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 Dante ✖ I'm a demon, never forget it

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C.S. Dante de Ray
♆ never let me go.
avatar


♆ papiers d'identité.
♆ race : Vampire
♆ âge : 813 ans
♆ métier : Bibliothécaire & écrivain officiellement
♆ célébrité : Ash Stymest
♆ crédits : Tatsuki
♆ messages : 21

♆ never let me go.


MessageSujet: Dante ✖ I'm a demon, never forget it   Sam 29 Déc - 21:50




Caym Sitri Dante de Ray

一 Les démons sont à l'intérieur des hommes, leur rédemption n'est possible qu'après leur mort. 一




fiche d'identité;
† nom: de Ray.
† prénoms: Caym Sitri Dante.
† date de naissance: Un certain 30 décembre 186.
† lieu de naissance: Spes.
† orientation sexuelle: Il n'en sait rien.
† créature: Vampire.
† âge: 23 ans depuis globalement 800 ans.
† métier: Directeur d'une bibliothèque & écrivain.
† lieu de résidence: Leporem.

tell me something.
ex-chasseur ∞ connait par-coeur chaque livre de sa bibliothèque ∞ se promène toujours avec de quoi écrire ∞ prie régulièrement sans être croyant ∞ déteste qu'on l'appelle autrement que Dante ou Mr de Ray ∞ est surnommé "le démon, le monstre" et autres joyeusetés du genre ∞ voyage beaucoup de bibliothèque en bibliothèque ∞ n'aime pas tuer pour se nourrir ∞ se recueille de longues heures sur la tombe de sa fiancée ∞ auteur de La Rose du démon, roman racontant plus ou moins son histoire, ainsi que d'autres romans et une série policière ∞ maîtrise les armes blanches à la perfection ∞ porte toujours une dague et/ou une épée rétractable sur lui ∞ n'aime pas l'odeur de la peinture ∞ a baigné (et baigne encore) dans un certain nombre de trafics sous le nom de RA ∞ ex-journaliste pour le Crieur des Rues ∞ fournit les plans de lieux importants, si on remplit ses conditions.






caractère;
Calme ✖️ Ça oui, pour être calme, il l'est. Il prend son temps pour tout, il ne se presse que rarement, relativise presque tout, ne s'énerve quasiment jamais (actuellement en tout cas), ne s'embête de rien... C'est un vrai modèle de tranquillité. Vous ne le verrez jamais agité, ou alors c'est qu'il y a un très gros problème.
Torturé ✖️ Le vampire n'aime pas ce qu'il est. Il n'aurait jamais dû devenir vampire, il aurait dû refuser la transformation, il aurait dû mourir définitivement. Mais s'il est toujours là, c'est parce qu'il est loin d'être en paix. Il s'en veut profondément pour son passé, il se déteste, il hait tout ce qui est arrivé. Il cherche juste le pardon, quelque part, d'une quelconque manière que ce soit... Et voilà 800 ans que ça dure...
Passionné ✖️ Quand Dante aime quelque chose ou quelqu'un, il ne fait pas les choses à moitié ! Il se donne à fond, que ce soit pour écrire, pour s'occuper de ses livres ou des rares personnes à qui il tient. Il va jusqu'au bout des choses quand il aime, et c'est une de ses qualités les plus impressionnantes. Il ferait tout pour ce qu'il aime réellement.
Obstiné ✖️ Têtu étant trop doux, obstiné lui convient mieux. Lorsqu'il a pris une décision, bonne ou mauvaise, vous aurez beau lui démontrer par A + B qu'il ferait mieux de l'oublier, il n'en démordra pas, bien au contraire. Il s'entête bien volontiers et est capable de se fourrer dans les pires problèmes à cause de ce trait de caractère.
Minutieux ✖️ Besoin de faire quelque chose de précis, de très détaillé ? Faites appel à lui, il aime travailler sur les détails et tout perfectionner. Lorsqu'il fait quelque chose, il le fait avec soin et précision, et ça peut s'appliquer à tout et n'importe quoi.
Rancunier ✖️ Ooooh, le gros défaut que voilà ! Il n'aime pas les trahisons, il les a même en horreur. Et malheureusement pour les traîtres, il n'est pas du genre à pardonner très facilement. Au contraire, il est capable d'en vouloir pour des siècles à quelqu'un. Bien entendu, tout dépend de la gravité de la trahison mais... Non, il n'est absolument pas conseillé de lui planter un couteau dans le dos. Au risque d'y perdre beaucoup...
Observateur ✖️ Les détails ne lui échappent que rarement. Il a pris l'habitude de toujours bien détailler ce qui l'entoure afin d'être en mesure de repérer tout indice potentiel. Il observe et analyse souvent avec justesse. Il fait encore des erreurs, de temps en temps, mais après tout un fait est un fait, une interprétation est très différente.
Secret ✖️ Il n'aime pas spécialement parler de lui, de ses petits secrets, de son passé. SI on veut comprendre quelque chose de lui, il vaut mieux lire son roman presque autobiographique. Il n'aime pas répondre aux questions sur lui et prend un malin plaisir à entretenir ce fameux mystère qui plane autour de lui. On s'amuse comme on peut après tout, n'est-ce pas ?
Sait garder son sang-froid ✖️ S'il est calme, cela se traduit aussi par un étonnant sang-froid. Est-ce parce qu'il maîtrise ses craintes ou parce qu'il n'en a plus aucune ? Mystère. Toujours est-il qu'il n'est pas de ceux qui paniquent facilement. Il ne s'énerve pas non plus à la moindre occasion, il faut vraiment le pousser à bout pour le voir s'énerver. Mais dans ces moments-là... Tous aux abris !
Sadique ✖️ Si c'est là quelque chose que ceux qui n'ont pas eu vent de son passé ignorent complètement, ce trait de caractère refoulé n'en est pas moins encore très présent. Il est capable de se montrer très cruel et y trouve une satisfaction très malsaine. La vue du sang a tendance à réveiller son sadisme, tout comme quand il se trouve face à quelqu'un qu'il déteste. Pour votre bien, je vous déconseille de le mettre en colère... Ses surnoms ont pris une teinte rouge comme le sang et il vaut mieux laisser le démon dormir...
Intelligent ✖️ Ou doué ? Tout ce qu'on sait, c'est que Dante possède une capacité de mémorisation relativement impressionnante. Après tout, qui peut se vanter de connaître le contenu d'une bibliothèque par-coeur ? Pas grand monde, mais lui en est capable. Et il se sert de ses capacités à bien des choses, pas toujours très nobles...


derrière l'écran;
† pseudo/prénom: Tatsuki. What a Face † âge: 20 printemps. † comment est-ce que tu as débarqué ici: ... Joker ? † qu'est-ce que tu penses de cette nouvelle planète : Idem. What a Face † et c'est qui sur ton avatar: Ash Stymest. † crédits: ici. † code du règlement: Okay by moi. † quelque chose à rajouter bernard: Lyo, je te hais, c'est ta faute !!!




Dernière édition par C.S. Dante de Ray le Lun 31 Déc - 17:30, édité 7 fois
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C.S. Dante de Ray
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MessageSujet: Re: Dante ✖ I'm a demon, never forget it   Sam 29 Déc - 21:51





De l'humain au démon

一 Introduction 一

Démon, démon, démon... Ce mot tourne en boucle dans mon esprit. Démon, monstre, créature des enfers... Toutes ces appellations me caractérisent... Je suis un criminel, un assassin, je suis... Moi. Mon humanité, je l’ai perdue avant même de mourir. Mais ai-je réellement été humain par le passé ? Disons... Oui, pour une personne. Pour la personne qui a bien voulu croire en moi, pour celle qui a toujours été là pour moi. Ma belle et douce chasseuse, la plus belle... La magnifique Asta. Astaroth... Pourtant, elle non plus n’a pas été épargnée par ces noms qu’on possédait. Noms de démons... Mais Asta était un ange pour les humains. Un ange qui voulait les protéger de tout danger. Il ne fallait pas se fier à son prénom, elle était tout sauf maléfique ! Pour ses semblables en tout cas. Pour nous autres, humains. Je ne dis pas pour les autres peuples... Astra, oh Astra... Ma vie, je ne veux pas la résumer. Pas du tout. Mais ai-je bien le choix ? Ceux qui veulent assister à une descente aux enfers... Amusez-vous bien, car je finirai par prendre votre âme un jour ou l’autre. N’ayez crainte, je tiens mes promesses.


一 Prologue 一

Une ombre glissant silencieusement dans la rue... Ombre s'arrêtant devant une lourde porte de bois bien sombre en cette nuit d'hiver... Qu'est-ce que cette ombre ? Mystère... Un homme ? Un vampire ? Un loup-garou ? Tout ce qu'il est possible de savoir, à ce stade, c'est sur quoi donne cette porte. Il s'agit d'un orphelinat où les enfants sont élevés par toute une batterie de personnes diverses et variées. C'est réputé pour bien traiter les enfants et ceux-ci en ressortent doués au travail. Certains diraient qu'il s'agit de l'essentiel. En un sens, oui, puisqu'on offre un logement puis un travail à des enfants que personne n'a voulu. Il faut bien faire quelque chose d'eux...

Et cette ombre alors ? Elle dépose un paquet de tissus sur le pas de la porte. Un paquet de tissus semblant plus lourd que d'ordinaire, comme s'il contenait quelque chose. Quelque chose de précieux, très précieux même vu la douceur avec laquelle elle dépose le tout. Un rayon de lune vient éclairer cette ombre parmi les ombres, révélant une silhouette féminine... Une femme qui ne doit guère avoir plus de vingt-quatre ans. Une silhouette fine, parfaitement proportionnée, des courbes à faire pâlir d'envie bien des femmes et de quoi attirer les regards des hommes, elle est on ne peut plus belle. Ses longs cheveux sombres viennent encadrer son doux visage tandis qu'elle regarde le paquet avec tendresse et tristesse... Une main vient écarter les tissus, révélant un enfant endormi... Un bébé d'à peine quelques semaines, de moins d'un mois. Celui-ci bouge un peu dans son sommeil mais ne se réveille pas. Elle s'assoit alors sur le pas de la porte et le prend sur ses jambes.

-Je suis désolée mon chéri... Je suis désolée mon fils... Tu m'en voudras de te laisser, de ne pas m'occuper de toi... Mais je n'ai malheureusement pas le choix... Te garder avec moi ne t'offrirait rien de beau. Je veux que tu aies un avenir, ce que je ne peux t'offrir. Alors grandis. Grandis mon fils, devient quelqu'un. Retrouve Ayperos, il veillera sur toi, comme le font tous les frères... À deux vous serez plus forts. À deux vous pourrez tout vaincre, je le sais, j'ai confiance en vous. Vous serez des battants. Ayperos et Caym... Mes deux petits princes... Parce que les personnes de ma condition n'ont pas d'avenir, vous changerez. Et si tu dois détester un groupe, mon fils, que ce soit ces idiots de nobles. Mais choisis bien qui tu seras... Le prince des démons, comme je le souhaite pour toi, pour que jamais tu ne te laisses marcher sur les pieds, pour que jamais tu ne laisses les autres choisir pour toi, ou un doux petit ange pour qui on décidera tout ? Mon fils... Dirige ta vie, c'est tout ce que je souhaite pour toi... Et même si tu l'oublieras, sache que je t'aime... Je t'aime sincèrement... Et j'espère qu'un jour tu me pardonneras cet abandon qui est fait à contre-cœur... Pardon mon chéri... J'espère pouvoir un jour recroiser ta route afin de me faire pardonner...

