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 feel it in my heart that this won't fade. + tudor.

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♆ tell me, would you kill...
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♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire (de Samael).
♆ âge : 1143 ans (et fou amoureux de Samael).
♆ métier : Fouteur de m**** (et amant de Samael à plein temps).
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MessageSujet: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Dim 18 Aoû - 13:48



feel it in my heart that this won't fade.

samael & lyokha


DATE ► partie II du premier rp au palais, donc même date.
HEURE ► c'est le soir. Lyokha n'a aucune idée précise de l'heure qu'il est, on sait juste que minuit est passé depuis quelques temps.
MÉTÉO ► la nuit de printemps est agréable, il fait bon, ni trop froid, ni trop chaud. Le ciel est découvert et les étoiles y brillent visiblement.
LIEU ► le palais impérial de Cinis Luna.
STATUT ► privé.
RÉSUMÉ ► après s'être pris un vent monumental pendant la journée, Lyokha décide de tenter une dernière fois sa chance, alors il se rend ici pour chanter sous la fenêtre de l'intendant impérial le classique "can't take my eyes off of you". à voir comment ce dernier va réagir, et surtout, ce qui va se passer en cette nuit... mouvementée.
VOX POPULI ► non merci.

crédit icônes © unknown

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Dim 18 Aoû - 13:48



samael + lyokha
Love hunt me down, I can't stand to be so dead behind the eyes, And feed me spark me up. A creature in my blood stream choose me up, So I can feel something, So I can feel something. Give me touch, 'Cause I've been missing it. I'm dreaming of Strangers, Kissing me in the night, Just so I Can feel something. You steal me away, With your eyes and with your mouth. And just take me back to in your house, And stare at me with the lights off, To feel something. In the night, In the night, In the night. When we touch, In the night, 'Cause I've been lusting it.


Ses mots résonnent encore entre les parois de ton esprit. À combien de personnes as-tu joué ce numéro, Lyokha ? Allez, honnêtement. Une, deux, trois. Ah oui, tu t'es trompé. Quoique non, pas tellement en fait, puisque Petrova n'en avait rien à faire, de toi. Samael est un peu pareil, en un sens. Lui aussi n'en a rien à faire de toi. En apparence du moins, car tu t'entêtes, tu t'obstines à penser qu'il y a quelque chose de bien plus sincère, profondément enfoui quelque part dans son coeur. Un petit mot de rien du tout, un mot de cinq lettres, débutant par un A pour s'achever sur un R. Est-ce que c'est ce que tu ressens, toi ? Bien sûr que oui. Bien sûr que non. Tu ne ressens plus rien, depuis longtemps. Ton coeur est mort, il s'est éteint en même temps qu'elle et Titus. Il s'est embrasé, au fil des jours, des mois, des années. Et aujourd'hui, il n'y a que quelques cendres qui traînent par ici, et par là, attendant tranquillement de disparaître à leur tour. Tu es vivant, là, tout de suite. Mais qu'en sera demain ? Tu sais bien que quand la nature fait une telle offrande, c'est qu'elle attend quelque chose en retour. Pour équilibrer la balance. Apparemment, tu sais ce que c'est, toi, cette contre partie. Elle veut te voir souffrir, rien qu'à l'idée que tu vas mourir une deuxième fois. Hé non Lyokha. Tu ne mourras pas, jamais. Tu pourrais pourtant, te laisser attraper par les chasseurs. La réalité, c'est que tu n'es pas lâche. Tu veux cette vie d'égoïste, de monstre sanguinaire, de créature sans foi ni loi, ce tout et ce rien qu'est le Mad Hatter. Oh, il est bien triste le destin, oh, elle sera grande, ta douleur. C'est pour cela que tu ignores tout, c'est pour cela que tu as oublié ce que c'était, la joie - et tu ne parles pas de celle qui vicieuse, accompagne chacun de tes méfaits - être heureux tout simplement, ou même, l'amour. Ah l'amour. Tu aurais pu jurer que cela n'existait plus, jusqu'à il y a quelques jours. Il a fallu que tu débarques, que tu t'en amouraches comme un stupide adolescent. Il l'a eu, ton coeur. Il l'a tenu au creux de ses mains, encore aujourd'hui. Et comme toujours, il a tout fait péter, il a déconné. Il a appuyé un peu trop fort et il s'est bien amusé. Ses petits sourires moqueurs, ses piques trop sincères. Ouais, il t'a fait mal au coeur, encore. Il t'a fait comprendre que, au final, sur le plan émotionnel - et si émotions il y a - tu ne vaux pas mieux que lui. Tu ne vaux pas mieux que tous ces humains que tu tues, tous ceux dont tu te moques ouvertement. Au final, cette méchanceté, ce n'est peut-être que ta frustration de vampire déçu par la vie qui parle. C'est cette haine exacerbée qui t'empoisonne et qui t'empêche d'ouvrir les yeux. C'est très bien ainsi ; voilà ce que tu te répètes, à longueur de temps. L'amour, ça ne sert à rien, c'est bidon, inexistant, juste un autre prétexte pour souffrir sans s'avouer qu'on est qu'un gros masochiste. Et pourtant, tu dois avouer qu'il t'a fait tiquer, lui. Il a soulevé l'hypothèse que, au final, peut-être que ça sert à quelque chose l'amour. Peut-être que ce n'est pas aussi vicieux que ce que tu penses. Il t'a ouvert les yeux, juste quelques instants. Quelques maigres heures, avant de brusquement éteindre la lumière.

Oui, tu dois l'admettre. Il t'a mis un sacré vent, le Tudor. Je t'aime. Pas moi. Non, ce n'est pas ce qu'il a dit précisément. Mais la douleur dans ses yeux, ses paroles un peu trop acerbes, cette manière presque prétentieuse et dédaigneuse de te répondre. Comme s'il s'était empêché de te balancer quelque chose de capital, l'information précieuse pour laquelle tu sembles te battre depuis le début. Est-ce que tu abandonnes ? Oui. Non. Tu ne sais pas, tu ne sais plus ce que tu veux. Le jeu était sympa, au début. Mais à cette heure, en vaut-il réellement la chandelle ? Regarde-toi, tu es en train de te perdre, pour lui. 1143 se sont écoulés, tu n'as toujours pas retenu la leçon ? Tu fais un piètre élève, Volkov. Regarde ce qu'il est en train de faire de toi. Un moins que rien. Il t'abaisse au niveau de ta nourriture. Naïfs et stupides petits humains. Trop idiots pour croire que la vie peut être marrante et agréable. La dolce vita ? Rien de plus qu'une chimère. Invention d'un humain dépressif en manque d'affection. Tu plisses les yeux, regardant devant toi. Pourquoi est-ce que tout est toujours aussi compliqué ? Peut-être que, au final, tu aurais préféré qu'il te dise que oui, lui aussi t'aimait, même si c'était faux. Au moins, tu aurais eu cette petite sensation, cet infime espoir que c'était encore possible pour toi, d'aimer quelqu'un et surtout, d'être aimé en retour. Voilà que toutes tes convictions s'écroulent, une à une, tout ce que tu pensais savoir, tout ce que tu croyais être. Tu rejettes la faute sur ton actuel statut d'humain, même si tu sais pertinemment que c'est bien plus profond que ça. Et dire qu'il ne devait être qu'une distraction. Un jeu, pour lequel tu devais endosser un rôle qui désormais, te colle à la peau. Tu t'es vraiment perdu dans ton personnage, pour le coup, tu mérites l'oscar du meilleur comédien, mais surtout, l'oscar de la connerie. Tu sais que cette histoire va mal se finir, avant même qu'elle n'ait commencé. Tu sais qu'il va en souffrir, et peut-être que toi aussi, tu vas avoir mal. Alors pourquoi t'entêter ? Pourquoi sauter dans le vide comme ça, quand tu peux emprunter un chemin bien moins escarpé, celui qui se trouve à l'opposé de la personne de Samael Tudor. Parce que tu aimes le danger ? En partie. Mais la vérité, la petite réalité qui se cache derrière ce tissu de mensonge, c'est qu'il a réussi. Il y arrive. À quoi donc ? À ramener petit à petit des morceaux d'une humanité perdue. Humanité qui a disparu depuis des siècles déjà. Il est en train de la faire renaître, doucement, de la ramener à la surface. Et tu détestes ça, profondément. Car il te rend vulnérable, il te rend faible de ce fait. Mais ses yeux, ses lèvres, sa peau, son corps. Lui tout entier, ne vaut-il pas tous les sacrifices du monde ? Tu es en train de te perdre Lyokha, la chute sera longue, et l'atterrissage douloureux.

Il a laissé sous-entendre qu'il en aimait un autre. C'était un aveu à demi-mots, quelque chose qu'il a balancé suite à une conversation téléphonique douteuse. Résultat d'une question de trop que tu lui as posée. Ça aussi, tu aurais préféré l'ignorer. Quoique, si tu as un nom et un prénom, tu peux toujours t'arranger pour le faire disparaître. Minute. Tu te rends compte à quel point ce serait égoïste ? Juste pour gagner, pour savoir qu'il est à toi. Au final, tu ne sais même pas si vous deux, ça existe. S'il y aura quelque chose, par le futur. Quelques heures, quelques jours, une semaine, des mois, trois ans. Ou peut-être même rien. Peut-être n'est-il qu'une lubie passagère, un passe-temps comme un autre qui finira bien par se faner entre tes mains de monstre, jusqu'à agoniser, lentement. Puis, mourir, sans un son, sans couleur. Mourir paisiblement pour disparaître dans les méandres de son esprit, comme s'il n'avait jamais existé. Ô, funeste destin. Ô, cruel futur qui vous attend, amants maudits. En attendant qu'il vienne cet avenir sombre, tu penses tes plaies à l'alcool, te guérissant à la bouteille. Tu avais oublié qu'un humain était extrêmement vulnérable, et faible face à la liqueur. Tu ne sais pas combien de verre tu as déjà bu, tu ne comptes même plus les shots servis depuis le début de la nuit, tu te contentes de boire. Et dire que d'habitude, une bouteille comme mille ne te font rien. Pour le coup, tu as déjà la tête qui tourne sévèrement au bout de plusieurs verres. Woh, dans tes souvenirs, tu tenais mieux l'alcool. Peut-être car, à l'époque, tu ne buvais pas ? C'est une possibilité à prendre en compte. Pendant ce temps, tu délires joyeusement, sans faire attention à la brûlure qui tapisse l'intérieur de ta gorge. Tu es ivre, complètement. Partagé entre une joie immense, et l'envie de chialer comme un gamin. Pourquoi est-ce que tout cela revient d'un coup, hein ? Tu aurais préféré ne plus avoir à être humain, jamais. Ne plus avoir à subir ça ; cette mêlée de ressentis qui te submerge sur l'instant.

D'autant plus que ton état actuel d'ébriété n'est pas vraiment là pour arranger les choses. Depuis combien de temps ne t'es-tu pas retrouvé minable comme cela ? Tu n'en as aucune idée. Enfin, si, mais te le rappeler, ce serait bien peu glorieux. Tu te souviens parfaitement de cette période de déchéance constante, à vaciller entre rêve et réalité, entre drogues et alcools. À faire n'importe quoi, constamment, tout ça pour te blesser. Te punir tout seul, comme un grand, pour ce qui s'était passé par le passé. Tu secoues la tête. Rah, ne plus y penser. Il faut que tu bouges, que tu arrêtes de te lamenter sur ton sort, aussi pathétique soit-il. Tu dois le voir, rien qu'une dernière fois, ce soir. Mais avant tout, tu dois te poser des limites. Ce soir, et après tu arrêtes de lui courir après. Dernière chance. Tu ne vas pas t'empoisonner l'existence pour un humain. Alors, après cette nuit, demain matin, quand les premières lueurs du jour éclaireront le ciel, tu te rentreras profondément dans le crâne que tu dois arrêter de le coller. Tu devras te résoudre à l'idée d'abandonner, te dire que tu auras tout tenté. C'est vrai quoi, voilà bien trop de temps que tu lui cours après, sans résultat. Les fleurs, l'invitation surprise chez les Hare, tout ça... Tu en as fait beaucoup, pour un simple mortel. D'ordinaire, tu les méprises, et là, voilà que tu cherches à l'avoir à tout prix, lui. Donc, tu t'en tiendras là, quoiqu'il arrive, d'accord ? Tu ne peux que t'y contraindre, de toute façon. Tu ne veux pas le forcer, à rien. Parce que pour la première fois depuis longtemps, tu as envie d'admettre que tu peux perdre. Tu as envie de te montrer moins égoïste, plus... Rationnel. Est-ce l'alcool qui inhibe ta personnalité vampirique ? Tu n'en as aucune idée, mais c'est de plus en plus étrange à vivre. Tapant du plat de la main sur le bar, tu te rends compte que le barman est ailleurs. Ah, mince. Ou tant mieux, as-tu envie de dire. Tu te penches un peu sur le bar, tendant le bras pour récupérer une bouteille de tu ne sais quoi sur les étagères de verre. Voilà qui fera l'affaire. Et c'est sans demander ton reste que tu sors du bâtiment.

Le printemps est doux, agréable. Il fait bon. Pas trop chaud non plus, suffisamment pour sortir en chemise. Ou peut-être est-ce l'alcool qui à nouveau, se joue de tes sens. Tu n'en as aucune idée, et tu es déjà bien trop loin pour raisonner correctement. Tes pensées sont intégralement tournées vers lui, vers vous. Tu t'autorises à imaginer, rien qu'un instant, ce que ça donnerait, vous deux. Une nuit secrète, dans le noir, vos lèvres qui se cherchent et se trouvent, deux corps qui s'épousent, qui s'étreignent avec passion, pour s'apprivoiser plus farouchement encore. Tu fronces les sourcils. Honnêtement, tu crois que ça arrivera un jour ? Tu n'as qu'une nuit. Et celle-ci est déjà bien entamée, à en juger par le cadran de la grande horloge de la ville. Quelle heure est-il, précisément ? Aucune idée. Plus de minuit, mais pour être plus précis... Peut-être une heure, deux, ou même minuit dix. Ça n'a aucune importance, le temps t'est compté, et tu le sais, alors, tu avances d'un pas décidé vers le palais. Tu divagues à droite, à gauche, consommant ce que la bouteille peut t'offrir, c'est tout. Tu n'es plus loin, non. Tu aperçois cette vague et immense silhouette se profiler sur un horizon proche. Un palais encore éclairé, par de grands spots qui mettent en valeur sa grandeur. Il doit être là, lui aussi. Dans une des pièces, à travailler, à dormir. À jouer du piano. L'idée te fait sourire, mais ta tête tourne, et tourne encore. Comment rentrer ? Tu ne peux pas, il y a des gardes de partout. Tu pourrais bien essayer de leur filer entre les doigts, de les convaincre de te laisser rentrer. Peine perdue. Ils ne laisseraient pas rentrer un inconnu, et certainement pas quelqu'un qui garde précieusement sa bouteille dans une main, quelqu'un qui est déjà ivre comme tu l'es. Exalté, perdu, désespéré et à la fois convaincu. Convaincu que tu as encore une chance, même minime, qu'il se passe quelque chose avec lui.

Alors, puisque tu ne peux pas entrer, tu vas emprunter la méthode la plus ridicule qu'il soit. Attirer l'attention, qu'il sache que tu es là. Tu es vraiment stupide, tu le sais ça ? Rien à faire, tu t'éclaircis un peu la gorge, inspirant profondément. Et c'est parti. « You're just too good to be true ! Can't take my eyes off of you ! You feel like heaven to touch, I wanna hold you so much. At long last love has arrived, And I thank God I'm alive. You're just too good to be true, Can't take my eyes off of you ! » Bon, oui, tu aurais pu choisir quelque chose de plus glorieux. Mais quelque part, les paroles ne sont-elles pas exagérément véridiques ? Hm, c'est à se poser des questions, c'est vrai. Les gardes ne te prêtent pas vraiment attention, bien que tu cries étonnement fort. Ce n'est peut-être pas très juste, mais tu n'en as rien à faire sur le moment. Ah oui, c'est le moment de le dire, l'amour en fait faire, des conneries. « Pardon the way that I stare ; there's nothing else to compare. The sight of you makes me weak, there are no words left to speak. So if you feel like I feel, please let me know that it's real ! You're just to good to be true, can't take my eyes off of you. » Plus que vrai, quand on y repense. Enfin, tu t'égosilles encore et toujours, même si les gardes semblent pour leur part, plutôt importunés par ton comportement. Tu reprends, le refrain cette fois. « I love you baby, and if it's quite alright ! I need you baby to warm the lonely nights. I love you baby, trust in me when I say ; oh pretty baby, don't bring me down I pray ! Oh pretty baby, now that I've found you stay. Let me love you baby, let me love you ! » Ta gorge te brûle intensément. L'alcool, les hurlements, tout ça, ça te fait rudement mal. Mais tu ignores presque la douleur, guettant la moindre fenêtre, la moindre porte. Il va ouvrir, pas vrai ? Oui, bien sûr. Il doit le faire. Car c'est votre dernière chance. Tu fronces les sourcils, alors que tu sens une main te saisir par le bras. Tu regardes vivement qui t'a attrapé, et tu reconnais l'un des gardes. « Hé, mais lâche-moi toi ! » Tu te dégages rapidement, pas touche. « Monsieur, vous allez devoir partir, il n'est pas l'heure ni le lieu pour cela. » Tu secoues la tête, tu n'en as rien à faire. Tu restes stoïque, planté ici, à attendre de le voir, lui. Au bout de quelques minutes, le garde comprendre que tu n'es pas prêt à partir, alors, il t'attrape à nouveau. Mais cette fois, par coup de sang ou tu ne sais quoi, tu ne te laisses même pas attraper ; tu envoies ton coude dans son visage, brusquement. « SAMAEL ! » Hurles-tu par la suite. L'autre est juste un peu étourdi, mais rapidement, il rattrape tes mains, les liant dans ton dos. « SAMAEL ! » Fais-tu encore plus fort. Priant intérieurement pour qu'il daigne se montrer.

Même si quelque part, vous savez l'un comme l'autre que ce n'est pas une bonne idée.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Lun 19 Aoû - 10:47

Tu t’écroules sur ton lit. Tu es épuisé. Ta journée vient enfin de se terminer. Il est tout juste minuit pourtant. Pourquoi est-ce tu ne rentres que maintenant dans ta suite ? Peut-être parce qu’il fallait finir de tout préparer pour la visite de quelques personnes influentes d’Aurea Luna. Et bien évidemment, l’intendant n’avait pas tout prévu. Certains membres du personnel sont absents pour diverses raisons et il n’a pas confié les bonnes taches au personnel restant. Il ne les connait pas assez pour savoir qui peut s’occuper de quoi. Ce n’est pas sa faute, il ne peut pas connaître tout le monde. Toi tu as grandi ici, toi tu connais chaque personne. C’est ce qu’on a toujours attendu de toi : que tu saches toujours quoi faire peu importe la situation. Habituellement, tu aurais réglé un tel problème bien plus rapidement mais ce n’est pas ta journée. Non, vraiment pas. Tu as enchaîné les moments de distraction, les rêvasseries... Tu t’es même éclipsé deux bonnes heures. Tu as fait un tour à cheval, pour te changer les idées. Résultat, tu as pris du retard et tu as été obligé de demander au personnel de rester plus longtemps. Tu le regrettes mais tu n’as pas eu le choix. Enfin, c’est fini. Niveau travail en tout cas.

Non mais quelle journée... Tu ne t’attendais pas à voir débarquer un certain Lyokha en plein milieu de la journée, dans les couloirs du palais. Encore moins avec un bouquet de fleur à la main. Et encore, s’il n’y avait que cela. Non, aujourd’hui, il avait quelque chose de plus. Il avait un cœur battant dans sa poitrine. Il était vivant. Tu étais troublé. Tu t’en veux d’agir comme tu le fais avec lui. Minute. Tu t’en veux ? Oui. Oui, il faut bien l’avouer. Tu voudrais pouvoir être sincère, tu voudrais parfois pouvoir simplement être toi-même, ne pas avoir toutes ces responsabilités sur les épaules. Ne pas être ce que tu es, pour juste être sincère aussi souvent que tu le souhaites. Mais c’est impossible. Tu n’es pas libre. Tu es Samael Tudor, tu en es fier malgré tous les sacrifices que tu dois faire. Alors, au final, tu sais que tu as bien fait. Il fallait qu’il s’en aille, il fallait que tu n’entres pas dans son jeu. Tu as tenu bon, difficilement. Mais il est parti à présent. Tu espères qu’il ne reviendra pas à l’attaque. Tu ne sais pas si tu pourras encore résister bien longtemps. Tu as cessé de te mentir, tu sais ce que tu ressens pour lui. Mais tout est tellement compliqué...

Un soupir t’échappe et tu te retournes sur le dos, fixant le plafond. Très sincèrement jeune homme, que fais-tu ? N’importe quoi. Tu aimes quelqu’un. C’est tellement pathétique. C’est une faiblesse. Dire que tu as toujours fait pour échapper à ces sentiments. Tu sais ce que tu voulais : ne vivre que pour ta famille et aussi pour l’empire, pour tes semblables. Et là tu fond. Pour un vampire. Pour ce vampire qui devrait te haïr pour tout ce qui lui est arrivé à cause de toi. Ce vampire que tu devrais haïr aussi. Parce qu’il t’a mordu. Parce qu’il est la raison initiale pour laquelle tu détestes ses semblables. S’il n’avait pas été là, tu n’aurais peut-être pas cette haine qui te dévore le cœur. De plus, rappelle-toi que tu brises deux tabous en ayant des sentiments pour lui. Tu n’en as pas grand chose à faire. Les tabous ne t’ont jamais fait peur. Tu es soumis aux lois, plus que n’importe qui, et pourtant tu les connais si bien que tu te permets de les enfreindre pour des raisons que tu estimes justes. La bonne blague. Quelle plaie. Tu ne veux pas de ces sentiments. Que peux-tu donc faire pour les étouffer ? Ce serait tellement plus facile de le faire disparaître. Tu n’es pas Chasseur pour rien. Seulement tu doutes d’en être capable. Tu doutes de toi, pour la première fois depuis des années. Arriverais-tu à l’éliminer ? Non, parce que au fond de toi, tu ne veux pas en arriver là. Pas avec lui. Et indirectement alors, ne peux-tu pas lui envoyer certains de tes collègues ? Non plus. Tu ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Pathétique. Tu es pathétique.

Agacé, tu te relèves et va fouiller dans tes affaires. Au fond d’un placard, masquées par une trappe secrète, tu trouves tes affaires de Chasseur. Tu n’as jamais douté de toi en les utilisant. Lorsque tu deviens Leo, tu n’as plus de raison d’hésiter, d’avoir de remords. Tu laisses simplement libre court à ta haine tout en protégeant tes semblables. Et pourtant, aujourd’hui... Tu regardes tes armes. Tu regardes tes gants rougis du sang de tes victimes. Tu es dégoûté. Tu fais une erreur. Ton père te le dirait. « On peut haïr mais il ne faut pas commettre d’impair. Les Chasseurs en commettent. Un jour ils élimineront la personne qu’il ne faut pas et une nouvelle guerre sera déclenchée. » Tu te souviens de ces paroles, le jour où tu lui as posé des questions sur ce groupe de hors-la-loi. Tu te souviens de cette lassitude au fond de son regard. Tu te souviens de cette promesse que tu t’étais faite : ne plus avoir à redouter une erreur des Chasseurs. Tu es des leurs. Ils ignorent qui tu es mais ils t’écoutent quand tu leur déconseilles certaines cibles. Tant que vous évitez les incidents diplomatiques, tout va pour le mieux. Un soupir t’échappe. Non, tu as beau commencer à changer d’état d’esprit, tu ne peux pas abandonner les autres. Tu ne peux pas les laisser faire comme ils veulent. Medusa est sage et réfléchie, elle est une bonne meneuse. Mais tous les hommes ne sont pas parfaitement obéissants et certains se laissent encore plus aveugler par la haine que toi. Non, définitivement, tu ne peux pas les laisser. Tu as des responsabilités. De plus, tu as sauvé bien des vies avec eux, tu ne peux pas regretter. Miss Maura est là pour te le rappeler. Tu es utile aussi, en leur compagnie.

Tu ranges tes affaires bien au fond de leur cachette puis tu te détournes allant plutôt nourrir tes serpents. Pas qu’eux mais c’est la principale espèce que tu élèves dans ta suite. Tu aimes les animaux, peu de personnes semblent le savoir mais c’est pourtant le cas. Le nombre d’heures que tu passais au zoo impérial quand tu étais petit... Tu y passes encore régulièrement, les animaux se souviennent encore de toi. Un sourire étire tes lèvres. Infernal et irrécupérable. C’est ce que tu es. Tant pis. Tu entres dans la pièce spécialement dédiée aux terrariums. Heia n’aime pas beaucoup ta passion pour les reptiles et amphibiens, surtout quand ils sont venimeux. Il faudra que tu penses à ramener certaines espèces au zoo d’ailleurs, tu avais récupéré certains animaux blessés ou trop faibles pour vivre avec les autres. Bref. Tu t’occupes donc de tes bestioles. Serpents. Lézards. Salamandres. Grenouilles. Un léger rire t’échappe d’ailleurs lorsque tu t’occupes de ces dernières. Elles sont bleues. Grenouille bleue. Lyokha. Il ne le fera pas mais tu dois bien t’avouer que l’imaginer déguisé de cette manière est hilarant. Lyokha... Non, n’y pense plus ! Il ne reviendra pas, il ne faut pas qu’il revienne. Agacé, distrait, tu rattrapes de justesse l’animal qui tente de s’échapper de son terrarium. Non non, elle n’ira pas voir ailleurs s’il y a à manger. Ah la la... Tu dois aller te coucher. Tout de suite. Peut-être qu’une bonne nuit de sommeil t’aidera à oublier le vampire.

Après un bon lavage de mains, tu retournes dans ta chambre et retires ta veste, ayant bien l’intention de te coucher cette fois. Sauf que quelque chose t’en empêche. Une voix, un chant. Sa voix. Tu déglutis. Non, il ne peut pas... Ce n’est pas possible que... Et pourtant tu ne peux t’empêcher de t’approcher de la porte-fenêtre donnant sur ton balcon. Tu hésites à ouvrir, à aller vérifier. Que chante-t-il donc ? Qu’il... Oh bon sang. Il y a des personnes qui vivent dans le palais ! Tu ouvres donc la porte et gagnes l’extérieur, sans toutefois te montrer. Ce qu’il chante... Faux mais quand même... Tu déglutis difficilement. Que faire ? Le laisser ? Les gardes ne devraient pas tarder à le virer de là... Tu secoues la tête. Il faut que tu l’oublies, qu’il t’oublie. Ce n’est pas une bonne idée de te montrer. Ce n’est pas... Au diable les conventions. Tu disparais dans ta chambre, récupères ta veste puis quittes ta suite à toute vitesse. C’est une mauvaise idée. Pire, c’est une grosse erreur. Tant pis. Il est quand même revenu. Il fait n’importe quoi sous tes fenêtres. Tu dois... Quoi, mettre définitivement les points sur les i ? Oui, c’est le prétexte que tu te trouves mais... D’un autre côté, tu n’as guère envie de le laisser trahir ses sentiments pour toi. Si des rumeurs se mettent à courir sur toi, tu ne sais pas comment tu pourrais les faire taire. Non. En fait... Tu ne sais pas pourquoi tu descends. Parce que c’est lui, tout simplement, peut-être. En quelques petites minutes, tu es dehors. C’est utile de connaître tous les raccourcis et passages secrets. Tu gagnes donc le parc au moment où tu entends ton prénom. Une fois. Deux fois. Tu te mordilles la lèvre. Non Samael, tu ne dois pas intervenir. Tu ne devrais même pas être descendu. Et pourtant tu es bel et bien là. Tu ne peux t’empêcher de t’avancer. Un garde le maîtrise. Un soupire t’échappe. Tu es épuisé, par sa faute. Ne peut-il donc pas être sage lorsque tu ne parviens pas à l’être ?

-C’est bon, laissez-le.
-Monsieur Tudor ?
-Je m’occupe de lui. Vous pouvez disposer.


Il hoche la tête, relâche le pseudo-vampire, s’incline puis retourne à son poste. Pour ta part, tu ne bouges pas. Tu croises simplement les bras, le jugeant du regard. Il est dans un bien piteux état. Ton regard s’arrête quelques instants sur la bouteille d’alcool qu’il a entre les mains. Un profond soupir t’échappe. Bien. Et maintenant, que faites-vous donc ? Aucune idée. Tu le baffes ? Ce n’est pas l’envie qui t’en manque, peut-être que cela lui remettrait les idées en place. Sauf que tu risquerais de lui faire perdre ses quelques neurones restants. Tu es méchant mais il t’agace. Surtout que tu as aussi envie de l’attraper, l’embrasser, le plaquer contre un mur, retourner dans un placard... Ahem. Voyons, Samael. Contrôle un peu tes pensées. Fort heureusement, tu ne laisses rien paraître. Il te fait perdre la tête... Il va réussir à te faire flancher. Non. Tu t’y refuses. Tu te contentes de l’observer, le foudroyant du regard. Il ne faut pas que tu y ailles en douceur. Il faut que tu sois ferme. Il faut que tu lui dises non une bonne fois pour toutes. Tu vas essayer.

-Bravo. J’espère que tu es fier de toi. Tu te ridiculises et je vais devoir expliquer ton attitude sous mes fenêtres. Merci. Tu ne sais donc que me pourrir la vie ?

Tu es ferme. Trop. Tant pis, il l’a cherché. Tu as été trop gentil avec lui jusqu’à aujourd’hui, il est grand temps que tu changes de méthode. Sauf que tu n’aimes pas agir ainsi. Tu n’aimes pas faire ce que tu fais. Tu fermes les yeux un instant. Faut-il vraiment que tu le dégages de ton existence ? Ne peux-tu pas lui laisser une chance ? Quelle idée ! Non, tu n’en as pas le droit. Et pourtant... Au final, tu rouvres les yeux et le rejoins, décroisant les bras. Tu l’attrapes par le poignet et l’entraînes à ta suite, dans un coin un peu plus sombre, à l’abri des regards. Et là, tu emprisonnes ses joues entre tes mains, essayant de l’observer au fond des yeux. Mais quelque chose te dérange... Une odeur que tu connais bien et qui n’émane pas que de la bouteille qu’il a dans la main.

-Tu empestes l’alcool. Bon sang... Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ?

Oui, qu’est-ce que tu vas bien pouvoir faire de lui ? Le laisser filer ? Le garder avec toi ? Bonne question. La seconde solution est alléchante mais... Comment pourrais-tu expliquer une telle attitude ? Ce n’est pas dans tes habitudes d’inviter quelqu’un dans ta suite, personne n’y pose les pieds en dehors de ta famille et quelques très rares exceptions. Alors que faire ? Tu ne sais pas. Tu le regardes, tu le juges. Te demandant si, au final, il faut que tu baisses tes défenses pour lui. Si, au final, tu l’aimes suffisamment pour laisser tomber tes principes et accepter de mettre tout ce que tu devrais être de côté. Pour lui...

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 24 Aoû - 13:53

a kiss with a fist is better than none.

Mais quelle brillante idée. Encore une fois, digne de ta personne. Non, mais regarde-toi un peu. Tu peux le voir, à quel point tu tombes bas, pour lui ? Tu te ridiculises, carrément. Au final, le regard des autres, tu n'en as rien à faire. Mais t'es en train de te tirer une balle dans le pied Lyokha, tu bousilles ta petite fierté tout seul, comme un grand. Sans l'aide de personne. Tu devrais avoir honte de ton comportement, mais tu n'y parviens pas. Même pas un peu. Pff. Pathétique, et même pire encore, tu es risible. Chanter sous les fenêtres d'un gars qui n'en a rien à faire de toi. Qu'est-ce que tu crois ? Qu'il va te tomber dans les bras comme ça ? Revenir sur ce qu'il a dit cet après-midi et finalement, laisser les choses se faire ? Il semble que tu es un peu trop optimiste, pauvre fou. Tu devrais partir, t'enfuir en courant tant qu'il en est encore temps. Partir loin d'ici, ne pas te retourner, encore moins pour le voir lui. Parce que tu vas te perdre, si les choses vont plus loin. Non mais, regarde un peu ce que ça donne. Au début, ce n'était qu'un jeu, un moyen comme un autre d'atteindre les Tudors. Tu t'es perdu dans ton affaire, tout seul. Tu tombes sur lui au fur et à mesure, inconsciemment. Oh, la chute sera longue, très longue. Et l'atterrissage, plus que douloureux. Allez, tu devrais ouvrir les yeux un peu. Il a quoi ? La vingtaine, quelque chose comme ça. Tu es cinquante fois plus âgé que lui. Rien que ça, c'est pathétique. Tu es mort, il est en vie. Tu devrais le laisser partir, et t'en aller par la même occasion. L'oublier comme tu as oublié les autres, le mépriser comme tu méprises tous les mortels. Pourquoi tu n'y arrives pas ? Pourquoi est-ce que les choses ne sont pas aussi simples. C'est curieux, usant, fatiguant. Et un jour, cela te sera mortel. Il est le futur intendant impérial, quand tu es l'un des pires criminels de cette planète. Niveau compatibilité, on peut mieux faire non ? Bien sûr qu'il y a mieux, comme paire.

Tu aurais dû aller chez Lucky. Rendre visite à ton frère et ta soeur. Aller au cinéma. À l'Atlantide dans une boîte. Au parc d'attraction. N'importe où tu aurais été sûr de ne pas le croiser. De ne pas penser à lui, même une infime seconde. Tu aurais eu de quoi te distraire. Mais non. À la place, il a fallu que tu ailles dans un bar pour boire. Il y a tellement de choses à faire en tant qu'humain, la première qui t'est pourtant venue à l'esprit, c'était d'aller noyer tes sentiments au fond d'un verre d'alcool. Merveilleux, brillant. Digne de toi, encore une fois. Tout ça à cause de lui... Tout ça car tu ne peux pas te le sortir du crâne. Terrible hein ? infernal. Puis, tu t'obstines, mais peut-être qu'il n'en a rien à faire de toi. Et quelque part, ce serait peut-être mieux pour lui, étant donné que toutes les personnes qui s'attachent un peu à toi finissent six pieds sous terre avant de mourir pour cause de vieillesse. Il a encore toute une vie à vivre devant lui, pourquoi vouloir l'en priver ? Parce que tu es Lyokha Volkov, et que tu n'es qu'un sale égoïste qui pense à son bonheur en premier. Non, minute, petite rectification. S'il n'y avait vraiment que cela, tu l'aurais laissé tomber. Mais, tu as senti quelque chose dans son intonation de voix, dans ses gestes, sa manière particulière de te regarder. Tu as senti que tu lui faisais quelque chose, et c'est pour ça que tu continues à lui courir après, à minuit passé encore. Tu es sûr et certain qu'il y a plus que de l'indifférence, dans son petit coeur d'humain. Aussi sûr que toi, tu commences à dangereusement ressentir quelque chose que tu ne contrôles pas pour sa petite personne.

Et voilà où tu en es rendu, à chanter sous sa fenêtre le grand classique « Can't take my eyes off of you. » Tu devrais avoir honte, vraiment. Non seulement car tu chantes faux. Mais en plus car tu avoues sans aucune subtilité ce que tu penses de lui. Ce que tu ressens pour lui. Est-ce que c'est sincère à cent pour cent ? Tu aimerais affirmer que non, et pourtant, tu commences à douter. Un garde t'interpelle, et tu comprends que c'est la fin de ton petit jeu, si tu n'es pas un peu plus rusé. Tant pis. Samael n'est pas descendu, tu as indirectement ta réponse, alors pourquoi t'entêter ? L'autre te saisit à nouveau, mais tu t'autorises une dernière tentative en criant deux fois de suite son prénom, là, au milieu du silence presque total. Allez Samael, viens. Ne me laisse pas s'il te plaît. Laisse-moi une chance, une seule, et si ça ne marche pas, on fera comme si rien ne s'était passé. Voilà qui fait le tour de son esprit, à plusieurs reprises. Tu crois que les choses vont être aussi simples ? Honnêtement, tout est toujours compliqué avec toi, et lui n'a pas l'air mieux sur ce plan-là. Tu sais qu'il y aura des conséquences, peu importe ce qui va se passer par la suite. « C'est bon, laissez-le. » Tu te retournes immédiatement, posant ton regard sur le brun qui vient de faire son arrivée. Sa voix, tu la reconnaîtrais entre mille. Tu ne bouges plus, tu ne te débats même pas. Tu restes juste bouche bée, à le détailler. Est-ce l'alcool qui te rend aussi obnubilé par sa personne ? Aucune idée. Tu es juste incapable de dire, faire, penser quoique ce soit sur l'instant. Il est venu. Par agacement ? Très certainement. C'est déjà bien plus probable que l'idée qu'il soit venu pour t'avouer de quelconques sentiments. « Monsieur Tudor ? » Il est toujours là lui ? Tu l'en avais presque oublié ; c'est dingue de se rendre compte à quel point tu es figé sur l'image du jeune Tudor. Comme s'il n'y avait que lui ici, sur l'instant. « Je m'occupe de lui. Vous pouvez disposer. » Tu n'arrives pas à contenir un léger sourire. Je m'occupe de lui. Ça peut sous-entendre bien des choses, même si à ton avis, dans le sens où il l'a dit, c'était plutôt dans le côté désagréable de « je vais m'occuper de ton cas et tu vas passer le pire quart d'heure de ta vie. » Tant pis. Tant que ce quart d'heure, tu le passes avec lui. ... . Non, mais tu t'entends un peu penser, parfois ? Pathétique.

Le garde te relâche, il s'éloigne. Tes yeux sont toujours désespérément plongés dans les siens. Même s'il fait sombre, même s'il fait nuit. Tu ne cilles pas, tu te contentes de le regarder silencieusement. À quoi bon parler, si tu n'as rien à dire. Il semble désespéré par ton comportement, et c'est compréhensible. Tu l'as peut-être réveillé. Ou alors, il est crevé, et tu ne fais que repousser un peu plus loin encore le moment où il pourra enfin de se reposer. Cela t'importe peu en réalité. Tu vois bien qu'il est énervé, agacé. Son regard et noir, presque menaçant, et pourtant tu y plonges avec délice, comme les fois précédentes. Ce n'est qu'un peu plus de danger, c'est tout. « Bravo. J'espère que tu es fier de toi. Tu te ridiculises et je vais devoir expliquer ton attitude sous mes fenêtres. Merci. Tu ne sais donc que me pourrir la vie ? » Il est sec, presque cassant. Et pourtant, il est à mille lieues de t'atteindre. Tu te ridiculises ? Oui, tu es déjà au courant. Mais as-tu besoin de lui rappeler que c'est pour lui, que tu fais cela ? Tu en doutes. Quant à expliquer ton attitude... Honnêtement, tu ne t'inquiètes pas pour lui. Il semble avoir toujours réponse à tout, ce n'est pas un mensonge de plus ou de moins qui va changer quelque chose à son existence. Quant à sa question... Tu baisses un peu les yeux dans un premier temps. Apparemment oui, tu ne sais faire que cela. Tu devrais d'ailleurs t'écraser, et ne rien répondre. Mais, c'est hors de question. Tu t'es assez retenu comme ça, tu aurais pu être cruel, méchant, tu n'en as rien fait. Et puis, il faut croire que l'alcool te pousse à faire bien des choses ce soir, alors, tu as un prétexte supplémentaire. Tu secoues un peu la tête, haussant les épaules. « Tu connais déjà la réponse... Si je ne savais que te pourrir la vie, on en serait pas là ce soir. Puis, c'est pas ce que tu disais cet après-midi, dans le placard. Ni-même chez les Hare. En fait, à part la première fois au bar, je ne me souviens pas t'avoir entendu dire que je te pourrissais l'existence... » Un curieux sourire finit par naître sur tes lèvres. Partagé entre l'amusement, et l'exaspération. Oui, tu t'exaspères. Pourquoi insister hein ? Parce que tu es dans le jeu, constamment. Tu es perdu dedans, tu ne trouves plus la sortie, et tu ne la cherches plus. Tout ce que tu veux, c'est lui. Lui tirer ces deux petits mots d'entre les lèvres.

Contre toute attente, il t'attrape par le poignet, t'embarquant discrètement ailleurs. Où ? Ailleurs. Dans un coin sombre, désert. À l'abri de tout regard indiscret. Vous n'êtes que tous les deux, et si ton instinct te crie de l'embrasser, tu n'en fais rien. Il emprisonne tes joues de ses mains, tu le laisses faire, ton regard demeurant un peu vague. Un peu perdu, et pourtant, toujours figé dans le sien. Il est un peu trouble par moment, mais tu n'en as rien à faire. Ok, faut avouer que tu n'aurais peut-être pas dû boire autant... Mais, qu'est-ce que t'en as à faire. Avec un peu de chance, si cette nuit se finit mal, tu ne t'en souviendras même pas demain. Il se rend d'ailleurs rapidement compte que tu n'es pas dans ton état normal. Rien qu'à voir tes yeux, à sentir l'alcool qui t'imbibe... il tire rapidement ses conclusions, mais tu ne lâches pas son regard. Sentir ses mains sur tes joues, c'est tellement agréable... Et tu voudrais tellement plus. Mais chaque chose en son temps, pas vrai ? « Tu empestes l'alcool. Bon sang... Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? » Tu souris un peu plus. Oui, tu es désespéré par ta propre attitude. Qu'est-ce qu'il peut faire de toi ? Te garder avec lui. La question ne se pose même pas. Tu n'as pas fait tout ça pour retourner finir la nuit dans un bar, ou à te battre dans la rue pour finir dans un poste de police. Non. Tu as fait tout ça pour être avec lui, toute la nuit si possible. Tu ne te fais pas trop d'illusions pourtant, mais, tu y songes sérieusement... « Je crois que j'ai ma petite idée... » Et sans plus attendre, tu glisses une main dans le bas de son dos, l'attirant à toi pour l'embrasser. La fougue, la passion. Certainement la saveur de la vodka aussi, un peu. Tu fermes tes yeux un bref instant, mais tu n'as pas le temps de profiter pleinement de ce baiser volé qu'il te repousse presque brusquement. Tu perds un peu l'équilibre, alors, tu te recules. Avant de dévoiler à nouveau tes yeux azurs, et un air mi-neutre, mi-joueur. « Ok... Je m'en doutais de toute façon... » Tu secoues un peu la tête, haussant les épaules.

Et puis, tu te recules. Tu t'éloignes dans la rue, à reculons. Tu lèves un peu les bras, essayant de maintenir un minimum ton équilibre tout en reculant. Tu ne le lâches pas du regard, pas un seul instant. S'il décide de partir, autant que tu profites une dernière fois de le voir, de près, ou de loin, dans ce cas. « Mais c'pas grave, je t'en veux pas du tout... » Fais-tu d'abord avec une moue triste. Tu finis par hausser les épaules, reprenant de plus belle. « Je vais pas t'embêter plus longtemps, je crois... Puisque tu refuses de me dire ce que tu veux réellement, ça sert à rien pas vrai ? Je crois que j'ai plus qu'à aller me jeter d'un pont. » Le tout accompagné d'un large sourire complètement désespéré. Si tu vas le faire ? Non, tu tiens bien trop à ton existence, aussi misérable soit-elle par moment. Encore une fois, tu hausses les épaules. Comme si c'était un tic, un automatisme. Tu soupires profondément, reprenant plus fermement ta bouteille au creux de ta main pour boire une nouvelle gorgée de son contenu. Ce qui t'arrache une légère grimace au passage, vu que le dit contenu se rapproche plus d'une eau de vie qu'autre chose. Tu t'éloignes encore un peu, avec ton regard de chat potté et ta dégaine de grand déprimé. « Mais je t'aiiiiiiime... Pourquoi tu veux pas l'entendre, hein ? Je t'aime moi... Mais c'est pas grave, si tu m'aimes pas, de toute façon, c'est illégal d'attacher des gens à un radiateur... » Tu te rends compte que ce que tu racontes n'a strictement aucun sens ? Et ça peut vraiment prêter à confusion... Non pas que tu es contre l'idée de l'attacher à un radiateur, parce que au final, l'idée est alléchante mais... Mais t'es complètement tordu ou quoi ? Oui, on dirait bien. Tu soupires profondément, continuant juste de reculer, sans le perdre de vue. Tu recules, encore, toujours.

Et BOUM. Tu ne sais pas qu'il y a un escalier derrière toi. Pas beaucoup de marches, non. Suffisamment pour que tu perdes l'équilibre et que tu tombes vers l'arrière, les dévalant rapidement et douloureusement. Autant dire que la bouteille a explosé, et que tu te retrouves étendu en bas, allongé sur le dos, à regarder le ciel. Aïe, tu as mal à la tête... Et pas seulement, tu as mal un peu partout en fait... Mais tu ne bouges pas. Tu regardes juste le ciel. « Je suis... Vivant. » Et tu n'as pas idée de la chance que tu as eue. Tu tousses un peu, plantant tes coudes dans le sol pour te redresser sur ces derniers, en appui. Quelle chance oui.

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Sa-Par
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 24 Aoû - 22:19

Tu n’aurais jamais dû descendre. Tu n’aurais jamais dû lui prêter attention. Il ne devrait pas la mériter. Il n’est qu’un vampire, il n’y a aucun intérêt politique à s’intéresser à lui, alors pourquoi le faire ? Non, tu n’aimes pas les vampires. C’est clair, net et précis. Et pourtant, tu fais une exception. Pour lui. Pourquoi ? Tu l’ignores. Il arrive à te toucher, il arrive à t’atteindre. Par ses mots, ses sous-entendus, ses gestes. Son attitude avec toi. Tu ne devrais pas. Dire qu’à l’origine tu avais du mal à accepter le fait d’être bi et non pas simplement hétéro... Envolé ce complexe. Comment a-t-il bien pu faire ? Comment est-il parvenu à un tel résultat ? Tu n’as aucune réponse à tes questions. Tu ne peux que constater le résultat : au lieu de chercher à l’éliminer, ou tout simplement au lieu de l’ignorer, tu bouges; Tu quittes ta chambre, ta suite, alors que tu es épuisé. Tu as besoin de sommeil, tu n’es pas comme lui. Toi, tu dors la nuit, même si parfois on a des doutes. Il est vrai que tu es limite insomniaque... Mais tu as toujours trop de choses à faire, et cela empiète sur ton temps de sommeil. S’il vient s’ajouter à tout ce qui perturbe tes nuits, tu vas finir par t’épuiser. Laisse-le donc, Samael. Laisse-le se prendre un vent et se faire virer du palais. Bonne idée. Mais non.

Non, tu es là, tu es intervenu. Tu es incorrigible. Tu devrais sérieusement penser à aller te pendre. Manière de parler, évidemment. Tu n’as pas le droit de mourir mais tu es tellement désespéré par ton attitude que, sur le moment, tu te demandes bien ce que tu vas pouvoir faire de lui. Et surtout de toi. Toi qui ne sait pas lui résister, toi qui prends sa défense, toi qui te mets en danger pour lui. Toi qui aurais pu mourir pour lui. Et tout cela pour quoi ? Pour lui. Non, il faut que tu règles ce problème une bonne fois pour toutes. Cette nuit, c’est ta dernière chance. Tu n’en auras pas d’autre. Si tu faillis, tu ne sais pas ce qu’il adviendra de toi. Tu as bien trop à perdre dans cette histoire, tu ne peux pas mettre tout ce que tu es, tout ce à quoi tu tiens en danger pour ses yeux d’azur. Il faut que tu mettes les choses au clair. Donc tu vas t’occuper de son cas. De quelle manière ? Tu ne le sais pas encore. Tu supposes que tu vas improviser, comme toujours. C’est étrange, tu aimes confectionner des plans. Ici tu ne connais que ton but. Quoique... Tu as un léger doute. Que cherches-tu ? Le garder pour toi ou définitivement le faire partir ? Tout est confus dans ton esprit. Tu n’es pas assez en forme pour y réfléchir correctement. Mais tu interviens tout de même. Tu sens son regard posé sur toi. Tu ne cherches pas à croiser son regard, pour l’instant. Tu croises simplement les bras et le juges. Une bouteille d’alcool. Mais bien sûr. Il t’agace à un point... Tout comme il t’attire... Suffit. Suffit jeune homme.

Tes paroles brisent le pseudo silence du parc. Elles sont dures, ton ton agacé. Tu lui reproches son attitude ridicule et embarrassante pour toi. Bien sûr que tu trouveras une excuse : il est bourré. C’est largement suffisant. Tu ne peux pourtant pas t’empêcher de lui reprocher le fait qu’il te pourrisse la vie. Vraiment ? Oui et non. Oui parce qu’il te perturbe, parce qu’il t’oblige à laisser ta haine de côté, certains de tes principes, qu’il te pousse à agir d’une manière inattendue, parce qu’il fait n’importe quoi comme venir t’offrir des fleurs, t’embrasser au milieu d’invités ou encore chanter faux sous tes fenêtres. Et non parce que, en vérité, tu apprécies sa présence. Tu aimes ce jeu entre vous, tu aimes cette proximité, tu pourrais presque te laisser aller en sa compagnie. Presque. Il te manque deux barrières à franchir pour être réellement toi-même : celle de ton rang, qui t’impose bon nombre d’obligations, de réactions. Puis cette barrière qui protège ton jardin secret... Tu te mordilles donc la lèvre inférieure lorsqu’il te dit qu’il ne sait pas que te pourrir la vie, un curieux sourire venant flotter sur ses lèvres. Il ne faut pas que tu lui laisses le dernier mot. C’est sur cette pensée que tu reprends la parole, improvisant une réponse que tu espères convaincante.

-J’en ai assez de ce petit jeu, Lyokha. Est-ce trop compliqué à comprendre ? J’en ai assez. Et j’ai actuellement besoin de repos, pas que tu viennes m’empêcher de dormir.

Sec, cassant. Tu n’as pas répliqué à ses propos. Tu ne peux pas nier le fait qu’il ne fait pas que te pourrir l’existence. Tu n’aimes pas spécialement mentir, tu ne le fais que si tu n’as guère d’autre choix. Selon ton point de vue évidemment. Il ne faut pas que tu lui prouves qu’il est parvenu à te perdre dans cette histoire. Il ne faut pas que tu te laisses aller. Cependant, tu l’attrapes par le poignet et l’entraînes à l’écart, à l’abri des regards indiscrets. Tes mains glissent sur ses joues, tu les y emprisonnes. C’est tentant... Très tentant... Mais non, tu résistes à l’appel de ses lèvres. Tu l’observes plutôt. Ses pupilles dilatées, son regard vague, son haleine... Il est bourré. Tu le lui fais d’ailleurs remarquer, vraiment désespéré. Que vas-tu bien pouvoir faire d’un cas comme lui ? Et ta remarque le fait sourire... Il est infernal. Tu as beau te dire qu’il faut que tu le sortes de ton existence, tu ne peux t’empêcher de sentir une pointe d’inquiétude transpercer ton cœur. Oui, tu te fais du soucis pour lui. Il a une petite idée de ce que tu vas pouvoir faire de lui ? Une seconde, tu arques un sourcil face à son sourire. Puis tu secoues la tête. Non, tu sais déjà ce qu’il a en tête.

-N’y songe même p...

Pas le temps de finir qu’il glisse une main dans le bas de ton dos, t’attirant contre lui. Vos lèvres se rejoignent quasi-instantanément. Comme si elles t’attiraient irrésistiblement. Il y a de tout dans ce baiser. Beaucoup trop de choses que tu ne veux pas voir, que tu ne veux pas ressentir. De la passion, de l’amour aussi, peut-être... Il ne faut pas et tu le sais. Pourtant tu meurs d’envie de répondre à son baiser. Tu voudrais refermer tes bras sur lui, glisser tes mains sous son haut, sentir sa peau sous tes doigts, ses frissons... Mais dans un effort de volonté, tu ne fais rien cette fois. C’est très difficile, tu manques de céder, une fois de plus. Céder face à lui, céder à cette attirance, à tes sentiments... Mais non, tu ne veux pas, encore moins dans son état donc tu le repousses. Peut-il voir la douleur qui brille alors au fond de tes prunelles ? Difficile à dire, il fait sombre et comme il a reculé de plusieurs pas, il ne doit plus être en mesure de lire au fond de ton regard. Tant mieux. Il ne faut pas qu’il puisse comprendre ce que tu cherches à faire. Il faut qu’il croie que tu es sincère. Si tu joues le jeu suffisamment longtemps, peut-être parviendras-tu à tes fins... Ce serait mieux, pour lui comme pour toi. Il se doutait que tu le repousserais ? Tu secoues légèrement la tête.

-Pourquoi avoir tenté le coup alors ? Ah, oui, j’oubliais que tu étais masochiste.

Tu n’aimes pas agir ainsi. Et lui qui recule, qui s’éloigne, semblant légèrement tituber. Tu ne peux retenir une esquisse de geste pour le retenir, pour le rattraper au cas où il tomberait. Mais tu te ravives. S’il veut s’en aller, c’est le mieux à faire, tu ne dois pas le retenir. Laisse-le s’en aller. Il ne t’en veut pas ? Mais... Et cette moue triste... Tu secoues la tête. Tu gardes le silence. Ne te laisse pas attendrir. Ne le laisse pas gagner cette bataille. Ne craque pas. Il ne va pas t’embêter plus longtemps ? Oui, ce serait mieux. Qu’il s’en aille. Minute. Tu refuses de lui dire ce que tu veux réellement ? Qu’il s’en aille pour de bon, qu’il te laisse, ne l’a-t-il pas encore compris ? Tu soupires tout en secouant la tête. Ce n’est peut-être pas ce que tu souhaites au plus profond de toi, mais c’est la seule chose que tu te permets de dire. Il n’a plus qu’à se jeter du haut d’un pont ? Tu fronces les sourcils. Tu ne le crois pas. Cependant tu n’aimes pas ce genre de paroles, parce qu’elles te rappellent la tentative de suicide d’un ami. Andrew. Tu ne peux que serrer les dents. Cet idiot n’a pas à se lancer sur ce type de terrain.

-Ne plaisante pas avec cela. De toute manière, tu ne le feras pas.

Pas tant qu’il est mortel. Vampire, peut-être qu’il essaierait mais là, ce ne serait plus ton problème. Et il continue à reculer cet idiot. Tu n’avances pas, tu ne le suis pas. Tu ne sais pas si tu dois le surveiller ou le laisser livré à lui-même. La seconde solution serait peut-être la meilleure... Quoique, dans son état, il risque de s’attirer un certain nombre d’ennuis. Surtout qu’il empire encore son état en s’avalant une nouvelle gorgée du contenu de sa bouteille. À voir la grimace qu’il fait, ce n’est pas le meilleur alcool du commerce. Il serait finalement peut-être plus sage de le garder auprès de toi, pour cette seule soirée... Non, deux fois non, dix fois non, tu ne dois pas. Même avec le regard de chaton qu’il te fait. C’est non, définitivement. Mais il t’aime ? Non, tu ne veux pas, il ne peut pas... Mentirait-il, même bourré ? Tu as des doutes. Est-il sincère ? Tu en as aussi. Tu ne sais pas sur quel pied danser. Après tout, il s’agit du Mad Hatter. Ne cherche-t-il pas à te manipuler ? Même, dans tous les cas, tu ne peux pas te permettre de tomber dans ses bras. Ce n’est pas possible. … Minute. C’est illégal d’attacher quelqu’un à un radiateur ? Tu écarquilles les yeux, surpris d’un tel argument. D’où te sort-il une telle chose ? Tu n’en as pas la moindre idée. Et pourtant tu ne peux t’empêcher de sourire... Non, mieux, tu ris légèrement. Si tu te moques légèrement de lui, ce n’est cependant pas bien méchant...

-Mais bien sûr... Un lit est plus confortable et si on s’y prend bien, on peut chauffer l’autre avec autant d’efficacité qu’un radiateur.

… N’importe quoi. Samael, d’où sors-tu de telles idioties ? Oui, il a commencé avec sa remarque mais tu n’avais pas besoin d’entrer dans son jeu. Il semblerait que ce soit plus fort que toi... Tu soupires profondément, désespéré. Tu ne devrais pas agir ainsi. Laisse-le simplement partir, ce sera mieux pour tout le monde. Sauf que plus il recule, plus il s’approche d’un petit escalier. Tu écarquilles très légèrement les yeux en t’en rendant compte, avançant rapidement vers lui tout en tentant de le prévenir par un « Attention derrière t... ». Trop tard. Il tombe à la renverse, dans les marches. Retenant un juron, tu accélères le pas, histoire de le rejoindre rapidement. Tu ne peux dès lors que constater les dégâts. La bouteille a explosé, ses morceaux jonchent les marches et le sol tandis que ce qui restait de liquide coule lentement. Quant à lui, il est étendu au sol, sur le dos. Il ne bouge pas. Un instant, tu sens ton cœur battre à tout rompre. Tu paniques. Est-ce que... Non. Non, n’imagine pas le pire, il parle. Un discret soupir de soulagement s’échappe d’entre tes lèvres tandis qu’il se redresse sur les coudes. Pour ta part, tu te contentes de descendre lentement des marches, jusqu’à t’accroupir à ses côtés. Ton regard sombre vient se perdre au fond du sien, terriblement clair. Il a mal, tu le vois. C’est cela de ne pas regarder où on met les pieds. Quant à toi, c’est encore de l’inquiétude qui brille au fond de tes prunelles. De l’inquiétude pour lui...

-Te rends-tu compte que tu aurais pu mal retomber ? Te rends-tu compte que tu aurais pu te briser la nuque en tombant ainsi ? Fais un peu attention, tu n’es plus un vampire actuellement, tu n’es qu’un simple humain. Faut-il te rappeler que les mortels sont fragiles ?

Une fois de plus, la question se pose : que vas-tu faire de lui ? Le laisser ? Oui, non, peut-être ? Tu le détailles. Tu plonges une fois de plus ton regard au fond du sien. Tu as envie de... De le garder auprès de toi. Mauvaise idée. Tu secoues la tête et te redresses. Une fois cela fait, tu lui tends la main, attendant qu’il s’en empare afin de le remettre sur pied. Ce qui finit par se passer. C’est bien, vous êtes tous deux debout. Maintenant, que faire ? Rester fidèle à ce que tu t’es donné comme but ou laisser ta conscience parler ? Samael, là c’est une question pour toi. Qui es-tu réellement ? Quel genre de personne es-tu ? De ceux qui abandonnent les autres parce que c’est dans leur intérêt ou de deux qui qui leur viennent en aide ? Jeune Tudor, ordinairement la question ne devrait pas se poser. Si tu peux aider, tu le fais. Un nouveau soupir t’échappe. Quelle plaie. Tu ne sais pas ce qui t’attend mais, une nouvelle fois, tu fais une croix sur son départ. Tu ne peux pas le laisser. Tu ne veux pas non plus. Alors tu le regardes, une fois de plus. Tu hésites, alors que ta décision est prise. Quelle plaie. Tu te lances.

-Allez, suis-moi... Je ne peux décemment pas te laisser là, dans ton état...

Hé oui, tu craques. Mais tu n’a pas d’autre choix. Il n’est pas bien, tu ne peux pas le laisser seul, livré à lui-même. Tu voudrais mais tu n’y arrives pas. Pas lui. Alors tu lui fais signe de te suivre. Tu calques ton rythme sur le sien et tu reprends le chemin du palais dont vous franchissez l’entrée. Peu discret mais il est hors de question de le faire entrer par l’un des passages secrets. Tu ne dévoileras pas ce type de renseignement à quelqu’un d’extérieur à ta famille. C’est ce qui fait que vous seuls savez vous sortir du palais depuis n’importe quelle pièce, peu importe la situation. Bref. Tu ne le lâches pas, tu vérifies fréquemment qu’il est derrière toi. Ton passe vous ouvre toutes les portes, tous les passages. La partie officielle du palais laisse finalement place à une partie plus intime, l’aile des suites. Tu sais que tu ne devrais pas l’emmener là où tu diriges tes pas. Tu sais que les rumeurs vont courir sur vous. Mais tant pis... Il faut qu’il aille mieux. C’est ta priorité. Arrivé devant ta porte, tu lui fais un instant signe de patienter, le temps que tu retrouves ta clé. Pas celle-ci. Pas celle-là non plus... La tienne est perdue au milieu d’une trentaine d’autres. Tu connais toutes les clés mais tu ne trouves pas toujours la bonne du premier coup. Mais lorsque tu l’as enfin dans la main, tu ouvres et le laisse entrer. Tu refermes derrière vous puis allumes. Un petit couloir. Tu t’empares de sa veste, la déposes sur le porte-manteau puis fait de même avec la tienne. Sur ce, tu le pousses jusqu’à ton salon. C’est étrangement sombre, sans doute à cause de la peinture violette qui recouvre les murs. Il y a un certain nombre de photos sur les meubles et la grande fenêtre de la pièce est grande ouverte. L’air frais de la nuit entre sous les caprices du vent. Tu fronces les sourcils et va plutôt fermer. Il fait tout de même un peu frais...

-Voilà. Installe-toi sur le canapé.

C’est un ordre. Clair, net, sans appel. Il ne peut pas s’y dérober. Il va falloir que tu vois quels sont les dégâts mais tu doutes qu’il se laisse facilement faire... Alors tu vas devoir quelque peu ruser cette nuit. Tant pis, au point où tu en es... Un nouveau soupir t’échappe. Décidément, tu soupires beaucoup... Tant pis. Tu le fixes, un étrange sourire venant flotter sur tes lèvres. Tu t’approches lentement, comme hésitant, comme si tu allais faire une grosse bêtise. Tu sais que tu vas en faire une mais... Tant pis. Tu viens à côté de lui... Une seconde, tu observes ce bouquet de roses qu’il t’a apporté ce midi, bouquet installé sur un meuble. Puis tu l’embrasses. Avec passion. Depuis le temps que tu en mourrais d’envie, tu ne t’en prives pas. Tes mains glissent dans son dos, doucement, l’une d’elles passe sous son haut... C’est si bon... Mais ne perd pas de vue le fait que tu veuilles le soigner. Mais tu profites juste un peu. Un tout petit peu... Jusqu’à te reculer. Le baiser a été légèrement trop court à ton goût. Juste légèrement. Mais tu lui souris, provocateur...

-Et si tu retirais tout ce que tu as sur le dos ? Tes vêtements me gênent...

Tu ne lui expliques pas pourquoi, tu le laisses imaginer. Tu le laisses s’exécuter aussi. Tu ne comptes pas non plus le laisser finir apwal, ce n’est pas ton objectif. Alors tu t’empares de ses mains lorsqu’il est assez dénudé pour que tu puisses voir l’étendu des dégâts. Tu reviens immédiatement t’emparer de ses lèvres, dans un baiser brûlant de passion. Tu dois le déconcentrer. D’une main, tu retiens les siennes tandis que de l’autre, tu récupères ta ceinture... Et accroche ses deux mains ensembles. Ouf. Voilà le travail. Tu restes encore une seconde pendu à ses lèvres mais tu te recules tout de même.

-Désolé, je pense que tu ne m’aurais pas laissé faire si je t’avais dit que je voulais te soigner... N’ai-je pas raison en réfléchissant ainsi ?

Tu lui voles un baiser puis récupères ta trousse à pharmacie, bien cachée sous un fauteuil en face. Tu cherches... Et tu en sors un tube de pommade pour les ecchymoses, ainsi que quelque chose pour les écorchures au cas où. Il est temps de t’occuper de lui, et tant pis si cela ne lui plait pas. Tu le détacheras après... Mais pour l’heure, il faut que tu soignes chaque trace sur son corps. Et tu dois bien avouer que laisser tes mains glisser sur sa peau, afin d’étaler les produits n’est pas déplaisant... Pour une fois... Tu te mordilles la lèvre, l’observant... Lyokha... Après, que vas-tu faire ? Le faire partir ? Tu ne sais pas et tu ne veux pas encore savoir. Chaque chose en son temps. Les minutes défilent, lentement. Petit à petit, tu fais ton travail. Et lorsque tu estimes que c’est terminé, tu reviens lui voler un baiser.

-Je te trouve mieux dans cet état... Et surtout, je te préfère sobre...

Sur ce, tu le détaches. À lui de décider de la suite...

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Lun 26 Aoû - 23:14

i've been, believing, in something, so distant. as if i was human.

« J'en ai assez de ce petit jeu, Lyokha. Est-ce trop compliqué à comprendre ? J'en ai assez. Et j'ai actuellement besoin de repos, pas que tu viennes m'empêcher de dormir. » Tu le regardes, tu lis ses mensonges sur ses lèvres, tu découvres la vérité dans ses yeux. Il ne le pense pas, pas vrai ? Bien sûr que non. Assez de ce petit jeu ? Mais quand est-ce qu'il va s'enfoncer dans le crâne que votre affaire, c'est devenu bien plus qu'un simple jeu ? Tu serres un peu les dents, mais tu n'en perds pas pour autant ton légendaire sourire. J'en ai assez de ce petit jeu. Et toi, tu n'en as pas assez ? Il aurait fallu que tout cela cesse avant, bien avant que vous en arriviez là. Notamment ce soir-là, dans la chapelle. Peut-être que cela aurait été mieux, pour vous deux. Que tout s'arrête là-bas, pour de bon. Mais non, il a fallu que tu lui cours après, et ce soir encore. Pourquoi ? Pourquoi t'entêter à ce point. Au final, tu sais bien ce que vous risquez, et cette idée ne te réjouit pas tant. Mais comme toujours, tu t'obstines, tu continues. Tu refuses de prendre la fuite, même si certains de ses mots sont durs à accepter. D'autant plus que tu sais qu'il ne le pense pas. Tu te contentes de secouer un peu la tête, laissant passer sa remarque sans même relever. À quoi bon ? Il sait aussi bien que toi que ce qu'il vient de te dire est faux, complètement dépourvu de réalisme. Qu'il ouvre un peu les yeux. Qu'il observe ses propres réactions, celles de son corps. L'instinct humain dans ses plus simples approches. Pas si simples que cela, apparemment... Enfin, comme dit précédemment, tu laisses passer. À ton goût, ce n'est même pas la peine de lui répondre, si c'est pour épiloguer une heure encore sur à quel point tu as raison. Oui oui, tu le sais que tu as raison, et il peut continuer de le nier autant qu'il le veut ; il ment.

Il ment. La preuve encore ; sa manière d'agir physiquement parlant avec toi. Il t'entraîne à l'écart, capture tes joues de ses mains tièdes. C'est quoi, ça ? De l'amitié ? Foutaises oui. C'est ce sur quoi il ferme les yeux depuis le début. Et c'est aussi la preuve qu'il est tout aussi atteint que toi, puisqu'il agit ainsi par automatisme plutôt qu'autre chose. Inquiétant ? Tu aimerais dire que oui, mais sachant que tu en ferais autant avec lui, tu t'arrêtes sur un non. Tu gardes ce petit flottement dans tes yeux, ce sourire un peu vague sur les lèvres. Qu'est-ce qu'il va pouvoir faire de toi ? Tu ne peux t'en empêcher ; tu souris un peu plus encore. C'est évident, non ? Tu prends la peine de lui répondre, ayant ta petite idée derrière la tête. « N'y songe même p... » Même pas le temps de finir sa phrase que tes lèvres sont plaquées contre les siennes, dans un baiser peut-être trop sincère. Aucune réaction. Il ne répond même pas à ton baiser, il ne cherche même pas à donner un peu de sa personne. Non, au contraire, il te repousse presque brusquement, refusant de tomber face à toi. Pourquoi Samael ? Pourquoi est-ce que tu fais cela ? Pourquoi est-ce que le brun va à l'encontre de ses sentiments, hein ? Tes questions sont nombreuses, mais tu n'y trouves aucune réponse. De quoi a-t-il peur ? De se faire mal ? De te faire du mal ? Tu doutes de la seconde option, la première te paraît plus plausible. Puisque honnêtement, un humain, s'inquiéter pour toi... Non, ce serait bien trop comique. Mais, quelque part, n'est-ce pas un soupçon de douleur qui se consume au fond de ses prunelles sombres ? Tu aimerais pouvoir affirmer que non, et pourtant, même dans ton état d'ébriété avancé, tu parviens à t'en rendre compte. C'est à peine si tu perds ton sourire. Allez, tu devrais partir Lyokha. Prendre la fuite tant que tu le peux encore, tant qu'il ne tient pas à toi. Vraiment ? Non. Oui. T'en sais rien, tu es complètement paumé, et l'alcool n'est pas là pour arranger ça.

Tu lui fais la remarque tu t'y attendais. C'est du grand lui ça, au final. Un jour il t'embrasse, tu as le loisir de sentir ses mains parcourir ton corps, tu as le bonheur d'étreindre le sien amoureusement. Et le lendemain, hé bien. Il n'y a plus rien. Comme s'il n'y avait jamais rien eu. Comme s'il avait tout oublié. Tu ne sais pas trop si tu dois en rire, en pleurer, ou juste ignorer ce comportement qui est juste insupportable. Mais compréhensible à la fois. Tu es paumé, plus que jamais, et il ne t'aide pas non. Il augmente d'un niveau encore, la difficulté du labyrinthe jusqu'à son coeur. Il secoue un peu la tête, et tu le regardes silencieusement, sans même ciller. « Pourquoi avoir tenté le coup alors ? Ah, oui, j'oubliais que tu étais masochiste. » Il est méchant. Tu as presque envie de lui faire avaler sa langue sur l'instant. Mais tout ce que tu peux faire, c'est continuer à sourire comme un abruti heureux. Il n'a pas tort pourtant. Tu es peut-être même trop masochiste, la preuve ; tu continues à lui courir après, et tu tombes à chaque étape. Et pourtant, tu continues. Tu te relèves, et tu avances. Peut-être car tu ne sais faire que cela. Peut-être aussi pare que tu tiens à lui, sincèrement. Tu ne sais plus trop, tu es perdu avec lui... Tu ne le comprends plus. Qu'est-ce qu'il essaye de faire ? Te faire fuir ? Hé bien c'est triste, mais c'est raté. Tu as déjà utilisé cette méthode à de nombreuses reprises avant lui, alors s'il croit te faire flancher avec tes propres cartes... Non, malheureusement pour lui. Soupirant un peu, tu te décides à bouger, mais peut-être pas dans le bon sens. Non, puisque tu recules, malgré la légère perte d'équilibre qui se fait sentir dans tes jambes. Tu recules, doucement, mais sûrement, puisque tu le vois s'éloigner, se faire plus petit au fur et à mesure que tu bouges. Tu prends la fuite, voilà, il a gagné. Ta dernière chance, il semblerait que tu l'as grillée, alors pourquoi s'obstiner ? Pourquoi chercher à rester plus longtemps, si c'est inutile.

Tu suggères d'ailleurs que te jeter d'un pont serait une bonne idée. Il ne semble pas d'accord, puisqu'il serre un peu les dents. Bin quoi ? Il n'est pas content ? Tu pensais que tu étais le cadet de ses soucis, alors pourquoi réagit-il comme ça ? En définitive, ce garçon est un mystère. Et toi qui comptais l'élucider, il semblerait que tu aies encore un bon bout de chemin à parcourir avant de trouver le fin mot de l'histoire. « Ne plaisante pas avec cela. De toute manière, tu ne le feras pas. » Oh, tu as touché son petit coeur ? Tu penses de manière ironique, presque cruelle. Pourquoi est-ce qu'il te dit cela, alors qu'il n'en a rien à faire de toi ? Ce n'est pas comme si tu en étais incapable, tu l'as bien fait par le passé. Bon, tu étais vampire à chaque occasion, mais tout de même. Tu continues à reculer, et il ne cherche même pas à te retenir. Quelque part, tu as envie de dire ; tant mieux. Qu'il te laisse filer, et qu'il parte aussi de son côté, sans se retourner. Ton sourire s'élargit un peu plus encore devant son manque de réaction, même s'il mêle à l'amusement un peu de douleur. Tu recules, toujours, et en ce faisant, tu lui réponds. « Et pourquoi je ne le ferai pas, hein ? Regarde, je suis sur la route, j'y vais là. De toute façon, qu'est-ce que ça pourrait bien te faire Samael ? Ce serait un problème en moins à régler pour le futur intendant impérial ! Une pierre deux coups comme on dit. » N'est-ce pas un peu de désespoir qui teinte ta voix ? Quelque part, peut-être. Tu te trouves plus ridicule qu'autre chose, mais l'alcool t'empêche de réagir autrement. Donc tu souris toujours, même si ce n'est pas tellement pour exprimer une quelconque euphorie. Ni même une joie particulière. Peut-être plus de l'ironie, ou tu ne sais quoi. Tu n'es pas dans ton état normal, et tu as bien du mal à te rendre compte de tes réactions. Terrible... Tu vas même jusqu'à lui faire tes yeux de chatton. Non mais franchement... Ouvre les yeux un peu ! Tu vois ce que tu deviens ? À quel point tu tombes bas, pour lui, et rien que pour lui ? Pourquoi tu fais ça ? Par... Amour ? Non... Enfin... Non ? Oui. Peut-être tu ne sais plus, et tu es d'autant plus ralenti par la boisson. Pourquoi est-ce que les choses ne sont pas simples, pour une fois ? Une nuit, rien qu'une nuit. C'est tout ce que tu veux de lui. Une seule occasion, pour lui tirer la vérité.

La vérité. Est-ce que c'est ce que tu lui donnes, toi ? Lorsque tu lui dis sans retenue aucune, que tu l'aimes ? Tu souhaiterais que ce soit faux, qu'il ne s'agisse que d'un autre de tes mensonges. Et que tu n'en penses pas un mot. Mais quelque part, n'est-ce pas là la stricte vérité ? Quel triste tableau offres-tu Lyokha. Si bas, pour un humain... C'est triste, pitoyable. Douloureux aussi, un peu. Je t'aime. Deux petits mots qu'il ne prend pas au sérieux visiblement, puisqu'il a cet air un peu moqueur qui lui colle à la peau. « Mais bien sûr... Un lit est plus confortable et si on s'y prend bien, on peut chauffer l'autre avec autant d'efficacité qu'un radiateur. » Tu ris un peu. Il se rend compte de ce qu'il peut te dire ? Oh, tu ne serais pas contre, et il le sait bien. Mais, franchement... Venant de lui, c'en est d'autant plus étrange. Toi, que tu sortes un truc comme ça, surtout dans ton état actuel... Oui, ça passe. Mais là, c'est quand même étrange. Tu souris franchement, prenant au moins la peine de lui répondre. « Je ne vois pas du tout de quoi tu veux parler... Tu pourrais peut-être me faire une démonstration, non ? » C'est une pointe de provocation qui renforce tes paroles, tu rentres clairement dans son jeu. Tu sais parfaitement qu'il ne le fera pas, car, comme il te l'a rappelé à plusieurs reprises, il ne tient pas à toi. Pas autant que toi, tu arrives à tenir à sa petite personne. Encore une fois, tu pourrais t'attarder sur Ô combien c'est triste, cet amour non réciproque, mais tu n'as pas envie de t'avancer de trop non plus. Car s'il n'a pas dit qu'il t'aimait, il ne t'a pas précisé non plus qu'il te haïssait, alors... Bref. Tu te contentes de sourire, de reculer, toujours plus. Si bien que tu ne te rends même pas compte que tu t'approches dangereusement d'un escalier. Puis, la suite se passe très vite, si bien que tu n'as même pas le temps de réagir ; il écarquille un peu les yeux, comme surpris par cette chute imminente que tu ne peux même pas imaginer, il s'approche plus rapidement de toi, et souffle quelques mots. Attention derrière toi ? Trop tard, tu perds déjà l'équilibre, dévalant les marches à la renverse. Ah la la, ta maladresse d'humain... En plus de l'alcool... Pff, c'est bien quelque chose qui ne t'avait pas manqué, ça. Arrivé en bas, tu restes un moment en bug, à regarder le ciel, et les étoiles qui y brillent. Tu ne le vois même pas approcher lui, et tu finis par te redresser sur les coudes. Quoi, tu lui as fait peur ? ah. C'était pas volontaire. Toujours est-il que ça a eu son petit effet, et ton sourire est loin de disparaître... Il s'est inquiété... Il peut dire ce qu'il veut, tu l'as remarqué. Même si le geste était discret, il s'est approché.

À nouveau, tu as le loisir de le regarder dans les yeux, et tu ne t'en prives pas. Il est tellement... Beau. Attend, qu'est-ce que tu racontes ? Oui, il est beau, vraiment. Okay, mais l'avouer de but en blanc comme ça, ce n'est pas un peu étrange ? Roh, tu n'as fait que le penser. Fort, certes. Mais tu l'as pensé, c'est tout. Il est accroupit là, à constater l'ensemble des dégâts. Ça va, tu n'es pas en sucre non plus... Mais il se permet une remarque. Une autre. « Te rends-tu compte que tu aurais pu mal retomber ? Te rends-tu compte que tu aurais pu te briser la nuque en tombant ainsi ? Fais un peu attention, tu n'es plus un vampire actuellement, tu n'es qu'un simple humain. Faut-il te rappeler que les mortels sont fragiles ? » Tu souris un peu plus, limite débile. Roh, ce qu'il est mignon, quand il s'inquiète ! Bon, d'accord, tu sors. Oui, c'est vrai que les mortels sont fragiles, et c'est bien pour cette raison que tu préfères de loin ta condition de vampire. Au moins, tomber dans un escalier - faut-il encore que cela arrive - ce n'est rien du tout, pas plus qu'une pichenette n'est quelque chose pour un mortel. Tu secoues un peu la tête, reprenant à ton tour. « Oui maman, je vais faire attention la prochaine fois... Franchement, pour quelqu'un qui n'en a rien à faire de moi, je trouve que tu t'inquiètes un peu trop... » Tu essayes de te redresser un peu plus, juste pour te rapprocher de lui. Tu veux l'embrasser, lui voler un nouveau baiser... Mais ton geste ne se concrétise même pas, puisqu'il se relève rapidement. Il te tend d'ailleurs la main, pour t'aider. Roh, ce qu'il est gentil. ... . Non, mais arrête un peu ! Tu as vu comme ton cerveau est en train de fondre Lyokha ? C'est limite flippant là ! L'alcool. Ah, l'alcool. Toujours est-il que tu acceptes son aide - de toute façon, es-tu réellement en mesure de refuser ? Non - et donc, tu te redresses à ton tour. Un instant, tu retrouves cette proximité tant voulue, tu peux même capturer ses lèvres, à nouveau. Mais non. Il se dérobe trop vite, et toi, tu es bien trop lent pour t'exécuter. Pff. Sur le coup, tu regrettes un peu d'avoir tant bu ce soir... Mais aussi d'être humain. C'est tellement plus simple, en tant qu'immortel. Les réflexes sont meilleurs, les actions plus rapides. Là, tu dois te contenter de... De toi, il y a plus d'un millénaire. Pff, encore.

Bon, qu'est-ce que vous faites maintenant ? Vous repartez chacun de votre côté ? Les choses seraient tellement plus simples ainsi. Que chacun parte, sans se retourner, sans songer à l'autre un seul instant. Tu n'as pas envie de partir, mais lui n'a certainement pas envie d'entendre parler de toi plus longtemps. Bon, qu'est-ce que vous faites ? Oui, tu es un peu sonné, mais tu peux te débrouiller pour rentrer, tout de même. Tu n'es pas... Si, tu es quand même bien amoché, avec l'alcool. « Allez, suis-moi... Je ne peux décemment pas te laisser là, dans ton état... » Que. QUEUWAH ? Qu'est-ce qu'il te chante là ? Il t'emmène chez lui ? Minute. Ta mère t'a toujours dit de ne pas suivre les inconnus. Mais ta mère, elle est morte, donc tu t'en fiches pas mal au final. Voit-il ces deux prunelles d'azur qui s'illuminent, dans la nuit ? Tu as l'impression d'avoir des paillettes dans les yeux. Ouah. Tu vires carrément niais là, tu devrais te ressaisir, honnêtement. Ton sourire gagnant en vigueur, c'est d'un pas décidé que tu suis le futur intendant impérial. Ouh là, ta tête tourne tout de même... Mais c'est à peine si tu y prêtes attention, juste décidé à suivre l'autre comme un mouton. Minute, vous entrez dans le palais ? Tu ne peux t'empêcher de froncer un peu les sourcils. Okay, ce n'est pas la première fois que tu y vas, et même si cet après-midi ne s'est pas si mal passé... Tu as des souvenirs de ces lieux qui ne t'enchantent que peu. Après tout, il pourrait très bien t'amener ici pour mieux t'enfermer dans les cachots, histoire d'avoir la paix. C'est une hypothèse comme une autre. Mais non, vous ne descendez pas, vous vous dirigez vers une aile que tu n'as jamais vue jusque là ; celle des suites. oh. Genre, il t'embarque dans sa chambre ? Mais c'est intéressant, ça. Tu gardes ton sourire de débile, te contentant de le suivre silencieusement. Et tu regardes tout autour de toi, la décoration, les couleurs, tout ça... Vous vous arrêtez un instant d'ailleurs, le temps qu'il ouvre une porte. Haan. Ce sont ses appartements, c'est ça ? Tu es impatient d'y rentrer, pour y faire des trucs pas tellement décents. Ahem, qu'est-ce que tu viens de penser, là ? Non. Non, rien du tout.

Violet. C'est la première chose que tu remarques dans le salon. La couleur des murs. En soi, ce n'est pas gênant, c'est même sympa. Mais c'est un peu sombre, et déjà que tes sens ont considérablement baissé, alors là, c'est limite si tu es aveugle. Bon, non, tu exagères un peu quand même... Tu remarques au passage le bouquet de roses rouges. Hinhin. Il l'a gardé, comme quoi... « Voilà. Installe-toi sur le canapé. » Tu fronces un peu les sourcils, perplexe. « Heu... » Ce n'est pas que cela sonne comme un ordre, mais presque. Tu plisses un peu le nez, peu sûr de comprendre où il veut en venir... Il agit... Bizarrement en fait. Mais tu t'exécutes, puisque tu n'as pas le choix de toute façon. Alors tu t'assois, tu le regardes, demeurant quand même suspicieux. D'ordinaire, tu aurais d'office deviné qu'il y a anguille sous roche, mais l'alcool inhibe toute méfiance en toi. Dommage. Il sourit presque étrangement, et tes doutes sont toujours présents... C'est quand même bizarre... il y a quelques minutes à peine, il te disait que tu ne faisais que lui pourrir la vie... Et là... Tu as presque deviné ce qu'il a derrière la tête. Enfin, uniquement la partie qui t'enchante, et que tu attends depuis cet après-midi. Il s'installe à côté de toi, et il lui faut peu de temps pour venir capturer tes lèvres. C'est sans hésiter que tu lui réponds, naïf comme tu peux l'être... Tu en viens même à fermer les yeux, te laissant totalement guider. Sentir ses mains sur ta peau, tu en frissonnes... C'est juste parfait. Mais le plaisir n'est que de courte durée, puisqu'il se recule déjà. Tu accompagnes le mouvement autant que possible, mais vient ce moment fatidique où il est trop loin, et tu es contraint d'ouvrir tes yeux bleus pour le détailler. Tu as envie de l'embrasser, encore. Mais tout ce à quoi tu as le droit, c'est ce sourire provocateur qui te fait péter un câble, un peu plus encore. « Et si tu retirais tout ce que tu as sur le dos ? Tes vêtements me gênent... » Tu te mords un peu la lèvre inférieure, hésitant au début. Non, c'est trop beau pour être vrai... ce n'est pas... Logique. Pourquoi faire cela, alors qu'il ne ressent rien pour toi ? Il veut juste un coup d'un soir ? C'est une autre hypothèse à ne pas écarter, en réalité. Mais sur l'instant, tu n'es pas en mesure de lui refuser, alors tu t'exécutes. Ta chemise, ton pantalon, tes chaussures... Tout en fait. Ou presque, puisqu'il t'attrape les mains avant que tu n'aies fini ton œuvre. Mais heu. Tu ne protestes pas, et de toute façon, tu n'en as pas le temps puisqu'il vient à nouveau capturer tes lèvres. Tu lui réponds, toujours aussi fiévreux dans tes gestes, passionné dans tes baisers. Tu aimerais bien lui demander d'en faire autant, mais tu n'es pas en mesure d'exiger quoique ce soit de sa personne. Puis, tu prends déjà ton pied là, même si tu ne serais contre sentir sa peau contre la tienne. Tu commences à avoir chaud, vraiment, mais tu restes concentré sur ses lèvres. Minute. Qu'est-ce qu'il fait, là ? Tu fronces les sourcils, ouvrant vivement les yeux. Il t'a attaché les mains ? Mais c'est quoi son délire. Il se recule un peu, et après avoir repris un peu d'air, tu reprends la parole. « Heu... Samael, je... » Je ne comprends pas pourquoi tu m'as attaché. Mais pas le temps d'en dire plus, puisque lui-même enchaîne. « Désolé, je pense que tu ne m’aurais pas laissé faire si je t’avais dit que je voulais te soigner... N’ai-je pas raison en réfléchissant ainsi ? » Tu fronces un peu plus les sourcils, ayant perdu tout sourire. Hein ? Il t'a attaché pour te soigner ? Okay, tu es définitivement perdu. Ce type n'est pas normal. Du tout. Il est à la frontière entre le pervers psychopathe qui veut te découper en rondelle, et le télétubbies fumeur de joints qui cherche à aider son monde. Tu ne sais pas laquelle de ces deux idées te terrorise le plus, de toute façon, tu es trop paumé pour y penser. Il te vole un baiser, et tu retrouves un soupçon de sourire, te redressant un peu en secouant la tête. Il est vraiment... étrange. Mais tu ne t'attardes pas là-dessus, tu le laisses faire en silence. « Tu pouvais aussi demander gentiment, je ne mords pas. Enfin, pas en ce moment, je crois. » Fais-tu avec un léger sourire. Est-ce que tu l'aurais laissé faire ? Bien sûr que non. Mais ça vaut le coup d'essayer de lui faire croire le contraire.

