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 tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor

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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
♆ métier : Fouteur de m**** (et amant de Samael à plein temps).
♆ célébrité : H. Christensen
♆ crédits : awake.
♆ messages : 515

♆ tell me, would you kill...


MessageSujet: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Lun 2 Sep - 14:54



tell me would you kill, to prove you're right?

volkov & tudor

DATE ► dans dix ans.
HEURE ► fin de journée, le soleil s'est couché depuis une bonne heure déjà.
MÉTÉO ► il pleut depuis une semaine déjà, rendant les conditions de combat plus difficiles encore.
LIEU ► le palais impérial.
STATUT ► privé + rp délire.
RÉSUMÉ ► rp délire le supposé Empereur Léandre est mort assassiné par des vampires de la Vox Populi, poussant Samael Tudor, intendant de formation, sur le trône. Il se retrouve donc au sommet, et doit gérer une crise de taille ; en dix ans, les relations avec les vampires se sont dégradées et les deux nations sont rentrées en guerre. Les humains peuvent compter sur les sorciers en alliés, et pourtant, cela ne freine pas les vampires qui enchaînent les attaques. Pour le coup, ils prennent d'assaut le palais impérial dans l'espoir de capturer la famille et de faire capituler l'Empereur, à leurs conditions. Lyokha, qui n'a pas vu Samael depuis dix ans voit cela comme une aubaine pour sa petite vengeance, il se rend donc avec un autre groupe au palais dans l'espoir de tomber sur le brun.
VOX POPULI ► non, c'est déjà assez le bazar comme ça.

crédit icônes © hollowart

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Lun 2 Sep - 15:53

kill me i'm a monster.

La mort. Elle planait sur ces deux nations assez folles pour avoir entamé une guerre qui promettait d'être longue, sanglante et douloureuse. Les larmes seraient nombreuses, oh, tellement nombreuses. Autant que les prières vaines, les adieux balbutiés des femmes à leur mari, des d'enfants à leurs parents. Une guerre sans merci aucune, sans pitié, sans scrupule. Une guerre qui détruit tout sur son passage, qui instaure le chaos sur la planète. Une guerre qui met tout le monde sous tension, personne ne sait ce dont sera composé demain. La défaite, la victoire, c'est presque secondaire. Les hommes se battent comme des chiens, sans nécessairement savoir pourquoi. Ils se battent, c'est tout. Pour leur empire, ou leur république. Pour leurs valeurs, ou par simple ennui. Desquels es-tu, toi, Lyokha ? Oh, tu n'en as aucune idée. Tu fais ça car tu n'as rien d'autre à faire de ton temps. La mort ? Une vieille amie avec laquelle tu joues. Une alliée que tu embrasses tendrement, entre deux massacres. Tu nourris ta soif de vengeance, tu apaises ta rancune en t'attaquant aux humains. Pour tout ce qu'ils t'ont fait, et qu'ils continueront de faire si tu n'agis pas. Non, erreur. Ils ne t'atteindront plus jamais. Tu t'es fait avoir une fois, puis deux, et trois. C'était la fois de trop. Trois, mais pas quatre, il n'y a pas d'adage ou de proverbe pour cela. Tant mieux. Tu n'as pas besoin d'une énième catastrophe dans ta vie, tu as déjà bien trop donné de ce côté-là. Tu t'es trompé trop souvent pour tomber dans le piège à nouveau. À qui la faute ? Ah, ah. Ironie. C'est sa faute à lui, au brun. Au fils de l'intendant impérial, aujourd'hui devenu empereur par la force des choses. Tu as voulu être sincère, sympathique. Tu lui as tout donné ; ton âme, ton corps, ton temps. Tes sourires, tes regards, tes caresses, tes baisers. Tu lui as tout, tout donné. Et il t'a jeté. Comme un moins que rien, les déchets au fond des caniveaux. Balancé par la fenêtre, sans même se retourner pour voir si ton atterrissage n'avait pas été trop douloureux. Il t'en a voulu, il t'en veut aujourd'hui encore, très certainement. Et tu le hais à un tel point. Tu étais tombé pour lui, tu l'as aimé à t'en damner, à oublier qui le Mad Hatter était réellement. Tu as redécouvert ton humanité à ses côtés, tu as accepté presque naïvement de croire à une autre conception de l'amour, rien que pour lui. Il t'a poignardé dans le dos. Assassiné. À de multiples reprises d'ailleurs. Il a fait un gosse à l'autre garce, tu l'as difficilement accepté. Il s'est révélé être un chasseur, tu l'as détesté, puis pardonné. Puis, par la suite, quand il apprit que tu étais au courant pour l'assassinat de son cousin Léandre, il t'a détesté, il t'a viré de sa vie. Comme ça, en un claquement de doigt, sans même se douter un seul instant de cette douleur qui allait naître dans ton petit coeur de mort.

Tu l'as aimé. Trop, peut-être. Son abandon, c'était votre punition pour avoir aimé trop intensément, contre l'avis de tous. Il t'a détruit, il a repris comme un voleur tout ce qu'il avait fait naître de bon chez toi. La compassion. La gentillesse. La générosité. La sympathie. La sincérité. L'amour. Il a tout, tout repris, sans se douter de ce que tu deviendrais. Et aujourd'hui, qu'es-tu Lyokha ? En dix ans, quels changements se sont opérés sur ta personne ? Oh, ils seraient malheureusement trop nombreux pour tous les énoncer. Tu es devenu un monstre. Pire qu'avant. Tu as définitivement enterré ton humanité. Non, mieux encore ; tu l'as brûlée. Tu l'as regardée se consumer de tes yeux vides. Une machine à tuer, c'est tout ce que tu es aujourd'hui. Tu te fous de tout ce qui t'entoure. Plus rien de bon n'existe en toi, tu as tout éradiqué. Tu as tout oublié et tu refuses de réapprendre. C'est trop tard. Tu ne veux plus, tu ne peux plus faire machine arrière. En dix ans, tout est devenu plus terne. Tout est devenu beaucoup plus rouge aussi. Aucun scrupule, aucune larme. La première année loin de lui, ta haine était si terrible qu'il a fallu t'enfermer pour t'empêcher de commettre plusieurs massacres. Pour t'empêcher de le tuer. Oh, tu avais tellement envie de lui arracher la tête, de lui faire comprendre que tout était fini, et pour lui aussi. Tu n'en as rien fait, tu n'en as pas eu le temps, Zéphyr et Finnick t'ont enfermé. Puis, tu es ressorti, une fois calmé. Tu n'étais plus le même. Tu étais devenu acide. Toutes les nuances de la colère déclinées à l'infini dans tes veines. Puis, les années se sont écoulées. La haine s'est tue peu à peu dans ton coeur, demeurant tout de même présente. Elle a laissé place à l'amertume. Tu es devenu taciturne, trop silencieux. Plus observateur encore. Plus sadique, plus mauvais. Un monstre, un vrai. Le sarcasme est devenu ton arme favorite, mais ce que tu aimes par-dessus tout, c'est de laisser de l'espoir à tes victimes. Leur faire croire jusqu'à la dernière minute qu'elles ont une chance de s'en sortir, même infime. Que la lumière est toujours au bout du tunnel, qu'elle peut encore l'atteindre, que rien est fini. Et quand cet espoir nourrit réellement le coeur de ta cible, quand elle est vraiment présente au fond de ses yeux, tu détruis tout. Tu la tues, douloureusement, tu l'achèves pour de bon.

C'est ce qu'il t'a fait. Il était ton seul espoir. Ta porte de secours, ta seule échappatoire. Il a fait naître le bonheur là où il n'y en avait pas, comme un magicien aurait fait naître une rose rouge au milieu d'un désert. Il t'a fait croire, jusqu'au bout, que vous pouviez être quelque chose tous les deux. Que vous aviez le droit de vous aimer, malgré tout ce qui vous séparait. Il t'a fait voir de la lumière là où il n'y en avait pas, au milieu des ténèbres. Et au moment où tu lui faisais le plus confiance, au moment tu aurais été prêt à mourir pour lui, à ce même instant où rongé par une culpabilité que tu ne te connaissais pas, tu lui as dit pour son cousin, tout en était fini. Il a éteint la lumière, il a fait faner la rose. Il s'est barré en courant, avec ton espoir et ce qu'il restait de ton humanité. Quelle honte, serais-tu tenté de dire. C'est plus que de la honte, qu'il devrait ressentir. Il devrait se détester comme tu t'es détesté au début. Il devrait s'en vouloir comme tu t'en es voulu. Il devrait pleurer, comme toi, tu as pleuré. Au final, tu n'étais qu'une distraction. Le bouffon du roi, ou de l'empereur, dans son cas. Il t'a aimé le temps que cela lui aura plus, le temps qu'il avait besoin de quelqu'un pour réchauffer son lit. Puis il l'a trouvée elle, celle qu'il attendait depuis longtemps. La brune ensorcelante. L'amour avec un grand A capital, ce n'était pas toi Lyokha. C'était elle. Et ce l'est encore aujourd'hui. Triste destin, la fortune s'est encore jouée de toi. Mais c'est fini tout ça. Fini. Plus jamais tu ne vas te laisser faire. De toute façon, qui pourrait t'aimer aujourd'hui ? Personne. On ne peut pas aimer ce que tu es devenu. C'est inconcevable. Qui serait assez fou pour aimer le mal à l'état pur ? Personne. Même le dernier taré de cette planète ne serait pas tenter de t'apprécier. Tu es irrécupérable, et c'est triste à dire, mais c'est ainsi. Tu es perdu, pour de bon. La seule personne qui était capable de t'aider est aujourd'hui en haut de sa tour d'ivoire et d'or, sur son trône à te mépriser, à se délecter de la vision que ton coeur en décomposition lui offre. Lui, et les trois gamins à ses pieds. Lui, et l'impératrice qui porte fièrement le nom de Tudor comme elle porte la couronne de lauriers dorés sur sa tête.

Tu les détestes tous. Tu leur voues une haine sans borne. Tu aimerais voir son gouvernement tomber, et qu'ils crèvent tous à la rue comme lui t'a laissé crever. Tu voudrais qu'ils connaissent la misère, la maladie, la faim. Qu'ils subissent tous ces fléaux humains. Ils ne méritent que cela de toute façon ; du malheur. Tu ne peux pas te contenter de l'oublier, de laisser de côté ce qui s'est passé ? Ah. Ah, la blague. Ironie, te revoilà. Bien sûr que non, tu ne peux pas laisser passer cela. Pas plus que tu n'as laissé passer avec ta femme. Tu vas lui faire subir ce qu'il t'a fait subir, lui faire voir toutes les nuances de sang au monde. Tu vas faire saigner son peuple, tu vas faire pleurer sa nation, détruire son empire et toute sa fierté. Tu vas aller jusqu'à lui dérober sa famille, et même sa dignité, si c'est ce qu'il faut pour qu'il encaisse. Voilà tellement de temps que tu l'attendais cette guerre. Voilà dix ans que tu l'espérais, que tu priais Rod et toutes les autres divinités, pour qu'elle débarque sur Anarkia. Le prétexte idéal, l'aubaine, pour tout détruire pour de bon. Et aujourd'hui, elle est là. Tu t'en fiches pas mal, de crever, tant que l'auras fait souffrir. Même si tu dois mourir de ses propres mains, tu veux voir la peine, la souffrance, la douleur la plus intense que l'homme puisse connaître au fond de ses yeux. Même si tu dois commettre les pires crimes au monde, même si tu dois le torturer jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle. Tu vas lui faire comprendre à quel point tu l'as aimé, à quel point il t'a fait souffrir, lui aussi. Tout terminera comme tout a commencé ; à deux. Tous ces instants passés, tu les feras remonter à la surface de son esprit, de manière à ce qu'il se rappelle ce que vous avez partagé. Ces nuits sans fin, ces disputes, ces gestes doux. Tu lui renverras à la face tout ce qu'il a tenté d'oublier, comme pour qu'il voit le revers de la médaille, un peu. Beaucoup. À un tel point qu'il te suppliera d'arrêter et de le tuer. « Disparais de ma vie et ne reviens plus jamais. » Ahah. C'est amusant, complètement stupide pour quelqu'un d'aussi rancunier que toi. Il fera moins le fier, le moment venu. Quand il verra les cadavres de son peuple s'empiler à ses pieds. Quand il rampera dans le sang des siens, pour te supplier de l'achever. Oh, tu t'en réjouis d'avance. Tu souris, rien qu'à cette idée. Bientôt, le faucon tombera de son perchoir, la chute sera longue et douloureuse, et d'autant plus le sera l'atterrissage.

Tu regardes ton reflet dans le miroir des toilettes d'un petit restaurant de Spes. L'heure de l'assaut n'est plus loin, tu le sais bien, tu la guettes toutes les secondes ou presque. Mais pour le coup, tu te focalises sur ton reflet. A-t-il aussi oublié tes traits, ton visage ? S'il ne se souvient que de tes cheveux blonds, c'est peine perdue, ces derniers ont pris une teinte bien plus sombre, limite noire. Pourquoi avoir fait ça ? Car le gentil blondinet est mort, définitivement. Il a vécu pendant 1143, il était temps qu'il crève. Aujourd'hui, c'est Lyokha Czeslaw Volkov qui a pris sa place. Le vrai Mad Hatter. Tes cheveux font contraste avec tes yeux qui eux, demeurent azurs. Tu pourrais mettre des lentilles, mais tu n'y vois aucun intérêt. Puis, tu veux qu'il te voit dans les yeux, qu'il capte une dernière fois ton regard océan pour comprendre toutes ses erreurs. Qu'il se rappelle qu'avant, celui-ci était empli d'une certaine joie. Qu'il s'illuminait, dès qu'il le voyait. Aujourd'hui, il est vide, mort. Seule la haine se dessine encore au fond. Tu passes un peu d'eau sur ton visage, comme pour te réveiller, te sortir de tes pensées. L'heure est proche. Une première vague a déjà dû attaquer, et c'est bientôt votre tour de vous rendre sur place. Non, tu ne fais pas partie d'une armée organisée. Tu es avec quelques autres indépendants qui se battent pour leurs propres raisons. Ainsi donc, tu as le loisir de choisir quand tu veux joindre la bataille, et sur quel front. La question ne se pose pas. Tu vas te rendre au palais, et tu vas le trouver, lui. Certes, c'est l'Empereur. Certes, si tu te fais prendre, tu es mort. Tu n'en as rien à faire. Personne ne viendra jamais à bout de toi. Jamais. Tu t'en sors toujours après tout. Tu t'en es toujours sorti, et ce n'est pas près de changer. Tu passes brièvement une main dans tes cheveux, sortant de la salle d'eau. « On doit y aller. » Siffle Greid. C'est vrai. Cela fait quelques minutes que le palais a été pris d'assaut, il est grand temps de vous y rendre à votre tour pour rajouter un peu plus de pression encore, sur l'Empereur et son armée.

En quelques minutes à peine, vous débarquez non loin du palais. Les trois voitures se garent, et tu rabats les manche de ton manteau sur tes bras, descendant avec les autres des véhicules. Vous vous regroupez à l'abri un instant, juste le temps de donner quelques futiles directives. « On doit choper la famille, si on veut les faire capituler, alors on se sépare. On cherche les gosses, la femme, et l'Empereur. » On distribue rapidement les rôles et tu restes silencieux, avant qu'un curieux sourire ne vienne se dessiner sur tes lèvres. « Je m'occupe personnellement de l'Empereur. » Celui qui jusque là donnait les rôles semble un peu perplexe. « Seul ? Non, Calvin vient avec toi. » Tu secoues la tête, gardant ce drôle de sourire. « Non. Je fais ça seul, ou pas du tout. J'ai pas besoin de me traîner un boulet, d'accord ? Puis, il me semble que je suis assez vieux pour maîtriser un humain, non ? » Il y a un certain dédain dans ta voix. Du mépris. Cette affaire, c'est la tienne. Tu veux lui tomber dessus, que ce soit toi et personne d'autre. Greid finit par acquiescer et chacun enfile un masque, n'importe quoi pour conserver l'anonymat s'il venait à se faire attraper. Pour ta part, tu te contentes du foulard noir que tu portes souvent pour tes braquages ; il couvre la moitié de ton visage et a pour simple particularité de représenter la tête d'un squelette du menton au nez. Chacun est prêt, tout le monde s'éparpille. Toi le premier, tu rentres dans le palais, plutôt discrètement. Tu empruntes les couloirs, regardant autour de toi. Tu croises quelques types qui finissent leur vie la nuque brisée, étendus sur le sol. D'autres eux se contentent d'une balle dans la tête. Tu es froid, totalement indifférent. Arracher autant de vies te fait à peine ciller. Ils avaient certainement une famille Lyokha. Une famille, une femme, un mari, des gosses, des parents, un univers rien qu'à eux que tu as bousillé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. C'est triste. Tu t'en fiches carrément. Ils ont décidé de servir leur Empereur, hé bien ils l'ont servi, jusqu'à la mort. Et quel Empereur. Ils ne savent pas que ce dernier est un chasseur, pas vrai ? Ils ne savent pas que ce dernier a tué plus de créatures de la nuit qu'il n'a de doigts sur les deux mains. Ça aussi, tu aurais pu le balancer. Tu n'en as rien fait. C'était trop bas à ton goût, comme méthode. Bien trop faible pour que tu te rabaisses à cela.

Tu empruntes un nouveau corridor, et tu te figes, un instant. C'est lui. Tudor. L'Empereur. Tu ne bouges pas pendant quelques secondes, submergé par une satisfaction sans précédent. Tu es partagé entre la folie meurtrière, la douleur qu'il t'a tatouée sur le coeur, où ce comportement qui est le tiens depuis dix ans maintenant. Dix longues années. Une décennie toute entière que tu ne l'as pas vu, et lui non plus, ne t'a pas vu. Dans les films, ce genre de retrouvailles se fait sur un câlin. Un baiser. La seule chose que tu désires faire pour l'instant, c'est lui planter ton poignard dans le coeur. L'abattre comme un chien, sans préavis. Ton sourire en coin s'étend d'autant plus, et c'est sans te faire prier que tu t'approches de lui. « Hors de mon chemin. » Froid, sec, presque blessant. Tu as envie d'en rire. C'est donc tout ce qu'il a à dire ? Il poursuit sa route, mais tu ne comptes pas le lâcher, non. Tu l'attrapes par le col, le plaquant violemment contre un mur. « Hors de mon chemin ? Oh, je te savais bien plus chaleureux. Tudor. » C'est ironique, et ton ton est plus que jamais mauvais. Tu restes silencieux, le temps qu'il réimprime tes traits, qu'il se souvienne un peu de tes yeux, qu'il puisse lire au fond cette démence et cette souffrance qui s'allient, et te crient toujours plus fort de lui faire du mal. Tu laisses échapper un éclat de rire tout aussi sarcastique, et tu le détailles. Il a vieilli. Pas toi. « Alors, tu te souviens de moi ? Bien sûr que tu souviens de moi. » La folie fait légèrement vibrer ta voix. Tu ouvres une porte jusqu'à côté de vous, et le saisissant plus fermement encore par le col, tu le balances à l'intérieur. Sans aucune retenue, délicatesse, ou peu importe ce qui pourrait adoucir ton geste. Il doit souffrir, mentalement, mais physiquement aussi, sinon ce n'est pas drôle. Tu prends soin de refermer vivement la porte derrière toi, te retournant vers lui. Il a changé, c'est presque impressionnant. Il semble plus fatigué. Plus vieux en somme. Tu penches un peu la tête sur le côté, le détaillant presque trop calmement. « Le chien est monté sur le trône. » Fais-tu, toujours aussi mauvais. Tu finis par abaisser ton foulard, le laissant ballant juste autour de ton cou, dévoilant par conséquent l'entièreté de ton visage. On peut même apercevoir de plus près une marque qui n'a pas encore totalement cicatrisé, et qui ne pourra disparaître que dans quelques années malheureusement ; elle fait le tour de ta gorge. Qu'est-ce ? Oh, rien. Juste les marques de ta détention, les moyens barbares pour t'empêcher de t'enfuir, comme une corde imbibée de verveine qu'on t'aurait attachée comme une laisse. S'il veut savoir, tu as les mêmes sur les poignets. Un large sourire se dessine sur tes lèvres et tu pointes ton colt sur sa personne. « Allons Tudor, dis-moi un peu. Dis-moi ce que ça fait, de savoir que la seule personne qui ne s'est jamais intéressée à toi pour ton nom, ton sang, ton rang, sera aussi la personne qui va te tuer et mettre un terme à cette guerre ? » Tu gardes le doigt sur la détente, même si tu sais pertinemment que tu ne vas pas le tuer. Ce serait trop simple. « Qu'est-ce que ça te fait, de savoir que la personne qui va détruire ta famille, ton empire, est la seule personne sur cette planète à t'avoir sincèrement aimé ? » La douleur revient, elle te submerge. Et pourtant tu restes de glace, tout simplement impassible. « Qu'est-ce que ça te fait, de savoir que cette personne vient aujourd'hui chercher vengeance, et qu'elle a raison, parce que tu lui as tout pris, TOUT, jusqu'à ce qui pouvait lui rester de son humanité ? » Sur cette dernière tirade, tu as juste crié. Fort. Peut-être trop. Mais c'est la colère qui parle, la colère, la rancune, la peine. Oh Tudor, dis-moi. Dis-moi honnêtement ce que ça fait, que de sentir qu'on t'arrache le cœur. Que tu subisses cela sans pouvoir protester. Dis-moi ce que ça fait de me revoir après tout ce temps. Dis-moi que je te fais mal, et je t'abattrai, comme toi il y a dix ans déjà, tu m'as achevé.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Lun 2 Sep - 22:22

C’est la guerre. La mort vient abattre sa faux au sein des peuples, sans distinction d’âge, de sexe ou de race. Elle prend des vies, brise des foyers, des familles, des amitiés. Tout meurt prématurément. Par ta faute, par ta faute. Par leur faute. Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Qu’as-tu raté, Samael ? Tu ne sais plus. Ta politique pour calmer le jeu, sans doute. Les humains doivent être contrôlés d’une main de fer dans un gant de velours. Tu es trop gentil, tu l’as toujours su. Tu n’étais pas taillé pour être empereur, tu n’as jamais prétendu l’être. Peu importe ce que ton cousin pouvait dire lorsqu’il était encore en vie, tu sais qu’il aurait été bien meilleur dans le rôle que tu occupes actuellement. Comment en êtes-vous arrivé là ? Comment tout a pu finir ainsi, toi sur le trône à la tête d’un empire ravagé par la guerre ? C’est une longue histoire, très longue histoire. Tout a débuté dans une autre vie à tes yeux. Tout a débuté quand ton cousin est mort, assassiné par des vampires. Toi le chasseur, toi le futur intendant, toi le cousin... Toi qui t’étais juré de le protéger, de mourir pour lui, tu as failli à ta mission, une fois de plus. Tu n’as pas réagit assez rapidement, tu n’as pas pu lui éviter le même sort que son frère... Et tu t’en es tellement voulu... Tu ne l’as pas trop montré, un Tudor garde la tête haute et ne dévoile pas ses sentiments. Mais tu en étais si détruit... Tu perdais ta raison d’exister et tu obtenais un nouveau pouvoir : celui qui était originellement destiné à ton cousin. Tu ne voulais pas, ton oncle a maintes et maintes fois essayé de te raisonner, de t’expliquer que tu n’avais plus le choix mais tu jures que tu ne voulais pas de ce poste. Tu étais prêt à tout abandonner. Sauf que, aujourd’hui, tu es bel et bien sur le trône. Que s’est-il passé ? Un coup de poignard dans le dos. La pire des trahisons à tes yeux. Lui. Lui que tu as sincèrement aimé, Lui pour qui tu aurais peut-être un jour accepté de renoncer à ta vie au palais. Lui, Lyokha Volkov. Le fameux vampire. Il savait pour ton cousin. Il savait ce qui allait se passer et il ne t’avait pas prévenu. Tu lui en as voulu. Oh oui, tu l’as haï du plus profond de ton être pour avoir osé te cacher cette information capitale. Tu es parti, tu l’as laissé, seul. Tu ne voulais plus le revoir, plus jamais. Tu le lui as d’ailleurs dit : « Disparais de ma vie et ne reviens plus. ». C’était cruel de ta part, surtout vis-à-vis de celui que tu aimais, du plus profond de ton être. Tu aurais pu le trahir, donner sa position aux Chasseurs. Tu ne l’as pas fait, peut-être parce qu’un tel coup en douce n’était pas ton genre. Peut-être aussi parce que, quelque part... Peux-on avouer quelque chose ? Tu as fini par regretter ta réaction.

Oui, tu as tant regretté ton emportement, tes paroles... Tu l’aimais ce vampire. Si sur le moment tu avais réellement l’intention de le blesser comme lui t’avait blessé, tu as fini par le regretter. Il te manquait, tu avais besoin de lui, de sa présence, de ses bras. De retrouver ces instants où vous n’étiez que tous les deux pour des nuits de folie. Même vos disputes te manquaient. Dans ce cas, pourquoi ne pas être retourné vers lui ? Pourquoi ne pas avoir tenté de te faire pardonner ? Tu ne pouvais pas. Tu ne pouvais plus. Tu n’étais plus le simple intendant qui aurait pu tout renier. Tu étais l’Héritier, plus que jamais tu devais soutenir ton oncle, l’appuyer dans cette dure épreuve, essayer de calmer le jeu au sein du peuple, choqué de voir comment leur Héritier avait fini sa vie. Malédiction. Le terme est souvent revenu dans les conversations, toi-même tu l’as fréquemment employé. Le nom Tudor est une malédiction mais il faut savoir faire avec, tu savais que jamais tu ne pourrais y échapper, sauf peut-être en mourant. Solution de facilité qui t’a bien effleurée l’esprit mais que tu n’as pas retenue. Tu ne fuis pas, tu fais face aux problèmes, jusqu’à ce qu’ils aient raison de toi ou que tu résolves. Cette trahison et la haine que tu as pu vouer au vampire t’ont ouvert les yeux. Tu ne pouvais plus fuir. Tu ne pouvais qu’être là et faire ce qu’on attendait de toi. Ainsi donc, tu ne pouvais plus faire marche arrière. Plus de vampire dans ta vie. Une existence rangée t’attendait et tu l’as accepté. Fini le vampire. Oublié, rangé au placard, avec beaucoup de choses qui te caractérisaient avant. Ton sale caractère, ton impulsivité, cette irrésistible envie de désobéir aux règles, de mettre ta vie en danger, à l’épreuve. Tout enfermé à quadruple tour, dans un objet symbolique. Un jeton de casino de la capitale des vampires. Un jeton rouge.

Aujourd’hui, regarde-toi. Tu es assis sur ton siège, les coudes sur les accoudoirs, les doigts entremêlés à hauteur de ta bouche et les yeux fermés. Tes traits sont tirés, fatigués par ces dernières semaines éprouvantes. Tu es soucieux aujourd’hui, cela se voit mais c’est bien la seule chose que l’on peut lire sur ton visage. Tu auras vraiment tout fait pour ne pas en arriver là, pour ne jamais voir ton peuple subir ce genre d’épreuve. Tu n’as pas laissé tomber les Chasseurs, tu as continué à les surveiller, à contrôler leurs cibles pour éviter d’envenimer la situation avec un incident diplomatique. Mais tu n’as jamais pu être partout à la fois, Samael. Tu as eu un empire à diriger après le départ de ton oncle. Tu as eu aussi une famille à aimer. Adelina. Quelle étrange union, la demoiselle du peuple et l’Héritier. Tu n’en as pas eu grand chose à faire. Avoir la famille de ta fiancée sur le dos a été très agaçant mais au final, tu es heureux de ton choix. Ta femme t’aime pour qui tu es, ou plutôt pour ce que tu es en sa présence et ce qu’elle sait de toi. Malgré tes erreurs, malgré les choix que tu as pu faire par le passé, tu ne peux pas dire que tu es malheureux. Vous avez aussi eu deux enfants que tu élèves avec ton jeune cousin, Sindbad. Ramiel et Sindbad, le petit humain et le mini loup. Une équipe qui te rappelle fortement celle que tu faisais avec Philip, lorsqu’il était encore en vie. Les deux garçons ont déjà neuf ans... Bientôt, le petit loup fêtera ses dix ans et sa première transformation... Et dans leur ombre, qui trouve-t-on ? Lyra, ta fille de sept ans qui n’a rien à envier à ses aînés niveau tempérament. Un joli petit trio qui fait ta fierté. Un trio à l’image des parents : désobéissants au possible et toujours là où il ne faut pas. Enfin, il faut bien que jeunesse passe. Ces petits monstres te manquent. Tu t’inquiètes pour eux, pour elle. Tu les a envoyés loin du palais, là où tu sais qu’ils seront en sécurité au moins un temps. Personne n’est encore au courant, pas même tes hommes. Tu fais confiance à ton cousin, il est le digne fils de sa mère, il saura se débrouiller avec ce que tu lui as dit. Avec Adelina et tes enfants en plus, tu ne te fais pas tellement de soucis. Enfin, tu essayes. Tu as peur qu’on les attrape, qu’on les utilise pour t’atteindre. Tu as peur qu’on les blesse voir pire. Tu as peur de les perdre, eux aussi, comme tu sembles perdre tous ceux à qui tu tiens, d’une manière ou d’une autre... Ta famille, des amis, Lyokha... Non, ne songe plus à lui. Il n’est plus rien pour toi, à présent. Rien de plus qu’un fantôme du passé, comme ce jeton rouge qui ne t’a jamais quitté.

-J’ai peur que la situation ne dégénère... Votre Altesse, il faut songer à vous évacuer, vous et votre famille. Si jamais ces vampires parviennent à vous capturer, tout sera perdu !

Tu rouvres les yeux, ton regard sombre et fatigué se posant sur l’homme devant toi. Il t’observe, tu vois bien qu’il s’inquiète. Dire que tu n’as jamais voulu qu’on se fasse du soucis pour toi, c’est joliment raté à présent. Tant pis. Un soupir t’échappe tandis que tu te relèves. Des hommes courent partout, les ordres fusent. L’assaut a été donné, tu n’oses pas imaginer l’état dans lequel sera ton palais d’ici quelques heures. Son labyrinthe vous offrira quelques précieux instants de répit mais tu sais bien que cela ne viendra pas à bout de l’envahisseur. Tu pourrais fuir, toi aussi, comme on te le conseille. Tu refuses. Tes hommes sont sur place et tu tiens à rester avec eux. Ta protection ? Il semblerait qu’elle passe à la trappe. Tu es au cœur de l’action comme ce n’est pas arrivé depuis près de dix ans. Plus de chasses, plus de réels combats, plus rien. Rien que tu calme, de la réflexion et quelques entraînements. La plaie. Tu secoues la tête, glissant une main dans tes cheveux, ramenant ainsi une mèche qui obstruait ton champ de vision. Tes cheveux ont poussé en dix ans, tu les portes plus longs qu’avant même s’ils sont le plus souvent attachés afin qu’ils ne te gênent pas tandis que tu réfléchis. Tu t’avances jusqu’aux caméras de surveillance, ton regard parcourant rapidement les écrans. Où es-tu ? Dans la salle de contrôle. Les caméras sont rarement activées mais, là, elles le sont toutes. Tes troupes reculent et tu n’aimes guère ce constat.

-Général, j’attends un rapport de la situation.
-Bien Monsieur. Nos troupes tiennent pour l’instant le coup mais la fatigue ne va guère tarder à se faire sentir. Les hommes ne pourront pas tenir très longtemps à ce rythme et ils ne peuvent être remplacés.
-Qu’en est-il des renforts demandés ?
-Ils sont en route mais je doute qu’ils arrivent à temps.


Un soupir t’échappe. La situation est encore pire que ce que tu pensais. Pourquoi t’être laissé piéger ici ? Peut-être parce que, justement, tu ne peux être piéger sur ton domaine. Tu connais chaque recoin, chaque passage secret, chaque sortie. Tu pourrais t’enfuir si tu le voulais, mais cela voudrait dire : abandonner tes hommes. Tu sais bien que certains te l’ont demandé mais tu t’y refuses. Tu n’es pas de ceux qui abandonnent leurs hommes. Tu resteras jusqu’à avoir trouvé une solution pour perdre le moins d’hommes possible. Tu es paniqué mais tu ne le montres pas. Tu as appris à te maîtriser, à rester neutre. Il ne faut pas que tu te laisses emporter par tes sentiments, sinon tu feras des bêtises. Il s’agit de prendre la meilleure solution tout en faisant le moins de sacrifices. Il faut que tu trouves. Mais autre chose retient ton attention, quelque chose qui te préoccupe beaucoup. Alors tu te désintéresses des écrans pour te retourner vers l’homme.

-Des nouvelles des groupes d’évacuation ?
-La plupart sont arrivés sains et sauf.
-Mais ?
-Six ont été interceptés. Nous n’avons plus aucun contact...


Ton regard se détourne, fixant à nouveau les écrans. Tu n’aimes pas ce genre de nouvelles. Spes a été évacuée pour éviter qu’il y ait trop de victimes. Tu espérais qu’ils laisseraient les citoyens en paix... Tu espérais sans y croire. On ne peut pas faire confiance aux vampires. Au final, ils ne voient que leur propre intérêt, les autres, qu’en ont-ils à faire ? Rien. Ce sont des préjugés, une opinion que tu t’es faite au fil des années, suite à la trahison du blondinet. Mais tant que tu sais qu’ils peuvent trahir tout serment, tu n’es plus surpris de rien. Tu ne peux pas tout prévoir mais tu fais au mieux. Tu plisses alors les yeux, observant les écrans. Tes hommes cèdent du terrain malgré leur équipement bien plus avancé que celui des vampires. Tu aurais voulu ne jamais sortir les armes de guerre mais, aujourd’hui, tu n’as plus le choix. Et tu ne peux pas non plus les laisser se faire massacrer à cause de toi. Tes mains glissent au fond des poches de ta veste, récupérant une paire de gants dernier cri. Avec bouclier, dague et épée intégrés. Il y a même un réceptacle pour y insérer de ma verveine. Les tiens ont toujours su qui étaient leurs ennemis et vos armes viennent en témoigner. Partout il y a de l’agent et des emplacement réservés pour l’utilisation de verveine. Tu sais ce qu’il te reste à faire, et même si tu rechigne à dévoiler tes secrets, tu n’as pas le choix, si c’est pour sauver ceux qui se battent pour protéger le palais... Une voix te sort de tes pensées.

-Monsieur, il faut que vous partiez, vous et les enfants.
-Je suis navré de vous l’avoir caché, Général, mais ma famille est déjà loin du palais. Pour qu’on ne les recherche pas, il fallait qu’on les croie ici, avec moi...
-Je comprends... Donc il n’y plus que vous à évacuer.
-Je ne partirai pas en vous laissant derrière.
-Chacun de mes homme est prêt à mourir pour l’empire et donc pour vous !
-Je refuse. Écoutez, vous allez dire à vos hommes de se replier par petits groupes. Certains passages secrets sont accessibles et seule ma famille connait les sorties. Tout le monde passera par-là.
-Mais Monsieur, ce n’est pas...
-C’est un ordre. Exécution. Je vais vous expliquer l’emplacement et le mécanisme d’ouverture de chaque passage, je vous laisserai ré-expliquer à vos hommes ensuite.


Il s’incline, il capitule. De toute manière, il sait qu’il n’a pas le choix : tu es une tête de mule et un ordre est un ordre. On ne discute pas avec toi. Tu feras ton possible pour que le plus de personnes puissent s’en sortir. Laisser ton palais aux mains d’ennemis est un déchirement au cœur mais ce n’est qu’un bâtiment, peu importe combien il compte pour toi. Les explications sont vite données, tu laisses ton général s’occuper de la suite. Toi, tu as à faire. Tu vas troquer ta tenue impériale contre quelque chose de bien plus discret et souple. Du noir, du gris. Tu pourrais tout aussi bien enfiler l’habit militaire mais tu n’as guère envie. Tu es plus à l’aise dans les tenues du style de ce que tu portais quand tu partais en chasse. Sauf que là, tu enfiles un gilet pare-balles en plus, caché par d’autres affaires. Les gants argentés brillent sous la lumière des écrans, protégeant le dos de la main mais pas le côté paume, pas entièrement en tout cas, optimisant la prise en main des armes. Deux pistolets se retrouvent à ta ceinture et tu serres les poings. Tu es prêts, et tant pis pour le général qui ne va absolument pas aimer et encore moins approuver ton plan. Ta bonne vieille dague de chasseur reprend aussi sa place à ta ceinture et tu quittes les salles de réunions, lançant un simple « Je vais guider les hommes jusqu’aux passages secrets. » qui, tu le sais, te fait enrager. Aujourd’hui, tu ne recevras pas d’ordres. Ni jamais. Tu choisis seul ta propre voie.

Tu gagnes enfin les couloirs. Tu ne dois pas traîner, il faut que tu guides les autres sans te faire prendre. Ton rythme cardiaque accélère, l’adrénaline s’empare de toi, petit à petit. Cette sensation en serait presque grisante tellement tu n’y es plus habitué. Tu avais oublié combien c’était addictif, de se mettre en danger. Mais tu n’es plus le jeune homme de vingt-trois ans. Tu l’as enfermé, tu te souviens ? Oui, bien sûr. Il est mort peu après son cousin. Après une dernière trahison, rongé par la culpabilité. À plusieurs reprises, tu croises des vampires qui sont parvenus à s’incruster dans le palais. Ils finissent tous une balle dans le crâne et/ou transpercés par la lame de ton épée dégoulinant de verveine. Pas de quartiers. C’est ainsi jusqu’à ce que tu te figes dans un couloir. La personne que tu vois te dit quelque chose. Malgré la partie inférieure de son visage masquée par un foulard dont le motif représente un crâne, tu ne peux t’empêcher de te figer. Ces traits. Ces yeux. Surtout, ces yeux. Non, impossible, ce ne peut pas... Tu lui avais ordonné de sortir définitivement de ta vie. Stupide idée, il ne reçoit d’ordres de personne et tu l’as très vite compris. Mais ce ne peut pas être... Tu imagines des cheveux blonds à la place de ceux, presque noirs, que tu vois actuellement. C’est lui. Tu n’as quasiment aucun doute : c’est bel et bien lui. Qu’est-ce qu’il vient faire ici, après tout ce temps ? Question stupide : la même chose que tous les autres vampires. Il est là pour toi. Élimine-le, ce sera un soucis de moins. Sauf que tu n’en as guère envie. Tu ne veux pas l’éliminer, tu n’as pris aucune mesure contre lui toutes ces années, ta haine est bien rangée avec tous tes autres sentiments, tu refuses de la laisser ressortir. Tu n’as aucune arme dans les mains et tu n’en prends aucune. Tu reprends ta marche rapide, comme si de rien n’était. Tu es impassible, tout simplement. Il ne doit plus se mêler de tes affaires.

-Hors de mon chemin.

Tu as déjà fait plus distingué. Ton ton est sec, froid, cassant. Tu ne lui accordes pas un regard de plus, préférant passer devant lui afin de continuer ton chemin. Tu n’as pas de temps à perdre avec lui, tu dois rejoindre tes hommes et les guider dans le labyrinthe qu’est ton palais. C’est la mission que tu t’es donnée et il n’a pas à te détourner. Sauf que tu n’as pas le temps d’aller très loin, étant donné qu’il te rattrape presque aussitôt et qu’il te plaque contre un mur. Tu serres les dents, étouffant un gémissement de douleur. Ta colonne vertébrale n’apprécie que très moyennement le choc... Tu te débats quelque peu mais tu sais que, niveau force brute, il est et sera toujours plus puissant que toi alors finalement tu laisses tomber, te contentant de le fixer droit dans les yeux. Ses yeux. Sa voix. Non, plus de doute, c’est lui. Mais qu’a-t-il fait à ses cheveux ? Tu n’en as pas la moindre idée. Oui, tu sais être bien plus chaleureux. Mais pas avec un vampire, pas avec lui. Il n’est plus rien pour toi, ne l’a-t-il pas compris ? Tu ne réponds pas, de toute manière, que pourrais-tu lui répondre ? Tu restes juste neutre, complètement. Son ton ne te fait absolument rien. Il ne pourra pas briser ta carapace, il ne pourra plus, plus jamais. Mais ce regard... Ce que tu y lis... En apparence, il ne se passe rien chez toi. Mentalement, tu aimerais le repousser, ne pas avoir à faire à lui. Tu n’aimes pas lire la souffrance au fond du regard des autres. Si tu te souviens de lui ? Bien sûr. Il a raison, comment l’oublier ? Impossible. Cependant, tu ne comptes pas lui laisser le moindre indice. Le moindre espoir de pouvoir t’atteindre. Tu sais ce qu’il te reste à faire. Tu arques simplement un sourcil, comme perplexe, mais ton regard est terriblement neutre, voir vide. Depuis dix longues années, ton regard a perdu ce bel éclat de vie qui le caractérisait si bien...

-J’aurais aimé oublier un résidu du passé comme toi. Maintenant lâche-moi. J’ai à faire.

Tu aurais pu lui mentir, cela ne t’aurait guère dérangé. Seulement tu doutes qu’il te laisse tranquille. Vous avez des comptes à régler l’un avec l’autre. Il semblerait que l’heure de les régler soit enfin arrivée... Il te balance dans la première pièce et tu manques de tomber au sol. Tes réflexes sont heureusement intacts et tu parviens à garder ton équilibre, te plaçant en position de garde. Un geste à faire et ton gant gauche devient un petit bouclier. Tu doutes que ce soit suffisant face à lui mais cela pourrait toujours t’être utile. Tu n’as pas peur de lui, tu n’as jamais eu peu de personne, mais tu te méfies de ses réactions. Surtout qu’il te bloque la seule issue. Ton regard fait un rapide tour de la pièce, s’arrêtant un peu sur une fenêtre. Il pleut, dehors. Encore et encore. Tu as toujours préféré la neige à la pluie, elle est porteuse de meilleures nouvelles que l’eau. Tu te raisonnes, reportant toute ton attention sur lui, le détaillant. Le chien est monté sur le trône. Chien. Tu n’aimes pas cette appellation qui te fait froncer les sourcils, mais guère plus. Tu as du mal à le reconnaître, même si beaucoup de choses dans son physique et son attitude te rappellent le fameux vampire que tu aimais tant, autrefois.

-Comme tu vois. Merci d’avoir participé à ma montée au pouvoir.

Que fais-tu ? Ne l’accuserais-tu pas ? Si, en quelque sorte... Il savait que Léandre allait mourir. Tu étais le seul héritier possible après, les choses ne pouvaient que se dérouler ainsi. Il savait ce qui allait se produire. Qu’il ne vienne pas se plaindre, encore moins dix années plus tard. Tu le regardes simplement. Ton regard s’arrête sur son cou, sur cette marque que tu peux distinguer. Une marque de corde, un peu comme celle d’Andrew. Mais que ? Un éclair interrogateur traverse ton regard et disparaît, aussi rapidement qu’il est apparu. Tu dois partir, tu dois sauver tes hommes. Sauf qu’il pointe un colt sur toi. Quelle misère, comment vas-tu bien pouvoir te débarrasser de lui suffisamment rapidement ? Tu vas devoir improviser. En attendant, tu le laisses parler. Ce que cela fait de voir que la seule personne qui s’est intéressée à toi pour toi, et non pas pour autre chose, sera celle qui tu tuera ? Rien. Tu aimerais le lui dire, le lui répondre mais il ne t’en laisse pas le temps. Tu ne dois pas le laisser t’atteindre, mentalement ni physiquement alors tu te réfugies derrière ta carapace, derrière ton masque impassible. Il t’a sincèrement aimé ? Ahah, la bonne blague. Si c’était vrai, il t’aurait dit pour ton cousin. Et puis, c’est faux. Ta femme t’aime sincèrement elle aussi. Tu le sais, et il aura beau dire, il ne te fera pas douter. Par contre, sa dernière tirade te perturbe quelque peu. Tu sens beaucoup de choses dans sa voix. De la colère, de la peine aussi... Tu l’as blessé, profondément. Tu le savais, mais peut-être pas à ce point. Qu’importe ? Le passé est le passé, on ne peut pas revenir dessus. Il faut toujours aller de l’avant. Il n’empêche, tout lui prendre ? Jusqu’à son humanité ? Tu secoues la tête, un soupir lassé s’échappant d’entre tes lèvres. Ne le laisse pas te déstabiliser mais ne le laisse pas te tirer dessus non plus. Il faut que tu la joues finement.

-Dois-je en conclure que le Mad Hatter est réellement de sortie cette fois ? Je serais presque tenté de dire : quel honneur tu me fais. Mais en réalité je n’en ai pas grand chose à faire. Il me semble que je t’avais demandé de disparaître de ma vie. As-tu la mémoire aussi courte que cela ?

Ou pas. Tu n’es pas sûr que prendre des gants avec lui te soit d’une quelconque utilité. Être direct est tellement plus efficace et douloureux. Que cherches-tu à faire ? Le briser, une fois de plus ? C’est cruel mais oui, en quelque sorte. Tu as tourné la page, tu t’en es convaincu. Il n’est rien de plus qu’un souvenir, qu’un fantôme dont tu ne t’es visiblement pas encore complètement débarrassé. Surtout que le moment est bien mal choisi pour venir te déranger pour une stupide histoire de vengeance. Après dix longues années. Tu n’es pas un vampire, toi. Tu n’as pas l’éternité devant toi. Tu as tourné la page, point final. Pourtant... Ce jeton rouge qui ne t’a jamais quitté n’est-il pas là pour prouver que, quelque part, il reste quelque chose de l’ancien toi ? Peut-être. Mais tu doutes qu’il soit capable de le ranimer. Les vampires doivent agir avant la mort de l’individu, là il est bien trop tard. Tu croises les bras, méfiant. Ton regard vide de toute émotion le détaille sous toutes les coutures. Qu’est-ce qui est le plus effrayant chez toi ? Ton calme ou ce regard qui caractérise l’empereur que tu es ? Tu n’en sais rien. À lui de décider ce qui le dérange le plus.

-Ta petite vengeance est ridicule dans ce contexte. Il y a bien plus important qu’une simple histoire de cœur brisé. Tu n’es pas le centre du monde alors écarte-toi. J’ai un devoir à faire et tu me gênes. Surtout que tu sembles avoir attrapé mon agaçante ancienne manie qui consistait à poser de multiples questions.

Agaçante ancienne manie... Oui, avec ta question préférée : "pourquoi ?". Tu ne bouges pourtant pas. Pas encore. Tu attends qu’il baisse son arme, ou alors sa garde. Tu attends surtout le second cas, parce que tu doutes que le premier se réalisera. Il faut que tu sortes. Le Général doit être encore en train de pester contre toi et tes décisions. Pourtant, tu n’as plus l’habitude d’agir de manière impulsive. Tu réfléchis toujours. Mais tu n’avais pas prévu de tomber sur lui. Tu pensais simplement tuer ceux qui se mettraient en travers de ton chemin, pas l’épargner lui. Satanés imprévus. Tu vas encore devoir faire avec. Comment détourner son attention ? Comment le perturber ? Par les mots, pas par les actes. C’est risqué, tu pourrais y perdre la vie mais, au final, tu ne vois guère d’autre solution. Il peut te tirer dessus au moindre geste et tu ne pourrais rien faire. Ta protection n’est pas intégrale et un coup bien placé serait mortel. Non, prudence. Tu ne comptes pas mourir ici, tes enfants ont encore besoin de toi, ton peuple a encore besoin de toi. Tu dois mettre un terme à cette guerre et mourir n’est pas une solution. Tu laisserais les tiens entre les mains de ces sangsues, bétail humain, et tu t’y refuses catégoriquement. Tu dois vivre, pour eux. Pas pour toi.

-Mais si tu souhaites avoir une réponse. Toi ou quelqu’un d’autre, je ne vois pas la différence. En existe-t-il une entre un vampire inconnu et un fantôme du passé ? Je n’en ai guère l’impression.

La sentence est tombée. Il n’est qu’un fantôme du passé, une ombre de souvenir. Quelque chose que tu as laissé derrière toi. C’est ce que tu t’entêtes à penser. C’est ce dont tu as essayé de te convaincre mais tu sais qu’il existe une faille dans ta carapace. Une seule et unique. Peut-il encore la trouver ? Tu en doutes et tu ne veux pas même savoir. Tu restes complètement calme et détendu en apparence mais, intérieurement, tu commences à te tendre. Non pas à cause de tes propos mais parce que au moindre faux-pas de sa part, tu frapperas. Tes gants font mal et tu doutes qu’il ait le temps d’intercepter une dague si jamais tu sors celle intégrée à tes gants. Il ne t’arrêtera pas. À moins qu’il parvienne à réveiller celui qu’il a aimé par le passé, et celui qui l’aimait sincèrement en retour...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
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♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mer 4 Sep - 19:29

would he hold me,
if he knew my shame.

Honnêtement, tu es content d'être tombé sur lui ? Bien sûr que oui. Cela fait dix ans que tu attends ce moment. Cet instant précis où tu pourrais le voir, juste en face de toi, pas seulement aux informations télévisées où dans la presse humaine. Ce moment où tu pourrais le détailler sans aucune retenue. Ce moment où tu pourrais accomplir ta vengeance aussi ; petite vendetta personnelle, qui a grandi vicieusement au fond de ton coeur, jusqu'à devenir ton leitmotiv. Ah, c'est triste de voir où tu en es arrivé, Lyokha. À quel point il a réussi à tout détruire, en te virant de son existence, en disparaissant de ta vie. Il sait au moins, à quel point tu as souffert ? De te réveiller tous les matins, pour mieux te rendre compte que tu étais seul, dans un lit trop grand pour une seule personne. De chercher dans le miroir de ta salle de bain, un reflet qui au final, n'était plus. De ne plus pouvoir l'enlacer silencieusement, pendant qu'il lisait. De ne plus avoir son parfum sur l'oreiller, lorsque tu te réveillais, longtemps après qu'il soit parti. Ah, tu pourrais en énoncer un milliers, de ces petits détails qui t'ont rendu complètement dingue. Au final, tu as beau dire, sa présence t'a manquée cruellement. Ton quotidien te semblait plus vide, comme s'il te manquait constamment quelque chose. Quelqu'un. La chaleur de son corps, ses sourires doux, pour réchauffer l'ambiance de la maison d'un mort. Tu ne peux pas nier, tu l'as cherché ; longtemps même. Tu as espéré l'entendre frapper à ta porte, tard la nuit. Pendant la semaine précédent ton enferment, tu as fait les cent pas dans la villa, en espérant qu'il se pointerait à un moment ou à un autre. Tu as guetté par la fenêtre, à en devenir totalement insomniaque. De toute façon, as-tu réellement besoin de sommeil, en tant que mort ? Non, peut-être pas. Tu as guetté son retour, en sachant pertinemment au fond de ton coeur que jamais, il ne reviendrait. Il t'avait abandonné comme un chien à la rue, te laissant errer dans ta maison, dans ton esprit. Il est parti, et ne s'est jamais retourné. Du moins, pas à ta connaissance.

Alors, tu es content d'être tombé sur lui ? Même si tu clamerais volontiers un grand oui à voix haute, une infime partie de toi, enfouie profondément dans les méandres de ton esprit, dit non. Car tu sais bien que, l'avoir trouvé n'est pas une bonne chose. Tu sais bien que tout ne va pas « bien » se finir. Au contraire. Tu vas lui faire du mal, tu vas faire couler larmes et sang, dans l'indifférence la plus totale. Tu n'es plus le Lyokha d'avant, non. Il est mort celui-là, définitivement. Celui qui avait encore une chance de s'en sortir, celui à qui Samael Tudor avait tendu la main avant de la reprendre. Celui là s'arrêterait bien avant de tuer l'Empereur. Mais toi, aujourd'hui, qu'en est-il ? Tu te sais capable de tout. Du meilleur, mais surtout du pire. Et c'est bien cela qui inquiète l'ancien Lyokha, enfermé derrière le blindage de ton coeur. Tu es capable de tout désormais. De lui faire plus de mal que ce qu'il ne peut espérer. Quelque part, tu espères que sa confiance en lui n'est pas trop grande. Ce serait te sous estimer grandement, et là, les choses deviendraient vraiment dangereuses pour lui. Hors de mon chemin. C'est presque ironique, qu'il te snobe ainsi. Hors de mon chemin. C'est tout ce qu'il a à dit, depuis ces dix longues années ? Tu as presque envie d'en rire, c'est ridicule. Il est froid, sec. Et quelque part, une telle attitude ne t'étonne pas venant de lui. Sans aucune retenue, tu l'attrapes pour le plaquer contre le mur. Oh, tu sens ce soupçon de douleur au fond de ses yeux. Tu lui as fait mal ? Le pauvre, c'est qu'il se fragilise, avec le temps. Il faut aussi dire que toi, tu n'y vas pas vraiment de main morte... Mais, tout de même. Il serre les dents, et cette constatation te fait sourire autant qu'elle te dégoûte. Les humains sont si faibles... Si faibles qu'ils se dégradent avec le temps. C'est d'une tristesse.

La première question qui te vient à l'esprit est purement rhétorique, en fait. Il est évident qu'il ne t'a pas oublié, vu le regard qu'il pose sur toi. Ton regard seulement suffit, pour qu'il se souvienne de tes traits entiers. Ah, tu ne le nies pas, tu as changé. Lui aussi. C'est ainsi de toute façon que l'homme, immortel ou pas, évolue. Sur le plan moral, mais aussi physique. Vous en êtes une belle preuve. Il demeure indifférent, impassible, se contentant de hausser un sourcil. Pour ta part, tu ne cèdes pas à la colère, et pourtant, tu aimerais. Elle est juste bien trop concentrée pour sortir aussi facilement. « J'aurais aimé oublier un résidu du passé comme toi. Maintenant lâche-moi. J'ai à faire. » Tu ris. Oui, comme ça, d'un coup. Tu te mets à rire, d'un rire nerveux et plutôt ironique. Un résidu du passé ? Oh, tu en serais presque vexé. J'ai à faire ? Encore une fois, c'est plutôt marrant à entendre. Il garde espoir, le Tudor. Alors que vous savez l'un comme l'autre que ce n'est qu'une question de temps, avant que ce palais ne soit investi par les troupes vampiriques, que ce bâtiment tout entier soit dégradé et déshonoré, saccagé dans ses moindres recoins. Tu secoues un peu la tête, calmant ce bref fou rire, avant de reprendre avec un large sourire moqueur. « Oh, voyons, j'en serais presque vexé, d'être considéré comme un simple résidu. En attendant, il me semble que le résidu en question avait une place de choix, dans ton petit coeur ? Je me trompe ? Bien sûr que non. Encore une fois, j'ai raison. Et j'aurais tout autant raison si je te dis que tu ne peux plus rien faire pour ton palais ou ton peuple, à part... Capituler. » toi, faire dans la dentelle ? Jamais. Encore moins avec lui. Il mérite ce qui lui arrive, quoiqu'il en dise. Comme ils disent ; on ne récolte que ce que l'on sème. À croire que ce pauvre Samael a semé la mauvaise graine tout autour de lui.

Sans plus attendre, tu le balances dans une pièce voisine, refermant derrière vous. Tu n'as pas vraiment envie que d'autres créatures de la nuit se joignent à votre petite fête, à vrai dire. Pas encore. Tu constates qu'il est toujours debout lorsque tu te retournes, et plus que jamais sur ses gardes ; il est en position de défense, un bouclier au poing. Merveilleux. Tu secoues la tête en soupirant, le détaillant toujours avec ce drôle de sourire pour border tes lèvres. Il croit franchement que c'est un bouclier qui va t'arrêter ? Tu reprends la parole. Hé oui, il est monté sur le trône. Sa réponse ne tarde pas à venir d'ailleurs. « Comme tu vois. Merci d'avoir participé à ma montée au pouvoir. » Ton sourire s'étire un peu plus en coin encore, et tu fais une courbette en avant, comme pour saluer sa majesté, l'Empereur des mortels. Et c'est te redressant qu'à ton tour, tu prends la peine de lui répondre. « Toujours aussi ironique à ce que je vois. Mais ce fut un plaisir, son altesse sérénissime m'en voit flatté. » Quitte à rentrer dans son jeu, autant le faire jusqu'au bout, pas vrai ? Bien entendu et c'est ce que tu fais sans aucune gêne. Après tout, c'est lui qui t'a tendu une perche, et personne ne t'a interdit de la saisir. Même si bien entendu, il est mal vu de froisser son Empereur. Derrière ses mots, tu te rappelles de toute cette rancune. Oui, tu étais au courant pour son cousin. Oui, tu as fait voeu de silence, pour les tiens. N'aurait-il pas fait de même ? Vous savez l'un comme l'autre qu'il aurait fait pareil. Tu soupires un peu, encore, captant son regard lorsqu'il te le permet. Ses yeux. Ah, tu n'aurais pu les oublier pour rien au monde. Tu as temps plongé dans son regard par le passé, il t'a envoûté, ensorcelé. Endormi aussi. Et aujourd'hui, tu t'es réveillé, et tu vas frapper, fort. Très fort.

Tu reprends la parole, encore. Mais plus fort cette fois-ci. Avec une certaine hargne pour teinter ta voix. Tu prends le temps de souligner chacun de tes mots, tu perds petit à petit le contrôle dans tes phrases, sans même t'en rendre compte. Mais tu veux qu'il comprenne. Qu'il voit, à quel point il t'a blessé. Tellement profondément que cette plaie ne cicatrisera jamais, et qu'elle n'en sera que plus béante, à chaque fois que tu penseras à lui, dans le futur. Peut-il s'imaginer la douleur ? Non. Non, il ne peut pas ; il ne la vit pas. Toi, c'est comme un espèce de fardeau qui t'a collé à la peau pendant un an. Une longue année, pendant laquelle tu avais juste envie de lui tirer une balle dans la tête pour calmer ta douleur. Pour enfin pouvoir commencer à l'oublier, comme tu en as oublié bien d'autres. Tu peux hurler, tu ne le fais pas plus ciller. Il se contente de secouer la tête, comme las de tes propos. « Dois-je en conclure que le Mad Hatter est réellement de sortie cette fois ? Je serais presque tenté de dire : quel honneur tu me fais. Mais en réalité je n'en ai pas grand-chose à faire. Il me semble que je t'avais demandé de disparaître de ma vie. As-tu la mémoire aussi courte que cela ? » Un nouveau rire un peu fou te prend. Réellement de sortie ? Oh, et pas qu'un peu. Il blessait tellement avant, déjà. Les carnages, les braquages, les assauts, les meurtres, les crimes divers et variés. Ils étaient nombreux, et aujourd'hui, ils en sont d'autant plus terrible. Regarde-moi dans les yeux Samael. Regarde le monstre que je suis devenu. Découvre l'animal, toi qui ne connaissais que l'homme. Disparaître de sa vie. Tu l'as fait, il ne s'en est pas rendu compte, en dix ans ? Tu n'as pas eu le choix. Tu es devenu une ombre, un mort de plus dans son entourage. Tu as disparu, et aujourd'hui encore, tu n'es plus là. Tu n'es plus celui qu'il a aimé, est-il trop aveugle ou trop suicidaire pour s'en rendre compte ? « Samael. Ah, Samael. Ta témérité, c'est presque trop mignon. Tu n'as aucune idée de qui est en face de toi, et tu montres les crocs. C'est ridicule. Et puis, j'ai disparu de ta vie. Non, Lyokha a disparu de ta vie, et pour de bon Tudor. Tu ne me connais pas, moi. Pas du tout. » Il ne connaît pas cette noirceur qui rend ton regard encore plus terrifiant. La glace, à l'état brute, et pur. Il ne connaît pas, ce sourire qui étire tes lèvres, à la fois carnassier et ironique, mauvais et presque dangereux. Non, il ne connaît ce nouveau Lyokha qui se tient devant lui. C'est presque triste.

Il n'en est pas moins calme. C'en serait presque effrayant. Oh, qu'es-tu devenu Mae, en cette longue décennie ? Tu n'es pas comme eux, tu n'es pas de ce monde, pas réellement. Tu n'es pas né pour gouverner, tu es né pour obéir. Et tu serais encore avec moi à ce jour, tu serais libre depuis bien longtemps... Mais non, il a fallu que la fortune fasse diverger nos chemins, le tient de marbre et d'or, le mien aussi sombre et dangereux que la nuit. Il continue à te regarder, et tu en fais autant, en silence. Tu es plus que neutre, et les aussi. Comme s'il n'y avait jamais rien eu entre vous, rien. Et pourtant... Et pourtant. Comment oublier tous ces instants passés ensemble ? À rire, à se haïr, à s'aimer, à se chercher. Ces nuits sans fin, ces jeux sans perdant, sans vainqueur... Tout cela, a-t-il réellement tiré un trait dessus ? Car toi, non. Tu n'as pas réussi. Tous ces souvenirs sont encore présents, rangés au fond de ton esprit. Ses sourires, ses éclats de rires. Tu en revois les images parfois, quand Morphée t'accueille en son royaume. Et son regard. Ce fameux regard brun, presque noir... Impossible de l'oublier. « Ta petite vengeance est ridicule dans ce contexte. Il y a bien plus important qu'une simple histoire de coeur brisé. Tu n'es pas le centre du monde alors écarte-toi. J'ai un devoir à faire et tu me gênes. Surtout que tu sembles avoir attrapé mon agaçante ancienne manie qui consistait à poser de multiples questions. » Tu serres les dents, n'en perdant pas pour autant ton sourire. Vengeance ridicule... Mais toutes les vengeances se valent, pauvre Samael. Il ne peut donc pas s'en rendre compte ? Tu secoues la tête, gagnant facilement deux bars de pression. S'il croit s'en tirer aussi facilement... Il se trompe. Il se trompe lourdement avec toi. Une simple histoire de coeur brisé ? Tu es partagé entre l'envie de rire et de le frapper. Même si la seconde l'emporterait largement, si tu n'étais pas en train de pointer ton arme sur lui, encore. Oui, tu le tiens en joue, continuellement. Prêt à tirer s'il ose le moindre geste, s'il s'aventure à tu ne sais quel geste héroïque digne de lui. Secouant la tête, presque frénétiquement, tu appuies sur le chien du pistolet, histoire de lui montrer que tu es bel et bien prêt à tirer. « Tu fais un pas de plus, je te la colle entre les deux yeux, compris ? » Tu serres d'autant plus les dents. Mine de rien, il arrive à t'énerver, même si tu évites de trop le montrer, tes gestes et ton regard te trahissent. C'est de la folie, qui teinte tes prunelles. « Et arrête de faire comme si ce n'était qu'une simple histoire de cœur brisé. Arrête de faire comme si j'étais le seul à avoir souffert de tout ça. Tu peux le nier autant que tu veux Tudor, toi aussi, t'as eu mal. Viens pas me dire le contraire. T'as certainement pas souffert autant que moi, mais on sait l'un comme l'autre que c'est tout sauf une simple histoire de cœur brisé. » Tu serres à nouveau les mâchoires, bloquant tout excès de rage par ces contractions répétitives. Oh, ce n'est pas simple de garder ton calme. Encore moins avec lui, en fait. Il te rend tout bonnement dingue, et pas dans le bon sens, cette fois.

Il devrait arrêter de te provoquer. Arrêter de chercher, et de trouver les mots qui te font sortir de tes gonds. Puisque au final, tu ne ressens plus la douleur, tu ne ressens que cette colère sombre et constante qui t'entoure, et qu'il nourrit de ses paroles assassines. Ne peut-il pas arrêter le massacre un peu ? Refroidir ses ardeurs ? Il ne doit pas se rendre compte qu'il ne joue plus avec Lyokha là. Il joue avec une personne beaucoup plus instable, beaucoup plus dangereuse. Ce grain de folie, qui demeure au fond de tes yeux, n'est-ce pas un avertissement suffisant ? Apparemment pas. Et attend, la meilleure, c'est que c'est loin d'être fini. « Mais si tu souhaites avoir une réponse. Toi ou quelqu'un d'autre, je ne vois pas la différence. En existe-t-il une entre un vampire inconnu et un fantôme du passé ? Je n'en ai guère l'impression. » La sentence qui tombe, le poignard dans ton coeur de mort. Tu es donc au même niveau que les autres. Tu secoues encore là tête. « NON. TAIS-TOI. » Ah, tu cries. C'est une mauvaise nouvelle en réalité. Mais ça t'a échappé, comme ça, brusquement. Oui, tu es bien plus instable désormais. Tu pètes un câble d'un coup, sans prévenir. Tu hausses le ton comme ça, sans aucune retenue. « Tais-toi ! » Reprends-tu de plus belle, alors que tu tires une balle à quelques maigres centimètres de son pied le plus en avant. « Tais-toi, ou la prochaine, c'est dans ton genou. » La petite douleur. Il ne te faut pas longtemps pour recharger, et tu le tiens à nouveau en garde. Tu ne comptes pas lui laisser une seule seconde de répit. Pas un seul instant pour qu'il puisse souffler. Tu peux l'avoir à l'usure, et tu le sais. « Arrête de dire des choses comme ça. Arrête de faire comme si je n'étais rien de plus que le premier abruti de serviteur qui te lèche les bottes à longueur de journée. Tu m'entends ? » Tu t'avances très légèrement, raffermissant ta prise sur l'arme à feu. Tu veux voir la peur dans ses yeux. Tu veux la sentir dans sa voix. Et à ce moment, seulement à ce moment-là, tu pourras dire que tu commences à gagner.

Puis, quelque chose change dans ton attitude. Ce masque impassible fond, peu à peu. C'est bien peu visible pour l'instant, mais ça commence. Ton visage se déforme en une moue dégoûtée, et tu reprends, d'un ton qui se veut méprisant. Oui, tu craches sur sa personne, comme lui l'a si bien fait précédemment. « Mais regarde-toi Samael. Regarde-toi, à te prendre pour l'Empereur que tu n'es pas, et que tu ne seras jamais. Tu me craches dessus, mais tu vaux pas mieux que moi... Tu t'es pris pour qui ? Je ne sais même pas comment tu fais pour te supporter... Tu as vu ce que le temps à fait de toi ? Un pauvre c*n. Abject, pompeux et méprisant. Tu cumules mon pauvre. C'est que la façade, parce que au final, tu vaux rien, et certainement pas plus que moi. » Haine, dégoût... Peut-être exagères-tu un peu ? Non, pas à tes yeux. C'est tel que tu le vois aujourd'hui. Mais où est passé ce Samael un peu fou, ce Samael amusant, et avant tout amoureux ? Où est-il passé, le jeune homme que tu as tant aimé. Samael qui souriait pour un rien, qui boudait pour un rien, aussi. Samael avec lequel tu as passé trop peu de temps, dans ta vie d'immortel. Samael que tu aimerais encore à ce jour, si son cousin n'était pas mort. Aujourd'hui, il t'énerve. Il te donne envie de le frapper, de lui faire du mal. De lui dire des mots tout sauf doux pour tenter de l'atteindre. Il te donne envie de lui tirer cette fameuse balle dans la jambe, histoire qu'il vide douloureusement de son sang jusqu'à ce que mort s'en suive. Et que, accessoirement, tu aies le plaisir de le voir mourir lentement. Ah, tes pensées sont bien négatives, Lyokha. Est-ce que tu en aurais été capable par le passé ? Non. Tu l'aimais bien trop. Il représentait beaucoup trop à tes yeux pour que tu te montes si cruel, si affreux. Mais aujourd'hui, tout est différent, et en cherchant à te pousser à bout, il va finir par l'expérimenter.

Tu essayes pourtant, de contenir ton calme. Tu retiens tes coups, tes balles. Pas tes mots, qui eux, s'échappent lorsqu'ils le désirent, de manière impromptue bien souvent. Tu voudrais fissurer ce bloc de glace qui se trouve face à toi, mais comment faire ? Elle est là, la vraie question, et tu désespères à l'idée d'y arriver un jour. Enfin, s'il ne se montre pas plus coopérant, ce n'est pas seulement à son esprit que tu vas t'en prendre, mais bien à son physique. et... Une idée de traverse l'esprit, une énième fois. C'est un sourire carnassier qui flotte sur tes lèvres. « Mais tu sais quoi, continue. Reste le même. Au moins, on en finira plus vite. Et quand j'en aurais fini avec toi, je te jure que je retrouverai ta famille, et que je les liquiderai moi-même sur la place publique. Et après ça, on fera un gigantesque feu d'artifice, en l'honneur de notre victoire, ton palais brûlera, et la lignée des Tudor s'achèvera ici. » C'est vrai. Tout sera bien plus simple, s'il reste dans son état d'esprit actuel. Oh, tu n'as pas dit que tu ne comptais pas jouer un peu avec lui avant, non... Mais lui tirer dans le crâne sera tellement plus simple ainsi, en sachant qu'il est devenu un homme des pires espèces, ceux que tu ne peux pas sentir. Les snobinards qui se croient au-dessus de tout, avec leur petit pouvoir ridicule... Il peut dire ce qu'il veut, il ne changera pas son image à tes yeux. L'ancien Samael, le vrai Samael est mort. Le chasseur est parti pour laisser place à cette chose pour laquelle tu ne trouves pas d'appellation politiquement correcte. Il est devenu... Tout ce que tu détestes depuis toujours. Il est devenu une de ces personnes auxquelles ton père voulait ressembler. Il est devenu... tant de choses. Mais quoique tu en dises, il est heureux. Il a une femme, des enfants. Il est aimé, apprécié. Tu ne peux pas le voir, ça ? Non. Bien sûr que non. Pas après tout ce qu'il t'a fait subir.

Sans trop savoir pourquoi, tu ne décrispes pas les mâchoires. Tu as bien trop de mal à te calmer en réalité. Tu essayes pourtant, de te contenir un peu plus encore. Mais c'est si difficile... Tu as tant à lui dire, à lui déballer. Même si tes propos sont pour la plupart méchants, tu aimerais tellement parler, encore, jusqu'à ne plus en pouvoir. Mais il n'a pas le temps. C'est à se demander s'il a eu le temps de t'écouter, au moins un jour. Ta main se fait un peu plus tremblante. Tu as bien une question, avant de tirer à nouveau. Une dernière petite question. Mais cette dernière semble bien plus douloureuse que toutes les autres, puisque tu sens tes yeux s'humidifier plus que de raison. Non, tu ne laisseras pas ces larmes de carmin couler, pas devant lui, ni derrière d'ailleurs. « Mais dis-moi Samael. Dis-moi pourquoi t'as fait ça, hein ? Pourquoi cette rengaine, toujours ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal pour mériter ça... Ok, je t'ai pas prévenu. Peut-être que j'aurais dû. Mais je me suis excusé, non ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire de plus ? J'étais désolé, tellement désolé, et crois-moi, je m'en suis voulu tellement longtemps... Mais qu'est-ce que tu aurais fait, toi ? Tu aurais trahi les tiens ? Tu aurais trahi ta famille pour sauver mon frère ou ma soeur ? Imagine-toi, à ma place, juste un instant. » Tu secoues la tête. C'est la douleur qui prédomine au fond de tes prunelles, et les larmes se font de plus en plus menaçantes, même si tu ne les laisses pas couler. Il doit bien s'en rendre compte quand même. Tant pis. « Je pouvais plus te regarder en face. Et je te l'ai dit, parce que je pouvais pas supporter de te le cacher plus longtemps... C'est certainement une des choses les plus honnêtes que j'ai fait dans ma vie... Et tu t'es barré. Tu t'es même pas retourné. » Tu retiens les sanglots, et la colère t'aide. Mais elle n'empêche pas ce léger tremblement dans ta mâchoire, dans ta main. Tu le fixes, et à nouveau, tu enclenches le chien. Qu'est-ce que tu attends ? Tu n'en as aucune idée. Que le cauchemar cesse, certainement.


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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Jeu 5 Sep - 18:40

Lyokha. Lyokha Volkov. Un simple fantôme mais tu ne voulais pas le voir. Pourquoi ressurgir maintenant, après dix longues années ? Tu supposes qu’il est là pour la même chose que tous les vampires : te faire descendre de ton piédestal, te faire céder, capituler. Seulement tu aurais préféré qu’il s’abstienne. Pourquoi donc, s’il n’est plus rien pour toi ? Parce qu’il a été quelqu’un, par le passé. Quelqu’un de très important à tes yeux. Quelqu’un pour qui tu as remis ton attitude en question, tes préjugés, tes convictions. Quelqu’un pour qui tu as changé sans t’en rendre compte. Quelqu’un qui s’est emparé de ton cœur sans que tu cherches à le lui reprendre. Tu aurais pu faire beaucoup de choses pour lui. N’as-tu pas trahi les tiens en l’aimant, en le protégeant des Chasseurs alors que tu en étais un ? Si, d’une certaine manière. Tu aurais pu faire bien plus, juste pour rester avec lui, pour continuer à l’aimer. Mais tout est fini à présent, à cause d’un coup du sort, un coup de poignard dans le cœur et des chaines se refermant définitivement sur toi. Tu n’as pas eu le choix, Samael. Tu n’as jamais eu le choix. Sa présence te le rappelle, quelque part au fond de toi. Il n’a pas réussi à briser tes chaînes. Pire, il n’a fait que t’enchaîner un peu plus à ton devoir. Tu ne voulais plus le voir, il remonte à ton esprit trop de choses. Mais surtout, il est un danger pour toi et tu en as parfaitement conscience. Lui, tu n’es pas sûr de pouvoir l’éliminer de ta route. Tu n’es pas sûr d’en être capable et essayer serait une bien mauvaise idée. Tu ne dois pas le laisser t’influencer et pour cela, tu ne dois pas rester auprès de lui. Il n’y a quasiment aucune chance pour qu’il puisse ranimer l’ancien Samael, celui dont l’ombre plane au-dessus de toi, te conseillant dans tes relations avec tes proches, tes anciens amis, mais tu ne veux pas prendre ce risque.

Tu as essayé de le faire virer de ton chemin, et l’écarter, de ne pas le regarder plus que nécessaire. Malheureusement, tu te doutais bien qu’il ne te laisserait pas partir aussi facilement. Bloqué contre un mur, la colonne vertébrale brutalement écrasée contre... Il n’y est pas allé de main morte et, depuis le temps que tu es enfermé dans ton palais, tu as oublié toutes ces douleurs que l’on ressent lors des bataille. Mais tu es un combattant, tu retrouveras bien vite tes vieux réflexes, ton corps plus vite que toi encore. Enfin, tu l’espères. Ce que tu aurais préféré oublier, par contre, c’est le regard d’azur du vampire. L’oublier, lui, tout simplement. Vexé d’être considéré comme un simple résidu ? Oh, il est bien moins que cela à tes yeux, à présent. Et il peut rire, il doit te lâcher. Le temps est précieux, surtout en ce moment, tu n’en as pas à perdre avec lui, même si tu as déjà donné tes ordres. D’ici peu de temps le palais ne sera plus tien et, à ce moment là, il faudra que tous tes hommes soient partis. C’est beau de rêver mais tu souhaites réellement faire le maximum pour avoir le moins de pertes. C’est honorable de ta part mais il y a peu de chances pour que cela aboutisse. Encore moins en sa présence. Presque vexé ? Oh, tu aurais pu faire pire alors. Ce n’est pas le moment d’y songer. Le résidu avait une place de choix dans ton cœur ? Avait. Tout est dit. Avait. C’est du passé, tout est fini depuis bien longtemps. Par contre, tu n’est pas d’accord sur le fait qu’il ne reste qu’une solution : capituler. Il en est hors de question. Tu ne laisseras pas ton peuple devenir le bétail des vampires. Tant pis pour ton palais, même s’il s’agit de ta demeure, de ton ancien espace de jeu, de celui de tes enfants ainsi que celui de tes ancêtres. Tu ne dis pas un mot, tu ne lui feras pas ce plaisir. Ton regard se fait simplement plus sombre, plus décidé. À lui seul, il donne ta réponse : plutôt mourir que capituler. Et ce n’est pas qu’une question de fierté.

Tu te retrouves jeté dans la plus proche pièce, lui refermant derrière vous. Seul à seul, comme avant. Tu es sur tes gardes, en position défensive. Ton bouclier est-il bien utile ? Tu en doutes mais cela peut toujours servir. Pas toujours de la manière dont on s’y attend par contre. Tu aviseras, en attendant, tu te concentres sur lui. Tu es bel et bien monté sur le trône, oui. À qui la faute ? Il est en parti responsable, c’est ce reproche qui t’échappe. Tu n’as jamais voulu être Empereur. Tu ne voulais pas de ce rôle, il a pourtant aidé à te l’enchaîner à la cheville et à traîner cette lourde responsabilité avec toi. Ce fut un plaisir ? Ahah. Très drôle. Tu l’ignores, c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Tu ignores ses paroles et sa courbette ironique. Qu’il joue ton jeu si cela l’amuse, seulement tu n’es pas d’humeur à perdre du temps avec lui alors qu’il s’écarte. Tout de suite. Il ne le fait pas, tu en es réduit à l’observer, encore. À te remettre chacun de ses traits en mémoire, à noter toutes les petites différences. Ce visage que tu as maintes et maintes fois gravé dans ton esprit par le passé, ce regard dans lequel tu te perdais et tu es encore capable de te perdre, ce regard qui te faisait perdre la tête quand tu pouvais y lire cet amour qu’il te portait... Bon sang, qu’est-ce que tu l’as aimé... Plus que tu n’aurais dû.

Pour sa part, il reprend la parole, il pose des questions, trop de questions. Tu as l’impression qu’il perd d’ailleurs le contrôle de ses émotions. Beaucoup de choses transpercent dans sa voix, mais c’est très certainement cette peine que tu discernes qui te perturbe le plus. Sauf que tu n’en montres rien. Tu te contentes de soupirer, lassé de ses propos. Il ne te déstabilisera pas de cette manière et tu le lui prouves par tes paroles. Tu ne prends pas de gants, tu n’en as pas besoin. Chacun de tes mots peut le blesser alors autant en profiter. Tu n’as guère souvent l’occasion de laisser libre court à tes paroles, tu dois toujours te mesurer, réfléchir là tout. Là, tes propos sortent sans que tu aies le temps d’y réfléchir. Ils viennent naturellement. Que cherches-tu à faire ? Le briser ? Peut-être... Même si ta priorité est de le déstabiliser de manière à pouvoir fuir cette pièce et aider tes hommes. Ta témérité ? Non, tu sais ce que tu fais. Certes, tu provoques le loup mais tu es loin d’être un innocent agneau prêt à se faire manger. Tu ne connais pas celui qu’il est devenu ? Peut-être. Mais il reste le Mad Hatter. Il ne peut pas fondamentalement changer celui qu’il était, il ne peut pas changer de manière de penser. Plus cruel, moins enclin à te laisser la vie sauve, peut-être, mais tu as déjà une petite idée de ce à quoi tu dois t’attendre. Tu n’as pas peur de lui, tu n’auras très certainement jamais peur de lui pour toi-même. Malgré ces ténèbres dans son regard de glace, malgré cet étrange sourire. Tu te contentes de conserver ton calme et ton regard reste vide, comme éteint.

-Ma témérité, comme tu dis, t’a toujours plus, je vois que tu n’as toujours pas changé d’avis. Quant à disparaître, j’entendais par-là que je ne voulais plus non plus te voir. Jamais.

