu te recroquevilles aussitôt sur toi-même. Non, qu'il reste à distance, il en a trop fait déjà. Tu ne veux plus qu'il t'approche. Qu'il se tire, qu'il aille retrouver son public adoré, le feu des caméras et tous ces hypocrites qui ne sont là que dans le but de descendre les autres. En parlant de descendre, il en profite pour le faire avec toi. Cinglé et complètement incontrôlable. Tu serres un peu les dents, te cachant un peu plus entre tes bras. Tu n'as pas l'habitude de l'entendre de la part de personnes inconnues. Mais...

-Merci pour ta sincérité. fais-tu entre tes dents.

Ton ton est sec, ferme, blessé. Mais au moins, c'est la vérité, tu le sais bien. Même si tu n'es pas fou pour autant mais, à plusieurs reprises, on a pensé à l'enfermement pour toi. Pour maîtriser les excès de ta magie. Heureusement, tu n'as pas eu droit à ce traitement sinon il est quasiment certain que tu aurais perdu toute ta raison, entre quatre murs. Bref. Tu ne dis rien mais il se rapproche encore. Il se met même à ta hauteur. Tu te méfies, c'est normal vu le coup qu'il t'a fait, qui dit qu'il ne serait pas capable de faire autre chose ? Rien. Tu ne le connais pas et le peu que tu as vu n'est guère encourageant. Alors non, tu ne comptes pas baisser ta garde face à lui. Encore moins en sentant son regard sur tes bras, tes gants gorgés de sang. Quoi encore ? Qu'il aille voir ailleurs si tu y es un peu. Oui tu es désagréable mais il a suffisamment fait de mal pour la soirée, tu ne veux pas le supporter une seconde de plus. Tes mains ? Quoi tes mains ? Les lui donner ? Tu relèves alors la tête et la secoues. Non. Non, tu n'as pas envie de lui donner tes mains. Tu ne veux même pas qu'il te touche. Il peut bien remonter ses manches, te laissant découvrir quelques tatouages et cicatrices, c'est hors de question.

-Qu'est-ce que tu en as à faire, de mon état ?

Oui, qu'est-ce qu'il en a à faire de toi ? Il ne te connaît ni d'Adam ni d'Eve alors qu'il te lâche et qu'il aille s'occuper de ses oignons. Non, tu ne veux pas de son aide, tu ne veux pas de sa présence. Tu veux juste être seul afin de pouvoir replonger dans ton état dépressif habituel, lorsque tu n'es pas plongé dans le travail. Mais il ne semble pas de cet avis, puisqu'il t'ordonne presque de lui donner tes mains. Non, non, rien à faire, il est hors de question qu'il te... Touche. Raté, il s'empare tout de même de tes mains et, à dire vrai, tu n'as pas la force de résister. Tu te sens si faible, si anéanti après une telle manifestation de ta magie... Que finalement tu le laisses faire, parce qu'il est doux dans ses gestes, contrairement à ce à quoi tu t'attendais. Il n'empire pas l'état de tes blessures et c'est quelque chose qui, une fois encore, attise ta curiosité. Tu le laisses donc faire, curieux, même si tu es prêt à récupérer tes mains s'il fait mine d'essayer de retirer tes gants. Personne n'y touche, personne ne les retire sauf toi. À travers le tissus, tu sens ses paumes contre les tiennes, tu sens sa magie s'activer alors que tu plonges dans son regard noisette... Et automatiquement ta propre magie s'active, en mode bouclier, pour l'empêcher de te blesser... Avant de disparaître une micro-seconde plus tard. Ce n'est pas un sortilège d'attaque qu'il utilise, non, mais quelque chose qui se rapproche du médical, tu le reconnais immédiatement. Pour autant, tu ne connaissais pas celui-là, ce n'est pas l'un de ceux que l'on vous apprend en cours de médico-magie. Tandis que tu sens la douleur s'échapper de ses bras, ton regard est attiré par quelques gouttes de sang qui viennent couleur le long des bras du brun. Que ? Il absorbe tes blessures ? Mais... Pourquoi ? Pourquoi souffrir pour quelqu'un qu'il ne connaît pas le moins du monde ? Tu ne le comprends pas. Mais vraiment pas du tout. Et soudain il te lâche et s'en va vers le lavabo. Dans son dos, tu soulèves un peu tes gants, observant tes cicatrices... Refermées. Comme s'il ne s'était jamais rien passé. C'est... Étrange. Tu remets tes gants en place puis tu l'observes en train de se débarrasser du sang. Seulement, tu ne peux garder le silence bien longtemps. Pas après ce qu'il vient de faire pour toi, non.