Sur ces paroles, la femme repose le paquet de linges et l'enfant dedans sur le pas de la porte, referme le tout pour que le petit ne puisse pas sentir la morsure du vent frais puis l'observe encore quelques instants. Tout est silencieux à cette heure, mais pour combien de temps encore ? Elle n'attend pas plus longtemps et frappe de toutes ses forces à la porte. Ce bruit soudain et tranchant largement avec la douceur de la voix de cette femme réveille le petit qui se met à pleurer. Des bruits de pas de l'autre côté de la porte... Elle regarde une dernière fois son fils puis se sauve à toute vitesse, disparaissant dans les ténèbres de la nuit.

La porte s'ouvre sur une femme qui vient éclairer la rue avec la lanterne qu'elle tient à la main. Seulement, elle ne repère personne. Elle recule, commençant à refermer la porte, lorsque les pleurs du bébé attirent son attention. Elle se penche alors et récupère le paquet. Elle se fait un instant la remarque que ces tissus sont des vêtements de bonne qualité tout de même. Des vêtements d'homme... Curieux. Puis elle rentre, embarquant le paquet avec elle... Avant d'observer ce petit qui pleure, des larmes roulant sur ses joues. Il n'y a rien pour l'identifier, rien du tout... Excepté un bracelet de cuir beaucoup trop grand pour l'enfant. Un bracelet rappelant celui que portait un autre bébé arrivé l'an dernier. Curieux... Et sur ce bracelet a été écrit au couteau : "Caym Sitri Dante de Ray". La femme soupira profondément, berçant le petit pour le calmer...

-Mon pauvre enfant, tu vas avoir bien du mal ici avec de tels prénoms... Je te plains... Mais quand même, j'espère que tout se passera bien pour toi, Dante.


一 Chapitre I : la rencontre 一

J’ai treize ans. Assis sur mon muret, balançant les jambes dans le vide, je regarde mes camarades jouer. Et ça crie, et ça piaille, et je me bagarre avec les autres, et je chouine... Ils sont épuisants... Ils m’épuisent et m’ennuient. Surtout depuis le départ de Laelius l’an dernier. Je ne me sens pas à ma place parmi eux... Mais pas du tout. Mais qu’est-ce que je peux bien espérer d’autre, nous sommes tous dans le même panier : nous sommes des enfants non désirés, élevés en groupe en attendant de pouvoir aller travailler. Mon tour ne devrait plus tarder. J’ai l’âge requis, je devrais pouvoir quitter cet espace pour toujours. Enfin faire ma vie, enfin voir autre chose que ces rues minables qui sont mon domaine, voir autre chose que ces gosses désespérants, ces personnes qui s’occupent de nous comme du bétail. Je suis dur mais j’en ai marre de tout ça, je veux autre chose. Je veux pouvoir croire en quelque chose, je veux pouvoir croire en quelqu’un... Rien de plus...

Je reporte un peu mon attention sur un groupe de mes camarades. Ceux-ci chuchotent tout en me jetant de rapides coups d'œil. Quoi encore ? Ils veulent quoi, des biscuits ? J’ai rien à manger, sinon je l’aurais déjà avalé. D’abord. Mais je les fixe, sans ciller une seule fois. Je sais que ça les dérange quand je les fixe. Les autres ont peur de moi. Pourquoi ? Parce que je suis plus mature qu’eux, parce que je ne pense pas comme eux ? Parce que je suis... Différent ? Peut-être. Peut-être que c’est ça. Ou alors c’est juste le fait que les seules choses qu’on sait de moi, ces mes prénoms et mon nom de famille. Je suis Caym Sitri Dante de Ray. On est tous un minimum calé en démonologie ici. Surtout les adultes qui ont communiqué ce détail aux enfants. Alors ils savent tous ce que sont mes premier et deuxième prénoms. Démon, monstre... Tss. Vous êtes tous faibles. C’est ce qui fait que je suis au sommet ici et que vous tous, misérables insectes, vous devez rester soumis. Je détourne le regard, ces idiots ne m’intéressent pas le moins du monde. Ce qu’il se passe dans la rue est mieux de mon point de vue. Mais comme je m’y attendais, ils finissent par m’interpeller.

-Hé, le monstre ! Qu’est-ce que tu fais encore sur ton muret ? Tu cherches à qui tu vas jouer ton prochain mauvais tour ?

Je hausse un sourcil, accordant un poil d’attention à l’idiot qui vient de me parler. Les autres chuchotent à nouveau. Ils croient que je vais le maudire ? Oh, je pourrais, ce serait amusant de le voir flipper pour rien. Mais ce serait pas sympa de ma part. Oh et puis zut, ce serait vraiment amusant... Je leur adresse un sourire. Ce sourire démoniaque dont j’ai le secret... Je les vois reculer aussitôt. Puis tourner les talons et s’enfuir. Et voilà le travail, ce n’est pas si compliqué d’avoir la paix. Je regarde à nouveau dans la rue. Personne d’intéressant. C’est toujours la même chose, je m’ennuie. Quoique, pas cette fois. Mon regard s’arrête sur une adolescente qui passe à toute allure dans la rue. Bah ? Pressée celle-là... Qu’est-ce qui peut la faire fuir ainsi ? Je me penche un peu en arrière pour la suivre du regard... Puis tourne la tête, puisqu’elle passe de l’autre côté. Seulement, à ce moment là je me prends un caillou en pleine figure. Déséquilibré, je tombe en arrière... En plein dans la rue, et m’étale sans la moindre discrétion ! Ouille ! Bon sang de... L’onde de douleur se propage dans tout mon corps, sans compter que j’ai mal au front ! Je passe une main dessus... Je saigne. Génial...

-Ah les fils de... Là ils vont m’entendre !

Je me redresse en grimaçant... Pour me retrouver nez-à-nez avec une armoire à glace. Oups... Je gêne ? Mon influence ne fonctionne que sur ceux qui vivent avec moi, je fais trop fragile pour que les autres me laissent tranquille. Et malheureusement, je crois que je vais avoir droit à quelques ennuis... Et zut... C’est pour cette raison que je ne sors pas, même si je m’ennuie profondément : je ne tiens pas longtemps sans m’attirer d’ennuis, même quand je ne fais rien. L’autre m’attrape par le col et me balance contre le mur opposé. Outch... Bon, apparemment je vais avoir la paix après ça. Ah, mais... La fille revient par-là ! Qu’est-ce que... Ah, je vois. Des types l’attendaient à la sortie de la rue. Hum... Ça sent mauvais, très mauvais. Depuis quand ils ne se sont pas lavés ces types ? Ahem. Bon, je pensais plutôt au fait qu’on était mal partis. Je la regarde, nos regards se croient... Noisette pour moi, azur pour elle. Magnifique regard... Et elle prend la parole.

-Tu ferais mieux de partir mon petit, tu n’as rien à voir avec tout ça.

… Pardon ? Elle vient de dire quoi là ? Mon petit ? Hé, d’accord elle a visiblement deux ou trois ans de plus que moi mais je m’en fiche, je suis plus grand qu’elle je suis sûr ! Je me relève... Ah bah non en fait, on fait la même taille. Ok. Mais elle n’a pas à dire que je suis petit. Et puis je ne la laisserai pas me parler de cette manière ! Je me relève donc et viens à ses côtés.

-Je suis tombé dedans, tu vas devoir me supporter.
-Alors ne me gêne pas.


Non mais quel toupet ! Elle croit que... Pas le temps de réfléchir, les types passent à l’attaque. J’en évite un facilement, le second de justesse... Ouf, je manque d’entraînement. Puis je regarde comment elle s’en sort... Et... Incroyable, deux types sont à terre ! Comment elle a fait ??? J’en suis tellement surpris que je ne réagis pas quand un autre me chope à nouveau par le col ! Et bouse, je ne sais pas me battre, ça se voit je crois... Mais elle lui fait lâcher prise d’un coup sur le poignet. Puis lui fait un croche-pied avant de le faire tomber, accélérant sa chute en le poussant ! Et finit par poser un pied sur la tête du type qui n’en revient pas ! Moi non plus d’ailleurs... Elle l’a fait avec une telle facilité... C’est pas normal... Pas du tout ! Mais là encore je n’ai pas le temps de réfléchir qu’elle m’attrape par le poignet et m’entraîne loin de là ! Incroyable... Elle est... Étrange cette fille. On court un bon quart d’heure ainsi, jusqu’à s’arrêter devant une grande maison qui doit dater de l’arrivée des peuples sur Anarkia. Jolie demeure... Je reprends doucement ma respiration, elle fait de même. Avant de se tourner vers moi.

-Bah toi, tu sais pas te défendre. Tu ne ferais pas le poids une seule seconde face à une des créatures des enfers ! Faudrait que tu t’entraines sérieusement.
-Je n’ai pas tellement le physique pour être un combattant.
-Ah non, je veux pas de cet argument ! Je veux te voir ici demain matin, tu as entraînement avec moi. Et pas de discussion ! J’ordonne, tu exécutes.


… Ouah... Je reste complètement... Sur le derrière. Depuis quand une fille parle comme ça ? C’est étrange, vraiment... Mais j’aime beaucoup ! Je souris donc... Mais je vais très vite lui faire comprendre que c’est moi qui dirige, jamais les autres. Elle va voir un peu cette fille... Oh que oui, elle va voir. Je vais bien devoir accepter... Et puis, de toute façon, en attendant de partir, je dois bien m’occuper. Non, ça ne me dérange pas tellement de me retrouver aux ordres d’une gamine si je peux en tirer profit... Je soupire donc...

-Si j’ai le temps. Mais qui je dois demander à voir ? Parce que tu seras pas là à attendre.
-Hum... Si je ne suis pas là, demande Asta. Tout le monde comprendra. Parce que je m’appelle Astaroth mais les gens sont dérangés par mon prénom donc ils préfèrent Asta. Et toi ? Tu es ?
-... Caym... Mais personne ne m’appelle comme ça...
-Ah, oui, le démon. Tu n’as pas un surnom, ou un prénom que je peux utiliser ?
-.... Dante ?
-Ok. Alors à demain Dante !


Et sur ce elle part, comme ça... Incroyable... Cette fille est... Incroyable. Vraiment incroyable... Et elle m’intrigue beaucoup... Astaroth... Elle aussi a un prénom de démon... Et pourtant elle n’en a pas honte, elle ne le masque pas. C’est très curieux... Je ne comprends pas, pas du tout... Bon... Je comprendrai demain ? Je suppose... Mais là il faut que je rentre, quelques petits idiots ont besoin d’une bonne leçon et je ne vais pas me priver pour leur faire la peur de leur vie ! On ne s’attaque pas à moi sans en subir les conséquences ! Je fais donc demi-tour, mémorisant le chemin... Même si je ne voulais pas revenir, je reviendrais... Parce qu’elle m’intrigue... Parce que je sens que je peux apprendre beaucoup de choses d’elle... Hum... Je vais voir. On verra ce que ça donnera, Asta.


一 Chapitre II : l'aveu. 一

-Tu n’y mets pas assez du tiens Dante ! Frappe plus fort !
-Je te rappelle que tu as plus d’entraînement que moi, Asta ! Je suis loin d’avoir ton niveau !
-Je m’en fiche. Si tu ne fais pas d’efforts, je te transperce !


Tss... Bon, puisqu’elle insiste... Je mets de toutes mes forces dans mes coups ! Du haut de mes seize ans, j’ai gagné en force depuis trois ans d’entraînement intensif. Je me suis retrouvé à servir la famille d’Asta... Et je suis même passé apprenti. Je ne suis pas tellement au niveau mais j’aime manier les armes. Et j’apprends vite. Encore heureux, sinon elle aurait fini par me tuer... Enfin, c’est mon impression. Ils sont tous combattants dans sa famille... M’enfin, je ne me plains pas. Je suis à l’aise ici... Et je suis spécialement attaché au service de Mademoiselle. Ma belle et douce Mademoiselle... Enfin, je suis ironique. À moitié. Oui elle est belle, magnifique même. Du haut de ses 18 ans c’est une jeune adulte... Mais douce, laissez-moi rire... Bon sang, qu’est-ce qu’elle ne fait pas fille de bonne famille ! Sale caractère, volontiers provocatrice... Et elle s’attire la dose d’ennuis dont je dois régulièrement la sortir. Asta est ainsi et pour rien au monde je ne céderais ma place.