Lyokha, disparu de ta vie... Ton cher Lyokha... Non, n’y songe pas. Tout est fini, tu y as mis fin. Tu ne lui feras pas le plaisir de lui demander qui il est, aujourd’hui. Tu n’as pas vraiment envie de savoir. À tes yeux, ce n’est plus qu’un vampire parmi tant d’autres. Un simple suceur de sang qui fait parti des assaillants de ton empire, de ton palais. Un vampire venu pour une stupide histoire de vengeance. Tu croises les bras, sur tes gardes. Dis-moi Samael, où est passée cette étincelle de vie au fond de ton regard ? Où sont passés les sentiments ? Pourquoi n’es-tu plus aussi expressif qu’avant ? Parce que ta culpabilité et ta douleur ont tout détruit sur leur passage. De ton cœur, il ne reste plus grand chose d’intact. Qu’en est-il de ton âme ? Tu n’en sais rien, tu veux même plus savoir ce qu’il est advenu de toi. Tu t’es perdu il y a déjà dix longues années. Un pantin, voilà ce que tu es. Un pantin condamné à faire son devoir jusqu’à la mort, comme le prouvent ces paroles que tu prononces à son encontre. Les seules personnes qui arrivent à te ranimer sont les tiens et plus rien d’autre. Le reste a déjà été englouti. Alors si le regard d’azur du vampire est noir comme les ténèbres, le tien est devenu un trou noir. Tout ce qui apparaît dans ton regard est immédiatement avalé, détruit. Parce que tu ne dois rien dévoiler, quoi qu’il puisse arriver. Tu restes neutre, même quand il appuie sur le chien de son pistolet, te maintenant en joue. Un pas de plus et il te tire entre les deux yeux ? Tu te contentes de hausser les épaules. Bien sûr.

-Tu n’as aucun intérêt à le faire, je mourrais sur-le-champ alors que tu as des choses à faire avant de me laisser mourir. À moins que je me trompe, puisqu’il paraît que je ne te connais pas.

Encore, encore de la provocation. Arrête donc, Tudor. Tu ne dois pas mourir. Oui, voilà, encore un devoir. Une chaîne. Ne pas mourir. Mais il continue alors tu cesses de réfléchir afin de simplement l’écouter. Arrêter de faire semblant. Où est la vérité ? Elle n’existe pas, puisque chacun possède la sienne en fonction de son humeur. Tu as tout à fait le droit de nier. Tu peux affirmer que tu n’as rien ressenti lorsque tu es parti. Sur le coup, tu étais juste en colère, tu n’as pas voulu faire marche arrière. Ce n’est qu’après une longue réflexion que cela t’a fait du mal. Tu peux lui mentir, t’entêter comme il te plaira, il ne sait rien de ce que tu as réellement pensé, ressenti. Tu secoues légèrement la tête, toujours aussi neutre. C’en est devient réellement effrayant. Les bras croisés, tu ne comptes pas le laisser gagner cette bataille. À ce jeu, l’ancien toi aurait détourné le regard, aurait cherché à se justifier. Pas le toi actuel.

-Peu importe ce que tu en penses, dans tous les cas cela reste une simple histoire de cœur brisé. Mais à présent que nous sommes en guerre, je trouve que c’est étonnamment futile de venir jusqu’ici pour cette raison. Tu n’avais donc rien de mieux à faire ?

Que pouvait-il donc bien faire d’autre ? Tu n’en sais rien. Autre chose que se mêler à cette guerre et y risquer la vie. T’inquièterais-tu ? Non. Il fait ce qu’il veut de son existence après tout, tant que c’est loin de toi, tant que tu ne reçois plus jamais aucune nouvelle de lui. Tu ne restes pas plus longtemps sur ce point, finissant enfin par répondre à ses questions. Lui ou un autre, tu ne vois pas la différence. Il est un vampire. Tu ne peux pas lui faire confiance. Et il crie. Tu as touché juste apparemment. C’est la sentence qui tombe, elle est nette, brutale, blessante aussi, apparemment. Que tu te taises ? Tu te contentes de arquer un sourcil, le fixant. Il perd bien facilement son sang-froid. Surtout qu’il tire, la balle vient se loger dans le sol, à quelques petits centimètres de ton pied. Instinctivement tu recules de quelques pas, par mesure de prudence. La prochaine, dans ton genou ? Il pourrait mettre sa menace à exécution alors tu te méfies mais rien de plus. Tu ne vas pas tenter le diable et avancer, au risque de mourir. Tu vas même faire un effort et te taire. Pourtant tu pourrais l’enfoncer un peu plus encore. Tu te contentes de hausser les épaules, l’air de dire "tu ne mérites pas même d'être, comme tu dis, un abruti de serviteur". Pas besoin de mots pour te faire comprendre, tout est dit dans un unique geste.

Et il continue. Tu observes cette moue dégoûtée qui déforme son visage. Toi, te prendre pour l’Empereur que tu n’es pas ? Il a tord et raison à la fois. Ce n’est pas vraiment toi, ce que tu montres. Ce n’est que la façade qu’on attend de toi. Tu ne seras jamais réellement cet empereur qu’on voulait que tu sois mais tu fais semblant, tu essayes d’y ressembler, de faire au mieux. Comment fais-tu pour te supporter ? Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu as trop l’habitude de ce masque pour te souvenir de tes méthodes. Mais il semble oublier un détail. Ce masque que tu lui montres, il lui est réservé. Tu n’es pas ainsi avec tes subordonnés. Tu es fermes, autoritaire, mais tu sais aussi t’adoucir, être à l’écoute, parfois bienveillant. Tes proches, quant à eux, voient quelqu’un de doux, de protecteur, peut-être un peu trop d’ailleurs, de fidèle à ses principes. Tu es beaucoup de choses, des morceaux de ton ancien toi collés à d’autres que tu as  pioché dans l’image qu’on attendait de toi. Tu ne méprises pas les humains mais les vampires. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres. Il te désespère. Il perd son temps avec toi. Que cherche-t-il ? Tu n’en sais rien. S’il veut te tuer, qu’il le fasse. Qu’est-ce qui l’en empêche, si tu l’as tant fait souffrir qu’il le prétend ? Tu secoues la tête, simplement, avant de plonger à nouveau ton regard dans le sien.

-Tu ne vois que ce que tu souhaites voir. Déteste-moi si cela t’amuse, te fait du bien, même si je n’en ai pas l’impression, seulement fais-le pour de vraies raisons.

Qu’il puisse au moins te voir tel que tu es. S’il en est encore capable, s’il en a un jour été capable. Pendant ce temps, ton regard n’est pas fixe, il est même loin de l’être. Tu observes la pièce, ce qui pourrait te servir. Il s’agit d’un ancien bureau dans lequel on a entassé un nombre incroyable de cartons. Il y a de tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi en fait. Tu aurais aimé que, dans cette pièce, se trouve un passage secret. Il ne faut pas espérer, tu n’as pas eu cette chance. Ta seule issue est derrière le vampire. La confrontation risque de devenir obligatoire. Surtout s’il choisit de t’attaquer sur un de tes points sensibles : ta famille. Tu fronces les sourcils, un éclat de colère faisant une brève apparition au fond de tes prunelles avant de se faire aussi avaler par un trou noir. On ne parle pas ainsi de ta famille. On ne menace pas les tiens, sous aucun prétexte. Ceux qui s’y sont risqué n’ont pas eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait qu’ils disparaissaient bien rapidement. On ne touchera plus aux tiens. Mais tu as beau te l’être juré, tu n’as jamais été capable de protéger les tiens, qu’est-ce qui te fait croire que tu y parviendras en temps de guerre ? Rien. Tu sais que tu resteras éternellement impuissant.

-Je pense que tu as fait suffisamment de dégâts par le passé, il est inutile que tu aggraves un peu plus ton cas. Mais je peux te jurer une chose : touche aux miens et tu le regretteras amèrement. Peu importe où, quand, comment, tu le regretteras.

Es-tu en colère ? Cela ne se voit pas. Tu as bien vite retrouvé ton masque, impassible. Mais tu n’en es pas moins en colère, sur les nerfs. Il commence sérieusement à te taper sur le système. Tu sortirais bien ton pistolet, histoire que vous vous retrouviez à égalité seulement tu restes tout de même méfiant. Un geste de trop et il tirerait. Comment vas-tu bien pouvoir t’en sortir ? Tu ne sais pas mais tu réfléchis, tu cherches une faille. Il lui en reste forcément au moins une, il te suffit de trouver laquelle. Mais tu n’en as pas le temps. Sa main tremble. C’est très ténu mais pas invisible. Intrigué, tu l’observes, tu l’écoutes aussi. Pourquoi ? Décidément, il a réellement attrapé ton ancienne manie. Tu comprends à présent qu’il ait trouvé cela agaçant. Cependant, ne peux t’empêcher de serrer les mâchoires. Non il ne t’a pas prévenu et c’est là ce que tu lui reproches. Ses excuses sont venues trop tard, ton cousin était mort. Trop tard pour envisager un avenir différent. Trop tard pour espérer une autre chance. Trop tard, tout simplement. Pour tout. Que tu t’imagines à sa place ? Tu l’as fait, par le passé. Tu as essayé de comprendre. Tu as essayé de changer de point de vue, de passer outre ta haine. Mais tu en as toujours arrivé à la même conclusion. Quelle est cette étincelle qui brille au fond de tes prunelles, refusant de disparaître ? C’est de la colère, cette bonne vieille colère que tu croyais avoir fait disparaître avec l’ancien toi.

-À ta place, j’aurais essayé de faire quelque chose ! Essayer de raisonner les autres, laisser un message anonyme, n’importe quoi, mais pas me taire et juste attendre que tout soit fini ! C’était trop tard pour tes excuses. Dix fois trop tard.

Il souffre et tu le vois. Des larmes sont remontées mais tu ne veux pas te laisser avoir. Tu ne le laisseras pas avoir le dessus. Il continue et toi tu commences à perdre pied. Il a trouvé ton point faible, il a trouvé la faille dans ta carapace : Léandre. Il était et est resté la perte la plus douloureuse de ton existence. Parce que lui, tu aurais dû le sauver, mourir pour lui. Tu n’en as rien fait, tu n’as pas réussi à tenir tes promesses. Il aurait dû être à ton poste, il aurait fait un bien meilleur empereur que tu ne l’es actuellement. Il était fait pour ce rôle, contrairement à toi. Et tu hais Lyokha qui a tout brisé. Vos existences, celle de ton cousin, celle de ton peuple aussi... Il n’est certes pas responsable de tout mais savoir que ce drame aurait pu être évité te met vraiment en rogne. Tu le hais de t’avoir caché ce détail capital. Tu le hais. La colère domine, tente de prendre le dessus. Il ne faut pas que tu te laisses emporter. Il ne faut vraiment pas. Dans un effort de volonté, tu ravales ta colère, tu la refoules au plus profond de ton cœur. Seulement elle ne rentre pas dans ta carapace. Non, elle l’englobe, prête à se propager dans tes veines. Et, à vrai dire, c’est ce qu’elle fait. Pourtant, ton regard est redevenu vide.

-Tu n’as tout simplement rien compris. Même au bout de dix longues années, tu n’as toujours pas compris qui je suis. Vois le résultat. Tant pis, c’est trop tard. Beaucoup trop tard. Il fallait réfléchir avant, Volkov. Se souvenir de quelques points importants. Se souvenir de qui mon cousin était pour moi, qui il était pour les humains. J’avais juré de le protéger, bordel ! J’ai échoué, une fois de plus...

Tu marques une pause. Tu as quelque peu craqué. Tu as haussé le ton. Tu as juré. Depuis quand cela n’était-il pas arrivé ? Tu ne te souviens même plus. Longtemps. Très longtemps. Tu serres les dents, une fois de plus. Il faut que tu te calmes, il ne faut pas que tu t’emportes. Faut, faut... Encore des obligations. Tu en as marre des obligations. Elles régissent ta vie, t’empêchent de sortir comme tu le souhaites, de dire ce que tu souhaites, d’être naturel. Tu devrais pourtant t’y être fait, tu es né dans cet univers. Mais non. Toi, malgré les lois, les interdictions, tu n’en faisais qu’à ta tête, avant. Tu n’es pas fait pour entrer dans le moule, tu es trop différent. Malgré tout, tu fais semblant. Une nouvelle fois, tu ravales ta colère. Seulement, quelque chose d’autre brille au fond de ton regard. De quoi s’agit-il donc ? De la colère, encore. Mais peut-être aussi un soupçon de douleur, de désespoir aussi.

-Merci. Merci beaucoup, grâce à toi et à tes semblables, j’ai fini sur le trône. Ou plutôt, à cause de vous. Je n’aurais jamais dû accéder à ce poste, je ne l’ai même jamais désiré ! Tout le monde en pâtit aujourd’hui, j’espère que tu en es content ! J’espère que tes amis et toi êtes fiers de vous !

Non, tu ne voulais pas devenir l’Empereur. Tu n’étais pas taillé pour ce rôle, tu ne l’es toujours pas. Et tu es malheureux. Oui, malheureux. Tant de personnes désirent le pouvoir et toi, tu le laisserais volontiers à quelqu’un d’autre... Seulement tu as toujours eu le sens du devoir. Jamais tu ne partirais en laissant l’Empire entre de mauvaises mains. Jamais. Alors tu es coincé là, dans ce rôle qui ne te convient pas. Tu es coincé dans cette pièce, face à un ancien amour que tu accuses bien injustement de tout ce qui arrive. Tu as beau savoir qu’il n’est pas réellement responsable, s’il avait fait quelque chose rien de tout cela n’existerait aujourd’hui. Léandre serait sur le trône, il n’y aurait pas de guerre, Lyokha et toi seriez sans doute encore ensembles, toujours aussi amoureux. Tout a été détruit quand ton cher cousin a rendu son dernier souffle. Tout, absolument tout. Tes yeux se font humides, quelque chose se réveille en toi. Tu ne comptes pas rester là sans rien faire. Tu ne comptes pas rester à sa merci. Tu vas bouger, le faire réagir. Et tu sais exactement quoi faire. Il t’a réveillé. À présent, qui sait ce qu’il peut arriver...

-Mais tu sais quoi ? Puisque tu es la pauvre victime dans cette histoire, puisque je suis le bourreau, puisque je t’ai fait tant de mal, puisque je ne suis qu’un pauvre c** abject, pompeux et méprisant, pourquoi tu n’en finis pas ? Tire ! TIRE ! Tue-moi !

Que cherches-tu à faire ? Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Qu’il te tue ou pas, au final... Quelle importance ? Tu mourras, de sa main ou de celle d’un de ses semblables. Mais avec lui, tu as peut-être une chance. Juste une hésitation, tu n’attends que cela pour reprendre le dessus en le plaquant contre un mur à l’aide de ton bouclier. Juste pour mettre les choses au clair. Vous avez beaucoup à vous dire, l’un et l’autre. Trop peut-être, pour trop peu de temps. Mais au final, une touche d’explication pourrait peut-être faire du bien, à l’un comme à l’autre. Tu n’avais pas osé le revoir, de peur de craquer... Et cette menace recommence doucement à planer au-dessus de ta tête... Tu n’as jamais oublié ton amour pour lui, peu importe tes propos, tes mensonges. Tu l’as aimé et l’ancien Samael qui a commencé à se réveiller l’aime sans doute encore...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ race : Vampire (de Samael).
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Sam 5 Oct - 21:57

Samael. C'était un prénom, une image, mais surtout un souvenir. Une partie de ton passé qui reste si bien ancrée dans ton esprit. D'un côté, tu n'as jamais voulu l'oublier. Pas réellement du moins. Car te rappeler de lui, du moindre de ses traits, c'était le détester un peu plus tous les jours. C'était entretenir cette haine qui aujourd'hui, est plus présente que jamais. Cette même colère qui te dévore et qui te poussera au pire, au moment venu. Ah, pauvres vous deux. Vous auriez pu être heureux, pourtant. Dans un autre monde, dans une autre vie. Celle où tu n'étais pas un vampire anarchiste, celle où il n'était pas l'empereur chasseur. Et pourtant, c'est le cas. Tant mieux, tant pis. Vous ne le saurez jamais, ça. Tout s'est achevé il y a trop longtemps, et tu as par mille fois appris que refaire le monde avec des 'si' était purement inutile. Le passé, c'est déjà trop tard, tu dois vivre dans le présent. Lui ne s'est pas gêné pour le faire, et toi, tu en as fait autant. Tu es devenu... Toi. Une version deux, la bonne, la seule, l'unique. La pire aussi. Tu es mort une dernière fois, lorsqu'il t'a brisé, pour de bon. Lorsqu'il t'a dit quelque chose comme 'dégage de ma vie' et qu'il s'est détourné de toi, sans jamais se retourner pour voir si tu t'en sortais, si t'étais capable de gravir la pente tout seul. Il t'a jeté au fond du gouffre, il a mis le feu et il t'a dit ; vas-y, débrouille toi maintenant. Tu as eu tellement de mal, trop de mal, ça a tout fait sauter dans ta tête. Et là, tu fais... N'importe quoi, à nouveau. Pas dans le sens tu ne sais pas comment t'y prendre, plutôt dans le sens où tu es au milieu d'une guerre dont tu ne voulais pas particulièrement, en tenant en joue le seul homme qui peut arrêter tout ça. Et tu joues les égoïstes ; non, tu n'appelles pas les autres, non, tu ne le tues pas. Tu restes là, à détailler ce regard vide qu'il porte sur toi. Pas par manque de cran, d'envie. Tu as juste attendu ce moment trop longtemps pour précipiter les choses maintenant. « Ma témérité, comme tu dis, t’a toujours plus, je vois que tu n’as toujours pas changé d’avis. Quant à disparaître, j’entendais par-là que je ne voulais plus non plus te voir. Jamais. » Un léger sourire. À nouveau, tu secoues un peu la tête... Ah, ce jour où il s'est détourné de toi, il n'a donc pas compris ? Il n'a pas lu dans tes yeux cette colère, celle qui disait ; c'est ça, va t'en, dans quelques années à peine, je viendrai sonner à ta porte à nouveau. Il n'a pas dû intégrer ce petit détail, celui qu'il était capital d'assimiler pourtant ; tu ne laisses jamais partir les autres. Jamais. Par principe, possessivité, égoïsme, et tant d'autres raisons sombres qui ne concernent que toi. Quelques uns ont réussi à se défaire de tes filets, mais pas lui. Lui, il en est même hors de question. Ce MH, inscrit sur son épaule, il est bien la seule personne en vie a possédé cette marque. Sa signification est claire pourtant ; il t'appartient. Tu l'as possédé, et tu le posséderas jusqu'à la mort. C'est indiscutable.

« Tu n’as aucun intérêt à le faire, je mourrais sur-le-champ alors que tu as des choses à faire avant de me laisser mourir. À moins que je me trompe, puisqu’il paraît que je ne te connais pas. » Tu te contentes de secouer la tête, à nouveau. À quoi bon répondre ? Il essaye de gagner du temps, c'est évident. S'il croit qu'il va s'en sortir avec ses belles tournures de phrases, et autres entourloupes que tu lui connais si bien. Samael. Ah, il restera à jamais un sacré numéro, gravé dans ton esprit. Samael Tudor. L'intendant impérial en formation et officieusement chasseur. Samael. Ce simple prénom qui autrefois était si doux à prononcer, à aujourd'hui un goût amer ; il t'écorche le palais douloureusement, t'entaille les lèvres. Il te provoque, et si cela l'amuse, tant mieux. Tu peux bien respecter cette dernière volonté, non ? Allez, si. Tu peux être bon, au moins pour ça. Ce n'est pas qu'il en vaut la peine, mais presque. Avant de l'abattre froidement, comme un chien, tu peux bien lui laisser croire que tout va bien. C'est ce que tu fais avec les autres, pourquoi dérogerait-il à la règle ? Non, voilà, ce n'est pas parce que monsieur a été quelqu'un, qu'il est au moins quelque chose aujourd'hui. Pour répondre à sa pseudo-question, non, il ne te connaît pas. Il ne te connaît plus. Même ce qu'il reste de ta famille a bien du mal à te reconnaître, toi, Lyokha. Tu n'étais pas aussi... Mauvais avant. Oui, si, peut-être un peu en fait. Mais tu le dissimulais mieux. Tu faisais les choses plus proprement, tu avais un minimum de réserve. Aujourd'hui, non. Plus rien. Plus de limites, de contenance, de... Rien du tout. Le néant, le noir, comme le fond de tes yeux. Qu'est-ce qu'il en sait, de si tu veux vraiment le tuer, ou pas ? Rien. Il n'en sait rien. Il ne sait plus rien de toi, et il est bien là le danger ; s'il croit qu'il y a toujours cette petite chose, ce petit grain de lumière au creux de ton esprit  qui l'a épargné par le passé, il n'existe plus, aujourd'hui. Oui, tu vas le tuer. C'est certain.

Tu gardes ton arme pointée sur lui. Hors de question de changer d'avis maintenant, tu es lancé, et tu sais parfaitement tu ne reculeras pour rien au monde. Il peut le comprendre ça ? Tu en doutes. Il n'a pas peur de toi, et pourtant, il le devrait. Oh que oui, il le devrait. « Peu importe ce que tu en penses, dans tous les cas cela reste une simple histoire de cœur brisé. Mais à présent que nous sommes en guerre, je trouve que c’est étonnamment futile de venir jusqu’ici pour cette raison. Tu n’avais donc rien de mieux à faire ? » Une simple histoire de cœur brisé. Ça te fait péter un câble, qu'il dise ça. Parce que c'est faux, il le sait très bien, lui aussi a souffert. Ce n'est pas qu'une simple histoire de cœur brisé, ça ne l'a jamais été, ça ne le sera jamais. Il te dégoûte, il t'énerve. Étonnamment futile ? Il va voir si la balle qu'il va se prendre sera « étonnamment futile ». Tu t'es déplacé, tu es ici à ce jour pour en finir, cela n'a strictement rien de futile. Mais ça non plus, il ne peut pas se l'enfoncer dans le crâne ; il a beaucoup trop confiance en lui. Et la chute sera douloureuse, oh que oui, elle le sera. Tu as l'impression qu'il prend tout cela à la rigolade. Comme si ce n'était rien. Est-il devenu débile, ou complètement stupide ? Tu hésites entre les deux. Il est inconscient, ça, c'est un fait. Pourquoi ? Au final, tu t'en fiches pas mal. Il crèvera ce soir, quoi qu'il advienne. Une douleur se fait sentir dans ta mâchoire, tant tu serres les dents. Pourtant, tu n'as pas mal. Tu n'as plus mal, c'est impossible ; tu as bien trop souffert pour ressentir la souffrance à nouveau. Une dernière fois, tu ne prends même pas la peine de répondre. Il trouvera toujours quelque chose à redire de toute façon, il l'a toujours fait. Tu n'as plus envie de rentrer dans son petit jeu, tu as trop donné par le passé pour recommencer. C'est trop tard maintenant. Il peut mettre en place tous les stratagèmes du monde, tout s'achève ici, ce soir. Tu n'avais rien de mieux à faire ? Non. Rien, à part mettre un terme à cette guerre, et faire tomber définitivement les humains. N'était-ce pas ce que vous espériez, vous, vampires, depuis plus de mille ans déjà ? Les tuer, les anéantir. Les détruire. Dans un sens, ce n'est qu'une simple vengeance, dans l'autre, c'est de la folie. Qu'importe. Ils payeront tous pour les fautes d'un seul homme, Samael Tudor. Ton Samael. Enfin, non, plus exactement. Plutôt une pâle copie de ce jeune homme que tu as tant aimé par le passé.

Tu finis par décapsuler, juste un peu. Tu tires entre ses pieds, et il recule un peu. Ah, ça te fait sourire, immédiatement. Tu as envie d'être méchant, et tu ne vas pas te gêner. Il hausse les épaules, te rabaissant à la hauteur de ses esclaves, et toi, ça te fait sourire. Ouais, il peut jouer les indifférents et chercher à te blesser, ses arguments font ricochet et se perdent dans le néant de ton cœur. « Regarde un peu. Tu recules. Ça ne m'étonne pas de toi en fait, t'as toujours reculé Samael. Mais tu peux reculer autant que tu veux, tu finiras pas rencontrer un mur. Tu peux même sauter par la fenêtre, escalader, prendre la fuite. Tu peux te réfugier où tu veux, tu ne seras jamais assez loin de moi. Six pieds sous terre. Elle est là, ta place. À pourrir avec les vers, à moisir entre quatre planches. » Un curieux sourire étire tes lèvres. « Tu aurais pu avoir la vie éternelle. T'aurais pu être heureux, tu sais. Mais non, une fois de plus, t'as prouvé que tu ne sais faire qu'une chose ; prendre de mauvaises décisions. » Et pour le coup, il ne peut rien redire à cela. Son peuple est dans un pétrin incroyable à ce jour, juste par sa faute. Il ne peut nier ni rejeter l'erreur sur personne ; il est le seul problème dans cette affaire. C'est lui qui s'est trompé, pas toi, ni le mendiant dehors. Lui, et personne d'autre, et il s'en mord les doigts. Le dégoût retrouve une place de choix sur ton visage. Il signifie tout, tout ce que tu peux ressentir pour le brun actuellement. Tu le hais. Il te dégoûte. C'est aussi simple que cela.

Il sourit encore. Et tu aimerais bien lui faire ravaler son sourire, mais tu n'en fais rien. Tu peux te contenir, et tu le dois, encore un peu au moins. Tu exprimes toute ta rage à l'oral, tu ne te retiens pas le moins du monde de lui faire comprendre tout ce que tu penses de lui, dans les grandes lignes. Tu veux qu'il intègre tout ça, qu'il se l'enfonce définitivement dans le crâne. « Tu ne vois que ce que tu souhaites voir. Déteste-moi si cela t’amuse, te fait du bien, même si je n’en ai pas l’impression, seulement fais-le pour de vraies raisons. » Quoi ? Tu ne vois que ce que tu souhaites voir ? C'est presque risible. Qu'est-ce qu'il croit que tu vas encore gober ? Qu'il est gentil tout plein et qu'il fait des gazouillis quand tu lui chatouilles le ventre ? Ouais, c'est ça, bien sûr. Il t'a pris pour quoi, un bisounours, ou l'idiot du village ? Oh que dommage, tu déçois sa majesté, tu n'es juste aucun des deux. Il n'a pas l'impression que cela te fasse du bien ? Oh, touché. Non, sérieusement, il est qui pour en décider, lui ? Psychologue ? Autant te jeter par la fenêtre que de l'écouter. Oui, ça te fait du bien de le détester. Qu'est-ce que tu peux ressentir d'autre pour lui que de la haine, de toute façon ? Rien. Rien d'autre n'existe pour vous deux que cela, de la colère, de la rage. Pour ce qui est des vraies raisons... Tu ne vois pas vraiment pourquoi tu t'en inventerais en fait. Tes raisons sont bonnes, il n'y a rien à redire là-dessus ; il t'a abandonné. Il t'a carrément laissé tomber, comme on abandonne un chiot sur le bord de la route. Et encore, il n'a même pas eu la décence de laisser le panier, lui ; il t'a pris ton cœur et il est parti. Disparu. « Je ne te déteste pas Samael. » Fais-tu d'abord, sérieux. Tu avances d'un pas, gardant toujours ton arme devant toi. « Je te hais. » Un fin sourire étire tes lèvres délicatement. La haine, c'est encore pire. Ça vous bouffe de l'intérieur. Mais comment détruire ce qui est déjà détruit ? « Et puis d'abord, quelles devraient être mes raisons, puisque tu sembles plutôt avancé sur le sujet, hein ? Qui te dit que les miennes ne sont pas les seules, les vraies. Tu m'as abandonné comme un moins que rien, Samael. Tu m'as laissé crever sur la route de ta vie, et le pire, c'est que t'as même pas cillé. » Et t'es mort de tes blessures, ça, c'est certain. Mais il s'en fiche pas vrai ? Oui. Il se fiche de tout, de toute façon.

Tu fais ce que tu sais faire de mieux ; faire du mal. Alors tu commences à parler de sa famille. Tu lances des affirmations, de but en blanc. Ouais, tu vas tous les tuer. Mais qu'il se rassure, lui aussi il va y passer. Ils vont tous mourir, par sa faute. Tu veux qu'il en prenne pleinement conscience, qu'il en souffre bien, même s'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Peu importe où ils iront, les membres de sa famille ne pourront pas se cacher indéfiniment. La traque sera rapide, efficace. Rien que toi, tu sais qui est Adelina, à quoi elle ressemble. Tu as déjà vu les deux gamins, aussi, alors qu'est-ce qui pourrait bien les sauver ? Rien, ils sont morts, eux aussi. « Je pense que tu as fait suffisamment de dégâts par le passé, il est inutile que tu aggraves un peu plus ton cas. Mais je peux te jurer une chose : touche aux miens et tu le regretteras amèrement. Peu importe où, quand, comment, tu le regretteras. » Tu as fait suffisamment de dégâts ? Ah, c'est presque ironique. Presque trop drôle. Tu rigoles nerveusement, c'est plus fort que toi. Il te menace en plus ? Voilà qui te fait doublement rire. Il est pathétique. Complètement, purement, affreusement pathétique. Il s'en rend compte au moins ? Non parce que sinon, il faudrait peut-être l'en avertir, faire quelque chose. « J'AI fait suffisamment de dégâts ? Tu te fous pas un peu de moi, là ? C'est toi. T'as tout détruit, t'as tout bousillé. J'ai rien fait moi, j'ai rien demandé à personne. TU AS fait trop de dégâts, pas moi, Samael. Mais t'as raison, c'est tellement plus simple, de rejeter la faute sur les autres. » Tes yeux brillent un peu, plus que d'ordinaire. Ce n'est pas de la tristesse, non. Ni même une émotivité débordante, c'est juste ta colère, toute cette haine exacerbée contenue depuis des années envers cette seule et unique personne qu'est Tudor. « Comment est-ce que je pourrais encore aggraver mon cas, hein ? Dis-moi. J'suis mort Samael, depuis bien longtemps. Comment est-ce qu'on peut faire pire que ça ? T'as réponse à tout, alors explique un peu, j'pige pas. » non, tu ne fais pas d'efforts de langage. Plus maintenant. Tu n'as pas de temps à perdre avec de telles futilités, et tant pis si tu froisses son altesse. Tu secoues la tête, te reprenant un minimum. « Et puis, honnêtement, qu'est-ce que tu peux bien faire contre moi ? Mort, entre quatre planches, comment est-ce que tu crois que tu arriveras à protéger les tiens ? Adelina, les gosses. Tous. Ils sont tous morts à partir du jour où ils t'ont connu, crétin. » Oui, tu aurais pu faire pire. Mais bon, le temps presse, et à parler, parler, tu ne l'auras pas tué avant l'aube. Alors, pressons oui, pressons. Qu'il te croit ou pas, cela n'a aucune importance, c'est la pure vérité. Oui, c'est vrai, tu avais déjà fait une promesse du genre à un homme du nom de Lionel. Tu lui avais dit que tu bousillerais sa famille, mais dommage, il est mort avant de voir le spectacle. C'est ce que tu voulais faire au début, en te rapprochant de ce qui n'était à l'époque, que l'apprenti intendant. Puis, ton cœur a fait des siennes, t'as commencé à déconner sérieusement de l'intérieur. Tu t'es senti humain, oui. Tu t'es senti pousser des ailes qui n'existaient pas, par sa simple présence. Ses sourires rassurants, ses petits regards malicieux. Le jeu était dangereux, brûlant, mais que c'était bon. Oh que oui, que c'était bon. Et t'as tout perdu. Tout s'est écroulé, et l'idée de le tuer est revenue, plus présente que jamais. À ce jour, tu es là pour ça. Comme quoi, tu tiens toujours tes promesses ; t'es bien le seul Volkov dans ce cas. Une parole, une seule. Jamais brisée, par personne.

Le moment est venu, tu le sais bien. Tu dois le piéger, lier ses poignets, l'emmener à l'extérieur. Le tuer serait contre les ordres, tu le sais bien, mais tu as bien le droit de t'amuser avant. Pourtant, tu n'en fais rien, tu restes figé avec ton flingue devant toi, comme paralysé. Allez. Une dernière fois, tu remets le passé sur le tapis, tu veux juste comprendre, avant d'en finir. Pourquoi est-ce qu'il est parti comme ça ? Tu t'es mis à genoux, tu t'es excusé, il a craché sur ta dignité et il est parti. Ah. « À ta place, j’aurais essayé de faire quelque chose ! Essayer de raisonner les autres, laisser un message anonyme, n’importe quoi, mais pas me taire et juste attendre que tout soit fini ! C’était trop tard pour tes excuses. Dix fois trop tard. » Comment si tu pouvais à l'époque. Il croit vraiment que les choses étaient si simples ? Il croit vraiment que la Vox Populi, c'est une armée de teletubbies ? Non, sérieusement. Tu ne pouvais pas les trahir, pas plus que tu le peux aujourd'hui. Tu as prêté serment, c'est si dur à comprendre ? Ouais, il est vraiment devenu débile, le pauvre. Tu n'avais pas le choix à l'époque, pas plus que tu ne l'as aujourd'hui. Tu secoues la tête, tu ne souris pas, non. Tu te concentres juste sur lui et son regard vide qu'il garde fixé sur toi. « Mais oui, bien sûr. Je suis pas superman Samael, je ne l'ai jamais été. Oui, j'ai dû te paraître égoïste, méchant, cruel. Mais tu sais ce que c'est, que de prêter serment ? Tu n'as pas le droit de trahir ta parole, jamais, c'est mal. Oui, je suis un vampire. Et pourtant, j'ai des principes. Ah, t'as du mal à y croire ? J'ai autant de principes que toi, si ce n'est plus. Je ne dis pas que je suis quelqu'un de bien, je ne l'ai jamais été. Mais je ne pouvais pas te prévenir, tu ne peux pas juste te l'enfoncer dans le crâne ? » La haine fait légèrement trembler ta voix. Des années que tu aimerais lui faire intégrer cela, et à ce jour encore, c'est bien loin d'être acquis. « Ces personnes étaient comme une seconde famille, tu sais. J'ai aidé à fonder l'organisme, avec Finn et Zéphyr. Tu crois qu'on peut trahir les siens comme ça ? Tu crois que j'aurais pu trahir mon frère et ma sœur comme ça, pour toi ? C'est mon sang, Samael. Toi, tu n'aurais pas trahi Léandre pour moi. On ne trahit pas le sang, jamais. » Oui, il a été quelqu'un d'important. Il est passé avant eux parfois, avant bien du monde même. Mais jamais, jamais en tant qu'humain du moins, il aurait pu passer avant les tiens. Tu sens qu'il s'énerve, comme quoi, il n'est pas aussi indifférent à tes paroles que ce qu'il peut prétendre. Tu le touches, il te touche. C'est de bonne guerre. Mais vous n'avez pas le temps de vous anéantir de vos mots, non. C'est le sang qui doit couler, pas les syllabes. Parler du passé, c'est bien, parler du futur, c'est mieux. Et il est bien sombre, celui que tu lui réserves.

Il hausse le ton. Tu ne peux t'empêcher de sourire, un peu. « Tu n’as tout simplement rien compris. Même au bout de dix longues années, tu n’as toujours pas compris qui je suis. Vois le résultat. Tant pis, c’est trop tard. Beaucoup trop tard. Il fallait réfléchir avant, Volkov. Se souvenir de quelques points importants. Se souvenir de qui mon cousin était pour moi, qui il était pour les humains. J’avais juré de le protéger, bordel ! J’ai échoué, une fois de plus... » Hé oui, Samael Tudor craque, lui aussi. Doucement, bien plus doucement que toi, mais quelle importance, il craque, c'est le principal. Dix longues années oui... Déjà. Mais qu'est-ce, dix ans, lorsque l'on a l'éternité devant soi ? Rien. Même pas un grain de sable dans un sablier. C'est beaucoup trop tard ? Comme si tu n'avais pas remarqué. Il a refait sa vie, et toi, tu as détruit la tienne. Il ne reste plus rien, tu n'es plus rien. Rien qu'une coquille vide, creuse, comblée par la haine et tout ce qui s'y rapporte. Oui, c'est trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour espérer aimer, à nouveau. Il a échoué, il a raison. Et tu pourrais bien retourner le couteau dans la plaie en confirmant ses dires, tu n'en fais rien. C'est dur pourtant, de te contenir, de ne pas lui cracher au visage les pires horreurs du monde. C'est dur, de ne pas te montrer aussi mauvais que lui, à ton tour. Tu pourrais remuer la lame dans la plaie béante que tu viens de lui faire. Tu pourrais, seulement, tu ne veux pas. Tu te contentes du silence, et tu finis par perdre ton sourire. À quoi bon. Tu préfères rester de glace, à le dévisager. Il souffre, pas vrai ? Oh que oui, il s'en veut. Il culpabilise, et ça te fait un bien fou, de voir que dans l'histoire, tu ne seras pas le seul à avoir souffert. Oh, tu soutiens que lui n'a pas connu ta souffrance. Il l'a balayée de la main, comme il t'a balayé de son existence. Au final, tu ne devais pas être grand chose pour lui, vu cette facilité déconcertante qu'il a eu pour te jeter.

« Merci. Merci beaucoup, grâce à toi et à tes semblables, j’ai fini sur le trône. Ou plutôt, à cause de vous. Je n’aurais jamais dû accéder à ce poste, je ne l’ai même jamais désiré ! Tout le monde en pâtit aujourd’hui, j’espère que tu en es content ! J’espère que tes amis et toi êtes fiers de vous ! » Et voilà, il en remet une couche. Finalement, tu retrouves ton sourire. Pourquoi t'en priver, tant que ça peut le faire souffrir. Alors il se fait large, moqueur, mauvais. Bien fait pour toi, Tudor. Voilà ce qu'il veut dire, ce sourire. Tu as joué, tu as perdu, fin de l'histoire. Aujourd'hui, tu en payes le prix, et le pire dans l'histoire, c'est que tu es le seul instigateur de ton malheur. Pauvre Samael. « Et qu'attends-tu, que je te plaigne ? Pathétique. » Tu secoues un peu la tête. Ta prise autour du pistolet se fait plus ferme, plus décidée. Les larmes se sont évaporées, les tremblements se sont estompés jusqu'à disparaître. Tu as retrouvé toute ta vigueur, toute ton assurance. L'entendre pleurer sur son sort, voilà qui te rend plus fort. La douleur de l'un pour le bonheur de l'autre. Cruelle manière de fonctionner... Peu importe. Tu t'en fiches, désormais. Oui, à l'époque, cela t'aurait dérangé. Tu aurais tout fait pour qu'il en soit autrement. Aujourd'hui, c'est à peine si cela te fait tilter. Il n'a que ce qu'il mérite ; a avoir vécu grassement pendant dix ans dans la cage dorée, il en obtient les conséquences désormais. « Mais de rien, tu sais. Car oui, nous sommes fiers. Oui, je suis content. Car les choses marchent exactement comme elles devaient marcher. Tu n'as pas les épaules pour un tel rôle, tu ne les as jamais eu, et tu as fait exactement ce que l'on attendait de toi ; tu as tout fait foirer. Incapable de tenir ton Empire, et aujourd'hui, il en souffre. Et il en souffrira encore pour les siècles à venir. Par ta faute. On finit tous par payer un jour ou l'autre, Tudor, et ce jour est venu pour toi. » Et à nouveau, ton sourire ternit, un peu. Ton assurance retombe. C'est incroyable, comme tu changes d'état d'un instant à l'autre... Effrayant. La folie est toujours présente, oui. La colère aussi. Mais pour le coup, on pourrait presque croire que tu fais preuve de... Compassion. Tu fais un pas en avant, puis un autre, hésitant légèrement dans ta démarche. Pourquoi chercher à t'approcher de lui, encore ? Tu n'en sais rien. C'est lui qui te fait cet effet. Il te retourne la tête, tu n'y peux rien. Ses yeux sont légèrement humides, tu ne peux que le constater. Pour peu, il te briserait le cœur le petiot. « Mais tu sais quoi ? Puisque tu es la pauvre victime dans cette histoire, puisque je suis le bourreau, puisque je t’ai fait tant de mal, puisque je ne suis qu’un pauvre c** abject, pompeux et méprisant, pourquoi tu n’en finis pas ? Tire ! TIRE ! Tue-moi ! » Ses mots en revanche... Ce n'est pas que tu ne t'y attendais pas, mais qu'il perde les pédales ainsi... Un air un peu perturbé fait son apparition sur ton visage, et tes yeux s'humidifient, à nouveau. Oui, tu as dit que tu lui tirerais dessus, que tu voulais le tuer. Mais les choses ne sont pas si simples, ne peut-il pas simplement le comprendre ? Tu serres les dents, essayant de ne pas perdre la face devant lui. Non Samael, je n'ai pas envie de te tuer. Je n'ai pas le choix cette fois, c'est tout. Tu plisses un peu le front. Oui, tu es la pauvre victime, ça, il peut le dire. Tu n'as rien fait – et certes, c'est ce qu'il te reproche – et c'est toi qui prend tout. Où va le monde, hein ? À te voir, on dirait qu'il t'a touché, profondément blessé. C'est peut-être le cas, certainement même, à en juger par ton regard. Douleur. Amertume.

Ahah, la bonne blague. Il n'en est rien. Ce n'était qu'un masque, comme lui en a tant utilisés avec toi. Tu retrouves tout ton sourire, tu abandonnes cet air du pauvre type qu'il a quitté il y a dix ans. Lyokha aurait réagi ainsi. Pas toi. Toi, tu t'en fous royalement. Tu es purement indifférent, tes prunelles sont vides, elle ne reflètent rien. Toi, tu demeures impassible. « Sérieusement, t'as vraiment cru que ton petit numéro allait me faire quelque chose, Tudor ? Je t'ai dit. Tu ne me connais pas. » Même pas un pincement au cœur, rien. Le tuer lui, en tuer un autre. Au final, quelle différence ? Aucune non. Alors pourquoi est-ce que tu devrais te sentir mal ? Pourquoi est-ce que tu devrais hésiter ? Aucune raison en effet. Tu retrouves un rire ironique, nerveux. Un rire qui caractérise si bien ce nouveau toi, celui que tu es devenu, en dix ans de temps. « Ah, Samael. » Fais-tu en secouant la tête. Qu'il peut-être naïf, le beau brun. Qu'il peut-être nostalgique, pour un empereur. C'est presque risible. « Enfin. Comme qui dirait, tes désirs sont des ordres, majesté. » Et tu ne te fais pas prier pour lui tirer une balle dans la jambe gauche. Tu ne l'as pas loupé, tu le sais ; depuis que les flingues existent, tu les manipules. Alors pour ce qui est de viser... Tu atteindrais une pomme les yeux fermer à des bons mètres, même bourré, même étourdi, même... Bref, on a compris. Alors tu sais très bien que tu l'as touché. De toute façon, tu n'as qu'à regarder son visage changer d'expression pour t'en rendre compte plus encore. Oh, pauvre gosse. On dirait qu'il saigne. Et son sang... Ah, ce parfum enivrant remonte jusqu'à ton nez, provoquant un douloureux frisson le long de ta colonne vertébrale. Son sang. Qu'il t'a manqué... Et là, ici... C'est presque irrésistible. Presque, car tu te l'es formellement interdit. « Oups, on dirait que je t'ai fait mal, je me trompe ? Avec un peu de chance, je n'ai pas touché la fémorale. Tu ne devrais pas mourir tout de suite. » Ton sourire est doux. C'est presque le même que celui qu'arborait Lyokha, quand il était en couple avec ce cher Samael. Sa douceur fait contraste avec ton cruel manque de pitié pour cet homme que tu as aimé. Ah, quel paradoxe es-tu, Volkov.

Tu regardes le sang couler, et tu recharges ton flingue par précaution, t'approchant doucement de lui. Tu ne veux pas le brusquer, et de toute façon, avec ce que tu viens de lui mettre, il y a peu de chances qui prenne la fuite. Ou alors, ce sera très douloureux. Mais bref, la compassion se fait tout de même une petite place au fond de tes prunelles, et que tu le veuilles ou non, elle est sincère celle-là. « Tu ressens ça ? Tu ressens la douleur ? Imagine toi ça, dans ta tête, tous les jours, puis toutes les heures, et toutes les minutes. Sans cesse, le jour, la nuit. Ça fait mal, pas vrai ? Ça m'a rendu complètement dingue. » Fais-tu, tapant légèrement de ta main libre, contre ton crâne. « Tu m'as rendu complètement dingue. » Ajoutes-tu tout simplement. C'est vrai, c'est de sa faute. Un peu de la tienne aussi, mais surtout de la sienne, te plais-tu à croire. Finalement, tu baisses ton arme, ton bras retombant le long de ton corps. Tu t'approches de lui, jusqu'à arriver non loin devant. Il n'y a rien d'agressif dans ton comportement, rien d'offensif. Juste toi qui bouge, pour le rejoindre. Tous comptes faits... Ton cœur ne brûle-t-il pas, au moins un peu ? Si, peut-être. Mais c'est bien mieux de l'ignorer. Tu n'oses pas le toucher. À quoi bon, de toute façon, ce ne serait que raviver de vieux souvenirs enterrés. Et tu ne veux pas prendre ce risque, il en est même hors de question. Tu le détailles, silencieusement, demeurant sur tes gardes. Tu es prêt à parer le moindre de ses gestes, tu avises, comme toujours. S'il croit te faire tomber, il se plante le doigt dans l’œil, jusqu'au coude. Et finalement, un fin sourire étire tes lèvres en coin. « Tu croyais vraiment que j'allais te tuer, comme ça ? Tu croyais que tout allait se passer aussi simplement ? » Un ricanement, sarcastique. « Mais tu rêves, mon pauvre Tudor. Ce n'est que le début. Je vais te détruire, on va te détruire, comme ton père m'a détruit, et comme les chasseurs ont détruit les miens. On va te maintenir en vie, t'infliger les pires blessures et on te laissera au bord de la mort, jusqu'à ce que l'on retrouve ta petite famille. Et s'il vient dans l'esprit de je ne sais quel allié, de te sauver, ou de sauver la famille impériale, hé bien on te tuera comme un chien sur la place publique, et on traquera ta chère et pathétique petite Adelina ainsi que les gamins, et ils subiront le même sort que toi. Même s'il faut avouer que ce serait mille fois plus amusant que tu vois ça en direct, tu n'es pas d'accord ? » Bien sûr que non, il n'est pas d'accord. Mais tu te fiches pas mal de ton avis. La noirceur a englobé tes prunelles, la cruauté à l'état pur reste figée sur tes lèvres, et toi, tu ne cilles pas. Tu le regardes, tu attends un peu, hésitant. Et finalement, tu te penches sur lui, t'approchant certainement de trop près, pour une telle situation. « T'aurais pu éviter tout ça, Mae. Tu n'aurais eu qu'à dire ; oui, Lyokha. Je te pardonne. On aurait pu tout avoir, tous les deux, et tu le sais parfaitement. Tu n'aurais pas été obligé d'être celui que l'Empire attendait de toi, tu aurais pu avoir une seconde vie, et en profiter comme tu l'entendais. Pas d'ordres, pas de cadres, juste la liberté. Les hauts, les bas, on aurait peut-être tout connu, mais au moins, on aurait été tous les deux. On aurait pu s'aimer, encore longtemps, et tu le sais très bien. » Je t'ai aimé Samael, et j'ai peur d'en être encore capable aujourd'hui, tu vois. Tu plantes tes yeux dans les siens, sans vraiment espérer une réponse. Tes prunelles dévient sur ses lèvres un instant, avant de remonter vers son regard. Comme la première fois. Comme ce premier soir.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Dim 20 Oct - 20:49

Tu recules. Oui, certes, mais c'est instinctif après tout. On te tire dessus, que peux-tu faire d'autre ? Rien, de toute manière, ton geste a été complètement inutile. Ce n'est pas parce que tu recules de quelques pas qu'il ne pourra plus t'atteindre. Il faudrait que tu quittes la pièce pour être hors d'atteinte, ou que tu l'assommes. Tiens, la seconde solution est alléchante et ton bouclier devrait être largement suffisant pour la mettre en application. Mais il coupe net tes réflexions, reprenant la parole. Tu peux bien reculer, tu finiras par rencontrer un mur ? Ahah. Tu le sais bien, il y a toujours un mur quelque part contre lequel tu finis par te cogner. Tu as l'air de ne savoir faire que cela : rencontrer des murs. Mais parfois, ne faut-il pas mieux reculer pour avancer ? Oui. C'est ton avis, même si au final tu sais bien que tu avances bien peu et fréquemment dans la mauvaise direction. Ta place est six pieds sous terre ? Et la sienne alors, où est-elle ? Jusqu'à preuve du contraire, il est mort bien avant toi. C'est cruel Samael, tu n'aurais jamais eu ce genre de pensée il y a dix ans quand vous étiez ensembles, quand tu l'aimais. Mais justement, c'était parce que tu l'aimais, ce vampire. Peut-être au point d'accepter d'être transformer, juste pour rester avec lui. Tu ne dis rien, tu ne veux rien dire. Tu ne veux pas savoir ce qui aurait pu se passer si les choses avaient tourné autrement. Tu n'as pas choisi cette voie alors à quoi bon refaire le monde avec des si ? À rien. Tu ne sais pas si tu as pris la mauvaise décision le concernant. Tu en as pris d'autres, bien plus mauvaises, concernant ton peuple. Tu le sais bien, tu ne peux que l'assumer, et ta seule excuse est que tu as fait de ton mieux pour satisfaire tout le monde. Satisfaire un peuple en colère suite à l'assassinat de son héritier, un oncle détruit par la perte de son second fils, les attentes que tous avaient de toi. Tu as toujours fait de ton mieux mais cela n'a visiblement pas suffit.

Il te reproche beaucoup de choses, le Volkov. Il te reproche ce que tu es devenu. À qui la faute ? Il est responsable, peut-être pas de tout, mais d'une partie. Aujourd'hui, que peut-il encore voir de toi ? Peu de choses apparemment, au vu de ses paroles. Tu n'en sembles pas tellement affecté. Con, abject, pompeux et répugnant. C'est l'image que tu lui as donnée de toi. Ce n'est que justice en un sens. Seulement il est bien aveugle s'il te résume à ce quelques mots. Tu soupires. Qu'il te déteste si cela lui plait, si cela l'amuse. Mais qu'il ne le fasse pas pour des raisons aussi futiles que ce qu'il pense que tu es devenu. Il ne te déteste pas ? Non, il te hait. Tu devines ses paroles avant même qu'il les prononce. Il est si prévisible, c'en serait presque risible si la situation n'était pas aussi grave. Tu n'as pas de temps à perdre avec lui bon sang, tu as tes hommes à sauver. Ton palais est perdu, tant pis, cela se remplace contrairement à des vies. Il expose plutôt ses réelles raisons. Oui, tu l'as abandonné. Mais il ignore tellement de choses... Il ignore ce que tu as fait après, il ignore l'état dans lequel tu t'es trouvé après toute cette histoire. Tu étais anéantis, tu étais perdu, tiraillé entre ton devoir et l'envie de tout laisser tomber. Sa trahison t'a achevé, tout simplement. Ne peut-il donc pas le comprendre ? Il t'a achevé. Et après... Il était trop tard pour faire machine arrière. Tu ne préfères pas répondre à ces nouvelles accusations. Tu hausses une nouvelle fois les épaules, comme si cela ne t'affectait pas. Cela ne t'affecte plus, c'est le passé, pourquoi devrais-tu t'en soucier ? Depuis le temps, tu as tiré un trait dessus, même si cela a été difficile pour toi, à l'époque... Mais il ne faut pas qu'il l'apprenne, il faut qu'il reste dans son illusion. Tant qu'il aura cette mauvaise opinion de toi, ce sera plus facile de l'attaquer. Il te suffit de trouver le bon angle d'attaque à présent.

Seulement, c'est lui qui attaque. Il sait quelques sont tes points faibles : ta famille. Personne n'a le droit de les toucher, pas même lui. Il t'a déjà trahit, tu ne laisseras pas recommencer. Jamais. Tu ne te gênes pas pour lui rappeler que, s'il fait quoi que ce soit, il le paiera. Peut-être pas de ta main, tu en es conscient, il y a une chose que presque tout le monde ignore et qui t'empêchera très certainement d'agir le jour où ce sera nécessaire, mais il le paiera tout de même. Tu sais que tu n'es pas le seul à veiller sur ta famille, il te reste quelques alliés sur lesquels tu sais que tu peux compter, amis ou lien par alliance. Ton jeune cousin n'est pas humain, c'est un jeune loup et tu sais que sa mère ne laissera personne s'emparer de son enfant. Et comme le petit a un tempérament aussi bien trempé qu'elle, elle protégera aussi tes enfants. Incroyable, tu remets la vie de ta famille entre les mains d'une louve alors que, il y a dix ans, tu les haïssais plus que tout. Tu as changé, Samael. Le chasseur semble avoir disparu au profit de quelque chose de différent, d'un peu plus tolérant. Envers les enfants de la lune en tout cas, pas avec les suceurs de sang. Pas de chance, Lyokha fait parti de cette seconde catégorie. Oui, tu estimes qu'il a suffisamment fait de dégâts. Tu es peut-être injuste sur les bords mais c'est tellement plus simple de rejeter toute la faute sur lui. Surtout quand tu sais que cela l'énerve un peu plus. Pourquoi l'énerver ? Parce que plus la colère est présente et plus il y a de risques que l'autre fasse un faux pas. C'est ce que tu attends, pour t'en sortir. Seulement... Lui, rien fait ? Oui, c'est justement ce que tu lui reproches. Il n'a rien fait. Tu secoues un peu la tête, comme lassé de toute cette histoire. Ne pouvait-il pas simplement disparaître et te laisser en paix ? Juste attendre quelques mois encore, un an tout au plus... Non, même pas. Comment pourrait-il encore aggraver son cas en étant mort ? Ton regard vide, tu le poses dans le sien.

-Visiblement, tu n'es pas encore assez mort. Chaque menace, chaque passage à l'acte ne fait qu'aggraver ton cas. Mais tu sembles n'en avoir rien à faire, alors pourquoi me demander ? Ce n'est pas à moi de changer cela, mais à toi. Mais tu es juste incapable de t'améliorer.

Incapable de changer dans le bon sens. Samael, est-ce réellement ce que tu penses ? Oui. Tu voulais lui faire confiance, tu voulais croire en lui, et il t'a planté un couteau dans le dos. Comment croire encore en lui après un tel coup ? Non, impossible. Un vampire est un vampire, rien ne peut le changer. Surtout quand le vampire est un criminel, il n'y a aucun espoir de rédemption. Tu es cruel, n'oublie pas qu'Andrew est un vampire, lui aussi, et tu lui fais encore confiance. Peut-être parce que tu sais qui il est réellement au fond de lui, peut-être parce que tu sais que s'il y a bien une chose qu'il ne fera jamais, c'est te trahir. Sauf pour sauver son amour, mais tu le sais, tu y es préparé. Tu l'as toujours su, c'est intégré dans ton esprit. Lyokha n'a pas eu droit à un tel traitement de faveur, pourquoi ? Parce que tu le connaissais moins peut-être. Parce qu'il était aussi le Mad Hatter. Parce que tu savais qu'il y avait une part d'ombre en lui, tout comme toi, mais tu espérais parvenir à l'enfermer. Tu as fait une erreur et vous en avez tous les deux payé le prix. C'est ta faute, toute cette histoire. Tu n'aurais jamais dû lui faire confiance, tu n'aurais jamais dû l'aimer. Tu aurais dû mourir à la place de ton cher cousin. Encore cette réflexion... Mais cela aurait tout arrangé... Heureusement, il se reprend. Enfin, heureusement... Oui, une fois mort, tu ne pourras rien contre lui. Tu te contentes d'un sourire sadique et bourré de sous-entendus, du style « devine donc un peu, et par la même occasion, trouve quelque chose de plus efficace à me balancer à la figure ». Il peut faire bien pire alors pourquoi se gênerait-il ? Il ne fait que traîner les choses, à force de parler, encore et encore.

Seulement, il ne semble pas en avoir encore fini. Il reprend sur cet épisode d'il y a dix ans. Pourquoi ? Qu'aurait-il dû faire ? N'importe quoi mais pas rester les bras croisés ! Ton regard reste vide mais un flash de colère y passe. Tu lui en veux, affreusement. Peu importe qu'il ait prêté serment. Toi aussi tu l'as fait, à plusieurs reprises. Tu sais qu'une parole est une parole mais après même cela, il y a un ordre de priorité. Tu as toujours su quelles étaient les tiennes, lui aussi apparemment. Tu n'en faisais pas parti. Le fait qu'il s'énerve contre toi à cause de cela ne fait que t'arracher un rire sans joie. Il est ridicule. Trahir sa parole, il l'a fait maintes et maintes fois avec toi. Tu n'étais pas grand chose à ses yeux, voilà la vérité. Tu n'as jamais été grand chose pour lui. Un passe-temps, une aventure, rien qui soit suffisamment sérieux. C'est cruel de réfléchir ainsi, Samael, parce que tu sais bien que les liens du sang sont puissants. Plus que n'importe quel autre, parfois. Tu aurais tout fait pour ta famille, pour Léandre que tu aimais comme un petit frère. Tout, ou presque. Combien de fois les as-tu trahis en agissant de la mauvaise manière ? Souvent, bien trop souvent. Chasseur, aimer un vampire, se laisser aller avec Andrew et finir par s'ouvrir aux lycans, te mêler des affaires d'état alors que tu n'en avais pas l'autorisation, contester des ordres, tout, tu as tout fait parce que tu jugeais que c'était nécessaire. Ton regard reste vide mais ton poing se referme un peu plus, masqué derrière ton bouclier. Tu es en colère. Toi, tu aurais fait quelque chose. N'importe quoi.

-C'est vrai, on ne trahit pas sa famille pour un jouet.

La sentence tombe. Tu es calme mais n'est-ce pas du dégoût qui fait son apparition dans ta voix ? Oui, effectivement. Du dégoût. Qui est le jouet ? Lui ou toi ? Peu importe comment il va le prendre. Dans ton sens, c'est toi le jouet, au final. Tu ne le penses pas réellement mais puisqu'il faut le blesser, autant y aller fort. Tu sais qu'il t'a aimé mais c'est tellement plus jouissif de le nier. Qu'il comprenne combien il t'a fait de mal, à cette époque. Toi, tu sais à peu près, à l'entendre. Lui, il ignore tout. Tes doutes, ta haine, ton désespoir. Il n'a rien compris. Tu le lui dis d'ailleurs, il n'a toujours pas compris qui tu es. Tu hausses le ton, tu t'énerves, tu jures. Depuis quand cela n'était-il pas arrivé ? Longtemps. Très longtemps. Voilà des années que tu restes égal à toi-même, rarement un mot plus haut que l'autre, tu n'en as pas besoin pour te faire respecter. Mais bon sang, qu'est-ce que tu l'aimais, ton cousin... Tu avais juré de le protéger, pourquoi a-t-il fallu que tu échoues ? Était-ce donc réellement ce qui était sensé se passer ? Il semblerait... Tu as mal au cœur, celui-ci bat un peu plus difficilement. Ohoh, attention Tudor, tu sais que tu dois faire attention quand ton cœur fait des siennes. Mais tant que cette alarme installée sur ta montre ne sonne pas, tout se passera bien. Tu reprends. C'est sa faute si tout le monde en est là. De la tienne aussi mais de sa faute, de la faute des siens. Si tu attends qu'il te plaigne ? Non. Qu'il le regrette ? Oui. Sauf qu'il n'en a pas l'air. Tu serres un peu le poing, essayant de ne faire que cela.

-Non, mon empire n'en souffrira pas pour les siècles à venir. Tu oublies la force de caractère de mes semblables. Nous n'avons peut-être pas la même puissance que les autres peuples mais les miens ont assez de volonté pour se sortir de n'importe quelle situation.

Seulement les humains ont un peu trop de caractère parfois. Si on ne les dirige pas d'une main ferme, ils partent dans d'importantes dérives. Tu en es pleinement conscient et les laisser livrés à eux-mêmes ne te plait guère. Rares sont les personnes capables de bien diriger tout un pays, ce poids est celui de ta famille depuis bien longtemps, tu ne sais pas si tes semblables seraient capables de s'auto-gérer... Seulement tu ne sauras très probablement jamais la réponse alors tu la laisses de côté, préférant lâcher prise et tenter de le faire réagir. Tu laisses la colère percer dans ta voix, tu lui demandes de tirer. Qu'il te tue, puisqu'il est là pour cela ! Au final, quelle importance ? De sa main, de celle d'un autre ou même sans aide extérieure, tu vas mourir. Alors tu le regardes, tu attends qu'il tire, qu'il t'achève au sens propre. Ou alors qu'il hésite et que tu puisses en profiter un peu. Tu ne sais pas quoi penser de ce que montre son visage, tu te méfies, tu ne sais plus quoi penser de lui. Tu sais qu'il est doué pour mentir alors tu ne te laisses pas avoir par ses expressions. C'est une bonne chose, parce que son expression change bien vite. Ses prunelles sont aussi vides que les tiennes. Quelle plaie ce type, ne peut-il pas réagir normalement ? Non, c'est Lyokha Volkov. Tu ne le connais pas. Tu te contentes de hausser les épaules. Tu ne répondras pas, tu ne lui feras pas ce plaisir. Seulement... Tes désirs sont des ordres ?

Le bruit de la détonation est immédiatement suivi d'une violente douleur à la jambe gauche. Tu serres les dents, faisant tout ton possible pour ne pas crier de douleur ! Un gémissement peu discret t'échappe quand même... Ah, il est beau l'empereur tiens. Pathétique. Tu es pathétique. Ton bouclier disparaît tandis que tu recules à nouveau, ton dos venant heurter un mur de plein fouet. Tu perds du sang. Beaucoup de sang. Trop de sang, il faut absolument que tu stoppes l'hémorragie avant qu'il y ait des complications ! Ta montre sonne une fois, début de l'alarme. Il ne faut pas que tu restes debout, tu te laisses donc glisser au sol. Tu n'écoutes même plus le vampire, trop occupé à retirer ta cravate – bah quoi, il faut bien rester classe devant ses hommes – et à la nouer autour de ta jambe, en un garrot primaire. On fait avec les moyens du bord. Tu ne souffles que lorsque c'est terminé. Le compte à rebours est lancé alors. Combien de temps vas-tu tenir dans ton état ? Dix minutes ? Plus, moins ? Tu n'es pas médecin, tu ignores combien de temps tu pourras survivre dans cet état. Ton cœur se fait douloureux, tu as un peu de mal à inspirer de l'air afin de remplir tes poumons. Ce n'est que le début, les symptômes ne font que commencer à se manifester. Mais quand ceux de l'anémie s'ajouteront à ton problème de cœur... Oui, là, tu pourras craindre pour ta vie. Il parle encore, tu ne veux plus l'écouter. Mais tu n'as pas tellement le choix... Cette douleur, chaque jour, chaque heure, chaque minute. Tu relèves ton regard vers lui. Que croit-il ? Que tu ne l'as pas ressentie, cette douleur ? Que tu as été complètement insensible ? Il se fout de toi ?

-Tu n'avais pas besoin de moi pour cela, Mad Hatter.

Tu as bien insisté sur ce "titre". Non, il était déjà dingue avant de te rencontrer de toute manière. C'est débile mais tu as du mal à réfléchir. La douleur est intense, tu commences à fatiguer mais tu fais un effort. Le trou noir au fond de tes prunelles a disparu, il semble avoir été rempli par tous ces sentiments qui se bousculent en toi. La douleur, la colère, le désespoir. Tu te détestes d'être aussi faible, aussi résolu à ton sort. Tu sais que ce n'est pas une bonne idée de te laisser mourir ce soir, il faut que tu tiennes encore quelques années, pour les enfants, pour tout le monde. Il faut que tu survives, encore un peu. Il faut. Satanée obligation. Il s'avance, visiblement sur ses gardes. Que veut-il que tu fasses, dans ton état ? Que tu lui tires dessus ? C'est faisable mais à quoi bon ? Cela ne le tuerait pas et, de toute manière, tu n'es pas sûr d'en être capable. Il reste Lyokha Volkov, même sans ses cheveux blonds. Et il parle, encore, et encore. Tu fermes les yeux, bien que toujours sur tes gardes. Tu l'écoutes d'une oreille distraite, ton esprit essayant d'analyser à la fois le sens de ses paroles et le rythme du bip sonore qu'émet ta montre. Plus les sons sont rapprochés, plus ton état s’aggrave. Tu as refusé l'implantation d'un pacemaker, complètement inutile selon toi. Trop handicapant. Et puis, une opération aurait tout de suite été remarquée, médiatisée, il en était hors de question. Il parle encore de ta famille, de ton sort, du futur... Ton regard noir réapparaît.

-Tu parles trop, Volkov. Et tu sembles oublier qu'on ne peut prédire le futur.

Tu veux juste qu'il se taise un peu. Qu'il se taise, qu'il se contente de te regarder comme avant, si cela lui plait. Tu n'en as rien à faire, il faut juste que tu surveilles ton état, que tu ne meures pas trop rapidement. Pff. C'est donc ainsi que tu vas finir ? Lamentablement enfermé dans une pièce de ton palais, d'une balle dans la jambe et d'une déficience cardiaque ? Voilà qui est bien peu glorieux. Tant pis, tu ne mérites pas mieux de toute manière. Mais il semblerait qu'il n'ait pas envie de se taire. Il finit par s'approcher de toi, un peu trop. Il est à portée de main. Un mouvement rapide et tu pourrais l'attraper... Mais il parle, encore. Il parle de toi, de vous, de ce que vous auriez pu avoir, ensembles. Tu secoues la tête, surtout en voyant son regard dévier un instant sur tes lèvres. Ton regard plonge dans le sien, sans chercher à l'éviter... Puis, rapidement, tu lui accordes une gifle magistrale.

-Navré, elle me démangeait depuis dix longues années. Tu la mérites amplement alors ne vient pas râler. Et puis, tu t'es défoulé, il faut bien que je le fasse aussi.

Non mais oh, qu'est-ce qu'il croit ? Que tu vas rester bien docile alors qu'il a le contrôle de la situation ? C'est bien mal te connaître. Tu l'aurais bien frappé avec un livre, comme avant, mais tu n'en as aucun sous la main pour l'instant donc tu as choisi autre chose, de plus rapide et tout aussi efficace. Tu as un peu de mal à respirer mais pour le moment, c'est encore gérable. Bref. Tu soupires et t'installes un peu mieux contre ton mur. Tu le regardes, sans une once d'agressivité. Rien. Tu es calme, presque à faire peur. Il est tellement... Il te tape sur le système. Dans le silence de la pièce, les sons lâchés par ta montre se font pesants et, pour toi, de plus en plus alarmants. Tu espères que les rares personnes qui ont accès à ce système de surveillance de ton état de santé ne viennent pas se manifester, c'est tout sauf le moment d'avoir une conversation holographique. Et puis, pour le moment, il n'y a que lui qui ait réellement de l'intérêt à tes yeux. Pas toi, non non. Lui.

-Pour répondre à ta question, faut-il que je te rappelle tes précédentes paroles ? On ne trahit pas les liens du sang, Lyokha. Pas quand cela concerne tout un peuple. C'était mon devoir de prendre la place de Léandre sur le trône. Je ne pouvais pas m'échapper, j'avais juré à mon père que je jouerais mon rôle jusqu'au bout... Peu importe le prix à payer, peu importe combien je l'ai regretté...

Regretté... Oui, tu regrettes cette décision mais si c'était à refaire, tu le referais. Tu changerais tes lois, tes décisions pour l'Empire, tu rectifierais le tir pour un bon nombre de points plus ou moins importants... Mais tu recommencerais. Parce que c'est ton devoir. Parce que tu ne pouvais pas y échapper, pas sans avoir encore plus de regrets. Rester avec lui ? Et pour quoi au final ? Éternellement lui reprocher la mort de ton cousin ? Avoir ce meurtre sur la conscience ? Tu ne pouvais pas l'oublier et cela aurait fini par tout empoisonner, tu le sais. Enfin... C'est ce que tu penses. Non, tu ne pouvais pas lui pardonner cette trahison. Tu l'observes. Tu plonges dans son regard d'azur, tu t'y noies quelques instants. Comme avant. Comme quand vous étiez heureux ensembles, comme quand toutes ces responsabilités ne pesaient pas sur tes épaules. Tu soupires.

-Tu me connais vraiment mal, d'après ce que j'ai vu et entendu... Tu n'avais pas besoin de me tirer dessus pour me faire comprendre combien c'était douloureux, tu n'as pas idée de ce que cela a réellement été pour moi. Non, tu ne vois que ton propre cas. Tu fais comme tout le monde, tu te laisses bercer par les apparences sans chercher à voir plus loin. C'est ce que je voulais, d'un côté...

Les bip se font de plus en plus rapprochés, ta tête tourne, ton cœur semble compressé alors que tu sens chaque battement dans tes tempes. Tu es fatigué, tu es mal en point. Tu serres les poings, tu détestes ton état. Non, tu refuses de tomber dans les pommes. Enfin... Tu n'auras pas le choix si cela te tombe dessus, mais tu vas tout de même essayer de tenir le coup, encore un peu. Ta montre affiche le triangle d'alerte, tu l'effaces d'un geste fatigué. Tu sais, tu n'as pas besoin de cela pour savoir que tu es réellement mal en point. Tu vas rapidement t'épuiser, te vider de ton sang, puis ton cœur n'arrivera plus à envoyer le peu de sang qu'il te restera dans ton corps. Alors tu vas tomber dans les pommes puis mourir, tout simplement. Joyeux, n'est-ce pas. Bah, de toute manière, tu t'en doutais. Tu soupires une nouvelles fois, fronçant les sourcils.

-Qu'es-tu réellement venu chercher ici ? Une vengeance ? Des explications ? Oui je t'aimais, oui, j'aurais peut-être pu accepter de me laisser transformer mais pas en laissant mon oncle seul pour gérer un empire en crise. Je ne pouvais pas, je n'en avais pas le droit, peu importe ce que je désirais. Mais cela n'a plus d'importance. Le passé est le passé après tout... Et le futur... Il n'y en aura pas pour moi.

Un dernier soupir et tu fermes les yeux. Tu vas mourir. Par sa faute. Quelque part, peut-être est-ce ce que tu cherchais. Non, tu n'as jamais voulu mourir, tu as trop de choses à faire. Mais cette idée s'est depuis longtemps fait une place dans ton esprit. Tu sais mieux que quiconque qu'on n'est pas éternel, que toi aussi tu devras un jour passer de l'autre côté. Et devenir vampire ? Non, tu as laissé tomber l'idée. Tu ne veux pas, tu ne veux plus. Qu'est-ce qu'il va en dire ? Oh, il va certainement bien rire de ton état de faiblesse. Jusqu'à comprendre que ce n'est pas qu'à cause de ta perte de sang. Sa vengeance va tomber à l'eau. Comme il va bien vite le comprendre, toi aussi tu peux être contrariant. Très contrariant. Tant pis. Une dernière fois, tu observes son visage. Ce visage que tu as aimé, sincèrement, profondément. Ce visage qui t'aura éternellement marqué, ces lèvres auxquelles tu étais accroc sur lesquelles ton regard reste figé quelques secondes, avant de venir enfin se fixer dans son regard.

-Les cheveux noirs te donnent un genre... C'est amusant... Mais je crois que je préfère quand tu les as blonds, juste pour accentuer le contraste entre nous...

Toi les ténèbres et lui la lumière, c'est ainsi que tu voyais les choses au début. Même si tu savais qu'au fond vous étiez tous deux les ténèbres... Il a été ton rayon de lumière et te passer de lui a fini par te détruire...

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
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♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
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♆ crédits : awake.
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mar 29 Oct - 20:19

« You can close your eyes to the things you don't want to see. »

Je t'ai aimé. J'ai aimé ce garçon, et j'ai aimé l'homme. J'ai embrassé tes qualités, apaisé tes défauts. J'ai composé avec ton amour et ta haine, et j'ai aimé. J'avais pas le droit, non. Je l'ai fait. Parce que tu en valais la peine. Enfin, je crois. Tu n'as de cesse d'y repenser. De repenser à ce temps où il y avait un vous. De ce temps où tout était tellement plus simple ! Enfin, peut-être pas si simple. C'était compliqué, mais les obstacles passaient facilement à la trappe, tant que vous étiez tous les deux. Aujourd'hui... Tu te poses plein de questions, oui, certes. Tu te demandes pourquoi tout a foiré, même si tu as la réponse, et que à ce jour encore, c'est le centre de la discussion. Le passé. C'est tellement plus agréable d'en parler, quand on sait que l'on a pas de futur. Pas de futur commun avec le brun, dans ton cas. Tant mieux pour lui, tant pis pour toi. C'est comme ça, et ça ne changera plus, tu le sais parfaitement ; tu as eu ta chance, tu l'as saisie, et tu l'as laissée filer. Dommage. « Visiblement, tu n'es pas encore assez mort. Chaque menace, chaque passage à l'acte ne fait qu'aggraver ton cas. Mais tu sembles n'en avoir rien à faire, alors pourquoi me demander ? Ce n'est pas à moi de changer cela, mais à toi. Mais tu es juste incapable de t'améliorer. » Un léger sourire étire tes lèvres. Pas assez mort ? C'est ironique, stupide. Digne de lui, en somme. Et une telle remarque de sa part te fait sourire, parce que tu t'obstines à imaginer que ce n'est pas ce qu'il pense. Il ne te veut pas mort, hein ? Pas vrai ? Ah. Tu peux continuer d'espérer, c'est malheureusement le cas, aux dernières nouvelles. Aggraver ton cas ? Ah. Encore une fois, comment l'aggraver ? Tu es déjà plus bas que Terre, tu l'as découvert toi, le centre de la Terre, contrairement à un certain Jules Verne. Tu t'es enfoncé profondément, et tu as découvert la vérité ; l'intérieur n'est pas une fournaise ardente, non. Ni même un paradis, ou un quelconque jardin d'Eden. C'est le vide, le noir ; le néant le plus total. C'est comme toi, à l'intérieur, désormais ; enfin, toi, tu peux te venter d'avoir quelques résidus accrochés aux parois de ce corps étroit. Des résidus que l'on appelle souvenirs, douloureux, agréables, pénibles, amusants. Tu n'es pas capable de t'améliorer ? C'est dur d'entendre ça. Tu trouves ce qu'il dit... Complètement ridicule. Et même et si tu as juste envie de le frapper, tu te contentes de serrer les dents sur l'instant. C'est limite douloureux, d'entendre ça. Il n'a pas le droit de balancer ça ainsi. C'est purement faux. Tu t'es amélioré, et rien que pour lui. Tu as lutté contre ton instinct de chasseur sanguinaire, pour ne pas le blesser. Tu es devenu quelqu'un de nouveau, pour lui, il ne s'en souvient pas ? Quelqu'un de bien plus doux, de bien plus compréhensif, quelqu'un qui était là pour l'écouter et le soutenir, pour lui faire l'amour, avec autant de passion qu'il lui faisait la guerre. Tu as mis le vrai toi de côté, tu as mis ta famille de côté, tu as pris d'autant plus de précautions dans ton pseudo-métier pour que tout cela ne lui retombe pas dessus. Tu as pris des risques pour lui, tu t'es oublié, tu as carrément oublié qui tu étais réellement avant, rien que pour demeurer à ses côtés, chaque jour un peu plus. Et voilà comment il te remercie pour le temps passé. Tu n'as jamais été capable de t'améliorer. Pathétique. Tu as envie de te boucher les oreilles, de lui hurler dessus. De lui rappeler tous les souvenirs du passé, rien que pour faire saigner son cœur, au moins un peu. Comme lui était capable de faire saigner le tien, à l'époque.

Tu le regardes. Tu l'écoutes. Tu t'attaches à tout, à rien ; tu pourrais bien le tuer tout de suite, sans aucun état d'âme. Mais il faut avouer que c'est un peu plus dur à chaque instant, de presser la détente. Et pourtant, il rigole, d'un rire fade et presque dégoûtant. C'est bien, si tu l'amuses, qu'il en profite. Voilà qui ne durera pas éternellement, car tu le sais bien ; il est mort, à partir du moment où il a croisé ta route. Oh, il aurait pu mourir de la bonne manière, et vivre avec toi pour toujours. Il a préféré mourir dans ton esprit, et toi dans le sien, alors tant pis pour lui. « C'est vrai, on ne trahit pas sa famille pour un jouet. » Un jouet. Tu ne sais pas trop dans quel sens le prendre. Est-ce toi le jouet ? Est-ce lui ? Dans les deux cas, tu as juste envie de secouer la tête. C'est faux. Il n'a jamais été un jouet à tes yeux, et tu sais parfaitement que toi non plus, tu n'en as jamais été un aux siens. Alors pourquoi dire cela, hein ? Vous savez l'un comme l'autre que c'est faux. Tu aurais bien envie de lui dire qu'il gaspille sa salive et son temps inutilement, mais tu n'en fais rien. Tu te contentes de serrer les dents, d'oublier ses mots ; ils rentrent d'un côté et sortent de l'autre. Et heureusement que c'est ainsi que les choses fonctionnent, sinon, tu deviendrais dingue. Fou. Ah, mais tu l'es déjà. Un peu plus, un peu moins, quelle importance. Il aurait tout de même été préférable que tu sois fou de lui, pas fou au point d'être ici aujourd'hui pour le tuer, et ainsi faisant, balayer ces années passées en commun, à s'aimer, contre les lois et les avis. Fou d'amour, pas fou de colère. Fou de ses yeux, fou de son corps, fou de lui. Pas fou au point de vouloir le tuer. Tu serres et desserres péniblement les mâchoires, évitant donc d'avoir à lui répondre. Pourquoi lui donner raison, alors que lui-même sait qu'il a tort. Dommage Samael, dommage. Je te croyais plus fort, moins idiot. Je pensais que tu me connaissais, mais tous comptes faits, je m'aperçois que tu ne me connais pas tant que cela.