-M... Merci... Même si tu n'avais pas à faire ça, les plaies auraient pu être plus profondes et tu te serais mis en danger inutilement.

Tu ne fais que dire la vérité. Il n'avait pas la moindre idée de la gravité de tes entailles, parfois ta magie va très loin, trop loin, même s'il est vrai qu'elle ne fait que rouvrir tes anciennes cicatrices, lorsque de nouvelles font leur apparition, c'est de ton propre fait. Bref. Tu ne vas pas épiloguer plus longtemps là-dessus. Tu ne veux pas trop attirer l'attention sur tes faiblesses. Après s'être nettoyé les bras, tu le vois revenir vers toi, ce qui te pousse à te recroqueviller à nouveau sur toi-même. Mais cette fois, il reste à distance. Tiens donc, son casier est derrière toi. Tu cesses de l'observer dans ce cas, ses affaires ne sont pas les tiennes. Tu te demandes plutôt comment sortir d'ici sans te faire remarquer et, surtout, sans qu'un journaliste lambda ne te saute dessus comme un vautour afin d'essayer de t'arracher quelques informations croustillantes à ses yeux. Tu les connais, ce sont tous les mêmes. Quelque chose tombant sur ta tête te ramène à la réalité. Un paquet de mouchoir ? Mais... Tu regardes un instant le brun. Oui, en effet, il a raison, cela pourrait t'être utile. Alors tu récupères le paquet, un mouchoir, et tu souffles dedans. Tu ne sanglotes plus depuis quelques minutes mais te moucher est toujours une bonne idée quand tu as pleuré. De tes gants, tu essuies aussi tes joues avant de chercher à nouveau le Russe, comme on l'appelle, du regard. Tu as fini ta crise ? Non mais, il se fout de toi ? Tu lui balances aussitôt son paquet de mouchoirs en plein visage. Dans le mile. Tu es doué, quand tu veux.

-Ce serait plutôt à moi de dire ça. Si je suis dans cette situation, c'est à cause de toi et de tes délires de petite star des combats. Les gens ne sont pas là pour subir tes caprices, Jakotrov. Je ne suis pas un jouet, je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. Tout comme je ne suis pas une diva qui fait une crise quelconque pour attirer l'attention sur moi ou pour obtenir je ne sais quelle faveur d'une personne x ou y.

Non mais tu t'entends ? Tu es littéralement en train de le traiter de diva, de reporter la faute sur lui. Mais c'est lui qui t'a embrassé pour son bon plaisir. Tu ne comptes pas t'incliner devant lui, juste parce que monsieur a un avantage physique sur toi. Non, c'est même hors de question. Il a de la chance que le loup en toi soit contrôlé par le sang de sorcier qui coule dans tes veines, sinon tu lui aurais peut-être sauté à la gorge au haut, devant tout le monde. Enfin, inutile d'y songer, tu n'es pas un loup pure souche. Heureusement pour tout le monde, tu es suffisamment incontrôlable comme cela. Croisant les bras sur ton torse, tu le regardes, confortablement installé sur ton banc. Pendant ce temps, il reprend la parole. Non, en effet, tu n'as pas envie de remonter. Lui non plus ? TU arques un sourcil, laissant cette fois place à ta curiosité muette. Il se croit être la personne que tu ais le plus ? Oh, s'il savait... Celui que tu hais le plus au monde, c'est toi-même mais si peu de personnes le savent... Mais qu'il le pense si cela lui fait plaisir. Tu es rancunier mais ton bon fond t'empêche toujours de trop en faire. S'il t'avait enfoncé, s'il t'avait laissé tomber, s'il t'avait dénoncé aux journalistes alors oui, là, tu l'aurais profondément détester. Mais ses gestes doux ont calmé ta colère, sa magie a apaisé ta douleur. Alors au final, comme réponse, il obtient un soupir. S'il peut te faire sortir discrètement d'ici, tu ne diras pas non. C'est donc sans dire un mot que tu te lèves enfin de ton banc et lui emboîtes le pas.