Les coups pleuvent, j’ai du mal à tenir le rythme avec elle en adversaire. Et encore, elle retient ses coups... Parce que si je devais affronter quelqu’un d’autre... De toute façon, sa famille ne fait pas attention à moi du moment qu’elle ne se plaint pas de moi. Et comme elle ne le fait jamais, c’est comme si je n’existais pas. Je n’en ai rien à faire, elle est la seule qui compte à mes yeux. Je n’ai besoin que d’elle... Tant qu’elle reste avec moi, même seulement quelques heures par jour, même quelques minutes, je suis heureux de ma situation. A-t-elle la moindre idée de ce que je ressens à son égard ? Je ne pense pas. De toute façon, c’est encore confus pour moi. C’est de l’admiration ? Du respect ? De l’amitié ? Encore autre chose ? Je ne sais pas, je n’ai jamais été doué pour les sentiments... Non, je n’y ai pas été habitué. Hum, je ferais mieux de me concentrer sur le combat avant de me prendre un sérieux coup.

Je me concentre donc. La force brute ne me va pas, je n’ai pas la carrure pour ça. Je suis plus fort qu’elle mais je dois utiliser la ruse pour la vaincre. Alors c’est parti. Je feinte, je tente une attaque, je me loupe, elle me frôle... Ne pas me déconcentrer... Je recommence, j’arriverai bien à lui faire lâcher son sabre ! Malheureusement, elle est plus rapide et arrive finalement à me déstabiliser. Je lâche mon arme tandis que la lame de la sienne vient se poser sur mon cou. Hum... Oui, j’ai perdu. Mais je lui souris, reprenant ma respiration... Elle est trop forte pour moi. Elle est belle ainsi, ses cheveux attachés, légèrement haletante depuis le temps qu’on s’entraîne tous les deux... Elle est... Trop pour moi... Je baisse un peu les yeux suite à cette réflexion... Oui, elle est trop pour moi... Elle restera ma maîtresse... Et moi son humble serviteur. Je n’ai pas le droit de me plaindre, je souhaitais croire en quelqu’un, je crois en elle.

-Dante ? Un problème ?

Je relève les yeux vers elle. Elle a baissé son arme et me regarde, plus calme, reprenant sa respiration. Je secoue négativement la tête puis passe une main dans mes cheveux. Je suis épuisé... Mais vraiment ! Ce n’est rien de bien différent de d’habitude. Elle semble me comprendre puisqu’elle n’insiste pas et va prendre un peu d’eau avant de s’asseoir. Je l’imite assez rapidement, allant m’installer à côté d’elle pour la regarder. En fait, on se dévisage l’un l’autre. J’esquisse un léger sourire... Mais pourquoi est-ce qu’elle détourne la tête ? Qu’est-ce qu’il y a ? Et surtout : pourquoi est-ce qu’elle est en train de rosir ? Je ne comprends pas tout... Je lui attrape le menton et lui fait tourner la tête vers moi. Voilà, c’est bien.

-Qu’est-ce qu’il y a ?
-R... Rien. Je me disais juste que tu devenais un très bon adversaire...
-Ah... Mais je suis loin d’avoir un niveau suffisant pour te tenir tête.
-Détrompe-toi, tu es redoutable... Tu es même en train de me dépasser... C’est vraiment génial, j’adore m’entraîner avec toi.


Heu... Comment je dois réagir face à de telles paroles ? Je ne sais pas, elle a rarement ce genre de paroles à mon égard... D’ailleurs, est-ce déjà arrivé ? Je ne m’en souviens pas... Et je suis un peu gêné... Donc finalement je me lève et vais remettre mon haut. Oui, je l’avais retiré pour être plus libre de mes mouvements. Puis je me recoiffe à nouveau d’une main avant de me retourner vers elle. Elle s’est levée. Ok, elle va sûrement repartir retrouver sa famille, et moi je vais à nouveau aller bosser. Mais non, elle reste là. Je hausse un sourcil en la fixant. Mais quoi ? Qu’est-ce qu’elle me veut ? Je n’arrive pas à comprendre ce qu’elle a en tête... D’habitude, elle n’agit pas ainsi. Ce n’est pas normal. Je l’aurais frappée sans m’en rendre compte ? Non, pourtant elle n’a pas l’air blessée... Je vais finir par demander des cours pour comprendre les filles. Non, pour comprendre cette fille. Un de ses frères pourrait me donner des conseils ? Non, ils ne me voient même pas. Hum... Que faire... Détourner mes pensées.

-Tu ferais mieux de mettre quelque chose sur ton dos, tu vas prendre froid. Et puis ton père va râler s’il te trouve dans cette tenue.

Pas de réponse... Elle continue à me fixer... Hé, mais elle devrait vraiment remettre quelque chose sur son dos ! Je finis par lui balancer une chemise à la figure. Elle me sourit et l’enfile. Nan mais. Ah la la... Un vrai garçon manqué celle-là. Je soupire un peu et entreprend de ranger nos armes à leur place. Je ne la regarde donc plus pendant quelques instants... Jusqu’à ce que je sente un souffle dans mon coup. Gloups... Je frissonne puis me fige tandis que deux bras viennent m’enlacer par-derrière. Quoi ? Qu’est-ce qu’elle a ? Mais je me sens bien ainsi... Et je pose justement mes mains sur les siennes, l’obligeant un peu à rester dans cette position. Hum... J’aimerais tout de même bien savoir ce qu’elle a en tête. Je tourne donc un peu le regard vers elle...

-Asta ?
-Oui ?
-Tu veux parler de quelque chose ?
-Oui... Tu sais que mon père me pousse à me trouver un époux... J’ai dix-huit ans après tout, j’ai l’âge requis pour me marier. Mais...


Ah... Heu... Je regarde ailleurs. C’est vrai qu’elle a l’âge... Et même si son père n’insiste pas vraiment, je sais bien qu’il serait plus... Normal qu’elle se trouve un mari d’ici quelques années. On ne la forcera pas mais elle ne peut pas rester seule. Mais pourquoi en parler maintenant ? Pourquoi agir ainsi avec moi ? Ça me fait mal de devoir me rappeler d’un jour on sera séparés... Qu’un jour il y aura quelqu’un entre nous, que je devrai juste me contenter de mon rôle de serviteur, pas d’ami... Je ne veux vraiment pas y songer. Donc je finis par soupirer... Et puis, elle a eu un mot qui m’intrigue vraiment.

-Mais quoi ?
-J’ai déjà mon fiancé. Enfin, il ne sait pas encore et mes parents ne l’accepteront pas s’il se contente de passer complètement inaperçu.
-Ah... Vous l’aimez ?
-Oui...
-Hé bien il a intérêt à s’en montrer digne, sinon il aura à faire à moi !


J’ai mal... Très mal... Elle commence déjà à m’échapper ? Non ! Non, je ne veux pas ! Je ne veux pas qu’elle m’abandonne ! Et puis... Si je trouve ce type, je lui ferai comprendre qu’il a tout intérêt à prendre soin d’elle. En gros : à veiller qu’elle ne fasse pas de bêtises, qu’elle dorme la nuit, qu’elle ne s’épuise pas aux entraînements, qu’elle ait une vie sociale vu sa tendance à rester uniquement avec les personnes qu’elle connait, à ce qu’elle avale quelque chose le matin aussi, parce que je la connais. Enfin bref, ce type n’a pas fini de m’entendre. Mais si elle l’aime, je ne peux que m’incliner... Elle tente de reculer, je lui lâche donc les mains... Asta, je t’en prie, ne m’abandonne pas... Je n’ai plus que toi maintenant... Mais, elle vient se placer en face de moi ? Heu... D’accord. Je plonge dans son magnifique regard, m’y perdant avec délice tandis qu’elle pose les mains sur mes joues. Je frissonne imperceptiblement en sentant ses doigts sur ma peau... Et... Que ? Mais elle vient frôler mes lèvres ? J’écarquille les yeux, ne comprenant pas.

-Ça ne dépend que de lui... Ça ne dépend que de toi, Dante...

Et nos lèvres se scellent en un tendre baiser... Notre premier... J’en perds tous mes moyens, elle... Non, je rêve ! Mais dans ce cas, qu’on ne me réveille pas... Je ne veux pas revenir à la réalité... Elle passe ses mains sur ma nuque, je glisse les miennes dans son dos... Je l’aime... Et... Je comprends que c’est réciproque... Ce n’est pas trop tôt diraient certains. Je m’en fiche, elle est tout ce dont j’ai toujours eu besoin. Toujours ! Et je ne la laisserai jamais. Je changerai pour elle... Du tout au tout... Car je l’aime...


一 Chapitre III : Lilith. 一

-Ne la touchez pas !
-Oh, le chien a l'air de mordre...
-Dante n'est pas un chien !
-Fermez-là. Tous.


Je déglutis... Les choses tournent mal, très mal... Asta est trop faible pour bouger et moi, je suis maintenu par un de ses frères... Maintenant que le chef de maison est là, les choses sérieuses vont commencer... Ils lui apportent Lilith, la petite Lilith... La fille à laquelle ma douce Asta vient de donner le jour... Sa fille... Notre fille... Oui, bon, je n'ai que 18 ans mais la famille ignore qui est le père de la petite... On s'est mis d'accord sur le fait qu'il ne fallait rien dire... Mais à présent qu'elle est née, que ma fille est de ce monde, je ne supporte pas de voir les autres la traiter comme une chose honteuse dont il faut se débarrasser ! Si cet idiot pouvait me lâcher je... Je... Je quoi ? Je leur flanquerais une leçon ? Je ne dois pas rêver, je ne suis pas au niveau. Mais je dois faire quelque chose pour elle... Et tout de suite, avant qu'il ne soit trop tard ! Je la vois passer dans les bras de son grand-père... Celui-ci l'observe... Avant de se tourner vers ma tendre maîtresse...

-Maintenant qu'elle est là, Astaroth... Serais-tu enfin décidée à nous donner le nom du père de cette... Chose ?

Je sens tous les regards se poser sur moi... Je ne dois pas craquer, je dois garder la tête haute... Mais c'est difficile car je brûle de rage... Je veux qu'on me rende ma fille ! Mais je ne suis pas en mesure de prononcer le moindre mot, je ne suis pas habilité à poser la moindre réclamation. Il est tout naturel que tous les regards se tournent vers moi, nous sommes toujours fourrés ensembles ces derniers temps... Mais il n'y a aucune preuve, ils n'ont rien. Et je dois me taire... Je fais confiance à Asta pour sortir notre fille de ce mauvais pas mais ça me pèse de me taire. J'ai une grande gueule, mais j'ai toujours su la fermer. Je n'aime pas m'énerver. C'est idiot, ça fait faire des bêtises. Mais comme j'en meurs d'envie... Comme je meurs d'envie de leur faire ravaler tout ce qu'ils font... Je me mords la lèvre... Du calme Dante, du calme... Oui, tranquille...