Sentir ses doigts passer sur ta peau, c'est encore une fois agréable. Très agréable. Tu ne sais pas trop ce qu'il étale sur tes ecchymoses, mais tu t'en contre-fiches un peu. Tout ce qui compte, ce sont ses mains qui parcourent son corps, à la recherche de blessures. Il termine son affaire, et vient te voler un nouveau baiser. Tu as toujours les miens liées par sa ceinture, pour ta part. Et dire que tu te faisais des idées quand il enlevait cette dernière de son pantalon... Pff. PFEUH. Pfeuuuh. Tu t'es fait eu, comme un bleu. L'euphorie apportée par l'alcool est doucement redescendue, sans même que tu ne t'en rendes compte... C'est certainement de le regarder, qui t'a calmé. « Je te trouve mieux dans cet état... Et surtout, je te préfère sobre... » Tu souris un peu plus... Mieux sobre ? Tu as envie de rire, mais tu n'en fais rien, murmurant plutôt un discret : « à qui la faute ? » qui souligne presque vicieusement sa part de responsabilité dans l'affaire. Loin de toi l'envie ou l'idée de le faire culpabiliser, non. En fait, tu ne sais pas trop pourquoi tu insistes... Certainement car tu es en manque de réponses, et que tu veux lui rappeler qu'il t'en doit beaucoup, encore. Tu lui as dit que tu l'aimais, et tu t'es pris un vent monumental, puisque lui n'a rien répondu. Rien de positif en tous cas. Il te détache, et c'est avec une joie dissimulée que tu récupères le peu de capacités physiques qu'il te reste, te massant un peu les poignets. Que dire. Que faire. Maintenant que tu es libre, et presque apwal. Oh, des solutions, il n'y en a pas mille ; t'enfuir, rester. Parler, ou terminer ce qu'il a si bien commencé. Trop peu de possibilités, en fait, s'offrent à toi sur l'instant. D'autant plus que – merci la boisson – tes capacités mentales sont un peu diminuées, tu es plus lent à raisonner. Et à raisonner de manière logique et rationnelle, encore plus. Ce qui ne t'empêche toutefois pas de lui sourire, encore.

Finalement, tu te décides à agir. Peut-être pas de la meilleure des manières, mais tu glisses une main sur sa joue, la laissant dériver jusque sur sa mâchoire que tu saisis délicatement de ta main. Tu viens d'ailleurs l'embrasser, fougueusement, fermant un peu les yeux. Quel est ton but, ton plan ? Aucun. Tu n'en as aucun. Tu laisses juste parler ton instinct, et pour l'instant, celui-ci te pousse à allonger le brun sur le canapé. Tu t'y prends doucement, presque trop pour te ressembler. Mais chacun de tes gestes est emprunt de cette passion sincère, et presque douloureuse que tu entretiens pour lui. Tu n'hésites d'ailleurs pas à venir t'installer sur lui, carrément, ne lâchant pas pour autant ses lèvres. Doucement, tu passes ses doigts le long de ses épaules, sur ses bras... Tu gardes une main pour t'appuyer sur le sofa tout de même, histoire de ne pas lui tomber dessus... Déjà que niveau équilibre, ce n'est pas tellement ça... Ton autre main vient paisiblement ouvrir sa chemise, dévoilant sa peau, son torse, brûlant. Tu relâches ses lèvres un instant, te contentant de les frôler, tranquillement... « Arrête de me dire que tu ne ressens rien, s'il te plaît... » Il y a presque quelque chose de suppliant dans ta voix. Tu déposes un baiser sur l'arrête de sa mâchoire, dans son cou, sur son torse... Tu redécouvres ce corps que tu crois pourtant connaître si bien. Ta main libre passe presque fébrilement sur son flanc, brûlant. C'est dingue, de sentir cette chaleur communicative, d'avoir l'impression que toi-même, tu t'embrases à la moindre caresse, au moindre baiser. « J'ai été sincère... » Souffles-tu contre sa peau, avant de revenir devant ses lèvres... « Et j'aimerais tellement que tu en fasses autant Samael... » Mais tu ne rêves pas. Tu sais bien qu'il ne va pas s'ouvrir à toi de sitôt. C'est frustrant, désespérant quelque part... mais tu n'y peux rien, tu ne vas pas le forcer, tout de même.

« Je ne suis peut-être pas sobre, mais... » Tu marques une pause, le temps de lui voler un baiser. « Je suis sincère, encore... » Tu recules un peu le visage, juste pour qu'il puisse voir tes yeux. Constater à quel point tu es ravagé, de l'intérieur. Détruit par sa simple présence. Par ce manque de réponses. Il la voit, cette petite lueur si caractéristique de la douleur, celle qui brûle au fond de tes yeux, détruisant tout sur son passage ? Bien sûr qu'il la voit. Il la connaît. Il avait la même, précédemment, au fond des prunelles. Presque trop délicat, tu dégages une mèche de cheveux qui était retombée sur son front, la ramenant en arrière. Et ce faisant, tu glisses cette même main sur sa nuque, pour l'attirer à toi, et l'embrasser. Ah, ses lèvres. Addiction cruelle de laquelle tu ne veux pas te défaire. Trop dur. Mais ce baiser est passionné, oh que oui. Autant qu'il est douloureux pour toi, vu ta manière de froncer les sourcils, légèrement. Tu attrapes sa ceinture, lui attachant les poignets à ton tour, sans même lui laisser le temps de protester. Et tu recules encore une fois légèrement. « à mon tour, non ? » tu souris un peu, lui volant un nouveau baiser avant de te redresser, le détaillant dans son ensemble, ou presque. « On va jouer à un jeu, d'accord ? » Tu souris, limite provocateur... Mais curieusement, ce sont plutôt des larmes qui menacent de tomber de tes yeux. Et pas des larmes de joie, non. Tu désespères, tu craques, tu deviens dingue. Il te rend dingue. Tes yeux brillent donc, et tu te relèves, t'éloignant doucement de lui. « Je vais faire un décompte, en partant de cent... » Tu recules toujours, jusqu'à sentir le carreau de la fenêtre dans ton dos. Tu ne tardes d'ailleurs pas à ouvrir ladite fenêtre, t'apprêtant à filer sur le balcon. « Et tu vas devoir être très astucieux pour comprendre la suite du jeu, d'accord ? » Un dernier sourire, amusé, dissimulant avec peine cette souffrance qui te consume.

Et tu files sur le balcon, fermant la grande fenêtre derrière toi, en profitant au passage pour bloquer cette dernière de telle manière qu'on ne puisse plus l'ouvrir de l'intérieur. Tu recules, encore. Tu prends une grande inspiration sans le lâcher des yeux un seul instant, lui qui est les mains liées, à l'intérieur, sur le canapé. Tu inspires à nouveau profondément, et lorsque tu atteins la rambarde de limite du balcon, tu te hisses sur cette dernière, t'asseyant dessus. C'est un équilibre instable, étant donné qu'elle n'est pas bien épaisse, comme rambarde. Le petit vent du soir n'est pas là pour arrangé les choses non plus, mais tu continues à respirer profondément, alors que dans ton dos, c'est une chute de quelques bons mètres qui t'attend. Tu manques de perdre l'équilibre une fois, et tes doigts se resserrent un peu plus encore sur la rambarde. « 100. » Murmures-tu dans la nuit. « 99. » Fait vite Samael. « 98. » Moi je peux attendre. « 97. » Mais la mort n'attend plus.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Mer 28 Aoû - 15:29

Sauter d’un pont. Non. Tu n’es pas d’accord. Tu as déjà eu un ami qui a fait une tentative de suicide. Ratée, fort heureusement, mais tu n’as pas besoin d’avoir d’autres personnes plus ou moins proches de toi pour s’y essayer aussi. Pas lui, tu ne veux pas. De toute manière, tu es convaincu qu’il ne le fera pas. Pas en tant qu’humain. Il ne mourrait pas pour toi, voir pour rien ni personne. S’il existe toujours, c’est sans doute parce qu’il y a une raison, quelque part. Mais tu ne veux pas qu’il plaisante avec ce sujet. Cette seule idée t’est douloureuse, même si tu n’as guère envie de l’avouer. Oui tu tiens à lui, ne le lui as-tu pas déjà dit ? Non, sans doute pas... Tu n’as dû faire que le sous-entendre, comme toujours. Tu n’aimes pas te dévoiler, jeune Tudor. Tu n’aimes pas avouer tes sentiments, ce que tu penses des autres. Un Tudor doit garder la maîtrise de ses émotions, un Tudor doit être irréprochable, juste et sage. Un Tudor ne fait pas de bêtise, ne se laisse pas dominer par ses émotions. Tu as tellement peu l’impression que toutes ces règles ne peuvent s’appliquer à toi... Tu fais toujours le contraire des règles, comment peux-tu être celui qu’on voudrait que tu sois ? Tu ne peux pas. Tu ne l’es pas, même si tu t’y efforces. Et lui, ce pseudo-vampire, il te fait un peu plus douter de toi. Il te fait hésiter, il a ouvert une faille dans ta carapace, une faille dans ton cœur. Il te touche et tu ne pourras rien y faire. Qu’il recule, qu’il s’en aille, il fait bien trop de mal... Et pour quoi, au final ? Que vous finissiez détruits l’un comme l’autre ? Mauvais plan. Il doit partir et tu ne le retiens pas le moins du monde. Tu ne dois pas le retenir. Il reprend la parole. Pourquoi ne le ferait-il pas ? Parce que tu n’as pas l’impression que ce soit son genre. Tu secoues alors simplement la tête. Non, tu te convaincs qu’il n’oserait pas. Pas quand il peut y perdre la vie. Qu’est-ce que cela pourrait bien te faire ? Tu t’en voudrais. Affreusement. Mais il ne faut pas que tu le dévoiles.

-Ce n’est pas ton genre, Lyokha. Pas à cause de moi. Et je vois que tu ne me comprends toujours pas. Depuis le temps, pourtant, tu aurais dû comprendre...

Oui, il aurait dû comprendre. Il doit l’avoir deviné pourtant, que tu tiens à lui. Sinon tu l’aurais laissé mourir depuis bien longtemps. Il n’y a que dans cette chapelle que tu aurais pu le faire. Alors pourquoi ne pas l’avoir laissé mourir ? Pourquoi ne pas l’avoir achevé ? Tu ne sais plus. Tu n’as aucune explication à donner et, de toute manière, tu ne veux pas chercher à savoir. Ce doit être la dernière fois que vous vous voyez, pourquoi s’embarrasser de questions ? Non, tu les laisses de côté et tu cherches à le faire fuir, à le repousser loin de toi, très loin. Pourquoi ne part-il pas ? Pourquoi insiste-t-il ? Pourquoi s’entête-t-il à parler ? Surtout à te sortir des idioties. Je t’aime mais on n’a pas le droit d’attacher des gens à un radiateur... Mais oui, bien sûr. Tu ne peux t’empêcher de sourire devant ce qu’il peut te sortir. Tu préfères ne pas prendre ses paroles au sérieux. Le croire serait trop douloureux... Et pour masquer ce fait, tu entres quelque peu dans son jeu, amusé. Pas besoin d’un radiateur pour chauffer l’autre. Hé oui, pour lui, tu es un vrai radiateur. Non non, tes chevilles vont bien. Sors Samael. Sors loin. Tu as honte de toi et pourtant... Il rit un peu de tes propos. Il ne voit pas de quoi tu veux parler ? Non, tu le le crois pas. Lui faire une démonstration ? Non. Tu te contentes d’arquer un sourcil de manière sous-entendue. Pas besoin de démontrer tes propos. Ce sera bien suffisant pour lui. Il a l’esprit suffisamment tordu pour imaginer la situation. Tu ne préfères pas répondre à sa provocation, parce que tu sais que tu pourrais te perdre, avec lui. Il ne faut pas.

Le problème vient du fait que tu ne peux pas détourner ton regard de lui. Il fait n’importe quoi, il recule sans regarder où il met les pieds. Résultat, il tombe dans les escaliers. Malgré le geste que tu as pu faire pour le retenir, malgré ton avertissement. Il est au sol et tu te retrouves bien vite au-dessus de lui, ton regard inquiet se posant sur lui. Tu espères que ce n’est pas trop grave, tu espères qu’il n’y aura que des ecchymoses et non plus. Heureusement, il bouge, il se redresse quelque peu. Tu retiens un soupir de soulagement. Plus de peur que de mal visiblement. Tant mieux. Mais qu’est donc ce regard qu’il pose sur toi ? Tu n’en as pas la moindre idée mais quelque chose te perturbe... Tu préfères t’accroupir à ses côtés et le sermonner quelque peu. Il aurait pu y passer, s’il s’était brisé la nuque. Il n’est plus aussi résistant qu’en tant que vampire. Il est mortel. Tu l’amuses ? Tu fronces les sourcils. Tant mieux pour lui mais tu préfèrerais qu’il ravale son sourire d’idiot fini. Ce n’est pas drôle. Oui maman ? Voilà autre chose... Après princesse, maman ? Tu n’as pourtant pas l’impression de ressembler à une demoiselle. Peut-être tes cheveux un peu plus longs que la moyenne mais pourtant ils ne le sont pas trop non plus... Non. Tu ne ressembles pas à une fille, point. Il essaye de se redresser, de se rapprocher de toi... Tu le repousses contre le sol. Crétin.

-Je m’inquiète juste assez.

Simple, court, concis. Tu es sincère : tu t’inquiètes pour lui. Sur ce, tu te redresses, coupant court à sa tentative de tu-ne-sais-quoi. Que faire à présent ? Le laisser rentrer seul, dans son état, après sa chute et avec la dose d’alcool qu’il a visiblement dans les veines ? Non. Tu veux le garder avec toi, pour la nuit. Quelle pensée égoïste... Tu essayes pourtant de te justifier : c’est pour le soigner. Ce ne sera que cette nuit, il dormira sur le canapé, tu le vireras su palais à coups de pied au c** le lendemain. Mais au fond, tu sais bien ce qui ne va pas. Alors tu lui tends la main, histoire de l’aider à se relever. Il accepte ton aide et vous vous retrouvez face-à-face. Tu as envie de l’embrasser. Non, tu ne dois pas. Tu détournes la tête, tu recules un peu. Garder une distance convenable. Tu lui proposes finalement de te suivre. Fail. Samael, tu fais une énorme erreur. Combien de temps pourras-tu résister ? Tu n’en as pas la moindre idée mais il a besoin de soins et d’une bonne nuit de sommeil, le temps de désaouler. Il a l’air surpris et heureux... Dans tout les cas, il t’emboîte le pas tout de même. Tant mieux, tu n’avais guère envie de le traîner dans tout le palais, vous faisant encore plus remarquer. Hé oui, parce que, ce chemin que tu prends au cœur du labyrinthe impérial mène à tes appartements. Tu l’amènes directement chez toi, alors que seuls quelques rares privilégiés en ont déjà eu l’occasion... Mais dans son état, tu doutes qu’il ait l'occasion d’apprécier cette exception. Tu pourrais faire tant et tant de choses, dans les profondeurs du palais... Mais non, tu n’as prévu aucun piège. Tu pourrais pourtant faire comme ton père, l’enfermer dans une salle de torture et venir le retrouver à chaque fois que en aurais envie... Hum, pensé ainsi, cela prête à confusion. Tu secoues la tête. D’un côté, tu ne sais rien de ses manigances mais tu doutes qu’il ait un jour vu Lyokha autrement que comme la sangsue qui avait osé toucher à son fils...

Sur ces étranges pensées qui t’agitent, vous arrivez devant ton appartement. Le temps de trouver les clés et vous entrez. Les vestes restent dans l’entrée, tu le laisses gagner le salon. Violet. C’est la couleur impériale. Et puis, tu aimes sincèrement cette couleur. Ta chambre n’est guère mieux. Les couleurs sombres te reposent les yeux et donnent un effet de profondeur. La partie opposée aux fenêtre est bien plus foncée que celle des autres murs. Mais tu n’es pas là pour parler de ta décoration d’intérieur. Tu vas fermer les fenêtres, étant donné qu’il fait un peu froid pour cette soirée de printemps... Puis tu te retournes enfin vers ton invité. Assis. C’est bien, il obéit. Bien dressé le blondinet. Ahem. Et maintenant, que faire ? Trouver une ruse pour pouvoir constater de toi-même l’étendu des dégâts. La solution clignote dans ton esprit mais tu hésites tout de même à la mettre en application... Tu vas faire une bêtise. Tant pis, c’est pour lui. Alors tu viens t’installer avec lui juste avant de l’embrasser. Depuis le temps que tu en rêvais, depuis que ses lèvres t’attiraient... Tu cèdes. Fatale addiction... Surtout qu’il répond à ton baiser... Tu fermes les yeux, en profitant un maximum... Tu connais ton objectif mais rien ne t’interdit d’en profiter un peu, non ? Non... Tes mains viennent sur sa peau, ses frissons te ravissent... Mais ce n’est guère qu’un aperçu que tu lui donnes, étant donné que tu recules rapidement. Il suit le mouvement au maximum, tu n’as plus envie de reculer, tu veux en profiter, encore... Mais non, pas question, tu aviseras après. Alors au final, vos lèvres se séparent, ton regard sombre réapparaissant. Un sourire provocateur apparaît sur ton visage... Tu dois le faire craquer, un simple sous-entendu et ton sourire devraient largement sourire... Que va-t-il penser de toi ? Tant pis. Ce n’est pas comme si tu comptais lui céder. Tu le regardes se déshabiller... Strip-show privé, la classe. Tu pourrais le laisser aller jusqu’au bout, pourquoi l’en empêches-tu ? Parce que ce n’est pas ton but. Tu ne veux pas qu’il en arrive là, encore moins dans son état... Alors tu attrapes ses mains et reviens à l’assaut de ses lèvres. Tu le déconcentres alors que toi, tu prends toutes les précautions possibles pour qu’il ne devine pas ce que tu as en tête. Pas tant que tu ne seras pas parvenu à tes fins. Fort heureusement, il est plus facile à manipuler dans son état et c’est sans grande difficulté que, de ta ceinture, tu lui attaches les mains. Tu restes encore un peu pendu à ses lèvres mais tu te redresses enfin, une fois ton but atteint. N’a-t-il pas encore compris ? Il est long à la détente. Et surtout trop alcoolisé. Ah la la... Tu lui donnes alors une touche d’explication. Tu veux simplement le soigner et tu doutes qu’il t’aurait laissé faire. Que cela lui plaise ou non, c’est le même tarif. Tu préfères lui voler un baiser avant d’aller chercher de quoi le soigner. Tu pouvais lui demander ? C’est un regard amusé que tu reposes sur lui.

-Je commence à te comprendre. Si je t’avais demandé, tu aurais tout fait pour m’empêcher de te soigner. Alors j’ai pris les devants. C’est aussi simple que cela.

Oui, pris les devants. Il ne va tout de même pas te coller un procès pour cela. Tu reviens plutôt t’occuper de lui, de sa peau martyrisée par sa chute dans les escaliers. Tes doigts parcourent son corps, glissant sur la peau intacte, t’attardant doucement sur les parties blessées afin d’y appliquer ta pommade. Prendrait-il son pied sous tes mains ? Peut-être un peu... Tu t’attardes aussi longtemps que tu estimes cela nécessaire. Enfin, tu ne vois plus rien à soigner alors tu laisses tes affaires de côté, préférant plutôt venir lui voler un baiser. Il est mieux soigné que couvert de bleus. Mais tu préfèrerais tout de même qu’il soit sobre. Chacun ses goûts. C’est plus facile de se trouver des excuses quand on est ivre, certes, mais réfléchir à sa situation est toujours enrichissant. On fait ses choix puis on doit les assumer. Jamais de fuite possible. Jamais d’oubli. À qui la faute ? Tu fronces les sourcils.

-À celui qui a eu la merveilleuse et stupide idée de se mettre dans cet état je suppose. Quand on ne tient pas l’alcool, on s’abstient.

Non, tu ne t’estimes pas le moins du monde responsable de son état. C’est son choix, pas le tien. Tu ne l’as pas forcé à boire, tu n’es pas responsable de ses actes. Sur ce... Que faire de vous ? Aller te coucher et le laisser là, dormir dans ton salon ? Tu n’aimes pas avoir des inconnus chez toi, tu as encore bien des secrets que tu souhaiteras cacher aux yeux du monde... Et puis, tu n’es pas sûr de pouvoir dormir en le sachant non loin, presque apwal. Ton regard dévie quelque peu d’ailleurs, détaillant ce corps que tu as, à plusieurs reprises, parcouru de tes mains... Ces deux cicatrices. Sa peau plus colorée qu’avant, plus chaude aussi, tu le sais. Ton regard remonte, lentement... Jusqu’à son sourire, jusqu’à ses yeux clairs... Non, ne le regarde pas ainsi, on dirait que tu as envie de le dévorer. N’importe quoi, reprends-toi. Tu détournes donc la tête. Il faut que tu partes. Tout de suite. Trop tard, c’est à son tour d’agir. Une main glisse sur ta joue puis sur ta mâchoire... Tu serres d’ailleurs cette dernière... Ne pas céder, ne plus craquer. Et pourtant, quand ses lèvres rejoignent les tiennes, tu fermes les yeux, répondant fougueusement à son baiser. Tu le laisses t’allonger, tes mains se positionnent instinctivement dans son dos. Quel est ton objectif cette fois ? Tu ne sais pas... Le laisser faire, lui donner la main peut-être... Ses gestes sont doux, tu ressens tellement de choses... Tu ne suis plus, ton esprit s’embrouille. Tu ne sais plus que penser alors, au final, tu te contentes de te laisser aller... Complètement. Il s’installe sur toi, tu le laisses faire. Tu frissonnes en sentant ses doigts glisser sur ton corps, malgré le tissu de ta chemise empêchant tout contact peau à peau. Pour l’instant. En effet, il te retire tranquillement ta chemise sans que tu protestes le moins du monde. Une main se glisse sur sa nuque, le maintenant afin d’approfondir le baiser tandis que l’autre se contente de frôler sa colonne vertébrale de haut en bas et inversement. Tu te sens si bien... Mais il recule. Non, pas déjà, pas tout de suite. Alors tu suis le mouvement, jusqu’à ce qu’il soit trop loin... Ta tête retombe sur le canapé et tu l’observes frôler tes lèvres, louchant quelque peu... Tentation... Arrêter de lui dire que tu ne ressens rien ? Mais... Pourquoi faut-il que tu sois clair ? Il le sait, qu’il ne te laisse pas indifférent... Tu ne réponds pas, ton regard se détourne et tu te mordilles la lèvre en sentant ses lèvres descendre. Sur ta mâchoire, dans ton cou... Trop sensible... Et enfin sur ton torse. Tu frissonnes, tu ne peux t’en empêcher. Ses lèvres, ses doigts... Tu ne peux pas le sortir de ton esprit, il y est bien trop présent... Et tes mains qui se baladent encore, l’une dans son dos, l’autre venant doucement glisser sur son torse, sur ses épaules, sur ses bras... Tu as chaud, tu es bien, un soupir ravi s’échappe d’entre tes lèvres... Comme tu disais pas besoin d’un radiateur. Et puis, sa peau est tout aussi brûlante que la tienne... Tu craques. Mais tu ne peux pas te permettre d’être sincère, même s’il le demande. Ton regard disparaît alors derrière tes paupières...

-Lyokha... Essaye de comprendre... Je ne peux pas...

Non, tu ne peux pas être sincère. C’est trop dur, trop douloureux, trop contraire à tous tes principes. Tu ne peux pas lui avouer pour plein de raisons. Il faudrait se contenter de ce que tu t’autorises à donner avant que le coup fatal ne soit porté. Il faudrait tout arrêter mais n’avez-vous pas dépassé le point de retour ? Ne tiens-tu pas trop à lui ? Regarde tout ce que tu as déjà fait pour lui... Défier ton père à plusieurs reprises, le laisser en vie, le laisser te toucher, presque passer une nuit avec lui... Et tu l’as sauvé, en t’opposant aux tiens, en tenant tête aux Chasseurs en tant que Samael Tudor. Lui t’a sauvé, aussi. Il t’a épargné. Il s’est passé tant et tant de choses... Rien de bien normal. Tant pis, tu sais que tu ne dois pas. Mais encore faut-il que tu te tiennes à tes décisions. Tes pensées s’embrouillent lorsqu’il te ramène à la réalité d’un baiser volé. Tu rouvres donc les yeux, l’observant. Il est encore sincère ? Non. Non, il n’a pas le droit... Mais ses yeux, cette lueur qui y brille... De la douleur. Tu connais bien cette lueur, la même étincelle au fond de ton propre regard. Ton cœur se serre, tu n’aimes pas le blesser mais ce n’est rien comparé à ce qui pourrait se passer si vous alliez trop loin... Quelle stratégie minable es-tu en train d’employer, Samael. Tu le blesses, toujours un peu plus, jusqu’à ce que tu comprennes que, dans le fond, c’est toi que tu détruis... Tu ne voulais pas en arriver là... Tu ne voulais pas le faire souffrir... Un léger frisson te parcourt lorsqu’il replace correctement une mèche de tes cheveux et tu en profites pour glisser une main dans les siens tandis qu’il t’attire à lui, pour échanger un baiser passionné. Sauf que tu perds rapidement le contrôle de tes mains. En effet, il les attache, avec ta propre ceinture. Tu fronces alors les sourcils.

-Mais...

Il t’interrompt. À son tour ? Quoi à son tour ? Il te vole un nouveau baiser mais tu ne réagis guère, sentant qu’il y a anguille sous roche. Jouer à un jeu ? Tu fronces un peu plus les sourcils, inquiet. Qu’est-ce qui peut bien lui traverser l’esprit encore ? Non pas que tu commences à avoir l’habitude de le voir avoir des réactions et des pensées débiles mais... Oui, un peu quand même. Tu t’inquiètes, tu t’assois sur le canapé, fixant son regard. Malgré son sourire, tu le sens malheureux. Décompte ? En partant de cent ? À toi de comprendre la suite du jeu ? Non, non, qu’est-ce qu’il veut faire, encore ? Tu fronces les sourcils, hésitant à te lever pour aller le rechercher et le ramener sur le canapé. Tu as oublié que tes poignets étaient liés. Tu vas avoir du mal à l’attraper ainsi...

-Lyokha... Que comptes-tu faire ?

Il recule jusqu’à le fenêtre donnant sur le balcon. Fenêtre qu’il ouvre. Toi tu te relèves, sourcils froncés. Tu n’aimes pas son attitude. Tu n’aimes pas ce qu’il fait. Tu n’aimes pas ne pas comprendre ce qu’il a en tête. À toi de comprendre la suite du jeu ? Tu arques un sourcil face à son sourire. Non, tu sens la grosse bêtise venir... Et il sort, bloquant la fenêtre derrière lui. Ta réaction ne se fait pas attendre : tu te relèves et vient à le fenêtre, essayant de l’ouvrir. Cet idiot va encore s’attirer des ennuis. Mais non, la fenêtre ne cède pas... Et tes mains attachées... Non, décidément, les choses ne tournent pas comme tu le souhaiterais. Qu’est-ce qui cloche encore ? Ton regard inquiet se porte vers l’extérieur, sur lui. Lui qui s’assoit sur la petite rambarde, lui qui manque de perdre l’équilibre. Un vent de panique commence à souffler sur ton cœur... Il ne va tout de même oser se laisser tomber, non ? Tu essayes de te raisonner, de te dire qu’il ne le fera pas, tu ne peux t’empêcher de l’imaginer. Il ne faut pas, tu ne veux pas. Tu forces sur ta ceinture, essayant de libérer tes mains. Peine perdue. Une chaise pourrait suffire pour casser la vitre, non ? Non, c’est vrai, c’est du verre spécial, censé être indestructible. Ahem. Censé oui. Philip et toi êtes déjà parvenus à faire exploser une vitre semblable. Ton cousin et toi étiez de vraies terreurs... Là n’est pas la question. Tu dois trouver le moyen de le faire revenir avant qu’il ne perdre l’équilibre. Surtout vu son état, il risque de ne pas tenir très longtemps...

-Reviens-là ! Tu vas tomber et c’est bien la dernière chose que je souhaite !

Heu... Samael ? Oui, bon, tu veux bien lui avouer que tu ne veux pas le perdre. Mais tes paroles ne servent à rien. Il ne bouge pas, il reste à sa place et toi tu paniques un peu plus. Qu’est-ce qu’il veut entendre ? Que veut-il que tu lui dises ? Le compte à rebours résonne dans ta tête tandis que tu réfléchis. Que t’a-t-il dit avant ? Que t’a-t-il demandé ? D’être sincère. Il veut que tu lui dises que tu l’aimes ? Non. Non, tu ne peux pas, c’est impossible. Tu ne le diras jamais, même si tu sais que c’est la vérité. Tu ne peux pas. Il ne faut pas. Tu tentes de forcer l’ouverture de la fenêtre. Peine perdue. Tu as besoin de tes mains. Tu observes donc ce qu’il a fichu avec ta ceinture. Oh, un nœud. Bon, tu ne vas alors pas perdre de temps à essayer de le défaire, tu vas devoir attendre qu’il le retire. Que dois-tu faire ? Que dois-tu dire ? Tu n’as de cesse de lui jeter des regards inquiets, de vérifier qu’il est toujours là, sur ton balcon, et non pas que le vent l’a emporté plus bas. Attend-t-il réellement tes paroles ? Attend-t-il vraiment que tu lui avoues tes sentiments ? Peut-être. Il est en train d’essayer de te piéger et toi, tu te laisses faire. Pourquoi ne comprends-tu pas que tu pourrais enfin mettre définitivement fin à votre jeu, même si ce n’en est plus un ? Pourquoi ne comprends-tu pas que c’est la faille que tu attendais ? Tu peux le briser, il ne reviendra pas ! Mais tu ne veux pas le faire, c’est trop douloureux à tes yeux. Que dois-tu faire ? Réfléchis-y jeune Tudor. Quelle est la plus sage décision ? L’éloigner. Vous en souffrirez l’un l’autre mais tu pourras faire ton devoir convenablement. Il t’oubliera. Tu n’es qu’un mortel parmi tant d’autres, il te remplacera. Mais tu ne peux pas, tu n’arrives pas à détourner ton regard, tu n’arrives pas à le laisser faire ce qu’il veut de son existence, l’envoyer en l’air... Tu n’y parviens pas... Alors, finalement, ta tête vient juste contre la fenêtre; Tu n’as pas besoin de tellement hausser le ton, les autres fenêtres sont entre-ouvertes, on t’entend parfaitement bien. Tes yeux se ferment quelque peu, et c’est d’une voix lassée que tu reprends la parole avant qu’il parvienne à la fin de son compte à rebours...

-Pourquoi ? Pourquoi moi, Lyokha ? Qu’ai-je de si différent ? Qu’ai-je de si particulier ? Outre mon nom, mon rang, je n’ai rien de spécial... Mais, Lyokha, j’ai des devoirs, des responsabilités... Ma vie, elle ne m’appartient pas... Je me dois d’être ce qu’on attend de moi, ne pas sortir des chemins tracés... Je sais ce que tu attends de moi mais je ne peux pas prononcer ces mots... Je n’en ai pas le droit... S’il te plait, essaye de comprendre... Peu importe ce que je peux penser, ressentir... Je n’ai pas le droit d’aimer quelqu’un d’extérieur à ma famille... Ou alors, je ne dois jamais l’avouer...

Ne serais-ce pas une déclaration que tu es en train de lui faire ? C’est limite. Vraiment limite. Oui tu l’aimes. Non tu n’as pas le droit de le lui dire, et pas seulement à cause de ton rang. Il ne sait pas qui tu es, ce que tu es. Tes secrets, ta passion pour la chasse, ta colère, tout ce qui t’a finalement formé, tout ce qui t’a poussé dans les chemins interdits. Si un jour il venait à l’apprendre... Il suffirait qu’il te croise lors d’une partie de chasse et c’en serait fini de ton secret. Il n’aurait pas le moindre mal à reconnaître l’odeur de ton sang. Et si cela devait arriver, il ne te le pardonnerait très certainement jamais. Tu te souviens de la fois où tu l’as ramassé. Un de ses amis avait été tué. Chasseurs. Tu n’es pas responsable mais c’est tout comme. S’il l’apprend tu le perdras et tu en es parfaitement conscient. Pire, il pourrait très bien te trahir et là, ce n’est pas que lui qui disparaîtrait mais tout ce que tu possèdes. Tu sais quel est le sort réservé aux Chasseurs. La prison à perpétuité au mieux. Les salles de torture des vampires dans le pire des cas, afin d’en apprendre le plus possible sur l’organisation. Tu ne peux pas te permettre de finir ainsi, qui veillerait sur Léandre, sur ton oncle ? Personne. Et pourtant... Malgré tout cela, tu es limite en train d’avouer que tu l’aimes... Ton regard remonte, tu l’observes, à nouveau. C’est de la douleur qui brille au fond de tes prunelles, rien de plus. Tu as mal d’en arriver là mais il ne te laisse pas d’autre choix... D’autant plus qu’il joue avec tes nerfs. Il perd un peu l’équilibre, une étincelle de panique apparaît au fond de tes prunelles. Tu forces à nouveau sur cette satanée fenêtre qui refuse de céder. Heureusement, il se reprend. Tu soupires. Tu en as assez de ce jeu, tu en as assez de perdre... Tu l’attends, tout simplement. Tu attends qu’il se décide enfin à revenir... Et lorsqu’il repasse enfin à l’intérieur de la suite, tu l’emprisonnes entre tes bras, même si tu as un peu de mal avec tes mains attachées. Il n’a qu’à les détacher.

-Ne recommence jamais une telle scène.

Sans plus attendre, tu viens t’emparer de ses lèvres dans un baiser brûlant de passion. Tu fermes même les yeux. Tu ne veux plus le lâcher. Tu ne veux plus qu’il puisse continuer ses bêtises. Tu vas le surveiller, jusqu’à ce qu’il ait désaoulé. Tu... L’aimes. C’est ce que tu avoues dans ce baiser. Je t’aime Lyokha, bien plus que je ne le devrais. Tant pis. Tant mieux. Peut-être que tu parviendras à changer, peut-être que tu parviendras à jouer un autre rôle au cœur de l’organisation, étant donné que tu sais bien que personne n’en sort jamais. Mais si tu changes, ce sera pour et grâce à lui... En attendant, tu refuses de le lâcher, tu l’entraines jusqu’au canapé, à nouveau. Tu t’y laisses tomber sur le dos et comme tes mains sont attachées dans le sien, tu l’entraines avec toi. Peau contre peau. Et voilà le travail. Tu lui souris, un peu amusé mais surtout rassuré de le savoir là et non plus dehors... Surtout qu’il aurait été capable de prendre froid, vu qu’il n’a quasiment rien sur le dos...

-Pourrais-tu me détacher, s’il te plait ? J’arriverai sans doute mieux à te faire cette démonstration que tu me réclamais tout à l’heure si j’ai les mains libres.

Ton sourire devient amusé, limite provocateur. Cette nuit ne sera peut-être pas reposante pour toi mais tant pis, tu n’as pas sommeil, pas en sa compagnie. Mais c’est une question qui vient éclairer ton regard. Vas-tu rester cette nuit ? C’est ce que tu as prévu, c’est ce que tu aimerais, ne serais-ce que pour t’assurer qu’il ne lui arrive rien... Si tu peux passer du temps en plus avec lui, ce serait parfait. Alors tu l’observes, tu cherches à capter son regard d’azur. Et lorsque tu y arrives enfin, tu t’y noies. C’est trop tard, jeune Tudor. Tu ne pourras plus faire marche arrière, plus jamais et tu le sais. Tu as atteint le point de non retour et tu n’as pas l’air de le regretter. Pour l’instant...

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Ven 30 Aoû - 23:12

« Ce n’est pas ton genre, Lyokha. Pas à cause de moi. Et je vois que tu ne me comprends toujours pas. Depuis le temps, pourtant, tu aurais dû comprendre... » Comprendre quoi ? C'est bien dur de chercher à comprendre quand, déjà, on refuse d'ouvrir les yeux. Car c'est ce que tu fais. Tu refuses de croire qu'il puisse t'apprécier, s'attacher à toi plus que de raison. C'est pour ça que tu veux qu'il le dise, une bonne fois pour toutes. C'est pour cela que tu veux entendre ces deux petits mots s'échapper d'entre ses lèvres. Qu'il te dise qu'il t'aime, et puis, tu ne lui en demanderas pas plus, non. C'est si douloureux, si pénible à balancer ? La situation est presque ridicule d'après toi. Enfin, tu peux le juger, tu n'as que rarement réussi à dire à quelqu'un, honnêtement, que tu l'aimais. Il est certainement la seule personne vivante à en témoigner aujourd'hui. Cet après-midi, ce soir. Tu as l'impression de ne pas arrêter de lui dire, de ne pas dévier de cet objectif, celui qui te pousse à lui faire rentrer dans le crâne à quel point tu l'aimes. Pff. Lyokha, regarde-toi, honnêtement. Regarde comme tu es tombé bas, pour lui, un simple humain... à l'heure actuelle, tu pourrais bien te tuer par amour que ça ne te ferait ni chaud ni froid. Il ne t'en croit pas capable ? Cela ne tient qu'à lui, tu peux très bien te diriger vers un pont sur l'instant. L'adrénaline, elle te fait exploser le cœur, encore une fois. Elle te pousse à faire des choses qui ne te ressemblent pas, qui ne correspondent pas à la personne que tu es devenue. Le Mad Hatter. Est-ce qu'il s'attacherait, lui ? Non, bien sûr que non. C'est un comédien ce gars-là. La dernière des ordures, le genre de personnage que toute une société rêverait de voir crever. Mais tu l'aimes, bordel, tu l'aimes. Le Mad Hatter aurait joué la comédie au début, et n'est-ce pas ce que tu as tenté avec ce pauvre garçon ? Bien sûr. Regarde où tu en es. Tu t'es pris à ton propre jeu, et il t'a piégé, avec ses mots et ses gestes. Ses regards et ses baisers. Pauvre Lyokha. Pauvre Samael. Pauvre vous, qui vous condamnez à une autodestruction certaine.

Tu tombes dans l'escalier. Tu t'en fiches, tu as mal. Mais, tu pourrais avoir les jambes brisées, tu ne t'en inquiéterais pas plus. Tu n'es pas en état de penser à la douleur, aussi grande soit-elle au creux de ton cœur. Ta douleur mentale te prend déjà beaucoup trop d'énergie à gérer, donc si tu devais t'occuper de ta douleur physique en plus, non, ce serait bien trop te demander. Il s'approche de toi, ses réactions sont étranges, presque décalées par rapport au personnage qu'il veut te laisser voir. L'apprenti intendant détaché, indifférent. Il n'empêche qu'il est le premier à accourir, à s'inquiéter. Car non, il ne peut pas dire le contraire ; il s'inquiète pour toi. Si seulement il pouvait se voir sur l'instant, il comprendrait à quel point il est transparent. Il t'amuse, il te fait sourire, presque rire. Il a cru que tu étais en sucre ? Apparemment. « Je m’inquiète juste assez. » Il en ferait presque saigner ton cœur de mort. Il s'inquiète de trop. Il ne doit pas, ce n'est pas bon, ni pour toi, ni pour lui. Car cela prouve que, quelque part, il tient à toi plus qu'à une simple connaissance. Ce qui implique que... Non, arrête un peu tes raisonnements, tu vas finir par déboucher sur des conclusions bien trop hâtives, vu la situation. Pourtant, tu es tenté de l'embrasser. À chaque rapprochement, à chaque instant un peu plus... Dès que l'occasion se présente pour toi, tu es bien tenté d'agir, mais tu n'en fais rien. De toute façon, il se détourne ou se recule avant, donc c'est peine perdue. Tu devrais tout simplement arrêter toi, aussi, arrêter tes petites tentatives. Tu devrais le laisser partir, maintenant... Qu'il se détourne de toi et qu'il parte loin, et longtemps de préférence. Tu ne dois pas me faire confiance Samael, tu ne dois pas. Voilà ce que l'humain aurait crié, autrefois. Mais aujourd'hui, c'est hors de question, tu es bien trop égoïste pour le laisser prendre la fuite sans tenter quoique ce soit avant.

Contre toute attente, il t’emmène au palais, et plus précisément dans sa suite. Combien de personnes ont eu le privilèges de pénétrer dans ses appartements ? Tu n'en as aucune idée, et tu ne veux pas savoir. Aussi peu nombreux soient-ils tu es l'un d'eux désormais, et le reste ne t'importe que peu. Tu détailles la décoration dans son ensemble, encore étourdi et un peu paumé à cause de ta chute, mais aussi de l'alcool. C'est vaste... Trop vaste en fait. Ou peut-être est-ce une illusion d'optique apportée par le violet qui colore les murs ? Aucune idée. Toujours est-il que tu as l'impression que ta vision te joue des tours. Ou bien est-ce normal. Ou bien pas. BREF. Qu'est-ce qu'il veut ? Que tu viennes t'asseoir ? Puisque tu n'es pas en mesure de lui refuser quoique ce soit, tu t'exécutes. De toute façon, qu'est-ce que tu allais faire en restant debout ? Voilà. Et il te rejoint. Il s'assoit à côté de toi et... Il t'embrasse ? Tu trouves cela un peu étrange, mais tu ne réfléchis pas plus longtemps ; tu réponds à son baiser en fermant les yeux. Ah, la confiance aveugle. C'est terrible de voir à quel point tu te laisses faire avec lui, sans même être soucieux un seul instant... Et s'il était pire que son père ? Et s'il n'attendait qu'une chose ; t'attraper dans ses filets pour mieux te poignarder par la suite ? C'est fort probable, vu son soudain changement de comportement. Mais tu n'y prêtes pas plus attention que cela, tu es bien trop occupé par ses lèvres... Et lorsqu'il se recule, tu ne peux t'empêcher de le suivre. Naan, encore ! Encore, tu veux capturer ses lèvres une fois de plus, mais tout ce à quoi tu as le droit, c'est ce sourire joueur qu'il arbore. Oh ? Qu'a-t-il donc prévu pour sourire ainsi ? Tu ne devrais pas te faire d'idées Lyokha... Et pourtant.

Quoi, il est sincère ? Il tient vraiment à ce que tu finisses nu ? Non, sérieusement ? C'est étrange, car tu as quelques doutes par rapport à lui... Il prépare quelque chose, pas vrai ? Malheureusement pour toi oui, et pourtant, son regard estompe tous les soupçons au sein de ton esprit. Alors, tu fais ce qu'il te demande ; tu te déshabilles. Même si tu dois avouer que tu lui aurais bien balancé un truc du genre ; tu veux que je finisse à poil, hé bien t'as qu'à me déshabiller toi-même. Cela t'aurait semblé tellement plus naturel... Enfin, tu es trop à l'ouest pour protester, donc tu continues à faire tomber chaque tissu, jusqu'à ce qu'il t'arrête. De plus en plus étrange. Mais tu n'as pas vraiment le temps de le questionner, ou d'y penser encore et encore, il vient capturer tes lèvres, et cela t'occupe suffisamment l'esprit. Tu lui réponds, tu fermes les yeux, jusqu'à... Jusqu'à sentir tes mains liées, en réalité. Au début, tu t'interroges un peu sur le pourquoi, qu'est-ce qui peut bien lui passer par la tête... Mais tu ne poses aucune question, puisqu'il vient te donner les réponses de lui-même. ah. C'est étrange quand même. Tu retiens un soupir, répondant simplement qu'il aurait pu juste demander... « Je commence à te comprendre. Si je t’avais demandé, tu aurais tout fait pour m’empêcher de te soigner. Alors j’ai pris les devants. C’est aussi simple que cela. » Tu te contentes de lui sourire. Il commence à te comprendre ? Si ça lui fait plaisir de le croire. Malheureusement, personne ne te comprend. Toi-même, tu as du mal à te comprendre parfois, alors, comment lui le pourrait ? Non, c'est triste à dire, mais il ne te comprend pas. Il croit, seulement...Tu aurais tout fait pour ne pas qu'il te soigne ? Là, il marque un point. Tu ne l'aurais pas laissé te toucher. Pas comme ça. Ok, ok, tu connais déjà la sortie... Mais, non, tu ne l'aurais pas laissé te soigner. Il a pris les devants ? Tu ris un peu, reprenant. « J'aurais préféré que tu prennes les devants pour autre chose, vois-tu. » Oui oui, la sortie est toujours au même endroit. C'est débile, ce que tu racontes là. Et pourtant, c'était bien le film qui se jouait dans ton esprit, quand vos lèvres se sont rencontrées à nouveau sur le canapé...

Tu frissonnes un peu, lorsque tu sens ses doigts sur ta peau. La sensation est agréable, et tu n'as pas à te plaindre. Tu te contentes de le regarder œuvrer, de tes yeux d'azur. Il est minutieux dans ce qu'il fait, attentif, et au final, tu ne peux pas le blâmer pour vouloir t'aider. Tu es mieux soigné et sobre ? Ton sourire s'élargit un peu plus encore. Pour ce qui est d'être soigné, d'accord. Pour ce qui est d'être sobre... C'est peut-être lâche de ta part, mais en buvant, tu t'es dit qu'au moins, quelque soit sa réponse, tu n'aurais pas à souffrir. Tu as beaucoup trop donné, pour au final, trop peu recevoir. Alors, que l'histoire se répète... Non. C'est pourquoi, boire était une idée comme une autre, dans le sens où demain, tu aurais peut-être tout oublié. Il y a de cela, mais aussi du fait que tu voulais fêter à la bouteille ce vent monumental qu'il t'a collé plus tôt dans la journée. Alors au final, à qui la faute, hein ? « À celui qui a eu la merveilleuse et stupide idée de se mettre dans cet état je suppose. Quand on ne tient pas l’alcool, on s’abstient. » Tu fronces un peu les sourcils, n'en perdant pas pour autant ce large sourire qui orne tes lèvres. C'est un peu ironique, ta réaction, dans le sens où c'est quand même de sa faute, si tu as plus d'alcool dans le sang que la moyenne. Tu hausses légèrement les épaules, à la fois amusé et désespéré par sa réponse. « Je tiens merveilleusement bien l'alcool. Et oui, tu es responsable. C'est toi qui m'a brisé le cœur cet après-midi. » Tu n'en perds pas pour autant ton sourire. D'accord, tu y vas peut-être un peu fort, mais tu n'es pas en état d'édulcorer tes propos, donc il devra s'en contenter.

Il te regarde et tu en fais autant. Tu as envie de lui sauter dessus, de l'attraper, de l'embrasser, de... Tu le veux, en fait. Rien que pour toi. Et inconsciemment ou presque, un plan est en train de se construire au creux de ton esprit. Tu glisses une main sur son visage, et tu viens l'embrasser. Il te répond tout aussi fougueusement d'ailleurs, et tu ne te fais pas prier lorsqu'il s'agit de l'allonger sur le sofa. Tu es si bien avec lui, contre lui... Comment pourrais-tu sortir de cette chambre pour rentrer chez toi cette nuit ? Tu ne veux même pas y penser, tu es bien trop concentré sur ses mains qui parcourent doucement ton dos, te faisant frissonner. Tu glisses tes propres doigts sur son corps, sans réel but... Tu es juste, tellement bien avec lui... De sentir sa main sur ta nuque, l'autre frôler ta colonne vertébrale, hasardeuse... Sans même t'en rendre compte, tu commences à avoir chaud, et une teinte un peu plus rouge encore se dessine sur tes joues. Tu voudrais tant que, le temps d'une nuit, vous ayez de le droit de tout oublier, votre rang, votre nature respective, tout... Tu aimerais rien qu'une fois, qu'il soit capable de tout mettre de côté, pour toi, mais aussi pour lui. Et tu aimerais aussi... Lui faire avouer quelque chose. La vérité. Qu'il arrête de faire comme s'il ne ressentait rien... Tu t'es ouvert à lui, bordel. Il ne pourrait pas faire un petit effort ? Ce serait trop lui demander ?  Tu relâches ses lèvres, le surprenant à suivre le mouvement... Ah, il commencerait à y prendre goût ? Peut-être trop, comme toi. Tu lui poses une question, il n'y répond pas... Alors tu poses tes lèvres sur sa joue, son cou, son torse... Il frissonne toujours plus, et toi, tu continues à te perdre entre ses bras. Ressaisis-toi un peu ! Non, incapable. Tu es déjà trop loin pour faire machine arrière. « Lyokha... Essaye de comprendre... Je ne peux pas... » Mais tu n'as pas envie de comprendre, et il est bien là le problème. Tu t'en fiches, toi aussi, tu n'as pas le droit d'être sincère et pourtant, tu l'as été, pour lui. Tu retiens un soupir, reprenant. « Bien sûr que tu le peux... » Il n'y a pas de caméras ici, pas de magnétophone, de quoi a-t-il peur ? Que tu ailles tout balancer à la presse avec des photos ? Mais oui, bien sûr. Tout le monde le sait que tu es journaliste de presse rose. Qu'est-ce qui le bloque, honnêtement ? Après tout ce que vous avez vécu, franchement... Tu es perdu. Tu ne vois pas ce qui l'empêche d'être sincère. Il a peur ? Il a mal ? Toi aussi. Et ton cœur brûle encore, en attendant.

Tu le regardes un long moment dans les yeux, glissant une mèche de ses cheveux bruns ailleurs, alors qu'une main parcourt les tiens affectueusement. Tu l'embrasses à nouveau, ton plan se précisant encore. Tu attrapes rapidement sa ceinture, tu la noues autour de ses poignets... Et voilà le travail. La suite ? Oh, elle est bien simple. Tu as un petit jeu à lui proposer, même si tu doutes qu'il lui plaise. « Mais... » c'est à peine si tu l'entends protester. Tu dois agir, tu dois le faire tilter. Qu'il comprenne que vous n'aurez pas cinq siècles, pour qu'il se décide à te dire ce que tu veux entendre. Alors tu vas presser un peu les choses, jouer le tout en cent petites secondes. Certes, c'est bien peu. Mais s'il tient un minimum à toi, il comprendra, et il trouvera les mots qui te feront rester ici, parmi les vivants. Tu lui voles un baiser, et tu te relèves. Quoi ? Il s'inquiète ? Il a raison d'un côté, mais cette constatation ne fait pas ternir ton sourire... Il se redresses, s'asseyant, et toi, tu recules. « Lyokha... Que comptes-tu faire ? » Tu ne dis rien, tu te contentes de sourire. Oui, tu fais n'importe quoi... Mais tu es juste paumé, au final. Tu as besoin qu'il te dise si tout cela est vrai, si tu n'es pas en train de rêver tout seul. Tu as besoin de savoir ce qu'il ressent, au fond de son cœur. Tu atteins bien vite la fenêtre donnant sur le balcon, et tu l'ouvres, la bloquant une fois à l'extérieur. La suite ? Elle est bien simple. Tu veux lui faire peur, qu'il panique un peu. Qu'il ressente tout ce qui t'oppresse le cœur, quand tu as peur qu'il ne prétende être attaché à toi que pour mieux te jouer dans le dos. Tu te hisses sur la rambarde, et il est déjà devant la fenêtre, à te regarder. Tant mieux, à ce qui paraît, c'est d'autant plus choquant de près. De savoir qu'on est bloqué par une simple vitre, qu'on est impuissant, juste à cause de ça.... Tu le regardes paniquer tranquillement, tenter de défaire ses liens. Toi, tu continues paisiblement ton compte à rebours, sans même ciller. Oh, le vent te fait vaciller dangereusement, mais c'est encore autre chose, ça. « Reviens-là ! Tu vas tomber et c’est bien la dernière chose que je souhaite ! » Oh ? C'est un premier pas, et tu réprimes un sourire, préférant inspirer profondément l'air frais du soir. Il ne souhaite donc pas te voir tomber ? Pourtant, tu continues ton compte à rebours, que cela lui plaise ou non. « 54. »

La moitié du temps est écoulée, et il ne t'a toujours pas convaincu. Tu n'as pas tellement envie de te jeter dans le vide, mais, malheureusement... Il tente de forcer la serrure ; peine perdue, il n'a pas les mains libres et en plus, elle est bien trop bloquée ainsi pour qu'il puisse espérer la libérer en moins de cinquante petites secondes. Tu vois l'inquiétude dans ses yeux, l'envie irrépressible de t'aider, sans pouvoir agir. Allez, qu'il te balance quelque chose, même si c'est faux. Qu'il te le dise bon sang, deux petits mots... « Pourquoi ? Pourquoi moi, Lyokha ? Qu’ai-je de si différent ? Qu’ai-je de si particulier ? Outre mon nom, mon rang, je n’ai rien de spécial... Mais, Lyokha, j’ai des devoirs, des responsabilités... Ma vie, elle ne m’appartient pas... Je me dois d’être ce qu’on attend de moi, ne pas sortir des chemins tracés... Je sais ce que tu attends de moi mais je ne peux pas prononcer ces mots... Je n’en ai pas le droit... S’il te plait, essaye de comprendre... Peu importe ce que je peux penser, ressentir... Je n’ai pas le droit d’aimer quelqu’un d’extérieur à ma famille... Ou alors, je ne dois jamais l’avouer... » Tu as perdu un peu de ton sourire. Pourquoi lui ? Parce que. Parce que c'est sur lui que c'est tombé. Ce n'était qu'un stupide jeu, au début... Et voilà qu'aujourd'hui, tu peux affirmer l'aimer, sans même le connaître réellement. Sa vie ne lui appartient pas ? Il peut faire en sorte que si, elle soit sienne. Il n'a qu'à le vouloir, et tu pourrais l'aider, pour ça... Ta vie à toi, elle t'appartient, à plus de cent pour cent ! Tu es libre, libre de faire ce que tu veux, de passer au-dessus des lois, de surpasser le pouvoir. Libre, entièrement libre. Il a peur de s'aventurer hors des sentiers battus ? Quelle triste vie à laquelle il se destine. Tu as envie de lui dire qu'au final, c'est lui qui fait n'importe quoi, c'est lui qui fout sa vie en l'air, en s'enchaînant ainsi aux conventions. Mais tu n'en fais rien. Pas le droit d'aimer quelqu'un d'extérieur à sa famille ? Ton regard n'en brille qu'un peu plus encore, alors que depuis le début de son monologue, tu secoues la tête de gauche à droite. Non, tu ne veux pas entendre ça. Tu ne veux pas avoir à faire face à la vérité, ça fait trop mal. Tu baisses les yeux au fur et à mesure de sa tirade, mais lorsque tu en entends les derniers mots... Tu ne peux t'empêcher de relever ton regard humide vers lui, doucement. Ne pas l'avouer ? C'est ça le problème ? Il n'a pas le droit de le dire à haute voix ? Et pourquoi, hein ? Personne ne l'entend après tout. Tu repenses à ses premières interrogations, te décidant à lui répondre. « Parce que c'est tombé sur toi, Samael. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. Les choses n'étaient pas censées aller si loin. Mais aujourd'hui, je ne peux plus... Je ne veux plus faire machine arrière... » Une brève déclaration se dissimule sous tes mots. Tu n'ajoutes rien, essayant de retrouver un semblant de sourire. Tu manques de tomber, à nouveau, mais tu te rattrapes. Non, ce n'est pas le moment de tomber, alors que vous êtes si près du but. Tu batailles pour que les larmes ne se fassent pas une place de choix sur tes joues.

Pourtant, tu sais bien que tu ne tireras plus rien de lui. Il est têtu, autant que toi. S'il a décidé de ne rien rajouter, il ne rajoutera rien. Trois. Deux. « 1. » Souffles-tu, reniflant un peu dans la nuit. Tu hésites un instant, mais finalement, tu te glisses de la rambarde, revenant devant cette fenêtre que tu ouvres. Tu ne le regardes pas, non. Tes yeux sont perdus dans le vague. Et dès que tu pénètres à l'intérieur, il glisse ses bras autour de toi. Tu hésites un instant encore, mais tu refermes les tiens dans son dos, posant ta tête dans son cou. « Ne recommence jamais une telle scène. » Tu recules un peu le visage, et tu n'as pas le temps de répondre quoique ce soit qu'il t'embrasse. Naturellement, tu lui réponds, quoique encore perturbé par ses réponses... Non, je ne recommencerais pas Samael. Je te promets, je ne recommencerais plus. C'est ce que tu aimerais lui dire, mais le silence est tellement plus agréable, surtout quand il se traduit par un baiser. Il t'entraîne plus loin, certainement vers le sofa, et pas manqué ; il tombe sur ce dernier, t'entraînant dans sa chute. Il te sourit, et tu essayes d'en faire autant. Mais tu as cette douleur qui reste sur ton cœur, celle qui te rappelle que vous êtes en train de faire une belle erreur. Il est encore temps de prendre la fuite, Lyokha. Mais tu t'y refuses. Pas tout de suite. Pas maintenant qu'il t'a tout dit, t'avouant à demi-mots que ses sentiments étaient... Réciproques. « Pourrais-tu me détacher, s’il te plait ? J’arriverai sans doute mieux à te faire cette démonstration que tu me réclamais tout à l’heure si j’ai les mains libres. » Tu finis par sourire un peu, le détaillant toujours dans les yeux. C'est un sourire sincère qui flotte sur tes lèvres, et c'est une joie intense qui se profile au fond de tes prunelles. Tu es heureux, vraiment. C'est étrange de ressentir cela... D'autant plus en tant qu'humain. C'est à la fois agréable, et grisant. La peur que, cette soirée soit tellement magnifique, que le reste de ta vie en soit fade et sans couleurs. Tu te perds dans ses yeux, pendant quelques longues secondes... Et finalement, tu te dégages un peu de son emprise, enlevant rapidement le nœud et la ceinture pour la poser par terre.

À vrai dire, cette démonstration t'est passée par dessus la tête. Tu préfères de loin te perdre dans ses yeux, détailler ses traits, glisser une main dans ses cheveux. L'observer silencieusement, et espérer capturer son image, comme s'il n'était qu'un mirage. Et finalement, tu brises le silence, reprenant doucement la parole. « Tu aurais une chambre, peut-être ? » Fais-tu avec un léger sourire. Tu te relèves, attendant juste qu'il t'y entraîne. Et c'est bien ce qu'il finit par faire. Tu entres timidement d'abord, regardant tout autour... Et lorsque tu as fini cette brève inspection, tu reviens capturer ses lèvres dans un baiser partagé entre passion et fougue. Tu l'aimes. Oui, bon sang, tu l'aimes. Peut-être trop. Et tant pis, c'est comme ça. Tu glisses tes mains sur sa nuque, dans son dos... Tu veux le sentir près de toi, toujours plus. Et tu fermes les yeux, l'entraînant à l'aveugle dans la pièce. Oh, son lit n'est pas loin, et il est votre destination, en fait... Vous l'atteignez rapidement d'ailleurs, et tu ne perds pas une seconde pour le faire tomber dessus. Toi, tu es toujours debout, et tu le détailles. Tu ne fais que ça, depuis quelques minutes... Le regarder, comme si c'était la dernière fois que tu le voyais. Et puis, tu te décides à bouger, venant te placer juste au-dessus de lui. Tu souris doucement, et tu lui voles un baiser, puis un autre. « Je t'aime... » Souffles-tu sur ses lèvres. Oui, tu l'aimes. Même si ce n'est pas bien. Même si tu ne devrais pas. Même si tu sais bien que tout cela va très mal se terminer. Depuis combien de temps n'as-tu pas prononcé ces deux mots avec autant de sincérité ? Des siècles. Il ne peut certainement pas s'en rendre compte, mais pour toi, c'est... Beaucoup.

Tu pourrais aller plus loin. Lui demander à nouveau cette fameuse démonstration. Tu pourrais l'embrasser, encore. Découvrir son corps, un peu plus que la dernière fois. Pourtant, tu n'en fais rien, non. Tu préfères venir te laisser tomber à côté de lui, te collant contre. Tu poses ta tête sur ton torse, te blottissant paisiblement contre lui. Tu écoutes les battements réguliers de son cœur, comme une berceuse. Tu avais oublié, ce que c'était, que d'entendre un cœur battre comme ça. Doucement. Sans peur, ni crainte pour le presser. Tu souris doucement, posant une main sur son abdomen. Tu traces des formes hasardeuses et invisibles du bout des doigts, restant concentré sur cette fréquence respiratoire qui le fait bouger à rythme régulier. Tu te mords un peu la lèvre, te rendant compte que tes yeux se font encore un peu humides... Mais ce n'est plus de la colère, de la tristesse. C'est de la joie. « Pourquoi est-ce que les choses sont si compliquées, hein ? » Pourquoi est-ce que j'arrive à être encore aussi humain. Pourquoi est-ce que j'arrive à t'aimer, Samael. Trop de questions qui se bousculent dans ton esprit, questions qui demeurent sans aucune réponse pour les satisfaire. « Tu veux que je sois honnête ? J'ai peur de ce qui va se passer. J'ai peur de te faire du mal. » Car oui, je vais t'en faire du mal, Samael. Plus que personne ne t'en a jamais fait. Je suis comme ça, c'est dans ma nature, je blesse tout le monde autour de moi, et ça ne changera pas. Toi-même, tu n'y peux rien. C'est triste à avouer, mais c'est ainsi. Ta main cesse de bouger un instant, et tu te mords un peu la lèvre, relevant ton regard vers lui. « Je... Je pourrais rester, juste cette nuit ? » Après tout, ce n'est pas parce que tu es dans son lit que tu peux t'inviter toute la nuit. Tu gardes tes yeux rivés dans les siens, avide de réponse. « Tu peux dire non... je crois même que ce serait normal. J'ai fait n'importe quoi, et j'en suis désolé... Je devrais peut-être partir en fait. » Et c'est soupirant que tu te redresses, t'asseyant sur le bord de son lit. Tu passes tes mains dans tes cheveux, regardant autour de toi. Oui, tu devrais partir, même si tu n'en as pas envie. Même si tu veux rester là, rien que pour lui. Parce que désormais, c'est comme s'il n'y avait que lui, qui comptait réellement.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 7 Sep - 12:01

Lyokha, complètement nu. L'idée est tentante, alléchante. Tu pourrais tout aussi bien le déshabiller toi-même, Samael. Oui, tu pourrais, ce serait même plus logique. Sauf que tu as des principes et une idée en tête. Tu n'as pas l'intention de le déshabiller pour la raison qu'il peut avoir en tête. Tu as tout simplement besoin de voir l'étendue des dégâts, histoire de pouvoir le soigner. C'est pour cela que tu l'empêches de se déshabiller complètement, même si tu ne serais pas contre non plus... Mais chaque chose en son temps. Lorsque tu estimes qu'il est suffisamment découvert, tu lui attrapes les mains, l'empêchant d'aller plus loin, et captures ses lèvres. Tu sais que tu le déconcentres en agissant ainsi et c'est très exactement ton objectif : le déconcentrer. Qu'il ne se méfie pas de toi, qu'il se laisse tout simplement piéger. Et c'est ce qui se passe. Tu es trop fort. Tu en profites peut-être un peu mais c'est tellement bon de sentir ses lèvres sur les tiennes... Tu aimes sincèrement cette sensation. Mais, encore une fois, chaque chose en son temps. Tu profiteras de son corps lorsqu'il sera soigné. Tu lies donc ses mains entre elles à l'aide de ta ceinture puis tu te recules. Et voilà le travail. Tu aurais pu demander ? Il aurait tout bonnement refusé alors tu as pris les devants, tout simplement. Il aurait préféré que tu les prennes pour autre chose ? Oh oui, tu vois. C'est un sourire amusé qui vient étirer tes lèvres. Oui, tu te doutes bien. Mais non. Tu lui voles simplement un baiser avant d'aller chercher de quoi le soigner.

Finalement, même quand il s'agit d'étaler de la pommade sur ses ecchymoses, tu aimes laisses tes mains glisser sur son corps. Et lui frissonne. C'est tellement agréable... Durant quelques longues minutes, tu t'occupes de lui, attentif, minutieux. Tu veux vraiment le soigner alors tu t'appliques. Mais bien vite, tu as fait le tour. Et voilà. Dommage qu'il ne soit pas sobre, tu aurais pu agir autrement, tu aurais peut-être prit la peine de pleinement profiter de cette soirée en sa compagnie, dans tes propres appartements. Mais non, il est ivre alors tu seras sage. Il faut bien qu'un le soit pour les deux. Tu ne te sens pas responsable de son état. Il a choisi de boire, c'est son problème. Il y a tellement d'autre choses à faire... Mais non, tu secoues la tête quand il te dit qu'il tient merveilleusement bien l'alcool. Mais oui, bien sûr. Le regard ironique que tu poses sur lui veut tout dire : il n'en a pas l'air. Par contre, il t'accuse. Toi, responsable ? Tss. N'importe quoi. Enfin, si, peut-être un peu... Tu as été dur, cet après-midi. Sauf que tu ne comptes pas l'avouer. Tu vas dire une bêtise.

-Ne me dis pas que tu es jaloux à cause du coup de téléphone d'Andrew...

Et voilà, tu ne te remets toujours pas en cause. Tu ne le fais que rarement en réalité. Et puis, tu plaisantes. Il n'y a pas à être jaloux d'Andrew. Certes, vous êtes relativement proches tous les deux mais il n'y a rien de plus qu'une amitié sincère entre deux jeunes gens de la haute société n'entrant pas totalement dans le moule et animés d'une même passion : la musique. Bref. Tu le regardes, il fait de même. Tu le détaches. À présent que tu en as fini, tu peux bien lui laisser la main. Tu es curieux de voir ce qu'il te réserve, ce qu'il a envie de faire de toi. Même si tu as bien une petite idée, vu ses propos quelques instants plus tôt. En effet, il vient bien t'embrasser et tu lui réponds sans la moindre hésitation, avec fougue. Tu te laisses même allonger sur le canapé, le gardant avec toi, une main sur sa nuque, l'autre se baladant dans son dos, lui arrachant quelques frissons... Tu sens sa peau se réchauffer, la tienne aussi. Ses doigts glissant sur ton corps, tu frissonnes... Surtout qu'il a ouvert ta chemise, tu ressens donc plus intensément chaque geste tandis que vos lèvres sont toujours scellée... Tu voudrais plus. Ce n'est pas raisonnable, tu sais que tu ne le feras pas, que tu respecteras tes principes, mais tu voudrais plus que quelques baisers et caresses... Seulement tu te l'interdis. Tes principes, toujours tes principes. Il n'empêche que tu ne peux que suivre le mouvement lorsqu'il recule. Non, tu voulais plus et tant pis pour votre manque d'oxygène ! Regarde-toi jeune Tudor, tu es pitoyable. Et pourtant tu n'en as pas grand chose à faire. Tu te laisses juste faire, entre ses mains, sous ses baisers. Tu frissonnes, tu te mordilles la lèvre... Pas le cou, tu y es sensible ! Heureusement qu'il descend encore, sur ton torse. Tu te sens si bien... Et ce serait mieux s'il ne parlait pas autant, s'il ne te posait pas ces questions... Tu ne peux pas lui répondre, tu ne peux pas être sincère... Tu le dis mais il insiste... Il n'a pas compris. Il ne comprend donc pas qui tu es, ce que tu dois être... Tu n'as pas le droit de te laisser aller, tu n'as pas le droit de l'aimer et tu le sais... Le problème est que tu ne respectes pas les règles, encore une fois. Il faudrait que tu cesses de sortir des chemins battus avant de le regretter et de faire souffrir d'autres personnes avec toi... De le faire souffrir...

Plongé dans tes réflexions et tout absorbé par le moindre de ses gestes, tu n'en remarques que trop tard qu'il t'a attaché les poignets. Tu proteste un peu, curieux et légèrement inquiet. Un jeu ? Oh, tu sens très mal la suite. Tu as peur qu'il fasse une nouvelle bêtise. Après tout, il cumule ce soir : chanter sous tes fenêtres – d'ailleurs comment a-t-il su où tu dormais ? –, tomber dans les escaliers, et maintenant, que compte-t-il faire ? Il va sur le balcon et il coince la fenêtre. Non. Il se met sur la rambarde et toi, tu t'inquiètes. Il y a un peu de vent et avec tout l'alcool que tu imagines dans son organisme, tu as peur de le voir tomber. Tu ne veux pas le perdre, tu t'en voudrais bien trop ! Oui, tu tiens à lui. Beaucoup trop pour votre sécurité à tous les deux. Tu ne devrais pas l'avouer, tu ne devrais pas le laisser deviner à quel point il compte pour toi. Et encore... Si tu ne faisais que tenir à lui... Non, c'est plus profond, plus puissant qu'une simple amitié. Tu veux qu'il revienne, tu veux qu'il cesse ses bêtises et qu'il ne prenne pas le risque de tomber. Seulement il reste là-bas, de l'autre côté de la fenêtre et toi, avec tes mains liées, tu ne parviens pas à l'y rejoindre. Il t'énerve. Tu sais ce qu'il attend, tu sais ce qu'il veut que tu lui dises. Seulement tu ne peux pas, tu n'en as pas le droit. Il ne faut pas que tu avoues tes sentiments. Cruel dilemme... Lui avouer et pouvoir le maintenir en vie ou garder le silence et rester dans ton rôle. Que faire ? La question ne se pose guère. Alors tu poses simplement la tête contre la vitre et tu parles. Qu'as-tu de plus qu'un autre pour qu'il t'aime à ce point ? Tu n'en as pas la moindre idée. Seulement tu sais que ce n'est vraiment pas une bonne chose qu'il t'aime autant. Et tu parles, encore et encore, jetant de temps en temps un coup d'œil à ses réactions. Il n'a de cesse de secouer négativement la tête. Il n'est peut-être pas d'accord mais tu n'es réellement pas libre de disposer de ta vie. Elle appartient à l'Empire, à ta famille. Elle n'est pas tienne et ne le sera très certainement jamais. Mais tu ne t'arrêtes pas là. Il attend quelque chose et, finalement, tu peux bien le lui dire, indirectement. Tu ne dois pas avouer le fait que tu aimes quelqu'un. Tu connais ton cœur sensible, tu sais qu'on pourrait jouer avec et c'est ce qui te fait peur, c'est ce qui ne doit jamais arriver. Quant à Lyokha, il prend la peine de répondre à tes interrogations. C'est juste tombé sur toi, alors que ce n'était pas censé aller si loin. Tu baisses les yeux... Non, en effet, ce n'était pas censé aller si loin. Malheureusement pour vous deux. Cependant, ton regard revient bien vite se poser sur lui.

-Moi non plus... Je ne peux plus et je ne suis pas sûr de le vouloir...

Tu n'es pas sûr qu'il t'entende de là où il est, à travers la verre de la fenêtre. Tu voudrais qu'il revienne jusqu'à toi, tu voudrais qu'il cesse de tanguer sur le rebord de ton balcon, t'inquiétant un peu plus à chaque fois. Heureusement, il finit par s'avancer et rouvrir la fenêtre. Tu l'emprisonnes aussitôt entre tes bras, l'attirant bien contre toi. Il t'a fait peur. Vraiment. Ses bras glissent dans ton dos, ses cheveux chatouillent son cou, tu es si bien ainsi... Qu'il ne recommence jamais. Tu ne veux plus avoir peur pour lui. Mais tu ne lui laisses pas le temps de répondre, ses lèvres t'attirent irrésistiblement alors tu viens en prendre possession. Tant pis, le silence vaut bien mieux que certains mots. Mais malgré tes actes, quelque part, tu te sens mal. Tu sais que tu as fait une belle bêtise, tu sais que tu n'aurais jamais dû lui laisser sous-entendre que ses sentiments étaient réciproques. Les choses vont mal tourner, tu le sais déjà et pourtant... Tu n'arrives pas à lui résister, tu veux juste qu'il aille bien, tu veux qu'il soit heureux. Quelle stupide idée, à quoi bon agir de cette manière en sachant que vous en souffrirez plus tard ? Tu ne sais pas et tu ne veux pas savoir. Tant qu'il est là, tu ne demandes pas grand chose de plus, même si tu brises tu ne sais combien de règles.

Tu l'entraînes avec toi jusqu'au canapé, te laissant tomber dessus sans le lâcher une seule seconde. Et hop, il est à nouveau au-dessus. Quant à toi, tu lui souris. Mais quelque chose le gêne. A-t-il les mêmes pensées que toi ? Peut-être. Il devrait partir. Tu devrais le virer de tes appartements. Mais au lieu de cela, tu lui demandes de te détacher. Après tout, quelques instants plus tôt, il te demandait comment on pouvait chauffer quelqu'un sans radiateur. Cette réplique est complètement idiote mais elle a au moins le mérite de le faire sourire. Un beau sourire, alors que tu te perds dans ses yeux... Tu es heureux parce qu'il semble l'être. Finalement, être attaché et condamné à le garder ainsi tout contre toi n'est pas désagréable du tout. Tu ne dis plus rien, tu te noies simplement dans son regard... Tu t'y perds, sans avoir la moindre envie de t'en sortir. Quant à tes mains, elles sont toujours dans ton dos et tu essayes, plus ou moins maladroitement, de laisser tes doigts frôler sa peau... C'est agréable, c'est presque parfait. Il finit par te détacher. Après réflexion, avoir les mains libres n'est pas si désagréable. Celles-ci glissent sur son corps, d'une d'elles venant jouer un peu avec ses cheveux, l'autre se baladant sans but précis. Tu ne souhaites pas briser ce silence qui s'est installé entre vous, cela met un peu de mystère, ramène un peu de ce calme qu'il avait fait fuir en se rendant sur le balcon. Tu te contentes de l'observer, de graver au fond de ta mémoire chacun de ses traits, chaque sensation, tout. Absolument tout. Il est le premier à reprendre la parole. Si tu as une chambre ? Ton regard remonte vers le plafond, comme désespéré. Tu as envie de sortir une idiotie. Tu vas en sortir une.

-Non, je dors sur le canapé.

Quoi ? À question idiote, réponse idiote après tout. Tu n'as guère envie de l'amener dans ta chambre. C'est ton empire, là où tu caches beaucoup d'affaires, là où on peut trouver beaucoup de tes secrets... Et pourtant tu te relèves tout de même, laissant ta chemise sur le canapé. Dans son état, il ne se montrera peut-être pas trop curieux. Tu lui souris donc avant de lui faire signe de te suivre. Vous arrivez rapidement dans ta chambre et êtes accueillis par un long sifflement relativement mécontent. Apophis n'a pas l'habitude des intrus, c'est vrai. Seulement tu ne lui accordes pas plus d'attention que nécessaire, te tournant vers le blond. Ta chambre est différente de celle que tu as chez tes grands-parents. Ici ce sont les tons bleus qui dominent. Plus ou moins sombre, cela dépend des murs mais on ne voit pas vraiment, avec la seule lumière de la lune. Tu vas donc allumer ta lampe de chevet, histoire d'y voir un peu plus clair. Tu n'as pas le temps de faire plus étant donné qu'il revient bien vite capturer tes lèvres en un baiser passionné. Tes mains viennent se positionner dans le bas de ton dos et tu fermes les yeux, lui répondant avec fougue. Les siennes glissent sur ta nuque, dans ton dos et tu en frissonnes franchement... Bon sang, tu l'aimes. Comment le cacher, continuer à mentir ? Tu l'aimes, tout simplement. Tu te laisses faire lorsqu'il décide de te faire reculer et tu en cherches pas à résister quand il te fait tomber sur le matelas, te faisant rouvrir les yeux. Les tentures du lit à baldaquin s'écartent pour te laisser passer. Tss. Sale gosse. Et pourtant tu souris. Tu le laisses te détailler, étant donné que tu fais de même. Il n'empêche que tu aimerais qu'il bouge un peu. Heureusement, tu n'attends pas trop longtemps et il vient s'installer au-dessus de toi. Un sourire sincère étire tes lèvres tandis que tes mains retrouvent son corps, à nouveau. Quant à lui, il te vole un baiser, puis un second. Il t'aime ? Tu fais un peu la moue avant de le ramener à toi pour l'embrasser réellement. Il va finir par te faire culpabiliser, à force de te le répéter. Le baiser est passionné mais court. Tu as quelque chose à dire.

-Tu parles trop, Lyokha... souffles-tu.

Tu poses peut-être beaucoup de questions mais quand il s'y met, il n'est pas mal non plus. Ce serait tellement plus simple de juste profiter de la présence de l'autre au lieu de vous torturer avec vos sentiments. Oui il t'aime, tu l'as bien compris. Tu l'aimes aussi, même si c'est douloureux, même si c'est une grossière erreur. Alors tu préférerais qu'il ne prononce pas ces mots. Tu n'es pas sûr qu'un jour, tu prononceras ces paroles alors cela te soulagerait qu'il n'insiste pas trop... Enfin, en attendant, tu profites du silence, de sa peau contre la tienne. Il se laisse juste tomber à tes côtés, sa peau contre la tienne, sa tête sur ton torse, une main sur ton ventre. Tu te sens tellement bien ainsi... Tu as l'impression d'être comme... Apaisé. Oui, c'est le mot : apaisé. Une de tes mains vient se glisser sur son épaule tandis que tu frissonnes en sentant ses doigts dessiner des formes invisibles sur ta peau. Tu t'es rarement déjà senti aussi bien. Tu ne veux plus bouger, tu es bien trop à l'aise ainsi. Tellement que tes yeux se ferment tout seuls. Tu pourrais très bien t'endormir ainsi. D'ailleurs, n'est-ce pas ce que tu es en train de faire ? Si, un peu... Mais sa voix brise à nouveau le silence, t'obligeant à te réveiller. Pourquoi est-ce que les choses sont si compliquées ? Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres... Tu ne sais pas... Peut-être parce que la vie est ainsi et que si les choses devaient être faciles, cela se saurait ? Tu n'as aucune réponse à lui offrir alors tu préfères le silence. Ta main glisse à nouveau sur sa peau, descendant dans son dos... Ah, il reprend la parole. Quand tu disais qu'il parlait trop... Il a peur de la suite, de te faire du mal ? Tu te mordilles la lèvre, fixant les tissus au-dessus de vous. Peur de te faire du mal... Tu ne sais pas qui en fera le plus à l'autre et c'est bien ce qui t'inquiète...

-Moi aussi, Lyokha... Moi aussi...

Parce que tu es un chasseur et s'il l'apprend un jour... Ce sera douloureux, blessant. Peut-être que tu devras faire ce que tu aurais dû faire depuis bien longtemps : l'éliminer. Mais non, tu ne veux pas, tu n'es même pas sûr d'en être capable. Un chasseur, ne pas pouvoir tuer un vampire... Pathétique. Mais tu vires bien vite ces pensées de ton esprit. Tu ne veux pas y songer, tu ne veux plus te torturer ainsi. Pour le moment, il est humain, comme toi. Tu n'as donc pas à te poser trop de questions. Quelque chose t'arrache à tes pensées : sa main a cessé de bouger. Intrigué, tu l'observes, croisant son regard. Oui ? Qu'a-t-il en tête ? … Rester cette nuit ??? Mais... Tu ne peux t'empêcher d'écarquiller un peu les yeux. D'où il ose te demander de... Heu... En fait ce n'est pas tellement le fait de dormir avec lui qui te gêne mais plutôt le fait qu'il soit dans ta chambre. Que faire ? Que répondre ? Qu'il a le canapé pour lui tout seul ? Ce serait tout à fait ton genre mais il ne t'en laisse pas le temps. Oui, il a fait n'importe quoi, tu ne vas pas dire le contraire. Mais pour ce qui est de partir... Non, ce n'est pas dans tes intentions. Tu le laisses se relever, te mordant la lèvre. Que dire ? Que faire ? Tu ne veux pas le laisser, tu veux qu'il reste, même si c'est une bêtise, même si tu sais que tu ne devrais pas craquer. Tu veux qu'il reste avec toi. Un soupir t'échappe tandis que tu t'assois à ton tour. Pour une nuit, peut-être que... Une main vient attraper son menton, lui faisant tourner la tête afin qu'il te regarde.

-Reste, Lyokha. Reste... Mais nous avons tous les deux besoin de sommeil alors si je t'accepte dans mon lit, tu dors. On est d'accord ?

Tu le regardes, tu patientes un peu, le temps qu'il te donne une réponse ainsi que le temps de retirer chaussures et pantalon... Et finalement tu l'attires contre toi afin d'échanger un nouveau baiser. Passionné, fougueux, débordant de passion. Tu l'aimes et tu le lui dis de cette manière. Tu l'aimes, tu veux qu'il reste. C'est peut-être égoïste de ta part mais il n'a pas tellement l'air de se plaindre alors... Vous roulez ensuite sur le lit, jusqu'à ce que tu te retrouves au-dessus de lui. Une nouvelle lueur a fait son apparition au fond de tes prunelles. Une lueur qu'on ne te connaissait pas. De la joie, du bonheur à l'état pur. Il est avec toi et, pour le moment, il n'y a plus grand chose d'autre. Il est le plus important ce soir. T'installant sur lui, tes lèvres viennent frôler ses lèvres. Douce tentation... Mais cette fois, tu résistes. Un peu. Avant de lui voler un baiser. Puis un deuxième. Et tu continues, descendant un peu plus à chaque fois. Sa mâchoire, son cou, son torse, son ventre... Tes mains glissent sur ses flancs dans la moindre retenue. C'est juste trop tentant. Mais tu n'iras pas plus loin. Non, il faut savoir être sage. Tu ne peux pourtant pas t'empêcher de remonter doucement le long de son corps, ta langue traçant un chemin de feu jusqu'à ses lèvres que tu mordilles, provocateur. Tu voulais dormir, hein ? Oui oui. Juste quelques instants de plus... Quelques instants à l'observer, à le provoquer aussi... Jusqu'à finalement l'embrasser avec fougue, une de tes mains glissant dans ses cheveux, l'autre sagement posée sur son torse. Enfin, sagement... Ahem. Bref. Tu restes pendu à ses lèvres jusqu'à manquer d'oxygène. À ce moment là, tu es bien obligé de reculer... Tu lui souris alors...