Passé une porte, tu le suis dans un couloir aux lumières légèrement inquiétantes, sur tes gardes. On n'est jamais trop prudent. Non, jamais. Enfin, il ne se passe rien de notable jusqu'à ce que tu le voies ouvrir une autre porte un peu plus loin. Tu accélères le pas et gagnes avec plaisir l'extérieur. Ouf, un peu d'air pur, enfin. Tu en avais bien besoin, après toutes ces péripéties. C'est avec plaisir que tu prends une grande inspiration avant d'expirer lentement. Puis, revenant à nouveau à la réalité, tu vois le brun s'éloigner. S'il en a envie, tu ne vas pas le retenir. Sauf que, automatiquement, tu lui emboîtes le pas, sans trop savoir pourquoi. Parce qu'il t'intrigue ? Peut-être. Sûrement même. Tu ne pourras donc jamais te débarrasser de ta curiosité ? Il semblerait que non. Tu le suis donc en silence. Mais ce n'est qu'une façade parce que, à l'intérieur de ton esprit, la musique a retrouvé sa place habituelle. Tes pas sont calqués sur un rythme bien précis, comme toujours. Pour autant, tu restes attentif. Quand il reprend à nouveau la parole, tu l'observes attentivement. Qu'est-ce qui t'a amené en ces lieux ? Ses deux propositions te font lever les yeux au ciel.

-Ni l'un ni l'autre, Seth Jakotrov. Un de mes amis a jugé bon de me tirer de mes morceaux pour me changer les idées. Et tout ce qu'il a trouvé, c'est venir assister à quelques combats. Drôle d'idée de sa part... Enfin, me connaissant... J'avoue qu'il a eu raison, c'était distrayant et sympa. Jusqu'à ce que tu décides de mettre ton grain de sel dans ma soirée devant les journalistes.

Étrange, ta dernière phrase n'a pas été prononcée sur le ton du reproche mais, au contraire, plutôt sur celui de l'amusement. Oui, sur le coup, tu as été en colère, non tu ne comptes pas lui pardonner facilement ce qu'il a osé faire avec toi, tu n'es pas une poupée que l'on peut manipuler à sa guise, mais ça t'a surpris. La surprise est toujours un motif de réjouissance pour toi qui as, parfois, l'impression de ne plus pouvoir être surpris par quoi que ce soit. Il y est parvenu et c'est un bon point pour lui, même si c'est de la mauvaise manière. Tu ne sais pas trop pourquoi tu le suis jusque dans un petit parc, tu ne sais pas si c'est volontaire de sa part, ou de la tienne. Toujours est-il que tu es là, sans y avoir été obligé d'une quelconque manière. Tu es libre de te déplacer où tu veux quand tu veux, et un espace vert est toujours plus agréable qu'un coin de civilisation. Tu le regardes s'installer sur un banc, face au lac. Pour ta part, tu gardes tes distances et va plutôt grimper dans un arbre non loin. LJ. Ce surnom te vient d'un oiseau et, comme eux, tu aimes être en hauteur. Les arbres sont un bien beau refuge. Et l'autre parle, encore, toujours. Tu as l'impression que, pour une fois, ce n'est pas toi le plus bavard des deux. Enfin, tu l'écoutes tout de même. Le lac, un symbole du romantisme. Tu dois bien avouer qu'il a raison, mais comment ne pas considérer un lieu aussi beau comme théâtre tragique ? Tu souris, observant les étoiles se refléter dans l'eau. C'est beau. La nature est un chef d’œuvre qui n'a de cesse de te fasciner, de te plaire, de t'inspirer. La nature, les sentiments. L'amour, la douleur. Tout est source d'inspiration. Même l'indignation. Le fait que ses propos ne soient pas des plus joyeux ne te gêne pas le moins du monde. Mais il faut tout de même choisir un sujet plus... Joyeux. Selon ton avis.