« Non, mon empire n'en souffrira pas pour les siècles à venir. Tu oublies la force de caractère de mes semblables. Nous n'avons peut-être pas la même puissance que les autres peuples mais les miens ont assez de volonté pour se sortir de n'importe quelle situation. » Tu es partagé entre l'envie de lui rire au visage, et de simplement secouer la tête, consterné. Comment peut-il espérer, encore. Espérer que tout aille mieux par la suite, même si intérieurement, il doit commencer à comprendre que c'est faux. Est-il débile, mentalement atteint ? Tu ne pensais pas l'avoir laissé dans un si sale état, et pourtant. À écouter son discours, tu as presque envie de vomir des papillons. Franchement. Sa foi est-elle bien réelle, aussi inébranlable que ce qu'il voudrait laisser croire ? Son peuple n'a aucune chance, aucune contre le tiens. Il n'a jamais fait le poids, et ne le fera jamais, aussi triste que ce soit à avouer. Tu poses ton poing libre contre tes lèvres, un instant, essayant de contenir les mots que tu rêves pourtant de lui balancer à la face. Tu secoues un peu la tête, tu gardes cette arme devant toi. Pourquoi Samael ? Pourquoi a-t-il fallu qu'on en arrive là. Tu déglutis presque péniblement, sous cet air presque humain que tu te donnes. Oui, tu fais semblant d'avoir mal. Parce que tu ne sais faire que cela désormais ; faire semblant. Mimer des sourires, imiter la peine. Tu es définitivement perdu, en fait. Paumé dans cette dépression qui t'enveloppe depuis des années, dans cette haine qui t'a détruit. Paumé tout court. Tu changes de visage, brusquement. Tu apparais sous un nouveau jour, comme dirait l'autre. Le monstre est de sortie, pour de bon. Il a fait tombé de le masque, et il n'est plus que lui. La bête sanguinaire, sans pitié aucune. « Vous n'avez jamais rien valu, et vous ne valez pas plus aujourd'hui. Du vulgaire gibier, c'est tout ce que vous êtes. Et toutes les batailles, toutes les guerres, tous les discours du monde n'y changeront rien. Sélection naturelle, c'est aussi simple que cela. » Pas un mot de plus, et la balle vient se loger dans la jambe de ton vis à vis. L'odeur d'hémoglobine arrive bien rapidement jusqu'à toi, et pourtant, tu demeures concentré. Parce que c'est bientôt fini, tu le sais bien. Tout sera bientôt fini, ce n'est plus qu'une question de minutes. Tu le regardes reculer avec toute l'insensibilité du monde. S'il croit que lui et ses tentatives de sauver sa peau te feront ciller, il se trompe lourdement. Tu peux bien le laisser tenter un garrot, il n'en aura pas pour longtemps, pas ainsi. Un curieux bip se fait entendre, un début d'alarme. Mais tu n'y prêtes pas tellement attention, t'imaginant simplement qu'il s'agit encore d'une technologie humaine – une autre – dont tu ne connaissais même pas l'existence jusque là. « Tu n'avais pas besoin de moi pour cela, Mad Hatter. » Un léger sourire étire tes lèvres. Il est doux, mais encore faux. C'est vrai, on a toujours dit de toi que tu étais fou. La vérité ? Tu ne l'es pas. Tu ne l'as jamais été. Tu l'as laissé croire à tous, pour asseoir le nom des Volkov sur la plus haute marche de la pyramide. Tu l'as laissé penser, histoire que l'on vous craigne, ni plus, ni moins. C'est ainsi que les choses marchent depuis la nuit des temps de toute façon ; par la terreur. Toujours est-il que, enfin, tu sembles obtenir des réponses, au fond de son regard si sombre. Tu vois la douleur, aperçois peut-être un peu de désespoir, et pourquoi pas d'appréhension. A-t-il peur de la mort ? Tu n'oses pas lui demander. Car quelque part, ce serait lui faire une fleur, que de lui montrer que tu t'intéresses à lui. Alors tu gardes cette question pour toi, même si elle demeure présente dans ton esprit. Il serait normal qu'il commence à s'en inquiéter, vu son état. Tu peux l'avouer, toi ; tu as peur de la mort. Même en tant qu'immortel, la simple perspective de rendre un dernier souffle un jour te paralyse. Oui, tu le sais, ce n'est pas près d'arriver. Mais, si c'était le cas ? Tu sais que tu seras terrorisé. D'autant plus si tu savais le nombre de jour qu'il te resterait à vivre. Alors lui, qui ne peut que compter les minutes sur les doigts d'une seule main. C'est une curiosité mal placée, presque malsaine. Et pourtant si instinctive. Tu gardes pourtant tes questions pour toi-même, approchant plutôt de ta précédente cible qui désormais, se retrouve à demi-assise contre le mur. « Tu parles trop, Volkov. Et tu sembles oublier qu'on ne peut prédire le futur. » Nouveau sourire. On ne peut prédire le futur ? Tu aimerais bien lui laisser raison pour une fois, rien qu'une, avant qu'il ne crève. Mais c'est bien trop gros pour que tu laisses passer ses mots. Alors, tu passes une main sur sa jambe, sous son garrot, là où la balle s'est logée, et tu appuies de ta main, fort. Presque trop. « Et pourtant. Ne t'ai-je pas prévenu, il y a quelques minutes à peine, de ta mort proche ? Tu devrais remettre ta théorie en question, mon cher. » Tu retires ta main, l'essuyant dédaigneusement par terre. Quel dommage. Quel gâchis.

Et tu ne perds pas un instant pour lui rappeler de ce que vous étiez, tous les deux. De ce que vous auriez pu être, de ce que vous avez été. Ah, c'était la belle époque, l'âge doré. Vous auriez pu braver monts et tempêtes, les pires catastrophes du monde ; à deux, vous étiez plus forts que tout. À deux, vous étiez intouchables. Et tout s'est arrêté, si brusquement. Tu entends le bip de sa montre accélérer, continuellement, et tu essayes de ne pas y porter plus d'attention de que cela. Pourtant, pas besoin d'être ingénieur pour comprendre que ce changement de rythme suit l'état du porteur ; il s'aggrave, de seconde en seconde. Dans un instant de flottement, tu t'autorises à dévier sur ses lèvres. Ah, tendres souvenirs désormais égarés. Elles t'ont manqué, pendant un bout de temps. Qu'en serait-il si aujourd'hui, tu les embrassais, à nouveau ? Non, tu ne veux pas y penser. C'est fini, c'est loin tout ça. Ce serait certainement un baiser sans goût, un baiser volé, comme bien d'autres. Rien d'exceptionnel en somme. Puis, il te sort de tes rêvasseries, presque brusquement. Une claque s'abat sur ta joue, et tu te vois contraint de tourner la tête. « Navré, elle me démangeait depuis dix longues années. Tu la mérites amplement alors ne vient pas râler. Et puis, tu t'es défoulé, il faut bien que je le fasse aussi. » Tu ne peux t'empêcher de sourire. Mais cette fois, il semble bien plus sincère. Pourquoi Lyokha ? Pourquoi ce changement presque soudain d'attitude, hein ? Parce que tu sais qu'il va mourir. Parce que tu sens sa fin venir. Tu tues des gens depuis plus d'un millénaire, tu connais la mort comme une veille amie, une amie que tu rencardes régulièrement. Et cette fois, tu la sens venir pour lui. Alors pourquoi chercher à lui rendre la fin plus pénible qu'elle ne l'est déjà ? Non, ce n'est pas toi. Ce Lyokha là est mort, lointain. Mais pourtant, cette gifle te rappelle tant de choses... Cette vieille époque, où il te balançait des bouquins derrière la tête. Où il te giflait mollement parce qu'il boudait, et que tu venais lui voler baiser sur baiser. Ou encore, quand vous faisiez les têtes de mule, et qu'il se rendait compte à quel point tu avais raison. Cette même époque où tu essayais de le rendre jaloux, juste en draguant un type dans une boîte, parce que c'était trop facile, et que de le voir bouder te faisait sourire. Cette époque où vous vous battiez pour un rien, et tu t'en prenais des violentes des fois. Mais avant tout, cette époque où vous vous aimiez, plus que sincèrement. Encore une fois, tu constates que le silence te plonge dans de drôles de pensées. Il faut dire qu'il est calme, et aucune menace – si ce n'est sa mort imminente – ne pèse sur vous à l'instant présent. Tu le regardes dans les yeux, tu essayes de capter son regard, comme au premier jour. Tu te remémores au fur et à mesure tous ces instants passés, ces disputes ravageuses et ces nuits brûlantes. Oui, il t'a laissé une marque conséquente sur le cœur, et elle est presque douloureuse à cet instant. Ah la la, Lyokha. À croire que tu serais prêt à retomber, pour lui... Rechuter dans cette addiction, tel un cracké, un toxico, n'importe quel type de camé qui donnerait tout pour une dose de plus. Stop, arrête. Tu ne peux pas aller plus loin, tu le sais ; vous le savez très bien, tous les deux. L'un autant que l'autre.

« Pour répondre à ta question, faut-il que je te rappelle tes précédentes paroles ? On ne trahit pas les liens du sang, Lyokha. Pas quand cela concerne tout un peuple. C'était mon devoir de prendre la place de Léandre sur le trône. Je ne pouvais pas m'échapper, j'avais juré à mon père que je jouerais mon rôle jusqu'au bout... Peu importe le prix à payer, peu importe combien je l'ai regretté... » Tu serres les dents. Parce que c'est peut-être un peu plus douloureux que prévu. Alors si c'était à refaire, il le referait, encore et encore. Au final, peut-être que tu t'obstines pour rien. Peut-être qu'il se fout réellement de toi, et que, comme dit précédemment, tu n'étais rien de plus qu'un jouet. Non, c'est trop dur à gober comme ça. C'est même pas concevable pour toi. Pas après tout ce que vous avez partagé ; les bons et les mauvais moments. À se haïr le jour pour mieux s'aimer la nuit. Je l'ai regretté. Voilà les mots que tu imprimes sur ses lèvres. Il l'a regretté. N'est-ce pas ce que tu voulais entendre quelque part, au moins un peu ? Peut-être que s'il l'avait dit plus tôt, il ne se retrouverait pas en si mauvaise posture actuellement. Tant pis. Quelque part, ça te fait un petit pincement au cœur, un effet un peu bizarre. Quelque chose que tu ne te pensais plus capable de ressentir à ce jour. « Tu me connais vraiment mal, d'après ce que j'ai vu et entendu... Tu n'avais pas besoin de me tirer dessus pour me faire comprendre combien c'était douloureux, tu n'as pas idée de ce que cela a réellement été pour moi. Non, tu ne vois que ton propre cas. Tu fais comme tout le monde, tu te laisses bercer par les apparences sans chercher à voir plus loin. C'est ce que je voulais, d'un côté... » Tu secoues la tête. Pourquoi alors ? Pourquoi avoir été aussi loin. Bien sûr que c'est ce qu'il voulait, et il a réussi. Voilà où vous en êtes arrivés, par sa faute. Tu serres les dents, plissant un peu le front. N'est-ce pas une douce lueur d'inquiétude qui brille au fond de tes yeux ? Tu essayes d'être impassible, et pourtant. Ton passé te revient à la face, presque trop brusquement, et tu ne peux strictement rien contre cela. Car autrefois, cela t'aurait détruit de lui avoir fait tant de mal. Cela t'aurait bousillé, de ressentir autant de peine dans ses mots, de douleur dans ses yeux. Par ta faute. Il n'y a plus de masque pour couvrir ton visage, plus d'animosité pour justifier tes paroles. Rien que toi, un peu de l'humain d'autre fois, un peu de toi d'aujourd'hui, et du Lyokha d'il y a dix ans. Un curieux mélange des trois qui est partagé entre colère et compassion. Tu as envie de l'abandonner à son triste sort, autant que tu veux le serrer dans tes bras. Lui tirer une balle pour abréger ses souffrances, comme on abat un animal. Autant que tu aimerais l'aider à se relever. Ce qu'il reste de ton cœur semble tiraillé entre mille options, et pourtant, il n'y en a plus que deux qui se présentent à tes yeux. Tu laisses la seconde à la porte ; il va mourir, il doit mourir. « Tu ne m'as même pas fait un signe. Tu n'as rien dit. Tu as fait comme si de rien n'était. Comment est-ce que tu peux m'en vouloir, hein ? J'ai fait ce que j'avais à faire. Et ne vas même pas t'imaginer que je le regrette, car c'est loin d'être le cas. » Faux. Mensonge. Tu commences à regretter d'avoir tirer, même s'il est un peu tôt pour t'en rendre compte. Lui avouer ? Jamais. Il emportera ce secret dans sa tombe, hors de question de lui dire à voix haute. Les bips se font plus proches, sa respiration plus bruyante. Tu devines bien facilement qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps, et tu redeviens silencieux, te contentant juste de l'observer.

Pourtant, tu prêtes attention à ses mots, lorsqu'il reprend la parole. « Qu'es-tu réellement venu chercher ici ? Une vengeance ? Des explications ? Oui je t'aimais, oui, j'aurais peut-être pu accepter de me laisser transformer mais pas en laissant mon oncle seul pour gérer un empire en crise. Je ne pouvais pas, je n'en avais pas le droit, peu importe ce que je désirais. Mais cela n'a plus d'importance. Le passé est le passé après tout... Et le futur... Il n'y en aura pas pour moi. » Qu'es-tu venu chercher. En voilà une question fort intéressante, à laquelle toi-même, tu es incapable de répondre. Que veux-tu, au final ? Vous savez l'un comme l'autre que tu n'en as rien à faire de cette guerre. C'est totalement ridicule à côté de ce que tu veux, toi. Cette bataille, cet assaut, ce n'était qu'un prétexte de plus pour le rencontrer. Énorme prétexte, pour bien peu, au final. Tu secoues la tête, pourquoi est-ce qu'il te dit ça, maintenant ? Pourquoi est-ce qu'il avoue qu'il aurait pu te rejoindre dans l'immortalité, alors qu'aujourd'hui, tout est fini ? C'est cruel de te faire ça, de te balancer à la face ces faits comme si ce n'était rien de plus qu'un infime détail. Pas de futur pour lui ? C'est triste à avouer, mais bon sang, qu'il a raison. Tu déglutis un peu plus péniblement que d'ordinaire, fronçant un peu les sourcils. Encore une fois, tu secoues la tête, reprenant la parole. « J'ai jamais rien cherché d'autre que ton pardon, Samael. Pendant dix ans, je t'ai détesté tellement fort. J'ai voulu te haïr, tu sais pourquoi ? Parce que c'était la seule manière d'oublier à quel point je t'aimais. La colère, c'était la seule chose plus forte que cet amour qui me tuait, tu peux le comprendre, ça ? Je t'ai haï parce que c'était la seule solution. Te détester, ça apaisait la souffrance, rien qu'un peu. J'ai jamais voulu que les choses se terminent comme ça. Ni hier, ni aujourd'hui. Ni il y a dix ans. J'aurais voulu que les choses se déroulent plus simplement. J'aurais voulu être heureux, rien qu'une fois dans ma vie. Même si tu n'aurais pas accepté de devenir comme moi, qu'importe. Au moins, j'aurais eu l'impression d'avoir fait quelque chose de bien pour une fois, dans mon existence. Je voulais juste que tu me pardonnes. » Et aujourd'hui encore, n'est-ce pas ce que tu recherches ? Ces trois petits mots, lourds de sens. Tu sais qu'il ne les prononcera pour rien au monde, alors autant renoncer. Autant le laisser partir, maintenant. Autant rendre les choses moins douloureuses, et les laisser se dérouler naturellement. Tu lui dois bien ça, non ?

« Les cheveux noirs te donnent un genre... C'est amusant... Mais je crois que je préfère quand tu les as blonds, juste pour accentuer le contraste entre nous... » Tu sens que ses mots meurent sur ses lèvres, peu à peu. Comme sa raison qui s'envole ; ses propos se font de moins en moins cohérents. C'est à la fois déplorable et triste. Tu plisses très légèrement des yeux, et tu t'assois, juste en face de lui, en tailleur. Tu pose tes coudes tu tes genoux, et tu penches un peu la tête, le regardant. Oui, tu vas rester là à l'observer dépérir. Amusant, pas vrai ? Passionnant. De toute façon, tu ne peux rien faire d'autre. Finalement, tu poses ton pistolet par terre, à côté de toi. Et presque inconsciemment, tu viens chercher une de ses mains dans une des tiennes. 'Je serais toujours là pour toi.' C'est ce que tu lui avais dit, un jour. Tu es encore là pour lui aujourd'hui, alors que la mort te sourit, l'emportant dans ses bras. « C'est bientôt fini. » Murmures-tu doucement. Aïe. Tu ne peux plus l'ignorer, cette douleur lancinante, brusque, qui entoure ton petit cœur de vampire. La perte de l'être cher. Tu peux dire ce que tu veux, au final, il t'a tant manqué. À un tel point que tu te sens mourir avec lui, aujourd'hui, juste un peu. Tu refuses de le montrer, mais tu sais qu'il te connaît, et qu'il peut le lire au moins un minimum, au fond de tes prunelles. Douleur, pardon. Je suis désolé Samael. Désolé qu'on en soit arrivés là. Tu hoches un peu la tête, comme pour t'en convaincre, imperceptiblement. Tu t'en veux d'en être venu à une telle extrémité, avec lui. Malgré tout ce qui s'est passé, malgré tout le mal que vous vous êtes infligés, mutuellement. Tu sens la force dans sa main disparaître peu à peu. Les signes s'accumulent ; disparition du tonus musculaire, inconscience progressive, pouls trop bas, ventilation insuffisante. Tu la vois venir, la faucheuse, et lui aussi, très certainement. Puis, l'inconscience totale. Il respire encore, mais il n'est plus vraiment là. Que fais-tu ? Quelque chose de stupide encore. Tu t'approches encore un peu, même si tu ne le veux pas. Tu t'approches, au point que tes lèvres finissent par rencontrer les siennes. Tu ne devrais pas, tu l'as oublié. Tu as tout oublié, tu le sais, ça ? Il n'en saura rien. Ou pas. On dit que dans l'inconscience, on entend tout, et on peut sentir bien des choses aussi. Tu finis par te reculer pour le regarder, tu sers un peu sa main, tu essayes de le secouer, les bips sont de plus en plus proches. « Samael ? » Aucune réponse, tu le secoues à nouveau. « Samael ! » fais-tu inutilement. La fin est proche, plus que de raison. Tu passes tes mains dans tes cheveux, tirant un peu sur ces derniers. Qu'est-ce que tu dois faire. Qu'est-ce que tu es censé faire. Tu réfléchis à deux mille à l'heure, cherche toutes les issues possibles, même s'il n'y a qu'une seule porte. Cruel dilemme.

Il a vécu en homme, et aurait souhaité mourir ainsi. Tu ne peux pas lui enlever cela, pas vrai ? Et pourtant. Tu remets tout en question, en pensant comme tu le fais actuellement. Le transformer. Cette idée surgit à ton esprit, brusquement. Non, hors de question. Tu ne peux pas. Si tu le transformes, cela veut dire que tu t'en tiens au plan ; vous le capturez, et il en a pour les siècles à venir à souffrir. Alors, tu le fais, ou pas ? C'est le moment de faire le choix, Volkov. Il ne lui reste plus longtemps, et pas besoin de cette fichue montre pour le deviner. Vas-tu te montrer égoïste ? Allez, rien qu'une fois, une dernière fois. Tu es incapable de le laisser partir. Inutile de prétendre le contraire, de dire que c'est pour l'avenir de Sanguinem Luna. Ce que tu t'apprêtes à faire, c'est seulement, et uniquement pour toi. Tu secoues la tête, le regardant s'enfoncer progressivement sur le chemin sinueux de la fin de vie. Il va bientôt atteindre le point de non retour. Allez, bouge-toi Lyo. Fais-le, ce choix qui te paralyse. « Fait chier. » Très élégant, pas vrai ? Tu glisses rapidement une main dans ta poche, récupérant un canif avec lequel tu tranches l'intérieur de ton poignet, de manière à ce qu'un long filet de sang s'en échappe. Et puis, tu n'attends pas une seconde de plus pour le plaquer contre les lèvres de l'Empereur, réfléchissant à peine. Oui, tu dois faire une énorme bêtise, mais de toute façon, au point où tu en es... Oui, il t'en voudra pour toujours, ça aussi, tu le sais. Mais tant qu'à faire, autant qu'il t'en veuille vivant. Enfin, vivant, tout est relatif désormais. La montre émet une alarme continue. Le cœur ne bat plus. Il est mort. Cliniquement mort. Tu te laisses retomber en arrière, regardant son corps inanimé de ton regard vide. Samael est mort. Si tu étais vivant, tu jurerais que ton cœur est en train de se serrer fort, dans ta poitrine. Tu te relèves et tu recules lentement, jusqu'à atteindre la table qui te bloque. Ton regard n'a pas quitté son cadavre. Tu l'as tué. Tu as tué Samael. Tu frappes dans une chaise à côté de toi, l'envoyant valser un peu plus loin. Qu'est-ce que tu as fait encore ? Ce que tu devais faire, c'est tout. Tu fermes les yeux un instant, te mordant la lèvre. Samael... Ton Samael. Bon sang, à croire que l'ancien Lyokha revient, peu à peu. Comme si ce geste avait été comme un choc. Quelque chose de suffisamment important pour le faire réagir.

Tu réfléchis rapidement à la situation. Il faut... Il faut du sang. Un humain. Tu rouvres les yeux, te précipitant vers la porte. Il va falloir la jouer fine pour ne pas rameter la troupe. Tu entre-ouvres la porte, regardant un peu à l'extérieur.. Personne, sauf de persistants bruits de pas. Tu sors un peu, et tu t'effondres à moitié dans le couloir, gémissant faussement de douleur. « A l'aide ! À l'aide, aidez-moi ! » Fais-tu faiblement, et pourtant, assez fort pour attirer un ou deux pigeons. Tu vois un type passer au bout du couloir, en courant. « A l'aide, j'ai trouvé l'empereur, aidez-moi ! » Il s'arrête brusquement, et s'approche de toi avec une confiance presque aveugle. Tant pis pour lui. Tu attends de l'avoir à portée de main, il s'approche, te demande rapidement ce qui se passe, mais tu te redresses trop vite pour qu'il réagisse. Trop tard, sa nuque est déjà brisée, il est mort. Tu l'attrapes par les bras, et tu le jettes dans la pièce où tu étais précédemment avec Tudor. Et voilà qui est fait. Tu soupires profondément, reportant toute ton attention sur ce dernier. Ah, tu peux dire ce que tu veux, le voir dans cet état te fait... Bizarre. Tu sais qu'il ne va pas tarder à rouvrir les yeux, que dans quelques instants, bien des choses vont changer par ta faute. Tant pis, c'est ainsi. Tu as pris une décision ce soir, pour lui, pour l'avenir de cette planète. C'est comme ça, pas autrement. On ne s'imagine certainement pas, au début de sa vie, qu'un jour ou l'autre, on risque de se retrouver à prendre des décisions qui changeraient l'avenir d'une espèce toute entière. Tu ne t'étais jamais imaginé en arriver là, et pourtant. Tu as peut-être été égoïste ce soir, ou au contraire, trop généreux. Tout dépend du sens dans lequel on veut voir les choses. Toi-même, tu ne sais plus ou donner de la tête...Comme si le fait qu'il soit mort était la seule information encore capable de passer jusqu'à ton cerveau. Tu calmes rapidement ta respiration, allant plutôt chercher l'autre type pour le traîner jusqu'à Tudor. Au moins, quand il se réveillera, il n'aura pas d'autre choix que... Si. Il pourrait choisir de ne pas mordre. Décider de mourir, par principe. Tu secoues un peu la tête, regardant les aiguilles de ta montre. Quelques minutes, c'est tout ce qui te reste pour préparer tes arguments, parer toute éventualité.

Tu récupères un des poignets du mec qui gît devant toi, tu en profites pour l'ouvrir largement. Voilà, fait. Tu sais que plus l'odeur du sang sera présente dans la pièce, plus il sera dur pour lui d'y résister, peu importe combien il le voudrait. Quand on devient vampire, on ne choisit pas vraiment de mordre, ou pas. Cela se présente comme une évidence, quelque chose d'inévitable. Rares sont ceux qui se détournent du sang. Ils ont en général une mentalité de fer, et tu sais que Samael peut-être têtu quand il le veut. Tu ne veux pas prendre de risque, pas là-dessus... Même si tu sais que cela va être dur pour lui, de cautionner la mort de l'un des siens par sa propre faute... Vous êtes tous passés par-là, et même si tu es loin d'être un bon exemple, il n'aura pas le choix, s'il veut survivre. Tu ranges ton canif dans ta poche, patient. Tu regardes vers lui, appréhendant un peu l'instant où il va ouvrir ses yeux. Trop tard, il les a ouverts, et à nouveau, tu peux observer ce regard sombre, avec un léger éclat en plus. Quelque chose d'un peu plus vif. Tu ne bouges plus, pétrifié sur place, hésitant à prendre la parole ou non. Allez, lance toi Lyokha. Tu n'as plus le choix maintenant, tu ne peux plus reculer. « Samael. » Fais-tu d'abord. C'est bien, mais insuffisant. Allez, encore un petit effort. « Je pense qu'il est inutile de t'expliquer ce qui se passe. Ou même de te dire à quel point je suis désolé. Tu vas peut-être me haïr jusqu'à la fin des temps, mais de toute façon, j'en ai plus rien à faire. » Tu t'approches de lui, sur tes gardes, quelque fois qu'il tente quelque chose, n'importe quoi. « Je sais que tu n'en auras certainement pas envie, mais pour le coup, tu ne vas pas avoir le choix. » Tu désignes du bout du menton le cadavre dégoulinant de sang, par terre, signifiant simplement qu'il va devoir boire. Oui, tu sens d'avance le dégoût au fond de ses yeux, pas besoin de plonger ton regard dans le sien pour le deviner. Tu le sens s'agiter, s'énerver. Tu pourrais très bien aller contre lui, le forcer, c'est même la seule option qui se présente. Mais tu danses encore d'un pied sur l'autre, ne sachant vraiment quelle est l'attitude à adopter. Ah oui, tu en as connu des nouveaux-nés, mais celui-là... Ce n'est pas pareil. Tu ne peux pas l'identifier à Lucky, Satine, Stojan, à n'importe quel autre de tes infants. Eux n'étaient pas chasseurs, eux n'étaient pas empereurs, ou impératrices... Eux n'étaient que des vermines, ou des gens du peuple, des pas-grand-chose, des traîne-misères.

Il est en colère. C'est compréhensible, et tu n'as même pas envie de t'énerver contre lui pour cela. Tu n'as même pas envie d'essayer de lui faire comprendre à quel point ce que tu viens de lui offrir est immense. Un don. Un cadeau qui ne se refuse pas. « Si tu veux avoir la chance de revoir ta famille Samael, tu dois boire ce sang, tu m'entends ? Il est déjà mort, de toute façon. Il en va de ta survie, tu m'entends ? » C'est presque du désespoir, qui fait vibrer ta voix. Non, tu ne fais pas ça pour sa famille à lui, mais pour ta conscience à toi. Parce que vivre avec l'idée que tu l'as tué... Non. C'est trop te demander. Trop de déception dans une vie pour une seule personne. « Les choses auraient pas dû tourner comme ça, Mae. Je voulais pas... je voulais pas que tu finisses comme ça. Peu importe ce que j'ai dit par le passé. J'ai été égoïste, je sais. Et je le suis encore aujourd'hui, très certainement. Mais si tu ne bois pas, tu vas mourir, et très vite. Et tout ça... ça aura servi à rien. Bois, et je te laisserai tranquille. » Tu hoches un peu la tête, les yeux brillants. C'est tout ce que tu lui demandes, qu'il boive. Parce que au fond, tout au fond, tu sais que Lyokha est encore là, bien vivant. Vivant, et paumé, à la recherche d'un amour perdu depuis dix longues années. Il tourne en rond, ce Lyokha, et s'il venait à apprendre que son intendant impérial est mort... Est-ce qu'il s'en remettrait ? Jamais, il disparaîtrait pour de bon. Ton semblant de raison disparaîtrait pour de bon. « Si tu bois, je te laisserais partir. Tant pis pour le plan, tant pis pour cette guerre. Tu pourras retourner auprès des tiens, et je t'assure que plus jamais, tu n'entendras parler de moi. Plus jamais je n'essayerais de rentrer en contact, de te voir, de... Rien. Plus rien, même pas un souvenir. » Parce que, au final Samael, tout ce que je veux, c'est de te savoir en vie ; loin des yeux, mais toujours aussi près du cœur.

« But you can't close your heart to the things you don't want to feel. »

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Jeu 26 Déc - 23:42

Croire en tes semblables. C'est sincère, tu as toujours cru en la force de caractère des humains. Tu connais pourtant bien tous leurs défauts, tu en es un après tout, mais tu sais que quand ils veulent quelque chose, ils se battent. Même si c'est une cause perdue, il y aura toujours une personne qui ne baissera pas les bras. C'est ce qui fait la force des humains. Ta foi a toujours été et restera toujours inébranlable. Ses paroles ont beau te contredire, rabaisser les tiens, tu sais ce que tu dis. Jamais tu ne douteras des tiens, peu importe ce qu'il pourra en dire, peu importe ce qu'il croit. S'entend-t-il seulement parler, lui qui est tombé amoureux d'un humain par le passé ? Tu n'as donc jamais rien valu. Il est ridicule. Il a été humain par le passé. Et si tu sais bien que tes paroles ne changeront rien à la situation, tu gardes espoir pour le futur. Quand tout semble s'écrouler, le mieux est de garder la foi, garder espoir en un avenir meilleur et se battre pour que cela se réalise. Si ton combat se terminera sans doute aujourd'hui, il continuera pour les survivants. Ils ne baisseront jamais les bras, pas tant qu'ils ne seront pas libres et en paix. Malheureusement, tu sais bien que la paix restera une utopie. La peur et la haine sont plus forts que le désir de vivre en paix, c'est ce que tu as toujours déploré. Tant pis, tu as fait de ton mieux, aux suivants de trouver une meilleure solution. Tes enfants y parviendront peut-être. Pas toi.

Il tire, la balle vient se loger dans ta jambe. La douleur est presque insoutenable, tu t'écroules contre le mur, tu essayes de ralentir l’hémorragie. C'est inutile, tu sais que tu vas perdre beaucoup de sang, trop de sang. Tu sais comment toute cette histoire va se terminer, mais tu n'imaginais pas que ce serait de sa main à lui. Tu ne voulais pas l'imaginer, tu ne voulais pas qu'il refasse surface dans ta vie. Qu'est-ce que tu as pu l'aimer, ce vampire... Plus que de raison, plus que tu n'aurais pu l'imaginer. Et pourtant tu as tout fait pour l'oublier, pour qu'il t'oublie ou te haïsse. De quelle logique as-tu donc fait preuve, Samael ? Tu ne sais plus exactement. Ou plutôt... Oui, à le regarder, à l'écouter, oui, tu te souviens. Ta montre sonne, tu es attentif à l'alarme qui te renseigne sur ton état. Tu le regardes et tu te souviens. Tu avais peur. Non pas de lui mais de toi, des conséquences de tes actes. Le revoir aurait voulu dire retomber dans ses bras, envers et contre tout. Alors tu l'as fui, tu t'es arrangé pour que jamais vous ne puissiez vous retrouver. Peu importe combien tu l'as désiré, peu importe les tentatives que tu as faites pour le revoir, à ta demande on t'en a toujours empêché. Tu l'aimais trop, vois où toute cette histoire vous a menée. Mais tu ne referas pas le passé. Tu es blessé, ton cœur lâche petit à petit, tu pars sans billet de retour...

Pendant ce temps, lui parle du futur, de ce qu'il va se passer. Tu veux juste qu'il se taise, qu'il te laisse mourir dans le calme. Au moins qu'il cesse de menacer les tiens. Personne ne peut prédire le futur, comme tu le lui fais remarquer. Personne ne sait de quoi demain sera fait, excepté pour quelques très rares points. Même la météo ne peut jamais être prédite avec exactitude d'un jour à l'autre, que peut-il bien savoir de ce qui se passera ? Il ne connaît pas tes enfants, il ignore tout ce que tu as peu leur enseigner, il ignore quels sont leurs alliés, leurs ressources, leurs points forts et leurs points faibles. Tu les as préparés à vivre sans toi, même si tu espérais tenir un peu plus longtemps. Pour eux. Non, il ne sait pas ce qui se passera et tu es prêt à parier qu'il sera surpris de les voir lui échapper sans le moindre problème. Il peut sourire, jamais il ne saura de quoi demain sera fait. Seulement, tu serres les dents lorsqu'il pose une main sur ta jambe, sous le garrot. C'est extrêmement douloureux mais te fais ton possible pour ne lâcher aucun son qui pourrait trahir ta douleur. Tu te contentes de virer rapidement sa main, fermement. Qu'il ne te touche pas, qu'il ne te touche plus. Plus jamais. Qu'il t'oublie, une bonne fois pour toutes.

Mais non, encore une fois, il remet le passé sur la table. Tu ne veux plus l'écouter, tu veux te concentrer sur ton état, éviter de mourir trop rapidement ! Il t'en empêche, il t'explique ce que tu sais déjà. Comment peux-tu faire pour qu'il se taise ? Tu trouves bien rapidement : tu le gifles, sans retenue. Tu aurais eu un livre sous la main, tu l'aurais frappé avec, comme par le passé, sauf que tu n'en as pas. Que croyait-il donc ? Que tu allais rester ainsi, les bras croisés, tandis qu'il te regarde mourir lentement ? Non, certainement pas. Il a peut-être la main mais tu refuses de le laisser gagner sans réagir un minimum. Pourquoi demandes-tu pardon ? Tu ne sais pas exactement. Peut-être parce que c'est une réaction typique de celles que tu avais autrefois ? Peut-être... C'est le Samael d'autrefois qui se réveille alors que ton cœur cesse petit à petit de battre. C'est mauvais, très mauvais. Ne peux-tu pas rester jusqu'au bout l'homme que tu es devenu ? Ce souverain au regard aussi vide que le néant ? Apparemment pas, ce rôle ne tient pas avec lui. Il a toujours été capable de faire tomber ton masque... Seulement tu ignores qui est l'homme derrière le masque actuel. Celui que tu es avec ta famille ? Quelqu'un d'autre, plus proche de l'ancien Samael avec son cœur brisé ? Tu ne sais plus, les masques se sont trop souvent mêlés ces dix dernières années...

Mais, même si tu ne sais plus qui tu es réellement, tu parles tout de même. Tu lui expliques la situation, comme si tu n'en étais pas affecté. C'est faux, complètement faux, le passé est et reste douloureux à tes yeux. Il n'est pas le seul à pouvoir blesser en évoquant le passé. Tu le vois, lui aussi en souffre toujours. Pourquoi t'entêter à remuer le couteau dans la plaie ? Parce que, quelque part, tu as besoin qu'il comprenne ce qu'il a gâché, ce qu'il a perdu. Chacun de tes actes avait un but, une finalité. Tu n'as jamais rien fait au hasard, en ignorant délibérément les conséquences. Tu as toujours réfléchi à tout ce qui pouvait arriver, même si tu n'as pas toujours été capable d'imaginer la bonne suite. Alors oui, tu savais quoi faire. Tu as regretté tes décisions, tes actes, tu as culpabilisé, tu as voulu mourir, mais au final, tu as juste fermé ton cœur à triple tour et perdu la clé, quelque part chez Lyokha. Ce qu'il croit, tu as voulu qu'il vienne à le penser. Tu as tout fait pour. Oui tu es allé loin, peut-être trop, mais c'était le mieux à faire à tes yeux. Tu as mal au cœur. Oui, celui-ci est malade, oui tu le sens s'affaiblir, mais ce n'est pas ta maladie qui fait si mal. Non, c'est le fait de l'avoir autant blessé. C'est le fait de continuer, encore aujourd'hui. Comment peux-tu lui en vouloir d'avoir tiré ? Comment peux-tu lui en vouloir de te haïr ? Tu ne lui en veux pas, cela fait bien longtemps que tu t'étais fait à cette idée. Tu secoues faiblement la tête, ta respiration se faisant plus difficile, ta vision plus trouble.

-Chacun de nous a fait ce qu'il avait à faire. Tu ne regrettes pas, moi non plus. N'est-ce pas tout simplement parfait ainsi ?

Pourtant, tu n'as pas fini de parler, tu as encore des questions à poser. Qu'est-il donc venu faire ici, sincèrement ? Il n'en a rien à faire de cette guerre, tu t'en doutes bien. Alors pourquoi est-il ici ? Pour toi ? Peut-être, tu n'en sais rien, même si c'est ton intuition. Mais, que ton intuition soit la bonne ou non, tu parles, encore et toujours. Tu lui fais même une confidence : tu aurais pu le rejoindre dans l'immortalité. Tu étais prêt à laisser ton humanité derrière toi pour rester avec lui. Le sort en a décidé autrement. Le passé est le passé, il a choisi une autre voie pour vous. Tout est fini, le passé est le passé et tu n'auras pas d'avenir. Tes paroles semblent faire peur petit effet, tu le vois déglutir avant de te répondre. Il ne cherche que ton pardon ? Non. Non, tu ne pourras jamais le lui accorder. C'est trop dur, il est en parti responsable de la mort de ton cousin, de ces chaînes qui t'emprisonnent depuis, jamais tu ne pourras lui pardonner cette trahison. Il t'a haï parce que c'était la seule solution ? Non, il aurait pu tout simplement chercher à t'oublier, à trouver quelqu'un capable de lui faire oublier ton image, aussi difficile soit la tâche. Toi, tu t'es noyé dans ton travail et dans cette vie de famille que tu as su créer. Tu as tourné la page sans chercher à le haïr plus que sa trahison ne l'avait placé en disgrâce à tes yeux. Tu l'as toujours aimé. Lassé, tu soupires juste.

-Si tu l'avais vraiment voulu, les choses se seraient passées différemment... Ne me demande pas de te pardonner, j'en ai été incapable et je ne peux pas plus le faire aujourd'hui...

Le pardon n'a jamais été ton fort. Tu es rancunier, c'est un bien lourd défaut à porter. Jamais tu ne lui pardonneras, peu importe si tu es injuste avec lui. Tu ne peux pas prononcer ces mots qu'il attend, tu en es incapable. Et même si tu les lui disais, tu ne les penserais pas alors à quoi bon ? Non, jamais tu ne les prononceras. Tu te laisses plutôt sombrer, ton cœur est trop lourd, ses battements trop faibles. Ton anémie aura raison de toi, tu te sens faiblir, et pourtant tu prononces quelques derniers mots... Oui, tu le préfères en blond. Les cheveux noirs ne lui vont pas, il fait trop sombre. Il y a toujours eu un contraste entre vous : toi les ténèbres, lui la lumière. Toi l'humain, lui le vampire. Toi le chasseur, lui la proie et inversement. Contraires et complémentaires. Il en était ainsi, autrefois, pourquoi les choses ont-elles dû changer ? Pourquoi a-t-il fallu que Léandre meure ce fameux jour ? Pourquoi ? Ton regard voilé s'emplit de tristesse. Rien ne se déroule jamais comme prévu, jamais. Enfin, c'est bientôt fini, comme il le dit si bien. Tu essayes mollement de récupérer cette main dont il est venu s'emparer, mais au final tu laisses bien vite tomber, la lui abandonnant. Tant pis, il est là. C'est ce que l'ancien Samael aurait voulu, tu peux bien lui faire plaisir, à cet ancien toi. Pour la toute dernière fois. Une dernière fois, tu plonges ton regard dans le sien et ce que tu y vois est un ultime coup de couteau. Douleur, pardon. L'ancien toi ne voulait pas en venir là, il a mal, il veut se lever, le consoler, l'embrasser, mais tu ne bouges pas. Tes yeux se fermes une ultime fois tandis que tu sombres dans l'inconscience. Le noir total, la douleur au cœur, à la jambe, les bips de ta montre... Et ce froid au niveau de ta main. Il est encore là, tu le sens. Tu ne peux plus bouger mais tu sais qu'il te tient encore la main. Mais... Que ? Quelque chose vient alors se déposer sur tes lèvres. Quelque chose de froid et pourtant... Cette sensation, tu la reconnaîtrais en toute occasion. Ce sont ses lèvres qui viennent se déposer sur les tiennes ! Mais pourquoi ? Pourquoi agit-il ainsi ? Tu ne sais pas, tu ne comprends pas. Tant pis, ce n'est plus l'heure pour se poser des questions. Tu te sens être un peu secoué, tu entends vaguement ton prénom une fois, encore plus vaguement une seconde fois... Il lâche ta main... Puis plus rien.

Au début, tu as encore mal. Au début, il y a un poids qui te retient dans ces douloureuses ténèbres. Puis, petit à petit, la douleur s'évapore, une lumière apparaît. Sans regret, tu la rejoins, laissant le monde des vivants derrière toi. Cette lumière semble tellement plus accueillante que tout ce que tu as pu vivre, plus chaleureuse... Et plus tu t'approches, plus tu reconnais de visages. Ta famille est là, presque au complet. Tes parents, tes cousins... Toujours fidèles aux souvenir que tu as d'eux... Tous te sautent dessus et tu fermes les yeux, réellement heureux pour la première fois depuis bien des années... Tu es à ta place parmi les tiens, tu ne peux en demander plus. Tu as enfin retrouvé ta famille et tu ne la quitteras plus jamais. Tu ne prêtes pas attention aux réprimandes de ton père, tu serres plutôt ta mère et tes cousins dans tes bras. Ils t'ont tous tellement manqué, comment as-tu bien pu faire pour vivre si longtemps sans eux ? Tu ne sais pas, tu ne veux plus savoir. Ils sont là, c'est tout ce qui importe. Tu n'as plus qu'à attendre que les autres vous rejoignent, dans de très nombreuses années tu espères. Cependant, il semblerait qu'un nouveau poids vienne peser sur ton cœur... Comme s'il te manquait quelque chose... Mais quoi donc ? Tu ne sais pas. Tu te retournes un peu, vers les ténèbres. Qu'as-tu laissé de si important derrière toi ? Rien pourtant, rien que tu n'aies pas préparé depuis déjà des années. Une main se pose sur ton épaule. Tu te retournes... Et te retrouve face à un homme que tu ne connais pas. Tu ne l'as jamais rencontré en tout cas, étant mort bien des siècles avant ta naissance... Edmund Tudor, le premier empereur de la dynastie...

-Je crois que ton histoire n'est pas encore finie, Samael.
-Je suis mort... Et j'ai échoué dans ma mission...
-Tu as fait de ton mieux, tes efforts ne seront pas vains. Maintenant, va. Une seconde chance s'offre à toi, ne la laisse pas passer. Reste simplement toi-même.


Tu as bien envie de protester, de lui demander des explications, mais tu n'en as pas le temps. Tout se brouille tandis qu'un éclair de douleur transperce ton cœur. Tu as l'impression qu'un venin parcourt tes veines, tout ton être, éveillant chaque parcelle de ton corps. Tu as mal, tu as peur. Tu as l'impression de hurler mais aucun son ne t'échappe. Tu as l'impression de te tordre de douleur mais tu ne bouges pas. Tu es désespérément figé alors que ton corps s'enflamme de l'intérieur. Comme si tout ton être se déchirait. Tu as l'impression de mourir une seconde fois, mais déchiqueté de l'intérieur, brûlé comme jamais. Tu n'imaginais pas que ce serait aussi douloureux... Quoi donc ? La transformation. Tu n'es pas idiot, ce goût de sang dans ta bouche. Tu ne t'es pas mordu la lèvre, tu ne vois pas pourquoi tu aurais ce goût métallique si caractéristique dans la bouche. Et la seule personne qui était avec toi n'est autre qu'un vampire. Ce vampire. Mais tu as trop mal pour le haïr, alors tu attends juste que tout s'arrête.

Enfin, après de longues minutes de torture qui te paraissent être des heures, tout fini par se calmer. Tu n'as plus mal, nulle part. Pas même au cœur. C'est... Étrange. Limite grisant. Tu n'as plus mal, tu as l'impression d'être libéré d'un poids. Brusquement, tu rouvres les yeux. Tu les refermes aussi vite, la lumière est trop forte pour toi. Tu refais pourtant une tentative quelques secondes plus tard, rouvrant les paupières plus lentement. C'est mieux. Tu y vois mieux. Tous tes sens sont amplifiés, c'est effrayant et pourtant, tu ressens comme une montée d'adrénaline dans tes veines. Tu es un vampire, tu le sais, tu sens tes canines s'allonger. L'odeur du sang est bien présente, trop présente pour y résister... Tu t'assois rapidement, regardant autour de toi, avant de fixer ton regard sur le cadavre. Non, sur ce sang qui t'appelle. Tu ne vois rien d'autre que cette flaque de sang. Tu as soif. Tu vas aller boire. Oui, voilà. Sauf qu'une voix te tire de cette étrange torpeur. Ton regard de prédateur devient alors perdu tandis que tu l'observes, que tu essayes de comprendre ce qu'il te raconte. Pas le choix ? De ? Mordre ? Tu regardes à nouveau ce sang qui teinte le carrelage de carmin... L'appel du sang se fait d'autant plus fort, tu as envie de mordre, de boire. Sang. Irrésistible. Sauf que non, ta conscience semble enfin s'éveiller alors que tu te relèves. Il ne faut pas, c'est une mauvaise idée... Mais tu as si soif... Le combat intérieur entre ton nouvel instinct de vampire et ta conscience humaine fait rage durant quelques instants. Ces mêmes instants durant lesquels il parle encore, durant lesquels il te pousse à suivre ton instinct. Tu veux mordre. Tu ne peux pas, tu ne dois pas. Il dit qu'il te laissera partir, retrouver les tiens. Tu le regardes, toute cette dualité qui te caractérise brillant au fond de ton regard... Et soudain, sans prévenir, tu franchis la distance qui vous sépare, l'attrapes par le col et le plaques contre un mur, sans mesurer la puissance avec laquelle tu viens d'agir. Tu ne mesures pas encore toute ta force...

-Parce que tu penses que je vais te croire ? Parce que tu crois que j'ai envie que ma famille me voit dans cet état ? Parce que tu crois que je peux les approcher ? Pourquoi as-tu fait ça ? POURQUOI ? Je ne voulais pas devenir comme toi ! Jamais, JAMAIS je ne serai comme toi ! Je te HAIS Volkov !

Tu le relâches brusquement, sans prévenir. Tu es paniqué, tu ne veux pas de cette vie. Tu ne peux pas être un vampire, tu es un Tudor, tu n'as pas à avoir ces crocs, tu n'as pas à avoir ces capacités. Tu n'es pas fait pour tout cela. Tu devais mourir d'ici peu de temps, pourquoi a-t-il fallu qu'il intervienne ? Ton regard se pose à nouveau sur le cadavre, tu esquisses un mouvement avant de te reprendre. Non. Non, tu refuses de le faire, tu refuses de boire. Tu as juste mourir, comme c'était prévu. Tu ne veux pas de cette existence immortelle, tu n'es déjà pas taillé pour une vie humaine, comment pourrais-tu tenir toute l'éternité ? Tu ne peux pas et tu ne veux même pas essayer. Tu es un danger pour tous à présent et tu ne veux pas. Il faut que cela cesse. Alors tu vas juste attendre de mourir, d'être réduit à un petit tas de cendre... Ton regard noir a pris des nuances rouges, la fureur y fait rage. Tu le regardes, tu as plus de mal que d'ordinaire à retrouver un semblant de calme, même de façade. Pourtant il le faut. C'est effrayant, tu n'as plus mal, tu as l'impression de pouvoir tout faire... Tout ce que tu t'interdis.

-Quel est ton problème ? Pourquoi a-t-il fallu que tu débarques maintenant ? J'allais mourir, je m'y étais préparé. Combien de temps me restait-il ? Quelques semaines à vivre ? Un mois tout au plus. Mais non, il a fallu que tu te ramènes. Tu me pourris l'existence. Tu ne sais faire que cela !

Tu avises la table. Tu frappes dedans, sans réfléchir. Tu as toujours eu la sale manie de frapper dans quelque chose quand tu étais en colère. Sauf que là, tu n'as pas vraiment mal donc cela ne te calme pas. Au contraire. Il faut te calmer Tudor, sinon tu vas réellement faire une bêtise. Ce que tu fais ? Tu glisses une main dans ta poche et en sort en certain jeton de casino. Celui-là même que tu traînes avec toi depuis tes sept ans. Celui qui ne t'a jamais quitté. Invisible aux yeux de l'ex-blond, tu fais tourner l'objet entre tes doigts, te calmant tout doucement... C'est un porte-bonheur, ton porte-bonheur... La seule chose que personne n'a jamais eu le droit de toucher, pas même Adelina, pas même tes enfants... Lorsque ta rage s'est enfin calmée un minimum, tu ranges l'objet dans ta poche avant de te tourner à nouveau vers ton... Père, puisqu'il en est ainsi.

-Tu m'as embrassé. Ne le nie pas, je l'ai senti. À quel jeu joues-tu ?

Tu le regardes. De la curiosité brille à nouveau au fond de ton regard. Toujours de la colère, de la peur, cette soif qui te dévore de l'intérieur, mais tu fais preuve de toute ta volonté pour rester là où tu es, loin de ce sang qui semblant chanter à tes oreilles, t'appelant pour que tu le boives. Tu ne céderas pas. Jamais. Tu ne seras jamais un vampire et, lui, ce sont les derniers instants durant lesquels il pourra te voir. Il t'a tué, qu'il s'en souvienne. Il t'a tué et si tu as un léger sursis... Tu ne comptes pas en profiter. Mais tu veux juste comprendre une dernière chose. Pourquoi donc ce baiser?

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Ven 27 Déc - 17:58

« Chacun de nous a fait ce qu'il avait à faire. Tu ne regrettes pas, moi non plus. N'est-ce pas tout simplement parfait ainsi ? » Et c'est bien là qu'il se trompe. Bien sûr que tu regrettes. Tu commences seulement à le comprendre. Tu regrettes de lui avoir tiré dessus, de ne pas lui avoir laissé un peu plus de temps. Du temps pour s'expliquer, du temps pour avoir son pardon. Du temps pour l'observer vivre, même de loin. Ce précieux temps qui s'échappe et n'attend personne, encore moins l'Empereur qui menace de rendre son dernier souffle d'un instant à l'autre. Quel cruel destin. Et c'est de ta faute, tu le sais. Mais il est hors de question d'admettre devant lui que tu regrettes. Bon sang, s'il te connaissait vraiment, s'il ne t'avait pas du tout oublié, il saurait que tu regrettes. Il l'aurait compris dès l'instant où tu as tiré. Il l'aurait lu dans tes mots, que tu te détestais pour en être venu là. Lui non plus ne regrette pas. Il ne regrette donc rien de tout ce qu'il a fait ? Tout ce mal qu'il t'a causé ? Ses mots font naître une autre forme de rage au creux de ton être. Et cette rage apaise un peu la douleur qui enserre progressivement ton cœur, causée par la compassion et d'autres ressentis que tu as oubliés quand il est sorti de ta vie. Tu refuses de lui répondre, de parler. Parce que à nouveau, tu risques de te montrer acerbe, violent. Et il n'a plus le temps, ni la force de subir ta colère, vous le savez l'un comme l'autre. Alors tu serres les dents, tu te contiens en silence. C'est bientôt fini. Tout est bientôt fini. Quand l'Empereur mourra, cette guerre sera finie. Les gardes et guerriers rebelles seront faits prisonniers. Beaucoup de sang sera versé. L'esclavagisme pointera certainement le bout de son nez, elle aussi. Il n'y est de guerre plus affreuse que celle qui oppose le prédateur à sa proie. Et tu pourrais encore dénigrer son espèce, jusqu'à ce qu'il meure. Tu pourrais continuer un bout de temps, histoire de lui bourrer le crâne des pires atrocités. Comment tu comptes massacrer les siens. Salir son peuple. Souiller ceux de son espèce. Mais tu n'en fais rien. Car quelque part, une infime partie de toi t'ordonne de rester à peu près sage. Il n'en a plus pour longtemps. Et l'ancien Lyokha n'aurait rien voulu de tout cela. Il aurait voulu être aux côtés de Samael, lui tenir la main, et lui répéter de cent manières différentes à quel point il l'aimait, avant de le voir s'enfuir pour un autre monde. Mais tu n'es plus cet ancien Lyokha. Alors tu demeures dans un silence pesant, sombre. Qui est plutôt un mauvais présage, annonçant une funeste suite à cette petite scène.

Il te questionne. Et quelque part, tu peux bien lui accorder une dernière réponse. De toute façon, quoi que tu dises, il l'emportera dans sa tombe. Et c'est tout ce qui importe. Alors tu peux bien dire ce que tu veux, des mensonges, comme la plus pure des vérités ; ça n'y changera strictement rien. Il est condamné à mourir, et toi à vivre avec ce poids. Tu passeras peut-être au-dessus, un jour. Après un autre millénaire sanguinaire, à courir les rues, à goûter aux chairs d'un, ou d'une autre. Mais coucher avec la première venue ne t'a pas aidé à l'oublier, pendant cette dernière décennie. Alors pourquoi est-ce que ça marcherait par la suite ? Jamais tu n'oublieras ses traits. Son sourire. Ses yeux sombres. Ses cheveux bruns. Ses manières, et sa façon de te dire qu'il t'aimait. Tu ne peux pas oublier tout ça. Tu n'as jamais réussi à l'oublier. « Si tu l'avais vraiment voulu, les choses se seraient passées différemment... Ne me demande pas de te pardonner, j'en ai été incapable et je ne peux pas plus le faire aujourd'hui... » Tu aimerais bien le secouer, le faire réagir. Lui dire quelque chose qui sonnerait presque cruel, comme, 'réveille-toi Samael, tu peux pas partir comme ça, sans rien dire, tu dois me pardonner'. Mais tu n'en fais rien. Tu te contentes de secouer la tête de gauche à droite, négativement, avec une dose mesurée de colère dans tes yeux, et une expression incroyablement neutre sur le visage. Tu le détestes. Et tu te détestes de pouvoir ressentir quelque chose pour lui, encore. Aussi infime soit-elle, cette chose. Son pardon, c'est tout ce que tu as toujours voulu. C'est ce qui t'aurait aidé à l'oublier, à le laisser partir. À accepter, pour la seconde fois dans ta vie, d'avoir perdu. De l'avoir perdu lui. Peut-être que ça aurait été plus simple de reconstruire quelque chose avec quelqu'un d'autre. Mais qu'il refuse de t'excuser, ça a nourri ta colère. Ça t'a rendu plus amer que jamais, et vois ce que tu es devenu aujourd'hui. Encore une fois, tu ne réponds pas. Il fait une brève remarque sur la couleur corbeau de tes cheveux, et tu le vois qui s'éteint, tranquillement. Tu attrapes sa main, et il ne résiste pas. Qu'il te laisse au moins cela, par pitié. Tu murmures que c'est bientôt fini, d'une voix un peu sombre et pourtant, sûre. Aucun tremblement pour la faire vibrer, même si te sens infiniment petit, tout à coup. Petit face à la fatalité. Petit face à la mort qui l'emporte, lui, ton ami, ton amant, ton amour et ce qui aurait pu être tellement plus à tes yeux. Son regard se voile, on dirait qu'il s'endort. Tu ne peux retenir un très léger sourire, emprunt d'une tristesse qui ne te ressemble plus. Il s'enfonce, sombre. Et tu te permets un dernier crime, en lui volant un ultime baiser. Juste un dernier, pour se souvenir de la chaleur de ses lèvres contre les tiennes. Un dernier pour te rappeler tout ce que tu as perdu. Et tout ce que tu aurais pu gagner.

Il est mort. L'Empereur est mort. Tu as tué Samael. Les informations se confondent dans ton esprit, et ce sont toutes les mêmes. Il est mort de ta main. Tu as abrégé sa vie, par égoïsme, et sadisme aussi, un peu. Tu te redresses un peu, réfléchissant à mille à l'heure. Et la suite ? Qu'est-ce que tu peux bien faire. Une seule solution se présente à tes yeux, et aussi égoïste soit-elle, c'est celle que tu décides de mettre en application. Après un court instant de réflexion – parce que tu sais très bien que les minutes, les secondes sont comptées – tu ouvres ton poignet et le porte à ses lèvres, laissant le doux poison de l'immortalité infiltrer son corps. Ce n'est certainement pas une bonne idée. Mais tu n'es plus à une bêtise près. Tu retires ton bras rapidement, te relevant. Il faut que tu te dépêches, que tu trouves du sang. Tu ne sais pas dans combien de temps est-ce qu'il ouvrira les yeux – si tenté que la transformation réussisse – et tu sais que tu ne devras pas lui laisser le choix de boire ou non. Peu importe si cela le dégoûte, il doit aller au bout de la procédure pour s'en sortir. Et même si c'est cruel, tu sais que tu es prêt à le forcer pour qu'il boive, ne serait-ce qu'une gorgée du breuvage carmin. Suffisamment pour compléter la transformation. Pas assez pour le nourrir, certes. Tu réfléchis rapidement, sortant de la pièce en titubant, en train de feindre une douleur imaginaire. Dans la panique, tu sais que l'homme peut abandonner toute méfiance. Et c'est l'idée même sur laquelle repose la manœuvre, alors qu'un jeune soldat s'approche, quand tu prétends avoir trouvé Tudor. Il s'avance encore un peu, et tu l'achèves sans plus de jeu. Tu n'as pas le temps de jouer, tu t'es montré assez vicieux comme ça en jouant sur sa naïveté. Première leçon, et dernière malheureusement pour lui. Tu tires le cadavre jusqu'à la pièce, pas bien loin de Samael qui est encore quelque par dans l'inconscience. Tu croises mentalement les doigts pour que tu t'y sois pris suffisamment vite. Tu veux que la transformation réussisse, même si quelque part, tu sais que tu n'aurais pas dû, et qu'il ne l'acceptera pas. Tu vas lui prouver une fois de plus à quel point tu peux être égoïste. Tant pis. Ce n'est qu'un cadeau, un don même. Qu'il l'accepte ou pas, c'est la seule manière de sauver sa nation ; elle a besoin d'un leader. Et c'est bien ce que tu veux qu'il intègre, avant de faire le mauvais choix de se laisser mourir. Tu ouvres les poignets du mort, laissant le sang s'échapper de ses plaies. Tu te recules un peu, calmant cette respiration saccadée. Du calme. Du calme. Tu ne sais pas ce qui t'inquiète le plus. Sa réaction, ou la possibilité qu'il ne revienne même pas d'entre les morts.

Soudainement, il ouvre les yeux. Tu redeviens complètement neutre. Sans expression, le regard vide. Tes yeux d'aciers sont posés sur lui, et tu constates silencieusement que la transformation a réussi. Il n'a plus qu'à boire pour l'achever, et tu le vois qui se dirige, comme obnubilé, vers la flaque de sang et l'homme qui y gît. Tant mieux. Tu l'incites par quelques murmures à le faire, à mordre, à boire. Tu vois bien qu'il tente de résister contre son instinct, et pourtant, il s'approche toujours plus du corps. Il y est presque. Et tu sais que dans quelques secondes à peine, tu auras définitivement tout perdu. Tout espoir, toute chance de changer un minimum les choses avec lui. Dès qu'il aura goûté au sang, tout sera fini pour toi. Mais c'était ton choix, ta décision ; le faire vivre, même si tu le perds en contre partie. Puis, il détache son regard du garde, le portant sur toi. Le tien est dur, sans vie. Ton expression se fait légèrement cruelle, et même un peu triste, bien que cela soit grandement dissimulé. Autant t'habituer à sa haine tout de suite. Quitte à en faire autant de ton côté. Le silence se mêle à vos respirations presque inexistantes. Il te fixe, et tu en fais autant. Et sans prévenir, il t'attrape par le col et te plaques violemment contre un mur. Tu serres les dents, grimaçant un peu alors que ton dos heurte la surface dure. Bon sang, c'est qu'il n'a plus la même force le petit. Cette constatation t'aurait fait sourire autrefois, mais pour le coup, tout ce que tu peux faire, c'est le regarder silencieusement, même si un grognement réprobateur s'échappe d'entre tes lèvres. Tu n'as pas envie de te battre avec lui. Car même si ses sens, même si sa force est décuplée, tu n'en as pas moins un millénaire de plus que lui. Et tu pourrais très bien le briser, le tuer définitivement, même si ce serait bien moins facile que de l'achever en tant qu'humain. Tu lis la colère dans ses yeux, toute cette rage contenue dans deux prunelles aux éclats roussis. Il te ferait presque peur, si tu ne le connaissais pas. Tu ne bouges pas, tu ne résistes même pas. Tu le laisses agir, car c'est la meilleure chose à faire pour l'instant. « Parce que tu penses que je vais te croire ? Parce que tu crois que j'ai envie que ma famille me voit dans cet état ? Parce que tu crois que je peux les approcher ? Pourquoi as-tu fait ça ? POURQUOI ? Je ne voulais pas devenir comme toi ! Jamais, JAMAIS je ne serai comme toi ! Je te HAIS Volkov ! » Et ses mots te font toujours aussi mal. Même si en dix ans, tu t'es blindé, il faut croire qu'il parvient toujours à te blesser de l'intérieur. Il te crie dessus, mais tu ne cilles pas. Tu te contentes de passer d'un œil à l'autre, de constater la panique qui le dévore de l'intérieur. Il te hait. Tant mieux, tu n'en demandais pas plus, pas moins. Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Il le sait. Il le sait parfaitement, mais il refuse de l'admettre. Ce n'est pas que de l'égoïsme, c'est bien plus puissant. Ça commence par un grand A, et ça ne t'a jamais vraiment quitté, malgré toute la haine, malgré les pulsions meurtrières qui t'ont guidées vers lui. Malgré tout ce que tu as pu dire. Tu n'as pas fait ça pour l'éloigner de sa famille. Tu as fait ça pour le laisser en 'vie', puisque c'est ainsi que vous en avez besoin pour faire pression sur son peuple. Tu serres les dents, tu fronces un peu les sourcils. Mais tu es calme. Tu es tout ce qu'il y a de plus calme, et tu le laisses te blesser sans vraiment réagir. Il te relâche brusquement, tu le laisses se reculer sans même chercher à le retenir. Tu te contentes de remettre ton col correctement, comme si ce détail avait la moindre importance. Et finalement, tu prends la parole, d'un ton des plus calmes, pour trancher avec la tempête qu'est le jeune vampire sur l'instant. « Parce que je l'ai fait. Et je n'ai pas besoin de me justifier auprès de toi. Je l'ai fait pour te donner une deuxième chance. Une chance de sauver ta famille, et ton peuple. Je n'ai jamais voulu ça pour toi. Pas de cette manière. Tu ne m'as pas laissé le choix. Alors arrête de me hurler dessus, arrête. » Tu marques une pose, tes yeux de glace se sont figés dans une autre forme de colère. Tu es énervé contre lui. Tu lui en veux de rejeter ce cadeau que tu lui as fait, même si tu savais qu'il t'en voudrait. « La morsure, c'est un cadeau. C'est un don. Arrête de cracher dessus, parce que ça n'y changera rien. » Tu t'approches un peu de lui, et tu le dévisages toujours, sans changer d'expression. « Tes émotions sont bouleversées. Tout te semble amplifié, à commencer parce que tu ressens. Tu ne t'en rends pas forcément compte, peut-être pas encore. Mais tout est exagéré au début. Tes sentiments. Tes désirs. De la colère, à la joie, en passant par la tristesse. Tout est multiplié par cent. » Quelques conseils dissimulés, et une manière de te rassurer aussi, quelque part, en te disant qu'il ne te déteste peut-être pas autant que cela. Tu doutes qu'il en ait quelque chose à faire, de tes conseils, de tes remarques. Tu veux juste l'aider, et rendre cette transition moins pénible qu'elle ne l'est déjà. La haine fait brièvement son apparition dans tes yeux, et dans tes mots, alors que tu reprends une dernière fois la parole. « Et pour ta gouverne, tu m'as toujours haï. Je ne vois pas en quoi ça changerait maintenant que tu es mort. » C'est le couteau que l'on remue dans la plaie. Tu te fais du mal aussi, à lui faire de telles remarques. On dirait que tu veux tester ses limites, voir jusqu'où il peut aller, jusqu'à quel point il peut te regarder sans essayer de t'arracher la tête. Tu ne l'as jamais connu aussi dangereux, et même si c'est un peu excitant, ça te peine intérieurement. Car tu sais qu'il souffre beaucoup, certainement autant que toi quand tu es devenu vampire, si ce n'est plus.

« Quel est ton problème ? Pourquoi a-t-il fallu que tu débarques maintenant ? J'allais mourir, je m'y étais préparé. Combien de temps me restait-il ? Quelques semaines à vivre ? Un mois tout au plus. Mais non, il a fallu que tu te ramènes. Tu me pourris l'existence. Tu ne sais faire que cela ! » Il tape dans la table. Tu ne sursautes même pas. Tu le regardes, c'est tout. Il est perdu, paniqué, et c'est compréhensible. Son petit monde si parfait vient de s'écrouler par ta faute, une fois de plus. Il rejette la responsabilité sur toi, et c'est encore une fois compréhensible. Tu hoches d'abord la tête en silence, le laissant vociférer à ton encontre. Si ça le détend, si ça le soulage. Tu croises les bras, et le laisses alors balancer tout ce qu'il veut sur toi. Si ça lui fait plaisir. Tu restes complètement neutre pour ta part. Autrefois, tu aurais pété un câble. Tu l'aurais certainement frappé. Mais tu n'en fais rien, car le nouveau toi n'est pas comme ça. Il est plus patient, mais plus sanguinaire aussi. Et le nouveau toi, quand il est énervé, il ne s'arrête plus, jusqu'à ce que le sang coule en grande quantité. Tu le détailles attentivement, tu ne t'en lasseras jamais de toute façon, de regarder ses traits en silence, bien qu'ils soient un peu plus tirés qu'autrefois. « C'est vrai. Je te pourris tellement l'existence que tu gémissais autrefois pour que je continue. Tu t'en souviens ? » Oh, quelle délicatesse Lyokha. Parmi tous vos souvenirs, il faut que tu lui renvois à la face celui de vos nuits endiablées. Peut-être que tu cherches à le dégoûter de toi, ou au contraire, de lui mettre une claque mentalement, en lui rappelant à quel point il t'aimait. « Je pourrissais tellement ton existence que t'en demandais toujours plus. Et bien sûr que tu t'en souviens. » Mais vas-y Lyokha, continue à jouer là-dessus. Tu sais que ça va le pousser à te haïr un peu plus. Car quelque part, tu agis comme si vos échanges physiques étaient la seule chose qui t'avait marqué, de ces longs mois passés en commun. Il essaye de se calmer, et tu le regardes faire sans ciller. Il essaye d'apaiser sa soif, de calmer ses pulsions. Et même si c'est méchant, tu espères qu'il n'y arrive pas, et qu'il perde le contrôle.

Il se tourne vers toi, un tant soit peu plus paisible, et reprend la parole. Tu gardes les bras croisés, ne bougeant pas plus. « Tu m'as embrassé. Ne le nie pas, je l'ai senti. À quel jeu joues-tu ? » Tu serres un peu les dents. Car il n'était pas censé le sentir. Il était censé mourir, et point. Encore une fois, tu as mal joué, tu peux l'admettre. Tu fais un pas vers lui, puis deux, bien plus calme que lui. Tu t'approches jusqu'à te planter juste devant lui. Et soudainement, un large sourire carnassier étire tes lèvres, avec un peu de jeu, pour accompagner le tout. Ta voix se fait murmure, mais elle n'en est pas moins audible pour lui. « En souvenir de toutes ces nuits je suppose. Ton corps me manquait tu sais. » C'est presque mesquin d'agir ainsi. Tu te mords un peu la lèvre, et tu le détailles toujours. Non, ce n'est pas là la vraie raison. Et s'il se souvient de toi aussi bien que toi, tu te souviens de lui, il doit le savoir. Il a appris à lire entre tes lignes, avec le temps. Il s'agit juste de s'en souvenir aujourd'hui. Sans qu'il ne puisse aviser ton geste, tu glisses rapidement ta main sur sa joue. Pourquoi ? Parce qu'elle est encore trempée du sang du garde, et que par conséquent, tu viens de lui en étaler sur la moitié de la face. Peut-être pas toute la moitié, mais suffisamment pour que le parfum en devienne complètement enivrant. Sa réaction est vive, mais elle ne te surprend même pas ; le plat de sa main vient heurter ta joue, une fois de plus. Tu tournes à nouveau la tête, alors qu'un grognement remonte le long de ta gorge. Du calme. Tu peux rester calme, et surtout, tu le dois, encore un peu au moins. Tu reportes ton regard dans le sien, reprenant la parole. « Maintenant, tu vas boire. Parce que j'ai pas envie de me montrer violent avec toi. Je pourrais te faire plus de mal que tu ne peux t'imaginer. Et si je dois te briser tous les os une centaine de fois avant que tu n'abdiques, crois-moi, je le ferais. Peu importe combien tu pourras hurler. » Fais-tu, avec une dose d'agressivité. Tu en es capable. Il ne sait pas qui tu es devenu précisément, et tu mises là-dessus. Tu inspires la terreur aujourd'hui, plus que jamais. Et même s'il connaît bien l'ancien Lyokha, tu espères qu'il la ressente aussi, cette crainte. Peut-être moins que les autres, mais suffisamment pour qu'il comprenne que tu ne rigoles pas. Tu n'as plus envie de rire.

« Bois. » Tu recommences. Tu insistes, et insisteras jusqu'à ce qu'il cède. Mais il ne semble toujours pas convaincu, et toujours aussi peu enclin à changer d'avis. Alors c'est plus fort que toi, tu perds patience ; tu le saisis fermement par la nuque, ne lui laissant pas le temps de réagir, et tu le fais violemment tomber dans la flaque de sang, presque sur le cadavre. Tu ne détaches pas ton regard de sa personne, attendant qu'il réagisse, qu'il boive du sang, rien qu'un peu. « Tu ne quitteras pas ces murs tant que tu n'auras pas bu. » Tu es agressif dans tes paroles. Mais tu commences à trépigner d'impatience, il te rend dingue. La colère monte lentement, elle gronde, et tu ne peux pas promettre de rester calme plus longtemps. Alors tu prends un peu tes distances, tu te rapproches de la porte, tout en gardant un œil attentif sur l'Empereur. « J'ai tout mon temps. Mais toi en revanche, si tu tiens à ta petite famille, à ce qu'il reste de ton empire, tu devrais te dépêcher. » Fais-tu, avec un sourire narquois totalement nauséabond. Dix ans en arrière, tu te serais collé une gifle tout seul. Adossé au mur près de la porte, tu regardes donc Tudor se démener contre ses réels désirs. Pour ta part, le spectacle en serait presque plaisant, si ton cœur cessait de brûler comme il le fait. Quelqu'un passe en courant et revient en arrière en voyant la porte entre ouverte. Tu restes silencieusement à l'abri des regards, derrière ton mur, et un jeune homme d'un peu plus de vingt-ans rentre dans la pièce. « Monsieur l'Empereur ! » Fait-il à bout de souffle. Il s'avance un peu dans la pièce, mais n'a pas le temps de faire un pas de plus que tu l'attrapes par derrière, posant ton canif contre sa gorge. Il panique un instant, essaye de se débattre, mais d'un coup net, tu achèves toute tentative de rébellion. Il tombe à genoux, le regard vide. Et s'écroule à terre, alors que son sang s'échappe par sa gorge. Tu as un petit sourire sadique, nettoyant tranquillement ta lame sur la manche de ton manteau. « Et un de plus. Et le plus pathétique, c'est que tant que tu n'auras pas bu, tu n'y pourras strictement rien. Je n'ai qu'à les attendre derrière la porte, ils entrent comme des agneaux pour t'aider, et paff, ils meurent. Je pourrais faire ça toute la journée. » Tu veux faire pression sur lui. Qu'il se rende compte que des vies s'éteignent, quand il fait sa fine bouche. Tant pis pour lui. Tu lui mets simplement la dure réalité devant les yeux. Tu restes devant lui, jouant un peu avec la lame de ton couteau avant de le ranger. Bien. Plus qu'à attendre que monsieur se décide. Tu soupires profondément.

« Tu peux tout arrêter Mae. Tu peux tout arrêter maintenant. » Ta voix est calme, posée. Tu as l'air plus que sincère, et quelque part, tu l'es. Tu en as marre d'attendre. Tu veux juste que tout cela cesse, qu'il vive, et te déteste si cela lui fait plaisir. Tout ce que tu veux, c'est être délivré de l'idée qu'il puisse mourir. Tu allais dire autre chose, mais tu ne vois pas la suite venir. Tu ne vois pas l'arme qu'il pointe furtivement sur toi, la balle qui part et vient se loger dans ton bras. Elle t'arrache un hurlement, mélange de souffrance et de fureur. Tu as beau être immortel, ça reste un tant soit peu douloureux. Surtout quand on te prend comme ça part surprise. Tu serres les dents, plisses les yeux. « CONNARD ! » Grognes-tu puissamment. Ce n'est pas volontaire. On dira que c'est sous le coup de la surprise. Tu portes ta main à ton bras, là où la balle s'est logée. Ça saigne, ça n'arrête pas. Et il est hors de question que la plaie se referme avec la balle dans les chairs. La main légèrement tremblante, tu enfonces deux doigts dans la plaie. C'est douloureux, mais tu sais que tu as connu pire. Alors tu te contentes de serrer les dents et de grimacer. Tu inspires profondément, tu essayes de te calmer, de saisir le petit bout de métal du bout des doigts. Il t'échappe une fois, mais la seconde est la bonne, puisque tu récupères la balle déformée. Après quelques minutes à jongler, tu soupires, inspires et expires profondément. Tu te calmes, et tu jettes l'objet par terre. « Recommence une seule fois, et j'te jure que je te tue. » Fais-tu entre deux inspirations. Même si tu sais que tu ne le feras pas. Tu t'adosses au mur à nouveau, légèrement courbé. Il t'a fait mal, ce crétin. Tu secoues la tête, réfléchissant à comment l'arrêter. Après tout, il a un avantage avec cette arme. Et tu n'aurais pas le temps de sortir ton flingue qu'il se remettrait à tirer. Essayant de retrouver une expression un peu moins douloureuse, tu reprends alors, une fois, une dernière. « Ce baiser Samael. C'est parce que j'ai jamais arrêté de t'aimer. Et quoi que tu en penses, en dises. Je t'aimerais toujours. » Tu relâches un peu ton bras, et tu le regardes. Il peut continuer à tirer s'il veut. Puisque, au final, ça a toujours été lui, le réel maître du jeu.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Ven 27 Déc - 22:08

Tu es mort et pourtant éveillé. Tu es mort et pourtant tu bouges. Tout est confus, cela n'aurait jamais dû arriver et pourtant c'est bel et bien ce qui est en train de se passer. Quelle sensation étrange, grisante et douloureuse. La transformation. Tu avais pensé la vivre un jour, avant de choisir une toute autre voie, mais tu n'avais jamais pensé que ce serait aussi étrange. Ton instinct semble vouloir prendre le dessus, c'est extrêmement complexe. Tu veux mordre, tu veux boire, répondre à l'appel du sang. Tu en as besoin, pour ta santé mentale. Tu en as besoin, pour survivre. Il faut que tu boives. Sauf que, quelque part, si tu es mort, l'humain ne l'est pas encore tout à fait. Au fin fond de ton esprit, il s'éveille pour t'interdire tout ce que tu veux faire. Douloureuse dualité. Tu veux étancher ta soif mais tu te l'interdis. C'est contraire à tes principes, contraire à tout ce que tu as toujours été. Au diable tes principes, tu as soif, tu n'es plus tenu par toutes ces histoire. Si, justement. S'il y a bien une chose que tu craignais, c'était cet instinct, cette soif, tout ce qui pouvait te faire oublier ta réelle nature. Aujourd'hui que tu y es confronté, tu n'as pas l'intention d'y céder. Tant qu'à faire, autant te prouver que tu es capable de rester toi-même. Ce sera sans doute très douloureux mais tu peux le faire, prouve-le. Facile à dire... Tu n'y parviendras pas seul, il faut que tu te concentres sur autre chose que cette odeur envoûtante... Tu es perturbé, perdu, tu as peur mais c'est surtout la colère qui prend possession de ton esprit tandis que tu franchis rapidement la distance qui te sépare de lui, le plaquant contre un mur. Tu ne prends pas pleinement conscience de ta nouvelle force, tu essayes de ne pas y faire attention. Toutes ces sensations sont tellement grisantes, il ne faut pas prendre le risque de céder à tes pulsions... Tu le vois juste grimacer sous le choc mais tu ne cherches pas plus loin. Ce n'est pas agréable ? Tant mieux.

Tu lui cries dessus. C'est tout ce que tu t'autorises à faire dans ton état. Tu ne peux pas sortir, tu ferais un massacre. Tu as peur de ce que tu pourrais faire, peur de ce que tu es devenu, de ce qu'il a fait de toi. Tu ne veux pas devenir comme lui, tu ne seras jamais comme lui. Il t'a une nouvelle fois détruit ton univers. Pourquoi l'a-t-il fait ? Pour te détruire un peu plus ? N'a-t-il donc pas l'impression d'en avoir suffisamment fait ? Non, apparemment pas. Tu finis par le lâcher et t'éloigner avant de faire une chose que tu regretterais par la suite. Tu t'écartes, paniqué. Ton regard se tourne à nouveau tout naturellement vers le cadavre, tu es une fois de plus attiré, mais pour la seconde fois tu te raisonnes, tu te l'interdis. Ne complète pas la transformation et tout sera rapidement fini. Définitivement cette fois. Il faut que tu résistes suffisamment longtemps et, malheureusement, tu as peur de ne pas y parvenir... Il n'a pas besoin de se justifier ? Ses mots viennent amplifier cette colère qui brûle au fond de ton regard aux reflets carmins. Tu ne le crois pas. Il s'en fiche de ta famille, de ton peuple. Il n'en a jamais rien eu à faire. Et oui, il avait le choix, celui de respecter ta volonté et donc te laisser mourir. Il ne l'a pas fait. Il peut bien être énervé contre toi, tu n'en as rien à faire. Tu le détestes, tu le hais. Tu reprendrais bien la parole por lui lancer une remarque acerbe mais tu te contentes de cesser les poings et de te taire. C'est le mieux à faire, il faut que tu te calmes. C'est un cadeau qu'il t'a fait ? Tu lui lances tout de même un regard noir qui veut tout dire. Non, à tes yeux, c'est une malédiction qu'il vient de t'offrir et tu n'en veux pas. Quant à ses conseils, il peut se les mettre où tu le penses. Le silence est une meilleure arme que les mots, parfois. Moins dangereuse pour toi mais tout aussi parlante. Tu le hais, plus qu'à n'importe quel moment. Peu importe combien tes sentiments sont amplifiés, s'il le dit, tu le hais sincèrement. Tu l'as toujours haï ? Non. Tu secoues la tête, un pincement au cœur. Non, c'est faux et il le sait, tu ne le haïssais pas. Et pourtant... Ton regard ne change pas, brûlant toujours de colère. S'il veut entrer sur ce terrain...

-Je ne t'ai jamais haï, jamais autant qu'aujourd'hui en tous cas.

Tu ne l'as jamais haï tout court, sauf peut-être lors de cette fameuse première soirée dans le bar. Tu le haïssais, puis ta haine s'est évaporée pour laisser place à quelque chose d'aussi puissant mais de bien plus doux : de l'amour. Depuis, tu ne l'as plus jamais détesté, pas même suite à la mort de ton cousin. Tu étais blessé, certes, tu te savais incapable de lui pardonner une telle trahison, mais tu ne le détestais pas. Aujourd'hui, oui. La colère se fait sourde, elle devient glace quelques instants, tandis que tu le toises. Il a voulu jouer, il va perdre rapidement. Tu meurs d'envie de lui arracher la tête, tu en serais bien capable à présent. Surtout qu'il te suffit d'un geste pour récupérer ton épée et il est suffisamment proche pour que tu puisses l'éliminer définitivement de ton chemin. Tu pourrais le faire. Tu ne le fais pourtant pas. Tu reprends une vieille manie, une manie que tu avais pourtant perdu ces dernières années : tu poses des questions. Tu étais condamné bon sang, pourquoi a-t-il fallu qu'il se ramène ? Pourquoi a-t-il fallu que cette guerre parvienne aujourd'hui jusqu'à ton palais ? Les vampires ne pouvaient-ils pas attendre un petit mois ? Tout aurait été plus facile pour eux, tu ne serais plus. La colère t'aveugle, tu cherches à te calmer en frappant la table. Peine perdue. Tu es un vampire, tu détruirais la table avant d'en ressentir la douleur. Et tu es blessant, t'en rends-tu compte ? Plus ou moins. Tu veux l'être sans pour autant prendre conscience de la portée de tes mots. Tu veux que tout cela cesse, tu étais bien, dans l'au-delà, pourquoi a-t-il fallu qu'on te ramène ? Tu ne voulais pas revenir, tu aurais juste été en paix... Sauf que là, une nouvelle vague de colère manque de t'emporter. Tu n'as donc été que cela à ses yeux : un jouet ? Quelqu'un avec qui il couchait ? Ton sourire se fait carnassier tandis que tu l'assassines du regard, de plus en plus hors de toi.