-Bonne nuit, Princesse Epraviska...

Un sourire amusé étire tes lèvres tandis que tu t'arranges pour vous installer sous les couvertures avant de juste venir te laisser tomber contre lui. Tu viens caler ta tête au creux de son cou et, comme lui quelques instants plus tôt, une de tes mains vient doucement dessiner des arabesques sur sa peau. Parfois tes doigts ne font que la frôler, parfois ils glissent dessus... Cela dépend de ton humeur. Sans même y réfléchir, de ton autre main tu éteins la lumière avant bien te coller contre lui. Rapidement bercé par le rythme de son cœur et de sa respiration, tu sens ta conscience vaciller. Tout ton épuisement semble te tomber d'un coup dessus. Peut-être parce que tu es définitivement bien trop à l'aise avec lui, contre lui. Peut-être parce que tu es trop accroc à sa présence. Dans tous les cas, tu t'endors étrangement rapidement. Juste trop à l'aise avec lui. Rêves-tu ? Peut-être un peu. Tu rêves qu'il n'y a plus de barrières entre vous. Tu rêves que tu es libre. Mais c'est impossible et la réalité éclipse bien vite le songe. Tu dors tout de même paisiblement entre ses bras...

~~~

Il fait encore nuit quand tu t'éveilles. Ta tête est posée sur quelque chose de chaud et qui se soulève régulièrement. Tu as un peu de mal à te souvenir de ce qui t'arrive. Un peu dans les vapes, tu jettes un coup d’œil à ton réveil. 6h17. On t'attend dans les couloirs dans une heure et demi. Tu es réglé comme un réveil et donc tu éteins celui-ci. Il devait sonner à 7h mais tu te réveilles toujours à cette heure-ci. Tu reviens plutôt t'occuper de cette chose qui te sert de coussin. Tu te redresses un peu, l'observe... Avant de sourire. Lyokha. Le petit blondinet est toujours là, endormi. Oui mais... Tu fronces un peu les sourcils et glisse une main sur son torse. Sa peau est chaude, tu la sens vibrer sous chaque inspiration et expiration. Mieux, son cœur bat paisiblement. Il est resté humain... Tu ignores combien de temps cela va durer mais tant qu'il est encore humain, tu n'as pas à le réveiller pour le faire partir avant le lever du soleil. Que vas-tu bien pouvoir faire de lui ? Tu y réfléchis. Tu es de bonne humeur ce matin. Tu pourrais peut-être... Non, ce n'est pas ton genre. Et pourtant, tu vas fouiller dans un tiroir. Il doit te rester des feutres quelque part... Et oui, trouvés ! Tu en récupères un noir et reviens à ses côtés, prenant grand soin de ne pas le réveiller. Le bouchon dans la bouche, tu entreprends de lui dessiner sur le torse. Des gestes sont lents, ta peu frôle la sienne. Tu restes calme et concentré sur ce que tu fais. Que dessines-tu ? Un cœur dans lequel tu inscris "Samael". C'est idiot, mais tu en avais envie. Après tout, il n'a de cesse de répéter qu'il t'aime, autant le marquer définitivement. Ce n'est pas un feutre indélébile, il n'aura aucun mal à le retirer, mais tu t'amuses tout de même. Tu pourrais presque signer ton œuvre mais tu t'en abstiens, souriant simplement lorsque le dessin est fini. C'est du grand n'importe quoi mais tu es fier de toi. Le feutre est bien vite rangé dans son tiroir. Quand à toi, tu reviens t'installer dans le lit. Tu lui voles un baiser puis t'allonge juste à côté de lui, attendant simplement qu'il se réveille. Tu essayes de réfléchir, de savoir quoi faire de lui mais, au final, tu remets tes décisions à plus tard. Ce n'est que lorsqu'il rouvre les yeux que ton sourire s'élargit. Tu essayes de retenir un léger rire mais c'est difficile...

-Alors, la belle au bois dormant a bien dormi?

… Samael... Tu es vraiment... Oui, bon. Tu seras de nouveau sérieux pour le boulot. Mais en attendant, tu ne peux t'empêcher de le taquiner un peu. Princesse, belle au bois dormant... Après tout, qui est la jolie blonde en détresse, entre vous deux ? Samael, tu ferais mieux de te rendormir. Si ta journée commence de cette manière, cela promet. Malheureusement pour le blond, il risque de subir un de tes accès de bonne humeur...

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 14 Sep - 23:37

« Ne me dis pas que tu es jaloux à cause du coup de téléphone d'Andrew... » Tu aimerais lui dire que non, mais ce serait mentir. Oui, tu es jaloux de ce Andrew, qui qu'il puisse être. Tu es jaloux, car tu t'imagines bien trop de choses Lyokha, purement fausses pour la plupart. Si seulement tu savais qui est Andrew... Il est loin d'être le petit ami de ce pauvre Samael, bien loin même. Mais tu ne sais pas que le jeune Firearrow a déjà le cœur pris, qu'il n'est qu'un ami du futur intendant impérial. Tu ignores tous ces petits détails, et leur conversation de cet après-midi t'a laissé dubitatif, tu dois l'avouer. Enfin. Tu ne trouves rien à répondre, car ce que tu peux en penser se lit sur ton visage ; oui, tu es jaloux. Mais ça, rien ni personne ne pourra jamais te l'enlever, tu es ainsi depuis bien des siècles. Puis, quelque part, n'est-ce pas une des preuves d'amour les plus sincères que l'on puisse faire à un autre ? Indirectement, oui. S'il n'est pas bête, il devrait y songer un peu. Mais, bref, l'idée de ce fameux Andrew s'évapore bien vite de ton esprit, alors que tu l'embrasses encore, tout en glissant tes mains sur son corps. Il te fait perdre la tête. Tu as beau dire, espérer le contraire, plus tu passes de temps en sa présence, plus tu fonds pour sa personne. Ce n'est pas une bonne chose, vous le savez tous les deux... Mais maintenant que tu as goûté à ses lèvres, maintenant que ses mains ont laissé quelques brûlures un peu partout sur ta peau, tu ne peux penser à personne d'autre que lui. Est-ce que c'est réciproque ? Ah, ça, tu aimerais bien le savoir. C'est pour cela que tu organises tout un stratagème un peu fou et dangereux, dans l'espoir de le faire craquer. Mais, non. Même au bord du vide, il ne semble pas décidé à te donner une réponse claire. Je t'aime. Ce serait trop lui demander ? Honnêtement, il n'en pense pas moins, alors, qu'est-ce qui peut bien l'empêcher de formuler ces deux petits mots ? Personne ne vous écoute, personne ne vous épie quelque part dans l'ombre du palais. Alors, quelle est cette crainte qui l'empêche de dire ce qu'il en est réellement ? Tu n'en sais rien, et si cela te blesse, tu prends quand même la peine de lui répondre. Non, tu ne sais plus où tu en es. Oui, tu es plus que jamais paumé. Tu ne sais plus quelle direction emprunter avec lui, tu as tout simplement l'impression de foncer dans un mur. Et pourtant, c'est si agréable, que de laisser les choses se faire. « Moi non plus... Je ne peux plus et je ne suis pas sûr de le vouloir... » Tu es partagé entre l'envie de sourire, de pleurer. D'aller le serrer dans tes bras, et de simplement disparaître. Mais au final, tu peux réfléchir autant que tu veux, il n'y a que deux petits termes qui ressortent de cette intense réflexion ; tu l'aimes. Au passé, au présent. Et malheureusement pour vous deux, au futur. Tous comptes faits, tu finis tout de même par redescendre du balcon. Parce que mine de rien, c'est dangereux, et tu n'as pas vraiment envie de finir ta longue, longue vie sur le pavé froid et humide de la placette. Surtout pas après ce qu'il vient de dire. Puisque, oui, à demi-mots, il t'a avoué quelque chose. Il t'a fait cette confidence que tu attendais depuis le début. Même s'il n'a pas employé les bons termes, n'est-ce pas tout ce que cela voulait dire quelque part ?

Un baiser. Un autre, un de plus, et tu n'arrives pas à t'en lasser. Il t'a brûlé, profondément Lyokha. Il t'a brûlé le cœur, et maintenant, c'est irrécupérable. Tu sais ce que ça veut dire ? Ça veut dire que tu as perdu. Tu te souviens de ton but premier, celui qui était de jouer avec son cœur, et de le blesser au plus profond de son âme. Tu t'es complètement foiré. Tu es tombé dans ses filets, tu es allé jusqu'au bout, et au final, ce n'est pas avec un ennemi de plus que tu te retrouves, mais... Avec tellement plus. Tu te doutes bien qu'un jour, il finira par te haïr. Qu'un jour, il te détestera tellement que vous en souffrirez tous les deux. Tu sais bien qu'il n'y aura pas de happy end à votre histoire, de toute façon, cela fait bien longtemps que tu sais que ce genre de fins n'existe pas. Mais tu préfères penser au présent plutôt qu'à ce qui vous attend. Vous aurez tout le temps de vous en préoccuper quand vous serez loin l'un de l'autre, toi en train de tremper dans Dieu sait quelle magouille, lui en train de poursuivre sa formation d'apprenti intendant impérial. Tout le temps pour vous soucier de l'autre, en espérant bien secrètement qu'il se soucie de vous en retour. Pour l'instant, tu te laisses entraîner vers le canapé, où tu lui retombes dessus. Finalement, de l'avoir attaché n'était peut-être pas une si mauvaise idée, à en juger par votre actuelle posture... Tu ne peux t'empêcher de sourire. Sourire parce que tu es heureux. Sourire car, pour la première fois depuis des siècles, tu ressens cette joie intense au fond de ton être, celle qui fait battre ton cœur un peu plus vite, qui te fait très légèrement rougir les joues. Cette joie purement humaine, qui te rend un peu plus vivant encore. Ce n'est pas cette joie malsaine que tu peux éprouver quand tu fais du mal aux autres, non. C'est une joie... Blanche. Pure. Fraîche. Une joie qui te fait tant de bien, et qui pour l'espace d'un instant, te pousserait à redevenir humain, à récupérer ton humanité toute entière. C'est dingue, mais il n'y a que avec lui que tu peux ressentir cela. Pourquoi ? Tu n'en sais rien. Une coïncidence ? Non, c'est bien trop fort pour qu'il ne s'agisse que d'une coïncidence. Tu finis par le détacher, quand même. Car quelque part, tu le préfères les mains libres... C'est plus amusant, non ? Bien sûr que oui. Et ces dernières passent encore et toujours sur ta peau, te faisant frissonner à chaque fois. Tu gardes ton large sourire, mordillant légèrement ta lèvre inférieure. C'est incroyable, lui qui menaçait de te tuer précédemment... Aujourd'hui, il agit comme s'il te connaissait depuis toujours, comme si tu étais... Plus qu'un ami, plus qu'une aventure, plus que bien des choses. Comme si tu étais réellement quelqu'un pour lui, quelqu'un pour qui il éprouverait de puissants sentiments. Indescriptibles. Mais après tout, la perfection n'a pas de nom, dit-on. Sauf peut-être... Celui du silence, qui accompagne ce long moment pendant lequel tu gardes tes yeux dans les siens, ou sur son visage, à le détailler paisiblement. Tu voudrais que le temps s'arrête là, juste... Qu'on vous laisse un peu de répit, avant la guerre. Qu'on vous laisse profiter de cet amour interdit, comme Juliette, et son Roméo qui s'est enfuit au petit matin.

Pourtant, tu ne peux t'empêcher de reprendre la parole. Parce que le canapé, c'est bien, mais tu as de la suite dans les idées, comme on dit. Un lit peut-être ? Une chambre ? Il semble un peu désespéré par ta question, mais tu ne dis rien, ton sourire s'élargissant un peu plus encore. « Non, je dors sur le canapé. » Tu secoues la tête, sifflant un bref. « Tss. » Avant de lui voler un baiser. Il peut parler, il y a des gens qui ne dorment pas dans un lit. Toi tu as... Ouais, non, on a pas besoin de connaître toutes tes expériences enrichissantes, désespérantes et malsaines que tu as pu faire pendant ces quelques années de... De.. De flottement dirons-nous. Toujours est-il qu'il finit par t'amener dans sa chambre. Tu n'as pas vraiment le temps d'aviser le décor, puisque, en réalité, c'est lui que tu veux. Tu auras bien le temps de regarder autour de toi en te réveillant brusquement cette nuit, à cause d'un cauchemar – et encore faut-il que tu dormes ici. Mais ses lèvres. Tu les a abandonnées quelques minutes seulement, et tu les veux encore, désespérément accroc. Alors, tu n'attends pas bien longtemps pour venir l'embrasser, à nouveau. Il te fait frissonner, et c'est bien plus qu'une simple réaction physique ; il te fait te sentir vivant. C'est électrique, chimique, c'est beaucoup trop de choses à prendre à la fois, et pourtant. Tu es si bien avec lui que tu en demandes encore, toujours plus. De le sentir contre toi, de sentir ses doigts parcourir ta peau, de glisser les tiens dans ses cheveux bruns... Est-ce qu'il ressent les choses de la même manière ? Tu n'en sais rien, tu ne peux que le supposer en sentant sa peau frissonner au contact de la tienne. Tu le fais reculer d'ailleurs, jusqu'à ce qu'il tombe sur son propre lit, et tu patientes quelques maigres secondes avant de céder à l'envie de le rejoindre. Tu l'embrasses, une fois, puis deux. Tu t'autorises quelques mots, et pourtant, tu réponds à son baiser en fermant tes yeux bleus. Tu es si bien avec lui... Tu as juste envie de te laisser aller, d'oublier le reste, d'oublier qui vous êtes, juste pour cette nuit. Mais... Cette fois-ci, ce n'est pas toi qui vient interrompre votre petit moment, non, c'est lui. Il se recule un peu, et tu relâches ses lèvres, l'écoutant. « Tu parles trop, Lyokha... » Tu ne peux t'empêcher de lui sourire sincèrement. Et c'est lui qui dit ça ? Voyons, il est incapable de passer ne serait-ce qu'une dizaine de minutes sans poser une cinquantaine de questions ! Mais tu ne dis rien, puisque tu ne vois rien à y redire.

Non, tu préfères te laisser retomber à ses côtés, te calant confortablement contre lui... C'est bien rare que tu te montres aussi vulnérable, surtout pour un humain. Un lourd frisson te parcourt tout le dos alors que tu sens sa main y glisser, pour ta part, tu te contentes de ces traces hasardeuses sur ton torse. Tu es fatigué, exténué même.. Être humain de nouveau fatigue plus que de raison, il ne faut pas croire. Mais tu luttes contre le sommeil, tu regardes les formes que tu dessines sur sa peau, comme si tu espérais qu'elles prennent un sens particulier, soudainement. Non, tout reste flou, incertain, comme votre avenir. Comme tes paroles, qui formulent clairement tes inquiétudes. Oui, tu as peur de demain. Oui, tu te poses des questions existentielles sur les difficultés et autres obstacles de la vie. À croire que l'alcool te fait tourner la tête au point de te donner des airs de philosophe... Tu ne peux pas t'empêcher de parler. Car quelque part, cela te rassure, qu'il t'entende. Tu as l'impression de te soulager d'un poids, en partageant avec lui tes inquiétudes les plus profondes. Oui, tu as peur de lui faire du mal. Car quoi que tu en dises, tous ceux qui t'entourent sont morts, ou enterrés. Et honnêtement, qu'un tel destin lui soit réservé... non, tu n'as pas envie qu'il meurt, que ce soit de manière définitive ou pas. Et encore moins par ta faute. Enfin, tu chasses ses pensées funestes de ton esprit, alors qu'il reprend la parole. « Moi aussi, Lyokha... Moi aussi... » Tu n'oses pas tourner la tête. Affronter son regard. Car tu as peur, quelque part, d'y trouver de l'inquiétude, par ta faute. Alors tu te concentres de regarder son corps se soulever régulièrement, alors qu'il respire. Tu écoutes son cœur battre, doucement. Tu te savoures pleinement la chaleur de sa peau contre la tienne. Tu ne réponds rien, tu laisses le silence le faire à ta place ; tu n'as pas envie de poursuivre cette conversation. Tu as envie de l'aimer, c'est tout. Sans te prendre la tête, sans réfléchir... Juste l'aimer, en faisant comme si vous étiez deux humains normaux, simplement.

Tu tournes ton regard vers lui, cessant tout mouvement de ta main. Tu as une question, et elle t'échappe rapidement. Il semble surpris, et en fait, c'est tout à fait compréhensible. Tu essayes de te rattraper, bafouillant deux ou trois mots... Et tu t'assois sur le bord du lit. En fait, tu ferais mieux de repartir. Ça fait déjà beaucoup à encaisser pour ce soir, non ? Oui... Enfin... Tu as envie de rester, mais lui, qu'en pense-t-il ? Tu n'oses plus le regarder, même si au fond de tes prunelles, l'interrogation demeure. Tu bouges nerveusement ton pied, regardant obstinément par terre, mordillant ta lèvre inférieure continuellement. À croire que les vieux tics d'il y a plus d'un millénaire reviennent brusquement te hanter... Oui, tu es nerveux, tu attends dans le silence. Une réponse. Un geste. N'importe quoi, mais qu'il se décide, l'attente est presque... Insupportable. Il finit par s'asseoir à côté de toi, et ce n'est pas pour autant que tu t'autorises un regard. Il t'attrape le menton, et cette fois, tu n'as pas d'autre choix que de tourner la tête pour le regarder. « Reste, Lyokha. Reste... Mais nous avons tous les deux besoin de sommeil alors si je t'accepte dans mon lit, tu dors. On est d'accord ? » Tu ne sais pas quoi dire. En fait, la surprise doit se lire au fond de tes yeux, mêlée à un peu d'excitation. Oui, certes, vous n'allez faire que dormir, mais... Quelque part, tu es tellement crevé que... Ce n'est peut-être pas plus mal ? Tu n'en sais rien. Tant que tu es ici, avec lui, tout te va. Tu secoues négativement la tête d'abord, alors qu'un large sourire étire tes lèvres. Et tu te rends compte que tu ne secoues pas la tête dans le bon sens, donc tu recommences, mais positivement cette fois-ci. « Heu.. Ouais, oui dormir, oui. » Oui. Sujet, verbe, complément, ça te dit quelque chose ou bien ? À croire qu'il te fait perdre tous tes moyens, le Samael... Tss. Erreur Lyokha, erreur. Mais elle est si douce à vivre la faute, tellement agréable que tu préfères ignorer le revers de la médaille. Tu le regardes se déshabiller – ahah, à égalité maintenant – et tu ne peux empêcher le rouge de te monter aux joues, juste un peu. QUOI ? Depuis quand tu rougis toi ? Non, ce n'est pas toi, pas du tout. C'est Lyokha, l'humain, celui vivait sur terre, celui qui... Enfin, ce n'est pas du tout le vampire que tu es devenu voyons. À croire qu'être à nouveau humain te retourne carrément le système.

Il vient t'embrasser, fougueusement, et tu n'attends pas une seconde de plus pour lui répondre, fermant les yeux. Tu te laisses complètement entraîner sur le lit, tu le laisses même repasser au-dessus, alors que vous roulez. Tu veux le laisser faire, de toute façon, tu n'es pas en état de lui dire non. Puis, il rompt le baiser, quelques instants et tu ne peux t'empêcher de suivre le mouvement. Il te détaille, tu en fais tout autant, avec cette irrésistible envie de capturer ses lèvres alors qu'il frôle les tiennes... C'est qu'il est joueur. Elles sont si proches que tu pourrais presque les atteindre, mais dès que tu avances un peu, il recule, et dès qu'il s'avance, c'est toi qui recule, reposant ta tête sur le matelas. C'est un jeu ardent, mais de toute façon, tu es déjà intégralement brûlé, alors un peu plus ou un peu moins, tu ne fais plus la différence. Il te vole un baiser, mais tu n'as le temps de le retenir qu'il continue son petit jeu, descendant lentement, parcourant ainsi ton cou, ton torse... Et c'est inconsciemment que tu penches un peu ta tête en arrière, fermant les yeux. Tu soupires. D'aise. Tu es bien, oui, tellement bien avec lui. Tout est si différent... Bien plus réel, bien plus coloré, bien plus vrai ! Il te fait frissonner, il te rend dingue. Et toi, tu ne peux que glisser tes mains dans ses cheveux, le laissant t'échapper alors qu'il descend toujours plus. Enfin, il finit par remonter, et tu te mords la lèvre en sentant le bout de sa langue tracer une ligne invisible sur ton corps. « On était pas censés... dormir ? » Voilà la seule chose qui t'échappe, alors que tu ne peux retenir un large sourire. Il reprend possession de tes lèvres, et tu ne te fais pas prier pour lui répondre, encore. Tu gardes une main dans ses cheveux, et l'autre glisse dans son dos, le plus bas possible. Tu cherches à l'attirer vers toi, encore... Mais quand l'oxygène se fait manquant – pour lui comme pour toi d'ailleurs, humain – il te relâche et tu suis légèrement le mouvement. À nouveau, c'est un sourire qui étire tes lèvres, et tu le regardes de tes yeux azurs. « Bonne nuit, Princesse Epraviska... » Tu souris un peu plus encore, et tu lui voles un baiser. Tu le laisses se caler contre toi, frissonnant un peu en sentant ses mèches de cheveux dans ton cou. Tu le regardes. Tu ne peux faire que cela, de toute façon : le détailler, imprimer mentalement ses traits pour mieux les retracer dans tes songes. Il éteint la lumière, et le silence retombe brusquement. Il est agréable, apaisant. Tu le regardes encore, et finalement, tu reprends. « Bonne nuit, mon très cher chevalier servant... » Et tu peux dire ce que tu veux, il t'a beaucoup aidé ce soir. Tu l'as poussé à bout, mais au final, vous en ressortez vainqueurs. Pour l'instant. Tes paupières se font lourdes, et tu glisses une main sur son épaule, le gardant près de toi, balayant sa peau doucement du bout de tes doigts. Tu fermes les yeux, mais tu continues. Et puis, tu t'endors. Noir.

+++

La nuit est paisible. Bien peu agitée, en réalité. Tu ne rêves pas, mais tu ne cauchemardes pas pour autant, et c'est une bonne chose. Ah, les nuits en tant qu'humain... Qu'en est-il d'ailleurs ce matin ? Tu ouvres les yeux, et tu constates rapidement que tu es encore humain. Quelle heure est-il ? Tu n'en as aucune idée. En fait, toutes tes questions s'évaporent dans ton esprit quand tu te rends compte du lieu où tu te trouves. Ce n'est pas ton lit, ni l'appartement d'un ami, de Lucky, de peu importe quelle connaissance... C'est le lit du futur intendant impérial, Samael Tudor. Émergeant doucement, tu baisses ton regard vers lui, et un large sourire se dessine sur tes lèvres. Et il sourit aussi. Est-ce qu'il se rend compte à quel point cela te rend heureux ? Tu es... tellement bien à ses côtés. De te réveiller, là. Même si tu ne resteras pas humain indéfiniment... C'est tellement bon de lire cette joie au creux de ces prunelles, cette même joie qui se profile dans les tiennes. « Alors, la belle au bois dormant a bien dormi? » Tu souris un peu plus encore, et en fait, tu le laisses retomber sur le matelas, venant t'installer furtivement au-dessus de lui. « Merveilleusement bien. » Fais-tu brièvement avant de venir lui voler un baiser. « Et qu'en est-il de mon preux chevalier ? » Et hop, un nouveau baiser de volé. Tu n'as pas du tout envie de le quitter en fait, même si vous avez tous les deux des obligations, et lui le premier... Le monde ne peut pas se mettre sur pause, rien que pour vous ? Hélas, non. Bref. Quelque chose t'intrigue dans son sourire. Comme s'il avait envie de rire. Et en fait, tu ne comprends pas vraiment pourquoi... Mais restant au-dessus de lui, tu laisses ton regard descendre sur ta propre personne, et tu te rends compte de ce qu'il a dessiné sur ton torse. Tss. Quel sale gosse... Voilà qui te fait rire, mais tu secoues la tête. En fait, il est probable qu'il soit pire que toi niveau bêtises, non ? Toujours confortablement installé, tu attrapes une de ses mains que tu poses contre ton torse. « Samael... Je n'ai aucune idée de qui est ce type, mais ma foi, il est fort chanceux, non ? » Non non, tu n'as pas du tout les chevilles qui enflent. Et de toute façon, plutôt que d'en rajouter, tu préfères venir prendre possession de ses lèvres, tendrement. Mais, c'est un baiser aussi passionné que court, puisque tu le relâches pour mieux le détailler. Ah, le regarder, tu ne t'en lasseras jamais apparemment... Tu aimes tant le scruter ainsi, en silence. Tu passes doucement une main dans ses cheveux, et un large sourire se dessine à nouveau sur ton visage, plus joueur encore que les précédents.

Car c'est amusé que tu viens déposer un baiser... Sur son ventre d'abord. Puis tu remontes, tout doucement. « Toujours est-il. Que. J'ai. Besoin. D'aller. Prendre. Ma. Douche. » Hé oui, entre chacun de tes mots, tu as pris soin de déposer tes lèvres contre sa peau, remontant jusqu'aux siennes pour lui voler un baiser. « Je reviens. » Murmures-tu contre sa bouche, alors que tu te relèves. Tu ne le quittes pas du regard pourtant, pas tant que tu es de l'autre côté de la porte de la chambre, à la recherche de la salle de bain. Ah, la voilà. Le temps de rentrer, de te retrouver carrément à poil, et tu es déjà sous la douche. L'eau est tiède, presque froide en fait, mais c'est plutôt bon ainsi. Tu fermes les yeux un bref instant, appuyant ton front contre une paroi de la douche alors que l'eau continue à couler le long de ta peau. Ah la la. Qu'est-ce que tu as fait encore Lyokha ? Tu t'imagines que tu viens de perturber le cours de sa petite vie à jamais ? Tu te rends compte que, encore une fois, pour ton bon plaisir et ton envie de jeu, tu as détruit son existence ? Oh, les effets ne sont pas encore visibles, ils viendront avec le temps. Mais à nouveau, tu t'efforces de croire que tout se passera autrement cette fois. Que personne ne va souffrir, ou pleurer, ou saigner. Même si c'est faux. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, et tu arrêtes l'eau, attrapant plutôt une serviette que tu noues rapidement autour de ta taille. Hé oui, en effet, tu as oublié tes affaires dans son salon, du coup.. Tu n'as pas d'autre choix que de sortir ainsi, trop peu vêtu. De toute façon, quelle importance, tu es dans ses appartements, donc... Tu sors de la salle d'eau, secouant un peu la tête. Tu passes une main dans tes cheveux, revenant vers le salon tranquillement, dans l'espoir de récupérer tes vêtements.

Mais tu t'arrêtes brusquement, alors que quelqu'un te fait plus ou moins face, au milieu du salon. Tu ne sais pas si tu dois baisser les yeux, faire demi-tour, hurler, faire la danse du feu ou mélanger les quatre, mais dans tous les cas, tu écarquilles un peu les yeux, surpris. Léandre. Léandre l'héritier. ah. Merveilleux. Il tombe bien lui. Tu t'inclines par politesse, presque immédiatement, avant de reprendre avec une incroyable assurance. « Je suis sincèrement navré monsieur, je ne pensais pas que quelqu'un était arrivé. » Entames-tu avec un accent italien prononcé. Tu regardes brièvement tes affaires par terre près du canapé. Ouais, s'il les repère, tu es juste grillé, mais bon. « En réalité, je suis ravi de faire votre connaissance, je suis Romeo Cerretti, je suis le professeur de tango, passo doble, foxtrot et valse de monsieur votre cousin, Samael. » Toujours ce même accent. Tu hoches brièvement la tête ; pas un seul tremblement dans ta voix, rien du tout. Rien qui laisse croire que ce que tu viens de balancer n'est qu'un tissu de mensonge. Hé oui Lyokha, tu as ce don ; tu es de ces personnes qui semblent dire la vérité, même quand elles mentent. Tu retrouves un léger sourire assuré, et tu croises tes bras sur ton torse rapidement, constatant que la trace du « Samael » n'est pas effacée comme tu le pensais. Et mince. Décidément, la journée promet d'être longue... Et si ledit Samael pouvait débarquer tout de suite, maintenant, ce serait juste parfait, non ? Oui. Car tu ne peux rien faire à part regarder ce mioche avec le sourire un peu charmeur de ton personnage du moment, ce regard de braise et honnêtement... ouais, ça fait un peu pédobear, nan ?

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 26 Oct - 18:29

Dans ta chambre, sur ton lit. Vois où vous en êtes arrivé, Samael. Tu as fini par craquer, pour lui. Tu ne voulais pas céder pourtant. Au départ, tu voulais juste le faire partir, qu'il t'oublies, que tu l'oublies aussi et qu'ainsi tout le monde y trouve son compte. Ton plan n'a pas fonctionné comme prévu, très visiblement, à moins que quand tu pensais partir, la destination à laquelle tu pensais ait été : ton lit. Non, certainement pas. Absolument pas. Alors pourquoi est-il là ? Parce que tu as échoué, une fois de plus. Parce qu'il est humain, parce qu'il n'est pas dans son état normal, parce qu'il arrive à influencer tes réactions par sa simple présence, par ses regards, par... Tout en lui en vérité. Tout en lui te perturbe, te fait réagir, même si tu aurais préféré que ce ne soit pas le cas. Tu es un danger pour lui et il n'a pas l'air de vouloir prendre tes mises en garde au sérieux. Il est malheureusement bien trop sûr de lui, c'est ce qui vous perdra, l'un et l'autre. Mais sur le moment, tu sembles avoir tout oublié de tes tourments, de tes questions. Tu es avec lui, tu es totalement à l'aise, allongé sur ton lit, lui dessinant des formes hasardeuses sur ton torse du bout de ses doigts, t'arrachant quelques frissons de temps en temps... Tu es si bien... Tu pourrais presque t'endormir tant tu es détendu, confortablement installé... C'est étonnant, tu es plus méfiant d'habitude. Qui donc a un jour pu se vanter d'avoir mis les pieds dans tes appartements ? Une poignée de personnes. Et très peu de ces personnes sont entrées dans ta chambre. Il est un privilégié, si l'on peut dire... Il ne doit pas s'en rendre compte mais tu t'en fiches un peu. Toi, tu sais ce que sa présence dans ton domaine signifie pour toi : tu tiens à lui. Énormément. Bien plus qu'à une simple connaissance, qu'à un simple ami. Tu l'aimes. Tu le sais, tu ne peux plus te voiler la face bien que tu refuses de l'avouer clairement. Oui, tu l'aimes.

Cependant, il en demande un peu plus encore. Rester pour la nuit ? Mais... Tu est surpris, il n'y a pas à dire. Tu ne pensais pas qu'il irait jusqu'à te le demander. Vas-tu réellement le laisser passer la nuit dans ta chambre, avec toi ? Normalement non, tu devrais le renvoyer dans ton salon, le laisser dormir sur le canapé. Tu devrais. Mais ce soir, tu ne réfléchis pas comme d'habitude. Cette nuit, tu n'as pas spécialement envie de le laisser. Tu as encore moins envie de le voir partir, comme il le propose. Que faire ? Lui céder et le laisser dormir avec toi ou le faire partir ? Quel dilemme ridicule. Tu sais ce que tu ferais d'habitude. C'est très exactement le contraire de ce que tu fais : tu acceptes qu'il restes à tes côtés. Seulement, les choses sont clairement mises au point : il dort. Qu'il n'espère rien d'autre de ta part, tu as suffisamment donné pour la soirée. C'est peut-être peu à ses yeux, certes, mais c'est déjà bien trop pour toi. Tu n'es pas le genre de personne qui dévoile ses sentiments. Au contraire, on te considère comme quelqu'un de très secret quand il s'agit de toi alors parler autant de tes sentiments, c'est une première... C'est une bêtise, tu vas foncer droit dans le mur avec lui mais tant pis, pour le moment tu ne souhaites pas y songer. Tu veux qu'il reste, point final. Sa réaction t'arrache un sourire amusé. Oui, non ? Il en perd ses mots, le pauvre blondinet. Tu ne fais pas de commentaire, tu n'en as pas besoin, cette lueur amusée au fond de ton regard parle pour toi. Bien, ce n'est pas tout mais tu n'aimes pas dormir habillé alors tu retires enfin à peu près tout ce que tu as sur le dos. Il est temps de dormir. Tu ne peux tout de même pas t'empêcher de sourire en voyant le rouge lui monter aux joues... C'est qu'il est mignon quand il rougit... Heu... Mae ? Tu t'entends penser ? No comment.

Tu préfères plutôt l'attirer à toi pour échanger un baiser. Passionné, fougueux et tout ce qu'on voudra. Ses lèvres, n'y serais-tu pas un peu accroc ? Un peu beaucoup, elles t'attirent irrésistiblement... Pas seulement ses lèvres d'ailleurs, tout en lui t'attire. Tes mains sur sa peau, les siennes dans tes cheveux, vos lèvres scellées par celles de l'autre, ton regard plongé dans le sien, sa manière d'être insupportable, tout. Vraiment tout. Tu resterais volontiers pendu à ses lèvres un peu plus longtemps mais l'air commence à te manquer alors tu le relâches... Juste un peu, il suit le mouvement et cela te fait sourire. Joueur, tu restes à portée de lèvres sans toutefois le laisser s'en emparer... Tu n'as plus tellement sommeil. Au contraire, tu as envie de jouer un peu et tu ne t'en prives pas. Tu lui voles un baiser avant de descendre le long de son corps, embrassant chaque parcelle de peau à ta portée. Tu te sens tellement à l'aise que tu ne penses pas une seule seconde à faire cesser ton petit jeu, surtout que l'entendre soupirer d'aise ne fait que t'encourager davantage ! C'est étrange, avec lui, c'est comme si toutes les barrières pouvaient tomber, comme si tu pouvais tout te permettre alors que tu sais que ce n'est pas le cas. Pourtant, tu en meurs d'envie. Être vraiment toi, pour une fois dans ta vie. Être sincère sans avoir à masquer qui tu es... Tu te sens un peu plus libre en sa présence et il ne se rend très certainement pas compte de ce rôle qu'il a acquis à tes yeux... Mais tu ne vas tout de même pas passer toute la nuit à embrasser sa peau, si ? Cela ne te dérangerait pourtant pas mais non. Tu remontes alors, lentement, ta langues glissant sur son corps... Tu ne peux toutefois t'empêcher de faire une halte dans son cou qu'il t'offre inconsciemment. Oui, non, peut-être ? Tu mordilles sa peau, sans réel objectif autre que lui laisser une marque. Mais tu ne vérifies même pas le résultat obtenu. Vous n'étiez pas censés dormir ? Tu souris franchement, laissant enfin son cou afin de venir plonger ton regard dans le sien...

-Il me semble avoir dit "tu dors" et non pas "on dort".

Sous entendu : je n'ai jamais dit que je pouvais ni ne voulais dormir, moi. Ton sourire devient amusé avant de venir l'embrasser à nouveau. Un frisson parcourt ta colonne vertébrale quand tu sens une de ses mains passer dans le bas de ton dos, te laissant attirer contre lui, sur lui, tandis que l'autre main glisse dans tes cheveux sombres... Hum, tu te sens tellement bien avec lui, ainsi... Tu restes pendu à ses lèvres jusqu'à ce que le besoin de respirer se fasse pressant, à nouveau. Et il suit le mouvement, une fois de plus. Quel bonheur ! Ton regard sombre ne peut mentir : tu es heureux. D'être avec lui, de le voir sourire ainsi... Mais il est grand temps de dormir. Une dernière petite plaisanterie, un baiser volé de sa part, et tu éteins la lumière, revenant ensuite te caler contre lui, ta tête dans le creux de son cou, une main sur son torse. Ce silence est tellement agréable, reposant... Bien que... Chevalier servant ? Toi ? Non, tu es loin d'en être un, tu serais plutôt le contraire... Tu te mordilles légèrement la lèvre, un semblant de malaise revenant faire son apparition mais tu le refoules au fin fond de ton esprit. Ce n'est pas le moment de te miner le moral avec de telles réflexions. Tu souffles alors juste un peu sur sa peau, histoire de le sentir frissonner un peu comme toi tu frissonnes en sentant sa main sur ton épaule, puis tu laisses Morphée s'emparer de ton esprit, pour une nuit, cette première nuit entre les bras du blond...

~~~

C'est après une longue et paisible nuit que tu t'éveilles, comme toujours bien avant le soleil. Tu as un coussin bien inhabituel ce matin. Un certain blondinet que tu observes quelques instants, en train de dormir paisiblement, dans ton lit. Un certain blondinet qui a touché ton cœur, au point de parvenir à en extraire une part de tes sentiments. Un certain blondinet qui est encore humain à cette heure. Tu es plus qu'heureux de le constater, tu n'as que moyennement envie de le faire partir, quel que soit le prétexte. Ton sourire se fait sincère, ton regard plus doux qu'il ne l'est habituellement... Et plus malicieux aussi. Tu as une bêtise en tête, tu vas la mettre en application. Juste le temps de trouver un feutre noir puis tu dessines sur sa peau, avec toute la discrétion dont tu peux faire preuve. Il ne se réveille pas et c'est avec fierté que tu observes le "Samael" que tu as inscrit sur son torse, dans un cœur. C'est digne d'un enfant de huit ans. C'est digne de l'enfant que tu as été. Tant pis, cela ne peut pas faire de mal. Tu ranges plutôt le feutre et reviens t'installer contre lui. Tu n'es pas pressé d'aller travailler, tu es trop bien ainsi... Tu attends simplement qu'il s'éveille de lui-même. Tu patientes, tu somnoles un peu... Jusqu'à le sentir bouger. Tu souris alors, levant ton regard vers lui. Son sourire... Rien que cela te suffit pour être de bonne humeur... Belle au bois dormant ? Samael, qu'est-ce que tu peux raconter comme bêtises quand tu es heureux... Mais il garde son sourire, alors ce n'est pas bien grave. Tu te laisses retomber sur le matelas tandis qu'il se redresse, histoire de venir s'installer au-dessus de toi. Merveilleusement bien ? Cette fois, c'est toi qui sourit un peu plus alors qu'il te vole un baiser. Tes mains viennent glisser sur ses épaules alors qu'il demande ce qu'il en est de toi. Une lueur de doute fait une brève apparition au fond de tes prunelles lorsqu'il réemploie le terme de preux chevalier... Mais elle s'évanouit aussitôt alors qu'il tente de te voler un nouveau baiser. Non non, tu l'empêches de se reculer, gardant ainsi vos lèvres scellées un peu plus longtemps que ce qu'il avait prévu. Tu veux qu'il reste, même si tu sais qu'au lever du soleil, vous devrez vous séparer... Tu finis tout de même par le relâcher, le regardant, un peu amusé.

-J'ai rarement aussi bien dormi, Princesse.

Hé oui, tu continues, encore et toujours. Tu observes aussi ce dessin qui orne son torse. Tu as bien envie de rire un peu mais tu te retiens, tu attends qu'il le voie, qu'il comprenne. Et lorsque c'est enfin le cas tu ris avec lui, discrètement. Oui, toi aussi tu es capable de faire des bêtises quand tu es détendu. Tu le laisses s'emparer d'une de tes mains qu'il pose alors sur ton torse. Sa peau chaude sous tes doigts, les vibrassions dues à chaque inspiration et respiration, les battements de son cœur que tu devines... Oui, c'est un sourire tendre qui étire tes lèvres. Fort chanceux ? Toi, d'être aimé par lui ? Tu ne sais pas si c'est le terme bien adéquat... Non, malheureusement, malgré cet instant de pur bonheur, tu ne parviens pas à passer au-dessus de ce que tu es. Tes secrets te pourrissent parfois la vie, comme maintenant. Tu aimerais n'avoir rien à cacher, être libre de suivre ta propre voie, mais ton devoir reste profondément ancré en toi et tu n'es pas capable de t'en défaire... Mais ce n'est pas encore le moment de réfléchir. Tu n'as pas le temps de répondre quoi que ce soit qu'il vient prendre possession de tes lèvres. Tu lui réponds sans la moindre hésitation, laissant aussitôt toutes tes questions de côté pour juste profiter de cet instant à deux. Mais le baiser est bien trop rapide à ton goût, il se retire bien trop tôt... Tu suis le mouvement jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce qu'il soit trop loin de toi. Tu te laisses alors retomber sur le matelas, tout simplement.

-Tu n'as absolument pas bougé, malgré le feutre sur ta peau... C'était assez drôle. fais-tu, toujours aussi amusé de la situation.

Mais tu n'as pas le temps d'en dire plus car il vient déposer un baiser sur ton ventre. Tu te mords un peu la lèvre, le sentant remonter doucement, déposant un nouveau baiser sur ta peau à chaque mot prononcé. Douche ? Quoi douche ? Ah, il doit prendre sa douche... Heu... Oui, oui, bien sûr mais... Non, il n'y a pas de mais. Un léger soupir de bien-être t'échappe alors qu'il dépose une dernière fois ses lèvres sur ta peau, avant de venir te voler un baiser. Sale gosse. Tu voudrais qu'il reste un peu plus longtemps mais tu le laisses tout de même t'échapper. Tu ne vas tout de même pas le séquestrer dans un placard de ta chambre, malgré oh combien cette idée est alléchante. Il s'échappe donc, et toi tu t'assois sur ton lit. Que t'arrive-t-il, Samael ? Tu as craqué. Tu as cédé à ton cœur. Tu ne devrais pas et tu le sais, vous allez finir par souffrir, l'un comme l'autre. Jamais tu ne dois laisser ton cœur parler, c'est dangereux, pour toi mais aussi pour bien d'autres personnes. Tu es un Tudor, jeune homme. Par conséquent, tu as une forte influence sur l'empereur et son héritier. Si jamais tu leur donne de mauvais conseils, qui sait ce qu'il pourrait se passer... Non, c'est une trop mauvaise idée. Mais pourtant tu n'arrives pas à te résoudre à faire ton devoir, pas avec lui. Tu attendras. Peut-être que sa présence arrivera à te faire changer, peut-être arrivera-t-il à réveiller le gamin au grand cœur que tu étais autrefois, te faisant oublier cette haine qu'on est parvenu à intégrer en toi... L'aimer d'aidera peut-être à passer au-dessus... Tu l'espères sincèrement. Et puis, bien égoïstement, tu souhaites qu'il ne te laisse pas. Tu es bien à ses côtés, il est différent, il est spécial, il te rend vivant, à sa manière. Ce qui se passe entre vous, c'est... Indescriptible. Assez rêvé, il est temps de se préparer pour aller travailler.

En quelques rapides minutes, tu es prêt, plus qu'à faire un rapide tour à la salle de bain. Tu ajustes un peu le col de ta chemise, t'assures qu'il n'y a aucun faux-pli, puis tu quittes enfin ta chambre après avoir ouvert les volets. C'est avec plaisir que tu gagnes ton salon, toujours aussi lumineux. Tu ne fermes pas souvent les volets ici, tu as oublié de le faire hier soir. Par réflexe, tu enfiles une veste à épaulettes de cuir puis, comme toujours, tu rejoins le balcon, t'emparant au passage d'un gant de fauconnerie visiblement ancien vu l'usure. Il faudrait que tu prennes le temps d'aller t'en acheter un nouveau un jour... Enfin, tant que les serres de tes oiseaux ne viennent pas écorcher tes mains, tu ne vois pas l'intérêt de le changer. Qui va revenir ce matin ? C'est toujours la surprise. Souvent, il n'y a personne. De temps en temps, un de tes anciens pensionnaires revient te faire une petite visite ou profiter d'un repas facile. Tu restes quelques instants à l'extérieur, observant l'horizon. Le parc puis la ville. Le soleil se montre à peine, tes oiseaux ne se réveilleront qu'un peu plus tard. Tu allais te détourner quand tu aperçois quelque chose. Un petit rapace volant au-dessus du parc. Tiens ? Tu va t'appuyer contre la rambarde, essayant de distinguer l'animal... Mais il est trop loin. Peut-être que... Oui, tu files très rapidement dans ton salon, récupérant un sifflet, puis ressort, soufflant dans l'objet. Le rapace dévie de sa trajectoire et viens vers toi. Tu souris, tendant ta main gantée. Le faucon vient purement et simplement se poser sur le perchoir que tu lui proposes. Quel bonheur ! Un sourire heureux étire tes lèvres tandis que tu glisses prudemment tes doigts nus sur ses plumes brunes. Attention, l'animal a beau te connaître, il n'en reste pas moins sauvage et si tu l'agaces, il est bien capable de t'attraper un doigt avec son bec tranchant.

Tu allais parler un peu audit animal, lorsque tu entends une voix dans ton salon. Lyokha ? Tu fais alors demi-tour, l'oiseau toujours sur son perchoir. Et là, si le blond est bien sur place – bon sang, c'est limite s'il n'est pas encore mieux enveloppé d'une simple serviette que presque nu, comme il l'a été cette nuit – il y a aussi un invité surprise. Léandre, ton cousin. Par tes ancêtres, il tombe mal ! Très mal même ! Tu n'avais pas spécialement l'intention de lui avouer que tu as passé la nuit avec un homme, même si sa présence dans tes appartements aurait rapidement fait jaser le personnel. Tu les observes tous les deux, légèrement incertain. Que faire ? Que dire ? Tu n'en as pas la moindre idée mais il va falloir que tu improvises, une fois de plus. Bon, très bien... Mais pour le moment, ton cousin ne semble pas t'avoir vu. Tu ignores ce qu'ils se sont dit avant mais tu ne vas pas tarder à le découvrir...

-Bien essayé. Mais je crois que, toi, tu ne connais pas assez Mae. Déjà, lui, prendre des cours de danse... C'est très peu probable ! Tout comme le fait qu'il laisse quelqu'un l'appeler par son prénom. Ensuite, je ne vois pas pourquoi il laisserait un de ses professeurs entrer dans ses appartements, avant de commencer son service. Ni même pourquoi il s'amuserait à écrire son prénom sur la peau de quelqu'un d'autre. Enfin, faut-il se déshabiller dans le salon pour prendre une douche ? J'ai tout bon Mae ?

Tu restes un peu incrédule devant la réflexion que ton cher cousin vient de faire. Il te connaît bien. Un peu trop bien même. Il se doute que l'autre n'est pas là par hasard, que c'est quelqu'un que tu connais au moins relativement bien. Mais tout de même... Tu croises son regard bleu. Tu restes silencieux, quelques instants. Puis tu finis par soupirer, profondément. Tu places l'oiseau sur ton épaule, il plante ses serres dans le cuir sur tes épaules, et tu rejoins les deux d'un pas lent et mesuré. TU prends le temps de réfléchir en marchant.

-Perspicace, Léandre. Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ?
-Je comptais te demander de convaincre Aaron de faire sauter l'entraînement de ce matin mais je tombe mal, visiblement. Enfin, pour toi !
-C'est beau de rêver. Va t'entraîner jeune homme, tu en as besoin.
-Allez, soit sympa pour une fois !
-Si tu n'y vas pas, Aaron va nous tirer les oreilles à tous les deux ! Et si je m'occupe de ton cas, ce sera pire. Tu le sais, non?


Oui oui, c'est bien un sourire sadique qui étire tes lèvres. Seulement quand il s'agit d'entraînement, tu n'y vas pas de main morte, sans toutefois donner le meilleur de toi-même. Ton cousin doit être capable de se défendre en toute circonstance, même si tu es censé être toujours présent pour le protéger. Mais il suffit d'une fois et tu ne veux pas que cela arrive. Alors si ton professeur d'escrime est un véritable bourreau quand il s'y met, tu es capable de faire bien pire. Enfin... À la seule différence près que jamais tu ne te permettrais de blesser ton cousin. Lui n'a pas cette délicatesse avec toi. Peu importe, il est hors de question que tu lui fasses sauter son entraînement. Tu fais signe au blond de patienter quelques instants de plus, le temps que tu fasses sortir ton cousin de ta suite, puis tu pousses ce dernier vers la sortie, attrapant au passage une bouteille d'eau. Mauvaise idée de boire, surtout vu la situation dans laquelle tu as réussi à te placer...

-Dis-moi, Mae... Tu es gay ?

QUOI ??? C'est avec toute la classe du monde que tu avales de travers. Essayant de te libérer les bronches, tu tousses tout en observant ton cousin qui se contente de sourire. Mais, mais... Non, il n'a pas à te poser ce genre de question ! Vous en avez déjà plus ou moins parlé par le passé alors... Non, mais encore en plus poser une telle question en présence de Lyokha... Non.

-D'où tu...
-Tu sais, ce n'est pas grave.
-Écoute-moi bien, ce genre de chose ne te regarde absolument pas alors tu vas me faire le plaisir d'aller faire ce que tu as à faire et disparaître de ma vue. Exécution, Monsieur l'Héritier.


Et avant qu'il n'ait eu le temps de protester, tu le fais sortir et refermes derrière toi. Non mais. Et, une fois de plus, tu fermes à clé derrière toi. Tu étais certain d'avoir fermé hier soir... Tant pis. La clé de Léandre est dans tes mains – tu n'as jamais complètement perdu cette manie – donc il ne risque pas de revenir. Enfin bref. Incident clos, pour l'instant. Oui, pour l'instant... Tu vas devoir le ré-affronter plus tard dans la journée. Tant pis, tu seras plus serein. Enfin, tu l'espères. Il ne t'en voudra pas pour ta réaction, il a l'habitude. Il sait que le sujet qu'il a abordé est sensible et l'évoquer devant quelqu'un d'autre que vous deux est très dérangeant. Tu retournes donc dans le salon. Lyokha. Ah oui, il est encore là lui ? Il n'est pas reparti s'habiller ? Visiblement non. C'est surtout la présence de ton oiseau sur ton épaule qui te surprend le plus en fait. Il s'est montré bien patient... Tu finis par juste rire.

-Je constate que Léandre et moi arrivons encore à choquer tout le monde, même mes oiseaux. Mais qu'est-ce que tu as bien pu lui raconter pour qu'il soit aussi amusé ?

Tu es désespéré. Voir même plus que désespéré. Tu vas déposer l'oiseau sur un perchoir et disparais quelques secondes après avoir fait signe au blond que tu revenais. Et en effet, c'est le cas. Le morceau de viande donné au rapace, tes mains essuyées, tu reviens alors vers lui, l'observant sous toutes les coutures. Tu ne peux pas t'en empêcher... Tu as envie de glisser tes mains sur sa peau nue, tu as envie de... Heu... Non, stop Samael. Ne va pas plus loin, ton regard parle pour toi. Tu secoues la tête. Il faut que tu te reprennes un peu. Il le faut vraiment. Un léger soupir t'échappe et, après lui avoir volé un baiser, tu vas te laisser tomber sur le canapé. Quelle galère. Comme si tu n'avais pas l'habitude.

-Ah la la... Va donc te rhabiller monsieur je me promène presque nu devant un jeune homme inconnu. Je t'expliquerai après les règles du palais, surtout en ce qui me concerne. Si possible, j'aimerais éviter que ce genre "d'incident" se reproduise devant quelqu'un d'autre...

Incident... Le fait qu'il se soit retrouvé en serviette devant ton cousin ? Non, qu'il emploie les mauvais termes te concernant devant quelqu'un qui te connaît un minimum ou qui au moins connaît le protocole. Tu n'es pas prêt à avouer à qui que ce soit qu'il se passe quelque chose entre toi et quelqu'un d'autre... Non, il ne faut pas, ce n'est pas bien... Et voilà, encore. Tu n'arrives pas à positiver. Pas quand cela te concerne en tout cas. Mais pourquoi te faire autant de soucis ? Parce que tu l'aimes, tout simplement. Et tu ne veux pas le perdre pour une stupide histoire de jalousie, pouvoir ou n'importe quoi d'autre qui peut graviter autour de toi... Tu l'aimes et tu ne veux pas que tes sentiments aient un jour une quelconque retombée négative sur l'un de vous deux...

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Lun 25 Nov - 21:10

Samael. Il n'y a que lui. C'est à croire qu'il n'y a toujours eu que lui, sur l'instant. À voir la manière dont tu le regardes, la manière dont tu lui souris. Tu ne veux que lui, à cet instant, dans une heure, demain, et peut-être dans quelques siècles encore, qui sait. Parce qu'il te fait te sentir vivant. Il te donne l'impression d'être quelque chose de plus que le monstre que tu es devenu avec les années ; ouais, même si ça ne te plaisait pas de l'avouer au début, il a touché du bout des doigts ce cœur qui rebat aujourd'hui, après plus d'un millénaire d'existence. Comment y est-il parvenu ? Par sa simple présence. Ses sourires, ses paroles, son exaspération aussi. Plus il te repoussait, plus tu avais envie de t'approcher près, toujours plus près. Il était ta flamme, tu étais le gamin naïf ; tu as touché, tu t'es brûlé. Mais tu ne regrettes pas à ce jour, oh, non, tu n'y arrives pas. Car tu n'entraves pas encore toutes les conséquences que cela va avoir. Ce n'est pas un jeu de plus, ce n'est pas l'histoire d'une nuit, ou d'une semaine. C'est bien plus qui se joue en ce moment, et il semblerait que tu aies du mal à t'en rendre compte. Tant pis, les problèmes viendront avec le temps, pour l'instant, tu es concentré sur lui. « J'ai rarement aussi bien dormi, Princesse. » Tu souris doucement. Toi aussi, tu as rarement aussi bien dormi. Peut-être une fois ou deux, quand tu étais humain. Mais cette nuit, avec lui au creux de tes bras, il faut croire que tout s'est envolé, tout ce qui pesait sur tes épaules ; tes responsabilités, tes problèmes, ton passé qui prend normalement un malin plaisir à te resurgir à la face. Rien de tout cela cette nuit, à part la paisible et agréable sensation d'avoir accompli quelque chose de bien pour une fois. De réellement bien ; pas seulement dans ton sens non, mais dans celui d'un autre que toi aussi.

Tu remarques ce dessin sur ton torse. Un immense cœur avec son prénom, à l'intérieur. Un vrai gamin hein ? Oh, mais toi aussi tu peux jouer. Mais pour l'instant, tu n'as envie que d'une chose ; l'embrasser, encore. Goûter à ces lèvres qui te manquent déjà trop. Pourquoi est-ce que les choses se passent ainsi ? Pourquoi est-ce que, pour une fois, tout semble aller pour le mieux ? Ce n'est pas normal. Tu n'es pas habitué à cela, et voilà qui te fait étrange ; mais tu n'irais pas t'en plaindre non. Il répond à ton baiser, et c'est tout ce que tu veux, jusqu'à le laisser retomber sur le matelas. C'est étrange, d'être humain à nouveau. De sentir son cœur battre plus vite, plus fort, de connaître à nouveau ce drôle d'aspect de l'amour, celui qui vous fait bondir de palpitant, celui qui fait monter le rouge à vos joues, ou qui vous fait sourire bêtement une heure durant, celui qui vous fait balbutier de stupides mots, dans l'espoir d'apercevoir le sourire de l'autre. C'est une curieuse sensation, et tu ne pourrais dire si elle t'a manqué ou non, toujours est-il qu'elle n'en est pas moins agréable à vivre. Parce qu'il est là pour partager cette chose avec toi, et pour une fois, il semblerait que ce ne soit pas qu'une stupide illusion non, c'est bien vrai, et peut-être même trop pour te ressembler. Mais encore une fois, tu n'irais pas t'en plaindre ; c'est tellement bon d'avoir l'occasion de vivre cela à nouveau. Qui sait, dans une heure, quelques jours, une semaine, tu seras certainement vampire à nouveau. Ta peau sera froide, et ton regard figé dans le temps, tu n'en seras pas moins heureux non, tu n'en seras qu'un peu plus terne. Mais il sera là, pas vrai ? Alors au final, la différence passera inaperçue, très certainement. Tu tiens à y croire. « Tu n'as absolument pas bougé, malgré le feutre sur ta peau... C'était assez drôle. » Secouant la tête, un rire léger s'échappe de ta gorge et pourtant, tu ne réponds pas non. Tu poses un baiser sur son ventre, puis un autre, prenant soin de remonter bien doucement. Tu l'entends, ce discret soupir, et pourtant, tu ne vas pas plus loin ; tu te contentes d'un baiser volé avant de te redresser, t'échappant déjà.

La douche t'accorde un court instant de répit. Pour réfléchir, pour penser ; à quoi rime tout cela, au final. Qu'est-ce que vous attendez l'un de l'autre ? Est-ce concret, est-ce réel ? Est-ce bon, est-ce nocif ? Aucune réponse pour toutes ces questions, même pas le plus maigre des éléments pour t'éclairer. Mais la grande question, la plus grosse interrogation dans tout cela, n'est-ce pas ; est-ce que c'est réellement ce que tu veux ? Ce que vous voulez, l'un comme l'autre. Tu ne sais pas vraiment. Il n'y a pas de doute pourtant dans ton esprit, la réponse te semble claire... Mais il y a cette part d'ombre, ce recoin sombre de l'histoire que tu n'oses pas tellement explorer ; et si ce que tu y découvrais te faisait faire demi-tour ? Après tout, tu ne le connais pas vraiment, et lui te connaît encore moins. Alors pourquoi est-ce que tout paraît si simple, alors qu'en réalité, c'est bien plus que compliqué ? Tu en oublierais presque de respirer, et tu secoues la tête, passant une main dans tes cheveux trempés alors que l'eau tombe encore en cascade. Qu'est-ce que vous êtes en train de faire, hein ? Tu n'en as pour ainsi dire ; aucune idée précise. Aucune idée tout court. Mais c'est bien loin de te déplaire, alors pourquoi chercher à aller contre ? Inutile d'y réfléchir plus longtemps, c'est une torture mentale purement stupide. Tu coupes l'eau, sortant de la salle de bain, la taille enveloppée dans une serviette blanche. Ah, quel dommage, tu as oublié tes affaires dans la chambre – oui, ceci est ironique. Peut-être qu'il te cédera sa journée, s'il te voit ainsi si légèrement vêtu... Ahem, ouais, tu te fais déjà des plans, des idées. Mais il faut dire que la nuit a été plutôt calme, tu ne voulais pas le bousculer ou quoi, même si... Allez, chut Lyokha, vas plutôt t'habiller. Et c'est bien ce que tu comptes faire, avec ce malicieux sourire qui orne tes lèvres.

Enfin, ce que tu comptais faire. Jusqu'à te retrouver planté devant ce petit jeune. Léandre, l'héritier en personne. Oh, trop d'honneur, pour peu tu en rougirais. Non, sérieusement, que ce soit le futur empereur ou le dernier des serviteurs du palais, tu t'en fiches pas mal, ce n'est qu'un gamin. Avec les épaules déjà bien larges, certes, et après ? Tu as 1123 ans de plus que lui, si ce n'est plus encore. Alors, chut. Tu improvises quelque chose, un vieux rôle que tu dépoussières en vitesse ; celui du professeur de danse. Qu'importe, que cela corresponde au futur intendant impérial ou pas, tu es crédible, et c'est tout ce qui compte à tes yeux. Mais lui, ce sale mioche ne semble pas de ton avis. Tss. « Bien essayé. Mais je crois que, toi, tu ne connais pas assez Mae. Déjà, lui, prendre des cours de danse... C'est très peu probable ! Tout comme le fait qu'il laisse quelqu'un l'appeler par son prénom. Ensuite, je ne vois pas pourquoi il laisserait un de ses professeurs entrer dans ses appartements, avant de commencer son service. Ni même pourquoi il s'amuserait à écrire son prénom sur la peau de quelqu'un d'autre. Enfin, faut-il se déshabiller dans le salon pour prendre une douche ? J'ai tout bon Mae ? » Tu lui rabattrais bien le caquet, à Einstein, avec sa logique de mollusque et sa réflexion de noisette. Depuis quand on s'adresse à toi comme ça ? Il t'as pris pour son pote, ou le dernier de ses sous-fifres ? Tu as bien envie de l'étrangler sur l'instant, de lui faire avaler sa langue, mais tu te contentes de ne pas bouger, haussant légèrement les sourcils, un air dubitatif sur la face. Bien, il sait que tu lui sers des cracks, il n'est donc pas si débile que cela. Mais quand même, ne te prend-t-il pas un peu de haut, monsieur le futur empereur ? Tu lui ferais bien ravaler sa fierté à ce gamin, mais ce serait mal vu, et tu pourrais dire adieu à l'autre brun. Tu soupires profondément, et ledit brun vous rejoint, alors que tu t'apprêtes à reprendre la parole pour essayer de rattraper les coup. Mais le futur intendant te coupe l'herbe sous le pied en reprenant avant. « Perspicace, Léandre. Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? » « Je comptais te demander de convaincre Aaron de faire sauter l'entraînement de ce matin mais je tombe mal, visiblement. Enfin, pour toi ! » « C'est beau de rêver. Va t'entraîner jeune homme, tu en as besoin. » « Allez, soit sympa pour une fois ! » « Si tu n'y vas pas, Aaron va nous tirer les oreilles à tous les deux ! Et si je m'occupe de ton cas, ce sera pire. Tu le sais, non? » Tu les laisses à leur querelle d'entraînement ou pas, et tu te contentes de croiser les bras, les observant. Tu essayes de repérer au passage où sont tes affaires, histoire d'aviser rapidement par la suite. Ça va, on a presque l'impression que tu n'es plus là, à les entendre parler. De toute façon, tu n'en demandes pas moins ; tu n'as pas encore trouvé de plan B pour l'instant, et ils te laissent un peu plus de temps pour y réfléchir.

« Dis-moi, Mae... Tu es gay ? » Tu le vois avaler de travers, et toi, tu étouffes presque brusquement un éclat de rire. La question qui tue la mort, la question à 20 points, la question qui zigouille la logique. Le césar de la grosse révélation, attribué à Léandre Tudor. Tu as vraiment envie d'éclater de rire, mais tu te retiens, arborant plutôt un très large sourire moqueur à l'adresse du plus vieux des deux. Samael, gay. Qu'en sais-tu, tu le connais si peu, au final. Peut-être qu'il n'aime que la gente masculine, et c'est loin de te déranger au final. Tu regardes par terre, essayant de conserver ton calme, bien que la situation prête plutôt à rigoler. Chut, doucement, voilà, arrête. Mais c'est si dur. Faut dire que l'autre a sorti cela tellement naturellement ! Tu tentes de te reprendre, et tu y parviens lentement, mais tu as mal aux joues à force d'en sourire. Là, calme. Et si seulement cette conversation pouvait s'arrêter là... « D'où tu... » « Tu sais, ce n'est pas grave. » « Écoute-moi bien, ce genre de chose ne te regarde absolument pas alors tu vas me faire le plaisir d'aller faire ce que tu as à faire et disparaître de ma vue. Exécution, Monsieur l'Héritier. » Tu as envie de repartir en fou rire, mais tu te concentres sur le ciel, regardant par la fenêtre pendant que les autres argumentent encore. Oh, voilà un sujet bien sensible pour l'aîné des Tudor apparemment, aurait-il quelque chose à cacher ? Pour toi, la sexualité de l'un ou de l'autre n'a rien de tabou, et quand on a plus d'un millénaire, on se satisfait de toutes les chairs, de tous les jeux, même si tu dois reconnaître que l'on devient plus sélectif sur ses partenaires. Mais là, il n'est pas tellement question de toi ni de tes goûts, mais plutôt du futur intendant qui vire littéralement le gamin de sa chambre. « Perspicace le gamin. » Fais-tu, conservant ton sourire. Ton regard est à nouveau rivé vers ton hôte de cette nuit, tu ne dis rien de plus, pour l'instant.

« Je constate que Léandre et moi arrivons encore à choquer tout le monde, même mes oiseaux. Mais qu'est-ce que tu as bien pu lui raconter pour qu'il soit aussi amusé ? » Tu jettes un rapide coup d'oeil à l'oiseau sur son épaule, restant où tu es. Non, toi, tu n'es pas choqué. Plus rien ne te choque à vrai dire, plus rien ne t'étonne. Mais à ton âge, tu peux prétendre sans mentir que tu as vu bien des choses, mille fois plus gênantes ou horribles que ce petit dialogue entre cousins. Tu secoues un peu la tête, t'approchant d'un pas, puis de deux en sa direction. « Rien de bien amusant pourtant, quoique, peut-être. J'ai juste dit que j'étais ton professeur de danse, et que j'étais italien. C'était peut-être ça, le problème. Tu crois qu'il n'aime pas les italiens ? » Fais-tu, ironique. Bien sûr que non, ce n'est pas cela, et tu le sais très bien. Mais autant le prendre à la légère, il est inutile d'en faire tout un plat de cette histoire. De toute façon, il n'est plus là, à quoi bon débattre sur cela plus longtemps ? C'est tout simplement inutile. Il s'approche de toi, te vole un baiser, et tu aimerais bien le retenir mais il rompt bien rapidement le contact pour aller tu ne sais où. Tu retiens un bref soupir dessus, et tu fais volte-face en face, le voyant assis sur le canapé. Hinhin. Le canapé. Ah, ne vas pas chercher de mauvaises idées, on te connaît que trop bien Lyokha, et on a le droit d'avoir peur de ce qui peut se passer dans ta tête des fois. « Ah la la... Va donc te rhabiller monsieur je me promène presque nu devant un jeune homme inconnu. Je t'expliquerai après les règles du palais, surtout en ce qui me concerne. Si possible, j'aimerais éviter que ce genre "d'incident" se reproduise devant quelqu'un d'autre... » D'abord, tu ne te baladais pas nu dans sa suite, tu venais juste chercher des affaires. Alors là, c'est l'autre qui t'est tombé dessus, et pas l'inverse. Mais qu'importe au final, c'est déjà de l'histoire ancienne. Les règles du palais ? A-t-il déjà oublié que tu ne suis que tes propres règles ? Oh, il risque de se faire du mal, à vouloir t'imposer des choses... Mais, qui vivra verra, alors, il l'apprendra à ses dépends.

En attendant, tu te rapproches de lui. Tu viens même juste devant, alors qu'il est toujours sur le canapé. L'eau perle encore de ta nuque à ton cou, de ton cou à ton torse, et ainsi de suite. Tu t'es séché trop rapidement pour être réellement sec en fait, et on le devine aux nombreuses traces légèrement brillantes qui parcourent ton corps de haut en bas. Tu te mordilles un peu la lèvre inférieure, le détaillant toujours, penchant la tête sur le côté presque imperceptiblement. « Et pourquoi est-ce que j'irais me rhabiller maintenant, hein ? » Fais-tu d'une voix calme et posée. Tu t'approches encore un peu, posant tes mains à plat sur le canapé, de part et d'autre de sa personne. Tu te penches sûrement un peu trop sur lui, ton visage est proche du sien, si proche que tu peux souffler quelques mots à son oreille gauche. « T'aimes pas ce que tu vois là Tudor ? » Une de tes mains vient se loger dans son cou, glissant jusqu'à sa nuque. « Et si j'ai tout simplement pas envie de m'habiller, qu'est-ce que tu vas faire ? Me jeter hors du palais ? » Un nouveau sourire vient étirer tes lèvres, alors que tu recules légèrement le visage pour le regarder dans les yeux, frôlant ses lèvres. Tu es tentateur, et joueur, mais tu refuses de l'embrasser, de lui faire ce plaisir. Ta main redescend contre son torse, et tu le repousses, te redressant pour faire demi-tour. Très bien, il veut que tu t'habilles, tu vas t'habiller. Tu récupères rapidement tes affaires et tu files dans la salle de bain, le temps de t'habiller et de te coiffer sommairement pour revenir rapidement et prêt dans le salon. Voilà, il est content ? Tu es habillé, propre, et prêt à partir surtout. Mais tu n'as pas envie de partir. Tu n'as pas envie de lui dire au revoir, pas tout de suite, pas comme cela.

Soupirant un peu, secouant légèrement la tête, tu reviens vers lui. Monsieur est quelqu'un de très occupé pas vrai ? Tu es prêt à parier qu'il va t'abandonner comme la conquête d'une nuit dès que tu auras franchi la porte. Enfin, t'abandonner pour la journée plutôt. Car tu ne comptes pas lui laisser le temps de t'oublier, loin de là. Tu glisses tes mains dans tes poches, tu regardes un peu autour de toi avant de te concentrer pleinement sur lui. Un petit sourire fait son apparition sur ton visage, et tu reprends. Tu as une petite idée. Oh que oui. Tu as vraiment envie qu'il comprenne à quel point tu peux tenir à lui désormais, qu'il le découvre par lui-même, et un petit plan se prépare dans ton esprit. « De toute façon, pas besoin de me jeter dehors, Samael Tudor doit être un personne extrêmement occupée, et je ne voudrais pas t'empêcher de bosser. Mais à une seule condition ; tu me gardes ta soirée, ok ? Et puis, si t'es pas d'accord, c'est pas grave, puisque je te kidnapperais. » Ton sourire s'étire un peu, et tu glisses une main hors de ta poche, la passant sous son menton alors que tu lui voles un nouveau baiser. Oups ? Tes yeux plongés dans les siens, toujours, tu murmures contre ses lèvres. « Quoi c'est pas légal ? J'ai jamais fait dans la légalité de toute façon. » Et tu lui voles un autre baiser, avant de te redresser. Même si tu brûles d'envie de rester avec lui pour la journée, tu sais qu'il n'a pas de temps à t'accorder actuellement. Et puis, quelque part, partir maintenant, ce n'est pas une si mauvaise idée... En y réfléchissant, si tu le rends fou autant qu'il peut te rendre dingue, il va se languir de te revoir ce soir. Et ce n'est pas plus mal, héhé. Tu lui accordes un large sourire, et tu te recules jusqu'à la porte. « Comme au premier soir. » Fais-tu, joueur. Une petite énigme, devinette simple, histoire qu'il y pense profondément tout le jour durant. Oui, tu es un peu sadique sur les bords, même en amour. Mais qui aime bien châtie bien, pas vrai ? Tu disparais rapidement filant déjà dans les corridors. Tant pis si tu dois mettre une demie-heure pour sortir ; tu es bien rentré, pas vrai ?

+++

Vingt-et-une heures et des poussières. Tu es de retour dans cette rue, et plus précisément devant ce bar. Ce fameux bar où tout à plus ou moins commencé. Ce bar où vous vous êtes pris la tête en publique pour une simple histoire de piano... Rien que de le constater te fait sourire. Tu t'approches un peu du bâtiment, regardant curieusement par la fenêtre. Il doit déjà être à l'intérieur, non ? Pas manqué, tu le reconnais de dos, éternellement collé à son piano. Terrible. Tu rentres dans le bar discrètement, venant à pas lents te placer juste derrière lui. Et tu poses presque trop doucement tes mains sur ses épaules, te penchant sur lui. « Vous permettez ? » C'est ironique, une simple référence à cette première soirée où tu avais pris la main sans même lui demander son avis. Enfin, c'est du passé, tu lui offres un large sourire et tu viens plutôt t'asseoir à côté de lui. C'est étrange, car en publique, tu as l'impression que tu ne peux pas te comporter comme dans sa chambre. C'est normal d'un côté. Mais c'est étrange aussi. Car si cela ne tenait qu'à toi, tu l'embrasserais. Ou tu l'embarquerais aux toilettes où dans la réserve du bar pour continuer vos petites affaires. AHEM. Le serveur approche et tu commandes quelque chose pour toi, laissant le futur intendant faire de même – si ce n'est déjà fait. Il s'éloigne et à nouveau, tu prends la parole. « Si tu avais pu, ce premier soir, tu m'aurais tué ici-même, non ? » Un sourire taquin étire doucement tes lèvres. Tu aurais pu te battre toi. Et tu l'aurais certainement fait, rien que pour le voir s'énerver un peu plus. Assis juste à côté de lui, le regardant, tu t'approches encore un peu. Une telle proximité n'est peut-être pas une bonne idée ici, au milieu de tout ce monde. Et après ? Tu n'as rien de plus à perdre, de toute façon. Tu meurs d'envie d'aller plus loin, de lui voler un baiser, ici. Mais... Non. Le serveur t'interrompt en posant ton verre sur le haut du piano. Tu l'attrapes rapidement, le lève à l'intention du brun, retrouvant ce sourire presque humain que tu avais si longtemps abandonné. « Alors, qu'est-ce qu'on célèbre ? » L'amour. Voilà ce que tu célèbres Lyokha. Même si c'est dur d'utiliser ce mot, de te l'enfoncer vraiment dans le crâne. Oui, elle est là, la réelle définition. Mais c'est peut-être encore un peu dur à réaliser. L'observant toujours, tu constates un léger mouvement derrière l'entrée du bar. Tu fronces un peu les sourcils, te redressant à peine. Qu'est-ce que c'est ? Du monde, qui entre. Des types, et les voir ne te fait certainement pas plaisir, ô, loin de là. Soudainement inquiet, tu perds tout ton sourire. « Samael. Samael tourne-toi. » Des chasseurs. Voilà ce qui arrive. Une troupe de chasseur. Une descente menaçant tous les non-humains ici. Et cette organisation te connaît, tu ne peux pas passer inaperçu. Et tu n'as pas envie de toute façon. Puisque toute cette haine refouler remonte à la surface. Tous ces souvenirs bafouillés par leur faute. Vladimavitch. Ezea. Tes frères, tes sœurs. C'est la même chose à chaque fois ; ce profond sentiment de dégoût quand tu les vois débarquer. Ta main se resserre autour de ton verre, et tu commences à bouillir de l'intérieur. Aide-moi Samael, je t'en prie, aide-moi.

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- I LOVED YOU SO MUCH, AND NOW IT HURTS SO BAD -
falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Sa-Par
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 11 Jan - 23:07

Toi, gay. Toi. N'importe quoi. Ta surprise est totale alors que c'est ton cousin qui te le demande. Tu sais que tu ne devrais pas t'énerver mais tu détestes quand quelqu'un émet un doute sur ton orientation sexuelle. Tu n'as rien contre les ces personnes, bien évidemment, mais pas pour toi. Ce n'est pas ce que tu dois être, ce n'est pas ce qu'on attend de toi alors non, tu n'es pas homosexuel. Tu ne devrais pas même être bisexuel, tu devrais simplement être à 100 % hétéro. Malheureusement, tu ne l'es pas et tu le sais depuis déjà quelques années. Satané Andrew, s'il n'avait pas pris la manie de te pousser à boire un peu trop lorsque vous vous retrouvez et faites un tour dans les bars, tu n'aurais jamais eu le moindre doute... Enfin, tu n'y peux rien, tu es ainsi, il faudra l'accepter et faire avec, peu importe combien ce sera difficile. Quelle plaie. Enfin, ton cousin est dehors, tu te retrouves à nouveau seul avec le blond dans ton appartement. Ton oiseau est toujours sur ton épaule tandis que tu désespères profondément. Léandre, perspicace ? Tu siffles un peu entre tes dents, te dispensant de toute réponse. Tu as fait de ton mieux pour lui apprendre à ouvrir les yeux, à décrypter les situations, à deviner les pièges et savoir quand ne pas s'engager. Alors oui, il est perspicace. Plus que toi, tu dois bien l'avouer, voilà un moment qu'il t'a dépassé dans ce domaine. Mais il n'a pas encore tout deviné, même de toi. Tu vas plutôt poser le rapace sur son perchoir, histoire d'être un peu plus libre de tes mouvements et, surtout, qu'il ne te suive pas jusque dans la pièce où tu gardes la nourriture pour tes animaux. Tu disparais quelques instants, le temps d'aller lui chercher à manger, puis tu es de nouveau de retour. Alors, qu'a-t-il bien pu raconter à ton cher cousin pour qu'il s'amuse ainsi ? Qu'il était ton professeur de danse ? Un sourire vient flotter sur tes lèvres. Toi qui n'aimes pas danser, c'est sûr que ton cher cousin ne pouvait qu'avoir des doutes... Italien, cela ne veut plus dire grand chose pour vous autres, nés sur Anarkia. Tu secoues la tête, non, tu ne répondras pas. C'est inutile, Léandre n'est plus là...

Tu lui voles plutôt un baiser avant d'aller t'installer dans ton canapé. Tu résistes à l'envie de glisser tes mains sur son corps, de le découvrir un peu plus, de rester plus longtemps vos lèvres scellées... Mais tu ne le fais pas, tu t'écartes, parce que c'est ton devoir. Qu'il aille donc se rhabiller, tu lui expliqueras après le minimum à savoir sur toi et sur la vie au palais, histoire qu'il évite de commettre un nouvel impair. Sauf qu'il ne fait pas demi-tour, au contraire, il s'approche de toi, venant juste devant. Plus ou moins consciemment, tu suis du regard le trajet qu'effectue une goutte d'eau depuis ses cheveux, dans son cou, le long de son torse, de son abdomen, puis disparaître au niveau de la serviette... Tu déglutis un peu avant de relever les yeux vers son visage. Tu plonges dans son regard et tu t'interdis de dévier. Difficile exercice, il faut bien avouer... Pourquoi est-ce qu'il irait se rhabiller maintenant ? Tu arques un sourcil, surpris. Tu ne devrais pas être surpris de le voir te tenir tête, mais tu l'es tout de même un peu. Tu pensais que, après l'interruption de ton cousin il... Heu... Ses mains de part et d'autre de toi, son visage si proche du tien, un peu trop... C'est de la tentation pure et simple là. Tu as du mal à tenir tes mains en place, tu voudrais les poser dans son dos, les faire glisser le long de sa peau... Tss. Un peu de retenue, Samael. Si tu n'aimes pas ce que tu vois ?

-La question n'est pas là... souffles-tu.

Bien sûr que tu adores ce que tu vois. Sa main dans ton cou t'arrache un frisson tandis que tu observes un peu ses cheveux blonds, jusqu'à ce qu'il se recule un peu. Que feras-tu de lui s'il refuse de s'habiller ? Oh, bonne question. Il y a tellement de choix qui s'offrent à toi... Il y a tellement d'options que tu pourrais lui sortir que tu cherches laquelle est la plus politiquement correcte. Le jeter hors du palais complètement nu ? Oh, tu penses qu'un certain nombre de personnes se rinceraient bien l’œil, il est vraiment pas mal du tout le blondinet... Pour ne pas aller au fond de ta pensée. Il te tente un peu trop, il va voir qu'on ne joue pas impunément avec toi. Alors avant qu'il ne s'éloigne, tes mains glissent dans son dos tandis que tu l'attires contre toi, l'embrassant avec fougue. C'est un baiser passionné mais extrêmement court. Il s'éloigne de toi, te repoussant une main posée sur ton torse, et tu ne le retiens pas. Tu n'en avais pas l'intention.

-Te jeter dehors est une solution... Tout comme simplement t'enfermer dans un placard pour la journée ou te suspendre à mon balcon dans ta tenue actuelle. Laquelle préfères-tu ?

La seconde. Le garder pour toi, le savoir là à ton retour ce soir, lorsque tu en auras fini avec ta journée. Mais il ne faut pas, tu le sais bien. Tu as été sage jusqu'à présent, pourquoi craquer maintenant ? Non, il ne faut pas. Il ne faut pas, ce n'est pas ton rôle, ce n'est pas ce qu'on attend de toi. Mais tu aimerais tant te lâcher un peu... Tu te sens plus libre en sa présence, mais il faut toujours que tes chaînes te ramènent à ta place. Tu le laisses s'échapper avec ses vêtements. Que fais-tu, toi ? Tu ne bouges pas du canapé. Tu restes quelques instants figé sur place, glissant un doigt sur tes lèvres... Que t'arrive-t-il donc, Samael ? Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Tu secoues la tête, il faut que tu cesses de te torturer, il va partir, vous oublierez cette soirée... En es-tu sûr et certain ? Non. Non, tu n'oublieras pas. Tu ne peux pas oublier combien tu as pu être à l'aise dans ses bras, comme tu as bien dormi cette nuit... Bien mieux que toutes les autres nuits, il te faut bien l'avouer. Tu secoues la tête et tu te relèves. Il faut que tu tournes la page. C'est une mauvaise idée de t'attacher à lui, il est un vampire normalement, pas humain. Vous êtes de deux univers opposés, vous êtes très différents... Et toi, tu n'es pas libre d'en faire à ta tête. Retenant un soupir, tu vas récupérer le rapace qui a fini son repas et tu le ramènes dehors. Il prend rapidement son envol et tu refermes derrière lui. Quelle matinée... Tu ne sais plus qu'en penser. Tu ne devrais vraiment pas te prendre la tête.

Tu te retournes quand tu l'entends revenir dans le salon. Les mains dans ses poches, tu le préfères habillé. Il est moins tentateur avec quelques affaires sur le dos. Mais ce sourire... Ce sourire... Tu aimes le voir sourire. C'est peut-être un peu cliché mais c'est sincère. Mais tu sens aussi qu'il a une idée derrière la tête. Il a donc toute ton attention lorsqu'il reprend la parole. Il ne voudrait pas t'empêcher de bosser ? Tu arques un sourcil, peu convaincu. Il y a anguille sous roche, forcément. Vu le cirque qu'il t'a fait hier soir, tu serait étonné qu'il lâche aussi facilement l'affaire. Et il te donne bien vite raison... Tu dois lui garder ta soirée ? Mais... Avec tout ce qui se passe, tu vas être débordé, tu sais que dès qu'il y a un imprévu c'est à toi qu'on fait appel. Ors tant que les vampires seront humains, ce sera un imprévu à gérer, tu n'es pas sûr d'avoir le temps de lui accorder une soirée. Ni même que ce soit une bonne idée. Seulement il ne te laisse pas le temps de contester qu'il continue. Il te kidnappera si tu ne viens pas ? Tu lèves les yeux au plafond, désespéré. Il est désespérant. Il est vraiment collant aussi. Mais étrangement, cela te plaît. Quand te renteras-tu dans le crâne que tu es masochiste ? Sa main glisse sous ton menton tandis que tu l'observes venir te voler un baiser. Tu souris, tout simplement, alors que tu le retiens suite au second qu'il te vole, après t'avoir expliqué qu'il n'a jamais fait dans la légalité. Tu l'embrasses, purement et simplement. Il n'avait pas à te voler baiser sur baiser, alors il faut bien que tu reprennes un peu ce qu'il t'a pris. Et un peu plus si possible, alors qu'une main glisse dans son dos, l'autre dans ses cheveux. Tu aimes sentir ses cheveux entre tes doigts... Tu aimerais bien qu'il reste un peu plus longtemps. Tu aimerais laisser un peu de côté ton travail pour passer du temps avec lui, pour profiter de sa présence en tant qu'humain... Mais tu ne peux pas, alors tu finis par le laisser se retirer, s'éloigner de toi. Tu ne montres rien de tes envies, il ne faut pas qu'il comprenne que c'est à contre-cœur que tu le laisses s'en aller...

-Je verrai ce que je peux faire. Mais je ne garantis rien, si on a besoin de moi au palais, je n'en bougerai pas avant d'avoir fini mon travail.