-L'eau est symbole de vie et de mort, quoi de plus naturel donc qu'un lac soit l'un de ceux du romantisme ? L'eau est source de vie quand elle est en quantité suffisante, mais aussi source de mort quand elle est en trop grande quantité ou insuffisante. Dans ce cas là, le lac devient source de vie, un lieu secret où peut s'épanouir quelque chose de nouveau. Tout peut y arriver, puisqu'il sait garder les souvenirs. Et lorsqu'on a besoin d'eux, il suffit de se rendre sur place pour qu'il les restitue. C'est ce qui fait la beauté du lieu, son charme, cette fascination qu'on en a. Et les jours de calme, il se fait miroir du monde, reflétant le ciel, l'infini.

Tu te sens ridicule. Qu'est-ce que c'est que cette conversation ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tant pis, il n'allait pas être le seul à parler. Tu t'es lancé sur le sujet et, cette fois, tu as retrouvé ton petit côté bavard. Tu ne parles pas fort mais tu sais que ta voix claire porte loin, tu n'as donc pas besoin de forcer pour qu'il puisse t'entendre. Malgré ton accent si caractéristique. Pendant ce temps-là, tu observes le lac, le parc. Tu connais bien ce lieu, il y a un nid dans cet arbre, tu te souvient même de l'endroit exact où il est. Mais tu n'iras pas réveiller ses habitants, tu reviendras le jour. La nuit, il vaut mieux ne pas trop traîner dans le coin. Tu sais qu'une meute de jeunes lycans a choisi de faire de ce coin leur territoire et à deux nuits de la pleine lune, tu les sais plus agités, plus prompts à venir chercher la bagarre pour protéger ce lieu. Tu devrais peut-être prévenir l'autre. Sûrement même, il risque de s'attirer des ennuis en restant ici. Rien ne dit que les autres vont venir cette nuit, certes, mais prudence est mère de sûreté après tout. Ahah, c'est toi qui pense cela... C'est vraiment hilarant, sachant que lorsqu'il s'agit de ta propre sécurité, tu n'y accordes pas la moindre importance. Bref. Tu te contentes alors de fermer les yeux, te laissant bercer par le calme du lieu. Tu as envie de chanter mais la seule chanson qui te vient à l'esprit est l'une de celles que tu ne chantes que lors d'occasions particulières. La dernière fois que tu l'as chantée... C'était à l'enterrement d'un de tes amis. Quel joyeux souvenir... Mais lorsque la musique s'empare de tes sens, tu n'as pas l'habitude de résister. Tu te mets donc à chanter.

♪ If I die young, bury me in satin
♫ Lay me down on a, bed of roses
♪ Sink me in the river, at dawn
♫ Send me away with the words of a love song...




… Très joyeux. Enfin, tant pis. Tu chantes et cela te suffit largement pour te détendre. Tu ne demandes rien de plus, tu es tellement bien ainsi, à juste chanter. Ta voix claire, de miel, prend toute sa force en pleine nature, lorsque tu es détendu. Les chansons douces, tristes, ont besoin d'être chantées lorsque tout est calme, lorsqu'il n'y a aucun bruit pour venir briser la magie du moment. Ce soir, c'est le cas. Mais pourquoi cette chanson, Andrew ? Parce que tu ne vois rien d'autre. Même si tu l'as chantée à la mort de Clara, à celle de Castiel, à celle de, de... De tellement d'autres... Tu as perdu tellement de personnes autour de toi, tu as tellement souvent vu la mort faucher tes proches alors qu'elle refuse de t'emporter, toi. N'y songe pas trop jeune homme, tu finirais par replonger dans tes sombres pensées. Non, en effet, il ne faut pas que tu te laisses aller. Alors, histoire de te changer les idées, tu te laisses doucement tomber de ta branche, atterrissant souplement dans l'herbe. Et voilà le travail. Un léger sourire étire tes lèvres alors que tut 'avances vers le brun, jusqu'à t'arrêter devant lui, l'observant quelques longues secondes... Avant de reprendre la parole.