-Je me souviens surtout que tu étais celui qui en demandait le plus.

Et toc. C'est lui qui te retenait, lui qui venait te chercher, lui qui était incapable de se passer de toi. Certes, toi aussi tu le cherchais, tu avais besoin de sa présence, mais ton rang t'a toujours imposé une certaine distance. Tu résistais plus facilement, tu n'allais pas le chercher à chaque fois que tu avais besoin de lui. Tu résistais comme tu résistes aujourd'hui à l'appel du sang : difficilement, mais tout de même assez. Allez, calme-toi donc, Tudor. Il faut que tu te calmes avant de faire une bêtise que tu regretteras par la suite. Alors tu fais la seule chose qui peut réellement te calmer : tu joues avec le jeton de casino que Lyokha t'a offert il y a bien des années de cela, quand tu n'étais encore qu'un enfant. Il ne faut que quelques secondes, quelques gestes pour qu'une partie de ta rage s'évapore. Bien, c'est mieux ainsi. Même si tu es à présent plus enclin à céder à tes pulsions, tu te concentres à nouveau pour résister, pour ne pas bouger. Et une nouvelle question fait son apparition dans son esprit. Il t'a embrassé, alors que tu sombrais dans l'inconscience. Inutile de le nier, tu le sais. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait cela ? Tu as touché juste, à le regarder. Il ne s'y attendais très certainement pas. Toi non plus, tu devais mourir, mais pourtant ce sont bien ses lèvres que tu as senties sur tes lèvres. Tu veux comprendre ce dernier point avant de disparaître. Pourquoi t'a-t-il embrassé ? Parce que ton corps lui manque ? Tu secoues simplement la tête. Non, tu n'es pas dupe.

-Tu es un bien mauvais menteur, Volkov.

Volkov. Pas Lyokha. Tu mets de la distance entre vous, volontairement. Tu le hais, qu'il recule, qu'il s'en aille avant que tu ne fasses quelque chose de regrettable. Sauf que, avant que tu aies le temps de réagir, il glisse une main sur ta joue, étalant du sang sur ta peau. Ta réaction est vive, instinctive : ta main vient s’abattre sur sa joue, sans la moindre retenue. Mieux, tu le repousses juste après tandis que, de ta manches, tu essayes de retirer le sang qui colle à ta peau. Cette odeur... Si délicieuse, si enivrante, si... Parfaite... Non, tu n'as pas le droit de céder, il ne faut pas. Mais par le sang de tes ancêtres, qu'est-ce que c'est douloureux de résister... C'est très certainement la pire tentation à laquelle tu as jamais dû faire face. Tu en meurs littéralement d'envie, tout ton être te crie de céder mais tu t'y refuses. Ton côté humain ne s'est toujours pas évaporé, il est bien présent et se bat du mieux qu'il peut pour continuer à exister. Il ne faut pas que tu t'oublies, il ne faut pas que tu te perdes... Et l'ex-blond qui parle, encore et toujours... Il incarne parfaitement bien la tentation. Tu n'as pas besoin des menaces, tu n'as pas peur de lui. Tu n'auras jamais peur de lui. Il t'a déjà tué, que peut-il faire de plus ? Recommencer ? Tu ne demandes plus que cela : mourir une seconde fois, définitivement. Tu n'as pas besoin de son aide pour cela. Tu pourrais aussi utiliser ton pistolet, tu as des balles spéciales anti-vampires. Sauf que le suicide ne fait pas parti de tes options. Tu secoues simplement la tête et tu te décales contre la table. Non, tu ne boiras pas. Tu t'y refuses catégoriquement. Même quand il se répète, même quand il t'attrape par la nuque et te jette à terre, dans la flaque de sang. Non, non, non... C'est mauvais, il y en a plein partout sur tes mains, sur tes vêtements... Tu sens tes crocs s'allonger de nouveau. Tu vas craque, tu veux craquer, tant pis pour l'ancien Samael, tu vas... Non. NON ! Haletant, tu te redresses et t'éloigne du cadavre. L'envie brille au fond de tes yeux, la culpabilité, la douleur, le désespoir, la rage aussi... C'est mauvais, très mauvais... Tu ne regardes pas le vampire, tu t'y refuses. Il a tout son temps ? Non, il n'a que peu de temps, parce que tu ne 'vivras' pas longtemps dans cet état incomplet. Pour ta famille ? Ils sont prêts à vivre sans toi. Ce qu'il reste de ton empire ? Peut-être un peu moins. Tu ne peux pas abandonner les tiens, et pourtant tu savais que tu mourrais. Qu'auraient-ils fait sans toi ? Autre chose, très certainement. Tu serres les dents, détachant avec peine ton regard du cadavre pour le regarder... Tiens, tu n'avais pas vu qu'il était retourné près de la porte.

-Comme tu l'as si bien dit tout à l'heure, je ne suis pas fait pour être empereur. Je n'ai jamais été taillé pour ce rôle. Certains auront de bonnes idées, ils guideront les humains sur la bonne voie en mon absence. Quant à ma famille, ils savent que je ne reviendrai très certainement pas. J'ai toujours tout prévu.

Tu te tais enfin. Tu ne sortiras jamais d'ici, tu mourras dans cette pièce, d'une manière totalement pathétique. Seulement, quelque chose vient te perturber. Quelqu'un passe derrière la porte puis revient en arrière. Allié, ennemi ? C'est un jeune soldat de ton empire qui pénètre dans la pièce. Non, non il ne faut pas qu'il entre ! Tu secoues la tête, dans l'espoir qu'il fasse demi-tour, qu'il s'éloigne, mais il est déjà trop tard. Lyokha l'a attrapé, tu vois ce canif tu la gorge du jeune homme. Une seconde, tu te dis que plutôt que ce soit une lame, tu préférerais que ce soient tes crocs qui s'y trouvent, plantés dans sa chaire. Cette idée s'évapore aussitôt tandis que tu t'avances rapidement, lâchant un « Non ! », dans l'espoir d'arrêter le geste de l'ex-blond. Peine perdu, la lame vient trancher la chaire et, impuissant, tu le regardes s'écrouler, se vidant de son sang. Tu trembles. D'envie, de colère. Tout ce sang, c'est une nouvelle tentation... Tout ce liquide qui t'appelle... Mais il a osé. Il a osé le faire, avec son petit sourire sadique que tu meurs de lui faire ravaler. Il faut que tu l'arrêtes, tout de suite. Tu le ne laisseras pas faire de toi un monstre tel qu'il est. Tu t'y refuses catégoriquement. Faire pression sur toi est une mauvaise idée, parce que tu es un Tudor, personne n'a le droit de te mettre au pied du mur. Et quand cela arrive, tu fais tout pour reprendre la main. Tu ne le laisseras pas gagner. D'abord le stopper. Ensuite, fermer la porte. Tu peux tout arrêter ? Oh que oui, et il semble oublier que tu sais être dangereux. Il semble oublier que tu es un chasseur dans l'âme. Il n'est pas le seul prédateur ici, il n'a jamais été le seul. Subtilement, tu récupères l'un de tes pistolets. Celui chargé avec des balles normales, peu dangereuses pour lui. Pourquoi ne pas utiliser une balle anti-vampire ? Pas contre lui, tu ne veux pas, tu ne peux pas... Tu as beau le haïr, tu ne pourras jamais essayer de le tuer... Il n'a pas le temps de voir ce que tu prépares que tu tires, prenant moins d'une seconde pour viser. La balle vient se loger dans son bras, comme prévu. Son hurlement te fait mal au cœur mais ta colère est bien trop forte pour que cela puisse t'affecter autant que cela le devrait. Tu ne le regardes pas essayer d'extraire la balle, tu vas plutôt fermer la porte à clé, avec ce fameux trousseau qui ouvre toutes les portes et qui ne t'a jamais quitté. Vous êtes enfermés, et il peut toujours t'insulter, tu n'en as rien à faire.

-Tu pouvais faire plus distingué. En attendant, on va tous deux rester coincé entre ces quatre murs. Ne recommence jamais une telle chose, encore moins devant moi. Parce que le prochaine balle que tu te prendras fera bien plus de dégâts, tu peux en être certain.

Tu en profites pour aller récupérer le cadavre du jeune homme, le tirant à l'écart de l'ex-blond. En un geste aussi doux que tremblant, tu lui fermes simplement les yeux, essayant de ne pas céder à l'envie de le mordre. Tout ce sang... Trop de sang... Trop. Vraiment trop. Non, ne pas céder... Recommence et il te tue ? Tu relèves les yeux vers le russe, un sourire carnassier étirant tes lèvres, comme pour dire qu'il n'en aura pas le temps et qu'il le sait bien. Non, tu bluffes. Peut-être encore le comprendre ? Te connaît-il encore assez pour savoir que tu es incapable de le tuer ? Tu n'en sais rien, tu espères que non. Ce sera plus facile s'il te pense capable de l'éliminer de ta route. Seulement, lorsqu'il reprend la parole, ses propos te déconcertent. Il n'a jamais arrêté de t'aimer ? Jamais ? Il t'aimera toujours ? Mais... Pourquoi ? Pourquoi l'avouer aussi clairement ? Pourquoi ne peut-il pas tout simplement te détester ? Pourquoi agir de cette manière avec toi ? Tu secoues la tête, ta colère semblant s'évaporer quelque peu. C'est étrange de l'entendre le dire. C'est perturbant. Tu baisses les yeux. Cadavre. Sang. Non, stop. Autant te concentrer sur lui, ce sera peut-être plus facile. Oui, voilà, concentre-toi sur lui. Tu laisses le corps sans vie derrière toi et tu t'avances prudemment jusqu'à lui. Ton flingue reste dans ta main, tu veilles à ce qu'il ne s'en empare pas. En y pensant, tu as toujours ton garrot et la balle doit être restée dans ta jambe... Tant pis, c'est déjà refermé, tu retires alors simplement le garrot. Voilà, une bonne chose de faite. Ensuite, tu ranges l'arme à sa place et viens poser tes mains contre le mur, de part et d'autre de sa tête. L'incendie au fond de ton regard s'est quelque peu calmé mais qu'il ne s'y fie pas, il peut repartir d'une seconde à l'autre. Tu le fixes droit dans les yeux, purement et simplement.

-Peut importe ce que tu diras, je passerai toujours après. Après tes alliés, tes pulsions, ton égoïsme. Mais, si tu tiens à le savoir...

Ta voix se fait simple murmure. Tu es proche, très proche, trop proche. Que fais-tu donc, Samael ? Tu ne sais pas trop. Pour l'instant, il y a une chose que tu désires plus que le sang, qui t’obsède bien plus : lui. Une fois, une dernière fois, une ultime fois. Juste parce que cela fait dix longues années que tu lui résistes, dix longues années qu'il te manque, même si tu as enfermé ces sentiments au plus profond de ton cœur... Tu te rapproches encore un peu, vos souffles, pourtant quasi-inexistants, se mêlent... Tu frôles ses lèvres, tu en as envie, tu en as besoin... Tu cèdes. Tu viens l'embrasser, purement et simplement. Cette sensation t'avait tant manquée, tu ne peux que fermer les yeux, surtout qu'il répond à ce baiser... Il n'a pas changé sur ce point... Et tu en es assez ravi, c'est plus facile... Une de tes mains se glisse sur sa nuque, tu approfondis le baiser avec une passion que tu avais oubliée... Tu te sens si bien, presque trop bien... Il ne faut pas, il faut que tu le lâches, tu es marié, tu as deux enfants que tu aimes plus que tout, tu ne peux pas lui céder une nouvelle fois. Tu ne peux plus, tout est fini... Alors tu finis par te reculer, appuyant sur son torse pour l'empêcher de suivre trop le mouvement. Tes yeux restent encore fermés, juste encore un peu, le temps de souffler quelques phrases...

-Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Lyokha... Mais tout est fini...

Oui, tout est fini depuis déjà dix longues années. Tu ne peux pas revenir en arrière, vous avez atteint le point de non-retour depuis déjà trop longtemps. Jamais plus vous ne pourrez reformer ce couple si amoureux que vous étiez. Si ces sentiments sont toujours présents, ils ne resteront jamais que secondaire face au reste. C'est la fin. La fin de tout. Tu te recules enfin, légèrement affaibli. Tu sens tes forces diminuer à nouveau. Tu ne tiendras plus très longtemps dans ton état. Tu arrives encore à résister, tu n'as pas peur de la mort. Tu retournes plutôt t'appuyer contre la table, le temps de te stabiliser... Il te faut juste patienter encore quelques minutes. Ce sera bientôt fini. Tout sera définitivement fini. Et pourtant, quelque chose te dérange. Tu regardes ta montre clignoter dans un rythme très précis, inconnu de bien des personnes. Tu déglutis. C'est le signal de détresse. Ton général a des problèmes. Ton côté empereur reprend alors instinctivement le dessus. Tu ne voulais pas mourir ainsi, quelques minutes plus tôt. Tu voulais protéger tes hommes, tu voulais tous les sauver. S'ils ne peuvent s'en sortir alors que tu as l'occasion de les sauver, tu seras responsable de ces pertes. Tu secoues la tête. Il ne faut pas, tu ne dois pas... Tant pis. Il faut que tu fasses quelque chose pour tes hommes. Vampire ou pas, tu es un Tudor. Tu allumes alors rapidement ta montre, en mode communication. Ton général apparaît, comme soulagé et énervé de te voir.

-Vous êtes encore là ?
-Gardez vos réprimandes. Quelle est la situation ?
-L'évacuation s'est plutôt bien passée, mais les couloirs 3D et 8H ont des problèmes. Les hommes sont débordés, je crains qu'ils ne soient perdus...
-Non... Vous avez l'autorisation de lancer le plan d'urgence. Je m'occupe du couloir 8H. Aaron est encore dans l'autre troupe ?
-Aux dernières nouvelles, oui.
-Alors ils s'en sortiront. Suivez le plan !


Tu interromps la communication. Tout se coupe. Tu sais ce qu'il te reste à faire. Ce n'est pas en t'affaiblissant que tu parviendras à aider quoi que ce soit. Tu es peut-être un mauvais empereur, mais tes hommes meurent par ta faute, comme les deux qui se vident actuellement de leur sang dans la pièce. Tu ne veux pas être responsable de ce genre de massacre. La vie de tes hommes passe toujours en priorité. Tu te mords la lèvre. C'est une très mauvaise idée, ils s'en sortiront sans toi... Mais tu n'es pas du genre à rester les bras croisés alors que des vies s'éteignent. Il faut que tu les aides, il faut faire quelque chose. Mais la seule solution qui se présente à ton esprit te répugne au plus haut point. Boire. Prendre des forces, gagner en puissance pour mieux défaire les vampires. Tes semblables actuellement... Non, tu ne te considères pas comme l'un d'entre eux. Comme Andrew, peut-être à la rigueur, et encore... Tu secoues la tête avant de loucher sur les deux cadavres... Tu déglutis péniblement tandis que la soif se fait à nouveau insistante... Tu veux céder, sincèrement. Et pourtant tu ne veux pas, parce que as l'impression que si tu commences, tu ne pourras plus t'arrêter et tu finiras par perdre toute ton humanité... Et pourtant...

-Je n'ai pas le choix il semblerait... soupires-tu.

Tu n'as plus le choix. Il a raison, si tu veux agir, tu peux le faire mais pour cela, il faut que tu complètes ta transformation. Tu auras tout le temps de mourir plus tard, non ? Un peu de soleil, de la verveine, une privation totale de sang, n'importe quoi, tu peux toujours trouver le moyen d'en finir. C'est ce que tu feras. Après. Tu regardes une dernière fois le vampire. Qu'il voit ce qu'il a fait de toi, qu'il voit à quel point ses actes t'ont changé. Tu vas à l'encontre de tes principes, et pourtant... Tu finis par rejoindre les cadavres. Le premier est presque vide de tout son sang et pourtant... Tu attrapes délicatement son poignet ouvert, appose tes lèvres sur la coupure... Et bois, tout simplement. Le sang coule dans ta gorge, t’enivre rapidement. Tu ne parviens pas à t'arrêter avant de l'avoir entièrement vidé, ce qui est plutôt rapide. Tes yeux ont viré au rouge, tu ne peux plus t'arrêter. Tu te détestes, tu te hais, et pourtant tu ne parviens plus à résister. Tu as trempé tes lèvres dans la coupe de poison, il n'existe plus d'antidote. Il faut que tu boives, jusqu'à ne plus avoir soif. Il faut que tu sois repu. Alors tu passes à l'autre cadavre et, cette fois, c'est dans son cou que tes crocs se plantent, après avoir un peu léché le sang qui coulait sur sa peau. Tu te répugnes au plus haut point mais c'est plus fort que toi. Tu n'arrives plus à te détacher de cette pulsion. Tu fermes simplement les yeux et tu savoures le goût du sang qui coule dans ta gorge. Dire que ce goût, tu le détestais au plus haut point, avant... Là tu as l'impression d'être incapable de t'arrêter. Tu n'y parviens pas, le second corps est rapidement vidé lui aussi. Alors tu le reposes au sol, lentement. Tu... N'as plus soif. Tes yeux sont redevenus aussi noirs qu'avant, tes canines ont retrouvé leur longueur initiale... Tu as presque l'impression d'être humain à nouveau, sauf que ton cœur ne bat plus. Tu regardes à nouveau Lyokha. Tout est confus.

-Es-tu content ? Que ce soit le cas ou non, je n'en ai rien à faire en vérité. J'ai passé trop de temps avec toi, il est temps pour moi de rejoindre mes troupes.

Tu te relèves et tu essuies tes lèvres de tout ce sang qui les recouvre. Partir, maintenant. Il va t'en empêcher, tu t'en doutes. Alors tu ressors ton flingue, canon pointé vers lui. Qu'il ne s'approche pas de toi ni de la porte. Qu'il te laisse partir. Qu'il ne s'approche plus jamais de toi ni des tiens. Qu'il disparaisse, définitivement. Sans le lâcher une seule seconde du regard, tu retournes à la porte, la regarde... Et au final la défonce d'un bon coup de pied dedans. Tu mourais d'envie de faire ce genre de chose, depuis des années. Tu ne peux t'empêcher de rire nerveusement. C'est n'importe quoi. Tu commences déjà à changer, à te lâcher, c'est tellement mauvais... Enfin, il faut bien que tu te détendes un peu avant de gagner le champ de bataille. Tu le regardes, une dernière fois.

-Adieu.

Tu ne l'attends pas, tu t'en vas en courant, sans demander ton reste. Ton pistolet retrouve sa place à ta ceinture alors que ton épée se retrouve à nouveau dans tes mains. Tu es tout de même plus à l'aise avec une lame entre tes doigts. C'est plus personnel, plus aisé à manier. Tu es un guerrier, à la mode temps anciens. Toute la technologie ne remplacera jamais la beauté et toutes les techniques applicables uniquement avec des armes blanches. Tu parcours les couloirs, tu retraces mentalement le chemin pour rejoindre le bon couloir. Mais tu sais que tu dois faire vite, parce qu'on te suit. Tu sais que Lyokha n'est pas loin derrière, il va te rattraper et tu pourrais te retourner, tu sais que tu le verrais à tes trousses. Il ne doit pas t'arrêter, il ne doit plus. Tu lui as dit adieu, une dernière fois. Tu ne le verras plus, jamais. Il en a suffisamment fait, tu ne veux plus le voir. Parce que tu l'aimes, tu l'as toujours aimé et tu continueras, encore. Mais tu ne pourras que vous faire du mal, parce que tu as changé, parce que ton devoir et ta famille passeront toujours avant lui. Peu importe combien tu l'aimes, il t'a perdu...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
♆ métier : Fouteur de m**** (et amant de Samael à plein temps).
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mar 31 Déc - 23:13

Il t'a toujours haï. Tu le lui fais remarquer à voix haute, et apparemment, il n'est pas de ton avis quand tu le vois secouer la tête de gauche à droite. Si si. Il t'a toujours haï. Tu as même du mal à te dire qu'il t'a aimé un jour. Parce que c'est encore trop douloureux de l'admettre, maintenant que tu t'es fait un espèce de lavage de cerveau. C'est trop difficile de regarder la vérité en face, et de se rendre compte de tout ce que vous aviez. Avoir, au passé. Parce que aujourd'hui, il n'y a plus rien. Rien que toi et lui, dans cette pièce, lui qui sans le vouloir, risque de devenir un immortel. L'un des tiens. « Je ne t'ai jamais haï, jamais autant qu'aujourd'hui en tous cas. » Au moins, il l'admet. Il te conforte un peu plus dans ton idée ; il t'a haï. Peut-être pas autant qu'à ce jour, mais il t'a haï. Et peu importe le degré de haine, tout ce qui compte, c'est qu'il t'a haï un jour. Bref. Laissons un peu la colère de côté, intéressons nous de plus près au sujet qu'il vient de balancer sur le tapis. Pourquoi es-tu revenu. Pourquoi est-ce que tu lui pourris la vie. Tes paroles sont dures, tes mots acides. Tu es cruel, et quelque part, tu cherches un peu – et en vain – à le blesser. Juste pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Alors, tu balances tout simplement qu'il n'était rien de plus pour toi qu'une conquête. Quelqu'un avec qui tu couchais pour faire passer le temps. Parce que l'éternité c'est long. Mais c'est purement faux, et vous le savez tous les deux. Lui aussi doit bien le savoir, que tu l'aimais sincèrement, et peut-être même trop, il suffit de voir où tu en es aujourd'hui. Il ne perd pas une seconde pour te répondre, tout aussi cruel dans le choix de ses paroles. « Je me souviens surtout que tu étais celui qui en demandait le plus. » Tu te contentes de secouer légèrement la tête, un petit sourire en coin, alors qu'il te fusille du regard. Il est hors de lui. Tant mieux, c'est ce que tu cherches un peu aussi, car il n'y a rien de pire que la colère pour aveugler quelqu'un, même si tu sais que tous ces changements trop soudains le perdront, s'il ne se raisonne pas un peu. Tant pis pour lui. S'il ne veut pas de ton aide, qu'il assume ses problèmes tout seul. Mais une fois de plus, tu n'arrives pas à raisonner comme un égoïste dans ce sens. Tu viens de lui prendre la vie, d'en faire ton infant. Il est dans ton devoir de l'aider, surtout lui, même si tu sais qu'il cracherait sur toutes tes propositions d'aide. Tu ne réponds rien à son attaque, tu hausses juste légèrement les sourcils pour souligner ton indifférence à ses paroles. C'est bien. Qu'il continue, qu'il déballe toute sa haine à ton encontre. Ce n'est pas comme si cela avait la moindre importance à tes yeux désormais.

Et encore un autre sujet. Celui du baiser. Ce fichu baiser, à demi-innocent. Tes lèvres contre les siennes, une dernière fois, en souvenir du bon vieux temps. Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? Toi même, tu ne le sais plus trop. Certainement était-ce pour t'excuser, une fois de plus. Mais aussi car tu sais que c'était ce que l'ancien Samael aurait désiré ; une fin de vie avec ta main dans la sienne, et un baiser, un dernier, juste pour lui dire au revoir. Elle est là, la vraie réponse. Mais elle est bien loin d'être identique à celle que tu lui fournis. Non, tu préfères lui distribuer un autre mensonge, même s'il est évident qu'il ne va pas y croire. Car ça crèverait les yeux d'un aveugle, que tu mens. Non, tu n'as pas fait ça car son corps te manquait. Tu as fait ça car lui tout entier te manque, même si tu ne peux tout simplement pas le lui avouer. Car se serait dire qu'il a gagné. Ce serait laisser l'ancien Lyokha revenir. Et c'est hors de question. Tu veux qu'il voit le monstre qu'il a fait de toi – non, tu ne dis pas que tu n'en étais pas un avant – car tu n'es plus du tout le même, depuis votre rupture. Tu as énormément changé. En bien, en mal. Tout dépend tu point de vue en réalité. Tu n'es plus le même, c'est tout, et tu veux qu'il s'ancre profondément dans l'esprit que c'est de sa faute. Et un peu de la tienne aussi, quelque part, mais ça, c'est autre chose. Enfin, sans grande surprise, tu te rends compte qu'il n'est pas dupe, lorsqu'il te répond. « Tu es un bien mauvais menteur, Volkov. » Voilà qui a le mérite d'être clair. Et même s'il a raison, il est hors de question de l'admettre. Alors tu reprends immédiatement la parole, plus neutre que jamais, alors que lui semble piétiner dans sa colère. « Peut-être que tu espères simplement que ce soit autre chose que ça. Mais n'y crois pas trop. Tu pourrais tomber de bien haut. » Tu soutiens ta précédente déclaration ; tu as fait ça car son corps te manquait, ni plus, ni moins. Même  s'il n'est pas dupe, même s'il n'y croit pas, tu peux bien essayer, car c'est bien tout ce qui te reste aujourd'hui. Des essais, et toujours des essais, vains pour la plupart.

Tu glisses une main sur sa joue, étalant du sang. Sa réaction est vive et inévitable ; il te gifle violemment et tu n'as d'autre choix que de tourner la tête. Voilà qui t'avait presque manqué. Il essaye d'enlever le sang que tu viens de passer sur sa joue, mais ce n'est pas très intelligent, puisqu'il en étale encore plus, et il en met même sur sa chemise. C'est bien là l'effet recherché, mais ce n'est pas encore suffisant. Alors tu le pousses carrément dans la flaque de sang. Il n'est pas loin de craquer, tu le sens. Il est obnubilé par le liquide carmin, et il en a partout sur lui. Mais tu sais aussi qu'il a une mentalité de fer, et que l'ancien Samael aurait refusé de s'abreuver de sang humain. Alors tu restes sur tes gardes, jusqu'au dernier moment. Tu vas te caler contre la porte, et tu l'observes. Il ne te regarde pas lui, non. Il est trop occupé à résister, et il se redresse fébrilement, encore haletant. Il peine à poser son regard sur toi, et pourtant, il le fait. Il faut croire qu'il va te donner plus de fil à retordre que ce que tu ne pouvais penser. Tant pis, tu as toujours adoré les défis, même si celui-ci est un peu plus délicat que les autres. « Comme tu l'as si bien dit tout à l'heure, je ne suis pas fait pour être empereur. Je n'ai jamais été taillé pour ce rôle. Certains auront de bonnes idées, ils guideront les humains sur la bonne voie en mon absence. Quant à ma famille, ils savent que je ne reviendrai très certainement pas. J'ai toujours tout prévu. » Tu soupires profondément. Et sa remarque sur le fait de tout prévoir te fait sourire, car le Samael que tu connaissais prévoyait toujours tout lui aussi. Comme s'il s'était trop imprégné de son métier d'intendant impérial. Enfin, tu gardes cette remarque pour toi, car ce serait montrer que tu portes un tant soit peu d'intérêt au passé, et ça, c'est tout bonnement hors de question. Tu secoues à nouveau la tête. Car il croit que cette fois, tout va bien se passer ? Il croit que le plan va fonctionner à la perfection ? Qu'il ouvre les yeux, ce n'est pas toi qu'il a à dos, c'est toute une nation de vampires plus ou moins vieux, aux capacités sur humaines. Sans compter les alliés qu'ils ont pu se faire. Même parmi les humains, il doit bien y avoir quelques traîtres. C'est même évident ; en temps de guerre, il y a toujours collaboration par intérêt. Qu'il peut être naïf, s'il s'obstine à croire que tout va se passer comme il le désire. Tu soupires à nouveau, prenant la peine de répondre. « Tu ne peux pas les abandonner. Ton ancienne espèce, Adelina, les enfants. Au mieux, ils mourront tous sans souffrir. Au pire... Le pire est dur à imaginer avec les vampires. Mais je doute que tu veuilles voir ta femme finir dans un trafic d'humains, vendue au prix fort à un vampire. Tu ne peux pas tout contrôler Tudor, encore moins mort. » Tu veux le raisonner. Tu ne sais pas si tu t'y prends bien, si tu utilises les bons arguments, mais la sincérité fait trembler ta voix légèrement. Tu utilises sa famille pour le rallier à ta cause quelque part. Ou du moins, pour lui donner l'envie de survivre pour eux. Tu ne sais pas si ça peut marcher, mais tu continues à l'espérer secrètement.

Un jeune garde rentre. Tu vois la tentative de Tudor, tu le vois secouer la tête, tu vois qu'il veut l'empêcher de faire un pas de plus. Mais c'est trop tard, tu es déjà sur le coup, et la protestation de l'Empereur est loin de t'empêcher d'aller au bout de ton objectif, il ne faut qu'une seconde de plus, et l'humain se retrouve à terre, à agoniser, la gorge tranchée. Tu es mauvais, carnassier, sadique. Tu veux qu'il comprenne, peu importe la manière dont tu t'y prends, que ce gamin n'était que le premier d'une longue liste, s'il ne boit pas. Tu veux qu'il intègre qu'ils vont tous y passer, s'il ne réagit pas. Indirectement, tu joues un peu contre ton camp, mais c'est presque secondaire cette guerre. Tout ce que tu veux, c'est qu'il vive, même s'il est déjà mort. C'est qu'il continue à exister. Tu es bien égoïste, et tant pis. Tu le seras toujours, avec tout le monde, comme on l'a été avec toi. Tu as été généreux en amour, et on t'a tout repris, on t'a bousillé. Tu as été généreux humain, et on t'a dérobé la vie sans te demander ce que tu en pensais. Voilà pourquoi à ce jour, tu es si amer et égoïste. Mais ça, Samael ne peut pas le comprendre. Il ne l'a pas vécu. Pas autant que toi. Un hurlement douloureux, et un gémissement étouffé. La douleur se propage rapidement dans ton bras sans que tu ne l'aies vue venir. Il t'a tiré dessus. Il a osé. Tu grognes et serres les dents, ta colère ravivant tes prunelles bleues, leur donnant l'air plus glacées encore. Tu t'es déjà fait tirer dessus, de multiples fois. Mais là, c'est bien plus douloureux que d'ordinaire. Pourtant, c'est une balle normale. C'est peut-être parce que c'est lui. C'est peut-être parce que c'est dans le bras. En fait, c'est surtout parce que c'est lui, qui a tiré. À charge de revanche, il n'a fait que te rendre la monnaie de ta pièce, alors que tu lui as tiré dans la jambe. L'insultant, tu t'empresses plutôt de retirer la balle, le laissant fermer la porte. Quoi ? Qu'est-ce qu'il fait ? Tu n'as le temps de réagir, vous êtes enfermés tous les deux dans la pièce. Super. De mieux en mieux. Tu l'assassines du regard, non pas parce que tu le hais, mais parce que tu es en colère, et que tu as mal. Un énième grognement s'échappe d'entre tes dents lorsque tu retires le bout de métal de tes chairs. « Tu pouvais faire plus distingué. En attendant, on va tous deux rester coincé entre ces quatre murs. Ne recommence jamais une telle chose, encore moins devant moi. Parce que le prochaine balle que tu te prendras fera bien plus de dégâts, tu peux en être certain. » Terrible, même presque mort, il protège encore les siens. Tu ne peux pas lui retirer cela, c'est sûr. Sa menace te laisse toutefois dubitatif, car tu le sais incapable de te tuer. Il en a eu l'occasion à maintes reprises et il ne l'a pas fait. Il ne le fera pas plus dans quelques secondes, ni demain, ni jamais. Tout comme toi tu as été incapable de le laisser mourir. Il ne peut pas avoir ta mort sur la conscience, pas plus que la sienne sur ta conscience.

Il s'approche d'un des cadavres, l'attrape contre lui et pendant un instant tu te demandes s'il va boire. Il n'en fait rien. Un peu calmé, tu reprends enfin la parole, revenant sur ce fameux baiser. Tu lui en donnes la vraie raison, la seule, l'unique. La véridique. Qu'il te croit ou pas, quelle importance, tu ne peux pas te montrer plus sincère. Il repose le mort au sol, et finit par se relever. Tu le regardes approcher sans ciller, et on peut noter un léger changement de comportement chez toi ; ta colère s'est évaporée comme elle est arrivée, soit bien vite. Tu le suis simplement du regard, alors qu'il retire son garrot et range son pistolet. Au moins il ne compte pas te tirer dessus, c'est une bonne chose. Il ne répond pas à ce que tu viens de dire, et cela te laisse espérer que tu l'as atteint. Au moins un peu. Que tu as vu juste, touché une partie de l'ancien lui. Ce n'était pas le but premier, mais ce n'est pas plus mal. Silencieux, tu l'observes toujours, alors qu'il approche, jusqu'à poser ses mains de part et d'autre de ta tête. Tu le laisses faire en le détaillant, simplement. Tu ne souris plus, et tu as cette espèce de douleur ancrée au fond du regard. Elle n'a jamais vraiment disparue, tu t'es toujours contenté de la camoufler, en fait. « Peu importe ce que tu diras, je passerai toujours après. Après tes alliés, tes pulsions, ton égoïsme. Mais, si tu tiens à le savoir... » Tu aimerais lui dire que non, tu aimerais lui dire que si c'était à refaire, tu laisserais tout tomber pour lui. Tu aimerais lui dire qu'il passerait avant tout, et que tu deviendrais celui qu'il attendait. Mais non. C'est trop tard. Trop tard pour s'excuser, pour dire que tu aurais pu faire mieux, trop tard pour dire qu'il a tort. Il a raison et vous le savez l'un comme l'autre, inutile de le nier. Tu gardes tes yeux posés sur sa personne, alors qu'il se fait proche. Beaucoup trop proche pour que le geste soit innocent. Tu ne respires presque plus en fait, tu restes juste paralysé sur place, sans oser le moindre mouvement. Il ne bouge pas, et la tension monte, un peu plus encore. Qu'est-ce qu'il attend de toi ? Qu'est-ce qu'il compte faire ? T'achever, c'est évident. Il t'embrasse. Et si tu ne t'y attendais pas vraiment, ta réaction est immédiate ; tu réponds à son baiser sans même réfléchir, avec une fougue que tu ne te connaissais plus. Sentir sa main sur ta nuque te fait frissonner, et tu glisses les tiennes au creux de son dos, le rapprochant de toi. Tu voudrais que les choses restent ainsi. Qu'il t'aime encore, au point de s'enfuir avec toi. Tu aimerais que tout cela fonctionne, que vous puissiez vous exiler, et vous faire oublier. Tu aimerais que tout cela soit encore possible, mais en attendant, tu fermes les yeux, et tu te concentres sur ses lèvres, et uniquement sur lui. Tu n'as pas envie de le lâcher, pas le moins du monde, malgré tout le mal que vous vous êtes faits, tu refuses catégoriquement de le laisser partir. Et pourtant, vient un moment où tu sens sa main sur ton torse, et lui qui te repousse, presque à contre cœur. Tu suis le mouvement autant que tu le peux, mais bien vite, tu abandonnes, et tu gardes ton front contre le sien, quelques instants. Le temps de reprendre tes esprits, de te rendre compte de ce qui vient de se passer. De ce qui s'est réellement passé, et ce dont il est l'instigateur. Il t'a embrassé. « Je n'ai jamais cessé de t'aimer, Lyokha... Mais tout est fini... » Ses mots se posent sur tes lèvres, et un triste sourire égaye tes traits. C'est presque rassurant de savoir que tu ne l'as pas aimé dans le vide, tout ce temps. Presque rassurant de savoir que non, lui non plus, il ne t'a jamais oublié. Tu te mords un peu la lèvre inférieure, secouant imperceptiblement la tête de gauche à droite. Non, ce n'est pas vrai. Rien n'est fini. Rien ne sera vraiment fini, seulement quand l'un d'entre vous mourra. Si tenté que ce jour arrive, tôt, ou tard. Tu ne réponds rien à ses mots, car c'est bien trop douloureux, et alors qu'il se dérobe, tu reposes ta tête contre le mur derrière toi, le regardant s'éloigner. Tu as encore la sensation de ses lèvres sur les tiennes, encore la douceur de ses doigts sur ta nuque. Tu as mal, profondément mal. Parce que tu pensais l'avoir oublié, tu pensais être passé au-dessus de tout cela, et tu te rends compte que non. Tu te rends compte que tu serais encore capable de tout lâcher pour lui. Ton cœur se serre, du moins, tu en as l'impression. Ton regard fixe un point dans le vide de la pièce, si bien que tu ne vois pas ce qui se passe. Tu ne vois pas qu'il reçoit un appelle de son général. Tu ne vois rien de tout cela, bien trop occupé à contempler ta douleur qui te nargue. Tu captes quelques mots brièvement, des bribes, comme quoi la situation leur échappe. Il y a quelques heures encore, tu t'en serais réjouis. Pour le coup, tu n'en as plus rien à faire. Tu restes absent, là, au milieu de cette pièce.

Tu reviens à toi, et tu le vois regarder les deux corps étendus au sol. « Je n'ai pas le choix il semblerait... » Tu prends une expression un peu plus dure, comme si tu passais à autre chose. Comme si tu ignorais ce qu'il vient de se passer. Il te regarde, et c'est neutre que tu hoches un peu la tête, comme approuvant ses propos. « C'est la meilleure chose à faire. » Fais-tu simplement. Tu croises les bras et tu le regardes approcher des cadavres encore tièdes. Il s'attaque au premier, et boit. Tu ressens un léger quelque chose, comme une libération, quelque part. Tu ne sais pas trop, cela reste confus. Il entame le second en plantant ses crocs dans son cou, tu le suis juste du regard. C'est étrange de te dire que c'est Samael qui boit. Étrange de te dire que c'est à cause de toi. Étrange tout simplement. Il termine de se nourrir et te fixe, à nouveau. Il n'est pas heureux. Tu le sais bien, pas besoin de le regarder dans les yeux pour le savoir. Il t'en veut, mais ça aussi, c'est une évidence. « Es-tu content ? Que ce soit le cas ou non, je n'en ai rien à faire en vérité. J'ai passé trop de temps avec toi, il est temps pour moi de rejoindre mes troupes. » Réveille-toi Lyokha, ce baiser ne voulait strictement rien dire. C'était sa manière à lui de te dire au revoir, de te blesser un peu plus encore avant de s'enfuir tu ne sais où, à la rescousse de son empire perdu. « De rien, ça m'a fait plaisir à moi aussi, de t'aider. T'aurais jamais dû m'embrasser. Comme tu l'as si bien dit, c'est fini. Alors ne refais jamais ça. Jamais. » Parce que ça te fait trop mal, parce qu'il ne fait que te montrer un peu plus ce que tu as perdu. Mais tu as l'impression que tu parles dans le vent, il sort son arme et la pointe sur toi à nouveau. Tu prends un air un peu fier, soulevant le menton, soutenant son regard sans peine. Qu'il tire si c'est ce qu'il veut, ça ne te blessera pas plus que la précédente. Il te contourne et s'approche de la porte. Tu as compris ; il veut s'enfuir. Il doit partir. Tu hésites un instant, entre le retenir et le laisser faire. Non, ce n'est certainement pas son arme qui va te dissuader d'agir. Il défonce la porte et te jette un dernier regard. « Adieu. » Tu n'ajoutes rien, tu le laisses juste prendre la fuite. Tu as soudainement plus de mal à respirer, tu passes une main contre ton torse, là où ton cœur battait autrefois. C'est encore douloureux, quoi que tu en dises. Il te fait encore du mal, même si tu ne peux pas l'admettre. Tu le regardes s'éloigner un bref instant, et tu finis par taper dans le mur. Tu as tout envoyé en l'air pour lui. Pour celui qui était humain, et qui aujourd'hui, est un vampire qui va combattre les siens. Tu secoues la tête et sors de la pièce à ton tour. Tu en as fait assez comme cela. Vraiment.

+++

Deux jours se sont écoulés. La nuit vient de tomber sur Cinis Luna, et tu avances les mains au fond des poches de ton manteau sombre au milieu de la grande rue. Tu arrives devant le palais impérial, tu y portes un bref regard. Ravagé. Depuis que les vampires en ont fait un siège de plus, il ne ressemble plus au palais d'autrefois. Il a perdu un petit quelque chose. Les batailles l'ont terni, le sang a teinté les murs de manière macabre. Lucky à tes côtés regarde le palais d'un air un peu triste, un peu mélancolique. Elle n'aime pas cette guerre. Elle n'est pas impliquée, et a décidé de ne jamais l'être. Tu ne sais pas pourquoi elle aime les humains, tu ne sais pas pourquoi elle les apprécie et les considère bien plus que la plupart des vampires. Elle aimait bien ce palais, elle le trouvait majestueux. Aujourd'hui, il résiste, mais il a perdu de son éclat, voyant son état de se dégrader peu à peu. « Quel dommage, ce palais était magnifique. » Ses yeux bleus-verts se détachent enfin de l'architecture parfaite du bâtiment, revenant sur la rue qui s'étend un peu plus loin, celle que vous empruntez depuis un bout de temps déjà. « Et qu'en est-il de la famille impériale ? » Tu hausses un peu les épaules, ne voulant trop rien dire. Tu ne sais pas ce qu'est devenu Samael. Tu ne sais même pas s'il est encore en vie, s'il s'est tué. S'il a retrouvé sa famille. Tu n'en sais strictement rien, et quelque part, cela te tanne de le savoir. Il t'obsède, tu ne fais que penser à lui depuis ce fameux baiser. Tu veux juste le sortir de ton esprit, qu'il sorte de ta tête, un peu... Mais ce n'est pas si simple. Tu es perdu dans tes pensées et vous avancez, tellement perdu que tu ne vois pas qu'elle te parle, qu'elle te pose une question. Elle soupire profondément et reprend, captant enfin de ton attention. « Tu penses encore à lui ? » Tu fronces un peu les sourcils, posant ton regard sur elle. Elle te connaît si bien. « Lorenza, je... » Elle sourit un peu. Elle a été là pour toi, quand lui est parti. Elle t'a protégé de toi-même, plus ou moins bien, et aujourd'hui, tu sais qu'elle lui en veut de t'avoir fait du mal. Elle ne le déteste pas, elle est incapable de détester. Mais elle ne l'apprécie plus autant qu'à l'époque ou tu étais avec lui. Elle ne lui fait plus confiance. Et pourtant, elle se range de son côté. C'est toujours ainsi de toute façon ; tu passes toujours pour le méchant dans l'histoire. « Tu dois l'aider Lyokha. » Tu secoues la tête négativement. Tu n'as pas envie. Ou du moins, tu ne crois pas. Car une part de toi hurle que c'est ce que tu dois faire. Une infime partie te crie que tu lui dois bien cela, après tout le mal que tu lui as fait. « Non. » Elle plisse un peu le font, et son bras se crispe autour du tiens. Tu regardes à nouveau en face de toi. « Si Lyokha. Tu lui dois bien ça. Tu ne lui as pas laissé le choix. Tu as fait de lui l'un d'entre nous. Il ne surmontera pas cela seul. » Tu t'obstines à secouer négativement la tête. Il est vrai que tu as toujours surveillé tes infants, de loin comme de près, tu t'es occupé d'eux jusqu'à ce qu'ils décident de devenir indépendants. Tu as gardé contact avec certains, comme Lucky, et plus du tout avec d'autres, comme Satine. « Il est fort. Et quand bien même je me proposerais, il cracherait sur mon aide. Il n'a pas besoin de moi, et je n'ai pas besoin de lui. » Tu es froid, et dur. Comme toujours depuis dix ans. Elle secoue la tête à son tour, peu d'accord. « Et tu es si sûr de cela ? » Elle t'a arrêté. Une certaine colère fait trembler sa voix, et tu lis cette même colère au fond de ses yeux. Tu la dévisages un instant, elle en fait autant. Tu as besoin de lui. Mais il est hors de question de l'admettre. Si lui a besoin de toi, c'est une toute autre histoire. « Comment est-ce que tu peux te ranger de son côté. Il m'a détruit. Il m'a fait plus de mal que personne ne m'en a jamais fait depuis des siècles. Et je devrais encore lui tendre la main ? Je devrais encore jouer les bon samaritains ? Il me hait Lorenza. Il me hait. » Tu serres les dents. À ton tour, tu t'énerves, bien que ce soit moins visible chez toi. Elle semble se calmer, et en un soupir, elle reprend la parole. « Il ne t'a jamais haï Lyo. Retrouve-le. Tu dois faire ce que tu peux pour lui. Essaye, au moins. »

Deux heures se sont écoulées. Et cela fait précisément trente-deux minutes que tu es assis dans ta voiture, à regarder en face de toi, phares éteints, le véhicule à l'arrêt. Où es-tu ? Au milieu des plaines. Quelque part au milieu de ce désert vert, en pleine nuit. Qu'est-ce que tu fais ? Tu le cherches lui. Et tu as précisément une idée d'où tu pourrais le trouver. Par déduction, tu t'es dit qu'il se serait réfugié dans un endroit isolé, loin des populations. C'est ce que tout vampire nouveau-né trop humain mentalement aurait fait, pour ne pas blesser ses anciens semblables. Et il y a un seul endroit qui t'est venu à l'esprit, un endroit qu'il t'a montré, et que vous connaissez très bien l'un comme l'autre. Un endroit un peu boisé, avec une clairière, et un lac qui borde une rivière. Un endroit où il t'a entraîné, et où vous avez passé certaines des plus belles nuits de votre vie en commun. Des fois, tu y es retourné, quand ça faisait trop mal. Et tu as essayé d'oublié ce lieu, où tu avais l'impression de le revoir au milieu du lac, allongé dans l'herbe un peu plus loin, ou à se cacher derrière un arbre. Et aujourd'hui, tu y es de retour, croisant les doigts pour qu'il y soit. Tu te décides enfin à sortir de la voiture, fermant derrière toi. Encore une fois, tu glisses tes mains dans tes poches, et tu sors de là, allant en direction de cette fameuse clairière bordant le lac. D'un côté, ce serait plus simple s'il n'y était pas. D'un autre, tu sais que tu dois le trouver, absolument. Un soupir pour briser le silence, et te voilà parti en direction de ce lieu qui hante encore tes souvenirs. Rapidement, tu débarques là bas, et tu vois une silhouette sombre s'y dessiner, faisant face au lac. Plus discret que jamais, tu t'approches, et lorsque tu penses être assez près, tu te décides à prendre la parole. « Tu te souviens, la fois où tu m'as poussé dans le lac, et que je t'ai entraîné avec moi ? Moi je m'en souviens, car j'avais perdu la moitié de mes fringues dans l'eau. » Un sourire mélancolique se dessine sur tes lèvres, alors que tu t'autorises un rapide retour en arrière. Tu attends qu'il se retourne qu'il constate ta présence et tu reprends alors. « Je savais que je te trouverais là. »

Tu t'approches un peu, tu oses le faire. Il n'a aucune raison de t'attaquer ; tu n'es pas en colère, aucune animosité ne t'habite et tu es loin d'être menaçant, les mains dans les poches, au milieu de cette clairière. Tu viens te planter juste à côté de lui pour contempler la vue sur le lac. Il peut te frapper, tenter ce qu'il veut, tu n'en as rien à faire. Tu partiras s'il le demande. Tu n'as pas envie de te battre, et tu es fatigué, las de lui courir après. « Je sais déjà ce que tu vas dire. Tu veux que je dégage, que je m'en aille. Et sais-tu, je suis fatigué de me battre. Donc si c'est ce que tu veux, je partirais. » Ta voix est emprunte de sincérité. Tu es calme, et tu viens en paix. Tu n'as pas envie de passer ta soirée à lui taper dessus ou à lui courir après. Tu as assez donné comme ça, surtout avec lui. Tu le regardes enfin, neutre, un très léger sourire habite encore tes lèvres, mais tu n'exprimes pas grand chose en somme. « Je sais aussi que tu vas dire non. Mais tu as besoin de mon aide. Et tu le sais, tu le sais parfaitement. Tu as besoin de mon aide si tu veux pouvoir revoir tes enfants un jour. Tu as besoin de mon aide si tu veux revoir Adelina. Parce que tu peux être fort Samael, tu ne passeras pas à travers cela seul. C'est beaucoup trop d'un coup, crois-moi. » Tu fronces un peu les sourcils, le regardant, le détaillant même sans aucune retenue. Une question te brûle les lèvres, même si tu ne la poseras pas ; comment s'est-il nourri ces deux derniers jours ? S'il est nourri bien entendu, et le problème est là, le connaissant, tu doutes qu'il en ait pris la peine. Et c'est bien ce qui t'inquiète, même si tu ne le montres pas du tout. Tu ne reviens pas sur ce qui s'est passé deux jours plus tôt, c'est inutile d'après toi. Tu n'as pas envie de revenir sur sa transformation, sur ce baiser échangé. Sur le fait que tu ne lui as pas couru après, comme tu aurais dû. Sur rien de tout cela, c'est totalement inutile d'après toi. Tu baisses les yeux un instant, serrant légèrement les dents. Les excuses, ce n'est pas vraiment ta tasse de thé, ça ne l'a jamais été. Mais tu lui dois bien ça, même si elles sont dissimulées dans une ou deux phrases soigneusement choisies. « Je sais qu'il est trop tard pour revenir en arrière. Alors tu peux me haïr, mais laisse-moi au moins t'aider. » Tu ne sais pas si c'est très utile de le lui demander, puisque de toute façon, tu n'as pas envie de lui laisser le choix. Tu visses tes yeux dans les siens pour un court instant, soupirant un peu. Tu n'es pas très à l'aise à vrai dire. Tu ne sais pas trop sur quelle corde jouer, avec lui qui te connaissait si bien autrefois, mais qui aujourd'hui, ne doit plus comprendre grand chose de celui que tu es devenu. Tu te mords un peu l'intérieur de la lèvre, et tu reprends, une dernière fois. « Et... Pour ce qui s'est passé dans cette pièce, entre toi et moi. On peut tout oublier. » Hé oui, bien entendu. Tu y reviens toujours, à ce fameux baiser.

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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mer 1 Jan - 23:05

Il ment. Il ne peut que mentir. Tu n'étais pas que le coup d'un soir pour lui, tu n'étais pas qu'un passe-temps et tu le sais parfaitement. Tu as beau le haïr sur l'instant, tu n'es pas dupe. Peu importe combien de fois il le niera, tu sais que tu as raison. Alors quand il réaffirme ses propos, tu l'écoutes à peine. Tu n'espères pas que ce soit autre chose, tu sais qu'il y avait une autre raison. Tu sais qu'il a menti et il sait que tu sais. Pourquoi s'obstiner ? Pour sauver les apparences ? Allons bon, comme si cela servait à quelque chose. Vous vous êtes aimé, tout est fini, pourquoi se mentir ? C'est inutile. Tu te contentes donc de hausser les épaules, te détournant de lui. Plus tu seras loin de lui et du corps étendu dans le pièce, moins grande sera la tentation. Il ne faut pas que tu cèdes, tu ne peux pas te le permettre. Tu as fait ton choix il y a déjà dix longues années, celui de rester humain. Tu ne seras jamais un vampire, jamais tu ne feras comme ces êtres que tu aurais dû continuer à haïr au lieu de t'adoucir au fil des mois passés avec lui. Tu vas juste te laisser mourir, rien de plus. Seulement, lui se rapproche de toi et vient étaler du sang sur ton visage. Ta réaction est instinctive : tu le gifles sans la moindre retenue. Il tourne la tête, tu le foudroie du regard tandis que tu essayes de t'essuyer. Très mauvaise idée, tu étales le sang, l'odeur se fait de plus en plus enivrante... C'est mauvais, très mauvais. La tentation est de plus en plus forte mais, une fois de plus, tu résistes. C'est l'ancien Samael en toi qui refuse d'agir. C'est lui, plus que l'empereur, qui fait preuve d'une volonté de fer. Même lorsque tu te retrouves dans la flaque de sang, même quand tu te sens prêt à céder, tu ne le fais pas. Tu ne lui feras pas ce plaisir. Tu regardes ce sang qui t'obnubile, que tu veux boire... Tu veux craquer mais ce qu'il reste de l'humain en toi ne se le pardonnerait jamais... Alors tu tiens encore le coup, un peu plus longtemps, même si c'est très difficile, même si tout ton être semble vouloir une seule et unique chose : du sang.

Tu finis par te redresser, difficilement. Tu n'as pas encore craqué, et tu comptes bien continuer ainsi. Il faut que tu observes autre chose que tout ce sang. C'est même plus que nécessaire. Alors, difficilement, tu portes ton attention sur l'autre vampire plutôt que sur le cadavre. Tu ne comptes pas céder. Non, tu ne lui facilites pas les choses et, pour peu, tu en serais presque fier. Si tu tiens à ta famille, à ton empire, tu dois boire rapidement ? Tu serres les dents. Tu es en colère, parce que tu sais que, quelque part, il a raison. Tu n'as pas le droit de les abandonner, ta conscience te l'interdit, mais tu sais que tu dois mourir. C'était écrit, quelqu'un d'autre prendra ta place et guidera les humains sur le bon chemin. Tu crois en ce que tu affirmes, tu as toujours cru en eux, malgré les trahisons qui peuvent se faire. Tu es un Tudor digne de ce nom, dira-t-on. Tu as toujours tout prévu, tu sais comment sont tes semblables et tu as vu le plus important avec ta famille. Tu vas mourir ici, d'une manière complètement pathétique et inutile, dans cette pièce, à cause de lui. Il soupire et pourtant sourit. Pourquoi donc ? Tu ne sais pas et tu ne tiens pas tellement à savoir. Qu'il reste loin de toi, près de sa porte, tandis que tu t'affaiblis petit à petit. Tu ne peux pas ? Qu'il ouvre les yeux, tu devais mourir ! Tu ne peux pas être indéfiniment là pour eux ! Contrairement à lui, tu n'es pas immortel, tu n'es pas éternel. Tu n'es qu'un homme, une créature éphémère sur cette terre. Ils ont toujours su qu'ils devraient se débrouiller sans toi. Tu es une aide, pas indispensable. Mais ses propos ravivent ta rage. Imaginer ta chère Adelina dans un trafic d'humains, tes enfants dans cette même situation... Non, non, il ne faut pas que cela arrive ! Cela n'arrivera pas, ils sont sous la protection des rares personnes en qui tu as réellement confiance. Jamais ta famille ne tombera entre les griffes des vampires. Tu secoues la tête, te concentrant plutôt sur le meilleur moyen de contrôler ta colère. Dire que tu était parvenu à retrouver ton calme... Non, tu ne le laisseras pas t'influencer.

-Je suis mort. Par ta faute.

Ta réponse est glaciale alors qu'un incendie brûle au fond de tes prunelles noires et rouges. Tu ne peux tout contrôler, surtout mort ? Aurait-il oublié qu'il t'a tué ? Qu'il t'a volé ta vie et ton humanité ? Tu le lui rappelles, sans la moindre pitié. Tu ne comptes pas faire preuve de retenue avec lui. Tu y vas franchement, tu n'es pas d'humeur à mâcher tes mots. Qu'il voie ce qu'il a fait de toi, au fil du temps et des dernière minutes que vous avez pu passer ensembles. Tu es mort par sa faute, tu ne le laisseras pas te tuer à nouveau, faisant de toi un monstre digne de lui. Oui, un monstre qui tue sans la moindre hésitation et sans le moindre remord. Tu vois bien ce qu'il vient de faire avec ce pauvre jeune homme qui est entré uniquement dans le but de t'aider. Il est mort et c'est... Ta faute. Ce n'était qu'un gamin ! Tu serres une fois de plus les dents. Tu trembles d'envie, de colère. Tout ce sang, c'est horrible... Mais la colère domine tout le reste. Et quand tu es en colère, tu es dangereux, l'a-t-il oublié ? A-t-il oublié le chasseur que tu étais autrefois, celui qui éliminait ses proies sans la moindre hésitation ? Leo n'a pas disparu, tu l'as juste enfermé dans une autre cage, loin de l'empereur pour lui éviter de l’influencer. Mais c'est pourtant ce qui se passe sur le moment. Tu t'empares d'un de tes pistolets et tu lui tires dessus. Dans le bras. Il peut hurler, tu n'en as rien à faire. Tu es bien trop en colère pour te laisser aller aux remords. Et puis, à charge de revanche, il t'a bien tiré dessus quelques instants plus tôt. Et pendant qu'il s'occupe de retirer la balle qui s'est logée dans son bras, tu vas fermer la porte. Vous y resterez enfermés, jusqu'à ce que tu rendes ton dernier souffle. Tu le laisses s'occuper de lui, toi tu vas plutôt récupérer la jeune victime. Le pauvre... Tu t'en veux, d'être ainsi responsable de tant de morts... Tu t'en veux et tu ne peux rien faire, à part disparaître. Ta mort mettra un terme à cette guerre... Tu lui fermes les yeux, c'est tout ce que tu peux faire en plus de lâcher quelques paroles, quelques menaces. Le tuerais-tu ? Non, tu t'en sais un capable. Tu n'as pas pu le tuer par le passer, tu ne peux pas plus y parvenir à présent. Tu as eu maintes fois l'occasion de le faire, tu n'as pas même essayé. Non, tu ne le tueras pas. Mais une balle spéciale anti-vampires ferait bien plus de dégâts qu'une balle ordinaire, cela, il peut en être certain... Et c'est là le sens de ta menace.

Tu restes loin de lui, navré pour les deux victimes de l'ex-blond, lorsque ce dernier reprend la parole. Lorsqu'il évoque ce fameux baiser. Il n'a jamais cessé de t'aimer ? Il t'aimera toujours ? Ces révélations te perturbent. Il ne peut pas, il ne peut plus... Il n'a pas le droit de continuer, tout est fini depuis dix longues années... Pourquoi est-il incapable de tourner la page alors que tu es sorti de sa vie, d'une manière brutale ? Comment peut-il le dire aussi clairement ? Comment ? Tu secoues la tête, ne sachant plus que penser, comment réagir. Tu sais qu'il est sincère, tu le sens dans sa voix. Et, bien malgré toi, ta colère s'évapore rapidement. Elle n'est plus là pour te protéger de ta soif, alors pour t'occuper l'esprit, c'est sur lui que tu reportes ton attention. Flingue rangé et garrot enlevé, tu finis par prudemment t'avancer vers lui. Que fais-tu ? Tu ne sais pas exactement. Pourquoi le fais-tu ? Tu n'en as pas la moindre idée. Peut-être parce qu'il a réveillé quelqu'un que tu pensais avoir définitivement enfermé... Peut-être parce que, avec l'ancien Samael, il a réveillé cette partie de ton cœur qui lui est restée dévouée... Finalement, tu viens poser tes mains de part et d'autre de sa tête, le fixant droit dans les yeux. Cette douleur que tu y lis... Et pourtant, tu es sans pitié dans tes mots. Il t'a toujours fait passé après. Peu importe ce qu'il pourra dire, jamais il ne changera ce point. Jamais vous ne pourrez changer votre nature. Vous êtes condamnés à vous blesser sans cesse, apparemment... Et pourtant, sur l'instant, une nouvelle tentation fait son apparition... Un souvenir, une envie, un désir... Lui, Lyokha... Sa peau, ses lèvres... Tu es proche, très proche, trop proche... Jamais tu ne devrais baisser ta garde à ce point, et pourtant... Il n'y a que lui à tes eux, dans chacune de tes pensées... Tu frôles ses lèvres, tu résistes un peu, tu en as envie, tu en as besoin... Et finalement tu cèdes. Tu es faible, face à lui. Tu l'as toujours été et c'est là ce que tu as toujours crains : retomber dans ses bras si vos chemins se croisaient à nouveau. Mais à présent que vos lèvres sont à nouveau scellées, que ta main a retrouvé sa place sur sa nuque, lui arrachant un frisson... Maintenant qu'il te répond, que ses mains sont dans ton dos, tu te sens bien, à ta place. Tu le laisses te rapprocher de lui, tu ne tiens pas à résister. Puisque vous y êtes, s'il s'agit d'un pécher, autant y aller à fond avant d'y mettre fin... Les yeux fermés, cet échange est emprunt d'une fougue à laquelle tu ne t'attendais pas, mais tu es bien loin de t'en plaindre. Tu aimerais être encore capable de tout abandonner, tu aimerais être capable de tomber à nouveau, pour lui. Sauf que tu ne peux pas, tu n'en as plus le droit. Plus du tout. Et pourtant tu profites de ces instants, fragments d'un passé qui te manque plus en cet instant que lors de ces dix dernières années. Alors c'est presque à contre-cœur que tu poses une main sur son torse, l'empêchant de trop suivre le mouvement. Ce qu'il fait pourtant... Tu ne rouvres pas immédiatement les yeux, front contre front, tu tentes de reprendre tes esprit... Tu l'as embrassé. Tu as cédé. Pour un ultime baiser dont tu ne comptes pas te cacher. Tu l'avoues d'ailleurs dans un souffle : tu n'as jamais cessé de l'aimer. Seulement tout est fini depuis déjà dix longues années... Tout a déjà pris fin, il est grand temps que vous le compreniez et l'acceptiez, l'un comme l'autre...

Tu finis par te dérober. Tu comptes aller te laisser mourir, tu comptes regardes les minutes passer, jusqu'à ce que le temps fasse son œuvre, te ramenant au royaume des morts. Seulement, ton rôle d'empereur reprend bien vite le dessus. Vous êtes en guerre, ton pays souffre, ton palais est assiégé et, à voir le signal de détresse, l’évacuation des soldats ne se déroule pas comme prévu. Tu ne peux pas mourir et les laisser livrés à eux-mêmes. Tu es le seul à connaître tous les passages secrets du palais, avec tes enfants. Tu hésites, mais finalement, ton devoir te rattrape. En quelques petites minutes, tu as un global résumé du problème. Deux couloirs sont bloqués. Aaron est dans l'un, tu lui fais confiance, tu sais qu'il est un excellent combattant et qu'il saura mener les hommes où il faut. Mais l'autre troupe a besoin d'aide, avant que le plan de dernière urgence ne soit activé. Tu dois agir, mais dans ton état, tu te sais bien plus capable de décimer tes propres troupes que de les aider. Il faut que tu fasses taire ta soif, tout de suite. Tu n'as plus le choix apparemment. Ton devoir te rappelle à l'ordre, ton cœur aussi. Tu ne peux pas tout abandonner, il avait raison... C'est au-dessus de tes forces. Quand tu fais une erreur, tu fais tout pour la réparer. Tu ne veux pas être responsable de plus de pertes que nécessaire. Lyokha te conforte dans ta décision, ce qui lui attire un regard noir de ta part. Tu n'as pas besoin de son avis. Tu ne voulais pas le laisser gagner, seulement...

-Je ne le fais pas pour toi.

Non, ce que tu fais, c'est pour tes hommes, ton peuple, et ta famille. Pour eux tous, tu feras tout ton possible. Avec dégoût et désolation, tu t'empares du poignet ouvert du premier garde. Tu apposes la blessure sur tes lèvres, et tu bois. Étrangement, toi qui n'a jamais supporté le sang, tu n'as pas le moindre haut-le-cœur. Au contraire, tu te sens bien. Ton instinct de vampire reprend le dessus et tu bois. Tu ne peux pas t'en empêcher, tu ne peux pas d'arrêter. Il fait que tu boives, que tu étanches cette soif qui te torture. Et c'est ce que tu fais, vidant le premier garde, avant de t'attaquer à la gorge du second. C'est répugnant, tu te dégoûtes du plus profond de ton âme, et pourtant, maintenant que tu y as goûté, tu n'es plus capable de t'arrêter. Tu bois, jusqu'à ce que tu sois calmé, jusqu'à ce que tes yeux redeviennent aussi sombres que d'habitude, que tes crocs puissent se rétracter convenablement... Tu es redevenu toi-même, en apparence. Tu es peut-être un peu plus pâle, plus torturé. Tu as mal d'avoir eu à le faire. Tu as l'impression d'avoir brisé quelque chose en toi, d'avoir fissuré ton âme en cédant ainsi. Comment pourras-tu un jour te pardonner d'avoir céder ? Tu ne t'en sens pas capable. Mais il ne faut pas y songer, pas encore. Tu as une dernière mission à remplir. Sinon, et le russe, il est content ? Que ce soit ou non le cas, tu n'en as plus rien à faire. Tu l'as fait, il n'y a plus de retour en arrière possible. Et sur ce, tu dois disparaître. Cela lui a fait plaisir de t'aider ? Tu serres un peu les dents. T'aider ou te détruire ? Tu dirais plutôt la seconde option. Tu n'aurais jamais dû l'embrasser ? Tu le sais bien, c'était une erreur. Et pourtant, par tes ancêtres, qu'est-ce que tu en mourrais d'envie... Ne le laisse pas voir qu'il est parvenu à t'atteindre. Il ne faut pas qu'il comprenne que tu as été plus que sincère, alors tu te contentes de hausser les épaules.

-Je n'aurai plus l’occasion de t'embrasser de tout manière.