Mais non, pas tranquille ! L'un des idiots qui sert de frère à mon amour ricane ! Celui qui me tient encore en plus ! Tant pis pour lui. Je ferme les yeux, me concentrant... Puis lui écrase le pied de toutes mes forces ! Il me lâche en criant. Bien, j'en profite pour le pousser, il atterrit plus loin. Et d'un gêneur de moins. L'un des autres tente de m'attraper. Ils me sous-estiment franchement... Je l'esquive sans le moindre problème. Sauf que je n'avais pas prévu le croche-pied en plus ! Et m****... Résultat je suis au sol. Je dois me concentrer... Je me relève d'un bond, paré à me battre. Et envoie mon poing dans la figure et se retrouve lui aussi au sol. Et de deux. Je pose d’ailleurs mon pied sur son dos, l’empêchant de bouger. Je dois continuer ? Apparemment pas, le troisième et dernier ne semble pas vouloir bouger. Le plus jeune serait le plus sage ? Lui je l'aime bien mais je me méfie... Je me tourne donc vers le père qui a toujours ma fille dans ses bras... Ma fille qui pleure d'ailleurs. Bon, un peu de diplomatie ne me ferait pas de mal... Je surveille juste que les deux idiots ne se relèvent pas, maintenant le second au sol en appuyant mon pied sur son dos.

-Rendez la petite à Mademoiselle. Elle a besoin de sa mère.
-D'où oses-tu me donner des ordres ?
-Vos fils ne sont pas des anges, vous le savez parfaitement. Combien de fois êtes-vous grand-père déjà ? Elle est au moins la quatrième. Et vous souhaitez vous en débarrasser pour la stupide raison qu'elle est née sous votre toit ? Ou parce que sa mère est votre fille, justement ? Expliquez-vous donc.


Je vais me faire haïr de toute la famille... Je n'en ai rien à faire, rien du tout. Je dis la vérité et chacun ici le sait. Je ne fais que briser un tabou. On ne fait peut-être jamais attention à moi mais, moi, je fais attention à tout. Et j'en ai vu des choses. J'en ai vu de belles passer dans cette demeure. Enfants de bonne famille... Tu parles. Ces petits idiots de nobles... Nous autres, simples enfants du peuple, avons au moins une once de respect pour les autres ! Parce qu'ils sont nés dans la soie et la dentelle qu'ils se croient tout permis ! Non, je refuse de me soumettre à cette loi. Donc, je dois continuer mes révélations ou je peux me taire ? Oh, ma fille passe entre les mains du cadet des frangins tandis que le père de famille se rapproche de moi. Que compte-t-il faire ? Me faire taire de force ? J'attends de voir ça. J'attends. Mais il a tout intérêt à y aller fort, très fort s'il veut que je la ferme. Parce que je ne me tairai qu'une fois mort. Il est à présent juste devant moi... Je ne baisse pas le regard. Au contraire : je le fixe, la tête haute.

-Père... Je vous rappelle que, des quatre enfants que vous avez reconnu, je suis la seule légitime. Feriez-vous l'erreur de vous débarrasser de ma fille ?

Il recule, pâlissant encore plus... Pour ma part je retiens un sourire victorieux. Je savais que je pouvais faire confiance à Asta pour trouver une solution ! Le plus jeune ramène Lilith à sa mère... Oui, on a tous compris que nous avions gagné la partie. Enfin, il reste des conditions à poser mais je sais qu'on s'en sortira. Je relâche enfin le type qui est au sol, sous mon pied, et recule rapidement avant qu'il ne lui vienne à l'esprit de me faire payer ma victoire. Ooooh, le regard empli de haine qu'il me lance... Hé oui mon petit, c'est ça de sous-estimer les autres. Je vous suis en tout point supérieur, dans tous les domaines. Enfin, ceux nécessaires en tout cas. Je retourne me poster à côté du lit sur lequel se trouvent les deux amours de ma vie. Ma petite Lili et ma douce Asta... Cette dernière et moi-même échangeons un regard bourré de sous-entendus... Elle me remercie ? Mais de quoi ? D’avoir distrait son père et ses frères quelques instants ? Oh, mais je brûlais tellement d’envie de leur remettre un peu les yeux en face des trous que je l’ai fait avec plaisir. Et elle le sait, elle le sait très bien... Mais elle se détourne pour bercer la petite qui s’est calmée aussitôt de retour dans ses bras. Je souris... Puis me détourne à mon tour pour observer le maître de maison. D’ailleurs, celui-ci me regardait. Hum... Voilà qui ne présage rien de bon...

-Très bien. Mais la petite ne peut pas rester ici. Arrange-toi comme tu veux, ma fille, mais je ne la veux pas ici. Et inutile de discuter, c’est mon dernier mot.

Sans nous laisser le temps de dire un mot il tourne les talons et s’en va, rapidement suivi des trois garçons... Bon sang... Mais dans quoi on s’est fourré ? Je tourne le regard vers les filles... Et finalement m’assois sur le lit, à côté d’elles. Je m’inquiète pour la suite... J’ai peur de ce qu’il peut se passer... Qu’est-ce que je suis censé faire ? Je ne sais pas, je ne sais absolument pas... Je devrais les protéger toutes les deux mais je me sens si... Inutile... J’ai peur. Peur de ce que l’avenir nous réserve. Je... Je sens une main sur mon épaule et tourne la tête, plongeant dans le regard d’azur de la magnifique demoiselle... Et elle me sourit... Je sais qu’elle se force un peu mais je suis... Rassuré. C’est idiot, en plus je suis fleur bleue. Mais qu’est-ce que j’y peux ? Je l’aime tellement... Je l’aime à la folie, à en mourir... Je l’aime à tout oublier, tout détruire ou tout construire pour elle...

-Dante, une de mes tantes est au courant depuis longtemps. Je me doutais que tout finirait ainsi, j’avais anticipé... Elle a déjà accepté de veiller sur Lili le temps que mon père l’accepte...
-... Tu penses vraiment à tout... Asta, qu’est-ce que je ferais sans toi ?
-Pas grand chose !
fait-elle en riant un peu.

Elle a raison... Je ne ferais pas grand chose sans elle ! Voir rien. Mais je ne veux rien faire sans elle. Elle est tout pour moi, absolument tout. Enfin... Maintenant il y a notre fille. Si seulement les choses n’étaient pas si compliquées, je pourrais dire que tout est parfait... Mais ce n’est pas le cas. Je vais devoir m’en contenter... Enfin, je suis tout de même pas habilité à me plaindre. Les choses pourraient être bien pires... Du moment que les choses n’empirent pas, du moment que rien ne se complique davantage...


一 Chapitre IV : une première mort. 一

Je n’aime pas ça. Je n’aime pas ça du tout. Au contraire, je déteste ça ! Saleté, pourquoi je me suis blessé aujourd’hui ? Pourquoi est-ce que je n’ai pas pu l’accompagner chez les chasseurs ce soir ? Je me déteste, j’aurais dû la convaincre que je pouvais tenir debout, que je ne risquais rien, même en boitant ! Les Créatures des Enfers, comme elle les appelle, ne font pas le poids face à moi ! Ni à elle... Alors pourquoi ? Pourquoi est-elle aussi en retard ? Je tourne en rond, lentement, grimaçant de temps en temps... Je devrais partir à sa recherche. Problème : je suis toujours coincé dans cette satanée maison. J’ai besoin d’une autorisation pour sortir et là je n’en ai pas... Mais bon sang, j’ai vingt-et-un ans ! Et toujours coincé dans mon pu**** de rôle de serviteur ! Je hais ça... Pourtant j’ai réussi à me faire remarquer des ’’maîtres’’, à obtenir leur respect aussi depuis l’épisode avec Lilith ! Et je continue à veiller sur ma fille lorsque je me déplace pour aller la voir. Je veille aussi sur Asta, même quand elle part à la chasse aux créatures. Je suis son bras droit, elle est la chef des Chasseurs malgré son jeune âge. Ce n’est pas que je me fais du soucis pour elle, mais... En fait si.

J’en ai ma claque de tourner en rond. Mais vraiment ma claque ! Alors je me fiche de ce que les ’’maîtres’’ pourront dire, je me casse. Il faut absolument que je la retrouve ! Ce n’est pas normal qu’elle ait autant de retard, il lui est arrivé quelque chose. Il y a deux semaines on s’est fait piéger. De nombreux de chasseurs sont morts... Et je suis sûr que c’est l’un d’entre nous qui a trahi le groupe ! J’espère que ça n’a pas recommencé... S’il lui arrivait quelque chose, jamais je ne me le pardonnerais... Alors je parcours les rues sans dire un mot, avançant le plus vite possible. Je dois la retrouver coûte que coûte ! Je n’ai pas le choix ! Bon sang, où peut-elle être ? Je croise quelques visages masqués... Chasseurs ? Minute... Ils ont tous du sang sur leurs affaires... Et n’ont pas l’air blessés... J’ai un mauvais pressentiment. Un très mauvais pressentiment. Mais vraiment ! J'accélère encore l’allure, il faut absolument que je la retrouve ! Oh, Asta, où peux-tu donc être ?

Soudain je m’arrête. Il y a une forte odeur de sang dans la ruelle que je viens de passer... Je recule, viens voir... Et elle est là, étendue sur le sol, dans une flaque de sang, son masque à côté d’elle. Je me fige sur place. Non, je me trompe... Dites-moi que je me trompe, ce n’est pas possible, ce ne peut pas être... Non... C’est faux, j’hallucine. Non, je fais un cauchemar ! Dites-moi que c’est faux, que... Comme un zombie, j’avance jusqu’à elle... Malgré la pénombre je la reconnais... Ça ne peut être qu’elle seule... Et ses blessures... Pas une trace de morsure, rien... Mais des lames, couteaux, sabres, épées... Toutes ces armes que nous autres, humains, utilisons... C’est faux... Ce n’est pas possible... Non... Non, non, non... Je tombe à genoux à côté de son corps, dans la flaque de sang, et je la prends dans mes bras, contre moi... Je n’en ai rien à faire que mes vêtements se gorgent de ce liquide carmin, de ce liquide de la vie... Elle est là, sans vie dans mes bras... Et pourtant je sens encore son cœur battre... Faiblement, très faiblement...

-Asta... Asta... Non, s’il te plait... Non, ne m’abandonne pas ! Tu ne peux pas me laisser, je t’en prie, je t’en supplie ! Ne m’abandonne pas, ne me laisse pas derrière ! Tu ne peux pas mourir, tu ne peux pas, ce n’est pas ton heure ! Asta ! ASTAAA ! ASTAROTH !!!

Première fois que je prononce son prénom... Et pendant ce temps les larmes franchissent la barrière de mes yeux, coulant de mes joues... Je m’en fiche. Je m’en fiche complètement ! La femme que j’aime est en train de mourir dans mes bras et moi je suis impuissant ! Impuissant !!! Je ne suis pas guérisseur et je sais très bien qu’elle aura rendu son dernier soupir d’ici quelques instants, je n’ai pas le temps d’aller chercher quelqu’un qui puisse la soigner, soigner les plaies béantes sur tout son corps... Ils l’ont tuée... Je sais que ce sont les chasseurs qui l’ont tuée... Ils pensent qu’elle est responsable du problème d’il y a deux semaines... Je la garde contre moi, me balançant d’avant en arrière... Asta... Asta... Ma belle et douce Asta... Mon ange, ma raison de vivre... Elle part, elle m’abandonne... Son prénom tourne en boucle dans mon esprit... Elle est en train de mourir... Elle est... En train de... Mourir... Mourir... Elle m’abandonne... Je veux rester avec elle, je veux continuer à la protéger ! Astaaaaa !!! Elle n’a pas le droit ! Je l’aime, j’ai promis de changer pour elle ! Je l’ai juré ! Pour qu’on puisse rester à jamais ensembles ! Alors s’il te plait, je t’en prie, je t’en supplie, ne m’abandonne pas, je n’y survivrais pas... Je n’y... Survivrais vraiment pas... Et s’il me faut partir pour que tu vives, ou n’importe quoi, je le ferai ! Je ne peux pas, je ne pourrai pas vivre sans elle...

-Dante...