Tu viendras. Tu ne sais pas comment, tu ne sais pas encore où, mais tu le retrouveras. Au pire, faire un petit tour en tant que Chasseur pourrait se révéler bien utile pour repérer un peu les différents trouble-fête... Ou pas. Non, tu vas laisser ta tenue de chasse à sa place. Tu n'as aucune raison de l'utiliser aujourd'hui. Enfin... Tu ne crois pas, il va falloir que tu vérifies cette hypothèse. Il se recule, il s'en va. Tu aimerais le retenir mais tu ne bouges pas, tu te l'interdis. Tu fais déjà une bêtise en acceptant de le revoir. Tu ne l'as amené ici que le temps qu'il dessaoule, rien de plus... Comme au premier soir ? Tu fronces aussitôt les sourcils. Que veut-il donc dire par là ? Tu as l'intention de le questionner mais il a déjà disparu dans les couloirs. Tu pourrais lui courir après, tu pourrais le retrouver assez facilement. Tu n'en fais rien. Un soupir t'échappe tandis que tu te retournes quelques instant, regardant le ciel dégagé. Une belle journée s'annonce et tu vas encore la passer enfermé à l'intérieur. Quelle plaie. Enfin, tant pis. Tu récupères ta veste et files à ton tour. Si tu veux avoir tout fini avant ce soir, tu as tout intérêt à t'y mettre tout de suite. Il faut aussi que tu découvres ce qu'il a voulu dire... Tu sens que tu vas songer à lui toute la journée. Pour ce soir, à propos de la nuit passée...

~~~

Tu as retrouvé ta place derrière ton piano. Tu as finalement résolu l'énigme sur laquelle il t'a lancé ce matin. Le bar, bien sûr. Ce fameux bar où vous vous êtes retrouvés, ce fameux soir où il a laissé sa marque sur ton omoplate. Tu y es. Tu as filé sitôt après avoir fini ton travail et avalé quelque chose. Il faut dire que tu as passé la journée le ventre vide, ce qui n'a jamais été très conseillé mais qui t'arrive tout de même régulièrement. Tu ne manges pas toujours et tu dors peu. Parfois, on se demande bien comment tu peux tenir toute la journée. C'est un mystère que tu n'as jamais résolu. Et tu n'as pas tellement envie de savoir. Pour l'instant, tu restes à ton piano, les yeux fermés, l'oreille à l'écoute des notes qui s'enchaînent sous tes doigts. Jamais la moindre fausse note. Jamais une hésitation. Tu es plus que doué au piano, c'est ton élément, cela a toujours été ton élément. Tu aimes la musique, tu aimes cet instrument. Et tu es complètement détendu, ici. Parce que tu sais que tu n'as pas à t'en faire, que le phénomène que tu as constaté chez Lyokha touche tous les vampires, les loups-garous et les sorciers. Tous sont humains, tu n'as plus besoin d'être sur les nerfs. Tout se passera bien. Tes yeux sont encore fermés lorsque tu sens deux mains se poser tout doucement sur tes épaules. Imperceptiblement, tu te tends légèrement mais le son de sa voix de détend aussitôt. C'est lui, avec ces mêmes paroles qui avaient ouvert votre première conversation. Un large sourire étire tes lèvres tandis que tu ouvres les yeux, l'observant alors que tu te décales, lui laissant la place de s'installer. Il est venu, toi aussi. Vous êtes tous les deux là, à nouveau... Tu le rapprocherais volontiers un peu plus de toi, tu le collerais bien contre toi mais tu n'en fais rien, tes mains sont déjà occupées avec le piano. Tu le laisses commander, tu as déjà ton éternelle bouteille d'hydromel pour ta part. Il se retourne vers toi ensuite. Tu cesses de jouer, reposant tes mains sur tes jambes. Si tu avais pu, tu l'aurais tué ici-même, ce fameux premier soir ? Tu fronces un peu les sourcils... Avant de tout simplement secouer la tête.

-Oui, je l'aurais sans doute fait si tant de personnes ne nous avaient pas vu nous disputer. Mais finalement, je ne regrette pas de ne pas l'avoir fait...

Oui, tu l'aurais sans doute tué. Mais tu ne l'as pas fait, parce que Samael n'est pas un assassin. C'est Leo qui tue les vampires, pas toi. Tu ne peux pas te permettre un tel écart de conduite, surtout quand un certain nombre de personnes seraient capables de te dénoncer. Mais finalement, tu l'as laissé "en vie". Et même s'il est beaucoup de choses sauf un ange, non, tu ne regrettes pas de l'avoir épargné. Parce que tu avais une dette, que tu as largement payé depuis ? Parce que tu t'es attaché à lui, plus que tu n'aurais dû le faire. Dire que tu l'as clairement défendu face à des Chasseurs... Tu sais que certaines personnes au sein du groupe connaissent ton identité. Tu n'as encore eu aucune réelle réflexion mais tu sais que tu y auras le droit, à un moment où un autre. Tu reprends contact avec la réalité lorsque le serveur revient, posant le verre du blond sur le sommet du piano. Tu fronces un peu les sourcils, désapprouvant. On ne pose rien sur un piano. Heureusement, Lyokha récupère bien vite son verre, le levant à ton intention. Tu souris un peu plus, récupères ta bouteille d'une main et fait de même. Qu'est-ce que vous célébrez ?

-Ton entêtement. Et ce dessin que tu es peut-être parvenu à effacer...

Non, tu ne parleras pas de sentiments. Non, tu en as déjà trop parlé hier soir, tu n'en feras pas plus. Même si... Non, hors de question de laisser ton esprit dériver. Vous allez rester bien sagement installés au piano, vous allez tranquillement discuter, sans dévier la moindre seconde. C'est beau de rêver. Tu as envie de l'embrasser. C'est affreux, tu as passé ta journée à penser à lui et maintenant qu'il est là, il faut que tu suives le protocole, il faut que tu gardes tes distances... Tu retiens un soupir et choisis plutôt de boire une gorgée d'hydromel. C'est bon. Et puis, cela te réchauffe un peu. Seulement, lorsque tu le regardes à nouveau, il semble avoir changé d'humeur. Il semble plus tendu, il ne sourit plus. Tu fronces un peu les sourcils. Que lui arrive-t-il donc ? Te retourner ? Tu lui lances un regard interrogateur avant de t'exécuter... Et là, tu te sens un peu pâlir. Oh non, ce n'est pas vrai... Mais oui, ce sont bel et bien des Chasseurs qui sont entrés dans le bar. Par tous les dieux terrestres, que font-ils de sortie ? Ce n'est pas la bonne soirée, il n'y a rien à craindre ! Tu es mal à l'aise. Le Mad Hatter est assez connu au sein des Chasseurs, même si peu connaissent son visage. Par contre, il les a déjà croisés et s'ils le reconnaissent, tu les sais capables de chercher la bagarre, même en plein endroit public. Tu pourrais encore le défendre, mais quand tu sais que l'un de ces hommes masqués est ton mentor... Tu te vois mal l'affronter. Il faut un plan B, d'urgence. Juste le temps qu'ils partent ! Tu te mordilles la lèvre, inquiet, tandis que tu te retournes vers le blond. Tu vois sa main crispée sur son verre. Son verre... Idée ! Tu as toujours ta bouteille à la main et, sans prévenir, tu lui en verses la moitié dessus.

-Oups. Je suis navré. Il va falloir nettoyer cela. Suis-moi donc.

Tu fait, tu ne lui laisses pas vraiment le choix. Tu lui prends son verre et le pose sur le tabouret du piano, à côté de ta bouteille, puis tu t'empares de ses mains, l'aidant à se relever. Sans lui laisser le choix, et essayant de paraître le plus normal possible, tu l'entraînes à ta suite. Tu connais bien ce bar, tu pourrais d'y diriger les yeux fermés s'il n'y avait pas toujours du monde. Du coin de l’œil, tu surveilles ce que font les chasseurs. La plupart ne vous regardent pas, c'est une bonne chose. Seulement... Ce n'est pas le cas de Nocte. Qui est-ce ? Ton mentor, évidemment. Il fallait que ce soit lui... Tu fais comme si de rien n'étais et disparais dans les toilettes avec le vampire. Tu fermes la porte derrière vous et, enfin, tu laisses échapper un petit soupir de soulagement... Quelle plaie, devoir se cacher dans les toilettes... Ce n'est pas ton genre, tu as toujours préféré les placards. Heu... Pense à autre chose jeune homme. Au blond devant toi par exemple, qui a sa chemise trempée d'hydromel. Un sourire navré vient étirer tes lèvres...

-Je suis navré pour le coup de l'hydromel... Sur le coup, je n'ai rien trouvé de mieux pour nous éloigner un peu des autres. Retire donc ta chemise, je vais voir si je peux arranger un peu la catastrophe.

Retirer sa chemise ? Oh... En fait non, tu vas t'en occuper toi-même. Tu lui retires donc ses vêtements, prenant tout ton temps. Tu doutes qu'on vienne vous déranger ici mais tu restes quand même très attentif à tous les bruits environnants. Tu ne devrais pas être si nerveux... Pourquoi attaqueraient-ils ? Lyokha ne représente aucun danger ce soir. Oui, justement et tu le sais parfaitement. Les proies sont plus faciles à abattre lorsqu'elles sont affaiblies, et c'est bien là ce que tu redoutes... Alors tu fais attention. Seulement, tandis que tu t'occupes de lui retirer sa chemise, le contact de sa peau sous tes doigts t’électrifie quelque peu... Tentant... Non, c'est une... Trop tard, tu es déjà en train de l'embrasser. Tu n'as même pas essayé de lui résister, tu n'as même pas imaginé lui résister. Tu as cédé, juste parce que tu en avais envie. Tu lui retires complètement sa chemise alors que tu fermes les yeux, prolongeant le baiser avec plus de passion, vu qu'il te répond... Doucement, tu fais glisser sa chemise de ses épaules, la posant distraitement sur le rebord d'un lavabo, avant que tes mains ne viennent trouver leur place dans son dos... C'est si bon, de le sentir à nouveau contre toi... Mais ce plaisir est de courte durée. Quelqu'un vient, il ne faut qu'on vous trouve dans cette situation, ce n'est pas, c'est... Tu le repousses alors un peu, juste assez pour que vous soyez un peu éloignés l'un de l'autre... Juste un peu. Et tu te tournes juste vers le lavabo lorsque la porte s'ouvre sur... Nocte. Génial... Tu sais que, sous son masque, il vous observe l'un comme l'autre... Tu vas passer un sale quart d'heure.

-C'était donc vrai. Le grand Samael Tudor protège un vampire.
-Je ne vois pas en quoi mes affaires regardent les Chasseurs.
-Ce type a tué bien plus de personnes que tu ne peux l'imaginer, Tudor. Pourquoi protéger un assassin, une créature des enfers qui ne demande qu'une chose : planter ses crocs dans ton cou et boire jusqu'à la dernière goutte de ton sang ?
-Je n'aime pas me répéter. De plus, je ne comprend pas pourquoi vous êtes de sortie en bande. Que risquent les humains cette nuit ?
-Nous faisons notre devoir. Et je te déconseille de te remettre en travers de notre chemin.
-Vous êtes hors la loi, c'est mon devoir de m'interposer.
-Pourtant j'en connais que ça arrange de savoir qu'on fait le ménage...


Tu pâlis un peu plus. L'ambiance est tendue. Tu sais bien qu'il parle de toi, de ton oncle. Oui, cela vous arrange que les Chasseurs fassent le sale boulot, c'est pour cela qu'il n'y a pas trop de mesures contre eux. Et puis, tu les surveilles de ton côté, alors pourquoi les empêcher de protéger la population à leur manière ? Tu sais que tu devrais tous les faire arrêter mais tu en es incapable. Ils ont tous une raison de se battre, plus ou moins juste, plus ou moins compréhensible, et ce sont des humains, tout comme toi. Tu secoues la tête, surveillant que ni le blond ni ton mentor n'ont l'intention de se montrer agressifs l'un envers l'autre.

-Tu sais très bien de qui je parle, Tudor.
-Garde tes réflexions pour toi.
-Je n'en ai pas l'intention. Tudor, reste en dehors de ces histoires, tu te mêles bien trop de ce qui ne te regarde pas, tu vas finir par amèrement le regretter. Quant à toi la sangsue... Croise une seule fois mon chemin et je peux te jurer que ton existence se terminera d'une manière tout particulièrement horrible.


Tu serres les dents et les poings. Les menaces sont une chose dont tu as horreur, il le sait parfaitement. Tu as bien envie de frapper seulement le blond se montre plus rapide que toi sur le coup. Tu n'as pas le temps de réagir que tu le vois le frapper. Et merde... Tu les sépares rapidement avant que les choses ne dégénèrent, plus que mal à l'aise. Tu ne peux pas combattre Nocte... Mais tu ne peux pas non plus laisser Lyokha se faire massacrer ! Tu choisis de garder ce dernier contre toi, l'empêchant de frapper le Chasseur tout en t'arrangeant pour rester entre eux, de peur qu'il ne vienne à l'idée de ton ancien mentor de se venger pour ce coup.

-S'il te plaît, ce n'est pas le moment de perdre son sang-froid... lui murmures-tu...
-Ça... Tu vas le payer !

Tu sens que les choses t'échappent. Tu les empêches de se sauter dessus mais combien de temps peux-tu garder l'impression de maîtriser la situation ? Finalement, tu aurais peut-être dû le garder au palais aujourd'hui, vous n'en seriez pas là... Et bon sang, Nocte n'aurait-il pas pu oublier un instant que tu as été son élève ? Il n'a plus besoin de veiller sur toi, tu es suffisamment âgé pour faire tes propres choix, pour choisir ton camp... Même si, à ses yeux, tu ne fais que les trahir en protégeant vos ennemis... Mais lui, il en vaut la peine. Même si tu sais que tu ne devrais pas trop t'attacher à lui, même si tu sais que tu n'aurais jamais dû... Tu l'aimes, et tu ne peux plus rien faire contre cela... Oui, tu l'avoues, tu aimes ce vampire et tu le protégeras, quoi qu'il arrive.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Mer 15 Jan - 16:25

Tu détailles ses traits. Encore. Toujours. Comme hier soir, avant de t'endormir. Tu en oublierais presque que tu es redevenu humain, puisque tout ce qui compte vraiment sur l'instant, c'est lui. Lui que tu pourrais regarder encore quelques heures sans te lasser. Ou si, peut-être qu'en quelques heures – et même certainement – tu chercherais à aller plus loin. Là n'est pas la question. Tu sens son regard posé sur ta personne, tu te rends bien compte qu'il t'épie, et le fait sans aucune discrétion. Tu n'en demandais pas moins. « La question n'est pas là... » Un sourire aussi doux qu'amusé se dessine sur tes lèvres. Touché alors ? Oui, c'est ça, c'est le mot, touché. Tu glisses une main sur son cou, sur son torse... Ton plan est bien clair ; tu veux juste le rendre dingue de toi. Autant que toi, il peut te rendre dingue. Vous avez été – à ton goût – bien trop sages cette nuit. Il est temps qu'il se languisse un peu plus de la prochaine. Toi sadique ? Énormément d'ordinaire, suffisamment en amour dirons-nous. Toujours est-il que tu comptes te dérober, mais il a bien calculé ta manœuvre, puisqu'il glisse ses mains dans ton dos pour t'attirer à lui. Tu frissonnes, peut-être trop car tu ne t'attendais pas à sentir ses paumes brûlantes contre ta peau, mais tu suis naturellement le mouvement quand il t'attrape pour t'embrasser. Tu pourrais le repousser, mais bon sang, tu es loin de vouloir abandonner ses lèvres. D'ailleurs, tu dois mentalement te mettre un sacré coup de pied pour le repousser en bonne et due forme. Et voilà. Tu ne peux nier qu'il marque le point pour le coup, mais bon, c'est une autre affaire. Tu le regardes encore un instant, et tu te détournes déjà. Oust. « Te jeter dehors est une solution... Tout comme simplement t'enfermer dans un placard pour la journée ou te suspendre à mon balcon dans ta tenue actuelle. Laquelle préfères-tu ? » Tu hausses un sourcil d'abord. Et finalement, tu hausses les épaules, ton sourire muant d'amusé à joueur. Ainsi donc il en serait capable ? À vrai dire, tu en doutes fortement. Et quand bien même, tu ne le laisserais pas faire, hors de question. Non pas que tu sois pudique, à vrai dire... Oui, tu es extrêmement pudique. Pourquoi ? C'est ton passé qui veut cela. Mais tu n'as pas vraiment envie de te replonger la-dedans pour fournir les explications qui vont avec, non, c'est bon, ce n'est pas le moment de t'empoisonner l'esprit avec ça. Pas maintenant qu'il est là, devant toi, et que sa première option te plaît grandement en réalité. Enfin, si on omet la partie où tu passes la journée enfermé dans un placard. Ce qui est, sommes toutes, quatre-vingt-dix pourcents du plan. Bref, tu t'échappes, et tu vas t'habiller. Il n'a pas cédé. Il n'a même pas cherché à te retenir. Tant pis, tu lui en feras baver un peu plus tard... Pour l'instant, tu récupères tes vêtements et tu vas plutôt te préparer. Quelques minutes plus tard, tu es déjà dehors, et tu reviens vers lui. C'est dingue, tu peux t'éloigner autant que tu veux, quand tu le sais dans les parages, tu n'as qu'une envie ; t'en approcher. Être en contact avec sa personne. Il doit se dire que tu es collant. Tout comme toi, tu te dis qu'il agit comme un aimant sur ta personne. C'est loin de te déplaire, mais d'ordinaire, tu n'es pas aussi tactile, surtout pas avec un homme. Mais lui, il est différent. Tu oses croire qu'il l'est, et peut-être que tu te fais berner par de douces illusions, ce ne serait pas la première fois. Tant pis. Il vaut toutes les prises de risque du monde à tes yeux. Tu reviens vers lui, tu glisses une main sous son menton pour lui voler un baiser. Le voir sourire de donne envie de recommencer, et tu t'autorises une nouvelle remarque avant de t'emparer de ses lèvres. Mais il t'empêche de te reculer, et tu écrases un sourire contre ses lèvres alors que tu lui réponds. Tu crois que... Tu l'aimes. C'est encore dur à concevoir, dur à imaginer, dur à dire. Tu bloques parfois sur ces deux petits mots. Tu n'as jamais autant trébuché dans tes paroles qu'avec lui – outre ta vie d'humain. Tes yeux se ferment un court instant, pas longtemps, juste suffisamment pour profiter de ce baiser bien trop court à ton goût. Mais tu romps le contact le premier, le regardant, à nouveau. « Je verrai ce que je peux faire. Mais je ne garantis rien, si on a besoin de moi au palais, je n'en bougerai pas avant d'avoir fini mon travail. » Tu secoues un peu la tête, souriant. Une énigme, une dernière. Quoi qu'il dise, tu sais qu'il viendra. Tu l'espères peut-être trop, mais tu voudrais tellement qu'il soit là, ce soir, au bar. Tu voudrais vraiment que tout cela... Ce ne soit pas rien. Tu aimerais faire partie de ses priorités, rien qu'une fois, rien que ce soir. Le retrouver et oublier à nouveau qui vous êtes, pour une nuit. Faire comme si tu étais réellement humain, et comme si lui pouvait être n'importe qui, rien que le temps d'une soirée. Un sourire étire encore tes traits, et tu disparais sans lui laisser le temps de prononcer un mot de plus. Tu crois que, oui, tu l'aimes. Vraiment. Et beaucoup plus que tu ne le devrais.

◊◊◊

La mélodie d'une rencontre. Une nouvelle rencontre, la seconde ici à vrai dire. Ce bar, celui où cette première fois, tu l'as interpellé un peu sauvagement, sans grandes manières. Et te revoilà, à l'aborder de la même manière. Tu croises son regard un bref instant, et tu t'installes à ses côtés alors qu'il te laisse une place. Tu laisserais volontiers tes doigts courir sur les touches blanches et noires du piano, mais tu n'en fais rien, tu le regardes jouer. Il s'arrête, tu ne sais pas trop pourquoi, tu aimes l'observer quand il est plongé dans son morceau, mais il repose ses mains sur ses jambes et te regarde. Il secoue légèrement la tête. Non, il ne t'aurait pas tué ? « Oui, je l'aurais sans doute fait si tant de personnes ne nous avaient pas vu nous disputer. Mais finalement, je ne regrette pas de ne pas l'avoir fait... » Tu secoues un peu la tête, et un curieux sourire se dessine sur tes lèvres. En réalité, tu en doutes. Tu doutes qu'il y serait parvenu. C'est un humain, tu es un vampire, d'un millénaire qui plus est. Il n'y a même pas à détailler la petite histoire, c'est tellement évident. Tu aurais eu vite fait de lui tordre le cou ou de le vider de son sang. Mais toi non plus, tu n'en as rien fait. Et tes plans ont bien changé. Où en es-tu aujourd'hui ? Tu n'en sais rien. Tu es perdu, mais pas dans le noir cette fois, non ; dans le rouge. Pas le rouge sang. Le rouge amour. Tu te pinces un peu la lèvre, hésitant légèrement... Et en fait, tu te gardes de reprendre la parole. Le silence est préférable dans une telle discussion. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, léger. C'est dingue, tu as presque l'impression de suffoquer. Tu ne te souvenais pas à quel point les humains avaient besoin de cet air. Du moins, tu le sais très bien, mais vu que tu n'as plus ressenti ce besoin vital depuis bien des siècles... Tous tes sens sont altérés, largement diminués. Tu as l'impression d'être faible, fragile et beaucoup plus facilement fatigué. Mais en contre partie, tu sens la chaleur qui te monte à la tête quand tu es avec lui, tu sens ce sang qui bat si fort dans tes tempes, tu as l'impression que ton cœur bat si fort que tout le monde dans cette salle pourrait l'entendre. Tu expérimentes à nouveau toutes ces sensations que tu avais si longtemps mises de côté. Et quelque part, de ne pas être seul pour les redécouvrir... Tu n'en demandais pas tant. Et de pouvoir partager cela avec quelqu'un, c'est un peu exceptionnel. C'est comme si on t'accordait une pause dans ton existence, un court instant de répit avant la reprise de la bataille. Et tu t'autorises à penser que maintenant, c'est bien mieux que jamais, et cela tombe plutôt bien, car même si c'est inconscient, cela te permet de lui prouver à lui que tu as été humain un jour. Que tu n'es pas que ce monstre dont on lui a parlé dans son enfance, ce vampire dont on parle parfois dans les journaux, cette créature sanguinaire qui a voulu sa mort quand il était petit. Nouveau soupir.

Ton verre arrive, et tu trinques avec lui. Qu'est-ce que vous célébrez donc ? L'amour, c'est tout ce que tu voudrais dire, mais tu n'en fais rien. Pas ici, pas devant tous ces gens qui le connaissent... Toi encore, tu t'en fiches pas mal. Mais tu ne peux pas faire n'importe quoi avec sa réputation à lui. « Ton entêtement. Et ce dessin que tu es peut-être parvenu à effacer... » Ton sourire s'élargit un peu plus. Il est vrai que tu es têtu, borné. Tu ne lâches pas l'affaire si facilement, et il a pu l'expérimenter, rien que par le nombre de bouquets que tu as fait livrer chez lui, dans sa suite. Enfin, t'en voilà récompensé non ? Oui. Même si tu ne prends pas cela à proprement parlé comme une récompense. Plutôt comme quelque chose que tu attendais depuis longtemps, sans pour autant en connaître la forme, le nom, la couleur. Quant au dessin... Tu détournes brièvement le regard, te pinçant la lèvre. Son prénom, dans un cœur, au niveau de ton propre cœur. Tu baisses un peu les yeux, inspirant un peu plus difficilement. Il t'aime. Tu l'aimes. Mais ce n'est pas comme si c'était si simple. Ce n'est pas comme si vous aviez le droit. Et c'est maintenant que tu t'en soucies ? Tu reportes ton regard dans le sien, retrouvant ce naturel sourire chaleureux et un peu mystérieux. « J'ai pas réussi à l'effacer, en fait... » Tu hoches légèrement la tête, comme pour appuyer tes propos. Et quand bien même l'encre aurait disparu de ta peau, tu as gardé la trace à l'intérieur, là, profondément, sur cet organe qui bat à ce jour, plus fort, toujours plus fort. Tellement fort que par moment, tu te demandes s'il ne va pas te fracturer le sternum ou quelques côtes. Ce serait pas grand chose de perdu, à côté de ce que tu as gagné. L'amour. Tu t'en rends compte ? C'est encore douloureux de le dire à voix haute, en pleine conscience, alors tu le murmures à l'intérieur. Tes yeux te trahissent, ils trahissent cette passion presque coupable, cet amour que tu lui voues. Ça t'empoisonne, mais c'est bien le plus doux des poisons, et t'aimerais en mourir, si c'est avec lui.

Tu perds ton sourire. D'un coup. Tu les vois débarquer, eux, masqués. Des chasseurs. Des chasseurs qui sont de sortie ce soir, des chasseurs qui profitent de l'occasion pour atteindre les créatures surnaturelles. C'est l'occasion rêvée, c'est vrai, tu en aurais peut-être fait autant, si tu étais aussi traître qu'eux. Ce n'est pas cela, se battre à armes égales, ça, c'est.... ça te rend dingue. Ton regard reste rivé sur eux, tu ne cherches même pas à les esquiver, à te fondre dans le décor. Ils sont là, et tant qu'à faire, qu'ils se rendent compte que toi aussi, tu es présent. Mais, ce plan n'implique pas que tu gardes ton calme, que tu te contiennes toute la soirée alors qu'ils te narguent de leur présence. Tu serres les dents, sifflant quelques mots au futur intendant impérial qui ne tarde pas à se détourner. Son sourire fane aussi bien rapidement. Il doit t'aider, s'il ne veut pas que tu tentes quelque chose... Il doit, il doit trouver quelque chose. Il est doué pour cela. Les plans B. Ton regard reste figé sur les hommes masqués. Tu leur arracherais bien la tête. Mais un liquide glacé se répand sur ta chemise  et te faire prendre conscience de la situation, tu détournes ton regard vers Samael rapidement. « Oups. Je suis navré. Il va falloir nettoyer cela. Suis-moi donc. » Tu n'as pas le temps de dire quoi que ce soit qu'il t'entraîne à sa suite, et tu te laisses faire sans réfléchir. On dirait que tu es passé en mode automatique, que tu es mentalement absent. Et quelque part c'est le cas. Tu es bien trop perdu dans tes pensées, à réfléchir à eux, à tous ceux que tu as perdu à cause des chasseurs, Titus, ta femme, Eleazar, Matthew, ta famille, et tous les autres... un seul, c'était déjà beaucoup trop. Et plus tu t'enfonces dans tes pensées, plus tes pulsions meurtrières te scient le crâne. Cesse donc ! Arrête de te torturer l'esprit ! Pense plutôt à lui, à Samael. Il t'a parlé ? Non, vous êtes... Vous êtes où au juste ? Tu reprends conscience dans les toilettes. Ah, d'accord. La porte est fermée, et une lueur de panique brille au fond de tes prunelles. Ce n'est pas de la peur, non. Tu es perdu, paniqué, tu fixes ton regard dans le sien silencieusement, comme si cela allait t'aider. Tu ne te sens pas bien, mais alors pas du tout. « Ils les ont tués. » Tes paroles sont bien peu cohérentes, et tu tardes à revenir à la réalité. Il est là, le jeune Tudor est là, et il ne t'abandonnera pas, pas vrai ?

C'est comme si tu revenais soudainement d'une longue absence mentale, tu secoues un peu la tête, et tu essayes de te reconcentrer sur lui, sur ce qu'il fait, ce qu'il dit. « Je suis navré pour le coup de l'hydromel... Sur le coup, je n'ai rien trouvé de mieux pour nous éloigner un peu des autres. Retire donc ta chemise, je vais voir si je peux arranger un peu la catastrophe. » Tu secoues un peu la tête, ton sourire fait écho au sien, c'est vraiment rien. « C'est pas grave, laisse, c'est rien... » Mais tu n'as pas le temps de protester en fait que ses mains glissent jusqu'à venir déboutonner ta chemise. Ton sourire s'élargit un peu, et tes mains s'appuient derrière ton dos, sur le rebord du lavabo. Tu le laisses faire en silence, tu cherches à capter son regard, mais il semble captivé par ce qu'il fait. Toi, tu es toujours sur tes gardes, quelquefois que l'un de ces gars débarque. Par moment, tu sens le bout de ses doigts glisser sur ta peau, et ce simple contact te fait frissonner. Tu le regardes faire, inlassablement... Et le tissu finit même par glisser de tes épaules. Il récupère ta chemise et la dépose tu ne sais où, en réalité, tu t'en fiches, tu ne l'as pas lâché du regard. Il est tout ce qui compte réellement sur l'instant, on dirait. Tu ne demandes rien, mais il vient t'embrasser, et sans même réfléchir tu lui réponds, fermant les yeux. Tu te laisses aller à ce baiser, car il te calme, il t'apaise, inconsciemment. Tu en oublies un peu les gars qui étaient derrière, là-bas. Tu te concentres pleinement sur ses lèvres, douces, un peu sucrées. Une de tes mains glisse même dans le bas de son dos, l'attirant un peu plus à toi... Tu aimerais qu'on vous laisse tranquille, qu'on t'autorise à l'aimer un peu plus encore, ici, cette nuit...

Mais une certaine personne ne semble pas de cet avis. Samael te repousse et tu le laisses faire sans y opposer de quelconque résistance. Quelqu'un est entré. Un chasseur. Tu redresses la tête, jaugeant avec mépris le nouveau venu. Le chasseur. « C'était donc vrai. Le grand Samael Tudor protège un vampire. » Tu serres un peu les dents, essayant de rester impassible. « Je ne vois pas en quoi mes affaires regardent les Chasseurs. » Dur, quand tes prunelles brûlent d'une rage folle. « Ce type a tué bien plus de personnes que tu ne peux l'imaginer, Tudor. Pourquoi protéger un assassin, une créature des enfers qui ne demande qu'une chose : planter ses crocs dans ton cou et boire jusqu'à la dernière goutte de ton sang ? » Si seulement il était à portée de main, tu l'attraperais pour lui faire ravaler ses mots. Tu es loin de nier, certes, tu as tué bien du monde. Plus que de raison. Mais qui peut te blâmer pour cela ? Personne n'en a le droit. Personne n'a vu ce que tu as vu, personne n'a vécu ce que toi, tu as vécu. Personne. Tu fixes l'homme masqué, et rien que lui. Tu lui ferais bien ravaler son air pédant et sa fierté. Mais tu restes figé sur place, pour l'instant, tentant tant bien que mal de te contenir. « Je n'aime pas me répéter. De plus, je ne comprend pas pourquoi vous êtes de sortie en bande. Que risquent les humains cette nuit ? » Que risquent les humains ? Rien, et il est bien là, le but de la manœuvre. Il n'y a pas de terme suffisamment fort pour dire à quel point tu trouves cela dégueulasse, injuste et immoral. Mais qu'est-ce qui est réellement moral dans votre monde ? Décimer une race, ou tuer une famille d'humains ? Il n'y a jamais eu de morale sur Anarkia. « Nous faisons notre devoir. Et je te déconseille de te remettre en travers de notre chemin. » Leur devoir ? Vous n'en partagez définitivement pas la même définition ! Et tu lui ferais bien bouffer son sens du devoir, si le jeune Tudor n'était pas entre vous deux, prêt à intervenir. « Vous êtes hors la loi, c'est mon devoir de m'interposer. » Ton sang commence à bouillir dans tes veines. Tu te sens partir au quart de tour, si bien qu'un léger tremblement agite tes mains, agrippant plus fermement encore la céramique du lavabo. « Pourtant j'en connais que ça arrange de savoir qu'on fait le ménage... » Ton cœur loupe un bond. Ta respiration est bien moins discrète. Tu jettes un bref coup d'oeil à ton cadet, guettant sa réaction. Il se tend, et tu le perçois sans aucun mal. La remarque du chasseur s'imprime dans ton esprit, et c'est presque douloureusement que tu l'associes à ce garçon que tu aimes. Faire le ménage. Tu détournes le regard, observant un point dans le vide. Tu dois impérativement te calmer, tu le sais...  Même en tant qu'humain, tu sais de quoi tu es capable. N'importe quel humain est capable de commettre un crime de sang froid, et toi le premier. « Tu sais très bien de qui je parle, Tudor. » Qu'il continue à remuer le couteau dans la plaie, surtout. On dirait qu'il prend un malin plaisir à dénigrer le blond qui t'accompagne. Qu'il n'y prenne pas trop goût, ça risquerait de devenir douloureux à un moment ou à un autre. « Garde tes réflexions pour toi. » Ainsi donc, Samael se sent viser... Tu ne sais pas trop pourquoi, mais tu n'arrives pas à lui en vouloir. Tout ce qu'il veut, c'est défendre sa nation pas vrai ? Tu rumines intérieurement, tu essayes de ne pas trop y penser... Qu'il se taise, que ce gars, qui qu'il soit, se taise par tous les dieux slaves. Il va finir par amèrement le regretter.

« Je n'en ai pas l'intention. Tudor, reste en dehors de ces histoires, tu te mêles bien trop de ce qui ne te regarde pas, tu vas finir par amèrement le regretter. Quant à toi la sangsue... Croise une seule fois mon chemin et je peux te jurer que ton existence se terminera d'une manière tout particulièrement horrible. » Tu relèves ton regard furieux vers lui. Minute, quoi ? Ce sont des menaces ? Ce sont des menaces qu'il vient de te faire, vraiment ? Tu hausses les sourcils, partagé entre la surprise et la folie. Parce qu'il a cru qu'il pouvait te menacer comme cela, toi, Lyokha Volkov ? Tu serres les dents à t'en péter les mâchoires. Tu ne dois pas devenir violent, tu ne dois pas... Mais les tremblements se font de plus en plus incontrôlable, ton cœur bat à un rythme effréné et il semblerait que tu ne maîtrises plus grand chose intérieurement. On te menace. C'est comme si on menaçait ta famille, à tes yeux. Il a menacé Samael aussi. Une manière tout particulièrement horrible... Quelques images te reviennent, celles de ta famille, de cette nuit-là... C'est plus fort que toi, tu perds tout contrôle, tu t'approches vivement de lui et sans plus réfléchir, ton poing s'écrase brutalement contre son visage. Il esquisse un mouvement de recule, et tu recommences, encore. Tu veux continuer, tu veux l'attraper, le massacrer. Lui faire passer l'envie d'avoir de telles paroles à nouveau. La douleur se propage dans tes doigts, mais tu l'ignores. De toute façon, Samael te repousse presque violemment en arrière. « T'EN VEUX ENCORE ? » Oui, tu cries. Car tu es tout simplement hors de toi, et que tu ne désires qu'une seule chose ; le massacrer, jusqu'à ce que mort s'en suive. Encore une fois, Tudor s'interpose. Et tu n'essayes pas de l'esquiver, non. Tu sais que tu dois te calmer, vraiment, à tous prix... « S'il te plaît, ce n'est pas le moment de perdre son sang-froid... » Comment peut-il te demander cela ? Comment peut-il rester si impassible ? Un grognement sourd remonte le long de ta gorge, tu fais les cent pas derrière le brun, restant à distance du chasseur. Tes mains tirent nerveusement sur tes cheveux, tu essayes d'ignorer cette haine qui te consume de l'intérieur. Inspire, expire. C'est tellement dur. « Ça... Tu vas le payer ! » Un hurlement. Toi. « FERME-LA ! » Tu lui ordonnes de se taire. Qu'il se taise, par pitié qu'il se taise. Tu vas finir par lui arracher la tête, si ce n'est pire. Qu'il s'en aille, qu'il vous oublie. Tu vas le traquer, et le tuer s'il continue. Tu es capable de tout, et Rod sait à quel point il est dangereux de te mettre hors de toi. C'est même suicidaire. Par coup de sang, tu avais déjà massacré un type avec une fourchette. C'est ridicule dit comme ça, et pourtant, c'est surtout efficace et sanglant. « Qu'est-ce que tu vas faire hein ? Tu vas me tuer, c'est ça ? Tu n'es rien. Rien qu'une autre proie à traquer. Un lâche, c'est tout ce que tu es, comme les tiens. Incapable d'affronter ton ennemi dans les yeux, à te cacher derrière ton masque. Mais il ne te protégera pas de la mort, crois-moi. » Un rire sadique et un peu dément s'échappe de ta gorge. On dirait... Que tu es devenu dingue. Mais tu n'es plus tout à fait toi, lorsque tu es en colère, comme cela. Tu essayes de te contenir, et c'est de plus en plus difficile, quand ta haine grandit dans tes veines à mesure que tu le dévisages. Passant à côté de Samael, tu présentes l'intérieur ton avant-bras gauche bien en évidence. Quelques dizaines de symboles y sont représentés, identiques et très petits ; de simples croix larmées. Un sourire presque malsain se dessine sur tes lèvres. Tu en deviendrais presque effrayant. « Tu vois ça ? Compte-les bien. Une croix pour une dizaine de tes petits copains. T'auras bientôt ta place toi aussi. » Crache-tu agressivement. Pourquoi ces tatouages ? Pour ta famille, ceux que tu as perdus. C'est une promesse, ce comptage que tu tiens à jours. Dix chasseurs, un symbole. C'est aussi simple que cela. C'est effrayant pas vrai ? Tu n'as jamais dit que tu étais sain d'esprit, de toute façon. Tu ne sais pas si menacer ce type était une bonne idée, et à vrai dire, tu es loin de vouloir y réfléchir. Pour l'instant, tout ce que tu veux, c'est lui faire ravaler sa petite fierté.

Et visiblement, tes mots sont loin de lui plaire, puisqu'il s'approche de toi avec une dague à la main. Tu ne t'en rends pas compte tout de suite, et c'est pourquoi tu vas à l'affrontement sans plus réfléchir. Tu lui envoies ton coude dans le visage, et il esquisse un mouvement de recule. Mais tu es plus lent que d'habitude Lyokha, tu n'as pas la même force, les mêmes réflexes. Tu y as pensé à ça ? Non, de toute évidence. Non puisqu'il parvient à t'atteindre ; tu fais un faux mouvement, et son poignard tranche ta peau sur une bonne dizaine de centimètres, au niveau de l'abdomen. Un rugissement de douleur se fait entendre, et en reculant, tu viens heurter le mur. Ton premier réflexe est de porter ta main à la plaie, là où le sang coule. Ce n'est pas extrêmement profond, pas assez pour engager l'urgence vitale. Mais c'est largement suffisant pour faire mal et pour laisser ce précieux sang s'échapper. Tu serres les dents, tu compresses la plaie comme tu peux... Mais en fait, tu la relâches pour te redresser, retournant à l'assaut. Laisser passer ça ? Jamais. Il va mourir pour ce qu'il t'a fait. Et peut-être que c'est toi qui va en crever, espèce d'inconscient ! Sauf que... Tu n'as pas le temps de t'approcher plus de lui que quelqu'un t'envoie un coup assez puissant ; suffisamment pour te faire perdre l'équilibre. Tu perds pied, tu glisses sur le carrelage humide, si bien que tu te cognes la tête contre le rebord du lavabo. La douleur est affreuse, elle résonne partout dans ton crâne... Mais sans même pouvoir résister, tu fermes les yeux. Tu as envie de... Te reposer, de... Dormir, un peu, juste un peu... Mais Samael ? Tu n'arrives même plus à lutter contre toi-même. Tu veux dormir. Au risque de ne pas te réveiller à temps, malheureusement.

Combien de temps s'écoule ? Quelques minutes certainement. Tu ouvres les yeux, une migraine puissante pour te secouer un peu. Tu fronces les sourcils, décollant ta main un peu tremblante de ton abdomen. La plaie... Tu serres un peu les dents, passant une main sur ton crâne. Bon sang que tu as mal... Qu'est-ce qui s'est passé ? Tu te remémores les événements rapidement, le début de rixe, le coup... Samael. Tu écarquilles un peu les yeux, avant de constater qu'il est là, juste devant toi. Un peu de panique brille au fond de tes yeux, plus inquiet pour lui que pour toi. « Tu vas bien ? Il t'a blessé ? Dis-moi s'il t'a blessé. » Dis-le moi, que je le tue. Tu serres un peu les dents, tu essayes de te calmer... Mais tu as toujours aussi mal. Pourtant, tu t'efforces de ne pas le montrer, parce que ce n'est pas toi. Tu es fort, vraiment. Alors tu essayes de faire bonne figure malgré tout. Tu te redresses difficilement, grimaçant lorsqu'un mouvement un peu trop brusque tire sur cette plaie. Et tu expires profondément une fois debout, appuyé contre le mur derrière toi. Ta main complètement couverte de sang tient toujours la blessure, des fois que le sang se remette à couler vraiment trop. Pour l'instant, c'est gérable. « Je... Crois qu'on devrait rentrer, je dois soigner ça je peux plus guérir... » Hé non, c'est aussi cela d'être humain Lyokha. Tu n'es plus aussi invincible. Ça, autrefois, ça se serait rapidement refermé. Là, c'est toujours ouvert. Ce serait bête de mourir, pas vrai ? « Tu veux bien... Au moins me raccompagner ? Si tu veux pas rester, j'insisterais pas cette fois... C'est juste que je crois que je vais avoir besoin d'aide... » Tu es quelque part, ravi de voir qu'il n'est pas rebuté par l'idée de t'aider après ce qui vient de se passer. Mais comme tu lui as dit, tu ne le retiendras pas, s'il veut partir.


Le plus discrètement possible, vous quittez l'établissement. Tu te serres le plus possible dans ton manteau, le froid venant jouer avec ta chemise trempée. Tu gardes ta main contre la plaie, tu avances en vacillant un peu, parfois. Heureusement qu'il est là pour te retenir quand tu manques de perdre l'équilibre. Il faut dire que ta tête tourne encore un peu, avec le coup que tu as pris un peu plus tôt... Tu restes silencieux, et tu te contentes d'avancer en silence. Tu n'as pas envie de parler, tu te sens juste mal pour ce qui s'est passé. Alors tu avances, passant d'un boulevard à un autre, jusqu'à arriver devant un grand immeuble. C'est tout là-haut qu'est l'appartement, ou plutôt, le loft, puisque c'est ainsi qu'il est considéré. Tu entres dans le bâtiment, l'ascenseur vous amène à l'étage désiré. Tu ne vas pas très bien, mais tu recouvres peu à peu ton équilibre et c'est le principal. La porte ouverte, tu le laisses rentrer, refermant derrière vous. Comme tous tes autres lieux de résidence, c'est très spacieux. Va savoir pourquoi, tu as toujours eu besoin de beaucoup d'espace. C'est plutôt simpliste dans la décoration, rien pour vraiment attirer l’œil, c'est sobre, plutôt classique, mais en même temps assez moderne. C'est Lucky qui a choisi, en réalité. Tu poses enfin ton regard sur le futur intendant impérial, un peu navré. Tu secoues légèrement la tête, soupirant. « Je suis tellement désolé... Je voulais pas, c'était pas censé se passer comme ça... Je comprendrais que tu veuilles partir en fait, mais si tu  veux rester ici, ce serait avec plaisir... » Tu baisses les yeux. Tu t'en veux un peu, d'un côté. Tu as le sentiment que c'est de ta faute si cette soirée est complètement fichue. Tu n'oses même pas lui voler un baiser, comme tu l'aurais fait autrement.

« Je vais aller soigner ça rapidement, tu peux rester si tu veux, mais si tu pars, referme la porte hein ? » Fais-tu avec un triste sourire. Tu espères qu'il ne va pas partir. Tu espères qu'il sera là à ton retour, encore. Tu vas rapidement prendre une douche, montant à l'étage ou se trouve la salle d'eau, faisant attention à cette nouvelle blessure qui menace de s'ouvrir à chaque instant. Tu glisses sous l'eau, pour nettoyer le sang sur tes mains, sur ton corps. C'est agréable, mais ça pique un peu là où la peau est ouverte. Alors tu serres les dents. Tu n'as jamais pris une douche aussi rapide de ta vie à vrai dire... Mais tu veux l'attraper avant qu'il ne s'en aille. Tu veux l'embrasser, une dernière fois. Alors tu te dépêches de t'habiller, sec et propre, tu poses un large pansement sur ton abdomen, voilà, bien. Tu te dépêches de sortir de la salle de bain et c'est avec une joie dissimulée que tu constates qu'il est toujours là. Un léger sourire se dessine sur tes lèvres et tu descends plus tranquillement l'escalier. Il est resté. Tant mieux, tu as envie de dire. Tu reviens devant lui, se mordant un peu la lèvre. Tu penses à ce qui s'est passé, et même si ce n'est pas du tout dans ton genre, tu dois... Enfin, si, tu sais, tu dois... T'excuser. Tu hausses un peu les épaules, plongeant ton regard dans le sien. « Merci, vraiment. Je sais pas si je m'en serais tiré seul contre eux, en tant qu'humain, et même si t'aurais pas du prendre ma défense, même si t'aurais pas dû protéger un vampire... » Tu soupires. Tu n'as pas à le sermonner, il l'a fait, et c'est tout. « Merci. » Tu es juste devant lui et tu te surprends à loucher un peu sur ses lèvres. Tu voudrais... Tu hésites un instant, mais en fait, une de tes mains glisse sur sa nuque, l'attirant un peu à toi. Ton souffle se mêle brièvement au sien, et finalement, tu l'embrasses. Tu ne veux pas qu'il parte. Pas tout de suite. Pas ce soir. Tu veux le savoir près de toi, là, ici. Ce n'est pas comme si tu avais besoin que l'on te protège, non. C'est plus comme une nécessité, et parce que tu en meurs d'envie. Mentalement.. Repenser aux chasseurs, ça te fait bien plus de mal qu'autre chose. Le sentir contre toi, ça te fait oublier tout cela, tout ce qui te contrarie. C'est oublier tes problèmes pour l'aimer, toujours plus fort. Tu relâches ses lèvres un instant, te contentant de les frôler, avant de murmurer de manière presque inaudible. « Reste, s'il te plaît... » Et tu as l'impression que tout se répète, comme ce premier soir, chez Lucky. Sauf que cette fois, vous êtes chez toi, et que peu importe la suite, personne ne pourra vous interrompre.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Dim 19 Jan - 13:11

Il n'a pas réussi à effacer ton dessin. Cet aveu t'arrache un franc sourire. Il n'a pas réussi ou il n'a pas cherché à l'effacer ? Mystère, mais tu te vois mal le lui demander. Savoir qu'il est encore là, sous sa chemise, te fait étonnamment plaisir.  Il reste quelque chose de cette nuit sur son corps, il reste quelque chose de toi sur lui... Pourquoi as-tu fait ce dessin ? Pourquoi ce cœur avec ton prénom à l'intérieur ? Tu ne saurais dire avec exactitude. Parce que tu étais détendu, parce que tu as toujours aimé faire des bêtises, parce que... Tu l'aimes ? Tu ne sais pas exactement, cette sensation est toute nouvelle pour toi. Tes sentiments, tu les as toujours gardés pour toi, tu as toujours tout fait pour être inatteignable. Mais lui, il t'a touché. Ta peau, tes lèvres, ton cœur... Il est allé plus loin que n'importe qui. Lui, le vampire. Lui, ce blond qui a bien failli te tuer alors que tu n'étais qu'un enfant. Il est tant à tes yeux... Il est passé par tant de stades que tu ne sais finalement plus où tu en es exactement avec lui. Tu l'as protégé. Tu l'as haï. Et au final, tu as fini par en tomber amoureux ? Oui, il semblerait bien. Une flamme nouvelle brille au fond de ton regard tandis que tu l'observes... Ton cœur bat plus vite, plus fort. Tu te sens bien, avec lui. Un cadeau empoisonné que le sort vient de t'offrir... Pourquoi faut-il que tu aimes l'inaccessible ? Parce que c'est ce qu'il est, après tout... Vous êtes bien différents, trop différents. Tu as tes devoir, tu ne peux pas faire n'importe quoi. Et lui... Vous êtes incompatibles. Et pourtant, tu l'aimes quand même.

Mais il détourne rapidement ton attention, t'amenant à la porter sur un groupe de nouveaux venus. Tu en perds ton sourire. Des Chasseurs. Bon sang, tu aurais dû te douter qu'ils seraient de sortie... Ils ne peuvent pas passer à côté d'une pareille occasion, où les vampires et loups-garous sont sans défense. Ils vont en profiter pour faire le plus de dégâts possibles dans les rangs ennemis. Et si Leo ne se pointe pas, ils auront des doutes. Que faire ? Comment arranger la situation ? D'abord, protéger Lyokha. Ils connaissent son visage, ils n'auront aucun scrupule à l'éliminer sur place. Tu es peut-être doué mais, face à tous, tu ne fais pas le poids. Tu connais tes faiblesses, surtout que tu te sais incapable de les tuer. Ce sont tes concitoyens, tes amis pour la plupart, des alliés... Non, tu ne pourras pas les combattre. Il te faut un plan B, et tout de suite avant que les choses dégénèrent. Ton esprit tourne à toute allure, habituellement, tu n'as aucun problème pour trouver une échappatoire et là... Tu sais. Tu as trouvé. Ta bouteille d'hydromel en main, tu la renverse sur la chemise du blond. Oups. Pas oups en fait, c'est fait exprès. Tu as un bon prétexte pour l'emmener ailleurs à présent. Après tout, l'entraîner dans les toilettes sans un mot aurait aussi pu paraître louche. Il vaut mieux éviter, tu as une image à tenir.

Quand vous arrivez, il est ailleurs. Tu le vois, ses yeux ne fixent rien de bien précis. Il te regarde mais tu as l'impression qu'il ne te voit pas. Et là, ses paroles te font pâlir. Ils les ont tués ? Qui sont les meurtriers ? Des chasseurs, évidemment, vu le contexte. Qui ont été tués ? Des proches tu supposes. Ce n'est pas la première fois que tu entends ce genre de paroles. Le jour où tu l'as ramassé dans la neige, empoisonné, il tenait des propos à peu près semblables... Les vampires et les lycans font des victimes, brisent des familles... Mais les Chasseurs aussi. Toi et tes semblables, vous jouez de la même manière qu'eux. Qui a tord, qui a raison ? Tu doutes de détenir la réponse, chacun dira que les justes sont ceux de son camp... Alors que chacun a tord, à sa manière. Anarkia devait être un lieu de paix mais les guerres ont été ramenées depuis la Terre... Tu te sens mal, mais tu essayes de ne pas le montrer. Lorsqu'il secoue la tête, tu prends la parole, t'arrachant à tes sombres pensées. Pardon pour le coup de l'hydromel ? Oh, tu n'es pas si désolé que cela, un petit lavage et il n'y paraîtra plus rien. Et puis, cela te laisse une occasion de te rapprocher un peu plus de lui, d'avoir un instant d'intimité... Il te sourit... Tu aimes son sourire. Tu aimes ses lèvres. Et tu as là un prétexte pour le déshabiller un peu. Ce n'est pas grave ?

-J'insiste... souffles-tu sur ses lèvres.

En fait, tu ne lui laisses pas le temps de protester que tu t'emploies à lui retirer sa chemise, prenant tout ton temps. Tu es attentif, légèrement nerveux... Heureusement, tes doigts entrant de temps en temps en contact avec sa peau te détendent. C'est tentant... Il est tentant, surtout qu'il se laisse faire, s'appuyant contre le lavabo, te laissant complètement faire... Tu es captivé par ces boutons qui s'ouvrent les uns après les autres, dévoilant son torse, son ventre... Et ce dessin que tu lui as fait tôt ce matin... Tu laisses échapper un léger rire avant de, finalement, venir l'embrasser. Trop dur de résister. Surtout qu'il frissonne à chaque fois que tes doigts glissent sur sa peau, c'est tellement bon... Tu fermes les yeux, finissait ton travail à l'aveuglette, déposant sa chemise n'importe où. Pleinement concentré sur ses lèvres, tu en oublierais presque tout ce qui vous entoure... Il n'y a que lui qui compte à tes yeux. Lui, sa peau sous tes doigts, ses mains dans le bas de ton dos... Tu te laisses entraîner contre lui, tu te colles même à lui... Il faudrait que personne ne vienne vous déranger. Il faudrait que vous puissiez profiter de cet instant d'intimité, sans que personne ne cherche à jouer les troubles fêtes. Une nouvelle nuit avec lui, tu ne dirais pas non... Juste encore une nuit pour faire une folie... Tu ne sais juste pas si tu es réellement capable de faire tomber toutes les barrières, même une seule nuit. Quel dilemme....

Soudain, quelque chose attire ton attention. On vient ! Tu le repousses alors, précipitamment mais le plus doucement possible. À contre-cœur aussi. Mais il faut le protéger. Si on vous vois vous embrasser, tu doutes que les Chasseurs l'acceptent. Encore moins Nocte, ton mentor, celui qui vient précisément d'entrer. Tu aurais dû t'en douter, il est l'un des anciens, il voit toujours beaucoup de choses, rares sont les détails qui lui échappent. Tu admires cette capacité mais, sur le moment, tu t'en inquiètes. Il te connaît, il sait que Samael = Leo et c'est très dangereux pour toi. Il ne faut pas qu'il vienne à penser que tu apprécies sincèrement ce vampire mais tu ne peux pas non plus jouer la carte de Leo, pas devant Lyokha... Le dilemme... Tu dois jouer juste la carte du Tudor, du futur intendant. Tu fais tout ton possible pour te tenir à ton rôle, parce que tu ne peux pas dévoiler tes cartes, ni à l'un, ni à l'autre. Tu es piégé. Tu détestes cela. Mais tu parles, tu fais ton possible pour contrôler la situation face à quelqu'un qui te piège sans pour autant te trahir. Ses mots sont évocateurs, ses paroles te touchent au plus profond du cœur. Il sait que quelque chose cloche mais il n'a pas encore compris quoi. Il faut que tu te défendes, ce que tu essayes maladroitement de faire. Oui, tu sais que ton oncle et toi appréciez de voir les Chasseurs faire le ménage. Il le sait. Mais il n'a pas besoin de le dévoiler d'une telle manière ! Surtout qu'il finit par te menacer. Tu sais qu'il ne le pense pas réellement, qu'il te met plus en garde contre les autres chasseurs, contre le fait que tu puisses dévoiler ton identité, mais tu n'aimes pas cela quand même. Une menace reste une menace et tu as bien du mal à garder ton sang-froid. Mais tu n'as pas le choix, parce qu'il faut rester calme. Lancer la bataille ne fera que compliquer les choses.

Tu n'avais cependant pas vu l'autre menace venir. Tu n'as pas vu le blond devenir furieux. Tu ne l'as vu que trop tard se ruer sur le Chasseur et le frapper au visage, en plein sur son masque. Ces objets sont bourrés de technologie et sont bien résistants, mais se les prendre dans le visage est douloureux, tu en sais quelque chose. Tu vois Nocte esquisser un mouvement de recul, tu sais ce qu'il prévoir de faire. Un affront se punit par la mort. Alors tu attrapes le vampire tandis qu'il hurle. Tu les sépares. Il suffit que Nocte sorte ses couteaux pour que c'en soit fini et tu ne veux pas assister à un bain de sang ! Tu refuses de laisser les choses faire. Malheureusement, la situation t'échappe. Tu sais que tu ne peux pas tout contrôler, tu sais qu'il y a toujours un détail qui t'échappe. Tu ne sais pas comment en calmer un sans amplifier la fureur de l'autre. C'est sans fin, parce que prendre parti pour un camp posera forcément des problèmes par la suite... Alors, perdu, tu te contentes de les maintenir à distance, l'un de l'autre. Que dire ? Que faire ? Surtout que lorsque Lyokha reprend la parole, tu sens ton sang bouillir dans tes veines. Une proie. Un lâche. C'est ainsi qu'il vous voit, les Chasseurs ? Oubliées, ces paroles qu'il a eu quelques instants plus tôt sur les siens tués. Vous les affronteriez face à face si vous n'aviez pas le gouvernement à dos. Vous protégez vos proches en gardant votre anonymat. Personne ne peut vous atteindre, parce que le masque, il n'y a que son possesseur qui peut le retirer. Même si celui-ci est mort, il restera en place. Ce rire sadique qui lui échappe, tu déglutis... Tu ne te sens pas bien. Tu ne sais plus comment réagir. Le plan B a complètement échoué, de même que le C. C'est parti pour le plan D alors. Sauf que tu n'en as pas le temps, il passe devant toi et dévoile l'intérieur de son avant-bras gauche à Nocte. Ta curiosité est piquée alors tu observe aussi. Des croix. Une pour chaque dizaine de Chasseurs tués ? Un frisson te parcourt la colonne vertébrale. Il plaisante ? Non, apparemment pas... Bon sang... Il y a près d'une dizaine de marques, tous des anciens camarades... Des vies brisées, des familles détruites, en plus des autres... Tu serres les poings, ta colère prête à exploser. Il te tuerait s'il savait. Tu as bien du mal à contrôler Leo à l'intérieur de toi, mais les événements te font réagir à l'instinct. Le combat qui va s'ouvrir, Nocte qui a sorti un de ses couteaux... Tu as compris. Tu réagis aussitôt.

-Recule !

Trop tard, tu vois l'arme couper la chaire, tu vois le sang couler. Une lueur de panique fait son apparition au fond de tes prunelles alors que tu l'observes, essayant d'évaluer rapidement la profondeur de la blessure. Il a de bons réflexes, tu espères que ce n'est pas trop profond... Mais tu ne peux pas laisser cela se reproduire. Qui sera le plus facile à maîtriser ? Qui sera le plus facile à convaincre ? Tu le sais tout de suite. Alors quand Lyokha repart à l'attaque, tu es prêt. Tu pivotes rapidement sur toi-même et le frappe au niveau de la nuque avec le coude. Il perd l'équilibre et s'écroule sur un lavabo, s'assommant sur le rebord. Tu te mordilles la lèvre et te précipite à ses côtés, observant la blessure. Elle n'est pas très belle à voir mais, au moins, tu sais qu'il n'y a pas de dégâts profonds. Il s'en sort bien, pour quelqu'un qui a perdu ses capacités de vampire. Une personne normale se serait faite empalée sur la dague. Tu sais que c'est ce qu'il préfère, avec le fait de décapiter ses victimes. Sadisme, quand tu nous tiens... Tu le déplaces un peu, l'installant dans une position un peu plus confortable puis te relèves, épée en main. S'il faut affronter ton mentor, tu le feras et tu le lui fais clairement savoir.

-Finis-le.
-Non.
-Pourquoi ? Pourquoi le protéger, Samael ?


Tu baisses les yeux vers le corps à terre, un peu derrière toi. Pourquoi ? Parce que tu t'es attaché à lui, parce que tu l'aimes même si ses paroles ont été profondément douloureuses pour toi. Sauf que tu ne peux pas te permettre de parler à cœur ouvert. C'est littéralement hors de question. Alors tu le regardes à nouveau, fixant ton regard sur ce masque que tu connais si bien.

-J'ai un compte personnel à régler avec lui. Cet homme est ma proie, je ne laisserai personne me passer devant sur ce coup-ci.
-Alors pourquoi ne pas l'achever ?
-Il a le droit à un traitement particulier. La torture physique est une chose, mais elle est peu efficace pour les esprits forts. Il en est un. Alors je préfère passer à la torture mentale. Je l'éliminerai lorsque j'estimerai que ce sera le bon moment. Pas avant. Et je déconseille à quiconque de se mettre en travers de mon chemin.


Il hoche la tête, mais tu sais que tu ne l'as que moyennement convaincu. Qu'importe, il fait demi-tour, te demandant juste de faire attention. C'est à ton tour de hocher la tête tandis qu'il disparaît dans le couloir. D'ici quelques minutes, les Chasseurs auront quitté le bar mais rôderont dans les rues. Tu ne vas pas pouvoir le laisser seul... En attendant, il doit déjà se réveiller. Le pauvre, tu y es allé un peu fort... Tu espères qu'il te pardonnera tes actes, tu ne voyais pas d'autre moyen de clore l'incident. Tu fais couler de l'eau froide sur la manche de ta veste, que tu retires, et pose celle-ci sur son front. Voilà qui le fera du bien. Tu essayes de nettoyer un peu la plaie aussi. Tu connais Nocte, le professionnel du sadisme. Il adore enduire ses lames de poison. Celle qu'il a employée était une lame à vampire, donc elle devait être enduite de verveine. Heureusement, elle n'est pas nocive aux humains... Mais tu fais quand même ton possible pour nettoyer un peu la blessure, vidant ce qu'il reste de ta bouteille d'hydromel. Faut de mieux... Un dernier rinçage à l'eau puis tu t'occupes de sa chemise, essayant de retirer l'alcool qui se trouve dessus. Il ne faut pas que tu réfléchisses trop. Mais ses paroles sont si douloureuses... Ne pas y songer, pas encore. Attend qu'il se réveille, attend que vous soyez en sécurité. Attendre, encore et encore... Tu es mal à l'aise... Ce n'est qu'en lui jetant un coup d’œil que tu remarques qu'il est éveillé. Ouf, tu n'y es pas allé trop fort... Tu laisses la chemise dans le lavabo, t'asseyant plutôt à ses côtés. Si tu vas bien ? S'il t'a blessé ? Un soupir t'échappe tandis que tu secoues la tête...

-Inquiète toi pour toi, avant de te faire du soucis pour moi, Lyokha... Mais si cela peut te rassurer, je n'ai rien, pas la moindre écorchure.

C'est lui qui est blessé, pas toi. C'est pour lui que tu te fais du soucis. Certes, il ignore que tu n'avais rien à craindre mais tout de même... Tu l'aides doucement à se redresser, faisant attention à sa blessure. Mais vu sa grimace, tu le laisses plutôt agir seul, sachant que tu ne vas faire qu'empirer les choses. Tu le laisses se relever, gardant ton regard posé sur lui, inquiet. Est-ce qu'il va pouvoir marcher ? Est-ce qu'il va pouvoir tenir ? Vous ne pouvez vous permettre de rester sur place, il le sait sûrement aussi bien que toi. Il te fait remarquer que vous feriez mieux de rentrer. Tu ne peux que hocher la tête. Oui, il doit se soigner correctement. Tu te relèves alors et récupères sa chemise. Trempée. Ah la la... Tu l'essores comme tu peux, essayant de la rendre juste humide, alors qu'il parle encore. Le raccompagner... Tu serres un peu les dents... Raccompagner un chasseur de Chasseurs. Tu devrais l'éliminer sur place, tu le sais bien. C'est ce que ton côté chasseur te hurle. Malgré cela, tu vas lui remettre sa chemise sur les épaules. Un peu mieux, cela va masquer la blessure quelques temps. Avant qu'elle soit imprégnée de sang. Puis, tu lui souris.

-Bien sûr que je te raccompagne. Penses-tu réellement que je te laisserais seul dans cet état avec des Chasseurs plein les rues ? C'est bien mal me connaître.

Sur ce, tu l'accompagnes, ne le lâchant pas une seule seconde. Le plus discrètement possible, vous quittez l'établissement et vous engouffrez dans les rues. Il ne dit pas un mot, toi non plus. Tu es trop occupé à veiller qu'il ne trébuche pas, qu'il tienne le coup, que tu ne penses à rien d'autre. Finalement, vous arrivez devant un immeuble. Ce n'est pas le même que la dernière fois remarques-tu rapidement. Mais tu ne fais toujours aucune remarque, le suivant dans l'ascenseur. Un grand espace, sobre, classique. Le précédent appartement, du peu dont tu te souviens, était plein à craquer de bazar. Voilà qui change. Ton regard se pose sur un peu tout ce qui est à portée de vue. Mais tu le reportes bien vite sur lui. Lui qui te demande pardon pour son comportement. Lui qui dit qu'il comprendrait que tu veuilles partir. Oui, tu disparaîtrais volontiers. Mais tu n'en dis rien. Tu te contentes de soupirer à nouveau.

-Je peux te comprendre... Mais cela aurait été bien plus facile à gérer si tu avais gardé ton sang-froid... Ce n'est pas en attaquant ni en menaçant un Chasseur qu'on le pousse à nous laisser la vie sauve...

De toute manière, Nocte ne lui aurait pas laissé la vie sauve si tu n'avais pas été là. Tu veux partir, tu as besoin de te retrouver un peu seul avec toi-même. Seulement, avant que tu lui dises que tu comptes partir, il a déjà filé. Heu... Il t'a demandé de fermer la porte, non ? Il te semble. Tu regardes celle-ci, hésitant. Puis ton regard se porte tout naturellement vers la fenêtre, de laquelle tu te rapproches. Tu observes un peu la vue sur la capitale qu'il peut avoir. C'est beau. Spes est la fierté de ta famille, plus encore que le palais impérial. Des humains qui vivent heureux, protégés du mieux que vous pouvez, par les policiers et les chasseurs... Une ville de technologie où il fait bon vivre. Tu as toujours adoré cette ville, malgré les prédateurs qui y traînent la nuit tombée... Tu la protèges sur plusieurs fronts, comment pouvais-tu te montrer indifférent à ce que l'ex-vampire a dit ? Il a tué bon nombre de tes semblables. Il a souffert et il a fait souffrir. La colère fait dire bien des choses, malheureusement tu sens qu'il a été sincère et cela te perturbe profondément... Tu t'en doutais, tu savais qu'il avait un grand nombre de victimes à son actif, mais entre le savoir et l'entendre de sa propre bouche, il y a une douloureuse différence... Tu sais que c'est une mauvaise idée de t'attacher à lui mais tu n'y peux plus rien à présent. Comment couper les ponts alors que tu te sens si bien avec lui ? Tu ne sais pas. C'est difficile à gérer. Un soupire t'échappe tandis que tu fermes les yeux, laissant ton esprit divaguer. Leo devrait être dans les rues à traquer, le jeune Tudor devrait dormir un peu afin de se préparer à une longue journée demain. Et pourtant tu es là. Un bruit de pas t'arrache à tes pensées. Il est de retour, devant toi. Tu t'arraches dont à ta contemplation, l'observant, le détaillant. Est-ce qu'il vaut réellement la peine de prendre tous ces risques ? Oui, aurais-tu tendance à répondre d'instinct. Mais ton cœur est ta faiblesse, tu le sais bien. Tu ne devrais te fier qu'à ta raison, mais c'est difficile... Tu ne sais quoi lui dire, tu ne sais comment engager la conversation, mais il s'en charge pour vous deux. Des remerciements. Tu esquisses un léger sourire, quoique légèrement incertain. Dans l'espoir de te détendre un peu, tu le décoiffes. Mieux.

-Je ne pouvais pas te laisser t'attirer des ennuis sans réagir voyons. Tu n'as pas à me remercier, c'est tout naturel. Peu importe que cela ne plaise pas aux Chasseurs.

Oui, tu l'as protégé. C'était tout ce qui t'importait. Malgré ses paroles, malgré tout ce qui t'a perturbé, c'est resté ta priorité. Tu refusais de le voir être blessé, tu ne voulais pas le perdre, lui aussi. Tu ne veux pas le perdre. C'est étrange à penser, plus encore à dire, donc tu restes muet sur le coup. De toute manière, tu n'as pas réellement le temps de parler puisqu'une de ses mains glisse sur ta nuque. Tu frissonnes un peu, le laissant t'attirer à lui... Et vos lèvres finissent scellées. Tu fermes alors les yeux, une de tes mains venant dans ses cheveux, l'autre glissant dans le bas de son dos, le rapprochant d'autant plus de toi... Tu veux rester avec lui. Tu as l'impression de devoir le protéger, même si c'est ridicule. Il n'a pas besoin de toi pour cela, il a tu ne sais combien de siècles de plus que toi. Tu veux l'aimer, même si tu n'en as pas le droit. Tu te détends dans ses bras, tu te sens tellement bien... Tu voudrais rester ainsi toute la nuit, oublier tout le reste, oublier ce qu'il a pu dire... Mais il se recule déjà. Instinctivement, tu suis le mouvement, ayant bien peu envie qu'il te relâche. Mais au final, tu es bien obligé de le laisser se retirer. Vos lèvres se frôlent, quelques mots lui échappent... Rester ? Tu en meurs d'envie mais tu voudrais aussi qu'il te laisse, aller respirer loin de lui, loin de tous ces troubles qui constituent ton existence... Tu es Samael mais aussi un Chasseur et tu as bien compris qu'il se ferait un plaisir de tous les exterminer... Tu est perturbé, tu ne sais que lui répondre, que faire... Ton regard se tourne une seconde vers la porte... Mais au final, tu l'attires à nouveau contre toi afin d'échanger un baiser passionné. Tes mains retrouvent leur place tandis que tu fermes les yeux, en profitant simplement. Tu l'aimes. Es-tu prêt à tout lui pardonner ? Tu ne sais pas encore. Tu as besoin de temps. Tu as besoin de faire le point. Mais pour l'instant, seules ses lèvres comptent pour toi. Tu oublies tout dans ses bras, tu te sens tellement bien... Lorsque tu commences à manquer d'air, tu recules enfin, tes yeux pétillant quelque peu de malice.

-M'assures-tu qu'il n'y aura personne pour nous interrompre, cette fois ?

Tu n'as pas oublié la dernière fois. Tu n'as pas oublié la demoiselle qui est entrée dans l'appartement dans un moment plutôt inconvenu. Tu n'as pas envie que les choses se reproduisent à nouveau. Tu n'es pas prêt à ce que tout le monde sache et tu doutes de l'être un jour. Tant pis. Tu viens lui voler un rapide baiser mais tu restes soucieux, regardant à nouveau la ville en contre-bas. Ton regard est quelque peu dans le vague tandis que tu réfléchis. Tu vas rester, mais tu as besoin de parler, de mettre quelques points au clair. Seulement, comment faire pour aborder un sujet sensible sans que cela dérape, d'un côté comme tu l'autre ? Tu n'es pas tellement impulsif mais parler en mauvais termes de tes camarades a tendance à t'énerver bien vite. Ors tu n'as guère envie de t'énerver contre lui. Tu ne le regardes plus, ton regard reste fixe. Il doit bien se douter que quelque chose ne va pas, mais quoi ? Devine-t-il que ses propos dans le bar t'ont troublé ? A-t-il ne serais-ce qu'une idée de tout le mal qu'il a pu te faire ? Non, certainement pas. Mais Nocte l'a deviné, lui. Lyokha pourrait te poser des questions sur ce qu'il s'est passé. Pourquoi les Chasseurs semblent si bien te connaître. Pourquoi celui-ci en particulier arrivait à toucher juste. Tu devras masquer la vérité, comme toujours. Tu ne peux jamais être toi-même, tu ne peux jamais être totalement sincère...

-Dis-moi, Lyokha... Cette histoire de croix sur ton avant-bras, est-ce vrai ? Une croix pour une dizaine de Chasseurs tués ? Pourquoi ? Pourquoi les détestes-tu autant ? Je ne dis pas que je les supporte mais... Je peux comprendre leurs motivations. Ils ne font que chercher à protéger les leurs. S'il y avait une réelle paix entre les peuples, ils n'auraient aucune raison d'exister... Mais il y a toujours des débordements, peu importe ce qu'on essaye de faire pour limiter les accidents. Il y en a toujours qui ne se contrôlent pas, qui tuent sans raison. Je sais que nous autres, humains, sommes aussi concernés par tout cela mais... Juste, pourquoi ?

Pourquoi la paix est-elle si compliquée à obtenir ? Pourquoi est-ce impossible de l'instaurer de manière totale ? TU sais qu'il y a toujours eu des trouble-fête, des personnes agissant contre les ordres. Tu sais que tout le monde n'est pas prêt à obéir. Il y a bien des meurtres au sein des humains. Les peuples se battent entre eux, et contre les leurs. Tout le monde possède un côté humain en soi. Tous possèdent les même vices, les mêmes défauts. Le passé n'apprend plus rien depuis longtemps. Tu essayes de tirer des leçons du passé, de l'histoire, mais au final, tu sais que cette dernière n'est qu'un éternel recommencement. Tu ne te qualifies pas d'utopiste mais tu aimerais avoir à te faire moins de soucis pour ta nation. Les humains sont les plus vulnérables, pour se protéger, certains se sont mis d'accord pour être hors-la-loi, histoire de protéger leurs semblables. Tu en fais parti, même si tu ne comptes pas l'avouer. Tu finis par secouer la tête et le regarder à nouveau.

-Pardonne-moi... J'ai facilement tendance à prendre la défense des miens. Déformation professionnelle pourrait-on dire. Ou un héritage de mon père, je ne sais pas trop. Sans doute les deux.

Tu es un Tudor, tu te dois de toujours protéger les humains. C'est ton rôle, même si le principal consiste à veiller sur la famille impériale. Mais de ton père, tu as hérité cette haine pour les vampires. C'est en grande partie sa faute si tu es celui que tu es aujourd'hui, si l'enfant très tolérant que tu étais autrefois as fini par disparaître, presque totalement. Seulement, après coup, tu te dis que tu n'aurais peut-être pas dû parler de ton père. C'est un mauvais moment qu'il a passé, tu t'en souviens affreusement bien. Les images te reviennent en mémoire. Son corps torturé, dégoulinant de sang. L'épuisement se lisant partout en lui. Tu secoues la tête. Ne pas y repenser. Cette vision que tu avais oubliée ressurgit dans ton esprit avec tant de force que tu en tangues quelque peu, une main venant se positionner sur tes yeux, essayant de la faire disparaître. L'odeur du sang, la vision, le bruit des coups de fouet... Ne pas y songer, tu avais tout fait pour oublier ce qui le concernait... Ne te laisse plus affecter par le passé, il faut tourner ton regard vers l'avenir, pour une fois. Mais... En repensant à tout cela, une question remonte à ton esprit. Une question à laquelle il a déjà refusé de répondre. Peut-être que, aujourd'hui... Tu retires ta main.

-Il y a un point que je n'ai jamais compris. Cette fameuse nuit où tu m'as mordu pour la toute première fois... Tu aurais pu me tuer. Tu ignorais qui j'étais. Tu n'avais rien à perdre, et je devine l'effet de mon sang sur les vampires... Pourtant tu m'as épargné. Tu m'as même ramené à mon père. Pourquoi ? Avais-tu réellement des remords à tuer un enfant ?

Les Chasseurs ont tendance à dire le contraire lorsqu'ils parlent du Mad Hatter. Qu'il n'a jamais aucune pitié. Qu'il tue n'importe qui, peu importe l'âge, le sexe, le peuple auquel il appartient. Mais toi tu es en vie. Tu lui as survécu, et plus d'une fois. Depuis, vous n'avez de cesse de vous sauver l'un l'autre, vous n'avez de cesse de vous protéger, à votre manière... Tu as une dette envers lui et, juste une fois, tu aimerais comprendre ce qui lui est réellement passé par la tête, cette fameuse première nuit...

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♆ tell me, would you kill...


MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Dim 2 Fév - 21:12

« J'insiste... » Son souffle sur tes lèvres. C'est presque trop tentant. Mais tu es toujours préoccupé, toujours perturbé par ce qui s'est passé plus tôt. Les chasseurs. Ce sont bien des chasseurs qui sont rentrés, tu es loin d'être bête. Et dès que tu penses aux chasseurs, tu ne peux t'empêcher de penser à tout le reste. Ton sang ne fait qu'un tour bien souvent, quand il s'agît de ces hommes et femmes masqués. Car tu leur voue une telle haine... Telle rage qu'elle en serait bien trop importante pour une personne ; comment est-ce que un seul homme est-il capable de conserver tant de haine en lui ? Tu mets cela sur le compte de l'expérience. Les années t'ont appris à encaisser. Mais regarde ce que cela donne aujourd'hui, tu es prêt à péter un câble à la moindre occasion, au moindre pas de travers. Une vraie bombe à retardement. Mais pour l'instant, tu es concentré sur lui. Lui seul qui peut parvenir à te distraire, à te faire penser à autre chose... Ses doigts glissent sur ta peau, et un tel contact t'électrifie. Tu ne saurais dire si ses doigts sont gelés, ou brûlants, mais ils font un bien curieux contraste avec ta peau, ce qui a pour effet immédiat de te faire frisonner. Tu te sens terriblement bien, et tu captes son regard, refusant de le lâcher. Tu as besoin de lui. Besoin de lui pour ne pas sortir et étriper les quelques types qui se sont ramenés. Puis, il vient capturer tes lèvres, et par automatisme, tu réponds à son baiser. Parce que tu le veux. Que tu en as besoin. Ses lèvres... Voilà bien longtemps que tu n'avais pas embrassé quelqu'un aussi... Sincèrement ? Surtout un homme. En fait... Tu en viens à te demander si ce n'est pas la première fois que tu embrasses un homme parce que tu l'aimes, vraiment. C'est curieux mais... En mille ans d'existence, tu n'as jamais ressenti cela pour un autre. Tu fermes les yeux, et le tissu glisse de tes épaules, il prend soin de poser ta chemise à côté de vous. Voilà qui te préoccupe peu, tu es trop bien là, tu en as presque oublié le précédent incident. Tu passes doucement tes mains au creux de son dos, y faisant une légère pression pour l'attirer un peu plus à toi, encore. Qu'est-ce que tu ne donnerais pas, là, à cet instant, pour que l'on vous laisse tranquille. Qu'il te laisse l'aimer, une nuit, et rien qu'une si c'est ce qu'il veut... Tu aimerais... Aller plus loin, en fait. Parce que quelque part, tu sais qu'il peut te redonner un peu de cette foi en l'humanité. Tu sais qu'il peut redonner un peu d'espoir, en ce qui concerne l'amour. Pas seulement l'amour physique non, l'amour... Le vrai. Cette chose qui t'a blessé, maintes et maintes fois, au cours du dernier millénaire. Tu n'as que rarement eu l'occasion d'aimer, réellement. Et il te fait ressentir cette chose, ce petit plus, qui te prouve que ce n'est pas qu'une passade, que ce n'est pas que par jeu ou par ennui... Non, tu sens quelque chose de différent avec lui. Rien que le fait que ce soit un homme rend les choses différentes ; tu n'aimes pas les hommes. Normalement. Tu as arrêté de leur faire confiance depuis bien longtemps... Mais lui... C'est différent. Tu as l'impression que tu pourrais le suivre, les yeux bandés s'il le fallait, que tu pourrais marcher au bord d'un précipice, avec lui pour seul guide. Tu pourrais le suivre n'importe où, lui faire confiance sur n'importe quel point. Et ce n'est pas son rang qui fait cela, ni son sang, ni son nom, ni rien de tout cela. C'est au fond de son regard. Une petite flamme qui se nourrit de votre passion commune. Cette flamme qui reflète l'essence même d'une humanité que toi, tu as perdue.

Mais tu peux continuer à rêver Lyokha, en attendant, quelqu'un arrive. Quelqu'un entre. Il te repousse un peu maladroitement, et un des chasseurs débarque. Immédiatement, tu revêts un autre masque ; celui de la colère. De la haine. Tu peines à contenir cette rage, et en un coup de sang, tu sais que tu pourrais t'embraser de l'intérieur et tuer cet homme, en laissant tomber tous tes principes. Parce que c'est un chasseur. Et uniquement pour cette raison, qu'il fasse le 'bien' avec mesure, ou pas, il mérite de mourir. Combien y sont passés avant lui ? Beaucoup trop. Il ne serait qu'un de plus. Et qui sait, peut-être qu'en le tuant, tu sauverais bien des dizaines des tiens. Une vie pour une centaine d'autres, n'est-ce pas un merveilleux principe ? Le plus parfait d'entre tous. Et tu tuerais bien cet inconnu, sur-le-champ. Mais il engage la conversation avec Tudor, te laissant sur le banc de touche. Oh, t'ignorer n'est pas la meilleure des solutions, loin de là. Et ses propos sont bien loin de te plaire... Oh, du calme garçon. Calme-toi Lyokha, ça va encore déraper. Et, as-tu oublié que ce soir plus que jamais, tu es humains ? Tu sais certes très bien te battre, tu l'as appris avec les années... mais tu as perdu en rapidité, en force, en tout ce qui faisait de toi l'excellent traqueur que tu étais, vampire. Mais qu'ils te laissent de côté, c'est ça ; ton sang n'en bout qu'un peu plus dans tes veines. Et au moment où tu vas finir par décapsuler... Oh, il vaudrait mieux que cet instant n'arrive pas, en réalité. Car seuls les dieux savent ce dont tu es capable, lorsque tu es hors de toi. Ah, hé bien trop tard. Une brèche, tu as l'occasion de te jeter sur le chasseur, et tu ne perds pas une minute pour le frapper au visage. Il peut toujours se cacher derrière son masque, il n'en a pas moins mal. Ordure. Mais comme tu t'y attendais, le futur intendant impérial ne reste pas les bras croisés, et il ne tarde pas à te séparer de l'autre. Dommage, tu l'aurais bien massacré jusqu'à lui intégrer profondément dans le crâne qu'on ne s'en prend pas à toi, ou à l'un des tiens. Première et certainement dernière leçon d'une vie que tu te serais fait un plaisir d'écourter. Dommage, à nouveau. Mais il peut toujours t'écarter de la scène, t'éloigner, tu n'en es pas moins fou. Ton regard d'ahuri, tes paroles prononcées à trop haute voix. Tu es terrifiant. Quelqu'un qui ne te connaît pas prendrait la fuite sans hésiter. Tu reprends la parole, tu craches sur leur honneur, toutes ces idioties sans même une hésitation. Tu détestes tout cela. Tout ce qui est lié à eux, tout. Tout ce qui a un rapport, proche ou lointain, avec les chasseurs. Ton tatouage, ah, ça les fait réagir ? Tant mieux. Parce que chacun à sa place sur l'intérieur de ton bras. Si ce n'est pas beau ça.

« Recule ! » Et pourquoi ? Tu n'as pas vraiment le temps de réagir que tu te prends un coup de couteau, qui tranche ta chair sur une bonne dizaine de centimètres, si ce n'est plus. C'est douloureux, un gémissement de douleur remonte le long de ta gorge, mais tu l'étouffes en un espèce de grognement. Alors ça. Ça, il va le payer. Et sans plus réfléchir, tu te lances à l'assaut, à nouveau. Sans plan précis, sans rien, sauf ton instinct de tueur pour te guider. Mais tu n'as pas le temps d'atteindre ta cible, quelqu'un te frappe à la tête du coude, et tu te retrouves légèrement déséquilibré. Suffisamment pour chuter, et te cogner presque trop violemment la tête contre le rebord du lavabo. Tu t'évanouis presque immédiatement, juste le temps de te retrouver étendu par terre. Tes yeux se ferment, et puis c'est le noir total. Le néant. Tu n'es plus de ce monde pour quelques instants, et peut-être que c'est mieux ainsi. Oui, mais... Et Samael ? Samael est grand. Il se débrouillera. Et il te manque une partie de l'histoire tu sais. Tu tomberas de bien haut, quand tu l'apprendras. Parce que oui, le jeune Tudor est un chasseur. Mais chaque chose en son temps, veux-tu. Heureusement que tu n'entends pas cette conversation qu'il tient avec celui qui se fait appeler Nocte. Sinon... Tu n'oses même pas l'imaginer. Et il a bien de la chance, le jeune humain, que tu n'entendes pas... Il sait, pour cette haine que tu leur voues. Alors si un jour, tu venais à découvrir qu'il est des leurs... Oui, évitons de penser au pire. Tu ne sais pas combien de temps s'écoule, ce n'est qu'une question de minutes, très certainement. Toujours est-il que tu reviens à toi, enfin. Tu as un peu mal au crâne, mais tu es loin de te focaliser sur la douleur pour l'instant. Tu cherches une seule chose du regard, et c'est bien lui, qui est assis juste à côté de toi. Il va bien ? C'est la première chose dont tu t'inquiètes. Voilà qui ne te ressemble pas tellement... Mais pour le coup, il est au centre ton attention. Tu le détailles brièvement, essayant d'ignorer ta propre souffrance. Il a l'air d'aller bien... Et il ne fait que te le confirmer par quelques mots. « Inquiète toi pour toi, avant de te faire du soucis pour moi, Lyokha... Mais si cela peut te rassurer, je n'ai rien, pas la moindre écorchure. » Tu voudrais secouer un peu la tête, mais tu te ravises, c'est bien trop douloureux. Tu t'es toujours inquiété pour toi le premier – frères et sœurs à part – alors il ne peut pas te blâmer de te soucier de quelqu'un d'autre que de ta propre personne. Lui le premier. Parce que ça aurait pu très mal se finir pour lui aussi, avec le chasseur. Ah, encore une fois, il te manque une pièce du puzzle Lyokha ! Alors tu composes sans, tu essayes de comprendre pourquoi il n'a rien. Mais au final, tu abandonnes tout enquête ; il va bien et c'est le principal. Tu te contentes de hocher légèrement la tête, alors qu'un nouveau vertige te prend. Bon sang, tu as terriblement mal... Mais tu passes outre, comme toujours.

Tu finis par te relever. Seul. Car tu as toujours tout fait seul, et pour le coup, tu veux lui montrer que tu tiens encore debout. Ah la la... Cette façon d'être si borné, ça te perdra, tu le sais ça ? Enfin, en attendant, il va s'occuper de ta chemise. Tu aimerais lui dire qu'il n'a pas besoin d'en faire autant, que ce n'est rien, mais tu sais aussi que tu essuierais un nouveau refus de sa part. Alors tant pis, tu le laisses faire, silencieusement, essayant de retrouver intégralement tes esprits pour ta part. Voilà qui va un peu mieux, tu retrouves un semblant d'équilibre, et tu peux presque tenir sur tes deux pieds. Mais ta main reste fixée sur ta plaie, sur ton abdomen, car ça saigne toujours, et ça brûle en même temps. Pourquoi ? De l'alcool sûrement. C'est douloureux. Presque autant que ton crâne, même si ça, tu as dû mal à te rappeler où tu t'es cogné précisément. Tu verras bien, quand le sang commencera à perler de tes cheveux, pas vrai ? Pff. Continue à jouer les durs, on verra bien ce que tu diras, quand tu tomberas inconscient au milieu du boulevard. Et d'ailleurs... Tu n'aimes pas vraiment demander de l'aide. Pour ne pas dire, tu n'aimes pas du tout demander de l'aide. Mais pour le coup... Tu ne sens que moyennement la suite, si tu rentres par tes propres moyens. Tu ne peux pas conduire. Encore moins marcher droit. Les chasseurs doivent se promener partout en ville, et il suffirait que ce fameux Nocte décide de prendre sa revanche... Et puis, il y a lui. Lui a qui tu avais promis une belle soirée. Soirée ruinée... Décidément. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Tu es las, de voir que tout ne tourne jamais comme tu l'espères... Il vient reposer ta chemise sur tes épaules, et tu fais un petit effort pour l'enfiler, refermant négligemment les boutons. Peu d'importance à tes yeux. « Bien sûr que je te raccompagne. Penses-tu réellement que je te laisserais seul dans cet état avec des Chasseurs plein les rues ? C'est bien mal me connaître. » Ton sourire fait échos au sien. Tu es heureux. Heureux de voir qu'il n'a pas juste envie de prendre la fuite, de rentrer chez lui. Tu ne voulais pas qu'il soit témoin d'une telle scène, que cette soirée soit littéralement ruinée... Et pourtant c'est le cas. Mais ce n'est pas pour autant qu'il s'en va, qu'il t'abandonne. Non, lui, il accepte de te raccompagner. Et tu ne lui en seras jamais assez reconnaissant.

Chez toi. Vous y êtes. C'est... Différent de la dernière fois, vraiment. Mais pour le coup, c'est vraiment chez toi. Vous rentrez, tu refermes derrière t'avançant pour allumer la lumière. Et ceci fait, tu te tournes brièvement vers lui. Tu dois... T'absenter un instant. Pour te soigner, enlever tout ce sang... Et faire le point, rapidement. Rien que quelques secondes de répit, pour réfléchir, par pitié. Tu te mords un peu la lèvre, mais avant tout, il te semble nécessaire de t'excuser. Pour ce soir. Pour tout. Tout ce que tu lui fais endurer. Il soupire un peu, et tu baisses les yeux un instant, avant de river ton regard dans le sien, à nouveau. « Je peux te comprendre... Mais cela aurait été bien plus facile à gérer si tu avais gardé ton sang-froid... Ce n'est pas en attaquant ni en menaçant un Chasseur qu'on le pousse à nous laisser la vie sauve... » Tu secoues un peu la tête... Ce n'est pas si simple. D'ordinaire, tu lui aurais balancé un truc comme 'et quoi, j'aurais dû m'écraser alors qu'il me cherchait des noises ?' mais tu n'en fais rien. Tu n'as pas envie de te prendre la tête avec le brun ce soir. Alors tu préfères lui laisser raison, tu te contentes de hocher la tête, légèrement. Menacé ou pas, si ce chasseur avait été désireux d'en finir avec toi, il l'aurait fait. C'est parce que Samael s'est interposé, parce qu'il a agi, par tu ne sais quel opération qu'il t'a sauvé la mise. Tu soupires un peu, tu hausses les épaules. Si c'est ce qu'il pense... Tu n'as pas la foi ou la volonté d'aller contre ses propos, pas ce soir. Alors tu laisses passer indifféremment. Tu dois aller prendre une douche, aller rapidement soigner tout ça, et tu t'exécutes alors. Tu as été clair ; il est libre de partir. Tu ne peux pas le retenir. Pas après tout ce qui s'est passé. Même si, oui, tu espères secrètement qu'il restera. Au moins le temps que tu reviennes, que tu l'embrasses, une dernière fois... Tu te dépêches, tu t'actives, que ce soit pour passer sous l'eau et te laver de tout ce sang, ou pour désinfecter cette vilaine plaie et la couvrir d'un large pansement stérile. Voilà qui devrait faire l'affaire. Ça ne saignait plus, à force de compression, et tu espères que ça ne va pas s'ouvrir de sitôt. Bah, les sutures adhésives devraient bien tenir le choc, non ? Bien sûr. Du moins... Si tu ne fais rien de trop physique. Okay, tu connais la sortie Lyokha. Bref, tu t'empresses de t'habiller, revenant bien rapidement dans la pièce principale. Il est là. Devant la fenêtre. Un léger sourire étire tes lèvres, et tu le rejoins sans plus attendre.

Il t'observe, te détaille. Tu évites d'en faire autant, car tu serais bien capable de lui sauter dessus. Donc tu fais comme lui précédemment, tu regardes par la fenêtre. Mais le silence devient lourd, pesant. Aucun de vous deux n'ose entamer la conversation. Alors tu te sacrifies, en quelque sorte, tu te décides à parler. Des remerciements. De mieux en mieux... Et ça te ressemble de moins en moins. Des excuses, puis des remerciements. Qu'est-ce qui t'arrive Lyokha ? L'amour, c'est aussi simple que cela. Il sourit un peu, et tu le regardes un instant, plongeant volontairement ton regard dans le sien. Son regard... Si sombre, si... C'est curieux, mais quelque chose t'attire. Sa main dans tes cheveux te fait frissonner, et tes lèvres s'étirent un peu plus encore. « Je ne pouvais pas te laisser t'attirer des ennuis sans réagir voyons. Tu n'as pas à me remercier, c'est tout naturel. Peu importe que cela ne plaise pas aux Chasseurs. » Tu secoues un peu la tête, négativement. « Tu n'étais pas obligé. » C'est tout ce que tu voulais dire. Tu sais quelle haine il voue aux chasseurs, tu sais à quel point il a pu te détester, à quel point tu as pu être lourd... il aurait tout à fait pu t'abandonner à ton triste et funeste destin, te laisser te débrouiller part toi-même. L'autre chasseur t'aurait éventré et fin de l'histoire. Quelle superbe histoire... Tu baisses un peu les yeux à nouveau. Il n'aurait pas dû prendre parti, il n'aurait pas dû te défendre... Tu n'es pas des siens, tu ne l'es plus depuis plus d'un millénaire. Tu as tué plus d'humains qu'il ne pourrait l'imaginer. Tu as fait des choses affreuses. On ne te défend pas, toi. Tu n'es pas défendable. Tu n'es que condamnable. Pour tous tes crimes, toutes les atrocités commises au fil des siècles... Tu portes très bien le blâme, c'est vrai. Mais il ne faut pas oublier à quel point toi aussi, tu as pu souffrir. La famille, l'amour, les mauvais choix, les humiliations. Au final, tu n'as fait que rendre la peine reçue, en amplifiée. Tu l'attires à toi, tu prends possession de ses lèvres, rien qu'un instant. Il te rend ton baiser, et tu n'en demandes pas plus, alors que tu fermes les yeux. Tu veux balayer les mauvais souvenirs, le plus loin possible... Mais tu te recules un instant, et tu es limite surpris de le voir suivre le mouvement. Un nouveau sourire étire tes lèvres, un peu plus timide que les précédents. Tu voudrais... Qu'il reste. Et tu ne passes pas par quatre chemin, en lui soufflant quelques mots sur les lèvres. Tu le sens hésiter un instant, tu le vois lorsqu'il tourne un peu la tête pour regarder la porte... Il veut vraiment partir ? Tu n'as pas le temps de lui poser la question que ses lèvres se retrouvent plaquées au tienne, dans un nouveau baiser d'autant plus passionné. Ta deuxième main rejoint la première sur sa nuque, et tu fermes les yeux, encore une fois. Tu es si bien là, vraiment... Tu en oublierais presque cette migraine assassine qui te fait terriblement mal au crâne.

Il te relâche et c'est à ton tour de suivre le mouvement, rien qu'un peu. Un sourire un peu plus assuré se dessine sur ton visage, lorsqu'il reprend la parole. « M'assures-tu qu'il n'y aura personne pour nous interrompre, cette fois ? » Tu hoches un peu la tête, assez amusé par sa remarque. Il est vrai que la dernière fois... Hé bien Lucky est rentrée sans prévenir – et de droit, puisque vous étiez chez elle – et vous vous êtes retrouvés dans une position... Plutôt inconfortable vis-à-vis de la demoiselle. Pas qu'elle n'ait jamais vu deux hommes s'embrasser, en fait, tu t'en fiches pas mal de ça. C'était plutôt le fait qu'elle ait reconnu le futur intendant, et que... Bref, c'était assez gênant. « Tu veux peut-être vérifier mon titre de propriété ? » Fais-tu en souriant. Cette fois, et plus que jamais, vous êtes chez toi. Personne ne rentre ici sans sonner. Et de toute façon, la porte est verrouillée, et personne n'a la clé à part toi. Simple mesure de sécurité ; si quelqu'un perd la clé, n'importe qui peut rentrer. Et rentrer dans la tanière du loup, c'est non seulement suicidaire, mais aussi dangereux pour toi. Certes, tout est bien planqué, mais... Sait-on jamais. Quand on cherche assez longtemps, on finit par trouver, et tu n'as pas tellement envie que quelqu'un découvre tous tes dossiers et autres affaires compromettantes. Non, décidément, il est préférable que tu sois la seule personne à détenir la clé. Il vient te voler un baiser, et tu serais tenté de le retenir. Mais tu sens bien que quelque chose ne va pas. Un non-dit certainement. Il regarde la ville en contre-bas, en fait, il ne pose plus son regard sur toi. Et ça t'étonne un peu de sa part, même si tu n'en dis rien. Tu le relâches, retrouvant un peu tes distances, sans pour autant t'éloigner de lui. Tu ne comprends pas trop ce qui ne va pas, tu te dis qu'il est peut-être encore en train de penser à ce qui s'est dit, plus tôt dans la soirée. Et il faut avouer que tu te sens plutôt mal, par rapport à cela. Il n'avait pas à y assister... Tu ne voulais pas dire de telles choses, pas devant lui. Et c'est trop tard maintenant. Tu n'as fait que souligner une fois de plus que tu es un monstre. Même si ton cœur bat ce soir, même si tu es remonté à trente-sept degrés. Tu n'en es pas moins celui que tu as été ces derniers siècles. Un vampire sanguinaire. Et quelque part, peu importe que cette image lui plaise, ou non. C'est le cas. Personne n'y changera rien. Le silence est à nouveau présent. Mais tu n'as pas envie de prendre la parole. Tu as peur de faire un faux pas, tu as peur qu'il prenne la fuite. Alors tu attends, et ton regard rejoint le sien ; perdu quelque part dans l'immense ville de Spes.

« Dis-moi, Lyokha... Cette histoire de croix sur ton avant-bras, est-ce vrai ? Une croix pour une dizaine de Chasseurs tués ? Pourquoi ? Pourquoi les détestes-tu autant ? Je ne dis pas que je les supporte mais... Je peux comprendre leurs motivations. Ils ne font que chercher à protéger les leurs. S'il y avait une réelle paix entre les peuples, ils n'auraient aucune raison d'exister... Mais il y a toujours des débordements, peu importe ce qu'on essaye de faire pour limiter les accidents. Il y en a toujours qui ne se contrôlent pas, qui tuent sans raison. Je sais que nous autres, humains, sommes aussi concernés par tout cela mais... Juste, pourquoi ? » Alors donc, c'est cela. C'est cela qui le perturbe tant. Le fait que tu aies parlé des chasseurs. Tu en étais à peu près sûr. Après tout, tu as parlé en mal des humains... Tu as voulu faire comprendre à l'autre qu'il pourrait y passer, lui aussi. Pourquoi les détestes-tu autant ? Un drôle de sourire sarcastique fait sa place sur tes traits. Pourquoi les détestes-tu tant. Tu pourrais bien rire à gorge déployée, mais tu n'en fais rien. Tu te contentes de secouer la tête, gardant un sourire en coin. Tu restes pensif, et tu glisses tes mains au fond de tes poches. Des débordements hein... et quels débordements. Tu les as subi, pendant plus d'un millénaire, ces débordements. Tu serres les dents, car répondre à chaud n'est pas une bonne idée. Tu pourrais te montrer plus agressif que de raison, et tu ne veux pas te prendre la tête avec lui à cause des chasseurs. Tu dois prendre cela comme n'importe quel sujet de conversation, peu importe combien c'est dur, combien cela te touche, tu dois en rester détaché, pour vous deux. Mais ce n'est pas si simple... Ces chasseurs, ils ont participé à ce que tu es devenu. Ils t'ont forgé indirectement, t'ont poussé toujours plus loin dans le sadisme et la cruauté. Tu serres nerveusement les dents, un peu plus encore. Car tu n'es pas à l'aise. Ce sujet ne te met pas à l'aise. Il t'a toujours poussé dans la colère, la rage... Et tu ne peux plus mentir. Il sait à quoi correspondent ces croix. Et bientôt – enfin, peut-être – il aura le loisir de les compter. Un petit calcul très simple, et il constatera bien vite que le chiffre est élevé. Tu es obligé d'être sincère. Et pour le coup, tu n'as même pas envie de tenter quoique ce soit ; te dérober de cette conversation, changer de sujet, détourner la vérité... Tu ne peux pas, et tu ne veux pas. Si tu l'aimes, tu dois être sincère avec lui. Peu importe combien cela peut te gêner. Et puis, n'oublie pas ce qu'il a fait pour toi ce soir. Tu ne comprends pas encore à quel point c'est grand, ce qu'il a fait – et d'un côté, tant mieux – tu ne peux pas comprendre à quel point il risque sa propre existence. « Je... Je n'ai pas toujours haï les chasseurs, tu sais. Quand j'étais jeune, ils ne me dérangeaient pas. » Quand tu étais jeune hein... Tu souris un peu plus à cette constatation. « Mais, ils ont fait des choses que je ne pourrais pas pardonner. Jamais. Et je crois que si tu voyais ta sœur se faire arracher les dents, ton frère se faire couper les doigts, tu réagirais de la même manière. J'avais précisément 143 ans quand ils ont tué mes parents, et quatre de mes frères et sœurs. Et je pense que tu sais ce que c'est, que de perdre un membre de ta famille. C'est pire encore de le voir mourir, et de ne rien pouvoir faire. » Tu es tout à fait sérieux. Ton regard quitte le vague un instant pour se poser sur lui. Guetter ses réactions. Tu ne parles jamais de ton histoire. Il fait désormais partie des rares personnes qui en connaissent les secrets. Bien que... Au final, cela n'est qu'une très maigre partie de ta vie. Un secret parmi des milliers d'autres. Mais, si tu te lances sur ce terrain, ce n'est pas pour autant que tu vas parler de ton ex-femme. D'aleksandr. De Titus, de tous ces détails plus qu'importants. Tu préfères t'attarder sur quelque chose d'un peu moins douloureux, quoique d'aussi pénible à tes yeux. « Ils ont tué des gens qui m'étaient chers. Pas seulement ma famille. Mais des amis. Des gens à qui je faisais confiance, des gens qui ont été là pour moi, et moi aussi, j'étais là pour eux. Les chasseurs nous voient comme des créatures sans cœur, sans émotion, des personnes mortes qui ne ressentent plus rien. C'est faux. Ce n'est pas parce que nous ne sommes plus humains que nous ne ressentons plus la douleur, la tristesse, tout comme la joie ou... l'amour. Même les plus blindés d'entre nous, et je peux en témoigner, car voilà des siècles que j'ai perdu mon humanité, tenons parfois aux autres. Les vampires sont une communauté, comme les humains. Comment est-ce que vous pensez que l'on vit ? Nous aussi, nous avons des familles, des amis, ce n'est pas exclusif aux humains. » Tu soupires un peu. Tu as l'impression que les chasseurs, tout comme les humains, l'oublient un peu ça, des fois. Ils doivent vous voir comme des sauvages entassés dans les montagnes. C'est purement faux, vous vivez comme eux sur le plan émotionnel – rien qu'à voir Lucky. Lucky est restée quelqu'un de très... émotive, et démonstrative. Certainement plus que certains humains. Un nouveau soupir s'échappe d'entre tes lèvres. « Alors oui, c'est vrai. Une croix pour une dizaine de chasseurs. Et je n'éprouve aucun remord à cela. Peu importe les familles que j'ai détruites, les orphelins d'un parent, peu importe le mal que j'ai fait à tous ces gens, je leur ai seulement rendu la monnaie de la pièce. Et ça continuera, parce que c'est ainsi que cela marche depuis des siècles. Et je m'en contre-fous, que cela semble stupide, borné, tout ce que tu voudras. Ils m'ont détruit, humilié, ils m'ont tout pris. Et j'ai fait la promesse de tout leur prendre en retour. » Ton regard se reporte sur la ville. C'est une promesse cruelle, funeste. Une promesse faite à ta famille, aux défunts qui t'entourent, à ceux auxquels tu tenais et qui ne sont plus de ce monde par leur faute, à ce jour. Que cela plaise ou non, c'est qui tu es, et à nouveau, personne ne peut aller contre. Même pas lui, le jeune Tudor, qui semble toujours aussi perturbé par tes révélations. Mais il peut le comprendre, pas vrai ? Qu'importe. Tu as été plus honnête, plus sincère que jamais. Tu ne peux rien de plus, s'il ne veut pas comprendre.

Quelque chose d'étonnant, c'est que tu es complètement détendu. D'habitude, te lancer sur une telle conversation te rend dingue, ça te met sur les nerfs. Mais tu n'as plus envie de t'énerver, encore moins ce soir, alors que tu as vraiment mal à la tête. Tu préfères rester calme, parler posément... C'est tout ce qu'il demande, pas vrai ? Tu lui dois bien cela. Il secoue un peu la tête, te détaille à nouveau. Tu en fais autant, en plongeant ton regard azur dans le sien. « Pardonne-moi... J'ai facilement tendance à prendre la défense des miens. Déformation professionnelle pourrait-on dire. Ou un héritage de mon père, je ne sais pas trop. Sans doute les deux. » Tu souris un peu, retenant un timide éclat de rire. Et inconsciemment, une main glisse sur ta nuque, le bout de tes doigts glissant distraitement sur une marque imprimée sur ta peau. Le T des Tudor. Marque que le père du jeune homme à tes côtés t'a laissée suite à un douloureux entretien. Oh, tu t'en souviens comme si c'était hier, et tu ne peux t'empêcher de sourire en y repensant... Les coups de fouet, l'alcool, autres tortures qui t'ont littéralement rendu dingue... Entre hurlements et rires moqueurs, tirades acides et coups de couteau. Et le jeune Tudor qui était déjà là, à te sauver la mise en t'apportant du sang. Tu t'en souviens très bien, en effet. Ta main retombe le long de ton corps, tu la glisses à nouveau au fond de ta poche, soupirant un peu. Tu as espéré que cette marque parte, mais il l'a inscrite tant de fois sous verveine que... Tu doutes qu'elle s'efface de sitôt. Peut-être dans quelques décennies, qui sait. Bref, là n'est pas la question. Tu hausses un peu les épaules, le regardant. « Je ne peux pas t'en vouloir. C'est naturel. Je prends aussi défense des miens, même quand j'ai tort, alors... » Et un instant, quelque chose te revient à l'esprit. Son père. Que dirait son père, s'il savait que son fils était avec toi ? Le vampire qu'il a torturé, haï... Et puis, tu as connu Samael jeune, toi, tu es figé dans le temps. C'est quand même un peu bizarre, comme relation, il faut l'avouer. Bref, éloigne-toi donc de ces idées. Crois-moi, tu n'as pas envie de savoir ce que ça aurait donné, si Lionel était encore en vie, qu'il aurait appris pour vous deux. Et encore moins si c'était lui qui était rentré dans la suite, et non le jeune Léandre. Oh la la, catastrophe... Oui, c'est cela, cesse d'y penser.

Il glisse une main devant ses yeux, et l'enlève assez rapidement. Un autre mystère qui fait de Samael Tudor ce qu'il est ; un homme que tu apprécies bien plus que de raison. Un homme à qui tu viens de te confier, aveuglément. Tu ne sais pas comment il pourrait se servir de ces informations, mais tu sais néanmoins qu'il pourrait te faire du mal avec cela. Enfin, est-ce qu'il va mieux ? Est-ce que toutes ces révélations le détendent un peu ? Tu ne sais pas trop. Une question reste en suspens. Et il ne tarde pas à la poser en réalité, alors tu es plus qu'attentif, à nouveau. « Il y a un point que je n'ai jamais compris. Cette fameuse nuit où tu m'as mordu pour la toute première fois... Tu aurais pu me tuer. Tu ignorais qui j'étais. Tu n'avais rien à perdre, et je devine l'effet de mon sang sur les vampires... Pourtant tu m'as épargné. Tu m'as même ramené à mon père. Pourquoi ? Avais-tu réellement des remords à tuer un enfant ? » Cette première nuit... Hé oui, tu le connais depuis un sacré bout de temps, en réalité. Et cette première nuit... Il est vrai que tu aurais pu le tuer. Comme il le dit, il n'était qu'un gamin de plus à ses yeux. Alors pourquoi ne pas avoir franchi le pas ? Tu n'es pas sûr de vouloir répondre en fait. Car ce serait t'étendre un peu plus encore sur ton passé, et tu as l'impression que tu as déjà beaucoup donné de ce point de vue pour cette nuit... Tu pourrais prétendre que tu as trop mal à ta tête, que tu veux te reposer... Mais encore une fois, tu n'as pas envie de passer à côté de sa question. Tu lui dois bien une réponse claire, et même si ça te fait mal au cœur d'en parler... Tu hésites un peu, mais tu prends une grande inspiration. Il attend sa réponse. Tu le regardes, pas vraiment sûr de toi. C'est un peu dur, il peut comprendre pas vrai ? Tu finis par secouer la tête, expirant profondément. « Je n'ai aucun remord, peu importe l'âge, le sexe, la patrie de ma victime. Mais... J'ai eu un fils, par le passé, il est mort à l'âge de sept ans. Et... Tu m'as fait penser à lui, c'est tout. Que ce soit pour son caractère, son comportement... Il s'appelait Titus. » Un triste sourire étire tes lèvres, légèrement mélancolique, alors que tu baisses les yeux. Titus... Ce pauvre gosse était innocent. Et tu l'as tué. Tu n'as même pas réussi à résister... Oh, tu t'en es voulu, grandement. Mais tu n'as pas vraiment envie d'y repenser. Voir même pas du tout.

Tu glisses une main sur ton crâne. Tu as toujours aussi mal, et tu grimaces un peu. Mais tu fais demi-tour, faisant dos à la fenêtre. Tu inspires profondément, ravalant cette tristesse qui semble t'abattre soudainement. Tu n'es pas censé le montrer, cela. À croire que redevenir humain a des influences sur tes humeurs, aussi... Tu souffles, et tu files plutôt vers la cuisine, allant prendre un verre d'eau que tu descends d'une traite. Tu restes face au plan de travail, les mains posées sur la surface froide, tournant le dos au jeune Tudor. Tu ne te sens pas bien. Physiquement, mentalement... Parler de ton passé, tu n'aimes pas ça. Tu as toujours l'impression que tu dois te justifier. Tu serres un peu les dents, et tu fais volte-face, t'appuyant contre le meuble. Tu reportes ton regard sur lui, tu cherches à capter ses yeux. Tu n'es pas sûr de vouloir le faire, de vouloir parler de toi, encore... Mais tu as l'impression que ce que tu as dit jusque là n'est pas suffisant. Tu es un peu nerveux, mais tu reviens devant lui finalement. Tu prends une grande inspiration. Voilà, calme. Tu cherches à capter son regard, et lorsque c'est chose faite, tu ne le lâches plus. Tu en as besoin. « Écoute Samael, je sais que j'ai fait des choses affreuses, et je pourrais jamais revenir là-dessus. Je suis loin d'être un modèle de vertu, j'ai blessé beaucoup de gens, et toi le premier, je sais que je t'ai fait du mal, physiquement, peut-être mentalement aussi, j'en sais rien... Mais il faut que tu saches que je t'aime. J'ai peut-être mis du temps à m'en rendre compte, mais aujourd'hui je le sais. Je ne peux pas te promettre de ne plus te blesser, c'est impossible, et tu le sais autant que moi. Mais je t'aime. Vraiment. Plus que je n'ai aimé depuis des décennies. » Tu serres un peu les dents, te mordant la langue sans le vouloir. Tu en as peut-être trop dit, certainement même. Mais tu as besoin de mettre deux ou trois choses au clair. Si vous devez être... Officiellement tous les deux, ensembles, tu as besoin que les choses soient à plat, et précises. Qu'il sache, pour éviter tout mal entendu. Doucement, tu glisses tes mains contre ses joues. Ton regard dévie ailleurs un instant, mais tu reviens plonger tes prunelles azuréennes dans les siennes. « J'ai besoin de savoir si je peux te faire confiance. Je ne doute pas de toi, pas un seul instant. Seulement... Tu dois me dire si je peux te faire confiance. Et s'il y a quoi que ce soit, il serait préférable que tu me le dises maintenant. » Ta respiration est un peu plus saccadée. Tu n'as pas l'habitude de te mettre à nu – métaphoriquement, AHEM – devant les autres comme ça, surtout pas devant un humain. Car à partir du moment où il va vraiment rentrer dans ta vie... Dès l'ors, il finira par connaître tes plus grands secrets, tes peurs inavouables, les démons enfouis quelque part dans ton passé. Il apprendra à connaître tout de toi, et c'est plus que dangereux. Alors tu as besoin de savoir, clairement, si tu peux lui faire confiance ou non. Il faut qu'il soit honnête, c'est le but. Car là, tu places une confiance totalement aveugle en lui, tu n'as aucun moyen de savoir s'il est sincère ou non. Tu as juste besoin de savoir pour avancer. Savoir s'il pourra tenir le rythme, si ce n'est pas l'histoire d'un mois ou deux... Tu es toujours aussi nerveux, et le seul moyen que tu trouves pour te canaliser, c'est de l'embrasser. Ses lèvres sont si douces... Tu t'égares un peu, non ? Tu fermes les yeux un instant. Tu es un peu mal à l'aise. Mais mine de rien, tu te calmes, au fur et à mesure. Et tu relâches ses lèvres finalement, reculant un peu. Tes mains glissent de son visage, retombent le long de ton corps. Tu ne bouges plus, tu te contentes de le regarder en silence.