-Désolé, je sais que ce n'était pas très joyeux comme chanson. Mais je ne peux pas m'en empêcher, par moments. C'est plus fort que moi. Chacun vit pour ses passions après tout.

Vivre est un bien grand mot pour certains. Survivre est plus approprié pour des cas comme le tien. Tu survis, dans un état vacillant entre le désespoir, la colère et la passion. La chanson et tes amis sont tout ce qu'il te reste pour retrouver le sourire, même si tu aimerais que ces derniers s'éloignent de toi. Tu portes malheur, ne l'ont-ils pas encore compris, depuis le temps ? Ils auraient dû pourtant. Tu n'es pas de ceux auprès de qui on peut rester et être heureux. Tu n'es pas fait pour ce genre de vie, tu es condamné à la solitude, jusqu'à disparaître de cet univers. Bref. Tu secoues la tête, regardant plutôt derrière toi. Le lac. Tiens donc... Tu as une petite idée derrière la tête. Mais avant, tu te retournes à nouveau vers lui. Lui qui a attiré ton attention les des matchs. Lui qui est parvenu à te faire réagir, à faire sortir ta magie malgré toi. Lui qui t'a soigné alors qu'il n'avait rien à en faire. Et lui qui t'a embrassé devant tout le monde. Sale gosse.

-Tu veux un conseil ? Ne reste pas trop longtemps ici. Une meute de jeunes lycans aime bien ce coin du parc, c'est leur territoire en quelque sorte. Et à deux nuits de la pleine lune, s'ils viennent, ça risque de dégénérer en bagarre. Je doute que ça te fasse peur mais à plusieurs contre un je pense que, même pour un combattant professionnel, ce serait un peu compliqué à gérer.

Ce n'est qu'une mise en garde. Toi, tu ne risques rien ? Oh, si, bien sûr. Étant un demi-loup, tu sais qu'être ici t'attirerait des ennuis mais c'est la meute de ton petit frère et ils savent tous plus ou moins qu'il vaut mieux ne pas trop se frotter à toi. Plusieurs s'en sont mordus les doigts, à cause de tes pouvoirs un peu trop incontrôlables. Bref. Tu viens plutôt t'installer sur le banc, à côté de lui. Tu observes la lune presque pleine. Pleine lune... Tu vas devoir faire attention ces prochains jours, même si tu n'es pas un loup-garou. Tu es tellement instable qu'il arrive que tu te transformes toi aussi. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis que tu fermes les yeux, réfléchissant. Que faire à présent ? Le laisser seul profiter de sa victoire, le laisser se débrouiller si la petite meute se ramène ? Hum... Non. Tu n'en as pas envie. Parce qu'il t'a un peu bousillé une chemise. Enfin, c'est toi qui a renversé ton champagne dessus mais il en est responsable. Alors tu dois lui faire payer de qu'il t'a fait tout à l'heure. Lorsque tu rouvres les yeux, ceux-ci pétillent ce malice. Ton regard bleu-vert se pose sur le brun à tes côtés tandis que tu te relèves vivement... Et lui vole sa cigarette. N'importe quoi, oui. Mais tant pis. Qu'il te courre après s'il veut la récupérer.

-Alors Monsieur Jakotrov, on n'est pas concentré ? Ou alors c'est juste que tu n'es pas rapide du tout. Possible aussi, la vraie vie, c'est différent de l'état d'esprit lors des combats.