Cette voix... Cette voix qui transperce les ténèbres de la nuit, les ténèbres de mon âme... Cette voix... Je ravale mes sanglots et penche la tête en arrière pour croiser un regard que je connais bien... Laelius... Depuis quand ne l’ai-je pas vu lui ? Neuf ans je crois... Oui, neuf longues années. Mais... Il ne fait pas jeune homme de 22 ans. Non, il a l’air plus jeune, comme s’il en avait 17... Minute... Non... Non, ce n’est pas possible que... Je fronce les sourcils. Je rêve ! Et je tire une dague que je lui envoie dessus. Il l’évite... Et bouse, je suis désarmé ! Il arque un sourcil en me regardant puis soupire...

-Quel accueil... J’en déduis que tu as deviné.
-Tu es un vampire... Laisse-moi maintenant... Laisse-moi...


Je retourne à Asta... Je me fiche que mon ancien ami cherche à me tuer à présent, j’ai si mal... Trop mal... J’ai l’impression que mon cœur a été transpercé par de multiples lames, que le sang s’en échappe comme il s’échappe des nombreuses plaies de mon amour... Je vais mourir avec elle... Je veux mourir avec elle... Comment ferais-je sans elle, comment pourrais-je passer ne serais-ce qu’une journée en la sachant partie ? Ne serais-ce qu’une heure, qu’une seconde ? Je ne peux pas, elle est mon tout, jamais je ne pourrais être séparé d’elle... Les larmes sont de retour sur mes joues, étalant les traces de sang qu’il y a sur mon visage... J’entends des pas, l’autre se rapproche de moi... Et s’arrête juste à côté... Je l’ignore, Asta est plus importante ! Son pouls est quasi-inexistant... Elle m’échappe, elle m’échappe complètement ! Sa vie me glisse entre les doigts sans que je puisse faire quoique ce soit ! Noooon !!! Astaaaa !!! Et je ne sers à rien ! Je me déteste, je me hais ! Je suis... Nul... Inutile. Et tout ce qui va avec... La voix de mon ami me fait relever la tête malgré tout...

-Je peux lui permettre de vivre.
-Comment ? Comment tu pourrais ?
-En la faisant vampire. Mais c’est à toi de voir si tu es prêt à tout pour qu’elle vive.


La faire... Devenir vampire ? Elle resterait avec moi... Elle pourrait rester à mes côtés... Je n’aurais qu’à devenir vampire à mon tour et on serait ensembles pour l’éternité... Je la regarde... Je regarde ce masque qu’elle portait jusqu’à présent. Ce masque, témoin de son appartenance aux Chasseurs... Que faire ? Je ne survivrais pas sans elle, j’ai trop besoin de sa présence... Mais elle ne supporterait pas l’immortalité, elle ne supporterait pas de devenir ce qu’elle a toujours haï... Jamais elle ne me pardonnerait de l’avoir laissé devenir vampire si j’accepte... Alors... Les larmes redoublent... Je ne peux pas... Je ne peux vraiment pas... S’il y a une chose que je ne pourrais pas supporter, ce serait qu’elle me rejette, qu’elle me déteste ! Alors, alors je... Je... Je me hais... Mais...

-Non... Non Laelius, laisse-la mourir comme une humaine... C’est ce qu’elle aurait souhaité... Et je n’irai pas contre sa volonté... Jamais...
-Comme tu veux... Je te laisse alors, mais fait attention à toi Dante. Les Chasseurs pourraient s’en prendre à toi comme ils s’en sont pris à elle, puisque tu la soutenais et que je pense qu’ils le devineront si tu remets ton masque... Mais ce n’est qu’un conseil d’ami...


Je sais... Je sais bien... Et je l’entends repartir, me laisser seul avec elle... Elle est morte... Ça y est, son cœur ne bat plus, elle a abandonné... Elle m’a abandonné... Je l’ai perdue... J’aurais pu la sauver mais je n’ai pas voulu... En un sens... Je l’ai laissée mourir... J’ai refusé de la sauver... Je... Je suis un monstre... J’aurais dû accepter... J’aurais... Et tout ça à cause des chasseurs... Tout ça à cause d’eux... Je les hais. Je les hais plus que tout. Ils m’ont arraché celle à qui je tenais le plus au monde... Ils l’ont détruite, ils m’ont détruit... Alors je ferai de même. Je vais tous les détruire jusqu’au dernier, et peu importe le temps que cela me prendra. Je me relève, la portant dans mes bras... Je dois la ramener chez elle... Je dois m’occuper d’elle... Puis je partirai. Je commencerai. Les chasseurs vont payer pour ça. Ils vont le payer de leur vie !

-Astaroth... Tu n’étais pas un démon, comme le croient les autres, mais un ange. Ces humains sont trop stupides pour le comprendre... Tant pis pour eux. Tu m’avais endormi, à présent Caym reprend la main. Le véritable démon commence sa traque.


一 Chapitre V : l'arrestation. 一

Plop. Plop. Plop. Le sang goutte tranquillement de la table, de l’homme allongé et attaché devant moi. Le sang coule le long de son torse, de son ventre... Il y a une belle flaque sous la table, j’ai les deux pieds dedans. Pieds nus, évidemment. Je sens mieux ce liquide qui recouvre le sol. Ça sent la rouille, ça sent le fer. Normal, c’est l’odeur du sang. Et moi je dessine tranquillement, à mon rythme, taillant la chaire du type avec mon couteau. Je fais mes esquisses sur deux millimètres de profondeur puis, quand je suis sûr de moi, j’entaille sur plusieurs centimètres. S’il a mal ? J’en sais rien moi, je m’en fiche. Ah, peut-être qu’il a mal, j’entends des cris étouffés par le bâillon. Rien à faire, je continue de dessiner. D’abord mon étoile à cinq branches. Attention, les traits doivent être droits. Ce n’est pas facile de faire ça dans la chaire, le dessin à l’encre est plus facile. Mais bon, je suis habitué. Voilà deux ans que je travaille ainsi. Alors, lentement, tranquillement... Ah, zut, je suis un peu de travers. Pas grave, je retire mon couteau et recommence mon trait. Voilà, étoile terminée ! Bon, j’ai eu quelques loupés... Je vais chercher un bout de tissu que je mouille puis je reviens pour essuyer un peu tout le sang qu’il y a sur le ventre du type. Bon, c’est quand même pas trop mal. Maintenant, la phase difficile : faire le cercle. C’est compliqué de faire des figures précises sur un corps encore chaud, palpitant, se cabrant au moindre mouvement de la lame. Mais bien attaché comme là, c’est facile. Au début j’étais dérangé quand ils me regardaient. Le bandeau sur les yeux, c’était pas drôle. Alors depuis l’an dernier, ils sont tous comme lui : les yeux crevés. Parfois je les leur retire, c’est un travail compliqué, surtout quand ils bougent. Je suis obligé de les assommer. Alors lui, j’ai fait quoi déjà ? Ah, oui, crevés juste.

J’entreprends donc de faire mon cercle. Petite esquisse d’abord, je plante pas trop ma lame. Hum... Je recommence, ce n’est pas très rond. Encore raté... Nouvel essai ? Oui, parfait ! Génial ! Je plante donc la lame dans son ventre, sur trois petits centimètres. Et je trace mon cercle. Pourquoi il bouge lui ? Ça ne m’intéresse pas en fait. Je continue donc tranquillement, à mon rythme. Aller, bien suivre le premier tracé... C’est bien, je suis fier de moi. Y’a plein, plein de sang partout mais mon pentacle est superbe ! Je recule un peu... Ouais, parfait. Je vais nettoyer mon couteau, le bruit de mes pas faisant flop flop à cause du sang sous mes pieds. Marrant. J’aime ce bruit. Je pose donc mon couteau et fouille dans les affaires. Un truc fin pour faire les écritures... Voyons... Ah, trouvé. Ma pointe de fer. Je ramène quelques braises à côté de la table où se trouve ma proie puis y plonge ma pointe jusqu’à ce qu’elle devienne rouge. Parfait. J’enfile mes gants, histoire de ne pas me brûler, puis entame mes nouvelles gravures. Ah, l’autre bouge encore. Il est pénible. Mais je m’en fiche, il ne peut pas se libérer. Je continue donc. Allez, chaque lettre, chaque mot écrit avec soin, à jamais gravé dans la chaire. Ah, j’allais oublier mon petit monologue habituel, d’une voix lente, calme, neutre.

-Prie qui tu veux, personne ne te viendra en aide. Les dieux, les anges ont abandonné les chasseurs depuis bien longtemps, malheureusement pour toi. À présent seuls restent les démons. Tu es ravi ? Tu as vu tes proches subir le même sort que toi. C’était amusant, non ? Les entendre hurler, me supplier d’arrêter, les voir expirer sous tes yeux. Mais je te réserve le plus beau, ne t’en fais pas.

Tout en parlant je continue. Ah, il ne bouge plus. Il a perdu connaissance ? Pas drôle. Je pose une braise sur son menton... Il bouge immédiatement. Ah, bah voilà, il est conscient. Je récupère ma braise et la remet là où elle était avant de continuer mes gravures. Je passe beaucoup de temps à jouer comme ça, jusqu’à ce que je finisse. C’est parfait. Il est superbe mon pentacle. Pentacle d’invocation pour le diable... Quelle merveilleuse chose pour un assassin. Le diable serait ravi d’une telle âme. Hum... Je fais quoi maintenant ? Ah, si, j’ai trouvé. Je remets ma pointe de fer dans le feu, la remettant à blanc... Puis vient lui écrire PROIE sur le front. Ça pisse le sang, je n’en ai rien à faire. C’est normal en même temps, parce que si la chaleur cautérise la blessure, je lui transperce quand même la peau. Il hurlerait bien s’il n’avait pas son bâillon. Oui, mais c’est tout aussi plaisant, ces hurlement étouffés. Et puis c’est plus drôle. Souffre en silence mon petit, ça vaut mieux pour toi. Bien, que me reste-t-il à faire ? J’ai fini l’atelier gravure, je passe à quoi ? À la découpe ? Hum... Oui. Je le cuisine depuis déjà plusieurs heures, depuis hier avec ses proches. Je peux passer à la dernière phase.

Je vais donc chercher ma hache. Alors, alors, je commence par quoi ? Hum... Les mains. Ah, je ne dois pas me couper. Ce n’est pas parce que je suis torse-nu que je suis plus fragile mais je peux me couper facilement. Alors... Je bouge un peu son bras, plaçant sa main sur une souche maintenant devenue complètement rouge. Je vise... Et j’abats la hache sur le poignet. Oups, raté, j’ai pas tranché tous les os. Bon, je recommence. Là c’est bon. Plus de main droite. Je vais poser ladite main dans un bac de sel, avec d’autres, puis je déplace ma souche pour la mettre de l’autre côté. Alors maintenant... Hum... Et cette fois je coupe tous les doigts. De manière aléatoire. D’un coup. Plein de sang, encore. Je regarde les morceaux de chair qui tombent au sol... Et je hausse les épaules, je ramasserai après. Maintenant, couper ce qui reste de sa main. Hop. L’est bien comme ça. Bon, je termine par quoi ? Ah, trouvé. Je vais chercher mon crochet. Puis je bouge un peu le tas tout sanguinolent qui m’encombre ma table. Il peut plus bouger, j’ai brisé ses jambes plus tôt. Je le laisse tomber par-terre puis va installer mon crochet à l’un des anneaux de fer au plafond. Parfait. Je lui plante donc le crochet dans le cou. Oh, plein de sang qui coule. Il en a encore, avec tout ce qu’il a perdu ? Apparemment. Bah, ça ravive la teinte rouge du sol. Je vérifie que c’est bien accroché puis je le hisse dans les airs, toujours bien attaché. Et voilà, une nouvelle décoration.