Et tu as toujours ce mal de crâne, persistant, tu t'empêches de grimacer, mais ça devient dur, car c'est toujours aussi douloureux. C'est pire qu'une migraine, tu as l'impression que l'on appuie sans relâche sur un bleu. Et puis, il y a... Oui, tu glisses le bout de tes doigts doucement, à l'endroit précis où tu t'es cogné. Ce n'est pas sec, c'est même... Tu regardes tes doigts, une teinte rouge en recouvre la pulpe. « Merde... » Souffles-tu presque silencieusement. Tu es un peu confus, et tu passes le dos de ta main sur ton front. « Je... Je vais aller soigner ça rapidement. Tu n'as qu'à faire... Comme chez toi. » Et tu peux aussi partir. Mais non, tu n'as pas envie qu'il parte, pas encore. Et quelque part, ce 'je dois aller soigner ça', n'est-ce pas juste un prétexte pour t'éloigner un peu de lui ? Tu ne te sens définitivement pas bien. Car tu as l'impression que ce soir, à cet instant, ta vie prend un grand tournant, et tu n'es pas sûr de tout maîtriser. Tu hésites un instant, mais tu déposes un baiser au coin de ses lèvres, faisant demi-tour pour remonter à l'étage. Salle de bain. Retour à la case départ. Tu te penches un peu sur le miroir, attrape du coton, de quoi nettoyer la plaie rapidement. Ce n'est pas bien grand, mais tu vas avoir une belle bosse. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, tu ressors de la pièce, tu passes devant ta chambre. Tu es crevé mais... Tu ne peux décemment pas le laisser là, en bas. Alors tu reviens, à nouveau, tu descends les escaliers. Tu n'es pas sûr de ce que tu veux faire, depuis qu'il est là, tu n'es plus sûr de rien en réalité. Tu secoues un peu la tête, revenant devant lui. « Tu peux rester dormir ici, si tu veux. » Fais-tu, haussant un peu les épaules. Mauvaise idée. Certainement. D'ailleurs, il désapprouve. Tant mieux. Mais... Tu n'es pas vraiment décidé à le laisser partir. Voir même pas du tout. Tu te rapproches de lui, te pinçant un peu les lèvres, hochant la tête. D'accord. S'il veut partir, tu ne peux pas le retenir. Mais rien ne t'empêche d'essayer. Essayer au moins un peu. « D'accord. Je te retiendrais pas plus longtemps... » Tu glisses pourtant tes mains sur son torse. Tu les laisses remonter jusqu'à sa nuque, que tu touches du bout des doigts, juste en frôlant sa peau. Et tu t'approches de ses lèvres, sans pour autant les toucher. Tu es beaucoup trop proche pour résister, pourtant... « Bonne nuit alors. » Fais-tu simplement. Tu te détournes, remontant plutôt les escaliers – pour la dernière fois de cette nuit, tu l'espères. Arrivé en haut des escaliers, tu enlèves ton haut rapidement, te retrouvant torse-nu. Tenant le tissu à la main, tu te tournes brièvement vers Tudor qui est toujours en bas des escaliers. « Et n'oublie pas de fermer la porte, d'accord ? » Un sourire un peu charmeur se loge au coin de tes lèvres. Tu disparais déjà dans ta chambre. Tu espères qu'il a compris le message. Tu n'as qu'une envie, c'est qu'il te rejoigne. Que vous puissiez faire cette folie, cette nuit. Oubliez votre rang respectif, votre race, votre nom. Que vous vous donniez une chance, rien qu'une. Tu brûles d'envie d'étreindre son corps, d'aller plus loin que ce qu'il t'a donné jusqu'à présent. Ce n'est peut-être pas une bonne idée, et tant pis. Tu termines de te déshabiller, te retrouvant juste en sous-vêtement, comme si tu t'apprêtais à dormir. Et pourtant tu restes debout au milieu de la pièce, pensif, à guetter le moindre bruit ; comme une porte qui se ferme, qui claque. Ou des bruits de pas dans des escaliers, dans un couloir. C'est ce soir que tout se joue Lyokha. Pour toi, comme pour lui.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Dim 9 Fév - 12:06

Tu es chez lui. Vraiment. Pourquoi donc ? Tu n'arrives pas à le déterminer. Tout est confu dans ton esprit. Tu l'aimes. Tu l'as protégé, prenant de gros risques, bien plus qu'il ne peut l'imaginer. C'est plus que ta réputation que tu joues pour lui, c'est toute ta vie. C'est tout ce que tu es, c'est ton avenir, prendre le risque de finir ton existence torturé par les vampires. C'est risquer de tout perdre, pour un vampire. Un de ceux que tu es censé détester, un de ceux que tu détestes plus que tout au monde. Mais pourtant, tu l'as fait. Peu importe tes réflexions, peu importe les risques, tu les as pris, rien que pour lui. Tu t'es bien trop attaché à lui pour le laisser partir, pour le laisser risquer sa vie auprès des autres chasseurs. Tu ne veux plus perdre ceux que tu apprécies, ceux que tu aimes. Même si tu sais que c'est une mauvaise idée, même si ses précédents face à Nocte t'ont fait du mal, même si... Beaucoup de choses. Il n'est pas parfait, tu en as bien conscience. Et pourtant, tu as l'impression d'être prêt à accepter ses défauts. Parce que tu te sens juste tellement bien en sa présence... Terriblement bien... Trop, peut-être. Il est de retour, tu le détailles avec attention, cherchant à savoir si c'est vraiment l'amour qui te fait agir ainsi, contre tous tes préjugés, contre tous tes principes. Tu notes qu'il regarde par le fenêtre... Que lui arrive-t-il ? Pourquoi n'ose-t-il pas t'observer ? Tu l'ignores, tu ne cherches pas non plus à briser le silence... Il finit tout de même par te demander pardon. Un léger sourire vient se dessiner sur tes lèvres tandis que ta main glisse dans ses cheveux, t'occupant de le décoiffer. Il frissonne et ton sourire s'élargit quelque peu, comme le sien. Tu aimes son sourire... Mais il n'avait pas à te remercier, c'est venu naturellement. Tu n'était pas obligé ? Certes. Tu n'étais pas obligé. Pire, tu n'étais même pas censé le sauver. Mais tu l'as fait, tu as sauvé une vie qui en a détruit tu ne sais combien. Tu secoues négativement la tête, à ton tour. Il vaut mieux ne pas y réfléchir, parce que tu ne sais quelle explication sincère lui donner. Lui expliquer ta situation est une mauvaise idée, tu n'es pas sûr qu'il puisse comprendre tes motivations, tes explications, la manière dont ton cœur parvient à prendre le dessus sur ta raison, sur tout ce que tu devrais être. Tu n'es pas fait pour être un Tudor, tu n'es pas fait pour avoir des responsabilités sur les épaules. Tu as beau relativement bien les porter, tu es quelqu'un de passionné, comme ta mère. Ton cœur prend fréquemment le dessus, il est fragile et une fois atteint, il est difficile à réparer. Tu as agi ainsi parce que tu ne voulais pas le perdre, point. Peu importe les retombées.

Tu laisses une de ses mains glisser sur sa nuque et tu frissonnes, le laissant t'attirer contre lui. Vous échanger un nouveau baiser et tu fermes les yeux, en profitant, tout simplement. Tu l'aimes. Tu veux continuer à l'aimer, avec passion. Tu veux le protéger, lui aussi, même s'il n'a pas besoin de toi pour ce faire. Mais tu es tellement bien dans ses bras que tu n'as même pas envie de le lâcher, tes mains bien installées, l'un dans son dos, l'autre dans ses cheveux. Tu voudrais oublier tout le reste, juste rester avec lui, profiter d'une nuit dans ses bras, une nuit volée à ton quotidien, à tes devoirs, juste pour lui... Mais il se recule déjà. Tu repousses de quelques micro-secondes le moment où vos lèvres se séparent en avançant, en suivant le mouvement... Mais il faut bien que, finalement, vous respiriez, l'un et l'autre. Alors tu le laisses t'échapper, rouvrant les yeux tandis que quelques mots viennent se déposer sur tes lèvres. Tu meurs d'envie de rester, comme il te le propose. Mais tu voudrais aussi le fuir, aller respirer loin de lui, chercher à remettre un peu d'ordre dans tes pensées... Tu ne sais quoi faire. Une seconde, tu observes cette porte qui donne sur l'immeuble, sur la ville, ton empire. Mais l'appel de ses lèvres est plus fort que tout le reste. Tu l'attires contre toi et tu l'embrasses à nouveau, passionnément. Tu frissonnes en sentant sa seconde main sur ta nuque et tu fermes à nouveau les yeux, plus qu'à l'aise. Tu es tellement bien, en cet instant... Et quand tu te recules, c'est à son tour de suivre le mouvement, ce qui t'arrache un sourire amusé. Si tu restes, te promet-il qu'il n'y aura personne pour vous interrompre, cette fois ? Après tout, la dernière fois a été quelque peu... Dérangeante. Tu ne te fais que rarement surprendre en douce compagnie, et jamais avec un homme. De toute manière, avec ceux-là, je ne va jamais très loin. Tu as une réputation à tenir, d'un côté, et il faut mieux rester dans la normalité en s'intéressant uniquement aux demoiselles. C'est plus prudent vis-à-vis de l'opinion publique. Il répond à ta question par une autre : veux-tu vérifier son titre de propriété ? Un léger éclat de rire t'échappe tandis que tu secoues négativement la tête. Non. Tu ne veux pas vérifier, tu lui fais confiance. Enfin, tu espères pouvoir le faire. Sur ce, tu viens lui voler un rapide baiser puis tu te détournes de lui, le lâchant pour retourner devant la fenêtre, observant la ville en contre-bas.

Tu es mal à l'aise. Ses propos dans le bar tournent et retournent dans ta tête. Ils te blessent, te détruisent un peu plus à chaque nouveau cycle. Tu as besoin de réponses. Tu as besoin de comprendre. Tu ne prétends pas chercher à avoir toutes les cartes en main, tu doutes qu'il te les donne, mais au moins quelques indices afin de savoir où tu mets les pieds. T'avancer les yeux bandés sur un champ de mines n'est pas la meilleure idée que tu aies eue, jusqu'à présent. Au contraire. Alors, au final, tu poses des questions. Ta question favorite : pourquoi ? Tu ne le regardes pas, tu restes concentré sur la ville, sur tes semblables qui grouillent dans les rues en cette nuit où ils sont sûrs et certains d'être en sécurité. Tu ne te retournes pas, tu attends simplement qu'il prenne la parole, tout simplement. Tu attends qu'il s'esquive, ou qu'il te donne un semblant d'explication. Lorsqu'il prend enfin la parole, il a toute ton attention, même si tu ne l'observes toujours pas. Tu écoutes ses explications, ses blessures qu'ils ont fait aux siens. Tu écoutes avec désolation à quel point les êtres humains peuvent être cruels. Tu peux le comprendre. Pire, tu le comprends. Tu sais ce que c'est, de perdre un membre de ta famille. Tu sais ce que c'est, de voir les personnes auxquelles tu t'attaches mourir. Tu as vu ta mère s'éteindre à petits feux. Tu as vu ton père être transpercé de part en part lors d'un entraînement, tu n'as rien pu faire pour le sauver. Tu as vu plusieurs chasseurs se faire éliminer lors de traques. Tu retiens un soupir, fermant les yeux tandis que quelques mots t'échappent en un souffle discret...

-Je sais ce que c'est, de voir quelqu'un qu'on apprécie sincèrement mourir sous nos yeux, sans pouvoir l'aider d'une quelconque manière... Crois-moi, je sais ce que c'est...

Oui, tu sais. Tu sais, comme un certain nombre de chasseurs. Tes poings sont légèrement serrés, tu es à la fois tendu et désespéré. Tu regrettes d'avoir posé cette question. Tu le laisses continuer, tu le laisses poursuivre ses explications. C'est étrange comme ses propos te rappellent ceux qu'emploient les chasseurs lorsqu'il leur vient l'idée de se justifier. Les vampires les ont fait souffrir, ils leur rendent la pareille tout en protégeant les autres humains. Par contre, il te parle de ses sentiments, de ceux que ressentent les vampires. Tu te mords un peu la lèvre. Oui, tu en as conscience, même si c'est toujours plus facile de l'oublier. Tu sais qu'ils ressentent quelque chose, même si tu as toujours tout fait pour l'oublier afin de pouvoir être Leo. Une communauté. Plusieurs communautés qui se brisent les unes les autres. Les mêmes vices dans les veines. Les mêmes défauts de base. Tu sais que, au fond, vous êtes tous semblables. Mais perdre la vie pousse irrémédiablement à changer. Ils ont peut-être encore des sentiments, comme tu le comprends avec lui, mais ils ne sont plus humains ou sorciers non plus. C'est différent. Mais tu ne sais pas comment t'expliquer, comment justifier tes pensées. C'est étrange, alors tu gardes tes pensées pour toi. Il faut que tu gardes l'esprit ouvert et que tu réfléchisses en conséquent. Il faut être juste, mais comme tu le pensais plus tôt, quand ton cœur s'en mêle, c'est toujours plus compliqué. Mais ses propos suivants te font serrer les poings. Aucun remord pour toutes ces vies prises. Il n'est pas si différent de toi, d'un côté... As-tu le moindre regret pour toutes ces vies que tu as arrachées en quelques petites années ? Non. Oui, c'est stupide. Oui, c'est borné. Oui, c'est une boucle sans fin et tu sais malheureusement ô combien cela peut pousser loin. Tu secoues la tête. Tu es énervé, une partie de toi veut le frapper, lui faire comprendre qu'il n'a pas à tenir ce genre de propos en ta présence. Tu es un Chasseur, un humain, un Tudor de surcroît. Tu te dois de veiller sur tes semblables. Avouer qu'il les tue sans la moindre hésitation te suffirait, habituellement, à sortir ton épée et le transpercer de part en part. Mais non, pas lui, tu ne veux pas, tu ne peux pas. Calme-toi jeune homme. Tu déglutis, tu continues à regarder fixement la ville en contre-bas. C'est le moment où tu devrais sortir une phrase très philosophique.

-La haine ne fait qu'engendrer la haine... Et j'ignore quelle en est la porte de sortie...

L'amour, peut-être. L'amour. Celui que tu lui portes, pour toi. Il est parvenu à te faire réfléchir, à te faire redevenir un peu cet enfant que tu as été, lors de votre première rencontre. Un petit garçon qui réfléchissait selon son cœur et non ses devoirs, un petit garçon trop gentil pour souhaiter le malheur à qui que ce soit, trop gentil pour blesser quelqu'un, même son propre agresseur. Tu secoues la tête tandis qu'un soupir t'échappe. Il a ses raison, tu as les tiennes. Mais tu n'aimes tellement pas ces propos... Tu ne comprends même pas pourquoi tu n'es pas en colère mais juste profondément désespéré, lassé de tout ce qui se passe. Tu te retournes alors enfin, l'observant, le détaillant. Tu lui demandes pardon pour tes propos. Tu fais ton devoir, tu es celui que tu te dois d'être. Mais pourquoi a-t-il fallu que ce blond soit un vampire ? Pourquoi ne pouvait-il pas juste être un simple humain, voir un sorcier ? Non, il a fallu qu'il soit une de tes proies et c'est le plus douloureux à tes yeux... Vous êtes ennemis, les chasseurs vont attendre que tu l'élimines sauf que tu ne le veux pas le moins du monde. Cruel destin que le tien... Et alors que tu évoques ton père, tu vois une de ses mains se poser sur sa nuque. Tu ignores ce que son père lui a exactement fait comme tortures, mais tu imagines le pire. Non, n'imagine même pas. Rien que l'image mentale que tu as gardée de lui, de son état, te rend nauséeux. Il ne peut pas t'en vouloir ? Oui, c'est naturel de prendre la défense des siens, même quand ils ont tord. Tu connais tes défauts, les tords des tiens, mais tu n'as trouvé aucune solution plus valable et réalisable que la leur, sans créer de problèmes. Tu ne réponds rien. Tu n'as rien à lui répondre. Sur ce point, là encore, vous êtes pareils. Vous avez les mêmes manies, les mêmes traits de caractère. Défendre les siens, même contre l'avis général. Parfois contre tes propres opinions. Tu le comprends, même si tu ne te sens pas capable de l'accepter. C'est trop à avaler, trop d'un coup. Tu as tout de même une dernière question. Cette fameuse question que tu te poses depuis que tu te souviens de lui, de cette fameuse nuit où, pour la première fois, il a goûté à ton sang. Pourquoi t'avoir épargné ? Pourquoi ne pas tout simplement avoir fini le travail ? Tu le regardes, tu sens son hésitation. Encore un mauvais souvenir que tu as remonté à la surface ? Tu en es désolé, mais, tu as tellement besoin de le savoir... Une fois, le début de sa réponse t'énerve, tu serres légèrement les poings, mais tu pâlis bien vite en entendant la suite. Un fils mort à l'âge de sept ans. Titus. Tu baisses alors les yeux...

-Je vois... Je suis désolé, Lyokha...

Désolé d'avoir posé la question. Désolé d'apprendre une telle chose. Désolé d'être ce que tu es. Tu t'en veux bien plus que jamais. Tu n'es pas celui qu'il pense que tu es. Tu n'es pas ce que tu devrais être. Tu n'es pas ce qu'il croit. Perturbé, nerveux, tu le laisses aller se prendre un verre, l'observant distraitement. Tu te sens mal. Tu voudrais partir, prendre la fuite. Tu voudrais réfléchir, seul. Essayer de faire le point. Il a tué bon nombre des tiens, et pas uniquement pour se nourrir. Même des enfants, si tu en crois ce qu'il dit. Comment es-tu censé réagir ? L'accepter sans la moindre hésitation ? Non, tu ne t'en sens pas capable. Mais c'est lui, c'est Lyokha, et tu as l'impression que tu pourrais l'accepter malgré tout. Tu as l'impression que, pour lui, tu pourrais tout pardonner. C'est une mauvaise idée, tu le sais bien. Quels étranges sentiments ressens-tu... Tu sursautes presque quand tu constates qu'il est de retour, devant toi. Décidément, tu étais bien plongé dans tes pensées. Oui ? Ton regard plonge dans le sien, d'azur, cherchant à savoir ce qui peut bien lui passer par la tête. Ses propos accentuent ton malaise d'un cran supplémentaire. Il t'aime ? Il en est certain cette fois, même complètement dessaoulé ? Tu te mords violemment la lèvre. Non, il n'a pas le droit d'avoir ce genre de propos. Non, il n'a pas le droit de te faire une telle déclaration. Tu ne sais plus où te placer, tu recules d'un pas. Pourquoi être si sérieux ? Il pense à un avenir entre vous ? Il ne doit pas, ce sera impossible, même si tu l'aimes en retour ! Impossible à cause de ce que tu es... Vous ne ferez que vous blesser mutuellement. À rester ensembles, vous ne pourrez que vous détruire... Et c'est là qu'il te pose la dernière question à te poser. Peut-il te faire confiance ? Non. Non, il ne peut pas. Parce que tu es un Chasseur, parce que l'empire passera toujours devant tout le reste. Devant toi, devant lui. Mais après ta famille. Tu te sens mal. Ton rythme cardiaque a considérablement accéléré, tu as un peu de mal à respirer, même si cela ne se voit pas tellement. Que lui dire ? Que lui répondre ? Mentir ? Tu n'aimes guère cela. Être sincère ? Il en est hors de question, ce serait trop dangereux. Tu es en plein dilemme, nerveux. Tu ne le regardes plus, tu ne sais quoi le répondre. Tu ne sais quoi faire pour ne pas trop le blesser. Heureusement, ses lèvres reviennent capturer les tiennes en un nouveau baiser, te déconcentrant un instant. Tu refermes les yeux, glissant les mains sur sa nuque, le ramenant contre toi... Tu te calmes, à son contact. Tu te sens tellement bien... Mais il te faudra bien, un jour, lui dire la vérité. Il te faudra bien le laisser ou lui avouer ta condition. Ors, la dernière possibilité citée est impensable. Lorsque ses mains quittent ton visage, les siennes viennent se glisser sur ses joues, les emprisonnant quelques instants...

-Lyokha, je... Je te l'ai déjà dit, tu ne dois pas me faire confiance... Je ne suis pas celui qu'on croit, je ne suis pas celui qu'on attend de moi... Mais je reste un Tudor, Lyokha... Ma famille, l'Empire passeront toujours avant tout le reste, je ne peux pas me dérober, c'est mon devoir... Je suis... Sincèrement désolé...

Oui, tu es désolé. Oui, tu t'en veux profondément, et tu libères ses joues de tes mains. Tu lui avais pourtant bien dit de ne pas te faire confiance et ce à plusieurs reprises. Tu as mal au cœur. Tu t'en veux terriblement. Ce secret que tu caches depuis des années, il n'y a que face à ta sœur qu'il te met mal à l'aise, même si la colère a plutôt tendance à l'emporter sur l'amour et toute l'inquiétude que tu te fais pour elle. Lui, c'est différent. Lui, tu l'aimes alors que tu devrais le détester. Vous êtes ennemis et pourtant... Tu veux qu'il reste à tes côtés, tu veux pouvoir l'aimer, même pendant un temps court. Doux rêve qui jamais ne se réalisera... Parce que, si un jour il vient à apprendre que tu es des leurs, il aura mal, et tu ne veux pas le faire souffrir à cause de toutes ces histoires. Mais il semblerait que tu l'aies déjà blessé. Tu le regardes glisser une main dans ses cheveux, là où il s'est cogné la tête contre le lavabo, et sortir ses doigts légèrement rougis. Oups... Il est vrai que tu n'y es pas allé de main morte... Tu te mordilles la lèvre, à nouveau mal à l'aise. Il faut parfois faire des sacrifices pour mener sa mission à bien mais tu l'as tout de même blessé... Tu le laisses alors filer se soigner, hochant tout simplement la tête. Le temps qu'il se soigne, tu restes devant la fenêtre. Tu ferais mieux de partir. Tu en as trop fait hier soir, il ne faut pas que tu recommences cette nuit. Mais tu as tellement envie de rester, malgré tout ce qu'il a pu dire... Tu es perdu. Tu ne sais plus comment interpréter tes sentiments, tes réactions. Tout devient tellement complexe en sa présence... Lors qu'il revient, tu portes à nouveau ton regard sur lui. Tu peux rester dormir ? Non. Tu secoues négativement la tête.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Tu as besoin de repos.

Et toi de faire le point, sauf que tu tais ce détail. Il ne faut pas qu'il comprenne que le sujet des Chasseurs te perturbe tout particulièrement. D'autant plus tout avec tout ce qu'il a raconté sur tes semblables. Il est finalement d'accord pour que tu partes ? Tu hausses un sourcil, surpris de le voir accepter aussi facilement. Tu t'attendais plutôt à ce qu'il essaye de te kidnapper, de te garder avec lui... Pourtant, ses mains qui glissent sur son torse, qui remontent jusqu'à ta nuque, ses lèvres si proches des tiennes... Tu as envie de l'embrasser. Douce tentation... À laquelle tu résistes tant bien que mal, mais la lueur au fond de tes yeux parle pour toi : tu voudrais qu'il t'embrasse. Mais il ne le fait pas, il se recule à la place. Une seconde, tu hésites à l'attirer de force vers toi afin de l'embrasser. Mais ta raison reprend bien vite le dessus. Tu en as trop fait ce soir, tu as pris trop de risques. Il te faut couper les ponts avant que cette histoire aille trop loin, avant que vous ne puissiez vous blesser davantage. Tu le laisses t'échapper sans dire un mot, mais tu le le quittes pas une seule seconde du regard. Il se met torse-nu, une fois arrivé en haut des escaliers. Un sourire quelque peu amusé vient étirer tes lèvres. Tu as compris le message. Il veut que tu le rejoignes dans sa chambre. Il veut que vous passiez la nuit ensembles, à nouveau. Tu te mordilles la lèvre, hésitant à lui accorder cette nouvelle nuit. Essayer d'oublier tout le reste, uniquement pour lui. Oublier ces paroles qui t'ont blessées, oublier ces gestes, oublier tout ce qui fait de toi la personne complexe que tu es. Tu veux y aller. Tu veux l'y rejoindre. D'ailleurs, un soupir s'échappe d'entre tes lèvres tandis que tu montes la première marche... Avant de te figer sur place. L'un des outils de communication des Chasseurs vient de s'activer, te signalant qu'ils ont besoin de toi. Tu étouffes un juron et t'empares plutôt de tes lunettes qui, rapidement, reforment le masque des chasseurs, te plaçant là où il ne pourra pas te voir ainsi. Qu'arrive-t-il encore à tes collègues ? Ils se sont fait coincer dans une rue et ne savant pas quel abri rejoindre. Ils sont dans ta zone bon sang, tu n'as nullement autorisé leur présence ! Étouffant un nouveau juron, tu leur envoie un plan de la zone où sont indiqués les points un peu protégés. Il faut que tu les rejoignes. Tu retires rapidement ton masque qui reprend la forme de simples lunettes de soleil... Puis tu jettes un coup d’œil vers l'escalier, tiraillé entre ton devoir et ton cœur... Malheureusement, comme tu le lui as dit, le devoir passe avant tout... Alors un profond soupir t'échappe, suivi de quelques mots tout juste soufflés...

-Je suis navré, Lyokha... Mais pas cette nuit...

Tu choisis plutôt de t'en aller. Tu récupères ton manteau, rabat ta capuche sur ta tête et file, prenant bien soin de fermer la porte derrière toi. Tu ne prends pas l'ascenseur, préférant largement les escaliers qui s'enchaînent sous tes pieds. Une fois arrivé au rez-de-chaussée, tu gagnes l'extérieur sans attendre. Il ne faut pas qu'on te suive. Alors tu enchaînes tout un tas de ruelles que tu connais comme ta poche. Pendant ce temps, tu récupères toutes tes affaires de Chasseur. Le masque, les gants, tes épées et dagues, tes armes de prédilection quoi. Tu files dans les rues, ton manteau claquant de temps en temps sous le vent que tu fais en te déplaçant à toute vitesse. Tu oublies presque instantanément le reste, c'est Leo qui reprend le contrôle. Le Chasseur qui cherche une nouvelle proie. Non, il ne faut pas, pas cette nuit. Alors tu contactes Medusa. Elle seule pourra ordonner aux autres de se replier, de laisser les créatures des enfers cette nuit, et toutes celles où vous serez tous humains. Et tu négocies de longues minutes avec lui, lui expliquant en long, en large et en travers que ce que les chasseurs font cette nuit ne sera pas toléré par les Tudor, que cela risquerait d'augmenter les tensions entre les différents peuples, que cela pourrait amener à une véritable traque aux chasseurs, voir à une guerre. Tu ne veux pas avoir ce genre de problème sur les bras, tu ne deux pas avoir à aider Léandre à gérer une guerre. Tu converses longuement avec elle alors que tu continues à avancer rapidement, que tu rejoins l'autre groupe auquel tu as donné rendez-vous. Tu les aides à finir leur travail, mécaniquement, puis tu les fais sortir de ta zone limite à coups de pied au derrière. Qu'ils viennent encore traquer sur ta zone sans ton accord et ils sentiront la douleur passer, tu peux le leur jurer. Les minutes s'égrainent, les heures aussi. Tu n'es pas en traque, tu t'occupes plutôt de faire rentrer tes collègues chez eux pour cette nuit. Tu batailles longuement pour certains, ayant parfois besoin du soutiens de Medusa. Mais tout se passe relativement bien. Tu as beau être jeune, cela fait plusieurs années que tu fais parti de l'organisation, tu es efficace et tout le monde le respecte. Tu peux te vanter d'avoir une certaine influence, oui. Jusqu'à ce qu'une voix t'interpelle, parmi les centaines de conversations qu'échangent les chasseurs.

-Leo ?
-Oui Nocte ?
-Je penses que tu devrais te rendre en zone 5, rue C56. Ce qu'il se passe là-bas devrait t'intéresser tout particulièrement.
-Zone 5... Ne me dit pas que Sword fait encore des siennes.
-Malheureusement oui.


Une nouvelle fois, tu étouffes un juron totalement indigne de ton rang et prends la direction de la rue indiquée, à votre manière. Sword. Vous ne vous entendez guère. Il ne doit pas tellement accepter de recevoir des ordres de ta part, alors que tu te sais plus jeune que lui. Il est plus vieux que toi, au niveau de l'âge et au nombres d'années au service des Chasseurs. Il est un redoutable épéiste et il n'en fait toujours qu'à sa tête. S'il s'est trouvé une proie, il faut que tu le rappelles à l'ordre, et pas plus tard que d'ici quelques minutes. Ton souffle se fait un peu plus court sous ton masque, ton rythme cardiaque reste pourtant bien calme, pour quelqu'un qui court vite. Question d'habitude, lorsque l'on traque, il vaut mieux savoir courir vite afin de ne pas devenir la proie en retour. Tu t'inquiètes aussi un peu pour Lyokha, même si tu espères qu'il est resté dans son appartement, à dormir. Tu secoues un peu la tête. Non, ne pas songer à lui, c'est interdit. Il risque de te déconcentrer. Il te faut dix bonnes minutes pour arriver sur place. Et lorsque c'est chose faite, tu te sens pâlir d'un coup sous ton casque. Cette fois, ce n'est pas un groupe de trois mais de six. Et ils ont trouvé trois nouvelles proies. Tu déglutis. Tu n'es pas censé les arrêter, sauf pour qu'ils respectent les ordres de leur chef. Soudain, tu as l'impression de te glacer de l'intérieur en reconnaissant l'une des victimes, la plus éloignée de toi. C'est Lui ! Il est encore de sorti, malgré sa bosse sur la tête, malgré sa blessure à l'abdomen ? Mais pourquoi ? Et les deux autres, est-ce qu'ils seraient des... Amis ? Ton cerveau est complètement déconnecté. Leo ne doit pas les empêcher d'éliminer leurs cibles, mais il est trop tard pour redevenir Samael. Que faire ? Tu ne sais pas, ton esprit tourne à vive allure sans trouver la moindre solution. Les trois sont bien amochés, tu devines sans peine les nombreux hématomes qui parsèmeront leurs corps demain, s'ils s'en sortent. Ils ont aussi été blessés. Tu vois du sang imprégner leurs vêtements. Les Chasseurs sont des tueurs professionnels, face à un simple humain, ils sont redoutables. Un simple mot t'arrache à tes pensées.

-Meurs, sangsue !

Non. Pas aujourd'hui. Réagissant au quart de tour, surprenant les autres chasseurs qui ne t'avaient pas vu arriver, tu t'avances rapidement tout en sortant ton épée qui reprend instantanément sa taille originale. Ton arme intercepte alors la sienne, à moins d'un centimètre de la tête du blond. Ouf, tu as été assez rapide... Maintenant, le plus difficile à faire. D'un geste brusque et rapide, tu fais remonter ta lame le long de la sienne avant de donner un violent coup dessus. Sous la violence du choc, l'épée valse plus loin. Tu sais qu'ils te regardent tous étrangement. Tu sais que tout le monde se serait plutôt attendu à ce que tu lui aides, et non pas à ce que tu protèges un vampire. L'un des autres fait mine de vouloir achever l'une des deux autres proies mais tu lances une de tes dagues qui le frôle de quelques petits centimètres, le faisant s'arrêter d'un coup. Tu les toises tous, sans la moindre exception.

-C'est bon, vous avez fini vos conneries ? Notre chef a été claire il me semble : pas de chasse tant que les proies sont sans défense.
-Allons bon, Leo prend la défense de ses proies. Tu es ridicule, gamin. Il y a quelques jours, tu aurais volontiers pris ma place pour éliminer cette chose.


Tu serres les dents. Oui, c'est vrai. Dans un autre contexte, si tu ne le connaissais pas, tu aurais volontiers fait quelques meurtres de plus cette nuit. Mais le fait est que la situation n'est pas habituelle. Il te faut alors prendre de nouvelles mesures.

-La situation n'est pas propice à ce genre de mesquine petite vengeance. Vous êtes en train de jouer à leur jeu, vous tombez tous plus bas que terre.
-Il faut bien qu'un jour ils comprennent ce qu'ils nous font subir. Dégage de mon chemin.
-Non. Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi.


Tu serres les dents, l'autre a le sang chaud, il va vite réagir, il va... Pas manqué, il n'a pas besoin de son épée pour faire mal tandis qu'il vient te frapper de ses gants. Heureusement que tu as eu un entraînement complet en combat, sinon tu n'aurais pas pu l'esquiver. Par contre, il ne manque pas son second coup. Son poing vient violemment s'abattre dans ton estomac. Sous la force du coup, tu te plies en deux, toussant quelque peu... Oh bon sang... Il veut jouer ? Très bien, tu vas jouer. Sous le regard attentif et surtout incrédule de tout le monde, tu t'empares d'un bras de ton ainé et, sans la moindre hésitation, viens le lui tordre dans le dos. Il se débat tout de même, il t'écrase même un pied mais tu serres les dents et refuses de le lâcher. Pire, tu viens violemment le plaquer contre un mur tandis que ta main libre, droite, vient poser la lame de ton épée sur sa gorge. Un nouveau geste de sa part et le sang commence à perler... Tu es sans pitié.

-Salo****...
-Provoque-moi encore une fois et je te jure que ce ne seront pas les créatures des enfers que tu devras craindre, mais bel et bien moi-même. Disparais de ma vue. Les ordres sont clairs.
-Pourquoi Leo ? Pourquoi agir ainsi ?
-Mes raisons ne vous regardent pas.


La tension monte d'un cran supplémentaire. Tu sais que tu es en danger, la trahison n'est pas acceptée et, à leurs yeux, c'est ce que tu viens de faire. Tu relâches donc Sword et le repousses violemment vers les autres chasseurs. Qu'il ne se présente plus jamais sur ton chemin. Ta seconde main vient affermir ta prise sur la garde de ton épée, prêt à tous les affronter... Mais l'ordre de repli est donné à ce moment-là, te sauvant la mise pour cette fois. Mentalement, tu remercies Medusa qui a pensé à donner un ordre officiel, et non pas te laisser te débrouiller seul. Comme un seul homme, ils rangent leurs armes et, tu le sais, après un dernier regard empli de haine pour toi et ces victimes que tu viens de sauver, s'en retournent vers la base pour que votre chef leur donne un aperçu de la situation et s'arrange pour qu'ils se tiennent tranquilles, le temps que les bizarreries de la planète cessent. Ce n'est que lorsqu'ils sont tous partis que tu t'autorises un soupir de soulagement. Tu vas avoir un magnifique ecchymose sur le ventre mais c'est bien peu payé pour tout ce qu'ils se sont pris, tous les trois. Sous ton masque, tu te mordilles la lèvre, légèrement mal à l'aise. Allez, garder ton rôle jusqu'au bout.

-Dégagez tous les trois et ne recroisez plus jamais ma route. Dégagez, avant que je ne change d'avis et décide que vous épargner est une mauvaise idée.

Qu'ils s'en aillent, qu'il se fassent oublier... Mais celui que tu regardes le plus, c'est le blond. C'est Lyokha, qui est dans un sale état. TU voudrais venir à ses côtés, l'aider à se soigner, le ramener à son appartement, ou à l'hôpital, vu que tu ignores encore l'importance des dégâts. Tu t'en veux de ne pas être intervenu plus tôt... Tu t'en veux réellement... Mais il se relève tout de même. Bon, au moins, tu n'auras pas à le porter, c'est déjà cela de fait. Sauf qu'il vient refermer un poing sur ton manteau et te coince contre le mur. Tu grimaces un peu mais ne cherche pas à te débattre. Pour une fois.

-Hé bien, c'est ainsi que tu me remercie de vous avoir sauvé la mise, Mad Hatter ?

Oui tu le connais. Oui, tu sais beaucoup de choses de lui. Mais... Enfin, tu ne t'attendais pas à beaucoup plus. Il hait les chasseurs. Mais tu apprécierais qu'il ne cherche pas à t'éliminer, ce serait dommage d'avoir à utiliser, une seconde fois, ton épée contre lui... Contre celui que tu aimes... Et que tu viens de sauver, prenant un nombre uncroyable de risques...

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Dim 16 Fév - 12:45

« Je sais ce que c'est, de voir quelqu'un qu'on apprécie sincèrement mourir sous nos yeux, sans pouvoir l'aider d'une quelconque manière... Crois-moi, je sais ce que c'est... » Tu aimerais lui dire que non, il ne sait pas. Car comment peut-il savoir, lui qui ne l'a pas vécu à la même échelle que toi. Au final, en perdre un ou six, quelle est la différence ? Elle est énorme. C'est six fois plus de peine à supporter. Six fois plus de souvenirs à estomper. Six fois plus de prénoms à oublier. Et c'est six fois plus dur de passer à autre chose. Tu sais qu'il a perdu du monde. Toi aussi. Et toi, bien plus que lui. Alors même s'il en a souffert, même si ça lui a fait dû mal, même s'il n'est qu'humain. Tu doutes qu'il ait autant souffert que toi sur ce plan là. Car toi, tu as respiré la souffrance à un tel point que... Regarde toi aujourd'hui. Regarde ce que tu es devenu. Quand tu as perdu Vladimavitch et Titus, oui, tu avais définitivement touché le fond. La douleur était telle, elle était si intense que... Tu es tombé dans la drogue, et dans tout un tas de choses que tu regrettes amèrement à ce jour. Et après ? Après, tu as reçu la douleur d'une autre manière. Bien plus légère, bien plus détachée. Car tu avais déjà tellement donné que tu avais l'impression que tu n'avais plus rien à perdre. La douleur, tu l'as façonnée à ta manière, si bien qu'aujourd'hui, tu ne sais plus trop quand est-ce qu'elle fait son apparition dans ta vie. Elle est telle que... C'est devenu dur de la différencier du reste. Tu sais, c'est comme une brûlure. Parfois, la chaleur est tellement intense que tu ne sais plus si c'est chaud ou si c'est froid. C'est exactement la même chose avec ta peine. Et il est inutile de préciser que c'est une des raisons – pour ne pas dire la principale raison – pour laquelle tu as perdu ton humanité. La douleur et tout ce qui s'y rapportait, tu ne voulais plus y avoir à faire. Elle est revenue pourtant, de nombreuses fois, au fil des siècles. Comme quoi ne plus être humain, ne plus avoir cette part humaine en toi n'a pas fait totalement disparaître la souffrance. Même si elle est moindre, un peu plus estompée... Elle est toujours présente, là, quelque part. Humain ou monstre. Vous êtes tous égaux, face à la réelle douleur. Celle qui touche un être cher avant de vous touchez vous-même. Celle qui utilise votre principal point faible pour vous faire tomber de haut. Hé non, t'es pas invincible. Pas plus que ce garçon à ta gauche qui a perdu sa mère trop tôt. Pas plus que le jeune homme que tu étais en Russie, celui qui se faisait constamment humilier sans jamais hausser le ton. Toujours baisser les yeux. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Ce sujet de conversation n'est pas des plus joyeux, pour quelqu'un qui voulait passer une soirée avec le jeune Tudor, à s'amuser plutôt qu'à se prendre la tête. Il faut croire que votre histoire personnelle prend le dessus sur le présent. Et par conséquent, sur le futur. Et Rod sait à quel point c'est mauvais, quand le passé empiète sur les deux autres temps.

Il regarde toujours la ville. Il semble tendu, mal à l'aise. Toi, tu es détendu, mais ce n'est pas pour autant que tu te sens bien. Ces sujets... Qui mêlent politique et haine, sang et guerres... Ces sujets ne sont pas bons pour vous deux. Tu en as souffert, lui aussi... Tu n'as pas envie de t'entendre sur le pourquoi du comment, la raison pour laquelle tu as tué les siens, et pourquoi tu continueras de le faire jusqu'à ta mort. Tu ne veux pas parler des chasseurs plus longtemps encore. Non, tu n'en veux plus. « La haine ne fait qu'engendrer la haine... Et j'ignore quelle en est la porte de sortie... » Un léger soupir. Tu regardes la ville toi aussi. Un sourire peu gai se dessine au coin de tes lèvres. Tu secoues légèrement la tête, avant de reprendre d'une voix faible, presque silencieuse. « Il n'y a pas d'échappatoire. La haine, c'est ce qui fonde notre monde. C'est le sentiment le plus puissant. » Tu regardes toujours en face de toi. Tu n'as connu que la haine, en un millénaire d'existence. La haine, et la passion. La passion amoureuse, la passion destructrice de batailles qui ont fait des centaines de morts. Ce n'est pas nouveau. Le monde tel que tu le connais a toujours tourné grâce à la haine. Car la haine, bonne comme mauvaise, la haine en général, elle a toujours poussé les hommes à se surpasser. Pour détruire les autres, se détruire eux-mêmes. Essayer d'avancer, même à contre courant. S'il n'y avait pas la haine, le monde ne fonctionnerait même pas. Rien ne tournerait rond. Les opinions ne seraient plus aussi diversifiés, les camps aussi nombreux. S'il n'y avait pas cette haine, c'est... Complètement inimaginable. La haine engendre le pire, et le meilleur aussi. C'est un mécanisme complexe, en place depuis la nuit des temps, et imaginer que cela change un jour... C'est purement utopiste. Le jeune Tudor semble de plus en plus mal à l'aise, tu as l'impression que tu t'enfonces. Et quelque part, ce n'est pas qu'une impression ; tu t'enfonces vraiment, à mesure que tu parles. Mais il devrait arrêter de poser des questions aussi ! Quelle soirée, vraiment... Tout ce que tu voulais, c'était l'avoir pour toi, juste cette nuit. Que tout se concrétise enfin, que tout devienne réel ! Et voilà. Voilà ce que tu récoltes. Des non-dits, certainement son envie de prendre la fuite. Tes propos peu joyeux, et ses questions tout aussi sombre. Il te pose une nouvelle question, qui tu l'espères, sera la dernière. Pourquoi ne pas l'avoir tué cette fameuse nuit. La première, celle qui a définitivement scellé votre destin commun. Pourquoi. Tu as bien une petite idée, mais tu n'es pas sûr de vouloir l'avouer. Et finalement, tu te lances. Qu'as-tu à y perdre ? Plus rien, tu as bien l'impression. « Je vois... Je suis désolé, Lyokha... » Tu hausses un peu les épaules. Il n'a pas à l'être. Il n'y est pour rien. Il n'était même pas né à l'époque. Tu ne vois pas pourquoi tu t'excuses, mais tu te gardes bien de faire une quelconque remarque. Ton silence parle pour toi ; tu ne veux pas en dire plus. Laisse donc le passé où il est, quelque part au fond d'une tombe, d'un jardin fleuri, dans un cimetière bien trop proche. Cette douleur, tu l'as enfouie depuis longtemps. Il est hors de question qu'il ravive cette petite flamme en toi pour assouvir sa curiosité. Tu en as déjà trop dit, alors t'étendre, non, certainement pas. Tu inspires profondément, bouge légèrement, comme si tu voulais passer à autre chose. Mais tu ne peux pas changer de conversation comme ça. Pas après tout ce que vous venez d'échanger. Tu as besoin de... Respirer. Et pourtant, tu veux le garder là, avec toi. Tu veux sentir la chaleur de son corps contre le tien. Parce que tu as besoin qu'il soit là, en quelque sorte. Tu veux le savoir près de toi. Même si vous n'avez pas le droit, même si ce n'est pas bien. Ce soir plus que les autres soirs, tu veux savoir qu'il est présent pour toi.

Mais avant tout, tu as une question pour lui. Juste une. La seule de cette soirée, et la dernière, avec un peu de chance. Ce n'est pas une question facile, loin de là même. C'est dur de la poser, car c'est avouer en définitive que tu as craqué pour lui. Un humain. Un homme de surcroît. Un Tudor en bonus. Bon sang, tu as tout faux, sur toute la ligne Lyokha... Mais finalement, tu n'as pas peur de l'avouer à voix haute. Enfin, tu te l'autorises. Tu le dis. Tu développes ces quelques mots qui te faisaient si peur jusqu'à présent. Tu l'aimes. Tu en es sûr. Certain. Personne n'y changera rien, pas même lui, pas même ce qu'il pourra te répondre en retour. Tu es sûr que c'est ce que tu veux. Même si cela doit te blesser ou te détruire. Toutefois, sa réaction te perturbe un peu. Il recule d'un pas. Comme s'il avait peur, comme s'il ne voulait pas... Tu retiens ton souffle un instant, tu peines un peu plus à respirer. Tu... Tu n'as jamais fait une telle déclaration à quiconque – sobre dirons-nous. Est-ce qu'il s'en rend compte ? Tu en doutes. Mais tu n'arrives pas à lui en vouloir. Il semble perturbé et tu l'es tout autant. Lui qui te regardait dans les yeux jusque là vient de détourner le regard. Tu as l'impression de tout foirer, encore. Et pour rattraper le coup – ou plutôt pour échapper à cette situation trop délicate – ta réaction est immédiate ; tu l'embrasses. C'est imprévu mais, tu ne sais quoi faire d'autre. Il répond à ton baiser, t'attirant un peu plus à lui... Et tu te laisses entraîner avec plaisir. Mais ce plaisir est de bien courte durée puisqu'il te relâche, glissant plutôt ses mains sur tes joues. Tu le fixes, ton regard d'azur dans le sien. « Lyokha, je... Je te l'ai déjà dit, tu ne dois pas me faire confiance... Je ne suis pas celui qu'on croit, je ne suis pas celui qu'on attend de moi... Mais je reste un Tudor, Lyokha... Ma famille, l'Empire passeront toujours avant tout le reste, je ne peux pas me dérober, c'est mon devoir... Je suis... Sincèrement désolé... » La douleur ? Elle est présente cette fois. Et tu peux la distinguer de tout le reste. Tu hoches un peu la tête, timidement. Tu te mords presque violemment l'intérieur de la lèvre. Alors tout ce que tu as dit... Tout ça... Tu as l'impression d'avoir livré tes sentiments à un mur. Tu te rends compte Lyokha que tu es bien le seul à ressentir tout cela ? Tu inspires profondément. Tu regardes un peu ailleurs, il te relâche. Tes yeux s'embrument très légèrement, mais tu secoues un peu la tête. Tu n'as pas le droit de montrer à quel point il peut te rendre faible. Et ce refus... Tu l'essuies difficilement en fait. Tu ne te sens pas bien. Et si sur le coup, tu as juste envie de lui dire de dégager de chez toi, tu n'en fais rien. Car tu l'aimes. Sincèrement. Tu hausses un peu les épaules. « Vous l'êtes tous. » Fais-tu presque amèrement. Ils sont tous désolés. Petrova, Vladimavitch, Blackwood, tous ceux qui ont compté un minimum étaient désolé. Désolé pour toi. Désolé que tu ne sois pas à la hauteur. Désolé tout simplement. Tu te détournes légèrement de lui. Tu ne sais plus ce que tu veux. Si tu veux juste aller t'enfermer dans une pièce de ton appartement et laisser libre court à ta colère, à ce désespoir qui teinte tes sentiments. Ou si tu veux qu'il reste, pour essayer de le faire changer d'avis, rien qu'une fois, une seule.

En attendant, tu saignes. Alors tu t'éclipses rapidement pour soigner ça. Tu réfléchis à deux cent en attendant. Tu dois prendre une décision. Et maintenant de préférence. Alors quand tu reviens vers lui, tu lui proposes de rester pour la nuit, sans passer par quatre chemins. Tu n'as jamais fait dans la dentelle, pourquoi commencer ce soir ? Mais il secoue négativement la tête. Il n'a pas besoin de dire quoi que ce soit. Tu as compris le message est très clair. « Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Tu as besoin de repos. » Alors c'est ça son prétexte ? Tu as besoin de repos ? C'est pourri. Nul. Moisi. Même une gamine de treize ans aurait fait mieux. Tu le giflerais bien sur l'instant. Ça te démange clairement, de le frapper. Mais tu n'en fais rien, tu restes immobile, à hocher bêtement la tête. Alors, c'est tout ? Vous deux, ce ne sera jamais possible ? En voilà une nouvelle dure à digérer. Parce qu'il t'a laissé espéré, parce qu'il y a quelques minutes encore, il répondait à ton baiser comme s'il y croyait lui aussi. Tu tentes une dernière chose, sans même savoir pourquoi. Peut-être car tu es trop désespéré pour agir autrement. Alors tu glisses tes mains sur son torse, tu viens frôler ses lèvres un instant, avant de te dérober. En haut des escaliers, tu es déjà torse-nu. N'est-ce pas une invitation un peu dissimulée ? Légèrement. Il sourit un peu. Un instant, tu te prends à espérer qu'il te rejoigne. Tu te retrouves rapidement dans ta chambre, et tu guettes le moindre son, le moindre bruit qui pourrait t'orienter sur sa décision. Malheureusement, elle n'est pas celle que tu espères. Tu entends la porte qui se ferme, et tu plisses un peu les yeux, les fermant. Tu serres fort, très fort les dents. Et lorsque tes paupières se soulèvent à nouveau, tu commences à comprendre pourquoi quelques larmes bordent tes yeux. Tu lui en veux. Autant que tu t'en veux. Tu as craqué pour lui. Littéralement. Comme tu ne l'avais pas fait depuis longtemps. Tout ce que tu pensais savoir, toute ce mur de pierre que tu avais érigé devant ton cœur. Il a tout remis en question, tout bousillé. Il t'a atteint avant de faire demi-tour. Sans une raison valable à tes yeux. Et là, tu peux dire que tu as mal Lyokha. Vraiment, très, très mal. Ton regard reste fixé dans le vague un instant. Tu te calmes lentement, avant de retrouver un masque de glace, totalement indifférent. Ça fait pourtant toujours aussi mal à l'intérieur. Tu te laisses tomber sur ton matelas et tu fermes les yeux. Tout ce que tu veux, c'est dormir. Dormir et essayer de l'oublier au moins un peu, ou alors, de rêver. Rêver qu'il est à côté de toi dans ce lit. Qu'il te dit à quel point il t'aime. Qu'il veut être avec toi. Pure utopie ça aussi, Lyokha. Mais n'est-ce pas pour cela que les rêves existent ? Pour nous permettre de nous évader, avant que la réalité ne nous rattrape.

Le portable qui sonne. Tu hésites un instant, mais tu réponds. « Lucky ? Lyokha ! Enfin je t'ai bon sang ! Ça fait deux jours que j'essaye de t'avoir crétin ! Dis, dis, ça te dirait pas de sortir avec nous ce soir ? Heu... j'ai pas tellement envie là, je... Mais allez, viens ! On a dit qu'on ferait la tournée des boîtes ce soir, on passera par l'Atlantide, ça va être cool ! Je suis pas sûr Lucky, je suis crevé et... Oh allez, fait pas ton vieux Lyo ! En plus, y'aura Hänz, ça fait longtemps que tu l'as pas vu ! Je... Bon d'accord, je vous rejoins au Blue Palladium dans une vingtaine de minutes. » Tu soupires en raccrochant. Tu ne sais même pas pourquoi tu as accepté. Certainement pour te changer les idées ? Tu te relèves, t'empresses de te préparer. Tu as besoin de sortir, de respirer... Lucky, Hänz et les autres te feront penser à autre chose, tu le sais. C'est tout ce qui compte. Que tu l'oublies un peu, que ce soit en buvant deux ou trois verres, en parlant à n'importe quelle jeune femme que tu croiseras en boîte. Tu sais que tu ne l'oublieras pas totalement, jamais. Tu peux toujours essayer. Rapidement tu es prêt, et tu récupères les clefs de ta voiture, direction le bar-club où tu leur as donné rendez-vous. C'est un des plus populaires de la ville, tu penses que ça pourrait être pas mal pour débuter la soirée. Et lorsque tu y arrives, tu es agréablement surpris de retrouver quelques personnes qui t'avaient manqué. Des gens que tu n'as pas vu depuis un bout de temps. Hänz, Sidney, la copine de Sid, la belle Elena. Et Lucky. Lucky qui te redonne toujours le sourire. Lucky que tu embrasses sur la joue. La soirée débute vraiment. Tu essayes de mettre un peu de côté ce qui s'est passé précédemment. Désastreux début de soirée. Allez, n'y pense plus, amuse-toi un peu. Et c'est bien ce que tu fais. Vous passez d'un bar à un autre, vous consommez, dansez, parlez, rigolez. Sommes toutes, la nuit est plus que sympathique. Tu te surprends à vraiment t'amuser, même si tu crois l'apercevoir par moments, au milieu d'une foule, accoudé au bar ou dans l'ombre d'une pièce. Non. Il n'est pas là. Et cesse donc d'y penser. Tu bois un verre, un second. Tu essayes de faire attention, car tu sais que rien n'est sûr dehors. Alors tu bois, mais tu t'arrêtes au bout d'un moment. Tu es loin d'être ivre, tu connais tes limites, et tu veux rester un minimum sobre, alors tu freines sur la bouteille. Puis, la jeune Dillinger suggère une boîte qui se trouve de l'autre côté de la ville, là où apparemment, il y aurait une sacrée soirée ce soir. Tu n'es pas contre, tu te laisses entraîner. Ta voiture est à deux rues d'ici, avec celle de Hänz, vous n'avez qu'à prendre les deux véhicules pour vous rendre à cette fameuse boîte.

Mais sur la route, alors que vous riez aux éclats, tout se complique. Vous êtes cinq, et six chasseurs viennent rapidement vous barrer la route. Tu hésites un instant, relève un peu le visage, les méprisant profondément. La suite ? Elle est évidente. Tu sais qu'ils ne vont pas vous laisser repartir comme ça. Tu es recherché, ainsi que les deux autres garçons. Lucky et Elena restent un peu en arrière, et tant mieux. Qu'elles prennent la fuite si elles le peuvent, surtout que la petite brune a eu la curieuse idée de boire un peu trop ce soir. Il faut dire que vous ne pensiez pas tomber sur des chasseurs. Pas maintenant. Toute la bonne humeur redescend brusquement. L'affront semble inévitable. « Six contre cinq. Quel courage. » Siffles-tu presque agressivement. Elena se rapproche pourtant. Elle semble énervée, hors d'elle. Sid la retient, et tu veilles à ce que personne n'attaque. Si tu peux éviter le combat, tu vas le faire. Car ce n'est pas en tant qu'humain – soit complètement désarmé – que tu vas faire quelque chose. « Laissez nous passer. Les descentes sont interdites ce soir, les humains ne risquent rien. » Celui qui tient une épée rit tellement fort que son rire raisonne dans la ruelle. Tu ne recules pas, même s'il approche. Au contraire, tu le fixes. Tu fixes ce masque presque terrifiant que tu détestes tant. Pour une fois que tu n'attaques pas, bon sang, qu'ils vous laissent passer ! Mais celui qui te fait face – et qui semble être le leader du petit groupe – n'est pas de ton avis. Il est le premier à lancer l'offensive, et tu n'as pas le temps de réagir qu'il te colle ton poing dans l'abdomen. Tu es déjà blessé là bon sang ! Et tu sens la plaie s'ouvrir à nouveau, si bien que tu grimaces, te penchant en avant pour tousser. Alors ils veulent se battre ? Très bien. Tu ne t'en rends pas compte, mais Hänz et Sid sont immédiatement pris à parti et sont contraints de se battre. Tu ne t'inquiètes pas tellement pour eux, tu t'inquiètes plutôt pour les deux femmes qui elles aussi, sont prises dans la rixes. Tu veux à tous prix éviter le bain de sang, mais tu n'es pas la victime par excellence, alors c'est plus fort que toi ; tu plaques l'autre au sol brutalement, et s'en suit une lutte plutôt violente. Tu ne vois pas les minutes qui s'écoulent, tu ne te rends pas compte que les autres sont en difficulté, que les coups s'enchaînent des deux côtés. Elena hurle, et vous vous retournez tous les trois vers elle, alors qu'elle s'effondre à terre. Lucky se précipite vers elle, paniquée, elle fait pression sur la plaie de la brune. Sidney rugit de rage et s'élance contre un nouveau chasseur, alors que toi, perturbé par la vision de la jeune femme – une des tiennes, une de tes amies blessée gravement – te déconcentre un court instant. Instant suffisant pour qu'un chasseur te frappe au visage, et que tu tombes à terre. Mais ce n'est qu'une chute avant la suite de la lutte. Le combat continue encore. Ils se font un malin plaisir à vous faire tourner en rond, toi, Hänz et Sid, alors qu'ils sont six. Les filles sont un peu à l'écart, mais tu sais que si vous êtes hors-jeu, elles souffriront elles aussi par la suite. Un flingue, des couteaux. Vous êtes rapidement désarmés pourtant, et obligés de vous contenter de vos poings.

Et puis au bout d'un moment, la fatigue se fait vraiment ressentir. Tu es essoufflé, de nombreuses plaies ont trouvé leur place sur ton corps, sur celui de tes amis. Tu as mal de partout, tu ne sais pas si tes blessures sont graves ou non. Tu saignes du nez, de la bouche, de nombreux endroits, sans même comprendre pourquoi. « Qu'est-ce que vous attendez ? » Hurles-tu. Ta voix reflète ton épuisement. Qu'est-ce qu'ils attendent pour vous achever ? Ils préfèrent jouer avec vous ? Vous humilier ? TU es prêt à te battre, jusqu'à ton dernier souffle s'il le faut. La scène est très silencieuse, tu entends les sanglots de Lucky dans ton dos, elle qui essaye de sauver sa meilleure amie. « Attaquez bon sang ! » Fais-tu agressivement, comme si tu en voulais encore. Tu es... Tu n'en peux tout bonnement plus, si bien qu'un coup de coude dans le visage suffit à ce que tu tombes contre un mur. Vous êtes hors jeu tous les trois, deux chasseurs pour chacun qui vous tiennent à leur merci. Alors c'est ainsi que tout va se finir ? Dans cette ruelle pourrie ? Tu as l'impression de flotter entre l'inconscient et le conscient. Tu ne sais plus trop où tu en es, ce qui va se passer par la suite. Tu as juste envie de pleurer. Pleurer, parce que tout ce qui t'occupe l'esprit pour l'instant, c'est Samael. Samael que tu ne reverras plus jamais, Samael qui apprendra ta mort dans la rubrique chien écrasé du journal de l'empire. Un nom parmi tant d'autres. Un prénom plutôt. Lyokha. Il ne connaît que Lyokha, ton prénom. Mais ce sera suffisant, pas vrai ? C'est tellement peu commun. Tu as envie de pleurer, mais tu n'en fais rien. Au contraire, tu serres les dents, et toute la haine du monde consume tes prunelles. La haine. Comme quoi tu y reviens toujours, à cette colère intense. Et puis, quelque part, tu sais que quelqu'un te vengera. Ton frère, ta sœur. Lucky si elle se tire de cette mésaventure. Un des garçons. Quelqu'un se souviendra de toi, de ce qui s'est passé. Quelqu'un fera couler le sang en ton nom. Mais tu as peur, bon sang. Tu as peur de la mort. Ça te paralyse, si bien que tu es incapable de faire autre chose que d'attendre que le chasseur abatte son épée sur toi. Peut-être que tu t'esquiveras au dernier moment. Tu essayeras. Ou peut-être que tu ne vas pas ciller.

« Meurs, sangsue ! » Tu ne fermes pas les yeux. Tu as toujours regardé la vie en face. Alors la mort aussi. Et pourtant, quand l'épée bouge, elle n'atteint pas ta gorge. Non, une autre épée la bloque avant, avant de l'envoyer valser en arrière. Tu fronces un peu les sourcils, écarquilles les yeux. Bon sang, mais... Un chasseur ? Un chasseur qui vient de te sauver la mise ? C'est à ne plus rien comprendre ! Tu secoues un peu la tête, confus. Mais tu es tellement mal que tu ne dis rien. Tu restes à genoux par terre là, les mains tremblantes. Et... Minute, ce n'est pas que toi qu'il protège, il vient aussi d'aider Hänz. Décidément tu n'y comprends plus rien. Tu essayes de te redresser à l'aide du mur, tu t'appuies contre celui-ci sans pour autant avancer. Les chasseurs sont toujours opérationnels, et si l'un d'entre eux peut tuer le Mad Hatter tu sais qu'il le fera. Et un de ses associés, c'est tout aussi bien. Alors tu ne veux pas mettre en danger la vie des tiens. Tu restes  totalement immobile. « C'est bon, vous avez fini vos conneries ? Notre chef a été claire il me semble : pas de chasse tant que les proies sont sans défense. » « Allons bon, Leo prend la défense de ses proies. Tu es ridicule, gamin. Il y a quelques jours, tu aurais volontiers pris ma place pour éliminer cette chose. » Tu n'es pas sûr de comprendre tout ce qu'ils racontent. Un chasseur qui vous défend. C'est tout ce qui s'imprime dans ton esprit. Ou alors il a un sens très strict du règlement, ou alors il a fait une mauvaise chute sur la tête, et il est en train de péter les boulons, carrément... Tu n'as pas trop envie de savoir ce qui lui prend, mais silencieusement, tu remercies Rod. Bon ou mauvais, ce chasseur est en train de vous aider, même si tout ne semble pas gagné pour autant, en réalité. « La situation n'est pas propice à ce genre de mesquine petite vengeance. Vous êtes en train de jouer à leur jeu, vous tombez tous plus bas que terre. » « Il faut bien qu'un jour ils comprennent ce qu'ils nous font subir. Dégage de mon chemin. » « Non. Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi. » Tu tousses un peu, crachant du sang. Oh là, c'est plutôt mauvais ça. Tu passes une main sur ton abdomen, gémissant de douleur. Tu as l'impression que cette plaie que tu t'es faite plus tôt dans la soirée vient de se faire quelques amies. Ouah. Super, vraiment, manquait plus que cela. Tu surveilles la scène du coin de l’œil, les chasseurs qui négocient. Tu ne comprends pas tellement le délire, mais soit, tu es loin d'être contre, si cela peut vous sauver la mise, à toi et aux autres. Sauf que tout ne se passe pas vraiment comme prévu, puisque les deux chasseurs se battent. Étonnant, pour deux confrères... Et dire qu'ils se trahissent entre eux. Beau boulot. Tu secoues un peu la tête en constatant une telle scène. C'est tellement pathétique. Ils ne sont même pas d'accord entre eux... Enfin, toujours est-il que celui qui a pris votre défense a le dessus. Et c'est tout ce qui t'importe vraiment. « Salo****... » « Provoque-moi encore une fois et je te jure que ce ne seront pas les créatures des enfers que tu devras craindre, mais bel et bien moi-même. Disparais de ma vue. Les ordres sont clairs. » « Pourquoi Leo ? Pourquoi agir ainsi ? » « Mes raisons ne vous regardent pas. » Alors c'est fini ? Il a réussi à les faire fuir ? Tu le vois qui repousse violemment l'autre vers les chasseurs. Il se remet en position de défense, mais tu doutes qu'il puisse faire le poids contre six des siens. Et puis, les autres rangent leur arme. Et ils disparaissent rapidement dans la nuit, tous.

Lucky pleure derrière vous, et tu vois Sidney qui se précipite vers les deux filles malgré les blessures qu'il a reçues. Hänz lui fixe d'un œil mauvais le chasseur, mais c'est bien le moins amoché de vous trois. Tu as peur qu'il saute sur ce type qui vient de vous sauver. Ce ne serait pas vraiment justifié. Quoique, rien que le fait que ce soit un chasseur est la justification suffisante d'un tel acte. Tu te redresses, et l'autre reprend la parole, presque sèchement. « Dégagez tous les trois et ne recroisez plus jamais ma route. Dégagez, avant que je ne change d'avis et décide que vous épargner est une mauvaise idée. » Un éclat de rire échappe à Hänz, faisant écho au tiens. Vraiment ? Il croit qu'il fait le poids contre trois vampires ? Car oui, tu comptes bien avoir de nouveau tes propriétés surnaturelles, la prochaine fois que tu te retrouveras face à un chasseur. Ce qui s'est passé ce soir... C'est inexcusable. Ils ont mis le feu aux poudres ce soir. Ils vont amèrement le regretter. TU ne sais pas pourquoi, mais le chasseur reste le regard rivé sur toi. Quoi ? Qu'est-ce qu'il te veut ? Tu n'en sais strictement rien, mais une fois de plus, ton sang ne fait qu'un tour. Rapidement, tu avances jusqu'à l'homme masqué, l'attrapant par le col pour le plaquer sans aucune délicatesse contre le mur. Ce n'est pas parce que tu es blessé que tu en as perdu toute vigueur. Tu es un combattant avant tout. Ton sourire est carnassier, presque mauvais. Même si tu fais un bien triste portrait, avec tout ce sang sur toi. Ce n'est pas parce que tu es humain pour ce soir que tu en oublies la suite, et ce n'est certainement pas parce que ce gars vous a aidé que tu en as perdu ton avis sur les chasseurs. Loin de là. Tu penses toujours la même chose de ces types, même si tu es un peu stupéfait que l'un d'entre eux vous ait aidé. D'ordinaire, c'est le genre de chose qui n'arrive pas. Ils vous tuent, et point. Mais là... C'est vraiment étrange, ce qui s'est passé. Mais tu ne vas pas épiloguer dessus, non. Tu essayes de capter le regard de ton vis-a-vis, mais c'est purement impossible. Il est masqué, son visage entier est dissimulé. Pourtant, tu donnerais tout pour apercevoir ses traits. « Hé bien, c'est ainsi que tu me remercie de vous avoir sauvé la mise, Mad Hatter ? » Tu hausses un peu les sourcils. Il veut jouer dans la provocation en plus ? Un sourire carnassier flotte sur tes lèvres. Ce n'est pas parce qu'il vous a aidé que tu es à sa botte. Loin de là encore une fois. C'est un chasseur avant tout ; dans votre camp comme dans le leur, ça n'a aucune importance. Il porte les armes des chasseurs, avec une fierté qui te dépasse, qui te dégoûte totalement. Mais tu ne dis rien. Tu te contentes de fixer ce masque, resserrant un peu ta prise sur son manteau. Tu serres un peu les dents, et finalement, tu reprends. « Des traîtres au sein même de votre petite organisation. Vous descendez encore plus bas dans mon estime, moi qui pensais que vous aviez déjà atteint le fond. De mieux en mieux ! » Tu es mauvais dans tes paroles, mais voilà le fond de ta pensée. Tu t'attendais à ce qu'ils aient un minimum d'intégrité, un espèce de code d'honneur entre eux. Tu ne devrais pas t'en plaindre pourtant, car c'est grâce à ce « manquement » que vous êtes encore en vie.

Hänz n'est pas loin de toi. Il est nerveux, et il a tout sauf envie de rire. Sidney reste avec Lucky, autour d'Elena qui continue à perdre du sang. Le premier ne bouge pas, il vous regarde, toi et le chasseur. « Qu'est-ce que t'attends Lyokha, descends-le. » Tu souris un peu, détourne ton regard pour le reporter sur l'inconnu. Le tuer, ne pas le tuer... Tout est question de code, une fois de plus. Ce gars vous a sauvé, que tu l'acceptes ou non. Le tuer serait d'une grande injustice, le genre d'injustice que tu ne peux tolérer. Tu ne t'en rends pas compte, mais Sid se relève brusquement, attrape un couteau et s'approche de vous vivement. Tu tournes la tête un instant, t'aperçois qu'il est de plus en plus proche. Tu peux le comprendre. Les chasseurs ont blessé sa femme. Peut-être mortellement, tu n'en sais encore rien. Tu jettes un coup d'oeil à Hänz, celui-ci attrape Sid de force, et l'entraîne à l'écart alors qu'il vocifère un tas d'insultes à l'encontre du chasseur. Des insultes, des menaces... Tu devrais peut-être le tuer tous comptes faits. Ce serait justice faite pour Elena. Tu restes silencieux, observant encore et toujours votre sauveur, puisqu'il faut dire les choses telles qu'elles sont. « Lyokha, dépêche-toi, on a plus le temps là, on doit foncer à l'hôpital ! » T'avertit Lucky, criant presque. L'état de la petite brune doit être critique, et tu sais que vous ne pouvez pas perdre plus temps. Tu soupires un peu, penches légèrement la tête. Tu n'as pas envie de le laisser s'en sortir indemne, et pourtant, il semblerait que tu n'aies plus le temps ou le choix. « Leo donc. C'est ta seule chance. Tu prends la fuite, je ne te revois plus jamais. Et si tu as le malheur de croiser ma route, toi, ou un de tes petits copains ; ce sera la même. Vous êtes tous morts. Et tu peux leur dire qu'un tel affront ne restera pas impayé. Encore moins si la petite brune derrière moi ne s'en tire pas. J'y veillerai personnellement. Maintenant, dégage. Dégage avant que l'un d'entre eux ne t'attrape. » Car il a beau être un chasseur, vous avez beau être dans un sale état, vous êtes toujours trois contre un. Tu relâches le manteau de celui qui se fait appeler Leo, tu le laisses disparaître dans la nuit. Assez de grabuge pour ce soir. Et toi, en attendant, tu vas en courant, et plutôt difficilement, chercher ta voiture. Vous devez aller à l'hôpital, et vite.

L'appartement. Tu fermes la porte derrière toi, tu restes appuyé contre un certain moment, fermant les yeux. Elena va bien. Elle est à l'hôpital, Sid la surveille. Hänz a raccompagné Lucky. Et toi tu es chez toi. Fin de la soirée. Une soirée qui avait bien commencé pourtant. Fin désastreuse. Les chasseurs ne sont bons qu'à vous pourrir la vie, en définitive. Et tu repenses un instant à la conversation que tu as eu avec le jeune Tudor, un peu plus tôt dans la soirée. Pourquoi haïr tant les chasseurs ? Pour tout ça. Ce soir, tu n'avais pas envie de te battre. Tu as même essayé de contourner l'affront. Ils ont porté les premiers coups, tu n'as pu que répondre, et subir. Souffrir, une fois de plus, physiquement surtout. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Comment est-ce que les choses peuvent fonctionner, s'il n'y a que toi pour faire des efforts ? Si eux n'en font pas de leur côté, alors toi non plus. Et tu sais que ce qui s'est passé ce soir, ce n'est qu'une raison de plus pour tous les tuer. Tu serres un peu les dents. Tu as mal. De partout. Tu devrais juste aller t'endormir après une bonne douche. Et c'est bien ce que tu comptes faire. Tu n'as même pas envie de regarder la télé, de continuer à bosser. Tu es juste fatigué. Fatigué de tout cela, de constater que rien n'ira mieux, jamais. Tudor ne veut pas de toi, alors qu'il t'a dit qu'il t'aimait la nuit dernière. Tu as failli perdre une précieuse amie, et tu as failli te perdre, toi aussi. Le désespoir s'imprime dans tes pensées peu à peu, mais tu secoues un peu la tête, allant plutôt derrière le comptoir pour récupérer un verre d'alcool fort. Avec un peu de chance, ça t’assommera suffisamment pour que tu t'endormes. Tu prends une gorgée, grimace quand l'alcool vient brûler tes plaies. Mais une fois de plus, tu ignores la douleur, et tu montes plutôt à l'étage, dans la salle de bain. Ton reflet pourrait faire peur. Il ne te fait même pas ciller. Tu enlèves péniblement ton haut à moitié déchiré, constatant rapidement l'ampleur des dégâts. De nombreuses ecchymoses fleurissent sur ta peau, et tu sais que demain ce sera encore pire. La plaie à ton abdomen s'est rouverte, comme tu t'y attendais, et de nombreuses autres petites entailles plus ou moins profondes se sont faites une place dans ta chair. Tu tournes un peu sur la droite, sur la gauche, observes toutes ces marques sur ton corps. Tu détailles aussi ton visage ; l'arrête de ta mâchoire du côté gauche est salement abîmée. Ta lèvre inférieure est entaillée à deux endroits. Ton nez est ouvert au niveau de la racine ; une chance qu'il ne soit pas cassé. Ton œil gauche a beaucoup pris lui aussi, et tu sais que demain, tu auras le droit à un beau coquard. L'arcade sourcilière est légèrement fendue aussi. Et ton front, du côté droit, est légèrement ouvert. Quel portrait. Quel magnifique portrait. Tu serres les dents pour ne pas tout envoyer balader sur l'instant. Parce que tout cela, c'est encore de leur faute. Tu les hais profondément. Tu attrapes une petite trousse dans un placard. Une aiguille, du fil, tu n'as pas d'autre choix que de faire les sutures toi-même. Alors tu t'assois, la lumière bien en évidence au dessus de toi, et tu entreprends de refermer les plaies les plus profondes au niveau de ton abdomen. Ton bras gauche se contentera d'un bandage, et pour le reste, tu verras avec des sutures adhésives. Une chance qu'aucune veine, artère importante n'ait été touchée. Tes blessures sont dans l'ensemble superficielles, mais ce n'est pas pour autant que ce n'est pas douloureux.

Quelqu'un frappe à la porte. Tu fronces un peu les sourcils, surpris d'une visite à une telle heure. Qui pourrait bien venir chez toi, en plein milieu de la nuit ? Tu ne comprends pas. Tu termines ton point, range rapidement la trousse, et entreprends de descendre les escaliers silencieusement. Qui est-ce qui... Tu as ta petite idée, mais quelque part, tu espères te tromper. Tu aimerais juste que ce soit Lucky qui te dise qu'elle veut dormir chez toi, car elle ne se sent pas bien. Ce serait tellement plus simple. Par mesure de précaution, tu attrapes un couteau de cuisine que tu gardes le long de ton corps, t'approchant de la porte. Tu l'ouvres d'ailleurs à moitié, penchant un peu la tête pour observer le nouveau venu. Samael. Merveilleux. Tu ne souris pas, mais tu laisses ton couteau tomber derrière la porte, dans le sol. Tu le récupéreras plus tard, pour l'instant, tu t'intéresses juste à ce garçon. Pourquoi ne pas l'inviter à rentrer ? Tu n'en as pas envie. Pas après ce qu'il t'a dit, après tout ce qui s'est passé. Tu restes juste neutre. « Qu'est-ce que tu viens faire par-là ? » Souffles-tu finalement, le jaugeant du regard. « Te demander pardon pour être parti. On m'a appelé ailleurs... » Tu secoues un peu la tête, regardant tout, sauf lui. Appelé ailleurs hein ? Il aurait au moins pu prévenir. Est-ce qu'il sait au moins ce que ça t'a fait, de le voir partir ? Apparemment pas, puisqu'il se pointe comme une fleur sur le pas de ta porte. Tu soupires profondément, reprenant alors. « Et qu'est-ce que tu veux ? » Non, tu n'as pas envie de jouer le sympathique petit humain. Tu es fatigué, encore un peu énervé. Et toujours aussi blessé de ce qui s'est passé avec lui. Tu lui as ouvert ton cœur, il s'en rend compte ? Tu as dévoilé des choses que tu ne pensais jamais lui. Et il est parti, sans un mot. Il voudrait quoi, que tu lui sautes dessus là, tout de suite ? C'est bien mal te connaître. « Me faire pardonner ? » Tu hausses un sourcil. Tu n'es pas vraiment d'humeur en fait. Pas d'humeur à donner ton pardon à tout bout de champ. Alors pour l'instant, tu restes sur là, à le dévisager. « Et si je dis non ? » Fais-tu d'abord, penchant un peu la tête. Et si tu dis non, hein ? Est-ce qu'il va partir, t'abandonner définitivement ? Tu brûles d'envie de lui dire de partir, autant que tu veux le plaquer contre ce mur en face et l'embrasser. Tu restes figé, sur place, attendant sa réponse qui ne tarde pas à venir. « Si tu veux que je te laisse, c'est comme tu veux... » Il ne répond pas tellement à ta question, quoique, tout dépend de comment tu interprètes ses mots. Il te vole un baiser, et tu te prends à en vouloir plus, soudainement. Mais non. Ce ne serait pas bien, ce ne serait pas sage.

Et qui a dit que tu étais sage de toute façon ? Tu hésites un instant, mais tu ouvres ta porte en grand, l'invitant à rentrer à l'intérieur. Ce n'est peut-être pas une bonne idée. Et tant pis en fait. C'est ta manière à toi de dire que tu l'excuses. Pour tout. Parce qu'au final, tu l'aimes. Et tu as l'impression d'être capable de tout lui pardonner. Tu attrapes son manteau, l'attirant un peu à toi pour l'embrasser. Tu n'as pas envie qu'il pose de question. Tu n'as pas envie de lui expliquer pourquoi toutes ces plaies, ces bleus en devenir. Tu ne veux plus parler ce soir, et pourtant, quelque chose te dit que tu ne seras pas aussi tranquille que cela. Tu relâches ses lèvres, rouvrant un peu les yeux, et avant même qu'il ne prononce un mot, tu poses ton index contre ses lèvres. Chut. « Si je te dis que je vais prendre une douche, est-ce que je peux y aller sans avoir peur que tu disparaisses entre temps ? » Tu visses un instant ton regard d'azur dans le sien. Qu'il disparaisse, ça ne t'étonnerait même pas en fait. Mais tu veux qu'il comprenne ; il ne peut pas aller et venir comme bon lui semble. Tu n'es pas une attraction, ou un jouet qu'il peut utiliser quand il le veut, et mettre de côté quand il en a marre. Tu te dérobes à lui, empruntant les escaliers. Tu as l'impression de l'abandonner bien souvent dans ton salon ce soir. C'est quoi, la... Quatrième fois ? Si ce n'est plus. Enfin, tu ne le répéteras pas ; il fait comme chez lui. Et s'il prend la fuite à nouveau, qu'il ait au moins la décence de fermer la porte derrière lui. Tu ne regardes pas derrière toi cette fois, non, tu en as marre de trop espérer, alors tu n'attends plus rien de lui. Tu files plutôt vers la salle de bain, tu termines de te déshabiller et tu te glisses plutôt sous la douche. L'eau est chaude, peut-être un peu trop. Tant pis. Le sang glisse de ta peau, l'eau nettoie un peu tes plaies. Mais les souvenirs de cette mauvaise nuit restent, eux. Tu fermes les yeux un instant, profitant juste de l'eau qui passe sur ta peau, tombant en cascade. C'est presque apaisant. Tellement que tu n'entends pas le bruit de la porte qui s'ouvre, pas plus que tu n'entends la vitre de la douche qui coulisse. Tu es perdu dans tes pensées, littéralement. Et la seule chose qui te fait revenir à toi, ce sont ces mains qui glissent sur tes épaules. Tu rouvres les yeux instantanément, mais tu ne bouges pas. À vrai dire, tu es un peu perdu. Un peu tendu aussi. Tu ne bouges pas, à vrai dire, tu ne fais que tourner légèrement la tête, l'apercevant par-dessus ton épaule. Tu baisses les yeux un instant, tu hésites... Mais sans un mot de plus, tu te retournes, et tu viens l'embrasser. Tu es complètement trempé. Tu es complètement nu aussi. Tu t'en fous. Bon sang que tu t'en fous. Tout ce que tu veux, c'est lui. Savoir qu'il est là pour toi, même si ce n'est que pour une nuit. Quelque chose te fait mal à l'intérieur, là, au niveau du cœur. Ton rythme cardiaque s'accélère, bien que tu ne t'en rendes pas compte. Tu glisses tes bras autour de son cou, et tu donnes un peu plus de fougue encore dans ce baiser, fermant les yeux. Tu ne t'en rends pas spécialement compte, mais tu l'entraînes dans la douche, sous l'eau, toujours plus près de toi. Qu'importe. Tes mains glissent le long de ses épaules, puis sur son torse, tu lui enlèves rapidement son haut qui finit tu ne sais trop où hors de la douche. Il peut toujours te dire stop, tu n'es pas sûr de pouvoir t'arrêter. Parce qu'il est tout ce que tu veux sur l'instant, et que la fièvre s'empare beaucoup trop de toi. Tu l'aimes bon sang. Tu l'aimes tellement. Tu relâches ses lèvres un court instant, pour mieux les capturer, à nouveau. Tu glisses tes mains sur sa peau désormais mouillée, tu te perds littéralement contre lui. Mais tu en as marre de souffrir. Tu veux aimer bon sang, rien qu'une fois, rien qu'une nuit. Aimer sincèrement même si vous n'avez pas le droit. Et même s'il y a toujours cette tristesse pour envelopper ton cœur, cette chose qui te dit que ça ne va pas durer, et que tu en souffriras encore plus dans les prochains jours... Qu'un porte, tu as besoin de lui cette nuit, plus que jamais. Tu relâches ses lèvres, ton front contre le sien, un instant. Tu réfléchis un peu, te mordant légèrement la lèvre, et finalement, tu souffles quelques mots. « Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? » Car non, tu ne ferais jamais rien contre sa volonté. Toi tu es prêt à franchir le pas, à aller plus loin, à dépasser le point de non retour. Mais lui, qu'en est-il de lui ? Tu n'es plus sûr de rien. Tu as besoin qu'il dise quelque chose, qu'il t'arrête ou au contraire, qu'il t'incite à dépasser cette fameuse limite. Et en attendant ton souffle se mêle au sien, encore. Tu brûles d'envie de l'embrasser, de goûter à ses lèvres, à sa peau. De faire confiance à l'autre à nouveau, même si tu as tort. De réapprendre la réelle définition de ce que c'est, que l'amour.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Sa-Par
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Lun 24 Fév - 21:49

Il n'y a pas d'échappatoire à la haine. Vraiment ? Tu ne sais quoi en penser. Certes, c'est un sentiment fort, difficile à combattre. Tu es bien placé pour le savoir, tu y es sujet, elle a dicté un certain nombre de tes actes par le passé et elle continue encore. Mais tu sais que tu as tord, tu sais que, en tant que Tudor, tu te devrais de bannir ce sentiment. On ne gouverne pas avec la haine mais avec la justice. Tu voudrais que les choses soient différentes, que cette planète puisse être en accord avec les espoirs qu'en avaient les premiers habitants. Une planète où tous pourraient vivre en paix, loin de la menace des chasseurs, loin de la peur des autres, des préjugés. Mais au fil des années, vous n'avez fait qu'entretenir ces vieilles querelles. La paix universelle n'est et restera qu'une douce utopie. Et pourtant, quelque part, tu continues à espérer que, un jour, vous trouverez une solution. Avec des compromis des deux côtés, des lois ne convenant à aucun des partis mais suffisant pour les peuples, peut-être que vous parviendriez à avoir un minimum de contrôle sur la situation. Un minimum. S'il y a une chose qu'on ne pourra jamais vous retirez à vous autres, humains, c'est l'espoir. Cet espoir qui continue à vous faire avancer, à vous faire progresser sur tous les domaines. C'est parce que vous croyez en un avenir meilleur, c'est parce que vous avez des rêves que vous êtes encore là. Parce que vous vous battez pour votre monde, votre univers, vos semblables. Et c'est ce que tu te dois de continuer à faire. En attendant de parvenir à appliquer une meilleure méthode, tu laisseras Leo gérer ta colère et ta haine alors que, en tant que Samael, tu chercheras une autre solution.

Dire que tu espérais passer une bonne soirée, avec quelques délires, quelques dérives aussi... Tu ne pensais pas que les Chasseurs viendraient interrompre ta soirée avec Lyokha. Tu lui as pourtant réservé ces quelques heures, tu as fait des efforts pour lui, tu en fais plus que pour n'importe qui d'autre. Pour lui, tu as laissé de côté ta haine et ta colère pour laisser place à quelque chose d'aussi puissant, d'aussi dévastateur... Un sentiment que tu n'oses nommer tant il t'effraie, pourtant tu y cèdes, petit à petit. Tu veux être avec lui, tu veux le protéger, lui accorder ta confiance. Tu voudrais changer pour lui, faire disparaître une certaine partie de ton histoire, un de tes plus grands secrets. Malheureusement tu ne peux pas. Tu es désolé de faire remonter de mauvais souvenirs, désolé d'être celui que tu es... Il voudrait pouvoir te faire confiance mais tu sais parfaitement que, si jamais il le fait, il sera déçu. Sa haine pour les tiens est trop forte, tu doutes qu'il soit capable de te pardonner ton appartenance à ce groupe qui lui a fait tant de mal. Tu ne peux pas lui dire la vérité, tu ne peux pas tout lui dévoiler. Alors quand il te le demande, tu choisis d'être le plus honnête possible. Tu es tellement désolé, tu as mal de le repousser de cette manière, alors que tu n'as qu'une envie : l'attirer contre toi et l'embrasser, lui faire oublier tes mots, lui faire comprendre que tu feras ton possible pour qu'il puisse réellement avoir confiance en toi. Tu n'en fais rien. Tu es bien trop mal à l'aise. Alors tu finis par le relâcher, toi qui avais emprisonné ses joues entre tes mains. Tu le laisses se détourner de toi, il en a tout à fait le droit... Vous l'êtes tous ? Tu te mords légèrement la lèvre... Le problème ne vient pas de lui mais de toi, ne peut-il pas comprendre ? Tu n'es pas le genre de personne faite pour lui, même si tu le voudrais... Ouh là, tu dérives très sérieusement, il faut que tu te calmes jeune homme.

C'est ce que tu essayes de faire, lui expliquant que rester n'est pas une bonne idée. Il a besoin de repos, toi de réflexion alors... Et pourtant tu es prêt à tout laisser tomber en le voyant se mettre torse-nu en haut de l'escalier. C'est une invitation là, non ? C'est ainsi que tu le prends, tu as bien envie d'accepter... Pour une nuit, une seule, pourra-t-on te le reprocher ? Tu en as envie, lui aussi, alors peut-être que... Non, c'est une mauvaise idée parce que tu sais que ce n'en sera que plus douloureux dans le futur. Et pourtant, tu hésites. Tu veux pouvoir le rejoindre, redécouvrir son corps, aller plus loin que la nuit précédente... Tu veux pouvoir t'accorder une autre nuit avec lui, une nuit de folie, une nuit à oublier qui tu es, qui tu te dois d'être. Tu voudrais tant céder... Tu fais même quelques pas dans la direction de l'escalier. Tu veux céder, tu vas céder. Malheureusement, ou heureusement tout dépend du point de vue, un bref signal capte toute ton attention. Alors tu te connectes rapidement au réseau des Chasseurs. On a besoin de toi sur le terrain. Bon sang, tu as bien envie de les insulter de toutes les manières possibles. Ne pouvaient-ils pas se tenir tranquille pour une fois ? Ne peuvent-ils pas se débrouiller sans toi ? Tu voudrais bien les envoyer sur les roses, leur dire de se débrouiller sans toi. Malheureusement, comme tu l'as dit plus tôt au blond, ton sens du devoir est extrêmement développé. Il passe avant tes désirs, avant ton cœur. Tu ne peux laisser des coéquipiers dans les ennuis, ce n'est pas toi. Alors tu te résous à partir, plus que désolé, le cœur en miette... Ta seule consolation est de le savoir en sécurité chez lui. S'il a la merveilleuse idée de rester dans son appartement, évidemment. Un dernier murmure et tu sors, prenant bien soin de fermer la porte derrière toi.

Leo retrouve rapidement sa place dans les rues, son masque sur le visage, son long manteau noir, ses gants teintés de carmin, ses armes affûtée, et surtout cette excellente connaissance de la ville. Tu sais où te rendre et par quel chemin. Tu sais qui contacter, avec qui tu peux négocier. Medusa t'écoute de longues minutes expliquer ton point de vue sur les actions des autres en cette nuit si particulière. Tu n'es peut-être pas au plus haut de la hiérarchie mais Nocte t'a, très tôt, présenté comme quelqu'un de fiable. Tu as toujours fait de ton mieux avec eux pour limiter leurs actions, pour que celles-ci aient le moins d'impact politique possible. On a tendance à t'écouter, elle surtout. Elle sait qu'en cas de guerre, votre peuple aurait du mal à tenir le coup. Alors tu uses de tous tes arguments pour la convaincre. C'est une affaire longue et éprouvante mais, en fin politicien qu'on t'a formé à être, tu parviens tout de même à la rallier à ton point de vue. Suite à cela, tu vas arrêter tous les chasseurs que tu croises, les renvoyant à la base. Votre chef leur fera un topo et tu croises les doigts pour qu'ils acceptent de se tenir tranquille. La situation est trop délicate pour vous permettre le moindre faux-pas... Mais tu connais tes coéquipiers, une trêve, même temporaire, est hors de question, peu importe la situation. Au début, cela se passe relativement bien. Mais lorsque Nocte lui-même te contacte, tu comprends que tout ne sera pas aussi simple que tu l'espérais. Tu as encore en certain Sword à gérer et tu sais que cela va être tout sauf une partie de plaisir.

Lorsque tu arrives sur place, tu t'attends à le trouver avec deux autre coéquipiers, à s'en prendre à une ou deux personnes. Sauf que là, non, ils sont six. Six contre cinq. Trois garçons, deux filles. Tous sont blessés, l'odeur du sang est bien trop présente pour que tu ne puisses le remarquer. Mais ce n'est pas le pire à tes yeux. Non, tu en as trop vu pour tourner de l'œil aussi facilement, à présent. Mais ce qui te choque, c'est de le voir, Lui. Blessé, vêtements déchirés, à genoux contre un mur, immobile, prêt à se faire trancher la gorge d'un coup d'épée. Non, non, il ne peut pas, il ne doit pas... Ton sang ne fait qu'un tour. Entre Leo et Mae, le choix est immédiatement fait. Tant pis si tu passes pour un traître aux yeux des autres, il est hors de questions que tu les laisses le tuer ! Encore moins sous tes yeux ! Alors tu interceptes l'épée qui devait lui ôter la vie. Mieux, tu la fais valser plus loin. Tu es un épéiste doué, c'est reconnu officiellement mais plus encore en tant que Leo. Le seul problème, c'est que Sword est un adversaire redoutable et plus ancien que toi. Tu lui devrais respect et obéissance. La blague. Tu lui tiens tête, tu leur tiens tête, à tous. Tu les empêches de terminer ce qu'ils ont commencé. Il est hors de question que tu laisses passer. Les ordres sont de rentrer à la base. Nocte n'a-t-il pas fait, d'ailleurs, comprendre que le Mad Hatter était une de tes proies ? Cela t'éviterait de trop passer pour un traître aux yeux de tous... Mais non, il ne l'a pas fait. Tant pis, tu vas devoir te battre pour te faire respecter, pour imposer ton point de vue, ta volonté, et les ordres, un peu. Tu es prêt à tous les affronter s'ils y tiennent, tu as une bonne raison d'agir comme tu le fais. Tu as quelqu'un à protéger, parmi leurs proies. C'est ta meilleure raison mais celle que tu ne peux t'autoriser à dévoiler, peu importe la personne à qui tu le fais... Heureusement, Sword est le seul à venir chercher une leçon. Tu t'en sors avec un simple hématome en devenir, avec les autres, tu n'as pas à te battre. À un contre un, tu peux vaincre. Un contre deux, c'est déjà plus difficile. Alors si tous en venaient à se retourner contre toi... Non, tu ne ferais pas du tout le poids. Par bonheur, c'est Medusa qui te sauve la mise, rappelant tout le monde à ce moment là. Ils reculent alors et disparaissent. Tu retiens un soupir de soulagement, heureux de cette intervention et de cette fin plutôt... Rapide et sans trop de complications dira-t-on. Par contre, lors des prochaines chasses, tu auras intérêt à te montrer sans pitié, sinon ils douteront trop de toi. Que de soucis à régler pour une seule personne... Enfin, chaque chose en son temps.

Ta voix se fait ferme tandis que tu leur dit de dégager avant de changer d'avis. Ce n'est que du bluff, bien évidemment, mais ils ne le savent pas. Mais cela semble les amuser, puisque deux garçons sur trois se mettent à rire. Dans leur état, tu doutes qu'ils puissent te résister bien longtemps, même à trois contre un. Mais si cela les amuse, très bien, tant mieux pour eux. Tu as fait ce que tu avais à faire, il faut que tu t'en ailles avant qu'on se doute de quelque chose. Et puis, il faut qu'ils aillent se soigner, tous. Tu voudrais être intervenu plus tôt, tu aimerais avoir été capable de leur éviter le plus gros des dégâts mais tu es arrivé avec un peu de retard... Fort heureusement, pas trop tard non plus. Bref, il faut que tu files. Sauf que le blond, à nouveau debout, franchit rapidement la distance entre vous, attrape ton manteau et te bloque contre le mur le plus proche. Le choc de ta colonne vertébrale contre le mur est brusque, douloureux, ce qui t'arrache une légère grimace qu'il ne peut pas voir. Tu pourrais le repousser, le frapper, chercher à lui échapper... Tu ne fais rien de tout cela. Non, tu restes immobile entre ses mains, celles de celui que tu aimes, laissant tes mots parler pour toi. Quel rôle joues-tu ? Tu ne sais pas exactement. Tu as l'apparence de Leo mais tu n'es pas lui. Tu n'es pas Mae non plus. Plus que jamais, il faut que tu caches ta véritable nature. Une chance qu'il soit humain pour ce soir, parce que sinon ton sang te trahirait aussitôt... De très, il n'est vraiment pas effrayant. Tu te désoles de voir l'état dans lequel ils l'ont mis. Une fois de plus, tu t'en veux d'être arrivé si tard sur place, de ne pas avoir songé à les surveiller, eux tout spécialement. Ces mots qu'il prononce ont-ils pour but de te déstabiliser ? Si c'est le cas, il est bien mal parti. Tu n'en pas un traître. Enfin... Pas exactement. Tu n'as pas à te justifier, Leo ne se justifie jamais. Mais il ne se laisse pas non plus marcher sur les pieds.

-Je doute que ça change quoi que ce soit à ton point de vue sur nous, sangsue. Mais crois-le ou non, j'ai un sens de l'honneur et plus encore, je respecte les ordres. Mais tu devrais t'en réjouir, comme tu vois, vous êtes encore tous en vie.

Un sens de l'honneur très poussé, oui. Et les ordres, c'est toi qui les donnes, il est normal que tu les respectes. Bref. Tu le provoques mais c'est le personnage de Leo qui veut cela, en enfermant cette partie de toi qui ne souhaite que la destruction des vampires. Tu te concentres beaucoup sur lui, il est celui que tu observes le plus de l'autre côté de ton masque, mais ton instinct de chasseur te pousse aussi à surveiller ce que font les autres. S'ils se mettent en tête de t'attaquer malgré le fait que tu leur ait sauvé la vie, il faudra bien que tu te défendes. Tu ne comptes pas te laisser tuer aussi facilement non plus. Cependant tu ne bouges absolument pas quand l'un encourage le blond à te tuer. Pas plus que tu ne réagis lorsqu'un autre s'approche un peu, couteau à la main, avant de se faire éloigner de toi, vociférant insultes et menaces. Tout coule sur toi, tu n'en as rien à faire des menaces, des insultes. Tu sais ce que tu as fait, tu sais pourquoi tu l'as fait. C'est le principal, ils n'ont pas besoin de comprendre. Et puis, les menaces, combien de proies en ont proférées à ton intention avant de rendre leur dernier souffle ? Beaucoup. Toutes, en fait. TU ne laisses jamais une proie t'échapper, la sentence a toujours été la mort avec toi. Il n'y a jamais eu la place pour l'échec dans tes traques. Ils sont les premiers à en réchapper vivants et seront peut-être les derniers, qu'ils en profitent... Et, apparemment, il semblerait que ce soit déjà la fin de votre entretient. Tu reconnais la blonde. Lucky, c'est cela ? Il te semble te souvenir de son prénom. Mais elle ne doit pas être la plus blessée du groupe, contrairement à la brune que tu as rapidement vue au sol. C'est si sérieux que cela ? Ton regard dévie vers elle, un peu inquiet. Si les Chasseurs ont fait des victimes cette nuit, il faudra sévir, envisager d'autres mesures avec ton oncle et... Enfin, ils feraient mieux d'aller la soigner. N'est-ce pas le plus important, après tout ? Oui. Il te le prouve, te laissant partir. Mais avec des menaces bien précises. Tu n'en attendais pas moins. Tu te contentes de secouer la tête tout en le repoussant fermement au moment où il te lâche enfin.

-Je retiens tes propos. Mais l'inverse vaut aussi. La prochaine fois, n'attendez aucune clémence de ma part. Sur ce, au plaisir de ne jamais vous revoir, aucun d'entre vous. Toi y compris, Mad Hatter. Ou peut-être devrais-je dire Lyokha, comme tes... Amis ?

C'est presque dommage qu'il ne puisse pas voir ton sourire carnassier en-dessous de ton masque. Mais tu ne t'attardes pas plus. Sans un mot de plus, sans une nouvelle provocation, tu disparais au sein des rues de la capitale, faisant tout pour que personne ne puisse retrouver ta trace. Tu restes à l'écoute des conversations des autres Chasseurs, tu surveilles leurs échanges, leurs positions. Il faut qu'ils suivent le plan avant que tu puisses te permettre de laisser Leo de côté. De longues minutes, tu parcours les rues, rappelle à l'ordre deux-trois personnes, écoutes le début des nouvelles instructions de Medusa... Jusqu'à te figer en pleine rue. Tu es face à un autre chasseur qui semble de très mauvaise humeur. Sword. Curieux, tu n'es pas étonné de le voir là, à t'attendre. « Je savais bien que tu passerais par-ici, Leo. » Tu lèves les yeux au ciel, plus qu'exaspéré. Tu voudrais qu'il te lâche un peu. « Qu'est-ce que tu me veux encore ? Te faire payer l'affront de tout à l'heure. Je n'y peux rien si tu es allé contre les ordres. Ne t'en prend qu'à toi-même. Et maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai à faire. Hors de question. » Sans prévenir, son épée est de sortie. La tienne vient alors l'intercepter de justesse. Bon sang, il est puissant, le coup te fait mal aux bras. Mais ce n'est pas pour autant que tu comptes lui laisser le dernier mot. S'ensuit une bagarre mémorable entre vous deux. S'il y a une chose que tu dois lui accorder, c'est qu'il est un adversaire de taille. Un entraînement avec lui t'apporterait énormément de choses. Enfin, il ne faut pas trop espérer, tu te dois de vaincre. De temps en temps, un coup en douce est tenté, certains atteignent leur cible, la plupart du coup de simples coups de poings, mais en tant que chasseurs les décharges électriques et les coups de dague sont aussi de mises. C'est de justesse que tu lui échappes, d'un pas sur le côté alors que tu allais finir coincé contre un mur. Ton arme vient brutalement cogner contre le béton, tu en profites pour l'assommer, purement et simplement. Un simple appel à Nocte suffit pour savoir qu'il sera entre de bonnes mains. Sur ce, tu prends la fuite, une fois de plus.

C'est finalement Samael qui reprend sa place dans les rues. Un Samael assez mal en point, avec quelques beaux hématomes en formation et quelques coupures, plus ou moins profondes. Ton état ne t'inquiète pas plus que cela, tu t'en occuperas en rentrant. Quelqu'un d'autre occupe tes pensées. Tu dois savoir ce qu'il est arrivé à Lyokha et aux autres. Ils parlaient de l'hôpital, c'est donc en toute hâte que tu gagnes ledit lieu. L'air de rien, arrivé sur place, tu poses quelques questions, te renseignant sur le nombre d'ex-vampires que les infirmiers ont récupéré cette nuit et la précédent. Le nombre te fait vite froncer les sourcils. Il y en a plus que tu pensais... Et encore, il doit y avoir quelques morts à ajouter à la liste. Tu serres les dents, parcourant d'un œil rapide les quelques listes provisoires que tu as sous les yeux. Tu cherches un prénom en particulier, un prénom que tu ne retrouves pas. Il n'a pas été admis en service, son état ne devait donc pas être trop grave... Tu retiens un soupir de soulagement et préfères partir avant que quiconque te pose la moindre question. Ton visage est relativement intact mais il suffirait qu'on remarque l'état de certaines parties de ton manteau et, pire, des vêtements en-dessous, pour que tu aies droit à une nuit d'observation. Très peu pour toi. Tu retournes plutôt dans les rues, à la recherche de Lyokha. Il faut que tu le trouves, les rues ne sont toujours pas sûres, tu ne peux pas garantir que tous tes coéquipiers se tiendront tranquilles... Mais tu ne le trouves pas. Peu importe où tu cherches, il n'y a pas la moindre trace de lui. Alors, tu en viens à la supposition qu'il est peut-être rentré chez lui... Tu veux juste le savoir en sécurité, rien de plus.

Tu retournes sur tes pas, tu repars à sa recherche. Comme si souvent, tu retraverses toute la ville, à la recherche de son immeuble. Une chance que tu aies une excellente mémoire géographique. Tu retrouves assez facilement la bonne rue, puis le bon immeuble. Plus qu'à monter à l'étage et... Bingo. Tu t'autorises une halte sur le pas de sa porte. Et s'il n'est pas là, que feras-tu ? Tu l'attendras ? Tu partiras ? Rien ne te garantit qu'il voudra bien te voir, déjà. Mais tu ne comptes pas rester non plus, d'un côté. Tu veux juste t'assurer qu'il va relativement bien, qu'il pourra se débrouiller seul, après tu rentreras. Alors, finalement, tu frappes à la porte. Ton regard sombre se fait un peu nerveux tandis que observes le couloir. Pas de réponse... N'est-il donc pas rentré ? A-t-il eu un nouveau problème en route ? Tu te mordilles la lèvre, te forçant à ne pas imaginer le pire et donc à patienter. Cinq minutes, voilà le temps que tu t'accordes. Fort heureusement, c'est bien avant que la porte s'ouvre sur la personne que tu voulais voir. Lyokha. Il est là. Il est vraiment là. Ouf... Tu te sens beaucoup mieux sur le moment, même si tu restes inquiet de voir dans quel état il est vraiment. Rien que son visage t'inquiète... Et il n'a pas l'air spécialement ravi de te voir là. Qu'est-ce que tu viens faire là ? T'assurer que ses blessures ne sont pas trop graves, qu'il est en sécurité... Mais non, tu ne peux pas te permettre de le lui dire. Soudainement, tu n'as plus envie de partir. Tu veux rester avec lui. Il lui arrive trop de choses quand tu n'es pas là pour veiller sur lui, tu ne veux plus le laisser ce soir ! Alors les paroles qui s'échappent d'entre tes lèvres ne sont certes pas la raison primaire pour laquelle tu es sur le pas de sa porte mais elles en sont une autre. Tu n'as pas été très sympathique avec lui, en prenant ainsi la fuite, en tenant de tels propos, même si tu n'as fait que dire la vérité... Tu veux juste qu'il te pardonne, qu'il t'accorde une nouvelle chance. Si Lyokha dit non ? Oh, tu seras profondément déçu mais tu comprendras. Tu en as trop fait ce soir, tu ne peux pas aller plus loin. Et pourtant... Tu voudrais rester avec lui, juste pour le plaisir d'être avec lui... Alors tu tentes une dernière chose, tu joues ta dernière carte avec lui.

-Si tu veux que je te laisse, c'est comme tu veux...

Est-ce là ton dernier argument : tu lui laisses le choix ? Non, puisque tu viens lui voler un baiser. Tu partiras si c'est ce qu'il préfère, mais s'il est d'accord pour te laisser entrer, pour t'accorder une chance, pour vous accorder une chance, tu veux saisir celle-ci. Peu importe le reste. Il hésites, tu commences donc à te détourner... Mais il ouvre grand la porte, à ta plus grande surprise. Un timide sourire vient alors étirer tes lèvres tandis que tu entres, sans trop y croire... Il acceptes de te pardonner, malgré tout ce que tu as fait ? Il semblerait, puisqu'il attrape ton manteau et t'attire à lui afin d'échanger un nouveau baiser. Tu fermes les yeux et l'attire tout simplement un peu plus à toi, essayant de faire attention à tes gestes. Il est blessé, toi aussi, tu n'es pas là pour amplifier la douleur. Mais tu profites de ce baiser, à fond. Tu es passionné, doux dans cette manière de le garder contre toi... Bon sang, dire que tu comptais juste partir après t'être assuré qu'il était là... Cette idée semble être si loin à présent que vos lèvres sont scellées... Tu l'aimes. Tu veux rester avec lui le plus longtemps possible. Seulement il se recule. Instinctivement, tu suis le mouvement avant de le laisser se reculer, un peu à contre-cœur. Ton regard sombre vient alors plonger dans le sien, interrogateur. Tu n'as pas le temps de poser la moindre question qu'il te devance déjà, posant un doigt sur tes lèvres. Ce qui ne t'empêcherait pas de parler si tu le voulais, soit dit en passant. S'il va prendre une douche, resteras-tu ? Tu te mordilles la lèvre... Tu sais que ce serait plus sage de partir, de rentrer dans ta suite, mais, pourtant... Quand tu plonges au fond de son regard, c'est un sourire rassurant qui vient étirer tes lèvres...

-Cette fois, je te promets de rester.

Tu ne reviens jamais sur une promesse. Sur ces paroles, tu lui voles un baiser avant qu'il se dérobe et aille disparaître, une fois de plus, en haut des escaliers. Tu retiens un soupir. Que fais-tu ? Des bêtises. Une erreur que tu regretteras sans doute par la suite. Et pourtant, tu n'as jamais autant pris plaisir à faire une faute... Te mettant à l'aise, tu retires tes chaussures et vas poser ton manteau, estimant rapidement les dégâts. Quelques jolies déchirures, il faudrait que tu demandes à Adelina si elle peut te réparer cela... Mine de rien, tu aimes beaucoup ce manteau, il a survécu à tellement de choses, tout comme toi... Tu fais de même avec sa veste, te mettant à l'aise. Puis tu tournes en rond quelques instants. Le temps te semble bien long en son absence... Est-ce que tu pourrais, est-ce que tu t'autoriserais à... Tu hésites. Tu n'as jamais agit ainsi, encore moins avec un autre homme. Est-ce que tu... Tu secoues la tête. Tu sais ce que tu veux : lui. Mais c'est tout de même un peu hésitant que tu montes à l'étage, te faisant le plus discret possible. Tu repères sa salle de bain au bruit de l'eau qui coule. Tu hésites un peu plus sur le pas de la porte... Tu l'as bien déjà vu quasi-nu cette nuit, qu'est-ce que cela changerait à présent, un peu plus ou un peu moins ? Peut-être... Éviter une mauvaise réaction de sa part. Mais depuis hier, c'est lui qui t'y pousse, c'est lui qui dit qu'il t'aime. Alors... Il te faut bien essayer. Discrètement, tu entres dans la salle d'eau. Il est sous la douche, il ne se retourne pas. Peut-être qu'il ne t'a pas entendu... Souriant, espiègle, tu fais aussi coulisser la vitre, te laissant face à lui. Il te tourne le dos mais... Tu déglutis tout de même un peu. S'il est en mauvais état de dos, tu redoutes ce que tu vas découvrir de face... Toujours est-il que, doucement, tu laisses tes mains glisser sur sa peau mouillée. Tes doigts le frôlent de temps en temps, glissent sur ses épaules à d'autres...

Et soudain il se retourne, t'embrassant. Tu fermes aussitôt les yeux, refermant tes bras sur son dos. Tant pis s'il est mouillé, c'est bien la dernière de tes préoccupations. Tout comme tu t'en fous de constater qu'il t'entraîne avec lui sous la douche, te débarrassant de ton haut par la même occasion. Ses mains dans ton cou t'arrachent un frisson tandis que tu lui offres toute ta passion dans votre baiser. Ton rythme cardiaque accélère bien trop mais tu n'en as tellement rien à faire... Tu l'aimes. Bon sang, oui, tu l'aimes. Comment as-tu pu l'ignorer aussi longtemps ? Comment es-tu parvenu à te voiler le face ? Tu l'aimes. Tu suis le mouvement lorsqu'il se recule, tu ne veux pas qu'il t'échappe une nouvelle fois... Mais tu donnes encore plus de passion à votre baiser lorsqu'il revient s'emparer de tes lèvres. Ton cœur va exploser, c'est l'impression que tu as. Tant pis pour ton devoir, tant pis pour les préjugés, rien qu'une fois, tu veux pouvoir être toi. Juste toi, avec lui. L'aimer comme tu n'en as pas le droit. Comme tu n'auras jamais le droit d'aimer qui que ce soit, pour être le parfait Tudor, pour être celui qu'on attend de toi. Là, tout ce que tu veux, c'est être là pour lui. Il se recule à nouveau et, cette fois, tu attends juste qu'il revienne... Sauf qu'il ne le fait pas. Quelques mots formant une question viennent se déposer sur tes lèvres. Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ? Doucement, tu rouvres les yeux, l'observant. Est-ce ce que tu veux ? Que veux-tu ? Qui veux-tu ? Lui. Juste lui, personne d'autre. Mais il y a encore ce secret sur ton cœur, il y a encore cette douleur, quelque part... Votre histoire ne durera pas, tu ne peux pas t'autoriser une telle folie... Et pourtant... Tu marques un temps d'hésitation, tu l'observes, tu réfléchis. Oui, non, peut-être ? Une nouvelle fois, tu glisses tes mains sur ses joues, lui faisant relever la tête. Tu attends qu'il ouvre les yeux et, lorsqu'il le fait enfin, tu plonges ton regard dans le sien.

-Lyokha... Je suis sûr. C'est toi que je veux. Mais... Avant, promets-moi juste une chose. Le jour où tu comprendras la raison de mes mises en garde... S'il te plaît... Essaye de ne pas me juger trop sévèrement... C'est ma seule et unique condition.

Tu as besoin de cette promesse. Même si elle ne sera qu'illusoire, même si tu sais bien que, s'il l'apprend un jour, il t'en voudra à mort, tu en as sincèrement besoin. Pour te rassurer, pour avoir l'impression d'être plus honnête avec lui. Tu ne peux pas lui avouer ce que tu es. Mais tu espères que s'il te fait cette promesse, il la tiendra, même s'il vient à savoir, un jour. Et lorsque ces quelques petits mots lui échappent, une étincelle de joie fait son apparition au fond de tes prunelles. Il l'a dit. Il te l'a promis. Alors, aussitôt, tu reviens t'emparer de ses lèvres. Il l'a dit. Il te l'a promis. Alors cette nuit est à vous, rien qu'à vous. Essayant de faire le plus doucement possible, toujours sous l'eau de la douche, tu le fais reculer, jusqu'à le bloquer contre l'une des vitres de la douche. Ne pas bouger. Ne plus bouger. L'une de tes mains vient tout simplement glisser le long de son corps, te permettant de découvrir, à l'aveugle, chaque muscle, chaque blessure aussi. Ton autre main est contre la vitre, tu t'appuies dessus. Et pendant ce temps là, tu es toujours occupé avec ses lèvres, les yeux fermés. Tu te sens tellement bien... Tu le veux, tu l'aimes... Plus que permis, plus que possible. Tu l'aimes. Tu te recules une seconde, reprenant ta respiration, mais tu retournes aussitôt à l'assaut de ses lèvres, t'en emparant avec une passion que tu te découvres. Ta main libre remonte doucement le long de sa peau, glissant le long de ses côtes, de sa nuque, jusqu'à venir s'installer dans ses cheveux... Oui, tu l'aimes... Plus que tout. Le maintenant contre toi, ton autre main cesse de s'appuyer contre la vitre, venant plutôt explorer son corps. Son dos, le bas de son dos sur lequel tu fais un peu pression, ses fesses... Cesse de te laisser aller, tu vas finir par te perdre, Samael... Et pourtant... Une nouvelle fois, tu te recules et, sans prévenir, tu le fais se retourner, venant te coller complètement à lui. Torse contre dos, en bas seules deux couches de tissus séparent vos peaux... Tissus qui ne tarderont certainement pas à disparaître. Tes mains parcourent son torse, essayant de ne pas toucher aux zones meurtries, même si par moments tu ne peux l'éviter... Tes lèvres, quant à elles, viennent se déposer dans son cou. Un baiser. Un second. Un troisième. Tu parcours ainsi sa peau, en profitant comme tu n'en as pas le droit... Puis, doucement, tes lèvres remontent jusqu'à son oreille droite...

-Je t'aime Lyokha...

Tu as cédé. Tu lui as avoué tes sentiments. Tu as perdu, tu es tombé, pour lui. Pour un vampire, pour un blondinet que tu devrais pourtant détester... Tant pis, l'amour a ses raisons que la raison ignore. Durant plusieurs minutes, tu laisses tes lèvres découvrir chaque parcelle de son corps, jusqu'à ce qu'il finisse par se retourner. Tu l'embrasses alors, lui laissant enfin la main pour la soirée. Tes vêtements disparaissent bien vite, tu n'en as rien à faire. Le contact de vos peaux t'électrifie trop pour que tu songes même à protester. De toute manière, c'est ce que tu veux. Tu l'aimes. Tu ne sais pas trop comment vous quittez la salle de bain, sans doute sans la moindre serviette, sans doute en vous plaquant alternativement l'un l'autre contre un mur, nus et trempés de la tête aux pieds. Tu ne sais pas trop comment vous avez atteint son lit, vous vous y êtes retrouvés, c'est tout ce que tu sais. Tu as goûté sa peau. Tu as été là pour lui, comme tu rêvais de le faire. Vous êtes restés ensembles, l'un et l'autre, pour toute une nuit. Et, sans ambiguïté, tu peux affirmer que cette nuit est la plus belle que tu aies jamais vécue.