Sur ces paroles, tu ressors ton flingue et le pointe sur lui. Ce n'est qu'une mise en garde, pour qu'il ne s'approche pas. Il ne faut pas, tu dois partir à présent. Tu le vois hésiter... Non, qu'il n’essaye pas de te retenir. Tu sais ce que tu fais, ce que tu dois faire. Tu défonces la porte, d'une manière complètement ridicule... Mais tu mourrais d'envie de le faire depuis des années, alors autant en profiter. Tu lui jettes un dernier regard, prononces un dernier adieu... Et disparais dans le couloir, rangeant à nouveau ton arme, ressortant plutôt ton épée. Curieusement, tu t'attends à ce qu'il te suive. Sauf qu'il ne le fait pas. C'est étrange, tu pensais qu'il te rattraperait, qu'il t'empêcherait d'aller risquer ta nouvelle existence... Mais non, il ne le fait pas, il te laisse t'en aller. Tu lui en es reconnaissant tandis que tu files dans les couloirs, rejoignant bien vite le champ de bataille. Tu as une nouvelle chance d'aider les tiens, de les sauver, tu ne la laisseras pas passer.

~~~

Tu regardes le lac scintiller sous la lumière de la lune. Voilà deux jours que tu es là, deux jours que tu as fui la guerre. Tu as mené ta mission à bien, tes hommes sont saufs, pour la plupart. Il y a eu des pertes, tu n'as pu l'en empêcher. Mais tu as fait de ton mieux, tu pourras t'en vouloir pour l'éternité pour ceux que tu as été incapable de sauver. Ici, tu es dans un lieu de paix. Personne ne te cherchera ici, tous ignorent que tu aimes cette petite clairière isolée du monde, où la forêt et la rivière se rejoignent. Cet endroit représente tellement à tes yeux... Tu y venais quand tu étais enfant, tu y jouais sous l’œil attentif de tes parents... Tu te souviens encore de cette fois où tu as sauté à l'eau sans savoir nager, la peur que tu as faite à tes parents... Un sourire nostalgique étire tes lèvres... Ah, cet endroit... Il y a même une cabane non loin, dans laquelle tu te réfugies lorsque le soleil se lève. Ce n'est pas tout confort mais c'est ce qui t'a toujours suffi. Mais tu n'as pas que des souvenirs avec tes parents, ici. Non, tu en as d'autres, plus récents, tout aussi joyeux et pourtant bien plus dévastateurs... Tu as déjà emmené plusieurs fois Lyokha ici. Vous avez passé quelques nuits près de ce lac, à vous baigner dans ses eux, à vous amuser, discuter et tant d'autres choses... Vous étiez amoureux. Vous étiez deux. Tu n'était plus revenu ici, plus depuis dix ans. C'était trop douloureux, mais aujourd'hui, tu y es de retour. Parce que c'est le seul endroit où tu sais que les humains ne viendront pas te chercher. Et, de là où tu es, tu ne pourras pas leur faire de mal. C'est tout ce que tu veux. Et ta soif ? Elle est présente mais dans un état relativement contrôlable. Comment fais-tu ? Tu as fait un rapide crochet par la réserve de sang du palais avant d'abandonner la demeure de ta famille. Tu as emmené le plus de poches de sang possibles et tu as tout simplement disparu de la circulation. C'est la seule solution que tu as trouvée pour contrôler ta soif et donc t'empêcher de te risquer en dehors de ta clairière, à la recherche d'une "proie". Pour l'instant, tu tiens, mais combien de temps cela va-t-il pouvoir continuer ? Mystère...

Tu regardes juste l'eau. Tu meurs d'envie d'appeler Adelina, de savoir comment ils vont, tous, mais tu leur as interdit de t'appeler, il ne faut pas que, toi, tu cèdes. Tu les mettrais en danger et c'est hors de question. Tu as donné tes instructions à Aaron, il sait ce qu'il a à faire. Il sait comment s'organiser, il sait comment traiter avec les vampires. Et il a compris, pour toi. Il a compris pourquoi tu étais si pâle, si nerveux. Et pourtant, il n'a fait aucune remarque, il t'a juste souhaité bonne chance... Heureusement qu'il a toujours été là, fidèle à son poste et à toi. Tu as toujours pu compter sur lui, peu importe ce qu'il a appris sur toi au fil des années. Il a toujours été ton professeur et toi son élève. Il t'a conseillé, calmé, surveillé, soutenu. Toujours là. Tu lui en seras à jamais reconnaissant. Un soupir t'échappe. Pourquoi n'es-tu pas mort ? Pourquoi n'en as-tu pas terminé avec ton existence dès le premier lever de soleil ? Tu ne sais pas exactement. Tu ne veux pas de cette vie, et pourtant... Tu es encore là, perdu entre deux mondes. Le vampire ne veut pas disparaître là où l'homme ne souhaite qu'en finir. C'est si difficile... Tu étais déjà compliqué à la base, mais il semblerait que la situation ait encore empirée... Comment faire ? Qu'es-tu prêt à devenir ? Tu l'ignores et c'est là le problème. Qui du vampire ou de l'humain aurait le contrôle, si jamais tu continuais à exister ? Tu ne sais pas et tu t'étonnes d'être encore là pour chercher à le déterminer. Peut-être parce que tu as pensé devenir vampire par le passé, et que tu cherches à savoir ce que tu serais devenu, si tu l'avais vraiment fait...

C'est au milieu de ces réflexions qu'un léger bruit attire ton attention. C'est ténu. De quoi s'agit-il ? Un humain ? Non, tu sentirais l'odeur de son sang. Un animal ? Trop discret. Tu fronces un peu les sourcils, curieux. Mais avant que tu te retournes, une voix brise le silence dans lequel tu t'étais réfugié. Un voix que tu serais capable de reconnaître entre mille, une voix que tu as chéri des années durant et haï ces deux derniers jours, même sans l'entendre... Tout comme son propriétaire. Lyokha Volkov. Ce souvenir qu'il fait remonter à la surface t'arrache, bien malgré toi, un sourire nostalgique. Oui, tu t'en souviens. Tu avais voulu l'embêter un peu et donc tu l'avais poussé dans l'eau, sans prévoir qu'il t'entraînerait dans sa chute. Et, pour te venger, tu lui avais retiré une bonne partie de ses vêtements dans l'eau... Quel souvenir... Heureux, joyeux... Et si douloureux... Tu secoues un peu la tête, ne prenant pas la peine de te retourner. Tu sais que c'est lui, cela ne peut être personne d'autre. Il savait qu'il te retrouverait ici ? Tu baisses un peu les yeux... Il se souvient vraiment, alors...

-Tu avais rapidement perdu l'autre moitié de tes vêtements, je te rappelle...

Oui, tu avais fini par le déshabiller entièrement. Pauvre vampire, obligé de te subir. Mais il ne s'en était jamais plaint. Vous vous aimiez, tout simplement. C'était tellement plus simple... Tu le laisses s'approcher, tu ne te retournes pas plus, ton regard fixé sur le lac. Tu ne veux pas le regarder, sinon tu sens que tu vas encore t'énerver. Tu es lassé de toutes ces histoires. Lassé de voir tes liens te retenir toujours à ce monde sans pour autant te laisser l'occasion de faire mieux. Lassé, tout simplement. Et pourtant, tu restes là, dans ce monde, fuyant la mort qui t'a pourtant ouvert ses bras, au creux desquels tu te sentais enfin en paix... Tu ne réponds pas lorsqu'il dit qu'il sait que tu veux qu'il parte. S'il le sait, qu'il le fasse et te laisse te tourmenter seul. Tu n'as pas besoin de son aide pour culpabiliser, tu n'as pas besoin de lui pour raviver de douloureux souvenirs. Tu as besoin de son aide ? Non. Tu secoues la tête. Jusqu'à présent, tu t'en sors très bien, grâce à quelques moyens de substitution. Tu n'as pas besoin d'aide ni de lui. Pas pour le moment en tout cas. Viendra le jour où tu auras épuisé tes réserves, celui où ta soif se fera trop forte pour lui résister... Et là, alors, que feras-tu ? Tu partiras en chasse, très certainement. Et tu ne sais pas encore de quoi tu seras capable, si tu ne peux refréner ton instinct de vampire. Tu secoues alors la tête, purement et simplement.

-Je ne veux pas de ton aide, jusqu'à présent, je m'en sors parfaitement bien seul.

Oui, pour l'instant. Et puis, a-t-il oublié que, au final, tu as toujours tout affronté seul ? Que tu as toujours appris à supporter de lourds poids sur tes épaules sans broncher ? Tu sauras trouver une solution, même si elle ne t'est pas encore évidente pour l'instant. Et pourtant il évoque un point douloureux pour toi... Adelina, les enfants... Ils te manquent affreusement... Tu voudrais être auprès d'eux, les protéger, les aimer comme tu sais si bien le faire... Mais pour leur protection, il vaut mieux qu'ils restent loin... Tu es malheureux. Tu lui en veux de t'avoir transformé, tu lui en veux pour ce qu'il a fait. Tu lui en veux, oui, et pourtant tu ne parviens pas à le haïr. Tu t'es calmé, cet endroit te rend plus serein. Et puis, tu te forces à ne pas le regarder. C'est une excellente idée. Ne penses pas trop à lui, ne te laisse pas perturber par ta présence. Demande-lui de partir, tranquillement. Il te laissera et... Il rameutera d'autres vampires dans ta cachette ? Tu sais que tu ne pourras pas rester indéfiniment ici, qu'il te faudra trouver un autre refuge, mais aussi longtemps que tu pourras rester ici, tu le feras. Il reprend encore la parole. Trop tard pour revenir en arrière ? Oui, bien sûr. Il était trop tard dès l'instant où il a laissé couler du sang dans ta gorge, dès l'instant où il t'a fait ingurgiter son propre sang. Tu serres les dents tandis que ton regard, qui se tourne enfin vers lui, se pare à nouveau de reflets carmins. Il semblerait que ta colère éveille ton instinct de vampire...

-Je ne veux pas de ton aide. Faut-il que je le dise en russe ? Tu en as assez fait comme cela, laisse-moi à présent. Il est trop tard pour avoir des remords.

Tu es ferme, mais c'est parce que tu as mal. Mal au cœur, de voir combien ton monde s'est écroulé ces derniers jours. Tu as tout perdu. Tu savais pourtant, que ton cœur était fragile. Tu savais que tu ne pouvais résister à tout, mais le vivre, c'est plus difficile que tu ne l'aurais cru. Tu détournes à nouveau le regard, observant à nouveau l'eau qui scintille. Ton regard perd ses reflets carmins, tandis que tu te calmes. C'est mieux ainsi. Il faut que tu restes serein, il faut que tu ne t'énerves plus. Conserver ton calme, tes masques, pourquoi as-tu plus de mal avec lui ? Pourquoi faut-il toujours que tu finisses par te mettre à nu devant lui ? Tu as été empereur, tu devrais pourtant encore être capable de garder ton sang-froid. Mais tes sentiments sont amplifiés depuis ta transformation. Tout s'écroule. Tout est différent, tu dois tout réapprendre. Seul ? Tu ne sais pas si tu y parviendras, mais tu ne veux pas lui dire que tu doutes de toi. Tu ne veux pas paraître faible, surtout pas face à lui. Tu n'es pas faible. Tu es Samael Tudor après tout, tu n'as pas le droit de faillir. Pas le droit... Droit, devoir... Encore... Il te tire de tes pensées en évoquant la dernière erreur que tu as faite avec lui : le baiser. Tu te mordilles légèrement la lèvre, mal à l'aise... Tu n'aurais pas dû agir ainsi, tu le sais bien. Tu ne voulais plus le revoir, plus y songer... Lui qui a recommencé à hanter tes pensées... Tu secoues la tête, soupirant profondément.

-Parce que tu ne les as pas déjà oubliés ?

Les ? Tu n'es pas le seul à l'avoir embrassé, lui aussi l'a fait, quelques instants avant que tu ne cèdes à ton tour. Non, toi non plus, tu n'as pas oublié, parce que, peu importe ce qu'on pourra en penser, en dire, tu as aimé cette sensation. Il t'avait manqué, ses lèvres, ses frissons, lui tout entier. Tu l'as aimé, tu l'aimes toujours même si la situation est différente, même si tout est différent. Lui, toi, d'autres personnes sont intervenues dans ton existence. Andrew et Aaron on joué un rôle bien plus important que par le passé, Adelina t'a accepté, malgré le fait que ton cœur ne lui appartenait pas totalement, elle t'a donné deux magnifiques enfants que tu aimes autant que ton jeune cousin... Tout a changé, tout. Vous ne pourrez plus jamais être ensembles. C'est impossible. Il faut bien se faire à cette idée. Tu t'y es fait, toi. Tu as laissé tout espoir de retourner avec lui le jour où tu as claqué sa porte. Il ne pourra pas te faire revenir en arrière. Tu secoues un peu la tête, soupirant un peu...

-Tu te souvenais de cet endroit... Pourtant, on n'y est pas venu si souvent que cela... Alors pourquoi ici ? Parce que nos planques dans la capitale étaient trop risquées ? Parce que mes autres demeures étaient trop évidentes ? Pourquoi ici ? Pourquoi es-tu venu, tout simplement ? Je voulais être seul...

Tu ne le regardes plus, tu observes plutôt la lune. Elle sera pleine dans quelques jours, tu te fais du soucis pour les enfants. Ton jeune cousin se transformera, tu espères qu'Adelina ne fera pas de bêtise, tu espères qu'elle se souviendra de ce que vous avez mis au point, tous les quatre. Oui, tous les quatre, elle, le petit, Jayde et toi. Les réunions ont toujours été exceptionnelles mais essentielles dans tes stratégies. Toujours tout prévoir, toujours savoir quoi faire en cas de soucis. Tu finis par baisser à nouveau les yeux, ramassant un caillou qui traînait par-là... Et tu le lances, fort. Il va atterrir loin, dans un plouf sonore qui brise bien le silence. Il n'y a presque pas de vent, cette nuit. Tout est calme, on a peine à croire que c'est la guerre. Elle n'a pas encore atteint ton havre de paix, mais ce n'est qu'une question de temps, avant que tout ceci disparaisse, les souvenirs qui y sont associés avec... Tu ramasses un autre caillou et le fais tourner entre tes doigts...

-Je ne sais plus qui je suis... Qu'est-ce que tu pourrais bien y faire ? Tu l'as dit, il n'y a aucun retour en arrière possible... Je suis condamné à exister ainsi, par ta faute... Je ne suis pas fait pour cette existence, je ne suis pas fait pour appartenir aux vampires. Je n'en ai pas les capacités, et encore moins l'envie.

Tu parles, sans doute un peu trop. Tant pis, tu as besoin de déballer un peu ce qui te gêne tant. Tu es humain au fond de toi. Tu as du sang de loup dans les veines, tu en es parfaitement conscient. Tu n'aurais jamais dû te faire transformer. Tu es dangereux, et en même temps, tu aimes les humains. Tu te sens toujours des leurs, même si tu sais que tu es à présent un prédateur pour eux. Quelle ironie, l'ancien Chasseur devenu vampire... Ridicule. Prynce le saura-t-elle ? Qu'en dira-t-elle ? Tu n'as pas tellement envie de le savoir, en vérité. Réagis un peu, jeune vampire ! Tu ne peux pas rester là, à te morfondre sur ton sort ! Il t'a proposé son aide, tu t'en souviens ? Oui, bien sûr. Même que tu as refusé. Seulement... Peut-être qu'avec l'aide d'un vampire plus âgé, tu pourrais... Non, mauvaise idée. Très mauvaise idée. Et pourtant... Oui mais non. Tu le regardes.

-Dis-moi, Lyokha. Pourquoi te ferais-je encore confiance ? Tu m'as déjà trahi une fois, tu vois ce que tu as fait de moi... Comment pourrais-je encore t'accorder ma confiance ? Tu n'as pas apporté tes amis jusqu'ici, des fois, histoire de finir ce que tu as commencé ?

Tu es cruel avec lui, après tout, il est venu jusqu'ici. Mais tu ne veux pas lui accorder ta confiance, tu ne peux pas, tu ne peux plus. Il t'a déjà trahi, il peut très bien recommencer. Tu ne peux plus te le permettre. Tu ne peux plus lui faire aveuglément confiance. Pour l'instant, tu es toujours sur cette terre, et même si ce n'est pas d'une manière que tu aimes, tu n'as guère l'intention de passer l'éternité dans une cellule, torturé par des vampires. Plutôt mourir sous les rayons solaires. Ou n'importe comment, mais pas la torture. Alors si tu es cruel, qu'il te pardonne cet excès de méfiance... L'ancien Samael n'aurait pas réagit ainsi, mais lorsque le vampire s'allie à l'empereur, tu ne peux réagir comme autre fois... Pauvre Lyokha... Il doit avoir bien du mal à retrouver celui qu'il a aimé, il y a dix ans... Peut-être autant que toi, tu as du mal à retrouver le blondinet que tu aimais tant...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
♆ tell me, would you kill...
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Jeu 2 Jan - 18:08

Tu restes dans la voiture, dans l'obscurité de la nuit, à regarder en face, à réfléchir. Ses mots raisonnent encore dans ton esprit, ceux qu'il a prononcé il y a deux jours, sans que tu ne tentes rien pour te donner raison. Je suis mort. Par ta faute. C'est certainement la seule chose que tu ne voulais pas entendre de sa bouche. À ce stade il aurait pu te sortir les pires atrocités, c'était pas grave, parce que tu savais que c'était faux. Mais ça, c'est plus que vrai, et c'est là que ça devient dur à gérer, dur à admettre. Parce qu'il a raison. Il est mort, par ta faute. Tu l'as tué par deux fois, tu as fait de lui le vampire qu'il est aujourd'hui. Il t'en veut à mort, et c'est compréhensible. Ou presque, car tu refuses de lui donner raison, tu refuses d'admettre qu'il dit vrai. Un dialogue de sourd avec toi même, c'en devient impressionnant. Tu regardes l'heure au tableau de bord de la voiture. Un peu moins de vingt-deux heures. Il n'est pas si tard, et pourtant, tu ne souhaites qu'une chose ; que cette nuit s'achève. Comme ça, en rentrant, tu pourras dire à Lorenza que tu n'as pas eu le temps de le trouver, que le jour menaçait de se lever, et que tu ne pouvais ainsi pas prolonger tes recherches. C'est le plan parfait ; repousser votre rencontre au lendemain. Et pourquoi pas au surlendemain. Tu n'es pas sûr d'être prêt à l'affronter à nouveau, alors que votre dernière rencontre s'est soldée de sa mort, d'un carnage désastreux et d'un baiser emprunt d'une fougue que lui seul pouvait rameuter. Je ne le fais pas pour toi. Tu serres un peu les dents. Bien entendu qu'il ne l'a pas fait pour toi. Il l'a fait pour sa vraie famille, et s'autoriser à penser le contraire aurait été stupide. Il n'avait aucune raison de le faire pour toi, il l'a fait pour cette guerre, pour les siens, les humains, Adelina et les enfants. Il l'a fait pour tout le monde, sauf toi. Non, pas parce que tu n'en valais pas la peine, quoique, un peu. Surtout parce que tu n'es plus rien pour lui. Rien qu'un souvenir. Parce qu'il refuse d'admettre que tu es plus. Il n'a jamais cessé de t'aimer, lui non plus. Mais comme il s'est tant plu à te le rappeler, tout est fini aujourd'hui. Tu retiens un soupir entre tes lèvres. Je n'aurai plus l’occasion de t'embrasser de tout manière. C'est là qu'il t'a réellement blessé. Parce quelque part, tu t'es dit que c'était vraiment le dernier baiser. Un beau baiser. Fougueux, plein de panache. Complètement amoureux. Malgré les circonstances et ce qui se passait autour de vous, malgré les aveux et la haine. Malgré tout, il a fallu accepter que c'était le dernier. Ce baiser qui clôturait le spectacle, et votre existence commune. Un baiser d'adieu, qui au final, n'en est pas un, maintenant que tu n'es plus loin du lac. Tu fermes les yeux un instant, inspirant profondément. Et tu sors du véhicule en fermant délicatement la porte derrière toi pour ne pas faire de bruit.

Le lac. C'est le seul endroit où tu t'imagines le trouver à cette heure. Tout simplement car c'est isolé du monde des humains, car il n'y a pas une maison proche, car il lui sera impossible de faire du mal à qui que ce soit ici, sauf s'il tombe sur des randonneurs ou un chasseur. Et encore. C'est clairière est très peu connue, car abritée par bien des arbres, et ne général, les gens ne sont pas assez aventureux pour aller au delà de la lisière des bois. Mais tu connais Samael. Tu sais que cette prison de verdure est l'endroit rêvé pour un nouveau vampire. Et tu sais par-dessus tout que c'est un endroit qu'il appréciait grandement. Il ne t'y a pas emmené souvent, mais de le voir regarder avec des yeux de gamin le ciel étoilé et le lac à la lueur de la lune t'a suffi à comprendre qu'il aimait réellement cet endroit. Alors tu t'y rends sans perdre un instant, discrètement, tu te glisses entre les arbres et buissons pour te rendre dans cette fameuse clairière. Tu n'as pas encore atteint la clairière que tu le vois déjà, planté au milieu de l'herbe à regarder fixement l'eau qui reflète la nuit. Alors tu fais une courte halte, à quelques mètres derrière lui seulement. Tu parles d'une voix assurée et calme, tu lui rappelles un de vos souvenirs, bercé par ce même endroit. Et même si tu ne le vois pas, tu ne peines pas à deviner qu'un sourire nostalgique, sensiblement le même que le tiens, se dessine sur ses lèvres. « Tu avais rapidement perdu l'autre moitié de tes vêtements, je te rappelle... » Tu souris un peu plus encore. Alors il s'en souvient. Alors il n'a pas tout oublié, comme il a prétendu pourtant t'avoir oublié toi. C'est presque rassurant de l'entendre de sa bouche, de savoir qu'il s'en souvient. Non, il ne ment pas, il est spontané, donc tu penses vraiment qu'il est sincère. Et au cas contraire, cela n'a plus d'importance à tes yeux. Tu te rapproches tranquillement de lui, les mains dans les poches, fronçant légèrement les sourcils alors que ton sourire ne te quitte pas. « T'avais pas attendu qu'on arrive dans la cabane pour ça ? » fais-tu, d'un ton plutôt amusé. Qu'il est bon de se rappeler les vieux souvenirs. Mais qu'il est douloureux de s'en rappeler, tout en sachant que cela ne reproduira jamais.

Tu en reviens au sujet de ta venue. L'aide. Il a besoin de ton aide, et vous le savez l'un comme l'autre. Peut-être qu'il refuse de l'admettre, ou même de le voir, mais c'est la réalité. Tu ne sais pas comment il se nourrit depuis deux jours, s'il a des poches de sang, ou s'il a tué quelqu'un, ou un animal. Tu n'en sais rien, et cela éveille ta curiosité, autant que cela peut t'inquiéter. Oui, il t'inquiète. Car tu sais très bien qu'il va tuer, s'il n'apprend pas d'un aîné à se nourrir. Quand on devient vampire, on croit toujours qu'on pourra s'en sortir seul, que ce ne sera pas difficile de dire stop. Mais le sang est si enivrant qu'il vous pousse au crime, à chaque fois, si on y est pas préparé. Samael a beau avoir la plus belle mentalité qu'il soit, il a beau être fort mentalement, ça ne suffira pas. Ça ne suffit jamais. D'autant plus que, ce n'est pas comme s'il était devenu vampire de son plein grès, ce n'est pas comme s'il s'y était préparé. Il se croit fort, mais il y aura toujours cette part de doute qui fera la différence entre la vie et la mort pour sa victime. Ne pas savoir quand s'arrêter, comment s'y prendre pour ne pas tuer la personne. Toi, tu as plus que l'habitude. Tu es certainement un des vampires les plus sanguinaires qu'il soit, et pourtant, aujourd'hui, tu arrives à te contrôler. Tu peux bien lui apprendre à en faire autant, non mieux, tu dois lui apprendre. Mais il secoue la tête, et quelque part, ça ne t'étonne pas de lui. « Je ne veux pas de ton aide, jusqu'à présent, je m'en sors parfaitement bien seul. » Tu secoues un peu la tête à ton tour. Oui, il s'en sort très bien. Il a eu le réflexe de venir à l'abri de la civilisation, et tu dois reconnaître que c'était déjà un bon réflexe de sa part. Mais ça ne suffira pas, de se cacher. Au bout d'un moment, il devra trouver de la nourriture, au risque de mourir. Et là, il regrettera de ne pas avoir accepté ton aide. Tu le sais car c'est ce qui t'est arrivé ; tu as refusé l'aide d'Aleksandr, l'aide des tiens. Tu voulais te débrouiller de toi-même, et ça t'a mené aux pires carnages de ton existence. Parce que plus forte que l'envie de se nourrir, est venue l'envie de voir le sang couler. Puis de tuer. Ce n'était plus se nourrir par nécessité, c'était se nourrir par jeu. « Bien sûr. On s'en sort toujours au début. Et dans quelques temps, tu ne pourras plus dormir, tu ne pourras plus regarder ton reflet, ni tes mains, quand tu auras décimé une famille qui passait par là. Mais encore une fois, tu n'as pas besoin de mon aide, c'est vrai que tu t'en sors très bien tout seul. C'est ce qu'ils pensent tous, au début. » Ils ? Les nouveau-nés bien entendu. Il peut penser ce qu'il veut, Samael. Il peut penser qu'il va surpasser tout cela, il n'en est pas moins un nouveau vampire. Et toutes les complications qui viennent avec.

Il est serein. Tout ce qu'il y a de plus calme. Comme toi. L'ambiance n'est pas vraiment tendue, puisqu'il ne te regarde pas. Et toi non plus, tu ne le regardes pas ; tes yeux sont rivés sur le lac qui reflète la douce lueur de la lune. C'est apaisant. La nuit vous enveloppe et fait disparaître toute animosité. Tu n'as plus envie de te battre de toute façon, et encore moins contre lui. Parce que quoi que tu en dises, quoi que tu en penses ; tu l'aimes toujours autant. D'une différente manière peut-être. Mais l'amour t'enserre toujours le cœur, quand il s'agit de lui. Tu lui rappelles qu'il est trop tard pour revenir en arrière, que ce qui est fait est fait. Et quelque part, tu ravives un peu de colère en lui, sans pour autant le vouloir. C'est inévitable, c'était inévitable, qu'il t'en veuille. Et il t'en voudra certainement une bonne éternité encore. « Je ne veux pas de ton aide. Faut-il que je le dise en russe ? Tu en as assez fait comme cela, laisse-moi à présent. Il est trop tard pour avoir des remords. » Il est ferme. Tu ne peux pas lui en vouloir, tu as réagi sensiblement de la même manière quand tu es mort. Tu en voulais à la terre entière, à ta famille. Mais toi, tu as gardé cela enfermé à l'intérieur, car tu n'avais pas la voix assez forte pour protester. Tu étais juste la parfaite victime, le pauvre garçon à qui on avait dérobé son innocence en un coup d'épée. Tu n'avais pas le culot de Samael, sa manière à lui d'être un peu grande gueule parfois. Tu n'avais rien de tout cela, et vois où ça t'a mené. Tu soupires un peu, t'échappant de ton passé pour revenir au présent, croisant brièvement son regard aux reflets carmins. Tu n'avais jamais rien vu de tel, à croire que ses prunelles étaient injectées de grenat. Tu avais vu des yeux aux reflets d'or, d'émeraude, de jade, de lapis-lazuli et certainement de toutes les pierres précieuses du monde. Mais jamais ce carmin. Tu restes figé un instant à détailler son regard, avant de finalement t'en détourner pour retourner dans la contemplation du lac. « Je te serais reconnaissant de ne pas massacrer ma langue natale une fois de plus. Et pour ce qui est d'avoir des remords... Je n'en ai pas. Et si tu veux savoir, si c'était à refaire, je le referais. Il était hors de question que je te laisse mourir définitivement. Et là, tu as une bonne raison de dire que je ne suis qu'un égoïste qui agît selon ses pulsions. Parce que c'est très certainement ce que je suis. Et je ne te demande pas d'être reconnaissant, je m'en fous. Je veux juste t'aider car je sais ce que c'est, et je sais que tu ne t'en sortiras pas sans moi. » Ta voix est calme et posée. Tu n'es pas agressif, même pas ferme. Juste paisible dans tes mots. Tu soupires un peu, car tu ne sais pas si tu as bien fait de lui dire cela. Tant pis, maintenant que c'est dit, il est inutile de chercher à revenir en arrière.

Tu reviens sur le sujet des baisers. Et tu sens que cela le met mal à l'aise. Mais quelque part, c'est un peu l'effet escompté ; tu cherches à le faire réagir. Pour tout, n'importe quoi même. Mais qu'il réagisse, c'est tout ce qui compte à tes yeux. Alors, comme tout animal qui se sent agressé, il se met sur la défensive. « Parce que tu ne les as pas déjà oubliés ? » Ses mots ne t'étonnent même pas. Il passe en mode offensive, parce que tu t'es approché de trop près. C'était prévisible, et presque normal venant de lui. Tu hausses un peu les épaules, n'étant pas plus démonstratif que cela quant à tes réactions. « Non. Et je n'ai pas envie d'oublier. » Quitte à être sincère, autant y aller au culot, et c'est bien ce que tu fais. Tu ne veux pas oublier ses lèvres, sa chaleur. Tu ne veux pas oublier son odeur, et ses cheveux qui glissaient sur tes doigts. Tu ne veux pas oublier sa peau, pour la passion de ses baisers. Tu ne veux pas oublier ses frissons, et ses sourires. Tu ne veux rien oublier de tout cela, pour rien au monde. Tu ne le regardes même pas. Mais il n'a pas besoin d'observer tes yeux pour comprendre cette douleur qui te prend soudainement. Tu te rappelles une fois de plus que tout est fini, et toutes les excuses du monde n'y changeront rien. Alors tu reprends cette expression de glace, tu sembles impassible une fois de plus, pour votre bien, à tous les deux. Tu essayes de penser à autre chose, à... Soren. Oui c'est ça, pense à lui. Ça t'évitera de trop penser à quel point tu as envie d'embrasser le brun sur ta gauche. Ça t'évitera de penser à cette douleur qui brûle et fait siffler ta tête douloureusement. Qui est Soren ? Soren Matthews. Ton... Amant on dira. Tu le connais depuis un peu plus de deux ans, et quelque part, il est celui qui a remplacé Mae. Oui, c'est malsain de le dire ainsi. Mais tu l'aimes. Enfin... C'est étrange. Tu l'aimes, parce que tu es convaincu que c'est ainsi que tu dois le voir. Tu l'aimes parce qu'il est l'un des seuls à te faire rire, et à te comprendre, encore. Mais il n'a que les trois quarts de ton cœur, quand le dernier va et restera à Tudor. Il ne le sait pas, et tu n'as pas envie de le lui dire. Parce que Soren le prendrait mal. Parce que Soren est humain, lui, et que tu as peur de ce qui pourrait se passer... D'autant plus que Soren connaît Samael. Plus ou moins indirectement, puisqu'il est avocat comme le reste de sa famille depuis des générations, et qu'il est de la haute comme diraient certains. Alors tu sais qu'il l'a obligatoirement rencontré, et qu'il a aussi traité des affaires contre l'Empire. Ça ne te réjouit pas tellement soudainement. Surtout que si les deux venaient à se rencontrer... Tu sais comment est Soren, tu connais son impulsivité et son sarcasme, tu sais à quel point il peut être jaloux. Tu n'as même pas envie d'y penser, alors arrête de te torturer l'esprit. Et de toute façon, il te tire de tes pensées en reprenant la parole. « Tu te souvenais de cet endroit... Pourtant, on n'y est pas venu si souvent que cela... Alors pourquoi ici ? Parce que nos planques dans la capitale étaient trop risquées ? Parce que mes autres demeures étaient trop évidentes ? Pourquoi ici ? Pourquoi es-tu venu, tout simplement ? Je voulais être seul... » Tu hausses un peu les épaules d'abord, le regardant. Pourquoi ici ? La réponse est bien simple, puisque tu as raisonné comme lui pour le coup. Il voulait être seul ? Et tu n'avais pas envie de venir, alors vous êtes deux à vouloir fuir l'un et l'autre. Mais pour le coup, tu te sentais redevable de quelque chose, comme Lucky l'a si bien souligné plus tôt dans la nuit. Tu soupires profondément, secouant légèrement la tête, et finalement tu reprends. « J'aurais réagi comme toi. Je serais parti loin de la civilisation pour ne blesser personne. Quelque part que personne ou presque ne connaît, quelque part où on ne m'aurait certainement pas cherché, ni trouvé. Quelque part que je connaissais bien. Et... quelque part où je me sens en sécurité. Quelque part qui me rappelle quelque chose de bon, quelque chose qui m'aide à me sentir à l'aise. Quelque part où j'ai l'impression que personne ne peut m'atteindre, même si c'est faux. » Tu serres un peu les dents, détaillant ses réactions. C'est ce que tu aurais fait toi. L'endroit aurait dû remplir tous ces critères pour que tu le juges bon et idéal à ta condition. Pas de chance, tu connais l'endroit lui aussi, et c'est lui qui te l'a montré. Alors il n'a pas pris ce détail en compte ? Tu sais que tu n'es plus qu'un détail à ses yeux. Mais il aurait au moins pu faire attention à cela. Qu'est-ce qui t'empêchait de rameuter plusieurs types avec toi ? Qu'est-ce qui t'empêchait de faire un assaut quand il ne s'y attendait pas ? L'amour que tu lui portes encore, tout simplement.

Il attrape un caillou et le jette au loin. Tu vois la surface plate de l'eau troublée, dessinant quelques ondes circulaires autour du point de chute. Tu te concentres là-dessus, car ça t'évite de trop te concentrer sur lui. Il attrape un autre caillou et tu t'attends à ce qu'il en fasse autant, sauf qu'il ne fait rien à part laisser la pierre tourner entre ses doigts. « Je ne sais plus qui je suis... Qu'est-ce que tu pourrais bien y faire ? Tu l'as dit, il n'y a aucun retour en arrière possible... Je suis condamné à exister ainsi, par ta faute... Je ne suis pas fait pour cette existence, je ne suis pas fait pour appartenir aux vampires. Je n'en ai pas les capacités, et encore moins l'envie. » Tu plisses un peu les yeux, fronçant légèrement les sourcils. Qui est-il ? La réponse est bien simple. Il est lui. Il n'a jamais cessé de l'être. Mais il ne s'en rend pas encore compte, et c'est l'un des nombreux points sur lesquels tu dois lui faire ouvrir les yeux. Non, il n'y a aucun retour en arrière. Oui, il est condamné. Mais il peut faire en sorte que les choses soient moins pénibles. Et il peut accepter ton aide pour cela. Il n'en a pas les capacités ? Tu manquerais bien de rire. Il n'y a pas de capacités requises pour devenir vampire. Le dernier des abrutis pourrait être un immortel, bien qu'il ne serait certainement pas ton infant. Pour ce qui est de l'envie en revanche... Tu le sais, il le sait ; tu ne pourras rien pour cela. Tu ne peux pas faire naître le désir de vivre chez lui, s'il ne t'aime plus. Si vous étiez encore en couple, les choses seraient bien différentes. Mais il n'en est plus rien aujourd'hui. Tu soupires un peu et reprends la parole, le regardant à nouveau. « Tu es le même que celui que tu étais il y a deux jours. Tu es, et resteras Samael Tudor si telle est ta volonté. Devenir vampire ce n'est pas dire adieu à son ancienne identité. On dit adieu au soleil, adieu au temps, simplement. On ne dit pas adieu à qui l'on était avant, sauf si on le décide. » Et tu en sais quelque chose. Tu as fait le choix de t'oublier, parce que c'était trop douloureux. « J'ai changé par choix Samael. J'ai changé parce que je ne me sentais plus humain. J'ai changé parce que j'étais faible, et incapable de dire non, et que personne ne m'a dit que j'aurais dû garder mon humanité. J'ai tout perdu au fil des siècles car je n'ai pas eu l'envie, ni la volonté suffisante pour tout garder. Regarde-toi, si tu veux rester celui que étais encore avant-hier, ce n'est pas impossible. Tant que tu le désires, tu ne changeras pas. L'éternité ne nous change pas, ce qui nous change, ce sont les choix que nous faisons. » Tu le fixes presque sévèrement. Tu veux qu'il comprenne, qu'il l'intègre, c'est toi qui a fait les mauvais choix. Il prend référence sur le mauvais vampire, et il doit le savoir. Tu n'es pas sûr qu'il te fasse confiance sur le coup, ou qu'il te fasse confiance tout court. Tant pis.

Il te regarde. Tu ne loupes pas de planter tes yeux dans les siens, puisque tu en as le loisir, encore un peu. « Dis-moi, Lyokha. Pourquoi te ferais-je encore confiance ? Tu m'as déjà trahi une fois, tu vois ce que tu as fait de moi... Comment pourrais-je encore t'accorder ma confiance ? Tu n'as pas apporté tes amis jusqu'ici, des fois, histoire de finir ce que tu as commencé ? » Ses mots sont durs, il est cruel avec toi. Trahison. Finir ce que tu as commencé. Si tu étais encore humain, tu pourrais jurer que ton cœur est en train de se serrer là, à sa place. Ses mots ne ricochent pas tous sur toi, comme tu aimerais le prétendre. Il est mauvais, et cela peut se comprendre... Mais quelque part, c'est presque blessant de l'entendre dire cela. Parce qu'il te croit capable de l'exterminer définitivement ? C'est bien triste s'il t'en croit vraiment capable. Et d'un côté, il faut dire que tu as tout fait pour qu'il se fasse à cette idée... Tu es paradoxal, mais on ne peut pas te blâmer. Il ne peut pas te blâmer, parce que tu l'aimes encore. Tu aimerais lui répondre de manière aussi acide, jouer sur les mots à ton tour pour le blesser. Mais tu n'en fais rien. Comme déjà dit, tu n'as plus envie de te battre contre lui. Alors un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, un soupir las qui reflète ton exaspération actuelle. « Tu n'as aucune raison de me faire confiance. Et c'est pas ce que je te demande. Je te demande juste d'accepter mon aide. Et pour te répondre, j'ai jamais amené personne ici. Et ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer. Ne crois-tu pas que si je voulais te tuer, je pourrais le faire de mes propres mains ? Je n'ai pas besoin de cinq types pour m'entourer, je suis tout à fait capable de tuer un nouveau vampire. Maintenant, si tu veux que je rameute Calvin et tous ses joyeux amis qui se feraient un plaisir de te torturer pour l'éternité, j'ai toujours mon portable. » Fais-tu ironiquement et pourtant sérieusement, haussant un peu les épaules. Bien sûr que non, tu ne le feras pas. En réalité, tu as un tout autre plan pour le mettre à l'aise. Une toute autre idée pour regagner un semblant de confiance de sa part. Ce serait une bonne base, d'après toi. Tu enlèves ton manteau, le déposant à terre. Puis, glissant ta main derrière ton jeans, tu attrapes ton pistolet et tu le mets bien en évidence, et tu le démontes, laissant chaque pièce retomber par terre sur le tissu. Et voilà. Plus d'arme. Une bonne chose de faite dirais-tu, mais pour l'instant, tu enlèves ton sweat-shirt, puis ton tee-shirt, les deux terminant rapidement leur ascension par terre, sur le manteau aussi. Tu ne lâches pas Samael du regard, et un curieux sourire étire tes lèvres, certainement un des rares depuis que tu es ici. Tes tatouages sont visibles, mais tu t'en fiches pas mal. Il les connaît pour la plupart, il n'y en a que quelques nouveaux par-ci, par-là. Tu te demandes s'il se souvient que son prénom est tatoué sur un de tes flancs, le long d'une côte, et bien visible si tu lèves un peu ton bras gauche. Il ne t'a jamais vraiment quitté, et tu n'as jamais songé à le camoufler ou quoi. Soren ne t'a jamais posé la question non plus, alors tu n'avais pas de raison de chercher à le faire disparaître. Ton jeans rejoint bien rapidement le reste de tes affaires, comme tes chaussures et chaussettes, tu restes juste en boxer, et tu ne l'as toujours pas lâché du regard, lui.

Et sans prévenir tu cours. Tu cours et tu plonges dans l'eau froide du lac. C'est sombre, on n'y voit presque rien, et tu t'enfonces dans l'eau sans aucun mal. Et lorsque tu atteins le fond, tu regardes en haut. Tu vois la lune qui brille, un peu floue toutefois. Qu'attends-tu là, sous l'eau ? Qu'il en fasse autant. Qu'il se jette à l'eau, sans réfléchir, lui aussi. Tu sais que l'ancien Samael l'aurait fait. Tu pries juste pour ne pas l'avoir entièrement perdu. Tu ne remontes toujours pas à la surface, mais tu constates qu'il entre dans l'eau à son tour. Tu ne tardes pas à nager silencieusement jusqu'à lui, jusqu'à arriver tout devant, où tu te redresses presque brusquement. « Bouh. » Fais-tu, riant un peu en prenant conscience du ridicule de la scène. Tu es complètement ridicule, et tu t'en rends bien compte... Mais tu le vois sourire, et c'est le principal. Tu es proche, peut-être un peu trop, et encore, c'est discutable. Tu es juste à un peu moins d'un mettre, et pour éviter de t'en prendre une – et surtout, car il ne veut plus d'une telle proximité – tu te recules alors dans l'eau, un peu. « Je savais que tu me rejoindrais. » Parce que tu te souviens de lui, de ses habitudes, de ses réactions. Tu dissimules ta joie derrière de petits sourires, mais elle n'en est pas moins présente. Pourquoi est-ce que tu l'aimes encore à ce point ? Comment est-ce que tu peux faire, pour ne pas le haïr ? Tu n'en as plus aucune idée, et ça te perturbe autant que ça te rend dingue. Mais comme toujours, tu ne montres rien. Tu ne veux pas le lui montrer. Tu restes en surplace à le regarder, l'eau montant jusqu'à la ligne de tes épaules. Tu restes silencieux un long moment, avant de te décider à reprendre la parole. « Presque à poil au milieu d'un lac gelé, je me demande si j'ai l'air toujours si offensif. » Fais-tu en haussant les épaules, avec un large sourire qui trahit ton manque de sérieux.

Finalement, tu te rapproches, à nouveau. Tu n'as pas envie de cette distance entre vous. Ce n'est pas pour autant que tu veux te trouver collé à lui, non. Tu ne veux juste pas de ce froid qui vous sépare. Tu ne veux pas de cette barrière. Certes, tout est fini. Certes, ça ne sert plus à rien d'espérer. Mais là, au milieu de nulle part, qui pourrait t'en vouloir d'agir ainsi ? Tu es de nouveau devant lui. Juste devant lui. Soit bien plus proche que précédemment. Tu es si près que vos souffles pourraient se mêler. Et pourtant, il y a toujours cette petite distance de sécurité, mais elle n'empêche pas une certaine tension. Tes mots se font alors murmures. « Je te jure que je ne te veux aucun mal. Je veux juste t'aider. Car j'ai mille ans de plus que toi  Samael, et je sais... Je sais parfaitement comment ça marche. Je peux t'aider, vraiment. Et quand ce sera fait, quand tu seras prêt, je disparaîtrais de ta vie si c'est ce que tu désires. Je ne te demande pas de m'apprécier comme avant. Je te demande juste de me faire confiance sur ce coup là. » Tu ne souris pas. Tes mots sont plus que sincères et tu as gardé tes yeux dans les siens, le temps que tu parles. Tu dis la vérité et seulement la vérité. Et Rod sait depuis combien de temps tu ne t'es pas montré aussi vrai avec quelqu'un. Tu ne veux plus le blesser. Tu veux juste réparer ce qui apparaît comme une erreur, en l'aidant à se maîtriser. Tu y réfléchis déjà d'ailleurs, si bien que tu ne te rends pas spécialement compte que tu te rapproches lui, encore. Si bien que tu ne t'aperçois pas tout de suite que tes lèvres frôlent les siennes, un instant. Ton souffle se fait court, tu hésites sur la conduite à tenir. L'embrasser, ou reculer ? Tu louches un peu sur ses lèvres, tu brûles d'envie d'en prendre possession, et tu sens la chaleur qui te monte à la tête, malgré la température de l'eau.

Puis, presque à contre cœur, tu te recules. Tu ne dois pas. Vous ne pouvez plus, c'est trop tard. Il est marié, il a une femme, des enfants. Tu as Soren. Peu importe combien tu l'aimes, peu importe combien il t'aime, il a été plus que clair ; c'est fini. Un léger sourire un peu triste vient flotter sur tes lèvres, alors que tu recules un peu plus encore, dans l'eau glaciale. Tu as une proposition à lui faire. Mais tu as peur de sa réaction. Un peu. « Tu... Tu pourrais même venir chez moi tu sais. À Sanguinem Luna, Cinis Luna, ou même sur l'île... ils ne te chercheraient jamais chez moi. » La proposition peut paraître folle. Mais tu es fou de lui. Alors voilà qui va de paire, pas besoin de s'inquiéter plus que de raison pour toi. Tu le détailles dans la pénombre, hésitant un peu. Tu ne sais pas si c'était une bonne idée, mais c'est la plus intéressante à ton sens. Et puis tout à coup, quelque chose te saute aux yeux, comme une évidence. Tu secoues la tête, balbutiant quelques mots avant de te reprendre. « Je, si c'est ce qui t'inquiète, je garderais mes distances, bien sûr. Je veux juste t'aider, et je pense que c'est le meilleur moyen, vraiment... » Tu resteras loin de lui, peu importe que ce soit dur, et l'attente insoutenable. Tu resteras dans ton coin, à regarder par la fenêtre, à feindre l'indifférence, parce que tu ne peux plus céder pour lui, comme lui ne peut plus céder pour toi. C'est ainsi, et vous n'y pouvez rien, l'un comme l'autre, votre destin est gravé dans une pierre scellée. Il n'est plus modifiable à souhait, comme avant. Alors maintenant, il faut composer avec, et même si tu peux paraître complètement décalé avec tes propositions, tu veux qu'il comprenne que pour une fois, tu ne fais pas ça pour toi, mais pour lui.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Sam 4 Jan - 23:54

Sa voix qui te tire de tes pensées. La sienne, cela ne pouvait qu'être lui. Lui seul pouvait te trouver ici, il est le seul à qui tu as montré cet endroit. Il a toujours soigné ses arrivées, toujours. C'est encore le cas cette nuit. C'est avec un vieux souvenir qu'il se manifeste, celui d'une de vos nuits ici. Tu l'avais poussé dans l'eau, il t'avait entraîné avec lui, et tu avais fini par le débarrasser de ses vêtements. Tu secoues très légèrement la tête, sans même le regarder. Non, tu n'avais pas attendu que vous soyez entré dans la cabane pour les retirer le reste. Tu avais juste attendu qu'il regagne la rive. Tu ne réponds pas, c'est inutile. Autant laisser les souvenirs où ils sont : dans le passé. Ils ne reviendront pas. Pourquoi faut-il se faire du mal en les ramenant à la surface ? Pourquoi ne pas définitivement enterrer le passé, ne plus jamais chercher de pelle afin de le remonter ? Tu ne sais pas. Il n'a pas l'air de vouloir le laisser là ou il est. Quant à toi... Tu es masochiste, tu le sais depuis longtemps. La douleur, tu l'endures depuis ta plus plus tendre enfance. Combien de fois ton cœur s'est-il émietté ? Combien de fois as-tu été obligé de le reconstruire ? Tu ne comptes plus, mais c'est arrivé bien trop souvent pour une seule et unique vie. Et pourtant tu as résisté, tu as continué à t'attacher à d'autres personnes, tu n'as jamais été capable de totalement fermer ton cœur. Il a toujours été trop tendre et il le restera certainement, tant que tu auras l'occasion d'être toi. N'y songe plus.

Il reprend la parole, sur la raison de sa venue. Il veut t'aider ? Tu ne veux pas, tu secoues la tête. Tu es capable de t'en sortir seul. Certes, c'est un mensonge, mais tu ne veux pas de son aide. Si tu devais aller voir quelqu'un, tu irais demander à Andrew, le seul vampire en qui tu as réellement confiance à présent. Sauf que tu ne veux pas lui attirer d'ennuis, les personnes au courant de votre lien privilégié ne sont pas rares alors on pourrait penser à lui pour t'atteindre. Tu t'y refuses. Il restera dans l'ignorance, parce que vous avez beau être amis, jamais il ne te pardonnerait de mettre son cher Seth en danger. Jamais. Alors tu devras te débrouiller seul. Tu connais tes faiblesses, les tentations qui peuvent éventuellement te faire céder. Tu sais de quoi tu dois te méfier, tu sais que craindre de toi-même. En grande partie. Ta soif et ton instinct de vampire. Tu as un peu l'impression de comprendre ce que voulait dire Andrew, quand il t'a expliqué que sa transformation semblait avoir éveillé le loup en lui, son instinct, ses réactions, cette manière de montrer les crocs en cas de menace, d'attaquer face à un adversaire plus fort... Oui, c'est aussi l'impression que tu as, même si le loup en toi devrait avoir disparu, depuis le temps et le nombre de génération qui te séparent du dernier loup de ta lignée... Il n'est pas dupe. On s'en sort toujours au début ? Et dans quelques temps, tu auras décimé une famille, juste parce que tu avais soif ? Tu baisses les yeux, ne répondant pas, une fois de plus. Il n'y a rien à répondre, tu le sais déjà... Tu ignores si ta volonté est suffisante pour t'empêcher de quitter cette clairière afin de te nourrir correctement. Tu sais que si tu te sens trop dangereux, tu finiras par simplement attendre que les rayons du soleil viennent lécher ta peau, et consumer. Encore faut-il ne pas céder avant, et c'est là que réside la plus grosse difficulté. Tu n'as pas besoin de l'entendre pour le savoir. Ses conseils, il peut les garder.

Pourtant, tu restes calmes encore. Parce que tu ne le regardes pas. La vision du lac sous les rayons lunaires est un spectacle suffisamment beau pour t'aider à conserver ton calme. Vous êtes, encore pour l'instant, dans un doux cocon de paix, mais cela ne dure pas, malheureusement. Oui, il est trop tard pour revenir en arrière. Il est allé plus loin que tu n'osais l'imaginer. Il est allé à l'encontre de ce que tu voulais, il a fait ce que tu lui avais pourtant maintes et maintes fois interdit. Donc non, tu ne veux pas de son aide, tu n'en veux plus. En quelle langue faut-il que tu le lui dises ? De quelle manière peux-tu lui faire comprendre qu'il est allé trop loin, que tu ne veux plus le voir ? Ta voix est ferme, sans la moindre hésitation. Il est parvenu à réveiller la colère en toi, ton regard s'est à nouveau paré de reflets carmins, sanglants. Avant, ton regard n'était qu'un trou noir, aspirant tout ce qui osait y passer. Tes yeux ont toujours été de la couleur des ténèbres, comme ta mère. C'est ce qui faisait rire tes proches. Aujourd'hui, cela aussi, c'est fini. La colère et la soif ont tout changé. Tu te perds, encore. Tu ne te reconnais plus. Ne parles-tu pas trop ? Ne laisses-tu pas trop facilement la place à ta rancœur ? Oui, tu le sais bien, mais aujourd'hui tu n'as plus Leo pour t'aider à tout évacuer, tu n'as plus aucun moyen de te calmer et tu ne peux te permettre d'imploser. Alors tu laisses sortir ce qui est trop dangereux pour toi. Ta haine, ta rage, tout doit sortir pour que tu n'aies plus à te tourmenter lorsque tu repensera à cette conversation. Mais il n'a pas de remords. Il te tuerais à nouveau, si c'était à refaire. Cette fois, ton regard devient littéralement de la couleur du rubis. Aussi brillant, froid et dur que la pierre précieuse. Un peu plus sombre, peut-être. Un grenat plutôt. Tu serres les dents et détournes le regard avant de trop te trahir. Tu le hais à nouveau. Il n'a pas de remords. Comme toi ? Non, toi tu t'en veux d'avoir fait ces choix même si, tu dois bien l'avouer, tu recommencerais si c'était à refaire. Peut-être d'une manière plus douce, mais tu recommencerais. Parce que tu n'as pas agi pour toi, mais pour tout un peuple. C'est là que réside la grand différence entre lui et toi. Tu n'agis pas pour toi, mais pour les autres. Ta vie ne t'a jamais appartenu et il te l'a douloureusement rappelé, lui aussi.

-Je ne veux pas de ton aide. siffles-tu à nouveau, en russe.

Oui, il t'avait demandé de ne pas massacrer sa langue natale. Tu en as fait exprès. Comment faut-il que tu le dises pour qu'il l'intègre ? Surtout que ses précédents propos ne t'ont absolument pas plus. Il revient plutôt rapidement sur le sujet des baisers. Tu te mordilles la lèvre, mal à l'aise... C'était une erreur. Une grossière erreur, tu en es parfaitement conscient. Il aurait dû oublier. Toi aussi. C'est du passé, cela ne se reproduira plus jamais. Non, jamais. Il n'a pas envie ? Non, toi non plus, d'un côté... Parce que ce genre de souvenir te ramène dans le passé, à une époque où tu pouvais vraiment dire que tu étais heureux. Tu ne réponds pas, parce que votre dernier baiser a ramené bien plus de choses que tu n'aurais cru. Sa peau sous tes doigts, ses cheveux les frôlant, ses lèvres froides et pourtant que tu aimais tant... Sa passion dans ses baiser, ses sourires, cette manière de toujours te sauter dessus à la moindre occasion, la manière dont tu le lui rendais... Tu adorais le frapper lorsqu'il t'agaçait, tu adorais le bouder pour mieux vous réconcilier après. Tu l'aimais, plus que de raison. Plus que tu n'aurais dû. Mais pas assez pour passer par-dessus tout. Pas assez pour lui pardonner certaines erreurs. Trop et en même temps pas assez... Tu envies Andrew et cette manière dont il aime, au-delà de la raison, au-delà la folie elle-même... Il ne faut pas te laisser emporter par les souvenirs, songe à autre chose. Cette clairière, ce lac. Cet endroit au sein duquel tu l'as bien peu souvent amené... Et pourtant il y a songé, pour te retrouver. Il a bien deviné que tu serais ici. Comment ? C'est là la question que tu lui poses. Comment a-t-il pu s'en souvenir ? Il aurait réagit comme toi ? Ahah. Lui, le Mad Hatter ? Le monstre sanguinaire ? Mais il a raison... Ici, tu te sens en sécurité, protégé du monde et le monde est protégé de toi. C'est un endroit empli de bons souvenirs, capable de te garder calme. Tu ne le regardes pas, tu t'apaises doucement, observant simplement l'eau. Tu ne réponds pas non plus. Il se souvient de vos bons souvenirs ici, il a compris, sans que tu le lui dévoiles, que cet endroit comptait énormément à tes yeux. Un havre de paix, le seul pour toi. Et le seul qui existe encore à l'heure actuelle... Ne plus y songer.

Tu attrapes plutôt un caillou et le lances au loin, dans l'eau. Sa surface se trouble en cercles qui s'étendent jusqu'à la rive, lentement. Tu contemples le spectacle, perdu. Tu attrapes un second caillou mais, au lieu de le lancer, tu te contentes de le faire tourner entre tes doigts. Tu lui avoues ton état d'esprit. Tu es perdu et tu doutes qu'il puisse y faire quelque chose. Tes repères ont tous été chamboulés, tu es condamné à mener une vie dont tu n'as pas voulu. Tu n'es pas fait pour l'éternité, et tu as encore moins envie de l'être. Tu n'es plus humain, tu n'es pas un vampire non plus. Alors qu'es-tu ? Tu l'ignores. Et lui, il soupire un peu. Tu es le même ? Non, tu n'en as pas l'impression. Tes sensations sont différentes, tes manières d'agir, de réfléchir sont légèrement différentes. On ne dit pas adieu à celui qu'on était avant, en étant transformé ? C'est pourtant ton impression, même si tes chaînes sont encore là pour te contrôler. Tu l'écoutes parler, sans répondre. Tu l'écoutes te raconter son histoire, pourquoi lui a changé. Tant que tu le désireras, tu resteras toi-même ? Non, tu secoues la tête. Ce n'est pas la sensation que tu as. Tu as l'impression d'avoir perdu quelque chose d'essentiel, quelque chose qui te caractérisait avant. Mais quoi ? Il est encore trop tôt pour le dire. Un jour, tu comprendras que, ce que tu n'as plus, c'est cette chaîne qui te relie au trône de l'empire. En attendant, il te faudra apprendre à exister ainsi, à te redécouvrir. Un soupir t'échappe...

-Tu ne comprends pas...

Non, il ne comprend pas, il n'est pas à ta place. Il n'a pas grandi dans la haine des vampires, il n'est pas devenu chasseur, dans sa vie d'humain. Il n'a pas appris à renoncer à tout ce qui lui était cher pour faire son devoir. Il n'y a qu'avec un nombre très restreint de personnes, dans certaines conditions, que tu pouvais réellement être toi-même. Tu l'étais, avec lui. Mais maintenant que tu n'es plus humain, maintenant que tu as tout fait pour faire disparaître l'ancien Samael, que te reste-t-il ? Rien, à part quelques souvenirs... Tu t'arraches à tes réflexions, tu le regardes à nouveau. Seul, tu as peu de chances de t'en sortir correctement. Mais avec l'aide d'un vampire plus âgé, peut-être que tu parviendrais à te maîtriser relativement rapidement. Et si... Non. Pas lui, tu t'y refuses catégoriquement. Tu ne lui fais pas confiance, tu ne lui feras plus jamais totalement confiance. Il t'a trahis une fois, qu'est-ce qui l'empêche de recommencer ? Rien. D'ailleurs, tu lui fais clairement savoir que tu te méfies de lui. Tu es agressif, cruel, même si tu ne bouges que la tête et quelques doigts, laissant la pierre tourner entre eux... Crois-tu réellement qu'il puisse te tuer ? Tu ne sais plus à quoi te fier, tout est tellement confus... En effet, comme il le dit si bien, tu n'as aucune raison de lui faire confiance. Mais c'est bien ce qu'il te demande. Accepter l'aide de quelqu'un, c'est placer un minimum sa confiance en l'autre, être sûr qu'il veut aider et non pas l'inverse. Minute... Il n'a jamais amené personne ici ? Il a gardé le secret ? Tu fronces un peu les sourcils, l'observant... Mais pourquoi l'a-t-il fait ? Tient-il encore réellement à toi ? Il a dit n'avoir jamais cessé de t'aimer mais... Il est vrai que la réciproque est bien réellement mais cela te semble si étrange... Il ne t'a pas remplacé, depuis le temps ? Tu ne le lui demanderas pas, tu n'as pas envie de savoir, en fait. Tu soupires profondément, détournant à nouveau le regard vers le lac. S'il voulait te tuer, il aurait déjà eu plusieurs occasions de le faire...

-Merci de n'avoir amené personne ici, j'aimerais que cela continue... Et, tant qu'à faire, je préfère le ciel étoilé aux geôles de tes semblables.

Tu es redevenu étrangement calme. Tu apprécies le fait qu'il soit venu seul, qu'il ait gardé ton secret. Et puis, il est évident que tu préfères la liberté à la prison... Seulement, pour l'instant, tu te sais incapable de supporter l'enfermement. Une journée dans la cabane manque de te faire perdre l'esprit tellement tu te sens mal. Tu as beau essayer de dormir, tant que tu es éveillé, tu tournes en rond, tu réfléchis beaucoup trop... Il n'y a que sous le ciel que tu te sens réellement bien. Mais que fait-il ? Tu reportes ton attention sur lui, tandis qu'il s'agite. Tu l'observes alors qu'il retire son manteau avant de démonter le pistolet qu'il portait sur lui. Tu fixes les différents morceaux de l'arme quelques secondes, intrigué, avant de l'observer à nouveau. Oui ? Il continue à se déshabiller et tu ne parviens pas à savoir quelle mouche a bien pu le piquer. Vous n'êtes pas dix ans plus tôt, pourquoi agit-il ainsi ? Tu ne sais pas, tu le laisses juste faire, détaillant son corps sans chercher à te cacher. Tu connais si bien tous ces tatouages... Il y en a quelques nouveaux par-ci par-là, tout de même. Ton regard se fait, une seconde, un peu plus insistant sur son flanc gauche. Ton prénom y était, le long d'une côte. Y est-il encore ? Oui, tu l'y vois. Tu ne cherches pas plus loin. Il l'a gardé... Et là, il est limite nu devant toi. Il aurait très bien pu retirer son boxer, tu te souviens parfaitement de son corps, tu ne pourrais pas dire que le voir complètement nu te dérangerait. Pas le moins du monde.

Et soudain, il va sauter à l'eau. Tss. Sale gosse. Pour le coup, tu as réellement l'impression d'être de retour dix ans en arrière. Il ne faut pas t'y fier, il ne faut pas te laisser bercer par cette douce illusion. Il te donne envie. Tu aimes l'eau, même s'il l'apprécie plus que toi. Il fait un peu froid mais sa morsure ne t'atteint pas le moins du monde, dans ton état. Que risques-tu en cédant ? Ramener à nouveau l'ancien Samael ? Est-ce vraiment une mauvaise chose ? Oui, parce que tu sais que, lui, serait toujours prêt à tomber dans ses bras. Mais la tentation est forte... Tu hésites un peu... Mais finalement, tu laisses le caillou retomber au sol tandis que tu te relèves. Ton manteau tombe rapidement, ta veste aussi, ainsi que tes chaussures et chaussettes. Un instant, tu hésites avec ta chemise. Tant pis. Elle rejoint rapidement le reste de tes affaires, au sol, tandis que tu gagnes calmement l'eau. Elle est froide, mais cela ne te dérange plus tellement. Tu te laisses aller, nageant quelque peu, pas trop loin, le cherchant du regard. Il n'est toujours pas remonté à la surface... Tu le cherches alors... Jusqu'à ce qu'il apparaisse soudainement devant toi, faisant « bouh », tel un gamin. Tu ne sursautes pas, avec les trois monstres que tu élèves, tu as fini par perdre ce réflexe, ils sont tellement infernaux... Par contre, tu souris. Sincèrement. Il est tellement ridicule... Mais tu aimes quand les choses tournent ainsi. Il savait que tu le rejoindrais ? Allons bon, on va voir cela tout de suite... Rapidement, ta main glisse juste à la surface de l'eau et tu lui en projettes plein dessus. Cette fois, tu éclates de rire !

-Tu savais peut-être que je viendrais, mais celle-là, tu ne l'as pas vue venir !

Tu es tout aussi ridicule. Pourquoi agis-tu ainsi ? Pourquoi ne peux-tu pas rester sérieux, pourquoi n'es-tu pas resté sur le bord du lac ? Tu ne sais pas. Instinct, pulsion, envie d'oublier un peu tout ce qui te préoccupe en essayant de revivre un moment ressemblant à ceux passés. Tu ne sais plus ce que tu veux. Tout se confond dans ton esprit alors, pour le coup, tu essayes juste d'oublier et de profiter de la soirée. Profiter du calme ambiant. Et lui... Lui qui est la tentation incarnée, lui que tu devrais vraiment éviter et qui pourtant est là, à quelques maigres mètres de toi... Tu secoues la tête. Non, il y a des erreurs que tu ne peux plus te permettre. Tu profites qu'il est loin et qu'il se fait pour te laisser couler quelques secondes, les yeux grand ouverts. Il y a des poissons dans ce lac, mais tu as toujours eu énormément de mal à en attraper. Tu ne voulais pas pêcher et en capturer un à mains nues relevait de l'exploit. Tu te souviens que ton père y était parvenu, une fois. Il s'en était vanté pendant des jours, ce qui avait beaucoup fait rire ta mère. Que de souvenirs... Tu remontes à la surface, reprenant contact avec la réalité. C'est à de moment là qu'il parle, t'arrachant définitivement à tes souvenirs... Presque à poil au milieu d'un lac gelé... Tu ne peux que sourire. Non, il n'a pas tellement l'air offensif. Mais...

-Ne faut-il pas se méfier lorsque le prédateur semble calme ?

Tu en fais exprès, certes. Il ne t'attaquera pas. Enfin, tu ne penses pas. Pas ainsi, pas dans cet état. Mais il se rapproche, encore. Tu secoues la tête, désespéré. Que te veut-il encore ? Il est proche. Trop proche. Il est donc incapable de respecter la distance normale entre deux personnes. Tu ne bouges pas pour ta part, pas un geste de recul mais tu ne l'encourages pas pour autant. Tu es curieux de voir où il veut en venir. Il ne te veut aucun mal, juste t'aider ? Tu soupires très légèrement, las d'entendre toujours le même refrain. Ses motivations sont-elles sincères ou a-t-il encore un autre plan derrière la tête ? Tu es bien incapable de le dire. Le souverain s'allie au vampire, ce sera difficile de tirer quelque chose de toi. Cependant, tu fronces les sourcils lorsqu'il dit qu'il disparaîtra de ta vie, une fois qu'il aura fini de t'aider. Ton regard se fait sévère tandis que tu le fixes. Tu le lui as déjà demandé. Il t'a déjà dit une telle chose. Il est pourtant toujours là, devant toi.

-Tu es incapable de tenir certaines paroles. Je te l'ai déjà dit, tu feras toujours passer tes intérêts en premier, et je n'en fais pas parti. Donc si cela t'arrange de me trahir, tu le feras. Tu n'y changeras rien.

Tes mots ne sont qu'un faible murmure et pourtant, une fois de plus, tu es bien dur avec lui. Tu souhaites seulement qu'il comprenne ton point de vue. Il a des intérêts qui diffèrent des tiens. Tu passeras toujours en second, toujours. Aujourd'hui tu ne peux plus. Si tu essayes d'exister sous cette forme, c'est uniquement pour essayer d'arranger les choses dans l'empire. Lorsque ce sera fini... Tu ne sais pas ce que tu deviendras. Une ombre, sans doute. Ou un tas de poussière. Tout est possible. En attendant, il est proche, trop proche, encore. Il se rapproche d'autant plus, trop... Ses lèvres t'attirent presque irrésistiblement. C'est une torture de ne pas bouger, de ne pas céder à cet appel... Surtout que presque tout ton être veut en prendre possession, de ses lèvres, de son corps... Lui tout entier... Il n'y a qu'une part de l'empereur qui s'y refuse. Tu ne peux pas, tu ne peux plus. Peu importe tes sentiments, peu importe tout ce que tu penses, tu ne peux pas, tu n'en as plus le droit. Tout est fini, depuis bien longtemps. Mais il semblerait que, ni l'un ni l'autre, vous ne soyez en mesure de tourner la page, de vous oublier l'un l'autre... Tu sais qu'il louche sur tes lèvres, tu fais de même avec lui... Mais à par cela, tu es complètement figé sur place. Tu es tendu, mal à l'aise. Si tu fais le moindre geste, tu as l'impression que tu vas l'attraper, l'attirer à toi et ne plus jamais le lâcher. C'est une mauvaise idée, alors tu restes figé. Tu ne te détends que lorsqu'il s'écarte enfin de toi. Pour peu, tu laisserais échapper un soupir de soulagement. Tu n'en fais rien, te contentant de le regarder tandis que tu te laisses un peu tomber dans l'eau. Seule ta tête dépasse, à présent. Oui, tout est fini... Ce sourire triste te fait mal, pourtant. Tu ne souris pas, toi. Tu restes neutre, le regard dans le vide...

Il reprend la parole, à nouveau. Tu n'émerges pas tout de suite, trop occupé à contempler le calme de la clairière. Mais un point te fait réagir. Chez lui ? Quoi chez lui ? Venir chez lui ? Il est cinglé ? Ton regard revient rapidement se poser vers lui. Tu arques un sourcil. Sérieusement ? Il croit que tu vas accepter en connaissant sa manie de te sauter dessus ? Il reprend bien vite. C'est bien, au moins, il a compris une part du problème. Garder ses distances ? Tu doutes qu'il en soit capable, à le voir agir avec toi. Et puis... Le problème ne vient pas que de lui. Il vient de toi aussi. Le voir tous les jours, toutes les nuits, si proche et ne pas pouvoir l'approcher... Tu imagines d'avance la torture que ce serait. Non, tu ne peux accepter. Déjà, rien qu'à quelques mètres, tu as du mal à le regarder trop longtemps... Tu voudrais franchir cette distance qui vous sépare, le rejoindre, tout envoyer en l'air comme tu voulais le faire plus jeune. Sauf que tu ne feras pas, tu le sais parfaitement bien. Tu secoues la tête, une nouvelle fois. Pourquoi se faire toujours du mal ? Pourquoi ne pas tout simplement vous oublier l'un l'autre ? Ce serait tellement plus facile, même si tu n'es pas certain de pouvoir un jour l'oublier réellement...

-Non Lyokha. Pour le moment, je suis très bien ici et je n'en bougerai que lorsque je serai obligé. De plus, je ne pourrais pas supporter d'être enfermé, même chez toi. Ce serait...

Trop dur... Tu ne finis pas ce que tu voulais dire. Un éclat argenté passe dans l'eau, tout près de toi. Il te capte instantanément, te faisant oublier la fin de ta phrase, la conversation. Sans prévenir ru plonges, d'un coup. C'est idiot, étrange, imprévu, mais tant pis. Là, maintenant, tout de suite, tu as envie d'attraper ce poisson et tu l'auras. Vampire, tu es bien plus agile. Les yeux ouverts sous l'eau, tu repères rapidement ta proie et, en quelques mouvements, tu l'attrapes fermement. Et voilà le travail. C'est idiot mais tu es fier de toi. Le seul problème, c'est que ladite proie se débat et dans l'eau, c'est bien difficile de la garder. Mais tu as une idée derrière la tête, aussi. Tu restes sous l'eau, nageant le plus discrètement possible, allant te retrouver derrière l'ex-blond. Et lorsque tu y es, tu refais surface le plus discrètement possible... Et tu lui lâches le poisson dessus. L'animal lui fonce dessus et toi tu ris, t'éloignant en nageant à reculons...

-Je n'arrivais pas à les attraper, avant. Maintenant, c'est trop facile...

Tu souris, le regardant. Tu voudrais tant revenir dix ans en arrière, rien que pour une soirée... Oublier tout le reste, avoir juste le droit, une fois, rien qu'une fois, de redevenir le jeune homme que tu as été avec lui. Mais c'est trop dangereux et tu en as malheureusement bien trop conscience... Parce que si tu cèdes une fois, tu recommenceras. Encore et encore. Il ne le faut pas, tu le sais. Mais... Après tout, tu n'es plus humain. Tu es vampire, tu es mort, tu n'as plus les mêmes obligations... Non, il ne faut pas réfléchir ainsi. Tu es Samael Tudor, tu aimes Adelina et tes enfants. Tu es fidèle. C'est une qualité que tu tiens à conserver, même si Lyokha a été le premier à se faire une place dans ton cœur... Non, tu ne céderas pas, peu importe ce qui se passera. Alors tu plonges, une nouvelle fois, retournant sous l'eau pour le fuir, lui et ces tentations qu'il fait naître en toi. Tout est si différent, plus difficile quand il est dans les parages... Il est un danger pour toi, tu en as parfaitement conscience. Alors tu l'évites, tu mets de la distance entre vous. Tu nages vers le centre du lac, là où l'eau est la plus froide, là où c'est plus profond. Puis tu refais à nouveau surface, agitant la tête. Tu ne t'en étais pas rendu compte avant, mais tes cheveux sont bien trop longs. Les couper ne serait pas du luxe, ils te gênent quand tu fais surface. Tu te retournes, tu le regardes. Il te rejoint. Ah la la... Infernal. Ne pourra-t-il donc jamais te lâcher ? Pas tant que tu ne lui auras pas cédé, tu en as malheureusement l'impression. Tu restes donc sur place, tu attends qu'il te rejoigne... Et lorsqu'il est assez près, tu lui envoies de l'eau à la figure. Et voilà le travail. « Je parie que tu ne t'y attendais pas non plus. » Sauf qu'il t'en renvoie en retour. Tu rigoles. D'accord, s'il veut la guerre, il l'aura. Sur ce, commence une des plus mémorables batailles d'eau que tu ais jamais faites. Surtout que tu le fais couler à plusieurs reprises, et lui aussi. De vrais gosses. Mais au moins, tu ne penses à rien d'autre. Tu profites juste de l'instant, et c'est tout ce que tu demandais. Un peu de distraction, oublier tout ce qui pèse sur tes épaules...

Puis, au fil des minutes, tout se calme. Tu cesses de réagir. Tu le regardes simplement. Tu le fixes, même. Pas une seule seconde, tu ne le lâches du regard. Lyokha. Non, non, pense à Adelina, pense aux enfants. Tu secoues à nouveau la tête et, d'un geste de la main, tu lui fais comprendre que tu n'es plus d'humeur, regagnant plutôt la rive. Tu restes dans l'eau, tu vas juste t'asseoir là où tu peux le faire en gardant la tête hors de l'eau. Tu réfléchis, le regard dans le vague. Tout est différent, difficile. Tu voudrais tant pouvoir... Tu aimerais tant... Pourquoi a-t-il fallu que tout change ? Pourquoi ? Était-ce le destin ? Un coup du sort ? Était-ce inévitable ou juste le résultat de vos choix respectifs ? Tu n'as jamais réellement cru au destin, toi qui vivais en cage. Tu savais ce que tu allais devenir parce que c'était ce qu'on attendait de toi. Tu devais faire des choix, tu ne pouvais envisager d'en faire d'autres, parce que le sort d'autres personnes dépendait de toi. Cette épée de Damoclès au-dessus de ta tête était inévitable. Mais aujourd'hui, cette nuit, parce que vous êtes seuls... Tu reprends doucement contact avec la réalité, le regardant. Tu l'observes, tu détailles tout ce que tu peux de son corps, puis son visage... Tu préférais ses cheveux blonds... Tu secoues la tête. C'est une mauvaise idée. Une très mauvaise idée. Tu te relèves pourtant. Tu viens devant lui. Ton souffle se fait court. Tu es nerveux mais cela ne se voit qu'au fond de ton regard. Il n'est pas fixe, il se pose sur tout et n'importe quoi. Tu te rapproches un peu plus. Trop. Beaucoup trop. Tu veux... Tu peux peut-être... Il va dire quelque chose, mais tu poses un doigt sur ses lèvres... Ta voix se fait murmure...

-S'il te plaît... Je sais que c'est une mauvaise idée, je sais ce que j'ai dit, je sais ce que j'ai fait... Mais... Accorde-moi cette nuit... Rien que cette nuit... Après j'essaierai d'envisager le reste, je me tiendrai à distance, je jouerai juste mon rôle. Après je verrai si je peux ou non exister comme ça, mais j'ai besoin d'oublier. La transformation, la guerre, toutes ces morts inutiles... Tout oublier, pour juste... Retrouver...

Retrouver quoi ? Retrouver qui plutôt. Lui, toi, vous. Te souvenir de vous. De qui tu étais, de comprendre qui tu peux être, même ainsi, immortel. Alors, sans plus attendre, tu franchis le peu de distance qui vous sépare encore, venant plutôt t'emparer de ses lèvres. C'est vraiment, sincèrement, une mauvaise idée à la puissance mille. Mais tu n'en as rien à faire. C'est lui que tu veux. Lui et personne d'autre sur le moment. Alors tu profites du fait que tu puisses avoir ses lèvres contre les tiennes pour l'embrasser avec fougue. Tes mains glissent dans le bas de son dos, alors que tu l'attires contre toi. Bien... C'est un baiser passionné, plein de fougue. Très semblable à ceux que vous échangiez avant. Il faut en profiter, parce que tu espères que ce sera la dernière fois que tu craqueras. Après ce sera fini, mais cette nuit, il ne faut pas que tu y penses. Tu es perdu, il est là. C'est tout ce dont tu as besoin sur l'instant. Il est là, il est toujours là, même quand il ne faut pas. Tu le fais tomber dans l'eau, tu tombes avec lui, au-dessus. Tu ne le lâches pas une seule seconde. Tu l'aimes toujours. Ton cœur battrait fort, si tu étais encore en vie. Mais il reste neutre, mort. Tu es mort, oui... Mais tes sentiments n'ont pas disparus pour autant... Une main glisse, tu lui retires son boxer, parce qu'il te gêne très sincèrement. Tu ne regardes même pas ce que tu en fait, les yeux fermés, bien trop concentré sur ses lèvres, sur son corps... Qu'on te pardonne cette dernière incartade au règlement, tu as toujours été très doué pour enfreindre les règles, ce n'est pas aujourd'hui que tu feras une exception... Tant pis pour les conséquences, tant pis pour tout. Il ne reste que toi et lui. Lui, nu... Miam...

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Lyokha Volkov
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♆ tell me, would you kill...


MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Dim 5 Jan - 20:20

« Je ne veux pas de ton aide. » Tu souris un peu, secouant la tête alors qu'il reprend dans ta langue natale, le russe. Allons donc, cela t'aurait étonné qu'il t'épargne, lui qui fait toujours l'inverse de ce que tu dis... Mais, même si devant lui, tu soutiens qu'il parle mal, tu reconnais qu'il est plutôt doué, et que son accent n'est pas si mauvais que ça. L'avouer à voix haute ? Ça, jamais. Mais même si tu ne lui as jamais dit, tu as toujours apprécié qu'il te murmure des mots en russe. C'est peut-être ridicule dit comme ça, mais Lyokha, on se passera de rappeler à quel point tes fantasmes peuvent être ridicules des fois. Et non, tu n'as pas envie d'oublier ces baisers. Surtout pas le dernier. Parce qu'il t'a brûlé la peau, il t'a brûlé le cœur aussi. C'était certainement l'un des meilleurs, et si c'était réellement le dernier, tu veux t'en souvenir pour l'éternité. Il peut bien te laisser cela non ? Un dernier souvenir. Tout dernier. Les souvenirs... Ton passé te revient un peu à la face, avec tous ces événements. Se retrouver ici te rappelle bien des choses aussi. Même si vous n'y êtes pas venu si souvent, les rares moments passés dans cette clairière restent mémorable à tes yeux. Que ce soit ces nuits que vous avez passées sur la rive à vous embrasser comme deux adolescents, ou ces jeux complètement stupides dans l'eau qui consistaient simplement à couler ou à surprendre l'autre. Il attrape un caillou et le lance, puis un second, mais cette fois il le fait simplement tourner dans ses doigts. Tu le regardes de temps à autres, étant parfois plus concentré sur le lac que sur sa personne. Mais tu écoutes ce qu'il dit, tu es plus qu'attentif à ce qu'il te raconte. Il te fait part de ses doutes, et tu ne sais pas si tu dois te sentir flatté d'être mis dans la confidence, ou au contraire, si tu dois culpabiliser encore plus. Tu ne sais pas tellement où il veut en venir, tu crois simplement qu'il a envie de se libérer de ce poids qui lui pèse, et tu ne peux que le comprendre sur l'instant. Il est perdu, tous ses repères sont troublés, il ne sait plus où il en est. Tant de ressentis que tu as connu toi aussi, au début. On peut être partagé entre l'envie de tout recommencer, ou juste de continuer son ancienne vie ; c'est un vrai conflit d'identité qui doit être d'autant plus dur à gérer pour lui, qui porte le titre d'Empereur. Il soupire. « Tu ne comprends pas... » Tu hausses un peu les épaules, secouant imperceptiblement la tête de gauche à droite. Bien sûr que tu comprends. Même si c'est dur pour lui de le cautionner, de s'imaginer que toi, vampire que la réputation sanguinaire précède, comprennes ce qu'il vit en ce moment. A-t-il oublié que tu as onze siècles de plus que lui ? Certes, tu n'étais pas tiraillé par tant de chaînes à l'époque, toi ; tu n'étais qu'un garçon d'étable, on s'en fichait pas mal que tu crèves de la maladie ou d'un coup d'épée. Lui, c'est encore bien différent, tout le monde le connaît, à travers la planète, tout le monde sait qui est Samael Tudor. Même si on ne connaît pas forcément son visage, on connaît au moins son nom qui inspire tant l'honneur que le respect. S'ajoute à cela le fait qu'il est chasseur, et là, c'est indéniable, il ne devrait pas être vampire par rapport à son engagement... Mais, tu peux comprendre. Tu sais ce qu'il endure, et c'est bien pour cela que tu veux l'aider ; tu n'as pas aimé traverser cela seul, tu veux lui faciliter la tâche, d'autant plus que c'est bien plus dur pour lui de passer au travers de cette transformation.

Encore une fois, tu lui répètes que tu n'es pas là pour le tuer. Même si ses mots sont durs, même si clairement, il t'annonce la couleur en te faisant comprendre à quel point il ne te fait plus confiance, tu lui veux aucun mal. Tu en as assez fait comme ça. Et comme tu te plais à lui rappeler, tu n'as besoin de personne pour tuer. Tu es un des plus grands tueurs de cette planète. Et ce n'est certainement pas un nouveau vampire qui va y changer quelque chose. Bref, tu veux juste qu'il intègre quelque chose ; tu ne lui feras pas de mal. Tu ne comptes pas le tuer, ni même le capturer ou peu importe ce qu'il peut s'imaginer. « Merci de n'avoir amené personne ici, j'aimerais que cela continue... Et, tant qu'à faire, je préfère le ciel étoilé aux geôles de tes semblables. » Tu le gratifies d'un petit sourire. Il est calme, et tu l'es tout autant. C'est impressionnant de voir comme les tensions sont redescendues... Pour combien de temps ? Aucune idée. Le plus possible, tu l'espères. Merci ? Alors... il y tient vraiment à cet endroit ? Est-ce qu'il y tient comme toi, c'est à dire, à la manière d'un secret, quelque chose qui n'appartient qu'à vous deux ? C'est toujours ainsi que tu l'as vu. Et c'est peut-être pour cela que tu y es revenu, deux ou trois fois, peut-être que tu espérais y croiser Tudor. Tu aurais très bien pu amener Soren ici, juste pour réécrire l'histoire avec un autre type. Mais tu ne l'as jamais fait, car ce lieu, il est comme sacré. Tu ne l'as jamais fait, par respect pour le brun qui se tient non loin de toi. C'est son havre de paix, votre havre de paix. Et celui de personne d'autre, pas même ton plus proche collaborateur, ou ton dernier amant en liste. Bref. Il préfère le ciel étoilé aux prisons de Sanguinem Luna ? Oh, par tous les saints que tu le comprends. La prison de Sanguinem Luna, dans les montagnes, est certainement l'une des pires. Tu le sais, parce qu'ils t'ont régulièrement eu comme pensionnaire. Tu connais ses murs, ses gardiens, tu connais tout de cette prison, les salles d'isolement, les coups gratuits et le sang qui est comparable à du sang de rat tant il manque de saveur, et encore, quand on prend la peine de vous nourrir. Bref². Tu n'es pas là pour faire le descriptif de ce magnifique bâtiment, tu ne fais que souligner une fois de plus à quel point Samael tient à sa liberté. Et d'un côté... Tu te retiens de l'ajouter, mais ça te brûle les lèvres ; tu viens de lui offrir la liberté dont il rêvait. Plus rien ne le retient, maintenant qu'il est mort, même pas le temps. Plus rien, aucune limite, si ce n'est le soleil et la soif de sang. Il n'est lié à rien d'autre. Bien sûr, il y a Adelina, les enfants... Mais c'est encore autre chose.

Et puis, un coup de sang, quelque chose. Tu ne sais pas trop pourquoi tu fais ça, mais tu te déshabilles, et en gage de confiance, tu démontes même ton arme. Voilà. Tu n'es plus qu'en sous-vêtement maintenant. Tu sens son regard sur toi, presque pesant... Qu'est-ce qu'il fait ? Il n'en a plus rien à faire de toi, il s'en souvient ? Un léger sourire joueur se dessine sur tes lèvres. Tu es un peu surpris, mais à la fois, pas tellement étonné de sa réaction. C'est Samael après tout. C'est celui avec qui tu as froissé les draps pendant bien des mois. Période inoubliable que tu essayes pourtant de ne pas trop te remémorer ; c'est toujours douloureux de se souvenir de ce dont on a perdu. Bref, tu sors de tes pensées et tu sautes à l'eau ; elle est glacée, mais tu n'en ressens pas le froid, c'est qui plutôt pratique il faut l'avouer. Tu nages un peu en profondeur, tu ne remontes pas tout de suite. Avec un peu de chance, il va te rejoindre et.... Pas loupé, c'est bien lui qui s'agite un peu plus loin dans l'eau. Sans plus attendre tu t'approches, doucement, et tu jaillis de l'eau avec un bouh plutôt enfantin. Il sourit, un large sourire sincère comme ceux que ton cher Samael te donnait... Et il t'envoie de l'eau au visage. Par réflexe, tu recules, perdant un peu l'équilibre dans l'eau. Ton rire fait bien rapidement écho au sien, amusé par la situation. « Tu savais peut-être que je viendrais, mais celle-là, tu ne l'as pas vue venir ! » Autrefois, tu l'aurais embrassé, là, maintenant. Mais tu n'en fais rien. Parce que vous n'êtes pas dix ans plus tôt, malgré les circonstances, tu ne peux pas te le permettre. Alors tu te contentes de sourire, même si ce sourire fane quelque peu quand tu te surprends à regarder ses lèvres, brièvement. Non, non tu sais bien que vous ne pouvez plus. Tu as Soren, il est marié, il a des enfants... Faites en sorte que tout cela reste juste dans le jeu, amical, ok ? Tu te recules un peu, histoire de garder une distance décente entre vous deux... Voilà, là c'est bien. Ce qui ne t'empêche pas de le détailler. C'est que monsieur l'Empereur a laissé sa chemise sur la rive... Tu n'en attendais pas autant de sa part, mais tu souris en remarquant ce détail, légèrement. Autrefois, tu lui aurais sauté dessus pour lui enlever son pantalon, son boxer ; tu lui aurais sauté dessus pour le mettre à poil tout simplement. Il disparaît sur la surface de l'eau un instant, et c'est lorsque tu le constates que tu sors de tes pensées, le cherchant du regard. Il réapparaît, et tu ne tardes pas à reprendre la parole ; non, tu n'es pas offensif. Tu n'as jamais voulu l'être en le rejoignant ici, et tu espères qu'il l'a bien compris. « Ne faut-il pas se méfier lorsque le prédateur semble calme ? » Tu ris un peu à nouveau, un rire qui souligne ton humeur légère et plutôt joueuse. Tu penches un peu la tête sur le côté, haussant les épaules. Il n'a pas tort. C'est une leçon élémentaire de survie, surtout face à un vampire. Mais maintenant qu'il est des tiens, il n'a plus vraiment à craindre une morsure ou peu importe ce que ce serait... « Tu marques un point, j'avoue. » Tu ne fais qu'approuver ce qu'il vient de te dire, rien de plus. Et quand bien même, tu n'as pas envie de l'attaquer. Tu n'as plus envie de te battre pour une cause perdue.

Et, inexplicablement, tu t'approches de lui à nouveau. Comme si tu avais besoin de cette proximité, même si tu sais qu'elle n'est plus autorisée entre vous deux depuis dix ans déjà. Tu sais que vous ne pouvez pas, que ce n'est pas bien, pas moral, pas... Pas bien des choses, considérant vos choix et autres décisions qui font de vous ce que vous êtes aujourd'hui. Mais tu l'aimes encore. Et même si ton cœur ne bat plus depuis bien longtemps, tu jurerais qu'il le fait encore pour lui. En réalité, ce n'est pas un quart qu'il possède. C'est la moitié. Si ce n'est un peu plus... Toute une moitié qui restera à jamais pour lui, comme réservée. Quand est-il de son côté ? Tu n'as pas envie de savoir. Tu n'as pas envie d'espérer dans le vide, car tu sais que son cœur battait pour quelqu'un d'autre. Une femme. Cette femme plus particulièrement, ce qui a rendu les choses d'autant plus douloureuses. Car tu appréciais la jeune Maura, vraiment. Tu t'en méfiais comme tu te méfies de tout le monde, mais elle était sympathique, et téméraire à sa manière. Alors, quand tu as appris qu'ils se mariaient, quand tu as appris qu'elle était enceinte... Oui, tu as vu ça comme une trahison. Tu n'aurais pas dû, mais ça t'a fait souffrir, bien plus que de raison. Bref, encore une fois, tu n'es pas là pour débattre avec ton toi intérieur. Tu es là pour lui. Seulement lui, pas toi. Tu reprends alors sur le fait que tu n'es là que pour l'aider, et son soupir est très explicite ; tu sais que tu te répètes, que c'est toujours la même chanson. Mais tu ne sais pas comment faire pour qu'il l'intègre vraiment. Tu l'aides, et après, tu disparais, définitivement de sa vie si c'est ce qu'il veut. S'il veut garder contact, juste en tant qu'ami, tu ne diras pas non... Mais s'il préfère rompre les ponts définitivement tu ne diras pas non non plus. « Tu es incapable de tenir certaines paroles. Je te l'ai déjà dit, tu feras toujours passer tes intérêts en premier, et je n'en fais pas parti. Donc si cela t'arrange de me trahir, tu le feras. Tu n'y changeras rien. » Tu ne souris plus, enfin, c'est plutôt un élan de tristesse qui flotte sur tes lèvres, alors qu'un peu de douleur transperce ton regard de glace. Incapable de tenir certaines paroles... Tu serres un peu les dents, parce qu'il te fait mal. Il te fait toujours mal, et tu souffres d'être aussi près sans pouvoir capturer ses lèvres, d'être aussi proche de lui sans pouvoir l'enlacer, comme autrefois. Mais tu souffres aussi de ses mots. Tu aimerais bien glisser tes mains sur ses joues, mais tu n'en fais rien. Tu ne veux plus t'autoriser de contact physique avec lui, aucun. Il s'entend parler ? Il entend à quel point il est dur avec toi ? Tu fronces un peu les sourcils, ta voix est douce, posée. « Tu ne sais rien de mes intérêts, de ce qu'ils sont devenus. Maintenant, si tu as peur que je te... trahisse. Si tu as peur de ne pas passer à travers ça, si tu n'es pas prêt à suivre la route qui t'attend pour te maîtriser totalement, je ne vois même pas pourquoi on tient cette conversation. » En parlant, sans même t'en rendre compte, tu t'es considérablement rapproché de lui, si bien que tes lèvres frôlent dangereusement les siennes désormais. Non, tu ne veux pas. Tu... Tu veux, mais tu ne peux pas. Tu ne peux plus faire ça, tu es rangé, tu es... Fidèle, du moins, tu oses l'espérer, encore. Pourquoi est-ce que tu n'arrives pas juste à tourner la page ? Peut-être car tu ne veux pas, tout simplement. Tu louches sur ses lèvres, il en fait autant... Alors tu n'es pas seul, pas vrai ? Lui aussi la sent, cette brûlure qui te fait siffler la tête, cette brûlure si intense, dont le seul remède serait de capturer ses lèvres. Vas-y. Il est là, si proche. Tu peux bien l'embrasser, rien qu'une fois, une dernière. Mais tu n'en fais rien. Tu recules. C'est fini. C'était déjà terminé le jour où ça a commencé.

Tu reprends la parole. Une idée folle, comme toutes les autres, très certainement. Il pourrait venir chez toi. Ce serait le plus pratique, en réalité, l'avoir avec toi... Parce que tu n'aurais pas à venir ici toutes les nuits, et puis, au moins, il ne vivrait pas dans cette cabane qui est sommes toutes, assez... Peu confortable. Du moins, elle n'est pas très grande, et tu ne supporterais pas passer tes journées là-dedans, toi. À la villa, il pourrait avoir tout ce dont il aurait besoin ; un piano, une bibliothèque, une chambre, une salle de bain, un bureau si cela lui manque. La villa est grande, et tu pourrais très bien l'y accueillir, même si en y réfléchissant, la villa n'est peut-être pas la meilleure idée... Non, tu as mieux. Mais un problème se pose – léger, ou presque – et tu rectifies rapidement ta proposition. Oui, tu pourrais garder tes distances. Et tu les garderas de toute façon. Il ne connaît que l'ancien Lyokha malheureusement, celui qui lui sautait toujours dessus, qui ne pouvait pas rester dix minutes dans la même pièce sans chercher à l'embrasser ou à l'embêter... Tu as changé. On ne peut pas dire que tu as mûri, parce que à plus d'un millénaire, ce serait étrange. Mais tu n'es plus le même. Si tu dois le considérer comme un simple colocataire, tu le feras, il ne sera rien de plus que cela ; un ami en visite. Il n'y aura pas de geste déplacé, pas de regard indécent, pas de... Juste lui, en tant qu'ami, et point. Il arque un sourcil, tu reconnais un peu de surprise dans ses yeux. Oui, tu es cinglé, oui, il a raison. « Non Lyokha. Pour le moment, je suis très bien ici et je n'en bougerai que lorsque je serai obligé. De plus, je ne pourrais pas supporter d'être enfermé, même chez toi. Ce serait... » Un non catégorique, même pas un non nuancé. Ouah, c'est un bon début, n'est-ce pas ? Tu te contentes de hocher un peu la tête, en silence, regardant ailleurs. Ce n'était pas pour qu'il reste enfermé chez toi, non... C'était pour qu'il soit là, c'est tout, que tu puisses l'aider quand tu en avais besoin, il aurait pu sortir la nuit tombée, ou même le jour durant dans Leporem, ce n'est pas vraiment la question... Enfin, s'il ne veut pas, tu ne vas pas lui forcer la main. Ce serait ? Trop tard, il a plongé et tu ne sais pas vraiment pourquoi. Tu fronces un peu les sourcils, tu restes en surplace, réfléchissant en même temps... Ce serait trop quoi ? Trop pénible, trop ennuyant ? Trop dur.

Tu te retournes vivement quand un truc gluant te rendre dedans. Un poisson. Ta réaction est immédiate quand tu le vois lui, le brun, derrière toi, et tu ne peux t'empêcher de rire. Il ne changera donc jamais. « Je n'arrivais pas à les attraper, avant. Maintenant, c'est trop facile... » Maintenant oui. Maintenant que ses sens sont plus qu'aiguisés, maintenant que ses capacités sont multipliées, et ses sentiments aussi... Ses sentiments. Ah, arrête donc de te faire du mal Lyokha, tu ne dois pas y penser. Tu ne dois plus, ce n'est pas... Ce n'est plus possible, c'est tout. Tu lui souris sincèrement, amusé par la situation. « Tu n'as vraiment pas changé... » Minute, l'ancien Samael n'a pas changé. Soudainement, tu regrettes presque tes mots. Tu ne sais pas si tu as bien fait de dire ça, c'était peut-être un peu... Hâtif, non ? Tu ne sais pas. Tu ne bouges pas en tous cas, tu restes dans l'eau, tranquille. Tu aimes tellement l'eau. Mais tu l'aimes lui, aussi. Ah, cesse donc d'y penser ! Le temps que tu te perdes dans tes pensées, tu constate qu'il est déjà au loin, dans l'eau. Il a rapidement atteint le milieu du lac, et sans même réfléchir, tu le suis. Tu ne sais pas si tu as raison de le faire, toujours est-il que tu le fais. Car tu n'aimes pas l'avoir loin, même si tu dois te rendre à l'évidence ; tu ne l'auras jamais aussi près qu'avant. Dommage. Tu arrives juste devant lui, et tu as à peine le temps de t'arrêter que tu reçois de l'eau en plein visage. « Je parie que tu ne t'y attendais pas non plus. » Tu ris un peu, protestant d'un « Héé ! » bien peu convainquant. Deux gamins. Deux vrais gamins qui s'amusent dans la flotte. Comme il y a dix ans... Cette période est révolue, tu le sais bien. Jamais plus il n'y aura de 'vous', tu dois te contenter d'un 'toi' et d'un 'lui' bien distincts. « Toi, tu vas voir ! » Fais-tu, ayant plus l'air joueur qu'agacé. Il ne te prend pas longtemps pour finir la tête sous l'eau, et tu en fais autant, bataillant avec lui pour savoir qui arrivera à soumettre l'autre. Mais au final, il n'y a aucun vainqueur. Il n'y en a jamais, dans les jeux d'enfant. Et c'est peut-être mieux ainsi. Toujours est-il que, depuis combien de temps ne t'es-tu pas autant amusé ? Surtout avec lui. Lui que tu voulais tuer deux jours plus tôt, te voilà à lui mettre la tête sous l'eau. En profitant au passage pour glisser tes mains sur sa peau. Sa peau... Non, stop. Décidément, l'amour fait faire bien des choses... Minute, l'amour ? Non, non. Tu n'as jamais dit ça voyons.

Tu ne sais pas trop pourquoi, tout s'arrête progressivement. Tu ne cherches plus à lui jeter de l'eau, il ne cherche plus à te couler... Tu ne sais pas ce qui se passe, mais le silence retombe, presque lourd. Tu le regardes, et il en fait autant. Il ne te lâche pas des yeux, mais alors vraiment pas... C'est limite troublant, et tu essayes de garder ton sourire autant que possible, reprenant ton souffle au passage. Il te fait un signe et tu le laisses s'éloigner, restant sur place pour ta part, bien trop perturbé par ce qu'il vient de se passer. Cette tension soudaine, c'était... Vraiment étrange. Vraiment déstabilisant. Tu inspires profondément, expires de la même manière, retrouvant peu à peu ton calme. Pourquoi ce changement de comportement ? Tu as fait quelque chose de mal ? Tu finis par te retourner, toujours au milieu du lac, et tu le vois qui est assis sur la rive, encore dans l'eau. Tu baisses un peu les yeux, parce que tu ne sais pas si c'est de la gène qui te parcourt, tu n'as aucune idée de ce que c'est, qui te fait te sentir si faible, d'un coup... Tu soupires un peu, légèrement perdu, et tu te décides à venir vers lui, nageant jusqu'à la rive. Puis tu as pieds, alors tu te relèves, tu le regardes toujours, silencieusement. Il se relève à son tour, et tu ne sais pas ce qui se passe, tu ne sais pas pourquoi il a l'air si nerveux, mais il t'inquiéterait presque. Son souffle est court, beaucoup plus que le tiens, tu te rends bien compte qu'il regarde tout, sauf tes yeux. Pourquoi réagit-il ainsi, qu'est-ce que tu as fait, ou dit ? Il se rapproche, encore. Tu hésites un instant à reculer, mais tu n'en fais rien, tu restes juste figé sur place, alors qu'il se fait beaucoup trop proche. Qu'est-ce qu'il cherche à faire, hein ? Ce n'est pas de la panique, mais de la surprise qui parcourt tes veines à cet instant. Tu n'as aucune idée de ce qu'il attend de toi, et c'est plus flippant que tout. « Tu... » Vas bien ? Allais-tu dire, alors que son index se pose sur tes lèvres. Heu... Qu'est-ce qu'il fait là ? Une lueur d'incompréhension brille au fond de ton regard. Car tu n'es pas sûr de comprendre ; ou de vouloir comprendre. « S'il te plaît... Je sais que c'est une mauvaise idée, je sais ce que j'ai dit, je sais ce que j'ai fait... Mais... Accorde-moi cette nuit... Rien que cette nuit... Après j'essaierai d'envisager le reste, je me tiendrai à distance, je jouerai juste mon rôle. Après je verrai si je peux ou non exister comme ça, mais j'ai besoin d'oublier. La transformation, la guerre, toutes ces morts inutiles... Tout oublier, pour juste... Retrouver... » Tu écarquilles un peu les yeux, sans même savoir pourquoi. Attends, qu'est-ce qu'il te demande là ? Une nuit ? Juste une nuit ? Mais, tu... Enfin, tu ne peux pas, ce serait contraire à ses principes, contraire aux tiens, il est marié, il a une famille, et toi tu as quelqu'un... Tu ne peux pas, vous ne pouvez pas faire ça ! Tu résistes depuis que tu es là, tu luttes contre toi-même, contre tes pulsions. Tu fais de ton mieux, et jusque là, tu ne t'en sortais pas trop mal. Pourquoi est-ce qu'il fait ça ? Son doigt glisse de tes lèvres, et tu es toujours aussi paniqué intérieurement.

« Ce n'est pas... » Une bonne idée. Mais ses lèvres sont déjà scellées aux tiennes. Il t'embrasse, avec toute la fougue du monde, et tu le lui rends bien à vrai dire. Qu'est-ce que tu es en train de faire Lyokha ? Et le reste ? Et les autres ? Tu ne veux plus y penser, tu veux faire comme lui ; oublier. Juste vous autoriser à être heureux, au moins cette nuit... Les problèmes viendront après, pour l'instant, tu n'as envie que d'une chose ; t'abandonner à lui, une dernière fois. En souvenir de ces nuits, dix ans plus tôt, en souvenir de tout ce que tu as toujours aimé chez lui, et lui, que tu continueras à aimer pour l'éternité. Ce n'est pas bien, mais tu ne peux résister à l'appel de la chair, encore moins quand il s'agît de lui. Oh bon sang, qu'est-ce que vous êtes en train de faire ? Tu n'en as aucune idée, et tu es incapable de réfléchir quand ses mains glissent dans le bas de ton dos, t'arrachant un frisson. Tu aimerais te convaincre que c'est la température de l'eau qui te fait cet effet, mais non. C'est lui. Et rien que lui. Tes yeux se ferment automatiquement, et tu donnes plus de ferveur encore dans ce baiser. Parce qu'il est le seul à faire monter la chaleur à ce point, il est le seul à te faire ressentir tout cela. Ses baisers, ses caresses, quand il murmure à ton oreille combien il t'aime, parfois. Tout ça, tu ne peux pas l'oublier, et ça te revient lentement à l'esprit. Toutes ces couleurs, ces saveurs, tout ce que tu as pu découvrir avec lui. L'amour, décliné dans toutes les teintes de rouges ; de la passion à la colère, en passant par le sang et la violence. Mais plus que jamais, rouge comme l'amour que tu lui portes encore à ce jour. Tes mains agrippent chaque parcelle de sa peau, comme si le lac risquait de l'emporter, ou de t'emporter toi, à un moment ou à un autre. Tu le veux contre toi, tu veux sentir son souffle dans ton cou et ses doigts dans tes cheveux. Tu veux savoir qu'il est là, et qu'il ne va pas partir comme un voleur demain à la première heure. Tu veux qu'il reste, et tu veux l'aimer, juste une dernière fois. Tu veux qu'il ose, qu'il aille plus loin, que tout ça ne s'arrête pas à un baiser, et qu'il ne fasse pas cesser le rêve, non, tu veux continuer à rêver toute la nuit, même si tu dois cauchemarder pour les siècles à venir. Car c'est lui que tu désires plus que tout. Lui, son corps. Tout. Il ne lâche pas tes lèvres, mais il te fait tomber à l'eau. Tu te retrouves étendu sur la rive, à moitié dans l'eau, à moitié en surface. Et lui au-dessus. Lui qui relâche tes lèvres un court instant, qui te laisse un peu de répit, mais c'est toi qui vient l'embrasser à nouveau. Toi qui enchaînes les baisers, comme preuve d'un amour que tu n'as plus le droit de lui porter. Une de ses mains glisse jusqu'à l'élastique de ton boxer et en fait, tu devines bien rapidement la suite ; tu te retrouves complètement nu. Tu écrases un sourire espiègle contre ses lèvres, et tu passes tes mains dans son dos, dans ses cheveux, partout où tu peux en réalité. Il est trempé, et tu l'es tout autant, mais pour le coup, tu t'en fiches pas mal, tu es si bien contre lui. Si bien que tu en perds tout tes principes, toutes tes bonnes résolutions, tu les as abandonnées dans ce lac, quand tu as embrassé le seul homme que tu es capable d'aimer ainsi, sincèrement, d'un amour ardent et presque douloureux, quand tu te rappelles que demain soir, tout sera fini. Mais là n'est pas la question, enchaînant les mouvements de manière fluide, tu t'arranges pour te retrouver au-dessus de lui. Tu relâches ses lèvres un instant, tes lèvres, avides des siennes, viennent plutôt déposer des baisers sur l'arrête de sa mâchoire, puis dans son cou, et tu te plais à descendre, lentement, laissant par moment tes canines tracer deux sillons dans sa peau. Sa peau est glacée, comme la tienne. C'est agréable, perturbant, ça change par rapport à Soren et ses 37 degrés humains. Rah, laisse-le où il est lui, tu auras bien le temps de culpabiliser plus tard. Puis, tu reviens à l'oreille de ton Empereur – curieux comme ce titre ne signifie plus rien à tes yeux, soudainement – murmurant un rapide. « Je t'aime... » Qui en dit long sur tes intentions, mais qui se montre surtout perturbant, pour toi autant que pour lui certainement. Il sait très bien ce que tu attends de lui, et tu sais très bien ce qu'il attend de toi. Il veut oublier tout le reste, et toi aussi, et peu importe combien doit monter la fièvre entre vous pour cela ; tu es sien pour cette nuit, et il est tien aussi.  Tu continues ton ascension, redécouvrant avec plaisir chaque parcelle de sa peau, une main reste appuyée par terre, tandis que l'autre glisse sur son torse, et que tes doigts descendent, et descendent encore, redéfinissant la ligne de son abdomen et de ses cicatrices. Tu l'aimes même si tu ne peux pas, et c'est un plaisir coupable auquel tu te laisses aller, mais tant pis. Tant pis pour tout. Tu veux vous accorder une dernière chance de vous aimer, juste cette nuit. Et vous oublierez tout demain, ou presque. Tes doigts glissent encore, et tu ne tardes pas à défaire la ceinture de son pantalon, et bien rapidement en fait, vous arrivez à égalité, nu l'un comme l'autre. T'as jamais demandé plus que son amour et un peu de passion dans ses baisers, mais là, tu as littéralement l'impression que tu vas t'embraser de l'intérieur. Tes lèvres continuent leur parcourt, et tes mains en font autant, glissant inlassablement sur son corps. Il se pourrait qu'en réalité, il ne possède pas que la moitié, mais bien les trois quarts de ton cœur.

∆∆∆

Tu te redresses vivement, ouvres brusquement les yeux, t'arrêtant de respirer. Où est-ce que tu es ? Qu'est-ce que tu fais, tu es... Nu. Tu respires doucement, tu fronces un peu les sourcils. Minute, tu es... Tu regardes à côté toi, tu regardes le brun qui est étendu là, couvert tout comme toi par cette maigre couverture. Tu soupires un peu, de soulagement, de... Tu ne sais pas trop pourquoi, de quoi tu avais peur. Certainement était-ce un cauchemar, et te voilà réveillé. Tu le détailles dans son sommeil. Il est paisible, presque serein. Un sourire fend tes lèvres, un sourire heureux. Tu ne sais plus trop comment vous êtes arrivés dans cette cabane, à vrai dire, tu as arrêté de réfléchir à partir du moment où tes caresses sont devenues moins... innocentes dira-t-on. Tu hésites un peu, mais en fait, tu fais glisser du bout des doigts une mèche de ses cheveux plus en arrière, lui dégageant le visage. Même dix ans plus tard, il n'en est pas moins beau à tes yeux. Ses traits sont un peu plus marqués, mais rien n'a vraiment changé chez lui. Même pas ses compétences au lit, quoique non, il a progressé de ce côté-là aussi. Okay, tu peux sortir. Tu te mords un peu la lèvre, encore hésitant... Tu ne dois pas... Et pourtant, tu viens lui voler un baiser, totalement innocent. Ton sourire s'élargit un peu plus, tu ne sais pas vraiment pourquoi, étant donné que tout se termine aujourd'hui entre vous deux... Mais tu te relèves, t'enveloppant un minimum dans le premier tissu qui te passe sous la main. Tu fais un effort pour être plus que silencieux, et tu t'éclipses du cabanon, allant plutôt à l'extérieur. La nuit est tombée depuis quoi, une heure ? Pas plus. Tu files donc jusqu'à la rive, récupérer ce que tu es venu chercher, soit, vos affaires. Parce que c'est pas que rester à poil ne t'enchantes pas non, mais pour rentrer, c'est peut-être mieux d'être un minimum habillé. Par tu ne sais quel chance, vos vêtements sont secs, légèrement humides peut-être, à croire que c'était une journée ensoleillée et qu'il n'a pas plu, pour une fois depuis des jours. Tu t'empresses de tout récupérer en boule, et tu reviens à la cabane.

Tu entres en poussant délicatement la porte, et tu constates qu'il est réveillé. Ah. Oups ? Tu lui offres un sourire à la fois heureux et un peu coupable. Tu ne sais pas quoi penser de tout cela, tu ne sais pas quoi penser de cette nuit, à par le fait que c'était définitivement l'une des plus belles de ton existence... Ahem. Tu reprends un peu, et en fait, tu n'oses pas t'approcher de lui. Tu ne veux pas te le permettre. « Bien dormi, votre majesté ? » Fais-tu en russe. Oui oui, en russe. Et l'emploi du terme dormir est plutôt ironique, mais ça, c'est une autre affaire. Tu continues à sourire, enfin, tu essayes, parce que quelque part, tu te sens coupable. Coupable parce que tu n'aurais pas dû, vous n'auriez pas dû. Et Soren ? Soren tu l'aimes. Tu l'aimes vraiment. Et tu viens de le tromper. Merde alors. Tu te mords un peu la lèvres et finalement, tu lâches les affaires du brun sur votre lit de fortune, entreprenant toi-même de t'habiller. Tu ne mets pas long pour un boxer, un jeans et un tee-shirt. Tu ne veux plus le regarder, en fait, tu ne peux pas. Et dès que tu croises son regard, c'est le cataclysme dans ta tête. Alors tu fais comme si de rien n'était, tu termines de t'habiller, chaussettes, chaussures, ton sweat à capuche et tu gardes ton manteau dans tes bras. Qu'est-ce que tu comptes faire ? T'enfuir. Non, jamais. Tu ne veux pas t'enfuir, tu... Tu ne peux pas, tu lui as promis de l'aide. « Écoute, je sais qu'après cette nuit, ça va paraître encore plus dingue, et je comprendrais que tu dises non mais... Tu voudrais pas venir ? Au moins tenter le coup. Si c'est trop dur, je te retiendrais pas, je te ramènerais ici, promis. » Tu secoues un peu la tête, tu es sincère, vraiment. Et tu es sérieux aussi. Si ça ne se passe pas bien alors... Tu le ramèneras ici même, si c'est ce qu'il veut. Tu ne peux pas le retenir contre sa volonté, et de toute façon, tu ne peux pas aller contre ses envies. S'il veut t'oublier définitivement, tu ne pourras pas le blâmer pour cela. Bref. C'est avec surprise qu'il te donne son accord et quelque part... Tu ne sais pas trop si tu dois sourire, ou te contenter de ce masque un peu froid que tu portes avec tout le monde désormais. Mais tu souris. Pour lui. Tu essayes de dissimuler ta joie malgré tout. Car même si tu as réussi à le convaincre pour un essai, tu sais Ô combien la route va être longue pour le 'guérir'. « Merci. » Merci de quoi ? De me laisser une chance, tout simplement.

Tu sors de la cabane, tu le laisses s'habiller et pour ta part, tu remontes en vitesse le pistolet que tu as démonté la veille, le rangeant au fond d'une poche intérieure de ton manteau que tu enfiles. Ah. Un peu mieux déjà. Tu inspires profondément, tu entends la porte de bois s'ouvrir derrière toi. Le voilà prêt alors ? Tu expires. Parce que mine de rien, c'est toujours un peu dur, d'affronter son regard. « Je suis garé un peu plus loin, au bord du sentier. » Fais-tu rapidement, l'invitant à t'emboîter le pas. Tu n'as pas vraiment envie de parler, ni de revenir sur ce qui s'est passé cette nuit. C'est assez clair ainsi. Et assez douloureux de se dire que c'est fini... Mais, bref. Tu ne reviendras pas là-dessus, c'est déjà du passé. Alors tu avances, peut-être un peu vite, mais il peut tout à fait calquer son pas dans le tiens. Rapidement, tu arrives à la voiture, tu rentres à l'intérieur et tu lui ouvres la portière. C'est toujours la même depuis dix ans. Celle dans laquelle tu l'avais kidnappé une fois, pour le tirer un peu de son boulot. Il avait boudé ce jour là, mais vraiment. C'est toujours cette chevelle ss 70 noire, mat. Il doit bien s'en souvenir. Bref, tu démarres et vous partez, vous quittez rapidement le sentier pour rejoindre la route. Tu vas essayer de rentrer dans la ville le moins possible, quelque fois qu'on le reconnaisse. Rapidement, vous atteignez la route que tu espérais prendre, entre tes quelques excès de vitesse et une conversation muette. Le voyage est assez long, et heureusement la radio sauve un peu l'affaire, puisque sinon, ce serait drôlement silencieux. Tu n'as pas tellement envie de parler en fait. Tu restes figé dans cette nuit, dans ses bras, contre son corps. Tu clignes un peu des yeux par moment, comme pour te concentrer sur la route. Allez, tu y es presque. Bien vite, vous prenez de l'altitude, après de nombreux virages. Ta destination est on ne peut plus claire ; c'est vers les montagnes enneigées que tu te diriges. Il n'est jamais venu avec toi là où tu l’amènes actuellement. Pour la bonne et simple raison que tu n'as jamais eu l'occasion de l'y amener. Et puis, ce n'était pas là que tu vivais avant, tu ne t'y rendais que rarement, à cette demeure... Tu étais trop occupé à Leporem pour faire une centaine d'aller-retours dans la journée. Aujourd'hui, c'est ici que tu vis. À flanc de montagne, là où la neige tombe abondamment sur une bonne partie de l'année. Le froid. C'est peut-être cela que tu apprécies tant. Vous dépassez une station de ski, puis une autre. Et plus loin, on retrouve plusieurs grands chalets pour décorer la montagne, tous illuminés de grandes guirlandes, ou simplement par la lumière que les pièces diffusent. La neige recouvre presque tout, la pierre sombre n'est presque plus visible. C'est magnifique. Mais tu ne t'attardes pas vraiment là-dessus non, ce qui capte ton attention, c'est bien ton chalet. On le voit d'ici, illuminé comme les autres. Vous arrivez rapidement au garage où sont déjà entreposées quelques autres voitures – et après, tu dis que tu détestes les gens de la haute, c'est dingue de voir à quel point tu peux vivre dans le même luxe qu'eux. Car oui, ce chalet est certainement un des plus luxueux de la montagne. Il est magnifique, et quelque part, il est aussi ta petite fierté, puisque tu as aidé à sa construction. C'était ton cadeau pour tes mille ans, pour avoir remonté la pente, pour... Bien des choses en fait. Mais on s'en fiche pas mal de l'histoire de ce chalet. Tu coupes le moteur, tu sors de la voiture et la porte coulissante s'ouvre, vous laissant passer. Tu te rends compte que tu n'as pas dit un mot depuis long, et il serait peut-être temps de dire quelque chose... Mais rien ne te vient à l'esprit, alors vous montez un étage, puis un autre, avant d'arriver au salon. Du bois et des baies vitrées. Une vue incroyable sur la montagne et l'extérieur en général. Le feu de la cheminée, et le luxe presque excessif de chaque pièce. Tu inspires un peu, glissant tes mains dans tes poches. Tu n'es pas très à l'aise, sans même savoir pourquoi. Peut-être parce que c'est chez toi, et qu'il n'est jamais venu ici, dans ce chalet... Et que ça te fait bizarre aussi, un peu. « Hm, bienvenue ? » Tentes-tu. Toi-même tu trouves ça pitoyable. Mais bref. « Si tu veux bien me suivre, je vais te montrer ta chambre. » Tu es pressé, sans même savoir pourquoi. Tu es juste trop nerveux pour le coup.

Sans même l'attendre, tu files donc à travers un couloir, puis un autre. Tout est entre le moderne et le traditionnel ici, les formes sont épurées, mais c'est assez décoré. C'est un ensemble plutôt chaleureux et lumineux, et un instant, tu te prends à t'inquiéter que ça lui plaise. Ça va pas la tête ? Tu espères qu'il te suit, et c'est arrivé devant une des nombreuses pièces que tu t'arrêtes, ouvrant une porte de bois. Il ne faut pas chercher, tout est en bois ici de toute façon. « Et voilà ta chambre. » Tu le laisses entrer si c'est ce qu'il veut, s'il souhaite découvrir un peu l'endroit où il va dormir pour ces prochains jours... Enfin, tout dépendra du temps qu'il souhaite rester. Mais, avant d'être un bon... ami, il faudrait peut-être que tu sois un bon hôte, alors tu reprends alors, dans l'idée de développer un peu tout ce qu'il doit savoir sur la vie ici. Il est chez toi après tout. « Il y a juste quelques trucs que tu dois savoir, par rapport au chalet, comme tu as vu c'est assez grand alors ça ne m'étonnerait pas que tu te perdes au début, quoique avec tous les couloirs du palais tu... » Hé oui, tu t'égares. Tu secoues un peu la tête, reprenant. « Comme tu l'as constaté il y a plusieurs étages, l'étage des chambres comme ici, il y en a deux en tout, et deux salles de bain, dont une juste en face de ta chambre qui t'est réservée, si tu sors de ta chambre toute suite sur ta droite il y a le grand dressing, tu ne peux pas le louper. L'étage du dessus, c'est un espèce de grenier mais ça sert pas à grand chose alors, sauf si tu veux aller faire la poussière... Bref, de ta chambre tu as accès au balcon, qui fait le tour du chalet, tu as donc accès à toutes les pièces en théorie. L'étage du dessous, c'est une très grande pièce celle où on était au début, c'est la pièce à vivre, le salon, tu appelleras ça comme tu voudras et il y a un coin un peu plus reculé qui fait office de cuisine, et hm, c'est dans cette pièce que tu trouveras le piano si c'est ce que tu cherches. Et même fonctionnement pour le balcon. » Tu fais une courte pause, pourquoi est-ce que tu as spécifié ça ? Tu n'en sais rien. Tu ne joues jamais de piano à vrai dire, ou alors très peu, juste quand tu as du temps. Mais quitte à tout faire pour qu'il se sente bien ici... « Bref, encore en dessous, c'est l'étage un, c'est par là que tu sortiras si tu le veux pour aller te promener ou faire ce que tu veux peu m'importe, à gauche de la sortie il y a un grand bureau où tu ne peux pas rentrer, et à droite, il y a une salle où j'ai entreposé toutes les affaires de montagne, et dans cette pièce il y a une trappe qui donne directement sur le garage et encore après tu as un bureau. L'étage zéro, c'est donc le garage, mais tu as aussi un grand couloir qui te donne où sur l'extérieur, ou sur l'intérieur de la maison, c'est par-là qu'on est passé tout à l'heure. Enfin l'étage moins un, c'est aussi une grande et unique pièce où tu trouveras la piscine, le jacuzzi et un sauna. Et il y a une porte derrière laquelle se trouve une pièce, ce n'est rien de plus qu'une cave à vins, et alcools et peu importe puisque tu ne bois pas, n'est-ce pas ? » Tu reprends ta respiration. Tu as l'impression de trop parler, et pour peu, ça te ferait peur. Mais tu préfères tout fixer maintenant, histoire de ne pas y revenir trois fois. Alors tu ne lui laisses pas le temps de parler que tu reprends déjà. « Les règles. Il n'y en a pas en fait, si tu as besoin de quoique ce soit, Jazz et Ridley seront à ton service la nuit comme le jour. Bien sûr, la journée durant, les volets sont fermés automatiquement, et il y a interdiction formelle de les ouvrir. La nuit tombée tu es libre de faire ce que tu veux, mais l'idéal serait que tu m'informes quand tu sors du chalet, sinon, tu es libre d'aller où tu veux sauf dans les bureaux qui sont de toute façon verrouillés. Si tu as besoin de quoique ce soit, laisse-moi savoir ce que je peux faire pour toi. Si tu veux sortir, tu peux prendre une des voitures tant que je ne dois aller te chercher dans un des fossés. Ah, et tu ne mords ni Jazz ni Ridley, qui sont si tu ne l'as pas compris les deux demoiselles qui s'occupent du chalet en mon absence et qui l'entretiennent, aussi. Pour tes vêtements... Hé bien je vais voir si je peux récupérer tes affaires, en attendant, tu as le dressing donc prends ce dont tu as besoin, vraiment, hésite pas. Si tu as besoin de quoi que ce soit extérieur à ces montagnes, ou si tu souhaites recevoir de la visite, préviens-moi et je ferais en sorte que ce soit possible. Mais si tu veux faire rentrer quelqu'un ici, il serait préférable que tu m'en informes.  Si tu as besoin de passer un coup de téléphone, je t'en prie. Et encore une fois si tu as besoin de quoique ce soit, je ne suis jamais loin, et si je suis sorti hé bien, j'ai toujours mon portable, ou demande aux filles. Sur ce je crois que j'ai fait le tour. » Tu hausses un peu les épaules avec un bref sourire. Ça fait beaucoup, beaucoup de mots d'un coup. Surtout pour toi, tu es devenu un peu loquace avec le temps... Là, tu as parlé pour une bonne semaine, si ce n'est plus. Mais il était essentiel à tes yeux de poser tout cela avant quoi que ce soit. Pauvre Samael, tu as dû l'assommer. Un léger sourire flotte sur tes lèvres alors que tu le regardes. Mais tout va très bien se passer oui.

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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Lun 20 Jan - 17:48

Vous êtes à nouveau dans l'eau, l'un comme l'autre. Comme il y a dix ans. Comme avant, comme quand vous étiez ensembles. Tu l'as arrosé, vous riez tous deux de bon cœur. Tu aimerais tant revenir à cette époque... Les choses étaient certes compliquées, tu doutais de beaucoup de choses, tu ignorais ce que donnerait l'avenir mais tu profitais de vos instants intimes. Aujourd'hui, vous n'en avez plus le droit. Vos voies ont divergé. Vous avez emprunté des chemins différents. Tu as fait ce qu'on attendait de toi, tu n'as pas pu fuir, comme tu espérais pouvoir le faire un jour. Non, tu es devenu l'Empereur. Tu as une femme merveilleuse, deux enfants et ton jeune cousin, trois petits monstres qui sont la prunelle de tes yeux. Aucun retour en arrière ne sera jamais possible. Et pourtant, ainsi, dans une telle situation, tu te prends à y rêver. Autrefois, il t'aurais sauté dessus et tu aurais rapidement fini entièrement nu, tout comme lui. Mais pas cette fois. Il y a une nouvelle barrière entre vous, une barrière infranchissable. Tu vas plutôt disparaître quelques secondes sous l'eau. C'est reposant, d'être là-dessous. Tu as toujours aimé l'eau, même si tu sais qu'il l'aime bien plus que toi. Tu pourrais rester un long moment en apnée, puisque tu n'as plus besoin de respirer, mais au final tu fais bien rapidement surface. A-t-il l'air offensif ? Non, mais comme tu le dis si bien, ne faut-il pas se méfier lorsque le prédateur semble calme ? Si, bien sûr et il le sait. On ne peut jamais totalement baisser sa garde face à un prédateur. Tu as beau en être un toi aussi, tu n'as jamais oublié cette leçon. Les anciennes instructions de ton père, additionnées à celles des Chasseurs, n'ont jamais déserté ton esprit, tes manières. Tu as vieilli, mûri, tu t'es quelque peu assagi même si cela ne se voit pas vraiment avec ton actuel tempérament impulsif de vampire, mais au final, le Chasseur n'a jamais disparu. Jamais totalement. Tu sais bien que tu marques un point, même si tu as deviné qu'il n'est pas là pour t'attaquer. Il l'aurait déjà fait sinon.

Il te rejoint tout de même. Il est collant, comme tu as souvent eu l'occasion de le remarquer. Mais tu aimerais qu'il soit encore plus proche qu'il ne s'autorise à l'être... Ce n'est pas bien de le penser, ce n'est pas bien d'imaginer ne serais-ce qu'une seule seconde oublier le passer pour t'autoriser à faire une bêtise. Tu ne peux pas, tu ne peux plus te permettre de faire n'importe quoi. Vous ne pouvez plus vous permettre grand chose à vrai dire. Il reprend sur le fait qu'il est là pour t'aider. Tu soupires, las de l'entendre te répéter toujours les mêmes paroles. Il ne sait pas tenir ses promesses, il te l'a déjà prouvé à maintes reprises. Pourquoi le croirais-tu cette fois ? Pourquoi lui ferais-tu confiance, après tout ce qu'il a pu te faire subir ? Tu n'en vois aucune raison, il t'a trop souvent trahi, il t'a trop souvent déçu pour que tu te permettes de lui laisser la main, une nouvelle fois. Tes paroles sont fermes, dures. Tu sais que tu lui fais du mal, tu le vois au fond de son regard. Mais lui aussi t'a profondément blessé, l'a-t-il donc oublié ? Il t'a brisé par le passé, il t'a tué de sang froid, et il encore l'audace de se présenter devant toi. Mais le plus douloureux, c'est de savoir que tout est fini entre vous. Il répond à tes propos, il répond à tes doutes. Oui, tu as peur qu'il te trahisse une fois de plus. Tu en as bien trop supporté, tu as fait beaucoup de concessions pour lui, tu ne te sens pas capable d'en faire une de plus. Tu n'en as pas le droit. Tu n'es plus le Samael qu'il a connu. Tu secoues un peu la tête à ses propos. Il est proche, très proche, trop... Vos souffles se mêlent, il suffirait que l'un d'entre vous s'avance un peu pour que vos lèvres se rencontrent une nouvelle fois... Tu hésites, tu voudrais... Tu as envie de t'en emparer, elles te manquent tellement... C'est une torture de le voir si proche de toi et de ne pas pouvoir glisser tes doigts sur sa peau, de ne pas pouvoir profiter un peu plus de sa présence. Allez, résiste donc. Il ne voit pas pourquoi vous tenez cette conversation... Vraiment ?

-Peut-être, tout simplement, parce que tu as toujours été quelqu'un d'entêté...

Tes mots ne sont qu'un murmure qui t'échappe tandis que tes mots viennent se déposer sur ses lèvres... Quelques secondes plus tard, il recule à nouveau. C'est aussi soulageant que déchirant. Tu avais l'occasion de le garder un peu plus longtemps près de toi, tu pouvais oublier un peu le passer mais tu n'as pas saisi l'occasion... Tu l'as laissée filer, parce que tu as douloureusement conscience du fait que tu n'as plus le droit de craquer, que tu n'as plus le droit de lui céder. Qu'il garde donc ses distance, ce sera mieux pour vous deux... Pendant ce temps là, il reprend la parole. Sa proposition est folle, complètement déplacée. Aller chez lui ? Il se rend bien compte de la difficulté avec laquelle vous gardez vos distances, c'est une bien trop mauvaise idée. Même si quelque part c'est tentant, tu pourrais quitter cette cabane trop étroite, tu refuses catégoriquement. Personne ne te trouvera ici. Personne. Enfin, pas avant un certain moment en tout cas. Alors non, tu ne bougeras pas. Et surtout tu ne pourrais pas supporter l'enfermement. Encore moins chez lui, avec lui, ce serait trop pénible à supporter. Mais tu ne vas pas jusqu'au bout de ta pensée, tu plonges à la place. Tu disparais sous l'eau, partant à la pêche. Le poisson n'a pas le temps de s'échapper qu'il est déjà prisonnier entre tes mains. Voilà qui change de tes réflexes humains. Tes sens sont plus aiguisés, tes gestes plus rapides, tout te semble plus facile à faire, hormis garder le contrôle de toi-même. C'est le seul point qui te pose réellement problème. S'il n'y avait pas cette soif de sang et tes sentiments contradictoires, tu pourrais t'y faire très rapidement, à cette nouvelle existence. En attendant, il y a ces deux points problématiques. Mais tu les laisses de côté le temps de reprendre tes bêtises, comme avant : tu lâches le poisson sur le vampire qui se retourne alors vivement. Tu ris, lui aussi. Qu'est-ce que tu aimes son sourire, surtout quand il est aussi sincère que celui qu'il t'offre sur le moment... Tu n'as vraiment pas changé ? Tu perds instantanément ton sourire, baissant les yeux. Tu as changé, c'est indéniable. Mais... Quelque part, il a raison, tu n'as jamais pu totalement faire disparaître l'ancien Samael. Un soupir t'échappe.

-Il faut croire que je ne peux totalement oublier qui j'ai été...

Non, tu ne peux pas et tu ne veux pas y songer. Coupant plutôt court à la conversation, tu te détournes et va nager plus loin, vers le centre du lac. Un peu de distance ne vous fera que du bien. Il ne faut pas céder Samael, tu le sais parfaitement. Mais le voir si près est une délicieuse tentation. Tu n'as plus l'habitude d'y résister. Pas en le voyant en tout cas. Comment continuer à lui résister ? C'est la question qu'il faut que tu parviennes à résoudre avant de faire une bêtise. Mais, une fois de plus, il ne te laisse pas le temps de réfléchir puisqu'il te rejoint. Ah, s'il veut jouer à cela... Tu souris et, sans prévenir, lui projettes de l'eau dans la figure. Tu ris, tout comme lui. Et ta réaction instinctive dégénère en bataille d'eau. C'est à qui parviendra à faire couler l'autre. L'eau valse, les éclats de rires sont réguliers tandis que tu prends un délicieux plaisir à glisser tes mains sur sa peau, même si c'est pour le faire couler. Ces contacts t'électrifient et te perturbent. Tout est prétexte à le toucher et, petit à petit, tu n'as plus envie de jouer. C'est trop dur de faire comme avant. Bien trop dur... C'est pourquoi, au final, tu te contentes de l'observer, d'une manière sans doute un peu trop insistante. C'est perturbant, alors tu finis par regagner la rive. Tu as besoin de réfléchir. Tu as besoin de savoir comment lui résister. Tu as besoin de faire un choix. Définitif. Tu as bien compris que tu n'es pas le seul à être en proie à cette brûlure au niveau du cœur, tout dans son attitude le trahit... Peut-être que... Non, tu n'en as pas le droit. Tu as Adelina, tu as les enfants, tu ne peux plus te permettre de faire une nouvelle entorse au règlement. Adelina... Elle sait que ton cœur est en grande partie resté à ce vampire. Tu as beau l'aimer sincèrement, elle a bien compris que la moitié de cet organe est restée réservée au blond. La trahirais-tu réellement si tu cédais ? Elle est au courant, elle n'aura pas besoin de savoir... Elle le devinera, tu lui feras du mal. Tu ne veux pas, tu ne peux pas. Mais tu ne peux pas non plus continuer de cette manière. Quelle dilemme... Mais peut-être que la meilleure manière de résister est, tout simplement, de céder. C'est ridicule, dit comme ça, mais c'est la seule réelle solution qui se présente à ton esprit. Au final tu te relèves et viens devant lui. Pendant que tu réfléchissais, il a rejoint la rive, lui aussi. Tu es nerveux, incertain, hésitant. Il doit bien le voir. Tu vas faire une bêtise. Tu risques d'amèrement le regretter par la suite. Et pourtant, lorsqu'il tente de prendre la parole, tu l'en empêches. Qu'il te laisse parler. Qu'il t'accorde une nuit. Tu ne lui demanderas rien d'autre. Juste une nuit pour redevenir vous-mêmes. Une nuit pour vous souvenir du couple heureux que vous pouviez former. Tu sais que cette demande le surprend, elle est contraire à tous les principes. Aurait-il peur ? Toi aussi. Mais tu as pris ta décision.

Une nouvelle fois, tu ne lui laisses pas le temps de parler, venant plutôt t'emparer de ses lèvres avec toute la fougue du monde. Elles t'avaient tant manquées, comment as-tu bien pu faire pour leur résister tout ce temps ? Tu n'en as pas la moindre idée et tu ne veux plus savoir. Tu ne veux plus rien savoir qui ne soit pas lui. Oubliées les contraintes, oubliées les chaînes. Cette nuit, tu es libre, vous avez le droit de revenir dans le passer. Juste pour une nuit. Ce n'est pas dans tes habitudes mais tu es bien incapable de lui résister. Tu l'as toujours aimé, et tu continues encore, même si ce n'est pas correct. Tes mains glissent dans le bas de son dos et c'est avec un immense plaisir que tu le sens frissonner sous tes doigts... Sa fougue, ses frissons... Tu fermes les yeux, te laissant simplement aller à ce baiser qu'il rend encore plus passionné. Il n'y a qu'avec lui que tu peux ressentir ce genre de chose. Il n'y a que lui qui soit jamais parvenu à t'arracher autant de frissons, autant de passion, autant d'amour. Tu l'aimes. Tu te souviens de vos nuit, de vos disputes pour mieux vous réconcilier une fois dans le lit, de toutes ces couleurs, de tous ces sentiments découverts en sa compagnie... Ses mains agrippent ta peau et tu frissonnes. Qu'il ne te lâche pas. Qu'il ne te lâche surtout pas. Tu ne veux pas le perdre, tu ne veux plus le perdre. Encore moins cette nuit. Il est tien et tu es sien, rien ni personne n'aura le droit de changer cela. Cette nuit est la votre, la dernière... Et tu ne veux pas qu'elle s'arrête à un simple baiser. Non, tu veux qu'elle soit inoubliable. Tu veux qu'elle reste à jamais gravée dans votre esprit, comme au fer rouge. Alors tu ne comptes pas faire les choses à moitié. Tu le fais tomber à l'eau, sans même lâcher ses lèvres. Vous êtes trempés, l'un comme l'autre. Tant pis, qu'est-ce que cela change ? Vous ne risquez pas de tomber malade. Une de tes mains glissent doucement le long de son corps, tes doigts redessinent son torse, son ventre... Jusqu'à atteindre son boxer, que tu lui retires. Tu ne regardes même pas ce que tu en fais, le vêtement ne t'intéresse pas, c'est Lyokha que tu veux. Seulement lui. Et quand tu essayes de lui laisser enfin un peu de répit, c'est lui qui vient te chercher. Tu ne te dérobes pas, tu n'en as pas envie. Pas le moins du monde. Votre amour est interdit, mais qu'est-ce que c'est bon de céder enfin à cette tentation... Chaque mouvement de ses mains t'arrache un nouveau frisson, de plus en plus violent. Un instant, tu lui échappes afin de gagner son cou, embrasser celui-ci, le mordiller... Le mordre aussi. D'instinct. Tu es un vampire à présent, après tout... Mais il ne te laisse pas tellement le temps d'en profiter, étant donné qu'il reprend la main, se retrouvant finalement au-dessus de toi. Un sourire espiègle étire tes lèvres tandis que tu rouvres les yeux, l'observant, plongeant ton regard sombre dans le sien, d'azur. Il est le seul que tu puisses aimer, le seul homme que tu pourras jamais aimer, à qui tu pourrais tout céder. Le seul homme que tu désires plus que tout, le seul qui soit capable de te faire sentir vivant. Tu as l'impression que ton cœur bat à nouveau, comme il y a dix ans. Les baisers s'enchaînent, tous plus passionnés les uns que les autres, jusqu'à ce qu'il s'écarte. Tu suis le mouvement le plus longtemps possible, puis ta tête retombe doucement sur le sol. Alors, que te réserve-t-il ? Tu as hâte de le découvrir. Il vient redessiner tes trais de ses lèvres... Quand tu les sens se déposer dans ton cou, tu te mords la lèvre et penche la tête en arrière, le lui offrant un peu plus... Étrange, toi qui détestais te faire mordre, il semblerait que cela ne te dérange plus le moins du monde... Au contraire, c'est presque une invitation, qu'il accepte à quelques reprises. Vos peaux sont aussi glacées l'une que l'autre mais tu as l'impression d'être brûlant. La fièvre monte un peu plus à chaque instant. Tant pis pour le reste, tant pis pour le protocole, les préjugés, les règles. Plus rien n'a d'importance, quand tu es avec lui. Juste pour cette nuit... Cependant, une chose te perturbe. Trois petits mots qu'il vient murmurer à ton oreille. Il t'aime ? C'est... Tu le sais, mais tu ne t'attendais pas à ce qu'il le répète à nouveau... Trois ou quatre secondes, tes mains se figent, incertaines. Quelle bêtise êtes-vous donc en train de faire ? Quelque chose de terrible. Quelque chose d'interdit. Quelque chose qui n'aurait même pas dû vous traverser l'esprit. Et pourtant, tu n'en as plus rien à faire. Tes mains reprennent leur chemin sur son corps, redécouvrant celui-ci avec délice... Ses cicatrices, ses tatouages... Ses cheveux aussi, avec lesquels tu joues quelques instants. Tu es heureux ici, entre des bras, sous ses mains... Comment regretter ta décision ? Tu ne peux pas. Tu y songeras plus tard, tu en auras largement le temps par la suite. Pour le moment, tu te concentres sur ses gestes. Ses mains qui retirent ta ceinture, tes derniers vêtements... Vous êtes à égalité à présent. Tu frissonnes un peu plus tandis que ses mains parcourent à nouveau ton corps nu. Une des tiennes vient tirer un peu dans ses cheveux, jusqu'à ce qu'il se décide enfin à remonter un peu. Tu frôles ses lèvres, plongeant ton regard dans le sien... Il l'a dit, tu peux bien l'avouer à ton tour... Mais à ta manière, tandis que ta main libre glisse sur ses fesses...

-Je t'aime aussi... souffles-tu en russe.