Plop. Plop. Plop. Le sang coule doucement, lentement, curieuse mélodie à mes oreilles... Je contemple un peu mon œuvre... C’est joli. Je place un pot en-dessous, histoire de récupérer le sang qui continue de couler puis je fais le tour de la pièce du regard... C’est le troisième accroché comme ça ? Oui. Après y’en a deux qui sont pendus. Il va falloir que je fasse un peu de ménage, les corps sont en train de pourrir. Et je vais devoir vider mes saloirs aussi, je sais plus quoi faire de tous ces membres que je garde dedans. Je soupire un peu et entreprend de jeter les morceaux humains dans un coin. Je n’en ai rien à faire des doigts et de la demi-main. Le sang au sol ? Oh, il peut rester là, je n’en ai rien à faire. Tiens, il y a du bruit dehors. Bah, je m’en fiche. On cogne à la porte ? Quoi ? Oups, ma porte est finalement défoncée. Et des gens entrent. Et y’en a deux qui repartent aussitôt pour aller vomir. Petites natures. Je hausse les épaules et retourne à mon ménage, ignorant les types qui se sont complètement figés. Plein de sang sur ma table. Pff, je l’essuie avec un tissu déjà gorgé de sang. Et je frotte. Il faut que ce soit propre pour ma prochaine proie. Je tiens vraiment à ce que ce soit prêt. Du coin de l'œil, je vois les types bouger. Ah, ils vont oser parler ?

-C... Caym de Ray, vous... Vous êtes accusé de multiples meurtres, je vous ordonne de nous suivre sans la moindre résistance.

Je tourne lentement, très lentement la tête... Et les vois reculer sous mon regard. Oui, pauvre mortels, craignez-moi. Craignez le démon que vous avez vous-même créé. Craignez ce que je suis, craignez ma fureur. Donc je vous conseille de partir tout de suite. Mais... Je suis accusé de meurtres ? Il faut que je les suive sans résistance ? C’est... Ridicule. Vraiment ridicule. Tellement que je me mets à rire. Ils sont ridicules ! Ils croient quoi ? Ils croient quoi ??? Que je suis un gentil toutou qui va les suivre sans mot dire, voir même en disant merci ? Ils ont peur, je le sens ! J’essaye de me calmer, j’y arrive bien. Je les ignore donc. J’ai plein de sang sur les doigts... Je lèche donc ceux-ci. Voilà, un peu mieux. Puis je vais récupérer mon pot qui se remplit vite de sang et le leur propose.

-Vous en voulez ?

Pas de réponse. Tant pis pour eux. Moi j’avale son contenu. Miam. Et de deux autres qui vont vomir. Voilà qui gâche le sérieux des forces de l’ordre. Je vois ceux restant se déplacer, se mettre en cercle autour de moi, me menaçant. Hum... À un contre dix, je ne fais pas le poids. Alors je lâche mon pot qui retombe dans un bruit mat. Non, même : il se brise. Bah... Tant pis, j’en rachèterai un autre. Je me prends un coup dans la tête et titube, étourdi. Mais aïeu ! Ils en profitent pour m’attacher les mains dans le dos. Je suis prisonnier ? Je n’ai pas tellement résisté non plus. Il m’obligent à regarder tous les cadavres dans la pièce. Oui ? Je suis censé faire quoi ? Hum... Bah, finalement, je recommence à rire. C’est trop trop, pleeeiiiin de sang partout ! Les humains sont si faibles, ils sont si fragiles ! Et incapables de voir ce qu’il se passe sous leurs yeux ! C’est ridicule ! R-I-D-I-C-U-L-E. Ce qui fait que je ris encore et encore, même quand ils m’embarquent, même dans la rue. J’ai du sang partout sur moi, je suis torse-nu, je suis pieds-nus, je sais que j’ai les cheveux en pétard... Et je rigole. Je rigole à n’en plus finir. Qu’ils sont nuls, tous ces humains ! C’est vraiment une excellente journée, voilà longtemps que je ne me suis pas autant marré !


一 Chapitre VI : une mort, une renaissance. 一

Le soleil est couché depuis déjà deux heures... C’est la fin pour moi ? Je ne crois pas... Pourtant la corde est là, autour de mon cou et le bourreau n’attend qu’un simple signal pour me pendre. Bah, c’est pas drôle, ils ne font preuve d’aucune imagination. Enfin, pour le moment, je suis juste exposé au public. Ils me détestent, me haïssent. Hé bien qu’ils se défoulent. De toute façon, qu’est-ce qui peut m’atteindre à présent ? Plus rien, je suis mort mentalement depuis déjà bien longtemps. C’est juste la fin pour moi, c’est la fin de mon existence. Encore et toujours la fin... J’entends tout le monde me traiter de démon, monstre, créature de l’enfer... Savent-ils que je ne suis qu’un simple humain ? Que ce démon que je suis, ils le possèdent en eux ? Oui, mais ils sont si lâches qu’ils n’osent pas se l’avouer. Je ne suis que le reflet de ce que l’humanité renferme en elle. L’Homme est la plus cruelle des créatures, car elle tue pour le plaisir. Je suis un homme, donc je détruis. Tant qu’à faire, autant que ce soit par esprit de vengeance.

-Un dernier mot ?
-Des phrases. J’assume mes actes, je ne fuirai pas. Parce que j’aime Asta. Je l’aime à me damner pour l’éternité. Mais cela, pauvres idiots, vous ne pourrez jamais le comprendre.


On me hue. Je n’en ai rien à faire. Je cherche quelqu’un du regard. Le soleil est couché, il devrait être là... Il devrait... Oui. Oui, je repère enfin Laelius. Il me fixe. Je fais de même. Laelius... Finalement, tu es là toi... Je sais que tu peux deviner quelles sont mes pensées, je sais que... Enfin, tu sais tout au bout du compte. Alors regarde juste, jusqu’au moment où j’aurai besoin de toi. Je me suis perdu, il faut que tout se termine... Le signal, le sol se dérobe sous mes pieds, je tombe avant d’être retenu au niveau du cou. Aïe ! Mal ! Très mal ! Mon souffle se coupe sous mon propre poids ! Je n’ai plus d’air, la circulation du sang est aussi coupée, je sens que le nœud s’est resserré ! J’ai mal ! J’étouffe, ce n’est pas agréable comme sensation au final. Je perds connaissance... Mon esprit est déjà soufflé comme la flamme d’une bougie... Je ne suis pas résistant, je le sais depuis longtemps, si longtemps... Je l’ai toujours su... Et je reste juste là, inconscient, mourant à mon rythme...

Une heure plus tôt, j’avais de la visite. Des gens ont essayé de me faire me repentir de mes crimes. Je les ai envoyé balader, qu’est-ce qu’ils croyaient ? Que je regretterais ? Ces abrutis de chasseurs ont trahi leur propre chef, ils l’ont tuée alors qu’elle faisait de son mieux pour eux ! On l’a trahie, elle ! Ma Asta ! MA Astaroth ! Le seul amour de ma vie, le seul amour de mon existence... Je l’aime, je l’aime toujours... Et je l’aimerai toujours. Tout ce que j’ai fait c’était pour elle... C’était vraiment pour elle... Je me suis alors contenté de répéter sans relâche son surnom à elle. Asta, Asta, Asta... Je t’aime... Je t’aime plus que tout, plus que ma vie, plus que mon âme... Mais est-ce que tu m’aurais pardonné tout ce que j’ai pu faire ? Je ne crois pas... Tu ne m’aurais pas pardonné... Je suis... Juste une âme torturée, une âme errante sans toi... Je réfléchissais à ma situation, me rendant compte que, en fait... Elle détesterait ce que j’étais devenu. Et c’est à ce moment que...

-Tu comptes les laisser t’exécuter ?
-Laelius ? Qu’est-ce que...
-Je te rappelle qu’on était amis, enfants. Je me suis peut-être éloigné, je suis peut-être mort, je n’en ai pas moins oublié qui tu étais pour moi. Dante...
-Quoi ?...
-Viens là, s’il te plait.


… Surpris, je me suis exécuté et me suis approché de la porte. Il a passé les mains à travers les barreaux, les posant sur mes joues... Heu... Oui ? Sa peau était glacée... La glace des cadavres... Mais pourtant cela me faisait du bien de le revoir... De revoir un allié dans ce monde de fous. Revoir un allié là où n’importe qui m’aurait abandonné... Retrouver quelqu’un qui tienne à moi, malgré le temps... Cela me faisait tellement de bien... J’ai donc fermé les yeux, profitant juste d’un instant de calme, d’un peu d’apaisement dans mes tortures... Juste quelques instants, un répit avant de faire le grand saut, un répit avant la mort. Parce que je savais bien ce qui m’attendait... Je l’ai toujours su... Que tout se finirait par la mort...

-Caym. Tu as fait pire que bien des humains pour la femme que tu aimais. Tu t’es perdu toi-même dans ton besoin de vengeance. Maintenant, c’est ta mort qui est en jeu. Tu veux disparaître ainsi, avec tes meurtres sur la conscience ? Tu veux qu’on ne retienne que ça : le démon, et non l’humain extraordinaire que tu savais être ? Caym ou Dante... Je n’ai pas envie de te voir mourir sans une seule chance de te racheter...
-... Tu me... Proposes de devenir vampire ? Tu recommences ?
-Je l’ai fait pour toi la première fois, tu as refusé d’être égoïste, tu l’as laissée partir. Mais à présent cela ne regarde que toi. Ton âme, ton humanité, est-ce que tout a disparu ? Il ne reste rien que tu veuilles sauver ? Rien à faire pour te racheter à ses yeux ?


Je me suis tu... Il marquait un point... Et je savais ce que je pouvais faire pour me racheter... Ma mort ne serait pas suffisante pour tout expier... Puisque je ne regrette rien. Et puis, je devais aussi veiller sur ma petite Lilith... Oh, Lilith... Ma fille... Dire que j’avais complètement disparu de son existence, que je l’avais oubliée dans ma folie... Je devais me racheter. Je l’ai alors regardé dans les yeux. Je n’ai pas réussi à lire dans ses pensées... Mais je savais ce que j’avais à faire. Boire son sang à lui... Il m’a présenté son poignet, j’ai fait la seule chose que je pouvais alors faire : je l’ai mordu le plus fort possible. Il a saigné, oh oui, il a saigné... Et j’ai juste avalé ce qui coulait dans ma bouche. D’ailleurs, le sang de vampire a un goût légèrement différent de celui des humains. Plus... Amer je trouve. Bref... J’avais fait mon choix... J’avais choisi. Une éternité à me damner...

Je meurs donc. Mon cœur a cessé de battre, on me décroche, je m’écroule sur le sol... Mais je n’ai pas fini de souffrir, non. Absolument pas ! Parce que j’ouvre grand les yeux et je hurle. Le sang de vampire fait son effet, j’ai mal, horriblement mal ! Je ne pensais pas que ce serait aussi douloureux ! Et ces stupides humains qui ne comprennent rien au début... Crétins... Finalement le mot vampire se propage... On va m’éliminer ? Non, car Laelius s’interpose. Comment ça je suis SA proie ? Hé ! Mais c’est... Comment dire... Trop pour moi. Il me récupère au passage et m’embarque. Je ne pourrais pas échapper à mes choix à présent. Nouvelle existence... Une éternité à chercher rédemption, que demander de mieux ? Ou pire... Tel est ce qui m’attend à présent. Je suis Caym Sitri Dante de Ray, humain et assassin exécuté à l’âge de 23 ans. Je suis, présentement, un vampire nouveau-né... Pour ma descente au plus profond des enfers ou remonter un petit peu ?