~~~ Lendemain matin ~~~

Tu as du mal à t'éveiller. Tu n'as, à vrai dire, pas envie de quitter le monde des rêves. Tu te sens tellement bien, là où tu es. Tu es confortablement installé sur quelque chose de chaud qui bouge régulièrement. Quelque chose de chaud et d'extrêmement confortable. Tu te rendormirais volontiers mais ton horloge interne te dit qu'il est plus que temps de te lever. Tu commences toujours tôt ton travail, il faut que tu te prépares, que tu y ailles... Mais tu ne veux pas. Pour la première fois depuis des années, tu ignores cette impulsion qui t'amène habituellement à te lever. Tu veux rester là. Tu veux... Tu veux... Intrigué, tu ouvres tout de même un œil parce que ce n'est pas normal d'avoir mal un peu partout tout en te sentant tellement à l'aise. Et là, tu le vois. Ses cheveux blonds en bataille, son visage d'ange endormi... Malgré les nombreux hématomes que tu peux désormais compter et auxquels tu n'avais pas plus prêté attention hier soir. Lyokha. C'est vraiment... Lyokha. Un sourire incertain étire tes lèvres. Vous avez fait une bêtise et pourtant tu n'arrives pas à le regretter. Au contraire, tu n'as qu'une envie : te rendormir à nouveau. Mais vu la quantité de blessures qu'il a un peu partout, tu n'oses plus t'appuyer sur lui. Alors, te faisant le plus discret possible, tu bouges, le libérant de ton poids... Avant de venir lui voler un baiser, tout de même. Tu l'aimes... Puis tu t'installes à ses côtés, fermant les yeux quelques instants... Que faire ? Il est sans doute tard, tu vas être en retard au palais, on ne te loupera pas. Tu pourrais te sauver mais tu n'as pas la moindre intention de le faire. Hier soir, tu lui as assuré que tu resterais, tu peux au moins le faire jusqu'à son réveil... Mais, et s'il pose des questions sur tes propres blessures ? Oh, tu as des excuses toutes prêtes, comme toujours. Ce pauvre Aaron a bon dos. Doucement tu rouvres les yeux, posant ton regard sombre sur son corps, dans son regard d'azur... Oh...

-Pardon si je t'ai réveillé, belle au bois dormant... Ce n'était pas mon intention, je comptais te laisser t'éveiller à ton propre rythme...

Tu lui souris... Belle au bois dormant... Il a les cheveux blonds après tout. Pas aussi longs qu'elle, certes. Mais... Enfin bref, tu es ridicule. Tu ne comptais pas partir, pas une seule seconde tu fais mine de vouloir t'en aller. C'est ce que tu essayes de lui faire comprendre. Tu n'allais pas te sauver comme un voleur. Mais ton regard ne décroche plus de lui, plus une seule seconde. Tu veux le ré-embrasser. Tu n'hésites qu'une micro-seconde à le faire en vérité, avant de venir à nouveau t'emparer de ses lèvres. Elles te manquent déjà, alors que tu les as eues pour toi seul une bonne partie de la nuit. Une nouvelle fois, tu laisses une main glisser le long de ses côtes, profitant de pouvoir l'avoir encore contre toi, pour quelques instants de plus... Dire que c'est la première fois que tu te retrouves nu dans le lit d'un autre homme et que cela ne te perturbe pas plus que cela... Tu as changé, jeune homme. Tes doigts viennent se poser sur un de ses magnifiques hématomes, sans appuyer...

-Si je me sais responsable de certaines marques sur ta peau, d'où viennent les autres Lyokha ? Que t'es-t-il arrivé hier soir, après mon départ ? Je n'irai pas travailler sans avoir ma réponse, je te préviens tout de suite, au cas où tu aurais l'intention de t'esquiver...

Tu sais très bien ce qui lui est arrivé, en vérité. Mais Leo est le seul à savoir, pas Samael. Alors tu te dois de demander d'où viennent toutes ces marques, toutes ces blessures. Tu lui as laissé une nuit de répit, maintenant, il faut qu'il t'explique. Et peut-être qu'il pose aussi des questions sur ton état, sur la raison de tes blessures, de tes marques. Et puis, sérieusement, qu'est-ce que c'est que ce chantage ? À tous les coups, il ne va pas te répondre afin de te garder toute la journée. Ton regard légèrement amusé vient lui expliquer que tu sais très bien quelle idée peut lui traverser l'esprit et qu'il est hors de question qu'il cherche à te garder trop longtemps. D'ailleurs, tu l'embrasses une nouvelle fois, juste pour l'empêcher de dire une bêtise. Tu l'avoues, tu t'es perdu dans ses bras. Parce que tu l'aimes.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Ven 28 Fév - 21:21

Et si ce chasseur pense vous impressionner par son sang-froid, il se colle le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Il a l'air sûr de lui. Tant mieux pour lui. Tout le monde est toujours en confiance, avant de tomber de bien haut. Ça ne fait que rendre la chute plus douloureuse. Et se relever devient vite plus pénible. Mais se relèvera-t-il si vous le tuez ? Tu en doutes grandement. Encore une fois, tout est question d'éthique, de code, d'honneur. Le tuer, ne pas le tuer. Tu pourrais le tuer pour laisser un message à ses petits copains, et c'est très certainement ce que tu ferais, s'il ne vous avait pas sauvé la mise. Tu raffermis ta prise sur sa cape. S'il croit que tu vas le laisser filer comme ça, sans un mot. Et tant que t'y es, tu craches un peu plus encore sur leur petite organisation. Ils ne sont rien. Rien qu'une alliance de traîtres qui se démontent entre eux, à défaut d'être vraiment efficace avec les autres espèces. C'est presque risible, et tu ne manques pas de le souligner. Dommage que tu ne puisses pas voir ses yeux, ni même un trait de son visage. Tu aurais voulu guetter sa réaction, et t'en réjouir. Mais non. Tout ce à quoi tu as le droit, c'est ce masque. Ce masque que tu ne connais que trop bien. « Je doute que ça change quoi que ce soit à ton point de vue sur nous, sangsue. Mais crois-le ou non, j'ai un sens de l'honneur et plus encore, je respecte les ordres. Mais tu devrais t'en réjouir, comme tu vois, vous êtes encore tous en vie. » Ton sourire s'étire, un peu plus carnassier encore. C'est quand même dingue, car à la manière dont résonne ses paroles, on pourrait presque croire que vous lui en devez une. Il a vraiment cru que tu allais lui être redevable ? Non, franchement, il a espéré ? Tu as envie de rire. Tu ne dois rien à personne, encore moins à ce chasseur. Il s'est interposé, tant mieux pour lui, si ça allège un peu sa conscience. Maintenant, pour ce qui est de lui en devoir une... Ah ça non, jamais. Jamais tu ne l'admettrais, pas plus que tu ne l'appliquerais. Il s'est mis en danger, il assume. Et tu ne manques pas de lui faire remarquer que la prochaine fois, lui ou un autre, ce sera le même tarif. La mort assurée. Tu dois leur faire payer cet affront, d'autant plus si la petite Elena ne s'en sort pas. Il n'y a que par la violence et le sang que ces gens comprennent. Alors tu te vengeras, tu mettras tout en mesure pour les atteindre fort. Leur faire passer le message, de manière définitive, de préférence. Il semblerait qu'une fois de plus, certains vous aient sous-estimés. Qu'ils t'aient sous-estimé. Toi. Le Mad Hatter, que la réputation précède. Tes précédentes menaces n'ont donc pas suffi ? Ta petite aventure dans le bar avec le dénommé Nocte n'était pas suffisante pour leur faire comprendre de ne pas s'en prendre à toi ce soir ? Car si ce soir tu es humain, qu'en sera-t-il demain. Tu finiras par redevenir ce que tu es réellement. Un vampire. Et si tu décides de partir à la traque aux chasseurs, personne ne t'arrêtera. Au contraire. Tu te demandes même s'il n'y aura pas trop de monde dans vos rangs. Une nouvelle guerre ? Peut-être. Mais si silencieuse, si vicieuse qu'il y aura bien des morts, avant qu'elle ne soit officiellement déclarée. « Je retiens tes propos. Mais l'inverse vaut aussi. La prochaine fois, n'attendez aucune clémence de ma part. Sur ce, au plaisir de ne jamais vous revoir, aucun d'entre vous. Toi y compris, Mad Hatter. Ou peut-être devrais-je dire Lyokha, comme tes... Amis ? » Lyokha. Ton sourire s'étire encore un peu. Ton prénom. Il a entendu ton prénom. Il n'aurait pas dû. Peu de monde connaissent ton vrai prénom. Lucky n'a certainement pas fait attention, dans la panique. Tu n'as plus qu'à croiser les doigts pour que le prénom ne se répande pas chez les chasseurs, même si tu n'espères pas tellement. Enfin, avec un peu de chance, ce petit pensera qu'il s'agit d'un autre de tes prénoms bidons, tiré de tes identités tout aussi fausse. Après tout, pourquoi ce prénom plus qu'un autre ? En effet, tu n'as pas vraiment de soucis à te faire. Tu hoches un peu la tête, le relâchant finalement alors qu'il te repousse. Tu vacilles avant de reculer d'un pas. Qu'il prenne la fuite, et vite. Il ne se fait pas prier et disparaît rapidement tu ne sais où. Tant mieux, vous, vous devez vous rendre à l'hôpital au plus vite.

Elena va bien. Du moins, c'est ce que tu penses. La prise en charge a été plutôt rapide, et d'après le médecin, la plaie n'était pas grave au point d'engager l'urgence vitale. Tant mieux. Sidney veille sur elle, tu sais qu'il te tiendra au courant si jamais. Pour ta part, tu as refusé d'être admis. Ce n'est pas la première fois que tu te fais passer à tabac, même si c'est tout de même mieux quand tes plaies guérissent d'elles-mêmes, et rapidement. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres quand tu constates l'étendu des dégâts. Bon sang. Tu espères que ça ne va pas laisser trop de marque, surtout au niveau de ton visage. Parce que tu es quand même salement amoché. Mais vraiment salement amoché. Ça faisait longtemps en réalité, que tu ne t'étais pas retrouvé dans un tel état. C'est à se demander ce qui s'est passé. Et si Samael pose des questions ? Arrête de penser à lui un peu. Il a fait son choix, il est parti, alors ce n'est plus ton problème. Et quand bien même il poserait des questions, d'où est-ce que ce serait ses affaires ? Il n'en a, aux dernières nouvelles, pas grand chose à faire de toi. Alors, qu'il te pose la question ou pas, il n'aura pas d'explications. Il devra se contenter de ton silence. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres à nouveau, et tu secoues un peu la tête, attrapant de quoi recoudre un peu le gros des plaies. Tu n'as pas l'habitude d'être aussi fragile, et c'est pénible, pour ne pas dire autre chose. Enfin, tu vas devoir t'y faire, pour le temps que ça durera. Tu grimaces un peu quand l'aiguille pique dans ta peau, mais sans plus. Les zones meurtries sont déjà douloureuses, alors un peu plus de souffrance, un peu moins, tu ne fais pas vraiment la différence. Mais quelqu'un frappe à la porte. Quelqu'un est là. Alors tu t'empresses de descendre à la rencontre de l'inconnu, avec un visage bien en tête, le sien. Et s'il avait fait demi-tour ? Tu te mords un peu la lèvre. C'est trop tard. Trop tard. Il a fait son choix, il ne peut plus revenir en arrière. Tu arrives près de ta porte, et c'est avec bien peu de surprise que tu le découvres là, avec ta tête d'aimable. Non, tu n'es pas content. Tu espères qu'il s'en rend compte, au moins. Un énième soupir s'échappe de tes lèvres. Tu le détailles brièvement – comme si tu ne connaissais pas suffisamment ses traits. Tu finis tout de même par briser le silence, car vous n'allez pas rester là à vous regarder dans le blanc des yeux toute la soirée ; la nuit est déjà bien entamée, et s'il n'y a rien de plus à dire, tu aimerais bien aller – essayer de – dormir. Tu restes assez distant. Tu soulèves même l'hypothèse que tu ne veuilles pas de ses excuses, ce qui quelque part, pourrait se comprendre. Mais il semblerait que ce gamin commence à te connaître, même un peu trop bien ; il vient te voler un baiser. Si c'était de la provocation, ou une énième tentative, elle a l'effet escompté, puisque tu hésites un instant. Et finalement, tu ouvres la porte, tu l'invites à entrer. Ce n'est certainement pas une bonne idée, mais au diable tes résolutions. Tu l'attires à toi, tu l'embrasses, et tu ne peux être que ravi de constater qu'il te répond. Oui, tu acceptes ses excuses. C'est assez clair maintenant ? Tes doigts relâchent son manteau, glissent plutôt sur son torse, et finalement, tu te recules un peu. Même si la nuit n'est plus très jeune, il vous reste bien quelques heures pour tous les deux, et tu aurais au moins voulu prendre une douche pour enlever ce sang qui a séché sur ta peau. C'est pourquoi tu formules cette petite question ; restera-t-il si tu t'absentes quelques minutes ? Ton regard croise le sien, et tu es plus que jamais attentif à la moindre de ses expressions. « Cette fois, je te promets de rester. » Un franc sourire naît sur tes lèvres. Parce que tu sais qu'avec lui, ce n'est pas une promesse vaine. Du moins, tu veux y croire. Tu veux penser qu'il est sincère, et qu'il ne te décevra pas, comme il l'a fait un peu plus tôt dans la soirée. Tu hoches brièvement la tête, il te vole un baiser, et tu t'éclipses finalement, avec la crainte qu'il s'en aille en moins.

L'eau qui tombe en cascade. Le silence, si ce n'est le bruit de la flotte. Tout ça, c'est agréable. Tu fermes un peu les yeux, et ça te permet de réfléchir, alors que tes doigts glissent précautionneusement sur tes plaies, pour aider le sang à s'en aller. Tu repenses à tout ce qui s'est passé. Pourquoi. Comment. Et dire que cette fois, tu voulais éviter le grabuge. Tu voulais juste qu'ils vous laissent passer. Pour une fois, tu avais décidé d'être pacifique. Une fois de plus, tu as la preuve que tu as beau faire des efforts, les autres n'en font pas. Alors à quoi bon, s'ils ne sont pas loyaux, s'ils ne suivent pas un code d'honneur qui convienne aux deux espèces. À quoi bon essayer, encore, si c'est pour tomber de plus haut à chaque fois. Perdu dans tes pensées, tu n'entends pas le jeune Tudor qui arrive, qui vient juste derrière toi. Ses mains glissent sur ta peau et te ramènent à la réalité, même si tu ne te tournes pas tout de suite, non. C'est.. étrange, de savoir qu'il est là. Étrange d'imaginer que vous allez franchir le point de non retour là, ce soir. Tu te pinces un peu la lèvre inférieure et finalement, tu te retournes venant l'embrasser. Tes lèvres sont un peu douloureuses, mais ce n'est rien, tu es bien loin d'y penser, alors qu'il répond à ton baiser. Tu l'aimes. Et tu le veux. Lui, rien que lui. Juste cette nuit, et pourquoi pas les suivantes, même si ce n'est pas bien, même si vous n'avez pas le droit. Qu'importe. Tu l'aimes. Vraiment, sincèrement. Tu l'aimes. C'est un peu dur à réaliser, ça aussi. Mais tu vas t'y faire. Tu vas composer avec, même si ce n'était pas dans le plan, même si ce n'était pas prévu. La tournure des événements te plaît, autant qu'elle semble lui plaire. Alors pourquoi chercher à aller contre, à rectifier le tir ? L'interdit t'a toujours attiré, ça n'a pas changé aujourd'hui. C'est à en perdre la tête, vraiment. Enfin, tu l'attires à toi, tes bras s'enroulent autour de son cou et tu l'entraînes sous la douche. Tu t'en fous pas mal, si vous mettez de l'eau partout, si ses vêtements seront trempés demain, tous ces détails matériels sont bien loin de t'inquiéter, alors que tu relâches ses lèvres un instant. Sentir ses mains dans ton dos te fait frissonner. Mais à nouveau, tu l'embrasses. Avec toujours cette même passion ardente, toujours un peu plus de cette fougue qui te caractérise. L'envie d'aller plus loin, toujours plus loin. Et la chaleur qui te monte à la tête, ton rythme cardiaque complètement décadent. Une main reste posée sur sa nuque, tandis que l'autre descend, frôlant du bout des doigts sa peau chaude. Tu brûles d'envie d'aller plus loin, mais tu ne te l'autoriserais jamais sans son consentement. Alors, tu romps votre baiser un court instant, hésitant légèrement sur la manière dont formuler ça. Tes mains descendent et finalement, se posent contre son torse. Ton regard plongé dans le sien, tu murmures alors quelques mots à son attention, et si tu redoutes un peu sa réponse, elle ne tarde pas à venir, ses mains posées sur tes joues. « Lyokha... Je suis sûr. C'est toi que je veux. Mais... Avant, promets-moi juste une chose. Le jour où tu comprendras la raison de mes mises en garde... S'il te plaît... Essaye de ne pas me juger trop sévèrement... C'est ma seule et unique condition. » Tu te mords un peu la lèvre, hésitant. Ce qu'il te demande c'est... Plutôt lourd comme promesse. C'est faire une promesse sans en connaître l’enjeu. Tout est question de confiance aveugle, pour le coup. Et la manière dont il parle de cette fameuse raison qui t'est encore inconnue, ça ne te rassure pas vraiment. Tu n'aimes pas donner ta parole, sans pour autant être sûre de pouvoir l'honorer. Et pourtant, tu meurs d'envie de lui faire confiance quoi qu'il en soit. Tu hésites encore un peu, tu ne sais pas quoi dire. Mais ton regard ne quitte pas le sien, et finalement, tu reprends la parole. « Je... te le promets. » Souffles-tu contre ses lèvres. Sans trop savoir pourquoi, tu regrettes un peu d'avoir promis sans savoir dans quoi tu te lançais. Enfin, tant pis, c'est fait. Et le goût de ses lèvres te fait bien vite oublier tes propos, te fait bien vite oublier tout le reste. Tes paupières tombent à nouveau, il te fait reculer et tu ne résistes pas, jusqu'à ce que ton dos rencontre une des vitres glacées de la douche. Un nouveau frisson remonte le long de ta colonne, jusqu'à te saisir dans la nuque. Le froid, le chaud. Ces contrastes sont amplifiés, tes sens sont démultipliés, tu as l'impression. Et pourtant, tu n'es qu'humain. Il faut croire que c'est lui qui te fait cet effet là. Lui qui donne une nouvelle couleur, une nouvelle saveur, une nouvelle température à tout ce qui vous entoure. Et à toi aussi. Dans ta tête, tu as l'impression que tu fais ça pour la première fois. Comme si tu redécouvrais tout, de A à Z. Quelques soupirs t'échappent quand vos lèvres ne sont pas scellées, et sentir ses mains partout sur ton corps, comme mille doigts pour taquiner tes sens, c'est si bon. Des frissons tantôt légers, tantôt violents parcourent ton corps, et te donnent l'impression d'avoir froid, alors qu'en réalité, tu es brûlant. Tu pourrais bien te consumer sur place, ça n'aurait aucune importance. Car tout ce qui compte, c'est lui. Lui et ses lèvres. Lui et ses regards. Lui et ses caresses. Sentir une main se perdre dans tes cheveux, l'autre glisser dans ton dos pour venir faire pression au creux de tes reins, redéfinissant la courbure de ta colonne vertébrale jusqu'à se poser sur tes fesses. Tout ça, ça ne devrait pas arriver. C'est complètement défendu. Non seulement l'homosexualité n'est reconnue que chez les vampires. En plus, vous êtes de deux espèces opposées. Tu es un criminel, il représente l'Empire. Et un autre point que tu ignores encore, et qui vous oppose pourtant plus que tout au monde... Mais tu t'en fous. Tu n'y penses pas. Tu ne veux penser à rien, sauf à ses mains, à sa chaleur, à ses baisers. Tes joues te brûlent, ton sang bat contre tes tempes, si bien que tu as l'impression d'entendre ton cœur battre plus fort que jamais. Ou peut-être est-ce le sien. Ou les deux, qui à l'unisson, reflètent en rythme ce tango endiablé auquel vous vous livrez. La danse de la passion, de l'amour, avec sa violence et sa part de mystère. Tu ne cherches plus à comprendre ce qui se passe ; ça se passe, et puis c'est tout. La tension monte encore un peu, ton visage quitte le sien une nouvelle fois, alors qu'en douceur, il te pousse à te retourner. Tu ne penses plus ; tu agis, c'est tout. Comme par pur automatisme. Ton front appuyé contre la vitre, les yeux à demi-clos, tu savoures juste l'instant. Son corps qui épouse le tiens, torse contre dos. Un soupir d'aise qui t'échappe, bref et étouffé. Tes mains contre la surface plate de la vitre, tes yeux se ferment à nouveau. Ne plus penser à rien qu'à l'instant présent. Et c'est presque dingue que tu restes aussi calme, avec un autre homme dans ton dos. Un autre homme contre ta peau. Tu ne l'aurais pas toléré, si ce n'était pas lui. C'est dingue, il est comme un remède, comme le médicament dont tu avais besoin. Jamais tu n'aurais laissé un autre se mettre comme ça, derrière toi. Trop de mauvais souvenirs que tu balayes de la main. Tu sais qu'ils n'y a plus que deux couches de vêtements pour séparer sa peau de la tienne. Une dernière barrière seulement pour vous empêcher d'aller trop loin là, ici, maintenant. Mais bon sang, tu n'as qu'une envie, c'est de le déshabiller, d'avoir le loisir de taquiner sa virilité. Tu n'attends que ça. Autant que tu prends ton pied sur le moment, autant que tu désires attendre et profiter de ses baisers, longtemps encore. Sa bouche se perd dans ton cou, et ta tête bascule en arrière, légèrement sur le côté, alors que ta main droite passe derrière sa tête et se pose sur sa nuque, effleurant quelques mèches de ses cheveux bruns. Et puis soudainement, il y a cette chaleur près de ton oreille, qui capte presque toute ton attention. « Je t'aime Lyokha... » Un léger sourire se dessine sur tes lèvres. La joie. Le bonheur. L'amour. Et un peu de tristesse aussi. Savoir que tout cela aura une fin, tôt, ou tard, même si tu évites d'y penser pour l'instant. De tes yeux azuréens, tu aperçois ton reflet dans la vitre de la douche. Ton visage écorché, et lui derrière, penché dans ton cou. Tu fermes les yeux à nouveau, répondant d'un murmure. « Je t'aime aussi, Samael... » Et pour combien de temps, hein ? Tu te mords la lèvre inférieure, alors qu'il redécouvre chaque parcelle de ton corps en une multitude de baisers qui te font frissonner. Tu es si bien là. Trop bien pour que tout cela soit réel, à tes yeux. Puis, au bout d'un moment, tu juges que c'est à ton tour de prendre la main. Non pas que tu te sentes redevable. Mais tu as cette espèce de sensation, celle qui te pousse à lui prouver ton amour, plus encore. Alors tu termines de le déshabiller du bout de tes mains expertes – et t'iras pas dire le contraire – et vous sortez de la salle d'eau, trempés. Qu'importe. Tu n'y prêtes, une fois de plus, pas la moindre attention. Entre baisers fougueux et gestes parfois un peu trop violents certainement, vous vous retrouvez dans ta chambre. Et la suite ? De l'amour, à tous les niveaux. Entre passion et fougue, douceur et violence. Jamais de demi-mesure, tu veux juste profiter de cette nuit avec lui comme si elle était la dernière. Et qu'en sera demain ? Peut-être prendra-t-il simplement la fuite. Peut-être qu'il fera comme si de rien n'était. Ou peut-être qu'il ne t'en aimera que plus. À nouveau, qu'importe. Tout ce qui compte réellement ; c'est l'instant présent.

Lendemain matin.


Paisible. Tu es tout ce qu'il y a de plus calme, tout ce qu'il y a de plus serein. Tu n'as pas envie de te lever, toi qui es plutôt du genre actif, toi qui as toujours bien des affaires à régler, bien des choses à faire. Pour le coup, tu resterais bien là. Tu gardes les yeux fermés, même si tu sens que quelqu'un bouge. Cette même personne qui vient te voler un baiser. Et un sourire étire tes lèvres. Tu hésites à dévoiler ton regard bleu clair. Car tu as peur que, en se faisant, il disparaisse, comme un rêve déjà lointain. Un rêve un peu fou que tu aurais espéré. Pourtant, tu es bel et bien nu. Et tu n'es pas le seul à respirer, tu l'entends. Alors finalement, tu ouvres les yeux, et tu le regardes, ton sourire s'étirant un peu plus encore. Quoi, il te regardait dormir ? L'idée t'amuse, à vrai dire. « Pardon si je t'ai réveillé, belle au bois dormant... Ce n'était pas mon intention, je comptais te laisser t'éveiller à ton propre rythme... » Tu souris un peu plus encore. La belle au bois dormant, princesse, Epraviska... Décidément, tu es fiché avec lui. Quelque chose t'étonne néanmoins ; il n'est pas pressé. À vrai dire, tu ne pensais pas te lever à ses côtés ; tu pensais qu'il aurait pris la fuite, ne serait-ce que pour le travail. Mais non, il est là. Il est toujours là, à tes côtés, et pas plus vêtu que toi. Ce qui au passage, te donne des idées... Tututut, tu crois pas que cette nuit ça a suffi ? Pour l'instant. Oui, c'est cela oui. En attendant, tu penches un peu la tête, ton joyeux sourire ne te quittant pas un seul instant. « Bonjour... » Souffles-tu doucement, d'une voix légèrement usée, un peu rauque. Tu ne le lâches pas du regard, il en fait autant, et finalement, il s'approche de toi pour t'embrasser. C'est fermant les yeux que tu réponds à son baiser, une de tes mains glissant dans le bas de son dos, balayant sa peau du bout des doigts. Tu as affreusement mal, de partout. Ta peau te tire, tes bleus te lancent, et pourtant, tu n'y penses pas outre mesure. Il n'y a que lui pour capter tes pensées. Lui qui s'écarte légèrement, lui que tu observes à nouveau, alors que ses doigts glissent sur un de tes plus beaux trophées de guerre de cette nuit ; une grosse médaille bleue, un superbe hématome qui a fleuri sur ta peau en l'espace de quelques heures.