~~~

Un mouvement à tes côtés t'éveille doucement. Tu ne sais plus trop où tu es, encore trop endormi. Tu sens des lèvres se déposer sur tes lèvres et tu luttes pour ne pas ouvrir les yeux, pour ne pas montrer qu'il t'a réveillé. Oui, il. Il n'y a que lui pour agir de cette manière. Il n'y a qu'avec lui que tu as passé tes derniers moments. Tu l'entends se lever, sortir... Il doit faire nuit dans ce cas. Tu rouvres alors lors yeux. Comment êtes-vous arrivés dans cette cabane ? Tu n'en as pas la moindre idée. Tu as rapidement cessé de réfléchir, la nuit précédente. Tu n'avais plus du tout envie de laisser ton esprit rationnel se manifester. Mais ce soir, les conséquences de ce qu'il s'est passé pèsent lourd sur tes épaules. Tu n'aurais pas dû craquer. Tu n'aurais pas dû lui céder. Il aurait fallu que tu lui résistes encore un peu, tu aurais peut-être pu tenir un peu plus le coup. Tu n'as pas assez essayé. Tu es marié, Samael. Marié, amoureux de ta femme, tu es un père aimant aussi... Mais pour une nuit, tu as tout envoyé balader. Pour un souvenir, une nuit de folie. Une nuit qui vous a ramené dix an en arrière, l'un comme l'autre. Ce n'est pas l'empereur qui a agit, c'est Samael. L'ancien Samael. Mais il s'en veut d'avoir ainsi trahi Adelina... Tu sais qu'elle t'aime, qu'elle pourrait te pardonner bien des choses, surtout vu les circonstances. Mais tu te sens mal. Tu as fait une erreur et tu es bien incapable d'avoir des regrets. C'est là le plus stupéfiant. Tu n'as aucun regret. Cette nuit a été l'une des plus belles de ton existence, c'est ce que tu voulais... À présent, il va falloir tourner la page. Lyokha revient, poussant doucement la porte. Le bruit n'échappe pas à tes sens plus développés qu'avant et tu tournes ton regard vers lui. Bien dormi ? Tu esquisses un sourire incertain, ne sachant trop comment réagir face à lui.

-Si on veut...

Non, tu ne lui réponds pas en russe cette fois. Et puis, tu ne peux pas dire que tu as bien dormi, étant donné que vous n'en avez pas tellement pris le temps. Mais le peu que tu as dormi, oui, tu t'es senti apaisé. Contre lui, dans ses bras, comme avant. Mais il ne faut plus y songer. Tu avais dit que ce serait la dernière fois, la dernière nuit. Il faut passer à autre chose. Aujourd'hui, tout se termine. Il faut que tu essayes de te faire à cette nouvelle existence, il faut que tu apprennes à vivre en retrait. Tu le laisses s'habiller, tu ne le regardes pas. Tu retournerais bien quelques instants de plus sous votre maigre couverture mais tu ne le fais pas. Tu ne regrettes rien mais tu te sens un peu coupable. C'était ton idée après tout... Tu ne bouges pas, tu regardes ta bague de mariage à ton annulaire tandis qu'il masque son corps sous quelques couches de vêtements. Que compte-t-il faire ? S'enfuir ? Tu n'en serais pas tellement surpris. Pourtant, il ne le fait pas. Au contraire, il reprend la parole. Il réitère sa proposition. Toi, aller chez lui ? Après ce qu'il s'est passé ? Alors qu'il voit combien vous pouvez être mal à l'aise, l'un comme l'autre ? Mais d'un côté... Tu ne peux pas rester indéfiniment ici. Des personnes finiront par venir, par hasard. Pourras-tu te contrôler ? Tu en doutes sincèrement. Et s'il veut réellement t'aider, qu'as-tu à perdre en acceptant ? Pas grand chose. Mais c'est dangereux pour vous de vous retrouver sous le même toit... Il l'a une fois de plus constaté, quand vous êtes au même endroit, vous avez du mal à garder vos distances. Et si tu choisissais de l'éviter ? Tu pourrais. Tu peux essayer de tenter le coup. Au moins quelques jours. Tu essaieras de tenir parole, de ne plus lui sauter dessus. Ne plus lui céder. Difficile exercice mais nécessaire. Tu te mordilles la lèvre, relève ton regard sombre vers lui...

-D'accord... On peut toujours essayer.

Tu l'as dit. Tu as accepté cette perche qu'il te tendait hier soir et que tu avais si fermement refusée. Merci ? Tu ignores encore s'il s'agit d'une bonne idée. Tu te contentes de hocher la tête, le laissant filer. Quelle plaie. Qu'as-tu fait ? Tu ne vois pas encore toutes les conséquences mais tu as une petite idée de combien elles peuvent être nombreuses. Tu te sens vraiment mal. Mais tu ne peux pas passer toute la nuit dans cette couverture. Il faut que tu bouges. Surtout que tu as soif. Bon sang, c'est difficile de faire taire cette nouvelle partie de toi... Tu fouilles un peu sous le lit, à la recherche d'une poche de sang. Après deux jours à température ambiante, tu sais que ce n'est pas une bonne idée de l'avaler comme cela mais tu ne peux pas résister. Si tu laisses ta soif te dominer, tu ne sais pas de quoi tu seras capable et tu ne veux pas le savoir. Lorsque la poche est vide, tu entreprends de te rhabiller. Tes vêtements sont un peu humides mais ce n'est pas désagréable. Tu fais un effort pour démêler tes cheveux qui n'en font qu'à leur tête, comme si souvent, mais tu finis bien vite par simplement les attacher. Tant pis, ce n'est pas comme si tu te devais d'être parfait à présent. Tu n'as plus les mêmes obligations. Tu lui emboîtes le pas tandis qu'il se dirige vers sa voiture. Voiture... Bon sang, a-t-il oublié que tu n'étais pas à l'aise dans ce genre d'engin ? Peut-être, tu ne sais pas. Tu ne dis pas un mot, de toute manière, que pourrais-tu bien lui dire ? Rien, tu préfères laisser ton esprit dans le passé, dans cette nuit que vous avez passée ensemble, l'un contre l'autre, comme avant... C'est sans grand plaisir que tu retrouves la même voiture qu'il y a dix ans. Tu as deux secondes d'hésitation, te demandant si finalement il ne vaudrait pas mieux rester bien à l'abri près du lac. Mais au final tu te raisonnes et tu entres. Tu attaches ta ceinture de sécurité, doutant qu'il ait adopté une conduite plus prudente en dix ans, et une de tes mains se crispe sur ta ceinture. Allez, c'est parti pour le calvaire. Tu n'as jamais été à l'aise en voiture alors tu essayes de songer à autre chose pendant qu'il conduit. De temps en temps tu jettes un rapide coup d’œil à la route, tu retraces mentalement votre parcourt de manière à deviner où il compte t'emmener. Mais tu ne connais pas ce chemin, il te faut bien le reconnaître. Tu n'es jamais venu sur cette route avec lui. Tu n'as jamais gagné la montagne en sa présence. Alors, petit à petit, tu t'éloignes de cette nuit qui appartient au passé pour te concentrer sur le paysage. Tu n'as pas besoin de parler, tu ne saurais pas quoi lui dire, après ce qu'il s'est passé. Alors la radio est très certainement la meilleure solution à votre actuelle situation. La montagne, la neige, les chalets... Et les virages qui te rendent un peu malade. Mais tu fais un effort et ne le lui montres pas. Vous finissez par arriver devant un chalet. Magnifique. Sans un mot, tu te contentes de lui emboîter le pas dans le garage puis le différents étages. Quelques détails te sautent aux yeux, tout particulièrement le piano dès l'instant où tu entres dans le salon. Un piano... Et quel luxe cet endroit... Un bienvenue raisonne dans la pièce et tu manques de sursauter. Tu ne pensais plus l'entendre aujourd'hui, mais finalement... Oui, il a bien gardé sa langue, tu n'as pas fini par la lui manger. Voilà qui aurait été dommage. Tu connais la sortie. Tu soupires un peu, ne sachant trop quoi lui répondre.

-Dire que tu oses détestes les gens de la Haute, comme tu dis si bien... Je crois que tu n'es pas tellement mieux loti qu'eux, à voir ce chalet.

Ce n'est pas un reproche. Pas réellement. Plutôt une simple constatation. Ton regard s'attarde encore quelques secondes sur le piano tandis que, une fois de plus, tu lui emboîtes le pas. Ton esprit est actuellement en mode cartographie. Tu as du mal à évaluer tout l'espace à l'intérieur de cette demeure mais chaque endroit par lequel vous passez est mentalement répertorié. Tu auras au moins des bases pour te repérer par la suite. Des années dans les couloirs du palais t'ont doté d'un excellent sens de l'orientation et d'une toute aussi excellente mémoire lorsqu'il s'agit de retenir l'organisation d'un bâtiment. Le style est plus épuré que celui du palais, bourré d'électronique, de souvenirs de ta famille, mais cela ne te perturbe pas tellement. Tu aimes quand c'est relativement sobre. Il n'y avait qu'à voir ta suite, toute simple, exceptée la pièce réservée aux animaux, toujours encombrée de dix mille choses. Instinctivement, tu t'arrêtes alors qu'il se fige, manquant de peu de lui foncer dedans. Tu ferais mieux de faire un peu plus attention à ce qui se passe, Samael. Voilà ta chambre ? Tu y jettes un coup d’œil mais tu hésites à entrer. Ce serait comme donner une réalité à ta présence ici, confirmer que tu es bien là, chez lui, près de lui... Ors il ne faut pas que tu y penses. De toute manière, il ne te laisse pas tellement le temps d'entrer qu'il se lance dans ses explications. Ouah. Tu ne l'as jamais entendu parler autant ! Oui c'est grand mais, comme il le souligne, ce que tu lui sais aussi remarquer par un regard noir, oui, tu savais t'y retrouver au palais. Palais qui ne t'appartient plus, tu ignores même ce que les vampires en on fait. Tu écoutes la suite avec attention, complétant mentalement ta carte mentale. Deux chambres. Deux salles de bain. Dressing. Grenier au-dessus. Vide. Tiens, tu sais déjà où tu pourrais aller sans être trop dérangé, s'il n'y a aucune raison d'y monter. Balcon. Au fur et à mesure qu'il parle, tu fais un effort de concentration pour ne pas laisser ton regard divaguer sur ses lèvres et bien tout comprendre. Tu n'as pas l'intention de lui faire répéter ses paroles. En fait, tu as bien l'intention de limiter vos prochains échanges, histoire de faciliter la cohabitation. Ses propos sur l'alcool et la voiture t'arrachent un sourire. Non, tu ne risques pas de toucher à l'un ni à l'autre. Pour les demoiselles qui s'occupent du chalet, tu notes mentalement que tu dois éviter tout contact, jusqu'à être certain de pouvoir te contrôler correctement. Lorsqu'il se tait enfin, tu en aurais presque la tête qui tourne. Voilà qui fait énormément d'informations à intégrer d'un coup et, plusieurs secondes durant, tu gardes le silence, organisant le tout. Toi qui es habitué aux longs discours des politiques et à devoir déceler toutes les micro-informations cachées dans leurs textes, tout retenir ne devrait pas trop te poser de problèmes. Normalement. Tu fais rapidement l'inventaire, essayes de savoir ce qu'il a bien pu passer sous silence... Lorsque tu as trouvé, tu le regardes droit dans les yeux.

-Tu n'as pas mentionné l'horaire des repas ni comment ils se déroulent.

Détail peut-être, mais pour toi cela a beaucoup d'importance. Tu es peut-être là pour apprendre à te maîtriser, tu n'en oublies pas tes principes. Tu ne céderas pas sur le fait que tu refuses de mordre qui que ce soit. Certes, il faudra bien que tu te nourrisses mais les poches de sang devraient bien faire l'affaire, non ? Oui. Tu ne veux même pas envisager une autre solution. Ta situation est vraiment délicate... Mais tu t'en sortiras. Tu trouves toujours un plan B. Tu attends qu'il réponde un peu à ta question, pendant ce temps là tu réfléchis. De quoi vas-tu avoir besoin ? De pouvoir contacter ton général et Aaron, ce sont deux personnes en qui tu as pleinement confiance et tu sais qu'ils sauront s'organiser avec quelques instructions. Andrew ne sera pas au courant avant un moment, le connaissant, s'il apprend que tu es devenu vampire, il oubliera toute discrétion pour venir t'aider, et tu ne veux pas qu'il s'attire des ennuis. Les enfants et Adelina, tu dois aussi les rassurer. Ils doivent avoir compris qu'il y a eu un problème, elle possède l'un des capteur surveillant ton rythme cardiaque. Il faudra que tu la rassures, que tu expliques tout... Il va te falloir un bon moment de tranquillité. Tu peux faire tout cela avec ta montre, il n'y a pas de soucis. De même, tu peux accéder à un certain nombre de données grâce à de petit bijou de technologie. Mais il va te falloir autre chose pour t'organiser. De quoi surveiller ce qu'il se passe à Cinis Luna. À Spes plus particulièrement. Si les caméras du palais fonctionnent encore, tu devrais être capable de les pirater. Mais pour ce faire, tu vas avoir besoin de matériel un peu plus adéquat. Brouiller les lignes téléphoniques et les signaux de localisation. Tu as appris aux enfants à le faire. Tu n'auras pas trop de soucis à t'arranger pour y parvenir. Mais tu vas vraiment avoir besoin d'un véritable ordinateur. Au moins de quoi tout planifier, et récupérer les données qui pourraient t'être utiles. L'essentiel est toujours sur toi. Tu secoues un peu la tête, reprenant contact avec la réalité.

-Dis-moi, est-ce que tu penses que tu pourrais t'arranger pour me fournir un ordinateur ? Tant que le modèle date d'après l'an 995, je saurai faire avec, mais je risque d'en avoir besoin.

C'est le minimum syndical. Le reste... Tu verras au fur et à mesure, en fonction de tes besoins. Sa présence commence à te déranger. Tu t'enfermerais volontiers quelque par, que tu n'aies plus à sentir son regard posé sur toi... C'est relativement dérangeant, perturbant. Tu essayes de ne pas de mordiller la lèvre, de rester en apparence calme et détendu mais c'est difficile. Il te faut t'isoler. Rapidement. Ton regard se tourne vers la chambre dont la porte est ouverte. Tu vois un lit qui t'appelle et tu peines à lui résister... Un peu de sérieux. Juste encore quelques instants à tenir. Il ne faut pas éterniser les moments que vous passez ensembles, tu le sais très bien. Plus que quelques mots à échanger puis ce sera tout pour aujourd'hui. Tu ne te sens pas capable d'en faire plus, pour l'instant.

-Hé bien... Merci pour ton hospitalité. Si tu permets, j'ai besoin d'être... Seul.

Tu lui accordes un sourire incertain avant de disparaître dans la chambre, fermant doucement la porte derrière toi. Ouf. Tu n'as plus à le voir. Tu as l'impression d'être un adolescent qui fuit quelqu'un qui le met mal à l'aise. La comparaison t'arrache un sourire tandis que tu te défais de la plupart de tes affaires, allant te laisser tomber sur le lit. Tu as besoin de calme et de repos pour l'instant. Tu ne te penses pas capable de dormir mais tu peux au moins rester allongé quelques heures, en essayant de ne pas trop réfléchir. Oui, tu peux au moins faire cela. Un peu de calme, de sécurité aussi, peut-être. Tu ignores combien de temps tu pourras lui faire confiance. Le plus longtemps possible tu espères, mais sa dernière trahison est marquée au fer rouge au fond de ton esprit. Tu ne pourras pas oublier ce qu'il a fait. Tu ne pourras pas oublier combien les choses ont été douloureuses. La prochaine fois qu'il te trahira, tu espères être mentalement prêt à le supporter. Tu espères...

Vendredi soir, soit quelques nuits plus tard

Le piano. Tes yeux sont fermés tandis que tu joues une douce mélodie. Voilà plusieurs jours que tu es au chalet de Lyokha. Les choses n'ont pas été très faciles au départ. Vous n'avez pas échangé beaucoup de mots, l'un comme l'autre. Tu l'évites autant que tu peux, tu passes le moins de temps possible dans les couloirs, alternant beaucoup entre ta chambre, le grenier, le dressing et la salle de bain. Tu as trouvé tes repères, pour l'instant il n'y a pas eu de problème à déborder. Tu touches du bois pour que cela continue ainsi. C'est toujours un peu difficile d'être près de Lyokha sans pouvoir le toucher, le prendre dans tes bras, l'embrasser, mais tu t'es raisonné. Tu sais que tu ne dois pas craquer et, cette fois, tu tiens relativement bien le coup. Tu ne dis pas que parfois, quand vous vous croisez, ton regard ne se fait pas un peu trop insistant. Tu ne dis pas que que tout est parfait mais vous ne vous en sortez pas trop mal, l'un comme l'autre. Avoir pu parler à tes proches t'a réconforté, tu as retrouvé un peu de volonté. Celle de vivre. Pour eux, pour ton peuple. Pour toutes ces personnes pour lesquelles tu t'es battu, ces dernières années. Et lorsque tes pensées se font plus tristes, tu gagnes le piano afin d'enchaîner les morceaux. Cet instrument de musique t'a toujours permis de te calmer, de te sentir bien. C'est ton instrument de prédilection, un héritage de ta mère. L'une des dernière choses qui rappellent que tu es bel et bien son fils. Le fils d'une pianiste de grand talent. Tu es détendu, les yeux fermés. Les mélodies s'enchaînent avec fluidité sous tes doigts. Pour peu, tu te croirais au palais dans la salle de musique, sur ton propre piano, entre deux réunions d'état. Sauf que là, tu n'as plus besoin de secouer la tête afin de retirer de ton front quelques mèches rebelles. Dès la seconde nuit ici, tu t'es toi-même coupé les cheveux. Courts. Cela a été une véritable délivrance. Plus de mèches rebelles, plus de galère pour retirer les nœuds, la simplicité, la liberté. Il est vrai que, sur le moment, tu as douté d'avoir fait le bon choix. Tu as toujours eu les cheveux relativement longs, c'était un gros changement... Mais finalement, tu as décrété que c'était très bien ainsi. On aurait un peu plus de mal à te reconnaître ainsi.

Un bruit t'arrache à tes pensées. Un bruit de pas. Ce n'est pas l'ex-blond, il est très discret. Et puis, tu sais qu'il est dans le salon depuis un moment, qu'il t'écoute. Ce ne sont pas non plus les deux demoiselles, tu as vite appris à reconnaître leur démarche dans les couloirs. Quelqu'un que tu ne connais pas vient de pénétrer dans le chalet. Tu ouvres alors les yeux, intrigué, sans pour autant cesser de jouer. Il ne faut pas lâcher le piano, il te calme. Surtout que c'est une nouvelle odeur de sang qui se fait insistante. Sang... Encore une humaine ? Non, c'est un humain qui entre. Un jeune homme qui a quoi, vingt-cinq ans ? Environ. Sa tête te dit vaguement quelque chose. Tu dois l'avoir aperçu à une ou deux reprises, mais où ? Tu n'en as pas la moindre idée. Ce que tu te demandes plutôt, c'est ce qu'il vient faire ici. Vos regards se croisent une seconde, tu lis une interrogation au fond de son regard, certainement la même que la tienne. Tu ne dis rien, tu ne fais pas un geste, à part continuer ton morceau. Qui est-ce donc ? Tu n'en sais rien, tu le suis plutôt du regard tandis qu'il se déplace... Et va enlacer Lyokha. La surprise manque de te faire rater une note de musique. Du calme Samael, tu n'as aucune raison de... En fait si, tu fais une fausse note. L'autre vient d'embrasser le vampire, et ce dernier lui répond. Tu te sens mal sur le coup. Il... Tu ne devrais pas être surpris. Il est normal qu'il t'ait remplacé. Seulement, par un autre humain... Lui qui, tu as fini par le comprendre, n'aimait pas être touché par le genre masculine... Ton sang se met à bouillir dans tes veines, tu as cessé de jouer. Tu les regardes tous les deux, en train de s'embrasser. Pour la première fois depuis ta transformation, tu as envie de sortir les crocs et mordre. Jusqu'à avaler la dernière goutte de sang de ce garçon. Tu secoues la tête, essayant de te raisonner. C'est une mauvaise idée. Va t'occuper ailleurs. Oui, c'est ce que tu dois faire. Tu te relèves alors, le tabouret du piano faisant un peu de bruit.

-Je vais vous laisser seuls.

Ta voix est ferme, sèche. Sur ce, tu viens leur passer devant, la tête haute, sans leur accorder le moindre regard. Tu es impérial dans ta manière de te déplacer, de les ignorer, comme s'ils n'étaient même pas dignes de ton attention. C'est ainsi que tu disparais dans le couloir. Ton rythme s'accélère, tu laisses tomber les apparences et tu gagnes bien rapidement ta propre chambre, au sein de laquelle tu t'enfermes. Tu as mal. Vraiment. Comme s'il t'avait une nouvelle fois tiré dessus, mais au niveau du cœur cette fois. Tu as l'impression qu'il est encore parvenu à briser quelque chose en ton cœur. Il restait très probablement quelques morceaux intacts, qu'il s'est empressé de réduire à néant... Tu sais que c'est injuste pour lui mais ce baiser, à tes yeux, est une pure trahison. Il t'a remplacé. Voilà pourquoi il était si hésitant, voilà pourquoi il tient. Tu as hontes. Tu le détestes. Tu les détestes tous les deux. Par habitude, tu vas t'enfermer dans un placard, et blottit tout au fond et n'en bouge plus. Tu te sens tellement mal... Parce que, quelque part, tu avais espéré qu'il puisse toujours penser à toi, qu'il soit incapable de te remplacer... Par une vampire, tu l'aurais accepté avec plus de facilités, cela semblait un peu plus logique, plus normal à tes yeux, le connaissant... Mais pas avec un humain. Non, pour toi, c'est un nouveau coup dur. Dire que tu t'étais dit de te préparer à une nouvelle trahison de sa part... Tu n'avais même pas envisagé celle-ci. C'était pourtant la plus probable. Le grand vampire t'a remplacé par un autre jouet. Tu te sens misérable. Pourquoi es-tu encore là ? Pourquoi n'as-tu pas retrouvé ton lac ? Tu ne sais pas... Tu n'as posé aucune question, tu aurais peut-être dû, tu as peut-être réagit trop vivement. Mais tu ne penses pas te tromper sur ce point. Lyokha ne t'appartient plus et il ne t'appartiendra plus jamais.

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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Lun 20 Jan - 21:30

« Je t'aime aussi... » Voilà pourquoi tu es aussi perturbé, alors que ces mots raisonnent encore au creux de ton esprit, dans ta langue natale. La nuit est tombée il y a peu, tu viens de te réveiller. Et tu es déjà pris de remords dont tu ne pourras pas te débarrasser de si tôt. Minute, des remords ? Toi ? Non, en réalité, tu ne regrettes rien. Rien de cette nuit, qui restera sans aucun doute, l'une des plus belles de ton existence. Parce qu'elle avait ce goût de l'interdit, elle était tout ce contre quoi tu luttais avec difficulté. Et le pire dans l'histoire, c'est que c'est lui qui a cédé. C'est lui qui est venu te demander cette nuit. Alors que tu résistais difficilement depuis ton arrivée à ce lac, à l'envie de l'embrasser, ou même de le toucher du bout des doigts. Et il a tout laissé tomber, il s'est laissé aller, il a cédé. Et il t'a entraîné dans sa chute. Tu n'as pas eu l'occasion, ni même le besoin de lui donner ton avis. Tu étais prêt à en faire autant. Et ce matin, lorsque tu te retrouves nus et encore enlacé contre lui, tu te rends compte de l'immensité de ta bêtise. Tu n'aurais jamais dû. Pour Soren, même pour toi... Mentalement, tu n'es pas sûr de tenir le coup. Car ta proposition de hier soir tient toujours, même si tu te sens un peu plus hésitant. Qu'en sera-t-il s'il accepte ? Il te sautera dessus au chalet ? C'est un problème que tu ne peux écarter de la longue liste de contraintes qui se présente. Et puis, il y a aura Soren au chalet, au moins le weekend... Comment est-ce que tu vas faire pour gérer tout cela ? Comment est-ce que tu vas faire pour faire passer la pilule, pour que l'humain ne soit pas un problème pour le nouveau vampire. Tu as peur de tout cela, et ça travaille dans un coin de ton esprit. Mais tu es incapable de prendre la fuite, de t'en aller comme un voleur ; pas après cette nuit. Pas après ces baisers, ces caresses, pas après lui avoir fait l'amour comme dix ans plus tôt. Alors tu vas plutôt chercher tes affaires, prenant quelques courtes minutes pour réfléchir. Tu le fais, ou pas ? La question ne se pose même plus dans ton esprit. Tu dois le faire. Pour lui avant tout. Parce que tu te sens redevable quelque part, pour cette nuit, même si c'est toi qui lui as accordé cette faveur... Oui certes, lui aussi te l'a accordée dans le sens où tu n'avais plus envie de résister. Tu n'as même pas cherché à résister, quand il s'est rapproché de toi. Tu aurais pu le repousser, lui faire comprendre que tu ne voulais plus, que tu n'étais pas prêt, tu aurais même pu lui dire que tu avais déjà quelqu'un, que tu ne pouvais pas... Mais tu n'en as rien fait. Tu t'es laissé emporter par tes pulsions, une fois de plus. Mais comment résister à l'appel de la chair, plus particulièrement de la sienne. Il est le seul à te faire ressentir tout cela, depuis toujours, comment l'ignorer ? Tu as sauté sur l'occasion, ni plus ni moins, et aujourd'hui, tu dois avouer que tu te sens plus que con. Vis à vis de lui, de So, de toi-même. Tu as encore fait une belle bêtise, et le pire, c'est que tu en es plus que conscient. D'ordinaire, tu passes vite à autre chose, mais là... Tu te sens affreusement mal. « Si on veut... » Tu te forces à sourire, un peu. Il semble bien sincère, mais il reflète avant tout cette gêne qui te prend. Mais tu sais que tu n'es pas le seul, tu sais que lui aussi est mal à l'aise. Parce que c'est dur d'ignorer les soupirs et les gémissements de la veille, c'est dur de faire comme si de rien n'était, et c'est presque gênant de le voir nu. Parce que son corps t'a toujours attiré, mais pour le coup, c'est étrange... Tu es loin d'être pudique et c'est certainement pas le premier type que tu vois complètement à poil, mais c'est Mae, et quelque part, ça te fait un peu bizarre... Et tu sens que son regard te fuit tout autant, alors que tu te rhabilles. Il n'y a pas à épiloguer, rien n'est plus comme avant. Pourtant, ce n'est pas pour le nombre de fois où il t'a vu nu qu'il réagi ainsi. Enfilant quelques couches de vêtements, tu constates qu'il détaille sa bague de mariage. Alors il pense à elle, pas vrai ? Comme toi, tu penses à Soren. Tu ne devrais pas trop y penser... Mais c'est dur. Dur parce que tu l'as trahi, alors que tu l'aimes. Même si ce garçon là, ce brun, ce nouveau vampire, il aura toujours les deux tiers de ton cœur. Tu as trompé Soren, et ça, ça te fait mal. Parce que tu pensais que tu l'aimais plus que tout, tu pensais qu'il t'avait fait oublier tout ce que Mae t'a réappris cette nuit. Certes, ce n'est pas la première fois que tu fais une bêtise... à vrai dire, Soren a déjà douté de toi, une fois. Et il t'en avait voulu longtemps, quand tu avais plusieurs fois prononcé le prénom de Samael, alors que vous faisiez l'amour dans une des réserves du casino. Oui, certes, tu avais un peu bu, et telle était ton excuse... Mais tu te souviens de la scène qu'il t'avait fait pour cela. Alors qu'est-ce qui se passerait, s'il découvrait que tu venais de le tromper avec le Samael en question ? Tu ne veux même pas imaginer, et tu déglutis un peu péniblement rien qu'en y pensant.

Tu finis par te convaincre que oui, tu seras capable de de tenir. Rien n'est certain en réalité, tu n'as peut-être plus la volonté nécessaire, après cette nuit. Mais tu feras tout pour. Tu t'es passé de lui dix ans, tu t'es enivré d'autre parfum, tu as embrassé une autre peau, d'autres lèvres, découvert d'autre corps. Aucun comparable au sien. Aucune voix pour se confondre avec la sienne. Il est le seul à te rendre aussi dingue, et aujourd'hui, tu te sens presque prêt à replonger. Mais tu ne peux pas, tu n'as pas le droit, et lui non plus. Alors l'affaire est réglée, pas vrai ? Tu réitères ta proposition. Tu peux le faire, vraiment. « D'accord... On peut toujours essayer. » Son accord t'arrache un curieux sourire. Alors il veut bien tenter l'expérience ? Tu pensais essuyer un nouveau refus, et voilà que non, il accepte. Tu serres un peu les dents, car il semblerait que tu ne te rendes pas compte de ce dans quoi tu t'engages. La pression est trop lourde dans cette pièce, tu as l'impression de ne plus pouvoir respirer. Ce n'est pas comme si tu en avais besoin de toute façon, mais tu as cette sensation d'étouffement qui en devient presque désagréable. Alors tu disparais silencieusement de la cabane, lui laissant un semblant d'intimité pour se rhabiller. Rien à faire, tu ne veux toujours pas le regarder en face, affronter son corps, et encore moins son regard. Tu n'as pas envie de croiser son regard, tu ne t'en sens plus capable. Et où est passée ton assurance de la veille ? Tu l'as laissée dans le lac. Pour de bon. Elle a disparu, et ne semble pas vouloir revenir. Alors tu vas devoir faire sans. Bon courage, Lyokha. Bon courage. Tu te rends compte un peu, de l'immensité de votre connerie ? Vous faites n'importe quoi, constamment. Tu ne peux plus l'aimer, et lui ne peut pas t'aimer plus. Tu dois apprendre à ignorer cette brûlure à l'intérieur, ou à vivre avec, si c'est impossible. Essayer de l'atténuer, et pourquoi pas de la faire disparaître, un de ces jours. Soren pourrait t'aider. Mais ce n'est pas comme si tu désirais qu'elle disparaisse vraiment. Car même si ça fait mal, tu veux garder cette brûlure, tu veux la conserver, car elle te rappelle à quel point tu l'aimes lui, et ça, tu ne veux le perdre pour rien au monde. Peu importe que ce soit masochiste, douloureux, tout ce que tu veux. C'est aussi la seule chose qu'il te reste de lui, avec ce tatouage sur ton flanc. Samael. Même ces six petites lettres en deviennent douloureuses. Il te rejoint finalement à l'extérieur, et tu le laisses t'emboîter le pas jusqu'à la voiture. Tu n'as pas envie de parler, et lui non plus apparemment, tant mieux. Tu ne te sens pas prêt à crever l'abcès, prêt à lui avouer à quel point tu as aimé cette nuit. Tu n'es tout bonnement pas prêt à lui dire combien tu peux l'aimer, encore. Tu dois l'oublier. T'éloigner le plus possible de cet amour que tu lui portes pour le considérer comme... Un ami. Juste un ami. Vous aurez le droit de vous apprécier ainsi, et sans débordement. Comme si c'était si simple... La voiture démarre, et vous voilà partis pour un long trajet. Un trajet sous le signe du silence et d'un malaise constant. C'est dingue comme cette nuit a tout changé. Tu as envie de parler, de t'excuser sans même savoir pourquoi. Tu as envie de lui dire que tu l'aimes, mais qu'il n'est plus qu'un ami. Tu as tellement peur de le toucher que ta main tremble presque imperceptiblement, si elle a le malheur de quitter le volant pour passer une vitesse. Oui, tu te sens mal. Affreusement mal. Car tu as encore son parfum au bord de narines, tu as encore le goût de sa peau sur tes lèvres, la chaleur de son corps contre le tiens, la douceur de ses cheveux entre tes doigts, et ses murmures pour t'assourdir. Tous tes sens sont en éveil, et dirigés vers lui ; tu te sens tellement mal, d'être si près, et si loin à la fois.

Puis, vous arrivez au chalet. Pas un mot sur la route, rien. Ça ne t'étonne pas vraiment, toi-même, tu ne cherches pas à engager la conversation. Comme si on t'avait coupé la langue, ou que tes lèvres étaient scellées. Toujours est-il que vous êtes là, dans le garage. Tu t'empresses de sortir, tu l'invites à en faire autant et tu ne te fais pas prier pour rentrer dans le chalet directement, montant à l'étage du salon. Il te suit, ou plutôt te précède puisqu'il passe devant toi quand vous arrivez dans la pièce. Tu laisses échapper un bref bienvenu, et il se tourne finalement vers toi. Non, il n'a pas rêvé, tu as bien parlé pour la première fois depuis la cabane. « Dire que tu oses détestes les gens de la Haute, comme tu dis si bien... Je crois que tu n'es pas tellement mieux loti qu'eux, à voir ce chalet. » Il observe le piano. Qu'est-ce que c'est ça, un reproche ? Ça sonne comme si c'en était un. Si c'est réellement ce qu'il pense... Tant pis alors. Tu aurais très bien pu trouver une étable pour lui faire plaisir, tu sais, quatre planches de bois, un toit et deux chevaux boiteux. Peut-être que là, monsieur aurait été comblé. Tu secoues la tête, tu soupires un peu, reprenant alors la parole. « Je les déteste. Et tu les détesterais tout autant, si t'avais eu mon enfance. J'ai aidé à construire ce chalet. J'en ai fait les plans avec un ami, et j'ai aidé à sa construction par la suite. Maintenant, si c'est trop grand ou trop luxueux pour monsieur, il y a aussi un vieux cabanon très mal isolé du froid un peu plus haut en flanc de montagne, c'est très rustique et la neige te monte jusqu'aux chevilles, même à l'intérieur. Je ne suis même pas sûr qu'il y ait toujours le toit, en fait. » Tu es sur la défensive, peut-être plus que de raison. Mais c'est ta seule arme, tu n'es pas à l'aise lorsque tu t'adresses à lui, tu as l'impression d'hésiter à chaque mot, malgré l'assurance de ta dernière tirade. Tu n'es tout simplement pas bien, alors tu réagis peut-être un peu mal, bien que tu sois resté sympathique et plutôt joueur dans ta remarque. Rien de méchant. Tu es juste différent. Différent du Lyokha qu'il a connu. Tu l'amènes à sa chambre, entames de longues explications. Tu parles vite, mais tu ne veux pas passer trop de temps sur les règles ou le plan du chalet, en réalité, tu ne veux plus passer de temps avec lui. Tu as besoin de prendre tes distances, de ne plus croiser son regard et de respirer un autre air. Tu as même envie de sortir du chalet tout court, de l'abandonner ici pour quelques jours. Mais tu ne peux pas, tu es chez toi, tu te souviens ? Tu achèves tes explications et il semble avoir intégré à peu près tout. Mais il te pose une question. L'évidence même, ce point que tu as oublié de mentionner. « Tu n'as pas mentionné l'horaire des repas ni comment ils se déroulent. » Tu hoches brièvement la tête, alors qu'un sourire un peu confus étire tes lèvres. Les repas. Il faut dire que tu te nourris rarement à la poche de sang ; comme un humain boit une coupe de vin de temps à autres en fait. Toi, tu es habitué à mordre, à te nourrir à la source. Mais vu que tu es en montagne, et que tout peut arriver ici, tu as une réserve assez importante de sang, régulièrement fournie. « J'ai des poches de sang du côté du coin cuisine, donc tu te sers quand tu veux. Les vampires n'ont... Pas à proprement dit des heures de repas. Du moins, je n'en ai pas moi. Et si un jour tu te sens prêt pour... Enfin, mordre quoi, je t'expliquerais. » Tu n'as pas tellement envie de t'étendre sur le sujet pour l'instant. Car à vrai dire, tu ne penses pas que ce jour arrive de sitôt, et d'ici là, prépare bien tes propos. Tu n'as jamais fait dans la dentelle avec les humains, sorciers... Tu as toujours bu sans te soucier de l'autre. Sauf peut-être dans le cas du jeune Tudor, mais c'est autre chose... En tous cas, tu as du mal à l'imaginer mordre quelqu'un. Parce que tu sais que sa conscience d'humain est toujours bien présente, et qu'il ne compte pas lâcher son humanité de si tôt. Tu ne peux pas le blâmer, et bien le contraire, tu le trouves remarquable pour cette volonté de fer qu'il a... Même si tu n'as pas mentionné le fait qu'il n'en sera pas toujours ainsi, malheureusement. Car peu importe combien il est humain dans sa tête, il ne résistera pas au sang, s'il lui est donné de mordre dans les prochains jours. Peu importe qu'il adore les mortels, ça n'y changera rien.