Dernière édition par C.S. Dante de Ray le Dim 30 Déc - 14:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Dante ✖ I'm a demon, never forget it   Dim 30 Déc - 14:42



Une vie de vampire

一 Chapitre VII : les adieux. 一

Je suis nerveux, pour la première fois depuis mas transformation. Enfin non, je l’ai déjà été pour un bon nombre de choses mais là, c’est différent. Ai-je bien fait de revenir chez les humains ? Ai-je bien fait de revenir ? Le temps a tellement passé... Cinq ans... Voilà cinq ans que je suis... Mort. Cinq longues années que j’ai été transformé aussi, cinq longues années que j’apprends à me maîtriser, à me calmer, à changer... Je dois une fière chandelle à Laelius qui m’a soutenu tout du long. À sa manière... Oh que oui, à sa manière. Lui qui est profondément grisé par ses capacités vampiriques, je dois parfois le retenir. J’avoue que cette puissance qui coule dans nos veines, dans mes veines... J’aurais pu me perdre aussi. J’ai tout fait pour éviter une telle catastrophe. Je ne veux plus être le démon, je veux simplement redevenir moi-même. Et c’est ce sur quoi j’ai le plus travaillé... Maintenant je suis redevenu moi-même, j’ai bridé Caym, il ne ressortira plus. Enfin, je l’espère...

Où suis-je donc, à présent ? Devant les portes d’une vieille demeure. La demeure appartenant à l’une des tantes de ma chère Asta... Asta... Je baisse les yeux, sentant une boule de former dans ma gorge... Je suis passé au cimetière tout à l’heure, j’ai déposé des fleurs sur sa tombe... Elle me manque... Elle me manque affreusement... Tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes... Mais elle ne reviendra pas, elle ne reviendra plus. Je le sais depuis le départ, il faut que j’avance, il faut que je me rachète. Alors après sept longues années je reviens ici. Je reviens là où il reste une part de mon âme, une part de mon cœur aussi. Là où vit ma fille unique, la seule et unique petite Lilith... Mais après toutes ces années, serais-je encore accepté ? Après avoir tout abandonné, après l’avoir abandonnée, dans ma folie... Je ne sais pas. J’ai peur de me faire rejeter, j’ai peur qu’on m’interdise s’entrer, j’ai peur de ne pas pouvoir la voir... J’ai peur d’apprendre de mauvaises nouvelles aussi... Assez d’hésitations ! Il faut que je me reprenne !

Je frappe donc à la porte puis patiente. Oui, il fait nuit noire mais je ne peux pas me déplacer en pleine journée, sinon c’est ce que j’aurais fait. J’attends une minutes, puis cinq, puis dix, puis quinze... Personne ne vient. Seraient-ils tous en train de dormir ? Je fronce les sourcils, inquiet. Je frappe à nouveau, plus fort. Toujours personne. Hum... Je repasserai alors. Dommage... Je lève les yeux, observant la demeure... Tiens, il y a de la lumière ! Quelqu’un regarde par une fenêtre. Je fais de grands signes afin de me faire remarquer mais la personne disparaît. Je soupire avant de tourner les talons. Dire que j’avais enfin réussi à revenir... Je n’ai pourtant pas le temps de faire plus de quelques mètres que, en fin de compte, la porte s’ouvre. Je me retourne instantanément et m’approche du serviteur. Mes pupilles rétrécissent considérablement à la lumière de sa lanterne, ça me fait mal aux yeux... Il lui faut quelques secondes pour repérer l’ombre que je suis... Et avoir un mouvement de recul.

-M... Monsieur de Ray ? Mais je croyais que vous étiez...
-Mort ? Je le suis, mais c’est une longue histoire. Madame est-elle là ?
-O... Oui, entrez, je vous en prie. Je vais aller vous annoncer.
-Merci mon vieux. Et cesse de me vouvoyer, je te rappelle que je suis plus jeune que toi, d’une part, et d’autre part que je n’ai rien d’un noble ou autre du genre.


Il esquisse un sourire et me laisse entrer. Je ne me fais pas prier et remets les pieds dans cette demeure qui n’a pas changé depuis mon dernier passage. Toujours aussi sombre, toujours aussi lugubre. Pff. J’espère que ma petite Lilith va bien, dans ce monde d’adultes... J’espère surtout que son grand-père n’est pas intervenu dans son éducation, sinon il aurait été capable de dire du mal d’Asta et de moi. Moi, je m’en fiche un peu mais elle doit avoir une bonne opinion de sa mère, c’est nécessaire ! Mon regard bleu fait le tour des vieux meubles, des ouvrages qui trainent aussi. Oui, tiens, voilà sept ans que je n’ai pas ouvert le moindre livre ! Je vais devoir m’y remettre, je suis sûr et certain que cela me ferait un bien fou de pouvoir m’échapper de ma réalité. Je suis arraché à mes pensées lorsque j’entends un pas se rapprocher. Un pas léger mais sonore. Une femme portant des talons. Je souris en observant la femme qui s’avance jusqu’à moi, visiblement inquiète. Je me demande comment elle fait pour avancer avec tous les vêtements qu’elle porte. Elle disparaît presque sous la dentelle ! C’est étouffant. Enfin, ce n’est pas mon problème. Conformément à mon rang, je m’incline devant elle avant de lui accorder un baise-main.

-Dante ?
-Cela faisait longtemps, Dame Héléna. Je suis honoré que vous vous souveniez encore de mon nom, je pensais que vous auriez préféré l’oublier.
-Que viens-tu faire ici ?
-Que d’agressivité... Alors que je ne suis là qu’en simple visite de courtoisie...
-Soit sérieux. Que veux-tu ?
-Voir ma fille. Est-ce trop demander ?


Moi qui étais calme et doux, mon ton se fait ferme. Sa méfiance m’agace au plus haut point. Que croit-elle, que je suis venu les massacrer tous jusqu’au dernier ? Non, ce n’est pas mon genre. Je ne suis pas ainsi, je ne suis plus ainsi. Et puis, pourquoi croit-elle que les siens ont été épargnés ? Parce que je savais que je ne pouvais pas toucher à la famille de mon aimée. Elle ne croit plus en moi mais fusse le cas ne serais-ce qu’une seule fois ? Je ne sais pas, je ne sais plus à qui je peux faire confiance. Bref. Qu’a-t-elle à me regarder de cette manière ? Ouh, je sens que les choses ne vont pas se dérouler aussi facilement que ce que j’espérais... Je fronce les sourcils, inquiet...

-Il y a un problème ?
-Ne le prend pas mal, jeune vampire, mais... Cette petite est élevée dans la tradition familiale. Tu dois te souvenir de ce que cela signifie, non ?


Je baisse les yeux, déglutissant avec difficulté. Oui, je me souviens. Je comprends aussi ce que ça signifie...

-Elle va devenir une Chasseuse. C’est ce que vous voulez faire d’elle, n’est-ce pas ?
-C’est de famille, il faut bien perpétuer les traditions.
-Perpétuer les traditions ??? Asta est MORTE à cause de vos stupides traditions ! Elle est morte parce qu’elle était une chasseuse ! Vous voulez que sa fille subisse le même sort ?
-Calme-toi voyons. Ce n’est pas ce que je voulais...
-Dire ? Merci, je sais lire entre les lignes, vous le sous-entendiez.
-Assez. Vous savez combien j’ai été affectée par la mort de ma nièce ! Mais si je dis que vous ne pouvez pas voir Lilith, c’est parce qu’elle n’a pas besoin de savoir qui est devenu son père. Un monstre, puis un vampire... Vous croyez qu’elle supporterait les remarques, les menaces des proches de vos victimes ?


Je sens que mes yeux deviennent noirs. Mes crocs s’allongent. Voilà, je suis énervé. Bingo... Il faut que je me calme... Je passe mes mains sur mon visage, les laissant lentement remonter jusque dans mes cheveux... Je souffle aussi un bon coup... Voilà, calme... Je reporte mon attention sur elle. Tiens, elle a reculé de quelques pas. Je ne m’en étais même pas rendu compte, curieusement... C’est vrai, j’oublie qu’elle a reçu la même éducation de ma chère Asta et donc qu’elle peut se révéler être dangereuse. Hum... Autant rester sur les gardes.

-Ma fille reste ma fille. Je ne demande que quelques instants avec elle...
-Il en est hors de question.
-Le temps de lui faire mes adieux ?
-Refusé.
-Dans ce cas, il faudra m’éliminer.


Elle n’a pas le temps de réagir que je la contourne rapidement et vais disparaître dans les escaliers. Un couteau me loupe de peu durant le trajet mais je n’y prends même pas garde. Il faut que je trouve ma petite Lili avant de les laisser me virer. Je sais bien que, vu ma nature, je ne dois pas m’imposer... Je suis mort. Je ne dois plus me mêler de ces histoires de mortels... Mais juste une dernière fois... De mémoire, je refait le trajet qui me mène à la chambre de ma fille. Il me faut cinq minutes à fond pour y parvenir. J’en ai cinq autres pour parler et disparaître. Voilà qui va être court, très court... Mais c’est jouable, je ne suis pas n’importe qui, je reste Dante de Ray, amant de ma chère Asta et... Et non, je ne veux pas qu’on me rappelle que j’ai été un chasseur.

Je frappe un petit coup avant d’entrer brusquement et de refermer la porte derrière moi. Ouf, voilà, une bonne chose de faite. Une chaise traîne à portée de main, je l’utilise pour bloquer la porte. Voilà le travail. Je me retourne enfin pour observer la pièce... Et j’ouvre grand la bouche devant la petite fille qui se trouve devant moi. Asta ? Non, ce n’est pas elle... Mais cette enfant de dix ans lui ressemble comme deux gouttes d’eau ! Les yeux écarquillés de surprise, si j’étais vivant je pense que mon cœur aurait loupé quelques battements... C’est impressionnant de voir combien elle lui ressemble... Et c’est douloureux aussi... D’un coup, un poids se fait sentir sur mes épaules... Pour la première fois depuis longtemps, je comprends tout ce que j’ai loupé... La dernière fois que je l’ai vue, elle avait trois ans... Sept années d’absence... J’aurais dû être là, j’aurais dû l’aider à surmonter le disparition de sa mère, j’aurais dû me souvenir que mon aimée existait toujours, en elle... Mais j’étais tellement aveuglé par la haine que j’ai tout oublié... Je regrette... Je regrette d’avoir sombré dans la folie en oubliant que mon remède se trouvait non loin de moi...

-A... Non... Lilith ?
-Oui ? Vous êtes qui ? Et pourquoi vous êtes dans ma chambre ?
-Je... Pardon d’arriver ainsi... Mais comme ta tante ne voulait pas me laisser te voir j’ai dû changer mes plans. Qui je suis ? Dante. Dante de Ray...
-C’est drôle, vous avez le même nom que mon papa !


J’esquisse un sourire... Oui, c’est très drôle...

-C’est peut-être parce que je le suis...
-Non, Tante Héléna a dit qu’il était mort !
-Et elle a raison... Je suis mort, mais d’une autre manière... Je suis un vampire, Lilith.


Elle écarquille les yeux, apparemment surprise. J’esquisse un sourire de mon côté, hésitant. Ma belle petite Lilith... Je suis tout de même étonné de la voir si neutre. Elle est surprise mais pas effrayée. Je m’installe devant elle, à genoux, me mettant ainsi à sa hauteur...

-Vampire... Comme ceux que tout le monde déteste ici ?
-Oui... C’est pour ça que je dois filer, tout de suite. J’étais juste venu te voir, une dernière fois... Je voulais de tes nouvelles, maintenant que je ne risque pas de te blesser par mégarde...


Elle me sourit et je me sens fondre. Elle est tellement innocente cette petite... Je dépose une main sur sa joue, sentant avec plaisir sa peau chaude sous mes doigts... Ma belle enfant... Ma magnifique enfant...