Un sourire moqueur étire tes lèvres tandis que tu t'éloignes. S'il veut récupérer sa cigarette, ou même t'en coller une, il va falloir qu'il se lève. Hors, tu es rapide. Peut-être moins que lui, cela reste à voir, mais tu fais tout pour rester à distance. Tu lui tournes autour, sans perdre une seule seconde de vue ton objectif. Il se lève, et toi tu te mordilles la lèvre, ton esprit tournant à plein régime. Il est un combattant confirmé, à ce niveau tu ne fais pas le poids. Mais tu n'en restes pas moins quelqu'un qui adore s'amuser et qui a tendance à toujours parvenir à ses fins. Tu n'es pas idiot, quand ton esprit tourne comme maintenant, il dessine toujours un plan potable. Alors tu continues à lui tourner autour, attentif à l'environnement, à la distance qui les sépare du lac. Distance qui devient de plus en plus courte d'ailleurs. Jusqu'à ce que tu te retrouves avec les pieds dans l'eau, comme coincé. Tu n'as pas spécialement envie de finir à l'eau, mais... Tu cesses de bouger, attendant qu'il se rapproche, qu'il soit à portée de main... Et lorsqu'il l'est, tu l'attrapes brusquement par la main et le tires/pousses dans l'eau. PLOUF. Tu repars aussitôt sur la terre ferme, éclatant de rire.

-Voilà ! Ça, c'est pour l'état de ma chemise à cause de toi !

Sur ce, tu repars en riant jusqu'au banc. Un vrai gamin. Oui, c'est ce que tu es, dans le fond : un gamin. Obligé de faire face à la réalité, obligé de vivre. Mais on t'aime pour ce que tu es. Tout particulièrement quand tu n'es pas en mode dépression. Tu es un joyeux camarade, quand tu en as envie. Bon, certes, là il vient juste de se retrouver à la flotte mais il l'avait mérité. Et, au moins, toi, tu ne lui fous pas la honte devant une centaine de personnes. Alors il n'a pas à se plaindre. Tu restes donc à rire sur le banc, le regardant, de nombreuses gouttes d'eau dégoulinant de ses cheveux. Tu ris, comme tu n'as plus ri depuis déjà un certain temps. Tu te sens bien, tu te sens détendu, tu te sens... Omg, qu'est-ce qu'il est craquant ainsi, complètement trempé. … Andrew ? Tu te rends compte de la pensée que tu viens d'avoir ? Oui. Oui et tu rosis très légèrement. Ahem. Ne te laisse pas déconcentrer. Mais c'est vrai qu'il est... Sexy. No comment. Tu l'avais déjà remarqué plus tôt, sur le ring, mais de près c'est différent. Tu secoues la tête, passant une main dans tes cheveux, les mettant en pagaille... Puis tu lui souris simplement, essayant de te faire pardonner pour ta réaction étrange.

-Tu devrais te recoiffer, tu as les cheveux complètement en pagaille. J'espère juste que tu ne vas pas prendre froid... Ce serait bête. Si tu veux que je te sèche, dis-le.

Bon, il est sorcier lui aussi, il peut se sécher tout seul. Mais c'est la moindre des politesses que de le lui proposer. Tant qu'on ne te demande pas d'employer des sortilèges complexes ou qu'il ne s'agit que de médecine, tu maîtrises ta magie. Il est rare qu'elle n'en fasse qu'à sa tête lorsque tu te concentres ou que tu ne lui demandes rien de très compliqué. Quoique. Bref. Tu cesses enfin de rire, restant sur ton banc, à le regarder, assis en tailleur. Tu le détailles, sous toutes les coutures. Il est mignon ce jeune homme... Et bizarre. Peut-être autant que toi, qui sait ? Pas toi, mais pour le savoir, tu vas devoir passer plus de temps avec lui. Tu n'es pas contre, du moment qu'il ne recommence pas à te mettre dans un merdier pas possible. D'ailleurs, il va falloir que tu trouves un moyen de sauver ta réputation lorsque les photos seront publiées, ce ne sera pas une partie de plaisir... Enfin, tant pis, tu y songeras plus tard. Pour le moment, c'est lui que tu regardes.

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