Tu restes encore un instant, voir s'il a d'autre requête, et tu fais bien. « Dis-moi, est-ce que tu penses que tu pourrais t'arranger pour me fournir un ordinateur ? Tant que le modèle date d'après l'an 995, je saurai faire avec, mais je risque d'en avoir besoin. » Tu hausses un peu un sourcil, mais ça ne t'étonne pas tant que ça venant de lui, tel que tu l'as connu, il était toujours très penché sur la technologie, tout comme le reste des siens. Tu as haï la technologie pour ta part pendant un bout de temps avant de t'y mettre, laissant plutôt cela à Zéphyr. Mais avec le temps tu as dû te rendre à l'évidence, tu n'as plus eu le choix bien longtemps. Bref, tu n'es pas là pour épiloguer mentalement sur Ô combien tu détestais tout bijou informatique au début, tu es là pour répondre à ses attentes. Même si dit comme ça, ça pourrait être déformé... Héé ! Surveille un peu tes pensées, Volkov. Tu t'égares. Un léger sourire vient étirer tes lèvres, tu hoches légèrement la tête. « Oui, bien sûr que je peux t'avoir ça, je dois redescendre à Leporem cette nuit de toute façon, quelques affaires à régler, j'en profiterais pour te trouver ça, pas de problème... » Un ordinateur. Si ce n'est que cela. Il aurait pu te demander bien plus, tu le sais. Et tout ce qu'il veut c'est un ordinateur. Si telle est sa volonté, tu n'iras pas contre de toute façon. Le silence retombe, il n'y a plus rien à dire d'après lui, d'après toi. Rien à rajouter de bien concret ou utile. Et pourtant tu restes là, à regarder dans le vide, ayant peur de croiser son regard. Personne ne dit rien. Et finalement il se jette à l'eau. Qu'il est brave ce Samael. « Hé bien... Merci pour ton hospitalité. Si tu permets, j'ai besoin d'être... Seul. » Tu hoches la tête, confus. « Hm, oui, bien sûr. » Et tu refermes rapidement la porte derrière toi. Tu y restes adossé un instant, soupirant profondément, avec l'affreuse sensation de tout foirer, comme toujours. Tu aimerais bien rentrer dans cette chambre, lui demander de tout quitter pour toi, comme il l'aurait fait quelques années plus tôt. Mais tu ne peux plus, et lui non plus. Alors tu secoues la tête, tu te raisonnes, et tu disparais dans la villa, direction le garage. À peine arrivé, te voilà reparti. Mais tu dois aller chercher l'ordinateur. Et ça, ce n'est qu'un vilain prétexte pour prendre la fuite, et t'éloigner, loin de lui.


Vendredi soir.



Tu te mords un peu la lèvre. Tu l'écoutes jouer. Pas une faute, une mélodie parfaite qui résonne dans le salon. Un morceau digne de lui, et de cette excellence qui le caractérise lorsqu'il s'agit du piano. C'est à se demander si tu ne l'as pas acheté pour lui. Peut-être que secrètement, tu espérais qu'il viendrait là, un jour... Et voilà que tu t'égares encore. Tu es captivé par le morceau qu'il joue. C'est magnifique, comme toujours. Mais quelque chose te marque encore plus. Ses cheveux. Courts. Tu restes en bug dessus depuis quelques jours, car tu n'as tout simplement pas l'habitude. Et même s'il était déjà beau les cheveux plus longs, il est... Encore différent. Mais d'une très bonne manière, à vrai dire. Et tu peux l'avouer oui, tu t'es imaginé glisser tes doigts dans ses cheveux courts. Tu n'en as pas eu l'opportunité, et tu ne l'auras certainement jamais. Tant pis. Tant mieux plutôt. Il représente la tentation et tu préfères qu'il reste loin de toi. C'est pourquoi tu gardes tes distances, c'est pourquoi tu n'es pas assis à côté de lui sur le banc du piano. Plus loin tu es, mieux tu te portes. C'est dur parfois, et pourtant, le chalet est immense. Mais il suffit que tu le croises dans le couloir, à la piscine, à l'étage des chambres ou même dans le dressing... Tu cherches toujours à le fuir du regard, mais inévitablement, tes yeux croisent les siens par moments. Et là, c'est plus que dur de prendre la fuite, parce qu'il y a ce désir qui luit au fond des tes prunelles, un désir ardent, qui se reflète dans les siennes aussi. Vous avez constamment envie de vous sauter dessus, mais vous vous contentez de vous passer à côté. Parce que c'est moins pénible de prendre la fuite que d'affronter l'autre. Tu sors de tes pensées, guettant un peu l'horloge de temps à autres. Tu vois les minutes défiler, et tu sais que l'inévitable va finir par arriver. Soren devrait être là dans une petite heure. Et tu n'as aucune idée de comment introduire la chose. Alors en attendant, tu te plonges dans la musique du brun, encore. Parce que c'est agréable, puisque cela t'apaise.

Et la porte qui s'ouvre. Qu'est-ce que ? Tu te tournes à peine que l'on vient t'enlacer. Un doux sourire vient orner tes lèvres, quand tu plonges ton regard dans celui de l'humain. Soren. Qu'est-ce qu'il fait là ? Il a une heure d'avance, tu es totalement pris au dépourvu. Mais tu n'as pas le temps d'improviser quoi que ce soit qu'il vient capturer tes lèvres. Et comme tu l'aimes, comme tu te sens tellement mal d'avoir embrassé un autre homme que lui, tu lui réponds avec une certaine passion. Tu sais que Samael regarde, tu entends cette fausse note, et un élan de douleur te transperce le cœur. Car tu lui fais subir ce que toi, tu as subi pendant des années en les voyant, avec Adelina, à la télévision ou dans les journaux. Les voir heureux, voilà ce qui t'a tué de l'intérieur. Tu sais à quel point c'est douloureux, et tu t'en veux un peu, d'un côté. Mais tes paupières se ferment, tes mains glissent sur la taille du jeune Matthews. Tu as l'impression de ne plus vraiment savoir ce que tu fais, et ce baiser est bien plus amoureux que tu ne le voudrais. Même l'humain en semble surpris. Mais tu penses toujours à Samael qui est là, qui vous regarde. Et bon sang, tu te sens tellement mal. Tu relâches les lèvres du blondinet, mais tes mains restent un instant à leur place. Tu croises brièvement le regard de Samael, et tu as tellement honte que tu aimerais mourir sur place. Mais quelque part, il ne peut pas t'en vouloir, pas vrai ? Il se relève brusquement. « Je vais vous laisser seuls. » Tu allais dire quelque chose, mais tu n'en fais rien. Il disparaît, et tu te retrouves seul avec Soren. Il s'écarte un peu, enlève son manteau où demeure encore un peu de neige, et rentre ses affaires avec un large sourire. Il n'a pas compris ce qui vient de se passer ? Tant mieux. « Et qui c'était ? » Se risque-t-il à te demander. Tu hausses un peu les épaules, retrouvant cet habituel petit sourire qu'il te connaît si bien. Tu dois jouer l'indifférence, comme tu l'avais prévu. Même si ce ne sera pas facile. « Un ami. » Souffles-tu d'abord. Il hoche un peu la tête, tu le sens moyennement convaincu. Même toi, tu te trouves bien peu convaincant. Alors en fait, tu secoues la tête. Tu ne peux pas lui mentir. Tu ne t'en sens plus capable, plus maintenant. « C'est... Mon ex en fait. Il a de gros problèmes en ce moment, et je lui étais redevable donc je lui ai proposé de venir ici quelques temps, vu qu'on a la chambre d'amis. » Soren se mord la lèvre. Tu le regardes, tu guettes ses réactions. Tu sais à quel point il peut être jaloux et possessif. Tu le connais si bien, cet humain. Il finit par hausser un peu les épaules, attrapant juste son sac qu'il doit embarquer à l'étage, dans votre chambre. Il revient brièvement devant toi, et te vole un baiser. « Tant que je t'ai pour moi ce weekend... » Un sourire malicieux se dessine sur tes lèvres. Un sourire faux, mais tant qu'il y croit, c'est le principal. Tu lui voles un baiser à ton tour, le laissant aller ranger ses affaires. Pour ta part, tu as deux mots à toucher à un certain Tudor. Et bon sang, tu en trembles d'avance.

Tu entres dans sa chambre. Dans celle du nouveau vampire. Il n'y est pas, et ça ne t'étonne pas tant. Mais tu veux vérifier quelque chose avant. Le placard. Car tu connais cette manie, tu le connais lui, et ça ne t'étonnerait pas que... Pas manqué. Il est là. Tu te pinces un peu les lèvres, soupirant. Tu n'oses rien dire d'abord, et tu finis par t'accroupir à sa hauteur. « Samael, je... » Il t'interrompt presque brusquement. « Retourne avec ton nouveau jouet ! » Tu baisses un peu les yeux, un instant. Ton autre jouet... Alors c'est ainsi qu'il s'est vu ? C'est ainsi qu'il voit Soren ? Tu serres les dents, parce que mine de rien, c'est douloureux. Certes, il doit prendre cela comme une trahison. Tu couches avec lui toute la nuit, et là, tu enlaces un autre homme devant ses yeux, comme s'il ne s'était rien passé. C'est peut-être égoïste de ta part, et tu doutes qu'il veuille comprendre. Mais il devra bien s'y faire, à un moment, ou à un autre. Tu aimes Soren. Tu aimes un autre homme. Comme lui aime Adelina. Oui, certes, tu as fait fort. Un humain, et un homme de surcroît. Le strike. Mais il ne peut pas t'en vouloir, il n'en a pas le droit. Tu secoues la tête, refusant tout bonnement de partir. Et sa réaction est immédiate ; il te gifle. Tu tournes un peu la tête sous la violence du coup, avant de saisir fermement ses poignets, les gardant dans tes mains. Tu ne souris plus. Tu n'as plus la patience ou l'envie de sourire. « Et tu vas m'en vouloir, c'est ça ? Tu vas m'en vouloir parce que j'ai essayé de passer à autre chose ? Tu vas m'en vouloir d'avoir essayé de reconstruire ma vie parce que t'avais tout détruit ? » Tes yeux brillent un peu. De colère plutôt qu'autre chose. Il devrait comprendre. Il doit comprendre, il n'a pas le droit d'agir ainsi. De faire comme s'il avait le monopole de ton cœur. Qu'il pouvait aller et venir d'une personne à une autre, t'aimer une nuit, puis te jeter parce que c'était fini. Tu relâches brusquement ses poignets, te relevant pour te reculer un peu. Tu vas lui faire du mal, si tu restes trop près, tu le sais parfaitement. Tu inspires profondément, essayant de garder ton calme. « Oui, j'aime un autre homme Samael. Oui, j'aime un autre humain, aujourd'hui. Oui, je suis passé à autre chose. Toi aussi, fin de la discussion. J'ai jamais réussi à t'oublier. Mais t'aurais peut-être préféré que je retourne faire les trottoirs, comme quand j'ai rompu avec Vladimavitch, non ? C'est vrai que ça t'aurait fait TELLEMENT plus plaisir, de savoir que ton ex petit-ami couchait avec le premier venu dans la rue, en espérant t'oublier un jour. Ça t'aurait bien arrangé avoue, que je retombe au fond du gouffre. » Un élan de violence dans tes paroles, d'agressivité. Tu aurais pu rechuter, tu en es pleinement conscient. Cette rupture, c'était celle de trop pour toi... Tu aurais pu retomber dans le puits sans fin de la prostitution et de la drogue, personne ne t'en aurait empêché, vu ton comportement après que Samael t'ait laissé tomber. Tu te rends à peine compte que tu viens d'envoyer un livre par terre sous le coup de la colère. Tu essayes de te calmer, et tu passes tes mains sur ton visage, inspirant et expirant profondément. Tu jettes un regard au brun, essayant de retrouver un semblant de sérénité. « T'as toujours été le seul, tu sais. Mais tu t'es marié Samael. Tu as eu des enfants. Tu as fait ta vie, t'entends ? T'as changé de route. J'allais pas courir après quelqu'un qui ne me voyait même plus. Soren est arrivé, et que ça te plaise, ou pas, j'en ai strictement rien à faire. Je l'aime, t'entends ? Même si ça te fait mal. Moi, j'ai enduré cette douleur pendant dix ans. Tu peux bien la subir pour quelques jours. » Tu secoues la tête, plus désespéré qu'autre chose. Et en fait, tu quittes la pièce, prenant soin de claquer la porte derrière toi. Tu as affreusement mal au cœur, car tu ne sais plus quoi penser de tes propres paroles. Est-ce vrai ? Est-ce que Soren a réellement remplacé Samael ? Tu en doutes vraiment. Tu en doutes beaucoup trop même. Alors comme toujours, tu t'éloignes, tu t'en vas. Tu vas retrouver le blond qui t'attend certainement au salon, autour d'un café. Tu dois penser à autre chose qu'à l'empereur. Vraiment.

Lundi, dans la journée.

Nager te fait du bien. Ça t'aide à évacuer tout ce qui te passe par la tête, à ne plus penser à rien qu'à l'eau qui te porte. Tu aimes rester sous la surface quelques longues minutes, à fermer les yeux, pour sentir la caresse presque rassurante de cette eau qui t'enveloppe. Voilà deux heures que tu nages, et si d'ordinaire, cela t'apaise, tu n'as de cesse de penser à lui. À qui ? À Samael. Samael que tu n'as pas affronté depuis votre petite dispute dans sa chambre. Tu t'es montré... Cru, peut-être trop agressif. Mais tu as été profondément blessé par sa réaction. Pourquoi ? Il devrait comprendre. Il est passé à autre chose, et toi aussi, tu devais passer à autre chose, pour rester un minimum sain d'esprit. Soren est arrivé. Il était sympathique, calme et un peu impulsif en même temps. Son caractère, son sourire... Et puis il avait quelque chose au fond de ses yeux verts qui te rappelait un peu Samael, sans trop savoir pourquoi. Tu t'arraches à tes pensées, sortant plutôt de l'eau. Tu dois remonter, aller prendre ta douche, tu as du boulot en plus... Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres et tu sors de la piscine pour remonter à l'étage. C'est alors que tu le croises, lui. En maillot. Dans le couloir un peu trop étroit pour vous deux. Tu te figes immédiatement quand tu manques de lui rentrer dedans, ton regard azur croisant brièvement le sien. Tu es encore trempé, tu en es  conscient, mais ce n'est pas les quelques perles d'eau qui te font frissonner, non. C'est cette proximité que vous ne pouvez plus vous autoriser. Un léger sourire se dessine finalement sur tes lèvres, mais il fait déjà demi tour. Il n'a plus envie de nager ? Apparemment pas, puisqu'il prend la fuite. C'est vrai que la dernière fois que vous avez nagé ensemble... Hm, ne pas y penser.

Tu ne sais pas trop pourquoi, tu le suis. Non, pire, tu le prends en chasse. Puisqu'il se met à courir, et tu as l'impression de retomber dix ans plus tôt, quand tu lui courrais après à la villa parce qu'il venait de te voler un baiser. Tu lui cours après, presque par réflexe, et très rapidement vous atteignez le salon. Tu as un avantage, c'est que tu connais mieux le terrain, alors tu ne tardes pas à le faire tomber, le plaquant par terre. Tu te mets à rire, dans comprendre pourquoi. Car la situation te donne envie de rire, tout simplement. C'était spontané, incongru... C'était bien des choses que vous ne pouvez plus faire aujourd'hui. Et pourtant, tu t'es autorisé cette petite course poursuite. Comme un automatisme... Tellement naturel que tu ne te rends pas compte de ta position ; tu es au-dessus de lui à quatre pattes, à lui tenir les poignets contre le sol. Ton regard plongé dans le sien, et ton visage certainement trop proche... Tu dois te reculer, tu dois absolument te relever, tu en as conscience. Ces jeux ne sont plus pour vous... Mais tu es comme qui dirait, paralysé sur place, avec cette envie soudaine de capturer ses lèvres, et de coucher avec lui là, sur ce tapis, au milieu du salon, alors que Soren n'est pas loin. Et en parlant du loup. Tellement captivé par les yeux de ton infant que tu es incapable d'entendre l'humain arriver. Incapable de savoir qu'il s'approche, et que tu es toujours au-dessus du jeune Tudor, presque nu, tout comme lui. Et le pire dans tout cela ? Tu es loin de vouloir bouger. Loin de vouloir que l'on vous interrompe. Et ton regard en dit long sur ce que tu veux actuellement. Et tu veux faire bien des choses, oh que oui. Des choses pas très catholiques.
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Kenrick G. Haynes
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mar 21 Jan - 17:25

Ta remarque n'était pas un reproche, juste une constatation. Tu es né en haut de l'échelle, tu as toujours tout eu à portée de main dans ta cage dorée, tu ne peux pas être choqué par le luxe, c'est quelque chose de naturel pour toi. Mais on a aussi veillé à ce que tu ne prennes pas tout pour acquis. Tu as vu beaucoup de choses, tu as tenté beaucoup d'expériences. Rares sont les personnes pouvant avoir le luxe de se payer un tel chalet. Tu n'as pas besoin de tout voir, d'aller vois un immobilier ou quoi que ce soit d'autre pour le dire. Cela se voit jusque dans les moindres détails. Mais là n'est pas la question. Cette dernière est plutôt sur le fait qu'il te répond sur la défensive. Aurait-il pris tes propos pour une agression ? Ce n'était pas ton intention pourtant... Tu préfères donc te renfrogner quelque peu, serrer les dents et te passer de commentaire. Cela vaudra mieux, pour lui comme pour toi. Seulement, tu es déçu de le voir réagir ainsi. Qu'il se détende, merde, tu ne vas pas le manger. Enfin, après la nuit que vous avez passée ensemble... On peut effectivement avoir des doutes. Samael, tu sors. Tout de suite. Tu ne dis plus un mot suite à cela, tu le laisses de guider chez lui, tu mémorises le chemin puis l'écoutes t'expliquer comment cela fonctionne, dans son chalet. Tu mémorises au fur et à mesure, classant les informations un peu à la manière d'un programme informatique. Information de localisation, dans tel dossier, règle dans telle autre. Tss. Tu n'es pas un robot mais un être humain. Oh, un jour, vos techniciens feront bien des droïdes plus vrais que nature. Il suffirait de leur donner l'autorisation de créer artificiellement la vie.

Peu à peu, tu intègres tout ce qu'il cherche à te faire comprendre. Que te faut-il encore savoir ? Peut-être comment cela se déroule pour les repas. Tu doutes qu'il soit un fervent adepte des poches de sang mais, pour ta part, tu refuses de faire autrement. Il répond tout de même à ta question, alors qu'un sourire incertain fait son apparition sur ses lèvres. D'accord, des poches de sang dans la cuisine, c'est noté. Pas d'heure pour les repas, cela t'arrange quelque peu, tu ne maîtrises pas ta soif et jusqu'à aujourd'hui, elle se faisait sentir à n'importe quel instant. Mais tu vas essayer de la maîtriser un minimum, en espaçant les prises, déjà. Tu vas essayer d'instaurer un programme et t'y tenir, cela t'occupera un peu l'esprit et te forcera un peu à travailler sur toi-même. Par contre, quand il parle de mordre... Non. Si un jour tu t'y sens prêt... Non, il n'est même pas question de cela. Il n'y a pas de si tu te sens prêt ou non qui tienne. Tu secoues la tête mais est-ce bien utile de lui expliquer le fin fond de ta pensée ? Ton regard noir, à nouveau paré de cet étrange éclat carmin, parle pour toi. Tu refuses de mordre qui que ce soit. Enfin, sauf lui, mais c'est différent... Tu enchaînes plutôt sur autre chose. Tu vas avoir besoin d'un minimum de matériel pour les prochains jours. Tu ne peux pas rester les bras croisés, contrairement à ce que tu as fais depuis ta transformation. Le temps n'a peut-être plus d'emprise sur toi, il en a encore sur les autres et c'est pour eux que tu dois te réveiller, pour eux que tu dois reprendre les commandes. Il y a une chose de vraie, dans ce que Lyokha a dit, au palais : les humains ont besoin d'un leader. Même si ce ne sera que temporaire, le temps de redresser un peu la situation, jusqu'à ce que les enfants soient capables de jouer ce rôle auquel tu les as préparés dès leur plus jeune âge, ils ont encore besoin de toi. Et toi, tu as besoin d'un ordinateur, en bon ex-hacker que tu es. Dès l'instant où il hoche la tête, tu sais que tu auras ce que tu demandes. Il n'est pas au bout de ses peines avec toi, mais il l'ignore encore... Tu hoches un peu la tête.

-Merci... souffles-tu.

Que pourrais-tu bien dire de plus ? Rien. Tu n'as rien à ajouter. Le silence s'installe entre vous, pesant. Tu ne peux pas rester près de lui, c'est trop... Perturbant. Il faut que tu bouges, il faut que tu t'isoles. Le fait qu'il soit là, devant toi, rend les choses assez compliquées. Mais comme il ne semble pas non plus d'humeur à prendre la parole, tu le fais pour vous deux. Un nouveau remerciement et une dernière demande. Tu veux être seul. Il s'éclipse, ton souhait est exhaussé. Ouf. Un peu de repos. Tu vas immédiatement te laisser tomber sur ton lit. C'est plus dur que tu n'imaginais. Le regarder, sentir cette tension entre vous... Qui craquera le premier, la prochaine fois ? Tu ne te fais pas d'illusions, dans votre position actuelle, il y en aura forcément un qui cédera, à nouveau. Sauf que ce ne sera pas toi. Tu t'y refuses. Même si tu aimerais pouvoir te l'accorder, pour une fois. Vous accorder une nouvelle chance de vivre ensemble. Tout laisser tomber, tout oublier, pour vivre votre histoire interdite. Tu aurais été prêt à le faire, autrefois. Mais il t'a trahi, alors tu as fait marche arrière. Tu as repris ta route, sur le chemin qu'on avait tracé pour toi, et tu l'as laissé derrière avec moult regrets. Mais c'était ton devoir... Un soupir t'échappe tandis que tu te recroquevilles sur toi-même. Tu entends ses pas qui s'éloignent dans le couloir. Il s'en va... Tu vas pouvoir en profiter pour aller prendre une bonne douche brûlante, en espérant oublier chez qui tu te trouves...

Vendredi soir

C'est vraiment la première fois que tu as envie de tuer un humain. Tu ne sais par quel miracle tu as pu retenir tes crocs en les voyant s'embrasser, avec passion. Mais tes yeux, eux, ont retrouvé leur éclat carmin qu'ils n'ont toujours pas perdus, même maintenant que tu es enfermé dans le placard. Tu revois mentalement ce baiser et, une fois de plus, tu sens une lame plonger dans ton cœur. Tu le détestes. Tu les détestes. Tu n'as jamais aimé qu'on te mette face à tes erreurs, même si tu as toujours fait de ton mieux pour les regarder et essayer de corriger le tir... Sauf que là, tu ne peux rien corriger. C'est bien trop ancien, tu ne peux plus rien faire. Tu l'as perdu. Tu le savais depuis longtemps mais tu espérais... Quoi donc, qu'il t'aurait attendu ? Non, bien sûr que non. Mais qu'il ne t'ait pas remplacé ainsi. Tu ne l'as pas remplacé, lui. Ton cœur lui est resté dévoué, en grande partie et ce malgré toi. Tu n'aurais jamais agit ainsi devant lui. Pas avec Adelina, tu aurais au moins attendu d'être seuls. De toute manière, il n'y a jamais eu qu'avec lui et les enfants que tu faisais de réelles démonstrations d'affection. Avec elle, c'était plus en privé. Tu vas rester dans ton placard, le temps de digérer un peu le coup. Il te faut un peu de temps, pour étouffer la douleur, trouver une alternative au lieu de céder à ce côté vampire en toi qui te pousserait plutôt à réagir plus violemment. Quoi de plus facile qu'éliminer un humain après tout ? Sauf que tu restes encore Samael, les humains, tu les as toujours protégés. Tu ne peux pas les attaquer.

La porte de ta chambre s'ouvre. Voilà Lyokha. Ce ne peut être que lui. Mais tu ne bouges pas de ton placard, te recroquevillant simplement un peu plus sur toi-même. Qu'il s'en aille. Qu'il te laisse seul, qu'il retourne avec l'autre et qu'il t'oublie. Cela l'a si bien réussi jusqu'à maintenant, après tout... Bien rapidement, c'est la porte de ton placard qui s'ouvre. Tu ne le regardes pas. Ton regard à présent couleur grenat reste fixé sur un point invisible de tous. Il essaye de parler mais tu lui coupe bien rapidement la parole, d'une manière sommes toute bien peu polie. « Retourne avec ton nouveau jouet ! » Tu es dur avec lui. Tu sais ce qu'il a enduré avec Adelina et toi, tu sais que tu n'as pas le droit de lui en vouloir. Mais sur le coup c'est trop dur à supporter, tu n'as même pas envie d'ouvrir les yeux et lui laisser une chance. Tu veux juste qu'il s'en aille, qu'il te laisse digérer la nouvelle sans chercher à t'influencer. Tu veux être seul, est-ce trop compliqué à comprendre ? Apparemment. Il ne veut pas partir. C'est plus fort que toi, ta main part toute seule et vient s'abattre sur sa joue, avec force. Qu'il s'en aille, qu'il te laisse ! Non, toujours pas, puisqu'une fois le choc passé, il s'empare de tes poignets. Tu t'agites un peu, pour la forme, mais tu as trop mal au cœur pour réellement te débattre et lui faire lâcher prise. Tu plonges juste ton regard si étrange dans le sien, d'azur. Ou plutôt, le sien semble virer à l'orage sur le moment. Si tu vas lui en vouloir ? Oui. Non. Tu ne sais pas. Mais la pilule est difficile à avaler. Ne comprend donc t-il pas que si tu t'es marié, c'était par obligation et avec la seule femme capable de te permettre de ne pas trop penser à lui ? Quelqu'un dans la confidence, qui connaissait tes soucis de cœur. Au final... Oui, tu lui en veux. Mais pas pour les raisons qu'il a évoquées.

-Tu aurais pu me prévenir ! Et au moins avoir la décence de faire ce que tu as fait ailleurs que sous mes yeux, en guise d'introduction.

S'il y a bien une chose que tu peux lui reprocher, c'est ce mensonge. Ou plutôt, ce fait passé sous silence. Qu'il ait quelqu'un dans sa vie, ok, tu peux le comprendre. Un humain... C'est difficile. Un homme de surcroît, tu frôles l'indigestion. Mais là, qu'en plus il n'ait rien dit... Oui, tu as l'impression d'avoir été un jouet. Qu'était donc cette nuit que vous avez passée ensemble ? Un passe-temps ? Une manière de te faire changer d'avis ? Tu sais que c'est toi qui a cédé mais s'il t'avait repoussé, tu n'aurais pas insisté, tu avais trop de raisons de ne pas le faire pour l'y obliger. Sauf qu'il ne t'a pas repoussé. Qu'il t'a offert autant de passion et d'amour que toi, tu avais à lui en offrir. Qu'est-ce que c'était pour lui, au final ? Il te relâche enfin, tu ne bouges pas de ta place, au fond du placard. Tu n'iras pas le chercher. Qu'il s'en aille, qu'il te laisse, tu ne demandes rien d'autre. Il parle encore, il développe. Mais qu'il se taise, par tous ses dieux... Qu'il la ferme une bonne fois pour toutes. Tu as compris, tu ne veux pas l'entendre t'expliquer. Si tu aurais préféré qu'il retourne faire les trottoirs ? Cette question te fait relever la tête, interpellé. Non. Non, tu secoues la tête. Tu n'as jamais voulu cela pour lui. Tu voulais qu'il refasse sa vie, loin de toi. Mais tu n'avais pas prévu que vos deux existences reviennent se mêler. Tu avais prévu de mourir avant qu'il ne se décide à refaire irruption dans ta vie. Tu n'avais tout simplement pas prévu cette situation dans tes plans. Oui, tu aurais dû, tu le sais parfaitement, et tu regrettes de t'être laissé avoir aussi facilement... Un soupir t'échappe, face à son agressivité.

-Oui, j'aurais préféré.

C'est un mensonge. Tu as rarement dit une telle énormité. Et pourtant, elle est naturellement sortie. Parce qu'il te fait mal. Parce que chacun de ses mots te blesse au plus profond de ton cœur. Chaque parole est un nouveau couteau qu'il plonge dans l'organe vital et qu'il remue dans la plaie, te faisant un peu plus saigner à chaque fois... Tu regardes le livre valser sans réagir. Plus aucune émotion ne passe sur ton visage. Tu es neutre. Comme si plus rien ne pouvait t'atteindre, et encore moins ses paroles, sa colère. À l'intérieur, tu es détruit. Tu essayes désespérément de te reconstruire un semblant de carapace, mais cela ne semble pas tellement fonctionner. Oui, tu sa is que tu as choisi une autre voie, tu sais que tu as pris celle qu'on voulait te voir emprunter. Mais à qui la faute ? Qui t'a trahi ? Qui t'a planté un couteau dans le dos, t'empêchant de tout laisser tomber ? Lui, encore lui, toujours lui. Il l'aime. Ses mots font mal, plus que de raison. Ils t'entraînent à nouveau dans un gouffre sans fond. Et quand bien même tu l'atteindrais, tu ne pourrais plus voir la lumière du jour. Tu ne pourrais plus jamais remonter. Tout est fini, depuis longtemps. Tout est fini, plus rien ne sera jamais comme avant. Tu l'as perdu, vous vous êtes perdu. Malgré l'illusion de votre dernière nuit, vos regards... Laisse-le partir, n'en rajoute pas une couche. Tu peux le faire, tu peux le laisser fuir. Sauf que non. Juste avant qu'il ne claque la porte, ta voix se faire une dernière fois entendre.

-Tu l'aimes mais tu n'as pas une seule seconde hésité à le tromper.

Tu ne te reconnais pas. Tu ne te souvenais pas du fait que tu puisses être aussi dur avec quelqu'un. Tu as été fermé, mais rarement cruel. Mais là... Tu te sens tellement blessé, tellement détruit... Il claque la porte, tu n'attends pas une seule seconde pour aller verrouiller celle-ci à clé après son passage, coupant net toute discussion possible. Tu ne veux pas le voir, tu ne veux plus les voir. Tu ne comptes plus quitter ta chambre, puisque c'est ainsi. Tant pis pour le fait que tu doives apprendre à maîtriser ta soif, là c'en est trop pour toi. Trop à digérer d'un seul coup. Une fois la porte fermée, tu retournes dans ton placard et t'y enfermes. Tu ne comptes pas en sortir de sitôt, surtout si c'est pour les affronter, l'un ou l'autre. Non. Parce que, dans ton état, tu te sens capable de faire une bêtise et tu ne peux te le permettre. Parce que tu ne veux pas davantage blesser Lyokha...

Lundi

Finalement, la soif a fini par te faire sortir de ton placard. Tu n'as pas tenu bien longtemps. Mais tu as tout fait pour éviter la moindre confrontation avec Lyokha depuis l'autre soir. Tu quittes rarement ta chambre, sauf quand les deux gagnent la leur, tu en profites pour sortir faire un tour. Principalement pour profiter du piano ou boire un peu. Aujourd'hui, tu vas essayer de te détendre un peu. Un tour à la piscine te ferait du bien, même si tu hésites à descendre. Quitter la chambre, c'est prendre le risque de tomber sur l'un ou sur l'autre. C'est pas tant l'humain qui est problématique, même si sa présence a tendance à t'agacer au bout de quelques secondes, ce que tu masques du mieux que tu peux. Non, c'est le vampire qui t'énerve. Tu ne veux pas le voir. Il t'a fait trop de mal. Tu te demandes bien ce que tu fais encore chez lui d'ailleurs. Tu aurais pu retourner au bord de ton lac, dans ta cabane. Mais c'est plus facile de gérer l'organisation de la résistance depuis un endroit où tu as accès à l'électricité. Pur aspect technique. Un soupir t'échappe. Un pause détente te fera le plus grand bien. Alors oui, tu vas aller faire quelques longueurs dans la piscine en essayant d'oublier ce qu'il s'est passé vendredi soir. Alors en maillot, la serviette sur le bras, tu descend les étages en silence. Tout se passe bien, tu ne rencontres personne sur le chemin.

Sauf que tout change au dernier moment. Le couloir est trop étroit pour que vous puissiez passer à deux et il est de l'autre côté. Lui, que tu voulais absolument éviter. Vous manquez d'ailleurs de vous rentrer dedans, tu as juste le réflexe de te figer sur place. Un instant, vos regards se croisent. Il revient de la piscine, il est trempé. Vous avez bien failli vous retrouver ensemble dans l'eau... Première confrontation en plusieurs jours. Tu te mordilles un peu la lèvre, mal à l'aise. Que faire ? Forcer le passage ? Tu pourrais le faire, sans prononcer un mot. Mais il ne faut pas le toucher, vous êtes déjà trop proches l'un de l'autre, c'est dangereux. C'est au moment où tu le vois sourire que tu changes de stratégie : tu fais demi-tour, comptant bien regagner ta chambre. Tu vas plutôt t'occuper de tu ne sais encore quoi. Sauf qu'il te prend en chasse, littéralement. Tu ne sais pas trop pourquoi tu cours. C'est instinctif. Il t'a toujours couru après quand tu choisissais de le fuir. Cela se transforme en course-poursuite à travers le chalet. Un sourire amusé étire tes lèvres tandis que tu cherches à le semer, à l'empêcher de te rattraper. Mais il est vampire depuis bien plus longtemps que toi et tu es sur son domaine, c'est donc sans surprise que tu te fais finalement attraper et plaquer au sol, sur le dos. Brute. Mais tu souris quand même, amusé, quelques-unes de tes mèches en bataille retombant sur ton front. Rapidement, ton rire vient faire écho au tien. Regardez-vous un peu... Au sol, presque nus l'un comme l'autre, lui au-dessus, te maintenant les poignets, vos visages très proches, trop proches... Danger. Et pourtant tu restes captivé par son regard. Ses yeux... Qu'est-ce que tu les aimes... Tu sais que ce n'est pas bien, mais tu voudrais qu'il cède, cette fois. Qu'il fasse le premier pas, qu'il te prouve qu'il ne t'a pas réellement remplacé par cet humain qui s'approche, tu l'entends. Tu vois au fond de ses prunelles qu'il en a envie. Tu le connais bien, peut-être trop pour certaines choses. Tu n'aurais pas de mal à le faire craquer, quelques mots, un sourire, un baiser... Dans son état, il serait capable de céder. Tu voudrais qu'il le fasse, mais tu ne bouges pas, parce que ta conscience te rappelle à l'ordre. Tu avais dit que tu ne craquerais plus. L'humain s'approche toujours plus, mais tu ne fais même pas mine de vouloir bouger. Qu'il vienne même, tu lui ferais volontiers payer l'affront qu'il t'a fait lors de son arrivée...

-Je dérange ?

Oui répondrais-tu. Lyokha te lâche. Ne l'avait-il donc pas du tout entendu arriver ? Tes poignets sont rapidement libérés et, une seconde, ton regard alterne entre les deux. Tu n'as pas envie de les voir se sauter dessus s'embrasser ou n'importe quoi d'autre. Sans prendre le temps de bien réfléchir aux conséquences de tes actes, tu attrapes l'ex-blond avant qu'il ne se relève et l'attire tout contre toi. Mieux, tu l'embrasses avec fougue. N'importe quoi, Samael... Qu'est-ce que tu fais encore, comme bêtise ? Tu ne devrais pas, c'est cruel pour eux. Mais tu n'en as rien à faire. Ils t'ont blessé, tu peux bien te permettre de leur rendre la pareille, au moins quelques instants. Puis tu relâches le seul homme que tu aies aimé et te relève. Tu coupes court à toute réplique de sa part.

-Tu rêvais de faire bien plus, ne te plains pas.

Tu ne sais pas si l'autre comprend le russe. Tu as pris cette simple mesure pour faire comprendre au vampire que ce n'est pas contre l'autre que tu es en colère, mais bel et bien contre lui. Sur ce, tu te recoiffes rapidement, glissant une main dans tes cheveux, ramasses ta serviette, et reprend le chemin de ta chambre. En passant devant Soren – parce qu'il faut bien que tu finisse par l'appeler par son prénom – tu te contentes de lui sourire. Un court instant, ton regard reprend la couleur du grenat. Il est en colère, toi aussi. S'il a l'intention de faire quoi que ce soit, qu'il se méfie. Tu n'es pas n'importe qui et chaque geste se paye. Qu'il l'intègre très vite, avant d'avoir à le regretter. Tu secoues un peu la tête, essayant de calmer un début de soif, et détales plutôt dans ta chambre dans laquelle tu t'enfermes à double tour. Il est hors de question que l'un des deux se pointe pour te demander des explications. Tu n'en as aucune à donner, de toute manière. Pourquoi l'as-tu embrassé ? Pour faire mal au blond. Parce que tu en avais envie. Parce que tu as beau te tenir, il te manque encore. Tu n'arrives pas à te détacher de lui, il est un véritable aimant... Dire que, cette fois, c'était lui qui était sur le point de céder... Tu aurais pu l'embrasser, il t'aurais suffi de lever un peu la tête et vos lèvres se seraient rencontrées. Non, tu ne l'as pas fait. Par respect pour Adelina, parce que tu as encore mal aussi. Tu n'arrives pas à lui pardonner ce coup de poignard qu'il t'a fait. Encore un... Tu devrais cesser de les comptes, puisque tu sais que cela ne s'arrêtera jamais totalement. Tu tournes en rond dans ta chambre, de longues heures durant. Tu n'appelles personne, tu ne touches pas même à ton ordinateur. Tu te contentes de tourner en rond, essayant de te trouver une autre occupation... Mais tu étouffes ici. Tu étouffes entre ces quatre murs. Tu étouffes, enfermé dans le chalet où ton ex et son actuel amant dorment ensembles, te narguant à leur manière. Il faut que tu ailles prendre l'air. Tu as besoin de sortir, et c'est ce que tu vas faire. Oui, sauf que... Si tu gagnes les couloirs, tu risques de croiser l'un ou l'autre et tu n'es absolument pas d'humeur. Comment faire ? La solution devient évidente. Le balcon. C'est haut mais la neige en bas amortira ta chute. Le plan parfait. Il reste un dernier détail à régler. Des pas résonnent dans le couloir. Une démarche que tu connais. L'une des demoiselles s'occupant du chalet. Tu vas rapidement ouvrir la porte quand tu la vois passer, tu l'interpelles alors, la faisant se retourner.

-Miss Ridley, s'il vous plaît !
-Oui ? Que se passe-t-il ?
-Si Lyokha demande... Et uniquement s'il demande, est-ce que vous pourriez l'informer que je suis sorti me promener, s'il vous plaît ?
-Bien sûr !
-Merci...


Tu la laisses s'éloigner tandis que tu refermes doucement la porte derrière toi. Tu as deux minutes pour disparaître. Tu vas rapidement enfiler un manteau, de bonnes bottes, des gants par habitude, puis tu sors sur le balcon. Personne à droit, personne à gauche... Et personne en dessous, tu espères. Tu tends tout de même l'oreille, t'assurant que les deux sont occupés ou au moins ailleurs que devant la fenêtre. S'il y a bien une chose que tu ne veux pas, c'est qu'on te suive. Lorsque tu es sûr et certain d'être seul, tu passe par-dessus la rambarde et tombe quelques mètres plus bas. Outch... Tes genoux en prennent quand même un sacré coup. Tu te laisse tomber dans la neige quelques secondes, le temps de récupérer du choc... Puis tu te relèves, tu retires la neige de tes affaires et emprunte le premier chemin que tu vois. Où comptes-tu aller ? Tu n'en as pas la moindre idée. Le plus loin possible de couple de blondinets insupportables. Quelque part où ils ne pourront atteindre ton cœur. La nuit vient juste de tomber, tu as de longues heures devant toi pour en profiter... Tu ne dis pas un mot, te laissant plutôt bercer par le bruit du vent et du crissement de la neige sous tes pieds. Le grand air, enfin. La nature, la nuit qui tombe, les étoiles qui s'éveillent... La nuit promet d'être froide mais quelle importance ? Aucune. Tu ne crains plus la morsure du froid, tu ne crains plus rien. Tu te contentes de marcher, toujours plus loin, toujours plus longtemps. À quoi penses-tu ? À Adelina. À tes enfants qui adoreraient se lancer dans une bataille de boules de neige s'ils étaient avec toi. Tu les gronderais un peu avant de prendre, toi aussi, part à la bataille. Ils te manquent tellement... Voir Lyokha dans les bras d'un autre t'a mis en face de ton actuelle solitude. Tu as tout perdu, petit à petit. Ta famille de sang. Des amis. Le seul homme que tu aimais. Ta femme. Les enfants. L'empire. Tu n'es plus rien aujourd'hui, rien qu'une ombre qui cherche à se souvenir de qui elle a été par le passé. Tu ne te sens pas bien... Pourquoi faut-il que tu finisses toujours par tout rater ? Pourquoi faut-il toujours que tu sois incapable de bien faire ? Tu ne sais pas, tu n'auras très certainement jamais la réponse.