-Tu ressembles tant à ta mère... Sois-en fière ma petite Lilith... Tu es la fille d’un ange... Et peu importe ce que les gens penseront de ton nom, Lilith Alrune de Ray, sois-en fière !
-Oui ! Mais... Attends... Tu reviendras pas ? Je vais encore me retrouver toute seule ?
-Oui ma chérie, je m’en vais... Mais je reste dans ton cœur, avec Asta... Et, en cas de problème, tu pourras toujours faire appel à moi. SI tu n’en viens pas à me détester avec ton éducation.


Elle écarquille les yeux tandis que je lui embrasse le front. On vient de frapper violemment à la porte, je dois partir. Par où ? Facile : la fenêtre. J’ouvre celle-ci et observe à quelle hauteur je me trouve. Gloups, le sol doit bien être une bonne dizaine de mètres plus bas... Tant pis. J’esquisse un sourire accompagné d’un signe de la main adressé à ma petite fille puis je saute. Et je peux dire que atterrissage est douloureux ! Je grimace en sentant une de mes jambes céder sous le coup. Mais je ne reste pas sur place et me traîne péniblement dans les rues... Le temps que mes os se remettent en place, le temps que tout redevienne normal... Et pendant tout ce temps, je garde un sourire ravi accroché aux lèvres. Ma fille va bien, elle va devenir une femme magnifique et... Et... Et j’ai réussi à la voir, une dernière fois... Je peux retourner à ma recherche de rédemption, j’ai fini mon devoir ici...


一 Chapitre VIII : RA. 一

« Hier, à Leporem, la banque principale du pays a été dévalisée. L’alarme a été donnée à 15h41 mais on suppose que les cambrioleurs étaient déjà sur place une bonne demi-heure avant. Le coup a été fait rapidement : à 15h58, ils s’étaient enfuis. La police dépêchée sur place a été incapable de les voir. Tout était visiblement bien préparé étant donné qu’ils ont pris la fuite à l’aide d’explosifs. La bande était constituée de cinq personnes semblant connaître bien les lieux. Le butin s’élève à près de 100 millions de karanias. Tout témoin ou personne quelconque ayant des renseignements sur cette affaire est invitée à en informer les forces de l’Ordre. Celles-ci se penchent sur la thèse d’une action mise au point par un groupe de trafiquants, les initiales RA ayant été retrouvée sur place. »

J’esquisse un sourire en lisant l’article... Les journalistes ne pouvaient pas passer à côté d’une telle information. Les défenses de la banque ne sont plus ce qu’elles étaient. Mais ont-elles déjà été efficaces ? Je ne m’en souviens pas. Tout ce que je sais, c’est que je suis ravi de lire de telles choses. Bien entendu, Laelius a bien ri avec moi mais il ne semble pas comprendre ce qui m’intéresse là-dedans. Si c’était un banal cambriolage, je ne m’y intéresserais pas autant. Non, cette fois, tout semblait préparé jusqu’au plus petit détail. Je parcours l’article de long en large, à la recherche de la plus petite information. Si je veux savoir quelque chose, je sais que je ferais mieux de demander à la police, ils en savent bien plus que les pauvres journalistes. Je le sais bien, j’en ai été un aussi. Oui, j’ai été journaliste. Je fais parti de la seconde équipe du Crieur des Rues. Je me suis bien amusé lorsqu’on a mis le trouble au sein des gouvernements, même s’ils ont répliqué d’une manière totalement injuste. Petite anecdote terminée. Je sais donc que je n’aurai pas toutes les informations intéressantes mais c’est tout de même mieux que rien.

RA. Deux lettres, des initiales. Qui sait ce qu’elles signifient ? Moi. Parce que je suis RA, tout simplement. Je sais, ces deux lettres, on les retrouve généralement dans le milieu de la drogue et du trafic d’armes mais pour une fois, je pouvais bien me permettre de quitter mon bureau pour aller sur le terrain, non ? Dire que je voulais être clean... Il faut croire que ce n’est pas dans mes cordes. Voilà combien de temps que je suis un vampire ? Trois siècles je crois... Et pourtant j’ai déjà plongé dans beaucoup de choses. Des trafics en tous genre, du moment que ça respecte mes principes, j’ai un peu mis la pagaille par-ci par-là, je donne un coup de main à ceux qui projettent de faire des coups éclatants, comme par exemple... Le coup d’hier. Je m’occupe. Non, je ne suis pas assez débordé avec ma bibliothèque et mes écrits. Infernal... Je crois que je désespère Laelius. Le pauvre...

Pourquoi mes initiales se sont retrouvées là-bas ? Parce que j’avais envie. Rester dans les pièces privées de ma bibliothèque pour tout organiser, c’est une chose. Être sur le terrain et agir réellement, c’est complètement différent. J’aime être sur le terrain, au moins je vois comment les choses se déroulent. Mais je ne le fais que très rarement, étant donné qu’il faut que je trouve que la bande vaut la peine que je les accompagne. C’est rare que je trouve des personnes prometteuses... Enfin, d’un autre côté, voilà qui me permet de prendre le moins de risques possibles. Je n’aime pas la prison, les barreaux, les travaux forcés, ce n’est pas pour moi. Et si je me retrouve en prison, qui s’occuperait de ma bibliothèque ? Qui irait déposer des fleurs sur la tombe d’Asta ? Qui surveillerait que mes descendants ne font pas trop de bêtises ? Personne. Je suis le seul à le faire.

Mes descendants tiens, oui... Ma petite Lilith n’a pas suivi les traces de sa mère, elle a vécu paisiblement, enseignant le maniement des armes mais elle n’a jamais fait parti des chasseurs. Visiblement, ses enfants, petits-enfants et tous ceux qui ont suivi ont perpétué cette décision. J’ignore ce qu’elle a bien pu leur raconter mais je n’ai jamais senti la moindre animosité envers ceux qui, comme moi, ont acquis l’immortalité. De la méfiance, oui, de la haine, non. Elle a fait du bon boulot, ma chère enfant... Mon petit ange... Elle me manque, comme sa mère. Mais je ne dois pas trop y songer, sinon je vais redevenir mélancolique. Il faut que je m’active à faire autre chose. Tout de suite, de préférence. Oui, tout de suite.

Mon regard tombe sur une feuille emplie de choses à faire. Ouh, je vais finir par être en retard dans mon planning. Il faut que j’aille chercher mes nouveaux livres. Je dois aussi faire quelques plans pour quelques personnes. Je dois aussi organiser tous mes trafics... Hum, voilà qui promet une journée bien chargée. Je souris et finalement quitte mon bureau, journal en main. Fourrant la liste dans une poche de mon pantalon, j’enfile un manteau puis vais disparaître dans les rues de Leporem. Comme toujours. Il ne faut pas que je prenne le temps de réfléchir. De toute manière, j’aime ma vie telle qu’elle est. Enfin... On va dire que oui, sinon je vais passer l’éternité à avoir des idées suicidaires. Je ne dois pas mourir... Pas avant de m’être racheté. Et, apparemment... Je suis encore loin d’y arriver... C’est pathétique... Vraiment pathétique...


一 Chapitre IX : les chaînes du démon. 一

Qu’il la ferme. Mais qu’il la ferme ce type... Et bla bla bla, et je suis le meilleur, et je fais des trucs extraordinaires, et je suis ravi d’avoir reçu le prix littéraire cette année, et je ne m’y attendais pas... Non mais regardez-le ! Regardez-le ! Monsieur a reçu un prix et ça y est, il se croit capable de péter plus haut que son c**. Non, je ne suis pas jaloux, de toute manière je n’y participais pas cette année. Je n’en ai pas envie, j’écris par plaisir, pour me défouler et pour ceux qui suivent mes histoires. Les concours, ce ne sont pas ma tasse de thé. Ils m’ont amusé un temps, mais finalement je suis bien plus tranquille avec ma petite notoriété. Qu’est-ce qui me pose problème aujourd’hui ? Cet abruti à la télévision. J’espérais sincèrement qu’il serait laissé sur le banc de touche. Je reconnais qu’il a un certain talent pour l’écriture mais il a un caractère que je ne supporte pas. Il serait en face de moi, je lui offrirais volontiers une bonne paire de gaffes pour lui remettre les idées en place. Juste histoire qu’il se la ferme. Malheureusement je suis juste installé dans ma chaise, derrière mon bureau, et non pas sur place. Surtout que je sais que c’est tout sauf en direct.

BOUM. Je sursaute et me lève de mon siège, gagnant rapidement la porte et l’ouvrant d’un coup. Oh my... Je ne peux que constater qu’une grande quantité de livres jonche le sol et que, sous ces ouvrages, se trouve un petit garçon de onze ans qui esquisse un sourire en me regardant. Illarion... Stolas Amon Illarion de Ray. Oui oui, de Ray. Ce gamin est un de mes descendants. Et c’est un vampire. J’ai honte de moi, je n’aurais pas dû le transformer, il était trop jeune, bien trop jeune pour vivre la même chose que moi... Et pourtant je l’ai transformé. Je n’ai pas résisté, il était trop jeune pour mourir suite des blessures faites par des lycans. Il était trop jeune, bien trop jeune... Alors je l’ai pris sous mon aile. Il est mon apprenti bibliothécaire. Et je l’adore ce gamin, il met un peu d’agitation mais je ne m’en plains pas, curieusement. Il faut croire que le fait qu’il soit des miens me permet de passer au-dessus de tout cela. Je supporte son énergie, ses bêtises... Cette gueule d’ange me fait tourner en bourrique. Mignon petit démon...

-Oups. Pardon Dante, j’ai glissé.
-Je vois ça...


Je lui souris et l’aide à se relever avant de ramasser les livres, les empilant machinalement dans un ordre chronologique. Tous ces livres... Je me demande bien ce que j’aurais fait sans ces ouvrages... Ils m’aident à oublier ce qui me torture depuis toutes ces années... Ils m’aident à me canaliser, à emprisonner ce démon que je possède en moi. En écrivant, en lisant, je l’enferme un peu plus à chaque fois. Caym ne doit plus jamais ressortir, mais j’ai si peur que cela arrive... C’est un risque constant, mes chaînes ne sont pas indestructibles... Je connais mes faiblesses. Il ne faut mas que je m’énerve ou sinon je suis capable de perdre le contrôle. En huit siècles, c’est rarement arrivé mais j’ai déjà perdu... Je ne me maîtrise pas encore, c’est trop difficile de contenir le démon alors que je ne suis qu’un homme. Rien de plus... Un homme qui a besoin de fuir, de s’oublier en s’occupant constamment l’esprit. C’est pathétique, non ? Moi, je trouve. Vraiment pathétique... Des mains viennent se positionner sur mes yeux, j’esquisse un sourire, sortant de mes songes.

-Tu rêvasses trop, mon vieux. Et je suis sûr que t’es pas capable de m’attraper !
-Je te conseille de prendre de l’avance et de rester sur tes gardes, car je t’attrape où je veux quand je veux et comme je veux. Sale gosse.


Il me lâche et détalle à toute allure. Je souris un peu plus, amusé. Au moins, lui, il déborde d’énergie, contrairement à moi. Il est un peu fatiguant mais qu’est-ce que ça fait du bien de voir quelqu’un bouger autant. Qu’est-ce que ça fait du bien de pouvoir être enfin avec quelqu’un de ma famille... Oui, Laelius, c’est un peu comme mon frère mais il a régulièrement des réactions étranges avec moi ce qui fait que je ne sais pas toujours comment me comporter avec lui... Au moins, mon petit gamin est sincère et je sais que, quoi que je fasse, il restera le même. Enfin... Tant que je garde mon contrôle. Je ne supporterais pas de le perdre par la faute de Caym, alors je fais des efforts. Mes chaînes ne se briseront plus. Sur ce, j’ai un mioche à attraper. C’est parti pour jouer au lasso...



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