Tu n'as de cesse de le détailler. Mais, il ne devrait pas aller travailler ? Et toi, tu n'avais pas rendez-vous avec un contact ? Peut-être. Très certainement même. Mais tu es bien loin de vouloir te lever, bien loin de vouloir t'activer pour répondre aux appels, sortir à la ville pour régler de multiples problèmes. Non, tu veux juste profiter d'être humain, un peu. Un court instant de répit, et ce, avec lui. C'est tout ce que tu demandes. Tu glisses inlassablement le bout de tes doigts sur sa peau, avec ce curieux petit sourire toujours figé sur les lèvres. Oui, tu peux l'affirmer, tu es plus qu'heureux. Et oui, tu peux le dire, cette nuit fait sans l'ombre d'un doute, partie des plus belles de ton existence. « Si je me sais responsable de certaines marques sur ta peau, d'où viennent les autres Lyokha ? Que t'es-t-il arrivé hier soir, après mon départ ? Je n'irai pas travailler sans avoir ma réponse, je te préviens tout de suite, au cas où tu aurais l'intention de t'esquiver... » Ah, voilà, les premières questions. Tu les attendais de pied ferme à vrai dire. Car Samael qui ne pose pas de questions... C'est quand même curieux. C'est qu'il n'est pas dans la possibilité de parler, ou qu'il dort. Sinon, il pose continuellement des questions. Tu souris un peu plus encore, secouant brièvement la tête. Tes marques hein... C'est vrai que, tu ne t'es pas encore vu, mais c'est pire qu'hier côté couleurs. Certaines ecchymoses ont dû virer du bleu au violent, quand d'autres ont prises des teintes plus verdâtre. Un drôle de mélange de couleurs, des plaies d'autant plus apparentes, ton visage toujours aussi esquinté. Tu te mords un peu la lèvre, penchant légèrement la tête. Alors donc, c'est ça de deal ? Tant qu'il n'a pas réponse, il ne va pas travailler ? C'est qu'il te donnerait presque de sales idées. Encore une fois, tu le regardes s'approcher alors qu'il vient t'embrasser, et tu passes doucement une main sur sa joue, lui répondant avec plaisir. En fait, tu laisses même tes mains glisser le long de son corps, les calant un peu au-dessus de sa taille, tout en le rapprochant légèrement de toi. Et finalement, tu bascules, l'obligeant à rouler un peu pour te retrouver au-dessus. Et voilà le travail. Tu profites encore un peu de ses lèvres avant de finalement te reculer, lui offrant un large sourire à la place. « Ce qui signifie que je pourrais t'avoir pour moi toute la journée ? Hm, intéressant. » Tu viens lui voler un baiser, posant une main sur son torse. Tu aimerais l'avoir pour toi toute la journée, oui. Même si tu te doutes que cela soit possible, et s'il doit partir, tu ne peux pas le retenir, tu le sais.  Tu penches un peu la tête, hésitant... « Toute... La... Journée. » Souffles-tu entre deux baisers sur sa peau, quelque part de chaque côté de son cou.

Tu te redresses finalement un peu le regardant dans son ensemble, constatant au passage que lui aussi a de beaux bleus. Comment il a fait cela ? Tu arques un sourcil, sachant parfaitement qu'il ne te donnera aucune réponse si toi, tu n'en donnes pas non plus. Alors tu gardes ce détail dans un coin de ton esprit, et en attendant, soupirant, tu t'extirpes de tes draps. « Je sais pas toi, mais moi, je meurs de faim. » Souffles-tu presque joyeusement, le temps d'enfiler d'un boxer et d'être sur pieds. Bon sang, tu as affreusement mal, de partout. Tu t'étires presque douloureusement, disparaissant de la chambre. « Je reviens ! » Fais-tu à l'autre bout du couloir, descendant déjà les escaliers. À manger. À manger. À manger. Tu ne sais pas pourquoi tu as aussi faim. Tu n'avais pas l'habitude de tant de saveurs en tant que vampire, et là, tu en demandes toujours plus. Tu passes une main dans tes cheveux en bataille. Et qu'est-ce qu'il veut lui ? Il est vrai que tu ne lui as pas demandé. Tu aurais peut-être dû. Enfin, tu attrapes un peu tout ce qui te tombe sous la main, tu colles tout sur un plateau et tu entreprends de faire le trajet retour. Avant d'apercevoir une drôle de lueur rouge qui brille régulièrement sur ton portable. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres, et tu le chopes au passage, remontant à l'étage. Sérieusement, t'es en train de lui amener le petit déjeuner au lit ? Non mais franchement, Lyokha... Si ce n'était pas lui, tu te désespérerais, vraiment. Enfin, tu reviens dans la chambre, déposant habilement le plateau sur le lit. Tant qu'il en colle pas de partout. Rah c'est bon, il est grand, tu vas pas le faire manger non plus, si ? Tss. Tu secoues un peu la tête, et tu attrapes un verre de jus d'orange pour ta part, ton portable dans l'autre main. Allons donc. Huit appels en absence. Une dizaine de messages. Pour peu, c'en deviendrait désespérant. Tu checks rapidement, essayant de voir si c'est si important que cela... Non en effet, pas de quoi s'inquiéter. Comme les trois quarts du temps. Tu reposes l'objet sur la table de nuit, t'asseyant simplement à côté de Tudor, ton verre à la main. « Pas un instant de répit faut croire. Enfin. » Tu soupires à nouveau, reportant ton regard sur le brun. Tu l'aimes. Bon sang tu l'aimes. Tu ne peux t'empêcher de te le répéter, à chaque fois que tu le vois. Tu l'aimes, et pour de bon.

Des bruits de pas dans le couloir. Tu fronces les sourcils. Quoi ? Qui arrive ? Tu réfléchis brièvement, car non, en effet, tu n'attendais personne ici ce matin. Par réflexe, tu ouvres le tiroir de la table de nuit, dans laquelle repose un flingue. Qui peut-être assez fou pour rentrer ici sans s'annoncer ? Tu restes silencieux, fais signe au jeune d'en faire autant. Et quand tu vois cette fameuse personne dans le cadre de la porte de la chambre, tu es partagé entre désespoir et surprise. « Prynce. » Souffles-tu brièvement. À sa manière de hausser les sourcils, elle est tout sauf ravie de te retrouver là, dans cette chambre, avec un gars nu dans ton lit de surcroît. Tu secoues la tête, lui faisant brièvement signe de déguerpir d'ici avant que tu ne la vires. Prynce. Une curieuse histoire entre vous deux, placée sous le signe de la suspicion. Le jeu du chat et de la souris, constamment, avec une bonne dose de cynisme et de pics. Une chance que cette gamine soit la régulière de ton frère, sinon, tu lui aurais tordu le cou depuis longtemps. Elle vous regarde tous les deux, se met à rire avant de se décider, enfin, à sortir de la pièce. Tu relâches l'arme que tu avais commencé à saisir dans le tiroir, le fermant d'un coup sec avant de te relever. Qu'est-ce que cette petite humaine fait là, par tous les dieux slaves. « Lyokha et Samael Tudor, oh mon dieu je crois rêver. » Elle éclate de rire, tu l'entends, même si elle est redescendue à l'étage inférieur. Tu serres les dents, jetant un regard navré au futur intendant impérial. Tu n'avais pas envie que ça arrive. Tu n'avais pas prévu le coup. Et sur l'instant, ton seul désir, c'est d'égorger la petite blonde. Pour peu qu'elle aille le répéter, ça te t'étonnerait pas d'elle ; elle ne t'aime pas, à un tel point qu'elle serait prête à tout ou presque, pour te pourrir la vie. Et pourquoi est-ce que Finnick ne peut pas le voir ça ? Tu aimerais bien qu'il s'en rende compte. Mais non, à chaque fois qu'il est là, c'est plutôt 'oh Lyokha, comment va mon beau-frère ?'. Sale garce. Petite comédie mesquine à laquelle elle s'adonne bien trop régulièrement à ton goût. Tu rumines quelque chose dans ta langue natale, et tu rejoins le salon où elle t'attend, une tasse de café à la main. Sérieusement ? Tu soupires profondément. « Sérieusement Lyokha, le futur intendant impérial ? Tu es tombé sur la tête, ou bien ? » Tu serres les dents et te contentes de sourire faussement, pour ne pas l'envoyer balader. Elle peut-être douce, autant qu'acide dans ses propos. Elle sait viser juste, elle sait comment te faire péter un câble, surtout. Mais pour le coup, tu restes tout ce qu'il y a de plus calme – enfin, tu fais comme tu peux.

« Et qu'est-ce que tu fais chez moi Prynce ? Ça y est, Finn t'a jetée, enfin ? J'suis désolé, je fais pas refuge, et encore moins la charité pour quelqu'un comme toi. » Elle raille un peu, ricane. Ces petites plaisanteries amères sont toujours de mise entre vous deux. Elle soupire profondément et va plutôt ouvrir les rideaux en grand, si bien que la pièce est baignée par le soleil en une fraction de secondes. Tu secoues à nouveau la tête, allant plutôt fermer la porte qu'elle a – comme d'habitude – laissée grande ouverte. Elle glisse une main dans ses cheveux bruns, reprenant finalement la parole. « Je suis venue vérifier que tu n'étais pas mort mon cher. Finn t'a appelé cinq fois au moins, il est au courant de ce qui s'est passé cette nuit par Hänz, et il voulait juste savoir comment tu allais. Hors monsieur a aussi dû se rendre au palace pour prendre ta place, étant donné que tu étais plus occupé à coucher avec le cousin du futur empereur, qu'à te rendre au rendez-vous que tu avais fixé avec je ne sais plus qui. » Nouveau soupir qui s'échappe d'entre tes lèvres, un soupir las, désabusé. Et c'était une raison pour rentrer comme cela, comme dans un moulin ? Elle aurait au moins pu s'annoncer, elle le sait. Et si Finn s'inquiétait tant pour ta santé mentale, il aurait envoyé quelqu'un d'autre que cette gamine. À nouveau, tu rumines quelque chose d'incompréhensible, mais qu'importe, tu es agacé. Elle le note, et sourit un peu plus encore. Elle est belle pourtant, cette fille. Dommage qu'elle soit si conne. Lyokha, tu sors, avec tes vulgarités. Ce n'est pas parce que tu ne t'entends pas avec elle qu'il devrait en être autant pour le reste du monde. Elle s'approche un peu de toi, et tu restes suspicieux, à la regarder s'avancer. Qu'a-t-elle encore derrière la tête, c'est un nouveau mystère. Ses doigts glissent le long des meubles, toi, tu restes stoïque, à la jauger avec un peu de mépris au fond de tes prunelles. Ce même mépris qu'elle entretient pour ta personne. Tu penches légèrement la tête, et elle vient juste devant toi, te bloquant contre le plan de travail. Elle pose ses mains de part et d'autre de ta personne, te détaille presque méchamment avec un drôle de sourire un peu carnassier pour orner ses lèvres. Pour peu, elle serait flippante. « Samael Tudor alors... » Souffle-t-elle à ton attention, avec un dégoût certain pour ta personne. Tu te redresses un peu encore, la regardant de haut, autant que possible. Il faut qu'elle sache. Qu'elle comprenne que ça va dans les deux sens ; elle te méprise, alors toi aussi. Donnant donnant, comme qui dirait. « Il n'a pas besoin de quelqu'un comme toi dans sa vie, mais je ne t'apprends rien de nouveau. » Un sourire moqueur se dessine sur ses lèvres, lorsqu'elle penche la tête sur le côté. Tu arques un sourcil, silencieux. C'est ça. Qu'elle continue à faire sa langue de vipère. « Que les choses soient claires entre nous. Si tu lui fais du mal. Ne serait-ce que le moindre mal. Tu peux être le frère de Finn, j'en ai rien à faire. Je serais la première à te trouver pour te faire passer l'envie de recommencer. » Elle marque une courte pause. Très courte pause, avant de siffler, presque agressivement, ces quelques mots. « Et entre nous, un Tudor, un vampire, je ne sais pas ce que tu lui trouves, si c'est son sang, son rang, son corps musclé ou dieu sait ce que tu as pu découvrir cette nuit, et honnêtement, je n'ai pas envie de savoir, mais... On sait tous les deux que ça marchera pas, honey. » Tu lui rends son grand sourire, avec une certaine insolence pour ta part. Tu hoches brièvement la tête, sans pour autant approuver ses mots. Tu n'en as rien à faire, de ce qu'elle peut dire. Ça ne changera rien à ce que tu ressens pour le petit brun.

Et il est là. En haut des escaliers, à vous regarder. Prynce le remarque certainement, puisqu'elle te repousse contre le plan de travail, et fait demi-tour, retournant à l'inspection des lieux. Elle a un regard pour le jeune humain, et un sourire presque tendre se dessine sur ses lèvres. « Excuse-moi d'ailleurs, j'en oublie les bonnes manières... Bonjour Samael. » Elle l'appelle par son prénom ? Elle le tutoie ? C'est à n'y plus rien comprendre. Tu fronces les sourcils un instant, perplexe. Ils se... Connaissent ? Fichtre, tu n'en as aucune idée. Et ce n'est qu'une bizarrerie parmi tant d'autres. Tu soupires finalement, observant plutôt Tudor qui vous rejoint. Soit. Tu les regardes tous les deux un court instant, à moitié perdu dans tes pensées. C'est alors que Prynce porte à nouveau son regard sur toi, et à en juger par son malicieux petit sourire, ce n'est pas pour te complimenter. « Quel visage Lyokha. Tu fais encore plus peur de loin. » Fait-elle, plutôt désintéressée. Loin d'être perturbé par sa remarque tu te contentes de hausser un peu les épaules, avant de juste abandonner les deux humains dans la pièce pour monter à l'étage. Tu veux juste aller récupérer le plateau que tu avais monté un peu plus tôt, histoire de ne pas tout laisser en bazar. Et tant qu'à faire, t'absenter quelques minutes pour ranger le bazar que vous avez pu laisser là-haut. Enfin, commencer à ranger. Tu ne sais pas ce qui te prend, d'être aussi maniaque. C'est certainement de la savoir elle, chez toi, avec lui. Les deux pour discuter. Elle qui le tutoie. Tu ne peux pas les empêcher d'interagir de toute façon. Mais bon. Tu repenses à lui. Rien qu'à lui. Lui qui a eu la délicieuse idée de venir dans le salon en sous-vêtement. T'as encore plus envie de lui sauter dessus. Heureusement qu'elle est là quelque part, elle est la seule barrière entre lui et toi pour l'instant. Tu soupires un peu, récupérant vos affaires par-ci, par-là, pour mettre le tout au sale, tout simplement. Tu vas récupérer le plateau rapidement, ouvre en grand la baie vitrée qui donne sur le balcon de ta chambre, histoire d'aérer la pièce. Et tu redescends à la cuisine, déposant le plateau. Tu t'es absenté quelques minutes, tu as l'impression que ça fait quelques heures, et qu'ils ont pu échanger tous les mots du monde. Enfin, arrête d'être aussi paranoïaque. Et t'es sûr que ce n'est que par rapport au fait qu'ils puissent discuter ? T'es sûr de pas avoir du mal à digérer le fait qu'elle le voit quasi à poil ? Tss. Oui, tu es jaloux, possessif, tout ce qu'il voudra ; tu l'affirmes. Mais bon. Y'a pas mort d'homme non plus. Tu ranges rapidement les deux trois éléments qui restaient sur le plateau, avant de finalement revenir vers Tudor, que tu enlaces presque trop tendrement par derrière. Oh non, ce n'est pas du tout de la provocation envers la brune. Pas plus que tu ne cherches à montrer qu'il est à toi. Non non, tu n'as jamais pensé cela voyons. « Mais comme tu le vois, je vais très bien Prynce. Alors tu peux partir, maintenant. » Elle soupire profondément, peu surprise par ta remarque. Mais tu sais qu'elle ne va pas partir de sitôt. Pas tant que Tudor aura son mot à dire. Et puis, elle n'aime pas que tu aies le dernier mot, alors, tu t'attends à ce qu'elle réplique, tôt ou tard. Elle croise les bras, te regarde avec une lueur de défi dans les yeux. Oh, elle veut jouer ? Très bien. Un sourire tout aussi joueur étire tes traits, alors que tu laisses tes mains glisser le long des flancs de ton cadet. Tes doigts parcourent sa peau doucement, tout comme ton souffle se pose dans son cou à chaque respiration. Tes mains s'arrêtent finalement en rencontrant le seul bout de tissu qui l'habille, et tes doigts jouent un peu avec l'élastique de son boxer. « Ou alors, tu peux rester et assister à ce qui va suivre, mais j'aurais tellement peur de te choquer petite que je préférerais que tu retournes jouer à barbie et ken avec ton cher Finnick. Tu lui passeras le bonjour de ma part, d'ailleurs. » Et ce, même si tu sais qu'elle ne lui passera jamais le bonjour de ta part. Tu espères que ton coup de bluff était suffisant ; car non, tu ne comptes pas désaper Tudor là, comme ça. Elle serait pas là, bien sûr que non, ça ne te dérangerait pas. Mais il en est hors de question alors qu'elle est juste devant vous et qu'elle vous regarde. Alors, elle s'en va, ou tu vas vraiment devoir la chasser à coup de pieds ?

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Ven 18 Juil - 23:12

Qu'est-ce qui te dérange à ce point ? Aurais-tu des remords, Samael ? Cela y ressemble. Ce blondinet que tu as face à toi, contre toi, nu, est un vampire de la pire espèce, il est de ceux que tu hais. Et pourtant tu l'aimes. Il a réussi là où tous avaient échoué jusqu'à présent. Il a réussi à capturer ton cœur, ce cœur que tu essayais de rendre impénétrable à l'amour. Tu es tombé pour lui et tu sais que c'est plus qu'une mauvaise idée. Pourquoi donc ? Parce que si tu es parvenu à faire une croix sur ton côté chasseur pour lui, Leo n'en a pas pour autant disparu. Au contraire. Et lui, il hait les Chasseurs. Il les détruits, il te l'a avoué plus tôt dans la soirée. Ils ont détruit ses proches alors lui les détruits. Alors oui, tu as des remords. Oui, tu te sens mal parce que tu doutes qu'il apprécie d'apprendre que tu fais parti de ceux qu'il déteste le plus au monde. Comment réagira-t-il quand il l'apprendra ? Parce qu'il y a des risques qu'il l'apprenne. Il te connaît, il serait capable de reconnaître l'odeur de ton sang si jamais il rencontrait à nouveau Leo. Que feras-tu ce jour-là ? La logique serait de l'éliminer avant qu'il ne soit au courant de ton secret. La logique, oui. Mais tu ne peux pas, tu ne veux pas. Pas lui, tu ne pourrais pas supporter de le perdre. C'est désespérément que tu lui demandes de te promettre de ne pas te juger trop sévèrement, le jour où il saura, le jour où il comprendra. C'est une condition bien dérisoire que tu énonces là. Mais tu en as besoin, pour soulager ta conscience, pour te dire que ce que tu fais, ce n'est pas si mal que cela peut sembler l'être. Deux ennemis, amoureux l'un de l'autre. Cela ne fonctionnera pas, mais tu espères que l'illusion perdurera encore suffisamment longtemps pour que vous soyez heureux, ensemble. Tu vois l'hésitation dans son regard d'azur, tu sais qu'il ferait mieux de ne rien promettre mais tu en as tellement besoin... Tu veux l'aimer, même si tu n'en as pas le droit... Et quand cette promesse que tu attends tellement franchit ses lèvres, tu cesses de réfléchir. Tu reviens simplement t'emparer de ses lèvres, le faisant reculer jusqu'à ce que son dos rencontre une des vitres de la douche.

Tes paupières se referment tandis que tu le sens frissonner, tes mains redécouvrant chaque parcelle de son corps. L'eau coulant sur vos corps est froide mais tu es brûlant, sans tellement t'en rendre compte. Sa présence, sa peau contre la tienne te fait tout oublier, même ton rang, même tes devoirs, même tout ce qui vous sépare. Tout ce qui t'importe, c'est lui. Lui et son regard. Lui et sa peau brûlante. Lui et son cœur qui bat un peu trop fort. Ne serais-ce pas plutôt le tien qui bat si fort dans ta poitrine ? Oui, peut-être. Parce que le sang bat aussi à tes tempes. Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Tu ne cherches même pas à savoir en vérité. Il est là, tu l'aimes, tu pourrais bien te consumer pour lui, cela n'aurait pas d'importance. Tout ce que tu veux c'est profiter de cette nuit avec lui, le rendre heureux. Oui, le rendre heureux. Qu'il ne regrette pas sa promesse, pour rien au monde. Une fois que tes mains ont parcouru son corps à volonté, retraçant toutes les courbures de son corps, tu l'incites doucement à se retourner. Il s'exécute et ton corps vient épouser le sien à la perfection. Collé contre lui, tu ne peux retenir un large sourire heureux lorsque tu l'entends soupirer. Tu es heureux, toi aussi. Heureux d'être là, heureux de franchir toutes les barrières, rien que pour lui. Et il n'y a plus que deux couches de vêtements pour vous séparer. Une ultime barrière avant le point de non retour, facilement franchissable. Tu en meurs d'envie mais ce n'est pas encore le moment. Non, tu as encore son corps à explorer, de ta bouche cette fois. C'est un soupir d'aise qui t'échappe lorsque, sentant tes lèvres sur sa peau, il penche la tête en arrière et glisse une main sur ta nuque. Tu ne fais que te coller un peu plus à lui, frissonnant, plus heureux que jamais. Allez, dis-les, ces quelques mots qu'il attend. Dis-les, ces mots qui te brûlent le cœur. « Je t'aime. » Tu les glisses à son oreille, doucement, comme un secret que lui seul devra jamais connaître. Tu ne vois pas son sourire, tes yeux sont fermés. Mais un autre vient étirer tes lèvres lorsqu'il répond. Il t'aime aussi... Tu ne demandes rien de plus, tu ne veux rien de plus que ce qu'il est actuellement en train de t'offrir. Actuellement ? Oui, parce qu'il se retourne et termine de te déshabiller et vous sortez de la douche. Tu en profites pour rouvrir les yeux, plongeant à nouveau dans son regard d'azur. Vous êtes trempés mais cela ne vous inquiète ni l'un ni l'autre, vous préférez gagner le couloir puis sa chambre dans cet état, plutôt que perdre du temps à vous sécher. Les baisers fougueux, passionnés, s'enchaînent tandis que tu as l'impression que ton cœur va exploser, tant tu es heureux. Et pour la suite ? De l'amour, de la passion. Une nuit comme tu n'en as jamais vécues, à la hauteur des préliminaires, à la hauteur de tout ce que tu éprouves pour lui. Et tu en profites, oh oui, tu en profites à fond. Parce que cela ne durera pas, malheureusement...

~~~

Le matin. Tu ne voulais pas te réveiller, toi qui es pourtant toujours matinal. Pas ce matin. Parce que tu es avec Lui, parce... Tu ne sais pas. Tu n'as pas la moindre idée de ce qui te retient, à part lui. Mais il est une raison plus que suffisante. Tu veux rester, pour lui. Tu veux le regarder dormir, le voir s'éveiller, prolonger un peu plus longtemps le rêve que vous faites à deux. Tu veux croire à toute cette histoire. Tu veux en profiter à fond. Et lorsqu'il s'éveille, tu ne peux retenir une idiotie. Belle au bois dormant... Décidément, il enchaîne les surnoms de princesse. Tant pis, vous en souriez tous deux et puis, tu trouves que cela lui va bien. Ahem. Son bonjour t'arrache un nouveau sourire et tu ne résistes pas à l'envie de l'embrasser. Quel bonheur. Ses doigts parcourent une nouvelle fois ta peau, tu en frissonnes de plaisir. Tu ne veux bouger pour rien au monde, alors qu'il répond à ton baiser. Mais il faut bien respirer. Tout comme il faut que tu joues ton rôle : tu n'es pas censé savoir d'où viennent les magnifiques hématomes qui décorent son corps. Alors que tes doigts glissent sur sa peau, comme si tu découvrais ces marques, tu te mordilles la lèvre. Il faut reprendre ton masque, recommencer à mentir... Tu te sens mal à cause de cela, tu voudrais tellement être sincère, lui avouer, mais tu sais que tu ne peux pas te le permettre. Alors tu lui poses ta question, essayant d'être convainquant en le menaçant de rester jusqu'à ce que tu ais ta réponse. C'est idiot, il risque d'essayer de le retourner contre toi. Alors, pour lui éviter de dire des bêtises, tu te penches sur lui et reviens lui voler un baiser passionné. Un frisson parcourt ta colonne vertébrale lorsque sa main glisse sur ta joue avant de retourner dans ton dos et y faire pression. Tu te laisses faire, venant te coller à lui, profitant avec plaisir de cette proximité entre vous, du contact peau contre peau. Tu te laisses faire lorsqu'il décide d'intervertir vos positions, roulant sur le côté. Il se retrouve au-dessus et, toi, tu te contentes de lui offrir un large sourire faisant écho au sien lorsqu'il se recule. Oh oh. Il est en train de se dire qu'il pourrait t'avoir pour lui toute la journée, n'est-ce pas ? Oui, et il te le confirme bien vite. C'était prévisible, et tu le laisses te voler un baiser, glissant rapidement une main sur sa joue sans parvenir à le retenir. Et tu te mords la lèvre en sentant les siennes se poser sur ton cou tandis qu'il insiste un peu plus sur les quelques mots « toute la journée ». Quelle sale gosse...

-Tss... Lyokha, ne me tente pas...

Te tenter ? Tu es aussi incorrigible que lui, même si tu ne pourras pas rester. Tu es déjà en retard, tu ne devrais pas traîner ainsi. Cependant, tu ne peut manquer son regard qui s'attarde sur tes propres bleus. Oui, toi aussi, tu es en mauvais état même si ce n'est rien comparé à lui. C'est avec surprise que tu le vois s'extirper des draps. Oui ? Il a FAIM ? C'est vrai que vous avez fait bien de l'exercice cette nuit mais quand même... Enfin, tu le laisses disparaître, riant très légèrement. Quelle nuit ! Oh que oui, quelle nuit... Tu ne peux t'empêcher de laisser tomber ta tête dans l'oreiller. L'interdit a un goût tellement plaisant, cela te brûle tant, de savoir que c'est mal ce que vous faites... Et pourtant tu n'arrives pas à regretter tout ce qu'il s'est passé, parce que tu te sens plus heureux que tu ne l'as été depuis de très longues années. Pour une fois, tu n'es plus le jeune Tudor. Tu n'es que Samael, tu n'es qu'un jeune homme qui découvre l'amour. Tu n'as jamais rien demandé de plus, et aujourd'hui ce pseudo souhait se réalise. Comment pourrais-tu tourner le dos à tout ce qu'il y a entre vous ? Tu ne sais pas. Tu te retournes et fixes le plafond. Que faire ? Tu veux tellement rester, puisque lui seul compte à tes yeux... Tu tiens à rester à ses côtés... Mais ce n'est pas une bonne idée. Toujours est-il qu'il coupe court à tes réflexions, revenant... Avec le petit déjeuner. Un doux sourire étire tes lèvres. Petit déjeuner au lit. Tu n'en as pas l'habitude, tu te déplaces toujours jusqu'aux cuisines. Enfin, peu importe.

-Merci...

C'est tout ce qui s'échappe d'entre tes lèvres avant que tu ne t'empares d'un verre de jus d'orange et le vides à petites gorgées. Il est frais. D'ailleurs, c'est un peu étonnant qu'un vampire ait de la nourriture chez lui, autre que du sang. Mais tu gardes cette remarque pour toi, pour l'instant vous êtes tous deux humains. Du coin de l’œil, tout en buvant, tu l'observes tandis qu'il regarde ses messages, apparemment. Cela te fait penser que tu as, toi aussi, très certainement des messages. Tu es toujours en avance dans les couloirs, lorsque ce n'est pas le cas il y a toujours quelqu'un qui se pose des questions. Et si on a besoin de toi ? Non, ne pas y songer. Pas encore. Pour l'instant, tu es avec Lyokha, il faut profiter de ces moments. Incroyable comme tu changes en sa présence, pour lui. Pas un instant de répit pour lui ? Tu souris un peu plus, reposant ton verre à présent vide pour plonger ton regard dans le sien.

-Je n'ose même pas aller voir mon propre portable, je suis sûr et certain d'avoir une bonne vingtaine de messages. Alors crois-moi, je sais ce que c'est.

C'est dit sur le ton de la plaisanterie, même si c'est, au final, très sérieux. Mais cela n'a que peu d'importance. Tu viens plutôt lui voler son verre de jus d'orange, le pose sur une table de chevet et viens l'embrasser avec fougue. Oui, tu en brûlais d'envie. Non, tu n'as pas résisté une seule seconde. Et alors ? Il ne s'en plaindra pas, après tout. Des bruits de pas interrompent ce doux moment. Tu te recules alors et jette un coup d’œil interrogateur au blond. Ne deviez-vous pas être seuls ? Si, c'est pourtant bien ce qu'il avait laissé sous-entendre. Mais il semble aussi surpris que toi. Visite surprise ? Tu fronces les sourcils et, sur tes gardes, regardes dans le couloir sans bouger du lit. Ce n'est pas que tu es totalement nu mais oui. Tu essayes de te faire discret dans ce lit mais lorsque la personne est enfin visible, tu as l'impression que ta mâchoire va se décrocher sous le coup de la surprise. Prynce. Prynce Vladimavich. Elle est bien la dernière personne que tu t'attendais à voir là, dans cet appartement, celui d'un vampire, du Mad Hatter plus encore. Une chasseuse, comme toi, une coéquipière irremplaçable mais, surtout, une sœur de cœur que tu t'efforces de protéger, même si elle garde bien ses secrets et n'accepte que difficilement ton aide. Prynce. Par tous les dieux de la Terre, qu'est-ce que tu as fait pour mériter une telle chose ? Tu as envie de pleurer, de disparaître, mais tu te contentes de te laisser retomber sur le lit, soupirant profondément.

Tu restes quelques instants là, les yeux fermés, tandis que le blond sort à nouveau du lit. Par tes ancêtres, ne pourrez-vous donc jamais être tranquilles ? Tu ne sais pas comment réagir. Et puis, d'abord, la présence de la demoiselle en ces lieux n'est pas normale. Qu'elle connaisse son prénom non plus. Tout cela est bien intriguant... Et peut-être devrais-tu rester en alerte. Peut-être... Mais ne cherches pas à prendre de décisions hâtives, il faut que vous parliez, tous les deux. Alors tu t'extirpes des draps et gagnes la salle de bain, à la recherche de ton boxer. Tu ne vas pas descendre complètement nu, cela ne se fait pas. Et descendre uniquement vêtu d'un sous-vêtement, cela se fait ? Peut-être pas devant une inconnue mais Prynce n'en est pas une. Tu l'as déjà hébergée pour diverses raisons, elle t'a déjà vu dans cette tenue, elle n'en sera pas choquée. Une fois un peu plus présentable, tu te permets enfin de prendre le chemin t'amenant au salon. Tu les trouves en bas, elle le bloquant contre le comptoir. Tu ne peux t'empêcher de froncer les sourcils. Tu ne sais pas ce qui les relie, l'un et l'autre, mais ils ont tout de même l'air de bien se connaître. Mais bien rapidement, un sourire vient étirer tes lèvres. Bonjour Samael. Oui, bon jour. Ahem. Tu descends les escaliers et viens la serrer dans tes bras, en une brève étreinte, suivie d'un baiser sur le front, comme à ton habitude. Qui a dit que tu ne savais pas être tendre avec les autres ?

-Bonjour, Prynce.

Tu ne fais pas attention à la remarque qu'elle a pour le blond qui, à dire vrai, vous abandonne bien vite. Hé bien... Serait-il gêné à ce point de la voir là ? C'est compréhensible, d'un côté. Toujours est-il que tu le regardes disparaître à l'étage avant de reporter toute ton attention sur la demoiselle. Si elle commence à poser des questions, tu es mal parti. Il faut donc que tu mènes la conversation, s'il doit y en avoir une. Et, tant qu'à faire... Peut-être essayer de comprendre ce qu'elle fait ici. « J'ignorais que tu le connaissais. » fais-tu, mais elle se contente de pouffer de rire, ce qui ne fait que piquer un peu plus ta curiosité. Alors tu enchaînes. « Je sais, tu as tes secrets et je n'ai pas à m'en mêler... En effet. Je le connais, et point. » Tu ne peux retenur un soupir. « Ok... Et je suppose que tu sais aussi qui il est... Te connaissant... Dois-je en déduire qu'il faut que je garde aussi un œil sur lui ? Non, je ne compte pas le toucher. Mais toi, par contre, tu dois t'en éloigner. Si c'était si simple... Enfin, tu vas finir par ouvrir les yeux, je suppose ? Ouvrir les yeux sur quoi ? Il te fera plus de mal que de bien. Tu ne m'apprends rien là... Je le sais déjà... Ça ne peut que mal finir... À toi de faire les bons choix, Samael. Je sais. Mais j'en ai un peu marre de faire toujours les bons choix. » expliques-tu, avant de la regarder hausser les épaules. En tant que Tudor, tu dois toujours faire les bons choix. Aujourd'hui, tu veux faire des erreurs afin d'être heureux. Au final, tu soupires. « Quoi qu'il se passe... N'intervient pas. D'accord ? Ça, tu sais que je ne peux le promettre. S'il te plaît... » Pas le temps de lui arracher une promesse qu'il est déjà de retour. Tu te tais alors. Tu n'es pas prêt à ce qu'il te pose des questions sur Prynce. Il faut d'abord que vous parliez pour savoir quoi dire exactement sur votre relation. Tellement plongé dans tes pensées, tu en sursautes presque en sentant que quelqu'un vient t'enlacer par derrière. Cela ne peut être que Lyokha, évidemment, raison pour laquelle tu te détends bien vite, te collant un peu plus à lui, tout en jetant un regard navré à la jeune femme. Plus encore après la réplique de l'homme que tu aimes alors que ses mains glissent sur ton corps. Étrangement, tu es un peu mal à l'aise. Peut-être parce que tu n'as pas l'habitude d'être aimé, parce que tu n'as pas l'habitude qu'on te colle ainsi, devant d'autres personnes, plus encore devant une amie qui t'est très chère. Tu secoues la tête, comptant demander au blond de te lâcher, mais elle te devance sur ce coup.

-Ok ok, j'ai compris, j'y vais. Samael, pense à ce que je t'ai dit. Et Lyo... Rien en fait.
-J'y penserai...


Tu n'as pas dit quand. (Sort, Samael.) Tu la regardes partir, sans mot dire. Puis, lorsque la porte se referme derrière elle, tu lâches un profond soupir avant de te dégager doucement mais fermement des bras de l'ex-vampire. Tu te retournes alors, plongeant ton regard sombre dans le sien, d'azur. Tu n'es pas en colère, non. Tu es simplement troublé et un peu agacé de ses manières.

-S'il te plaît... Évite ce genre de comportement lorsqu'il y a du monde. Cela a tendance à me mettre quelque peu... Mal à l'aise.

Oui, mal à l'aise. Mais, encore une fois, tu n'as pas le temps de plus parler car une sonnerie stridente se fait entendre. Ton portable. Tu lui fais alors signe de patienter et gagne rapidement ton manteau. Tu n'hésites pas une seule seconde à décrocher, c'est ton cousin qui appelle, visiblement inquiet pour toi. Tu le rassures bien vite, passant sous silence bien des détails, mais tu sais que ce n'est pas pour cela qu'il t'appelle. Visiblement, le fait que les vampires invités au palais soient encore réduits à l'état d'humains pose de nombreux problèmes d'organisation, de gestion des stocks de nourriture et crée des tensions. En résumé : on a besoin de toi au palais aujourd'hui. Tu retiens un soupir et lui assures plutôt que tu seras de retour d'ici une demi-heure au maximum. Cela fait, tu raccroches et te retournes vers Lyokha, lui offrant un pauvre sourire...

-Comme tu vois... Moi non plus, je n'ai pas le droit à un seul instant de répit. Pardonne-moi, Lyokha, on a besoin de moi au palais, je ne peux me permettre de m'absenter plus longtemps... Je t'emprunte des vêtements, je te les rendrai plus tard.

Tu viens lui voler un baiser puis disparais dans son dressing, à la recherche d'une tenue qui t'irait. En soi, ce n'est pas bien compliqué étant donné que vous faites la même taille mais tu prends quand même quelques longues minutes pour trouver quelque chose qui te convienne. Mais pourquoi traînes-tu encore un peu ? Parce que tu veux le revoir. Et pas plus tard que ce soir. Mais où ? Dans un de tes appartements ? Non, peut-être pas. Mais où alors ? Quelque part où vous pourrez passer une joyeuse soirée, de préférence. Quelque part où il n'y aura pas de Chasseur aussi, de préférence. Mais où ? Soudain, l'adresse d'une boîte te revient en tête. Une boîte qui organise des fluo paint party. Avec un peu de chance, peut-être que... Oui. Tu sais ce qu'il te reste à faire. Alors quand tu sors du dressing, tu files vers ta veste et en sort un carnet, un stylo, inscrit l'adresse sur une page et la déchire. Puis tu reviens vers Lyokha, remettant correctement ton col de chemise... Et l'embrasse, purement et simplement, avec fougue et passion. Un instant, tu fermes les yeux, glissant ta main libre dans ses cheveux, l'autre dans son dos. Tu l'aimes. Oh que oui, tu l'aimes. Tu ne peux plus te passer de lui désormais. Tu l'aimes. Et, doucement, tu glisses la feuille dans sa main avant de te reculer, lui adressant un sourire espiègle.

-Ce soir, je veux te voir là-bas à 21h. Gare à toi si tu me fais faux-bond, je viendrai te chercher par la peau des fesses. Sur ce...

Tu lui voles un nouveau baiser puis fais demi-tour. Si tu tardes trop, il serait capable de te retenir. Il ne faut pas. Alors tu te mordilles la lèvre en disparaissant dans le couloir, après avoir refermé la porte derrière toi. Tu espères qu'il te pardonnera, parce que tu lui as donné un autre rendez-vous. Et tu as hâte de le revoir, cette nuit... Encore une nuit à passer à deux, à vous découvrir sans les précédentes barrières... Oh que oui, tu as plus que hâte.

~~~ Le soir ~~~

Et voilà, tu as fini de peindre. Peindre ? Toi ? Oui, avec de la peinture fluorescente, sur ton propre corps. Tu as choisi de mixer les différentes couleurs disponibles pour décorer tout le haut de ton corps. Les formes géométriques se sont enchaînées pour ton plus grand bonheur. Tu n'es pas très doué en dessin mais, pour une fois, tu estimes t'en être plutôt bien tiré. Le résultat te plaît et c'est l'essentiel. Maintenant, il faut que tu retrouves ton invité de la soirée. Tu l'as aperçu brièvement lors de ton arrivée, maintenant il faut que tu le retrouves dans la salle plongée dans le noir. Cela promet d'être passionnant. Un sourire espiègle étire ton visage tandis que tu t'empares d'un petit bâtonnet rouge avant de t'engouffrer dans la salle. La musique, les jeunes gens qui s'amusent, qui dansent, qui boivent. N'oublie pas Samael : ne pas toucher à l'alcool. Il faut rester sobre en toute circonstance. Sur ce, tu traverses la salle de long en large, à sa recherche. Où a-t-il bien pu passer ? Finalement, en passant près d'une table, tu t'arrêtes. Tu l'as repéré. Un sourire vient alors étirer tes lèvres, tandis que tu te rapproches et... Vient l'embrasser, purement et simplement. Trouvé. Tu te recules bien vite, mais restes suffisamment proche pour pouvoir sentir son souffle chaud sur ton visage...

-Je t'ai finalement trouvé... souffles-tu.

Hé oui, tu l'as trouvé. Vous êtes de nouveau réunis et vous allez pouvoir en profiter pleinement. Tu t'installes à côté de lui, souriant, heureux de l'avoir retrouvé, en profitant pour le décoiffer. Ah, cette sensation que te procurent ses cheveux entre tes doigts... Elle est inqualifiable, irremplaçable, merveilleuse. Tu aimes tant cela... Et ensuite, que va-t-il se passer ? Que comptes-tu faire ? Essayer de t'amuser, peut-être ? Oui, bien sûr. Sauf qu'il semblerait que, une fois de plus, les choses ne puissent pas se passer comme prévu. En effet, une tornade multicolore te tombe littéralement dessus, te faisant tomber de ton siège, et se met à crier :

-Maaaaaaaaaeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !!! Je m'attendais pas à te voir là !!!

Tu ne peux t'empêcher d'écarquiller grand les yeux. Cette voix, il n'y a qu'une seule personne qui en ait une pareille. Une seule personne qui ose t'appeler par ton surnom sans la moindre hésitation, une seule personne se montrant toujours si heureuse de te voir. Alors tu plisses les yeux, distinguant avec peine les cheveux blonds du jeune homme. Non, impossible. Cela ne peut pas être...

-Andrew !? Mais qu'est-ce que...
-Je profite de ma semaine de repos, qu'est-ce que tu crois ? Mais toi alors hein ? Tu t'amuses sans moi maintenant ? T'aurais pu prévenir, franchement !
-Andrew... Pourrais-tu te lever, s'il te plaît ? Et puis, je ne suis pas venu seul...
-Oh.


C'est avec joie que le blond se relève et tu acceptes très volontiers cette main qu'il te tend pour t'aider à te remettre debout. Cela fait, tu te rassois... Et il s'installe sans la moindre gêne sur tes genoux. N'importe quoi. Vraiment, n'importe quoi. Enfin, c'est Andrew, tu as l'habitude. Mais pas Lyokha, tu t'en doutes bien. Alors tu essayes de repousser doucement le petit blondinet, qui fait aussitôt la moue. Décidément, il ne se rend pas compte que son comportement est régulièrement déplacé et ambigu lorsqu'il est avec toi... Et cela ne plaît pas non plus à Seth, le petit ami du chanteur. Tu cherches d'ailleurs celui-ci du regard, sans le trouver du premier coup, puis te tournes vers Lyokha, ayant complètement oublié la conversation d'il y a trois jours. Tu as donc oublié qu'il risque d'y avoir une crise de jalousie d'ici peu, surtout si le cadet ne se calme pas très vite. Par tous les dieux de la Terre, il semblerait que cette nuit va encore être agitée. Tu aurais dû ramener du pop-corn.

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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Jeu 31 Juil - 13:33

Te réveiller à ses côtés. Est-ce que tu aurais pu espérer mieux ? Tu en doutes grandement. Tu te sens tellement bien actuellement. Et de le savoir là, contre toi... Ses lèvres contre les tiennes, une fois de plus. Tu te sens terriblement bien. Vous n'avez pas le droit pourtant, vous le savez tous les deux. Mais c'est tellement bon. Tellement agréable. Voilà des décennies, pour ne pas dire des siècles, que tu ne t'étais pas senti si bien aux côtés de quelqu'un. Et il est là, toujours aussi parfait à tes yeux. Mille questions t'assaillissent rapidement, comme ; comment est-ce que vous devez vous considérer ? En couple ? C'est ambigu ? On garde ça secret ? Tu ne sais pas vraiment sur quel pied danser, mais tu gardes tes interrogations pour plus tard, quand une question quitte ses lèvres. D'où viennent toutes ces marques. Ah, ça. Un soupir t'échappe quand tu repenses à cette folle nuit. Non, c'est sûr, ce n'est pas lui qui t'a fait du mal, bien au contraire. Ce qui t'a laissé toutes ces traces, c'est un chasseur. Des chasseurs en fait. Mais ça... Tu ne comptes pas vraiment lui répondre. Tu n'as pas envie de l'inquiéter pour rien, ses propres problèmes lui suffisent. Et de toute façon, qu'y pourrait-il ? Il se contenterait de te réprimer, tu le sais. Alors non, tu ne comptes pas lui expliquer. Même pas un indice. Et puis, si cela peut te permettre de le garder près de toi un peu plus longtemps... Oui, tu es un sale gosse sur les bords, mais tu l'assumes pleinement. Et puis c'est lui qui t'a donné cette idée. C'est lui qui t'a dit qu'il ne comptait pas partir sans réponse. C'est mal te connaître, que de te menacer ainsi, vraiment. Tes lèvres se posent inlassablement dans son cou, si doucement que parfois, c'est à se demander si tu n'es pas un peu sadique sur les bords. Mais il faut croire que ton petit manège ne le laisse pas totalement indifférent. « Tss... Lyokha, ne me tente pas... » Un nouveau sourire se dessine sur tes traits. C'est qu'il t'en demande beaucoup là. Et puis, tu es persuadé qu'il n'est pas contre une journée avec toi, sans rien faire de particulier, à juste vous prélasser sans vous soucier de la vie qui vous attend dehors. Ton regard s'attarde un peu sur ses bleus par moments, tu restes intérieurement dubitatif mais tu n'en dis rien. Un temps pour tout, comme le dit l'adage, les questions tomberont bien plus tard. Enfin, puisqu'il n'a pas l'air décidé à bouger, toi, tu te lèves. Parce que oui, tu as faim. Et pas de sang pour une fois. En fait, tu ne serais pas contre un petit déjeuner. Ce que tu vas chercher bien vite, en réalité. Tu n'es pas vraiment pressé, ton ventre est pressé. Tu n'as pas mangé hier soir, tout simplement car tu n'y as pas pensé, mais aujourd'hui, tu sais que tu ne peux y échapper. Alors tu chopes tout ce qui te tombe sous la main, tu mets le tout sur un plateau et tu t'empresses de remonter. Et ce sourire... Ce sourire qui étire ses lèvres, tu restes un instant les yeux rivés dans les siens, souriant en retour. Il est.. Magnifique. Et toi, tu vas faire pencher le plateau crétin ! Alors cesse de baver et apporte ça là où ça ne risque plus de tomber. « Merci... » Tu te contentes de hausser un peu les épaules, posant le plateau près de lui. C'est le moins que tu puisses faire, non ? Et puis, ce n'est pas parce que tu es vampire que tu n'as que du sang chez toi. Faut pas croire. Bon certes, c'est vrai, il n'y a normalement rien de comestible pour un mortel chez toi. Mais faut croire que Lucky pensait que tu allais mourir de faim, si elle ne s'occupait pas de déposer tout cela chez toi. Puis, tu dois admettre que la nourriture humaine a une toute autre saveur que celle que tu lui connais en tant que vampire.

Bref, on s'en fiche pas mal de ton avis et de tes goûts en matière de nourriture, et de toute façon, tu es bien vite absorbé par l'écran de ton portable. Tu vérifies les messages, appels en absence... Le réveil que tu n'as bien sûr, pas entendu sonné. Oui, tu avais un rendez-vous important. Oui, oups. Enfin, tu sais que Zéphyr ou Finnick aura eu la gentillesse de recevoir cette personne à ta place, donc tu n'es pas pressé le moins du monde. Et puis tu es tellement bien avec le jeune Tudor... Tu ne veux quitter ta chambre pour rien au monde, s'il est ici. Son regard croise le tien à nouveau, et comme trop souvent, tu restes en bug un instant. Ses yeux... C'est incroyable comme ils te captivent. « Je n'ose même pas aller voir mon propre portable, je suis sûr et certain d'avoir une bonne vingtaine de messages. Alors crois-moi, je sais ce que c'est. » Tu souris. Tu t'en doutes bien ; en tant que futur intendant impérial, il doit en avoir des choses à gérer. Et déjà que toi, tu es pas mal occupé, alors lui, tu ne veux même pas imaginer... La seule différence, c'est que lui bosse pour un autre. Toi, tu travailles pour toi-même. Et c'est ce qui fait que tu tiens le rythme sans rechigner. Si l'argent ne rentre plus, c'est uniquement de ta faute. Tu es ton patron et ton employé en même temps. Enfin oui, c'est sûr que tu as quelques associés, mais c'est autre chose encore, eux ne peuvent pas entreprendre certaines démarches, pour des raisons diverses et variées. Comme la légalité par exemple. Tous tes deals – et ce n'est pas nouveau – ne suivent pas forcément les règles et autres normes imposées par les différents gouvernements. Bref, une fois de plus, là n'est pas le sujet. Et de toute façon, tu sors de tes pensées lorsque ton verre quitte tes mains, et que le brun s'approche un peu de toi. Ton regard croise brièvement le sien, tu laisses ton portable retomber tandis que tu réponds à son baiser. Sa fougue, c'est... Indescriptible tout ce qu'il peut te faire ressentir en un baiser seulement. Tu fermes un peu les yeux, glissant une main sur sa nuque, l'autre demeurant appuyée contre le matelas. Hé bien, pour quelqu'un qui est pressé d'aller au travail, pour quelqu'un qui ne veut pas être tenté... Il agit bien étrangement. Et c'est loin de te plaire, oh que oui. Joueur, tu mordilles un peu sa lèvre inférieure, un léger sourire amusé étirant tes lèvres. Mais un bruit se fait entendre dans le couloir, et sûrement l'a-t-il surpris lui aussi, puisqu'il se recule. Immédiatement sur tes gardes, tu guettes l'arrivé du nouveau venu. Ou plutôt de la nouvelle venue, puisque ce n'est autre que Prynce Vladimavich, Volkov en devenir.

Saleté. Tu l'insulterais bien, mais tu es actuellement trop heureux pour te laisser aller à quelques vulgarités qui te brûlent pourtant les lèvres. Un temps pour tout comme on dit. Tu jettes un regard un peu navré au jeune Tudor et tu descends d'un étage, rejoignant la brune qui fait visiblement comme chez elle. Qu'elle en profite. Qu'elle continue à te provoquer. Elle a de la chance d'être fiancée à Finnick, sinon... Tu ne veux même pas y penser. Tu lui aurais arraché la tête depuis bien longtemps déjà, à cette petite garce qui vient te narguer jusqu'à ton appartement. Saleté. En plus, si c'est pour te balancer ce qu'elle a à te dire... Franchement, elle n'a aucun conseil, aucun avis à te donner sur tes affaires de cœur. Tu aimes le jeune Tudor. Mais ça, elle est sans doute incapable de l'intégrer, alors tu ne réagis pas le moins du monde face à ses pseudo-menaces. Du moins, tu ne le montres pas, même si intérieurement, tu as plutôt envie de lui faire ravaler sa langue. Enfin. Tout vient à point à qui sait attendre, à ce que l'on dit. Tu auras ta petite vengeance, un jour ou l'autre. Alors que Tudor débarque, elle s'écarte un peu de te toi pour le saluer. Tu le regardes approcher, surpris qu'ils se connaissent. Tu vois d'ailleurs le brun approcher et l'enlacer un peu, avant de déposer ses lèvres contre son front. Tu fronces un peu les sourcils, pas sûr de comprendre... Oui, il faut le dire, il pique ta curiosité là. Il connaît Prynce ? Comment ? Pourquoi ? Tu es surpris, mais tu décides de t'éclipser, le temps d'aller chercher le plateau à l'étage. Ce n'est pas que tu es gêné, mais moins tu vois l'autre, mieux tu te portes. Et puis, avec un peu de chance, elle sera repartie quand tu reviendras. C'est beau de rêver, hein ? Tu prends donc bien ton temps à rassembler les éléments sur le plateau, et tu empruntes les escaliers à nouveau pour tout aller déposer du côté de la cuisine. Mais elle est toujours là, la garce. Et apparemment, tu interromps une conversation entre elle et l'homme que tu aimes. Oh, dommage ? Oui, c'est délicieusement ironique, tu n'es pas le moins du monde désolé, même si tu aurais aimé entendre ce qu'ils racontaient tous les deux. Bref, c'est trop tard, alors maintenant, tu comptes bien faire dégager la brune d'ici. Et quel plus parfait stratagème que celui que tu mets en place actuellement, glissant tes mains contre la peau de Samael, placé dans son dos. Tu peux sentir la chaleur émaner de sa personne, et une fois de plus, tu constates qu'il est naturellement brûlant. Ce qui est loin de te déplaire, en réalité. « Ok ok, j'ai compris, j'y vais. Samael, pense à ce que je t'ai dit. Et Lyo... Rien en fait. » Ton sourire s'élargit un peu plus. Tout est bien qui fini bien. « J'y penserai... » Tu arques brièvement un sourcil, car tu te demandes bien ce que cette vipère à pu lui dire. Mais elle s'éclipse et au final, c'est tout ce qui compte. Plus loin elle est de toi, mieux tu te portes. Enfin, tu dois admettre que tu es un peu surpris quand le jeune Tudor se détache fermement de cette courte étreinte. Allons donc. Elle lui est déjà montée à la tête ? Si c'est le cas, tu as du souci à te faire apparemment. Un long soupir t'échappe, alors que tu le jauges, attendant les réprimandes. Qui ne tardent pas à venir d'ailleurs. « S'il te plaît... Évite ce genre de comportement lorsqu'il y a du monde. Cela a tendance à me mettre quelque peu... Mal à l'aise. » Tu t'apprêtes à sortir une bêtise du genre 't'aurais pas dit ça cette nuit' ou encore 'pardon d'avoir froissé sa majesté', mais rien ne filtre tes lèvres, tu te retiens de tout propos qu'il pourrait mal interpréter.

Et de toute façon, tu n'as pas vraiment le temps d'en placer une qu'il s'empresse d'aller répondre au téléphone. Pour ta part, tu contournes le bar de la cuisine, récupérant le plateau. Tu ranges les quelques éléments qui restaient, en profites pour nettoyer les verres et qu'importe ce que vous avez utilisé. Le temps qu'il parle avec tu ne sais qui. Ce ne sont pas tes affaires de toute façon, alors tu te concentres sur l'eau qui coule, sur ce que tu fais. Tu sèches rapidement le tout avant de ranger, et tu termines sensiblement à l'instant où lui raccroche. « Comme tu vois... Moi non plus, je n'ai pas le droit à un seul instant de répit. Pardonne-moi, Lyokha, on a besoin de moi au palais, je ne peux me permettre de m'absenter plus longtemps... Je t'emprunte des vêtements, je te les rendrai plus tard. » Tu hoches un peu la tête. Qu'il file, c'est normal, il travaille. Tout comme toi, sauf que tu t'es octroyé un jour de congé, apparemment. Tu secoues négativement la tête quand il parle de tes vêtements. Franchement, ce n'est pas cela qui manque, et ça n'a strictement aucune importance à tes yeux. « Je t'en prie, tu n'as qu'à prendre tout ce dont tu as besoin. » Fais-tu simplement avec un léger sourire. Il revient vers toi et te vole un baiser, tu le laisses s'éloigner, tout simplement heureux. Oui, tu es heureux, terriblement heureux. Tu ne sais pas depuis quand tu ne t'es pas senti aussi bien. Aussi... Amoureux. Toi qui te pensais définitivement blindé face à ces sentiments... Il a tout remis en question, il faut croire. Pour le meilleur ou pour le pire ? Ça, seul l'avenir vous le dira. Bien sûr que tu souhaites que les choses marchent entre vous deux. Mais tu sais aussi que ça ne va pas être aussi simple... Enfin, loin de toi toute pensée négative, mais tu sais par expérience que rien n'est jamais simple avec toi. Et Samael n'est pas n'importe quel humain. C'est un Tudor. Une célébrité du monde humain à sa manière. Et toi, tu es un Volkov. Et une personnalité d'Anarkia à ta propre manière, pas spécialement glorieuse quand on sait qui tu es vraiment. Un soupir t'échappe alors qu'il revient dans la pièce, tu t'appuies contre la table, mains posées dessus et tu l'observes tandis qu'il revient vers toi. Il t'embrasse, et c'est sans hésitation que tu lui réponds sur le même ton, frissonnant légèrement en sentant ses mains contre ta peau. Tu fermes les yeux pour le temps que ça dure, et tes doigts se referment doucement sur le papier qu'il glisse au creux de ta main. Allons donc, serait-ce une énigme ? Tu es pressé de le découvrir, mais le baiser avant tout. Il te relâche et tu suis le mouvement, ton sourire faisant rapidement écho au sien, tout aussi espiègle. « Ce soir, je veux te voir là-bas à 21h. Gare à toi si tu me fais faux-bond, je viendrai te chercher par la peau des fesses. Sur ce... » Il te vole un baiser, et tu te mords légèrement la lèvre inférieure, le regardant s'éloigner avec cette furieuse envie de le garder pour toi. Alors qu'il disparaît de l'appartement, tu ouvres le papier, prenant en considération l'adresse. Oh, mais tu connais cette boîte. Très réputée. Très fréquentée par la jeunesse mortelle, et les habitants des quatre nations en général. Voilà qui promet d'être intéressant... Et autant dire que tu as plus que hâte d'y être. Non pas pour danser ou consommer, non. Surtout pour le retrouver lui. Lui donner un avant goût de la vie avec toi. De tout ce que vous pouvez être, à deux.

Le soir.


Un sourire joueur s'installe sur tes lèvres. Te voilà à la fameuse adresse, achevant rapidement les derniers traits de peinture fluorescente. Tu es plutôt satisfait du résultat, car si tu n'es pas un grand peintre, au moins tu ressembles à quelque chose, et c'est le principal. Tu avances donc jusqu'au bar, pour commander quelque chose à boire, tout en sondant la pièce de ton regard azuréen. C'est très fluo. Et c'est le but. La musique est bonne, les jeunes nombreux. Tu te fonds dans la masse comme si tu avais réellement vingt-cinq ans. D'autant plus maintenant que tu as tout d'un humain. Tu pourrais aller te défouler un peu sur la piste d'ailleurs, mais tu préfères l'attendre sagement avant tout. Tu as hâte, bon sang, plus que hâte de le retrouver, mais en attendant, tu sirotes un peu de ton cocktail. Puis soudainement, quelqu'un vient t'embrasser. Si tu es d'abord surpris, tu te détends bien vite en remarquant la personne dont il s'agit. Et tout naturellement, tu te laisses aller à ce baiser avec fougue, glissant une main au creux de son dos pour le rapprocher de toi. Voilà qui t'avait manqué. Et lorsqu'il décide de rompre le baiser, tu suis naturellement le mouvement, restant très proche. « Je t'ai finalement trouvé... » Son souffle contre tes lèvres... Tu te mordilles un peu la lèvre, le laissant s'installer avec toi, tandis que tu prends une nouvelle gorgée de ton verre. « Je finissais par penser que tu m'avais posé un lapin mon beau... » Un sourire espiègle se dessine sur tes lèvres, alors que tu t'installes un peu mieux sur ton tabouret, ne le quittant pas des yeux. Il est toujours aussi... Magnifique, même avec de la peinture sur la peau. Le voir torse nu là te donne des envies peu catholiques, faut le dire. Mais chaque chose en son temps, la nuit est encore jeune après tout. « Maaaaaaaaaeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee !!! Je m'attendais pas à te voir là !!! » Tu arques un sourcil, et en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Samael se retrouve à terre, avec un type sur lui. Heu. C'est normal ? Tu restes surpris et tu ne bouges pas vraiment. Puis tu deviens perplexe, tu fronces un peu les sourcils. C'est quoi ce gars ? D'où est-ce qu'il sort ? Visiblement, il connaît Tudor, même si tu ne dicernes pas vraiment leurs paroles à cause de la musique. Tu essayes de comprendre, du récupères juste un prénom : Andrew. Voilà qui fait bien dix fois le tour de ton esprit, avant que tu fasses le rapprochement avec un précédent événement. Andrew. Comme Andrew Firearrow. Comme le chanteur. Mais aussi comme le type qui a appelé Mae la dernière fois. Ah oui, d'accord. Apparemment, ils se connaissent donc mieux que bien. Tu serres un peu les dents, te contentant de les observer. Bientôt, les deux se relèvent, le jeune Tudor s'installant sur son tabouret. Et l'autre, sur ses genoux.

Une fois de plus, c'est la surprise qui l'emporte, alors que tu hausses les sourcils. Oui, tu es plus que dubitatif. Parce que si ce type agit comme cela devant toi, c'est qu'il ne sait sûrement pas qui tu es pour le brun. Et qu'il ne sait pas qui tu es tout court, à quel point tu peux te montrer possessif. Tu pianotes d'une main sur le bar, observant le nouveau venu. « Excuse mais, t'es qui toi au juste ? » Tu demeures calme, même si ça se voit dans le drôle de sourire que tu arbores que tu n'en as pas pour longtemps avant d'exploser. L'autre à intérêt à choisir judicieusement ses mots, s'il ne veut pas finir à l'hôpital. « Andrew, Andrew Firearrow. » Tu hoches un peu la tête, lui faisant comprendre par là que oui, tu le savais déjà ça. Et tu t'en fous très clairement, qu'il s'appelle Louis, Bernard ou Andrew. Ce n'était pas vraiment ça ta question, c'était plutôt de savoir qui il était pour Tudor. « Je sais ça, mais vis-à-vis de Samael ? C'est toi son petit ami ? » Tu demandes à tout hasard. Parce que c'est là que tu vas savoir si c'est vrai ou pas. Ça se lira dans la réaction du blond. S'il nie clairement, s'il rit, s'il est un peu gêné... Tu sais comment interpréter les réponses comme les mensonges, alors ce gars a intérêt d'être excellent comédien s'il veut finir sa soirée tranquille. Ou plutôt, il a intérêt à ne partager avec Tudor que des liens d'amitié. Sinon, ça risque de virer sanglant. Il rit, et reprend aussitôt, comme si c'était une évidence. « Dans le mille. » Tu souris franchement, hochant un peu la tête. Ton regard croise un bref instant celui de Samael, et tu demeures silencieux pendant quelques longues secondes. À ne pas ciller ; à ne rien dire. Juste à patienter gentiment. Alors c'est vraiment son petit ami ? Le pauvre. Il va regretter d'avoir été honnête, avec toi. Mais tu te contentes de sourire encore un peu. « Ca fait longtemps que vous êtes ensembles ? » Demandes-tu, toujours aussi sympathique. Ce qui semble amuser le petit blond visiblement. Qu'est-ce qu'il a ? Il rira moins quand tu en auras fini avec lui, il peut en être sûr. Et bon sang que c'est dur de résister. « Des années ! » Reprend-t-il en riant. Tu hoches la tête, et une fois de plus, tes yeux croisent ceux du brun. Ton sourire ne ternit pas, bien au contraire. Et finalement, tu tends la main vers le chanteur, attendant qu'il la serre. « Enchanté, moi c'est Lyokha. » Fais-tu simplement, prenant un air des plus agréables, des plus empathiques. Insouciant, le jeune attrape ta main par politesse. Et c'est là que ça dérape vraiment. Parce que tu te redresses, tu tires sur sa main et tu lui plaques le bras dans le dos, avant de violemment lui cogner la tête de ta main libre contre le bar. L'effet escompté est là, puisqu'il s'écroule. Et voilà le travail. Oui, tu peux être sanglant quand tu le veux. Oui, tu peux être extrêmement violent. Il vient d'en faire les frais. « Mes vœux de bonheur, petit con. » Reprends-tu froidement. Tu jettes un regard méprisant au jeune Tudor, et tu récupères ton verre, décidant tout bonnement de dégager de là. Il voulait une relation libre ? Alors soit, autant que cela marche dans les deux sens.

Mais sans que tu t'y attendes, un garçon t'interpelle. Un sorcier, à l'odeur de son sang. Tu soupires profondément et tu te tournes vers lui. « Hé, toi, reste-là ! » Qu'il fait à ton attention. Tu hausses les sourcils, et tandis qu'il approche, menaçant, tu ne tardes pas à lui envoyer le contenu de ton verre dans les yeux. Il s'arrête un instant, parce que oui, l'alcool, ça brûle mon petit. Tu l'observes tandis qu'il se redresse, et t'envoie un coup relativement puissant dans le ventre. Tu te plies un peu en deux, mais tu ne comptes pas abandonner la partie. Surtout pas maintenant qu'il a engagé le combat. Il n'avait qu'à pas te frapper après tout ! Et rapidement, tu reviens à l'assaut. Vous échangez de nombreux coups, en esquivez bien plus encore. Et inconsciemment, vous revenez vers le bar, vers là où tu as abandonné le jeune Tudor. Vous vous retrouvez même à ses pieds, ou presque. Toujours est-il que tu frappes la tête du brun contre la façade du comptoir, avant qu'il ne te récupère pour te faire une clé de coude. Tu serres les dents, grimaçant. Oui, c'est douloureux, encore plus car sur le coup, tu es un humain. Mais tu t'en tires plutôt pas mal pour l'instant, même si tu as l'impression qu'il va juste te déloger le coude. Mais un coup de talon bien placé t'évite une dislocation du bras, et rapidement, tu te redresses. L'autre en fait autant, mais pas de chance, tu es plus rapide ; tu chopes un verre sur le comptoir et lui éclate contre la tête. Endgame. Il semble aussi assommé que l'autre crétin précédemment, et il se laisse aller contre le comptoir, glissant jusqu'au sol. Toi tu as... Terriblement chaud. Et tu respires terriblement fort. Tu passes le revers de ta main sous ton nez, essuyant les quelques gouttes de sang qui y perlaient un peu plus tôt. Ton dos se fait plus ou moins moite et un léger courant d'air qui passe te fait clairement frissonner. Tu offres un sourire plutôt carnassier au jeune Tudor et tu récupères un shot de vodka que tu avales dans plus attendre, avant de retourne le verre bruyamment en le posant juste devant ce que tu croyais être TON brun. « A bon entendeur, salut. » Fais-tu simplement. Non, tu n'avais pas envie de le frapper et de le mettre k.o comme les deux autres. Non, tu ne veux pas lui faire du mal. Mais qu'il comprenne, t'es loin d'être un bisounours ou un petit poney -out- alors lui aussi doit se méfier. Tes coups de sang, n'importe qui peut en être la victime. Sur ce, tu lui souffles un baiser ironiquement, et tu t'éloignes vers la piste de danse.

Parce que tu as besoin de te décontracter, mais aussi de lui montrer qu'à part la violence, tu sais faire le mal autrement. Hé oui, tu es incorrigible Lyokha. Et tu ne quittes pas Tudor du regard, et d'ailleurs, tu enlèves ce light-stick rouge fluo que tu avais autour du cou jusque là, le laissant, purement provocateur, tomber par terre. Tu l'observes, jusqu'à rejoindre la piste du moins, sur laquelle tu te laisses totalement aller avec les autres jeunes qui dansent sur quelques sons techno-dubstep. Autant dire que ça monte vite à la tête, entre l'alcool, la chaleur, les couleurs qui pètent les yeux, c'est vraiment l’apothéose de l'ambiance de boîte. Pourtant, c'est bien loin de te déplaire. Et tu te laisses carrément aller, quitte à en oublier que non, tu n'es pas vraiment célibataire. D'ailleurs tu te rapproches de plusieurs personnes, tout comme tu laisses les autres se rapprocher de toi. Tu jettes de temps en temps un œil à Tudor, mais tu agis comme si tu étais purement désintéressé. Et bientôt, tu sens le souffle de quelqu'un dans ta nuque, et tu tournes à peine la tête pour apercevoir un jeune humain qui te sourit. Tu souris un peu en retour, frissonnant légèrement en sentant toujours son souffle contre ta peau... tu restes ton dos contre son torse, à danser, toujours plus proches, ce qui ne semble pas lui déplaire, puisque ses mains glissent sur ta taille. Tu te mordilles un peu la lèvre inférieure, toujours aussi joueur. C'est mal ce que tu fais pourtant, et tu le sais. Mais tu n'as que la vengeance à tes yeux qui compte réellement. Alors tu te retournes, tu fais face à l'inconnu, toujours aussi proche. Tes mains remontent lentement sur ton torse jusqu'à glisser sur sa nuque. Lui passe les siennes au creux de ton dos, et une continue son ascension jusqu'à tes fesses. Dans un autre contexte, il s'en serait prise une sévère, pire que les deux autres que tu as frappé plus tôt. Mais tu te contentes de sourire, et de rapprocher ton visage du sien. Tu as un dernier regard en coin pour le jeune Tudor, et tu embrasses fougueusement ce type que tu connais à peine. Il ne semble pas surpris, bien au contraire, on dirait même qu'il n'attendait que ça. Et si ce baiser langoureux révulse la personne fidèle au fond de toi, ta partie rancunière s'en voit comblée. Et que l'autre n'aille pas penser que tu fais ça juste pour lui faire du mal parce qu'il a un autre petit ami. Non, ça, c'est aussi pour son manque cruel de réaction alors que tu te faisais éclater la tête par un champion de mixed martial arts. Ça lui apprendra. Et tu es dégoûté de voir qu'il ne s'est toujours pas approché pour te récupérer, d'ailleurs. Tant pis, tu vas passer à la vitesse supérieure alors. Et bientôt, tes lèvres quittent celles de l'inconnu pour se poser dans son cou. Il semble plutôt réceptif puisqu'il penche un peu la tête en arrière. Tes mains glissent à nouveau contre son torse, l'une descendant même beaucoup plus bas qu'autorisé par le protocole. Le petit gémissement de l'autre te fait rire, et pour le coup, tu es relativement déconcentré. Ce qui explique sans doute pourquoi tu ne vois pas le futur intendant impérial revenir vers toi et te tirer de là. Pour te gifler. Deux fois. Tu acceptes sans rechigner, tournant simplement la tête sous les coups. Tu inspires profondément, et tu essayes de ne pas rire, quand le pauvre humain à qui tu faisais perdre la tête un peu plus tôt se prend un coup de poing dans le visage. « Désolé. » Murmures-tu sans le penser le moins du monde. Tu t'en fous, ce type n'est qu'un dommage collatéral à tes yeux.

Tu serres les dents, parce que à tes yeux, Samael n'avait aucune raison de te frapper. Tu n'as fait que lui rendre la monnaie de sa pièce, il a joué double, alors toi aussi. Bien que si lui a couché avec ce fameux Andrew, toi, tu n'es pas allé jusque là avec l'autre humain. Tu inspires profondément, suivant Tudor jusqu'à l'attraper par l'épaule, l'incitant à se retourner. Tu le regardes avec un drôle de sourire, puis tu viens l'embrasser, comme si de rien n'était. Ce qu'il ne semble pas apprécier apparemment, puisque son poing s'écrase contre ton doux visage. Tu as un mouvement de recul, tu passes ta main encore endolorie contre ta face. Mais aïe ! De quel droit hein ? De quel droit est-ce qu'il a fait ça ? Tu serres les dents, parce que mine de rien, tu commences à voir rouge. Tu n'aimes pas du tout qu'on te prenne pour un abruti, et ça, il va vite le comprendre. S'il croit qu'il peut sauter tout ce qui bouge et te frapper comme bon lui semble, il s'enfonce le doigt dans l'oeil jusqu'au coude, Tudor ou pas. D'ailleurs, tu le rattrapes bien vite, et cette fois, pas vraiment en douceur, puisque tu attrapes ses poignets et que tu le plaques sans ménagement contre le mur le plus proche. Il peut résister, se débattre, tu ne faiblis pas du tout, au contraire, ta prise se resserre sur ses poignets s'il s'agite de trop. Et lorsque enfin tu as son attention, tu viens frôler ses lèvres dangereusement, murmurant doucement. « Ça fait mal pas vrai ? » Un léger sourire sadique étire tes lèvres tandis que tu marques une pause. Non, tu ne parles pas de tes doigts sur ses poignets. Tu parles bien de cette sensation de trahison. « T'avais qu'à y réfléchir à deux fois, avant de jouer double avec moi. » Et des mains glissent de ses poignets au mur, sur lequel tu t'appuies juste, restant néanmoins très proche de lui. Il peut te repousser si ça lui chante, il peut même partir, tu n'en as rien à faire en réalité. Tu es blessé, et même si l'alcool n'aide en rien tes doutes, tu n'as pas envie qu'il te mente. Tu te sens.. Honteux, d'une part. Sali aussi. De lui avoir cédé, d'avoir fait l'amour à un type qui n'en a, au final, pas grand chose à faire de toi. Mais une fois de plus, tu aimes te dire que c'est l'alcool qui exacerbe tous ces ressentis. Tu aimes te dire que ce n'est qu'un mauvais rêve, et que demain, tu vas te réveiller dans ses bras comme si de rien n'était.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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Sa-Par
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Jeu 31 Juil - 22:50