Au final, tu te laisses simplement tomber dans la neige, face contre terre, sans même chercher à te relever. Tu es fatigué d'exister. Si c'est pour que tout s'écroule sous tes yeux, à quoi bon ? Si c'est pour t'oublier, il est encore moins question de continuer à exister. Ta scène devant l'humain te fait te sentir honteux. Ce n'est habituellement pas dans ton tempérament. Tu n'aimes pas blesser les humains, tu n'aimes pas faire du mal aux autres. Ors, là, tu l'as fait volontairement. Tu ne sais même pas pourquoi tu l'as fait. Tu ne sais plus. Tu te laisses juste engourdir par le froid, fermant les yeux. Tu ne fais pas attention à ce son étrange qui se rapproche dangereusement de toi. Tu ne prends pas même la peine de lever la tête. Pourtant tu devrais. Lorsque tu lèves enfin le regard, il est trop tard. L'avalanche est là, elle t'emporte, et ton corps disparaît dans la neige. Tu perds rapidement conscience.

~~~

Tu as mal partout. Quelque chose fait pression sur toi. Tu ne comprends pas ce qui t'arrive. Tu ne respires pas, tu n'en as pas besoin mais surtout tu en es bien incapable. Tu essayes de bouger. C'est difficile, comme si une montagne reposait sur toi. Tu te tortilles un peu, douloureusement... Et c'est là que tu comprends ce qui te gêne : tu es sous la neige. Tu ignores sous quelle quantité mais pour que ce soit aussi lourd, il doit bien y avoir quelques mètres. Comment vas-tu bien pouvoir regagner la surface ? Surtout que tu ignores complètement combien de temps tu as passé là, sous la neige. Tu déglutis difficilement. Il fait peut-être déjà jour, dans ce cas là tu n'as pas intérêt à bouger. Mais comment savoir ? En essayant, tout simplement. Alors tandis que tu essayes de te dégager un espace où bouger, tes quelques os brisés terminent de se réparer dans la bonne position. Tu as dû faire une belle chute pour être dans un état aussi lamentable... Enfin, tu t'en sors toujours. Petit à petit, tu finis par t'extirper de la neige et te retrouver dans... Une sorte de petite grotte. Hum... À tous les coups, l'avalanche t'a entraîné dans une crevasse. Quelle plaie... Un profond soupir t'échappe tandis que tu observes ta montre. L'aube n'est pas loin, chercher une sortie serait du suicide. Tu vas plutôt essayer de te trouver un endroit où tu ne risqueras pas d'être exposé aux rayons solaires. Seulement, au moment où tu allais bouger, quelque chose t'interpelle. Une voix, très atténuée par l'épaisseur de neige au-dessus de toi. Une voix qui crie. Qu'est-ce que... Tu as l'impression d'entendre ton prénom. Mais qui pourrait bien te chercher à cette heure ? Non, tu dois te faire des idées. L'ex-blond doit être bien à l'abri, dans son chalet tandis que les volets se ferment. Tu... Non, tu ne rêves pas, c'est bien sa voix. Mais non, il ne peut pas être là ! S'il est dehors alors que le soleil se lève, il risque de... Non... Tu t'agites, tu t'approches du mur de neige qui te bouche l'entrée de la sorte de grotte. Il y a une légère ouverture. Tu te mordilles la lèvre, ouvre la bouche... Et te retrouve incapable d'émettre le moindre son.  Bon sang... Tu te racles la gorge, secoues la tête puis recommences, avec plus de succès.

-Lyokha !!! Ne reste pas dehors, crétin, le soleil va se lever !

BOUM. Tu écarquilles un peu les yeux en voyant un pan de neige s'écrouler, laissant apparaître un vampire que tu connais bien. Hé bien cela... Tu es surpris de le voir là, dans la même galère que toi. Qu'est-ce qu'il peut bien fabriquer ici ? Tu n'en as pas la moindre idée mais, après lui avoir jeté un rapide coup d’œil, tu te précipites à l'endroit par lequel il est tombé. Il a fait une jolie dégringolade. Six bon mètres, à ton avis. Voilà qui va être pénible à remonter lorsqu'il faudra en sortir. Un soupir t'échappe. Tu comprends un peu mieux pourquoi tu avais mal un peu partout en reprenant conscience, entre la force de l'avalanche et la dégringolade... Quelle galère. Tu n'en rates décidément pas une. Tu essayes de replacer tant bien que mal un peu de neige au niveau du trou, en prévision des rayons solaires qui pourraient atteindre la crevasse dans la journée, puis tu te détournes, venant plutôt devant l'autre vampire. Il a de la neige partout, et tu ne te rends pas comptes que tu es dans un état dix fois pire.

-Qu'est-ce que tu faisais dehors à cette heure ? Je ne te pensais pas suicidaire.

Ce serait plutôt à toi qu'il faudrait poser la question. C'est toi qui es dehors alors que le soleil ne va pas tarder à pointer le bout de son nez. C'est toi qui a disparu en début de nuit. Mais tu ne veux pas y songer. Tu ne veux plus penser à tes actes. Tu sais que tu as mal agit, il va te le reprocher, tu vas t'énerver alors qu'il se taise. Ou, au moins, quu'il attende que vous soyez sorti de cette galère. Minute. Tu es coincé avec lui, dans un espace étroit, sans possibilité de sortir ou de te tenir trop loin de lui. Oh non... Tu déglutis un peu. Vous voilà dans une situation relativement inconfortable. Tu aurais préféré être seul pour réfléchir. Tu aurais préféré rester seul, loin de tout, afin d'essayer de te retrouver, d'analyser ton comportement, de trouver de bonnes solutions. Mais là, avec lui... Qu'est-ce que tu vas bien pouvoir faire ? Tu n'en as pas la moindre idée... Voir s'il est ou non en colère, déjà... Et essayer de maintenir une distance minimale. Sachant qu'il a plein de neige dans les cheveux, moins que toi il est vrai, tu as une folle envie d'aller y glisser ta main et de retirer chaque flocon s'étant déposé dans ses cheveux... Tu ne dis rien, tu te concentres d'essayer d'aviser sa réaction... Les prochaines heures promettent d'être longues, en espérant qu'il n'y ait pas de bêtises à déplorer par la suite...

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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Ven 24 Jan - 20:50

Tu te sens tellement mal. Mal pour lui. Mal à cause de ce qui vient de se passer. Ce baiser, Soren... Tu aurais dû lui en parler avant, tu en as pleinement conscience. Mais il est trop tard pour faire machine arrière. Tu l'as blessé et tu le sais parfaitement, il a pris la fuite, et toi tu restes seul au milieu du salon, dansant d'un pied sur l'autre. Aller le voir, ou pas. Telle est la question. Tu n'as pas envie de le blesser plus que tu ne l'as déjà fait, et pourtant, tu te sens dans l'obligation de faire quelque chose. De mettre quelques points au clair. Qu'il comprenne, que c'est fini, définitivement. Il y a mis fin il y a dix ans, et il n'a pas le droit de revenir sur sa décision. Pas maintenant que tu en aimes un autre, pas maintenant que tu tiens debout à nouveau, que tu t'es reconstruit un semblant de cœur. Il n'a pas le droit de venir et de tout bousiller, avant de repartir par la suite. Il ne peut plus t'atteindre, il en a déjà trop fait pour recommencer. Vous êtes à égalité désormais, pas vrai ? Une vie pour une vie. Tu l'as tué, mais quelque part, lui aussi l'a fait, quand il t'a demander de dégager de sa vie, violemment. Quand il t'a dit de partir, et de ne jamais revenir. De t'enfuir, sans jamais, ô grand jamais te retourner. Ton regard fixe un point dans le vague, tu te pinces un peu la lèvre, hésitant. Tu devrais peut-être laisser la pression retomber. Mais la manière dont il est passé à côté de vous, la manière dont-il t'a ignoré... Tu as senti la souffrance, malgré l'air impérial qu'il se donnait. Tu as senti l'amertume, la colère, et toi, tu te sens plus honteux que jamais. Car tu as agi comme si tu avais tout effacé d'un revers de main, toute cette nuit à vous aimer, comme si cela ne s'était jamais passé. Tu as agi en crétin, tu en as conscience... Car il y a quelques heures encore, tu lui murmurais à quel point tu l'aimais, à quel point il était le seul. Tu te rends compte un peu ? Tu as tenu des propos presque humains, presque trop sincères de ta part. Tu as agi comme si vous deux, c'était encore possible, et là... D'un simple baiser, tu as brisé toutes les illusions. Tu as effacé tes mots, tes sentiments, tu as tout bousillé. Certes, tu ne t'y attendais pas. Mais quelque part, tu aurais dû. Tu aurais dû lui dire. Tu aurais dû résister cette nuit. Vous n'auriez jamais dû faire ce que vous avez fait. Mais encore une fois, c'est trop tard pour revenir en arrière. Le mal est fait, et peu importe combien ce sera douloureux pour lui, comme pour toi, peu importe combien de temps la souffrance vous brûlera de l'intérieur, vous n'avez pas d'autre choix que de laisser cet amour s'enfuir, d'essayer de l'oublier, de l'estomper au maximum. Vous n'avez pas le droit, tu t'en souviens ? Vous n'êtes pas faits pour vous aimer. Depuis le début. Toute cette souffrance inutile... Mais tu préfères tellement souffrir, souffrir à en mourir s'il faut, si c'est le prix pour l'aimer. Tu préfères qu'il te tue, plutôt que de ne pas savoir ce qu'il devient. Alors si tu dois vivre avec cet amour interdit, loin de lui, tant pis, tu feras avec. Tu porteras ta peine comme tu le fais depuis dix ans, tu en cauchemarderas, tu continueras à sentir sa présence à côté de toi, à imaginer que c'est lui qui dort à tes côtés, et que le lendemain matin, c'est lui qui glissera une main sur ta peau, pour t'éveiller. Tu continueras à espérer que cela soit possible un jour, à le désirer, en sachant pertinemment que c'est impossible. Tu te fais tellement de mal Lyokha... Pourquoi est-ce que tu l'as amené ici, hein ? Il te rend littéralement dingue. Croiser son regard, sentir sa présence. Tu as l'impression de perdre la tête... et tu te sens si mal, de ne pas pouvoir l'approcher. En fait, tu n'aurais jamais dû l'amener ici. Ça vous aurait épargné bien des souffrances. Mais à nouveau, tu as besoin de savoir qu'il va bien. Et qu'il ira bien par la suite. Même si toi, tu dois aller de moins en moins bien. Tant pis, si c'est le prix à payer. Te rends-tu compte un peu de tes pensées ? Non. Et heureusement Lyokha, heureusement.

Tu as débarqué dans sa chambre. Tu es devant lui, lui au fond du placard. Lui qui te somme presque violemment de partir, et qui te frappe au visage. Tu serres les dents, tu retiens un grognement en tournant un peu la tête. C'est bien, il t'a frappé, il se sent mieux maintenant ? Monsieur a pu se défouler un peu, te faire comprendre physiquement à quel point il te déteste ? Tu restes effroyablement neutre, mais tu viens fermement lui attraper les poignets, qu'il se garde de recommencer. Car à ton tour, tu pourrais devenir violent. Et Rod sait à quel point tu n'en as pas envie. Encore moins avec lui. Tu fixes ton regard dans le sien, tu y lis un bien drôle de mélange. Colère. Honte. Sentiment d'être trahi. Il est temps de mettre les choses bien au clair, d'après toi. Et ta colère semble le dissuader de s'agiter plus, puisqu'il s'arrête presque immédiatement. « Tu aurais pu me prévenir ! Et au moins avoir la décence de faire ce que tu as fait ailleurs que sous mes yeux, en guise d'introduction. » Parce que tu as eu le choix ? Soren t'a littéralement sauté dessus, tu n'allais pas le repousser sous prétexte qu'il y avait quelqu'un au piano. S'il était aussi indifférent qu'il l'a longtemps prétendu, il n'aurait même pas levé les yeux pour voir ce qui se passait. Alors son argument est très moyen, voir même inacceptable. Mais tu n'as pas la force de débattre plus longtemps, non, la colère bat dans tes tempes, grogne au fond de toi. Tu peux vite virer mauvais, et tu aimerais oublier cette issue. Alors tu relâches brusquement ses poignets, te redressant de ta grande taille pour mieux te reculer. Tu reprends la parole. Et tu devrais t'abstenir. Mais tu n'es pas tellement d'humeur à édulcorer tes propos. Tu étudies son visage attentivement, tu le scrutes avec une certaine rage au creux des prunelles. Du développes, un peu plus encore. Et tu as le malheur de revenir sur ce passé peu glorieux, ce passé qu'est le tient. Il relève la tête, comme interpellé. Ah, tu l'as choqué ? Tant mieux. Tout ce que tu voulais, c'était le faire réagir. Bravo, même si tu ne le vois pas arriver, le revers de la médaille ; et ça va faire mal, très mal. Il secoue la tête, et tu sais que tes propos lui font mal. Ce n'est pas le but premier, non. Tout ce que tu veux, c'est qu'il réagisse, qu'il comprenne bon sang. Tu ne pouvais pas l'attendre. Pas après ce qui s'était passé. C'était beaucoup trop douloureux... Trop pénible de le voir dans les bras d'une autre, amoureux et heureux. Qu'est-ce que tu aurais dû faire ? Attendre patiemment ? Continuer à espérer, jusqu'à ce qu'il meurt ? Oh que non. Tu n'en aurais jamais eu la patience. Tu aurais craqué avant. Et puis, il y avait toute cette haine... Tout ça, pour te convaincre d'avancer, de passer à autre chose. Tu ne dis pas que cela a été simple, bien au contraire en réalité. « Oui, j'aurais préféré. » Ton regard est plus terrible qu'une tempête de pleine mer. Il te met hors de toi. Pourtant, tu n'as pas envie de rentrer dans son jeu, alors tu serres les dents, fort, très fort. Tu essayes de faire passer la pilule tant bien que mal, même si sur l'instant, tout ce que tu désires, c'est de lui en coller une. Et puis très vite, ta rage se dissipe, et tu redeviens complètement neutre. Autrefois, tu serais resté énervé une bonne heure, tu l'aurais chopé, et il aurait mordu sa langue. Tu l'aurais frappé, vraiment. Là, tu restes figé sur place. Non, tu ne mentais pas, quand tu as dit avoir changé... Tu as réellement changé. Tu réagis moins, et moins vite. Mais quand tu réagis, c'est en général trop tard pour demander pardon. Tu baisses les yeux, secouant la tête. Canaliser ta colère, voilà un exercice auquel tu t'adonnes régulièrement. Et te voilà complètement neutre. Sans expression, ou presque, puisqu'une drôle de lueur danse au fond de tes yeux encore. L'amertume. Et peut-être un peu de douleur aussi. Il te fait mal, que tu l'avoues ou non. Car ça, tu étais prêt à l'entendre de tout le monde, sauf de lui. Tu sais qu'il ne le pense pas – du moins tu l'espères secrètement. Il n'aurait jamais voulu cela pour toi. C'est peut-être pour cela que tu passes plus facilement par-dessus ses mots. Tu secoues à nouveau la tête, las de ces histoires. C'est fini. Tu l'aimes, l'autre, Soren. Autant que tu aimes Samael, mais ça... Tu ne peux plus le dire, tu sais ? Tu as fait un pacte, un pacte avec le diable ; tu l'as laissé partir, et en échange, tu étais condamné à être loin de lui. Tu l'as sauvé, involontairement, il aurait sûrement été malheureux avec toi, malheureux dans l'éternité. Tu essayes de t'en convaincre, même si tu as dû mal à te rentrer de tels mensonges dans la peau. Tu fais volte-face et ta main glisse sur la poignée de porte. Sa voix t'arrête, un court instant. « Tu l'aimes mais tu n'as pas une seule seconde hésité à le tromper. » C'est trop. Beaucoup trop à tolérer. La main tremble imperceptiblement, et tu tournes lentement la tête vers lui. Autrefois, tu lui aurais sauté à la gorge. Peu importe combien il avait raison. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, léger. C'est le désespoir, qui glisse dans tes prunelles. « Faut croire que je me suis trompé, en fait. T'as vraiment changé. J'en viendrais même à me demander si je ne parle pas à un inconnu. » Tu baisses le regard, et tu franchis la porte sans plus de cérémonie, prenant soin de la claquer derrière toi. Une courte halte contre la porte, tu inspires profondément. Tu as mal au cœur, oh que tu as mal. Un inconnu. C'est ce qu'il est devenu à tes yeux, en réagissant ainsi, en te parlant ainsi. Et tu souffres, tu souffres tellement. Vois en cela ce que tu as fait de lui. Ce que tu as fait de vous.

Lundi.

Quelle idée, de le poursuivre ainsi à travers le chalet... Vous allez finir par casser quelque chose. Même si c'est bien la dernière chose qui t'inquiète sur l'instant, alors que tu le plaques brusquement par terre, sur le tapis. Un large sourire amusé étire tes lèvres, et tu es presque ravi de voir que c'est réciproque. Ça te fait... étrange. Car vous n'avez pas reparlé, depuis la dispute de l'autre soir. Vous vous êtes évités, si bien que la présence de l'autre pouvait rapidement être remise en doute. Et le voilà, sous toi, à te détailler de ses grands yeux sombres. Les tiens, plus clairs que la normale, font contraste comme toujours. Tu n'as pas envie de bouger, mais alors pas du tout. Tu es même bien, là, au-dessus... Sans compter que tu gardes ses poignets prisonniers. Non, mais tu te rends compte un peu de votre posture ? C'est trait... Particulier dirons-nous. Tu es captivé par ses yeux. Et tu as envie de... Non, ce ne serait pas raisonnable. Mais tu as envie d'effleurer ses lèvres, à nouveau. D'avoir le loisir de laisser tes doigts courir sur sa peau gelée. Tu aimerais pouvoir... L'embrasser. Et faire tellement plus. Ici, là, maintenant. Tu en meurs d'envie en fait. Et cela se voit au fond de tes yeux azurs, pas vrai ? Tu en deviendrais presque transparent. Ton sourire s'éteint peu à peu, ton souffle est légèrement plus court. Tu brûles d'envie de céder. Si bien que tu n'entends pas l'humain qui arrive, ou plutôt, l'humain qui est juste à côté. Tu as l'impression que ta tête se fait un peu plus lourde, et que tu commences à avoir mal à la nuque. Et si tu baissais, juste un peu la tête, et... Non, stop. Ça, c'est une excuse bidon. Arrête ça, maintenant. Tout de suite. « Je dérange ? » Tu tournes brusquement la tête vers le nouveau venu. Oh, Soren ! Oh... Soren. Tu es un peu dans le pétrin la, non ? Un sourire légèrement confus étire tes lèvres, et tu relâches les poignets de l'empereur, te rendant progressivement compte de ton erreur. Soren serre un peu les dents, tu sens qu'il est tendu, presque énervé. Il se demande ce qui se passe, et c'est bien normal, tu aurais réagis de la même manière, si tu l'avais pris avec un autre type, à se rouler sur le tapis. Tu coudrais dire quelque chose, mais sans que tu ne puisses réagir, le brun à terre t'attrape contre lui, et t'embrasse avec une fougue que tu ne lui connaissais plus. Minute, qu'est-ce qu'il fait là ? Il est vraiment... Incorrigible. Tu sais pourquoi il fait ça. Pour te faire du mal, pour en faire à l'humain. Il se venge de l'autre jour. Et ça t'énerve, mais tu te trouves juste incapable de réagir, tu restes figé sur place. Ses lèvres... Non, alors là certainement pas. Par réflexe, tu poses ta main contre ton torse, le plaquant brusquement par terre. Assez joué. Tu le foudroies du regard, agacé. Il n'avait pas à agir ainsi. Il n'a pas le droit de te faire ça, pas le droit de jouer ainsi avec ton couple. Tu n'as jamais agi de la sorte avec Adelina. Tu te relèves bien rapidement, l'empereur en fait autant. Tu es figé sur place, et tu le suis du regard, littéralement hors de toi. Mais tu te contiens, car tu ne peux rien faire d'autre. « Tu rêvais de faire bien plus, ne te plains pas. » En temps normal, tu aurais sourit. Mais il est hors de question de laisser transparaître quoi que ce soit. Oui, certes, il a lu en toi comme dans un livre ouvert, tu aurais voulu aller plus loin... Mais est-ce que tu l'aurais vraiment fait ? Tu en doutes fortement. Tu serres les dents, te contentant de secouer la tête. Tu ne souris pas. Tu n'en as pas envie. Et le brun s'éloigne, passe devant Soren. Tu restes sur tes gardes, quelques fois qu'il tente quoique ce soit. Mais il se contente de le provoquer d'un large sourire, avant de s'échapper. Oh là Samael, tu ne sais pas dans quoi tu t'engages. Parce que toi Lyokha, tu sais ce que ça peut donner. Soren n'est pas avocat pour rien ; quand il entame une bataille, il gagne toujours. Peu importe les moyens qu'il doit utiliser. Tu sais qu'il n'est pas irréprochable, même dans sa profession, qu'il a recours à certains moyens qui laissent à désirer.

Tudor a disparu de la pièce, et tu es là, planté à quelques mètres de l'humain. Il te fixe intensément, et si ses yeux étaient des revolvers, tu serais déjà étendu à te vider de ton sang par terre. Il te déteste pas vrai ? Il faut dire qu'il est extrêmement et très facilement jaloux et possessif. Et tu comprends qu'un tel affront le mette hors de lui. Tu tentes un misérable petit sourire, et tu t'approches de lui, doucement. Tu essayes de capturer ses lèvres, mais il se détourne avant, et tu prends un vent monumental. « Vraiment Lyokha ? » Il hausse les sourcils. Il n'aime pas ton comportement, du moins, il ne l'a pas apprécié quelques minutes plus tôt. Il te fixe toujours avec ses grands yeux verts-bleus. Tu soupires, baissant le regard pour ta part. Tu te sens mal pour lui, car tu sais qu'il fait des efforts ; il n'aime pas le nouveau vampire, et le tolérer chez toi, c'est déjà beaucoup lui demander. Alors si en plus, l'autre n'en fait qu'à sa tête, et se comporte comme s'il pouvait t'avoir dans ton lit n'importe quand à n'importe quelle heure... Car avec Samael, vous partagez une chose que lui n'a pas ; l'immortalité. Et c'est peut-être cela qui l'inquiète d'un côté, aussi. « C'était quoi ça, hein ? Est-ce que tu te fous de moi ? » Tu te pinces un peu les lèvres, relevant timidement tes yeux azurs vers lui. Tu ne sais pas quoi dire, alors tu te contentes de ton silence. Il lève un peu les yeux au ciel et soupir profondément. Il est blessé, tu le sais, même s'il refusera catégoriquement de l'admettre. « Tu laisses ce type s'installer chez toi, tu l'invites pour l'aider, j'apprends que c'est ton ex et c'est déjà dur à encaisser, mais en plus, il vient me narguer comme ça en t'embrassant, parce que monsieur en a envie ? » Tu serres un peu les dents. Tu ne peux rien redire à ses propos, il dit vrai. Tu aimerais bien glisser tes mains sur ses épaules, mais il a un drôle de mouvement de recul, levant ses mains comme pour te faire comprendre que tu ne dois pas le toucher. « Calme-toi Soren... » Il fronce un peu les sourcils. Il s'énerve, et tu sais que ce n'est pas bon. « Que je me calme ? Putain, tu te fous de moi Lyo ! » Tu plisses le front, contrarié. Il faut vraiment qu'il se calme là, pour si peu... Si peu ? T'aurais arraché la tête de l'autre type, toi. Tu essayes à nouveau de le saisir, doucement, mais il se dérobe, passant derrière le comptoir pour aller poser son verre. Tu poses tes mains à plat sur la surface, cherchant à capter son regard, alors qu'il cherche quelque chose à ranger pour s'occuper. « Il faut que tu te calmes, t'entends ? » Il rejette agressivement le torchon sur le plan de travail, adoptant la même attitude que toi en posant ses mains sur le plan. Tu sens qu'il est encore énervé, tendu... Il t'en veut, bien moins qu'il en veut à Tudor, mais il t'en veut quand même. Et en fait, il revient se planter devant toi. Tu ne cilles pas, tu ne bouges pas. Tu sais qu'il cherche à te faire réagir, en mal, pour se donner une raison valable de t'en vouloir. Mais tu ne céderas pas. Il secoue un peu la tête, te fixe dans les yeux. C'est dur de soutenir son regard sans fuir. « Comment tu veux que je te fasse confiance, je pourrais pas m'absenter sans avoir peur de vous laisser tous les deux ici... » Tu hésites, mais tu lui voles un bref baiser. Il se laisse faire, il n'a pas le temps de réagir de toute façon. « Tu vois ça ? C'est tout ce qu'il veut. Il veut que tu doutes. Et on dirait qu'il y parvient plutôt bien, non ? Il joue avec tes nerfs, avec les miens... Laisse-le faire si ça l'amuse, il m'approchera plus de si près, je t'assure... » Tu es sérieux, totalement sincère. Et il baisse un peu les yeux, comme s'il n'était pas si convaincu que cela. Mais... Tu as une petite idée. Et en fait, tu viens saisir ses mains, les posant sur tes épaules. « Mais... Tu sembles oublier que tout ça... » Tes mots se sont décomposés lentement, alors que tu faisais glisser ses mains le long de ton corps. Tu t'approches un peu de lui, murmurant contre ses lèvres. « C'est à toi, et juste à toi... » Un sourire un peu charmeur se loge sur tes lèvres, et tu l'embrasses, alors qu'il emprisonne ta nuque de ses doigts. Oh quel délicieux menteur fais-tu, Lyo. Le plus rusé d'entre tous. Mais méfie-toi, car la vérité finira toujours par éclater, dans un jour, une semaine, ou quelques années. Tu l'entraînes à part, plus loin, et surtout, loin de l'autre brun. Tu dois garder tes distances. Tu dois impérativement garder tes distances, pour le bien de Soren, pour le sien, mais surtout pour le tien.

On évitera de précisée comment la soirée s'est terminée. Mais maintenant Soren dort, toi, tu es dans ton bureau, à préparer quelques dossiers, à modifier des plans, à passer des appels à la capitale, le quotidien quoi. Mais les mots de l'autre brun reviennent sans cesse à ton esprit. Tu rêvais de faire bien plus. N'importe quoi ! Bon, certes, tu dois l'avouer... Mais es-tu toujours si transparent ? Malgré toutes ces années, il parvient encore à déchiffrer ce qui peut défiler dans tes prunelles. C'est plutôt inquiétant, oui, tu dois l'avouer. Bref, concentre toi sur ce que tu es en train de faire. Mais quand ce n'est pas le nouveau vampire qui a le monopole de ses pensées, c'est l'heure. Tu vérifies régulièrement l'horloge sur l'ordinateur, alors que d'habitude, tu n'en as pour ainsi dire pas grand chose à faire du temps. Mais tu t'inquiètes. Un peu. Un peu trop même... Rah, tu sais qu'il va revenir. Il va souvent se promener, et il rentre toujours. Peut-être, mais là, le soleil se lève dans trois heures... Hé bien il a trois heures pour rebrousser chemin. Tu secoues la tête. Tu t'inquiètes beaucoup trop pour lui, laisse-le vivre un peu, laisse-le respirer. Oui mais non. Tu soupires profondément, et sors de ton bureau, remontant à l'étage au salon, là où tu sais que l'une des deux demoiselles se trouve. « Ridley ? » Elle arrive de derrière le comptoir, venant juste devant toi. « Vous m'avez appelée ? » Tu souris un peu, constatant au passage qu'elle semble plutôt fatiguée. Un instant ton regard dévie vers son cou, mais tu constates qu'il est vierge de toute trace de morsure. Non, ce n'est pas que tu ne fais pas confiance à Samael, mais... Bref. « Est-ce que tu sais où est passé Samael ? Il rentre bien avant le levé de soleil d'habitude, et j'ai peur qu'il soit pris de court par le temps, s'il est parti trop loin. » Elle hausse légèrement les épaules, confuse. Elle ne sait pas. « Je suis désolée, mais je n'en ai aucune idée, il m'a dit qu'il partait se promener, sans plus d'informations. » Tu hoches légèrement la tête. Bon sang, mais que fait-il ? Il reste trois heures Lyokha, détends-toi un peu ! Non, hors de question. Pas après les dernières nouvelles de la patrouille des neiges ; la neige est tombée en abondance ces derniers jours, et le risque d'avalanche est très élevé, si l'on s'éloigne ne serait-ce qu'un peu des sentiers. Et s'il lui était arrivé quelque chose ? « Je vois. Je vais sortir, je n'en aurais pas pour longtemps normalement. Mais va donc te reposer, tu as l'air exténuée. » Elle hoche un peu la tête, t'accorde un bref sourire avant de s'éloigner. Pour ta part, tu sais ce qu'il te reste à faire, et tu ne prends pas long avant de descendre à l'étage inférieur. Tu te fais mentalement la liste de ce que tu dois prendre, tu rentres dans la pièce où sont entreposées toutes les affaires de neige. Il s'agit de ne rien oublier, tu ne sais pas pour combien de temps tu vas en avoir, et surtout, où tu vas devoir t'aventurer. Tu le maudis mentalement, car tu n'as aucune idée dans quelle position délicate il a bien pu se fourrer. Le temps d'enfiler tes vêtements de snow, de récupérer un sac à dos, et tu y mets tout ce dont tu pourrais avoir besoin. Piolet. Corde. Matériel d’alpinisme en somme, et quelques bricoles. Et puis, tant que tu y penses, tu vides une poche de sang dans une gourde qui gardera le liquide à température. Bon sang, pour peu, on pourrait jurer que tu pars sur les pistes en bivouac. Non, tu vas juste sauver ce crétin de tu ne sais quel catastrophe ! Oh la, calme-toi Lyokha. Tu ne l'as pas encore trouvé. Et tu n'es pas au bout de tes peines, on peut le dire.

Plus de deux heures que tu marches. Peut-être même plus de deux heures et demi. Tu regardes ta montre, ce n'est plus qu'une question de minutes avant que le soleil ne se lève. Et toujours pas trace de lui. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Tu en as marre, tu es... Inquiet. Tu es sur la piste où une avalanche s'est déclenchée depuis quelques instants déjà, d'après la radio de la patrouille de neige, et ça doit faire une bonne dizaine de crevasses et autres grottes que tu vérifies. Autant dire que ta patience a des limites, et que tu commences sérieusement à en avoir ras-le-bol. Mais tu continues à chercher, malgré tout. Parce que c'est lui. Peut-être que tu fais fausse route, mais tu n'as pas tellement envie qu'il finisse ses jours au fond d'un trou, à cause du manque de nourriture. Mais tu sais que tu vas devoir faire demi-tour bientôt... Alors tu cries son prénom. Par l'opération de tu ne sais quelle divinité, peut-être que monsieur va réagir. « Lyokha !!! Ne reste pas dehors, crétin, le soleil va se lever ! » Tu ne rêves pas, c'est bien ton prénom que tu viens d'entendre ? Surpris, tu écarquilles un peu les yeux, faisant précautionneusement un pas en avant. Tu fais doucement, mais ça n'empêche pas la neige de se décrocher, et tu commences à tomber dans une espèce de crevasse. Tu n'as même pas le temps d'attraper le piolet accroché à ton sac, tu dégringoles sur de nombreux mètres avant de t'écraser lamentablement par terre. Bon sang que tu as mal ! Heureusement, un peu de neige a amorti ta chute. C'est toujours mieux que de la glace. Tu serres les dents, glissant le bout de tes doigts sous ton bonnet, sur ton front, constatant qu'un peu de sang commence à imprégner le tissu. Super. Tu rumines quelque chose, mais apparemment, tu n'as rien de casser. Tes fringues de snow ont dû contribuer à l'amortissement de la chute, et tant mieux. Tu n'en as pas moins mal aux articulations toutefois, surtout tes genoux. Relevant la tête, tu tapes un peu sur la lampe attachée à ta veste, ayant pour effet de la rallumer immédiatement. Et c'est alors que tu le vois, planté devant toi. Du sang. Des vêtements déchirés. Bon sang, il est dans un bien drôle d'état. Ton sang ne fait qu'un tour. Tu écarquilles un peu les yeux. Mais tu es plutôt énervé pour le coup. Énervé parce que tu ne le retrouves que maintenant, que le soleil va se lever dans quelques instants. « Qu'est-ce que tu faisais dehors à cette heure ? Je ne te pensais pas suicidaire. » Et il ose en plus ? Tu essayes de te contenir. C'est lui te demande cela ? Ça ne se voit pas ? Il cherche à te mettre hors de toi ou bien ? Parce qu'il est pile sur la bonne voie là. « QUOI ? Tu te fous de moi là ? Espèce de... » Tu te retiens de lui en coller une. Et en fait, ta réaction est toute autre. Tu le saisis fermement contre toi, l'étreignant presque trop fort. Il t'a fait tellement peur. « … Crétin. » Lâche-tu finalement, fermant les yeux un instant. Il a vraiment le don pour te rendre dingue, mais alors, vraiment.

Tu le gardes contre toi un instant. Tu ne devrais pas. Tu ne devrais plus, et il n'en a certainement pas envie. Mais sur le coup, c'est ta seule manière de laisser la colère s'échapper sans frapper quelque chose – ou en l'occurrence, quelqu'un. « Tu m'as... Vraiment fait peur. » Tu ne pensais pas dire quelque chose comme cela. Tu ne pensais pas lui laisser comprendre qu'il t'a inquiété, le laisser comprendre que tu tiens encore beaucoup trop à lui... Mais ça t'a échappé, et inutile de revenir là-dessus. Enfin, on dirait que tu te rends à peine compte de votre position actuelle, puisque tu le repousses un peu maladroitement, gardant un minimum de distance. Tu rouvres les yeux, soupirant profondément. Et tu regardes un peu autour de vous. Une grande crevasse. À six-sept mètres de profondeur. Merveilleux. Heureusement que tu as pris ton sac avec toi. D'ailleurs... Tu glisses une main dans ton dos, sur une poche latérale, et tu y récupères une lampe torche que tu donnes à ton cadet. « Tiens. » Fais-tu simplement. Tu le détailles un court instant, constatant une fois de plus qu'il a vraiment pris cher dans sa descente... En fait, tu te moquerais bien de lui, mais alors que tu détailles ses traits, un simple sourire taquin fait son apparition sur tes lèvres. Il a très bien compris le message d'après toi. Tu secoues un peu la tête, et tu entames une exploration. Il y a une espèce de grotte qui s'est formée là, dans la parois de la crevasse. Inutile de te demander comment, tu n'en sais rien, tu es un tueur, pas un géologue. Ta main glisse distraitement sur le mur de glace, suit la courbe gelée. Tu ne sais pas jusqu'où cette grotte va, et tu n'as pas tellement envie de glisser dans un trou – à nouveau – alors tu attrapes un bâton lumineux que tu plies un peu en deux, la lumière verte fluo qu'il émet vous fixera tout de suite s'il y a un trou ou quoi, alors tu le lances un peu plus loin. Il ricoche contre un mur, et tombe par terre. Finalement, c'est pas si grand que ce que tu pensais. Tu hoches un peu les épaules, et tu t'avances un peu dans la grotte, te baissant pour éviter de te cogner la tête. C'est plutôt... étroit. Et tu n'aimes pas tellement te retrouver dans un espace étroit avec lui. Rien qu'à se souvenir de comment ça pouvait se passer dans le placard... AHEM, quoi ? Non, rien, en effet.

Tu t'actives. Parce que plus tu bouges, moins tu as de chances de le regarder bêtement, à vouloir lui sauter dessus. Plus tu t'actives, moins tu risques de croiser son regard. Tu entreprends donc de laisser quelques bâtons lumineux aux extrémités de la grotte, histoire de délimiter grossièrement le périmètre. Tu as posé ton sac dans un coin, en as sorti une grande couverture que tu lui as littéralement jeté dans les bras. S'il a froid, sait-on jamais, tu as vu l'état de ses vêtements, alors... Tu attrapes une lampe que tu poses par terre, elle éclaire plutôt bien puisqu'elle est relativement puissante. Voilà. C'est un... bivouac de fortune. Pourtant tu ne t'assois pas, non, tu restes debout, les bras croisés. Et en fait, tu attrapes la gourde dans ton sac, la lui jetant. « Tiens, ça aussi, c'est pour toi. » Et qu'il économise, il n'en aura qu'une. Tu refermes rapidement le sac, le rejetant sur le côté. C'est bien, à tout faire trop vite, tu n'as plus rien à faire maintenant. Rien à part... Le regarder, et attendre. Attendre quoi ? Que la journée passe ? Vraiment ? Non, tu ne vas pas tenir huit heures ainsi, les bras croisés, à le regarder s'enrouler dans sa couverture et siroter un peu de sang de temps à autres. Tu soupires et tu finis par te laisser glisser contre le mur de glace, t'asseyant par terre, juste à côté de la lampe. Tu lèves ton regard vers lui, un curieux sourire étire tes lèvres. La situation est loin d'être amusante, mais il faut croire que tu essayes de trouver du bon, même dans le mauvais. D'un léger mouvement de tête, tu l'incites à venir s'asseoir, et en quelques secondes, il est là, juste à côté de toi. Trop proche pour résister, et pourtant, tu tiens plutôt bien. Tu croises les bras contre ton torse, tournant légèrement la tête pour le regarder. « T'arrêteras jamais de me faire courir dans tous les sens, pas vrai... » Ce léger sourire est toujours présent, et quelque part, ta réplique est emprunt d'une certaine mélancolie. En souvenir d'un passé déjà trop lointain.

Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, et finalement, tu regardes droit devant toi. Tu n'as pas envie de croiser ses deux yeux plus longtemps, c'est trop... Dur. Tu baisses un peu le regard, fixant un point par terre. Tu n'es pas très à l'aise, et ça peut se voir ; la preuve tu te pinces légèrement la lèvre. Tu ne sais pas si c'est une bonne idée de lancer la conversation, de partir sur un tel sujet... Mais tu t'en sens obligé quelque part. Pour crever l'abcès, pour essayer de passer à autre chose.... « Je suis sincèrement désolé pour vendredi soir. J'aurais dû te prévenir, et je ne voulais pas que tu aies à subir ça, je m'en suis voulu, vraiment. Alors si tu veux bien accepter mes excuses... » Tu lèves timidement les yeux vers lui un instant. C'est vrai, tu t'es senti honteux. Honteux d'avoir embrassé ton homme comme ça, devant lui, sans aucune pudeur. Honteux d'être venu lui crier dessus après, même si tu avais des raisons, et des raisons solides et valables de le faire. Tu as été pris de court, et après, tu es venu discuter avec le jeune Tudor, peut-être trop brutalement. Tu ne mesures plus vraiment la portée de tes mots, parfois. « Et sache au moins que... J'ai... Jamais cherché à te remplacer. J'ai jamais voulu que quelqu'un prenne ta place. » Il y a quelque chose de malheureux pour faire légèrement trembler ta voix. Oui, tu es triste d'avoir à lui dire de telles choses. Mais quelque part ça te soulage. Parce que c'est plus que vrai. Tu n'as jamais voulu le remplacer. Soren ne le remplace pas. Soren, il est à côté ; il a la moitié de ton cœur. Deux hommes pour un cœur, c'est déjà beaucoup trop... Mais tu n'as pas pu trouver d'autre arrangement. Tu veux que Samael comprenne ; non, tu n'as jamais voulu donner sa place à un autre. Et pourtant... Tu te rends compte que tu fais l'apologie de ton comportement depuis quelques minutes, alors que c'est lui qui s'est montré particulièrement exécrable ? Les mots affreux qu'il t'a balancé à la face pendant votre dispute, t'embrasser devant Soren... Il a vraiment fait le petit con, et c'est limite toi qui te mets à genoux pour lui demander pardon. Non mais vraiment Lyo, de pire en pire...

Tu rumines presque silencieusement quelque chose en russe, et tu regardes ailleurs à nouveau. Parce que le silence retombe rapidement, et que c'est synonyme de gène chez toi, quand tu es avec le jeune Tudor. Tu ne sais plus comment agir, quoi dire... Tu fais un mouvement un peu trop brusque, et tapant du pied dans la lampe, celle-ci s'éteint. Oh. Zut. Les bâtons lumineux n'éclairent pas suffisamment, ils ne sont que points fluos pour délimiter la zone... Alors tu tâtes le sol un peu à l'aveuglette, pour essayer d'attraper la lampe. La voilà. Tu glisses tes doigts sur l'objet pour trouver l’interrupteur. Tu essayes d'allumer, d'éteindre, rien à faire, ça ne marche plus. Un profond soupir, et tu retrouves ta position initiale ; assis et adossé au mur. Merveilleux. Au moins, tu ne peux pas le voir, n'est-ce pas une bonne nouvelle ? Il faut voir le bon côté des choses, comme tu disais plus tôt. Tu reposes la lampe. Elle a juste bugué, elle va bien finir par se rallumer. Et en attendant, vous êtes dans le noir le plus total. Le silence. Super ambiance, yeaaah. Tu tournes un peu la tête vers lui, même si tu ne peux pas distinguer son visage du reste. Alors instinctivement, tu glisses le bout de tes doigts sur son visage. Oui, c'est étrange. Mais au moins, tu es sûr qu'il est là. Oui oui, il est bien là, tu peux le relâcher. Pourtant ta main glisse jusqu'à une des épaules du brun, tu te penches un peu en fait... Non, tu ne devrais pas. Vraiment pas. Pourtant, tu te rapproches toujours un peu, si bien que tes lèvres viennent frôler les siennes un instant. Tu ne peux pas craquer, tu ne peux plus... Plus maintenant. Et pourtant... Tu t'autorises une dernière erreur – dernière, vraiment ? - en venant l'embrasser. Il est un peu figé au début, mais il te répond, presque timidement d'abord... Et tu t'étonnes toi-même, d'être aussi doux, aussi passionné... Cette passion ne t'a jamais quitté de toute façon, quand il s'agissait de lui. C'est purement automatique. Tu fermes les yeux, restant parfaitement concentré sur ses lèvres, tu sais que tu n'as pas le droit... Mais c'est si bon d'un côté, de braver l'interdit, pour lui plus particulièrement. Tu restes un instant là, à échanger ce langoureux baiser avec le seul homme qui, au final, est capable de te faire ressentir tout cela... Et tu finis par te reculer, parce que ce n'est pas bien, parce que tu ne dois pas. Tu le relâches, tu te décales un peu même. Vous ne devez pas aller plus loin... Tu restes un instant à frôler ses lèvres, encore, mais la lumière se rallume, et tu ouvres un peu les yeux. Avant de finalement te reculer, secouant la tête. « Pardon, je, j'aurais pas dû, je suis, désolé... » Tu soupires profondément, glissant tes mains contre ta tête. « Je fais n'importe quoi... » Tu baisses les yeux. Oui Lyokha, tu fais n'importe quoi. Et tu veux savoir ? Ce sera pire. De jour en jour. De nuit en nuit. De semaine en semaine, puis d'année en année. De siècle en siècle. Parce que peu importe combien tu voudras l'oublier, tu le désireras toujours autant. Peu importe combien tu voudras passer à autre chose. Il est, et sera à jamais, le seul homme que tu es capable de vraiment aimer.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Kenrick G. Haynes
♆ Je m’enivre de ce poison, à en perdre la raison...
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mar 28 Jan - 16:48

Qu'est-ce qui te prend, Samael ? Pourquoi te comportes-tu d'une manière aussi horrible avec lui ? Tu ne saurais dire. Tu es énervé, blessé, en colère contre lui, contre l'humain, contre tout le monde. Mais ce n'est pas une raison pour agir comme tu le fais. Ce n'est pas une raison pour agir sans la moindre délicatesse. Ce n'est pas dans tes habitudes, ce n'est pas toi. Tu n'aimes pas blesser volontairement, sauf quand c'était Leo qui dominait. Hors c'est ce que tu viens de faire, consciemment, volontairement. Certes, c'est un pur mensonge que tu as sorti. Tu n'as jamais voulu le voir faire les trottoirs, tu n'as jamais voulu qu'il replonge. Tu n'as jamais voulu qu'il retombe dans ce qu'il t'avait raconté. Tu as toujours voulu le mieux pour lui. Tu voulais qu'il t'oublie, qu'il refasse sa vie de son côté, que vous n'ayez plus jamais l'occasion de vous croiser, de faiblir. Tu voulais qu'il trouve quelqu'un d'autre, quelqu'un qui puisse le rendre plus heureux que tu n'aurais jamais pu le faire. Il a réussi, il s'est trouvé un autre homme, il s'est construit une nouvelle vie. Mais par tous tes ancêtres, qu'est-ce que c'est douloureux de le constater. Tu ne pensais pas souffrir autant en le voyant en embrasser un autre. Tu ne pensais pas que, après tant d'années, ton cœur en serait à ce point brisé. Après cette fameuse nuit que vous avez passée ensemble, quelques jours plus tôt, c'est un coup bien trop dur à supporter pour toi. Tu lui en veux. Tu t'en veux. Tu as honte de ton comportement, honte d'avoir continué à croire au fait qu'il pourrait, un jour, y avoir à nouveau quelque chose entre vous. Quelque chose de sincère. Tu n'aurais pas dû mais tu es trop en colère pour retourner la colère contre toi pour l'instant. Tu voulais juste qu'il te laisse le temps de digérer l'information, qu'il te laisse le temps de l'intégrer, peut-être pas de l'accepter mais au moins le tolérer. Il ne t'en a pas laissé le temps et c'est certainement la raison de ton agressivité. Après quelques dernières paroles assassines, il finit enfin par réagir. Un inconnu. Est-ce donc ce que tu es devenu à ses yeux ? Cela ne t'étonne guère, toi-même tu ne te reconnais plus. Tu ne sais plus qu'en dire, qu'en penser. Tu baisses les yeux, préférant lui laisser le dernier mot. Tu ne veux pas te prendre plus la tête que vous ne le faites sur l'instant. Tu veux juste être seul, est-ce réellement trop difficile à comprendre ? Non, puisqu'il finit par s'en aller. Tu as mal au cœur, tu te sens affreusement mal. Tu ne te reconnais plus. Tu ne sais plus comment réagir. Mais il y a une chose que tu fais bien vite : tu vas fermer la porte de ta chambre à double tour. Tu ne veux plus voir personne, pas même toi. Tu retournes donc bien à l'abri, au fond de ton placard, comme quand tu étais enfant...

Fin de la nuit de lundi à mardi

Il faudrait peut-être t'éveiller, Samael. Mine de rien, tu es coincé sous plusieurs mètres de neige, dans un bien sale état. Tu as plusieurs fractures que ton corps de vampire essaye de réparer, difficilement vu la position inconfortable dans laquelle tu es. Sauf que tu es bien, dans l'inconscience. Plus de questions, plus de problèmes, plus de douleur au cœur. Plus de culpabilité par rapport à Lyokha, à Adelina, aux enfants. Tu ne penses pas à tout ce que tu trahis ainsi, à agir d'une manière qui ne te ressemble pas. Tu as embrassé l'ex-blond devant l'humain. Volontairement. Dans le seul but de provoquer le cadet. Comme vendredi soir, ce n'est pas le genre de réaction que tu devrais avoir. Cela ne te ressemble pas. C'est comme si... Tu étais en train de laisser ton humanité s'envoler pour juste laisser le vampire se mêler aux restes du loup afin de donner quelque chose de dangereux, d'incontrôlable. Quelqu'un incapable de maîtriser ses émotions, agissant sous le coup de l'impulsion, sans chercher à se soucis du fait qu'il puisse blesser quelqu'un d'autre. Tu ne veux pas devenir ce genre de personne. Ce n'est pas toi, ce n'est pas cohérent avec ton cœur humain, avec ce cœur que tu as toujours essayé de préserver. Ce n'est cohérent avec rien. Tu ne veux pas de ce changement. Tu ne veux pas oublier qui tu es, tu ne veux pas oublier qui tu as été. Tu préférerais disparaître plutôt que changer.

En attendant, tu n'es plus humain. Tu es vampire, au contraire. Et comme tu es plus résistant, tu finis par reprendre contact avec la réalité. Tu as à peine conscience de ton état, de la situation dangereuse dans laquelle tu es. Le soleil va bientôt se lever et tu es coincé sous un gros tas de neige, à la merci de ses rayons mortels. Pourtant, tu ne paniques pas. Tu n'arrives pas à t'inquiéter. Plus paisible que tu ne l'as été ces derniers jours, tu bouges méthodiquement, cherchant à t'extirper du piège de neige et de roche. Petit à petit, tu avances. Combien de temps cela te prend-t-il de sortir ? Quelques minutes, quelques heures ? Tu n'en as pas la moindre idée, tes pensées sont embrouillées et ta notion du temps très mauvaise sur l'instant. Tu ignores quelle heure il est, combien de temps tu as passé à te refroidir sous la neige. Un coup d’œil à ta montre t'apprend que cela fait déjà bien des heures que tu as disparu de la circulation. Oh... Habituellement, quand tu sors, tu rentres bien plus tôt. Tu n'as jamais pris le risque de trop t'éloigner, tu sais que ce n'est pas encore le moment de mourir brûlé, tu as encore quelques choses à faire. Tranquillement, tu fais le point. Tu as l'air d'être au fond d'une crevasse, dans une grotte. Tu ignores la taille de celle-ci, tu n'y vois strictement rien. Un soupir manque de t'échapper. Il va falloir que tu trouves un moyen de sortir de là. Appeler à l'aide ? Hors de question, tu te débrouilleras tout seul. Et puis, de toute manière, avec la couche de neige au-dessus de ta tête, tu ne capteras rien. Mais alors que tu t'apprêtes à te trouver un coin où attendre le prochain coucher de soleil, quelque chose t'interpelle. Une voix. Sa voix. Non, tu rêves, il ne peut pas... Il ne devrait pas être dehors à cette heure, il risque d'être encore à découvert lorsque les premiers rayons de soleil éclaireront la montagne. Il faut qu'il s'en aille, tout de suite ! Tu ouvres la bouche, essayant de lui crier quelque chose, de s'en aller... Mais tu n'y parviens pas. Ta voix semble éteinte et tu détestes cela. Tu te racles la gorge puis recommence, avec plus de succès. Ta voix est rauque, un peu faible, mais tu as plus de chances de te faire entendre.

C'est là que BOUM, il tombe du ciel, venant s'écraser lamentablement dans la neige, dans ton trou. Tu grimaces, ayant mal pour lui. Le pauvre, une telle chute... Oui tiens, d'ailleurs, de combien de mètres ? Tu t'approches du trou, curieux de voir dans quelle galère vous vous retrouvez encore. Vous êtes bien au fond d'une crevasse, à six bons mètres de profondeur. Un soupir t'échappe. Génial... Tu ne pouvais rêver mieux, tu es coincé avec lui, dans un lieu relativement exigu, et pour toute une journée. Le temps va paraître bien long en sa compagnie... Tu secoues la tête et t'occupe plutôt de la première priorité : reboucher un peu le trou, histoire d'empêcher les rayons solaires de vous atteindre à un moment ou un autre. Puis tu te tournes vers lui, calmé. Il est dans un de ces états... Tu ne te rends pas compte de celui dans lequel tu es : tes vêtements sont déchirés, il y a de la neige partout, de la neige rouge de ton propre sang. Mais tu n'y fais même pas attention, plus occupé à plisser les yeux sous la lumière un peu trop forte de sa lampe. Mais pourquoi fait-il cette tête en te regardant ? Tu n'en as pas la moindre idée, tu ne te vois pas, tu ne parviens pas à te rendre compte de l'état pitoyable dans lequel l'avalanche t'a laissé. On pourrait presque penser que tu as perdu quelques neurones lorsque tu lui poses une question qu'il serait tout à fait en droit de te retourner. Que fait-il depuis à cette heure ? Il ne devait pas te chercher, pas après le coup que tu lui as fait plus tôt, dans la journée... Mais pour l'instant, tout ce que tu veux, c'est glisser une main dans ses cheveux et retirer tous les flocons qui s'y sont installés... Mauvaise idée, il faut te concentrer sur autre chose. Garder une distance minimale entre vous. Mais c'est lui qui s'énerve, pas toi. C'est lui que tu as mis en colère, c'est lui que... Te serre contre lui ? Tu écarquilles les yeux, te figeant quelque peu, incrédule. Que lui arrive-t-il ? Se serait-il... Inquiété ? Non, quand même pas... Un peu hésitant, tes mains viennent quand même doucement glisser dans son dos, le maintenant bien fort contre toi. Tant pis s'il te fait mal, cela n'a pas d'importance, puisqu'il est là... Wow, calme Samael. Tu fermes alors simplement les yeux, profitant de sa présence, de son corps contre le tien... Tu... Lui as fait peur ? Tu te mordilles la lèvre, mal à l'aise. Ce n'était pas le but, tu pensais être de retour avant qu'il ne se soit rendu compte de ton absence. Même si, en vérité, tu es un peu étonné qu'il se soit rendu compte du fait que tu sois parti. Il était tellement occupé ailleurs... Ahem. Tu secoues un peu la tête, soufflant quelques mots à son oreille.

-Pardonne-moi, je ne pensais pas rester si longtemps dehors mais... L'avalanche m'a surpris en chemin, je viens juste de me réveiller...

C'est la vérité. Tu serais resté de longues heures allongé dans la neige, le temps de geler sur place, de te rafraîchir les idées, puis tu serais rentré comme si de rien n'était. Tu aurais royalement ignoré l'heureux couple et tu aurais tout simplement regagné ta chambre pour t'y enfermer, à nouveau. Tu n'en as pas eu l'occasion. Enfin, il faudrait peut-être que tu le relâches... Oui, peut-être... Sauf que c'est lui qui prend l'initiative. C'est lui qui te repousse, doucement. Tu ne cherches pas à la garder au creux de tes bras, tu le laisses s'écarter. C'est mieux pour vous. Tu rouvres alors les yeux, observant un peu l'espèce de petite grotte. Tout plutôt que lui. Sauf qu'il t'arrache aussitôt à tes pensées en te lançant un objet que tu attrapes par réflexe. Une lampe torche. Génial, au moins un peu de lumière. Mais ce n'est que lui que tu regardes. Ce sourire qui fait son apparition sur ses lèvres. Tu arques un sourcil, intrigué, puis tu prends enfin la peine de t'observer un peu. Heu... Tu ne peux retenir un léger rire nerveux tandis que tu t'appliques à retirer toute la neige de tes vêtements, de tes cheveux aussi. Elle est rouge, il y a eu du dégâts. Mais pourtant tu n'as pas mal, tu n'as plus mal. Un soupir t'échappe, à la fois désespéré et amusé.

-Je suis prêt à parier que j'ai une très mauvaise mine. Enfin, au moins, personne ne s'attendra à voir l'ex-empereur dans un état pareil.

Tu conclus en haussant les épaules avant d'aller t'installer contre une paroi, sans chercher à aller très loin. Tu préfères l'observer tandis qu'il s'agite afin de déterminer l'espace à votre disposition. C'est un peu plus grand que ce que tu pensais pas assez exigu quand même. Enfin, vous avez largement la place de bouger, il devrait s'y sentir un peu plus à l'aise que dans un de tes placards. Une chance que vous ne soyez pas claustrophobes, ni l'un ni l'autre. Toi tu en as fait une petite crise mais elle est passée. Tu as toujours aimé t'enfermer dans un placard, cela n'a jamais changé. Tu secoues la tête, l'observant placer des bâtons verts à chaque coin de votre espace réduit. Vous ignorer va être très difficile... Enfin, vous avez quand même la place de bouger dans vous toucher alors cela devrait bien se passer. Tu espères. Il ne faut pas craquer, même s'il est si proche de toi, même si vous êtes seuls, même si personne ne saura jamais ce qu'il se sera passé dans cette crevasse... Non, ce n'est pas bien. Tout est fini depuis déjà dix longues années, il ne faut pas en demander davantage. C'est même hors de question. Tu t’emmitoufles dans la couverture qu'il t'a littéralement jeté dans les bras. Au moins, tu vas pouvoir avoir l'impression de te réchauffer, un peu. Tu le laisses continuer à s'activer, attrapant au passage la gourde qu'il te lance. Oh... À l'odeur, c'est du sang à la bonne température... Aussitôt, tu as horriblement soif. Tu viderais volontiers la gourde en quelques gorgées mais tu te raisonnes avant de faire n'importe quoi. D'un hochement de tête, tu le remercies avant d'avaler une seule gorgée. Juste un peu. Il faut économiser, surtout s'il n'y a que cela pour vous deux. Bien, vous n'avez plus qu'à attendre le retour de la nuit pour sortir d'ici. Des heures à vous regarder droit dans les yeux... Danger. Mais vous n'avez visiblement pas le choix. Il te faudra supporter cette situation et essayer de songer à autre chose. Mais c'est bien difficile, étant donné qu'il te fait finalement signe de le rejoindre. Tu te mordilles la lèvre, hésites une seconde... Puis te lèves et je rejoins, t'installant à ses côtés. Proches, trop proches, ce n'est pas bien, tu aurais dû rester à ta place. Et pourtant tu es bel et bien là, à ses côtés, ton regard aussi sombre qu'autrefois. Tu secoues la tête à sa dernière réplique. Tu n'arrêteras jamais de le faire courir dans tous les sens ? Un sourire emprunt de nostalgie étire doucement tes lèvres tandis que tu glisses une main dans tes cheveux, légèrement mal à l'aise.

-Aux dernières nouvelles, c'est toujours toi qui m'a couru après. C'est toi qui n'a pas tellement changé. Tu n'aurais pas dû venir, je me suis toujours débrouillé par mes propres moyens, tu le sais bien...

Non, il n'aurait pas dû venir. Il s'est mis en danger et, à présent, il se retrouve piégé au même endroit que toi. Tu ne voulais pas que cela arrive, tu t'en veux de le voir dans cette même situation désespérée que la tienne. Enfin, tu ne changeras pas le passé. Ce qui est fait est fait et, quelque part, tu es heureux qu'il soit là. Vos moments d'intimité sont rares depuis que tu as mis les pieds dans son chalet, vous vous fuyez littéralement, et ces derniers jours tu étais même trop en colère pour vouloir ne serais-ce que lui adresser la parole. Ici, au moins, tu te sens au calme. Tu as l'impression de pouvoir enfin être toi-même, ce qui te donne l'impression de ne pas l'avoir été depuis des siècles. Sauf que, à ta grande surprise, il se lance de lui-même sur un sujet très sensible pour toi : ce qu'il s'est passé vendredi soir. Tu as du mal à affronter son regard, tu baisses donc le tien. Qu'il te demande pardon est déjà un pas de franchis mais... Le problème ne vient pas que de lui, mais principalement de toi. Tu sais que tu as horriblement mal réagit et tu t'en veux sincèrement. Tu lui as fait du mal alors que tu ne voulais pas. Tu secoues un peu la tête, regardant ailleurs. Tu n'arrives pas à le regarder, tu as trop honte de ton propre comportement...

-Tu es... Certainement l'un des mieux placés pour savoir que s'attaquer à mon cœur est quelque chose qui passe très mal. J'ai trop souffert à ce niveau là pour le supporter encore. Mais tu n'avais pas à me demander pardon, c'est plutôt à moi de le faire. Je suis conscient du fait d'avoir très mal réagit, de m'être emporté. Je voulais que tu me laisses simplement le temps de digérer la nouvelle mais tu es tout de suite venu... J'aurais dû faire preuve de retenue, j'aurais dû mesurer mes mots, être plus doux avec toi. Je te demande sincèrement pardon... Pour ma réaction, pour ces mots que je ne pensais pas du tout...

Au moins, c'est dit. Un Tudor ne demande jamais pardon, sauf s'il se sait en grande faute. Et là, tu sais que c'est le cas. Tes excuses sont rares mais généralement sincères lorsque l'on sort du cadre politique. Tu t'en veux profondément pour tes réactions. Cela ne te ressemblait absolument pas. Et pourtant, tu as agit comme le dernier des imbéciles avec lui. Tu as tellement honte... Tu voudrais revenir dans le passé, réagir moins brusquement, faire de ton mieux pour les ignorer, peu importe combien cela faisait mal. Tu lui devais bien un effort. Tu ne l'as pas fait. Tu vas essayer de te rattraper alors, au moins un peu. Et garder tes distances, au moins un minimum. Sauf qu'il vient te surprendre à nouveau. Ses paroles reportent toute ton attention sur lui. Il n'a jamais cherché à te remplacer ? Mais... Alors, que fait l'autre dans sa vie ? Question stupide. Sans doute un peu la même chose qu'Adelina et toi. Sauf que, elle, tu avais déjà des sentiments pour elle à la base. Tu lui as sauvé la vie, tu l'as pris sous ton aile, tu as appris à l'apprécier, tu as mis du temps à comprendre que, en fait, tu l'aimais. Mais tu l'as compris trop tard, Lyokha avait déjà fait sa place dans ton cœur. Il en occupait une partie bien trop grande pour que tu puisses aimer la brune autant que tu aurais pu, autant que tu aurais dû. Tu as toujours eu énormément de mal avec tes sentiments et, pour elle, tu l'as compris trop tard. Elle n'est jamais venue remplacer l'ex-blond. Tu l'aimes pour ce qu'elle est, une femme douce et forte, avec un caractère bien trempé et quelqu'un sur qui tu sais que tu pourras toujours compter. Mais jamais elle n'aura la même place dans ton cœur que celle que tu as offerte au vampire. Jamais. Un discret soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis que tu regardes ailleurs, à nouveau.

-Moi non plus... souffles-tu.

Un humain n'aurait pas pu t'entendre tellement ta voix s'est faite discrète. Seulement, lui, il a dû t'entendre. Non, tu ne l'as jamais remplacé et tu n'en as jamais eu l'intention. Tu as juste essayé de vivre avec ta peine, mettre vos souvenirs de côté pour être celui qu'on attendait de toi. Tu as fait tout ton possible pour être un bon père, un bon mari, un bon empereur. Mais il a toujours été là, quelque part, dans ton cœur. Toujours. Deux personnes pour un seul cœur, c'est beaucoup. Beaucoup trop diraient certains. Mais tu n'as pas eu le choix, tout simplement. Comme tu le pensais si bien quelques instants plus tôt, il n'y a pas de retour en arrière possible. Doucement, le silence s'installe, gêné, tendu, mais reposant en même temps. Tu n'as pas besoin de parler, le silence est bien plus doux à tes oreilles. Surtout si c'est pour que vous fassiez votre Mea culpa chacun votre tour. Soudain, la lumière s'éteint. Tu hausses un sourcil, surpris. Hé bien, il a l'air bien maladroit sur le moment. Enfin, tu ne fais pas le moindre commentaire. Tu restes plutôt dans ta position, confortablement installé dans la couverture. Le silence perdure, tu fermes les yeux, pour peu tu t'endormirais presque. Presque. Il est là donc tu ne peux pas te le permettre, tu sais que tu n'y parviendras pas. Mais tu préfères ce silence, même gêné. Il manque juste quelques bougies pour réchauffer l'ambiance. Samael, tu sors.

Soudain, tu sens ses doigts glisser sur ton visage. Tu retiens un sursaut, rouvrant aussitôt les yeux. Quoi ? Que fait-il ? Qu'est-ce qui lui passe par la tête ? Surpris, tu ne bouges pas le moins du monde. Tu sens sa main glisser jusque sur une de tes épaules, tu le sens se rapprocher. Non, il n'a pas le droit de craquer à son tour, il ne peut pas... Tu restes complètement figé. Tu ne veux pas qu'il craque, ce n'est pas bien, et pourtant tu en brûles d'envie... Son souffle sur tes lèvres est une délicieuse tentation à laquelle tu n'as pas l'habitude de résister... Pourtant il le faut. Vous êtes casés, l'un comme l'autre. Vous ne pouvez plus vous permettre le moindre écart de comportement, tu ne veux pas le lui permettre, il t'a fait trop de mal ces derniers jours. Quand ses lèvres viennent enfin à la rencontre des tiennes, tu ne peux t'empêcher de te figer. Non, il ne faut pas, il doit... Reculer... En fait, tu ne parviens pas à lui résister. Pas maintenant que ses lèvres sont collées aux tiennes. Alors, une nouvelle fois, tu fais une erreur, répondant d'abord timidement à son baiser... Puis finalement, tu fermes les yeux. Au diable tout le reste. Personne n'en saura rien. Enfin, sauf vous deux mais... Vous serez encore plus mal à l'aise après, vous vous sentirez encore plus coupables. Et pourtant tu fermes les yeux, une main glissant dans ses cheveux, l'autre sur sa nuque, l'attirant contre toi. Il est le seul homme à avoir autant d'effet sur toi, le seul auquel tu puisses offrir autant de passion en un seul baiser. La seule personnes pour laquelle tu peux craquer, peu importe la situation. C'est un délicieux baiser que vous échangez, au goût de l'interdit... Il en est d'autant plus passionné, d'autant plus précieux. Tu as beau avoir mal au cœur, sa présence, la sensation de ses lèvres sur les tiennes soigne ton cœur d'une manière bien plus efficace que toutes les thérapies du monde. Malheureusement, si c'est efficace, c'est aussi temporaire. Terriblement temporaire. Parce qu'il finit par se reculer. Tu hésites à le retenir, à le garder contre toi, mais tu e laisses juste t'échapper, cachant à nouveau tes mains sous la couverture tandis que tu rouvres enfin les yeux. La lumière t'aveugle quelque peu, mais c'est lui que tu observes. Lui, uniquement lui. Pourquoi a-t-il... Ses lèvres sont encore si proches, tu pourrais t'en emparer à nouveau... Mais... Non. Non, tu t'y refuses, tu le laisses reculer. Il s'en veut et toi aussi. Vous êtes incapables de vous tenir, vous êtes incapables de vous toucher sans finir par vous embrasser... Un profond soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis qu'il reprend la parole, brisant ce pesant silence qui s'était installé.

-Tu n'aurais jamais dû me faire venir chez toi... Je n'aurais jamais dû céder, au lac... Je suis tellement désolé... Les événements ne tournent pas comme prévu. Tu vois bien que nous sommes incapables de nous tenir, tu vois bien que, peu importe ce qu'on en dit, nous finissons toujours par craquer... Toujours. Ce n'est pas sain, toutes ces histoires. Ce n'est pas... Je suis désolé...

Oui, tu es désolé. Tu as tout gâché. Tu aurais voulu que tout se déroule différemment. Tu aurais voulu avoir une seconde chance. Mais à quoi bon se lamenter sur son sort ? Tu recommencerais, si c'était à refaire. Tu le sais parfaitement alors à quoi bon regretter tes choix ? Ils ont été douloureux mais tu ne les as pas fait pour toi. Non, tu les as fait pour l'empire. Mais aujourd'hui, celui-ci te paraît bien insignifiant comparé à l'importance que l'ex-blond a à tes yeux... Tu secoues la tête, regardant plutôt devant toi. Tu penses que tu vas retourner à ton lac, dès la nuit prochaine. Ce sera plus facile pour tout le monde. Tu ne veux plus le blesser, tu ne veux plus qu'il souffre. Tu en as bien trop fait déjà, il serait grand temps d'y mettre fin. Tourner définitivement la page. Mais cela te semble si difficile, surtout quand tu le sais à tes côté, si proche que tu pourrais l'attirer contre toi, le garder avec toi des heures durant. Faire semblant d'être dix ans plus tôt, comme s'il n'y avait encore que vous qui ait de l'importance. Un vrai vous, pas un lui et toi. Tu en brûles d'envie. Allez, pour une fois, tu peux bien ne pas être complètement sage, non ? Tu ne sais pas si tu peux te le permettre. Tu hésites, ton regard se tourne quelques secondes vers lui. Est-ce que ? Tu laisses plutôt la couverture tomber au sol. Peu importe, tu la récupéreras après. C'est une mauvaise idée. C'est une erreur. Mais... Tant pis. Tu t'empares de la lampe qui éclaire le fond de votre crevasse et tu l'éteins. Mieux.

L'obscurité reprend possession des lieux. C'est ce que tu voulais, la nuit, les ténèbres ont toujours été ton domaine. Tu retournes alors t'installer à ta place sur le couverture, tout en prenant bien soin de te rapprocher de ton aîné. Une de tes mains atteint son ventre, tu la laisses remonter doucement. Sur son torse, son cou, ses cheveux... Ton autre main vient glisser sur lui et, sans prévenir, tu l'attires contre toi. Une bonne chose de faite. Tu ne lui laisses pas le temps de réfléchir ni même de protester que tu poses les mains sur ses joues et viens l'embrasser avec fougue. Tu en mourrais d'envie. Tu veux pouvoir encore l'aimer, des années, des siècles si tu en as l'occasion... Mais tu sais que ce ne sera pas le cas, alors, tant qu'il est avec toi, tu en profites pour le garder dans tes bras, contre toi, vos lèvres scellées en un baiser passionné. Tu l'aimes. C'est le message que tu lui fais passer à travers ce geste. Tu l'aimes encore, tu l'aimeras toujours. C'est pour cela que tu réagis mal, c'est pour cela que tu te sens changer. Tu n'as jamais cessé de l'aimer et s'il veut bien de toi, encore, alors tu ne te déroberas pas. Tu n'as plus rien à perdre après tout, puisque tu es mort. Les yeux fermés, tu raffermis quelque peu ta prise sur lui, tes mains glissant dans son dos, l'une cherchant à se glisser sous ses vêtements de snow. Quelle idée de porter une telle couche de vêtements... Tu voudrais les lui retirer. Tu voudrais lui prouver autrement combien tu l'aimes. Comme au lac. Mais tu n'en as pas le droit. Tu n'en as plus le droit. Souviens-toi, tu avais dit que ce serait la dernière fois. Tu aimes tenir tes promesses, alors tu les tiendras. En attendant, tu restes pendu à ses lèvres, bien plus longtemps que cela n'était possible autrefois. Vous n'avez plus besoin de respirer, ni l'un ni l'autre. Tant mieux, parce que tu n'as pas la moindre envie de le laisser t'échapper. Samael, reprend-toi un peu. C'est à contre-cœur que tu finis par le lâcher, le laisser se reculer. Tu rouvres enfin les yeux. Tu ne le vois pas mais... C'est ce que tu cherchais. Une de tes mains retrouve ses cheveux.

-Tu n'es pas le seul à faire n'importe quoi, comme tu vois.

Tu souris, même s'il ne peut pas le voir. Tu souris, parce que tu es heureux. Parce que tu as eu ce que tu voulais. Parce qu'il est là, rien que pour toi. Même si ce n'est plus la même chose qu'avant, tu es simplement heureux en sa présence, sans avoir à te poser des milliers d'autres questions en le voyant avec quelqu'un, en l'imaginant la nuit, en... Tss, ne pas réfléchir. Tu secoues un peu la tête, jouant plutôt avec quelques une de ses mèches de cheveux. Tu as envie d'aller un peu plus loin, mais tu n'en as pas le droit. Mais... Au final tu reviens t'emparer de ses lèvres. Elles te manquent déjà bien trop pour leur résister. Mais le baiser est plus court que le précédent. Tu le relâches bien vite, choisissant de rouler un peu. Tu te retrouves alors a-dessus de lui et, sans la moindre hésitation, viens lui mordre le cou. N'est-ce pas lui qui disait qu'il était naturel pour un vampire de mordre ? Il est vrai que tu y prends énormément de plaisir, à planter tes crocs dans sa gorge... Mais tu ne bois pas, parce qu'il n'est pas une proie, parce qu'il est Lyokha. Tes mains glissent sur son corps, il ne faut pas que tu cèdes, il ne faut pas... Tu essayes de te raisonner, tu essayes de te reculer mais tu n'y arrives pas, l'odeur de son corps t'enivre bien trop. Tu le veux. Là, maintenant, tout de suite. Non, pas de bêtises. Avec toute la volonté dont tu peux faire preuve, tu finis par lâcher son cou et venir lui voler un dernier baiser. Puis tu le relâches, t'asseyant juste à côté. Ne pas céder. Il ne faut pas que tu cèdes. Il ne faut pas, ce n'est pas bien. Tu as réellement du mal... Mais tant pis, tu t'assieds à côté de lui. Tu t'adosses même au mur. Tu préfères ne pas rallumer la lumière. Ce sera mieux si tu ne le vois pas. Un soupir t'échappe...

-Je t'envie un peu, Lyokha... Tu as réussi à refaire ta vie... Tu as réussi à tourner la page, au moins un minimum... Alors que moi... J'ai tout perdu, au final. Ce que j'ai fait, c'était pour l'empire, pour ma famille. Seulement, ils n'auront plus besoin de moi, d'ici quelques années... Ce jour là je n'aurai vraiment plus rien... Parce que, au final, je suis incapable de changer.

Tu es malheureux, cela s'entend. La tristesse voile ta voix. Tu as tout perdu en mourant. Ta situation n'est que temporaire. Tu n'as aucune raison de vivre, outre ton empire et les tiens. Mais comme tu l'as si bien dit, un jour, ils n'auront plus besoin de toi. Un jour, il te faudra partir, laisser derrière toi cette vie, ce pour quoi tu as toujours vécu. Que t'arrivera-t-il alors ? Tu n'en sais rien. Tu n'as même pas envie de savoir. Tu penses que tu te contenteras de disparaître de la surface de la planète. Tu iras passer l'éternité dans un coin oublié, ou juste passer quelques derniers instants au soleil, histoire d'en finir rapidement avec cette existence non désirée. Tu ne vivras pas quelques siècles. Pas seul en tout cas. Même avec Andrew, tu ne veux pas t'imposer. Il mérite une longue existence heureuse avec son mari. Ils n'ont pas besoin d'un boulet comme toi. Non, tu penses que tu disparaîtras de ce monde lorsque ta mission sera enfin terminée. À quoi bon s'entêter si tu n'en as aucune raison ? À rien. Un profond soupir t'échappe tandis que tu t'empares à nouveau de la gourde et avale une gorgée de sang. Tu n'aimes pas ce goût et pourtant tu te sens un peu mieux après. Effet vampire, supposes-tu. Tu glisses une main dans tes cheveux, désespéré. Tu ne sais plus ce que tu dis, tu ne sais pas même pourquoi tu le lui dis. Peut-être parce que tu as juste besoin de parler, rien de plus. Oui, juste besoin de parler, de te soulager un peu. De lui demander pardon pour ton comportement.

-Pardonne-moi, je désespère un peu... Je vais me tenir tranquille, je te le promets. Mais évite de rallumer la lumière, s'il te plaît... C'est tout ce que je te demande...

Qu'il vous laisse dans les ténèbres. Qu'il t'y laisse. Tu vas te perdre à l'intérieur de ton esprit, de ton instinct. Tu vas te perdre. Il t'a perdu en te transformant. Qu'il te laisse au moins la possibilité de profiter des ténèbres que la crevasse vous offre, pour essayer d'oublier... Que tu l'aimes, que tu l'as perdu, que tu mourras seul à cause de tes choix, à cause des chaînes liées à ton nom. Que tu as toujours fait les mauvais choix, que tu es incapable de rester toi-même. Mais, surtout... Que tu commences à changer bien malgré toi, et ce pas en bien. C'est ce qui t'a toujours effrayé : tes propres ténèbres. Et là, elles sont en train de prendre le dessus sur toi, sur l'humain. Tu as peur. Peur du futur. Peur de t'oublier, de tout oublier. Tu as besoin d'aide. Non, tu as besoin de lui. Tu as besoin de Lyokha. Tu as besoin de lui, plus que jamais. Mais tu n'as plus le droit de le lui demander. Il est casé, il en aime un autre... Décidément, oui, tu as tout gâché en quelques mots...

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I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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Lyokha Volkov
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MessageSujet: Re: tell me would you kill, to prove you're right ? { fun ft. tudor   Mer 9 Avr - 8:37

« Pardonne-moi, je ne pensais pas rester si longtemps dehors mais... L'avalanche m'a surpris en chemin, je viens juste de me réveiller... » Tu retiens un énième soupir. Non mais franchement. Se balader jusqu'au petit matin, il est totalement inconscient ou bien ? A-t-il oublier que désormais, il est une créature de la nuit ? Tu secoues juste la tête, ne sachant quoi rajouter. Alors tu ne dis rien. Si c'est pour le disputer... Non merci, trop peu pour toi. Surtout si tu dois passer la journée avec lui dans cette crevasse. Non mais, vraiment... Voilà que l'un et l'autre, vous vous fuyez comme la peste pour éviter de vous sauter dessus, et voilà que vous vous retrouvez dans un espèce trop étroit pour deux fortes têtes comme vous. Et surtout... Deux exs. Ce n'est définitivement pas le bon plan, mais il semblerait que vous n'ayez pas le choix pour le coup. Bref, plutôt que de ruminer dans le vide, tu lui jettes un bref coup d'oeil. C'est que... Pour un empereur – ou peut-être devrais-tu dire ex-empereur – il n'a pas l'air très... En forme. Avec ses vêtements à moitié déchirés, ses quelques écorchures à droite à gauche. Tu retiens un sourire un peu moqueur en le détaillant. « Je suis prêt à parier que j'ai une très mauvaise mine. Enfin, au moins, personne ne s'attendra à voir l'ex-empereur dans un état pareil. » Le terme ex-empereur te fait légèrement tiquer, même si au final, tu sais que tu vas t'y accommoder. C'est pour lui que ce doit être... Un peu plus dur à digérer. Tu te contentes de hocher légèrement la tête. Autrefois, tu aurais prononcé un mot, même n'importe quoi. Mais il s'en rendra compte s'il reste encore un peu à tes côtés ; tu es devenu bien peu loquace avec le temps. La plupart du temps, c'est le strict minimum qui s'échappe d'entre tes lèvres. Quelques mots souvent murmurés... C'est certainement la solitude qui t'a changé. Le fait que tu passes beaucoup de temps seul, face à toi même. Et aussi que tu ne tentes plus vraiment à t'ouvrir aux autres, depuis dix ans. Tu ne cherches plus à engager la conversation, à te socialiser. C'est de sa faute. Mais il a les épaules assez larges déjà, inutile de l'accabler plus encore. Tu peux bien garder le blâme pour ta propre personne, pour une fois. Ce n'est ni le moment, ni le lieu pour vous prendre la tête. Ne penses-tu pas que vous vous êtes assez craché dessus ces derniers jours, avec vos mots haineux et vos tournures de phrases acides ? Bon, certes, vous ne vous en êtes que mieux réconciliés mais... Ne pas y penser.

Tu t'agites un peu, lui envoyant une couverture, une gourde de sang... C'est pour lui tout ça, tu n'en as pas besoin toi. Il a bien plus besoin de ce liquide que toi. Toi à la rigueur, tu peux tenir bien plus longtemps sans boire. Mais lui, un nouveau-né... Tu préfères ne pas prendre de risque. Tu te connais, tu connais le vampire que tu es devenu. Pour lui, c'est tout récent. Alors c'est pour lui, qu'il en fasse bon usage, c'est tout, car il n'en aura pas d'autre. Tu t'empresses de délimiter le périmètre un peu, surtout pour voir s'il n'y a pas de trou plus profond plus loin, dans lequel l'un de vous pourrait tomber par malchance. Tu n'as pas vraiment envie d'aller le chercher au centre de la Terre non plus. Certes tu exagères, mais on a compris la métaphore. Il s'installe, tu termines tes petits arrangement. Ce n'est qu'un campement de fortune, mais quitte à rester ici toute une journée, autant pouvoir garder un œil sur lui. Ce n'est pas que tu n'as pas confiance, tu t'en fiches bien mais... Rester dans le noir avec lui à proximité... Tu sais de quoi tu es capable, de quoi il est capable. Rien qu'à voir ce qui s'est passé au lac, vraiment... Et d'ailleurs, qu'est-ce qui se serait passé, s'il était venu à la piscine avec toi ? Tu n'en as aucune idée, et tu n'as pas vraiment envie de savoir à vrai dire. Vous auriez sûrement fait des bêtises, encore. Alors stop. Tu as Soren, tu es rangé, tu as déjà oublié ? Non, bien sûr que non. Et de poser tes lèvres sur celles d'un autre que lui, ça te tue, parce que ce n'est pas bien. Mais quand il en vient à Samael Tudor, tu as du mal à raisonner sur ce qui est bien ou mal. Il semble être une exception, un cas à part. C'est curieux et dérangeant en même temps, car tu ne sais pas très bien jusqu'où tu pourrais aller pour lui. Envoyer ta vie actuelle en l'air ? Tu ne sais plus où tu en es. Alors cesse donc d'y songer. Et c'est bien ce que tu fais en refermant le sac, allant juste t'asseoir contre une des parois irrégulières de la petite grotte. À ta grande surprise, il te rejoint. Mais tu restes neutre, avec ce simple petit sourire pour orner tes lèvres. Et dire qu'il y a quelques jours, tu voulais le tuer... Tu l'as tué, mais pas de manière définitive. Et aujourd'hui plus que jamais, tu te rends compte que tu ne seras peut-être jamais capable d'en finir avec lui. Peut-être ? Même jamais tout court. Une année passée en commun, des épreuves à surmonter à deux, des disputes virulentes et des mots qui ont fait du mal. Mais ça, à côté de tout l'amour que vous vous portiez l'un à l'autre, qu'est-ce que c'était ? Rien. Rien du tout. Enfin, tu sors de tes pensées, il n'est pas bon de ressasser le bon vieux temps, vous le savez l'un comme l'autre. La dernière fois que vous avez songé au passé, vous vous êtes sautés dessus au milieu du lac, pour mieux vous enlacer dans un cabanon. Un léger sourire étaye ton visage, alors que tu reprends, de manière tout à fait légère. Son sourire fait écho au tien, et sa réponse ne tarde pas à tomber. « Aux dernières nouvelles, c'est toujours toi qui m'a couru après. C'est toi qui n'a pas tellement changé. Tu n'aurais pas dû venir, je me suis toujours débrouillé par mes propres moyens, tu le sais bien... » Ton sourire a terni peu à peu, jusqu'à totalement disparaître. Ton regard est rivé par terre, tu ne veux plus le regarder. Oui, tu lui as toujours après, du début à la fin, de votre première rencontre à la fois où il est parti, où il t'a quitté. Mais dire que tu n'as pas tellement changer... C'est bien ça, qui assombrit ton humeur. Tu as changé. Refuse-t-il de s'en rendre compte ? Est-ce trop pénible, de s'imaginer que le Lyokha qu'il a connu s'est enfui, et ne compte pas revenir ? Tu ne sais pas trop quoi dire, alors tu ne dis rien. Tu te contentes de ton silence, comme bien souvent depuis dix ans. Oui, tu as changé. Tu as même trop changé. Ton état s'est dégradé, tu es devenu pire encore, alors que tu ne pensais pas pouvoir être pire que le monstre que tu étais à l'époque déjà. Il faut croire qu'il y a toujours pire, quand il s'agit de toi. Tu te mords un peu l'intérieur des joues, essayant d'éloigner ses mots qui restent pourtant ancrés dans ton esprit. Tu as changé bon sang. Sur bien des points. Est-ce que tu le regrettes ? Tu l'as regretté un peu, mais tu t'es vite rappelé à l'ordre en te souvenant du pourquoi du comment.

Le silence s'installe entre vous deux un bref instant – bref seulement, car tu ne tardes pas à reprendre la parole. Sur un tout autre sujet, qui quelque part, est tout aussi fâcheux. Plus pour lui que pour toi apparemment. Tu sais que c'est une corde sensible, quelque chose que tu devrais simplement enterrer. Mais tu as changé en effet. Et te détourner de tes problèmes n'est plus dans tes coutumes. Tu leur fais face, parfois de manière trop brusque. Parce que mettre à plat aujourd'hui, t'allégera d'une peine plus lourde demain. À quoi bon reporter ce qui de toute façon, est inévitable. Vous êtes trois dans ce chalet – sans compter Jazz et Riley – et il devra s'y accommoder tôt ou tard. Soren n'est sûrement pas le sujet de conversation numéro un à avoir avec lui, encore moins dans ce cas de figure. Mais tu n'as pas envie de reporter encore ce qui doit être dit maintenant. Tu portes ton regard vers lui, alors que ses yeux affrontent le sol. Il faut croire que vous êtes incapables d'affronter le regard de l'autre désormais. Le ciel n'est-il plus compatible avec les ténèbres ? Il ne l'a jamais été, vous avez juste fait en sorte pendant un an. Mais aujourd'hui, qu'en est-il en ce jour ? Dix ans se sont écoulés, et si la colère a éclairci tes prunelles, il semblerait que l'usure ait creusé les siennes. Tu aimerais te dire que vous n'êtes plus compatibles, que ce n'est plus possible. Mais tu as vite compris que rien n'était impossible, dans votre monde. Ce n'est donc pas la timidité qui vous empêche de vous regarder dans les yeux. Ni même la colère, encore moins une quelconque forme de tristesse. Ce sont ces nouvelles différences, qui érigent bien des barrières entre deux amants qui se connaissaient presque trop bien, autrefois. Trop bien, et pas assez pour prédire de la fin terrible qui les attendait... Ne plus y songer, n'est-ce pas ? À nouveau, ses mots t'arrachent à cette parenthèse dérangeante. « Tu es... Certainement l'un des mieux placés pour savoir que s'attaquer à mon cœur est quelque chose qui passe très mal. J'ai trop souffert à ce niveau là pour le supporter encore. Mais tu n'avais pas à me demander pardon, c'est plutôt à moi de le faire. Je suis conscient du fait d'avoir très mal réagit, de m'être emporté. Je voulais que tu me laisses simplement le temps de digérer la nouvelle mais tu es tout de suite venu... J'aurais dû faire preuve de retenue, j'aurais dû mesurer mes mots, être plus doux avec toi. Je te demande sincèrement pardon... Pour ma réaction, pour ces mots que je ne pensais pas du tout... » Oh que oui. Et tu ne l'as compris que bien trop tard, que de toucher son cœur de mortel était une bien mauvaise idée. Et combien tu t'en es mordu les doigts, si seulement il pouvait s'en rendre compte. Personne – pas même lui – ne peut s'imaginer la souffrance qui t'a parcouru, nuit et jour, après votre rupture. À quel point elle t'a rendu dingue, à quel point elle t'a fait changer. Tu baisses les yeux un instant, mais les relèves presque immédiatement vers lui alors qu'il juge que c'est à lui de s'excuser. Non, non... Tu ne veux pas qu'il s'excuse. Mais... N'arrives-tu pas à te rendre compte Lyokha ? Pourquoi chercher à culpabiliser, pourquoi vouloir porter le blâme à sa place ? Pourquoi cette faiblesse soudaine, pour assaillir ton cœur. Tu aimerais le secouer, lui dire que ce n'est que de ta faute. Que tu aurais dû parer l'évidence, éviter que ce genre de scène se produise. Mais... Ne te rends-tu pas compte que c'est lui, qui a excessivement réagi ? Lui qui t'a clairement dit qu'il aurait préféré que tu retournes sur les trottoirs des capitales ? Pourquoi t'enchaîner de poids que tu ne veux même pas porter ? Souffrir pour lui. T'excuser, encore, toujours, pour tout ce que vous avez accompli, et tout ce que vous avez détruit. La faute est partagée pour le coup, mais n'est-il pas plus coupable que toi, pour vendredi soir ? Il l'est. Tu ne sais pas trop si tu dois hocher, ou secouer la tête négativement. Alors ton regard se perd dans le vague – encore. Tu restes indécis un court instant. Et puis tu reprends finalement, peu sûr de tes mots, et pourtant assuré dans ton ton. « C'est pas grave. On dira que j'ai l'habitude, de toute façon. Oublions juste, si tu veux... » Tu dis ce qui te semble être le plus juste. Même si au fond, tu aimerais qu'il comprenne qu'être désolé, ça ne suffit plus. Depuis une éternité déjà, et depuis dix ans plus précisément encore. Les excuses sont à tes yeux du superflu. Au final, on passe sa vie à s'excuser. Et toi, tu n'as pas besoin de ça. Encore moins si tu dois vivre quelques millénaires encore.

Et la conversation part sur autre chose encore. Vous êtes incapables de rester toujours sur le même sujet. Peut-être car il n'y a pas grand chose à dire à chaque fois. Ou que, tout ce qu'il y a à dire, c'est encore trop pénible à avouer. Enfin, pour l'instant, tu ne t'éloignes pas vraiment de votre sujet far, tu veux juste qu'il comprenne que tu n'as jamais voulu le remplacer. Et c'est ça qui est terrible. Tu n'as jamais eu la force d'en trouver un autre, à sa place. Soren ne le remplace pas ; il ne le remplacera jamais. Car même si ça te tue, tu as encore des sentiments pour le jeune Tudor. Des sentiments bien trop puissants, puisqu'ils t'ont détruit. Ils vous ont détruit. Alors oui, tu as jeté ton dévolu sur un jeune homme qui a sensiblement le même âge que Samael à l'époque où tu le fréquentais. Un jeune homme. Un humain de surcroît. Oui, les points communs sont nombreux. Son caractère en partie, avec cette aptitude presque déconcertante à te tenir tête. Son petit grain de folie. Son autorité. Oui, au final, il y a bien des similitudes, entre Soren et Samael. Même la première lettre de leur prénom, c'est... Rien à dire. Mais il faut croire que ce choix était purement inconscient. Comme si ton corps demandait quelque chose. Comme si ton esprit avait choisi pour toi ce qu'il lui fallait, selon des critères que tu n'as même pas choisis. Comme s'il... S'il avait cherché à remplacer Samael, à lui trouver un substituant. L'individu qui s'est épris d'une drogue s'en détache difficilement, alors il cherche à combler son manque par une autre drogue, aux effets sensiblement identiques. Mais il y a toujours une petite différence. Bref. Tout ça pour dire que non, tu n'as jamais voulu le remplacer. Jamais. « Moi non plus... » Tu regardes par terre à nouveau. Ses mots n'étaient que soupirs, mais tu les as entendus. Peut-être aurais-tu préféré ne pas les entendre, tu ne sais pas vraiment. Il n'a jamais cherché à te remplacer ? C'est dur à avaler. Dur à croire. Lui qui a l'air si heureux avec Adelina, une telle confession te pique le cœur. Tu serres un peu les dents. Encore une fois – comme si souvent avec lui ces derniers temps – tu ne sais pas quoi dire. Alors tu te tais, et puis c'est tout. Sauf que, maladroitement, tu shoot dans la lampe. Et merde. Tu secoues un peu la tête, attrapant l'objet. Objet qui refuse de fonctionner à nouveau. Roh, ça va, tu l'as pas tant brusqué non plus. Mais non. Ça ne marche plus. Un profond soupir s'échappe d'entre tes lèvres, alors que tu poses le truc par terre. Tant pis. Le noir, c'est bien aussi. Ça t'empêchera de croiser son regard. Ça t'empêchera de l'observer. De te poser des questions par rapport à lui. Ça t'évitera bien des erreurs.

Ou pas. Puisque tes mains le cherchent. Tes doigts parcourent ses traits pour se caler sur ses épaules. Que fais-tu Lyokha ? Que fais-tu bon sang. Tu te désespères d'avance. Tu ne dois pas, tu le sait, il le sait. Qu'il te repousse bon sang. Qu'il te gifle, qu'il fasse quelque chose ! Mais il ne fait rien. Rien à part se laisser faire. Obtempérer. Pour une fois, tu aimerais qu'il te frappe. Qu'il te dise non, clairement, que tu fais une belle connerie, à nouveau. Mais il n'en fait rien. Et bientôt, vos souffles se mêlent. Non, stop, recule. Trop tard. Tes lèvres rencontrent les siennes dans un baiser brûlant. Il te répond timidement d'abord, et met un peu plus de ferveur dans ses gestes. Et c'est la que tu le reconnais. C'est là que tu te rends compte que tu l'as perdu, aussi. Que tout ça appartient au passé, et que ça ne devrait pas arriver. L'amour vous êtes inaccessible désormais. Mais tu as bien le droit à ce petit avant-goût de l'interdit, non ? Même si tu n'en as pas le droit, tu te l'autorises. Et tant pis sur tu dois en brûler en enfer. Il est tout ce qui compte sur l'instant. Tu fermes les yeux, et la passion qu'il y met te ferait presque tourner la tête. Qu'on te pardonne par pitié, qu'on te pardonne de n'être qu'un homme, de n'être que l'amant que tu étais, il y a dix ans de cela. C'est dur, mais au bout d'un moment, il faut bien le lâcher. Tu te recules légèrement, et la lumière s'allume. Manquait plus que ça. Tes yeux louchent encore sur ses lèvres, ton souffle se fait court. La tentation est grande mais tu te recules, presque à contre cœur. Irrécupérable, voilà ce que tu es. Tu retrouves ta position initiale, alors que tes mains passent dans tes cheveux. Tu te détestes bon sang. Comment peux-tu faire ça à Soren ? Tu serais dingue s'il en faisait autant. Comment peux-tu lui infliger ça... C'est mal ce que tu fais, tu en as conscience, et c'est sûrement ça le pire. Tu pourrais l'éviter, mais d'un côté... Tu as l'impression que non, tu ne peux pas aller contre. Tu ne peux pas aller contre Samael Tudor. Pas depuis ce qui s'est passé au lac, apparemment... « Tu n'aurais jamais dû me faire venir chez toi... Je n'aurais jamais dû céder, au lac... Je suis tellement désolé... Les événements ne tournent pas comme prévu. Tu vois bien que nous sommes incapables de nous tenir, tu vois bien que, peu importe ce qu'on en dit, nous finissons toujours par craquer... Toujours. Ce n'est pas sain, toutes ces histoires. Ce n'est pas... Je suis désolé... » énième soupir de ta part. C'est terrible de te rendre compte à quel point il a raison. Vous êtes incapables de vous regarder sans arrière pensée. Incapables de vous parler sans sous-entendu. Incapables de vous frôler sans chercher à vous embrasser. Incapables de vous tenir, tout simplement. Et c'est si terrible, bon sang... Le savoir si proche à chaque fois, sans rien pouvoir faire. Vous retenir, constamment, de vous sauter dessus. C'est à s'en fracasser le crâne contre un mur, à tes yeux. Enfin, encore une fois, il n'a pas à être désolé. Tu secoues la tête négativement. Qu'il arrête de s'excuser. Vous êtes tous les deux fautifs, dans l'histoire.

À ta grande surprise, il attrape la lampe et l'éteint. Qu'a-t-il derrière la tête ? Quelque chose te dit que tu ne vas pas tarder à le savoir. Mais... Tu as un peu peur. Peur de savoir de quoi il est capable. De quoi vous êtes capables tous les deux. Tu fronces légèrement les sourcils, tu l'entends qui approche à nouveau. Tu le sens qui se rapproche, là, contre toi. Tu déglutis un peu. Tu n'es pas sûr de la suite. Tu n'es pas sûr de ce qui peut, de ce qui va se passer. Pourtant, tu le laisses approcher, aussi proche soit-il. Et tu te mords légèrement la lèvre, en sentant une de ses mains remonter le long de ton abdomen, jusqu'à ton torse, puis tes cheveux. Tu esquisses un geste comme pour le retenir, comme pour attraper sa main. Mais tu t'arrêtes, alors que ses paumes se plaquent contre ton visage, et qu'il vient t'embrasser. Fougue, passion. Amour. Un flot de sentiments te parcourt, alors que tu réponds à son baiser avec fièvre. Bon sang. Tu crois que... Non, ce n'est pas tu crois. Tu l'aimes encore. C'est définitif, imprimé sur ton cœur de mort. Tu l'aimes. Même si tu ne veux pas, même si tu ne peux pas... Tu l'aimes bon sang. Tu essayes de te convaincre du contraire, mais ses lèvres te font penser l'inverse, encore, toujours. Lâche-le bon sang ! Tu ne peux pas. Tu ne veux plus. Tu veux le garder contre toi, c'est tout. Ses mains passent sur ton corps, encore. Elles se frayent un chemin dans ton dos, l'une essayant de passer sous tes vêtements. Les tiennes l'attirent un peu plus à toi. Tu le veux, là, maintenant. Ce n'est pas raisonnable. Tu as du mal à être raisonnable de toute façon, quand c'est avec lui. Puis, il te relâche. Tu le laisses difficilement se dérober, à la fois confus, et brûlant de l'intérieur. Bon sang, qu'est-ce que vous avez failli faire encore... « Tu n'es pas le seul à faire n'importe quoi, comme tu vois. » Tu t'efforces de sourire un peu, même si au final, c'est inutile puisqu'il ne te voit pas. Bon sang, que tu le désires. Tu as l'impression que plus le temps passe, plus il se fait désirable. C'est malsain tout ça, tellement malsain... Mais tu es heureux. Tu as la sensation d'être heureux. Il joue avec tes cheveux, comme il le faisait autrefois. Tu aimerais plonger ton regard dans le sien, rien que pour avoir la sensation d'être dix ans plus tôt, même si c'est dix fois trop tard désormais. Tant pis. Vivez l'instant présent. Donnez-vous la sensation de pouvoir encore faire quelque chose de beau à deux, à défaut d'être minables seuls. Il s'empare de ta bouche à nouveau, et tu réponds sans te lasser à son baiser. Parce que c'est tout ce que tu désires sur l'instant ; il est tout ce que tu désires. Vous roulez un peu sur le sol, et il se retrouve au dessus de toi. Ton sourire s'élargit un peu plus, lorsque tu le sens descendre un peu dans ton cou. Est-ce qu'il essayerait de... Pas manqué. Il te mord, et t'arrache au passage un léger gémissement. Tu penches un peu la tête en arrière. Pour un vampire, se faire mordre par un autre individu de son espèce peut se révéler particulièrement excitant. Oui, c'est bizarre dit comme ça. Mais tu as toujours éprouvé du plaisir à ce que l'un de tes semblables, lors d'un rapport, te morde. C'est curieux pas vrai ? Encore un mystère à la liste déjà bien longue qu'est la tienne. Puis, il te relâche. Il te vole un baiser, et s'assoit contre le mur, à nouveau. Toi tu restes étendu sur la surface gelée, le regard rivé vers un plafond que tu n'as pas le loisir de voir. Vous êtes définitivement incapables de vous tenir tranquilles, c'est effarant. Et heureusement qu'il s'est reculé, Rod sait à quel point tout aurait pu déraper en quelques minutes seulement.

« Je t'envie un peu, Lyokha... Tu as réussi à refaire ta vie... Tu as réussi à tourner la page, au moins un minimum... Alors que moi... J'ai tout perdu, au final. Ce que j'ai fait, c'était pour l'empire, pour ma famille. Seulement, ils n'auront plus besoin de moi, d'ici quelques années... Ce jour là je n'aurai vraiment plus rien... Parce que, au final, je suis incapable de changer. » Tu serres un peu les dents. À l'entendre, il est triste. Et quelque part, il a de quoi. Ce qu'il dit est vrai. Dans quelques années, il n'aura plus rien. Pas même toi. Enfin... Non, normalement. Normalement seulement, car plus le temps passe, plus tu as l'impression que tu pourrais tout envoyer en l'air pour lui. L'éternité à ses côtés... qu'aurais-tu demandé de plus à l'époque ? Rien. Et aujourd'hui, alors que tu ne peux plus te le permettre, ton pseudo-rêve s'accomplit. Tu aimerais lui dire que tu seras là toi. Que tu l'attendras. Mais tu n'as plus la force d'attendre. C'est aussi simple que cela ; tu ne veux plus attendre. S'il devait se passer quelque chose.. Ce serait maintenant. Pas dans dix ans, pas dans un siècle. Maintenant. Un bref soupir t'échappe. Tu as réussi à refaire ta vie, vraiment ? Tu aimerais bien rire, tu n'en fais rien. Hé bien, il n'a pas dû bien saisir ce qui se passait alors... dire que tu as réussi à tourner la page, c'est quand même excessif. Tu secoues la tête, même si tu sais qu'il ne le voit pas. Tu n'es pas d'accord avec ce qu'il dit. « Tu crois vraiment que j'ai réussi à tourner la page Samael ? Que j'ai réussi à refaire ma vie ? Tu n'as rien à m'envier. Moi aussi, j'ai tout perdu. J'ai tout perdu le jour où je t'ai perdu toi. » Tu fermes les yeux un court instant. Tu n'as pas envie de t'en rappeler. De te souvenir de ce concentré de douleur qui avait parcouru tes veines, ce jour-là. Tu hésites un peu, mais après quelques secondes silence, tu reprends. « Tu changeras, c'est indéniable. On change tous à partir d'un certain temps. Tantôt en bien, tantôt en mal. Mais quoi qu'il en soit, je serai là pour toi. Toujours. » Tu seras là, oui. Peut-être pas en tant qu'amant. Même si l'idée est loin de te déplaire... Mais désormais, tu es avant tout son père. Oui, c'est curieux dit ainsi, mais il n'y a pas d'autre terme qui corresponde à ton sens. Créateur, c'est biaisé d'après toi. Tu ne l'as pas créé. Tu l'as changé. Mais quelque part... Est-ce réellement lui, qui a besoin de toi ? Tu as l'impression que tu as tout autant besoin de lui, si ce n'est plus. Tu le veux à côté de toi continuellement, même quand ce n'est pas bien. Et le pire, c'est que tu n'es pas sûr de pouvoir te passer de lui un jour. Tu te mords un peu la lèvre, curieusement mal à l'aise sur l'instant. « Pardonne-moi, je désespère un peu... Je vais me tenir tranquille, je te le promets. Mais évite de rallumer la lumière, s'il te plaît... C'est tout ce que je te demande... » Tu secoues un peu la tête – dans le vide encore une fois. Non, s'il y tient, tu ne rallumeras pas. Tu n'as pas envie d'affronter son regard de toute façon. Tu as peur de bouger, peur de dire quelque chose qui le blesserait un peu plus encore. Tu n'es plus sûr d'avoir les mots justes, pour lui. Tu n'es plus sûr de rien, de toute façon.

Sûr de rien, sauf de cette attirance presque animale qui te hante. Tu le désires, bon sang. Tu le désires plus que tout sur l'instant. Et ce n'est pas juste physique. C'est tellement plus. Ton esprit te dit que c'est mal. Autant qu'il te dit de céder. Mais tu n'es pas sûr de le vouloir, de vouloir tromper Soren. Pas plus que tu ne sais ce qu'il en pense, lui. Tu essayes de faire le point, ton esprit tourne à plein régime. Tu ne sais pas quoi faire, et pourtant, tu te redresses un peu. Non, non, et encore non. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Tu déglutis un peu plus péniblement, et tu te tournes vers lui. Non, tu ne comptes pas allumer la lumière. Le noir a quelque chose de tellement plus rassurant. Il te tranquillise, canalise tes pensées. Ou presque. Parce que peu importe Ô combien tu cherches à te détourner de lui, il est toujours présent. Dans ta tête, à côté de toi... Rah, non, ne pas céder. Et pourtant. C'est plus fort que toi. Tu te rapproches de lui, et sans prévenir, tu viens l'embrasser, presque sauvagement. Tu profites un peu de sentir ses lèvres contre les tiennes, avant de très légèrement te reculer, posant ton index contre sa bouche. Chut. Qu'il ne dise rien. Tu souffles quelques mots à son attention. « Juste... Une dernière erreur de ma part, s'il te plaît... Juste une fois... » Dernière erreur ? Vraiment ? Tu l'espères. Tu n'as plus le droit de jouer ainsi avec le feu. À nouveau, tu l'embrasses, sans plus réfléchir. Au diable le reste. Tu t'empresses d'enlever ta veste, ton pull. Il fait froid, mais tu ne le sens même pas. Tu l'embrasses toujours plus fort, avec toujours plus de volonté, toujours plus de fougue. Une simple touche de folie qu'il sait faire naître en toi. Tes mains passent sur sa nuque, dans ses cheveux. Glissent le long de son corps, et font tomber son manteau par terre. Tu le veux, là, maintenant. C'est comme un instinct primaire, presque bestial. Tes lèvres quittent les siennes de temps à autres, juste pour explorer d'autres parcelles de sa peau. Bon sang, et cette brûlure là, au creux de ton ventre. Tu as l'impression de brûler, littéralement. Et il n'arrange en rien ton cas. Tes mains passent inlassablement le long de son corps, et bientôt, tu lui enlèves son haut, alors qu'il en fait autant avant le tien. Peau contre peau. Tu ne demandais rien de plus. Étendant presque maladroitement la couverture d'une main distraite par terre, tu l'invites à s'allonger – pour ne pas dire, tu l'y obliges – dessus. Encore une fois, tu abandonnes ses lèvres pour descendre le long de sa joue, de son cou... Dans lequel tu mords sans hésiter. Il n'est plus humain après tout. Et puis, tu fais tout de même attention, tu n'as pas envie de le blesser, même si tu sais qu'il cicatriserait en un rien de temps. Tes lèvres se perdent contre sa peau, sur son torse. Tu descends toujours plus bas, et tu frissonnes, au moindre de ses gestes. Tu veux plus, toujours plus. Tu le veux lui, parce que tu l'aimes, c'est indéniable. Alors tes doigts parcourent sa peau, et viennent trouver son pantalon que tu t'empresses de lui retirer. Vous vous retrouvez rapidement à égalité. Un maigre bout de tissus pour faire barrière entre vos deux corps. Mais ce n'est qu'une question de temps. Tes mains continuent leur parcours hasardeux, s'arrêtant pour mieux repartir sur chaque partie de son anatomie. Tu es impatient bon sang, mais tu ne veux pas le brusquer non plus. C'est juste que coucher avec un vampire, c'est pas coucher avec un humain. Il s'en est bien rendu compte. Entre deux vampires c'est... Disons qu'il y a moins de retenue. Moins de risques de blesser l'autre aussi. Son corps t'obsède. C'est dingue. Il te rend dingue. « On devrait pas... » Souffles-tu pourtant contre ses lèvres entre deux baisers fougueux. Vous ne devriez pas non. Pour Adelina, pour Soren. Pour tant d'autres raisons. Mais c'est impossible de résister. Comme si tu étais prisonnier d'un sortilège de luxure. Comme s'il t'avait envoûté. Mais inutile de chercher quelques explications irrationnelles pour le coup. La seule raison pour laquelle tu réagis ainsi, c'est parce que tu l'aimes encore. Tu le laisses rouler un peu si c'est ce qu'il veut, il se retrouve au-dessus, et quelque part, il ne te ménage pas non plus. Entre ses baisers, ses caresses, ses mains qui parcourent ta peau... Tes frissons sont de plus en plus violents, de plus en plus justifiés aussi. Tes doigts glissent dans des ses cheveux, puis une main suit la courbure de son dos, et bientôt, ce sont tes dix doigts qui font pression au creux de ses reins. Tu le veux plus proche de toi qu'il ne l'est déjà. Tu veux sentir sa peau contre la tienne, toujours plus. Tes lèvres cherchent les siennes une fois de plus, et tandis qu'il répond à cet énième baiser, tu te redresses doucement, jusqu'à tout simplement le faire tomber sur le dos. Quoi, il pensait vraiment qu'il garderait la main longtemps ? Un sourire espiègle étire tes lèvres, alors que tes doigts descendent le long de ses côtes, pour venir trouver son sous-vêtement que tu retires presque trop lentement. Tu l'aimes bon sang. Tu l'aimes.

Tu ouvres les yeux presque brusquement. Essayant de regarder autour de toi. Mais non. Il fait noir. Impossible d'y voir quoi que ce soit. Alors tu appuies sur un bouton de ta montre qui illumine brièvement le cadran. Dix-neuf heures. Il fait nuit dehors. Tu serres un peu les dents, alors que tu comprends que tu as encore fait une énorme bêtise. Tant pis. Bien fait pour toi tu as envie de dire. C'est de ta faute, c'est toi qui a cédé, tu ne peux t'en vouloir à quoi toi-même. Un bref soupir s'échappe d'entre tes lèvres, alors que tu t'agites pour récupérer tes vêtements, une petite lampe torche à la main. À toi, à toi, pas à toi... Tu t'empresses de t'habiller, tandis que le jeune Tudor commence à s'agiter. Tu marques une pause, tournant ton regard vers lui. Tu secoues un peu la tête. Qu'est-ce que vous avez fait, encore ? L'amour. Vous n'auriez pas dû. Un nouveau soupir s'échappe d'entre tes lèvres. « Il fait nuit, on doit sortir de là. » C'est tout ce que tu as à dire. Pas bonsoir. Pas « merci pour cette nuit merveilleux, j'ai tellement pris mon pied ». Rien de plus que ce constat ridicule. Il fait nuit. Vous devez sortir. Et oublier ce qui vient de se produire.

°°°

Une semaine s'est écoulée depuis l'épisode de la crevasse. Tu t'es senti affreusement mal après ça. Pas vis-à-vis de lui, ou d'Adelina, ou de n'importe qui. Vis-à-vis de Soren. Puisqu'il s'inquiétait. Normalement, il devait partir le soir même pour Spes, et il est resté, pour voir si tu allais rentrer, pour voir si tu allais bien. Tu te demandes s'il n'a pas soupçonné quelque chose. Son petit ami et l'ex de son petit ami, enfermé dans une crevasse pour une journée entière... Il n'est pas dupe, bien des choses peuvent se passer. Et bien des choses se sont passées, pas vrai ? Son odeur enivre encore tes sens. Le goût de sa peau, de ses lèvres. Tu sais que tu n'es pas innocent, et mentir à celui que tu aimes – ou que tu es censé aimé – s'est révélé être une réelle épreuve. Mais il t'a cru – du moins, c'est ce qu'il t'a laissé penser – alors bon. Tu n'as pas cherché à aller plus loin. Puis, il est parti pour le boulot, Mardi midi. Te laissant seul avec le brun. Quelle idée aussi... Mais rappelles-toi que c'est toi, et seulement toi, tu t'es enchaîné à cette situation tordue. C'est toi qui lui a proposé de venir, il ne s'est pas imposé de lui-même, rappelles-t'en. Mardi, Mercredi, vous vous êtes évités. Parce que c'était clairement trop dur de revenir sur ce qui s'était passé sous ces quelques bons mètres de neige et de glace. Jeudi, c'était encore tendu. Mais c'est Jeudi soir que tu as craqué. C'est Jeudi soir qu'il a fallu que tu viennes te brûler, encore. Résultat ? Vous avez couché dans le bureau de Soren. En plus oui. Merveilleux. Mais c'était si... bon. Si interdit, et si désirable à la fois. Puis il y a eu le garage. Et la douche aussi. Le sauna et le dressing, alors que Soren était parti faire quelques courses dans le village de montagne. Et il te semble que c'est tout. Et à la fois beaucoup trop aussi. Mais c'était meilleur à chaque fois. Ça a entretenu cette passion dévorante que tu lui voues. Tu t'es brûlé à son contact, et il semblerait que tu y aies vraiment pris goût. Et c'est terrible, car tu n'arrives pas à te défaire de cette envie de lui sauter dessus à chaque fois que tu es à côté de lui. Pourtant, tu sais que c'est mal, tellement mal... Parfois, quand tu embrasses Soren, tu as l'impression de l'embrasser lui, si tu fermes les yeux. De même quand tu l'enlaces. Plus rarement quand vous couchez ensembles. Tu as l'impression de devenir fou bon sang.

Tu fronces un peu les sourcils, regardant Soren. Soren qui gémit plus fort que de raison, alors que vous n'avez pas fait grand chose. Du moins, pas assez pour qu'il l'exprime comme il le fait. « Heu... T'en fais exprès là, non ? » Tu arques un sourcil. Tu sais parfaitement ce qu'il cherche à faire. Tu sais parfaitement où il veut en venir, et ça ne te plaît pas vraiment. Il glisse plutôt une main sur ta nuque, et vient t'embrasser, t'incitant à continuer. Alors tu continues, même si ses réactions te laissent dubitatif. Tu essayes de ne pas penser à Samael qui n'est pas si loin que ça. Samael avec qui tu as couché ce matin encore. Bon sang, tu ne fais que des bêtises, en définitive... La cadence augmente un peu encore, et tu poses tes lèvres contre le cou du jeune humain, le taquinant un peu avant de finalement le mordre. Un nouveau gémissement lui échappe, encore moins discrets que les précédents, et tu ne sais si tu dois être désespéré, et juste content de lui faire de l'effet. Tu sais qu'il en fait exprès, et ça t'énerve. Une gorgée de sang, c'est tout ce que tu lui prends, avant de simplement embrasser la plaie que tu viens de lui laisser. Tu commences sérieusement à avoir chaud. Mais ce n'est pas la même chaleur qu'avec Tudor. C'est encore différent, et peut-être... Un peu moins bien. Non, tu n'as pas dit que coucher avec ton petit-ami était moins bien, mais... Presque. Très légèrement on dira. Tu lui voles un baiser, et vous poursuivez vos ébats. Toi, lui, et sa discrétion absente. Il te désespère un peu, mais tu ne peux pas lui en vouloir. Il est possessif, facilement jaloux, il t'aime. C'est tout à fait légitime, ou presque.

Puis, quelqu'un entre dans la chambre. Tu ne tardes à comprendre qu'il s'agit de Tudor. Il te vire de ton lit, t'accordant au passage une gifle magistrale, et attrape Soren par la suite. Tu serres un peu les dents, et le temps de te redresser, d'enfiler un boxer, il est déjà de retour vers toi. « Bravo, Dom Juan. » Tu fronces les sourcils. Mais qu'est-ce qui lui prend bon sang ? Tu sang ne fait qu'un tourne, tu le foudroies littéralement du regard, secouant la tête, purement désapprobateur. Il a pété un câble ou quoi ? Inquiet d'abord, tu reviens vers Soren qui a l'air un peu secoué. Tu retires le bout de tissu qu'il a dans la bouche, et il t'observe, avec une certaine lueur de panique au fond du regard. « Bien sûr, retourne avec ton jouet. » Tu serres les dents. Non Samael, ne va pas trop loin, par pitié. L'humain tremble légèrement, visiblement surpris. Tu glisses une main contre son torse, doucement. « Calme toi, c'est rien... Je vais régler ça, tu devrais aller dormir. » Murmures-tu à son adresse. Il hoche légèrement la tête, fusille l'autre du regard un bref instant. Et toi, tu te relèves comme une furie, t'approchant du brun pour le plaquer violemment contre un mur. Ton regard se fait colérique, autant que ton expression générale, ton attitude. Tu es en colère. Contre lui, contre ce qui vient de se passer. « Et toi, qu'est-ce qui t'a pris, hein ? T'ES COMPLÈTEMENT TARÉ ? » Oui, tu as parlé sous le coup de la colère. Tu n'aurais pas dû. Ton regard est fou, tes phalanges se resserrent sur ses épaules. « Peut-être que je l'ai pas précisé dans les règles ? T'as aucun droit de faire ce que tu viens de faire, t'entends ? » Tu serres les dents pour ne pas perdre les pédales. Pour ne pas péter un câble. Tu tournes un instant le regard vers Soren. Il serait peut-être plus sage de le laisser dormir, non ? Oui, tout à fait. Attrapant l'autre par le poignet, tu l'entraînes à ta suite. Il faut que vous ayez une sérieuse conversation. Parce que, ce qui vient de se passer, ce n'est pas tolérable. Ce qui vient de se passer... Il n'aurait jamais dû. Vous descendez à l'étage inférieur, rejoignant l'immense salon. Et sans prévenir, tu te retournes, et tu lui en colles une, tout simplement. Sec et rapide. Peut-être un peu trop violent. Rien à faire, d'autres sont morts pour moins que ça. « Ne recommence jamais ça. » Siffles-tu entre tes dents. Tu es nerveux, ça se voit, tu n'arrêtes pas de t'agiter. Tu t'éloignes d'ailleurs vers la table, sur laquelle tu poses tes mains, lui tournant le dos. « T'as aucune raison de foutre en l'air ma vie, d'accord ? T'en as pas déjà assez fait comme ça, tu crois ? » Tu es agressif, plus que tu ne le devrais. Tu te retournes, et tu visses ton regard de glace dans le sien. Tu perds carrément les pédales. Tu deviens dingue, tu dis des choses que tu ne voudrais pas dire, et pourtant. Tu t'en veux. Tu t'en veux de l'aimer encore, et pas qu'un peu. Tu t'en veux d'être casé aujourd'hui, et que ce ne soit pas lui qui partage ton lit. Tu vous en veux, d'être aussi faibles, et encore aussi amoureux que dix ans plus tôt.

_________________

- I LOVED YOU SO MUCH, AND NOW IT HURTS SO BAD -
falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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