Tu as peut-être été un peu blessant en te dégageant de l'étreinte de Lyokha. Tu le regrettes déjà, mais tu ne te sentais pas à l'aise. Tu n'as pas l'habitude de ce genre de démonstration d'affection. Il n'y a guère qu'Andrew qui te saute dessus et te fait des câlins à volonté, pour tous les autres, la distance semble rester de mise. Tu es plus souvent celui qui provoque le contact, alors inverser les rôles te perturbe grandement. Surtout face à une amie que tu n'avais pas prévue de mettre au courant tout de suite il faut dire. Tu apprécies sincèrement Prynce mais certaines choses sont trop nouvelles pour que tu parviennes à agir en public comme tu le fais avec lui en privé. Bref, tu es désolé mais il ne dit rien et toi-même tu files récupérer ton portable pour répondre à un appel de ton cousin. Il s'inquiète de ton absence et t'avoue qu'on a besoin de toi au palais, pour ne pas changer. Ton travail passe avant tes désirs, alors il te faut plier bagage, malgré le fait que tu rêverais de rester toute la journée avec lui, profiter d'un peu de temps ensemble, à ne rien faire, rien de bien important en tout cas... Mais non, tu ne peux pas. Mais avant de filer, il te faut quand même enfiler autre chose qu'un boxer, très sérieusement, parce que tu te vois mal te promener dans la capitale en sous-vêtement. Cela pourrait en faire sourire certains mais tu n'es pas du genre exhibitionniste. Donc très peu pour toi. Bref. Tu es obligé de lui emprunter des vêtements, mais tu penses que cela ne le dérange pas. Il te le confirme d'ailleurs très vite. Tu lui souris alors sincèrement, en écho au sien, avant de venir lui voler un baiser passionné. Puis tu disparais dans le dressing, prenant ton temps pour t'habiller. Tu devrais te presser mais tu n'en fais rien. Tu cherches un moyen de le revoir, pour te faire pardonner ton départ trop rapide à tes yeux. C'est ainsi que te vient à l'esprit l'adresse d'une boîte de nuit très réputée chez les jeunes, une boîte où vous pourriez vous détendre sans qu'on fasse trop attention à vous, normalement. C'est ainsi que, une fois sorti, tu notes l'adresse avant de venir l'embrasser une dernière fois, avec passion. Tu l'aimes, peu importe ce que Prynce pourra dire. Tu sais que ce sera compliqué, rien n'est jamais facile avec toi, visiblement avec lui aussi. Dire que tu te pensais inatteignable, surtout par un vampire... Finalement, il aura réussi à tout remettre en question... Enfin, c'est avec plaisir que tu captures ses lèvres quelques instants encore, avant de reculer un peu, notant avec plaisir qu'il suit le mouvement. Sale gosse... Allez, tu lui ordonnes presque de te retrouver à l'adresse indiquée ce soir, lui voles un baiser puis files dans le couloir, à reculons. Tu voudrais tant rester avec lui... Mais tu te rassures en te disant que tu le reverras ce soir.

~~~ le soir même ~~~

Tu l'as trouvé. Tu pensais devoir le chercher plus longtemps mais ce n'est pas plus mal qu'il soit là. Plus tu passeras de temps avec lui, mieux tu te porteras. Alors tu viens l'embrasser, à la fois avec douceur et passion. Tu le fais par surprise, alors tu comprends tout à fait sa surprise, heureusement il te répond très vite, avec une fougue qui te fait tourner la tête tandis que tu sens une de ses mains glisser dans le creux de ton dos. Tu te laisses faire, te rapprochant de lui, tandis qu'une main trouve sa place dans ses cheveux blonds que tu décoiffes. Quel bonheur... Il t'avait affreusement manqué et ce n'est que maintenant que tu t'en rends compte, maintenant que tu le sens contre toi, que tu l'as retrouvé. C'est effrayant, de comprendre que tu tiens à ce point à lui. L'amour fait faire bien des choses, bien des folies et tu es encore loin d'en saisir toute l'ampleur. En attendant, il faut bien que vous respiriez alors tu te recules, constatant avec plaisir qu'il suit le mouvement. Oh, tu l'aimes. Oui, tu l'aimes, même si tu ne devrais pas, même si c'est très mal, comme situation. Tant pis, au diable les risques, tu ne veux qu'être avec lui, il n'y a rien de plus important à présent. Tu t'assieds à ses côtés, le laissant boire tout en réfléchissant à ce que tu vas pouvoir commander. Mais il te devance en prenant la parole. Il finissait par penser que tu lui avais pensé un lapin ? Le « mon beau » final t'arrache un sourire à la fois amusé et désespéré. Tu secoues un peu la tête, avant de le décoiffer d'une main. Tu n'y peux rien, tu adores sentir ses cheveux entre tes doigts.

-Je t'avais limite ordonné de venir, ce n'était pas pour manquer à l'appel, Princesse.

Princesse. Et toc. S'il veut jouer, tu peux jouer. Un sourire tout aussi espiègle que le sien étire tes lèvres, mais tu n'as pas tellement le temps d'en faire plus qu'une tornade blonde te saute dessus, te faisant tomber de ton siège. Non, ce n'est pas Lyokha mais ta propre tornade blonde, nommée Andrew Firearrow ou Drew pour les intimes. Un Drew qui est aussi agité que d'habitude et toujours d'humeur à plaisanter ou à faire toutes les bêtises possibles. Mentalement, tu pries pour que Seth soit dans les parages, histoire de le contrôler un minimum, mais tu ne te fais pas tellement d'espoir. Bien sûr qu'il est là, tu sais que Drew n'aime pas être loin de lui, mais lorsqu'il s'agit d'une soirée amusement, ils sont aussi désespérants l'un que l'autre. Bref, après quelques bavardages, tu parviens enfin à te relever et à te rasseoir... Récupérant au passage un grand gamin sur tes genoux. Par tous les dieux de la Terre, ce n'est pas possible... Pitié, que Seth revienne chercher son homme. Oui, tu adores Drew mais ce n'est peut-être pas le meilleur moment pour se lancer dans ses bêtises habituelles. S'ensuit alors une discussion entre Andrew et Lyokha qui ne te plaît guère. Tu sens la tension monter chez l'ex-vampire. Et cette demande si le chanteur est ton petit ami... Tu fronces les sourcils. Tu sens d'avance que tout cela va très mal tourner. Tu connais ton cadet, il aime se lancer dans ce genre de petit jeu, au mépris des risques. Alors tu essayes de prévenir tout problème dès le départ.

-Drew, tu n'étais pas accompagné à la base ? fais-tu, un peu désespérément.

Tout ce que tu obtiens, c'est un geste te demandant de patienter trente secondes. Une petite leçon ne lui ferait pas de mal, mais tu n'as pas envie d'être la cause de problèmes, surtout entre les deux. Alors, à maintes reprises, tu essayes de les interrompre mais Drew te coupe la parole à chaque fois. Peine perdue. Toute cette histoire va rapidement dégénérer, tu le sens... Pire encore lorsque tu vois l'ex vampire tendre la main à votre cadet. Tu secoues la tête tandis que Andrew glisse de tes genoux, reposant les pieds sur terre et lui tendant la main en retour, par politesse. Non, il ne faut pas... « Drew, je te déconseille de... » Trop tard, tu assistes, impuissant, à ce qui suite : Lyokha qui cogne violemment la tête du pauvre jeune Firearrow contre le rebord du comptoir. Sonné, ce dernier se laisse couler au sol. Tu te mords violemment la lèvre, sentant un vent de colère couler dans tes veines. Il n'a pas compris que ce pauvre Andrew plaisantait ? Est-il à ce point incapable de voir qu'il ne faisait que s'amuser ? Tu l'attraperais volontiers pour le secouer, le gifler, mais tu préfères te laisser glisser au sol après t'être fait servir un verre d'eau glacé. Tu réponds au regard méprisant de Lyokha par un regard sombre, empli de colère. C'est n'importe quoi comme réaction !

Sur ce, tu t'occupes de réveiller Andrew qui se révèle un peu sonné du choc. Surtout, tu surveilles la cicatrice qu'il a à la gorge, tu le sais très fragile à ce niveau là et les coups trop violents risqueraient de la rouvrir. Heureusement, il semblerait qu'il n'y ait rien à craindre à ce niveau là. Par contre, il saigne du front. Un soupir t'échappe tandis que tu nettoies la plaie à l'aide de l'eau glacée et d'un mouchoir. Tu ne peux pas faire grand chose de plus, tu n'as pas prévu ta trousse de premiers secours habituelle. Et pendant ce temps là, ça se bat à côté. Ne devrais-tu pas intervenir ? Après tout, ce sont Lyokha et Seth qui sont aux prises. Hum... Non. Tu es énervé, parce que tu n'aimes pas qu'on s'en prenne à tes amis. Là, il est vrai que tu es un peu mauvais mais c'est surtout parce que tu es désespéré de voir tout ce qui se produit toujours autour de toi. Le côté joyeux et trop facilement gamin de ton ami d'enfance face à la jalousie visible et certainement un fort sentiment de trahison chez Lyokha. Lorsque tu finis enfin par rendre la plaie plus présentable et que Drew commence à émerger, les deux se retrouvent à côté de vous. Et lorsque tu relèves les yeux, Lyokha éclate un verre sur la tête du pauvre brun. Tu te mords violemment la lèvre et, dans un réflexe, attrape ce dernier pour qu'il ne retombe pas trop mal. Tu pousses du pied, et ce de ton mieux, les morceaux de verre avant de le poser au sol, lançant un nouveau regard noir à l'homme que tu aimes. Quelle catastrophe cette soirée. Quelle idée stupide de l'amener ici, ce soir ! Pourquoi n'as-tu pas proposé une soirée en tête à tête plutôt ? Tu t'en veux pour ce qu'il se passe, autant que tu en veux à Andrew d'avoir été trop loin dans sa plaisanterie sans entendre tes mises en garde et que tu en veux à Lyokha d'avoir réagi sans réellement savoir ce qu'il en était exactement. Tu t'attaques donc à la tête de Seth, avant que quelqu'un ne te pousse pour s'en occuper. Ah, le petit blond est réveillé. Tu entames donc la discussion, tout en surveillant l'ex-vampire du coin de l’œil.

-Ce type est complètement cinglé !
-Il a très mal réagi, je sais... Mais j'ai essayé de te mettre en garde mais, une fois de plus, tu ne m'as pas écouté... Comme toujours.
-Dis que c'est ma faute !
-Nous sommes tous fautifs...
-Et Seth là-dedans ? Il méritait de se retrouver dans cet état ?
-Tu sais comme moi qu'il ne m'aurait pas laissé intervenir... Je suis désolé Andrew, je... Oh, putain de merde, non, là il va trop loin !


Tu ne fais pas attention au fait que ton meilleur ami écarquille les yeux face à ce juron dont il n'est pas responsable. Qu'est-ce qui te vaut une telle vulgarité ? Lyokha, en train d'embrasser un autre homme sur la piste de danse. Lyokha en train de lui embrasser le cou et l'autre qui, visiblement, prend son pied. Tu sens comme un poignard au niveau du cœur en les voyant ainsi. Non, tu n'es pas jaloux mais tu détestes l'infidélité. Ce n'est pas pareil, non. Alors tu les rejoins, les sépare et gifle deux fois le blond. Tu ne t'es que rarement senti aussi mal, entre la colère et la culpabilité. Encore heureux qu'il les accepte sans rechigner, sinon il s'en serait pris d'autres. Et l'autre qui essaye de prendre la parole... Tu ne lui en laisses pas le temps, lui envoyant ton poing dans la figure. Purement et simplement. Frapper dans quelque chose est bon pour les nerfs.

-Ta gueule toi.

S'il n'avait pas compris, maintenant, le message est passé : qu'il s'en aille très loin de ton blond, sinon tu l'éclates la prochaine fois. Sur cette légère explosion, tu tournes les talons et quittes la piste de danse. Il faut vraiment que tu te calmes, cela ne te va pas d'être ainsi. Encore, la vulgarité passe mais pas ces accès de violence. Encore heureux que tu retiennes instinctivement tes coups. Bref. Tu voudrais retourner au bar, avaler une boisson fraîche qui te remettrait les idées bien en place, sauf que tu n'en as pas le temps puisqu'on t'attrape par l'épaule, t'incitant à te retourner, ce que tu fais. Pour te retrouver avec Lyokha, pendu à tes lèvres. Après le coup qu'il t'a fait ? Non, certainement pas ! Tu refuses d'être le jouet dans cette histoire ! Alors tu lui envoies ton poing dans la figure, le repoussant de cette manière. Hors de question qu'il s'amuse ainsi avec toi. Tu devrais peut-être te mettre en colère, pousser un bon coup de gueule, mais tout ce que tu trouves à faire, c'est tourner les talons sans ajouter le moindre mot. Mais, une nouvelle fois, il te rattrape et, cette fois, te plaque contre un mur, te maintenant les poignets. Tu refuses de te laisser faire, tu t'agites, essayant vainement de lui faire lâcher prise. Tu pourrais le frapper autrement qu'avec tes poings, mais tu n'as jamais eu l'intention de le blesser, d'une quelconque manière, c'est ce qui te retient. Au final, tu finis par te calmer, plongeant ton regard à la fois sombre et incandescent dans le sien, alors que ses lèvres frôlent les tiennes. Ça fait mal ? Oui, tu as mal, au cœur. Tu t'en veux affreusement, mais il ne semble pas se rendre compte qu'il est en tord dans toute cette histoire. Tu serres les dents lorsqu'il poursuit, à t'en exploser la mâchoire. Jouer double. C'est ainsi qu'il te voit ? Il pense que tu es ainsi ? Il le croit vraiment ? Quel sincère manque de confiance, quelle MAGNIFIQUE erreur de jugement !

-J'apprécie de voir quelle image tu as de moi. Non, sincèrement. C'est vrai que j'ai la réputation d'aller d'une femme à une autre, d'un homme à un autre, d'être juste quelqu'un qui s'amuse avec le cœur des autres, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu en sais, Lyokha ? Qu'est-ce que tu sais pour oser me juger aussi rapidement, sans même m'accorder le bénéfice du doute ? Oh et puis pousse-toi, tu m'énerves !

Pousse-toi, pas dégage. Il ne verra très certainement pas la différence de vocabulaire mais elle est très importante. Tu maîtrises ton vocabulaire en fonction des circonstances mais aussi des autres. Si tu n'en avais rien à faire de lui, tu ne ferais pas le moindre effort. Mais non, tu te maîtrises. Enfin, qu'importe, tu as besoin d'être seul et de t'aérer l'esprit à l'aide d'une boisson glacée. Sauf qu'alors que tu comptais t'éloigner, regagner une nouvelle fois le comptoir, une tête blonde que tu connais bien se ramène. Il a beau faire sombre, tu connais suffisamment Andrew pour savoir que son regard bleu-vert luit de colère. Mais pas envers toi. Ce qui veut donc dire que ce pauvre Seth a quand même souffert de l'altercation d'un peu plus tôt. Tu essayes de retenir ton ami mais celui-ci te rassure d'un sourire. Ok, cela veut dire qu'il va dire ce qu'il a sur le cœur. Le demi loup qu'il est a besoin de montrer les crocs, en résumé. Tu restes juste à côté d'eux, sans dire un mot.

-Hey, du con ! En quelques secondes, je t'ai trouvé trois défauts : manque d'humour, jaloux et violent. Mon pauvre Mae, je te plains sincèrement. Et ça c'est pour avoir frappé MON mari ! ajoute-t-il avant de le frapper du poing gauche, dans la joue. Touche-le encore une fois, une seule fois, et je te jure que ta vie deviendra un enfer. Sur ce, le petit con te salue, ver de vase écrasé.

Tu ferais volontiers un magnifique facepalm en voyant le jeune sorcier faire demi-tour avec toute la grâce et la classe de la superstar qu'il est, pour rejoindre son homme. Heureusement qu'il a frappé du poing gauche, tu sais que si ce garçon sait se défendre, il est purement droitier donc utiliser l'autre poing ne fait pas très mal, si on excepte cette bague de mariage qui ne l'a pas quitté depuis que le jeune Seth lui a demandé de l'épouser. Pour ce qui est de ton vampire... Il semble assez perplexe. Quoi, il continue à croire que ce cher Andrew a dit la vérité tout à l'heure ? Visiblement, puisqu'il te demande une explication. Tu fronces alors les sourcils, ayant bien envie de le secouer afin de le réveiller. Cet idiot n'a décidément rien compris.

-Tu as dû le sentir, Andrew porte une bague à l'annulaire gauche. Il est en couple avec Seth, le brun avec lequel tu t'es battu, depuis déjà quelques années. Je n'ai jamais été en couple avec Andrew pour ma part. Il est un ami d'enfance, un chanteur hors pair à qui je donne de temps en temps des conseils ou avec qui je passe quelques soirées pour l'aider à perfectionner les partitions de ses morceaux. C'est tout. Il n'y a jamais rien eu d'autre que de l'amitié entre nous et il n'y aura jamais rien de plus.

Tu t'es rarement entendu être aussi acide avec quelqu'un. Tu ne l'as jamais été avec lui. Alors ça y est, il a ENFIN compris qu'il s'était trompé, qu'il avait fait une erreur de jugement ? Tant mieux pour lui, toi tu es de mauvaise humeur à cause de toute cette histoire. Alors comme tu en avais l'intention, tu tournes enfin les talons et regagne le bar, restant à distance du couple d'ex-sorciers, et commande une Margarita. La boisson te fait du bien, t'arrachant tout de même un frisson lorsque tu la sens couler dans ta gorge puis le long de ton œsophage. Un vrai délice. Tu n'as plus envie de parler, tu préfères siroter ton cocktail. Tu n'as même pas envie de répondre à Lyokha. Résultat, ce dernier t'annonce que puisque tu lui fais la tête, il va aller essuyer le sang qui coule de son nez. Tu hoches juste un peu la tête, histoire de lui faire savoir que tu ne l'as entendu. En attendant qu'il revienne, tu voles un glaçon dans ta boisson et le pose sur ton front, tant pis pour la peinture. Tu as trop chaud. Toutes ces histoires te pèsent sur le moral. Bon sang, tu aimes un homme alors que tu n'as jamais dépassé le stade du simple baiser avec une personne du même sexe que toi. Tu es allé plus loin que tu n'aurais jamais pu l'imaginer. Et puis tu n'as guère mauvaise réputation à ce niveau là, tu ne t'éparpilles pas, tu es toujours clair et la plupart des personnes qui finissent leur nuit avec toi savent que tu es inatteignable, donc cela ne leur sert à rien de s'accrocher. Tu as l'impression que, lui, il va réussi à te rendre complètement fou...

Curieusement, plus les minutes passent et plus tu sens l'inquiétude se faire une place en ton cœur. Pourquoi donc ? Peut-être parce qu'il n'est toujours pas revenu alors que tu as terminé ton cocktail. Ce n'est pas normal qu'il prenne autant de temps. Ou alors, il attend que tu te bouges et que tu le rejoignes. C'est tout à fait possible mais tu ne te sens pas tellement d'humeur, pas après ce qu'il s'est passé. Mais c'est tout de même étrange, il ne lui faut pas tant de temps pour juste retirer quelques traces de sang. Tu secoues un peu la tête, retiens un soupir, mais te lèves tout de même. Direction : les toilettes. D'ailleurs, il semblerait que ce soit un peu agité à l'intérieur. Tu fronces les sourcils et essaye t'entrer... Porte bloquée. Oh bon sang, qu'est-ce qui se passe encore ? Tu n'en sais rien mais tu as toujours ton multipasse qui ouvre toujours toutes les serrures (pratique hein ?), entrant rapidement dans la pièce... Et là, ton sang ne fait qu'un tour, te montant au cerveau. Lyokha est bien là, celui avec lequel il dansait un peu plus tôt aussi, et un troisième homme que tu n'as pas le souvenir d'avoir vu. Ce serait moins dérangeant s'ils n'étaient pas enfermés ensembles. Cela ne le serait pas si Lyokha n'était pas en grande partie dévêtu, allongé sur le sol en train de se débattre, avec l'un au-dessus de lui en train de faire tu ne sais quoi que tu ne veux pas savoir. Tu vois rouge, oubliant instantanément ce qu'il s'est passé un peu plus tôt et qui t'énervait. On s'en prend à TON blond, ils vont le regretter. Pas la peine de parler, tu récupères celui qui est au dessus et, sans dire un mot, lui accorde le plus beau coup de poing que tu ne t'es jamais autorisé. D'ailleurs, tu profites du fait qu'il soit un peu sonné pour lui éclater la tête sur le rebord d'un lavabo. Et voilà le travail. Le second semble se défendre un peu plus mais tu es tellement en colère que pas une seule seconde tu ne penses à masquer les réflexes de Leo. Le second a donc vite fait de se retrouver la tête la première dans la cuvette des wc. Ce n'est que lorsqu'il se relève et esquisse un mouvement pour sortir que ta voix se fait entendre.

-Ça ne sert à rien de fuir comme une mauviette, crois-moi, tu vas payer ce qu'il vient de se passer ! Et ton copain aussi, je t'en donne ma parole !

PERSONNE ne fait cela à quelqu'un que tu apprécies. Encore moins à l'homme que tu aimes. Personne. Alors tu les retrouveras, leur visage est gravé dans ta mémoire et tu feras sans faute un signalement à la police demain. Ils vont longtemps regretté d'avoir osé poser les mains sur lui. Tu as beaucoup de pouvoir entre les mains et, pour une fois, tu comptes bien l'utiliser pour une affaire personnelle. Bref, laissant l'autre 'cadavre' sur le carrelage, tu t'approches plutôt de Lyokha, toute colère dissipée. Tu ne sais que lui dire. Lui demander s'il va bien serait sans doute un peu déplacé mais rien d'autre ne te vient en tête. Sauf, peut-être... Lui tendre la main pour l'aider à se relever ? Oui, c'est ce que tu fais en te mordillant la lèvre. Dans quel état est-il...

-Je... Je suis désolé... Si je n'avais pas fait la tête, si j'étais venu plus tôt, ce ne serait pas arrivé... Je suis vraiment désolé Lyokha...

Tu ne sais quoi lui dire. Tu te sens juste coupable de ce qu'il vient passer, tu te considères comme l'unique responsable de ce qu'il s'est passé, et ce qu'il aurait bien pu se produire. Tu ne veux pas imaginer, ils ont posé les mains sur lui et cela t'est déjà insupportable. Tu voudrais l'aider à remettre ses vêtements correctement, le serrer dans tes bras, l'embrasser, ou tout simplement retourner dans le passé pour éviter cela... Mais tout ce que tu fais, c'est rester là, à le regarder, triste, malheureux. Qu'as-tu fait encore ? Décidément, être aimé de toi ne fait qu'attirer les ennuis... Une nouvelle fois, le sort te le prouve... Pauvre Lyokha, pauvre toi, pauvre vous : le couple maudit.

_________________


I'm addicted to you, hooked on your love, like a powerful drug I can't get enough of. Lost in your eyes, drowning in blue, out of control, what can I do ? I'm addicted to you !
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Sam 2 Aoû - 23:22

Il te décoiffe, une fois de plus. Mais tu n'as pas ce naturel mouvement de recul. Bien au contraire, tu te laisses docilement faire. Comme si c'était agréable – parce que quelque part, ça l'est. Parce que c'est lui, c'est Samael, et que tu as l'impression que tu pourrais accepter n'importe quel supplice venant de lui. C'est dingue ce que l'amour te fait dire, te fait penser. Te fait ressentir, aussi. Tu te sens terriblement bien. Est-ce un crime ? Tant pis, tu es prêt à en accepter le châtiment. Tu pourrais bien te damner, pour un peu plus de ses caresses, un peu plus de ses regards, un peu plus de ses lèvres contre les tiennes, un peu plus des effluves de son parfum. « Je t'avais limite ordonné de venir, ce n'était pas pour manquer à l'appel, Princesse. » Tu ne peux t'empêcher de sourire. Un sourire espiègle, malicieux. Follement amoureux aussi, même si ça, c'est plus difficile à décrypter. Oui, tu te sens amoureux. Et c'est curieux de t'en rendre compte, plus encore de l'admettre. Toi qui te pensais blindé, définitivement. Il a fait fondre ta volonté, a consumé la moindre de tes résistances, a insidieusement brisé la dernière de tes barrières. C'est sûrement pour toutes ces petites raisons que tu l'aimes. Parce que malgré les interdits, malgré les regards et les avis, il a quand même dit oui. Au début, tu t'es demandé pourtant, si c'était parce que tu étais humain. Si, quand toute cette magie vivante se serra dissipé de tes veines, il en sera autant. Appréciera-t-il toujours le contact de ta peau glacée ? Ton regard bien plus troublant, cerclé de glace ? Acceptera-t-il l'idée que tu ne puisses vivre que la nuit à Spes, en plus d'habiter la plupart du temps à Sanguinem Luna. Tant de questions et autres interrogations que tu préfères ignorer, tant elles t'inquiètent secrètement. Car tu as peur que les choses changent. Tu as peur que demain, il ne te voit plus de la même manière. Que peu à peu, toutes les choses fanent, que les baisers se fassent plus fades, que le désir devienne moins brûlant, que l'envie de l'autre soit moins pressante. Se rajoute à cela la distance quotidienne, tout ce qui vous oppose, continuellement. Un vampire, un humain. Un Volkov, un Tudor. Un criminel, un impérial. Un homme terriblement jaloux, et un autre cruellement droit. Tant de contradictions qui font de votre couple – tu ne sais pas comment le considérer à vrai dire – un paradoxe vivant. Mais encore une fois, tout cela, tu essayes de ne pas trop y penser. Pas nécessairement par superstition, bien qu'il doit y avoir une part de cela. Mais aussi parce que tu en souffrirais d'avance, et ça, c'est hors de question. Alors tu préfères profiter de l'instant présent. De tout ce que vous avez là, maintenant, même si ce n'est pas grand chose. Son regard, sa considération, c'est déjà bien suffisant à tes yeux. Tu ne demandes rien de plus que ce qu'il te donne actuellement, un peu de son temps, un peu de son amour. Même si vous n'avez aucun indice sur combien de temps est-ce que tout cela peut durer, tu en profites, et point.

Andrew Firearrow. Quelques secondes que tu le connais, et le voilà qui t'exaspère déjà. Autant dire que c'est mauvais signe. Mais il ne semble pas se rendre compte que tu prends sa plaisanterie très au sérieux, et que c'est de très mauvais goût avec toi. En général, on évite de jouer sur la corde de l'infidélité avec toi. Toi, ça ne te dérange pas de le faire en retour, même si tu es quelqu'un de très fidèle, de très droit en amour, tes sous-entendus sont parfois pesants quand tu te disputes avec ta moitié du moment ; raison pour laquelle ça ne dure jamais bien longtemps. Bon, certes, tu dois l'admettre ; tu as déjà été voir ailleurs quand tu trouvais une relation beaucoup trop plate, sans intérêt. Mais c'était toujours justifié, toujours dans des relations sans importance aucune ; sans réels sentiments. Et là, faire ça à Samael ? Tu n'y songes même pas. C'est  inconcevable à tes yeux. Tout simplement car ce n'est pas une amourette d'une semaine tout au plus. C'est tellement, tellement plus à tes yeux. Peut-être aussi parce que tu trahis plus facilement les femmes que les hommes ? Qui sait. Il paraît surtout que tu n'avais pas aimé d'homme comme tu aimes le jeune Tudor depuis Maximus Romilius, et que quelque part, tu n'as pas envie de vivre la même chose avec le futur intendant impérial. Tu n'avais pas digéré que Max aille voir ailleurs après une vive prise de tête avec toi. Alors si tu ne cautionnes pas que Samael en fasse autant, toi non plus, tu ne veux pas le faire un tel coup bas. Tu sais la souffrance que l'infidélité engendre, tu l'as suffisamment subie pour te passer l'envie de l'infliger à une personne qui compte autant à tes yeux. Bref, tout ça pour dire que plaisanter là-dessus avec toi est plutôt de mauvais goût, venant d'un inconnu. Si tu tolères ces allusions de la part de tes amis, de gens que tu connais à la limite, mais là, venant d'un inconnu, c'est rédhibitoire. Et apparemment, Samael voit clair dans ce qui se passe. Au regard qu'il pose sur toi, il comprend que les choses ne vont pas tourner comme prévu. C'est triste pas vrai ? Oui, tu es possessif, jaloux, facilement violent. D'une impulsivité incroyable. Et après ? On ne te refera pas. Et s'il sait apaiser tes pulsions, s'il sait te rendre plus humain, le monstre dort toujours quelque part en toi, et parfois, il revient à la surface en une fraction de seconde. Un peu comme maintenant en réalité. « Drew, tu n'étais pas accompagné à la base ? » Un instant, tu te demandes ce que cherche à faire Tudor. Qu'est-ce qu'il veut, détourner l'attention ? Patience, son tour viendra, si c'est ce qui le démange. Pour l'instant, ton regard demeure fixé vers le petit blond tout pétillant. Oh, tu n'as qu'une seule envie, lui faire ravaler son doux sourire, et mettre un terme à son agitation.

« Drew, je te déconseille de... » Trop tard. Mille fois trop tard. Car tu peux être humain, tu n'en as pas pour autant perdu tout tes réflexes. Et le blond en fait la douloureuse expérience, alors qu'il s'écroule. Bien fait pour lui. Et tout ce que tu fais, c'est avoir un regard plutôt condescendant pour cette épave, et tout aussi méprisant pour Samael. Jamais tu n'aurais voulu le blesser. Mais ça, c'est juste trop pour toi. Et Andrew peut se vanter d'être juste en mode veille ; d'autre ont fini carrément éteints pour moins que ça. Tudor te jette un regard noir que tu ignores avec une certaine arrogance, avant de juste te retourner, embarquant ton verre. Son problème, qu'il gère ça avec son petit ami. On récolte ce que l'on sème comme le dit si bien l'adage ; Firearrow vient d'en faire les frais. Il a voulu jouer avec le feu, il s'est brûlé. Et tu es bien le dernier à le plaindre pour cela. Toujours est-il que tu es profondément blessé, et qu'à tes yeux, tu n'as plus rien à faire avec les deux autres. Alors tu t'éloignes, jusqu'à ce qu'un brun t'interpelle. Bon sang, qu'est-ce qu'ils ont tous ? Lui en tout cas, n'a pas l'air vraiment content. Il a même l'air en colère. Quoi, c'était un ami de l'autre petit couple ? Merveilleux, manquait plus que ça. En tant que vampire la question se serait pas posée, tu l'aurais envoyé voir de plus près les bouteilles derrière le comptoir. Mais là, c'est un peu plus compliqué. Tu n'as pas la même force, vitesse, agilité. Alors tu t'adaptes et tu dois te salir les mains. Tu te bats, plus clairement. Et tu n'en as pas pour long au final, avant qu'il finisse avec quelques morceaux de verre enchâssés dans sa chevelure brune. Oui oui, tu viens bel et bien de lui éclater un verre contre la tête. Et autant dire qu'il semble aussi sonné – si ce n'est plus – que l'autre blond, puisque lui aussi se laisse glisser contre le comptoir, avec l'aide du futur intendant impérial. À nouveau, tu le regardes avec mépris, tu le provoques même en lui soufflant un baiser, ayant la furieuse envie de lui balancer quelque chose de méchant à la face. Dans le genre, c'est bien, tu prends soin d'eux au moins, ou encore, je te faisais confiance, et au final, tu m'as baisé dans tous les sens du terme. Mais les mots bloquent dans ta gorge. Car quelque chose, au fond de toi, t'empêche de vraiment lui faire du mal. Sûrement est-ce un dérivé de l'amour. Un petit quelque chose qui te freine. Enfin, instantanément, puisque quand tu rejoins la piste de danse, il en est autrement... Carrément autrement même. Danser n'est pas un crime en soi, même avec des inconnus. Tant que ça n'a aucune signification. Mais maintenant que tu as balancé ton light-stick rouge par terre, tu te fais clairement passer pour le premier des célibataires. Même si tu ne l'es pas. Même si c'est mal. Tu ne sais pas pourquoi, une partie de toi veut le voir souffrir. Rien que pour apaiser un peu ta propre souffrance. C'est comme si tu en avais besoin, et c'est peut-être le cas.

Enfin, danser avec un inconnu le collé-serré, c'est peut-être pas l'idée du siècle non plus. Pas plus que d'avoir les mains un peu trop baladeuses. Pas plus que de l'embrasser à pleine bouche, le genre de french-kiss qu'on ne voit que dans les films. Et si quelque part, la culpabilité propage la douleur dans ton cœur, tu ne décroches pas des lèvres de l'autre humain. Pas plus que tu ne lâches la peau de son cou, quand ta bouche en découvre chaque parcelle. Tu te sens si mal d'embrasser un autre que lui. Si mal de jouer à ces jeux sulfureux avec un parfait inconnu, alors que ton cœur est pris, qu'il lui appartient de bien des manières que tu n'as pas encore découvertes. Tu l'aimes, qu'il soit avec un autre homme, avec dix autres, ça ne change rien au constat. Alors pourquoi fais-tu cela ? Simplement pour le faire souffrir autant que lui te fait souffrir. C'est complètement stupide, d'autant plus que tu ne connais pas la vérité sur toute cette histoire. Enfin, tu n'as pas le temps d'aller plus loin – et c'est déjà bien trop à tes yeux – que tu te fais rappeler à l'ordre par l'homme que tu aimes – aimais peut-être ? Tu ne sais plus, tu es perdu. Enfin, il t'accorde deux gifles magistrales, et tu ne rechignes pas le moins du monde. Car même si tu as mal, tu sais que tu les vaux largement, ces claques. Qu'elles sont tout ce qu'il y a de plus justifié. L'inconnu cherche à en placer une, peut-être pour te défendre, certainement. « Ta gueule toi. » Tu ne peux t'empêcher de sourire un peu de la réaction du jeune Tudor, qui te surprend tout de même. L'autre fini avec son poing dans la face, et quelque part au fond de toi, tu sens comme une flamme se raviver. Parce que peu importe combien Samael peut te haïr sur l'instant, n'est-ce pas là une preuve qu'il tient réellement à toi, encore ? N'est-ce pas là un marque dissimulée de possessivité ? Tu ne sais pas trop comment interpréter la chose, mais tu mets ça sur le compte de l'amour. Parce que même si ça fait mal de se sentir trahi, même si ça fait mal de se sentir coupable aussi, tu apprécies secrètement ce geste. Sur ce, sans un mot de plus, le jeune Tudor s'éloigne, et tu ne tardes pas à lui emboîter le pas. Une fois, tu le pousses à se retourner, et sans plus réfléchir, tu t'empares de ses lèvres. C'est complètement stupide, complètement insensé, et pourtant, c'est tout ce que tu trouves à faire. Il n'apprécie visiblement pas, puisque tu te prends son poing en plein visage. Tu grimaces un peu, tu tentes de te calmer. Aller, inspire, expire, c'est rien. Mais non. Ce n'est pas rien. Parce que même si la culpabilité te dévore, la colère aussi. Tu te sens sali, trahi, il ne peut pas le comprendre ça ? S'ajoute à cela son manque de réaction alors que l'autre abruti t'a sauté à la gorge tout à l'heure. Alors non, vient un moment où ça ne passe plus. Un moment où tu le saisis fermement pour le plaquer contre le mur. Il résiste, le contraire t'aurait étonné de toute façon. Mae qui ne se débat pas, franchement, c'est du jamais vu à tes yeux. Pourtant, il finit par se calmer. Par te laisser la parole, enfin. Et tu ne loupes pas l'occasion de lui dire la vérité sur la situation, sur ce que tu en penses. Le tout tient en une phrase ; il n'avait qu'à pas jouer double. « J'apprécie de voir quelle image tu as de moi. Non, sincèrement. C'est vrai que j'ai la réputation d'aller d'une femme à une autre, d'un homme à un autre, d'être juste quelqu'un qui s'amuse avec le cœur des autres, n'est-ce pas ? Qu'est-ce que tu en sais, Lyokha ? Qu'est-ce que tu sais pour oser me juger aussi rapidement, sans même m'accorder le bénéfice du doute ? Oh et puis pousse-toi, tu m'énerves ! » Tu serres un peu les dents, déglutissant difficilement. Si seulement il savait à quel point tu peux avoir mal. De tous ces doutes qui te rongent. De cette culpabilité qui te bousille. Tu n'en sais plus rien pour le coup. Tu ne sais plus qui croire, à qui faire confiance. Tu aimerais lui dire que tu le suis aveuglément. Tu ne t'en sens juste plus capable depuis que tu as retrouvé le précédent homme que tu as aimé à t'en rendre fou dans le lit d'un jeune humain qui te ressemblait tellement que ça t'avait flanqué la chair de poule. Toujours est-il que tu ne trouves rien d'intéressant à dire. Rien qui vaille le coup, en réalité. Alors tu laisses une main retomber contre ton corps, baissant les yeux. Qu'il s'en aille. Qu'il retourne auprès de l'autre blonde, qu'importe qui est cette personne pour lui. Tu n'as plus envie de lutter à contre courant.

Et en parlant de blonde. Le voilà qui revient vers toi, apparemment furieux, à en juger par le peu de ses traits que tu peux voir dans la pénombre ambiante. Allons donc, il est réveillé ? Il veut la double dose ? T'as plus grand chose à perdre de toute façon, alors s'il veut que tu lui refasses les molaires, c'est quand tu veux. « Hey, du con ! En quelques secondes, je t'ai trouvé trois défauts : manque d'humour, jaloux et violent. Mon pauvre Mae, je te plains sincèrement. Et ça c'est pour avoir frappé MON mari ! » Du con. Rien que ça. Il ne tient définitivement pas à la vie, cette andouille. Tu l'observes avec un sourire insolent pour teinter tes lèvres. Aller, qu'il approche encore un peu. Mais qu'il parte en courant ensuite, s'il ne veut pas se réveiller – ou pas se réveiller plutôt – à la morgue demain. Manque d'humour ? Oh non, vous n'êtes juste pas sur la même longueur d'onde, concernant les blagues. Jaloux ? Alors là, tu ne dis pas le contraire. Violent ? Une fois de plus, tu ne peux démentir. Enfin, le coup redouté arrive, tu tournes la tête sous le choc, serrant puissamment les mâchoires. Qu'il se barre en courant maintenant. Et très vite de préférence. « Touche-le encore une fois, une seule fois, et je te jure que ta vie deviendra un enfer. Sur ce, le petit con te salue, ver de vase écrasé. » Tu retiens difficilement un éclat de rire. Parce que tu ne le prends pas au sérieux le moins du monde. Tu serres fort les poings, tu te demandes même comment tu fais pour demeurer calme physiquement, alors que tu pourrais choper un tesson de bouteille et finir ce que t'as entamé. Tu n'es pas à un crime près après tout. Mais peu importe ce qui le relie au jeune Tudor, tu sais qu'il y tient beaucoup trop pour que tu puisses te permettre une telle erreur. Alors tu restes immobile, presque impassible. Bien que perplexe. Frappé son mari. Quoi ? C'est à n'y plus rien comprendre. Tu fronces un peu les sourcils, jaugeant Samael, toujours aussi dubitatif. Non, en définitive, tu ne piges plus rien. Qui est avec qui, au final ? Les explications viennent très vite, en tout cas. « Tu as dû le sentir, Andrew porte une bague à l'annulaire gauche. Il est en couple avec Seth, le brun avec lequel tu t'es battu, depuis déjà quelques années. Je n'ai jamais été en couple avec Andrew pour ma part. Il est un ami d'enfance, un chanteur hors pair à qui je donne de temps en temps des conseils ou avec qui je passe quelques soirées pour l'aider à perfectionner les partitions de ses morceaux. C'est tout. Il n'y a jamais rien eu d'autre que de l'amitié entre nous et il n'y aura jamais rien de plus. » Tu baisses progressivement les yeux. Oh. Andrew est marié avec l'autre brun là, Seth. Un ami d'enfance. Tu te mords un peu la lèvre tout de même. Tu ne t'attendais pas à tout cela. Tu ne t'attendais pas à une révélation du genre. Et puis, comment aurais-tu pu le deviner ? Tu fronces un peu les sourcils. C'est l'autre qui a joué sur tes nerfs. Alors au final, qui est le plus fautif hein ? Tu finis par simplement secouer la tête, reprenant rapidement la parole après lui. « Et tu crois que j'aurais dû réagir comment Samael ? M'esclaffer ? Crois-moi, si demain, un de mes amis m'avait chopé dans ses bras en prétendant être mon petit ami, t'aurais pas rigolé. Alors désolé d'avoir été brusque, d'accord ? Mais y'a une chose pour laquelle je serai jamais désolé ; je tiens à toi, t'entends ? » Tes yeux luisent d'une drôle de lueur. La sincérité. La souffrance. L'amour aussi. Tu tiens à lui, et ça te détruit à petits feux, ne t'en rends-tu pas compte encore ? Non, il faut croire que ces petites altercations ne sont pas suffisantes pour te faire ouvrir les yeux. « Le jour où tu sauras ce que c'est que de se faire tromper, tu verras que tu seras loin de rigoler à ce genre de petites plaisanteries. » Siffles-tu finalement. Peut-être l'a-t-il déjà expérimenté, tu n'en sais trop rien. Mais tu n'as pas envie de t'attarder là-dessus, encore moins quand tu constates qu'il n'en a rien à faire, de ce que tu racontes. Après quelques longues secondes de silence, tu finis juste par secouer la tête désespérément. « Bien, t'as décidé de faire la tronche ? Soit, moi, je vais nettoyer les dégâts. » Fais-tu finalement, te détournant de là sans plus de cérémonie. Et par dégâts, tu veux bien entendu parler de ce sang sous ton nez, qui commence peu à peu à sécher. Ce n'est pas que ça donne pas bien avec la peinture, mais c'est quand même pas terrible. Et puis tu as besoin de t'écarter un peu, de faire le point. Pour peu que ce fameux Seth te tombe dessus à nouveau. Tu t'éloignes donc en direction des toilettes, sans même te retourner.

Face au lavabo, tu laisses juste l'eau couler sur tes doigts, sur tes phalanges abîmées. Tu en récupères un peu au creux de ta paume, essuyant le dessus de tes lèvres. Tu regardes un peu ce que cela donne dans le miroir, et tu répètes plusieurs fois l'opération, jusqu'à en être satisfait. Puis tu coupes l'eau, tu poses tes mains sur le rebord du lavabo, de part et d'autre, et tu baisse les yeux sur les derniers filets de liquide qui s'échappent. Tu soupires profondément. Une soirée qui vire à la catastrophe... Voilà pourquoi tu te poses tant de question la nuit. Quand lui dort sûrement paisiblement. Voilà pourquoi ton cœur bat si vite quand tu es avec lui. Tu as peur de le perdre en réalité, alors que vous êtes réellement tous les deux depuis quelques heures à peine... Tu appréhendes déjà la fin du conte de fées. Un nouveau soupir t'échappe et tu reviens à toi quand la porte s'ouvre. Tu lèves tes yeux azurs vers le miroir, observant dans son reflet deux types. Tu as l'impression de connaître l'un d'entre eux, mais sans plus. Enfin, tu reviens plutôt à l'eau que tu fais couler une fois de plus dans tes mains terminant d'y enlever le peu de sang qui y demeurait. C'est sans doute pour cela que tu ne te rends pas compte qu'ils sont en train de bloquer la porte. Tu coupes un fois de plus l'eau, et tu t'apprêtes à faire demi-tour. Mais l'un d'entre te bloque contre le lavabo, et tu fronces un peu les sourcils, te tournant vers lui pour lui faire face. Il t'observe, tu en fais autant. « Désolé, je suis pas intéressé. T'es mignon hein, te froisse pas parce que je te dis non, mais j'ai pas envie. » Tu souris, un peu joueur, comme toujours. Tu retrouves le masque que tu portais précédemment, celui de l'assurance. Pourtant, l'autre s'en fiche, puisqu'il vient t'embrasser. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, tu le repousses violemment, t'éloignant de là. « Dégage, je t'ai dit : je ne suis pas intéressé. » Et tu poursuis ta route vers la sortie, mais l'inconnu t'attrape une fois de plus, par le poignet cette fois. Tu serres les dents, te tournant vivement vers lui. « Putain, qu'est-ce que tu comprends pas dans dégage ? » Tu ne souris plus cette fois. Tu en as vraiment marre. Et tu as vraiment envie qu'il te lâche là. Tu ne rigoles plus, tu ne joues plus. Tu veux juste sortir de là, retrouver Samael, la soirée, profiter encore un peu avant de rentrer, essayer de recoller les morceaux, entre autres. Mais une fois de plus, ce type ne semble pas de cet avis, puisqu'il te pousse contre un mur, ton dos heurtant douloureusement la façade. Il vient devant toi, et glisse ses mains sur tes flancs, jusqu'à ta taille. « Allez, tu disais pas non tout à l'heure... » Souffle-t-il contre les lèvres alors que tu détournes ton visage autant que possible. Il va peut-être falloir le frapper, non ? Et c'est bien ce que tu fais, perdant patience ; tu lui envoies ton genou dans un endroit sans doute inutile à préciser. L'autre se plie en deux de douleur, et toi, tu en profites pour t'éloigner de là, cherchant à rejoindre la porte. Mais l'acolyte de l'autre crétin te rattrape bien vite. « Oh là, où est-ce que tu vas comme ça ? » Et aussitôt dit, il t'attrape, les bras dans le dos. Tu te débats tant bien que mal, cherchant à te dégager de son emprise, mais rien n'y fait, tu n'es qu'humain, et côté force brute, tu dois admettre qu'il te surpasse. Pourtant, ce ne sont pas les tentatives qui manquent ; tu cherches même à lui mettre un coup de tête. Mais rien n'y fait. Tu demeures figé dans ses bras. L'autre se redresse rapidement, titubant encore un peu et visiblement très en colère. Pas bon. Pas bon du tout non. Puisqu'il revient vers toi et qu'il t'envoie un peu trop fort un coup de genou dans les côtes. À ton tour, tu te plies un peu, gémissant de douleur. Tu n'as pas l'habitude de la fragilité du corps d'un mortel et c'est plutôt dur de faire avec. Tu plisses un peu les yeux, mais à peine as-tu le temps de te redresser qu'il t'envoie son poing dans la figure. L'autre te relâche, et tu valses jusqu'au mur immaculé contre lequel tu te cognes. Trop, c'est beaucoup trop pour toi. Alors tu te laisses glisser lamentablement contre le mur. Affaibli. Comme une poupée de chiffons – ou plutôt de porcelaine, qu'ils sont en train de briser, tout doucement, si doucement que tu sens chaque fissure découper ton corps lentement. Complètement sonné, l'un d'entre eux – le brun, celui que tu as embrassé sur la piste en réalité, et celui que tu as frappé entre les jambes aussi – revient vers toi et t'attrape par les cheveux, te tirant sans ménagement le long du mur. Tu reviens difficilement debout, mais puisqu'il l'exige, tu ne peux rien contre. Tu te retrouves face contre le carrelage blanc du mur, qui vire progressivement au carmin. Il se colle un peu plus dans ton dos, et tu sens un puissant frisson de dégoût te parcourir. Non, par pitié pas ça. Qu'il s'en aille, pitié. Tu ne veux pas vivre ça, pas encore. Tu fermes les yeux, cherchant difficilement à te débattre encore. Qu'il te lâche, c'est bon, tu rends les armes. Mais qu'il te lâche, c'est tout ce que tu veux. Pourtant, il vient te susurrer quelques mots à l'oreille. « Bah alors blondie, t'as du mal à tenir le rythme ? Tu sais que si tu t'étais montré un peu plus sympathique, un peu plus coopératif, tu te sentirais tellement mieux à l'heure actuelle.. » Pas besoin de le voir pour deviner le sourire salace qui étire ses lèvres, alors qu'à nouveau, tu sens ses mains contre ton corps, et son anatomie qui se presse un peu plus contre la tienne. Non, tu ne peux pas le laisser faire cela. Alors à nouveau, tu tentes le tout pour le tout, tu lui écrases un pied et lui envoies l'arrière de ton crâne dans le nez. À l'entendre rugir, il n'apprécie pas du tout, et sa réaction est immédiate, il te fracasse la tête contre le mur. Cette fois-ci, tu t'écroules. Et tu n'es pas sûr d'être capable de te relever.

Complètement assommé, il te faut bien quelques longues minutes avant d'ouvrir les yeux à nouveau, pissant le sang par le nez. Tu as un mal de crâne terrible, et pire encore, tu es immobilisé par terre, l'autre brute épaisse te maintenant fermement les poignets au sol, tandis que l'autre est en train de te déshabiller. Minute, quoi ? Te déshabiller ? Ton regard jusque là dans le vague revient peu à peu à la cruelle vérité, et il te faut quelques secondes à peine pour réagir ; tu envoies des coups de pieds dans le vide. Le brun se met à rire, alors qu'il les évite habilement. Il termine d'enlever ton pantalon avant de venir se mettre à quatre pattes au-dessus de toi, tu l'observes un court instant avant de tout simplement lui cracher au visage. Ce qui le fait d'autant plus sourire, alors qu'à nouveau, il prend possession de tes lèvres. Tu ne te gènes pour le mordre à sang, et il se recule brusquement, t'envoyant le revers de sa main contre ta joue. Tu tournes un peu la tête sous le coup, et c'est grognant que tu cherches à dégager tes poignets à nouveau. En vain, une fois de plus. « Lâchez-moi ! LÂCHEZ-MOI ! » Hurles-tu à qui veut bien l'entendre, sachant pertinemment que la musique couvre sans mal tes cris. L'autre t'embrasse dans le cou, et tu as tout bonnement envie de pleurer. Car tu sais que Samael ne viendra pas. Que personne ne viendra. Alors tu regardes les néons au plafond, et quelques larmes coulent de tes yeux, en silence. Tu te débats toujours, mais à deux contre un, dans cette position, tu es terriblement impuissant. Alors, même si tu te bats dans le vide, tu continues, parce que tu ne veux pas attendre ton sort – bien qu'inévitable apparemment. L'inconnu enlève sa ceinture, et tu serres les dents. Tes paupières tremblent, mais tu ne veux montrer aucun signe de faiblesse. Et curieusement, alors que l'autre commence à enlever le bouton se son pantalon, un drôle de sourire étire tes lèvres. « Tu sais quoi, c'est bien, continue. Et quand t'en auras fini, y'aura rien qui pourra arrêter ça. J'vous retrouverai. Et j'vous tuerai, tous les deux. » Ils échangent un regard, se mettent à rire. Et toi tu fixes toujours le plafond, alors qu'à nouveau, tu t'en prends une. Tes muscles tétanisent et ta volonté t’abandonne peu à peu. Tu te prends à prier pour un miracle. Et il faut croire que quelqu'un, qui que ce soit là-haut, t'a entendu. Pourquoi ? Parce que quelqu'un vient d'ouvrir la porte. Quelqu'un vient de rentrer, et de virer le type qui était au-dessus de toi. Tu trembles un peu, mais tu écarquilles les yeux, choqué, surpris. Profondément soulagé aussi. Plus rapidement que tu ne peux te l'imaginer, les deux adversaires sont au tapis. Et si instinctivement, tu te recroquevilles un peu sur toi-même, tu finis par lever ton regard azuréen par la personne qui vient de rentrer. Samael. C'est Samael qui est là. Samael qui parle, mais dont les mots t'échappent d'abord. « Je... Je suis désolé... Si je n'avais pas fait la tête, si j'étais venu plus tôt, ce ne serait pas arrivé... Je suis vraiment désolé Lyokha... » Tu regardes cette main qu'il te tend. Mais tu es encore trop choqué pour réagir. Alors tu te mets sur tes genoux, et ta main droite glisse lentement par terre jusqu'à attraper ton pantalon un peu plus loin. Tu le reprends d'une main tremblante, et tu l'enfiles difficilement, grimaçant lorsque tu te contorsionnes un peu trop. Tes côtes demeurent douloureuses, ils n'y sont pas allés de main morte, ces deux abrutis. Tu te rapproches douloureusement d'un mur, appuyant une main dessus pour essayer de te redresser. C'est difficile, et lorsque tu fais à nouveau un mètre quatre-vingt quatre, tu vacilles un peu avant de te sentir stable sur tes pieds. Tu as un regard ampli de haine pour les deux cadavres au sol. Tu serres les dents et tu lèvres le menton, essayant de recouvrir toute assurance perdue. Mais au fond de toi, quelque chose vient de briser. Tout comme quelque chose remonte progressivement à la surface de ton esprit. Tu lèves ton regard vide vers Samael, l'observant un instant. « C'est pas de ta faute. C'est rien. Merci. » Fais-tu comme un automate. Comme si c'était une phrase préfabriquée qui t'échappait. « Je, vais rentrer je crois. » Tu hoches un peu la tête, et sans plus attendre son consentement, tu sors de la pièce, le corps encore endolori.

La route se fait en silence. Et comme tu t'en doutais, il te raccompagne. Peut-être que tu as besoin de lui. Tu n'en es plus trop sûr, et en même temps, en es persuadé. Mais tu ne le regardes pas, tu fixes la route en silence, tes mains tremblent encore un peu au fond de tes poches. Tu essayes d'ignorer la douleur dans tes côtes, et c'est plutôt dur. Mais tu ne t'en sors pas trop mal. Tu es de toute façon, bien trop perdu dans tes pensées pour montrer un quelconque signe de faiblesse, de souffrance. Tu penses. Tu réfléchis. Sûrement trop d'ailleurs, quand on voit ce qui remonte à ton esprit. Le junkie. Voilà comment tu te sens. Comme bien des années avant, où tu n'avais aucun scrupule à passer d'une couche à une autre pour un peu d'argent. Mais aussi une époque ou ce genre d'agression était monnaie courante, mais que t'étais bien trop défoncé pour t'en rendre compte. Ça te terrorise. Ça te dégoûte. Tu te dégoûtes en réalité. D'avoir pu être ça un jour... Et surtout, d'avoir été incapable de te battre plus encore ce soir. Tu t'es senti impuissant. Inutile. Bon à subir, tout simplement. Pourquoi est-ce que tu as bu ? Tu savais très bien que ça diminuerait tes réflexes. L'humain que tu étais et que tu es encore aujourd'hui tient très mal l'alcool. À cela s'ajoute ton affront avec Seth, qui t'a pris pas mal d'énergie. Et cette fatigue constante, due à ta condition nouvelle de mortel. Tu te sens honteux. Vraiment. Parce que si Samael n'était pas venu, tu sais très bien ce qui se serait passé. Et tu ne veux même pas y songer. Tu soupires profondément, arrivant enfin devant la porte de ton appartement. Tu invites le brun à rentrer, fermant derrière vous. Ceci fait, tu déposes ta veste sur le porte-manteaux à l'entrée. Et enfin seulement, tu daignes relever ton regard vers lui. « Désolé. Pour cette soirée catastrophique, pour ma connerie constante. Je voulais pas frapper ton pote, enfin si, mais j'ai mal réagi. Je suis juste... Terriblement impulsif, et j'ai du mal à rire sur des sujets comme celui-là, quand je ne connais pas la personne en face. Je suis désolé aussi, d'avoir été flirter avec un autre type. Mais ça, je crois que j'en ai déjà payé le prix. » Fais-tu avec un triste sourire, t'efforçant de rire un peu en constatant le bleu qui fleurit déjà sur ton flanc gauche. Tu reviens doucement vers lui, plongeant avec plaisir ton regard fatigué dans le sien. Toujours aussi magnifique, il n'y a pas à dire. Tu glisses délicatement tes mains sur sa nuque, l'observant avec toujours autant d'amour. « Mais je ne veux pas que tu te sentes coupable, en aucun cas, aucun, pour ce qui s'est passé dans les toilettes. C'était ma faute. Uniquement ma faute. » Ta voix au début audible s'est peu à peu faite murmure, alors tu lui voles un baiser, te dérobant avant qu'il n'ait l'occasion de te retenir. C'est curieux mais... Tu fais un espèce de blocage. Tu n'as pas... Vraiment envie qu'on te touche. Pas après ce qui s'est passé. Enfin, tu sais bien que c'est Samael, qu'il ne te veut aucun mal, que tu l'aimes... Mais qu'il te pardonne ce malaise qui te prend un peu. Tu sais bien que ça va finir par passer, surtout que tu te sens plus en sécurité qu'autre chose dans ses bras. Mais tu veux y aller progressivement. Tu te mordilles un peu la lèvre, lui souriant en t'éloignant à reculons vers la salle de bain. « Sinon, je crois que j'ai quelque chose qui me ferait le plus grand bien et à toi aussi, parce que honnêtement, ce n'est pas que je n'aime pas les jolis dessins sur ta musculature parfaite, mais mes meubles sont pas de cet avis. » Ton sourire s'élargit un peu plus encore. En réalité, tu t'en fiches un peu, qu'il y ait de la peinture sur tes meubles. Tu as juste envie de le sentir près de toi. Tu as besoin qu'il te rassure. Qu'il te murmure au creux de l'oreille qu'il est là. Qu'il ne t'arrivera rien de mal. Et qu'il t'aime.

Tu ne sais pas si tu dois être surpris quand il accepte ton invitation, toujours est-il que tu es heureux, et tu fais rapidement couler l'eau dans la douche, terminant de te déshabiller pour ta part. C'est bizarre de ne plus avoir aucune barrière avec lui. En fait, tu es loin d'être pudique normalement mais... C'est curieux de te dire que vous en êtes arrivés là, tous les deux. C'est carrément stupide comme pensée, n'est-ce pas ? Peut-être. Mais ce sont toutes ces petites choses qui te rappelle qu'il t'aime, et que tu l'aimes en retour. Tu détailles son visage, tandis qu'il te rejoint. Il s'approche un peu de toi, et même si ton corps te dit que tu dois paniquer, que cette proximité n'est pas normale, tu parviens à calmer tes pulsions. À te dire que ce n'est que lui. Que tu l'aimes. Que tu lui fais confiance. Alors finalement, tu fais un pas vers lui, et avec un peu de gel douche dans les mains, tu poses tes paumes contre son torse, entreprenant de faire disparaître la peinture. Tes gestes sont terriblement doux. Attentionnés. Peut-être que c'est juste ce dont tu as besoin, après tant de violence. Ton regard ne quitte pas le sien, jusqu'à ce qu'enfin, tu te décides à regarder ce que tu fais. L'eau fait partir au fur et à mesure la peinture, et tu continues ton œuvre, jusqu'à être à peu près satisfait du résultat. Alors seulement tu t'attaques aux traces sur son visage. Toujours aussi délicatement. Comme si tu risquais de le briser. Tes pouces glissent contre ses joues, sur son front. Tu as une attention toute particulière pour le moindre de tes gestes, et lorsque tu as fini, tu souris un peu, hochant la tête, signifiant par là que c'est ok pour la peinture. Tu ne sais pas si c'est une impression ou si c'est vraiment le cas, mais tu sens que quelqu'un t'effleure. Tu tournes immédiatement ton regard vers lui, secouant un peu la tête. « Non, c'est bon, je m'en occupe... » Fais-tu en hochant légèrement la tête, parlant de la peinture sur ton propre corps. Peut-être qu'il ne t'a même pas touché. Peut-être que tu as juste rêvé. Ou peut-être que c'est vraiment le cas, c'est un peu confus dans ta tête. Toujours est-il que cette douche – qui dans un autre contexte, se serait terminée d'une toute autre manière, bien plus brûlante que l'eau qui coule sur ton corps actuellement – s'achève de manière bien silencieuse. En fait, tu profites de l'eau un bon moment encore, le laissant sortir en premier. « Je te rejoins vite. » Ton sourire ne ternit pas, et pourtant, quand Tudor quitte la pièce, tu soupires profondément. Car tu te sens mal d'agir si étrangement avec lui. Terriblement mal. Enfin, tu termines de te rincer et tu te sèches tout aussi rapidement, enfilant simplement un boxer avant d'avaler les deux cachets que tu prends tous les soirs, depuis bien longtemps. Voilà qui prouve à quel point tu es déconcentré ; est-ce que tu te rends compte que c'est de la médication pour vampire ? Apparemment pas. Mais ça ne te fait pas tiquer plus que cela, puisque bientôt tu éteins la lumière pour rejoindre le futur intendant impérial à l'étage, dans ta chambre.

Tu ne sais pas vraiment pourquoi, mais tu as soudainement envie de le sentir contre toi. Peut-être pour prouver que tu vas bien ; pour le lui prouver, pour te le prouver, même si ce n'est pas vraiment le cas. Même s'il y a toujours ce malaise, quelque part à la surface. Enfin, tu te rapproches un peu de ton cadet, et sans plus réfléchir, tu l'embrasses avec passion. Tu ne sais pas si tu t'imagines cette hésitation, ou si c'est vraiment le cas chez lui, mais il finit par te répondre et c'est tout ce qui compte. Tu fermes les yeux, refermant tes bras autour de sa nuque. Tu as envie de lui. Autant que tu as envie de t'enfermer dans le dressing et de pleurer. Tu restes indécis, pourtant, tu vas toujours plus loin, jusqu'à buter contre ton lit, le faisant tomber dessus avant de l'y rejoindre. Et une fois de plus, tu l'embrasses. Avec fougue cette fois. Dès que tu sens ses doigts contre ta peau, tu frissonnes, mais tu as du mal à discerner le plaisir du dégoût. Par moments, tu as encore l'impression que c'est l'autre qui te touche, et ça te fait presque peur. Mais tu te calmes à la simple pensée qu'il s'agit de ton brun à toi, et de personne d'autre. Tes doigts parcourent son torse, une main restant appuyée contre le matelas alors que l'autre dessine quelques formes au hasard contre sa peau. Tes lèvres, toujours pressées contre les siennes, reflètent plus que tout l'amour que tu peux lui porter : c'est aussi un appel à l'aide, en un sens. Totalement inconscient, mais existant quand même. Puis finalement, tu l'embrasses dans le cou, tandis que ta main descend toujours plus. Jusqu'à rencontrer son sous-vêtement, tes doigts glissant un peu le long de l'élastique. Mais lorsque tu t'apprêtes à tirer un peu dessus pour le faire descendre, Samael t'arrête en un réflexe, et tu fronces un peu les sourcils, relevant un peu ton regard vers lui. Stop ? Quoi stop ? Tu ris un peu, histoire de détendre l'atmosphère. Car tu t'attendais à tout, sauf à un refus de sa part. Enfin c'est bizarre dit comme ça, mais ça se comprend. « Héé, espèce de frigide... » Tu souris franchement, lui volant un baiser. Pourtant, il y a cette lueur au fond de ses yeux. Celle que tu reconnaîtrais entre mille, comme un soupçon d'inquiétude. Il sourit à son tour, un peu moqueur sûrement, et reprend la parole. « Tu ne disais pas ça la nuit précédente. » Tu ris un peu à nouveau, et tu secoues négativement la tête. Non en effet, il était même l'extrême opposé de frigide. Enfin, prenant ça pour une plaisanterie, tu l'embrasses à nouveau avec fougue, et une fois de plus, tu cherches à lui retirer son bas. Mais une fois de plus, il t'arrête, et tu recules ton visage. « Lyokha, sérieusement... Pas ce soir, pas après ce qu'il s'est passé... Tu as beau dire que ça va, je ne veux pas risquer de te blesser d'une quelconque manière, j'en ai déjà trop fait... » Tu perds ton sourire et tu soupires profondément, te laissant juste tomber sur le côté. Alors il ne veut pas à cause de ce qui s'est passé ? Au fond, toi non plus. Mais tu veux juste lui montrer que tu vas bien. Que rien n'a changé. Que tu n'es pas ce que tu es réellement ; une pauvre petite victime. Tu rumines un peu et tu te relèves. Pour le coup, tu n'as plus envie de sourire. Qu'est-ce qui te vaut un changement de comportement si soudain ? Tu ne sais pas trop. Sûrement le stress qui s'exprime sous une autre forme encore. Sous celle de la colère, ou de quelque chose qui s'y apparente. « Sérieusement, tu mets ça sur le compte de ta conscience, parce que tu veux pas me faire de mal ? Ouvre les yeux un peu, je suis pas en sucre, je suis pas une victime de plus que t'as croisé et que tu te sens obligé de protéger, Samael. Je sais prendre soin de moi tout seul. » Tu es bien plus acide que tu ne le voudrais, et tu ne sais pas ce qui te prend, à t'énerver ainsi, tout seul. Sûrement la pression qui redescend, de la pire manière que ce soit. Pour ce qui est de prendre soin de toi... Hé bien, il a prouvé mathématiquement plus tôt dans la soirée que non. Mais tu préfères de loin ignorer ce fait. Tu restes juste debout face au lit, sourcils froncés, l'observant. Tu l'aimes. Mais tu n'aimes pas cette manière dont il te considère. Comme si tu étais faible ; et tu l'es, en tant qu'humain. Mais tu ne le tolères juste pas. « Dit plutôt que t'as pas envie de moi, je le prendrai certainement mieux. Mais le meilleur, ce serait quand même d'entendre la vérité. Je te dégoûte en fait, c'est ça ? » Craches-tu presque à son attention, avec un sourire mauvais. Ouh là, il faut vraiment que tu te calmes... Tu ne sais pas ce qui se passe, pourquoi tu t'emballes autant, si c'est la colère de tout à l'heure qui revient, ou les médocs qui ont un drôle d'effet sur toi, mais tu es incroyablement blessant, sans même t'en rendre compte. Tu reprends une fois de plus, sans lui laisser le temps d'en placer une. « Bien sûr que je te dégoûte. Parce qu'ils ont posé leurs mains sur moi, parce que j'ai même pas réussi à me dégager de leur emprise sur le carrelage... Tu sais quoi, prends le lit, je vais me contenter du sofa. » Et sans plus attendre, tu te détournes, claquant la porte derrière toi. Tu restes un instant figé, baissant les yeux. Tu ne sais pas ce qui t'a pris, mais tu te sens extrêmement mal. Tu vois ? Tu l'aimes, et pourtant, tu le fais souffrir. Tu te sens mal, parce que être méchant comme cela, ce n'est pas toi. Pas avec quelqu'un que tu aimes autant que lui. Alors ça te tue d'avoir réagi aussi vivement, oui, tu peux l'avouer. Mais il n'y a qu'un soupir qui filtre de tes lèvres, et tu descends peu à peu l'escalier qui te mène à l'étage inférieur. Tu récupères une maigre couverture au passage, avançant vers le sofa. Puis, il y a cette fatigue qui te prend soudainement. Ce coup de barre presque insoutenable. Tu clignes un peu des yeux, faisant un autre pas. Tu as cette migraine soudaine aussi... Ou peut-être a-t-elle commencé un peu plus tôt, tu ne sais plus, tu es extrêmement confus sur le moment. Tu plisses un peu le regard, passant une main contre ton front. Tu es un peu étourdi. Un peu beaucoup même... Tu fais un nouveau pas en avant, et tout à coup, c'est comme si toutes les connections étaient interrompues au sein de ton esprit. Tu tombes à la renverse, ta tête cognant un peu contre la table basse. Puis tu ne bouges plus. Tout est noir. Terriblement noir, soudainement.

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falling out of love is hard, falling for betrayal is worse, broken trust and broken hearts, i know. and now when all is done there is nothing to say, all we had is gone. tell them I was happy, and my heart is broken, all my scars are open, tell them what i hoped would be impossible.
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MessageSujet: Re: feel it in my heart that this won't fade. + tudor.   Lun 4 Aoû - 0:11

Si tu n'étais pas son meilleur ami, si tu ne connaissais pas tout ce qu'Andrew a traversé, combien ce jeune homme fragile a souffert de son sort, comment il a rebondi par amour, tu l'admirerais plus que tout. Mais tu connais ses faiblesses, tout comme sa force de caractère. Il est quelqu'un de passionné et, surtout, il est capable de se transformer en loup lorsque l'on s'en prend à la personne qu'il aime. Tu ne peux pas l'empêcher de montrer les crocs, tu ne peux pas l'empêcher de frapper. Tout ce que tu peux faire, c'est limiter les dégâts causés par une éventuelle blessure. Heureusement qu'il a toujours gardé bon fond, sinon tu aurais plus encore de fil à retordre avec lui. C'est parce qu'il n'est pas méchant, que tu sais qu'il regrette ce qu'il s'est passé, que tu le laisses frapper l'ex-vampire. Parce que tu es en colère aussi. Ce sont eux qui ont, en grande partie, provoqué cette situation. C'est donc à eux de régler ceci entre eux, au moins pour les explications. Bref. Tu n'as pas envie d'intervenir, tout comme tu n'as pas envie que tout dégénère plus encore. Tu voudrais retourner en arrière, interdire à Andrew de dire ses bêtises habituelles, calmer le jeu d'emblée. Ce que tu n'as pas fait. Tu t'en veux oui, terriblement même. Tu n'as que rarement senti la culpabilité te ronger à ce point, et pourtant... Pourtant tu parviens encore à être en colère à cause de Lyokha. Vous n'êtes ensembles – si on peut le dire – que de puis quelques heures et il te trompe déjà, en embrassant un total inconnu. C'est pour cette raison que tu es énervé, pour cette raison que tu es acide quand tu lui expliques, après la tirade d'Andrew, ce qui vous lie réellement. Le chanteur et toi n'êtes QUE des amis d'enfance, rien de plus. Il n'y a rien eu d'autre qu'une profonde amitié entre vous, excepté quelques gestes ambigus lors de soirées un peu trop arrosées, avant qu'il ne soit en couple avec Seth. Il fait bien de baisser les yeux, parce qu'il est en tord. Il n'est certes pas le seul mais gare à lui s'il reporte la faute uniquement sur votre cadet. Et si tu avais été à sa place alors, qu'aurais-tu fait ? Tu aurais serré les dents. Les poings aussi. Tu les aurais insultés et tu serais parti, tu n'aurais pas provoqué une bagarre. Tu te connais, au pire tu aurais bien giflé le vampire, le message aurait été suffisamment clair. Par contre, certains mots te touchent : il ne sera jamais désolé de tenir à toi. Tu baisses alors un peu les yeux. Certes, s'il tient à toi, il est normal de mal réagir. Comme tu l'as pensé plus tôt, toi aussi tu aurais mal réagi mais pas de la même manière. Seulement tu es trop énervé pour répondre quoi que ce soit d'agréable. Tu te contentes donc de te taire et de tourner les talons, retournant vers le comptoir dans l'intention de te prendre une boisson fraîche. Je jour où tu sauras ce que c'est de ce faire tromper, tu ne riras pas à ce genre de chose ? Peut-être. Sûrement même. Mais cela ne changera pas le fait que tu te refuses à frapper quelqu'un de cette manière. Point final. Continuant à l'ignorer, tu commandes ton verre puis entreprends de l'ignorer, sirotant ta boisson. Tu agis ainsi jusqu'à ce qu'il s'éclipse aux toilettes, sous le prétexte de se nettoyer un peu. D'accord, qu'il s'éloigne, cela vous fera le plus grand bien à l'un comme à l'autre.

Une fois parti, tu lâches un profond soupir, désespéré. Qu'est-ce que vous allez bien pouvoir devenir ensemble, si une simple plaisanterie vous met dans un état pareil ? Tu as peur de ce que l'avenir vous réserve, peur de voir ce vous éclater en un toi et lui à cause de vos nombreuses différences. Pas seulement à cause de vos races respectives, ni même de votre rang, non. Parce que vos convictions sont différentes, que vous devriez vous haïr. Cela vous détruira très certainement un jour plus ou moins proche mais tu ne veux pas y réfléchir. Tu ne veux pas y réfléchir à l'avance, même si tu sais que tu ne pourras y échapper. Tu ne pourras pas éternellement lui cacher le fait que tu es de ceux qu'il déteste le plus, tout comme lui est de ces criminels que tu n'hésites habituellement pas à éliminer pour le bien de tes semblables. Et pourtant tu espères que le secret sera conservé, qu'il ne le découvrira jamais, au grand jamais. C'est beau de rêver, Samael. La vie ne t'a jamais fait de cadeaux et tu doutes qu'elle commence à t'en faire. Mais en attendant, tu rêvasses mais tu as fini ton verre et Lyokha n'est toujours pas revenu. Cela commence à faire un bon moment qu'il a disparu et tu ne peux t'empêcher de te lever de ton siège, t'approchant des toilettes. Tu t'attendais à ce qu'il revienne rapidement, alors pourquoi traîne-t-il ? La porte est fermée. Voilà qui est de plus en plus étrange... Alors tu enfonces la porte, essayant de faire taire ce mauvais pressentiment qui s'empare de toi... Avant de sentir ton sang ne faire qu'un tour dans tes veines. Lyokha est maintenu au sol, en sous-vêtements, maintenu par deux types. L'instinct reprend le dessus sur le reste : il ne te faut pas longtemps pour les virer et là et leur éclater la tête contre un mur, les laissant au sol. Une menace bien placée et l'un s'enfuit tandis que l'autre ne bouge plus, à terre. Tu es mémorisé leur visage et tu te jures de leur faire payer très ce qu'ils viennent de faire. Tu espères d'ailleurs qu'ils n'ont pas été trop loin avec ce pauvre Lyokha, auquel tu tends une main, te sentant affreusement coupable. Si tu n'avais pas fait la tête, si tu étais venu plus tôt, rien de tout cela ne serait arrivé. C'est de ta faute, encore une fois. Tu es encore plus inquiet lorsqu'il ne te répond pas, qu'il n'attrape pas cette main que tu lui tends pour l'aider, lorsqu'il s'aide du mur pour se relever. Tu te mords violemment la lèvre, sentant ton propre malaise s'accentuer. Que lui ont-ils fait bon sang ? Tu te sens de plus en plus mal, rêvant de faire un meurtre avec le cadavre de celui que tu viens littéralement d'assommer, même si tu sais pertinemment que tu n'en feras rien. Heureusement, sa voix t'arrache à tes pensées sanglantes, te permettant de reporter ton regard sur lui. Ce n'est pas ta faute ? Si, bien sûr que c'est la tienne ! Si tu avais agi plus tôt, rien de tout cela ne se serait produit ! Tu t'en veux d'être continuellement incapable d'agir correctement, de pouvoir protéger ceux que tu aimes. Oh oui, tu t'en veux affreusement, profondément. Tu ouvres la bouche, esquisses un mouvement vers lui, mais te stoppes aussitôt. Il n'a vraiment pas l'air d'aller bien. Alors tu te mords encore un peu plus le lèvre, sentant un mince filet de sang couler à l'intérieur de ta bouche. Son 'Je vais rentrer je crois' te fait mal au cœur, te pousse à esquisser un nouveau geste vers lui, mais tu te retiens une fois de plus. Non, mauvaise idée. Alors tu baisses les yeux et soupires légèrement.

-Je te raccompagne dans ce cas... murmures-tu.

C'est ce que tu fais, lui emboîtant le pas, récupérant tes affaires à la sortie de la boîte. Pas un mot n'est prononcé sur le chemin du retour. Tu as besoin de rester avec lui, tu as besoin de t'assurer qu'il ne va pas trop mal, que tout se passera bien. Après ce qu'il vient de se passer, tu as l'impression qu'il est, plus que jamais, de ton devoir de veiller sur lui, ce pauvre jeune homme fragile... Il le serait dix fois moins s'il redevenait vampire, ce qui ne serait pas plus mal pour lui te prends-tu à songer. Oui, ce serait plus facile s'il redevenait immortel, tu aurais moins peur pour lui et tu penses qu'il serait très certainement plus à l'aise avec ses capacités habituelles. C'est incroyable, toi qui a toujours mille fois préféré les humains, tu te prends à espéré que la situation de la planète redevienne vite normale, que chacun retrouve ses forces et ses faiblesses. Tu soupires à nouveau, ignorant ce que tu ressentiras lorsqu'il sera redevenu vampire. Tu l'aimes, il n'y a pas de doute là-dessus, mais est-ce que sa condition initiale ne risque pas de te refroidir quelque peu ? Sa peau glacée au contact de la tienne, ses crocs transperçant ta chaire... Tu en frissonnes rien qu'en y repensant. Non, pas les morsures, tu ne pourras pas les accepter. Tu secoues la tête, reprenant contact avec la réalité... Au moment où vous arrivez devant la porte de son appartement. Tu ne peux t'empêcher de sourire un peu lorsqu'il t'invite à entrer. Tu ne te fais pas prier et redécouvres une nouvelle fois ce lieu quitté le matin même. Tu déposes ta veste sans même y songer, préférant observer avec attention tout ce que lui fait : il te regarde enfin. Miracle ! Et il te demande pardon, pour sa connerie, pour sa réaction, ses réactions. Tu secoues négativement la tête, essayant de lui faire comprendre que c'est oublié. Pour toi en tout cas.

-Nous sommes tous fautifs pour cette soirée gâchée... Andrew est allé trop loin dans la plaisanterie, même si en se mettant à sa place il a dit la vérité : il est petit et est mon ami. Pour ma part, j'aurais dû empêcher cela... C'est à moi d'être désolé...

C'est idiot comme justification pour Andrew. Mais le connaissant, c'est ce qu'il avait en tête, jouant avec les mots. BREF. Tu te laisses déconcentrer par son regard d'azur qu'il plonge dans le tien. Mais quelque chose est différent. Tu as l'impression qu'il lui manque quelque chose, un éclat qui était présent ce matin. Cela ne t'empêche pas de frissonner lorsque ses mains glissent sur ta nuque, t'arrachant un sourire. Et il continue sur sa lancée, sur ce qu'il s'est passé, sur la situation dans laquelle tu l'as trouvé, secouru. Il ne veut pas que tu te sentes coupable ? C'est trop tard. Ce n'est pas sa faute, ce qu'il s'est passé, mais la tienne. Si tu n'avais pas frappé l'autre, peut-être ne serait-il pas revenu à la charge, si tu étais venu plus tôt, tu aurais pu éviter les dégâts, si tu n'avais pas fait la tête, il serait resté avec toi, vous auriez siroté un cocktail et seriez encore là-bas, à parler de tout et de rien, peut-être à vous embrasser sur la piste de danse. C'est beau de rêver. Tout cela pour dire que non, tu ne veux pas qu'il prenne toute la responsabilité de ce qu'il s'est passé. Tu le refuses catégoriquement. Tu secoues donc à nouveau la tête, plongeant ton regard sombre dans le sien.

-Non, je suis...

Il te vole un baiser, t'empêchant de continuer sur ta lancée, de t'expliquer, de prendre la faute sur tes épaules dans l'espoir de le soulager. Tu aimerais le garder contre toi, prolonger le baiser, glisser les mains dans son dos pour le rapprocher de toi mais il ne t'en laisse pas le temps, se sauvant trop rapidement. Tu ne peux t'empêcher de faire un peu la moue, déçu. Tu ne sais pas exactement comment interpréter cette fuite mais tu l'acceptes. Tu essayes en tout cas, ne cherchant pas à lui courir après pour le plaquer contre un mur et l'embrasser avec toute ta fougue. Non, tu te contentes de tourner un peu en rond, cherchant quelque chose à faire. Mais tu n'as pas à te creuser l'esprit bien longtemps, puisqu'il te propose une idée, reculant en direction de la salle de bain. Ah, il aime les dessins sur ta musculature parfaite ? Qu'il admire alors, parce qu'ils ne resteront là plus très longtemps, étant donné que ses meubles, selon ses dires, ne sont pas du même avis que lui. Un sourire espiègle étire tes lèvres tandis que tu lui lances un « Serais-ce une invitation à te suivre une fois de plus dans la douche ? » très suggestif. Il faut bien s'amuser un peu, et il ne dit pas non. Tu te déshabilles rapidement puis le rejoins sous l'eau qui coule, sans la moindre hésitation. Première fois que tu agis ainsi avec un homme, sans la moindre hésitation. C'est surprenant de constater que c'est déjà devenu naturel, de l'accompagner sous l'eau, ainsi. Tu ne pensais pas en arriver là un jour, encore moins avec lui... Encore une surprise de la vie, mais celle-là, tu comptes la vivre pleinement. S'il est d'accord, bien sûr. Tu te rapproches un peu mais, sentant un malaise de sa part, restes à une certaine distance de lui. Distance qu'il finit par franchir de lui-même, te faisant à nouveau sourire. Il en profite donc pour te frotter avec un peu de gel douche et tu ne peux que frissonner en sentant ses mains glisser sur ton corps, ses gestes se faisant terriblement doux, attentionnés. Pour peu, tu pourrais t'endormir entre ses mains tant tu te sens bien... Il est si doux que c'en est perturbant. Le vampire ne s'est jamais montré aussi doux, il n'y a que l'humain qui l'a été. Est-ce que cela changera lorsqu'il sera redevenu une créature de la nuit ? Non, tu secoues la tête, refusant d'y réfléchir maintenant. Tu y réfléchiras plus tard. Alors, pour sortir de tes pensées, tu viens lui voler un baiser, maintenant que ton torse est propre. À croire qu'il a fait ça toute sa vie ! Et lorsque ses mains viennent sur ton visage, d'une manière qui te donne l'impression qu'il va te briser s'il appuie un peu trop fort, un léger rire t'échappe.

-Lyokha, voyons, je ne suis pas en sucre, je ne risque pas de fondre avec un peu d'eau, de savon, et la chaleur de tes doigts sur ma peau... plaisantes-tu.

Lorsqu'il finit son travail, tu lui accordes un sourire en écho au sien avant de lui voler un nouveau baiser, déposant quelques bulles de savon sur ses lèvres au passage. Bien, maintenant qu'il s'est occupé de ton cas, à toi de t'occuper de lui. Ceci pensé, tu tends une main pour t'emparer du savon, le frôlant au passage... Et il tourne vivement son regard vers toi, manquant de te faire sursauter. Non, il s'en occupe ? Tu fronces les sourcils, restant perplexe quelques secondes. Dans un premier temps, tu protesterais volontiers, insistant pour lui rendre la pareille, mais quelque chose t'en dissuade. Tu ne sais pas quoi exactement, mais tu renonces à l'idée de poser tes mains sur son corps. Baissant alors les yeux, tu te détournes de lui.

-D'accord...

La déception fait légèrement trembler ta voix, ce qui te pousse à finir ta toilette dans un silence complet. Tu sors de la douche bien vite et te contente de hocher la tête lorsqu'il te dit qu'il te rejoindra vite. S'il le dit... Pour ta part, tu vas plutôt disparaître dans sa chambre, allant enfiler un boxer. Que faire maintenant ? Il ne va pas bien, tu ne fais que le constater depuis tout à l'heure. Malheureusement, tu ne sais pas comment l'aider à dépasser ce qu'il vient de subir, tu ne sais pas comment l'aider à aller mieux. Tu n'as pas tellement étudié la psychologie et encore moins les méthodes visant à aider à surmonter un traumatisme. Tu veux l'aider à aller mieux, tu veux te racheter pour ton erreur, mais comment ? Tu n'en as pas la moindre idée, mais la première chose est sans doute de cesser de vouloir le toucher, puisque cela semble vraiment le gêner. Plus facile à dire qu'à faire, puisqu'il te saute littéralement dessus pour t'embrasser. Il faut dire que, à cause de ta précédente décision, tu as une seconde d'hésitation, de surprise... Avant de lui répondre avec un plaisir non dissimulé. Il te fait reculer tandis que tu fais ton possible pour ne pas poser tes mains sur lui... Jusqu'à ce qu'il te fasse tomber sur le lit. OUPS. Tu t'étales lamentablement sur le dos et le regarde venir s'installer au-dessus de toi. Ses lèvres reviennent contre les tiennes, tu refermes alors les yeux, le laissant faire, te laisser aller à cette douce sensation. Tu aimes sentir sa peau contre la tienne, ses doigts parcourir ton torse, t'arrachant de nombreux frissons de plaisir. Par réflexes, tu laisses les tiens glisser dans son dos, doucement, tendrement, amoureusement. Tu fais ton possible pour rester doux, pour ne pas le brusquer, mais ce n'est toujours pas la même chose qu'hier soir. Alors, quand sa main trouve ton sous-vêtement et essaye de le retirer, tu lui attrapes le poignet. Non, stop, il ne faut pas aller trop loin. Et il a beau te traiter de frigide, tu lui réponds, moqueur, qu'il n'avait pas de tels propos la nuit dernière. Au contraire, même, mais on se massera des détails. Tu voudrais qu'il comprenne que tu ne veux pas le brusquer mais il ne semble pas de cet avis étant donné qu'il réessaye de te mettre nu. Alors tu recommences et tu fais de ton mieux pour lui expliquer, avec tact, que tu ne veux pas. Pas cette nuit, pas après ce qu'il s'est passé. Tu as trop peur de lui faire du mal, plus que précédemment... Sauf que cela semble le mettre de mauvaise humeur, étant donné qu'il se met à ruminer dans sa barbe. Et sa réponse se fait de manière acide. Il n'est pas en sucre, pas une victime. Tu fronces les sourcils et t'assois sur le lit, le regardant.

-En tant que vampire, peut-être. En tant qu'humain, permets-moi d'en douter. Après tout, depuis combien de temps es-tu devenu vampire ?

Tu es acide, mais pas autant que lui. TU t'es inquiété pour lui, est-ce trop compliqué à comprendre ? Il s'est retrouvé dans le pétrin, que voulait-il, que tu n'interviennes pas pour qu'il ait l'occasion de prouver qu'il était réellement capable de se défendre seul ? Oh, les humains n'en sont pas toujours capables alors lui qui ne l'est plus depuis tu ne sais combien de siècles, comment peut-il le prétendre ? Qu'il ouvre les yeux bon sang, tu ne veux que l'aider, ce n'est pas pour te faire disputer de cette manière. Et il reprend, de manière totalement ridicule. Dire que tu n'as pas envie de lui ? Dire qu'il te dégoûte ? QUOI ??? Tu ne t'y attendais tellement pas que tu écarquilles les yeux, totalement incrédule. Comment peut-il oser tenir de tels propos ? Comment peut-il oser songer cela de toi ? Tu secoues la tête, essayant de répliquer quoi que ce soit, mais il te coupe l'herbe sous le pied en s'enfonçant. Bien sûr qu'il te dégoûte, parce qu'ils ont posé leurs mains sur toi, parce qu'il n'a pas réussi à s'en sortir ? Tu secoues la tête, te levant vivement avec la ferme intention de lui accorder une gifle magistrale. Ce que tu fais, avant même qu'il n'ait eu le temps de sortir de la chambre.

-C'est ça, dégage ! Tu es ridicule ! Ri-di-cu-le ! Va te plonger la tête dans un bac de glaçons, crétin, à défaut de te remettre les idées en place au moins ça empêchera la formation d'un magnifique bleu !

Non mais. Qu'il arrête de se montrer aussi agressif, tu ne veux que l'aider, bordel. La porte a claqué derrière lui, toi tu es allé te laisser tomber sur le lit. Soirée pourrie. Tu regrettes d'être sorti de ton palais et cela ne t'était pas arrivé depuis bien des années. Tu te sens mal. Tu n'as plus envie de bouger de ce lit, tu n'as pas envie d'aller le rejoindre, si c'est pour lui servir de défouloir. Tu n'es pas son jouet, tu n'es pas là pour qu'il te crie dessus à la moindre occasion bon sang. Tu serres les dents et entreprends d'inspirer et expirer lentement, doucement, te forçant ainsi à te calmer petit à petit. Il te faut plusieurs minutes pour que ton coup de sang passe, pour que tu t'autorises enfin à te relever, à quitter la chambre, à sa recherche. S'il a dit qu'il serait dans le sofa, c'est qu'il y est. Mais non, il est au sol, il ne bouge pas. Un peu inquiet, tu t'approches de lui, le secouant un peu. « Lyokha ? » fais-tu. Pas de réponse. Tu fronces les sourcils, voyant une tache de sang sur la table basse. Ton rythme cardiaque accélère, tu poses les doigts sur son cou, cherchant son pouls. Il est plus faible que d'ordinaire, il saigne. Tu ne te sens pas bien et essayes de le secouer un peu, serrant une de ses mains, l'appelant à nouveau. « Lyokha ??? » Pas de réponse. Petit à petit, la panique embrouille ton esprit. Tu ne sais pas ce qu'il a bien pu faire pour perdre ainsi connaissance mais tout cela ne te dit rien de bon. Il faut que tu agisses, et vite ! Mais que faire ? Appeler les urgences ? Ou... Non, en fait, tu choisis de l'emmener de toi-même. La panique te fait oublier de chercher ses papiers d'identité, tu ne penses qu'à lui, à sa santé, à... Tu ne sais pas exactement. Mais peu importe les disputes de la soirée, il FAUT qu'il s'en sorte ! Tu ne supporterais pas de le perdre ! Non, il en est même hors de question !

~~~ quatre jours plus tard, la nuit ~~~

Tu es installé sur une chaise, dans une chambre d'hôpital. Les rideaux opaques ont été ouverts maintenant que le soleil est couché, te permettant d'ouvrir un peu la fenêtre, laissant entrer l'air frais. Il s'en est passé des choses, en quatre jours. Lyokha s'est évanoui, l'hôpital t'a saoulé en te demandant ses papiers d'identité pour prévenir sa famille, ce que tu as fini par faire à leur place par l'intermédiaire de cette chère Prynce. Tu lui en es profondément reconnaissant, même s'il faut avouer que rencontrer les proches du blond n'a, pour ainsi dire, pas été de tout repos. La première sur les lieux, tu la connaissais déjà : Lucky, la blondinette qui t'a, pour ainsi dire, immédiatement accusé d'être responsable de son état. Puis Zéphyr est venue. Tu as eu énormément de mal à faire comprendre aux deux demoiselles que tu n'étais pas réellement responsable de son état, que tu as essayé de l'aider, sans expliquer ce que le blond avait subi dans les toilettes de la boite de nuit. Tu as estimé qu'il le leur expliquerait s'il le souhaitait. Puis c'est Finnick que tu as croisé. Pas très bavard ce jeune homme, mais c'est avec lui que tu as eu le moins de reproches. Il s'est contenté de te remercier d'être là pour son frère, tout simplement, et tu lui a promis de rester pour veiller sur lui. Enfin, sauf quand on avait réellement besoin de toi au palais, évidemment. Mais le russe n'était jamais seul, puisque Lucky veillait sur lui. D'ailleurs, elle ne devrait pas tarder à revenir dans la chambre. Tu en as croisé d'autres comme Stojan, de la morgue, mais celui qui t'a le plus marqué est un brun nommé Maximus. Un vieux vampire avec lequel le courant n'est absolument pas passé. En résumé : vous n'avez fait que vous lancer des piques à longueur de temps, au plus grand désespoir des autres personnes présentes. Et lorsque vous vous êtes croisés en dehors de l'hôpital... Hé bien, vous en êtes venus au mains. Tu ne supportes pas les menaces, qu'on essaye de te séparer de Lyokha, ou qu'il cherche continuellement à te rendre responsable de l'état dans lequel l'homme que tu aimes se trouve. On a été obligé de vous séparer, l'un et l'autre... Bref.

Un soupir t'échappe tandis que tu jettes un rapide regard par la fenêtre. On voit difficilement les étoiles à cause de toutes les lumières de la ville, c'est tellement dommage... Enfin, tant pis, tu n'es pas là pour rêvasser. Tu te relèves plutôt et retournes auprès du vampire, allongé dans ses draps trop blancs. Finie son humanité, il a retrouvé son corps originel, ce qui sera plus facile pour lui. Tu regrettes juste la chaleur de sa peau, le reste, il te faudra voir si son côté immortel changera son comportement... Mais il te faut attendre son réveil. Attendre, encore et encore. Tu sais être patient, mais ce n'est pas toujours facile quand quelqu'un se trouve être dans une telle situation. Attendre. C'est ce qu'on t'avait dit, quand ta mère était malade : attendre de voir si elle se rétablissait. Elle n'a jamais guéri, elle en est même morte. Alors plus le temps passe et plus tu te sens mal. Tu as l'impression de revivre cette situation, ce traumatisme de l'enfance. Tu ne veux pas le perdre, encore moins à cause d'une potentielle erreur d'inattention : il a avalé des médicaments prédits uniquement pour les vampires. Consciemment ou non, lui seul pourra le dire... Tu soupires à nouveau, remettant tendrement ses cheveux blonds dans un léger désordre, comme tu aimes qu'ils soient... Et te rends enfin compte qu'il a les yeux ouverts. Ton premier réflexe : reculer vivement, surpris, comme un enfant pris sur le fait. Tu le regardes. Oui, il est bien réveillé, ses yeux bougent jusqu'à se fixer sur toi. Et là, un sourire éclatant étire tes lèvres, un sourire on ne peut plus heureux.

-Lyokha !!! Enfin, tu es réveillé ! Par tous les dieux de la Terre, tu peux te vanter de m'avoir fichu une belle frousse, crétin ! Nous avoir fichu une belle frousse !

Tu lui sauterais volontiers dessus, tu l'embrasserais avec plaisir, tu pourrais faire des milliers de choses pour manifester ta joie mais tu te retiens. On ne fatigue pas un malade tout juste réveiller. Alors tu restes à distance, te mordillant la lèvre, cherchant quoi faire, quoi dire. Mais c'est lui qui pose les questions, lui qui demande ce qu'il a bien pu se passer, comment il est arrivé ici. Un sourire à la fois triste et tendre remplace le précédent sur tes lèvres, tandis que tu te rapproches à nouveau, un peu plus timidement, cherchant tes mots pour expliquer la situation le plus clairement possible...

-Tu te souviens ? On était dans ta chambre, on s'est disputé, tu es sorti et je t'ai retrouvé, peu après, évanoui dans le salon. Ta tête avait cogné la table basse au passage... Je t'ai donc amené aux urgences de l'hôpital général de Spes, ne sachant pas ce qu'il t'était arrivé... Ils ont trouvé des traces d'un médicament réservé aux vampires dans ton organisme, ils disent que c'est ça qui a provoqué l'inconscience... Je n'ai pas pu les éclairer, je ne sais pas ce que tu as pris... Depuis, tu es là, dans cette chambre. Depuis quatre jours. Tu es même... Redevenu vampire, entre-temps... Comme tous les autres vampires...

Tu ne sais pas si tu as été très clair. Tu n'en as pas l'impression. Tu te mordilles la lèvre, cherchant à reformuler plus clairement tes propos mais il te tend la main et, instinctivement, tu vient t'en emparer, la serrant doucement dans la tienne. C'est étrange, de sentir cette peau glacée contre la tienne mais tu t'y feras. Tu le crois. Et c'est là qu'il parvient à nouveau à te surprendre. Comment ? Il te demande pardon. Tu arques un peu les sourcils. Pardon ? Pardon de quoi, pour quoi ? Non, il n'a pas à te demander pardon, pas du tout ! Mais comment le lui prouver ? Comment le lui expliquer ? Tu réfléchis un petite seconde... Avant de simplement sourire tendrement, te baisser et... L'embrasser, purement et simplement, avec fougue, passion, et surtout : amour. Tu restes pendu à ses lèvres, autant que nécessaire. Autant que tu le désires aussi, sans lâcher sa main, comme si elle était ton unique bouée de sauvetage, tout ce qui te raccrochait à la réalité. Et il te répond. Qu'est-ce que c'est bon, même si ses lèvres sont glacées, tu ressens ce même amour qu'avant son hospitalisation... Que tu l'aimes... Qu'est-ce qu'il t'a manqué... Affreusement, plus que jamais... Et il te ramène à la réalité en te faisant reculer. Tu arques un sourcil, avant de saisir le problème : il a faim. Alors tu lui souris, encore.

-Si tu veux mon sang, dis-le... En attendant, si tu tiens à te faire pardonner... Ne me refais jamais une peur pareille ? Je t'en prie...

Tu n'es pas sûr que ton cœur pourrait le supporter, s'il te refaisait une peur pareille. Pas lui, tu as le sentiment que tu ne pourrais pas le supporter. Mais cesse de penser au pire. Il est vivant, à sa manière, alors profites-en. Oui, il est vivant... Alors tu vas l'aimer, autant que tu en es capable, aussi longtemps que possible. En attendant, tu restes là, ton regard plongé dans le sien... Jusqu'à ce que la porte de la chambre s'ouvre sur une demoiselle que tu commences à connaître : Lucky. Tu souris alors à la demoiselle, résumant rapidement la situation actuelle :

-Il est réveillé...

Il n'y a pas plus court ni plus clair : il est réveillé. Et tu bénis ces dieux en lesquels tu n'avais jamais cru auparavant d'avoir rendu possible une telle chose... Vous pourrez vous aimer encore un peu plus longtemps...

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